All language subtitles for 1942_Jeanne_de_Paris-Joan_of_Paris_VOSTFR_VF.6.9

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Original subtitles

Ici, New York. Lion dormant a attaqué.

L'offensive britannique est lancée.

Des centaines de bombardiers

reviennent du plus grand raid aérien jamais effectué,

illuminant le ciel de Berlin à la Manche.

Les soldats anglais ont enfin attaqué les nazis

à Calais et sur la côte.

La vie est réapparue dans les îles.

L'attente est terminée, l'invasion a commencé.

La BBC annonce

que 5 avions de combat ont été abattus au-dessus de la France.

Les pilotes de l'escadron 701

avaient pris le contrôle de l'espace aérien.

Ce soir, leur sort préoccupe tout le pays.

Qui a une allumette ?

Asnecourt, 1 5 kilomètres.

On a sauté à Arnonville.

Donne la carte.

Vent de nord-est.

Nous étions à 20000 pieds.

200 Messerschmitts, c'était trop !

Voici Asnecourt,

en lisière de la forêt.

Filons avant le jour. C'est la direction de Paris.

On dînera chez Maxim's.

Tu oublies l'Angleterre.

On contactera les services britanniques.

Dans ces habits, on se fera fusiller.

On se changera à Asnecourt.

On nous remarquera dans les magasins !

- Il n'y a pas que les magasins... - Robin des bois et ses compagnons !

Ecoutez !

Des Messerschmitts.

Non ! Ce sont nos bombardiers.

Console-toi. Sans toi, ils n'auraient jamais réussi.

Tu as quand même descendu 2 Messerschmitts.

Mais pas le bon.

Le type au moyeu jaune m'a traqué pendant toute ma descente.

Je ne pouvais pas répliquer.

Un jour, j'en mangerai au petit déjeuner avec sel et poivre.

Veinards ! Bientôt l'Angleterre.

Demain, ils danseront avec de belles filles.

Avec de la chance, nous aussi.

Alors, au boulot !

- De la bière ! - Tais-toi, on va se faire repérer.

Laisse ça. Il nous faut des habits.

- Voyons là-haut. - On vient !

Dommage pour la bière.

Vous êtes inséparables.

- Alors, ce manteau ? - Pas mal.

Arrange ta cravate.

- On se sépare. - Rendez-vous demain à Paris.

Eglise Saint-Julien, place Jeanne d'Arc.

Père Antoine était mon curé à Meudon.

Notre meilleur espoir.

Alors, bonne chance !

Le chien ne parlera pas ?

Tu ne nous as jamais vus.

Compris ?

A bientôt à Paris !

Si moi ou les autres étions pris, ils nous feraient prisonniers.

Mais pour un Français, c'est plus grave !

On passera tous, Babe.

Bien sûr.

A l'estaminet, vous avez vu les autres ?

Je n'ai vu qu'un homme, Ex cellence.

Pouvez-vous le décrire ?

Aussi grand que moi...

Est-ce tout ?

Oui, Ex cellence.

Ca me donne une idée exacte de l'homme.

Merci, Ex cellence.

Rien d'autre ?

Non. Ensuite, j'ai été assommé.

Par une bouteille de bière.

On a volé votre portefeuille

et une photo de Hitler a été posée sur votre visage.

Vous auriez mordu le Führer à la moustache !

C'était un accident.

Je vous crois sur ce point.

Que contenait le portefeuille ?

De l'argent,

dont un billet de 100 marks avec le tampon du trésorier payeur.

- Quel bataillon ? - Le 1 8e Réserve.

Vous souvenez-vous de la date ?

Le 10 juillet dernier.

Encore mieux !

Merci pour cette information. Elle sera utile.

Ces Lions britanniques sont immortels.

Vrai, Herr Funk.

Cessez d'être d'accord avec moi quand vous ignorez de quoi je parle.

Vous l'ignorez, hein ?

Très bien... Pour vous, deux et deux feront cinq.

5 pilotes de l'escadron 701 ont été abattus à Asnecourt.

Plus tard, cinq hommes sont repérés

entre Asnecourt et Paris.

Qu'en déduire ?

Ces hommes sont les aviateurs.

Correct ! Vous faites enfin preuve de sagacité.

Nous devons enquêter. Le dossier !

Cet escadron a pour habitude de raser, à chaque sortie,

un million de marks en biens du Führer.

Cdt Paul Lavallier, né à Meudon.

Haut gradé dans l'aviation Française.

Gagne l'Angleterre en juin 40.

