All language subtitles for La Femme de Mon Pote • My Best Friend’s Girl [1983] (1)

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Original subtitles

¶ Sonnette

Oui ?

Voilà.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Merde ! Putain ! La vache !

T'es pas au magasin ?

Rentre.

Je te réveille ?

Évidement que tu me réveilles.

Je viens à peine de me coucher.

Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a quelque chose de grave ?

Assieds-toi.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

T'as l'air complètement à côté de tes pompes.

¶ Broyeur

T'es malade ?

Non.

T'as des emmerdes avec ta banque ?

Non.

On dirait qu'une avalanche t'est tombée sur le coin de la gueule.

Regarde-moi, au moins, que je vois tes yeux.

Si tu savais ce qui m'arrive.

Ça ressemble à un coup dur ou à une catastrophe ?

Ho !

Pascal ?

Me dis pas que t'es encore tombé amoureux.

Ben, si.

Ah non, c'est pas possible. J'en ai marre.

Je te l'avais dit, c'est non.

T'énerve pas, Micky, je t'en supplie.

- T'es amoureux de qui ? - Une fille qui...

- Je la connais ? - Non.

Pauvre malade ! Pauvre malade !

Une fille qui passe, hop !

On avait dit que tu t'accordais du répit,

que tu te mettais au vert pendant 6 mois.

Eh ben oui.

J'aime autant te dire que c'est non.

C'est un non catégorique, tu vois ? Ou alors, c'est sans moi.

- Je suis pas portant. - Accepte au moins de la voir.

- La voir ? Où elle est ? - Dans mon lit.

Ah, déjà ?

Imbécile.

Je t'avais dit de ne céder à aucune provocation.

- Y a pas eu provocation. - Il y a toujours.

Absolument pas. C'est une histoire toute simple.

C'est une histoire à la con

qui va finir en crise de larmes.

- C'est sa bagnole ? - Oui.

Ça commence bien.

Laisse-moi passer.

Alors ? Qu'est-ce que t'en penses ?

Pour l'instant, c'est qu'un cul.

Je te présente Micky.

C'est quelqu'un qui compte énormément dans ma vie.

Salut.

Salut.

Tu peux me dire ce que tu fais dans ce plumard ?

Moi ?

- Je me suis fait draguer. - Ça t'arrive souvent ?

Ben, oui.

Quand les mecs sont gentils.

Tu dois en connaître un rayon, sur la matelasserie française.

Il est sympa, ton copain.

Je suis pas son copain, je suis son ami.

Son meilleur ami, même.

Il prend aucune décision sans moi. J'ai une grande influence sur lui.

Et ce depuis 10 ans.

Personne n'a réussi à nous séparer.

- Même une femme ? - Même pas.

Les femmes arrivent et repartent et nous, on reste

et on les regarde s'éloigner.

Et si jamais il y en avait une qui voulait rester ?

Qui ça ?

Une fille qui en aurait marre de trimballer ses valises.

T'as entendu ce qu'elle à dit ?

Non.

- Elle à parlé de valises. - Ah bon ?

- T'écoutes pas ce qu'elle raconte ? - Pas tout.

Il me regarde.

Il peut regarder et écouter.

- C'est pas surhumain. - Ça dépend.

Regarder peut être si intense.

- Comment tu la trouves ? - Insolente.

T'as vu ses yeux ?

Oui.

Moi, ils me bouleversent.

Personne ne va s'inquiéter de ton absence ?

Non, personne.

Merde !

Écoute, un truc important est en train de se passer.

Je sais pas d'où elle vient, ni ce qu'elle nous réserve.

Je sais rien sur elle. Tout ce que je sais,

c'est qu'elle est dans mon lit

et que j'ai pas fermé l'œil tant elle a été gentille.

Elle va rester.

À nous de nous démerder pour qu'elle reste.

D'accord ?

Tu fais ce que tu veux, c'est ta maison.

- T'es avec moi ou contre moi ? - Ni pour ni contre. Je suis neutre.

Tu vas tirer la gueule pendant 15 jours ?

15 jours ?

Certaines filles sont pas dérangeantes.

J'en ai jamais connu.

Micky !

Laisse-moi, je rentre chez moi.

Partir après ce que tu as vu ?

Quoi ? Une gonzesse dans un plumard ?

C'est pas ma gonzesse, c'est pas mon plumard. Rien à cirer.

C'est une femme fragile qui cherche un abri.

Eh ben, elle l'a trouvé.

Micky !

Reste avec elle pendant que je vais au magasin.

- Pour quoi faire ? - Pour l'empêcher de partir.

Pascal, tu deviens vraiment chiant, comme copain.

Je sais, mais je peux compter sur toi ?

Je ferai ce que je peux.

- Je savais que tu dirais oui. - Me serre pas dans tes bras !

- J'ai quelque chose à te proposer. - Quoi ?

- Ma maison. - Pour quoi faire ?

- Pour y vivre. - Avec toi ?

Ben oui.

Je connais même pas ton nom.

Je m'appelle Pascal, Pascal Saulnier.

J'ai un magasin de sport au centre de la station.

Moi, c'est Viviane, Viviane Arthaud.

Tout ce que je possède est dans ma bagnole.

Installe-toi comme une reine et profite.

On va te faire la vie belle.

Mais là, je vais travailler. Je reviens dans 1 heure.

Mon copain va s'occuper de toi.

Tu verras, malgré les apparences, c'est un garçon en or.

Demande-lui n'importe quoi, c'est comme si tu me le demandais.

Je te la confie, bonhomme.

À partir de maintenant, ce que j'ai de plus précieux, c'est elle.

¶ La porte se ferme.

Il est toujours aussi merveilleux ?

- Tu le trouves merveilleux ? - Il est pas mal, pour un montagnard.

C'est la 1re fois qu'on t'offre une maison ?

Oui.

Quel effet ça te fait ?

- Ça me fiche un peu la trouille. - C'est normal.

Il a eu beaucoup de femmes, avant moi ?

Oui, plein de femmes.

Il a du succès, mais il arrive pas à les garder.

Pourquoi ?

Probablement parce qu'il est trop gentil.

Je parie que le plus gentil, c'est foi.

Oui, eh bien ne te fie pas trop à ma bonne gueule.

