Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
"Kyrie Eleison".
...
-Anne de Rocligon. Oui, venez.
-Pourquoi va-t-on chez la mère supérieure ?
-Je ne sais pas.
-Soeur Barbe, vous écoutez aux portes.
Vous savez tout.
-Je vous assure, je ne sais rien.
-Le mensonge par omission est un péché.
-Mais je ne pèche pas. Je ne sais rien du tout.
...
-Où est Marie-Catherine ? -Elle n'est pas là ?
-Soeur Barbe, vous répondez toujours par une question.
-Pardon, ma mère. Je l'avais prévenue.
-Cherchez-moi cette enfant
et faites preuve d'efficacité.
-Tout de suite, ma mère.
-Mademoiselle Anne, vous êtes témoin.
L'heure, c'est l'heure. On s'efforce de vous l'apprendre.
Votre jeune soeur n'a pas assimilé cette politesse élémentaire,
qui est la politesse des rois.
Ce n'est qu'une mauvaise herbe.
-On a le droit de venir ici ?
-Maman ne nous l'a pas interdit.
-Mais c'est moi qui dois te surveiller.
-Tu parles...
-Va pas trop vite, Catherine.
-J'aime bien voir.
-On peut vraiment venir là ?
-C'est un endroit extraordinaire pour moi.
-Viens voir ce vieux livre.
-C'est à moi !
-C'est bon.
-Bon. Nous allons nous dispenser de l'attendre.
Cependant, je vais vous demander d'être très courageuse
et d'affermir votre foi à l'aune de cette tragédie.
Mademoiselle,
votre Seigneur, dans Sa grande bonté,
a choisi de rappeler à Lui...
Une porte s'ouvre et se ferme.
Je disais...
Votre Seigneur, dans Sa grande bonté,
a choisi de rappeler à Lui votre père.
Il s'est jeté sous les roues d'une carriole
pour sauver une enfant.
Ne pleurez pas sa perte,
mais réjouissez-vous de la gloire de son sacrifice.
Il a rejoint le royaume des cieux.
Allons. Ne vous a-t-on pas appris la force de caractère ?
Point de démonstration de larmes inutiles.
Ne regagnez pas vos classes. Montez dans vos dortoirs.
Vous allez préparer toutes vos affaires.
Votre condition ne vous permet plus de rester ici.
Nous sommes un collège privé, pas une oeuvre de charité.
-Ouais !
J'ai gagné, j'ai gagné, nananère.
-Yes.
-Voilà. Tu l'as perdue.
-Non. Elle est derrière le fauteuil. -C'est ça.
Qu'en penses-tu ? Si elle n'y est pas,
on en prend une autre.
-Tu es déjà toute sale.
On dirait que tu t'ingénies à être sale.
-T'es qu'une rapporteuse.
-C'est moi, la grande soeur.
-Oh là là. Oh là là !
Jamais tu es heureuse, toi.
...
-Maintenant, montez en voiture.
Votre père veillera toujours sur vous du haut des cieux.
-On ne dit pas au revoir ? -Inutile.
Que Dieu vous garde.
Elles pleurent.
...
-Anne, regarde.
C'est tellement beau.
Incroyable que ça soit à quelqu'un.
Comment a-t-on fait pour le construire ?
Porter les pierres tout en haut...
-Il y a les misérables qui suent, et il y a les riches.
-Plus tard, j'habiterai un grand château.
-Rêve toujours. C'est un ouvrage de guerre.
Une place forte contre les invasions.
-Quelles invasions ?
-Il y en a toujours. La barbarie est partout.
Jeannot, à qui est le château ?
-A Barbe Bleue. Un seigneur très riche,
mais très sanguinaire avec toutes les femmes.
-Pourquoi ?
-Ses épouses ont toutes disparu au bout d'un an.
Il a dû les tuer.
-N'écoute pas. - Ca m'intéresse.
-Il y a aussi des jeunes filles qui ont disparu.