Condamné à mort par contumace par le tribunal de Vichy.

Nous devons absolument le retrouver !

Quel sera son sort ?

Il sera remis aux autorités Françaises

qui le feront exécuter.

Passez son signalement à tous nos agents

en soulignant l'importance de sa capture.

L'indice : un billet de 100 marks du 10 juillet

avec le tampon du 18e Réserve.

Tout individu ne signalant pas ce billet sera passible d'être...

livré à la Gestapo.

C'est trop, c'est une fortune !

Gardez la monnaie.

Attention !

Il a les yeux derrière la tête.

Donne ton mouchoir.

Qu'est-il arrivé ?

Quelque chose est entré...

qui n'est pas ressorti.

Un souvenir des Allemands.

Il te faut un médecin !

Il me suit depuis mon arrivée,

collé comme un timbre-poste.

Ne reste pas là, c'est risqué.

Ne t'en fais pas. On s'en sortira.

Je dois parler au père.

Chacun son tour. J'attends aussi.

C'est important. Je serai bref.

Ma confession prendra une demi-heure.

Je vous crois !

Allez-y. Mes péchés attendront.

Merci, madame.

- Père Antoine ? - Oui, je suis le père Antoine.

- Dieu merci ! Vous devez m'aider ! - Comment, mon fils ?

Vous me connaissez. Vous enseigniez le latin à Meudon.

J'ai enseigné à tant d'enfants...

Tous ont oublié le latin, mais un se souvient de moi.

Un garçon vous avait joué un tour en cousant le col de votre soutane.

Tous les garçons de ma paroisse ont fait ça !

C'était populaire.

Un père Français, une mère anglaise...

Je n'en vois qu'un...

Paul Lavallier.

Je suis Paul Lavallier.

Les journalistes disent...

Plus personne ne croit les journaux.

Dieu est généreux.

Mais pourquoi m'avoir choisi ?

J'ai besoin de votre aide.

4 pilotes sont avec moi.

L'un d'eux a besoin d'un médecin.

Il ne fallait pas venir à Paris. Vous serez ex écuté.

Il le fallait !

Pour contacter les services secrets anglais.

Comment les trouverez-vous ?

Tout espion se doit de dissimuler son identité.

Cinq vies dépendent de ça. Nous devons regagner l'Angleterre !

Et vous battre ?

Oui. Nous battre encore. Avec votre aide.

Je suis un homme de paix.

Vous êtes aussi Français.

Que dois-je faire ?

Je vous aiderai.

Merci, mon père.

Mes amis doivent se cacher.

Cette paroisse m'a beaucoup appris.

Les souterrains sont comme l'au-delà.

Une porte conduit de la crypte aux égouts.

Je pourrai les y cacher.

Merci, mon père.

Envoyez vos amis un par un.

Le blessé est suivi par un homme qui le colle comme un timbre-poste.

Un garçon qui a cousu ma soutane à mon insu

saura semer un timbre-poste !

Je ferai de mon mieux.

Que Dieu vous protège.

Avez-vous la monnaie pour une bougie ?

Vous avez fait une erreur.

Soixante-cinq, soixante-quinze...

Non, c'est juste, merci. Ex cusez-moi.

Un café, je vous prie.

Votre café.

Vous disiez ?

Seulement merci.

Attendez-vous un ami ?

C'est ce monsieur ?

Pardon ! Quelle maladresse !

- Votre robe s'est déchirée. - Je la recoudrai.

Vous n'avez rien reçu ?

- Je dois me laver les mains. - La porte au fond.

Un autre café. Je reviens.

Je ne te parle que de mes ennuis.

Me revoilà, Ste Jeanne.

Pardonne-moi, mais regarde...

C'est ma seule robe décente.

La nouvelle dont je t'ai parlé. Celle que j'ai vue en vitrine.

J'en ai vraiment besoin.

Pas seulement parce qu'elle est belle.

Je ne peux pas me l'offrir.

Je sais, tu fais de ton mieux.

Mais les Allemands ne paient pas.

Je ne peux t'offrir qu'une petite bougie.

Père Antoine dit que tu comprendras.

Avec l'inflation, si je n'achète pas cette robe,

jamais je ne le ferai.

Je ne devrais pas t'ennuyer.

Tu as tant de gens à aider, à Paris.

Ex cusez-moi.

Je vous ai demandé des ex cuses aujourd'hui !

Puis-je vous aider ?

Elle est quand même jolie.

Vous avez entendu ?

Nous ne serons que trois à savoir.