- Café ? - Oui, je veux bien.

- Avec des tartines ? - Oui.

- Avec du beurre salé ? - Oui.

- Avec de la confiture d'airelle ? - Oui.

J'ai l'impression que suis tombée dans une drôle de bonne planque.

Les autres femmes, tu leur portais aussi le petit déjeuner au lit ?

Certaines, oui.

Vous êtes bien organisés, tous les deux.

Y en a un qui dégrossit et l'autre qui fignole.

Comment ça se passe ?

Bien. Elle chante dans sa baignoire.

- Tu lui as porté le petit déj ? - Oui.

- Elle a dit quoi ? - Elle est aux anges.

Comment tu la sens ? Amoureuse ou pas encore ?

- Amoureuse. - Tu crois ?

Elle a même dit qu'elle te trouvait merveilleux.

- Elle t'a dit ça ? - Ben oui.

- C'est le bonheur, Micky. - J'en ai peur, oui.

Ça va bientôt commencer à m'énerver, leur histoire.

- Bon appétit. - Merci.

Pourquoi il fait la gueule, ton copain ?

T'occupe, ça dure jamais longtemps.

Avant que t'arrives, il était charmant.

C'est ce qu'on appelle un caractère cyclothymique.

- Bon appétit. - Merci.

- Pourquoi tu fais la gueule ? - Je fais pas la gueule.

T'as rien dit depuis le début du repas.

J'ai rien à dire, c'est tout.

Laisse-le tranquille. Il a pas envie de parler.

- Ça t'ennuie que je sois là ? - Pourquoi ça m'ennuierait ?

- Bon appétit. - Merci.

Qu'est-ce que tu penses de notre histoire ?

- Votre histoire à tous les deux ? - Oui, notre histoire d'amour.

Il manque un peu d'éléments pour me prononcer.

D'abord, est-ce que c'est une histoire d'amour ?

À ton avis, toi qui connais bien Pascal,

tu crois que je vais rester longtemps avec lui ?

Attention à ce que tu vas dire.

J'ai rien à dire. Vous m'emmerdez, j'ai pas d'opinion.

Si vous attendez mon feu vert,

je peux pas vous le donner, c'est trop tôt.

Vous m'énervez !

Je suis bienveillant, mais inquiet.

Pourquoi t'envisages pas la vie sous un angle optimiste ?

C'est à la vie de me donner des raisons d'être optimiste.

Par contre, c'est con de rester à poil en plein soleil

pour épater une gonzesse avec tes pectoraux de Savoyard.

T'as l'air d'un touriste et c'est dangereux.

Va mettre un chapeau.

Ça va. Ça va, maintenant.

Ouais, ça va.

- Mais quand ça va plus, il gémit. - Qu'il est chiant, ce mec !

Où il va ?

Mettre un chapeau, il sait que j'ai raison.

Il est très sensible du crâne. Il fait plein de migraines.

- Bon appétit. - Merde, qu'est-ce qu'ils ont ?

Ils sont en vacances, alors y a plus de barrière !

Merde !

Occupez-vous de vos skis, pas de nos assiettes ! Sans blague !

- C'est vrai qu'il a des migraines ? - Il en a.

Souvent ?

J'ai pas compté, mais je peux te dire qu'il en a.

- Et toi, t'en as ? - Moi, j'ai toutes les maladies.

Ça devrait bien aller, dans un endroit pareil.

Normalement, oui.

- Vous vous ennuyez ? - Non, pas vraiment.

- Pascal fait quoi, l'après-midi ? - Pareil que le matin.

- Le magasin ? - Oui.

- Et toi ? - Moi, je fais rien.

- Tu travailles pas ? - Si, le soir.

- C'est formidable, ça ! - Pourquoi ?

Tu vas m'aider à déballer mes bagages.

Vous vous racontez quoi, tous les deux ?

Des secrets.

- Vous avez une machine à laver ? - Évidemment...

- Tu sais la faire marcher ? - Évidement...

Et être aimable, tu sais le faire, aussi ?

Ça m'a jamais porté bonheur, d'être aimable.

- Elle est où, ta machine ? - Par ici.

Et toi ?

Quoi ?

- Y a pas de femme, dans ta vie ? - Non.

Aucune ?

Non, aucune.

Pourquoi t'as pas de femme dans ta vie ?

Ça te préoccupe, hein ?

Disons que ça m'étonne.

Tu me trouves tellement désirable ?

Je te trouve bizarre.

Pourquoi bizarre ?

T'es bizarre.

Par exemple, là, tu me regardes bizarrement.

Quelque chose passe dans tes yeux,

mais j'arrive pas à définir ce que c'est.

Moi non plus.

Il y a de la sympathie,

de la méfiance...

Mais dans quelles proportions ?

Tu peux mettre 25 % de sympathie et 75 % de méfiance.

T'as peur qu'on te pique ton copain ?

C'est exactement le contraire qui va se passer.

Parce que non seulement tu vas garder ton copain,

mais tu vas hériter d'une amie.

Tu crois à l'amitié garçon-fille ?

Ça serait joli que ça arrive.

Ça serait joli, oui.

On essaye ?

Allez.

Par quoi on commence ?

On met un peu de musique ?

Pour quoi faire ?

Ben, créer un climat.

Qui, bonne idée.

- Il écoute quoi, Pascal ? - Rien.

Comment ça, rien ?

Il a pas de disques ?

Non.

- Il a pas de chaîne ? - Non.

Merde !

Je vois pas de livres non plus.

- Il a pas de livres ? - Non.

Il fait quoi, le soir ?

Il se couche ou il regarde la télévision.

Je peux pas rester, dans une ambiance pareille.

Qu'est-ce qui te ferait plaisir, comme musique ?

Ben, n'importe quoi, de la musique.

Quelque chose de sympa.

¶ Musique pop

Il faut pas lui en vouloir, c'est un ancien sportif.

Il a pas eu le temps de faire des études.

À part le ski, il connaît rien.

- Et toi, tu connais quoi ? - Pas grand-chose non plus.

- Ça te fait quoi de me voir danser ? - Moi ? Rien.

- Ça te fait pas plaisir ? - Si.

Et comme ça ?

Je vois danser les filles tous les soirs.

