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Le satellite est le tour du monde
Abîme de choses effroyables
Des gens qui volent votre sommeil
Ornements aux couleurs vagabondes
Ardente voisine, et princesse, Chétive dans sa saine folie
Réjouis-toi, ô banlieue !
Pleure, de peur de la peur !
Compressés dans de très courtes jupes Des pédales, des clochards, des voleurs
Monde abîme, vaste monde !
Là-bas, derrière la mangrove
Se reposent l'insomnie, Le poignard et la scie
Le travail, le sexe et le sang
Abîme monde obscur Profond est le trou
Battement du fardeau de tes rues Battement du cri incessant
Cris de « Non ! » Monde et abîme
Cris de « Non ! » Pour mon Monde-Abîme
LA FIÈVRE DU RAT
Deux, le Rat, le Rat…
Mes chers amis, peuple de l'Iran-Irak,
Pourquoi tant de guerres ?
Les bouches officielles pourront se taire mais la poésie, jamais !
Et ma bouche est pure poésie,
Impudente, mais poésie, Mâtinée, mais poésie,
Rotée mais, ainsi même, poésie,
Le Journal : "La Fièvre du Rat" servira toujours de véhicule dans la lutte
contre les intérêts des classes dominantes !
Quelle que soit leur instance : de riche contre pauvre,
de pauvre contre pauvre,
de classe moyenne contre pauvre,
de classe moyenne contre classe moyenne !
Ces souliers usés se trouvaient
sous l'évier de l'arrière-cour.
Là où les rats allaient et venaient s'emparant de la part du lion
sur une nourriture avariée.
Voilà les vieux souliers, sous les fuites fangeuses de l'évier,
vomi par les truies ! Qui vivent ici, à côté de vous !
Je ne veux plus attendre l'heure de m'emparer de mon épée,
non pas avec la foi grossière de l'escrime
mais avec la furie impitoyable de la meute de singes !
Merci beaucoup, mes amis !
Je m'en vais, mais je reviendrai !
Merci beaucoup !
Passe le joint, Boca Mole !
Bira est déjà excité comme une chienne en chaleur et me renifle le derrière.
Allez, fume cette merde !
Eh Boca, tu sais que tu dois amener la came de Zizo.
Je l'ai déjà mise de côté, mec. Je lui porterai plus tard.
Ce type, c'est un fou.
Fou et intelligent !
Il n'est pas con comme moi, ou comme toi.
C'est lui le plus con, non ?
C'est pour ça qu'on lui botte le cul.
Mais Zizo il aime qu'on lui botte le cul.
Il aime se faire botter le cul, et baiser des vieilles.
Ouais, il peut baiser des vieilles toute la nuit, ah putain !
- C'est un guerrier, non ? - Par St-Georges !
Y a pas de souci avec les vieilles
Mais sinon, c'est vrai qu'il baise sa mère ?
Ouais, un Punk qui est vraiment punk baise sa mère dans un tank !
C'est ce que dit le proverbe !
On dit qu'il amène maman Marieta dans un tank et qu'il la fourre, la vieille.
Qu'il bourre la veille, c'est ouf !
- Tu en mets ou tu en enlèves ? - J'enlève…
Mais tu venais pas de finir de te vernir les ongles ?
Si. Mais maintenant j'enlève. Je n'aime pas la couleur.
Ça c'est de la musique, Onça !
Ce n'est pas seulement de la poésie, c'est de la musique aussi.
Regarde ce rythme :
Soudainement on entend Un présent dans le battement
Vois qui est souffrant Vois qui est souffrant
C'est le polyvalent ! C'est le polyvalent !
C'est le bienveillant
Le quoi ? "Le bienveillant" ?
- Oh là, voilà qui est arrivé ! - Mon Poète !
Fournisseur de rêves ! Semeur de couleur !
- Boca Mole, assieds-toi avec nous. - Merci.
Salut Anja, Madame Estelamaris, comment allez-vous ?
Tu as disparu, encore.
Je ne te vois plus depuis plus d'une semaine.
- Ah oui ? - Oui.
Je travaillais beaucoup…
Alors, l'herbe est arrivée et c'est de la très bonne, tu piges ?
Oui, vive les coutumes condamnables !
Oh Patience, apporte-moi un verre que je puisse boire un coup avec la compagnie !
Tu veux me faire mourir de soif espèce de diable sans queue ?
Allez !
Mais tu seras là dimanche hein ? Tu viens au barbecue ?
Et Amène Rosangela, prends les petits car ça va être une putain de grande fête !
Ça sera le limbo du plaisir en plein dimanche de Pâques, le ciel va s'ouvrir !
Onçinha m'a dit qu'il allait prendre son clavier pour nous jouer de la musique.
J'ai vu Wanessa, elle était sur les nerfs parce qu'elle s'est disputée avec Pazinho.
Je sais pas qui n'aurait pas dû baiser avec qui, tu piges ?
- Tu sais comment sont les choses là-bas. - Là-bas c'est des disputes entre égaux.
Enfin, tu diras un truc joli pour elle, un truc pour voir si ça l'adoucit un peu.
Les deux têtes brûlées qui vont bien ensemble !
Comme ça ! C'est pour ça que je parle fort.
Je parle fort et clairement pour que tout le monde entende !
Parce que je trouve que Wanessa et Pazinho, c'est un couple du tonnerre !
Elle applaudit, elle ne sait même pas pourquoi, mais elle applaudit !
Tu es plus paumée qu'un fils de pute le jour de la fête des Pères !
Dona Anja… Vous allez bien ?
Embrassez-moi sur la bouche, ma douce fleur de bistrot.
