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Teste le son.
Parfait.
Qu'est-ce qui compte le plus,
quand on est mannequin ?
Je dirais : être beau.
Oui, et ensuite ?
- C'est tout. - Et marcher !
- Être beau et marcher ? - Oui.
Pas en même temps, si ?
Si, le plus souvent.
Ah bon, tu sais faire ?
Oui.
Montre-nous !
Vas-y.
Merci. Suivant !
Bonjour, bonjour !
Qu'est-ce qu'on a là ?
- Coucou, toi. - Ça va, mec ?
Est-ce que tes parents t'ont soutenu pour devenir mannequin ?
Complètement, dès le départ.
Même ton père ?
Même mon père. Pourquoi ?
Dans un secteur où tu gagnes trois fois moins qu'une femme
et où tu dois slalomer entre des homos qui veulent coucher avec toi ?
Canon.
Ici Lewis Taylor, avec mon meilleur ami...
- Tu t'appelles ? - Carl.
Mon meilleur ami Carl ! Comment ça va ?
Ça va.
C'est un casting pour une marque qui fait la gueule ou qui sourit ?
J'en sais rien.
Les marques souriantes sont souvent bon marché,
et plus une marque est chère,
plus on va mépriser le client.
Sous-entendu, si tu veux entrer dans ce club d'initiés,
allonge le fric.
C'est une marque qui fait la gueule.
Félicitations, content pour toi !
Si tu es pris, tu pourras porter des tenues chics
et mépriser le client.
Montre-nous comment tu fais la gueule.
C'est parti !
Allez, Carl, tu peux le faire.
Oui ! « Ne m'adresse pas la parole,
« je suis un mâle aryen supérieur trop obsédé par mon image
« pour m'intéresser à ce qui ne colle pas à mon image stylisée du monde. »
Attends...
« D'un coup, ce que je porte est bien moins cher.
« Du H&M ! »
Rapprochez-vous !
Vous aussi, rejoignez la famille heureuse, souriante et colorée,
pour pas cher !
#amitié #onesttouségaux
#happylife #agirpourleclimat
Oh non !
Pardon, mes chéris, je n'avais pas vu que c'était...
du Balenciaga que vous portiez.
« On est des durs, costauds, inaccessibles. »
Faites-moi votre tête Balenciaga.
Attention, je crois que c'est le retour de H&M !
« On rigole, on est bon marché et heureux. »
Rapprochez-vous bien !
Balenciaga revient.
Plus méchants que jamais.
« On est des portes de prison.
« N'approchez pas. »
Retour de H&M !
Balenciaga !
Et H&M !
Balenciaga !
H&M !
On les applaudit bien fort !
Quel talent !
Quel talent, Carl !
Bonjour.
Vous allez bien ?
C'est toi ?
Oui.
On le reconnaît à peine.
De quand date cette campagne ?
Quand c'était ?
Il y a trois ans.
Et l'autre, peut-être un an plus tard.
Bien, donc tu repasses des castings ?
Oui.
Tu peux marcher un peu, pour voir ?
Démarche rapide, sans sourire, sans t'arrêter.
Encore une fois.
Aujourd'hui, la mode n'est plus superficielle.
C'est l'intérieur qui compte.
Pense à une chanson que tu aimes, en marchant.
Regarde-moi.
Tu peux faire ça ?
Oui, comme une rythmique ?
Vas-y.
Il lui faudrait peut-être du Botox ?
Tu peux relâcher ton triangle de tristesse ?
La zone entre tes sourcils.
Un peu plus.
Et ouvre la bouche pour faire plus disponible.
Pas trop. Un peu moins.
Merci beaucoup.
Merci.
Suivant, s'il vous plaît !
SANS FILTRE
PARTIE 1 CARL & YAYA
Excusez-moi, il y a eu une erreur.
Ces places sont réservées.
Je dois vous demander de vous asseoir ailleurs.
- Mais... - Quoi ?
- Ce sont nos places. - Non.
Läckberg arrive !
Ce sont les places de Läckberg.
Suivez-moi, je vais vous installer plus loin.
Enfin...
Dépêchons-nous, ils arrivent.
Viens, on y va.
Venez.
Il faut qu'on libère vos places.
Merci beaucoup.
Pas de problème.
Bonjour, bienvenue.
Toutes nos excuses.
Et Gunilla ?
Excusez-moi, nous sommes quatre.
Mince !
Il nous faut une place de plus.
Votre attention ! Merci de tous vous décaler d'un cran à droite.
Tout le monde se décale d'un siège sur sa droite !
Allez !
Décalez-vous tous d'un siège vers la droite.
Très bien, parfait.
- Je m'assois où ? - Comment ?
Je n'ai plus de place.
Je crois qu'il y en a une au-dessus.
TOUS ÉGAUX
MAINTENANT
AGISSEZ MAINTENANT
AIMEZ MAINTENANT
UN NOUVEAU CLIMAT ENVAHIT LE MONDE
DE LA MODE
LE CYNISME
DÉGUISÉ EN OPTIMISME
Merci, monsieur.
Merci, mon chat.
Tu es un amour.
Le resto t'a plu ?
- Un peu guindé ? - Un peu.
Quoi ?
Je sais pas, tu as l'air pensif.
Non, pas du tout.
Tout va bien.
Je vois qu'il y a un truc qui va pas. Dis-moi.
Non, c'est que...
quand tu dis...
Quand tu dis : « Merci, mon chat » comme ça,
tu me laisses pas d'autre choix que de payer.
C'est juste une observation, un truc que j'ai remarqué.
- On partage, si tu veux. - Non.
- Je sors la calculette et on... - C'est pas la peine.
Tu as bu combien de verres de vin ? Trois de plus que moi.
C'est pas ce que je voulais dire.
Je pense que ça s'équilibre.
Tu as oublié ? Hier soir, tu avais dit que tu...
que tu paierais le dîner, ce soir.
À la fin du repas, tu as dit : « Merci. Demain, c'est moi. »
Oui, mais tu as pris la note,
j'ai cru que tu voulais payer, je t'ai remercié.
Mais elle était là depuis un moment.
Je l'ai pas vue.
Tu l'as pas vue ?
Non, je l'ai pas vue. Enfin, j'ai pas remarqué.
On passait un bon moment.
Tu n'as pas vu la note arriver sur la table ?
Non, Carl.
Le serveur l'a posée en plein milieu,
et tu n'as rien vu ?
Je pose la question sérieusement.
Pourquoi tu dis ça ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Non, attends.
Rassieds-toi !
J'essaie de comprendre
ce que j'ai fait de mal.
T'es sérieux, là ?
S'il te plaît, reviens t'asseoir.
Tu chipotes pour de l'argent !
Non, c'est pas ça.
Si, c'est exactement ça.
Non, je faisais juste remarquer...
Pourquoi l'argent t'obsède ?
Ça m'obsède pas. Tu peux te rasseoir ?
Je suis pas obsédé par l'argent.
C'était une simple observation. Tu peux te rasseoir ?
Non, qu'est-ce que tu fais ?
C'est bon.
Tu vas pas payer maintenant.
Arrête, Carl.
- Tu fais quoi ? - Laisse.
Non, c'est moi qui paie.
J'ai pas dit ça pour ça.
Pardon.
On passe un bon moment ?
Oui, merci.
Yaya...
Merci.
Je me sens mal, maintenant.
Pourquoi ? Je gagne plus que toi.
Excusez-moi.
Votre carte n'est pas passée.
En auriez-vous une autre ?
Vous pouvez réessayer ?
J'ai essayé deux fois.
Navré, on ne prend pas celle-ci.
- Tenez. - Carl, attends.
Attends !
