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- Bonjour, Ahmed. - Salut, papa.

Tu as fermé de l'intérieur ?

Tu as fini tôt aujourd'hui.

L'examen était facile.

- Je prépare un truc à manger ? - OK.

D'accord.

Les examens se sont bien passés. Tout va bien.

Je suis avec papa à la maison.

D'accord, ne t'inquiète pas, mon chéri.

Oui, d'accord.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Ahmed, ferme le balcon et rentre.

Tu as fait quoi aujourd'hui ?

J'ai lu, comme d'habitude.

Tu as lu quoi ?

Le procès.

Encore ? Combien de fois l'as-tu lu ?

Deux fois.

Et toi ? Ta journée s'est bien passée ?

Oui.

Quand commences-tu les examens ?

C'est presque fini. J'ai eu français et science aujourd'hui.

Demain, c'est mon dernier jour d'examen.

Ah oui, bien sûr.

Tu n'aimes pas les pâtes ?

C'est pas bon.

Vraiment ?

Tu rigoles !

Je vais aller étudier un peu.

Tout va bien ?

Je cherchais un stylo.

Une augmentation des prix sans précédent et une économie faible

ont mené à une grande baisse du pouvoir d'achat du consommateur tunisien.

Dimanche, dans une déclaration de l'Institut national de la statistique,

le taux d'inflation a augmenté de 6,2 % en mars, contre 5,8 % en février…

Les prix sont un peu élevés pour…

Assez d'infos, papa.

On dirait que la fin du monde est pour demain.

Ce qui arrive demain dépend de nous.

Mais il ne faut jamais baisser les bras.

… ce qui est l'une des principales raisons de l'augmentation des prix

et de l'instabilité de ces dernières années.

Les experts affirment qu'il y a des solutions à la crise actuelle. Dont…

Tu veux du thé ?

… par les autorités sur les distributeurs et le contrôle des prix.

Afin de trouver une solution contre la hausse des prix…

Nous sommes tous égaux devant la loi.

Monsieur le juge !

La réconciliation n'est possible que si justice est rendue.

La justice n'a pas été rendue…

La réconciliation n'annule pas le besoin de justice.

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

Ça va, papa ?

Oui, oui. Et toi ?

- Merci pour le sandwich. - Régale-toi. J'arrive.

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

Ensuite, la réconciliation !

Tiens, ton chocolat.

Papa, tes médicaments.

- Quoi ? - N'oublie pas tes médicaments.

Tu ne sors pas aujourd'hui ?

Non.

Papa, tu n'y arriveras pas en un jour.

Je sais. Allez, ne sois pas en retard à l'école.

Ton rendez-vous est demain.

Tu vas être en retard.

Tu dois y aller.

Concentre-toi sur tes examens.

Mohamed !

Ah, Ahmed.

- Bonjour. - Bonjour.

Si papa sort, envoie-moi un message, d'accord ?

- Oui, ne t'inquiète pas. - Merci.

Où c'est ?

Où c'est ?

Qui l'a pris ?

- Bonjour. - Tu es très en retard.

Désolé.

Trouvez deux exemples de questions rhétoriques

dans ce texte.

Entrez.

- Désolés pour le retard. - Prenez une feuille.

Trouvez deux exemples de questions rhétoriques

dans le paragraphe ci-dessous.

Dernière question :

choisissez le mot qui complète le mieux chaque phrase.

Bonne chance à tous.

… lundi, l'adjoint du syndicat

entamera les négociations avec le gouvernement,

en soutien aux ouvriers des mines de phosphate de Gafsa.

Au sud de la Tunisie…

Sur les problèmes soulevés sur le phosphate de Gafsa.

Bonjour, monsieur Habib !

Ça faisait longtemps, vous m'avez manqué.

- Comment allez-vous ? - Bonjour, Saadia.

Je vais bien, merci de demander.

Désolé. Comment allez-vous ?

Ça va.

Mieux maintenant que je vous ai vu.