Les plus belles de la station.

- C'est vrai ? - Oui.

Je travaille dans une boîte de nuit.

Je suis disc-jockey.

- Ah bon ? - Oui.

Pourquoi tu danses devant moi, comme ça ?

Tu veux que je m'arrête ?

Je veux bien, ça commence à me donner le tournis.

L'as l'air soucieux.

Pas spécialement.

- Tu veux partir? - Non, pourquoi ?

T'as une drôle de tête.

Quoi, ma tête ?

On dirait que tu prépares un mauvais coup.

Ah bon ?

Tu serais pas tombé amoureux de moi ?

T'es givrée, toi.

Pourquoi ?

Ça serait pas un crime.

Peut-être,

mais ça serait drôlement emmerdant.

Emmerdant pour qui ?

¶ Musique slow

- T'as beaucoup d'amis, toi ? - Non.

Moi non plus, j'ai que celui-là.

Je veux pas le perdre même si sa femme est une allumeuse.

- Je suis pas encore sa femme. - Si.

T'habites chez lui, tu lui appartiens.

Y a pas beaucoup de choses sacrées, dans la vie, mais y a ça.

Continue, Micky.

Ça me remonte le moral d'entendre ça.

Ça faisait longtemps que j'avais pas rencontré un type bien.

Je suis pas spécialement un type bien.

Je me sens capable de me conduire comme un dégueulasse.

- Non, pas toi... - Ben ça, c'est pas évident.

Si, c'est évident.

Y a qu'à te regarder.

Ça se voit que t'es un type bien.

- Tu crois ? - Oui.

- Et si ça arrivait quand même ? - Quoi ?

Que je tombe amoureux de toi.

- Il vaudrait peut-être mieux pas. - T'en as de bonnes, toi.

Tu connais un vaccin contre ça ?

Oui.

Quoi ?

Soigner le mal par le mal.

C'est le principe de tous les vaccins.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Faire l'amour.

- Quand ? - Tout de suite.

Avant qu'il soit trop tard.

L'amour, c'est une maladie. Il faut l'attaquer par surprise.

Sinon, après, on est foutu.

Si je comprends bien, actuellement,

toi, la femme de mon copain, tu me proposes de coucher avec toi

dans sa maison ?

Pourquoi pas ?

C'est ton copain, mais on n'est pas obligés de tout lui raconter.

Tu serais pas un peu une belle salope ?

Qu'est-ce que vous foutez là ?

Ben, on bavardait.

Dans le noir ?

Quelle heure il est ?

20 h.

Merde ! Il serait temps

que je m'occupe du dîner.

On a pas vu tomber la nuit, dis donc.

Vous avez bavardé tout l'après-midi ?

Ben oui.

De quoi avez-vous parlé ?

De tout et de rien.

On a dit des conneries.

Quel genre de conneries ?

La vie, les souvenirs, tout ça, quoi.

Vous avez l'air un peu bizarres.

Qui ça ? Lui ou moi ?

Tous les deux.

T'entends ça, Micky ? Il paraît qu'on a l'air bizarres.

Qu'est-ce qu'on a de bizarre ?

On dirait que vous me cachez quelque chose.

On lui cache quelque chose ?

Je vois pas.

Merde ! J'ai l'impression de m'être trompé de maison.

- Et comme ça, ça va mieux ? - Non, mais je vous jure.

J'ai senti que mon retour vous était pénible.

C'est l'obscurité qui t'a fait cet effet-là.

Il y avait pas que l'obscurité,

il y avait autre chose.

Quoi ?

Vous vous êtes comportés comme si vous étiez coupables.

Coupables de quoi ?

Ben, justement...

C'est la question que je me pose.

Allez, Micky, raconte-lui tout. Il a deviné.

Deviné quoi ?

Il s'est passé quelque chose de désagréable.

Quoi ?

J'ai été incorrect avec Viviane.

Quel genre d'incorrection ?

J'ai essayé de coucher avec elle.

Et alors ?

Elle a refusé. Elle m'a même envoyé

promener vertement.

Il m'a dit que vous partagiez tout. C'est vrai ?

Ah, d'accord ! Vous m'avez fait marcher.

Vous m'avez bien eu. Putain !

Vous m'avez foutu une de ces trouilles. Oh, les cons !

Oh, les cons !

- Tu veux ton scotch ? - Volontiers.

Tu veux que j'aille te chercher tes pantoufles ?

Vous allez me faire une belle paire d'enfoirés, tous les deux.

¶ Musique slow

T'es sûr qu'elle est amoureuse de lui ?

Ta gueule.

Restons calmes.

Pour l'instant, y a rien de réellement dramatique.

Le fait que je sois amoureux d'elle, c'est emmerdant...

Enfin, c'est pas une tragédie.

Ce qui serait plus grave, ce serait que je l'aime.

Ça, ça serait grave.

Là, il y aurait deux solutions :

ou je l'aimerais en silence

et je bougerais pas le petit doigt...

ou alors je bouge.

Mais si je bouge, ça veut dire que je suis un salaud.

Admettons que je sois un salaud, quel effet ça fait d'être un salaud ?

Si ça trouve, on s'habitue très bien.

Il y à des tas de salauds qui ont l'air à l'aise.

C'est même peut-être ça qui les rend à l'aise.

Quelle différence entre un salaud et un type bien ?

C'est que le type bien, il a pas les couilles d'être un salaud.

Moi, par exemple, qui suis dégonflé de nature,

je suis condamné à être un type bien toute ma vie.

Mais alors, attention...

parce que là, j'ai mis le doigt sur un truc vertigineux.

Ça voudrait dire que c'est la trouille qui rend honnête

et que c'est le courage qui permet d'être une ordure.

Ça changerait toutes les données du problème.

C'est gentil de venir me dire bonjour.

Je commençais à m'ennuyer, dans mon chalet.

Je suis pas venu te voir.

Je passais par là, et je me suis dit :

"Je vais m'arrêter pour dire bonjour à Viviane,

"voir si elle a besoin de rien."

- T'as besoin de rien ? - Non, ça va, t'es gentil.

- Toi, tu as besoin de quelque chose ? - Non, tout va bien.

Je te poserais bien une question, mais...

c'est pas une question facile à poser.