- Laisse-moi payer. - Attends !
Tu n'as pas assez de liquide.
Prenez ça.
- Vous prenez celle-ci ? - Oui.
Merci beaucoup.
Merci.
Je trouve ça quand même fou que ce soit aussi dur d'en parler.
D'argent.
C'est un sujet ultrasensible.
Tu trouves pas ?
Je trouve que c'est pas sexy de parler d'argent.
D'accord, mais pourquoi ?
Je sais pas, c'est pas sexy.
Tu penses pas que c'est parce que c'est très genré ?
Au restaurant, t'avais même une carte sans prix.
Tu es injuste, Carl. Je paie tout le temps.
Non, sortons de ton cas,
pour parler des femmes en général.
Je suis quelqu'un de généreux, demande à tous mes amis.
Oui, tu es généreuse, mais...
Mais ?
Toi et moi, on s'enferme dans des rôles que je déteste.
Moi, l'homme, toi, la femme.
Je veux qu'on soit meilleurs amis.
J'ai pas envie de coucher avec mon meilleur ami.
Tu comprends pas ce que j'essaie de dire.
On n'a pas à tomber dans les clichés sexistes
dans lesquels tout le monde tombe.
Je veux qu'on soit égaux.
Monsieur ?
Vous devez vous battre.
Pardon ?
Si vous l'aimez, battez-vous.
Je suis passé par là.
Si vous ne vous battez pas, vous serez son esclave.
Honnêtement, Yaya, j'aime t'inviter à dîner.
Mais au bout d'un moment, je me sens un peu utilisé.
Moi, je t'utilise ?
Je te donne juste mon ressenti, mais...
Non, attends.
Si on détaille la semaine écoulée, oui, il arrive un moment...
T'es sérieux, là ?
Je t'ai offert cette chemise, invité à dîner, tu dors à mon hôtel.
Tu l'as eue gratis. Et finalement, t'as pas payé le dîner.
Ma carte est pas passée.
Il y a un distributeur dans le hall, je vais te rembourser.
C'est pas grave.
Je comptais te rembourser.
Je pensais pas que tu voulais l'argent maintenant, avant qu'on se couche.
Tu comptais me rembourser ?
Oui.
- Vraiment ? - Oui.
Alors pourquoi tu as repris le billet de 50 ?
J'ai vu que tu manquais de liquide, j'ai payé.
Et au lieu de me donner tes 50 euros, tu les as remis dans ton sac.
Je décris juste ce qui s'est passé.
Qu'est-ce que...
Qu'est-ce que tu fous ?
Me fais pas ça, putain.
Me fais pas ça, putain, Yaya !
Me fais pas ça !
Me glisse pas des billets comme ça, espèce de gamine !
Tu pètes les plombs.
Tais-toi, me refais pas ça !
Tu fais quoi avec mon fric ?
Ton fric ? Je rêve ! C'est pas une question de fric !
C'est pas une question...
C'est pas une question de fric, Yaya !
Non, pas du tout !
Tu comprends pas le problème. C'est pas l'argent !
Je te rends ces 50 euros, je t'en donne 100 !
- Ah oui ? - Je suis sérieux, là.
C'est pas le problème, pourquoi tu comprends pas ça ?
Essaie de comprendre
ce que je dis !
C'est pas l'argent, le problème.
J'hallucine !
Je veux qu'on soit égaux, Yaya !
Il est peut-être dangereux...
Féministe à deux balles !
La personne que vous cherchez à joindre...
Tu as fait quoi ?
J'ai essayé de dormir sur une chaise.
Ça a donné quoi ?
Je suis revenue.
Et toi, tu as fait quoi ?
Moi, j'ai arpenté le couloir.
Je t'ai écrit plusieurs messages.
Plein.
- Tu les as vus ? - Oui.
C'est trop bête.
Je suis très forte pour...
manipuler.
Je sais pas, je le fais sans même m'en rendre compte.
Je t'aime.
C'est génial que tu puisses me dire ça.
Ça, c'est généreux de ta part.
Bon.
Demande-moi ce que tu veux.
Tu es sûre ?
Au restaurant.
La note.
Oui ?
Tu as fait exprès de pas la prendre, c'est ça ?
- Oui. - Bien sûr.
Ça t'a pas gênée ?
Non.
Mais tu gagnes plus que moi.
C'est pas la question.
Tu avais dit que tu paierais...
Peu importe qui gagne plus.
Alors quoi ?
Imagine que...
je tombe enceinte.
De moi ?
Imagine que je tombe enceinte et que je puisse plus travailler.
Je dois être sûre d'être avec quelqu'un qui prendra soin de moi.
Sinon je perds mon temps.
C'est pas ton genre d'aller bosser
dans un restaurant ou un supermarché, pas vrai ?
Sans te vexer.
Je suis mannequin, chéri. Ma seule porte de sortie,
c'est de devenir une épouse potiche.
Donc il y a rien de plus, pour toi ?
À part...
augmenter le nombre d'abonnés sur notre Instagram, et tout ça ?
- C'est une bonne raison, non ? - Oui.
On se plaît, c'est bon pour les affaires.
Rien de plus ?
Je veux bien prendre les paris.
Ça marche.
On va bien voir.
Je vais te rendre amoureuse.
- Ce sera l'amour, le vrai. - Ah oui ?
Tu oublieras ces conneries de potiche.
Et tu m'aimeras.
PARTIE 2 LE YACHT
La réussite d'une croisière de luxe tient à deux moments-clés :
les premières heures des passagers à bord,
et le dernier jour qu'ils passent sur le bateau.
Si on arrive à les bluffer à ces deux occasions,
la croisière sera une réussite.
Je ne veux pas entendre :
« Inutile d'ouvrir le solarium, ils repartent après le petit déj. »
Non.
Je veux le grand jeu tous les matins.
Pas de fausses excuses.
Pas même pour la dernière heure.
Je veux toujours entendre : « Oui, monsieur ! Oui, madame ! »
Qu'ils demandent une substance illicite, ou...
une licorne !
« Oui, monsieur ! Oui, madame ! »
Je connais le métier de service,
je sais ce que vous endurez.
Mais je vous demande de toujours tenir bon.
De rester solides.
Et rappelez-vous...
que si tout se passe bien,
à la fin de la croisière,
vous empocherez peut-être
un généreux pourboire !
Du pognon ! Du pognon !
Du pognon !
Alicia, qui avons-nous à bord ?
Non !
- Service de cabine ! - Non, merci.
- Je peux faire la cabine ? - Non, merci.
Je reviens dans 30 minutes ?
Non, un peu plus tard.
Dans une heure ?
Vous pouvez repasser plus tard ?
Je repasse plus tard. Pardon, madame.
Je l'ai réglé.
Salut !
Mario le Rouge, ça va bien ?
On doit accueillir les riches comme il faut.
Il faut que ça brille, les gars !
Quoi ?
Rien.
Salut.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Quoi ?
Tu parles à l'équipage ?
Oui.
Pourquoi tu parles à l'équipage ?
J'ai dit bonjour.
Tu lui as souri en disant bonjour.
Et alors ?
Franchement, Yaya, on est là ensemble.
Ça se fait pas.
Quoi ?
Si moi, je me mets à sourire à l'hôtesse canon...
Tu la trouves canon ?
Non, mais si elle l'était et que je me mettais
à lui sourire, à glousser et à dire salut,
ça te plairait pas, avoue.
- Tu es jaloux ? - Non.
- Non ? - Pas du tout.
C'est juste que...
Avec ton physique, forcément...
Un putain de beau gosse débarque, mais il a pas à...
Tu le trouves beau gosse ?
Ça peut aller.
- Et toi ? - Oui !
Tu te fous de moi ?