Quel est votre secret ?

Quoi ?

Vous devenez de plus en plus beau avec l'âge.

Ahmed est chez moi en ce moment.

Il doit vous ressembler.

Vous voulez…

venir prendre un café ?

J'ai un rendez-vous important, mais peut-être plus tard.

D'accord, je passerai chez vous prendre un café à votre retour.

- Bonjour, Mohamed. - Bonjour, monsieur Habib.

Votre carte d'identité.

Votre carte d'identité.

Quoi ?

Montrez-moi votre carte d'identité.

Levez-vous ! Debout !

Qu'est-ce qui se passe ?

- Vous êtes de Jendouba ? - Oui.

- Que faites-vous à Tunis ? - Comment ça ?

Répondez à la question.

J'ai besoin d'un visa dans mon propre pays ?

Taisez-vous.

Et répondez à la question !

- J'ai un entretien. - Pour quel travail ?

- Plombier. - Un entretien pour être plombier ?

- Oui. - Et vous avez un doctorat en plomberie ?

On n'est pas libre dans son pays ?

Venez avec moi !

- Allez ! - Lâchez-moi.

Calmez-vous, tout va bien.

C'est quoi votre problème ?

Vous êtes policier et vous faites votre travail.

Les dirigeants de ce pays ont créé un système

qui nous tourne les uns contre les autres.

Nous sommes tous victimes de ce régime ! S'il vous plaît, laissez-le partir.

Je vais vous arrêter pour vous montrer comment marche le système !

Nous ne devons pas les laisser faire.

Arrêtez.

Ils détruisent notre pays.

Taisez-vous.

Ils maltraitent les gens.

Ils détruisent la vie de ce pays.

- Ils volent ce pays. - Taisez-vous.

Ça ne durera pas ! Leurs jours sont comptés.

Taisez-vous.

Le pouvoir au peuple !

Nous ne les laisserons pas nous diviser.

Nous ne devons pas les laisser nous diviser !

Nous ne les laisserons pas nous monter les uns contre les autres.

La révolution approche !

- La révolution approche ! - Sortez.

- Vous êtes aussi des victimes ! - Dégagez.

- Vous êtes aussi des victimes ! - Dégagez.

Dégagez de là !

C'est terminé. Rendez vos feuilles d'examen.

J'ai dit que c'était terminé !

Bonjour, Mohamed. Papa est parti quand ?

- Il n'y a pas longtemps. - Comment était-il ?

- Comme d'habitude. - Comment était-il habillé ?

Il portait son costume et avait sa mallette avec lui.

- Appelle-moi quand il revient. - OK, pas de problème.

Monsieur Habib, pas encore !

- S'il vous plaît. - Ça suffit maintenant.

- Il acceptera aujourd'hui. - Vous savez ce qui s'est passé hier !

C'est la dernière fois. Je dois voir le procureur aujourd'hui.

Je sais, je comprends.

Mais partez, sinon je vais avoir des ennuis.

Je suis avocat, j'ai le droit d'entrer au tribunal.

Je ne peux pas vous laisser entrer.

Attendez ici !

- J'ai une audience. - À quelle heure ?

Montrez-moi votre carte d'identité.

Monsieur Habib !

Monsieur Ali !

Donnez-moi cinq minutes.

Monsieur Ali !

Monsieur Ali !

Vous êtes le seul à pouvoir rendre justice aux Tunisiens !

Vous seul pouvez faire éclater la vérité !

Monsieur Ali !

Ils ont oublié de demander justice pour les oppressés !

Ils protègent les agresseurs, mais qu'en est-il des victimes ?

- Avancez. - Et la justice pour les victimes ?

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

"Lorsqu'un jour le peuple veut vivre, Force est pour le Destin, de répondre.

"Force est pour les ténèbres de s'évanouir.

"Force est pour les chaînes de se briser."

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation !

Ensuite, la réconciliation !

Monsieur Habib, ne revenez plus, s'il vous plaît.