Oyez, oyez, peuple de la Rue de l'Asile !
Prenez et recevez la "Fièvre du Rat" !
Il suffit que cette ville
Dense et astucieuse
Qui se flétrit et qui m'enivre,
Se déshabille, et ainsi se voit nue
Vieille et niaise
Grandes sont les ombres Des ponts sur la vie
Des tables garnies Par la faim au coin des rues
Proverbial malheur du monde
Une putain face à son bourreau
Crache sur tes victimes
Et baise les pieds du patron
Par la vue, on épure les fines lettres de l'alphabet
de cette ville qui se réinvente au-dessus des choses qu'elle ne vit pas
et du manque qu'elle ne ressent pas !
Et nous, morts-vivants dans cette clarté sans sépulture du jour,
nous regardons le fleuve qui, noble brigand, se jette dans la mer,
sans buts, sans limites, sans retenue.
Îles anciennes…
- Alors ? Qu'en penses-tu ? - Moi ?
Rien.
T'es marrant, Zizo. Tu sais que j'y comprends rien du tout à la poésie,
tu me lis ces trucs et tu veux que je te dise ce que j'en pense ?
Ce que je pense ?
Je trouve ça joli. J'aime les choses que je ne comprends pas.
Tu vois, tu viens de me dire ce que tu pensais !
Tu es mon thermomètre, Pazinho.
J'aime quand tu aimes ce que tu ne comprends pas.
Bon on va au bar ?
- Et Wanessa ? - Cette pute…
J'en tremble encore quand j'y pense. La perfidie est devenue son vice.
Je ne veux plus en parler, d'accord ?
Vous êtes le plus beau couple que je connaisse.
Mais pour cette petite je ne reviendrai pas, même avec une camisole de force !
Même poussé par les mains de Satan !
Tu vas revenir, Pazinho. Tu vas revenir.
Un couple ! Juste s'il s'agit d'un couple de défunts !
Les gens, Pazinho, parlent du futur, du changement…
Mais ils se foutent pas mal de ce qui change réellement.
Ils ont perdu la capacité de batailler pour que les choses changent.
Ils ne savent plus le faire.
L'imbécilité a vaincu. Celui qui gagne possède la vérité
et ce qui reste. C'est ce qu'on peut voir.
Il n'y a plus rien !
Il n'y a pas d'esprit collectif, il n'y a plus rien, bordel !
Vois, le festival du moi en miniature,
la caravane des miracles sans réalisations.
La logique du nombril riquiqui.
La baise sans plaisir, et le football sans ballon !
Une putain de bouche, sans une putain de langue !
Eh Pazinho, regarde !
Un petit ange. Quel mal a-t-il fait hein ?
Oui, mais ça pourrait être un nain aussi. Ouais, un nain.
On ne peut pas mesurer l'expérience par la taille.
C'est la même chose que de juger une boisson par sa bouteille, non ?
C'est pas faux. À tout à l'heure !
Wanessa ? Wanessa.
Entre, Rô.
Oh, ma chérie, mais quelle petite mine tu fais ?
- C'est la seule que j'aie. - Que se passe-t-il mon amour ?
Sois tranquille. Allons nous asseoir.
Que se passe-t-il, Wanessa ?
Je crois qu'il ne reviendra plus.
Mais pourquoi tu as fait ça aussi ?
Tu ne savais pas que s'il l'apprenait il n'apprécierait pas !?
Ah, je n'en sais rien ! Je ne fais que de la merde…
Allez, arrête, reste tranquille.
On va fumer un joint pour se calmer d'accord ?
Regarde, si jamais il le veut, il reviendra.
C'est Boca qui t'a envoyée ici ?
Boca a dit que le poète allait parler avec Pazinho.
Tout va bien se passer.
Tu penses vraiment ?
Ça te plaît ?
Nom de…
Romantique…
- Amoureuse ! - Oui, vraiment.
Arrête de me mater, Anja !
Tu veux seulement être la meilleure part du gâteau, hein !
- Qui, lui ou moi ? - Les deux. Mais je te préfère, toi.
Ah, il fait trop chaud !
Je vais me rafraîchir, puis-je M. le Poète ?
T'as des jambes, des bras et une volonté, mon Anja !
Cet été est le plus chaud de tous !
On étouffe, c'est exaspérant.
Quelle chaleur tonitruante !
Ah, c'est délicieux ! C'est très bon !
- C'est délicieux hein ? - Viens, Poète !
- Elle est bonne ? - Délicieuse !
Tu écris de la poésie juste pour Estelamaris ?
Quel enfer ! Allons-y petite, canaille !
Faisons une poésie juste pour toi ! Mon ange des Enfers !
Viens espèce de sale caractère !
La pire chose du monde est la conduite de l'amour
quand il devient une moquerie.
Qu'est-ce que l'anarchie face à la prison malade de la passion ?
Putain c'est vraiment froid. Pisse pour que ça se réchauffe.
Je pisse, je pisse, je pisse, je pisse !
C'est plus chaud maintenant !
La poésie ridée est le vrai sens de la vie.
Et quand je parle de poésie, la poésie grandit.
Quand je parle de poésie, la poésie tremble.
Quand je parle de poésie, la poésie se tache.
Quand je parle de poésie, la poésie se salit !
Poésie, Poète ! Amour. Poésie, poésie, poésie !
Passons un accord pour sauver les possibilités,
Un accord qui soit si libre qu'il n'ait pas besoin d'être respecté,
D'ailleurs, dans cet accord, notons que le respect disparaît
par manque de nécessité.
Et le mot d'ordre sera de faire place à l'amitié.
Et il n'y aura pas de notion d'hier ni d'angoisse du demain.