T'as dit qu'il était beau !
Mais t'étais pas obligée de répondre aussi vite.
Laisse tomber.
Oui, monsieur ?
- Juste une chose. - Oui ?
Sur le pont arrière, un des membres d'équipage est...
torse nu.
- Vraiment ? - Et en train de fumer.
Mille excuses, c'est très incorrect.
Un peu, donc je voulais...
Bien sûr, je m'en occupe. Toutes nos excuses.
- Ce n'est pas très grave. - Mais pas acceptable.
Je voulais vous le signaler, sans en faire une histoire.
Merci, ça ne se reproduira plus.
Merci !
Alicia ?
Il y a un membre d'équipage sur le pont, torse nu.
- Torse nu ? - Oui.
Excusez-moi.
Oui ?
Est-ce que je pourrais voir vos bagues de fiançailles ?
Bien sûr !
Absolument.
Celle-ci est magnifique.
En or 24 carats,
sertie d'un diamant de 0,9 carat
et de quatre brillants de chaque côté de l'anneau.
C'est une très belle bague.
Très jolie.
Voulez-vous que je l'essaie pour que vous la voyiez portée ?
D'accord.
- Si ça ne vous dérange pas. - Pas du tout.
C'est un très beau diamant, sans défaut.
Elle est à combien, celle-ci ?
Elle est à 28 000 euros.
Un latte au lait d'amande pour le pont avant.
Commandant ?
Oui ?
C'est l'heure de l'exercice de sécurité.
Non, je...
Je ne me sens pas bien.
J'appelle le médecin ?
Non, ça va aller.
Dites au second de s'en occuper.
À plus tard.
Abigail, tu ramasses le plateau ?
Chéri, du Nutella.
Encore une.
Jette un œil.
Vous ne mangez pas les pâtes ?
Pardon ?
Vous n'allez pas manger les pâtes ?
Non, je suis intolérante au gluten.
C'est seulement pour les photos. Elle est influenceuse.
Ça rapporte de l'argent ?
Champagne, monsieur ?
- Vin blanc. - Tout de suite.
Alors ?
Ça dépend, à vrai dire.
Ça offre surtout des trucs gratuits.
Comme cette croisière.
C'est bien !
Sa beauté a payé les billets. Pas mal !
- C'est bien. - On peut dire ça.
C'est vrai.
Très joli couple.
Pas mal, pas mal.
Merci.
Et vous, vous êtes dans quoi ?
Je vends de la merde.
- Pardon ? - Je vends de la merde.
De l'engrais agricole.
De l'engrais !
Intéressant.
Il faut savoir être au bon endroit au bon moment.
Pour moi, c'était l'Europe de l'Est,
fin des années 80, début des années 90.
Là, certaines affaires ont décollé.
Dans les années 80...
- Je peux avoir ça ? - Oui.
Merci.
Je t'aime.
Au début des années 80,
j'étais le seul directeur
d'un grand « combinat » agricole,
comme on disait.
Cent mille porcs,
deux millions de poulets.
On avait un peu le monopole.
Appelez-moi « le roi de la merde » !
Je l'adore !
Et quand on a de l'argent,
il faut pas le laisser dormir, tu comprends ?
L'argent, ça doit pas dormir.
Alors cet argent,
on le réinvestit.
Parce que les usines ferment...
En dessert, il y a du tiramisu.
Ou de la panna cotta, tu aimes les deux.
Choisis, toi.
La panna cotta pour toi, le tiramisu pour moi.
Très bien.
Bonjour !
À la vôtre.
Je m'appelle Clementine.
Et voici mon mari, Winston.
Nous venons de Grande-Bretagne.
Je m'appelle Clementine.
Et voici mon mari, Winston.
Nous venons de Grande-Bretagne.
Uli, in den Wolken.
Bonjour, je vous présente ma femme, Therese.
Elle vous comprend parfaitement.
Mais elle a fait un AVC et elle souffre d'un trouble du langage.
In den Wolken.
Je t'enlève ça ?
« In den »...
In den Wolken.
Champagne, monsieur ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
« Dans les nuages. »
Comme c'est joli !
Au revoir, les filles.
Bonne continuation.
Content de t'avoir connu.
J'espère retravailler avec vous.
C'était un plaisir.
Tu vas nous manquer.
Regarde un peu.
C'est triste.
Il est en chasse.
Il est en chasse !
Gros dilemme.
Prendre un risque ou rentrer dans sa cabine ?
Allez...
Regarde !
Il tente sa chance !
Incroyable !
Pardon de vous déranger.
Vous pourriez me rendre un service ?
La fille qui devait m'accompagner
n'a finalement pas pu venir.
J'aimerais faire une photo, si vous voulez bien.
- Vous voulez bien me prendre ? - Bien sûr.
Je me mets là-bas.
Pardon.
C'est bon ?
- Merci beaucoup. - Avec plaisir.
- Bonne soirée. - Vous aussi.
Excusez-moi, monsieur ?
Rebonsoir. Est-ce que vous pouvez revenir ?
Vous pouvez laisser votre bière.
- Quoi ? - Laissez votre bière.
Mettez-vous entre nous.
On va faire une photo de nous trois.
D'accord, avec plaisir.
C'est bon, ça !
Sors tes seins, Yaya !
Merci beaucoup !
Vous êtes très généreuses !
Je veux vous offrir quelque chose à mon tour.
Il y a des Rolex à la réception.
On descend et je vous en achète.
Non, merci.
Je voudrais...
Ça peut paraître bizarre, mais...
ce que vous avez fait pour moi, ça m'a beaucoup touché.
Alors, je peux...
Je suis très riche.
Ne tournons pas autour du pot, je suis très riche.
- Riche comment ? - Je suis bourré de fric !
Je viens de vendre ma boîte.
Je suis pas soûl, je vous l'ai dit, je me sens pas bien.
Vous pourriez respecter ça ?
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, madame.
Toujours là, Paula ?
Thomas ?
Quoi ?
Je voudrais savoir quand vous serez en état pour le dîner du commandant.
Putain...
- Je peux pas maintenant. - C'est une question, Thomas.
Quand pourrez-vous vous habiller et descendre saluer les passagers ?
La météo annonce quoi ?
Rien de spécial, Thomas. Dites-moi quand vous pouvez.
N'importe quel jour sauf jeudi.
Jeudi, c'est bon.
Non, Thomas. Jeudi, ce n'est pas bon.
Une dépression arrive. Tout sauf jeudi.
Oui, jeudi, d'accord !
Je reviens plus tard pour en reparler, d'accord ?
Paula !
Ils dînent tous les soirs.
Et ils vont dîner jeudi aussi.
Non ?
Votre champagne le plus cher, avec trois flûtes.
- Ce sont vos copains ? - Oui.
Les gars !
Prenez soin de ces demoiselles !
Ce sont des filles adorables, généreuses, attentionnées.
Traitez-les bien !
Ils veulent du champagne, vous pensez ?
Cinq flûtes !
Ludmilla !
Je t'aime, mon bébé !
Dansez avec moi !
Allez, juste un peu.
Non, je suis trop...
Soyez pas timide !
- Je danse, moi. - Je ne danse jamais.
Dansez un peu avec moi.
- Je danse pas. - Pourquoi ?
J'aime pas ça.
- Ça me gêne. - Tant pis.
Carl ?
Tu es jaloux ?
Carl ?
Qui est Carl ?
Hein ?
Vous n'êtes pas Carl ?
Non, je suis le réparateur de piscine.
Pardon de m'introduire chez vous, je cherche des outils.
Par ici.
C'est très inconvenant.
Et si mon...
Si mon mari rentrait ?
Où est votre mari ?