Ah bon ?

C'est même le genre de questions qu'on regrette de poser.

La pose pas.

Mais j'ai envie de te la poser. C'est ça, le problème.

C'est pas un problème.

Une fille comme moi, on peut tout lui dire.

Tu crois ?

Mais oui.

C'est quoi, ta question ?

Tu sais, l'autre jour, tu voulais écouter de la musique

et puis je suis allé t'en chercher.

Puis tu t'es mise à danser.

Et à ce moment-là, tu m'avais proposé quelque chose.

Qu'est-ce que je t'ai proposé ?

- De faire l'amour. - Ah bon ?

C'était une blague ?

- T'en as envie, maintenant ? - C'est-à-dire que.

Pas spécialement, mais comme tu m'avais proposé,

j'ai réfléchi à ta proposition et j'ai pensé que finalement,

à condition que ça reste strictement amical, tu vois,

ce serait peut-être une expérience intéressante.

Tu viens ?

- Où tu m'emmènes ? - Dans la chambre.

- Tu veux faire ça sur la terrasse ? - Pas vraiment, non.

Tu sais, y a pas d'urgence.

On peut peut-être réfléchir encore un peu.

Réfléchir à quoi ?

Allez, viens, on réfléchira plus tard.

Tu vois, c'était pas la peine d'en faire une montagne.

Ça t'a plu ?

Hum.

T'as pas l'air emballé.

J'ai des problèmes avec ma conscience, figure-toi.

Je trouve que ça te va bien, les rôles de salaud.

- Arrête de me tripoter. - Tu disais pas ça, tout à l'heure.

C'était tout à l'heure. Maintenant, c'est maintenant.

T'es toujours désagréable après avoir fait l'amour ?

Ça dépend avec qui. Tu voudrais que je roucoule ?

- Tu m'as dit que tu m'aimais. - Ben, je dis ça à tout le monde.

C'est plus fort que moi, je parle quand je baise.

Alors je dis des conneries.

Et si c'était pas une connerie ?

Écoute, Viviane, on va pas en faire un fromage.

On a tiré un coup, terminé.

Non mais sans blague !

T'es très gentille, t'as plein de qualités,

mais je m'excuse, t'es pas la 1re que je baise.

J'en ai même baisé des beaucoup plus belles que toi.

Pas souvent, mais ça m'est arrivé.

Vous occupez pas de moi, j'ai une migraine de cheval.

C'est pas grave, une migraine.

Si, les siennes, elles sont très graves.

- T'as déjeuné au soleil ? - Mais non, dans la chambre.

- Dans quelle chambre ? - Ben, la nôtre.

- Vous avez mangé quoi ? - De la brandade.

Eh ben, c'est ça. Il faut pas chercher plus loin.

- T'as la nausée ? - Un peu.

- T'as mal dans la nuque ? - Aussi.

- Et les yeux ? - Pas brillant.

C'est ça. Allez, va te coucher, mon garçon.

Joue pas les héros.

Des fois, il reste couché la journée entière dans le noir.

Il supporte même pas le bruit des skieurs.

Tu veux que je te donne un bon tranquillisant ?

- T'en as un ? - Évidemment.

- Ça me ferait du bien ? - T'en as jamais pris ?

- Non. - Ben, c'est l'occasion d'essayer.

- Je suis contre. - Pourquoi ?

L'accoutumance.

Une fois, y a pas accoutumance.

Une fois suffit, comme le reste.

C'est mieux de souffrir ?

Alors qu'il pourrait se détendre et dormir.

Mon pauvre amour, je suis désolé. Je fous en l'air la soirée.

On en aura d'autres, des soirées.

C'est marrant,

j'ai un mal de crâne épouvantable,

je peux à peine ouvrir les yeux et en même temps, j'ai envie de toi.

- C'est vrai ? - Oh oui !

Ça peut peut-être s'arranger.

Ah bon ? Tu crois ?

Détends-toi.

Ferme les yeux.

Pense à rien.

Oh, mon amour !

Oh, mon amour !

Quelle chance j'ai eu de te rencontrer !

Il dort.

Tu fais quoi, sur mon genou ?

Je me présente,

à tout hasard,

au cas où on voudrait m'embrasser.

- T'as froid ? - Oui.

Tiens. Ça va te réchauffer. Viens, j'ai 2-3 trucs à te dire.

Tu vois, avant que tu arrives ici, à la station,

il y avait deux copains : Pascal et Micky.

Deux copains de toujours.

Tu vois de qui je parle ?

- Oui. - Bon.

Alors, il y a 2 trucs qu'il faut que tu saches absolument.

Ces deux copains, quoi qu'il arrive, quelle que soit la situation,

même si la situation est pourrie, ils vont rester copains.

Et c'est pas une petite aventurière de bas étage

qui va réussir à les monter l'un contre l'autre.

Même si c'est une baiseuse exceptionnelle.

- Tu comprends, ça ? - Oui.

Alors, si tu veux, il y a 2 solutions.

Ou tu montes dans ta bagnole, je te fous ta valise dans le coffre

et tu disparais de la région définitivement...

Et crois-moi, on se consolera bien plus vite que tu ne le penses.

Ou tu restes pour faire le bonheur de Pascal,

et uniquement de Pascal.

Dans ce cas, je veux te voir fidèle et amoureuse.

- Tu comprends ce que je te dis ? - Oui.

- Alors j'attends ta réponse. - Je reste.

- Avec qui ? - Avec Pascal.

Dans ce cas, c'est par là.

¶ Le moteur broute.

¶ Elle pleure.

Je te demande pardon, Viviane.

Je me suis emporté. C'est con, hein ?

C'était pour essayer de clarifier la situation.

C'est pas une raison pour m'en vouloir,

et puis surtout, c'est pas une raison pour partir, hein ?

Je vais dire quoi, à Pascal, quand il va trouver la maison vide ?

Tu pleures ?

Il faut pas pleurer, t'es pas toute seule, on est là.

On n'a pas le droit de pleurer quand on est aussi jolie.

Je veux pas te voir pleurer.

J'ai envie de te voir rire, danser, tourbillonner.

- Tu veux que je t'emmène danser ? - Non.

