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Merde.
Installez-la au bloc, je serai là vers 7 h 30.
Et commencez-le.
- Ça va ? - Oui.
Je suis là. L'autre patiente, c'est comment ?
Vous lui expliquez la situation.
Viens, mon chat.
Là.
- Salut. - Ça a commencé.
Oui.
- Salut, ça va ? - Salut. Ouais.
OK.
- Et puis après, le 30. - Le 30.
OK.
On teste le micro ?
Oui.
Encore dix secondes.
Patricia te présente et on passe aux questions.
D'accord.
- Trois, deux, un... - France Culture...
- L'esprit d'ouverture. - On y va.
En direct de Moscou, on reçoit Dimitri Vassiliev,
le controversé metteur en scène qui ouvre la saison à l'Opéra de Paris
avec La Fille de Neige de Rimski-Korsakov.
Dimitri Vassiliev, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes connu pour vos mises en scène très politiques.
Vous subissez les foudres du pouvoir.
Est-ce que vous allez vous assagir...
pour ne pas heurter le public parisien, réputé conservateur ?
Non, non, pas du tout.
La France est le pays de la révolution, de l'ouverture.
Je crois que ça va bien se passer.
J'ai toujours rêvé de mettre en scène à Paris.
Cette ville a une place particulière dans mon cœur.
- Bonsoir. Vous êtes deux ? - Oui.
La semaine prochaine, autre ambiance. Un congrès d'aéronautique.
- J'ai des termes d'aviation à apprendre. - Genre ?
Genre...
Ça veut dire quoi ?
Mise au point de matériaux nanostructurés.
Excuse-moi.
Allô ?
Attends deux minutes, j'arrive. Oui ?
Oui.
OK.
D'accord.
Très bien.
Ouais.
Putain.
Mais vous m'avez fait peur.
Ça va ?
Désolé, faut que j'y retourne.
- Quoi, là ? - Ouais, la nouvelle interne...
Elle comprend rien. Elle est nouvelle, quoi.
- Mais... - Désolé.
- Tu es de garde ? - Non, mais c'est mon service.
- Bon, tu vas faire quoi ? - Je sais pas, du coup.
- Tu rentres à la maison ? - Oui.
On se voit tout à l'heure ?
J'en ai pas pour longtemps. Je t'appelle.
Bon courage.
- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.
Bonjour, ce serait pour un verre.
Désolé, la table est réservée. Dans l'autre salle ?
- D'accord. Juste là ? - Tout à fait.
- OK. - Allez-y.
Excusez-moi, l'autre salle est là-bas ?
Ouais, c'est juste au fond, à droite.
Merci.
Bonsoir !
- C'est libre, là-bas ? - Bien sûr, installez-vous.
Tout se passe bien ?
Here you go. The croque-monsieur.
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE, THOMAS
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Non, non, c'est...
- Allez-y. - Merci.
Je te ramène ?
Non, non, non !
Qu'est-ce qui s'est passé après ?
Tout s'est effacé de ma mémoire.
La cicatrice doit se stabiliser avant qu'on intervienne.
Vous pouvez vous rhabiller.
Elle est quand même bien refermée.
J'aimerais bien passer à autre chose.
Dans sept mois, on verra mieux pour la chirurgie.
Là, c'est trop inflammatoire.
Dans sept mois ? D'accord.
Mais on pourra quand même...
la faire disparaître ?
On va faire ce qu'on peut, mais on est pas des magiciens.
- Vous avez pas encore repris le travail ? - Non.
Pas encore, mais bientôt, je...
J'étais à la campagne, chez ma mère.
Ça fait du bien de revenir.
Messieurs dames, en raison de travaux, on est contraints de dévier la ligne.
Monsieur, vous pouvez rouvrir les portes ?
Les toilettes, c'est par ici.
Je cherche pas les toilettes.
OK, je vois.
Euh...
Adressez-vous à l'association qui organise les visites le lundi matin.
C'est pour les gens...
Les gens comme vous, quoi.
Comme moi, c'est-à-dire ?
Les victimes qui ont besoin de revoir les lieux.
Je sais pas, ils discutent. On ferme pendant ce temps-là.
Là, c'est le service, je peux pas... Vous comprenez ?
Vous voulez un café ?
Euh...
- Oui, merci. - Ouais ?
C'est pour moi, madame.
- Tu es restée longtemps chez ta mère ? - Trois mois.
Ouais.
Je t'ai écrit, tu m'as pas rappelée, j'imagine que...
Tu as peut-être pas envie de raconter.
Je vais pas forcément te demander les détails.
Hein ?
C'est pas facile de savoir de quoi te parler.
Tu peux apporter le gâteau ?
Oui, bien sûr.
- Ça va ? - Ça va.
- Ouais, ça va. Je prends les... - OK.