Pourquoi êtes-vous monté ?

Vous n'avez pas d'argent ?

Vous vous cachez alors ?

Mais de qui ?

De l'homme du bar ?

Quelle idée !

Essayez de comprendre : je voulais vous parler en tête-à-tête.

Dans ma chambre ?

Vous m'avez donné 4 marks de trop. Allez-vous-en.

Partez ou j'alerte en bas

et on vous éjectera.

Je m'en vais.

Dites-moi une chose :

pourquoi avoir cru que je fuyais cet homme ?

- Il est de la Gestapo. - Qu'en savez-vous ?

- Je l'ai déjà vu. - Quand ?

La semaine dernière.

Un homme est venu au bar.

Le petit homme s'est assis près de lui,

comme tout à l'heure.

Puis il a téléphoné,

et la Gestapo est venue pour emmener le garçon en prison.

- Pourquoi ? - C'était un agent anglais.

Il sera fusillé demain.

Votre chapeau est sur la table.

Mon chapeau...

C'est vrai.

Vous ne vous souvenez pas de moi ?

Je ne vous ai jamais vu.

Mais si ! Je vous ai bousculée et embrassée.

Embrassée ? Jamais !

Peut-être le désirais-je...

Je vous ai cédé ma place dans le métro.

Sans un mot.

La timidité est mon défaut.

L'autre est de ne pas être amusant.

Je vous en prie, partez.

- Très bien. - Pour la nouvelle robe...

- Ne vous moquez pas de moi ! - Je ne me moque pas.

200 suffiront ?

C'est de la part du père Antoine.

Il n'a pas autant d'argent.

Bien sûr que non, mais il a reçu un don,

et c'est ce qu'il a décidé d'en faire.

Il m'a dit : ''Portez cet argent à...

à Jeanne''. C'est votre nom et celui de votre sainte patronne.

C'est ce qu'il m'a dit.

''Donnez-le à Jeanne du café Danglar.

Donnez-lui en mains propres.''

Je suis donc monté.

Pour qui est cet argent ?

Il savait que vous vouliez cette robe.

Il pensait que vous perdriez foi en Ste Jeanne.

Jamais de la vie !

Bien sûr que non.

Remerciez père Antoine.

Dites-lui que j'ai accompli ma mission.

Allez lui dire que Paul vous a porté l'argent.

Dites Paul, il comprendra.

Bon, j'irai lui dire.

Et je le remercierai.

N'oubliez pas mon nom.

- Paul. - Exact.

Donnez-lui ça pour l'église.

Et une prière en latin. Elle pourra aider.

Allez vite acheter cette robe !

Vous ne m'accompagnez pas ?

J'attendrai votre retour.

Je suis fatigué.

J'ai besoin de sommeil.

Je partirai quand vous voudrez.

Merci pour votre place dans le métro.

Je dois vous parler.

C'est l'heure de la bénédiction. Revenez demain.

- Elle ne sera plus là. - Quoi donc ?

La robe pour laquelle Paul m'a apporté l'argent.

La robe pour...

Tenez ça, Jeanne.

- Il m'envoie vous remercier. - C'est gentil à lui.

Vous doutiez de ma foi en Ste Jeanne ?

Je ne pense jamais. Toujours l'instinct !

Comme Paul.

Il vous fait dire ''mission accomplie''.

Bien sûr...

- Où est-il ? - Dans ma chambre.

Il envoie ça pour l'église, avec une prière en latin.

Il a dû sérieusement étudier le latin.

Cet argent vient de vous ?

Il faut accepter sans poser de questions.

Achetez votre robe et dites merci.

- Merci, mon père. - Ne me remerciez pas.

Remerciez Ste Jeanne.

Un agent anglais sera fusillé demain.

On lui autorise un prêtre avant sa mort.

On ne cherche personne !

Je veux acheter cette robe.

- Elle coûte 200 francs. - Je les ai.

Suis-je bête !

J'arrive, madame.

La robe en vitrine... Elle vous ira si bien.

Allez l'essayer.

Qui m'envoie-t-on, cette fois ?

Un type déguisé en curé !

Me confesser serait immoral.

Je viens vous aider.

Il me reste six minutes à vivre.

Votre aide est tardive.

Vous pouvez aider les autres.

Pour votre conscience.

Sauver la vie de 5 de vos concitoyens.

Qui sont-ils ?

- Les pilotes de l'escadron 701. - Ils sont morts.

Ils sont vivants.

A Paris, vous êtes leur seul espoir. Dites-leur qui voir.

