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- Mlle Appleby ? - Oui.
Je suis Robert le chauffeur de votre p�re.
Votre p�re n'a pas pu venir.
- On va porter les bagages de Mlle Appleby. - Merci.
J'esp�re que vous avez fait un tr�s bon voyage Mlle Appleby.
Je vous remercie, vous avez �t� tr�s gentille.
- Dans le coffre. - Bien monsieur.
Je peux faire �a.
Pourquoi mon p�re n'est-il pas venu ?
- Il n'est pas l�. - Il n'est pas � la maison ?
- Il est parti il y a quatre jours. - Pour o� ?
J'ignorais qu'il allait partir. Votre m�re me l'a dit.
Ma belle-m�re. Je ne la connais pas.
Ah non ?
Comment est-elle ?
- Il ne m'appartient pas de... - S'il vous pla�t.
- C'est l'�pouse de mon employeur. - En tant que personne ?
Je ne sais pas.
Vous devez le savoir. Vous la conduisez.
Peu. Elle conduit elle-m�me ou le Dr Gerrard l'accompagne.
- Qui est-il ? - Le m�decin de votre p�re.
- Il est toujours � la maison. - Mon p�re est malade ?
- Excusez-moi, je n'aurais d�... - Qu'a-t-il ?
- Vous devez �tre au courant. - Non, je ne sais rien.
Il est malade depuis un certain temps. En fait, �a m'a �tonn� quand...
- Quand quoi ? - Peu importe, mademoiselle.
Vous n'�tes pas venue en France depuis longtemps ?
Dix ans.
Qu'a donc mon p�re ?
Je l'ignore. Mais de toute fa�on, il doit aller mieux.
- Puisqu'il est parti. - Quand reviendra-t-il ?
Mme Appleby ne l'a pas dit.
Bonjour, Penny. Bienvenue chez vous.
- Jane ? - Vous semblez �tonn�e.
- Comment m'imaginiez-vous ? - Je m'excuse.
De rien. Laissez-le � l'entr�e, Robert
et revenez chercher Mlle Appleby.
- Un voyage fatigant ? - Pas tr�s.
�a a d� �tre p�nible. Vous ne voyagez pas beaucoup ?
- Non, mais c'�tait excitant. - Bon.
Attention, Robert.
Les marches posent un probl�me.
On mettra bient�t des rampes.
Vous n'irez pas souvent par la porte d'entr�e.
On a choisi une pi�ce de votre p�re.
Il s'en sert de salon et de bureau. Allez chercher les valises, Robert.
Elle est tr�s pratique. Elle a sa propre salle de bain.
Allons-y.
C'est joli.
J'ai obtenu que votre p�re remplace rideaux et si�ges.
Vous n'imaginez pas combien tout �tait sombre.
Les hommes d�corent leurs bureaux en mausol�es victoriens.
Jane, o� est mon p�re ?
Je suis d�sol�e, ma ch�rie. C'�tait imp�ratif.
Il a d� partir pour une affaire sur laquelle il travaille.
Je ne voulais pas. Vous connaissez votre p�re.
Non. Je crains que non. Je ne l'ai pas vu depuis 10 ans.
Le reconna�trais-je seulement ?
J'ai rem�di� � cela.
Regardez. �a date d'un mois.
- Oui, je l'aurais reconnu. - Bien s�r.
Apportez les valises, Robert.
- O� les voulez-vous, ch�rie ? - Sur le lit.
- Voulez-vous que je les d�fasse ? - Non, je le ferai. Merci.
Rien d'autre, madame ?
Ce sera tout. Merci. Je n'aurai plus besoin de vous.
Vous voulez rester un peu seule.
Je viendrai � 20 h pour le d�ner. Si vous voulez quoi que ce soit,
voil� une sonnette pour la cuisine et ma chambre aussi.
Ravie que vous soyez ici.
C'est tr�s important pour moi.
Quand maman est morte il n'y avait plus que Maggie Frensham.
Je sais qu'elle n'�tait que ma nurse, mais en m�me temps, bien davantage.
On avait le m�me �ge, comme des soeurs.
Il para�t qu'on se ressemblait.
Je crois que je l'ai aim�e autant que ma m�re.
C'est pourquoi vous n'�tes pas rentr�e � sa mort ?
Ici, ce n'est pas chez moi.
Pardon. Je ne veux pas vous blesser. C'est que...
Je ne vous connaissais pas, et je n'avais pas vu papa
depuis le divorce, il y 1O ans. Maman m'avait emmen�e en Italie.
L'ltalie �tait chez moi. J'y ai grandi.
Maggie avec moi, j'�tais heureuse.
Et que s'est-il pass� ?
Elle s'est noy�e.
C'�tait pourtant une bonne nageuse.
On a dit qu'elle aurait eu une crampe.
J'ai failli me tuer, Jane. Je ne savais plus quoi faire.
Maman morte, durant deux ans je n'avais plus eu que Maggie.
Et soudain elle n'�tait plus l�.
On dirait que tout est arriv� hier seulement.
Ces choses prennent du temps pour se dissiper, ch�rie.
Apr�s tout, �a fait 3 semaines. Vous ne pouvez pas vous en �tre remise.
Non. Bien s�r.
Quand papa m'a �crit de venir vivre ici, je...
Bien s�r. Vous �tes sa fille.
C'est votre maison et j'ignorais si vous...