- Les verres à champagne. - D'accord.
- À tout de suite. - À tout de suite.
Et hop !
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE, VINCENT
JOYEUX ANNIVERSAIRE !
Ça va, mon chéri ?
- Mais tu es là. - C'est toi.
Ouais, je fais une petite pause.
Dans le noir ?
- Je suis près des bouteilles. - Tu vas pas rester là.
Allez, viens.
- Merci. - Bonne soirée.
- Bonne soirée. - Salut.
- Salut. - Salut.
C'était bien de te voir.
Tu as l'air en forme.
- Il te soutient, Vincent ? - Oui.
- Salut, les filles. Merci, Mia. - SALUT.
À bientôt.
- Prends soin de toi. - Merci.
- Salut. - Ciao.
Tu vois, avant, les gens...
se confiaient à moi, ils me...
J'aimais bien ça.
Mais là, c'est l'inverse, c'est...
Comme si j'étais devenue une attraction.
Même toi, tu me parles différemment.
Moi ? Pas du tout.
Bah, si.
Si, comme s'il fallait faire attention à moi.
Bon ? Je m'en rends pas compte.
Tu peux pas empêcher les gens de penser à toi.
À tout ce qui t'est arrivé.
Ouais...
il pleuvait déjà quand tu es parti ?
Non, enfin... Non, je sais plus.
Je me souviens qu'il pleuvait pas.
C'est après qu'il a commencé à pleuvoir.
Jusque-là, je me souviens très bien.
Tu as dû repartir à l'hôpital, non ?
Peut-être.
Si, si.
C'est ça, je m'en souviens bien.
J'étais à l'hôpital depuis une heure
quand l'alerte a été déclenchée.
Les hôpitaux devaient cesser leurs activités secondaires
et se préparer à recevoir les blessés.
Et puis les blessés ont commencé à arriver.
Je me rappelle l'odeur de poudre dans les couloirs.
Je t'ai appelée, mais tu répondais pas.
Je te croyais déjà à la maison.
On m'a demandé de faire le tri, plus urgent, moins urgent.
Les blessés par balle, les brûlés.
On nous a dit que deux autres lieux avaient été touchés,
que c'était une attaque coordonnée.
Et tous les hôpitaux étaient mobilisés.
Le matin, tôt, j'ai reçu un appel de l'hôpital
où tu avais été transportée.
Tu étais blessée.
Ils avaient mis du temps à t'identifier parce que tu parlais plus
et que tu avais pas tes papiers.
Je suis venu te voir.
Et en rentrant dans le taxi, je suis passé par la rue du restaurant,
il y avait des fleurs et des dessins d'enfants,
c'était comme un couloir dans lequel les gens défilaient
en silence, comme une procession.
- Sarah, je m'occupe de l'association. - OK.
Bonjour, j'étais dans l'attentat.
J'avais compris.
- Comment tu t'appelles ? - Mia.
D'accord, Mia, assieds-toi. J'arrive tout de suite.
C'est super que tu sois venue.
Non, moi non plus.
Mais il faut. C'est important que tu dormes,
que tu récupères tes forces.
Parce que comme ça, ta mémoire va fonctionner mieux aussi.
Une fois que tu arrives à te souvenir,
- c'est le début de la guérison. - Tu as raison.
- Ça affecte le reste. - Oui.
Vous pouvez vous asseoir ailleurs ?
S'il vous plaît.
Mes parents étaient assis là.
Pardon, je savais pas. Je suis désolée.
Je... je me mets là ?
- Pardon. - Vous étiez assise où ?
Euh, moi, j'étais dans l'autre salle.
J'étais pas avec mes parents ce soir-là.
J'aimerais savoir les derniers mots qu'ils ont dits.
Savoir de quoi ils parlaient.
S'ils étaient heureux à ce moment-là.
S'ils s'étaient disputés, je sais pas.
Vous comprenez ?
Peut-être que vous les avez vus.
Je vais vous montrer quelque chose.
Je dois y aller.
Tu pars ?
Je sais pas pourquoi je suis venue.
J'étais avec quelqu'un de claustrophobe.
Il peut pas rentrer, mais il veut te parler.
Merci.
Vous vous souvenez de moi ?
Non.
Mais...
J'étais à la table en face de vous.
On fêtait un anniversaire.
Je me souviens plus de rien.
Vous aviez commandé un verre de vin.
J'ai pensé que vous attendiez quelqu'un.
En une fraction de seconde, vous avez disparu.
Des Chinoises vous masquaient.
Quand vous êtes réapparue, vous aviez de l'encre sur les mains.
Vous vous êtes mise à chercher un mouchoir.
Plus vous cherchiez,
plus vous vous mettiez de l'encre partout,
vous en aviez un peu sur le visage.
Vous m'avez fait rire.
