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Mais attends...
Je suis où, là ?
Oh là là, j'ai pleuré.
Il n'y a pas un téléphone ?
Éloïse Leroy,
4 bis place de la Chapelle.
Éloïse Leroy...
C'est pas mon nom, ça.
Moi, je m'appelle...
Je m'appelle...
Putain, mais comment je m'appelle ?
On peut vous aider ?
Non, non, merci.
Oh !
Putain, connard.
J'ai pas tout oublié, il y a que des connards.
Salut, ça va ?
Salut, ouais.
Ton chat miaule depuis deux heures.
Ah ouais ? Je suis rentrée plus tard que prévu.
- Pas de souci. Bonne soirée. - Bonne soirée.
Maman !
- Ma chérie... - Attends, oh.
Ça va, là.
Bonjour, le chat.
Bonjour, le chat.
Il y a quelqu'un ?
Célibataire, la fille.
Mot de passe ?
Éloïse Leroy.
Bah, voyons.
Leroy Éloïse.
Oh, putain !
Date de naissance ?
Panique pas. Faut pas paniquer.
Voir médecin. Retrouver téléphone. Voir si témoins sur place.
Gros programme, ma vieille.
Un petit tour au dodo.
Je vais dormir un coup, ça va revenir. Hein ?
Oh, putain. Merde.
- Allô ? - C'est Olivia.
Qu'est-ce que tu fous ? T'as 2 heures de retard.
C'est que je suis un peu...
barbouillée, là. - T'es malade ?
Un peu...
Faut prévenir. C'est pas à toi que je l'apprends.
T'es pas joignable sur ton portable, plus de batterie ?
Heureusement que t'as un fixe. C'est tellement ringard.
- Tu seras là demain ? - Ouais. Où ça ?
Ouais, bien sûr.
Fred est sur les dents.
Fred ?
Ouais, bien sûr, OK.
Mais...
- Ouais. À demain. - Allez, ciao.
Merde, merde, merde !
Elle rangeait où ses fiches de paie ?
Qu'est-ce que c'est ? C'est quoi, cette robe ?
Je suis qui ?
Je suis qui, moi ?
Ah !
Ordonnance.
Un arrêt de travail, ça serait bien. Hein, le chat ?
Je fais quoi comme travail ?
Je travaille dans une banque ?
Je suis pas CRS quand même ?
Non.
Qu'est-ce qui vous amène cette fois ?
C'est compliqué à expliquer.
Comme la dernière fois ? Impression de manquer d'air ?
Non.
Alors c'est quoi ?
Mal de gorge ? Mal de dos ? Torticolis ?
Comme d'habitude, vous n'avez rien.
- Comme d'habitude ? - Six arrêts en six mois.
Ça a le mérite de la régularité.
Je mets quoi ?
Fatigue, nausées, vertige ?
- On a un peu tout fait. - Amnésie.
- On n'a jamais fait ça, si ? - Non.
Je ne veux pas vous contrarier, mais on ne joue pas avec ça.
Moi, je joue pas.
Docteur, j'ai...
Vous allez pas me croire, j'ai perdu la mémoire.
Je me souviens plus de rien.
Mlle Leroy, vous savez ce que dit ma sœur ?
"Ne passe pas les limites,
elles vont te mordre."
Mais je vous jure.
Je me souviens pas quel travail je fais.
Hier, je me souvenais pas où j'habitais.
Quel travail je fais ?
Mais vous vendez des livres chez Gibert.
Je vends des livres chez Gibert.
J'ai oublié tout ce qui me concerne.
Mais le reste, ça va. Apparemment.
Je sais qui est Vanessa Paradis,
mais je sais pas si j'ai des frères ou sœurs.
Je sais pas si je suis hétéro, si je suis bi...
Mais je sais que la veuve Clicquot a créé du champagne.
15 jours d'arrêt de travail, le temps que je trouve une solution.
Non. Je vous donne un jour d'arrêt et je vous prescris des examens.
Symptômes d'amnésie rétrograde.
- C'est quoi ? - C'est ce que vous dites avoir.
La difficulté à retrouver des informations sur soi,
les souvenirs d'avant l'amnésie.
Ça peut être Alzheimer ou une tumeur ?
Tout est possible.
Le problème avec les amnésiques, c'est que si le problème est connu,
l'environnement social s'éloigne.
L'amnésique s'isole et perd son travail.
S'il n'a pas une cellule familiale très solide,
il est fréquent qu'on le retrouve SDF
ou même en hôpital psychiatrique.
Allez, Mlle Leroy.
Au boulot.
Un, soit je suis une grosse feignasse,
deux, soit je suis hypocondriaque. Trois, je travaille chez Gibert.
Je suis une grosse feignasse qui travaille chez Gibert.
Ça se précise.
J'ai tout réinstallé, il est comme neuf.
Surtout, ne pas donner de bière à son ordinateur.
Non, ça sert à rien. Des miettes de kebab,
de pain complet... Ça se comprend, mais pas de bière.
- J'ai bien compris la leçon. - Garanti 3 mois.
- Merci, au revoir. - Salut.
Salut, qu'est-ce que je peux ?
"Qu'est-ce que je peux ?" C'était pour un renseignement.
- À votre service. - J'étais là hier, sur ce banc.
Je me suis fait voler mon téléphone.
Aïe.
Je me demandais si vous aviez pas vu le type qui a fait ça
ou quelque chose de particulier ?
Hier ? Non.
J'étais pas là hier.
J'ai juste fait la fermeture. Mon associé était là hier.
Il est parti.
Au Népal.
Pour les grandes vacances.
Ouah... On peut pas lui demander ?
Si, mais quand il reviendra. Parce que, là...
Vous pouvez me donner votre numéro de téléphone.
- Quand il reviendra... - On me l'a volé.
Mais vous avez un numéro. Ça se vole pas, un numéro,
si ?
Ça se change, un téléphone.
Vous allez chez votre opérateur et il vous donne une nouvelle puce.
Au passage, il vous vend un téléphone.
Ouais, c'est vrai.
Et vous pourrez peut-être récupérer vos données.
C'est vrai aussi.
Alors...
C'est quoi, ce numéro ?
06...
Je vais repasser.
C'est mieux.
Ouais, c'est plus sympa.
Oui. On repasse pas assez souvent.
- Voilà. - Si vous repassez,
demandez Moby Dick. C'est moi.
On m'appelle comme ça.
- Moby Dick, OK. Salut. - Salut.
Vous entrez par là aujourd'hui ?
Ah...
Oui, bonjour ?
Oui, c'est Éloïse Leroy.
Vous avez oublié votre badge ?
Ah, euh... Oui.
Non. On en garde pour ce soir chez toi ?
- Euh, ce soir ? - 20h, ça te va ?
- Grave. - OK.
Tu descends pas ?
Absolument. Ouais.
À ce soir, alors.
Ouais, grave.
Les préliminaires les plus longs de ma vie. Une heure de cunni.
Une heure de cunni ? Une heure !
T'as mis du miel sur ta chatte ?
Ma teuch, c'était une crêpe Suzette.
- Quelle image t'as du clito ? - Une image merveilleuse.
On surestime le clito.
On lui met la pression. Avant, personne le calculait.
- Salut, Élo. - Salut.
Salut.
T'as raison.
Il faut laisser le clito à sa juste place.
Alors moi, j'ai aucun problème avec le clito.
Mais ils saoulent tous. Les médias, les mecs...
Tout le monde est obnubilé que par ça.
- T'as pas d'euros ? - Non.
Au fait, Élo,
je me souviens plus, t'es quoi, toi ? Je suis quoi ?
Clitoridienne ou vaginale ?