C'est moi qui lui ai sugg�r� de vous �crire.
Croyez-moi, votre pr�sence ici me rend tr�s heureuse.
- Vous �tes tr�s gentille. - Absolument pas.
Vous vous attendiez � voir la m�chante mar�tre des contes ?
Je ne savais pas � quoi m'attendre.
Je regrette que papa ne soit pas l�.
J'�tais tr�s f�ch�e quand il a dit devoir partir.
Il �tait malade.
Le chauffeur, Robert a dit que papa �tait malade.
Je me demande pourquoi il a dit �a.
Il n'avait aucun probl�me. Vraiment aucun.
Il a parl� d'un m�decin. Docteur...
Oui, il parlait de Pierre Gerrard, le m�decin du village.
Il vient jouer aux �checs avec votre p�re.
- Je parlerai � Robert. - Je vous en prie.
Je ne veux pas qu'il ait de probl�mes � cause de moi.
Bon. Si vous y tenez. Un peu plus de caf� ?
Non, merci.
Jane, m'en voudriez-vous si j'allais me coucher ?
Bien s�r que non. Vous devez �tre �puis�e.
Voil� que je me comporte comme une m�re poule envers son poussin.
Jane, merci. Merci pour tout.
J'esp�re que vous dormirez bien malgr� les grillons.
- J'aime les grillons. - Ils peuvent �tre assourdissants.
Papa ?
Au secours ! Au secours !
Au secours !
- Ch�rie, comment vous sentez-vous ? - Tout va bien.
Calmez-vous, ma petite dame, il n'y a rien � craindre.
Pierre. Pierre.
�a ira, Jane. Penny, vous avez eu tr�s peur.
Vous voyez que tout va bien. Vous �tes en s�ret�.
Que faisiez-vous dehors ? Vous �tes tomb�e.
Je suis tomb�e dans la piscine.
Robert vous a entendue. Il est arriv� � temps.
- Papa. - Il est en voyage.
Je l'ai vu dans le pavillon d'�t�.
- C'est impossible, Penny. - Il �tait mort.
Penny, vous avez eu un accident. Il faut...
- Qui �tes-vous ? - Dr Gerrard.
Il �tait mort. Il �tait assis dans le pavillon d'�t�.
- Je lui ai parl�. - Je vais vous donner un s�datif.
Au matin tout sera normal.
Vous ne comprenez pas ce que je dis ?
Mon p�re est mort. Son cadavre est dans le pavillon d'�t�.
Voyons, ch�rie. Il faut...
Ne me traitez pas comme une d�bile mentale.
- Que faites-vous ? - Je veux aller au pavillon d'�t�.
Tr�s bien si �a peut vous soulager.
- Mon fauteuil ? - Au fond de la piscine.
Robert l'en retirera au matin.
Pourriez-vous me porter ?
- Allez, ouvrez. - Mais c'est toujours ferm�.
- Mais elle �tait ouverte. - Elle est toujours ferm�e, Penny.
Il y avait une bougie.
On n'a pas besoin de bougie ici, Penny.
Ramenez-moi.
On n'aura plus besoin de vous cette nuit. Merci, Robert.
- Bonne nuit, docteur. - Bonne nuit.
- Comment vous sentez-vous ? - Je suis navr�e.
L'imagination est une dr�le de chose. Elle joue des tours pendables.
C'�tait sans doute la fatigue du voyage.
Je vais vous donner un s�datif.
- Le sommeil est le meilleur rem�de. - Si vous le dites.
Prenez celle-ci maintenant.
Et si dans une heure vous ne pouvez pas dormir, celle-l�. D'accord ?
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Voil�.
- Je suis navr�e. - Pas de quoi.
Essayez de dormir un peu.
Bonne nuit, Penny.
Bonne nuit.
Entrez.
Je vous apporte un petit-d�jeuner, Je m'appelle Marie.
Je ne vous ai pas vue, hier.
Je n'habite pas ici, mademoiselle. J'ai une maison au village.
Pourriez-vous voir o� est mon fauteuil ?
- Votre fauteuil, mademoiselle ? - Mon fauteuil roulant.
Bonjour, ma ch�rie.
Comment �tes-vous sortie du lit ?
En rampant.
Vous avez ramp�, Penny ? Pourquoi donc ?
Je ne pouvais pas dormir.
Et la pilule que Pierre vous a donn�e ?
- Je ne l'ai pas prise. - Non ?
Je n'ai pas voulu. Jane, mon fauteuil sera bient�t pr�t ?
Je vais me renseigner.
Garage. Bonjour, madame.
- Oui, madame, dans 1O minutes. - Merci, Robert.
Il le nettoie. Il va l'amener d�s que c'est pr�t.
Merci, Jane.
- Comment vous sentez-vous ? - Un peu fatigu�e.
J'�tais tr�s inqui�te.
- Votre p�re m'a dit... - Il vous a dit quoi ?
- Oh, rien. - S'il vous pla�t, Jane.
Il m'a racont� comment vous �tiez petite fille.
Imaginative, fantasque, un peu...
- N�vros�e ? - Non, je n'ai pas dit �a.
Mais je l'�tais. J'avais peur de tout.
Du noir, du vent, du tonnerre.
- Comme la plupart des enfants. - Mais �a leur passe.
Jane, � quoi sert ce pavillon d'�t� ?