Tu vas pas te coucher avec un type abruti par les tranquillisants.

J'ai envie d'aller au bord de la mer.

Ben, c'est pas le moment.

Pour l'instant, on est à la montagne.

Allez, viens.

¶ Musique Disco

Viens voir.

Tu sais qui c'est, la fille avec qui tu danses ?

Ah non.

C'est la femme de mon meilleur copain.

Et où il est, ton meilleur copain ?

- Il est souffrant. - Ah ! Grave erreur.

Quand on a une femme comme ça, il faut pas la laisser seule.

Oui, mais elle est pas seule, elle est avec moi.

Ben alors, fais-la danser.

Hé ! Profites-en puisque ton copain est souffrant.

¶ Musique slow

N'oublie que je suis la femme de ton meilleur ami.

- Qu'est-ce que t'as ? - Je voulais te voir.

- Tu tombes mal. - Je peux te parler quand même, non ?

Ça va pas être facile.

- On est amis ou pas ? - Évidemment.

- Des fois, je me demande. - Quoi ?

Je me demande si notre amitié n'est pas bidon.

Qu'est-ce que tu racontes ? Marie-Pierre, tenez.

- On est copains depuis quand ? - Je sais pas. 10 ans, à peu près.

Au début, tu pouvais pas me blairer.

Moi ?

Oui. C'est grâce à moi qu'on est devenus intimes.

Tu regrettes ? Au revoir, madame.

Bonne fin de séjour.

Je voulais te faire remarquer que c'est moi qui ai fait le 1er pas.

Pourquoi tu viens me pleurnicher sur les épaules ?

- J'ai envie de m'en aller. - Où ça ?

En Australie.

Pourquoi ? Attends…

Dorothée, Mme Gunthart attend depuis une demi-heure.

Ça te ferait quoi, si je partais ?

- Arrête tes conneries. - Tu t'en fous.

T'as plus besoin de moi, t'as Viviane.

T'as plus besoin de personne. Tout peut s'écrouler, tu t'en fous.

Il paraît que t'as pas le moral.

Ça va mieux, fausse alerte.

- Je peux entrer ? - Mais pour quoi faire ?

Pour voir où tu habites.

C'est une vieille garçonnière qui sent le renfermé.

Pascal m'a demandé de venir te voir.

Je viens te voir.

Il m'a dit : "Micky a un coup de cafard,

"il faut absolument que tu lui changes les idées."

Tu veux pas que je te change les idées ?

C'est sympathique, chez toi.

C'est un peu masculin, mais c'est sympathique.

- C'est la chambre ? - Oui.

- J'ai la permission de monter ? - Non.

Dommage.

Pourquoi ?

Comme ça.

Moi aussi, j'avais un coup de cafard. Ça tombait bien.

Je me disais : "On fera l'amour et ça ira mieux."

À quoi tu penses ?

Comment tu fais pour être aussi salope ?

C'est une question d'habitude.

Quand on a la chance de pouvoir commencer très jeune,

après, ça devient comme une seconde respiration.

Tu veux du thé ?

Je veux bien.

Bouge pas. Bouge pas.

Viviane ?

Oui ?

T'es dans la loggia ?

Oui.

Couchée ?

T'es fâché ?

Non, non.

Tu... Tu vas venir me rejoindre ?

Oui.

Tu m'aimes ?

Oui.

¶ Elle soupire de plaisir.

Pascal !

Pascal !

Pascal !

Il faut que tu viennes chez moi voir un truc.

- Quel genre de truc ? - Un truc épouvantable.

- Viens voir. - Qu'est-ce qu'il y a ?

- Regarde ce lit. - Quoi ?

- Tu remorques rien, dans ce lit ? - Non, il est vide.

C'est ça, je voulais que tu le constates.

Attends, si je comprends bien, tu me fais venir du magasin

pour me montrer que ton lit est vide ?

Il est toujours vide ! Tu comprends ?

Il est vide le jour, la nuit, en semaine, le dimanche !

Il est toujours vide !

Je suis seul, là-dedans ! Tu comprends ?

J'en ai marre, d'être seul !

De m'endormir seul, de me réveiller seul !

Alors que les autres s'endorment avec des filles superbes.

Et moi, dans mes bras, il y a rien, que du vide !

Tu comprends, Pascal ?

Tu comprends ?

C'est fatigant, d'être ton copain. C'est fatigant.

Qu'entendez-vous par "angoisses incontrôlées, soudaines,

et qui me laissent tremblant" ?

J'ai l'impression d'être poursuivi.

Par quoi ?

Ben...

des images.

Parlez-nous de ces images.

C'est pas vraiment des images,

c'est plutôt une présence.

Je sens une présence, même quand je suis seul.

Je sens toujours une présence.

C'est une présence amie ou une présence ennemie ?

Ben justement, j'en sais rien. C'est ça qui m'angoisse.

Je sais pas.

Bon...

Rien de grave, j'espère ?

Non, soyez rassuré.

Je dirais simplement du surmenage.

Vous avez déjà pris des tranquillisants ?

Qui, moi ?

Oui. C'est vous qui êtes souffrant, non ?

Vous comptez me prescrire des tranquillisants ?

Des tranquillisants et un arrêt de travail.

De quelle durée ?

Un minimum de 3 mois.

Vous êtes fatigué, cher monsieur.

Qu'est-ce que je vais devenir ?

Tu vas te reposer, mon petit père.

Tu t'installes à la maison et on va s'occuper de toi.

Vous avez de la chance d'avoir cet ami.

L'amitié, on n'a rien trouvé de mieux, comme médicament.

Je suis content que tu sois là.

Avoir sa femme et son meilleur ami sous le même toit,

c'est rare.

Ces tranquillisants vont pas m'abrutir ?

Non, ça a jamais abruti personne, les tranquillisants,

ou alors des gens qui étaient déjà abrutis avant.

Bonne nuit, Micky.

Bonne nuit, Pascal.

Viviane ?

Viviane !

Alors, comment tu te sens ?

Bien ? Mieux ? Plus calme ?

- Ça va... - T'as meilleure mine qu'hier.

- Ça m'étonnerait. - Ah si. Ah si, si.

Tu pourrais peut-être t'habiller, dans la journée.

C'est pas bon pour le moral, de rester en pyjama.