Qui voir... Et vendre ainsi les services secrets !

On a essayé de m'aveugler,

de m'assommer avec un gourdin,

on m'a congelé pour me faire parler,

et là, on m'envoie un curé !

Laissez-moi !

Vous devez me croire.

Vous croire ? Parce que vous êtes un curé ?

L'aumônier privé de Goebbels...

Si vous êtes curé, où est votre bible ?

Les détails sont au point. La minutie allemande...

Vous ne m'aurez pas.

Un curé doit connaître ses chapitres.

Proverbe 25-13 ?

''Comme une fraîcheur de neige à la moisson,

''tel le message fidèle à son mandant,

''il restaure l'âme de son maître.''

Job 39-10.

''L'attacheras-tu au sillon

''par une corde,

''ou ira-t-il, hersant la vallée derrière toi ?''

Etes-vous convaincu, mon fils ?

D'une chose :

votre déguisement mental est réussi !

Je vous crois moins que jamais.

Dieu, touche ses yeux pour qu'il voie,

et ses oreilles pour qu'il entende.

Laissez-moi la finir.

Voici l'adresse et le mot de passe.

Qu'ils y aillent.

Que Dieu vous aide.

Un peu plus en arrière.

C'est parfait.

J'ai passé la nuit ici.

Je sais...

Elle n'a pas marché depuis des années.

Quelle heure est-il ?

A peu près 8 heures.

Je dois partir.

Vous la remercierez pour la robe ?

Je la remercie beaucoup.

La robe, le chapeau...

et le reste...

C'est bon d'être reconnaissant.

Nous n'avons pas assez apprécié

ce qu'était la France avant sa conquête.

Elle n'a jamais dit ce mot.

C'est vrai !

La France n'est pas conquise et ne le sera jamais !

Il faut le croire et se battre.

Je hais le bruit des bottes.

Un jour, vous serez fière :

ce seront les Français qui reviendront,

marchant côte à côte avec les Anglais.

Les cieux seront clairs et sans avions.

Au revoir, Jeanne. Merci pour tout.

Je n'ai rien fait.

Vous reviendrez ?

Ca dépend de beaucoup de choses...

Vous devez avoir une maison, une famille.

Je n'ai pas vu ma maison depuis 2 ans.

Votre femme vous attend.

Je n'ai pas de femme.

Vous pouvez revenir quand vous voulez.

Merci, Jeanne.

N'oubliez pas pour le chapeau.

Comme ça ?

Toujours comme ça. N'oubliez pas !

Je n'oublierai pas.

Vérification d'identité !

Vérification d'identité...

Arrêtez ceux qui sont sans papiers.

L'homme, Herr Funk.

Asseyez-vous.

Que voulez-vous ?

On m'a dit que vous me cherchiez.

Qui ?

Vos agents en m'arrêtant.

Où avez-vous été arrêté ?

A l'église St Julien.

Pourquoi ?

J'étais sans papiers.

Et où sont vos papiers ?

Chez moi.

Chez vous...

Mes agents sont incompétents !

Paris fourmille de terroristes,

et on m'amène un citoyen sans papiers !

Ca n'a pas d'importance...

Vous êtes trop aimable.

Venez vous asseoir, mettez-vous à l'aise.

- Quel est votre nom ? - André Guilbert.

Vous étiez à l'église pour prier ?

Et allumer une bougie pour ma soeur.

Très louable de votre part.

Et tous mes agents

vous ont pris pour un suspect.

Comprenez, M. Guilbert,

avec des erreurs pareilles,

comment vous convaincre de la bonne foi du Führer ?

Les Français ne sont pas bêtes. Ils connaissent ses intentions.

Vous devez apprendre à nous faire confiance.

La France et l'Allemagne sont amies.

En nous battant,

nous nous comprenions.

Tout à fait.

L'Angleterre est notre ennemi commun.

Qu'en pensez-vous ?

Il faudrait être bête...

Votre intelligence me ravit. Prenez un cigare !

La cigarette est cynique, la pipe domestique,

mais le cigare sous-entend le philosophe.

Les allumettes sont là.

Quels doigts intéressants...

Et si fermes...

- Que fait cet homme ici ? - Il a été arrêté.

Il était sans papiers.

Où sont les vôtres, Herr Schultz ?

Je regrette, Herr Funk. J'ai dû les laisser chez moi.

Ca peut aussi arriver aux autres !

Ex cusez-nous.

Notre génie pour l'organisation

souffre parfois d'un manque de bon sens.

