All language subtitles for The.Braves.[Entre.Les.Vagues].2021.FRENCH.1080p.WEBRip.x264.AAC-MTHRFCKR

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Original subtitles

Dégage, elle a dit.

- À qui tu parles ? - À toi.

- Tu me parles pas comme ça. - Respecte les autres.

Si je veux, je recommence.

- Arrêtez ! - C'est quoi, ton problème ?

T'as aucun respect pour personne !

Arrêtez !

Tu veux quoi ?

Tu veux quoi ?

Tu me touches pas !

Arrêtez !

Moi, je te touche pas ?

Tu veux savoir si je connais le texte ? On peut te montrer.

Mais faut savoir le jouer.

Arrêtez !

On arrête l'audition !

On arrête tout, rentrez chez vous.

Journée terminée !

On va pas jouer à cause de vous ?

- Mais t'es nulle. - Arrêtez !

Vous êtes dans mon théâtre !

- On s'en va. - Mais allez !

Tais-toi.

Je voulais repasser, moi.

J'ai vu tout ce que j'avais à voir.

Kristin !

Comme si t'avais une chance.

J'ai même pas pu faire mon texte.

T'es qui, tu fais quoi ?

- Je sors par où ? - C'est mort.

- Par l'autre scène là-bas. - Devant Kristin ? C'est mort.

Faut que tu m'aides à sortir.

Faut que tu passes par la scène et on est en filage en fait.

C'est pas grave.

- C'est pas grave ? - S'il te plaît.

Le roi arrive !

Préparez la poularde !

La poularde !

Stop, on refait du début.

Tu stresses ?

Non, je stresse jamais, moi.

Sur scène, tu donnes tout. Ça va aller.

Laisse-moi me concentrer.

Il fout quoi, le roi ?

Quand je rentre, on a 30 sec d'obscurité,

la sortie est à droite.

- Non, mais je déconnais... - Maintenant !

- On a fait un truc de fou ! - On s'est tapé la honte.

On s'en fout ! Au moins, elle nous aura vues !

Ouais, mais pas comme ça. Pas autant.

Ce genre de metteurs en scène, c'est des oufs.

Il leur faut des acteurs de ouf, je sais qu'elle aime ça.

On a fait presque tout ce qu'on avait dit.

On avait pas du tout dit ça. Pas comme ça.

Tu devais monter pour m'interrompre et après, on devait se battre.

Je sais pas ce qui m'a pris. Avec ton trou de mémoire, ça m'a...

Putain, j'ai tout foiré.

Bon, écoute. Au moins, elle nous aura vues.

- Elle nous a remarquées. - Ouais.

Hé, t'inquiète. T'inquiète pas.

Elle t'a vue jouer hier et avant-hier.

J'ai 27 ans, sur mon CV, j'ai dû bosser dans douze cafés,

j'ai dû faire 102 312 expressos et...

Attends !

Ah oui, 0 film et 0 pièce de théâtre.

Attends, il y a aucun regret à avoir.

Tu crois qu'avant on aurait pu passer une audition comme ça ?

Sur cinq jours, trois tours ? On est arrivées au dernier tour.

Mais je m'en fous, je veux le rôle.

Toi, t'en passes tout le temps.

Des pubs pour du fromage, c'est des auditions ?

- Tu m'as fait saigner du nez en plus. - Toi aussi.

Tiens.

Merci.

Je veux vous revoir une dernière fois.

On travaille sur la même scène.

Concentre-toi, c'est quand tu veux.

OK.

Je veux voir la scène.

Il y a 100 ans,

mon arrière-grand-mère est arrivée ici.

Bien, emmène-moi à New York.

Montrez-moi vraiment qui vous êtes.

Elle avait mon âge, 27 ans.

Elle avait mon âge.

- Amène-nous là-bas. - 27 ans.

Ne mentez pas, vous êtes au service de l'histoire.

- J'aurais pu continuer... - Je peux recommencer ?

Concentre-toi.

Elle était déjà veuve et avait traversé l'océan

pour rejoindre Mulberry Street.

Je voudrais voir New York à travers tes yeux.

Elle s'est déracinée de Naples

d'un coup de hache.

Elle s'est déracinée de Naples d'un coup de hache.

- Manhattan était de l'autre côté. - Amusez-vous.

Manhattan était de l'autre côté de la rive.

Mon enfant.

- Mon enfant. - Mon enfant.

C'est ici que tu vas naître.

Sur cette terre d'exil.

Sérieusement, les filles !

En plus, tu ramènes ta copine.

- Ça a traîné... - Je vous laisse.

C'est pas professionnel, t'arrives en retard.

Je vais faire comment ?

Bon allez, c'est pas grave.

Ton audition, c'était bien ?

Vas-y, parle-moi. Explique-moi.

T'as cartonné ? T'as tout donné ?

C'est bon.

Allez, va te préparer.

On se bouge, je dois aller faire mes courses.

Si ça sonne pas, c'est mort.

Arrête d'en parler, stop.

Tu me rends folle.

Oh putain, t'avais raison.

On aurait pas dû se battre.

- Je te l'ai dit. - On s'est tapé la honte.

Ils vont donner les résultats quand ?

Mais j'en sais rien !

Mais elle réfléchit à quoi ?

Elle doit prendre une de nous.

Ça me rend folle, elles étaient fortes les autres.

Je sais...

T'imagines si elle prend la grande en rôle principal

et Jenny en doublure ?

Je serais dégoûtée.

Mais tu peux vérifier si ça a sonné, s'il te plaît ?

T'es allée en terrasse, ça se trouve ça a sonné.

Me stresse pas, ça a pas sonné.

J'ai regardé il y a cinq minutes.

J'en ai marre, rends mon téléphone.

On a dit qu'on attendait. On peut tenir.

Qu'est-ce que tu fais ? Rends-moi la clé !

Alma !

- Alma ! Alma ! Ça sonne ! - C'est pas drôle !

Si, je te dis que ça sonne !

Attends, elle est dans ma doublure.

Merde !

- C'est toi. - C'est moi ?

Vous avez un nouveau message.

Aujourd'hui à 18h08.

- Je suis prise. - C'est une blague ?

Non, je te jure.

- C'est une blague ? - Non.

Putain, c'est trop bien !

Je suis trop fière de toi !

T'es trop forte ! Je le savais.

J'étais sûre.

- Je suis désolée. - Regarde-moi.

Je suis désolée. Je me sens con, pardon...

Non, c'est pas grave.

C'est la pression qui retombe.

Je me sens nulle, je suis trop contente pour toi.

C'est comme si c'était pour moi.

C'est trop bien, bravo !

- Les filles ! - Pardon.

J'avais oublié un truc, désolée.

- Il y a des clients, va les servir. - Ouais !

Le petit fondant au chocolat, c'était à base de quoi ?

C'est à base de fondant et de chocolat.

C'est une star, maintenant.

Mais on te reverra plus. Tu me feras plus les ongles.

T'inquiète !

Même si tu vas aux Oscars, tu fais mes ongles.

Le lundi, je joue pas au théâtre. Je viens te faire les ongles !

En tout cas, félicitations !