-Pourquoi il ne va pas en prison ?
-La justice des riches.
-C'est pas la justice, alors. - Si.
Tu comprends jamais rien.
Si. Je deviendrai très riche.
Ah oui ? Comment ?
-Ca te regarde pas. -Tu délires.
-Oui. Mais la mère supérieure, je la ferai étrangler.
Je la suspendrai par les cheveux et je la regarderai crever,
rejoindre le royaume des cieux.
Elles rient.
...
-Arrête. Papa vient de mourir.
-C'est nerveux.
...
-J'arrive pas à croire qu'il soit mort.
-On finira pourtant tous comme ça.
N'entre pas. Tu es trop petite.
Anne ! Anne !
Anne, dépêche-toi !
Anne...
Pourquoi tu as mis cette robe ?
Jamais tu ne devrais porter une telle robe.
Vite, vite !
Allez ! Allez, aide-moi.
...
Qu'allez-vous devenir ? Deux filles...
Comment je pourrais vous marier ?
Ton père ne nous laisse rien. Que des dettes.
Vous allez devoir entrer au couvent.
C'est la seule solution.
-Non, merci. Autant s'enterrer vive.
-Il nous entend.
-Qu'il nous entende ! Il aurait pu prendre soin de nous.
-Engagez-vous comme dames de compagnie.
-Plutôt mourir.
Pourquoi tu as teint tous nos vêtements ?
Tu veux nous enterrer avec papa, c'est ça ?
Lui est mort, au moins !
Il l'a choisi. J'ai pas choisi d'être morte vivante.
-Je sais pas comment maman te coiffe. Tu es vraiment moche.
-Qu'est-ce que tu fais ? -Je te rends un peu plus belle.
-Aïe ! Attention.
-Je te remets un peu plus belle. Maman n'a pas de goût.
Voilà. Tu es plus jolie.
-Oh là là...
-C'est moi qui vais lire. -Encore ?
-Je pleure quand il veut la tuer.
-Mais il ne peut pas la tuer. -Ca me fait pleurer.
Je suis sensible.
-"La Petite Sirène", tu chiales aussi.
-La fin est mieux.
Tu commences ?
-"La Petite Sirène", "Barbe Bleue" ? -"Barbe Bleue".
-"Il était une fois un homme qui avait de belles maisons
"à la ville et à la campagne, de la belle vaisselle,
"des meubles en broderie et des carrosses dorés.
"Mais il avait la barbe bleue."
-Aux marches du palais
Aux marches du palais
Y a une tant belle fille Lonla
Y a une tant belle fille
Elle a tant d'amoureux
Elle a tant d'amoureux
Qu'elle ne sait lequel prendre Lonla
Qu'elle ne sait lequel prendre
C'est un p'tit cordonnier
C'est un p'tit cordonnier
Qui a eu sa préférence Lonla
Qui a eu sa préférence
-Papa chéri...
Tu es beau comme ça.
Tu as l'air plus jeune.
Tu ressembles à une statue.
Une statue tellement froide.
Plus du tout intimidant.
Je t'aime.
La porte s'ouvre.
Je lui dis adieu.
Ca me fait pas peur de le voir mort.
Il est beaucoup plus beau.
Tu viens pas l'embrasser ?
-Je lui en veux d'être mort.
Je lui en veux à mort.
-Il l'a pas fait exprès. -Si.
Il a choisi de sauver un enfant.
Il n'a pas pensé à nous,
qu'il risquerait de nous faire orphelines.
On n'a pas compté.
Il n'a pas pensé à nous une seconde.
Je le déteste.
De toute mon âme.
-Tu veux toujours qu'on t'aime.
Toi, t'aimes personne.
Ne lui reproche pas d'avoir écouté son coeur.
-Sotte ! Je reproche ce que je veux.
C'est sa faute s'il est mort, pas la mienne.