Vous vous êtes moqué de moi ?
Non, non, pas du tout.
C'est ce que vous pensiez.
Que je me moquais de vous.
Vous m'avez regardé...
très énervée.
Mais...
Mais oui, c'est ça. En fait, je...
J'écrivais, j'avais un stylo-plume. J'étais en train d'écrire ?
Je sais pas. Peut-être, j'imagine.
Il s'est passé quoi, après ?
Ensuite, vous vous êtes levée.
Vous avez traversé le restaurant, vous avez dû aller aux toilettes.
Vous vous souvenez de rien ?
Non.
Les moments ont disparu, je me rappelle plus.
Enfin, plus très bien. J'ai encore des...
des images avant l'attaque, des sons.
Mais quand j'ai vu les premiers morts, tout s'est... effacé.
Je me rappelle plus rien.
Vous avez de la chance.
- C'est votre voiture ? - Ouais.
C'est quoi, votre nom ?
Mia.
- Mia. - Et vous ?
C'est Thomas.
Vous avez le droit de conduire ?
Non.
Ça va, c'est bon.
Vas-y ! Quoi, j'arrive !
- Bouge ta voiture, je suis pressé. - Regarde ma jambe !
Je pense que quand je me suis levée,
elle m'a attrapé la main, et...
elle m'a tirée vers elle, je l'ai suivie.
- Et après, je sais plus. - Mia ?
- Tu es déjà de retour ? - Oui, je...
- Je parlais avec Thomas. - Oui, c'est bien.
Il m'a rappelé quelque chose que j'avais oublié.
J'étais assise là.
C'est très bien, ça.
- Ouais. - Comme ça, tu peux reconstituer
le puzzle.
Qu'est-ce que vous faites ici, vous ?
Pardon ?
Bah, j'étais là, comme vous. J'étais assise là.
Pas ici, non, pas du tout.
Vous étiez aux toilettes, je vous reconnais.
Vous y êtes allée au premier coup de feu.
Moi ?
Oui, vous.
Vous avez fermé la porte à clé alors que d'autres voulaient se cacher.
Mais vous n'avez pas ouvert.
Comment est-ce que vous osez venir ?
J'ai pas fait ça.
J'ai pas fait ça.
- J'ai... - Vous avez pensé à vous avant tout.
Comment est-ce que
vous osez venir ici aujourd'hui ?
Vous devriez avoir honte.
C'est affreux, ce que vous avez fait.
Mais qu'est-ce que tu fais ?
Désolée, j'y vais.
Où tu vas ?
À la maison. On se retrouve là-bas.
- Tu es sûre ? - Ouais, je suis sûre.
Pardon, monsieur, pardon.
Excusez-moi.
Oui, bonjour, c'est Mia. Euh...
On s'est rencontrés au restaurant, on s'est parlé.
Je...
Vous pouvez peut-être m'aider. Vous pourriez me rappeler ?
Merci.
Allô ?
Merci de me rappeler.
J'ai pensé que vous pouviez peut-être m'aider pour...
Je suis désolée.
Vous êtes sûr que ça vous dérange pas ?
Oui ?
Bonsoir.
Bonsoir.
- Entrez. - Sarah m'a donné votre numéro
mais elle a pas parlé d'hôpital.
Tout va bien.
Je devais être opéré cette après-midi mais ce sera demain matin.
Donc ça va.
J'ai déjà été opéré trois fois.
On reconstruit mon tibia morceau par morceau.
Mais je vous assure, tout va bien.
J'ai des éclats de balle dans l'autre jambe.
Mais ça, j'ai pas envie de le faire maintenant.
Je fais durer le plaisir.
On va pas y passer la nuit.
Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
Il paraît que vous vous souvenez de tout ce qui s'est passé.
Oui.
Pourquoi vous voulez vous souvenir ?
J'ai peut-être fait quelque chose.
Comme quoi ?
Rien, je... Sarah m'a dit
que vous vous souveniez de détails.
Peut-être que vous vous souvenez de ce que j'ai fait
après être partie. Je suis revenue ?
Non.
Asseyez-vous.
Je me rappelle pas vous avoir vue revenir.
Mais peut-être que quelqu'un vous a vue.
Vous êtes allée voir sur le site ? Les annonces sur le forum ?
Non.
Je savais pas que ça existait.
Je découvre un nouveau monde.
Je veux me souvenir.
Vous pouvez pas faire ça seule.
Il faut être au moins deux pour ça.
Je vous conseille d'aller sur les sites.
Vous connaissez le Facebook de l'association ?
- Non. - Vous devriez y passer du temps.
Ça va vous plaire, vous êtes journaliste.
Je vous ai googlée.
Voilà.
Mia Loreau. Vous travaillez toujours à la radio ?
Je travaille à la radio, parfois, mais je suis traductrice de russe.