Je vous ferai une confidence.

Si les Parisiens se doutaient

quelque peu de l'inefficacité qui m'entoure,

notre emprise sur la ville deviendrait incertaine.

Revenez me voir. Notre conversation a été agréable.

- Je suis libre ? - Pas exactement.

Alors ?

Je vous aime bien, cher ami, et j'espère vous revoir.

Vous devez revenir

et me dire comment réparer ce malentendu.

En évitant que cela ne se reproduise.

Comment ?

Avec un passe signé par vous.

Je n'y avais pas pensé.

Il n'y a pas de mal...

Ca n'a l'air de rien,

mais il vous sera utile.

Vous êtes aimable.

Un dernier mot :

ne mentionnez jamais notre incompétence !

Les Parisiens doivent me croire dangereux.

A notre prochaine rencontre !

Au revoir, Herr Funk.

Yeux : gris verts

Vous ne comprendrez jamais.

L'oiseau a filé !

Pas l'oiseau... Mon ''judas-chèvre''.

Je vous explique :

tout troupeau a une chèvre dressée qui mène le bétail à l'abattoir.

Nul ne soupçonne la chèvre, mais elle trahit le troupeau.

Voilà pourquoi ''Judas'' !

Père Antoine...

Mais père, l'adresse...

Je ne l'ai pas lue.

Vous avez l'air troublé.

L'eau froide est un ex cellent remède.

Ou le café noir.

Ca vous remettra les idées en place.

Un café.

Votre café !

Père Antoine vous attend...

- Où est-il ? - Dans ma chambre.

Trouvez un prétexte pour me faire partir.

Giflez-moi.

Giflez !

Une autre bière !

Vous n'avez pas assez vécu sous la Gestapo.

Tant mieux. Vous avez l'adresse ?

Fermez la porte.

Mlle Rosay, 24 rue Larène. ''Très chaud pour la saison''.

C'est le mot de passe.

- Où allez-vous ? - Voir Mlle Rosay.

- Avec la Gestapo à vos trousses ? - Sûrement pas.

Funk m'a laissé partir.

Il doit avoir ses raisons. Bien à lui.

Mais il m'a signé un permis.

C'est moi. Du moins, Funk le croit.

Vous vous croyez libre ! Si seulement les curés pariaient !

Si je perds, voici 50 francs pour vos oeuvres.

Je les prends.

Vous êtes aussi libre qu'un cerf-volant.

Funk vous arrêtera quand il le voudra.

Ou quand vous mènerez ses agents à vos amis.

Ou à un endroit important, comme cette adresse.

N'y allez pas ! Vous êtes entre ses mains.

J'irais bien, mais j'ai été suivi.

Comment sauver mes amis ?

Je refuse de mêler Jeanne à tout ça.

Personne ne la suspecterait !

Je suis un soldat. Je sais les risques que j'ai pris.

- Elle n'a jamais fait un tel choix. - Que risque-t-elle ?

J'ai un cadeau pour vous.

C'est gentil... Mon vin préféré.

- On ne vous a pas vue ? - Bien sûr que non.

Paul voudrait que vous portiez un message.

Rappelez-le-lui.

Je vous ai apporté à manger.

Je devais vous rappeler un message...

Portez ceci à Mlle Rosay,

24 rue Larène, près du Lux embourg.

En le lui donnant, dites :

''Il fait très chaud pour la saison.''

Je sais, c'est idiot.

Vous avez des ennuis ?

Peu importe lesquels, je vous aiderai.

Vous en avez tant fait pour moi !

Par ex emple ?

Vous avez payé cette robe.

Je sais, c'est vous.

J'en suis heureuse.

Où est le message ?

Ne le perdez pas.

Votre horloge ne marchait pas. J'ai vu ça dans une vitrine.

C'est pour moi ?

Elle joue chaque heure.

Pourquoi pleurez-vous ?

Je ne pleure pas... C'est si beau !

Je dois porter le message.

Ca ne sera pas long.

Merci pour tout.

Taïaut, Jeanne !

Pardon ?

C'est le cri des pilotes anglais avant d'entrer en action.

Ca signifie ?

Beaucoup pour eux.

Bonne chance, à l'amitié...

- Que Dieu vous aide ! - Vous aussi, que Dieu vous aide !

Bonjour, mademoiselle. La robe vous plaît ?

Formidable.

- Le billet vient de cette femme ? - Absolument.

Tout citoyen aidant les soldats ennemis sera fusillé sans jugement.