Et la faute du présent sera diluée dans des actes inconséquents.
Et ce sera égal pour tous.
Égal pour la queue, égal pour le cul, égal pour la chatte !
J'offre le feu
pour l'incendie de ceux qui nous contrarient !
Hors d'ici !
Va, Judas !
Brûle, Judas !
Non, madame. Je suis venu ici pour discuter
seulement parce que Zizo me l'a demandé.
Zizo est un type très bien, hein ?
T'as du feu ?
Comment as-tu pu me faire une chose pareille Wanessa ?
Comment, dis-moi ?
Je suis toujours là, je fais mon boulot. Dis-moi Wanessa ?
Je ne sais pas.
Quelque chose m'en a donné envie, et je l'ai fait.
Mais, tu sais.
Je le regrette beaucoup.
Le regret n'arrange rien Wanessa !
Et ne rampe pas ! Je n'aime pas les femmes qui rampent !
Je n'aime pas les lézards ! Je n'aime pas les cobras !
Je ne suis pas violent, je ne vais jamais te frapper.
Jamais.
Mais il y a quelque chose là dans mon estomac…
Quelque chose de mauvais !
Une nausée.
Si tu n'arrêtes pas de voir ce…
Patience !
Moi je ne suis pas Job de la Bible,
pour supporter une catin de femme, non !
C'est drôle !
Qu'est-ce qui est drôle ?
Qu'est-ce qui est drôle, malheureuse ?
- Toi, Pazinho. Toi. - Pourquoi ?
À toi, je dis toujours la vérité. Et qu'est-ce que je reçois ?
Tu me mets dehors !
C'est différent.
Ce n'est pas différent.
- Si c'est différent. - Différent de quoi ?
- C'est différent ! - C'est différent de quoi ?
- Tu sais que c'est différent ! - C'est différent…
C'est quoi qu'est différent, Pazinho ?
On a une queue de la même manière.
La seule différence c'est que j'ai des seins et toi non.
Je m'épile, pour être jolie et toi non. Alors dis-moi, quelle différence ?
C'est quoi la différence entre nous ?
Et même si on était différent,
quelle différence cela ferait ?
Je ne veux plus en parler. J'en ai marre.
J'en ai marre ! J'ai la rage.
Une putain de rage ! Une haine !
Je ne te demande que ça.
Que ça !
Vois, tu vas par ici, moi je vais par là.
Un robinet pour chaque baignoire. Tu vois ?
Putain !
Tu l'as trouvée où celle-là, Pazinho ? Un robinet pour chaque baignoire…
Pour l'amour de Dieu.
Dieu n'existe pas.
Oh, Boca, laisse-moi dormir.
Putain de gueule de bois !
Petite cloche de Pâque, que me portes-tu ?
Un œuf, deux œufs, trois œufs, comme ça…
Un œuf, deux œufs, trois œufs, comme ça…
- Eh, il y a le barbecue de Zizo. - Ah, oui ?
- Tu t'en rappelles ? - Oui, mais du calme.
On reste un peu, je sais pas.
On y va, il y a à bouffer là-bas mec, ici il n'y a rien !
- On va prendre un bain. - Un bain, un bain, un bain.
Mon Zizo a toujours été comme ça. Il ne m'a jamais causé de problèmes.
Mais, il est toujours…
Maintenant il est très intelligent !
Il a toujours adoré écrire.
Il écrivait sur tout.
Il rêvait d'être poète.
Et n'est-il pas poète aujourd'hui ?
C'est son père avec qui il ne s'entendait pas.
D'ailleurs, c'est lors de l'enterrement de son père qu'il a rencontré Pazinho.
Un bordel, cet enterrement. De la paperasse, de l'argent.
La mort n'est bonne que pour les morts !
Ah, Madame Marieta, Pazinho est si sûr de lui.
- J'ai peur qu'il ne revienne jamais. - Ah bon, pourquoi ?
Je ne sais pas, on a discuté, discuté, discuté
- mais c'est une forte tête. - Oh ma fille, ne sois pas triste.
Parce que s'il ne revient pas, c'est lui qui va y perdre.
Dis-moi, où est-ce qu'il pourra rencontrer une beauté pareille ?
Non, seulement s'il avait envie d'un laideron !
- Ah, mon amour… - Continue !
Elle écrase un gus sur l'asphalte et il se retrouve aussi plat qu'une crêpe.
Son âme s'envolait déjà vers le ciel.
Alors sa petite âme monte, passe par un tunnel de nuages.
Elle monte, elle monte. Bientôt il aperçoit une orgie énorme qui avait l'air bien bonne.
Des hommes avec des hommes, des femmes avec des femmes.
Et là il se dit : « Mec, ce truc du paradis ça a l'air bien marrant ! »
Seulement il arrive au paradis et c'était chiant à mourir,
car personne ne baisait avec personne. Il ne se passait rien.
Alors, voyant St-Pierre qui passait par là, il lui dit : « Mec, ramène-toi ! »
St-Pierre s'approche : « Tu sais quoi ?
Quand je suis monté pour venir ici, j'ai vu une putain d'orgie trop bonne
et je voulais savoir quand c'est qu'on va commencer. J'ai besoin de tremper biscuit ».
Et St-Pierre lui dit : « Tu vas tremper que dalle !
Ce que t'as vu c'est l'Enfer ! Ce n'est pas le ciel. »
« Alors si c'est pour se faire chier dans les cieux, je préfère aller direct en enfer ! »
St-Pierre : « Eh bien vas-y ! ». Puis revoilà le petit tunnel de nuages,
le mec descend, petit tunnel encore et jusque là pas d'orgie.