Je suis malade. Un malade, ça reste en pyjama.

- Il y a des malades qui se lavent. - Moi, je suis un malade qui pue.

Je me laverais pour plaire à qui ?

Je suis seul. Au moins, ma puanteur me tient compagnie.

J'ai froid.

Mais non, l'eau est brûlante.

C'est moi qui ai froid. Si je le dis, c'est que j'ai froid.

On peut pas faire plus chaud.

C'est dommage. C'est trop froid.

- On va vider le cumulus. - Tu t'en fous, t'aimes l'eau.

Pascal !

Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai peur. - De quoi ?

Tu risques absolument rien.

- Et si je me réveillais pas ? - Mais si.

Et si j'avais un caillot ?

Où ça ?

Au cerveau, mon vieux, au cerveau !

On croit que les gens sont fatigués nerveusement,

mais en fait, ils ont un caillot gros comme une lentille.

Il s'arrête et ça bouche tout et tu meurs.

Quelle gueule tu ferais, si tu me trouvais mort ici ?

Moi, ton meilleur ami !

Pourquoi on m'a pas fait d'encéphalogramme ?

Et c'est qui, ton médecin ? Il a déjà guéri quelqu'un ?

Calme-toi, Micky. Calme-toi.

Tout va bien. Je suis là.

Je suis là.

Je voudrais un oreiller en plus.

T'en as déjà 3.

J'en veux un 4e !

Il faut que je me redresse au maximum.

Sinon j'ai l'impression de partir pour toujours.

Bon. Je vais t'en chercher un autre.

Pascal !

Oui...

Je voudrais l'oreiller de Viviane.

Pour quoi faire ?

Bon. Écoute. Cherche pas à comprendre.

Il y a des choses qui t'échappent,

alors va me chercher l'oreiller de Viviane !

- Pourquoi tu prends mon oreiller ? - C'est pour un ami.

Tu sais ce qu'il te faudrait ?

Non.

Une gentille petite femme.

C'est pas con, comme idée.

- Ça me ferait du bien ? - Oh oui.

Il faudrait qu'elle soit pas trop belle, alors.

Quand elles sont trop belles, on a toujours des sacs de nœuds.

Il faudrait qu'elle soit...

pas tarte, c'est pas ça que je veux dire, mais...

Juste mignonne, mais sans plus, tu vois ?

Ou alors, le genre de beauté cachée.

Avec des lunettes, et quand elle les enlèverait, on dirait :

"Tiens, elle a de jolis yeux."

Quel gentil garçon !

Tu peux pas imaginer ce qu'il a en lui comme trésors de délicatesse,

de sensibilité, de pudeur, de générosité vraie.

Si tu veux, je peux dormir dans sa cabane,

comme ça, il pourra dormir avec toi.

- Vous serez bien, tous les deux. - Tu es folle.

¶ Elle gémit.

Tu m'aimes ?

Oh oui, je t'aime.

- Ça t'a pas donné soif ? - Si, ça m'a donné soif.

T'as pas envie d'une coupe de champagne ?

Si. J'ai envie d'une coupe de champagne

avec une petite cuisse de poulet et un peu de ketchup.

C'est parti.

¶ Il ronfle doucement.

Qu'est-ce que tu fous là ?

- Viviane ? - Quoi ?

- Viens voir. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Viens voir !

C'est un beau dégueulasse...

Pas du tout. Qu'est-ce que tu vas chercher ?

Ça part d'un bon sentiment. Il voulait partager notre bonheur.

Regarde comme il dort gentiment. On dirait un enfant.

- Dis donc, Pascal... - Qui ?

- J'ai la trouille, tout d'un coup. - Pourquoi ?

Je me demande si t'es pas complètement con.

Je fais comme tout le monde, Viviane.

Je patauge.

Ça va ? T'as bien dormi ?

Oui, pas mal. Quelques cauchemars.

- T'as vu comme il fait beau ? - Oui, il fait beau.

- Vous êtes déjà habillés ? - Ben oui.

Vous allez où, habillés comme ça ?

Micky, on a une nouvelle un peu désagréable à t'annoncer.

Vous partez ?

On s'absente quelques jours.

Vous allez où ?

À Paris.

- C'est déjà le salon du ski ? - Oui, Micky, comme tous les ans.

- T'emmènes Viviane avec toi ? - Elle connaît pas Paris.

- Qu'est-ce que je deviens, moi ? - Ben tu gardes la maison.

- J'ai pas très envie de rester seul. - Tu vas être bien.

Tu pourras t'installer dans notre chambre.

J'ai pas très envie de rester tout seul.

- Il à pas envie de rester seul. - Il sera seul quand même.

Une semaine, c'est pas grand-chose.

Je suis obligé d'y aller.

J'ai mon stand et une avalanche de rendez-vous.

J'y vais pas pour me marrer. Ça fait partie du boulot.

Et si j'ai un malaise ?

- Pourquoi tu me regardes comme ça ? - Pour rien, Viviane.

Pour rien.

Ne compte pas sur moi pour lui tenir compagnie.

Je suis pas une garde-malade.

Une semaine, Micky. Ça passe vite, une semaine.

Te casse pas, Pascal, ça va aller.

Je t'aime, Viviane.

C'est trop tard, Micky.

Il fallait me le dire avant.

¶ Musique slow

C'est formidable, ce que t'es en train de faire.

Jamais j'oublierai.

Je me demande si je fais pas une énorme connerie.

Qu'est-ce qu'on va dire à Pascal ?

À quel sujet ?

Nous deux, ce qui se passe entre toi et moi.

Ça te plaît, ce qui se passe entre nous ?

Oui, mais qu'est-ce qu'on lui dit ?

Tu veux que ça continue ou que ça s'arrête ?

Je veux que ça continue, mais on lui dit quoi ?

Il faudrait songer à lui dire la vérité.

On va pas toujours se voir en cachette.

Comment tu veux que je lui annonce une chose pareille ?

Le plus simplement du monde.

"Pascal, je suis amoureux de Viviane."

Ben oui.

Mais il s'en doute, que je suis amoureux de toi.

Ça se voit. D'ailleurs, je suis amoureux de toutes ses femmes.

Il est pas con. Il voit bien.