Penny, ch�rie, ce que vous avez vu hier soir,
vous avez d� l'imaginer.
Je le sais. Je suis curieuse de savoir son utilit�.
On y garde des vieux meubles. On ne s'en sert plus, autrement.
Ch�rie, il faut que je sorte, ce matin.
J'ai demand� � Robert de vous montrer les environs.
Vous aurez besoin de lui.
Non, Je conduirai. On ne vous laissera pas seule ici.
- Jane, �a pourra aller. - Non, pas du tout.
Eh bien, il faut que j'aille me changer.
Papa a dit quand il reviendra ?
Pas exactement, mais je ne crois pas que ce soit aujourd'hui, ma ch�rie.
C'est tr�s joli, ici. Si paisible.
Oui, c'est mon endroit pr�f�r�.
On nage ici, l'�t�.
Je ne nage pas.
A cause de vos jambes ?
- Avez-vous essay� ? - Non.
Vous vous d�brouilleriez sans doute bien.
Etes-vous de ces gens qui ne parlent pas de leurs...
- Leurs malheurs, dit-on ? - Je ne crois pas.
Les gens n'en parlent pas de crainte que �a vous bouleverse.
Je suppose que oui.
Pourquoi en fait-on une grande affaire ?
- Cela fait-il longtemps ? - Neuf ans.
- Vous �tiez � cheval ? - Le cheval �tait sur moi.
C'est la premi�re fois que vous en plaisantez ?
Je crois bien.
Pourquoi vous cachez-vous ?
- Me cacher ? - Vous les portez pour �a.
Comme quelqu'un qui tourne le dos au soleil en parlant.
- Vous croyez ? - N'est-ce pas vrai ?
Je ne sais pas. Je n'y ai jamais vraiment song�.
Je me sens plus en s�curit� derri�re.
Je vois les yeux des gens qui ne voient pas les miens.
- Pourquoi cette ins�curit� ? - Mes jambes, je suppose.
Etre physiquement d�pendante d'autrui
n'am�liore pas la confiance en soi.
Vous me semblez assez ind�pendante.
Mon attitude hier soir n'�tait pas si ind�pendante.
Un d�ner trop arros�.
- Vous avez peut-�tre raison. - S�rement.
Hallucination alcoolique ?
Je ne vous ai pas remerci�, Bob ?
- De quoi ? - De m'avoir tir�e de l�.
�a fait partie de mon service.
Vous travaillez pour mon p�re depuis...
- Deux ans. - �a vous pla�t ?
Je conduis de belles autos je vis sur la C�te d'Azur.
- Et de travailler pour lui ? - Je le vois assez peu.
Mme Appleby a l'auto en g�n�ral. Il sort � peine.
C'est dr�le. Il ne vous a pas demand� de le conduire.
Et dr�le qu'il ait pris la petite auto.
- Pourquoi dr�le ? - Il n'aime pas cette auto.
- L'autre n'�tait pas l� ? - Si.
Elles �taient dans le garage ce soir-l�.
Pourquoi est-il parti le soir ?
Vous pouvez me ramener, s'il vous pla�t ?
A la maison ?
Au pavillon d'�t�.
- Que cherchez-vous ? - Une chose. N'importe quoi.
C'�tait votre imagination, avez-vous dit.
Oui, mais il doit y avoir
une chose qui a provoqu� mon imagination.
Comme un cadavre ? Je m'excuse, Penny.
Venez � la maison. J'ai une surprise.
- Quoi donc ? - Venez voir.
Je m'en occupe, Robert.
- Quel genre de surprise ? - Vous verrez bien.
C'est pour vous.
- Allo ? - Penny, ton p�re � l'appareil,
Penny, peux-tu m'entendre ?
Qu'y a-t-il, ch�rie ?
- Penny ? - Oui.
Je croyais que tu n'�tais plus l�, Tu m'entends bien ?
Je suis d�sol� de ne pas avoir �t� l�,
Jane t'a dit ? C'est pour les affaires,
Quelques jours encore, Prends soin de toi et amuse-toi,
D'accord. Merci.
Passe-moi Jane, veux-tu ?
Oui ? Allo.
- Penny va bien ? - Oui, elle va bien.
- Dis-lui que je reviens bient�t, - Je le lui dirai.
- Je te manque ? - Oui. A bient�t.
- Au revoir, - Au revoir.
Voil�. Vous vous sentez mieux � propos d'hier soir ?
Penny, vous ne devriez pas retourner au pavillon d'�t�.
Une horrible exp�rience qu'on ne veut pas r�p�ter.
Je me d�brouillerai ici, Jane.
Ch�rie, le Dr Gerrard vient d�jeuner. �a ne vous d�range pas ?
Non. Bien s�r que non.
- Puis-je entrer ? - Oui.
Il s'agit de ce que j'ai dit au pavillon d'�t�.
- Suis-je pardonn� ? - Oui, bien entendu.
- Et cette grande surprise ? - Mon p�re.
Il voulait me parler au t�l�phone.
- Plus d'inqui�tude, alors ? - Je suppose que non.
Je vous emm�ne faire un tour plus tard ?
Le Dr Gerrard viendra d�jeuner et restera peut-�tre.
- Il faut donc que je m'habille. - Vous devez sortir ?
S'il vient, je devrai aller le chercher.
- Il n'a pas d'auto ? - Si, au garage.