Euh... Je me souviens plus bien.
Pourtant, c'est pas faute d'essayer.
- ♪ C'est quand le bonheur ♪
- Bonjour, Éloïse. - Bonjour.
- Tu vas mieux ? - Oui, je vais mieux.
Merci... Sonia.
Je crois qu'il y a quelqu'un à ton rayon.
Ah, j'y vais. J'y vais.
Courage.
- Bonjour. - Bonjour.
J'ai repensé à ce que vous m'avez dit
sur L'Amour en bleu, que c'était ringard.
J'ai pas osé vous le dire,
mais ça m'a plu. Oui, L'Amour en bleu...
Mais j'ai même pas lu.
Vous êtes sûre que c'était moi ?
Je ne suis pas sénile.
Finis.
On a fini.
Allez, à bientôt, pétasse.
Elle t'a encore demandé une bluette ?
Dès que tu peux, tu me fais les picking et les decks.
Ouais, les decks.
Ça urge pas, mais avant ce soir.
Et donne-moi ton certificat médical. T'as vu Fred ?
Il t'a rien dit pour ton absence d'hier.
- Non. - Il est cool avec toi.
La vache.
Elle est à vous.
Bonjour.
Soif,
vous l'avez ? D'Amélie Nothomb.
Je l'ai vu en poche,
mais je le cherche en grand format.
Amélie Nothomb, j'aime beaucoup.
En grand format, c'est...
- On va aller voir en rayon. - J'y suis déjà allée.
Alors, alors... Amélie Nothomb.
J'aime beaucoup.
Vous...
- Vous en voulez pas un autre ? - Non, je veux Soif.
Il est peut-être ailleurs.
Non, malheureusement, on n'en a plus.
Vous n'avez pas consulté votre ordinateur.
Il est peut-être en réserve.
Mademoiselle ?
- Mademoiselle ? - Hein ? Ouais.
Vous pouvez me répondre ?
Éloïse.
Elle cherche un Amélie Nothomb et le Goncourt en poche.
- Il est sorti il y a un mois. - Ouais, ouais.
Tout le monde lit la même chose ?
- Ouais. - Lisez autre chose.
Je sais pas. Ça, ça a l'air bien.
"Après avoir sombré dans l'alcoolisme, un homme devient rabbin."
Symboliquement, c'est fort.
Pourquoi on lirait plus du Amélie Nothomb que ça ?
Franchement...
Éloïse ?
Ça va pas ?
Tu veux pas m'emmener quelque part ?
Je te jure, il faut que tu me croies.
Je ne sais pas ce qu'est les picking et les decks.
Tu sais, la nana blonde...
Olivia.
Sans doute, je sais pas. Elle m'a demandé de faire les picking.
Olivia, c'est la N3.
- Fred, c'est le RD. - Hein ?
Fred, le responsable du département musique, cinéma, littérature.
Olivia, c'est son assistante.
Putain... Purée.
Je vais me réveiller.
Je me casse, si c'est une blague.
Quoi ? Quelle blague ? Je t'en supplie, crois-moi.
Crois-moi.
Pourquoi tu m'en parles à moi ?
Parce que t'es là.
T'as bien vu, je comprends rien.
Je suis dans le brouillard total.
Tu le gardes pour toi, sinon je vais me faire virer.
Vous me parlez jamais, il y a pas de risques.
Comment ? Vous ? Moi ?
- Moi non plus ? - Non.
C'est pour ça que je crois ton amnésie. Tu me parles jamais.
Ah ouais ? On est fâchées ?
Non, tes potes, c'est Chloé, Vincent, Olivia, Fred.
Tu traînes avec eux.
Moi, je suis invisible. T'as plus de mémoire, je suis invisible.
- Mais non. - Au figuré.
Ouh ouh.
- Tu me vois, là ? - Mais oui. Bien sûr.
Pardon, je deviens barjot.
Chloé et Vincent, ils font quoi ?
Département musique.
Ils savent plein de trucs sur toi.
Je les sens pas du tout.
Tu traînes avec qui ?
Je traîne pas. J'ai un gamin de 7 ans et je regarde la télé.
Ta famille ? T'as essayé de les joindre ?
J'ai rien trouvé sur ma famille. Personne m'a appelé.
Ils sont peut-être à l'étranger. J'ai trouvé aucun papier chez moi.
Je suis née dans le 20e.
J'ai trouvé un grand pull, une marinière rouge dans mon sac.
Ton téléphone ?
J'en ai acheté un nouveau.
Je peux pas faire la mise à jour, j'ai pas mon code d'ordinateur.
Et Facebook ?
J'ai regardé, j'y suis pas.
Il y a pas d'Éloïse Leroy avec ma tête.
Ça m'étonne de toi.
Je me suis pas trouvée.
Faut qu'on y retourne.
Vous perdez votre portable,
vous oubliez votre code, vous me rencontrez.
Beaucoup de bonnes nouvelles.
- Il est pas revenu, votre collègue ? - Non.
Les grandes vacances, désolé.
J'ai une théorie sur les mots de passe.
J'ai une théorie sur les mots de passe.
Oui ?
Je vous la dis ?
Prénom de mon chien et année de naissance.
Prénom de mon 1er amour et année de la première fois.
Le prénom de mon amant et l'année de naissance de mon mari.
- C'est quoi, la théorie ? - Rien ne vous frappe ?
C'est pas très moral.
Mais non, on s'en fout.
Mon, ma, me.
Les mots de passe sont un repère égocentrique.
Quand on oublie son mot de passe, on s'oublie un peu.
C'est très bon signe. J'aime les gens qui oublient leur mot de passe.
Vous pouvez taper le nouveau code.
Vous pourrez synchroniser votre nouveau téléphone.
Je peux ?
Voilà. Tout est là.
- Merci. Merci beaucoup. - De rien.
Euh... Dites-moi,
ça vous dirait de m'accompagner à l'aquarium
pour fêter ça ? Il y a une nocturne ce soir.
L'aquarium... Non.
J'ai invité à dîner un collègue d'ascenseur...
Euh, de travail.
Euh... Fred.
C'est un collègue.
Vous me donnez votre numéro.
Comme ça, je préviens mon associé. Enfin vous,
quand mon collègue reviendra.
Dernière mise à jour, six mois. Merde.
Une fois, le téléphone mis à jour, lister les contacts,
consulter les dossiers, regarder les mails.
Ma chérie, j'ai pensé à toi toute la journée.
Oh...
Attends un petit peu.
T'as mis un jean. Il se passe quoi ?
Ouais.
Tu peux attendre ?
T'attends quelqu'un ?
Non, c'est pour nous. Pour ce soir, pour qu'on dîne.
Pour nous ? On va pas dîner, quand même.
- Ah bon ? - Pourquoi on dînerait ?
J'ai rendez-vous dans 2 heures avec mes potes du think tank.
Ah ouais. Attends.
C'est quoi, le think tank ?
- De quoi ? - Le think tank, c'est quoi ?
Tu poses des questions, maintenant ? Où est la femme docile ?
Attends. Excuse-moi, mais on peut boire un coup, d'abord ?
On peut manger.
On peut parler de tout et de rien. En 2 heures, c'est possible.
Je voulais juste savoir...
où on en était tous les deux.
Qu'est-ce que tu me fais ?
Où on en est... c'est pas nous, ça.
Nous, c'est simple, ça va vite. C'est léger.
On n'est pas vraiment en couple.
Non. Tu veux pas. Je veux pas. On s'en fout de ça.
Les bougies, enfin...
Tu nous vois jouer au monsieur et à la dame ?
Je veux bien, mais on peut aussi dîner ensemble.