Il devrait pas laisser une si belle fille toute seule.
C'est très dangereux, par ici.
Il est au travail.
Toujours au travail.
Ah oui ?
- Il fait chaud, non ? - Très chaud.
Vous devriez enlever ça.
Vous savez, votre mari me paie très cher, alors...
il faut que je fasse mon travail correctement.
Vérifiez la tuyauterie.
Est-ce qu'il y a...
Est-ce qu'il y a des conduits, en bas,
à déboucher, ou bien...
tout fonctionne ?
Vous êtes l'homme de la situation ?
Oui, je suis très qualifié.
Montrez-moi.
Que regrettent les gens sur leur lit de mort ?
Tourne le téléphone.
Sept personnes sur dix regrettent d'avoir trop travaillé,
d'avoir perdu leur temps dans des boulots absurdes.
Quelque chose à boire ?
Un autre champagne.
Je ne sais pas, je suis née dans cette vie.
Je n'y peux rien.
Et quand il s'est passé ça,
je me suis demandé : « Pourquoi ? »
La vie est tellement injuste !
Nous sommes tous égaux.
- C'est très vrai. - Tous égaux.
Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous fait envie ?
Pardon ?
Est-ce que vous avez
une envie ?
Je ne sais pas.
C'est gentil, madame, mais ça va.
Mais si aujourd'hui
était votre dernier jour à vivre ?
- De quoi auriez-vous envie ? - Aucune idée.
Êtes-vous allée vous baigner aujourd'hui ?
Non, pas aujourd'hui.
Pourquoi vous n'iriez pas vous baigner maintenant ?
C'est exactement mon propos.
C'est très gentil à vous, mais on n'a pas le droit de se baigner
pendant le service.
Je veux que tout le personnel se baigne !
Que vous alliez tous vous baigner !
J'ai vraiment la sensation d'avoir une de ces révélations !
Aujourd'hui, ça risque d'être un peu problématique...
Problématique ?
On a le dîner du commandant.
On s'en fiche.
Ça ne prendra qu'une demi-heure.
Allez !
Vous travaillez trop dur.
Je vais voir ce que je peux faire.
Non, revenez, s'il vous plaît !
Revenez.
J'ai une meilleure idée !
Asseyez-vous.
Inversons les rôles.
- Pardon ? - Échangeons nos places !
Vous,
détendez-vous dans le jacuzzi,
et je vais chercher le commandant.
Allez !
Profitez de l'instant, comme moi !
Oui, mais...
- Vous en avez envie. - Oui, mais...
- Allez-y. - Mais je vais avoir des ennuis si...
Je vais devoir durcir le ton.
Vous voyez, j'ai ma tenue...
Taisez-vous, maintenant !
Je vous l'ordonne. Profitez de l'instant présent.
Tout de suite ?
S'il vous plaît !
Non.
Quoi ?
- Vous me dites non ? - Non !
Donc c'est oui ?
Oui ou non ?
Je dis...
Pardon, je dis...
Je dis...
oui.
Ne vous en faites pas.
Dimitri va racheter ce yacht. Allez-y, installez-vous.
- D'accord, j'y vais. - Vite !
- La merveilleuse... - Alicia.
Darius ?
Aide-moi, va dire à une passagère
que l'équipage ne peut pas se baigner.
Pourquoi ?
J'ai dit non à cause du dîner mais elle veut parler au commandant.
J'ai frappé chez Thomas, il est pas là, il répond pas.
Tu peux aller la voir et dire que c'est pas possible ?
Ça m'aiderait beaucoup.
Vous pouvez pas vous baigner ?
Non.
Ce serait le plus simple, mais elle veut qu'on prenne le toboggan.
C'est pas drôle, franchement.
Pourquoi tu rigoles, Erik ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je suis en pause. - Pause terminée, au boulot.
Ce serait trop long à installer,
et j'ai pas du tout le temps.
Le chef prépare le dîner, je dois installer.
Alors va lui dire non.
Dire non à des Russes cinglés ?
Pas des Russes cinglés, des Russes très riches.
C'est pareil.
Résous d'abord ce problème, et...
Non ! N'insiste pas.
- Pourquoi ? - Allez vous baigner, et voilà.
Bon sang...
Bonjour, monsieur.
Que puis-je pour vous ?
Je jetais un œil.
À la passerelle de commandement ?
- Si possible. - Bien sûr ! J'appelle le second.
Il ne faisait rien, justement.
Une petite visite ?
Bien sûr ! Bienvenue sur la passerelle.
Je m'appelle Darius.
Enchanté.
Thomas ?
Thomas, vous êtes là ?
Bonjour !
S'il vous plaît...
J'ai une question.
- Oui ? - Hier, j'étais au solarium.
Le soleil brillait, tout était parfait.
Et puis, j'ai vu les voiles.
- Les voiles ? - Oui.
Et elles étaient...
un peu sales.
Allô ?
Salut.
Oui, mais vous savez que la nourriture va se gâter ?
Bon, les gars, vous allez vous baigner.
Prenez vos maillots et allez au pont principal tout de suite.
Hop hop hop ! Vous allez faire du toboggan.
Amusez-vous bien.
Les amis !
Tout le monde dehors !
Qu'est-ce que vous faites encore là ?
Mettez vos maillots, on va se baigner.
- Quand ça ? - Maintenant !
Dehors !
Mettez tous vos maillots, on va à la plage.
- Quoi ? - On va se baigner.
- Allez ! - OK, on met nos maillots.
Thomas ?
Bonjour à tous.
J'espère que vous passez une excellente journée
avant le dîner de gala de ce soir.
Nous voulions vous informer d'un léger changement d'horaire.
Le dîner du commandant sera servi à 20 h 30 et non à 20 h,
comme l'annonçait le programme du jour.
Je répète : le dîner du commandant sera servi à 20 h 30.
Merci.
Pourquoi c'est retardé ?
Parce que l'équipage va...
se baigner.
À la demande d'une cliente russe.
- Avec le toboggan. - C'est pas vrai !
Il faut que je voie ça.
Vous voulez vous changer ?
Alessandra ! Comment ça va ?
Alicia.
Tu peux nous laisser ?
Allons à l'intérieur.
Vous devez vous changer pour monter.
- On va discuter un peu. - Non.
Ça va, commandant ?
Ça va bien.
Très bien.
On a quatre heures et demie.
D'ici au dîner.
Détendez-vous,
faites une sieste, je reviens dans deux heures.
Et on s'y rendra ensemble.
Darius...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu t'affoles comme ça ?
Je vais bien, parfaitement bien.
Tout va vraiment et totalement...
bien.
Mohammed !
Viens, on doit y aller !
On y va !
Formidable !
Champagne ?
Bravo !
Vous vous amusez bien ?
Oui !
Mettez-vous ici, ils arriveront par là.
- D'accord. - Faites voir.
- Merci, Paula. - Prêt ?
Rien qu'un soir.
Darius, tu restes à côté de lui ? Au cas où.
Bien, vous êtes prêts ?
Merci.
Tenez-vous prêts à ouvrir les portes.
Prêts, partez.
Bonsoir.
- Bienvenue au dîner du commandant. - Merci.
- Une coupe de champagne ? - Merci.
Bonsoir !
Vous passez un bon séjour ?
- Bienvenue. - Madame.
Enchanté. Bonne soirée.
Bonsoir, mesdames.
Bonne soirée.
Pourvu que ça ne soit pas trop agité.
Bonsoir, monsieur.
Bienvenue.
- Enchanté. - Bonne soirée.
- Bonsoir, monsieur. - Jarmo Björkman.
J'ai une question, pardon.
Hier, j'étais au pont supérieur.
Il faisait très beau, tout était parfait.