-C'est une sotte. Elle sait pas ce qu'elle dit.
Cloches.
...
...
-Quand Dieu aura le temps, il l'emmènera au ciel.
On enterre les morts dans la terre car Dieu a du travail.
-Tu crois que papa peut mourir ? -Oui.
-On n'a plus de maison ?
-Si. On la garde pour nous. Lui n'en a plus besoin.
-Aux marches du palais
Aux marches du palais
Il y a une tant belle fille
Il y a une tant belle fille
Elle a tant d'amoureux
-Vautours !
-Et là, nous dormirons
Jusqu'à la fin du monde Lonla
Jusqu'à la fin du monde
-Chacals !
Fumiers !
-Qu'est-ce qu'on va devenir ?
-Tu n'as que tes yeux pour pleurer.
Cette famille me dégoûte.
-Elle pense pas ce qu'elle dit. Elle est malheureuse.
-"Une de ses voisines, dame de qualité, avait deux filles.
"Il lui en demanda une en mariage.
"Elle déciderait quelle fille lui donner.
"Elles n'en voulaient ni l'une, ni l'autre,
"ne pouvant se résoudre à prendre un homme qui eut la barbe bleue."
Tu comprends ?
Barbe Bleue, très laid mais très riche,
il faut être pauvre pour l'aimer. -Non.
Une dame de qualité ne l'est pas.
Continue de lire.
-D'accord.
Catherine soupire.
...
-Tiens. Comme ça, tu n'auras rien à dépenser.
-Dans quel état sont tes bras !
...
Une porte s'ouvre.
-Il y a deux filles sans dot en âge de se marier ?
-C'est cruel de se railler d'une famille qui connaît la misère.
Mes filles n'ont pas de dot. Qui voudra d'elles ?
-Barbe Bleue.
-Jamais je ne lui donnerai une de mes filles.
-Si vous m'aviez dit ça, je ne vous aurais pas reçu.
-Allons.
Vous n'avez plus les moyens de faire les difficiles.
Rien n'est si terrible, vu de plus près.
Le sieur de Barbe Bleue est riche.
Il serait généreux avec vous.
Si une se dévoue, votre fortune est faite.
Réfléchissez. Je vous ai dit ce qu'il en était.
Ne refusez pas à la légère.
Je le connais.
Le sieur de Barbe Bleue sait se montrer aimable.
Il vous fait parvenir une invitation
pour faire connaissance et choisir
entre les jeunes filles.
Vous voyez,
ça ne vous engage à rien d'accepter.
-On va visiter le grand château.
-Je suis sensible.
-Tu as peur même de ce qui n'est pas vrai.
-Non. J'ai pas peur, je suis malade. Ca me casse les oreilles.
-Tu dis n'importe quoi. -C'est pas ma faute.
C'est mon cerveau qui réfléchit.
-Ton cerveau est à toi. -Non, on me l'a donné.
-Bon. Je peux reprendre ma lecture ?
-"Il avait déjà épousé plusieurs femmes.
"On ne savait ce qu'elles étaient devenues.
"La Barbe Bleue, pour faire connaissance,
"les mena avec leur mère, trois de leurs meilleures amies
"et des jeunes gens de voisinage à l'une de ses maisons de campagne
"où on demeura 8 jours."
Musique médiévale.
...
-Si tu n'avais pas teint ma robe,
je me sentirais un peu mieux.
Elles vont se moquer de nous.
C'est simple, j'ai honte.
J'ai envie de partir.
-Porter le deuil n'est pas honteux.
Je me fiche des autres.
...
...
...
...
-Cette belle jeunesse qui s'amuse...
-Ils ont l'âge. -Il n'y a pas de mal.
-Notre hôte fait bien les choses.
-C'est ça de pris. Il n'est pas ragoûtant.
S'il croit épouser une jeune...
-On a le choix.
-Et on ne va pas le choisir.
...
-Vous, vous ne dansez jamais ?