Il l'a d�fonc�e l'autre semaine. Un vrai chauffard.
- Vous �tes all� le chercher hier ? - Je le devais mais...
Non. Mais je l'ai ramen� chez lui.
- Comment est-il arriv� ici ? - Je ne sais pas.
Je suis rest�e �vanouie 20 minutes ?
A peu pr�s. Il semblait �tre l�. Je n'y avais pas pens�.
- Il a d�n� ici ? - Non.
Et dans ce cas vous auriez d� aller le chercher.
Oui, c'est dr�le.
Je ne comprends pas ce qui se passe.
Une minute je crois avoir tout imagin�,
et la suivante je n'en suis plus si' s�re.
M�me apr�s avoir parl� � mon p�re, je n'en suis pas s�re.
Ce n'�tait pas lui ?
Je ne lui ai pas parl� depuis 9 ans. Etait-ce lui ?
- Pourquoi pas ? - Je ne sais pas. Je n'en sais rien.
Je vais vous dire une chose.
Vous avez parl� d'une bougie au pavillon d'�t�.
On a r�pondu : "C'est absurde puisqu'il y a l'�lectricit� ici".
Qu'est-ce que c'est ?
Je l'ai gratt� du plancher quand Mme Appleby vous a ramen�e.
Des traces de bougie.
Non, merci.
- Vous n'avez rien mang�, Penny. - Je n'ai pas faim.
Vous devriez essayer de manger un peu. Vous �tes �puis�e.
Pourquoi dites-vous �a ?
Une personne relativement saine n'aurait pas eu
l'exp�rience d'hier.
- Vous devriez �tre plus prudente. - Moi ?
Votre p�re a dit que vous aviez une imagination hyperactive.
Vous �tiez effray�e par votre propre ombre.
Il y a eu votre accident, ce s�jour � l'h�pital.
Il n'est pas �tonnant que votre esprit soit un peu troubl�.
Soyez tr�s prudente. Des chocs comme celui d'hier
aux causes r�elles ou imaginaires,
peuvent s�rieusement affecter votre esprit,
et cela de fa�on permanente.
Je deviendrais folle ?
Je n'entends rien d'aussi dramatique.
Qu'entendez-vous par l� ?
C'est que si l'imagination se met � vagabonder,
il faut la faire revenir � la r�alit� avant...
Avant que cela devienne permanent, Dr Gerrard.
- Pierre voulait... - Il dit
que je dois faire attention ou je deviendrai
folle et on devra m'interner.
- Mlle Penny. - Pouvez-vous me descendre la cl� ?
C'est Mme Appleby qui l'a.
Elle �tait sur le rebord.
Oui, mais elle me l'a demand�e.
- Pourquoi ? - Navr�. Je l'ignore.
Cette bougie dont vous parliez...
Je n'aurais pas d�. �a ne nous apprend rien.
�a prouve ce que je disais.
Qu'une bougie y a br�l�, il y a peut-�tre des mois.
- Personne n'y va. - Je l'ai vue la nuit derni�re.
Oui, Mlle. Vous l'avez dit.
Vous ne me croyez pas non plus ?
Je crois que vous pensez avoir vu quelque chose.
Le Dr Gerrard et Jane. Et vous, � pr�sent.
Je voudrais vous aider. Mais je ne vois pas comment.
Robert ? Je suis pr�te, Robert.
Amenez la voiture devant la maison.
Vous ne voulez pas venir, ma ch�rie ?
�a vous ferait du bien, vous donnerait des couleurs.
Non, merci.
Que d�sirez-vous de Cannes ?
Rien.
D'accord.
Je serai de retour t�t ce soir.
Entrez.
S'il n'y a rien d'autre, mademoiselle, j'aimerais rentrer chez moi.
- Mme Appleby est de retour ? - Non.
Robert m'a dit qu'elle fait des courses � Cannes.
Ils seront de retour dans une demi-heure peut-�tre.
C'est bien. Merci. Bonne nuit, Marie.
Bob ? Est-ce vous ?
Papa ?
Amenez tout ici, Robert.
Ch�rie, si vous m'aviez dit que vous iriez dans le salon,
Marie aurait pu faire un feu.
Jane, qui joue du piano ?
Votre p�re. Personne d'autre ici n'en joue.
Il le ferme � cl�.
Il n'aime pas que les gens y touchent. �a ab�merait le son.
- Comment est la petite auto ? - Comment �a, ch�rie ?
La petite auto que papa a prise.
Une Simca blanche.
Il est l�. Elle est au garage.
Mlle Penny, je viens de...
Ce sera tout. Merci, Robert. Vous pouvez partir.
J'ai vu l'auto dans le garage.
On en vient. Il n'y a pas d'auto.
Mais je l'ai vue. J'y �tais.
- Mais c'est impossible. Sinon... - Laissez-moi tranquille.
- Il n'y avait pas d'auto. - Une petite auto de sport blanche.
Comment auras-je pu le savoir sans l'avoir vue ?
Je vous l'ai dit dans le salon.
Mais je l'ai vue. Elle y �tait. Je l'ai entendue arriver.
Et quelqu'un a jou� du piano.
- Il est ferm� � cl�. - Et il n'y avait personne.
Mais quelqu'un jouait de ce piano.
Je sais que ce n'est pas logique, mais...
Le garage. Oui, madame. Elle est ici.