Et puis, j'ai vu les voiles.
Les voiles ?
Oui, les voiles.
Et elles étaient noires de crasse.
Serait-il possible de les laver ?
Je ne pense pas que ce soit possible, madame.
Ce navire
est à moteur.
Nous n'avons pas de voiles.
C'était peut-être le toit du solarium ?
Vous en êtes sûr ?
J'en suis sûr.
Magnus !
Il y avait bien des voiles d'un blanc immaculé
sur la brochure de voyage, non ?
Oui.
Il dit que si.
- C'étaient des voiles. - Magnus dit que si ?
Misère...
Eh bien, dans ce cas,
nous allons nettoyer les voiles.
- Oui. - Bien sûr.
Bien sûr.
Je suis sûre que nous allons trouver une solution.
Je vous installe à une table ?
- Bonne soirée. - Merci.
Jarmo Björkman. Je suis à votre table.
- Très bien. - Bonsoir, Jarmo.
- Vous êtes à la table du commandant ? - Oui.
- C'est celle-ci ? - Oui, allez-y.
Bon sang...
Plus que des applis, je crée du code,
pour des applis, pour pouvoir programmer...
Je vends mon code et mes compétences
à différentes entreprises de la tech.
Et les développeurs me pitchent des idées.
Bonsoir.
En entrée ce soir,
nous vous proposons de délicieuses huîtres
accompagnées de caviar russe.
Bonne dégustation.
Quel type d'entreprise possédez-vous ?
C'est une entreprise familiale.
De production d'engins de précision.
Que fabriquez-vous ?
Nos produits sont employés
pour faire respecter la démocratie dans le monde entier.
Quel genre de produits ?
En gros,
notre plus grosse vente est la grenade.
La quoi, pardon ?
La grenade, ma chère.
Avant, c'était les engins explosifs individuels.
Mais les réglementations de l'ONU ont tout fichu en l'air.
« Engin explosif individuel »...
Excusez-moi.
C'est un terme un peu compliqué pour désigner
une mine antipersonnel.
Ces réglementations ont fait chuter nos bénéfices de 25 %.
Nous avons traversé un moment difficile.
Mais nous avons remonté la pente, n'est-ce pas ?
Eh oui. Et nous nous aimons toujours.
Trinquons !
À l'amour.
À l'amour.
Monsieur.
Madame.
Voici notre oursin avec son émulsion d'algue.
Sur le dessus, de la truffe noire, du caviar, de l'huile pimentée,
et un trait de vinaigrette au yuzu.
- Bonne dégustation. - Merci.
Vous passez un bon moment ?
Madame.
Monsieur.
Madame.
Vous avez le mal de mer ?
Un peu.
Il vaut mieux manger,
car le mal de mer est pire avec le ventre vide.
Voici le hamburger et ses frites, pour le commandant.
Et pour vous, un plat d'exception.
Poulpe grillé et fumé accompagné de citron caramélisé
et de nos jolies fleurs du jardin.
Bonne dégustation.
Je ne suis pas très grande cuisine.
Tout va bien ?
Madame.
Un peu de sauvignon blanc ?
Champagne.
Vite !
Si vous avez le mal de mer,
essayez de manger.
Ça va ?
Monsieur ?
Tenez.
Ça va.
Excusez-moi.
- Tout va bien ? - Pas vraiment.
Ça va ?
Mon Dieu !
Attends.
Ma chérie...
Ma chérie !
Un peu d'eau, peut-être ?
Du champagne, peut-être pas.
Bois de l'eau.
Ça a l'air d'aider, elle va mieux.
Du vin, monsieur ?
Ça va ?
Darius ?
Il n'a pas l'air bien.
Vous avez le mal de mer ?
Mal dans la poitrine ?
Poulpe grillé...
Un bonbon au gingembre ?
Merci d'être venus.
Essayez de garder votre calme, asseyez-vous.
Restez pour le plat, il est délicieux.
Un bonbon au gingembre ? Contre le mal de mer.
Restez calmes, tout va bien.
Pardon !
Laissez passer.
Avancez, tout va bien.
- C'est un AVC ? - Je ne sais pas.
Gardez votre calme !
Erik ! Apporte-moi le défibrillateur, vite.
In den Wolken!
Merci d'être venus ce soir.
Merci d'être venus.
On nettoie.
Respirez bien à fond.
Ça va aller, madame.
Ça va aller.
Content que le chapeau serve.
Pardon, chéri.
Non, ce n'est rien.
Et voilà.
Merci.
J'ai une blague.
À quoi reconnaît-on un communiste ?
C'est quelqu'un qui lit Marx et Lénine.
Et à quoi reconnaît-on un anticommuniste ?
C'est quelqu'un qui comprend Marx et Lénine.
Signé : Ronald Reagan. Un marrant !
« Ne débats jamais avec un idiot,
« il t'abaissera à son niveau
« et il gagnera par son expérience. » Mark Twain.
Ronald Reagan a dit aussi :
« Le socialisme ne marche
« qu'au paradis, où on n'en a pas besoin,
« et en enfer, où ils l'ont déjà. »
Elle est pas mal, celle-là.
Attendez, j'en ai une quelque part.
Ah, voilà, je l'ai.
« La croissance pour la croissance,
« c'est l'idéologie de la cellule cancéreuse. »
C'est d'Edward Abbey.
Écoutez ça.
« Le problème du socialisme,
« c'est qu'on finit par être à court
« de l'argent des autres. »
Margaret Thatcher.
Ça va vous plaire.
« Le dernier capitaliste qu'on pendra
« sera celui qui nous aura vendu la corde. »
Karl Marx.
Bon sang...
Un classique :
« La force la plus puissante dans le monde actuel
« est le désir éternel de l'homme d'être libre et indépendant. »
Kennedy.
« La liberté en société capitaliste reste ce qu'elle était
« dans la Grèce antique.
« La liberté, pour les propriétaires d'esclaves. »
Je sais : Vladimir Lénine.
Appris à l'école.
Un capitaliste russe et un communiste américain !
Sur un yacht de luxe à 250 millions de dollars.
Reste concentré.
Bois !
- Rouge ou noire ? - Noire.
Très bien.
Rouge ou noire ?
Noire.
Tu bois.
- Rouge ou noire ? - Noire.
Très bien !
- Rouge. - Tu bois.
Rouge ou noire ?
Rouge.
Tu bois, mon ami !
T'en as pas deviné une seule !
De la merde...
Je vends de la merde.
Je vends de la merde.
De la merde.
Le bateau va couler.
Le bateau va couler !
Mayday.
Mayday ! Mayday !
Le bateau va couler !
Ceci est un appel d'urgence.
Le bateau va couler !
Madame ?
Ça va ?
Le bateau ne va pas couler.
C'est le nouveau propriétaire du bateau qui vous parle.
Et alors que le commandant communiste
met le cap sur Cuba,
nous voulons vous parler politique !
Arrête !
Relax, je vais racheter...
Je ne suis pas communiste.
Je ne suis pas communiste, je suis marxiste.
En fait, vous n'avez pas le choix.
Comme dans une dictature communiste,
vous devez écouter !
Vous ne pouvez pas couper le son.
Thomas !
Mais moi, je peux le baisser,
et je peux
le monter, monter, monter !
C'est le nouveau proprio qui vous parle !
Dimitri !
Mais t'es communiste, toi.
Non, pas du tout.
Karl Marx a écrit Le Manifeste du parti communiste.
Donc, tu es communiste.
Non !
Toi, tu crois à la théorie. Tu es un idéaliste.
Ce truc est allumé.
Mes excuses.