-J'aurais l'air de quoi ?
Il faut avoir conscience de ce qu'on est.
-Vous aimez les voir danser sans vous ?
-Ils s'amusent.
J'aime être entouré de jeunes s'amusant.
Va danser, toi aussi.
-Personne ne m'invite.
Comme si j'existais pas.
-Ca viendra.
-Ma soeur est plus belle.
-Ca finira par s'inverser. Il suffit d'attendre.
Moi, ça ne changera pas.
Je suis un monstre. -Sûrement pas !
-On me regarde comme un monstre.
Je m'en rends bien compte. A force, je deviens un monstre.
Une sorte d'ogre, tu comprends ?
-Oui.
-Et je ne te fais pas peur ?
-Non.
J'ai plus peur de la méchanceté invisible.
...
-"La cadette trouva que le maître du logis était honnête homme.
"De retour à la ville, le mariage se conclut."
-Non.
Elle est trop jeune.
-Non, elle est vieille. Avant, on se mariait dès la naissance.
-T'es cinglée.
-On se mariait même à 5 ans.
Mais c'était différent que quand on se mariait plus grand.
Je sais pas comment.
Attends, je réfléchis.
-Tu fais semblant. -Non. Je réfléchis.
...
-Cela va, mademoiselle ?
Ca me semble parfait.
Il n'y aura pas plus belle épousée. -Non.
J'aimerais me montrer à ma soeur. Elle va pas en revenir.
-Attention !
Vous allez gâcher mon travail. -Non.
Anne, Ida, regardez.
C'est ma première robe faite pour moi.
Une robe que personne n'a usée.
Ca change, non ?
-Elle paraît soudain belle. -J'en reviens pas.
-Elle s'y croit, la pauvre. -Ce Barbe Bleue est si laid.
Je la plains. -Pas moi.
Elle est jalouse. Elle rêve de te dépasser.
Ca lui apprendra.
-Quand même, elle est toute petite.
Ca me fend le coeur.
-Que veux-tu qu'il lui arrive ?
-Que complotez-vous ?
-Rien. Tu es transfigurée.
-Mademoiselle, revenez !
-Marie-Catherine, reviens immédiatement !
Tu es incapable de garder des vêtements propres.
-Je suis un cochon. Je me salis toujours.
A partir de demain, je ferai ce que je voudrai.
Il me tarde.
-Mademoiselle, je dois finir les retouches !
-J'arrive.
Chant religieux.
...
Tu viendras me voir.
Tu m'abandonneras pas.
Il y a plus de raison qu'on se dispute.
-Toutes. Mais j'aime bien ça.
Je t'aimais en souffre-douleur. -Moi aussi.
-Je te faisais mal.
-Je m'en fichais. Je dévastais ta chambre et on te grondait.
...
-Le mariage de Barbe Bleue est difficile
parce qu'il tue les enfants.
Il a une énorme marmite dans laquelle il cuit les enfants,
une petite trappe pour récupérer les oeufs
et une louche pour récupérer la fille.
Et après, il la mange.
C'est comme ça qu'il grossit.
Et il rencontre une ogresse verte aux grandes dents.
-Tu confonds tout. Tu es idiote.
-Ah oui ? Alors c'est quoi, ton mariage ?
-C'est quand deux personnes s'aiment.
Devant tout le monde, ils se mettent une belle bague dorée.
-Et une ogresse vient les manger.
-Arrête, avec cette ogresse !
La femme a une belle robe de mariée.
-Et elle devient ogresse. -Mais arrête !
Elle est belle. -Barbe Bleue dévore tout.
...
-Alors là, je t'explique pour de vrai.
Le mariage, c'est deux personnes qui s'aiment.
Un jour, ils veulent devenir homosexuels.
Mais oui, c'est vrai.
-"Homosexuels", c'est deux garçons ou deux filles qui s'aiment.
Arrête de parler de ça.