Oui, je le lui dirai.
Mme Appleby vous informe que le d�ner sera pr�t dans une demi-heure.
Ne vous en faites pas.
Il doit y avoir une explication � tout �a.
On va essayer de la trouver ensemble.
Merci. Bonne nuit, Bob.
Bonne nuit, Mlle Penny.
Bob ! Il �tait l�.
- Penny ? - Ma chambre.
Qu'y a-t-il ?
Pourquoi tout ce bruit ?
Mlle Penny criait qu'il y avait une chose dans sa chambre.
- Pauvre petite. O� est-elle ? - Je suis ici.
Que s'est-il pass� ? Qui vous a effray�e ?
Pardon. J'ai cru avoir vu une chose.
Mais quoi ? Qu'avez-vous vu ?
Il semble que je fasse beaucoup d'histoires pour rien.
- Mon imagination encore. - Vous m'avez flanqu� une peur bleue.
- Vous �tes bien, � pr�sent ? - �a ne se reproduira pas.
Je l'esp�re. Votre pauvre esprit ne supportera plus ces chocs.
Je vous am�ne le d�ner ici ? �a vous dirait ?
- Je vais bien � pr�sent. - Bien.
Je me suis permise d'inviter le Dr Gerrard � d�ner.
Pourquoi ?
Je peux annuler, si vous pr�f�rez.
Pas � cause de moi.
Ce sera tout. Merci, Robert.
Bonne nuit, madame. Mlle Penny.
- Bonne nuit. Pardon d'avoir... - Pas du tout.
- Penny, vous allez bien ? - Je suis bien assez contrite.
- N'empirez pas les choses. - Non, sans doute.
Alors, on se verra dans 20 minutes.
Merci.
J'esp�rais que vous reviendriez.
Vous n'avez pas imagin� tout cela ?
Dites-moi ce que vous avez vu.
Mon p�re.
Il �tait assis l�, sur cette chaise.
Il �tait mort.
Il a boug� la t�te. C'�tait horrible.
Vous �tiez hors de la chambre ?
Je suis all�e au pavillon d'�t� � cause d'une lumi�re.
La m�me lumi�re que la nuit derni�re.
- C'�tait courageux de votre part. - Je devais savoir ce que c'�tait.
Quand j'y suis all�e, j'ai vu s'�teindre la lumi�re
et je suis partie tr�s vite.
Il attendait l�, assis.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est mouill�. Tremp�.
Qu'est-ce que �a veut dire, Bob ?
Votre p�re �tait un homme tr�s riche ?
- Oui. - Qui figure sur son testament ?
- Comment �a ? - S'il meurt, qui h�ritera ?
- Moi. - Tout ? Et Mme Appleby ?
Elle a les int�r�ts d'un trust fund.
Etes-vous s�re qu'on ne l'a pas chang� ?
Vous ne l'avez pas vu depuis longtemps.
C'est impossible. L'argent vient de mon grand-p�re.
Il n'approuvait pas les remariages.
Il y a des conditions ?
Si je meurs ou suis incapable, Jane h�ritera.
Incapable ?
Vous savez incapable de g�rer l'es biens,
l�galement incomp�tente, folle...
ils veulent vous �carter avant qu'on d�couvre la mort de votre p�re.
- Ainsi, vous n'h�riterez pas. - C'est Jane qui h�ritera.
Bob, �a veut dire qu'ils ont tu� mon p�re.
C'est peu vraisemblable.
Ils n'auraient pas alors de scrupules � vous tuer.
Non, le mal qu'ils se donnent pour vous rendre folle
vient peut-�tre d'un accident qu'aurait eu votre p�re,
et qu'ils s'efforceraient de taire.
Quand ils vous auront �cart�e ils arrangeront l'accident
- pour qu'il paraisse r�cent. - Que peut-on faire ?
Ce sont des hypoth�ses. Il faut chercher des preuves.
Mais quoi ?
Ce n'est pas plaisant, mais le cadavre de votre p�re est ici.
Il faut qu'on le trouve.
Bob, j'ai peur.
J'irai quand votre belle-m�re se couchera.
Je veux aller avec vous.
D'accord. Tirez les rideaux apr�s moi.
Quand elle sera au lit rouvrez-les. Je guetterai.
Merci.
- Penny... - Que voulez-vous ?
- Pierre veut vous aider. - Je vous en prie.
Pas s'il s'agit de ma sant� mentale.
Il s'agit de vos jambes.
Quand �tes-vous all�e voir un sp�cialiste ?
- Pourquoi ? - Dites-le-moi.
Il y a trois ans.
Je voudrais que vous alliez en voir un, � Zurich.
J'en ai vu du monde entier
- et tous ont dit la m�me chose. - Oui, je le sais.
Mais c'�tait il y a trois ans.
Penny, savez-vous ce qu'est la paralysie hyst�rique ?
�a se produit quand, � cause d'une frayeur ou d'un accident,
une personne perd l'usage d'un muscle ou d'un membre.
La pathologie tissulaire ne l'explique pas
davantage que les sympt�mes physiques.
Mais le fait est certain. La personne est incapable...
Par exemple, de marcher.
Les causes sont mentales pas physiques.
Il n'y a aucune raison physique qui l'emp�che de se lever
de son fauteuil et de marcher comme nous tous.
C'est un obstacle mental cr�� par la personne qui l'en emp�che.