Vous vous rendez compte ?

Ma fille va être une actrice !

Quand elle était petite, je la jetais au centre aéré.

Elle faisait du théâtre, je me disais : "Ça va lui passer."

Tu te reposes ?

- Tu as encore mal à la tête ? - Un peu.

Allez, c'est la fête.

Ça va.

Maintenant, tu vas avoir un rythme de sportive.

Si tu bois, tu ne tiendras pas au théâtre.

- Tu me promets ? - Ouais.

- Vraiment ? - Juré.

- Je suis tellement heureuse pour toi. - Moi aussi.

- Alors les filles, on fait la fête ? - Que le champagne coule !

Profitez-en, je vous fais le service.

Ça n'arrive qu'une fois.

C'est une liberté.

Ouais, ma poule. C'est moi.

Kristin, elle m'a appelée. Tu vas jamais me croire.

C'est moi qu'elle prend pour être la doublure !

C'est absurde.

Bon, même si je vais jamais jouer, bien sûr.

C'est que la doublure,

mais ça a marché !

C'est trop cool.

On ne lâche rien. Je vous l'ai toujours dit !

- On est bien d'accord ? - Oui.

- On est bien d'accord ? - Oui !

Bon, on travaille sinon on finira tard.

Non, pas de travail.

Allez fêter la réussite.

Le travail, ce sera pour plus tard.

On va aller voir Bastien.

Qui ? Le con qui l'a trompée ?

Il l'a pas trompée.

- C'est sa femme. - C'est pas vrai.

- Il s'est trop foutu de toi. - Perdez pas votre temps.

C'est un loser.

- Je dois garder Naya ce soir. - Encore ?

- Sa mère est de garde. - Il s'en sortira pas comme ça.

Ne perdez pas votre temps. Vous avez des projets maintenant,

c'est le moment de rester focus.

- Je vous fais pas confiance. - On est d'accord.

- Je vous crois pas. - On est d'accord.

Très d'accord même.

Restez focus.

Tiens.

Désolée de te prévenir à la dernière minute,

mais ils ont besoin de moi.

- T'inquiète. - Tiens, y a tout dans le sac.

Tu seras sage, hein ?

Maman t'aime fort. Allez, à demain.

- Bon, je te laisse avec le monstre. - Yes, merci.

Bon courage !

Alors, t'es contente de passer la soirée avec moi ?

Allez, on y va.

- Il est cassé. - Bah oui, il est cassé.

Elle est là !

- Non. - Si.

- Non. - Si, si, si.

Touche, c'est du vrai.

Naya !

C'est tata Alma !

T'abuses !

- On va trop loin. - Il aura que ce qu'il mérite.

On touche pas à un numéro 10 comme ça.

C'est un attaquant à qui il a mis un tacle.

Tu sais ce qu'il a fait ? Une rayure à une Lamborghini.

Ça ne passe pas.

C'est pas possible, OK ?

On fait pas ça à toi.

T'as raison.

- Maquille-toi un peu plus. - Ok.

- Allez ! - Allez !

Allez c'est parti ! On bombe, on bombe !

Bastien !

Bastien !

- Il ouvrira pas. - Mais si, force !

Bastien ouvre, merde !

J'aimerais que tu gardes la petite, pour une fois.

J'en ai marre de te courir après, j'aimerais sortir ce soir.

- Je sais pas qui c'est. - Pourquoi elle t'appelle ?

Elle est à bout, ouvre ta porte !

Vous êtes qui ?

Occupe-toi d'elle, s'il te plaît !

De quoi ?

Allez, ouvre !

T'inquiète pas, j'arrive !

On arrive, t'inquiète.

Excusez-nous, pardon.

J'arrive, ouais.

Ouvre pas la porte.

Laisse la porte fermée, putain !

C'est des folles, je connais pas cet enfant ?

- Dis bonjour à papa. - Coucou, papa.

Super, c'est bon.

- Il est temps que tu la prennes. - Quoi ?

- J'appelle les flics. - Ça te tuerait d'assumer ta fille ?

- Ma fille ? - C'est ouf !

- Je comprends pas. - Y a rien à comprendre !

Je suis désolée, il va t'expliquer.

- Quoi ? - J'essaye de t'oublier.

Elle te ressemble tellement.

- Je te vois en elle. - C'est faux.

C'est faux !

C'est faux, chérie.

- Papa ! - Putain, c'est un cauchemar !

- Elle t'appelle papa ! - C'est faux, écoute-moi.

Il faut que tu me croies, Anouche. Je t'aime et j'aime que toi.

Si tu m'aimes aussi, fais-moi confiance, je la connais pas...

C'est un homme ça ? C'est une omelette... aux lardons !

Allez, on se casse là !

On se reverra devant le juge, connard !

Elles mentent.

- Je t'aime. - Tu me dégoûtes.

Arrête, Anouche ! Putain !

À un moment j'avais, envie de le frapper !

j'étais tellement à fond ! T'as vu comme il a pleuré ?

C'est bien, t'as bien dit papa !

- Elle le fait toujours trop bien ! - Elle est trop forte !

Mon enfant, je veux que tu naisses sur cette terre qui nous a sauvés.

Là où mon arrière-grand-mère a rencontré son mari.

- C'est ça ! - À South William Street.

Joue comme si tu ignorais la suite.

Ils y ont fait nuit blanche.

Il lui a promis de l'aimer et de l'emmener à Paris.

C'est là que tout a commencé.

Mets-moi plus de cœur !

Je sens qu'on peut aller plus loin. Reprends.

Coupe la bâche.

Notre famille a été déchirée plusieurs fois.

C'est cette énergie,

mais moi j'ai besoin de ressentir ce qu'elle ressent,

à travers tes mots, mot par mot, moment par moment,

à travers tes yeux.

C'est OK pour toi ? Tu prends des notes ?

Elle revit l'histoire d'amour de son arrière-grand-mère

en faisant nuit blanche dans la rue.

Je veux voir New York, l'amour !

Pardon, désolée.

On s'en fout du téléphone, joue avec.

Reprends ton texte, c'est bien !

Notre famille a été déchirée plusieurs fois,

mais c'est dans nos déchirures

que l'amour nous a tous sauvés.

Bonjour Mlle Sarnem, c'est Mme Béjard.

J'ai essayé de vous joindre, j'espère que tout va bien.

Bon, on va vous attendre jusqu'à 18h30.

C'est trop beau ce que vous avez là.

Pourquoi on n'a pas ça ?

Regarde !

Je vais les prendre.

Laisse-moi finir avec la meuf.

Hé, j'étais à ça.

C'est ça, son problème !

J'étais là...

J'allais l'embrasser, j'étais en podium,

j'étais en sixième, j'allais conclure, j'allais l'embrasser, j'étais comme ça.

Comme ça !

Elle m'a dit... elle m'a regardé et elle m'a fait :

- "Faut que je slam". - Non, tu mens !

D'un ton sentencieux Bergman, elle m'a fait : "Faut que je slam".

Elle s'est vénère et tout parce qu'elle voyait...

Chamanique, elle s'est mise comme ça avec ses mains.