Vous devez arrêter de faire ça.

Avez-vous de la famille qui peut vous aider ?

Qu'est-ce que tu fais ? Donne-moi ce téléphone !

- Pourquoi l'utilises-tu ? - Pour rien.

C'est interdit en classe !

- Je sais. - Qu'est-ce que tu faisais, alors ?

Je voulais écrire à mon père.

Tu es chez ton père cette semaine ?

Oui.

Bon, écris-lui rapidement.

Merci.

- Laissez-moi vous aider. - Non, merci.

Salut, je n'avais pas vu ton appel. J'espère que ton examen s'est bien passé.

Où étais-tu ?

Réponds-moi. Où étais-tu ?

Tu…

Tu ne devrais pas être à l'école ?

Tu m'avais promis de rester à la maison !

- Je suis allé au marché. - Non !

Tu es retourné le voir, comme hier !

Tu essaies depuis des mois !

Pourquoi aujourd'hui ? Tu dois rester en sécurité. Il ne reste qu'un jour.

Je suis simplement allé au marché,

va te reposer maintenant, je vais préparer à manger.

Pourquoi prendre des risques, papa ?

Tais-toi et va étudier.

- Demain… - Tais-toi, je t'ai dit !

La vérité…

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation…

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation…

La vérité, la justice… et ensuite la réconciliation…

La réconciliation vient après…

Ahmed, à table.

Tu dois bien manger pour pouvoir te concentrer.

Je m'inquiète pour toi, papa.

Comment se sont passés tes examens ce matin ?

Papa, s'il te plaît…

Pourquoi prendre des risques ?

On attend depuis si longtemps qu'une place se libère à l'hôpital…

- Tu ne vois pas que je m'inquiète ? - Si.

Mais ça va.

Tu dois rester à la maison cet après-midi.

Je voulais essayer une dernière fois.

Tu peux compter sur moi.

Ne t'inquiète pas, je ne sortirai pas.

- Je ne vais pas à l'école. - Pourquoi ?

Je reste avec toi.

Non, tu vas à l'école,

tu te concentres sur tes examens, et moi je vais rester ici.

Je ne sortirai pas.

En plus...

En plus, je ne serai pas seul.

Saadia va passer…

boire un thé.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu es jaloux d'elle ?

Il n'y a rien entre nous…

On apprécie juste la compagnie de l'autre.

Non, je ne peux pas aller à l'école et le laisser seul.

Tu dois y aller.

Ahmed, tu ne peux pas rater tes examens.

Maman, papa ne va pas bien !

Il ne va rien lui arriver. Ne t'inquiète pas.

Impossible ! Il pourrait lui arriver n'importe quoi dehors !

Toi, concentre-toi sur tes examens, je passerai le voir.

Tu promets de venir ?

Oui, je te le promets.

N'arrive pas en retard à l'école.

D'accord.

Ahmed ! Deux tasses de thé, s'il te plaît.

Je suis content que vous soyez venue.

Moi aussi, monsieur Habib.

Appelez-moi Habib.

D'accord.

Non, il est très gentil.

J'adore Ahmed, il s'occupe de tout.

Parfois, j'ai l'impression que c'est lui, le père…

et moi le fils.

Demain, alors ?

Oui… Mais je vais bien, je ne vais pas y rester longtemps.

Vous savez pourquoi je voulais vous voir ?

Pour boire un thé ?

Parce que vous allez me manquer.

À moi aussi, Saadia.

Êtes-vous toujours en contact avec votre ex ?

Je ne me souviens plus de la dernière fois que je l'ai vue.

Elle ne prend pas de nouvelles d'Ahmed ?

Cette fois-ci, Ahmed reste une semaine avec moi,

mais d'habitude elle l'amène les week-ends,

elle le dépose en bas et repart.

Comment a-t-elle pu vous quitter ?

J'aimerais passer plus de temps avec lui.

Pose ça ici.

Tu ne dis pas bonjour ?