-Non. C'est quand ils s'aiment d'amour.
...
Elle rit.
...
-Votre barbe est vraiment bleue ?
-Tu ne vas pas avoir peur, toi aussi ?
-Non.
Je ne m'y attendais pas.
J'aime mieux ainsi.
-Tu es une étrange petite personne. -Comment ça ?
-Tu as l'innocence d'une colombe et l'orgueil d'un aigle.
-Ce que vous dites me plaît.
-Oui. Mais prends garde que l'orgueil ne devienne jamais vanité.
Car alors, tu seras perdue.
-Les histoires qui font peur me font rire.
-Tu n'as jamais ri en lisant ça.
-Je ris dans ma tête. -N'importe quoi.
...
-Ah non.
Si maman voyait ça, elle serait indignée.
Je ne dormirai pas avec vous avant d'en avoir l'âge.
-Qu'ai-je fait de mal ?
J'ai fait acheter ce petit lit.
-Je ne suis pas un chien.
Vous devez ronfler comme un ogre.
Si je n'ai pas ma chambre dans un tel château,
je retourne chez maman jusqu'à mes 20 ans.
-J'ai cru bien faire.
-Je veux une chambre à ma taille.
Vous n'êtes pas autorisé à rentrer.
Ce doit être chez moi.
A la maison, je devais me glisser dans le lit de ma soeur.
Tout lui était dû. J'étais la dernière.
Ici.
Non.
Là.
-Ce cagibi est bien indigne de vous.
-Je voudrais voir.
-Vous êtes sûre qu'il vous convient ?
-Ce sera ma chambre.
J'en veux aucune autre.
-D'autres pièces sont plus somptueuses.
-Quand je serai grande.
Ici, ce sera mon endroit secret.
Personne n'aura le droit d'entrer.
Jamais.
-Je suis trop gros pour entrer.
-Monsieur mon époux sera toujours trop grand pour moi.
Je ne vous ai pas fâché ?
-Non.
Tant que tu me diras la vérité, rien ne me fâchera de toi.
Bonne nuit.
Fais de beaux rêves.
...
Pas dans le couloir.
...
-J'ai envie de continuer à lire.
-Après le mariage,
elle devient châtelaine, elle est riche...
Tu parles d'un intérêt !
-Tu es jalouse !
-Je vois pas de quoi. -De moi.
Je suis plus intelligente. Je suis dans ta classe.
-Parce que j'étais malade.
-J'ai sauté une classe. -Tu vas redoubler.
-L'année prochaine. En attendant, j'ai un an d'avance.
-Aïe.
...
-C'est un Fomitopsis pinicola.
Ca, c'est un Boletus piperatus.
Répète.
-Boletus piperatus. -Boletus piperatus.
Un autre Boletus piperatus.
-Aux marches du palais
Aux marches du palais
Il y a une tant belle fille Lonla
Il y a une tant belle fille
Elle a tant d'amoureux
Elle a tant d'amoureux
Qu'elle ne sait lequel prendre Lonla
Qu'elle ne sait lequel prendre
C'est un p'tit cordonnier
C'est un p'tit cordonnier
Qui a eu sa préférence Lonla
Qui a eu sa préférence
Et c'est en la chaussant
Et c'est en la chaussant
C'est ma soeur Anne qui la chantait.
-Elle me plaît bien, votre voix.
Elle est toute simple.
-Je chante faux.
-Pas pour moi.
-Si vous aviez entendu Anne...
-Tu t'ennuies, sans ta soeur.
-Non. Mais elle me manque.
Mais je suis ravie d'être débarrassée d'elle.
-"La Barbe Bleue dit à sa femme
"qu'il devait voyager en province 10 semaines au moins
"pour une affaire de conséquence."
-Les clés des deux grands garde-meubles.
Celle de la vaisselle d'or et d'argent.
Celle de mes coffres-forts, avec mes pierreries.
Le passe-partout qui ouvre tous les appartements.