Puis il la voit. Passe un zob gouttelant par ici, une chatte par là…
des blacks avec des blancs, tout le monde mélangé !
Alors il s'approche un peu timide, et il demande :
Mec, excuse-moi, c'est ici l'enfer ?
Non mon pote, ici c'est Recife. L'Enfer c'est par là.
Tu vas tout droit, et après Olinda t'en as encore pour un bout de temps.
Ça c'est Recife, ni plus ni moins !
Prends et reçois, prends et reçois !
- Recife, enfer ! - Hellcife !
Votre attention s'il vous plaît, on va lire, attention, viens Pazinho !
Votre attention à tous, vous les Sans-Dieu ici présents.
Du partage des mots pour la jouissance des langues et des langages,
- l'heure de la poésie est arrivée ! - Non, non, non !
Nous on veut danser et boire de la cachaça !
Et qui vous a dit que la poésie ne fait pas danser ?
Et qui vous a dit que la poésie n'enivre pas ?
Et vous madame Estelamaris,
gardez vos plaisanteries pour l'autre côté du mur ! Pour votre mari !
Maintenant, c'est ça mon pote, on en finit avec cette merde !
Attends, tout doux. On va rester calme !
Je veux savoir à propos du film. S'il va y avoir de l'herbe ou pas ?
De l'herbe ! De l'herbe !
Laissez-le réciter ses poésies !
On applaudit ma mère !
Dona Marieta, reine de ce palais d'arrière-cour.
Alors, cette année j'ai composé deux poèmes.
Un pour ce jour, notre Pâques à l'envers,
et l'autre un hommage personnel au couple le plus dingue que je connaisse :
Wanessa et Pazinho.
Ce poème s'intitule « Valets à l'unité ».
Voilà :
Ainsi, et ainsi seulement,
Pourrai-je parler des épées Que nous sommes
Nous qui changeons, Qui prenons forme
De manière si intense Comme l'épée
La lame fine et précise Qui coupe cette corde
Qui nous relie à nous-mêmes
Ni même l'épée, quelle qu'elle soit Et la plus simple possible
Ne détient le pouvoir de férir Et d'inférer
De simples épées
Car sur la surface plane des miroirs C'est là que nous allons
Seuls
Uniques
Ensemble
Parce que les têtes brûlées
Vont bien ensemble
Embrassez-vous ! Embrassez-vous !
Pazinho et Wanessa !
- Comment t'appelles-tu ? - Enéida.
Enéida…
C'est le nom d'un poème.
Virgile, avant le Christ.
Il voulait faire mieux que l'Odyssée et il écrivit un poème : l'Énéide.
Dans la première partie il raconte un voyage.
Dans la seconde c'est une guerre. Tu as le nom d'une guerre.
- Tu aimes le film ? - C'est bizarre qu'il n'y ait pas d'histoire.
Ce film, c'est mon histoire.
L'histoire c'est le spectateur qui la crée.
Intéressant.
Et les poèmes ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Les trucs que tu as récités ? - Oui.
En tant que poète tu es un excellent publicitaire…
Putain.
Publicitaire c'est de la merde !
Bon, ça suffit tu m'as mis la trique.
- Tu veux baiser avec moi ? - Mec j'ai un petit copain, tu sais.
Je ne veux pas être ton petit copain, je veux te baiser. Tu veux pas ?
Je pensais que tu aimais seulement les vieilles.
Je n'attendais pas ça de toi, poète.
J'ai rien contre ça.
Je baise de tout…
Tout ce qui passe devant moi, et voilà.
Tu es vraiment un malade !
- Et alors ? - Et alors, ma jolie !
C'est pas du luxe pour toi ça, hein mec ?
Pour moi ?
Si tout ça c'est du luxe. Alors tu vois ?
Seulement il ne s'agit pas du luxe selon le monde.
J'aime le luxe de l'amour. Le luxe de l'amitié.
J'aime le luxe que l'odeur du sexe exhale.
Je suis un bon publicitaire, là, non ?
Putain, Enéida, tu m'as traité de publicitaire et c'est resté là, tu vois.
- Pourquoi publicitaire ? Dis-moi ! - Je te préfère à ces trucs que tu écris !
Ça c'est de la merde !
Hé, apporte-nous une bière ici, s'il te plaît !
Tu me coupes en deux comme ça, Enéida.
Merci.
- Tu veux coucher avec moi - Je n'ai pas dit que je ne voulais pas…
Alors tu veux ?
- Je dois y aller, hein, poète… - Ah tu vois !
Tu viens là et à cause de toi mes doutes sont encore plus forts.
Tu viens avec ce sourire et tu brises ma certitude !
Enéida…
Enéida t'as traité d'enfant gâté, non ?
Un fils unique est un enfant gâté.
Enéida est vraiment dingue.
Elle fait la belle et toi tu aimes ça, n'est-ce pas ?
Là, ça se voit sur ton visage !
Quand on nous dit « non » notre queue n'arrête pas de dire « oui oui oui »…
C'est toujours comme ça, non ?
Écoute-moi bien mon frère. Tu me trahis ou quoi ?
Qui c'est ici qui te file à bouffer ? On va apprendre à dire non, putain !
T'as rien dans la tête !
Ouais Boca.
La première fois que je l'ai vue, je n'ai rien senti du tout.
Et maintenant j'ai la trique.
Maintenant, quand je pense à elle, je suis dur de partout.