C'est pas jouer au monsieur et à la dame.
Tu veux qu'on parle de l'avenir ?
Rien que de dire ça, je me sens pousser la prostate.
Parlons d'avenir. Ah, je suis impuissant.
Alors attends, c'est pas l'avenir qui m'intéresse.
Moi, je voudrais plus passer...
Tiens, parlons du passé.
Tu veux parler du passé ? Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Par exemple, ces derniers temps, tu me trouvais bizarre ?
Non, pas particulièrement.
Tu me trouvais absente ?
Développe un peu.
Qu'est-ce que t'as pensé de ce que je t'ai confié ?
Quoi ?
Sur ma vie, tout ça.
Le type que tu veux me présenter ?
Je t'ai dit oui, avec plaisir.
Tu me dis pas qui c'est ?
Non, non.
Je préfère attendre encore.
Écoute, en attendant...
Tu veux pas qu'on se connaisse un petit peu ?
Éloïse, merde !
Je vais être contrarié. T'es étrange.
- T'es enceinte ? - Mais non.
- Putain, t'es enceinte ! - Pas du tout.
Bon, j'ai l'impression que ça peut mal se passer ce soir.
J'ai pas envie. J'ai envie qu'on se garde.
- Ouais. - À notre façon.
On travaille ensemble, on s'apprécie.
- Tu restes pas dîner ? - Non.
Non, vaut mieux pas. Allez, bisous.
Facebook, iTunes, Outlook.
Il y en a bien un qui va parler.
Ah !
Chester ?
C'est qui, ça, Chester ?
Pourquoi ?
Ça remonte à un an et demi.
Un an et demi ?
J'ai rien avant ? Pourquoi j'ai pas de mails avant ?
William : "Je te promets, ma chérie. On se voit vite.
"J'ai écouté ton message, je te recontacte vite."
William Delfino, producteur et influenceur.
William Delfino. Je connais ce type-là, moi ?
Le chat, arrête. Arrête.
Merci d'avoir patienté.
Vous n'avez pas fait de sauvegarde.
Votre dernière mise à jour date de 6 mois, on peut rien récupérer.
Il faut sauvegarder régulièrement. J'en peux plus de répéter ça.
D'accord pour les six derniers mois...
Y a rien au-delà d'un an et demi. J'étais déjà abonnée.
Vous l'avez peut-être réinitialisé.
Parfois, les gens le font intentionnellement.
Quand ils veulent, je sais pas...
Effacer leur passé, commencer une nouvelle vie.
C'est possible.
Allô ?
Ce qui caractérise la génération Y, c'est la communauté.
Le partage des valeurs grâce aux réseaux sociaux,
besoin de reconnaissance au sein du groupe. On fait quoi ?
Une partouze.
Arrête.
J'ai dit les Y, j'ai pas dit les Q. Puisque les générations Y
adorent influencer, on leur donne ce qu'ils aiment.
On met en place des plateformes où ils seront actifs.
Mais on les prend pas pour des cons.
Sur les tables, vous trouverez des panneaux
des plateformes installées dans le magasin.
À mettre dans vos rayons.
Allez !
- Elle est où, Sonia ? - Sonia ?
Ça fait 2 ans que le mercredi, c'est son jour off.
Ah.
Ça va ?
J'ai perdu la mémoire.
On va signaler ça au siège.
Allez, au boulot.
Olivia, depuis qu'elle a 40 ans, elle est en mode
"J'ai pris du recul sur la vie."
Grave !
Avant, c'était "Ibrahim par-ci, Ibrahim par-là."
Je l'adore, Olivia,
mais j'ai envie de te dire : What the fuck?
Moi aussi, je suis seule,
mais ça me permet...
- ♪ D'aller plus haut - Aller plus haut ♪
Tu sais ce qu'il dit, Fred, sur Olivia ?
Qu'elle est sapio sexuelle, mais pas classiste. On aime bien.
Démocrate. On prend l'exemple de Fred.
Je pourrais le suivre pour ses idées, mais pas coucher avec.
T'as un complexe culturel, tu baises que des musclés
qui ont tout dans les biceps et rien dans la tête.
C'est dommage pour moi.
T'aurais été la seule que j'aurais pu épouser.
À part ta mère.
T'as un souci ? Tu prends plus tes pauses avec nous,
tu fais des vannes sur sa mère, qui vient de mourir.
Tu participes pas à la couronne.
On l'a légèrement en travers.
Attends, ta mère, elle est...
Mais attends, c'était quand ?
Tu m'as prévenue ?
- T'étais là quand je l'ai appris. - Mais non.
J'ai... J'ai oublié.
Je te jure,
sinon j'aurais... Mais ça m'est sorti de la tête.
C'est quoi, le problème ? Réveille-toi.
C'est quoi, le problème ?
Rien, des morts, on en apprend tellement.
Par pendaison ?
Pendaison ?
Mais non, c'est pas vrai.
Pardon, je suis désolée.
C'était sa 3e tentative.
T'as été entouré au moins ?
Pablo est venu de Rennes spécialement pour ça.
Chloé et Yveck étaient là. On a fait un super enterrement.
C'était très sobre et élégant. Elle aurait adoré, non ?
Ouais.
Du coup, Élo, c'est quoi, le problème ?
Ben, je...
Euh... Je suis ménopausée.
- Quoi ? - Je suis préménopausée.
C'est très, très rare à mon âge, mais ça m'est arrivé.
Du coup...
J'ai des problèmes de santé, des examens.
Ça me tourneboule la tête.
Alors, pardon. Pardon.
Tu viens quand même samedi au Pin Up avec tout le monde ?
À l'ancienne, avec Olivia, Fred. Tous les 5.
On oublie nos problèmes.
OK, il y aura Chester et William ?
Qui ?
Et Sonia ?
J'étais à ça d'y croire.
Bien, Mlle Leroy, j'ai une plutôt bonne nouvelle.
Pas de tumeur, pas d'Alzheimer, pas de traumatisme crânien.
Tout ça est très bon.
J'ai quoi alors ?
Vous souffrez d'une amnésie d'identité.
C'est une amnésie déclenchée par un choc émotionnel paroxystique.
Certains s'amusent à appeler ça une amnésie de film.
- Une amnésie de film ? - Oui.
Il faudrait retrouver ce qui s'est passé avant ce moment, sur le banc.
Que vous avez évoqué comme le point de départ.
C'est le vide absolu.
Vous auriez pas des médicaments, des trucs pour m'aider ?
C'est la moins bonne nouvelle.
La médecine traditionnelle ne peut rien pour vous.
Je peux vous prescrire des antidépresseurs, des séances de psy,
mais il faut vous faire confiance.
L'amnésie d'identité est réversible.
Vous devez chercher des stimuli sensoriels.
Vivez, aimez, faites l'amour.
Revenez sur ce banc, continuez d'enquêter.
Un déclic se fera d'une façon ou d'une autre.
- Avec ta note de nul là. - Je suis pas nul !
Stimuli sensoriels.
Allez, à moi. À moi, à moi. Qui c'est qui fait quoi ?
J'adore ce jeu.
Vincent, à toi.
Elle.
- Elle s'est perdue. - Très prof d'histoire.
Bien sûr que oui.
A pas renouvelé ses fiches depuis 10 ans.
Sauf pour les mettre en écriture inclusive.
Très en colère contre le ministre de l'Éducation nationale.
Oui, oui.
Sa seule limite, les femmes voilées. Vote très à gauche,
comme toi, Fred. Oui.
- Mais sans le chic. - C'est sûr.
Et la poterie !
Éloïse.
- T'es pas inspirée ? - Moi ? Mais non.