Traductrice de russe ?
Ouah.
Ça doit être dur.
Ma mère parlait russe couramment à la maison,
donc pas tant que ça.
- Vous prenez mes cigarettes ? - Oui, bien sûr. Là ?
Vous fumez ici ?
Non, au bout du couloir, il y a une sortie.
Je veux bien la parka aussi.
Au fait, tu m'as pas répondu.
Au restaurant,
tu attendais quelqu'un ?
Non.
Mais...
tu as une idée de pourquoi tu étais là ?
Le hasard.
Je suis pas rentré là par hasard.
Quelqu'un avait fait une réservation.
C'était mon anniversaire, on venait de nous annoncer les primes.
Je suis dans la finance.
Je déteste fêter mon anniversaire.
Ils voulaient me faire une surprise, je faisais un peu semblant.
Je voulais pas les vexer.
Tu étais avec des filles, non ?
Ouais, deux collègues.
Bah, elles sont plus là.
Les familles sont venues me voir.
Je savais pas quoi leur dire.
J'avais honte d'être là à leur place.
Ouais.
Tu as un mari ?
Ouais, on est pas mariés.
Ça veut dire que tu es libre.
C'est pas vraiment l'idée.
Tu as des enfants ?
Non.
J'ai pensé à ça pendant l'attaque.
Au fait que j'en aurai pas eu, j'aurai pas connu ça.
Vous êtes là ? On vous cherchait !
- Pardon. - Les visites sont interdites le soir.
Je suis désolée.
J'arrive.
On y va ?
Allez, on tire !
Merci !
Tu viens me voir demain ?
Ouais.
Bonne chance.
Arrivederci.
Tu m'apportes des mandarines, demain.
Des oranges.
Du chocolat.
Sarah m'a fait lire le rapport de police.
L'attaque a commencé à 20 h 49.
La police nous a libérés à 22 h 37.
Nous sommes restés cachés 1 h 48.
Je me rappelle que je me suis demandé
ce qu'on trouverait de moi, après ma mort.
Comment j'avais laissé mes affaires.
J'ai pensé à un yaourt entamé laissé dans le frigo.
Oui, Vincent, c'est moi.
Je vais pas rentrer.
Sonia déménage, elle m'a prêté son appartement quelques jours.
C'est à République.
C'est mieux que je sois seule en ce moment.
Je t'embrasse.
Je me rappelle ce bruit.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Tu étais où, toi ?
Dans la salle 1, autour du bar, avec une amie.
Elle est morte sur le coup.
J'ai eu du mal à reconstituer les choses.
C'était pas simple.
Quand on a créé l'association,
je pensais pas qu'autant de gens auraient eu besoin de revenir ici.
Mais on fait partie de la même famille.
Si tu veux venir demain avec nous place de la République,
on va se recueillir avant qu'ils retirent
les fleurs et les bougies.
Oui.
Je suis venue à Paris pour mes études d'architecture.
Je suis tombée amoureuse, je suis restée.
Tu te rappelles quelque chose ?
Non, désolée. Je te fais perdre ton temps.
Pas du tout, on est là pour ça.
Tu connais le diamant dans le trauma ?
Non.
L'idée qu'au cœur du malheur, le bien peut arriver.
Tu vas trouver le tien. J'en suis sûre.
On peut ressayer une fois ?
Bien sûr.
Imagine la pièce sans tout ça.
C'était un débarras, beaucoup plus sombre.
Là-haut, des gens ont réussi à se cacher.
Non, c'était pas là.
La lumière a changé aussi.
Non, c'était pas ça.
Je me souviens de gouttes d'eau sur la main.
C'est l'autre, alors. Viens.
Attends, je vais t'éclairer.
C'était ici ?
Oui.
Il y avait quelqu'un avec moi.
On m'a tenu la main.
Je me rappelle plus son visage, mais il avait un tatouage.
Un tatouage sur l'avant-bras.
Un tablier en sang.
Dans ce secteur, il y avait des gens des cuisines.
C'était peut-être un cuisinier.
Mais beaucoup sont morts.
J'aimerais tant pouvoir t'aider, mais...
Des gens du personnel n'ont pas été recensés.
C'est ce que j'ai entendu dire.
Bonjour.
Vous vous souvenez de moi ? J'ai une question.
Euh... ouais.
Il reste des employés du soir de l'attentat ?
Non.
Vous êtes sûr ?
Oui, je vous ai dit, ils ont tous été remplacés.
Même les cuisiniers, les...
- Les serveurs ? - Même les cuisiniers sont partis.
Écoutez, j'étais pas là. Je sais pas ce qui s'est passé.
Vous vous occupez de la salle à côté ?
S'il vous plaît.
J'ai pas fini celle-là.
Vous finirez après.
Merci.