Bonjour, Saadia.

Je parle toujours de mon fils, je suis heureux que vous le rencontriez enfin.

Tu viens quand ?

Je termine ce que je fais et j'arrive.

Toi, va à l'école, je m'en occupe.

OK, dépêche-toi, s'il te plaît.

Où étais-tu ? Saadia voulait te dire au revoir.

J'étais au téléphone.

- Tu pars à l'école ? - Oui.

Ne t'inquiète pas, je suis sûr que tu auras de bonnes notes.

… il y a des milliers de manifestants dans les rues

pour protester contre la violence de la police…

… de violentes altercations entre la police et les manifestants,

de nombreux blessés…

… les protestations qui ont commencé à Sidi Bouzid

se sont multipliées partout dans le pays…

- Je vais bien, merci… - Nous voulons la chute du régime !

… les manifestations anti-corruption font face à une grande violence,

il y a eu des tirs à balle réelle contre les manifestants…

… des avocats des droits de l'Homme demandent au gouvernement

de stopper les violences contre les manifestations pacifiques

lors des derniers événements en ville. Une source sûre a indiqué à la chaîne…

Hachem !

Ils attaquent des innocents ! Ils veulent détruire notre pays !

- Ils veulent détruire… - Calme-toi !

Pourquoi as-tu éteint la télé ?

Quoi ?

- Viens, entre. - Je sais ce qu'ils veulent !

- Je le sais. Je les connais. - Je comprends.

- Viens, assieds-toi. - Je les connais…

- Je les connais. - Assieds-toi.

Assieds-toi et calme-toi.

Allez, assieds-toi !

Ne t'inquiète pas, assieds-toi.

Tout va bien.

Ne t'inquiète pas !

Bois un peu d'eau.

Les infos reprennent dans une heure. On les regardera.

Ils ont commencé à attaquer les manifestants,

ensuite ils iront les chercher chez eux pour les arrêter un par un.

Je sais comment ils procèdent. Ils vont venir me chercher.

Personne ne viendra te faire du mal ici, ne t'inquiète pas.

Je ne m'inquiète pas pour moi, j'ai peur pour Ahmed.

Bois encore un peu d'eau.

- C'est ton téléphone ? - Oui.

- Il est allumé ? - Oui.

- Vraiment ? - Oui.

Éteins-le ! Ils nous espionnent.

- Éteins-le ! - D'accord, je l'ai éteint.

Mais…

Ton fils grandit vite.

Il te ressemble beaucoup.

- Il me ressemble ? - Oui.

- Ahmed ? - Oui, c'est un bon garçon.

Que Dieu le bénisse.

Et si tu restais dîner ?

Je préparerai le ragoût épicé que tu aimes.

Pas aujourd'hui.

Une autre fois, peut-être.

Habib !

Ton appartement est inondé.

Arrête.

Habib, arrête !

Arrête !

Je dois nettoyer avant qu'Ahmed revienne.

Il faut qu'on parle. Tu sors cet après-midi ?

- Tu veux un thé ? - Je ne suis pas venue prendre le thé !

J'ai quitté mon travail pour venir ici !

Tu travailles trop, prends une journée de repos.

Tu sais pourquoi je suis venue ?

- Parce que tu voulais me voir ? - Non !

Parce que ton fils s'inquiète pour toi !

J'adore passer du temps avec Ahmed.

- Tu prends tes médicaments ? - Je peux compter sur lui.

On s'est disputés parce qu'il venait chez toi.

Au lieu d'étudier, il s'inquiète de t'amener à l'hôpital demain.

Tu as décidé de partir en emmenant Ahmed.

Ne quitte pas cet appartement jusqu'à demain.

Tu crois pouvoir l'éloigner de moi avec l'argent de ton mari.

- Tu ne vas pas bien ! - Ahmed veut être avec moi.

T'es-tu déjà intéressé à Ahmed ?

Ou à moi ? Ou même à toi-même ?