Ce soir, c'est Olivia qui est en forme.
Elle est en forme, ça m'a fait rire.
Tu me reconnais pas ?
Euh...
C'était bon pourtant entre nous.
Chester ?
Non. En même temps, on s'est pas dit nos prénoms.
Alors, ta gueule.
Elle a un petit problème d'hormones.
Pourtant, j'ai un manque affectif depuis qu'Ibrahim m'a quittée.
Avec un très fort désir d'enfant.
Non, les enfants, c'est tue-l'amour.
J'ai l'exemple de mes parents, ça m'a vaccinée.
♪ Avec le temps ♪
♪ Avec le temps Va, tout s'en va ♪
J'ai repensé à ce que tu m'as dit.
Ce qui compte,
c'est être deux. Aujourd'hui, c'est un acte politique.
T'as raison quand tu me l'as dit. Au début, ça a pas capté.
En y réfléchissant, c'est venu.
Je rêve de partager le quotidien d'une femme.
Toi ?
- Tu plaisantes ? - Pas du tout.
Pas du tout, je suis un grand amoureux.
C'est faux de croire que je suis un queutard.
- Mais tu l'assumes. - Quand j'aurai la perle rare,
je peux m'engager le lendemain.
La totale : le mariage, le crédit, le bébé.
- Ah ouais ? - C'est ça !
Allez, fais-nous un petit coup de Sonia.
- Un coup de quoi ? - Un coup de Sonia.
- Sonia ! Sonia ! Sonia ! - Mais...
Fais-nous "Sonia est allée au cinéma avec son fils et a adoré".
Je t'en supplie.
- Quoi ? - On adore quand tu l'imites.
Fais-la bien coincée.
- Je sais plus... - Concentre-toi.
Tu te souviens de rien ?
- Allez, vas-y. - Ouais, OK, OK.
Euh... C'est un film formidable.
C'est un film formidable. Les personnages sont sympas.
On rit. On rit à gorge déployée.
Maintenant, je dois chercher mon fils à l'école.
Et voilà. Euh...
Au revoir.
- J'adore. - J'ai pas compris,
pourquoi "à gorge déployée" ? On dit "à gorge profonde".
Arrête un peu.
Non, ça, c'est un autre...
- C'est un autre registre. - "À gorge déployée", ça se dit ?
Sonia, c'est Éloïse de chez Gibert.
Oui, quand même.
Excuse-moi de te déranger si tard.
T'es la seule personne à qui je puisse parler.
Je suis une grosse naze, si tu savais.
- Tu veux que je passe ? - Je peux venir.
Non, je viens.
Ça fait trop longtemps que je suis pas sortie la nuit.
Mon ex dort à la maison, il peut garder Théo.
Je t'ai même imitée. Je t'imite hyper bien.
Ah bon ? Vas-y, montre.
- Non. - C'est bon, je suis pas en sucre.
Je suis pas en sucre. C'était un film formidable.
Les comédiens étaient touchants, on a ri à gorge déployée.
C'est pas super bien imité.
C'est pas moi, c'est elle. Je la hais.
Toi aussi, tu devais la haïr. Dis-le.
Non, mais t'étais un peu copié-collé.
Ils rient, je ris. Ils pleurent, je pleure.
C'est pour ça que j'étais dépressive. J'allais chez le toubib.
- Que je couchais avec tout le monde. - Pas forcément.
- T'aimes ça. - Avec le mec que j'ai croisé ?
Non, je pense pas.
Il était où, l'accordéon ?
Avec la robe, caché au fond d'un placard.
- T'as rien trouvé sur ta famille ? - Non.
Dans ton téléphone ?
Pas de papa, maman, frérot, mémé ?
Rien ! Apparemment,
j'ai tout réinitialisé il y a un an et demi.
Personne s'inquiète.
Je pourrais crever, tout le monde s'en fout.
Je peux me tuer là,
tout le monde s'en fout.
C'est bizarre quand même.
Toi aussi, tu t'en fous.
Peut-être...
Peut-être chez un de ses mecs.
Comme elle en avait plusieurs...
- Elle, tu veux dire moi ? - Oui.
Fred veut juste qu'on baise. J'appelle pas ça un mec.
Chester se montre sur aucune photo.
William machin, c'est un producteur, influenceur people.
J'ai dû coucher avec lui par hasard, je me suis accrochée et il me fuit.
C'est ridicule.
Hum. Celui qui me fait le plus de peine,
c'est Vincent.
Je crois que j'étais comme lui.
Je dépensais mon énergie pour comprendre comment ils étaient, pour être pareil.
Ça, faut l'aimer. Ça, faut pas l'aimer. Ça, on en pense quoi ?
Les mots favoris de Vincent, c'est "à fond", "grave".
Il abonde, en fait.
Fred est radical et nous, on abonde.
Échange de mails entre moi et Vincent.
"Tu vas à la manif avec nous ?" "C'est quoi, déjà ?"
"Une loi. Fred dit que c'est scandaleux, il faut y aller."
"D'accord, à tout à l'heure."
Hashtag véganisme, intersexualité, antispécisme,
Palestine vaincra, néolibéralisme, gluten free...
Vous faites la totale.
Et attention, j'aime bien les animaux.
Elle est neutre, la fille. Même son job est neutre.
- T'aimes pas notre job ? - Si, mais...
Je me sens plus créative
que commerciale.
Et si mes parents sont morts ?
On avisera.
La seule chose que j'ai en commun avec l'Éloïse d'avant, c'est Fred.
Il me plaît.
Il a un truc qui me plaît, je peux pas m'empêcher.
C'est ton corps qui se souvient qu'il fait bien l'amour.
Pourquoi ton ex était chez toi ?
On s'entend bien, en fait.
On passe souvent des soirées ensemble.
Il dort dans le salon.
On se connaît depuis l'enfance avec Julien, alors on s'aime.
C'est bien.
Ou pas.
Il est bon, ton vin.
C'est la 2e chose que j'ai en commun avec elle.
Ses goûts viticoles et Fred.
- Je t'en filerai une bouteille. - OK.
Tu vas faire quoi ? Il te reste plein de trucs à découvrir.
Je vais changer de stratégie.
Je vais chercher qui je suis profondément.
Peut-être que je trouverai qui j'étais avant.
Tu fais comment ça ?
On essaie des trucs. On cherche, on ose.
Tu prends déjà ta pause.
J'en ai pour deux minutes.
Je veux juste un dîner où je peux être moi-même avec toi.
Tu vois ? Te parler, faire connaissance, hein ?
Pourquoi tu me plais, par exemple ? C'est vrai, pourquoi ?
Parce que je suis beau gosse, engagé, un peu con, drôle.
Curieux insatisfait.
- Ah ouais ? - Je propose.
Non, par exemple, ce soir. On pourrait dîner.
Ce soir, je dîne avec Olivia.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Pourquoi tu la dragues devant moi ?
Je suis un mec compliqué, il me faut des filles spéciales.
Toi, dans le fond, t'es...
t'es chouette.
Regarde, petit bonhomme.
Attends... Olivia, elle a un truc de spécial ?
Olivia a un chagrin d'amour.
Elle a de l'ambition, comme moi. Elle est plus âgée que toi.
Elle porte de très hauts talons.
- Vous allez faire un dîner romantique ? - On voulait parler du podcast.
Je peux l'emmener au resto où j'ai conclu avec toi ?
Parce que le lieu est top.
Ouais, je suis un salaud là.
Ouais.
Mais un salaud qui s'avoue.
À moitié pardonné.
Je t'adore.
T'es devenue drôlement exigeante, mais je t'adore.
Au boulot.