Mademoiselle est en cours. Attendez à l'intérieur.

Combien de pays y a-t-il en Europe ?

24.

- 1 5 depuis la guerre. - 1 6 !

1 5 !

Mais la France est coupée en deux !

Les enfants, votre attention !

La capitale de la France ?

Tu as jeté l'encre !

Il ne manquait plus que ça.

Ex cusez-moi.

Enchantée.

Il fait chaud pour la saison.

Pour certains, oui.

Attendez-moi dehors.

Continuez vos leçons en silence.

Si j'entends de la dispute,

je me mettrai en colère.

Pénibles, mais comme tous les enfants.

Avez-vous lu la lettre ?

Vous connaissez Paul ?

Savez-vous tout de lui ?

Pas tout, mademoiselle.

Une femme doit rendre un homme heureux,

et éviter de poser trop de questions.

Vous trouverez facilement un mari !

Des voitures !

Ca n'annonce qu'une chose ! Comment êtes-vous venue ?

A pied.

- On vous a suivie ? - Non.

- Vous ne le sauriez pas. - C'est la police ?

La Gestapo. Ne vous en faites pas.

N'ouvre pas la porte. Rentre chez toi.

Téléphone vite à qui tu sais

et annonce la fin du trimestre.

Les enfants, je vais devoir m'absenter.

Pendant ce temps, vous allez chanter.

Qu'y a-t-il ?

La Gestapo nous a suivies.

Tu es blessée ?

Ils ont tiré.

Ce n'est rien.

Si tu as peur, je croirai...

que tu m'aimes.

Peut-être un peu.

Je t'aime, Jeanne.

Alors, rien ne compte.

Rien d'autre au monde.

Ste Jeanne...

Vous devez comprendre et me pardonner d'être si heureuse.

C'est mal, alors qu'il y a tant de misère en France.

C'est plus fort que moi.

Je serai punie,

mais je l'accepte.

Voyez-vous, Ste Jeanne,

je n'ai jamais rien eu dans la vie jusqu'à présent.

Tu étais là...

J'allais te préparer à déjeuner.

- Attention au savon. - Ca m'est égal.

Comment allez-vous ?

- Et votre main ? - Beaucoup mieux.

Grâce au cataplasme.

- Vous venez voir... ? - Si ça ne dérange pas...

Quelle surprise !

Et après nos inquiétudes !

Vous et vos pilotes,

vous êtes comme le phénix : vous renaissez de vos cendres.

- Pas encore... - Ce sont nos affaires.

Nous l'avons fait et le referons encore.

Voici la carte des égouts.

Je ne suis pas bonne en géographie.

Essuyez-vous.

Les vieux égouts sont passionnants...

Une ruche, je dirais !

Votre message dit que les hommes sont ici.

L'odeur de l'alcool ne vous gêne pas ? J'en ai horreur

mais je suis passée au bar... pour écarter les soupçons.

Quel est le plan ?

Peu après minuit,

mes collègues voleront un bateau de la patrouille nazie

et l'abandonneront sous le pont Louis-Philippe.

- Ensuite ? - Soyez patient.

Rassemblez vos hommes dans l'égout et menez-les au canot.

Soyez-y à 2 heures précises du matin.

2 heures !

Il vous faudra une lampe torche.

J'espère qu'elle marche... Oui, une chance !

N'oubliez pas, 2 heures du matin.

La ponctualité est de rigueur.

La Seine s'élargit vers St Germain.

Le canot vous y conduira.

Là, un hydravion vous prendra.

Vous serez en Angleterre au matin.

Formidable, mais il y a un hic :

ce crampon qui me colle.

- Il est armé ? - Oui, et pas moi.

N'essayez pas de le tuer vous-même.

Restez ici jusqu'à ce soir,

puis tâchez d'aller à l'église sans qu'il vous voie.

Sinon ?

Téléphonez-moi, je m'occuperai de l'éliminer.

Pas moi, rassurez-vous, mais un de mes collègues.

Tout est clair.

Voyez-vous, ma chère,

après notre échauffourée avec la Gestapo,

nous évacuons Paul hors de Paris.

Il partira ce soir, c'est plus sûr.

Je comprends.

Au revoir et merci.

Vous nous aiderez en veillant à ce qu'il parte en pleine nuit.

Je suis heureuse que tout soit arrangé.

Je savais que tu avais des ennuis.

Chaque bruit de bottes dans l'escalier me terrorisait.

Voici ton café.

Et toi, Jeanne ?

Dès que tu seras à l'abri, je viendrai.