Vous dites que je ne suis pas handicap�e ?
- C'est dans mon esprit ? - �a pourrait �tre le cas.
Le cheval qui m'est tomb� dessus �tait dans mon esprit ? Imaginaire ?
Non. Non, c'�tait la cause originelle, je l'admets.
Depuis, les d�g�ts physiques ont pu se r�parer.
C'est l'aspect mental qui refuse de l'accepter.
C'est pourquoi je suis inquiet pour votre �tat mental.
Apr�s tout, avec toute cette confusion,
votre esprit ne peut pas r�agir rationnellement.
Dr Gerrard, je suis une handicap�e. Mon dos a �t� bris� � deux endroits.
Si vous voulez le diagnostic technique,
j'ai eu une facture multiple de la premi�re vert�bre lombaire
et une fracture simple entre la 5e et la 6e cervicale.
Je peux vous montrer les radiographies.
Je ne l'ai pas imagin� et je ne l'imagine pas � pr�sent.
Vous croyez que j'aime �tre attach�e � ce si�ge,
d�pendante de qui dispose d'un moment ?
Vous croyez que j'aime ne pas pouvoir...
Danser, nager, monter � cheval,
ou marcher comme tout le monde ?
Je n'aime pas �a. Je hais �a. Je d�teste et je m�prise �a.
Vous dite que mon esprit affecte mes jambes. Vous avez tort.
Mes jambes affectent mon esprit.
Je pr�f�re ne plus en parler.
- Je crois que Pierre voulait... - N'en parlons plus, Jane.
- Elle s'est couch�e ? - Elle est mont�e il y a 20 minutes.
Ce serait mieux d'attendre un peu plus.
- On dispose des lieux. - O� va-t-on chercher ?
J'y ai song� depuis la conversation.
Il ne fait pas tr�s froid.
Le corps...
il ne va pas r�sister.
- Il n'y a qu'un endroit. - O� ?
Le cong�lateur.
Il y a peu, Mme Appleby m'a dit d'y mettre un cadenas.
Y allons-nous ?
D'accord ?
Qu'allons-nous faire ?
- Continuer � chercher. - O� �a ?
Je ne sais pas.
On ne peut en faire plus ce soir. Je vous ram�ne.
- Et le cadenas ? - Je le remettrai plus tard.
Pourquoi ne pas aller dire ce qu'on sait.
C'est le probl�me. On ne sait rien.
On ne peut pas dire que votre p�re a eu un accident mortel
et que votre belle-m�re et le Dr Gerrard l'ont cach�.
- Pourquoi ? - Sans preuve,
ils ne nous croiront pas. Non. Il faut trouver le corps.
Mais o� ? Vous avez dit que le corps...
N'allait pas r�sister. O� donc ?
Pr�s de la maison. C'est obligatoire.
Je ne peux pas monter les escaliers pour vous aider.
C'est mieux ainsi. Je ne veux pas que vous vous exposiez.
Laissez-moi faire. Je vous ram�ne pour le d�jeuner.
Pourquoi faites-vous �a pour moi, Bob ?
Je n'aime pas voir les gens se faire maltraiter.
J'aimais votre p�re, mais pas votre belle-m�re ni ce Gerrard.
Et parce que vous �tes jolie.
Ce n'est pas de la compassion ?
Il y a de la compassion. Pas pour ce que vous pensez,
mais parce que vous �tes bonne et que vous avez des ennuis.
Pas � cause de �a ?
Je vous l'ai dit. Une malchance.
Des tas de gens sont dans un pire �tat.
Il y a aussi une autre raison. Dois-je vous la dire ?
Je voulais le faire quand tout serait fini.
J'en suis heureuse.
Si je ne vous ram�ne pas, je vais �tre renvoy�.
Penny, vous ne devenez pas trop amicale avec Robert ?
Trop amicale ?
Je vous ai observ�s ensemble et vous semblez...
Joyeuse est le mot, Jane.
On veut votre bonheur, ch�rie vous le savez. Mais pas Robert !
Et si je faisais une f�te avec les gens du coin ?
- Comme le Dr Gerrard ? - Il ne vous pla�t pas ?
- Pas trop. - Parlez-en � votre p�re.
C'est son ami, pas le mien.
Non, je pensais � Monsieur Gaston. Il vit de l'autre c�t� de la baie.
Il a deux fils de votre �ge. Il y a aussi John Blakeman...
Je vous en prie, Jane. Non merci.
D'accord, Penny.
Ce n'est pas tr�s amusant pour vous pour le moment, ch�rie.
Mais en �t�, c'est charmant ici.
On fera nettoyer la piscine, et vous pourrez peut-�tre nager.
Madame Latour, madame.
Ma couturi�re. J'aurais d� la voir � Cannes.
Ce ne sera pas long.
- Qu'est-ce qui ne va pas, Penny ? - Ce qui ne va pas ? Rien.
Vous paraissiez �trange.
Je dois sortir. Je ne rentrerai qu'� 22 h.
- �a ira ? - Je pr�f�re ne pas rester seule.
Bien s�r. Je demanderai � Marie de rester.
Pas la peine. Si je sais que Robert est dans sa chambre, �a ira.
Je conduirai donc.
Vous �tes s�r de vouloir le faire ?
C'est juste le froid.
Finissons-en.
Et voil�.
Quelque chose ?
Non, c'est de la pur�e de poix.