Le regard observe ce qui s'approche,
sans calculs, sans langues, sans frontières,
Sûre observation des choses exposées sur les choses les plus fines,
Par des pas retenus de trahison et de peur,
ci-gît mon moi dans l'attente
Et je vois sur les bords surgir la vanité
des rêves de sombres choses,
J'observe ce qui s'approche avec dans une main l'arme au poing,
Et dans l'autre, bien des tremblements
le mépris de tes attaques dénudées à la porte des jours,
Demi-morte au centre du monde, agressive dans les choses muettes
et abstraite dans les problèmes des jours,
T'es mort, hein canaille ?
Tu as appris le mépris, c'est ça ?
C'est nouveau ?
Tu es dégoûté, c'est ça ?
Ma mère a quinze ans de plus que mon père. Tu savais ?
Ton père aussi est un gériatre des amours possibles ?
Quand je suis née maman avait 40 ans et papa 25.
À l'époque de ces… ces « hippies démodés ».
Et ta mère ? Elle était hippie ?
Helena.
Son nom est Helena.
Putain ton père aime l'antiquité, hein ?
Enéida, Helena…
Il n'y a aucun nom brésilien dans la famille ?
Ma grand-mère maternelle, Iracema.
Quand j'étais gamin, je nageais seulement dans ce fleuve.
J'allais jusque là.
On va se baigner ?
Allez, enlève tes fringues, on y va !
On plonge.
Mec, t'es fou de croire que je vais rentrer dans ce fleuve.
Ah bon ? Pourquoi ?
Je vais avoir plein de boutons, de mycoses
et puis mourir de maladie dans cette merde.
- Tu ne peux pas développer des anticorps ? - Non, je ne peux pas.
Plutôt que la maladie ?
Rien, Zizo ?
Rien de rien ?
Je ne comprends pas.
Tu ne dois pas comprendre. C'est comme ça.
Je crois que je suis amoureux du mépris affectif d'Enéida.
Pour son joyeux linceul de passion.
Enéida est grande.
Et moi je suis comme ça, tout petit.
Merde ! De quoi on parle ?
Car lorsque j'ai rencontré Wanessa j'ai eu la trique toute la nuit.
J'ai le temps de tomber amoureux, de me fiancer, pas de me marier…
Avec moi, soit c'est direct le bâton soit chacun dans son coin.
C'est que tu es pratique, Pazinho.
Moi non, je suis un putain de romantique anachronique,
un mutilé du cœur.
Je vais te dire,
le score peut ne pas être juste,
mais la partie est vraiment trop bonne.
Tu as compris ?
Non.
Mon papa est fou, mec !
Il était fou de jalousie de maman et maintenant il est jaloux de moi, tu piges ?
En fait, je pense qu'il est jaloux de toi.
T'as pas froid, Zizo ?
Tu as les lèvres violettes.
Je suis timide quand tu ne dis rien.
Quand tu parles aussi mais là c'est pire.
Ajournant.
Le monde.
Dispersé.
Dans la chair.
La vie
qui éclôt.
Choqué.
Sur le mont…
Dans la vie…
Collés…
- Tu penses que ça va lui plaire ? - Un petit cadeau ?
Voilà, regarde la queue du mort ! Tu vas coucher avec lui ?
- Oui, avec mon caleçon. - Tant mieux !
- Je vais passer voir Dona Marieta. - Déjà ?
J'y vais et je reviens vite, pour la féliciter.
- Écoute-moi. - Oui.
Tu restes là à draguer le poète et puis rien.
Pourquoi autant de retenue ? Donne-lui cette chatte !
Si c'était moi ?
Je donnerais avec joie ce que j'ai.
Ce qui compte, Enéida, c'est l'aujourd'hui, le maintenant, le présent !
C'est le présent qui compte. Le présent ! Tu es folle, laisse-moi !
Pazinho, Pazinho !
Attendez, attendez, attendez.
Je dois déjà donner mon cadeau maintenant.
Un cadeau que j'ai déjà apporté ouvert
et je vous demanderai à tous d'ouvrir votre cœur pour le recevoir.
C'est un poème que j'ai composé, intitulé « Des Paix ».
Avec la peur du temps qui passe
Passe à travers moi le temps de la peur
Dure présence et souvenir aiguisé
Réveille ce qu'il y a de mieux dans ton essence
Même à l'intérieur de ton désir
Je file et défile le temps qui passe.
Je peux t'amener au milieu du monde,
à la fois très près d'ici et très loin.
Je voulais te voir vue de loin, Enéida.
Je fais toujours ça.
Je vais à la porte de ton école et je te regarde sortir avec tes camarades
marchant d'un côté ou de l'autre, si légère, si libre.
Si fausse…
- Tu es si fausse, Enéida. - Et toi tu es vraiment fou, Zizo.
Je déteste cette idée d'être vue sans voir. C'est quoi ce bordel ?
Je vois, je vois avec les yeux !
Et je vois plutôt bien, je ne fais aucun mal !
Ni trop, ni peu.
On va se promener au milieu du monde ?
On y va ?
Prends ça !
- On y va - On y va.
Tu sais qu'avec l'ondulation de la marée
tu ressembles à l'équilibre entre l'intellectuelle et la pute.
Ça ne m'offense pas qu'on me traite de pute.
Non, mais je ne veux pas t'offenser.
Je veux juste comprendre
pourquoi tu insistes à ne pas vouloir être avec moi.
J'insiste pas, ça ne m'intéresse pas.
Ce que j'aime chez toi c'est ce qui
ne me convient pas ce qui ne me va pas, tu piges ?
Ça ne te va pas par excès, ou par défaut ?
Si c'est par défaut je vais de l'avant, et si c'est par excès je me mutile.
Pourquoi ?
- Merde, toi tu es farci de « Pourquoi ? » - Alors réponds
J'en sais rien pourquoi, putain.
Tu es une femme de « beaucoup », Enéida.