Mais tant que je vous tiens, je veux seulement vous dire
que nous n'avons pas mis le cap sur un paradis fiscal,
ça, c'est sûr.
On sait tous que vous faites de l'optimisation, de l'évasion fiscale.
Vous ne payez pas votre part.
Arrêtez les conneries et payez des impôts !
Payez des impôts !
Arrêtez les conneries et payez des impôts !
Ceci est un message
d'un salaud de capitaliste russe.
Je vous en veux pas.
Comme disait Marx :
« Tout ce qui est humain ne peut m'être étranger. »
Et je comprends que votre cupidité
n'est que la résultante
de votre position dans une hiérarchie financière,
et que vous êtes riches, indécemment riches.
Mais vous ne pouvez pas être riches alors que le reste du monde est pauvre.
Pendant que vous baignez dans l'abondance,
le reste du monde sombre dans la misère.
Ce n'est pas comme ça que ça doit être.
Je sais que tu as du cœur, quelque part au fond de toi.
Espèce de salaud
de capitaliste russe.
Tu as du cœur.
Tu n'es pas seulement un Russe timbré qui vend de la merde.
Et moi, je ne suis pas un très bon...
Je suis un escroc socialiste... Un escro-cialiste.
Un escroc socialiste, parce que...
je possède trop !
J'ai trop d'abondance dans ma vie, je suis même pas...
un socialiste digne de ce nom.
Un escro-cialiste.
Ouvre.
- C'est fermé à clé ? - Oui.
Thomas ?
Ouvrez la porte.
Pardon, j'ai été irresponsable.
Il faut qu'on parle.
Il va où ?
Ouvrez-nous !
Il faut qu'on parle, ouvrez.
Thomas ?
OK, ça ira.
Je m'en occupe.
Faites attention.
Te coupe pas.
On avait une conversation
très importante.
C'était idiot. Mais c'était un problème technique.
Allez à votre cabine, détendez-vous, et on discute.
Détendez-vous, Paula.
Merci pour votre travail, j'apprécie énormément.
Vous êtes super.
T'es pas viré.
Je suis le nouveau propriétaire du bateau.
Ouvrez cette porte !
« La façon dont les gens se voient ne m'intéresse nullement.
« Rares sont ceux qui,
« en se voyant dans le miroir, se disent : 'Je vois un monstre.'
« Au lieu de ça, ils se racontent des histoires
« pour justifier leurs actes. »
Et voilà.
Les riches deviennent mécènes pour se donner bonne conscience
de ne pas payer assez d'impôts, de ne pas contribuer à la société.
Merde !
Ça m'a sauté à la figure.
- Putain ! - C'était le seul ?
Et celui-ci ?
Là...
Merde !
Fait chier.
Je vais te lire un texte que j'ai écrit.
Viens par là, éclaire-moi.
« J'avais sept ans.
« En entrant dans la cuisine, un jour, j'ai trouvé ma mère en larmes.
« Martin Luther King avait été assassiné.
« Deux mois plus tard, même scène : Bobby Kennedy avait été assassiné.
« Je ne savais pas, à l'époque, que le fil invisible qui reliait
« Martin Luther King, les frères Kennedy et Malcolm X
« était le fait que mon gouvernement avait eu le doigt sur la détente. »
Attends !
Redis-le.
« Mon pays a tué Martin Luther King, Malcolm X,
« Bobby Kennedy et John F. Kennedy.
« Mon pays a renversé des hommes d'État bons, honnêtes, démocrates, au Chili,
« au Venezuela, en Argentine, au Pérou, au Salvador,
« au Nicaragua, au Panama et en Bolivie.
« La Grande-Bretagne et nous avons découpé le Moyen-Orient,
« créé des frontières géographiques artificielles
« et installé des dictateurs fantoches.
« La guerre est devenue la plus rentable
« de nos industries.
« Chaque bombe lâchée rapporte un million à quelqu'un.
« Pas besoin de savoir où ces bombes explosent,
« de voir les mères endeuillées ou les corps mutilés de leurs enfants.
« Eugene Debs a prononcé ces mots à Canton, dans l'Ohio, en 1918 :
« De tout temps, des guerres ont été menées pour envahir et piller,
« toujours déclarées par la classe dominante,
« en envoyant au front la classe dominée. »
La grenade.
« On vous a appris à croire au devoir patriotique de faire la guerre
« et d'obéir à l'ordre d'aller au casse-pipe.
« Quand Wall Street crie : Guerre !, la presse crie : Guerre ! »
Winston.
Regarde !
Ce ne serait pas une des nôtres ?
Quelques heures plus tard...
Uli !
In den Wolken!
Aidez-moi !
Et merde !
Allez-y !
Ça va ?
Vous êtes qui ?
Hé, vous !
Attendez.
Attendez !
Je vous parle.
- À moi ? - Oui, vous êtes qui ?
Je travaille sur le bateau.
- Sur le bateau ? - Oui.
En tee-shirt et en short ?
Non, c'est parce que...
j'étais de repos.
Je dormais, et...
Vous étiez de repos ?
Un problème ?
Bizarre, je vous ai jamais vu.
- Du calme. - Je suis en salle des machines.
En salle des machines ?
Moi non plus, je vous ai jamais vu.
Il est en salle des machines ?
Peu importe où il travaille. Un peu de calme.
Ça va ?
Moi, je suis calme. C'est quoi, votre problème ?
Il y a personne d'autre ?
Vous me prenez pour un pirate ?
Et toi, ça va ?
Je suis noir donc je suis un pirate, c'est ça ?
Tu peux pleurer sur mon épaule.
Il m'agresse, avec sa grosse montre, parce que je suis noir.
- C'est quoi, ton problème ? - Il n'a pas parlé de couleur de peau.
Tu le traites de raciste.
Je le vois dans ses yeux, je le vois.
Tu es qui ?
Je bosse en salle des machines, mon pote !
- Quoi ? - Excusez-moi.
Vous devriez vous calmer.
Évitons d'envenimer les choses. Restons calmes et positifs.
Lui, en salle des machines ?
Il y a beaucoup de personnel, on ne voit pas tout le monde.
C'est quoi, le problème ?
S'il vous plaît, ça suffit.
Pardon, je récupère ça.
- Dis ce que tu as à dire. - Arrête.
Dis-le-moi.
Oui, je reviens vous voir.
Monsieur !
PARTIE 3 L'ÎLE
Doucement !
Pas de bruit !
Ne tirez pas les fusées de détresse !
Ce sont les dernières, ne les gâchez pas !
Notre Père qui es aux cieux, que Ton nom soit sanctifié...
Quoi ?
Regardez !
Oh, merde...
Yaya, réveille-toi.
Regardez !
Il y a à boire, là-dedans.
Il y a de l'eau.
- Il est fermé ? - Oui.
Paula, on veut de l'eau !
Un peu de patience.
- Il y a quelqu'un dedans ? - Oui.
Du calme.
- Elle a de l'eau ? - Oui.
Ouvrez !
C'est Abigail.
Abigail, sors de là !
Madame Paula ?
Tout va bien ?
Quoi ?
Ouvre la trappe !
Paula, il nous faut de l'eau.
Madame Paula !
Tu as quoi ? Tout ça !
Il faut sortir tous ces cartons.
Gardez tous votre calme. On va avoir de l'eau.
Il y a aussi des chips pour tout le monde.
- Et des chips ? - Oui.
Qu'est-ce qu'elle fait ?
Pourquoi tu traînes ? Allez !
Une minute, reculez.
Reculez un peu.
Et les chips, Abigail. On sort tout.
Paula, demandez à manger.
L'Évian aussi.
Oui, madame Paula.
Merci.
Vous êtes combien ? Cinq ?
Une seconde, tout le monde en aura.