Il vaudrait peut-�tre mieux que...
il est l�, n'est-ce pas ?
Que va-t-on faire ?
- La police. - Maintenant ?
�a ne sert � rien d'attendre. On a trouv� ce qu'on cherchait.
- Mais... - Il faut le laisser.
Allons chercher la police. Ils verront.
Je viens avec vous.
Bon. Je vais m'habiller. Je vous retrouve devant la maison.
Vous y arriverez ?
Cinq minutes.
- Vous ne voulez pas votre fauteuil ? - Non, je ne crois pas.
S'ils voient le fauteuil ?
�a ne fait rien. A notre retour, �a ne sera plus important.
Combien de temps mettrons-nous ?
On n'ira pas au poste du village. Le type l�-bas est inutile.
On va directement � Cannes. C'est � une demi-heure.
- Ce sera bient�t fini, Penny. - Je pensais � mon p�re.
Je ne le connaissais pas bien en tant que fille. Je savais qu'il �tait gentil.
M�me apr�s le divorce, il faisait des choses pour ma m�re.
Des petites choses, comme...
il s'est toujours rappel� mon anniversaire.
Comment cela a-t-il pu se passer, Bob ? Comment ?
- La cupidit�. - Elle �tait sa femme.
Elle a d� l'aimer. Cela a-t-il pu mourir totalement ?
Pas mourir, non. Mais il a pu �tre tu� par un autre amour. Quelqu'un d'autre.
Dr Gerrard.
Je suppose que oui.
Qu'est-ce que c'est ?
- Votre belle-m�re. - Ne vous arr�tez pas.
Elle reconna�tra l'auto. Ne bougez pas. Je vais lui parler.
Elle va mourir ?
C'est une handicap�e, non ? Elle est morte.
�a a march�, Bob. �a a march�.
On d�couvrira l'accident. Il y aura une enqu�te.
- Mais tout ira bien ? - Oui, tout ira bien.
Arr�te-le, Bob, je t'en prie.
J'aime assez. �a fait un bon requiem.
Je t'en prie, Bob.
A notre sant�.
Qu'y a-t-il ?
Avoir d� la tuer.
On devait le faire si l'autre moyen ne marchait pas.
Si seulement on n'avait pas eu � tuer.
J'ai pens�, quand son p�re a eu cet accident,
que tout irait bien.
Il semblait que tout...
Qu'y a-t-il, Bob ? Pourquoi souris-tu ?
Tu n'as jamais cru que ton mari a eu un accident.
- N'est-ce pas ? - Bob...
- N'est-ce pas ? - Je t'en prie, Bob.
Le vieux nageait tr�s bien. Tu le savais.
Tu sais ce que j'ai fait ?
Je l'ai attrap� et maintenu au fond.
- Je t'en prie. - J'ai regard� sa figure
- quand il retenait son souffle. - Je t'en prie.
Il y a eu plein de bulles. Et il a cess� de se d�battre.
Votre appel m'est parvenu ce matin
en m�me temps que ce rapport.
Un garde-fou bris�.
Une automobile renvers�e dans 10 m d'eau.
Il est vraisemblable que ce soit li�. J'en suis navr�.
Votre belle-fille n'est arriv�e que r�cemment.
Quatre jours.
- Et Monsieur Appleby ? - Il est rentr� hier soir.
Ils ont fait un tour en auto
car ils voulaient refaire connaissance.
Ils ne s'�taient pas vus depuis 10 ans. J'aurais �t� de trop.
�a devait �tre difficile pour vous.
Oui, un peu. Mais tout aurait �t� bien. Je le savais. Mais pas cela.
Mes regrets les plus sinc�res, Mme Appleby.
Serez-vous chez vous si j'ai besoin de vous ?
- De moi ? - Les corps doivent �tre identifi�s.
- Le dois-je ? - Je le crains. C'est la loi.
On a pr�venu le notaire de votre mari.
Il viendra de Londres ce matin.
Il se rendra chez vous.
Il devra sans doute s'occuper de plusieurs choses.
Votre mari �tait riche ?
- Je suppose, oui. - Et tout vous revient.
Je le crois. Ce serait revenu � Penny.
C'est cela.
Direz-vous au notaire de m'appeler ?
Oui. Merci, M. l'inspecteur. Vous avez �t� tr�s aimable.
Je vais vous faire raccompagner.
Mme Appleby a sa voiture.
Je sais. Mais vous m'accompagnerez sur les lieux de l'accident.
Vous devrez identifier l'automobile.
- C'est bien, Robert. - Comme vous voudrez, madame.
- Au revoir, inspecteur. - Bonne journ�e, Mme Appleby.
- Je vous attends dehors, inspecteur. - Merci.
Vous pouvez identifier l'automobile d'ici ?
Pas vraiment, inspecteur.
Bien s�r que non.
L'homme-grenouille �tablira
la couleur, la marque et l'immatriculation de l'auto.
Alors, on saura.
Je vais descendre parler � l'homme-grenouille.
On a le temps. Attendez ici, je vous prie.
Je vous pr�sente tous mes regrets, Mme Appleby.
- Quelle trag�die ! - Merci, M. Spratt.
J'ai r�duit les formulaires au minimum.
Vous comprenez que ces dossiers
contiennent des aspects l�gaux dont il faut s'occuper.