"Pérou Ayahuasca", la meuf. Elle a fait comme ça.

elle a fait : "Donne-moi une lettre, donne-moi une lettre."

Genre incantation.

Vas-y, moi je suis là : "Euh... B."

Elle : "Le B ? Baston,

"je viens pas de Washington ma grand-mère s'appelle Chantal."

- Elle a pas fait ça. - Elle a fait ça !

- Sérieux, comme ça. - Tu les trouves où ?

C'est nul à chier !

Tu les enchaînes, pose-toi des questions.

Quand est-ce qu'elle sort sa mixtape ?

À Chantal ?

Je vous suis pas là, je rentre.

- Non, je suis crevée. - Bois un dernier coup.

- Tu rentres à l'appart ? - Non.

Tu pars pas et je pars pas non plus,

moi je tiens là, j'ai envie de faire nuit blanche.

J'ai envie d'arriver comme le personnage.

Vous faites de l'acteur studio, les Américaines.

Non, moi je bosse à la française.

Tu bosses à la française, excuse-nous !

Allez, encore une !

À Chantal !

Pour Chantal !

- On fait quoi ? - On danse !

On danse !

Y a plus rien tout le monde rentre là, y a plus de bar.

Comment ça "y a plus de bar" ?

Mais je rêve, vous avez volé un fût ?

- On prépare pas les afters ? - Vous voulez faire un tour ?

- Ouais, grave. - Non, non, non.

Ça va m'assommer.

Je veux être dans le même état que mon personnage :

elle fait nuit blanche à New York City, on fait nuit blanche à Paris.

Heureusement que tu joues pas un bourreau.

Une Marie-Antoinette

C'est vous les Marie-Antoinette avec votre théâtre classique

et Molière.

On a des vrais costumes, ça croit en nous.

Vous, des costumes ?

Avec ton col en crépons, c'est ça, vos costumes ? Le budget !

- Petits joueurs ! - Nous, des petits joueurs ?

Des petits joueurs ? Montre-leur.

- Petits joueurs. - Tu veux montrer quoi ?

Excusez-nous.

J'ai faim...

Moi aussi, j'ai faim...

Mais si on rentre, on va pas ressortir. Faut qu'on tienne !

C'est clair.

- Ah, mais j'ai trop faim. - Moi aussi, j'ai faim !

J'ai trop faim.

Mais attends, c'est illégal.

- Peut-être qu'ils ont des trucs. - T'as raison.

Bonsoir.

Bonsoir.

Excusez-moi, vous auriez pas du pain, du fromage ou des trucs comme ça ?

Non, a déjà tout emballé, désolé.

Il y a peut-être une petite compote ?

- Un truc ? - Non.

Un fruit, un kiwi ? On a vraiment faim et tout est fermé.

Vous avez pas assez mangé au mariage ? C'était pas bon ?

C'était bon, mais on est arrivées un peu en retard...

- Vous êtes pas du mariage. - Si.

On aimerait juste du pain.

Il nous reste plus rien, on a tout remballé.

- Et un petit bout de pain ? - Il reste rien, ils ont tout mangé.

- Du fromage ? - Ils ont tout mangé.

- Et dans le frigo ? - Les frigos sont fermés.

- Y a des cadenas aux frigos ? - Bah oui.

- Des cadenas ? - Arthur, dis-leur.

Arthur, tu peux nous faire des croque-monsieur ?

Arthur, il reste quelque chose ?

- Arthur. - Arthur, s'il te plaît.

- C'est un menteur. - On a rien.

Mais arrête de faire ta pince.

S'il y avait quelque chose, je vous aurais donné.

Vous avez rien à faire là, vous avez mis des traces.

Tu peux faire un effort.

On n'est pas au kebab du coin là. Vous êtes rentrées comment d'abord ?

Mais fais chauffer ton four.

Non, mais allez, allez, allez !

- T'es un malade ! - Allez, dégagez.

Bon allez, faut partir.

Allez, on vous donne ça, vous prenez ça.

- Le bar ? - Vous allez pas au mariage !

- On va au mariage. - Non, je vais me faire niquer.

Bon bah... Nuit blanche ?

Allez !

Tu veux un truc à boire ?

Un verre, s'il te plaît.

Merci à tous d'être là ce soir.

C'était un très beau mariage, très émouvant.

- Toi, je t'aime ! - Bah moi aussi, je t'aime.

- Ça va aller ? - Au top !

Salut, toi !

Tu veux un verre ?

T'as mon pull !

Je voulais rentrer aussi. Deux verres !

Je suis tellement contente que vous tous venus ! Merci !

- C'est du cachemire ton pull ? - Oui.

C'est super doux !

On est en petit comité, c'est bien.

Tu devrais te coller à moi pour sentir la douceur du cachemire.

Regarde, sens la douceur.

C'est génial que vous soyez tous venus.

- On va danser ? - Non.

Donne un autre verre.

C'est trop bien ton pull, c'est doux !

- C'est du cachemire. - Ah ouais...

Tu sens ? Tu sens pas ?

Tu sens pas comment...

comment je vais déchirer demain au théâtre ?

Excusez-moi, je vous l'enlève.

Tu veux toujours pas danser ?

- Allez, viens. - Ah ouais ?

Non, je déconne.

Un, deux...

Je vous ai préparé un slam :

"Bastons, billard, bracelet,

"je viens pas de Washington ma grand-mère s'appelle Chantal."

Je t'avais dit qu'il fallait rentrer ! Dépêche-toi.

On n'aurait jamais dû faire ça.

Non ! Vas-y réveille-toi, là !

Faut que t'ailles rendre la trompette.

Allez vas-y, change-toi.

On va se faire défoncer par Kristin.

Vas-y, vas-y !

C'est parti.

Et on dormira après.

J'ai passé toute la nuit à marcher sur les traces de ma famille.

Ma mère n'a jamais connu New York,

elle est née à La Chapelle, à Paris, comme moi.

- Allez, texte ! - Désolée, j'ai un trou de mémoire.

Je ne te vois plus à New York.

Non, mais pardon... C'est moi.

Reprends,

improvise.

J'ai passé toute la nuit à marcher sur les traces de ma famille.

Ma mère n'a jamais connu New York,

elle est née à La Chapelle, à Paris...

Je te vois plus à New York.

Tu me fais quoi ?

Il faut beaucoup plus d'énergie, beaucoup plus !

Donne-moi plus d'énergie.

On peut faire une pause ?

- On vient de commencer. - Ça fait 2h...

Je me sens pas bien.

Reprends ton texte.

Alma.

On peut faire une pause ?

- On recommence du début. - Du début ?

Oui.

Arrête ton cinéma, s'il te plaît.

C'est nul.

Vous êtes nulles, aujourd'hui.

- J'ai fait quoi ? - Réveille-toi.

- Tu prends des notes ? - Oui.

Montre-moi. T'as rien écrit.

Alma !

- Appelle le Samu. - T'as pris un truc ?

- Ça va ? - Kristin, oui, ça va.

Il faut que tu te reposes. C'est physique, les répétitions.

C'est bon, j'ai tout. On peut y aller.

Tu fais quoi, toi ?

- Elle va pas y aller seule. - T'es la doublure.