Si tu veux...

Regarde ça.

Une plaque d'identification.

Retourne-la.

La croix de Lorraine. La croix Ste Jeanne !

Et celle de la France libre.

Je suis pilote côté anglais.

J'ai été abattu avec quatre hommes. Nous cherchons de l'aide.

Ce soir, nous repartons.

En Angleterre ?

Elle va compter nos heures.

Il en reste peu.

Il fait sombre.

Tu dois être à l'heure.

C'est drôle de penser

qu'au matin, tu seras en Angleterre.

Pour moi, il n'y a que Paris.

J'ai toujours pensé que Paris faisait...

partie de moi.

Quand tu reviendras après la guerre...

Les rues seront éclairées.

Des lumières partout dans les parcs, sur la Seine...

On vendra des ballons à Notre-Dame.

Les enfants riront des marionnettes aux Tuileries.

Et les amoureux iront main dans la main le long des boulevards.

Nous aussi ! Je porterai la robe.

Non.

Tu seras vêtue de blanc, car nous serons mariés.

Tu dois partir !

Je suis heureuse que tu partes

et que tu portes cette croix.

Merci de le dire.

Ne te retourne pas ! L'homme est dans la rue.

Il nous a vus ? Enlace-moi.

Il nous regarde ? Que fait-il ?

Je crois qu'il nous a vus.

Plus qu'une chose à faire.

C'est vous, chef d'escadron ?

L'homme me suit. Je ne peux pas rejoindre les autres.

Demandez où il va.

Où allez-vous ?

J'allais...

Mais vous savez où je vais.

- Qu'y a-t-il ? - Attention !

- Elle était avec un Allemand. - Donc mademoiselle est...

Je dois poursuivre mon plan. Le bateau est à 2 heures.

Je vais prévenir les autres. Essaie de le semer.

Il ne suivra qu'un de nous.

Laisse-moi. Quatre hommes dépendent de toi.

Voici la carte.

Attention !

- Les gars sont dans la crypte. - Que leur dire ?

Du pont Louis-Philippe,

un canot les mènera à l'hydravion à 2 heures.

Si je le sème, je les rejoindrai.

Sinon, qu'ils partent.

Tu entreras dans l'église après notre départ.

N'oublie pas, départ à 2 heures précises.

Mon père...

Paul m'envoie.

C'est gentil.

Il nous manque une femme.

Vous regagnez l'Angleterre ce soir.

Paul a tout arrangé.

Ce brave Paul, il n'abandonne personne.

Au-dessus de Calais, il y a trois semaines,

un Messerschmitt me traquait...

Ce soir ?

Un canot sera au pont Louis-Philippe.

Paul vous y retrouvera à 2 heures... s'il peut.

S'il peut ?

Il le doit !

L'escadron sans lui

ne vaudrait plus rien !

Quelle heure est-il ?

Environ 9 heures.

Je devais aller danser

avec Esther.

Vous savez...

C'est bizarre, mais...

qui connaît le psaume 23 ?

Je donnerais ma vie.

Ca ne fait rien.

Ca n'a plus d'importance.

''L'Eternel est mon berger,

''je ne manquerai de rien

''dans de vertes prairies.

''Il me conduit au bord d'eaux paisibles.

''Il restaure mon âme,

''me dirige dans les sentiers de la justice en faveur de mon nom.

''Dussé-je suivre la sombre vallée

''de la mort,

''je ne craindrais aucun mal,

''car tu serais avec moi.

''Ton soutien et ton appui

''seraient ma consolation.''

Ma consolation !

''Tu parfumes d'huile ma tête.

''Ma coupe est pleine à déborder.''

Ils arrivent !

Vous les voyez ?

Je suis prêt, Paul.

Ils sont au-dessus,

dans les nuages !

Ils sont une centaine !

Donnons-leur le...

Je me suis échappé, mais trop tard.

Ne nous voyons plus, dans ton intérêt,

jusqu'à ce que les lampes de Paris se rallument.

Il vous a quittée et il est parti.

Où donc, Jeanne ?

Je me présente :

mon nom est Funk, vous me connaissez peut-être.

- Je ne vous connais pas. - Moi, je vous connais très bien !

21 ans, née à Paris, quitte la maison au remariage de son père.

A travaillé dans une papeterie.

Actuellement serveuse au café Danglar.

A récemment abrité et aidé,

et incidemment aimé,

un pilote Français attaché à l'aviation britannique,

le Cdt Paul Lavallier.

Où est donc le commandant Paul Lavallier ?