OK.
Bonjour.
- On s'est vues, vous vous souvenez ? - Oui.
Vous connaissez Thomas ?
- Non. - Avec les béquilles. il était là.
- Un peu. - Il m'a dit que vous travailliez là.
J'ai quelques questions.
Sur les gens qui travaillaient avec vous.
J'ai besoin de vous, je cherche quelqu'un.
OK, mais pas longtemps. J'habite loin.
Je cherche celui avec qui j'étais pendant l'attaque.
C'était un cuisinier.
Il avait un tablier, en tout cas. Et il avait un tatouage, là.
Je l'ai pas vu parmi les morts.
Beaucoup de cuisiniers étaient sans papiers.
C'est pour ça qu'ils sont pas... qu'ils sont pas répertoriés.
Ils sont partis dans la nature.
Alors ils sont pas morts ?
Tout le monde a été changé.
Moi, je suis restée, je suis française. Le manager était OK pour me garder.
La police a posé des questions.
Elle trouvait bizarre que des employés aient disparu.
On a rien dit.
Tu aurais leurs noms ?
Promets que tu parles pas de moi.
Je risque des ennuis, je peux pas perdre mon boulot.
C'est promis.
- Tu t'appelles comment ? - Nour.
Mia.
J'ai aussi cherché la personne avec qui j'étais.
On était cachés dans le faux plafond, dans les ventilations.
J'étais si persuadée de mourir qu'on s'est embrassés.
C'était un Australien qui visitait Paris.
Tu l'as revu ?
Non.
On a été séparés pendant l'évacuation.
Il était légèrement blessé.
Je l'ai cherché comme une dingue sur Facebook.
Mais je l'ai pas retrouvé.
On était à droite de l'entrée.
On était quatre, deux sont morts. Il restait moi et l'Australien.
J'ai vu le tueur pendant l'attaque.
Il avait une gueule d'ange.
Je sais pas, il était...
il était souriant.
Il avait l'air si gentil.
On aurait dit qu'il allait acheter des cigarettes.
Après ce qu'il s'est passé,
je suis rentré chez moi.
Heureusement pour moi, c'était assez loin.
J'ai jamais raconté ce qu'il s'est passé avec toi.
Je connais même pas ton nom.
J'en ai pas parlé à ma copine. D'habitude, je lui dis tout.
Ce jour a été sans aucun doute le pire de toute ma vie.
Mais je me suis jamais senti aussi proche de quelqu'un.
Tu me tenais comme s'il te restait que moi.
Je sais que tu as essayé de me joindre.
J'ai pas répondu, et je le ferai pas.
Ça me ferait penser encore plus à toi.
Je veux pas penser à toi tous les jours.
Mais j'y arrive pas.
Excusez-moi, je peux vous parler ?
Regardez-moi, s'il vous plaît.
J'étais pas dans les toilettes.
Maintenant, je me rappelle bien.
J'y étais, mais avant l'attaque.
Vous en savez quoi ?
Je m'en suis rappelé.
Je tenais la main de quelqu'un, un cuisinier.
Vous m'avez confondue avec quelqu'un. C'est pas grave, mais...
Vous m'avez confondue.
Si ça vous fait plaisir.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Désolée de vous déranger, il est tard.
Je vous ai vue, tout à l'heure.
Bah, viens, entre.
J'ai rien, tu veux de l'eau ?
Euh, ouais, s'il te plaît.
Tiens.
Tu as trouvé celui que tu cherches ?
Non.
Je veux savoir s'il est vivant.
Il y a cette femme, tu sais, qui m'accuse de m'être enfermée.
Mais je crois pas.
Je crois que c'est autre chose.
Elle en sait rien non plus.
Si tu sens qu'il est vivant...
ils ont gardé les affaires des victimes, au Quai des Orfèvres.
- Bon ? - Oui.
- Tu as pas vu sur Facebook ? - Non.
Tu devrais aller voir.
Tu trouveras peut-être quelque chose.
J'y suis allée avec ma tante.
Ils gardent tout dans un sac plastique.
Il y a une drôle d'odeur.
Il y avait pas grand-chose, seulement une carte postale pour moi.
Je l'ai, si tu veux.
C'est les Nymphéas.
Ils m'avaient proposé de venir avec eux.
On s'était engueulés toute la journée.
Je peux plus quitter quelqu'un sans me réconcilier avec.
On sait pas ce qui peut arriver.
Quand j'ai su, j'ai envoyé un message à mon père.
Il m'a répondu qu'ils étaient cachés.
Ils attendaient la police.
Il a dit qu'ils pouvaient pas m'appeler, pour pas être entendus.
C'est là que l'attente a commencé.
On savait pas ce qui se passait, on était impuissantes.
À un moment, on a juste arrêté la télé.
On s'est tenu la main.