- Je suis ton supérieur. - T'es surtout un gros pervers.
Non, non, eh ! Je te promets rien.
On s'est rien promis.
Si ?
Transparent.
Ouais, bah...
J'ai trouvé la carte du resto où on était allés.
Ça va te servir à quoi ?
Je sais pas.
Y mettre une bombe ce soir.
Trouve plutôt qui est Chester.
Ça sonne anglo-saxon, élégant.
Peut-être qu'il est en Angleterre, qu'il t'attend.
- Tu l'as jamais appelé. - Ouais, c'est vrai.
Chester.
Chester.
- I love you, Chester. -
Chester.
- Quoi ? Qu'est-ce que t'as ? - Qui ça ?
Mon chat réagit dès que je dis Chester.
Chester.
Chester.
Chester.
Putain, Sonia. Chester, c'est mon chat.
- Tu disais photos prises par Chester. - C'était mon chat.
C'est une vanne.
L'humour pathétique de la meuf !
- Allô ?
Je vais tenter le tout pour le tout.
- Je vais lui en mettre plein la vue. - Non !
Il faut d'abord que tu trouves ton toi profond.
Et puis, William, hein ?
Il est trop vieux.
- Je vais lui en mettre plein la vue. - Pas d'alcool fort.
Plein la vue, je te dis.
On lance le podcast quand il sera vu.
Carrément. T'as raison.
On contacte les artistes, on verrouille le programme pour un mois.
Et on fonce.
- On peut faire un sponsoring. - Les Français détestent ça.
- C'est vrai. - Ils pensent qu'on est corrompus
quand on a un sponsor. C'est vrai.
C'était prévu, ça ?
Non, vraiment pas.
- Pardon, Olivia. Pardon. - Salut.
Pardon de te déranger dans cette nouvelle étape.
Ta rupture a été dure,
mais je sais pas si t'es au courant, on a
une aventure tous les deux.
J'ai des choses à lui dire.
Éloïse, c'est pas le moment.
Fred, je voudrais que tu saches que...
celle qui est là n'est plus celle qui fut devant toi.
Sait-on vraiment qui est celle qui fut devant toi ?
Je sais pas si on sait qui est celle qui est là.
C'est un peu flou.
Je voudrais que tu saches que chacune de mes identités
a envie de passer du temps avec toi.
Je suis plus sûre de grand-chose,
sauf d'une chose.
Toutes les moi veulent passer du temps avec toi.
Et pourtant,
elles savent que t'es un boloss.
Voilà. Ma dernière tentative.
Éloïse, non !
Il est pas drôle.
On se voit, demain. Allez.
Salut.
Au revoir. Merci.
Bonsoir.
Tout va bien.
Je vous ai vue de ma fenêtre.
J'habite là-haut.
Vous revenez d'une soirée déguisée ?
J'ai mis ça pour pas vous mettre mal à l'aise.
- Ouais. - Vous voulez boire un verre ?
Euh...
Ouais.
Rentre.
C'est quoi, ça ?
Ça, c'est ma roue du karma.
Tu veux savoir ce que tu étais dans une vie antérieure ?
Vas-y, tourne la roue.
- Ouais. - Oh !
Tu étais une méduse sous la croûte glacée d'un satellite de Jupiter.
Tu es morte à 98 ans.
Un courant océanique t'a projetée contre des planctons carnivores
qui t'ont dévorée en 23 secondes.
OK. On s'assoit où chez toi ?
Ça va mieux ?
Bof.
Comme une fille qui a super honte.
Qui vient de se faire humilier par celui qu'elle veut.
Mais tu aimes te faire humilier ?
- Non. - C'est pas bon, ça.
T'as déjà rêvé que tu prenais une bière avec toi-même, mais vieille ?
Non. Toi, oui ?
J'ai bu une bière avec moi-même dans le futur.
J'étais pas beau à voir.
J'avais toujours de l'esprit.
Et si ta fiancée prenait 10 ans de prison, tu l'attendrais ?
Enfin, ton fiancé ?
Non.
- Tu l'attendrais ? - Je crois.
Je suis pas sûr, mais je crois.
- C'est quoi, toutes ces photos ? - Ça me fait voyager.
Tu voyages en photos ?
Je vais partir au Yémen, là.
Ça te plaît ?
Ouais...
Il faut toujours regarder les plafonds.
En haut.
C'est d'en haut que tombe la manne.
Il est beau, cet arbre.
Merci.
C'était hier, ton plus gros échec de rendez-vous ?
- Oui. - Moi, c'était au restaurant.
Avec une très jolie fille. J'en revenais pas qu'elle dîne avec moi.
À un moment, je me suis caché derrière le menu.
Je l'ai baissé et j'ai fait "Bouh". Pour lui faire peur.
Elle a eu l'air très, très gênée.
Je lui ai expliqué que c'était pour lui faire peur, mais pas vraiment.
Faire genre "je te fais peur".
Et gros, gros échec.
Énorme échec.
T'es spécial, toi.
Pas tant que ça.
Normal spécial.
Je pourrais plus le regarder dans les yeux.
Mais j'aurais essayé.
Le type de la boutique t'a hébergée ?
- Rien de plus ? - Non.
Il est drôle, il est super gentil.
C'est gentil, les baleines ?
- Ouais. - Il s'appelle Moby Dick.
Je me posais la question.
C'est pas l'accordéon, ton domaine de création.
Essaie le dessin, peut-être.
- Comment tu sais ça ? - Passe.
Mais non.
Ça revient vite, en fait.
C'est toi qui es super créative.
Éloïse, Éloïse !
Ouais, euh... Je peux démissionner, si tu veux.
Mais non. Viens.
Eh.
Non.
Non, c'est bon. Je vais arrêter de me faire ridiculiser.
Chut.
Je ne veux pas.
Je ne crois pas à ton discours sur la légèreté entre nous.
Je suis pas comme vous. Je comprends pas quand vous parlez.
Ton comportement, c'est tout ce que je déteste.
- Mais non. - Mais si !
- J'ai changé. - Tu me plais beaucoup.
Est-ce que je t'ai déjà menti ?
Je suis un salaud, mais je t'ai déjà menti ?
Je suis un salaud, mais je suis que ça ?
Tu vois le solo de guitare de "Hotel California" ?
Je vais pas te le faire, mais tu te rappelles ?
Au début, je le trouvais nul et mièvre.
Il m'a fallu dix écoutes pour le trouver génial.
Tu m'as bluffé au resto.
J'ai pas réalisé, moi.
J'ai pas réussi à dormir.
C'est vrai...
J'étais trop con pour le voir.
C'est unique ce que t'as fait, ce que tu m'as dit.
J'ai vu la tête des gens.
Même Olivia me l'a dit.
C'est unique ce que t'as fait.
Oh.
Oh là là.
En fait, j'adore faire l'amour.
Je me souvenais pas que ça rendait aussi...
Tu te souvenais pas ?
Si, mais...
J'adore quand t'es tendre comme ça.
Tu fais pas un concours de positions.
J'aime bien, mais...
Faut que je fasse un truc.
Waouh !
OK. Waouh...
C'est tout ce que tu trouves à dire ?
Non, je sais pas.
C'est d'être avec toi, dans cette chambre.
Allons voir le soleil se coucher sur les volcans.
Non, non, non, non.
Moby Dick.
- Je rappellerai plus tard. - Non. Allô ?
- Éloïse ? - Non.
- C'est son compagnon. - Ah.
Pardon, monsieur. C'était plutôt pour parler à Éloïse.
Elle me dit de prendre le message.
Dites-lui que mon associé est rentré. Il se souvient de choses.