Je dois tester des choses.

Kristin, ça va.

- Je peux le faire. - Vraiment.

- Kristin, s'il te plaît. - Vraiment repose-toi.

Repose-toi.

Faut juste que je dorme.

Prends des notes et je rattrape ce soir, OK ?

- T'es sûre ? - Oui, faut juste que je dorme.

- Je viens te chercher après. - Non, ma mère viendra.

Toi reste, bosse, OK ? C'est ma mère qui vient.

Repose-toi, Alma.

On reprend ?

Remets-toi dans la scène.

Prends ton temps,

concentre-toi.

Ma mère n'a jamais connu New York.

- Elle est née à Paris. - Reprends.

Ça lui fait quoi ?

Ma mère n'a jamais connu New York.

Elle est née à La Chapelle à Paris, comme moi.

Encore, ça lui fait quoi dans son ventre ?

J'ai longtemps cherché ce qui me manquait,

sans savoir que cela se trouvait de l'autre côté de la rive.

Il me fallait juste passer l'océan.

C'est ça ! Oui !

Et ne rien perdre dans le voyage,

pas même une goutte de vivant.

Bonjour, je viens voir une amie aux urgences,

mais peut-être qu'elle est déjà sortie.

- Son nom, s'il vous plaît ? - C'est Alma Sarnem.

Oui, elle va être au 4e étage.

Ah ! Excusez-moi.

- Oui, bonjour ? - Je cherche Alma Sarnem.

- Alma ? - Elle est aux urgences.

Elle est au patio, avec les autres. C'est l'escalier juste ici.

Alma.

Alma.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Toi qu'est-ce que tu fais là ?

Qui t'a dit que j'étais là ?

Qui t'a dit que j'étais là ? Qui ?

Je t'ai cherchée partout aux urgences...

Je t'ai contactée, je t'ai cherchée partout.

Pourquoi t'es venue ? J'ai dit que ma mère viendrait.

- Il se passe quoi ? - Pourquoi t'es là ?

- Il se passe quoi ? - Stop.

- C'est quoi, ça ? - Margot, arrête, stop...

- C'est quoi, hein ? - Arrête.

J'ai dit arrête. On y va.

Arrête.

Non, viens. Lève-toi.

Montre ce que vous avez fait, j'ai pas pu prendre de notes.

Pardon...

Pleure pas, sinon je vais pleurer.

Pardon, mais je comprends rien.

Pardon, excuse-moi.

Jure que tu garderas ça pour toi.

Oui.

- Je dois tenir. - OK.

Dis quelque chose.

Sinon je te jure...

qu'on pourra plus jamais se voir.

Dis quelque chose.

- Dis quelque chose... - Je dis quelque chose là.

Je me soigne. OK ?

Je me soigne, ça va. Ça va aller.

- Montre-moi ce que vous avez fait. - D'accord.

- Tout, ce que vous avez fait ce matin. - D'accord.

T'es toute pâle.

C'est à toi qu'on va finir par donner un sucre.

Bon allez, viens. Allez.

Alma,

j'étais dans votre chambre.

Pourquoi vous n'êtes pas venue à votre rendez-vous hier ?

Oui, pardon. Je peux vous expliquer, je passe vous voir.

L'anesthésiste a un emploi du temps, on ne peut pas ne pas venir comme ça.

Vous avez le théâtre et on vous a dit OK parce que ça vous fait du bien.

Mais la condition c'est que vous veniez à vos rendez-vous.

Il faut pas vous épuiser.

La répète a un peu traîné...

Bon, on se voit dans mon bureau.

C'est bien que vous soyez accompagnée.

C'est important, c'est bien.

Je m'habille et je passe vous voir.

C'est bien quand je les récupère.

C'est bien fait, hein ?

Oh, j'ai une tête...

J'ai un rencard avec le mec du mariage, ce soir.

J'ai dormi toute l'aprèm.

Ça va ? J'ai l'air un peu reposée ?

C'est dur, ce que vous avez fait ?

Non, ça va. Je vais tout te montrer.

Attends-moi ici, ça va pas durer longtemps.

J'arrive tout de suite.

Tu touches pas à mes cheveux !

Je déteste ça.

Vas-y casse-toi, sale con !

- Il t'arrive quoi ? - Casse-toi, tu me saoules !

Tu me plais pas, ça pourra pas marcher.

- C'est tout ? - Ouais, casse-toi !

Allez, salut.

Ciao.

Attends ! Tu vas où ? Reviens !

- Je t'aime bien... - Sérieusement ?

Tu mérites mieux.

C'est de ma faute,

c'est parce que je l'ai mal remise.

Je peux vous demander des frites ?

Qu'est-ce qui y a encore ?

Qu'est-ce qui y a encore ?

On va pas mourir aujourd'hui.

On va pas mourir aujourd'hui.

Tu me montres ce que vous avez fait ?

Je veux aller à New York.

Eh bah, on perd pas le nord.

On perd pas le nord.

En arrivant ici,

mon arrière-grand-mère emmena les enfants à Coney Island.

Sois moins mélancolique.

C'est la 1re fois qu'ils pouvaient penser

à autre chose depuis leur exil.

Je comprends pas.

Je te demande juste de m'amener au bon endroit.

Alma, je sais. Pense à quand on rentre en soirée en loose.

En mode incognito, on a peur qu'on nous chope

et dès qu'on arrive on explose !

Oui, vous comprenez l'esprit de la scène ! Sois heureuse.

Comme ça.

Je suis heureuse.

- Heureuse. - Vous comprenez ?

Oui.

- On va faire un exercice. - Pourquoi tu ris ?

- J'ai compris. - Mettez-vous face à face.

Fermez les yeux.

Quand je tape des mains, vous dites "Happy birthday".

Sors-moi tout ça !

Encore plus !

Sors-moi tout ça !

Balance ton texte !

Mon arrière-grand-mère emmena les enfants à Coney Island.

Encore plus.

Ils ont passé une nuit folle.

Rien ne passait au hasard !

Le bateau les avait déracinés, enracinés ici.

Tout restait à construire pour les générations à venir.

C'est ça, on reprend.

C'est ça !

T'as été super !

J'ai tellement peur qu'elle rebouge.

- C'est bon là ? - Ouais.

Je veux pas perdre un homme comme ça,

si bêtement... Une perruque.

Ça te va bien.

T'as bien choisi.

Les boucles...

- C'est bon, la perruque ? - Oui.

- Vous venez ou pas ? - On arrive.

- Ouais ? - Ouais !

On arrive.

Quoi ?

Vous allez sortir ensemble, je le sais.

- Louis XIV, j'ai jamais essayé. - T'es bête !

Marquise.

On dirait le baron de Münchhausen !

Un lendemain de cuite !

On reste concentrés, les amis,

cet après-midi on a un filage devant des gens, OK ?

Tout le monde au garde-à-vous.

On se la met suffisamment, la pression.

Si tu veux qu'on reste concentrés, fais-nous livrer des poulardes.

Vous nous chambrez, mais c'est pas l'acteur studio.

Déjà on vous invite à notre table.

On vous accueille avec tendresse et politesse. Honorez ça.