J'ignore de qui vous parlez.

Très noble, Jeanne.

Mais vous ne comprenez pas.

Laissez-moi ouvrir la porte.

Vous comprenez, maintenant ?

Où l'avez-vous achetée ?

Poterie de Sèvres...

J'aimerai toujours les Français.

Elle ne marche plus ?

Vous le saviez ici ?

''Je me suis échappé, mais trop tard...

''...jusqu'à ce que les lampes de Paris se rallument.''

Trop tard pour quoi, Jeanne ?

- Je ne sais plus. - Alors, n'oubliez pas ceci.

La complicité avec l'ennemi est passible de mort !

C'est la loi. Je l'ai faite.

Je peux aussi l'annuler.

Même si je le savais, je ne dirais rien !

Je ne parle pas de Paul.

Paul était facile à avoir

depuis sa venue à Paris.

Mais il y a cinq aviateurs. Je les veux tous.

Si je vous disais qu'ils se sont enfuis ?

Si c'était vrai, je serais ailleurs.

Où sont-ils ?

Vous manquez de perspicacité.

Alors, j'arrêterai Lavallier.

Vous savez où il est ?

Absolument.

Ce papier vient d'être mis,

sinon la pendule se serait arrêtée à 2 h.

Ecrit sur du papier à cierge

du genre qu'on trouve dans les églises.

Il y en a une en face.

Lavallier est donc dans cette église.

Vous le croyez.

On peut toujours vérifier.

- Arrêtez Lavallier ! - Attendez !

S'il y est...

Il sera livré aux autorités Françaises.

Vous serez tous deux fusillés.

Si je vous aidais à trouver ses amis...

Je cacherais au pouvoir de Vichy son arrestation.

On l'enverra dans un camp de prisonniers,

mais la guerre sera finie avant l'hiver,

et les lampes se rallumeront.

D'accord, j'accepte.

Vous nous aiderez à capturer les autres ?

Je le ferai à ma façon.

Paul ne doit se douter de rien.

J'irai le voir à l'église. Vous me regarderez de loin.

Je lui dirai d'aller rejoindre ses amis.

Vos hommes ne devront pas le suivre.

Autrement, il n'ira pas vers ses amis.

Quand il sera parti,

je vous mènerai au rendez-vous.

Comment vous faire confiance ?

Je risque la mort.

Paul aussi, si vous l'attrapez.

Je veux vivre.

Allons à l'église

nous assurer de votre parole.

Je voulais te voir.

Ca n'a pas marché.

Le timbre-poste a trop collé.

As-tu vu les gars ?

Ils iront en Angleterre.

Ceci est ma dernière chance.

Pas pour l'Angleterre.

J'essaie de quitter Paris

pour le Sud, où je suis inconnu.

Tu m'y rejoindras ?

On se mariera.

Nous devrons changer de nom, bien sûr,

mais Ste Jeanne comprendra.

Je le souhaite

plus que tout au monde.

Tu viendras ?

C'est impossible.

Tu vas en Angleterre.

Va directement à la crypte :

une porte s'ouvre sur la rue. Tu ne seras pas suivi.

Va au pont Louis-Philippe.

Tes amis t'attendent.

Ils devaient partir à 2 h !

Ils attendent encore. Ils ne partent pas sans toi.

Mais pas plus tard que 4 h.

Il est 3 h 30.

- J'ai le temps. - En partant maintenant.

Et toi, alors ?

Je t'attendrai, Paul.

Je croyais, jusqu'à ce soir,

que tu étais simplement l'homme que j'aimais.

Je croyais être la seule à avoir besoin de toi...

mais...

la France a plus besoin de toi.

Je reviendrai.

Attends-moi.

Pars vite.

Dieu te protège.

Vous êtes prête ?

Arrêtez-les ici.

D'où vient cette lumière ?

Du pont Louis-Philippe, au coin.

Quelle heure est-il ?

4 heures moins une.

- Il faut attendre. - Pourquoi ?

Il est trop tôt.

C'est ce qu'on attendait !

- Le canot de la patrouille ! - Les hommes sont dedans !

Attrapez-les ! Tirez !

- Arrêtez-les ! - Rien ne peut les arrêter !

Ils vous ont battu !

Tout comme la France vous battra.

Paul reviendra à la Victoire.

Dites-lui que je voulais tant vivre pour lui.

Vous vivrez

dans le coeur de la France

à sa résurrection.

Merci, père.

Taïaut, Paul.

Sous-titrage : C.M.C.

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