- Il dit... - Non, plus tard.
Oui, plus tard. Elle rappellera.
Très bien. Cordialement.
Cordialement, mon pote.
Le type dit "cordialement".
C'est qui, cordialement ?
C'est trop compliqué.
Il dit des phrases énigmatiques.
- "Mon associé est revenu." - T'es jaloux ?
Ouais.
- T'es jaloux. - Bah oui.
Oui, c'est pas pareil. Je suis sérieux. Je sais que c'est toi.
C'est toi que j'attendais.
Quelque chose dans ta douceur me bouleverse.
C'est comme si t'étais perpétuellement à découvrir.
Je t'ai fait peur ?
- Non. - Si, je t'ai perdue.
Non, non. Non, non, tu m'as surprise. Tu m'as pas fait peur.
C'est vrai que je sens quelque chose de plus fort qu'avant.
J'ai envie de te voir demain.
Après-demain. J'ai envie de te voir tout le temps.
T'as pas faim ?
Alors, le vin. Verdict ?
Bonne structure.
Arôme épicé, tanin un peu trop rond pour moi.
Excellent.
Comment tu sais tout ça ?
Je veux tout savoir.
Avant je m'en foutais, mais là, je veux tout savoir.
Il n'y a rien à savoir.
- T'aimes pas parler de toi. - Non. Non, pas trop.
- Ouais. - Que te dire...
J'ai pas fait la mise à jour de mon téléphone pendant 6 mois.
Et tes parents ?
Ils font quoi ?
Vas-y. Je peux tout entendre.
Rien ne me choque.
Professeur d'économie libérale, géoinformateur, footballeur...
- Je peux tout entendre. Alors ? - Ils sont morts.
Non...
Non, je rigole. Pardon. Non, je rigole.
OK, excellent.
Et tes parents morts, ils font quoi ?
- T'as grandi où ? - À Paris.
À Paris, et...
dans sa province principalement.
Tu me fais pas confiance.
Je comprends. J'ai pas été super classe avec toi.
Mais si on s'engage, je veux que tu me dises la vérité.
Ouais.
Je crois en cet amour-là.
La vérité, la confiance.
Tout partager, tout se dire.
Non ?
Si, si. Mais...
C'est pas ça, mais...
Pour mes parents, par exemple...
Je sais pas quoi te dire. C'est des métiers techniques,
personne comprend rien. Moi non plus.
Chère Éloïse,
tes amours avant moi ?
Qui tu as le plus aimé avant moi ?
Ou qui t'a le plus aimée ?
Euh...
Oh... Pardon.
- Excuse-moi. - Éloïse.
Éloïse, viens.
Mais non...
Je suis à tes pieds.
Tu fais pipi ?
Ça me détend.
Je suis prêt pour faire la totale.
Mariage, crédit, bébé.
Même si c'est ringard à mort,
Éloïse, tu veux vivre avec moi ?
Hein ?
Tu veux vivre avec moi ?
Tu peux pas imaginer ce que c'était.
C'était fou, rien à voir avec l'autre jour. Il était tendre.
Il était... Waouh.
C'était...
Sonia, on devrait tous perdre la mémoire au moins une fois !
C'est magique. C'est énorme.
Attends.
Attends, je te rappelle.
Ça t'intéresse finalement.
Édouard n'est pas là, je suis désolé.
Pardon.
Moby Dick, pardon.
Pardon.
Bon, bah...
On va essayer de le joindre.
Édouard, c'est Éloïse.
- Salut. - Salut, c'est parce que...
Moby Dick m'a dit que vous aviez vu... Comme on m'a volé mon portable...
On vous a volé votre portable ?
Ben ouais. Je voudrais comprendre.
Fake news. J'étais dehors, j'ai tout vu.
Pourquoi parler de vol, vu qu'il y a pas eu vol ?
C'est ma question.
Arrête, tu la fais flipper.
Qu'est-ce que vous avez vu ?
Vous l'avez jeté dans la poubelle.
Vous étiez assise. Vous vous êtes levée,
vous avez jeté votre portable. Il y a jamais eu de voleur.
Pourquoi j'aurais fait ça ?
À cause de William.
- William ? - Vous avez crié
"Va te faire foutre, William !"
Ça a fait marrer des collégiens qui ont répété ça pour se moquer.
Après, vous vous êtes assise sur le banc
et vous y étiez encore quand je suis parti.
Donc je réitère ma question.
Pourquoi vouloir retrouver un voleur ? Vu qu'il n'y en a pas.
Bah... Parce que, en fait.
C'est... Justement.
Je veux retrouver mon portable. J'ai ma vie dedans.
Je vais m'installer avec un homme, j'ai besoin de ma vie.
Tu vas t'installer avec un homme ?
Mais...
ça te plaît de t'installer ?
Bon, euh...
Je vous laisse, moi. J'ai tout dit.
Ah, Moby, tu vas être content.
J'ai des disquettes pour Macintosh SE.
- Ah. - Ciao.
Salut.
Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est souvent en regardant en l'air qu'on trouve des solutions.
Pourquoi, t'as un problème ?
Aucun problème.
Moby Dick.
Non, mais je sais pas comment te dire.
Il y a de l'inachevé avec lui. Je dois aller au bout.
On ferme, mademoiselle.
- S'il te plaît. - Il y a une autre boutique
dans la rue de la Grande Truanderie.
Bon.
Bah, salut.
J'ai pété un câble à cause du vieux des médias, Delfino.
Il a dû me poser un lapin.
Je voulais peut-être le présenter à Fred et Olivia.
Non, rien. J'ai pas d'autres infos.
Moby Dick me fait la gueule.
Je suis perdue, Sonia. Si tu savais...
Je sais pas qui je suis, d'où je viens.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Attends. Attends, je te rappelle.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Carte de groupe sanguin.
Livret de famille.
Quoi ?
Je suis la fille de Mathilde Leroy et d'un père inconnu.
T'as pas de papa ?
J'ai eu mon bac à Montauban.
J'ai grandi à Montauban, mais je suis née à Paris ?
Je vois pas de Mathilde Leroy à Montauban.
Cherche dans mes mails, dans les contacts de mon téléphone.
Mathilde Joseph dans tes contacts.
Pas d'échange, rien, mais...
- Peut-être qu'elle s'est remariée. - Écris-lui.
Ça...
J'ai déjà regardé.
Putain, elle m'a répondu. Elle m'a répondu.
T'as une maman ?
Oui.
"Ma petite Éloïse,
"il t'a fallu un an et demi pour retrouver le chemin de Montauban.
"Tu es la bienvenue, j'espère que tu vas bien.
"Ton père et moi allons bien. Encore mieux depuis qu'on te lit.
"Maman."
Je suis fâchée avec elle.
On dirait.
Et j'ai un père.
Adoptif.
Sans doute.
- Putain, faut que je comprenne. - Attends, chouchou.
Fred, je fais un aller-retour.
Je leur parlerai de nous, promis. Moi aussi. Bisous.
Ils ressemblent à quoi ?
C'est là, c'est là ! Putain...
Que tu viennes en voiture, on était pas rassurés.
Ça fait de la route.
Mais ça s'est bien passé, on dirait.
Éloïse ?
T'es super jolie.
Je suis super heureuse d'avoir une maman comme toi.
Bah... C'est pas ce que tu m'as dit l'année dernière.
Bonjour.
Bonjour.
C'est gentil de l'avoir accompagnée.
Posez vos affaires dans ta chambre. J'ai fait le lit.
Duras.
Autant en emporte le vent.
Rien à voir.
Rien à voir avec celle de Paris.
Je suis un kaléidoscope, en fait.
T'es toi, quoi.