Avec tendresse ?

Hé les gars, arrêtez de déconner

parce que vous voulez encore vous planter ?

Je reste concentrée.

- On va pas se planter. - Apprends ton texte.

Même pour manger, elle est concentrée.

Tenez comme ça, tout le monde sera dans l'ambiance, les amis.

Tu forces.

Le roi

se fit livrer

kebab et faisan,

tout droit venu...

tout droit venu

du meilleur grec de Bobigny.

Ses amis de la cour

trempèrent toutes leurs frites

dans une sauce...

inimitable,

plus vulgairement appelée

"sauce blanche".

Vous nous avez divertis, mangez !

Vous êtes bien bon.

Il est parti en couille !

Alma ?

- Ça va ? - Ça va.

Ça va, c'est rien.

Retourne te coucher, j'arrive.

- Je dois faire quoi ? - Rien, rien.

J'appelle l'hôpital.

Non, je t'en supplie...

Oh putain...

- Faut qu'ils s'occupent de toi. - Je veux pas y retourner.

Attends, attends, il faut que je dorme

pour être en forme au théâtre demain.

C'est moi qui l'ai décroché ce rôle, tu comprends ?

C'est à moi de le faire.

J'ai attendu tellement longtemps...

Et je vais pas le laisser.

Mais non. Bien sûr que non.

- Je veux pas. - Mais non.

Si tu m'amènes, je pourrai pas répéter

- et Kristin elle va me virer... - Elle va pas te virer.

- Elle va trouver une autre. - Il faut que tu te soignes.

Si je peux pas y aller, toi non plus.

Tu peux pas me faire ça.

- T'inquiète pas. - Tu peux pas.

Je te lâche pas.

C'est promis je reste avec toi cette fois-ci.

Je suis là.

Si jamais je monte dedans, je vais pas revenir.

Mais on va juste faire le tour de Paris en camion.

- On va passer devant tout le monde. - Non.

- Non, mais j'ai peur. - Je te laisse pas.

Je suis là. Je te fais même travailler dans le camion s'il faut.

T'inquiète pas, repose-toi,

et puis t'es prête. Tu connais ton texte,

t'as travaillé, c'est bon.

Tu connais tout. Je suis là.

Je suis là.

Maman, je veux pas !

Restez allongée !

Criez pas, vous allez réveiller tout le monde.

S'il te plaît !

Avec ça, ça va calmer les douleurs.

Non ! Maman, s'il te plaît !

S'il te plaît, Maman ! S'il te plaît !

Calmez-la, madame, que je puisse faire la piqûre.

Elle est où Margot ?

Margot !

Hé alors, tu dors pas ?

T'inquiète pas, je suis là, je suis là.

Ils veulent m'endormir.

Après, je pourrais plus aller à la répétition.

Il faut que tu les laisses te soigner d'abord, OK ?

On ira après, on s'en fiche.

- Calme-toi, je suis là. - Non !

Je serais trop fatiguée...

On va refaire la piqûre. Voilà merci, stabilisez-la.

Je peux la lui faire ?

- Quoi ? - La piqûre.

- Non, c'est moi qui vais la faire. - Je peux la faire.

Je vais essayer, je la connais.

Je la connais en fait, vous y arriverez pas sans moi !

Écoutez, c'est non ! C'est non ! C'est catégorique, non !

Il faut que tu te reposes, toi aussi.

Ouais.

Il va falloir être forte pour elle.

Il faut qu'elle tienne.

- C'est quel stade son cancer ? - Ne dis pas ce mot.

Amina, j'ai le droit de savoir.

Elle ne peut pas ne pas s'en sortir.

Sinon moi, je deviens quoi ? Je vais pas survivre, tu comprends ?

Mais elle se soigne. Ça va aller, hein ? Dis...

J'aimerais que tu sois très, très forte.

Ils vont l'opérer. Elle ne pourra pas retourner au théâtre.

Ça la fatigue.

Et pour la première fois

je lui mentirai, à Alma.

Il faut qu'elle continue de croire qu'elle va monter sur scène.

Elle en a besoin.

Il faut qu'on tienne, toutes les trois.

- Tu seras forte ? - Oui.

Je suis là.

Bonjour.

Bonjour, je suis à vous dans une toute petite minute.

Je peux pas.

Si elle peut plus jouer je...

Je peux pas jouer à sa place.

Je peux pas.

Mais tu dois te battre !

Et moi, j'ai besoin de toi.

La première est dans trois semaines.

T'es prise pour ça, pour remplacer en cas de problème.

Tu ne peux pas me lâcher.

Si j'avais su que vous étiez amies, j'aurais choisi entre vous deux.

Ça fait trop de soucis.

Je serais heureuse si ma meilleure amie jouait pour moi.

Et puis elle va peut-être revenir.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Sans toi, je dois trouver une remplaçante en urgence.

Mais après, tu ne pourras plus revenir.

Je suis désolée, pardon.

Qu'est-ce qu'on fait, Margot ?

Je sais pas.

Je sais pas quoi faire.

Ce T-shirt ?

Prends-le, je le mets plus.

Je sais pas quoi prendre pour l'hospitalisation.

Ça me prend la tête.

Hé, t'inquiète pas...

On trouvera bien. C'est pas un souci.

Ça me saoule.

Si ça traîne en répétition, c'est mort pour les traitements,

si Kristin se doute, je suis foutue

et si l'hôpital se doute que j'ai repris, c'est foutu aussi !

T'inquiète pas, on va y arriver.

Personne verra rien, tu vas jouer tous les jours

et l'hôpital en saura rien.

Tu pourras conduire après les répètes ?

Mais oui, évidemment. Je sais pas conduire !

Tu t'en sors bien en marche arrière, j'ai rarement vu ça.

Je t'emmènerai à l'hosto sur 9 km en marche arrière !

Merci d'avoir rien dit à Kristin.

Je peux le faire.

Je peux le faire.

Bien sûr que tu peux le faire.

T'as mangé avec tes médicaments ?

- Tu manges pas assez. - Y a rien qui passe.

Tout ce que j'ai envie, c'est d'une grosse glace.

- Bonjour. - Bonjour.

Je suis la costumière. C'est pour les mesures.

C'était pas demain ?

On a eu un changement et ça doit partir cet après-midi.

C'est super. Bonjour, entrez !

Non, on a dit qu'on faisait le texte !

C'est juste les mesures, j'en ai pas pour longtemps.

Non, mais on a beaucoup de travail...

C'est bon. Allez, entrez, Cathy.

Je garde mon T-shirt et mon pantalon ?

C'est toi, Margot ?

Moi, c'est Alma. C'est elle, Margot.

Parce que moi c'est sur Margot que je dois prendre les mesures...

C'est Kristin, c'est ça.

Elle voulait prendre les mesures sur moi en attendant...

Je suis là. On peut faire directement sur moi.

Oui, c'est clair !

Oui, mais sauf que moi c'est sur Margot que je dois prendre les mesures.

J'ai vraiment plus le temps.

Bon bah allez, hein.

Ça te serre, là ?

- Non, ça va. - OK.

T'es sérieuse, là ?