Tu devrais pas y repenser maintenant. Tu devrais dormir.
Parfois, j'ai l'impression de les reconnaître dans la rue.
J'aimerais aller au musée où ils ont été.
Voir les dernières choses qu'ils ont vues.
Trouver ce tableau.
J'aurais l'impression de leur dire au revoir.
Il fait chaud ici, non ?
Tu as à manger ?
Je suis désolée, j'ai rien ici.
Je vais te chercher quelque chose à l'épicerie, d'accord ?
On va s'en sortir.
Respire.
Encore, respire.
Voilà.
Félicia ?
C'est bien à vous ?
Oui.
On a trouvé ça dans le sac. Vous pouvez vérifier.
Non, ça va.
Une signature, alors.
Merci.
Un code rouge ici, s'il vous plaît.
On se dépêche !
Allez, installez-vous là.
Juste ici, allez.
- Il y avait quelqu'un avec moi. - On s'en occupe.
Comme ça.
- Plus fort. Appuyez. - Laissez-nous le passage.
J'en ai trois. Il m'en manque trois !
Super.
- Tu as besoin d'un coup de main ? - Non, je te remercie.
Je t'ai pris un cadeau.
C'est gentil.
Ça a l'air de te faire plaisir.
Si, au contraire, c'est bien.
Tu me cultives, ça me touche.
N'importe quoi.
Je t'ai appelée mais tu répondais pas.
J'avais pas mon téléphone.
- Tu avais pas envie de revenir. - Si.
J'ai fait ce que tu m'as dit. Je suis retournée au restaurant.
Et...
Je me suis rappelé quelque chose.
Quoi ?
Je tenais la main de quelqu'un.
Je veux savoir s'il est vivant.
Je suis pas sûr que de te souvenir, ça puisse t'aider.
Crois-moi...
Je crois que... C'est pas une bonne idée.
Ça va ?
Tu as des antidouleurs ?
Non, mais je veux rien.
J'ouvre la fenêtre.
Non, ça va. Arrête de t'agiter, ça va.
Tiens.
Fais-moi plutôt la lecture.
Je sens que tu lis très bien.
Mais...
- On m'a jamais lu d'histoires. - Moi non plus.
Si ça te gêne, je peux fermer les yeux.
Vas-y.
- Tu veux que je les ferme ? - Oui.
OK.
Bonjour.
Bonjour.
Estelle, la femme de Thomas.
On s'est rencontrés à cause de... Je vais vous laisser.
- Attends. - Non, bougez pas.
Il doit signer des documents pour les assurances.
- Au revoir. - AU REVOIR.
Ça va ?
Ouais. Écoute, signe ça.
Attendez !
Je suis désolée, je savais pas.
Ce que vous avez vécu, je peux pas le partager avec lui.
Thomas le sait pas, mais moi, je sais.
On arrivera pas à surmonter ça.
Je comprends.
Tenez.
Il ne lit pas, de toute façon.
Je lis les annonces que les gens publient sur le forum Mémoria.
Comme Félicia, ils veulent savoir comment sont morts leurs proches
ou cherchent à retrouver des gens.
Je cherche un homme qui m'a aidé.
Blessé aux deux chevilles, salle 1, proche du bar.
J'aimerais savoir s'il a survécu.
Je pense à lui tous les jours.
La personne qui était contre moi était blessée par balle
deux fois au thorax.
Avec un T-shirt chiné violet ou rose.
J'ai pas posé la question, de peur de remuer trop de souvenirs.
Si vous savez ce qu'elle est devenue, contactez-moi en MP.
J'ai été évacuée à la toute fin.
Il ne restait que les personnes mortes.
J'ai essayé de pas regarder, les gens avaient l'air juste endormis.
J'espère que ça pourra apaiser certains d'entre vous.
Nous étions cachés dans un endroit
avec de l'eau qui coulait du plafond.
Vous m'avez demandé mon nom, je n'ai pas demandé le vôtre.
Vous aviez un tatouage et un tablier de travail.
Vous avez serré ma main, on s'est accrochés l'un à l'autre.
Quand la police est arrivée, j'ai lâché votre main.
La dernière fois que je vous ai vu, vous étiez blessé.
J'espère que vous vous en êtes sorti.
J'espère que vous êtes vivant.
C'est tout ce que je veux savoir.
Bah...
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je t'appelle, tu réponds pas.
Je m'inquiète.
Bah, viens, rentre.
Je comprends pas ce que tu fais.
Tu as quelqu'un, c'est ça ?
C'est ce truc d'association ?
Tu veux pas me parler ?
- Vincent, tu fais quoi ? - Allez.
Ça a assez duré, tu vas rentrer à la maison.
- Non. - Ça suffit.
- Vincent, non, pose ça. - Pourquoi tu me parles pas ?