Ouvrez tout.
Allez partout.
Tout est à vous.
Souriez, ne faites pas cette tête.
-Je suis triste de vous voir partir. -Allons donc.
Je m'absente assez pour que tu veuilles me retrouver.
En attendant,
promets-moi de profiter de mon absence.
Amuse-toi.
Vois ta soeur, des amis.
-Je n'en ai pas.
-Retrouve la vie de ton âge.
Moi, je n'aime plus voir personne.
Je suis un vieux loup échaudé,
blasé de tout.
...
-Votre barbe a cessé d'être bleue.
-Je ne te plais plus ?
-Moins.
Je m'y étais habituée.
...
-Vous pouvez me faire confiance.
-Je m'en garderai bien.
-Regardez-moi dans les yeux.
-Pourquoi ? -Regardez-moi dans les yeux.
...
-Où est ma femme ?
-Ce luxe tous les jours n'est pas lassant,
avec personne pour le partager ?
-Non. Je m'y suis habituée.
Je ne le remarque même plus.
Comme si j'avais toujours vécu ainsi.
Je pourrais pas m'en passer.
-Il semble qu'on avait oublié mon retour.
-Mais c'était si long,
si interminable...
J'étais si triste.
Vous m'avez ordonné de m'amuser.
Alors je ne comptais plus les jours.
Vous êtes là, et je ne vous attendais pas.
Quelle magnifique surprise.
Comme je suis contente !
Vous vous rappelez ma première fois ici ?
J'étais émerveillée.
Ce soir, c'est encore plus beau.
Je suis comme dans le repaire d'un aigle séculaire,
fait pour me protéger.
Moi.
Moi seule.
Et on surplombe la terrible vanité du monde.
Dites...
Nous allons reprendre notre vie comme avant,
seuls tous les deux ?
Je vous sens triste.
Vous n'êtes pas fâché contre moi ?
...
- J'ai un appétit d'oiseau, et je mange des oeufs d'oiseaux.
Je mangeais jamais assez.
...
-J'y suis.
"Les Chinois se souvenaient d'une éclipse
"arrivée sous l'empereur Tchoung-Khang
"dans le temps de l'équinoxe d'automne,
"l'an 2155 avant notre ère.
"Ils rapportent que vers 2500 ans avant notre ère,
on vit 5 planètes réunies dans une même constellation,
"et le même jour, on observa la nouvelle lune.
"On se demanda si c'était arrivé."
Mais, vois-tu,
les calculs qui corroborent ceux du professeur Kirsch
ont mis la chose hors de doute.
Ils ont placé la conjonction en l'an 2443 avant notre ère.
-Vous m'apprendrez tout.
Je suis si ignorante.
-Je t'apprendrai tout ce que je pourrai.
Mais il faut aussi apprendre en lisant.
Cela t'occupera lors de ma prochaine absence.
Tu sais que je dois repartir bientôt.
-Aussi longtemps ?
-Aussi longtemps.
Je regrette de devoir t'abandonner.
-Emmenez-moi.
-Je ne le puis.
-C'est inutile. Je ne donnerai plus de fête.
-Tu feras ce que ton coeur te dit.
T'ai-je grondée la dernière fois ?
-J'inviterai ma soeur. Personne d'autre.
-Je te donne ces clés pour l'usage que tu veux.
Mais par contre, cette petite clé,
c'est celle du cabinet au bout de la galerie de l'escalier bas.
Je vous la confie, madame.
Mais je vous défends d'y entrer.
-"Elle promit d'observer tout ce qui lui était ordonné.
"Lui, après l'avoir embrassée,
"monte sur son cheval et part pour son voyage.
"Si pressée par la curiosité,
"elle descendit par un escalier dérobé
"avec tant de précipitation qu'elle pensa se rompre le cou.
"Arrivée à la porte du cabinet,
"elle s'y arrêta quelque temps, songeant à la défense de son mari
"et considérant qu'il pouvait lui arriver malheur d'avoir désobéi.