T'es en train de faire ça devant moi ?

Je sais pas quoi te dire...

- Bouge pas. - C'est Kristin.

T'aurais pas pu me le dire ?

Mais alors on fait quoi là ?

On fait quoi, alors ? Dis-moi.

Il se passe tout ça, moi j'arrête tout...

Bah dis-moi d'arrêter, alors.

Vas-y.

Vas-y, dis-le.

S'il te plaît, vas-y.

Comment voulez-vous qu'on travaille dans ces conditions ?

La robe n'est pas prête, ma baby-sitter m'a plantée,

on ne sera jamais prêts ici.

Les épingles sont dessus.

- On verra demain. - Je la retouche demain.

Prends-le.

Tiens, prends ça.

- Rentre pas avec cette énergie. - Je sais...

Il n'y a rien là-dedans.

Tu te souviens quand Alma rentrait sur scène ?

Je ressens rien...

On s'en fiche. Amène-nous à ressentir des choses !

Tu notes ce que je dis ? C'est bon ?

Elle fout quoi là, elle ?

- C'est pas ton problème. - Elle fait quoi ici ?

Concentre-toi !

- Sors-moi tout ça, Margot ! - Mais j'arrive pas !

- Sors-moi tout ça ! - J'ai rien à sortir !

Pourquoi tu viens si c'est pour rien montrer ?

J'y arrive plus ! Voilà, c'est fini ! J'arrive pas !

Règle tes comptes ici !

J'arrive plus !

Règle tes comptes ici, Margot.

Parle-lui.

Balance ton texte.

Je suis venue dans cette ville

parce qu'il y a tellement d'immeubles que tu pourrais voir le vide partout.

C'est pour t'immuniser contre le vertige.

Mon enfant,

je ne veux pas que tu aies le vertige plus grand.

Je ne veux pas que tu aies la sensation de tomber dans le ravin.

On ne fait pas des enfants pour qu'ils aient le vertige.

On fait des enfants pour qu'ils soient vertigineux.

Je viendrai vous voir quand je peux, je te le promets.

Bon écoute, faut que j'aille voir Alma.

Je te rappelle plus tard ?

Oui, maman, je vais me reposer ! Bon, je dois y aller.

T'embrasse Ninouche et papa. Oui, vous me manquez.

Bisous, bisous. J'y vais !

Bon allez, tu vas bien la manger quand même.

Pousse-toi, bougresse.

Pousse-toi.

Je suis sûre qu'il est à l'envers, ton livre.

Allez...

Allez vas-y, prends-la.

Tiens.

Bon.

Tu me noteras tout ce que vous faites.

C'est bien que tu continues pour nous deux.

C'est important.

Oui.

C'est de la glace à la larme ?

Elle s'est déracinée de Naples,

d'un coup de hache.

D'un coup de hache.

C'est eux,

qui lui ont donné la force de se surpasser.

C'est eux qui lui ont donné la force de se surpasser.

Elle travaillait dans une usine de textile, devenue aujourd'hui

un resto mexicain.

Elle a vécu ici avec ses deux premiers enfants.

Avec ses deux premiers enfants.

Mon enfant. C'est ici que tu vas naître...

C'est exactement ça que je voulais.

Sur sa terre d'exil.

C'est super, ce que tu fais aujourd'hui.

Tu vois...

Il faut que tu gardes ça.

Il faut avoir cette présence ! Imprime-la dans ton corps.

Aies confiance.

T'es une super actrice.

Pourquoi tu fais tout ça ?

Allez !

Super, c'est ça que je veux !

Allez, on reprend. Remets-toi en place.

Il faut absolument que tu fasses ça le soir de la première.

- Putain ! - Je voulais pas te faire peur.

On va manger, tu viens ?

Non, je peux pas, j'ai des trucs à faire.

T'as des trucs à faire, pardon.

Bah sinon lundi soir, non ?

Euh lundi soir...

On n'a pas répète lundi soir.

Justement, on peut se voir juste nous.

Enfin, je sais pas. Peut-être... Quoi ?

- J'ai dit un truc bizarre ? - Non.

Je sais pas.

- Tu crois que c'est sur commande ? - Je passe commande.

Après, je sais pas.

C'est trop beau.

Je pensais pas qu'ils allaient m'en faire un.

Kristin veut que ce soit parfait quand tu reviendras,

c'est normal.

Bon,

je dirai à Cathy de le reprendre un peu, il est un petit peu long.

Et toi, il est où ton costume ? Vas-y, mets-le.

Il est pas prêt, le mien. Je le récupère bientôt.

Je suis trop contente.

Trop, trop, trop contente.

T'es parfaite !

T'es canon !

Magnifique !

C'est trop beau !

J'ai rencontré un mec ici.

- Déjà ? - Ouais.

- C'est pas vrai. - Si, si.

Il était avec moi l'autre jour.

Mais tu les fais tous tomber direct, t'es infernale !

Est-ce qu'il est sexy ?

Bah oui, il est sexy. Tu me connais.

- Tu me le présenteras ? - Si t'es sage.

Bien sûr, je suis sage.

- Regarde. - C'est quoi ?

- C'est le texte. - Trop bien !

On a travaillé jusqu'à la dernière scène.

- Fais voir ! - Y a tout.

C'est quoi cette écriture ?

C'est cool de me l'avoir amené.

Ça va m'occuper un peu.

J'ai fini mon livre.

C'est bien.

J'ai un cadeau pour toi.

C'est quoi ?

T'es gentille ?

- Oui. - Oui ?

- Oh là là, trop bien ! - Regarde !

On n'a jamais pensé à en avoir un pour nous.

On est trop bêtes.

Je devrais aller voir Bastien comme ça.

Bonjour, Anouche.

J'accouche sur votre palier, Anouche. Excusez-moi !

- Bonjour ! - Déjà ?

Faites comme si on était pas là. On aime quand vous faites le théâtre.

OK.

Je reprends d'où ?

Tu reprends à...

- Naples, vas-y. Naples. - Naples... Allez.

De Naples,

Manhattan, La Chapelle.

Je reviens au point de départ.

Allez, on retourne au théâtre, go.

Allez, bouge. T'es pas malade.

- Allez, viens. - Regarde-moi.

Vas-y arrête, c'est bon là !

Bouge-toi !

- Arrête tes conneries ! - Te mets pas dans cet état.

Ça, c'est de la merde !

Arrête ! T'es pas malade, bordel !

C'est pas possible ! Non !

C'est toi qui dois jouer.

C'est toi que tout le monde attend !

S'il vous plaît, madame.

Vous vous calmez, madame !

Reviens, s'il te plaît ! C'est toi !

C'est toi qu'ils ont demandé, c'est toi !

- On t'attend au théâtre. - Je suis là, ça bouge pas.

Allez, vas-y. Viens !

Cous inquiétez pas, elle arrive. Allez, viens.

Viens, c'est pas grave. Je prends tes affaires.

- Madame, non ! - Je prends juste ses affaires !

Laissez-moi !

Merde, Alma !

Votre amie doit se reposer.

S'il vous plaît !

Calmez-vous.

Quand je pense que tu m'as caché ça...