Tenez.
Voilà pour vous.
Économisez-la.
Il reste des cartons d'eau ?
Non, c'est tout.
C'est quoi, ça ?
Un brumisateur. Ça peut se boire, c'est de l'eau.
Aspergez dans la bouche, pour ne rien perdre.
Bravo !
Dingue !
Elle l'a attrapé à la main ?
Beau travail, Abigail !
Beau travail.
C'est quoi ? Un poulpe ?
Un poulpe.
Bien ! Et maintenant ?
Elle assure, putain.
Il faut qu'on fasse du feu.
Oui, bien sûr.
Est-ce que quelqu'un sait faire du feu ?
Quoi ?
Est-ce que quelqu'un sait faire du feu ?
Non ?
- Comment ? - Non !
Alors après la pêche, tu vas faire du feu, et...
Est-ce que quelqu'un sait nettoyer un poulpe ?
Nettoyer un poulpe !
Quelqu'un sait faire ?
Un pour vous.
Un pour moi.
Un pour vous.
Un pour moi.
Pour moi.
Pour vous...
Quoi ?
C'est quoi, ça ?
C'est à moi.
Non, ce gros tas, c'est quoi ?
Ma part.
- C'est à moi. - Tout ça ?
Oui.
Non...
Pourquoi tu as autant à manger ?
Pourquoi ?
C'est moi qui l'ai pêché.
- Oui... - C'est moi qui ai fait du feu.
- Et ? - Je l'ai fait cuire.
J'ai fait tout le travail.
Et tout le monde a eu quelque chose.
Non.
Non, on a tous travaillé.
Vous avez fait quoi ?
On a ramassé tout le bois, pour le feu.
J'ai déplacé la bûche.
Cette grosse bûche était là-bas, on l'a mise ici.
Ça suffit pas.
Peut-être, mais il faut qu'on travaille ensemble.
Ils ne savent pas comment faire.
Exactement.
Donc vous devriez être moins paresseux et moins dépendants de moi.
Abigail.
Tu oublies que toi et moi, on est employées d'une compagnie maritime.
Tu te rappelles ?
Je suis responsable de la sécurité des passagers.
Tu dois m'obéir.
On travaille sur un yacht. Tu es responsable des toilettes.
- Tu ne peux pas gérer. - Quel yacht ?
Il est où, le yacht ?
Tu sais, Abigail, je suis très riche.
Quand on sera rentrés, je pourrai faire des choses pour toi.
Je peux te rendre la vie facile et agréable.
- Quand on sera rentrés ? - Oui.
Il y a des gens qui vont nous chercher.
Tu crois qu'on va rester ici à vie ?
Il est drôle.
Ce n'est pas ta formation.
Donne.
Arrête, c'est ridicule.
Tu leur fais peur, pose ce bâton.
Je suis qui ?
- Tu es qui ? - Je suis qui ?
La responsable des toilettes.
Non.
Sur le yacht, responsable toilettes. Ici, commandant.
Je suis qui ?
Le commandant.
Oui.
- Je suis qui ? - Le commandant.
Très bien.
Beau gosse ?
Le commandant.
- Je suis qui ? - Le commandant.
- Je suis qui ? - Le commandant.
Je suis qui ?
Je suis qui ?
Sur le yacht, femme de ménage. Ici, commandant.
Prenez-en un.
Merci.
Je suis d'accord.
Il faut qu'on travaille ensemble.
Qu'on forme une bonne équipe.
Une bonne société.
Tu connais l'adage ?
« De chacun selon ses moyens
« à chacun selon ses besoins. »
Tu connais pas ?
Madame Paula.
Avec tout le respect que j'ai
pour votre expertise dans ces situations,
je voudrais faire une suggestion, si c'est possible.
Oui.
Je propose
que les garçons
restent surveiller le feu
et veillent sur madame,
pendant que vous, madame Paula,
et vous, vous dormez avec moi dans le canot.
Abigail, regarde !
Je te donne ma Patek Philippe.
Contre une nuit dans le canot.
150 000 euros.
Ouvre-nous !
Pour toi, Rolex originale.
Elle a laissé le sac.
Quoi ?
Elle a laissé le sac.
Il y a quoi, dedans ?
Des bretzels.
- On peut pas se servir. - Je regarde.
D'accord ?
Génial !
Non, on peut pas.
Attends.
- Tu fais quoi ? - Attends.
Peut-être...
qu'en faisant juste un petit trou ici...
et si on en prend deux, un chacun,
elles verront rien.
OK, je tente.
Stop, c'est bon.
Parfait !
Donne-le à Therese.
J'en veux pas.
C'est trop bon.
On en reprend juste un ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
On a fait une boulette.
Pourquoi ?
On s'est endormis.
J'ai pas le temps d'aller pêcher, je dois refaire du feu.
C'est du boulot, de faire du feu.
Oui, on sait.
Allez, on commence la journée. Courage.
C'est parti.
Cool.
Attendez, il y a autre chose.
Hier soir, on a laissé notre sac à dos ici.
Et on n'est pas sûres,
mais on a l'impression qu'il manque un paquet de bretzels.
- Vous ne l'auriez pas pris ? - Non !
- Vous êtes sûrs ? - Oui.
Tu nous accuses, ou quoi ?
Je ne vous accuse pas. Je demande, parce que...
C'est quoi, ça ?
- C'est pas nous. - C'est pas vous ?
Non, c'est pas nous.
- Vous en êtes bien sûrs ? - On est sûrs.
- Sûrs sûrs ? - Oui.
- Je pense qu'il faut les punir. - Oui, madame Paula.
C'est vraiment grave.
Vraiment, vraiment grave.
Vous avez pas surveillé le feu,
et vous volez un paquet de bretzels ?
Et vous mentez.
On l'avait mérité.
Et pas qu'à moi, à tout le monde.
Comment on peut vous faire confiance ?
Je peux parler ? Ça devient grotesque.
Laisse-moi parler, Abigail. Parce que...
Quoi ?
Ne la montre pas du doigt.
Baisse tes mains.
OK, mais je veux juste dire...
Baisse les mains.
Quoi ?
Ton langage corporel est hyper agressif.
Hein ?
Je vous donne plus rien.
Débrouillez-vous.
Non, Abigail, c'est injuste !
Baisse les mains.
Tu comprends vraiment rien. Baisse les mains !
J'essaie de me défendre.
Ne te défends pas !
Tu la fais souffrir en te défendant.
Sans déconner !
Quel beau poisson !
On en a beaucoup.
C'est le dîner ?
Génial.
Tu l'as pêché où ?
Là-bas, derrière le rocher.
Tu es très forte.
Merci.
Besoin d'aide ?
Oui, va chercher du Nutella.
Merci.
Quoi ?
Connard.
Va chier !
Je vais au canot, maintenant.
Mme Paula, vous surveillez le feu ?
D'accord.
Comme Carl n'a rien mangé, il peut dormir avec moi dans le canot.
Oui, d'accord.
Je peux venir ?
On peut venir tous les deux ?
Non, seulement toi.
OK, je prends les bretzels !
Tu en fais toute une histoire.
Tu les prends ? Très bien.
Pourquoi tu en fais une histoire ?
J'arrive, une seconde !
Tu vas faire quoi, dans le canot ?
J'en sais rien.
Fais pas le naïf.
Je verrai ce qu'elle veut, et je le ferai.
- Vraiment ? - Oui.
Tu crois qu'elle te veut quoi ?
Tu es jeune et beau. À ton avis ?
- Rends-moi ça. - Non !
Je les rapporte.
Non, c'est à moi.
Prends-en et je rapporte le reste. Je veux plus le faire.
- Je les garde ! - Alors dis-moi quoi faire.