Une femme d'excès, n'est-ce pas ?
Car moi je ne suis pas peu.
Mon âme est exaspérée, tu entends ?
Je sais. C'est toi qui n'y es pas, Poète.
C'est toi qui ne sais pas.
Pourquoi tu m'as amenée au milieu du fleuve ? Au milieu du monde ?
Pour faire ce que je veux avec toi, car ici personne ne va s'en rendre compte.
T'embrasser sur la bouche et te mordiller la langue.
Toucher ta poitrine et arracher ton mamelon.
Pénétrer dans ton ventre et jouir avec l'odeur de ton sang
tes cris de plaisir et de douleur.
Tu crois que tu me fais peur ? Tu crois ?
Tu connais des gens qui ont peur de toi ?
J'en connais.
Moi-même.
Putain j'ai envie de pisser ! On y va, le Poète.
Je peux te voir ?
Je peux te voir pisser ?
Tu me laisses ?
Je ne vais rien te faire, tu le sais.
On s'en va.
- Viens ici, mec. - Je me casse !
OK, c'est cool !
Plus il y a de la boue, plus on trouve de crabes, n'est-ce pas ?
Il y en a plus.
Mais, quand je regarde à partir d'ici, tout ce que je vois c'est des ordures,
de la saleté.
C'est la faim, n'est-ce pas ?
Josué avait raison. Josué de Castro.
"L'homme produit la merde, qui salit la mangrove.
Là où le crabe naît.
Qui est mangé par l'homme, qui produit la merde."
C'est tout ? J'ai bien compris ?
Oh, Chico ! Prête-moi ta science pour que je puisse comprendre !
Ta science pour éclairer !
Envoie-la-nous, pour qu'on voie !
Vous là-bas, dans les immeubles ! Connaissez-vous l'odeur de cette ville ?
Car l'odeur de cette ville est l'odeur de la mangrove !
Vous là-bas dans les immeubles, connaissez-vous le bruit de cette ville ?
Car le bruit de cette ville c'est celui
des blanchisseuses de la Maison Jaune !
Vous là-bas sur le pont connaissez-vous la saveur de cette ville ?
Car si vous l'ignorez, je vais vous le dire,
C'est la saveur des putes abandonnées sur les quais,
- Boca, écoute ça ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
Enéida n'arrête jamais de se plaindre de son père.
En même temps…
Son père est comme un coup de pied dans les couilles, je vais te dire !
Et la jeune fille est si difficile. C'est un supplice.
- Du respect, Boca ! - Je respecte.
Enéida, depuis combien de temps tu n'as pas vu le Poète ?
- Depuis la Saint Jean - Putain. Ça fait longtemps !
- Pourquoi tu ne sors pas avec le Poète ? - Et toi t'es déjà sortie avec ?
- Quoi ? - Regarde son visage ! Ah !
- Tu es déjà sortie avec lui ! - Il préfère les vieilles.
- Et je suis vieille, moi ? - T'es un peu vieille dans ton attitude.
- Alors, pense à l'attitude des vieilles ! - J'y pense…
Que c'est beau !
Bon, tu es en train de mourir de quoi ?
Du manque ?
Je ne sais pas, Pazinho.
Comment quelque chose qui ne se réalise pas peut-il nous manquer ?
J'étais sur le point de renoncer à des choses que j'aime.
Mon dilettantisme.
C'est quoi ça ?
- C'est quoi ce mot ? - Dilettantisme !
Oh João !
Amènes-en une autre !
Je vais aller chez la Galicienne.
- Où ? - Chez la Galicienne.
Vas-y.
Je vais retourner dans ma petite plage.
- Vers mon havre. - C'est quoi ?
« Havre ».
Cela signifie, domaine, lieu.
Je vais revenir à mon lieu.
Alors, João, ça vient ?
Eh mec !
Je vais chez la Galicienne.
- Va chercher du réconfort… - Le réconfort c'est moi.
Permets-moi de me réconforter.
"Elle est en train de faire le tour du monde
Elle se relève, souriante, et contemple
Désignant dans l'incroyance, le fond
Baisant en silence la nuit
Ouragan-Fille-Distante
Votre prose est libre et facile
Maligne votre attitude
Face à votre grandeur
Je reçois sa pisse sur mon visage
Reflété par le miroir
Où l'on a même pas assez de temps Pour distinguer dans le reflet
La chevelure complexe de la chatte de cette fille
Ennuyeuse amie
Précipite sur ce corps vagabond
La bave du gombo
Induite par l'imagination."
Ah, Poète !
Il n'existe pas de mal plus grand que la volonté
Quand elle est imposée par la force
Rien de plus triste Qu'un amour sans amour
Seulement, et seulement l'amour des choses
Que je n'aime pas
C'est tout Ou rien
Même si les choses insistent Sans consentement
Pour pénétrer dans le monde des idées
Dehors, le monde hurle d'incompréhension
Wanessa ?
Wanessa ?
T'as vu mon portefeuille ?
Je te jure je l'ai laissé, sur la table basse du salon.
Regarde sur le petit bar,
Il n'est pas là.
Je jure que je l'ai laissé sur la table du salon !
Mon chéri, tu ne sauras jamais où ce portefeuille se trouve.
T'es arrivé complètement ivre hier.
J'étais avec les gars, arranger des trucs.
Mon amour, je peux te demander une faveur ? Puis-je ?
Arrête de parler de ça ! Ça me rend folle !
Putain de porte-monnaie !
J'ai passé toute la nuit à t'attendre comme une idiote
et toi tu t'amusais avec des amis et des catins dans la rue !
Catins.
Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
Quelle idée ! Chérie, je me trouvais avec Zizo.