Qu'est-ce que t'aurais fait ?

Ça va passer.

C'est bien, respirez.

Bah c'est vrai !

- Ça me fait plaisir de te voir. - Pour chercher mes draps ?

Pour t'accompagner tout court.

Quoi ?

T'es mignon comme ça, sans ta perruque.

Et toi t'es mignonne, sans ta couronne.

Je suis contente que tu sois là.

Je t'ai pas porté chance.

Vraiment je suis navré, mademoiselle. Je sais pas quoi dire.

J'ai besoin de mes draps.

C'est possible que ça rétrécisse autant ?

J'avoue, ça défie les lois de la physique,

mais je vais quand même pas vous laisser dans la galère.

Je vais regarder ce que j'ai en magasin.

Je veux bien, parce que là...

Comment ils ont...

J'ai jamais vu ça.

Vous aimez les animaux ? Les chiens en particulier ?

Je sais pas ce que je vais faire avec.

Même avec ça, t'es belle.

Ça sert à rien de me suivre, on dormira pas ensemble.

Pas avec ces draps.

Je suis très embêté parce que je suis fou de toi.

J'ai pas envie de quelqu'un, j'ai rien à donner.

Moi non plus, j'ai pas envie de quelqu'un.

Non sérieusement, tu veux pas de quelqu'un ?

J'ai même pas le temps pour ça.

T'as pas le temps pour ça, j'ai rien à donner,

ça fait beaucoup.

Si on commence comme ça, on va pas y arriver.

Donc...

on sortira pas ensemble.

Non.

Arrête, tu me fais flipper. T'avais l'air normale.

- Pardon. - C'est les draps. Ils te...

Je les offrirai mon petit frère.

T'as un petit frère toi ? Il a quel âge ?

- Il a eu 12 ans. - T'as un tout petit frère comme ça ?

- Je le vois pas beaucoup. - Il est où ?

Ils sont en Suisse.

- En Suisse ? - Ouais.

- Tu les as abandonnés quand ? - Il y a...

cinq ans.

Ils te manquent pas trop ?

Si, si.

Fait chier !

Putain, je suis désolée.

Je suis désolée, j'ai pas vu l'heure passer.

Je voulais te faire répéter, pardon.

Pardon.

Je suis désolée.

J'ai pas vu l'heure, excuse-moi.

Je t'ai ramené le ventre.

Excuse-moi.

1920 par bateau.

En 1920 par bateau,

nous essayons de ne pas couler.

En 2020 par avion,

parfois, nous essayons de ne pas couler

pour passer d'une rive à l'autre.

Il faut que tu dormes, Margot.

Vraiment.

Tu ne vas pas tenir, sinon.

Sur scène, tu viens avec Alma, avec sa peine, sa colère.

Avec ta peine, ta colère.

Ça fait beaucoup à gérer.

Je m'ennuie sans elle.

Comment va-t-elle ?

Ils lui ont permis de rentrer quelques jours.

On répète tout le temps.

Elle pense qu'elle va revenir jouer.

Je sais ce que tu vis...

mais il faut que tu te prépares.

Qu'est-ce que ça veut dire "se préparer" ?

Ça veut rien dire.

Vas-y, toi. Prépare-toi à la mort, je te regarde.

Allez, montre-moi.

Mais montre-moi !

Montre-moi comment on fait pour se préparer à la mort.

Moi, je crois aux miracles.

Vas-y, dépêche-toi.

Dépêche-toi !

Et voici ton paquebot !

Dépêche, on va nous voir, meuf !

C'est bon ?

Attends, j'y suis presque.

C'est beau, hein ?

- Vas-y, installe-toi. - Trop beau.

Regarde !

J'ai une surprise pour toi.

Ferme tes yeux.

Joyeux anniversaire

Joyeux anniversaire

Oh là là, ça brûle.

Joyeux anniversaire, Alma

Joyeux anniversaire

Vas-y, souffle !

On n'a jamais utilisé ces barques. La prochaine fois, j'amène une pagaie.

Je sais pas pagayer.

- Tu sais pas conduire ni pagayer. - Tu sais, toi ?

Bah voilà !

- Elle dort ? - Ouais.

Je suis stressée.

Me dis pas quand tu viens avec papa.

Je veux pas savoir à quelle représentation vous venez.

Non, tu mets ce que tu veux. Tu peux même venir en jogging.

Vous me manquez aussi.

Vous me manquez beaucoup.

C'est bon là. Oh non, arrête !

J'avoue.

Pourquoi le théâtre avec ta mémoire ?

Trou de mémoire ou pas, c'est ce soir.

Donc là,

sauce poivre hawaïenne faut envoyer.

- Ça va être tranquille. - On va venir à ta première.

Ah ouais ? On est sûr de ça ?

- En tout cas, c'est complet. - Arrête.

Paris grande couronne.

Tu vois pas qu'elle est en train de se décomposer ?

Tout Chelles est venu.

- Un quart des Chellois. - Faudra sortir par l'arrière.

- Arrêtez. - T'es la star.

Je vais être ton bodyguard.

Tu vas finir aux assises !

T'es un trou de mémoire.

T'es un trou de mémoire dans l'espace-temps.

Allez, super. Je repasse plus tard. Sonne-moi si t'as besoin.

Alors ?

Ils ont enlevé une grosse partie.

Je le savais.

Je savais que ça allait marcher.

Tu vas revenir.

Elle va revenir, c'est incroyable !

On forme une sacrée meute.

Ah ça !

Une sacrée meute d'Amazones, hein ?

Au salon, sachez que les serviettes vous attendent.

Pas les serviettes.

Que vous plierez comment ?

En trois.

Tu hésites encore, toi ?

Je suis fière de vous.

Vous êtes incroyables, tout simplement.

Je vous aime du fond de mon cœur.

Regardez ce que vous êtes, des femmes fortes.

Des Amazones qui n'ont peur de rien, qui ne lâchent rien.

Je serai toujours là pour vous.

Toujours.

Respire. C'est bon, respire.

C'est ça.

Relâche la pression.

T'as tout porté seule. C'est une super nouvelle.

C'est génial.

Quoi ?

Ne lui dis rien.

Ça n'a pas marché.

Quoi ?

La tumeur est toujours là.

On a tout essayé,

mais ça n'a pas marché.

Alma va partir.

Ma fille va partir.

Ça va ?

- T'es sûre ? - Ouais.

Va-t'en. Je veux pas que tu me voies. Bouge !

Ouvre ! Je te jure, je vais défoncer la porte !

- Pars ! - Ouvre putain, ouvre-moi !

Pars, pars !

J'ai peur d'être enterrée et j'ai peur d'être incinérée.

Je sais pas comment faire.

Mais dis pas ça.

Dis pas des choses comme ça, putain.

Non, mais c'est vrai, quoi.

On pense pas aux gens

qui ont peur du feu ou qui sont claustrophobes.

On fait comment, nous ?

Tu regarderas plus tard.

Je t'entends, hein.

- L'ouvre pas. - Non.

J'ai pas ouvert.

T'es chiante, tu regarderas plus tard.

Tu verras, y a que toi qui peux la lire.