Pourquoi je me suis fâchée avec eux ?
Vous m'aidez à préparer le déjeuner ?
Tu leur dis pour ton amnésie ?
Vous faites quoi dans la vie, Mathilde ?
Elle vous a pas dit, Éloïse ?
Je suis assistante maternelle à la crèche de la ville.
C'est bien, ça.
Et Jean-Marie ?
Il est mécanicien.
Hein, Éloïse ? Métier de bourrin, tu lui as dit avant de partir.
Mais non...
- J'ai pas dit ça ? - Si.
C'est bien, la mécanique. Réparer, tout ça.
Ouais. Mais t'étais tellement en colère.
T'as l'air bien changé, ma puce.
Tu prends pas de substances illicites ?
On sait à Paris ce qui se passe.
On lui avait dit de ne pas y aller.
Vous avez d'autres enfants ?
Elle vous a rien raconté ? T'as rien dit à ton amie.
Non, pas tellement.
On se connaît pas depuis si longtemps.
J'ai eu Éloïse avec un homme qui est parti avant sa naissance.
Et j'ai rencontré Jean-Marie un an après.
Je l'ai épousé.
On n'a pas refait d'enfants.
Il aime Éloïse comme sa fille.
Seulement, elle m'en veut parce que...
Je lui ai dit que je savais pas qui était son père.
Que je l'avais rencontré comme ça et qu'il avait disparu.
En réalité, je le savais.
Elle l'a découvert
et elle est partie. Plus de nouvelles pendant un an et demi.
Bon.
On va pas ruminer.
T'es partie, ta mère a pas eu le temps de t'expliquer.
On comprend que ça t'ait fait un choc,
mais si on t'a rien dit pendant des années...
C'était pas notre culture de tout raconter. On n'a pas fait psy.
Mme Gauthier nous l'avait conseillé.
Quand t'as eu 10 ans, elle nous a dit de te le dire.
Mais c'était trop tard.
Et puis...
j'avais peur.
Peur de quoi ?
Que tu le renies, que tu préfères l'autre.
Le type qui abandonne son bébé, mais bien.
Maintenant, il se la pète dans les médias.
Il est très estimé dans son domaine, William.
Il aide beaucoup les jeunes.
Tu sais que c'est lui
qui se cache derrière l'émission Libre Tendance ?
C'est un con.
Pourquoi elle est née à Paris ?
J'ai profité de ma grossesse pour aller voir les musées.
Et la puce a eu
la bonne idée d'arriver avant l'heure. T'en fais rien qu'à ta tête.
Donne-nous des nouvelles, et des bonnes !
Moi, ça va.
J'ai rien de...
rien de spécial, quoi.
- Rien de spécial ? - Vous jouez de l'accordéon ?
C'est quand je chante. Éloïse aime pas trop.
Si, j'aime.
♪ Je suis resté qu'un enfant ♪
♪ Qu'aurait grandi trop vite ♪
♪ Dans un monde en super plastique ♪
♪ Je veux retrouver maman ♪
♪ Qu'elle me raconte des histoires ♪
♪ De Jane et de Tarzan ♪
♪ De princesses et de cerfs-volants Je veux du soleil dans ma mémoire ♪
♪ Je veux du soleil ♪
♪ Je veux du soleil Je veux du soleil ♪
♪ - Je veux du soleil ♪
♪ - Je veux du soleil Je veux du soleil ♪
♪ - Je veux du soleil Je veux du soleil ♪
♪ - Je veux du soleil Je veux du soleil ♪
♪ - Je veux du soleil ♪
♪ Rien que du soleil ♪
Il était le plus beau du club de théâtre.
Il jouait bien, il était drôle.
Il m'impressionnait, j'avais 20 ans.
Au début, il me calculait pas.
J'étais discrète.
Un jour, j'ai passé la scène du Petit chat est mort
avec la robe que je t'ai donnée.
Il est tombé fou amoureux de moi.
J'étais bien dans la scène du Petit chat est mort.
En 15 jours, il m'a proposé qu'on vive ensemble
et qu'on se marie.
- Attends, en 15 jours ? - Oui, en 15 jours.
Il jurait que c'était ça, l'amour.
Être imprévisible, se décider sur un coup de tête, tout promettre,
le mariage, le bébé, le crédit...
- Tout partager. - Oui, tout partager.
Il jurait qu'il était à mes pieds.
Trois semaines plus tard, je suis enceinte.
Je l'annonce au prince charmant qui fait une tête de prince pas charmant.
Et il me dit qu'il se sent manipulé.
Si j'étais enceinte, c'est que je l'avais voulu.
Que ce qui comptait le plus pour lui, c'était la vérité.
Et la confiance ?
Je lui reprocherai jamais d'avoir voulu vivre son rêve.
Ça a marché pour lui.
Moi, je lui dois une part de mon petit trésor.
On aurait jamais dû t'engueuler si violemment.
C'est normal que tu aies eu envie de le rencontrer.
Tu lui as montré le pull ?
Je l'ai pas rencontré.
Je m'en fous de le rencontrer.
Il a pas voulu ? Il a remis sans cesse ?
Il remettait tout sans cesse.
Ce qui compte, c'est toi, ma chérie. Toi, pas lui.
Tu veux toujours faire ton projet de vin de banlieue ?
Avec tout le vin que tu nous as fait acheter alors qu'on buvait pas.
C'était pas mal comme idée.
Avec ton diplôme de commerce...
Et tes amours ?
C'est Sonia, c'est ça ? C'est ça que tu voulais nous annoncer ?
Écoute, ça me choque pas. Vous pourrez faire une PMA.
Non.
- Je reste sur le blanc. - Ah oui ?
J'ai pas goûté.
Il est bon. Ah ouais.
Faire son propre vin,
ça demande du courage. Surtout en banlieue.
Éloïse nous a dit qu'il y avait du vin à Montmartre et Saint-Germain-en-Laye.
- Hein, Éloïse ? - Oui, je crois.
Enfin, moi, j'adore l'idée.
Ce qui te gêne, c'est que si elle réalise son projet,
elle s'éloigne définitivement. Mais ça, va falloir t'y faire.
Mais non, je m'éloigne pas longtemps. Vous viendrez aussi.
C'est une bonne adresse.
Celui-là est trop sur l'alcool. Trop sur le fruit confit.
Il tape, il manque de polissage.
Allez !
C'est ma tournée.
Donc, en fait...
ce qui m'attire chez Fred, c'est de faire la même connerie que ma mère.
C'est pour ça que c'est plus fort que toi.
J'ai voulu être acceptée par sa bande
pour me rapprocher symboliquement de mon géniteur
et renier mes parents qui m'avaient menti.
Il y a plein de gens qui se réunissent par famille de pensée.
Ils mettent les gens dans des tiroirs.
Comme il y a pas de ponts, ça sépare.
Pendant ce temps, les fachos se préparent à tirer
dans les tiroirs, si je puis dire.
Allez.
J'adore quand tu parles.
Je pourrais mourir pour toi.
T'as surtout beaucoup bu.
C'est vrai aussi, mais...
Tu m'as sauvé la vie.
T'as été là, quoi.
T'étais un cas intéressant.
Je me suis acheté un accordéon.
Je faisais des concerts, gamine.
Julien a ressorti sa contrebasse.
- Non ? - Si.
On a rebaisé ensemble.
- Mais non ! - Si.
Je vois pas le lien direct, mais...
Oui, parce que c'est un peu...
Mais... Tiroirs... Oh...
T'as dit quoi à Fred ?
Que j'avais hâte de le retrouver.
Que j'avais rien dit à mes parents.
Il l'a pris comment ?