Regarde-moi !
Tu me prends pour une cruche ?
Je sais que si cela avait été moi, la guerre aurait été déclarée !
Je serais la putain, la salope, la pétasse…
Mais vous Monsieur, vous vous amusez dans la rue.
Je sais très bien qui sont ces amis qui s'amusent avec toi.
Regarde-moi,
t'étais au courant que quand on baise on en garde l'odeur ?
Du savon ou du foutre !
- Mon amour, cessons de nous disputer… - Je ne me dispute pas.
- Oh, ma chérie, c'était juste une bière. - Arrête ta comédie…
- Une petite cachaça. - Arrête ta comédie.
Quand je commencerai la mienne, tu vas savoir ce que c'est qu'être cocu !
Tu auras besoin d'aide pour porter toutes les cornes
que je vais mettre sur ta tête !
Arrête de me tromper ici et là, Pazinho !
Oh, mais qu'est-ce que cela ?
Oh, mais qu'est-ce que cela ?
Une brune moche l'a apporté ce matin pour toi.
Tu l'avais oublié dans le Bar de la Galicienne.
Tu ne vas rien dire ?
Tu vas rester immobile ?
Dépêchons-nous, car Zizo va bientôt arriver, et je ne veux pas être en retard.
Bouge ton cul !
Nous allons en ville afin de proposer
de placer, de fixer
la réorganisation des vices
qui ne sont bons que pour le développement de l'esprit humain.
Aujourd'hui, le journal La Fièvre du Rat se met en marche
en ce Jour de l'Indépendance du Brésil,
afin de proposer un nouvel établissement !
Qui ne sera rien d'autre qu'un désaccord.
Un désaccord, éventuel, face à une proposition, improbable…
afin d'en arriver à une situation pour le moins, prévisible.
Allons envahir le Temple Conservateur, comme je l'appelle affectueusement,
afin de proposer à ceux qui ont la belle vie de se joindre à nous.
Parce que c'est la réponse que nous allons donner au monde, exactement !
C'est exactement ça. C'est l'amitié !
C'est l'esprit de complicité !
C'est le collectif qui va secouer les lois !
Et qui va botter le cul de l'ordre !
Allons, Poète !
Maintenant, si cela va être différent, je ne sais pas.
Mais regardez : je m'en fous !
S'ils ne prennent en compte que les grands événements,
alors devenons grands nous aussi, afin de toucher notre prochain,
le plus proche possible ! Allons-y !
Donc, nous allons le faire,
parce que l'année dernière ils nous ont tous envoyés en prison, mais…
Personne cette année n'ira en prison !
Cette année tout le monde va à l'asile !
Amis du Pilar, nous descendons dans la rue
afin de demander outre le gîte et le pain, de l'anarchie et du sexe !
Apportez-nous un tonneau, on le remplira de liberté !
Apportez-nous un tonneau, on le remplira de complicité !
Apportez-nous un tonneau, on le remplira de force !
Le Journal « La Fièvre du Rat » promeut aujourd'hui
le cri de la destinée, le cri de la prédestinée !
Et le cri des fous !
Ce que nous exigeons, c'est le droit de se tromper !
Je propose un « Non » bruyant contre un « Oui » bruyant
Écoutez le « oui » !
Dites « non » aux barreaux qui vous entourent !
Dites « non » aux barrières qui vous limitent !
Brisons les liens !
Brisons les prisons !
Brisons les serrures !
Libérez-vous !
Aujourd'hui, en ce Jour de l'Indépendance, je propose la liberté !
La liberté et le droit de se tromper.
Je propose la liberté et le droit à la paix !
Pour demander, outre le gîte et le pain, de l'anarchie et du sexe !
De l'anarchie et du sexe !
Oui, nous sommes anarchistes !
Nous sommes ici parce que même l'anarchie a besoin de la tradition !
Nous exigeons le droit de se tromper !
Prenez de la poésie !
Car il n'existe pas de mal plus grand quand le monde n'a pas besoin d'amour.
De l'amour !
Nous avons besoin d'un « Non », d'un « Non » qui soit un « Oui » !
Car il n'existe pas de mal plus grand quand la volonté s'impose par la force.
Prenez de la poésie !
Vaste monde, abîme ! Vaste Monde.
Ce dont nous avons besoin c'est de l'amour et non pas des armes !
Il n'y a pas de plus grand amour que la prémisse !
Il n'y a pas de plus grand amour que la vie !
Dans cet abîme, ce Monde-Abîme.
Il n'y a pas de plus grand amour que la vie !
Le temps est venu de demander plus et d'offrir moins,
Dans ce Monde-Abîme, Abîme-Monde.
À quel riche aujourd'hui un tas d'ordures
ne lui rappelle-t-il pas des pauvres ?
Savez-vous pourquoi ? Savez-vous pourquoi ?
Parce que dans leur tête,
les ordures sont simplement ce qu'est le recyclage pour les pauvres.
Appelons le petit peuple pour recycler, voilà ce qu'ils se disent !
Maintenant… Qui se souvient des pauvres
quand eux, ils découvrent une mine de diamants ?
Appellent-ils, en disant : viens petit peuple, polir des diamants ?
Mon cul qu'ils l'appellent !
À bas le recyclage et vive les diamants !
À bas le recyclage et vive les diamants !
À bas le recyclage et vive les diamants !
Un instant ! Un instant !
Je n'ai pas la foi, et ne l'ai jamais eue,
mais il semble que Dieu vienne de prouver son existence
et qu'il ait amené parmi nous aujourd'hui la muse de l'Indépendance.
Viens ici, viens !