Tu ne t'intéresses qu'aux victimes !

Ahmed et moi sommes tes victimes !

J'obtiendrai la justice pour les victimes de la dictature.

Pour toutes les victimes !

Mais de quoi tu parles ?

Ben Ali et ses sbires seront traînés devant la justice.

Lamia, la révolution approche.

Tu me rends folle ! Quelle révolution ?

Je vais te montrer.

Lamia !

C'est quoi tout ça ?

Peux-tu m'expliquer ça ? Ces articles ?

"Nous obtiendrons la justice pour les victimes de l'ancien régime."

Tu comprends ? L'ancien régime ?

Ça veut dire que Ben Ali n'est plus là !

Là : "Dix ans après la révolution". C'est fini.

Il n'y a plus de révolution !

Tu comprends ? La révolution est déjà passée !

La révolution approche, et justice sera rendue.

Justice sera rendue ? Alors tout ça n'a aucun sens.

Non, Lamia, s'il te plaît !

- Non, s'il te plaît ! - Pas besoin de ça !

On peut s'en débarrasser !

Cet homme va m'aider à défendre les victimes !

Et pas besoin de ça !

Il va m'aider à rendre justice aux victimes.

Tout à la poubelle, il n'y en a plus besoin !

Et voilà !

Je te préviens,

si tu ne vas pas à l'hôpital demain, tu ne reverras plus ton fils !

Plus jamais !

Je voudrais ça.

Bonjour.

- Bonjour. - Un paquet de cigarettes, merci.

Bien sûr.

Et voici.

Désolé, j'ai oublié mon portefeuille.

Ne vous inquiétez pas, Ahmed peut me payer plus tard.

Merci.

Ne serait-ce pas cet avocat des droits de l'Homme ?

Je suis allée voir ton père, tout va bien. Je vais rester en contact avec lui.

Je t'appelle plus tard.

Ça veut dire que ça va ?

Oui, papa va être hospitalisé demain.

Ils vont s'occuper de lui et lui donner un traitement.

Demain, tout ira bien.

Parfois, j'ai l'impression que demain n'arrivera jamais.

- Je t'appelle tout à l'heure. - OK.

Papa !

Papa !

JE NE RENTRE PAS TARD. EN CAS DE BESOIN.

- Je t'appelle si je le vois. - Merci.

Salut, maman.

Comment s'est passé ton examen ?

Bien. Comment était papa quand tu l'as vu ?

Pourquoi, qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Rien, je voulais juste m'assurer que ça s'était bien passé.

Tu es où, là ?

Je suis descendu au magasin, papa est seul à la maison.

- Je t'appelle plus tard, bye. - Bye.

- Monsieur Ali ! - Arrêtez-vous, que faites-vous ?

Ça ne prendra qu'une minute,

je voudrais vous parler d'une chose importante.

Juste une minute, s'il vous plaît.

Laissez-le parler.

Monsieur Habib Ben Amor, bienvenue chez moi,

que puis-je faire pour vous ?

J'ai des preuves que des fonctionnaires de l'ancien régime

ont été impliqués dans des actes de torture.

Ces fonctionnaires sont toujours libres et à de hauts postes ici.

Nous avons clôturé la plupart de ces dossiers.

Je suis au courant, mais ces problèmes ne sont pas une priorité.

Mais les victimes méritent la justice et les responsables doivent être punis.

Les Tunisiens comptent sur vous

pour leur redonner foi dans le système judiciaire.

Il y a eu la glorieuse révolution et nous en sommes tous fiers.

Tout citoyen qui a été opprimé mérite la justice,

mais il ne faut pas s'accrocher au passé,

il est temps de se tourner vers l'avenir.

Comment avancer si des blessures du passé sont toujours ouvertes ?

Nous avons un pays à diriger…

Des familles affamées à nourrir.

Nos priorités ont changé.

Je vous conseille d'oublier le passé, de vous concentrer sur l'avenir

et d'arrêter de jouer au héros.