Silencieusement.
Il a raison, ton gars... Moby Dick.
C'est bien de regarder le plafond, ça détend.
T'as des nouvelles ?
Je lui ai laissé des textos, il m'a pas répondu.
Il est pas maso, lui.
C'est un mec bien.
Quand je pense à ce William
qui m'a laissée croupir sur mon banc,
au point de me faire disjoncter.
Ça me donne envie...
Ça me donne trop envie.
Arrête, Éloïse. Qu'est-ce que tu fais ?
Arrête, il est super tard. Non, arrête tes conneries.
Bonjour, c'est William. Laissez-moi un message.
Répondeur de William, bonjour. Je suis ta fille, Éloïse.
Je voulais te dire que t'étais qu'un...
Qu'un poseur de lapin avec des grosses burnes de lapin.
Un cul de poulet !
Avec une grosse carotte dans le fion.
Écoute, voilà...
T'es qu'un gros connard, en fait.
Donc adieu.
Adieu, connard !
Hop ! Maintenant, je tourne la page.
Oh, la vache.
C'est lui.
Putain, c'est lui.
On laisse vestes et portables. La visite a duré 5 heures.
Je t'ai laissé un message plus tard. Tu m'as pas rappelé.
Salut.
Salut.
Je t'emmène déjeuner ? Je suis content de te rencontrer.
- Tu me ressembles, c'est dingue. - Ah.
Ça fait 3, 4 mois que tu as repris contact avec moi.
Un an et demi.
Quand même.
Tu sais, c'est pas de la coquetterie.
J'ai pas une minute. Toutes mes journées ont du sens.
- Tu fais quoi dans la vie ? - Je travaille chez Gibert.
Oui, c'est bien.
Il y a des perspectives d'évolution ?
Je suis pas sûre de vouloir continuer dans ce domaine.
J'ai pas du tout envie de parler avec vous.
Je suis venue par correction, mais je m'en fous de vous. Pardon.
Je sais que j'ai l'air d'un gros con.
Je suis un gros con, mais je suis pas que ça.
Faut me laisser 5 minutes pour sortir le plus intelligent,
le plus sensible. Je le sors pas souvent, alors c'est lent.
J'ai du mal à croire qu'il y a un plus intelligent.
- Excusez-moi. - Attends, attends.
Moi aussi, je suis de Montauban.
- Vous fatiguez pas. - Je t'explique pourquoi.
Excusez-moi, William.
- Je pourrais faire une photo avec vous ? - Vite.
- Je suis un grand fan. - Vite, vite, vite.
- Voilà. - Merci beaucoup.
J'ai abandonné ma fille quand j'étais jeune.
Nos retrouvailles pouvaient pas être simples.
J'ai envie de mieux te connaître. T'aimerais travailler dans quoi ?
J'aimerais créer du vin. C'est ça, mon rêve.
Mais tout en restant près de Paris.
Créer un vin de banlieue en quelque sorte.
Mauvaise idée.
Tu sais ce que je fais dans la vie, tout ça.
J'ai un flair incroyable, je suis payé cher.
Choisis le bordelais ou la Bourgogne.
Une fois là-bas, t'inventes ton titre.
Moderne, percutant. Tu cherches tes visuels.
Le fond de ton vin, c'est du solide.
Carton garanti. Il y a une place pour les femmes.
Je peux t'aider.
C'est tentant, mais non.
Je veux créer un vin de banlieue.
Je vais essayer. Je vais me débrouiller.
T'es une Indienne.
C'est ça, t'es une Indienne.
Il y a un peintre, je sais plus son nom,
qui dit que dans la vie, il y a 2 catégories d'individus.
Les Indiens et les classiques.
J'aimerais être un Indien, je fais tout pour,
mais je suis un classique. Toi, ton idée,
c'est vraiment une idée d'Indienne.
Fais ton vin de banlieue. Je pourrai pas t'aider, mais fais-le.
- Alors ? C'est pas crédible ? - Si.
Je comprends pas.
C'est pas ce que tu voulais ?
Mais on se connaît pas.
Qui m'a couru derrière pendant des mois ?
- Qui s'est foutu à poil ? - C'est moi.
Je voulais juste te pécho.
Je voulais pas vivre avec toi.
Pour vivre ensemble,
il faut plus de temps.
Il faut être sûr de la profondeur de nos sentiments.
Prenons le temps.
Je prends pas mon temps. Ça me saoule de prendre mon temps.
- C'est un peu humiliant pour moi. - Mais j'ai été humiliée aussi, non ?
Oui.
C'est pas pareil, je suis un gros lourd à la base.
Alors que toi...
Tu veux retrouver ta petite vie ?
Ouais.
On peut dire ça comme ça.
Je sais que tu sens qu'on est pas faits l'un pour l'autre.
Je sais que tu sens que j'ai raison.
OK.
OK, ben, on se sépare.
Mais on se garde.
Grave.
Grave.
Moby Dick, c'est Éloïse. Tu m'en veux,
mais tu peux me rappeler ?
Oui, c'est Éloïse. Tu me rappelles ?
Bon, c'était Éloïse.
Moby Dick !
Moby Dick !
Moby Dick !
Moby Dick !
Moby Dick !
Hou, hou !
Eh.
Éloïse. Qu'est-ce que tu fais, là ?
J'ai essayé de te joindre,
mais...
Ah.
Tu veux plus t'installer alors ?
Ben...
- Viens, je vais t'ouvrir. - Attends, attends.
Attends !
Quoi ?
J'ai peur.
Moi aussi, j'ai peur.
J'ai peur de descendre de l'arbre seule.
Ah, ça, oui. Bah, oui.
Ouais.
Euh...
J'ai très envie de te rejoindre, mais...
là, ça va être un peu compliqué.
Bah, ouais.
J'aurais bien aimé t'embrasser. Juste pour voir.
Moi aussi, mais...
Tu veux pas appeler les pompiers ? J'ai plus de batterie.
Absolument. Faisons ça.
Et puis, le reste... ça suivra.
Ou pas. Non, je rigole.
Allô, oui. Bonsoir.
Alors, je vous téléphone parce que...
J'ai une amie qui est coincée dans...
Dans un arbre.
Place Goudeau.
Oui, dans le 18e.
Ah oui, assez haut.
Je sais pas. Comment t'es montée ? Ils me demandent.
Euh... sur une poubelle.
♪ Où sont passés mes souvenirs ? ♪
♪ Je ne les trouve plus ♪
♪ Où sont passés mes souvenirs ? ♪
♪ Je les cherche partout ♪
♪ Dans les tiroirs, dans les armoires ♪
♪ Sur les photos, sur le frigo ♪
♪ Dans les disques durs à mémoire ♪
♪ Dans les refrains des disques d'or ♪
♪ Mais rien de rien ♪
♪ Où sont passés nos souvenirs ? ♪
♪ On ne les trouve plus ♪
♪ Où sont passés nos souvenirs ? ♪
♪ On les cherche partout ♪
♪ Sur les réseaux, c'est tout embrouillé ♪
♪ Et dans nos têtes, c'est tout saturé ♪
♪ Alors en silence, on regarde en l'air ♪
♪ Au cas où, par chance, on récupère ♪
♪ Des petits bouts d'hier ♪
♪ Où sont passés nos souvenirs ? ♪
♪ Où sont passés nos souvenirs ? ♪
♪ Tant pis, tant mieux Si on faisait la fête ? ♪
♪ Si on dansait ? ♪
♪ Tant pis, tant mieux Écoute le poète ♪
♪ Deviens ce que tu es ♪
♪ Deviens ce que tu es ♪
Sous-titrage : EVA France
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