- Ma guerre, viens, ma guerre ! - Oh, non !
Viens ici avec moi, mon combat, viens ici !
Allez, allez, allez !
J'ai pensé à elle pendant les derniers jours et j'ai écrit un poème.
Pas un seul, un grand nombre.
Tu veux l'entendre ?
- Non, pas ici. - Oui ou non ?
Elle le veut, elle le veut !
Tout le monde veut l'entendre ?
Mais avant, je voudrais inviter tout le monde ici
à ouvrir son cœur.
Dépouillez-vous de tout obstacle
qui peut bloquer le mot à vos cœurs.
Courage ! Courage ! Courage !
Celui-ci…
Celui-ci est dédié à ce qui ne se réalise pas, par excès
et à ce qui n'est pas, par manque d'adéquation.
J'ai écrit mon nom sur le sanctuaire
Qui se trouve à côté du réfrigérateur
Et près des petits flacons de remèdes
Il y a un plateau
Et sur cette structure, un miroir
Reflétant le visage d'un homme
Avec qui tous les jours
Tu partages ta journée
Et fais des choses étranges
Comme
Réciter l'alphabet à l'envers
Ou élire certaines couleurs rares
Comme tes favorites
L'homme du commun
Le même que celui du miroir
N'avait pas grande confiance dans les pensées
Et a commencé à faire une liste
« J'ai passé la journée à brûler des étapes
À arranger des choses
À défaire des nœuds
À me ronger les ongles
À me parler à moi-même,
À regarder la télévision
À découvrir des rues
Des cartes de tourisme
À fumer des cigarettes
Criminels de la tricherie
À vicier l'organisme
À analyser le sang
Mener des conflits
Cajoler des désirs,
Réinventer des rêves
Éviter les paniques
Il maltraita ses sentiments Comme s'il priait pour recevoir
Une bénédiction du Diable et du Bon Dieu
Pour détourner ses fautes
Et il rentra chez soi
Il laissa dehors son arrogance Pour qu'elle se repose
Et pour qu'il embrasse la jeunesse Qui dormait sur le canapé
Il l'embrassa
Et sa main a tant pénétré à l'intérieur
Qu'elle atteignit le cœur du rêve
Et c'est là qu'il se trouva certain
De vouloir faire partie du rêve tout entier
Mais elle se réveilla et dit
Que l'organisation était Une façon privilégiée d'être médiocre
L'homme commun accepta
Et alors qu'il retirait son bras
Il pouvait sentir encore l'odeur du rêve
Le droit de se tromper ! Le droit à se tromper !
Pureté ! Pureté ! Pureté !
À bas de la répression ! À bas de la répression !
Putain, sors ce fils de pute de la bagnole !
Le Jour de l'Indépendance ? Tu vas voir, toi ! Sale pédé !
C'est juste un poète ! Laissez-le !
Allez, putain ! Balancez-moi cette merde !
Toujours rien.
- Tu ne parleras donc pas ? - Dire quoi, Enéida ?
Je n'ai jamais entendu parler de quelqu'un qui a disparu pour toujours,
dans la rivière.
Il apparaîtra un jour, mais ici, on ne voit rien dans cette rivière.
- Et Wanessa ? - Elle est là, avec Mme Marieta.
On s'est encore disputé, mais je pense qu'elle va bien.
Avec le temps…
Pazinho, penses-tu qu'il va revenir ?
Ma petite, il reviendra seulement sous forme d'âme.
Mais, comme je ne crois pas dans les âmes…
Je pense que ça sera difficile.
Je vais parler à Mme Marieta.
Dis, tu peux faire passer un message à Wanessa ?
Dis-lui que je l'attends jusqu'à ce qu'elle veuille que je revienne.
Et que même si elle ne veut plus jamais que je revienne,
je l'attendrai toujours.
Et dis-lui qu'elle est l'homme de ma vie.
Bon, je vais sortir, j'ai du travail.
Il y a tellement de gens qui meurent…
T'as déjà entendu parler de la leptospirose ?
Ouais.
Voilà, le drapeau.
Ils ont dit à la télévision
que s'il y a une inondation, ça va se propager rapidement ici.
La leptospirose ! Direct dans les veines !
- Oh, tu vois ? Enéida. - C'est le travail de Zizo.
C'est la Muse de Zizo !
Elle sourit…
Mignonne.
- Et les films de Zizo ? - Il ne doit y avoir que du cul !
Que du cul !
Oh, regarde ce que j'ai trouvé ici ! Regarde !
- C'est « Maconha (l'herbe) » ! - Génial !
Maman Marietta ! Nous avons trouvé un petit film ici. C'est « Maconha ».
- Peut-on le garder ? - Oui, mon fils, vous pouvez.
- Ils ont trouvé « Maconha » ?
Dans quelques minutes Pazinho va passer pour récupérer la machine à écrire.
Oh, j'allais oublier… Il a dit tu étais « l'homme » de sa vie.
Et qu'il t'attendra pour le reste de sa vie s'il le faut.
Wanessa & Pazinho !
- Et il a va venir alors ? - Il l'a dit.
Encore une fois ?
Catin…
Oh quel bordel !
Pazinho a dit que maintenant il allait écrire des poèmes et les distribuer,
exactement comme faisait Zizo !
Voyez donc ça, un poète !
Il ne pourra être que le poète de la cachaça et des putes !
Oh, les putes et la cachaça, c'est aussi de la poésie !
Maintenant si le plein arrive…
Et maintenant c'est « xola » va être doublement c'est foutu !
- Le quoi ? - « Xola » !
Je ne connais pas cette partie du corps,
LA FIÈVRE DU RAT
traduction MATHIAS GIBERT
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