Je ne suis pas un héros.

Oui, j'ai été torturé en prison, mais je suis encore vivant.

Certains sont morts et ont laissé une famille derrière eux.

C'est le devoir de la Justice de rendre justice aux victimes.

Ce sont vos propres mots, monsieur Ali…

Vous avez déclaré :

"Nous obtiendrons la justice pour les victimes de l'ancien régime."

Ce sont vos mots, non ?

Répondez-moi.

Où allez-vous ?

Il y a des milliers de victimes. Qui leur rendra justice ?

Partez !

Mohamed Bahri est mort en laissant quatre enfants.

Larbi Ben Belgacem et son frère sont morts sous la torture.

Samira Lahmar a disparu le 5 juin 2007, et il n'y a aucune trace d'elle,

comme bien d'autres.

Les Tunisiens veulent connaître la vérité !

La vérité éclatera tôt ou tard !

Tais-toi.

On t'a dit de dégager.

"Pour la gloire et la grandeur de la Tunisie !

"Hommes et jeunes du Pays !

"Que ne vive point en Tunisie quiconque la trahit."

"Que ne vive point en Tunisie qui ne sert pas dans ses rangs !

"Nous vivons et mourons pour l'engagement.

"La vie des Augustes ou la mort des Grands !

"La vie des Augustes ou la mort des Grands !"

Je t'ai amené les sucreries que tu aimes.

- Merci. - Ne t'inquiète pas.

Il avait peut-être un truc à faire.

- J'espère. - Je vais rester et l'attendre avec toi.

D'accord, entre.

Ne t'inquiète pas, il est sûrement sur le chemin du retour.

Le voilà !

J'espère que ça va aller.

Merci.

Laisse-moi faire.

- Tu as mangé ? - Non.

- Je vais te préparer un truc. - Pas maintenant.

J'ai besoin d'un bain.

Je dois être présentable demain.

Ahmed…

Ne t'inquiète pas pour tes examens…

Je sais que tu as fait de ton mieux.

Regarde-moi.

Tu sais que je suis fier de toi.

Je sais.

Ne pleure pas.

Ne t'inquiète pas.

Tu as toujours de bonnes notes.

N'aie pas peur, fiston.

Attends, je vais t'aider.

Je vais faire couler le bain.

Je viens d'apprendre ce qui s'est passé.

Pourquoi vous ont-ils fait ça ?

La vérité éclatera tôt ou tard.

De quoi parlez-vous ?

Vous ne pouvez rien me cacher.

Vous le savez.

Laissez-moi voir.

Qu'ils aillent au diable.

Ils vous ont frappé.

Saadia…

Ahmed est là.

- Je vais y aller alors. - Saadia !

Oui ?

La prochaine fois, d'accord ?

Il faut que je repeigne l'appartement.

Tu m'aideras ?

Bien sûr.

Je veux que tout soit parfait quand tu reviendras ici à mon retour.

Je veux seulement que tu ailles mieux.

Elles te font mal ?

Au contraire, elles m'ont appris à être patient…

Elles m'ont immunisé contre la douleur.

Ahmed…

Je ne veux plus te faire souffrir.

Ce n'est pas ta faute, papa.

Je sais que c'est ce qu'ils t'ont fait qui t'a rendu comme ça.

Quand tu iras mieux, ils ne pourront pas continuer à t'ignorer.

Donne-moi ta main.

Mange, papa, ça refroidit.

J'ai sali mes vêtements aujourd'hui.

Je dois les emmener avec moi pour les nettoyer.

Tu n'en auras pas besoin.

Qui sait ?

Ahmed, pose ce pain !

- Ce n'est pas le pain que j'ai acheté. - Quoi ?

- Ils sont venus le changer. - C'est le pain que tu as acheté.

Ils veulent me tuer. Se débarrasser de moi. M'empoisonner.

Va dans ta chambre !

Salut, maman.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je viens de manger, je vais aller me coucher.