Tu veux pas que je t'aide ?
Tu peux rien pour moi.
Moi, je peux rien pour toi ?
Je peux pas reprendre la vie d'avant, j'y arrive pas.
Et pourquoi ?
Pourquoi ?
Je dois te regarder devenir folle sans rien faire ?
J'aurais préféré y être, dans ce putain d'attentat.
Nour a retrouvé les noms
de deux cuisiniers de l'Étoile d'Or.
Ils avaient disparu des registres, recensés par personne.
Le manager allait chercher du personnel en urgence
près d'une boutique de cartes de téléphone.
Des sans-papiers y venaient pour se louer à la journée.
Personne ne connaissait les noms qu'elle m'avait donnés.
Mais on m'a parlé d'un placeur qui travaillait dans la restauration.
Bonjour.
Non, merci. Je cherche Hakim.
Vous voulez me parler ?
Oui.
Vous prenez quelque chose ?
Non, merci.
Vous pouvez me renseigner sur un cuisinier
qui travaillait à l'Étoile d'Or ?
Non, je vois pas.
Qui vous a parlé de moi ? Je comprends pas.
Je cherche quelqu'un qui y travaillait avant l'attentat.
Voilà. Quelqu'un qui était placé là.
Non.
Peut-être que vous avez un nom, une adresse.
Vous connaissez pas son nom ?
Vous connaissez pas les gens que vous placez ?
Je place personne.
Je suis pas loueur d'identité, je travaille ici.
J'ai deux cuisiniers, un aide-cuisine.
Je connais leur adresse, c'est tout.
Je veux vous aider, mais je vois pas de quoi vous parlez.
Quelqu'un a raconté n'importe quoi sur moi, j'aimerais savoir qui.
C'est pas contre vous.
Je cherche cette personne, elle m'a aidée.
C'est tout.
Qui vous a envoyée ici ?
Laissez tomber. Merci.
Au revoir.
Hé !
Oui ?
Je connais celui que vous cherchez.
- C'est un Sénégalais avec un tatouage. - C'est ça.
Je le voyais souvent, il a disparu. Vous le connaissez ?
Oui. Enfin, je connais pas son nom.
Driss Mbow.
- Driss Mbow. - Sur les papiers qu'on lui a prêtés.
Il les utilise pas dans la vraie vie.
Il habite dans un foyer à Porte de la Chapelle.
"France Horizon...
Et je loue pas d'identités.
On s'entraide, c'est tout. OK ?
OK.
Il y a quelqu'un ?
Bonjour.
Euh, pardon, la porte était ouverte, je suis rentrée.
Je cherche Driss Mbow.
Va jouer sur le lit.
- Vous le connaissez ? C'est un parent ? - Non.
J'étais dans l'attentat avec lui, il vous en a parlé ?
Je veux juste savoir s'il va bien.
Je sais pas si c'est son vrai nom.
C'est Assane.
Pas Driss.
Assane.
Il est vivant ?
Je sais pas.
Il est parti en Italie, je sais pas où.
Pardon, je peux ? Deux secondes.
Oui, j'ai de l'eau.
Tenez.
Il m'a laissé des affaires. Vous voulez voir ?
Si jamais il revient, vous me préviendrez ?
Oui.
Il est pas de la famille, mais on a voyagé ensemble.
Je vous laisse mon numéro.
Je peux prendre une photo de lui ?
Oui, bien sûr.
Je travaillais à l'Étoile d'Or depuis six mois.
Si les Sénégalais, Maliens et Sri-Lankais étaient en grève,
on mangerait pas à Paris.
Les patrons de café nous appellent les photocopieurs.
Ils disent qu'on peut copier une assiette à la perfection.
Un virement.
Et combien ?
Dans ma vie, j'ai toujours été chanceux.
Je passe entre les gouttes.
Le chef m'a demandé de descendre à la cave.
J'ai entendu les rafales à la dernière seconde.
Elle a pas remarqué tout de suite qu'elle était blessée.
Je lui ai promis qu'on allait pas mourir.
Pas ici.
J'avais traversé trop de dangers pour mourir ici.
Je dois retrouver ce détail dans le tableau.
Avant, je me demandais jamais si j'étais heureuse.
Maintenant, oui.
Mais on était si heureux.
- Oui, mais... - Je comprends pas.
Pourquoi tu m'associes à ça ?
Qu'est-ce que ça a à voir avec moi ?
C'est juste que maintenant, je sais qu'il faut...
Que je fasse quelque chose de cette histoire.
Quelque chose de nouveau.
On aurait dû faire un enfant.
Tu parlerais pas comme ça.
Mais si.
Ça aurait rien changé.
C'est notre choix à tous les deux, non ?
Je regrette pas.
Tu peux me le dire. Ce soir-là, tu étais pas à l'hôpital ?