Ouais.

Allez, je vais te faire bosser les textes.

Vraiment.

- Allez ouvre-moi. - Arrête. Va-t'en.

- Ouvre-moi. - Va-t'en. Je veux plus te voir, allez.

Je veux plus t'entendre.

Je te jure, ouvre-moi. Tout de suite ! Ouvre-moi, putain !

Pars !

Je te tiens.

On le fait ici, OK ? Comme ça, c'est plat.

- Tout à fait. - Papa.

Ah non, c'est pas papa.

Faut pas mélanger.

Excuse-moi.

Non tranquille.

Tu peux me faire confiance. Je peux la garder.

Vas-y, si tu veux.

Elle voudra pas me voir. J'ai essayé hier déjà.

Réessaye aujourd'hui.

Pourquoi elle veut pas me voir ?

Elle veut pas pas te voir.

Elle veut pas que tu la voies comme ça.

Je sais,

mais on peut pas ne plus se voir.

C'est impossible.

Mais tu vas la voir.

Mais quand ?

Laisse-lui le temps.

Laisse-lui le temps, c'est tout.

Tu m'as ramené un nouvel immeuble ?

Ouais.

T'as vu, on dirait New York. On s'y croit, hein.

T'es sérieuse, c'est fait main !

Ah ouais...

Je vais mourir, Margot.

T'y es pour rien.

- Arrête, tu te soignes. - C'est la vie.

L'opération elle a bien marché. Ça va aller, t'inquiète.

Je suis contente de tout ce que t'as fait.

- Tu vas continuer ? - Qu'est-ce que tu dis, toi ?

T'es juste fatiguée ces derniers jours. Ça va aller.

Tu dis n'importe quoi, toi.

On te réclame au théâtre.

- Ah oui ? - Bah ouais.

C'est clair.

Kristin a écrit une pièce pour toi après celle-là.

Elle veut retravailler avec toi, tu te rends compte ?

- Kristin ? - Oui !

Je te jure, je te jure !

Oui, elle me l'a dit.

Eh bah je suis contente.

Faut que tu sois prête.

Oui...

Viens par là.

Merde...

Ça va ?

Non, j'avais vingt centimes, je sais pas où ils sont passés.

Tiens.

Putain, tu me sauves. Merci.

Tu vas pouvoir m'aider, du coup.

À quoi ?

Aide-moi à les plier, ça ira plus vite.

Par exemple, les petites,

tu les plies comme ça,

bord à bord.

Deux, trois.

- Comme ça ? - Trop bien.

Ah, presque. Je te jure, presque.

Pardon.

Les grandes, tu fais un pli de plus.

- Tu t'appelles comment ? - Margot.

Moi, c'est Alma.

Tu fais quoi ici ? Je t'ai jamais vue.

- Je suis là tout le temps. - Je viens d'arriver.

Je vais prendre des cours de théâtre.

C'est trop bien ça !

J'oserai pas faire de la comédie.

Mais j'ai toujours voulu être une star.

Je veux être une star.

Une star de cinéma.

Non, mais c'est vrai, sérieux !

Hé regarde, qu'est-ce que t'en penses ?

Grave.

Tu penses pas que je pourrais ? Ma mère dit que j'ai ça dans le sang.

- Dépêche, on va être en retard. - Pour quoi ?

Un pote fête son anniversaire, faut qu'on achète des bières.

Je dois déposer ça chez ma mère.

- Tu m'aides ? - J'ai mon linge.

Ça craint pas. On reviendra après.

Tu viens ?

- C'est le moment. - Une minute de force ?

Allez, ça va bien se passer.

On ferme les yeux, on respire.

Allez, Margot. Merde pour ta première !

- Bon courage. - Ça va aller.

Tu vas gérer.

Laissez-la tranquille.

J'aurais les boules à mort.

Mais casse-toi ! Arrête de la stresser.

Ça va tellement bien se passer. Dans 2h tu seras contente.

J'ai un cadeau pour toi.

- Je donne toujours ça à mes acteurs. - C'est beau !

Allez, forza !

Allez.

Concentre-toi.

Ferme les yeux.

Je suis fière de toi.

Il y a 100 ans, mon arrière-grand-mère est arrivée ici.

Elle avait mon âge, 27 ans.

Elle était déjà veuve

et avait traversé l'océan avec le bateau pour rejoindre la Mulberry street.

Elle s'est déracinée de Naples,

d'un coup de hache.

Manhattan était de l'autre côté de la rive.

Mon enfant,

c'est ici que tu vas naître.

Sur cette terre d'exil.

Elle travaillait dans une usine de textile,

devenue un fast-food mexicain.

Elle a vécu ici avec ces deux premiers enfants.

C'est eux qui lui ont donné la force de se surpasser

et elle l'a transformée en la réinjectant

à ses enfants pour qu'ils puissent se surpasser à leur tour.

En remontant la Mulberry street...

En remontant la Mulberry street...

Je la revois, cette fenêtre...

dont elle me parlait tant.

Celle par laquelle elle regardait ses enfants

rentrer de l'école, les après-midis de 1920.

Nous aussi

nous aurons une petite fenêtre pour respirer les nuits suffocantes.

Il faut trouver plus de solutions pour respirer

quand on est déraciné et loin des siens.

Nous serons en paix,

tous les deux mon bébé,

dans cette ville qui ne dort pas

et qui ne meurt jamais.

Et je t'achèterai un chien de combat

quand tu seras en âge de vivre.

C'était super, bravo ! C'était super !

T'as vu ? T'as entendu ?

- Il faut que tu y ailles. - T'as entendu ?

Il faut que tu y ailles, un taxi t'attend en bas.

Il faut que tu y ailles.

Tu veux que je vienne ?

Non, je vais y aller seule.

Ça va aller.

Tiens.

C'est pour toi.

C'est OK.

Je vais continuer, c'est promis.

Tu peux partir tranquille.

Je t'aime tellement.

Je t'aime.

Je suis fière de toi.

Merci pour tout.

Chère Margot,

je t'écris cette lettre que toi seule peux lire.

Tu ne seras plus jamais seule.

Même si on voulait tout prévoir, on pourrait pas.

La maladie, on l'emmerde.

Elle a rien gagné, elle pourra jamais nous voler tout ça.

Y a rien qui peut nous voler nos heures heureuses, rien.

On est un petit gang.

Je retiens ton sourire, tes cheveux longs,

je retiens tes larmes que t'as tant retenues.

Je retiens tout de nous.

Nos bougies sur des gâteaux de supermarché,

nos clopes allumées sur la plaque,

le goût de la menthe dans tes lessives,

nos danses qui aidaient le jour à se lever,

nos cafés-croissants de minuit, nos parapluies perdus,

nos chaussettes trouées, nos rouges à lèvres oubliés

et ton odeur de crème pour le visage.

Je suis pas loin,

je suis juste de l'autre côté,

et de l'autre côté tu sais, c'est juste à côté.

Je suis juste entre les vagues.

On a eu le temps de tout.

C'est notre petit voyage à toi et moi.

On s'est vraiment rencontrées.

Y a que ça qui compte.

Sous-titrage TITRAFILM

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