Ton père est calme ?

Ça va. Hachem nous amène à 9h demain.

Appelle-moi avant de partir. Je serai là quand tu arrives.

Tu ne vas pas venir avec nous ?

Hachem sera avec vous. Je préfère rester en retrait.

Parfois, j'aimerais que tu sois plus gentille avec papa. Bonne nuit.

Ahmed, s'il te plaît…

Je ne veux pas lui mettre plus de pression.

Bonne nuit, à demain.

Papa, n'oublie pas de les prendre.

Je n'en aurai pas besoin.

- Tu as pris tes chaussures ? - Elles sont dans le sac.

Garde ça avec toi.

Ce sont les documents originaux.

Je ne sais pas quand je sortirai.

Que dois-je en faire ?

Garde-les en sécurité.

Ils appartiennent à tous les Tunisiens.

Un jour, la vérité éclatera.

Va au lit et essaie de dormir.

Bonne nuit.

Papa !

Papa !

Ahmed !

Ahmed !

J'avais besoin de prendre l'air…

Tout va bien.

Je suis désolé, Ahmed.

Ne le sois pas. Je t'aime comme tu es.

Allons nous préparer.

Bonjour.

- Vous êtes prêts ? - Oui.

Bien.

Papa ! Hachem est là.

J'arrive dans une minute.

Je vais descendre la valise.

Fais attention.

Bonjour.

- Vous partez en voyage ? - Non, je ne pars que quelques jours.

- Bonne journée. - À vous aussi.

Ahmed.

- Donne-moi les clés. - Pourquoi ?

- J'ai oublié mon téléphone. - Je vais aller le chercher.

Ne t'inquiète pas pour les plantes, je m'en occuperai.

Et n'oublie pas le ragoût épicé quand tu reviens.

Ne t'inquiète de rien.

Habib Ben Amor, vous devez nous accompagner au commissariat.

- Pourquoi ? - Ne posez pas de questions.

Je ne comprends pas. Pourquoi je dois vous accompagner ?

Vous êtes entré chez le procureur général et l'avez menacé.

Emmenez-le !

Je ne suis pas entré chez le procureur général.

Je ne peux pas vous suivre.

Il a un rendez-vous à l'hôpital qu'il attend depuis longtemps !

Il n'aurait pas dû faire ça. Emmenez-le.

- Attendez ! Une minute. - Emmenez-le !

Je veux voir mon fils, s'il vous plaît !

Je veux voir mon fils juste une minute !

Ahmed !

Qu'est-ce qui se passe ?

Où va-t-il ?

Pourquoi vous l'arrêtez ?

Pourquoi vous l'emmenez ?

Répondez-moi !

Vous l'emmenez où ?

Papa !

Papa !

Je te promets que la vérité éclatera.

Tout le monde saura ce qui s'est passé !

Tu peux compter sur moi, tout le monde apprendra la vérité.

Tu peux compter sur moi, tout le monde apprendra la vérité.

Tu peux compter sur moi…

APRÈS LA CHUTE DE LA DICTATURE SUITE À LA RÉVOLUTION DU 14 JANVIER 2011,

DES DIZAINES DE MILLIERS DE VICTIMES DE L'ANCIEN RÉGIME,

QUI ONT ÉTÉ BATTUES ET TORTURÉES, ONT DEMANDÉ À ÊTRE ENTENDUES.

MAIS EN 2021, SOIT 10 ANS APRÈS LA RÉVOLUTION,

AUCUNE PLAINTE CONTRE LES COUPABLES

N'AVAIT ÉTÉ RECONNUE PAR LE RÉGIME.

ET LE 25 JUILLET 2021, LES GENS SONT DESCENDUS DANS LES RUES

POUR MANIFESTER POUR LES DROITS OBTENUS GRÂCE À LA RÉVOLUTION.

À LA MÉMOIRE DE MES PARENTS, AZIZA ET AHMAD

Sous-titres : Laure-Anaïs Perich

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