"Mais elle ne put surmonter la tentation.
"Elle prit alors la petite clé et ouvrit la porte du cabinet.
Elle ne vit rien car les fenêtres étaient fermées."
...
J'ai pas peur. J'ai pas peur...
J'ai pas peur.
J'ai pas peur. J'ai pas peur.
J'ai pas peur. J'ai pas peur. J'ai pas peur.
"Après un moment,
"elle commença à voir que le plancher était couvert de sang,
"dans lequel se miraient les corps de plusieurs femmes
"mortes et attachées aux murs.
"C'étaient toutes les épouses de Barbe Bleue,
"qu'il avait égorgées l'une après l'autre.
"Elle reprit ses sens, ramassa la clé,
"referma la porte et monta à sa chambre se reposer.
"Mais elle n'en pouvait venir à bout tant elle était émue."
...
-Vous, monsieur ?
Vous n'êtes parti qu'hier.
-Mon retour ne vous afflige pas, j'espère ?
-Je ne m'attendais pas à vous voir si tôt.
-Je suis surpris moi-même d'être ici si vite.
-Je ne pouvais me résoudre à vous quitter si longtemps.
Qu'avez-vous, madame ?
Vous êtes pâle.
-J'étais si triste de votre départ.
Je n'ai rien avalé.
-Allons manger quelque chose.
J'ai moi aussi grand-faim.
...
Madame, n'allez pas voir malice de ma part,
mais vous devez me rendre les clés.
Nous ne pouvons nous soustraire à cette règle.
-Bien sûr.
...
-Je ne vois pas la clé en or.
-J'aurais oublié de la remettre ?
-Vous savez qu'il me la faut.
-Je l'ai égarée.
Je ne sais plus où je l'ai mise.
...
-Vous avez fait ce qui était interdit.
-Non. Je ne suis pas entrée.
-Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clé ?
-Je n'en sais rien.
-Vous n'en savez rien ?
Mais je le sais bien, moi.
Vous avez voulu entrer dans le cabinet.
Eh bien, madame, vous y entrerez aussi.
Vous irez prendre place auprès de ces dames.
-Pardonnez-moi.
Je me repens tellement d'avoir désobéi.
Je sais que c'est impardonnable.
J'ai pas pu m'en empêcher.
-Il faut mourir, madame. Tout de suite.
-Pitié.
Pitié, monsieur.
Laissez-moi monter à la tour et prier pour le repos de mon âme.
-Je ne puis vous accorder qu'un quart d'heure.
Madame, hélas, vous n'échapperez pas à la mort.
...
-Anne !
Ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
...
-Allons, madame. Il faut mourir.
-Pitié. Encore une minute.
-Ca ne sert à rien.
Il faut mourir, madame.
-Un petit moment pour me recueillir.
Juste que je me concentre.
Je ne mérite pas ce cimeterre. Il a égorgé les autres.
Plantez-moi votre poignard en pierreries dans le coeur.
Je serai heureuse de mourir de votre main.
S'il vous plaît.
...
-Il est temps de mourir.
-Je ne le conteste pas.
Je voudrais juste mourir dans ma tenue de noces.
Quand je ne vous avais pas fâché, vous avez été si bon avec moi.
-Bon. Mais après, je ne tolérerai aucune nouvelle requête.
-Promis.
-Ne te défile pas au meilleur moment !
-Tais-toi ! J'ai peur.
-"Ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
"Je vois, répondit-elle, deux cavaliers
"qui viennent de ce côté, mais sont encore loin.
"Dieu soit loué.
"Ce sont les mousquetaires. Je leur fais signe de se hâter."
Cri.
-Catherine ! Marie-Anne !
Catherine pleure.
-Où est ta soeur ? Elle a été encore mauvaise avec toi ?
...
-Maman...
...
...
Sous-titrage : Télétota
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.