Comment je me dépatouille de ça ?
Yaya ?
Flatte son ego.
Tu ris à ses blagues, tu souris.
Pose bien les limites.
Rien de sexuel, d'accord ?
Non, je ferai rien de sexuel.
Rien que tu m'interdirais, à moi.
Rien qui te mette mal à l'aise.
Tu l'embrasses pas, rien de tout ça.
Elle attend quand même quelque chose.
- Comme quoi ? - J'en sais rien.
- Un massage... - Un massage ?
J'en sais rien, quelque chose.
Pas de massage !
Elle m'a donné un paquet de bretzels pour toi.
Je sais plus... J'ai rien le droit de faire ?
- Non ! - Mais...
- Masse-lui le cou. - Je peux ?
Le cou, c'est tout.
- Je t'aime tellement. - Je te déteste.
Je comprends, mais...
J'arrive !
À plus.
Bonjour.
Bonjour !
Connard.
Yaya, attends.
À plus tard.
Pirate !
On l'a capté !
Écœurant.
Quoi ?
C'est quoi, ce délire ?
LA CROISIÈRE S'AMUSE
Putain...
Joli cœur !
On te voit !
Tu t'es déjà servie de tes... quand tu étais jeune ?
Tu as couché pour avoir un boulot ?
Non, c'est pas vrai ?
Sérieux ?
Une fois ?
Therese !
Il est où ?
Donne-moi ça !
Donne-moi ce sifflet !
Pirate, c'était quoi ?
Je sais pas !
- Qu'est-ce qui se passe ? - Ils chassent quelque chose.
Non, on n'y va pas.
Quoi ?
Non, les gars.
Nelson, donne-moi ça.
Tu es sûr ?
C'est une femelle.
Tue-la.
Elle bouge.
- Quoi ? - Elle est pas morte.
Elle bouge.
Elle est pas morte.
Il fait quoi ?
Encore, vas-y !
Jarmo !
T'as réussi.
Jarmo le chasseur !
On l'applaudit !
Le chasseur d'âne !
Viens par là.
Le conte de fées de l'âne.
Merci beaucoup.
Tuer un âne, c'est peut-être un bel exploit.
Mais il y a quelque chose de bien plus grand.
Le dessiner !
Le dessiner, oui.
Dessiner un âne.
Regardons un peu son expression.
Qui a fait celui-ci ?
Moi.
Il a les pattes rapprochées, collées.
Cet âne se veut dominateur.
Mais il a l'air presque effrayé.
On a envie de dire à cet âne
de ne pas avoir peur.
De lâcher prise et de gambader dans les prés,
en remuant la queue !
Il fera des erreurs...
Carl, qu'est-ce que tu fais ?
Tu fais quoi avec ta main ?
Laquelle ?
Sérieusement ?
Elle est juste posée sur la chaise.
Pourquoi tu as la main sous sa veste ?
Quoi ?
Je sais pas, elle était posée là, sur le bord de la chaise.
Je vais jouir.
J'arrive pas à me concentrer.
Tu sais,
si c'est trop dur, dis-le. Personne te force à rien.
Non, c'est ces combines en douce, ces cachotteries.
J'en peux plus, ça devient intenable.
Clairement, ils désapprouvent ce qu'on fait.
Alors...
on n'a qu'à leur dire la vérité.
Tu me donnes quelque chose
et je te donne autre chose en échange.
Tu comprends dans quelle position ça me met ?
Non.
Le fait de dire ouvertement que je suis ton gigolo
leur fera pas accepter que tu troques du sexe contre la nourriture.
Allez, je voulais pas...
Tu sais combien je bosse sur cette île ?
Je pêche, je fais du feu...
- Je sais. - Je suis responsable de tout le monde.
Je sais, pardon.
Ça m'autorise pas un avantage ?
Si, bien sûr.
Tu mérites de pouvoir faire ce que tu veux.
C'est absurde, parce que si on était en couple,
ils se ficheraient de ce qu'on fait.
Peut-être qu'on devrait faire ça, aller jusqu'au bout,
s'embrasser un peu en public, se tenir la main.
Ce serait plus facile.
Et Yaya ?
Je parlerais à Yaya.
Il faudrait que j'agisse de façon adulte,
que je fasse ça bien.
Ce serait mieux pour elle.
Les ragots la concernent aussi.
Je sais pas.
Tu veux que je rompe avec Yaya ?
Non.
C'est ton choix, pas le mien.
Je te demande pas de le faire, je veux savoir ce que tu en penses.
Mais c'est pas pour ça que tu peux me mettre entre vous.
C'est le scénario parfait pour toi.
Tu as ce que tu veux, sans obligations ni responsabilités.
Pourquoi tu compliques tout ?
Parce que j'ai besoin de savoir où ça va, Abigail.
On s'amuse.
Je veux essayer de régler ça.
Je veux pas être...
Je veux plus contrarier les autres.
Tu te rappelles ce que tu m'as dit le premier soir ?
Tu as dit quoi ?
« Je t'aime, tu me donnes du poisson. »
Exactement.
Et tu sais pourquoi c'est si beau ?
Comme toi ?
- Pourquoi ? - Parce que c'est la vérité.
Alors, Nelson, tu es un pirate ?
Arrête.
Bon, si j'étais un pirate, tu me demanderais quoi ?
Combien tu gagnes ?
Évidemment.
Je sais pas...
3 000 euros.
- Par abordage ? - Oui.
S'il est réussi.
Donc tu travailles à la commission ?
Merde !
C'est le client qui empoche tout ?
Mais on peut gagner plus si on a son bateau.
3 000 euros...
T'es un malade.
Ma copine me coûte cher.
Quoi ? Tu investis dans ta copine ?
Oui.
Tu devrais faire l'inverse.
Investis dans un bateau et les filles accourront.
Je peux prendre le sac à dos ?
- Abigail ? - Je sais.
Tu vas faire quoi, Yaya ?
Explorer l'autre côté de la montagne, voir ce que je trouve.
Je t'accompagne.
Ça va, je peux y aller seule.
Non, c'est dangereux, toute seule. Je viens avec toi.
Tu veux que je vienne ?
Non, reste ici.
J'ai besoin d'être seule avec elle.
Je le prends.
Contente qu'on fasse ça ensemble.
Moi aussi.
Je voulais te dire que je suis...
admirative de tout ce que tu fais ici.
Tu as réussi à instaurer un putain de matriarcat !
Tu as maté tous les vieux mâles dominants.
Merci.
Vraiment, c'est impressionnant.
Il faut qu'on se serre les coudes.
Bon sang...
Ça devrait être plus facile, après.
Sac Gucci, Louis Vuitton, Chanel...
Même usine.
Rolex, lunettes de soleil, perches à selfie.
Tu veux dire quoi ?
Tu veux dire quoi ?
J'ai déjà une femme.
Abigail !
Je vois quelque chose !
Quoi ?
Je t'entends pas !
Abigail, viens vite !
J'arrive !
Abigail !
Yaya !
C'est un ascenseur !
C'est un hôtel !
Quoi ?
C'est un hôtel !
Viens voir !
C'est un hôtel de luxe !
Il était là depuis le début !
Il était là depuis le début, putain !
Viens.
Viens, Abigail.
Viens.
Abigail ?
Profitons de ce moment.
- C'est surréaliste, non ? - Oui.
Tu dois avoir hâte de voir tes enfants.
J'ai pas d'enfants.
Pardon.
Allons-y.
Il faut que je fasse pipi.
Et après, on y va.
Abigail ?
Je peux essayer de t'aider.
Je sais pas comment, mais...
Abigail.
Tu pourrais travailler pour moi.
Être mon assistante.
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