Mais là, c'est spécial.

Là, tu vas lui dire : "Non seulement je suis amoureux de Viviane,

"mais en plus, elle est amoureuse de moi."

- Parce que t'es amoureuse de moi ? - Oui.

Depuis quand ?

Depuis le 1er jour.

Pascal,

mon vieux Pascal, mon vieil ami...

Viviane ?

Oui ?

Pourquoi faut toujours tuer quelque chose dans la vie ?

C'est la vie, Micky. C'est pas nous qui l'avons inventée.

C'était déjà comme ça avant qu'on arrive.

Pascal...

Écoute-moi bien, me regarde pas, mais écoute-moi.

J'ai quelque chose d'épouvantable à te dire.

Tellement dégueulasse que...

tel que je te connais,

tu voudras même pas accepter de le croire.

- C'est vrai, t'es amoureuse de moi ? - Ben oui.

Pourquoi ? Pascal est mieux que moi.

C'est vrai, t'es beaucoup moins bien que Pascal,

mais je te préfère.

Que veux-tu que j'y fasse, mon pauvre Pascal ?

T'es grand, beau, riche, t'as fout pour plaire.

Moi, je suis petit, vilain, grassouillet,

sale, même, des fois, et c'est moi qu'elle aime.

Si tu comprends, tu m'expliqueras. Moi, je comprends rien.

Question de style, peut-être.

Il y a des mecs qui ont des têtes d'amants, d'autres de maris.

Viviane ?

Sois sympa.

Jure-moi que t'es pas vraiment une salope.

Ça change quoi, que j'en sois une ?

Écoute, Pascal, les choses sont extrêmement simples.

C'est pas la peine de tourner autour du pot.

J'emmène Viviane chez moi. Voilà.

Pas la peine de me demander pourquoi, ni comment.

Il y a pas d'explication. Ça se fait et puis c'est tout.

Si tu veux, balance-moi ton poing dans la gueule, je le mérite,

mais je te préviens, ça ne changera rien.

Viviane et moi, nous nous aimons.

Viviane, t'es sûre de ton coup ?

Je vais pas bousiller 10 ans d'amitié pour un caprice.

Et toi, t'en es sûr, de ton coup ?

Moi, c'est pas la même chose.

Pourquoi ?

Ben, moi, je sais bien que...

si je laisse passer l'occasion,

il s'en représentera pas d'autre.

Ah !

Ça fait du bien de se retrouver dans sa maison.

Avec des gens sympathiques.

Dis donc, t'as meilleure mine, toi.

Oui, je me suis un peu rebecqueté.

Vous avez fait du ski ?

Non, pas vraiment.

On a fait quelques jolies balades.

Vous remarquez rien d'anormal ?

Où ça ?

Je sais pas. Dans cette pièce, par exemple.

Non. Tu remarques quelque chose d'anormal ?

Non.

Les valises.

Ah oui. Les valises.

Et alors ?

Il y en a deux.

Ben oui, il y en a deux.

Et c'est pas normal ?

Non.

Mais pourquoi ?

Parce que quand je suis parti, il y en avait qu'une.

Qu'est-ce qu'il y a dans la deuxième ?

Cadeaux.

Oh, Pascal !

Pascal...

Tiens, Micky. Ça, c'est pour toi.

Merci.

Viviane, t'as vu ce qu'il m'offre ?

Pourquoi tu m'offres ça ?

T'aimes les objets. Il n'est pas beau ?

Ben si, mais c'est un vrai ?

Évidemment que c'est un vrai. Viens.

¶ Coups de feu

Il y a quelque chose qui va pas ?

Non. Pourquoi ?

Quand un homme et une femme se retrouvent après une semaine,

ils se jettent dans les bras l'un de l'autre.

Où tu vas ?

Je reviens.

Il se doute de quelque chose. Parle-lui.

On peut pas rester comme ça.

Si ça continue, ça va devenir irrespirable.

J'y vais.

Il va pas être content.

Tu fais ce que tu veux, Micky.

T'es libre.

- Qu'est-ce que tu fais là ? - J'arrive pas à dormir.

Moi non plus. Je crois qu'on a trop forcé sur le vin blanc.

Oui.

Ça doit être ça.

- Je suis content que tu sois là. - Ah bon ?

Oui.

Parce que figure-toi,

j'ai une nouvelle assez importante à t'annoncer.

Une bonne ou une mauvaise ?

Une bonne.

Je ne suis plus amoureux de Viviane.

En effet...

C'est une excellente nouvelle.

C'est Paris ? T'as rencontré quelqu'un d'autre ?

Non.

Une lassitude ?

Non.

- T'as appris un truc à son sujet ? - Il y à un truc à savoir ?

Non, je dis ça, tu sais, c'est triste à dire,

mais avec les femmes, on peut toujours découvrir des trucs.

Oui, je sais. Il faut s'attendre à tout.

Remarque, avec les hommes aussi, il faut s'attendre à tout.

Peut-être bien, oui.

Il doit même y avoir plus de crapules chez les hommes.

Oui, ça se pourrait. C'est possible.

Mais pourquoi t'es plus amoureux de cette pauvre Viviane ?

Parce que maintenant, je l'aime, Micky.

Merde !

Je sais pas ce que j'ai, j'arrive pas à dormir.

J'ai soif et j'arrête pas de me retourner dans tous les sens.

Qu'est-ce que vous vous racontez ?

Des secrets.

Si ça devait avoir des conséquences, tenez-moi au courant.

Vous serez gentils.

Tu trouves pas qu'elle est belle ?

Oui, pas mal.

Et je me demandais si j'allais pas l'épouser, dis donc,

et peut-être lui faire un enfant aussi.

Qu'est-ce que t'en penses ?

Ben...

je trouve que c'est une idée formidable.

- Tu lui en as parlé ? - Non, pas encore.

Ben, c'est le bon moment.

Le problème, c'est que je sais pas comment lui dire.

Je vais pas lui dire à ta place.

Pourquoi pas ? Un ami peut rendre ce genre de service.

- T'es toujours mon ami, non ? - Ben oui.

- T'as pas osé lui parler ? - Non.

Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?

Je sais pas.

Je vais retourner habiter chez moi.