- Bien s�r. - Avant que �a devienne officiel,
il faut conna�tre le verdict de la police.
En attendant, y a-t-il quoi que ce soit que vous d�siriez ?
Le testament de votre mari est explicite.
Tout vous revient
sans aucune provision, ni codicille.
Pourriez-vous signer
les documents aux endroits marqu�s au crayon ?
Le testament vous permet de retirer de l'argent apr�s le r�glement.
Il y a une chose, M. Spratt.
Je crois que lors d'un accident o� les deux parties meurent,
il peut y avoir une dispute sur qui est mort d'abord.
Sans doute. Mais je ne vois pas en quoi cela nous concerne.
- C'�tait ce genre d'accident. - Comment �a ?
Mon mari et ma belle-fille �taient dans la m�me auto.
Votre belle-fille, Mlle P�n�lope ?
On ne vous l'a pas dit ? La police...
Pardon, Mme Appleby. Je ne vous comprends pas.
Mon mari et Penny se trouvaient dans l'auto. Ils...
ils sont morts ensemble.
C'est impossible.
Pourquoi dites-vous �a, M. Spratt ? C'est un fait.
- Ils sont partis pour... - Vous savez s�rement que
votre belle-fille Mlle P�n�lope Appleby,
s'est suicid�e il y a trois semaines en Suisse.
Vous allez bien, Mme Appleby ? Vous faut-il quelque chose ?
- Mme Appleby ? - Pardon.
Je vois que votre mari ne vous avait rien dit.
Sa fille est partie en vacances avec la dame de compagnie, Mlle Frensham.
Elle s'est noy�e, apparemment.
Elle a toujours eu un �tat mental d�licat.
C'�tait d� � sa paralysie, il me semble.
Vous devez me permettre de vous verser un peu d'alcool.
Descendez par ici.
D�sol� de vous avoir demand� de descendre.
Pour m'�viter de monter.
Il aurait fallu redescendre tout de suite.
Je ne trouve pas agr�able de grimper.
- Est-ce l'auto ? - Une Rolls-Royce, argent et noir,
avec le num�ro 278EM06.
- Est-ce l'auto ? - Oui, c'est bien �a.
- En �tes-vous s�r ? - Bien s�r.
Etrange. Il y avait juste une personne dedans.
- Un homme. - La fille ? Sa fille ?
Il n'y a aucune trace d'elle.
Je dois aller me renseigner aupr�s de la police.
Oui, bien s�r.
Etes-vous s�re d'aller bien ?
- Je vais bien. Merci. - Ne me raccompagnez pas.
Est-ce dangereux pour votre amie ?
Mon amie ?
La jeune femme.
Bonne journ�e, Mme Appleby.
Bonjour, Jane.
Pourquoi ce silence ?
- Qui �tes-vous ? - Maggie Frensham.
Frensham ? La dame de compagnie.
Oui. L'amie de Penny.
Mais je ne comprends pas.
Pendant trois ans, j'ai vu mourir Penny, Mrs. Appleby.
Peu � peu. Quand sa m�re est morte, elle �tait toute seule.
Pour Penny, c'�tait insupportable.
Enfin, je n'y ai plus tenu. J'ai �crit � son p�re.
- Vous lui avez �crit ici ? - Oui.
Il a r�pondu qu'elle ne pouvait pas venir,
car une chose �trange se passait.
Il ne m'en a rien dit.
Il n'aurait pas pu, Mme Appleby.
C'�tait vous qui le tracassiez.
Penny a enfin cess� de lutter contre la vie.
Elle est sortie de la villa un soir pour aller se noyer.
Deux semaines plus tard, j'ai ouvert une lettre pour elle.
"S'il te pla�t, reviens, Penny.
J'ai toujours voulu que tu sois l�. Sign�, papa".
Penny �tait morte. Et son p�re le savait.
Comment le savait-il ?
Je le lui ai dit au t�l�phone la nuit de la mort de Penny.
Vous lui avez parl� ici ?
Oui. C'est alors qu'il m'a parl� de son ami.
Quel ami ? Qui ?
Devinez, Mme Appleby.
- Pierre. - C'est exact. Dr Gerrard.
Quand la lettre est arriv�e avec la signature de votre mari,
je savais qu'une chose clochait, car il savait que Penny �tait morte.
J'ai contact� le Dr Gerrard. On a d�cid� du plan � suivre.
- Vous n'�tes pas handicap�e. - Non.
Je ne le suis pas. C'est pourquoi je suis encore ici.
Hier, j'ai ouvert la porti�re et j'ai saut�.
C'�tait Robert. Il m'a dit de...
- Qu'allez-vous faire ? - Vous le demandez, Mme Appleby ?
De l'argent ?
Non. Je ne veux pas d'argent. J'en ai plus qu'assez.
Penny et moi �tions tr�s proches. Elle m'a bien pourvue.
- Robert, le chauffeur ? - Oui.
Spratt, le notaire de M. Appleby.
Mme Appleby ne va pas bien.
Gardez l'oeil sur elle. Elle est seule, � part la fille.
- La fille ? - Dans le fauteuil roulant.
Je serai au Grand H�tel si on a besoin de moi.
Je vous en prie. N'y a-t-il rien...
il n'y a rien, Mme Appleby.
Monsieur Robert venez avec moi, je vous prie.
Venez, Maggie.
Il n'y a plus rien pour vous ici.
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