Mais si, bien sûr.
Mais tu y étais pas pour une urgence.
Tu allais rejoindre quelqu'un.
Non, c'était pas une urgence.
- Bonsoir. - Ça va ?
Comment vas-tu ?
Bien et toi ? Je dérange pas ?
Pas du tout, on a invité des avocats pour des questions de procédures.
Alors, tu l'as trouvé ?
Non.
Non. Et j'ai plus de piste.
Je suis désolée. Je sais que c'est dur.
En effet, c'était un peu tard.
- Ouais, apparemment. - Je voulais vous parler.
Oui, je vous laisse.
On se voit plus loin, si ça vous dérange pas ?
D'accord.
Je sais que c'était pas vous, dans les toilettes.
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Je me suis trompée, j'ai...
J'ai confondu.
Je sais que vous n'y étiez pas.
Mon mari est mort là-bas, et...
J'ai mélangé les choses.
Il y avait quelqu'un dans les toilettes ?
Oui.
Vous savez qui c'est ?
C'était moi.
Excusez-moi.
- Bon, salut. - Allez, ciao.
- À vite. - À vite.
- Désolé pour la dernière fois. - Non.
- Si, si. - Non, non.
- Si. - C'est moi, je...
Ouais ?
J'ai voulu t'appeler, je...
Moi aussi, j'ai voulu, mais j'osais pas.
Et tu l'as retrouvé ?
Non.
Viens, on y va !
Allez !
On est des fantômes, personne nous verra.
Tu vas voir ?
C'est comment ?
C'est vivant, c'est bien.
- Pardon. - Pardon.
Et... il y a du monde ?
Oui, il y a du monde. Il y a de l'espace.
Ouais ?
OK, on y va.
Mais je checke les sorties de secours.
Il y en a forcément, si la mariée change d'avis.
Il faut une sortie, en cas de malheur.
Ouais, la mariée ! Allez, on y va.
Il y a de l'ambiance, bien.
Ça, c'est un appel.
C'est un appel à...
Bon, j'y vais.
- Tu viens ? - Non.
Allez, viens !
Allez !
Allez, viens !
- Ça va, tu es... - J'ai un peu chaud.
Faut que je respire.
Mais euh...
Je crois qu'on...
On doit faire ce qu'on aurait dû faire ce soir-là.
Quoi ?
Je t'aurais attendue. Que tu reviennes des toilettes.
Pour te parler.
Je me serais levé.
Je t'aurais apporté à boire.
Tu m'aurais regardé.
Je t'aurais fait rire.
Voilà.
Ça aurait marché ?
Oui.
- Oui. - Je suis très drôle.
Si, je crois que ça aurait marché.
Il faut conjurer le sort.
Je crois.
C'est une cicatrice.
Moi aussi, j'en ai.
J'y vais.
Tu vas où ?
J'ai juste une dernière chose à faire.
OK.
- À tout à l'heure. - Oui.
Essé !
Essé !
- Bonjour. - Bonjour.
Ça va ? Bonjour.
- Allez goûter, les enfants. - OK.
- Ça va ? - Oui.
J'ai essayé de t'appeler, ça marchait pas.
- J'ai changé de numéro de téléphone. - Bon ?
Tu sais, j'ai...
J'ai écrit une lettre pour Assane.
Est-ce que tu as son adresse en Italie ?
J'ai entendu dire qu'il y était pas.
Je crois qu'il est revenu.
Il est revenu ? Bon ?
Oui.
Il paraît qu'il travaille vers la tour Eiffel.
- Vous connaissez cette personne ? - Non.
Non ?
Bonjour, je cherche cette personne.
Ça vous dit quelque chose ?
Non, je le connais pas.
Non, vous connaissez pas ?
Vous l'avez perdu ?
- I'll have this one, chocolate donut. - Donut, exactly.
- THANK YOU ! - Thank you.
Bonjour, je pourrais avoir un café ?
Ouais.
- Tenez. - Merci.
- Merci. - Merci.
5 for this one.
Can you speak Spanish ?
- It's a lot. - No, it's a good price.
10 euros is a lot.
This one ?
- Yeah. - Five euros.
- Five euros ? - Snowballs ?
You want snowballs ?
- Ten euros. - And those ?
Five euros. It's a good price.
You want the big one ? Ten euros.
Ten euros ?
No.
- I'll take it for five. - Five ?
- Five ? - Five.
- Yes. - Thank you.
Where are you from ?
Wisconsin.
Wisconsin ?
Yes, thanks, man.
On a marché longtemps sans direction.
Ça lui faisait du bien de savoir que j'étais vivante quelque part.
J'avais le même sentiment que lui.
On était vivants.
J'étais vivante.
Merci de m'avoir tenu la main.
Sous-titrage : HIVENTY
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