Je vais essayer de reprendre une vie normale.

Et puis après, j'irai faire un tour à Saint-Tropez,

voir s'ils ont pas besoin d'un disc-jockey.

Et voilà,

retour à la case départ.

Rangez le costume de séducteur, les 1ers rôles, c'est pas pour vous.

Je vous conseillerais des emplois plus modestes :

chauffeur de taxi, maître d'hôtel,

serviteur muet, attentionné...

"Madame est servie."

"La voiture de Madame est avancée."

"Monsieur m'envoie dire à Madame que les invités sont au salon."

Tu parles tout seul, maintenant ?

Eh oui.

Quand on a personne, on finit par se parler à soi-même.

Pourquoi tu viens plus nous voir ?

Ça fait 15 jours qu'on est sans nouvelles.

Je voulais pas vous déranger pendant la lune de miel.

Elle est finie depuis longtemps, notre lune de miel.

Ah bon ?

Il y a quelque chose qui cloche entre Viviane et toi ?

Hé, Pascal,

tiens-moi au courant. On est trois, dans cette histoire.

Ouais, j'ai même peur qu'on soit bientôt quatre.

Il y en a un autre sur le coup ?

Je vois pas d'autre explication possible.

Dès que je l'approche, elle me tourne le dos.

Elle n'a plus de geste affectueux à mon égard.

Si tu voyais nos soirées, t'en aurais des sueurs froides.

La salope !

¶ Sifflement

Alors, tu me disais qu'elle avait un amant ?

Oui, Pascal.

Qui ?

C'est moi.

Encore ?

J'ai essayé de lutter, tu sais.

C'est pas marrant, d'être un salaud.

T'es pas un salaud, Micky. T'es un homme, c'est tout.

D'ailleurs, en 10 ans d'amitié, c'est la 1re femme que tu me piques.

Il y a pas de quoi rougir.

Viviane !

Mais où tu vas ?

Je m'en vais.

Tu t'en vas ? Mais non ! J'ai tout raconté à Pascal.

- Raconter quoi ? - Tout. Nous deux, notre amour.

Et qu'est-ce qu'il dit ?

Rien, il s'incline. Que veux-tu qu'il dise ?

Il o compris qu'il pouvait pas lutter.

On est libres, on a plus besoin de se cacher.

¶ Klaxon

Désolée, c'est trop tard.

J'en ai marre de la montagne. Il faut que je parte.

Viviane !

Mais tu vas pas partir avec ce mec !

Pourquoi pas ?

Est-ce que tu réalises...

Il va te balancer quand il en aura marre de ton cul.

Je vais pas faire ma vie avec lui.

Qu'est-ce que c'est que ce mec ? D'où il sort ?

Comment t'as fait pour nous la piquer ?

C'est pas avec ta gueule !

Elle est épouvantable, ta gueule. Il à une gueule épouvantable, ce mec.

C'est un loubard !

Il va te piquer tes perles, ton vison, tout.

Je suis pas attachée à tout ça.

Mais moi, je suis pas d'accord. Hé ! J'ai un flingue, je te préviens.

Je peux tirer !

Range ton pétard, tu fais chier. Elle veut se barrer.

T'as les mains qui tremblent. Tu vas te blesser.

Ta gueule ou je te colle un pruneau. Et toi non plus, bouge pas.

Je vous ai à l'œil. Ça va pas se passer comme ça.

Comment t'as fait pour lui tourner la tête ?

Tu l'as baratinée ?

Tu m'emmerdes. C'est elle qui m'a baratiné.

Elle m'a obligé à l'emmener sur la Côte d'Azur.

Te fatigue pas, Micky.

Je suis une fille de passage.

J'ai toujours eu la bougeotte.

C'est une maladie, chez moi. Impossible de me fixer.

À peine arrivée, je cherche à repartir.

Salut, Micky.

Tu embrasseras Pascal pour moi.

Tu lui diras que je me suis bien reposée dans son chalet.

L'essentiel, c'est qu'on ait conservé notre amitié intacte.

Elle est intacte, hein ?

Évidemment qu'elle est intacte.

Comment elles font pour être aussi salopes ?

Alors qu'elles ont tout pour être des anges.

C'est pas à nous de répondre à ça, c'est à la médecine.

On a été gentils avec elle.

Si elle avait eu de la jugeote,

elle aurait gardé les deux garçons gentils.

On se serait débrouillés pour établir un roulement.

Je préfère encore la savoir au diable.

Et puis d'abord...

Qu'est-ce qu'elle avait de bien ?

Ce que j'appelle "vraiment bien".

Pas grand-chose.

Si, les seins, peut-être.

Oui...

Les seins, oui.

Je m'excuse, on fait pas une vie avec des seins, non ?

Ah non.

On en a vite fait le tour, des seins.

Ce qui compte, c'est le reste.

C'est le dévouement, la sensibilité.

Tiens, la conversation.

Ah ! Ça, évidemment, côté conversation...

Tu sais qu'elle était pas fute-fute.

- Elle à pas inventé l'eau tiède. - Non.

- Ça, c'était pas Marie Curie. - Oh, non !

Mon vieux Micky, faut s'estimer heureux.

C'est bien qu'elle se soit tirée.

- Tu crois ? - Oui.

D'abord, ça nous permet de nous retrouver,

de passer enfin une soirée ensemble, une soirée détendue,

avec une conversation qui tient debout.

Et si elle revenait ?

Parle pas de malheur.

Tu ferais quoi, si elle revenait ?

Je lui botterais le cul, histoire de lui apprendre à vivre.

Et si elle regrettait,

si elle arrivait avec des larmes dans les yeux ?

Qu'est-ce que tu cherches à faire ?

Tu veux m'attendrir ? Tu veux me bousiller le moral ?

Déjà qu'il est pas brillant, mon moral.

Elle reviendra pas.

Une fille comme ça, aussi adorable, ça revient jamais.

Commence pas à nourrir un espoir insensé.

Elle est partie.

Elle est loin.

On n'existe plus pour elle. C'est comme ça, la vie.

C'est une saloperie, la vie.

Et si elle revenait quand même ?

Eh ben, on la prendrait dans nos bras, évidemment,

et on recommencerait à se battre pour elle.

Espèce de con !

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