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Je vous ai manqué ? -Tu as l'air pensif.
-Un nouveau cas, sur la plage de Corsen.
Tu as le fichier de Zoé Lévy ? -C'est du matos tout neuf.
-"N + Z"...
Capture. Grésillement.
Mélanie !
J'hallucine.
On est en 2025. -98.
-Tu as récupéré le dossier de Mélanie ?
-Pas de boulot. C'est nos 27 ans. -27 ans ?
-Ouais.
-Dans la salle VR, j'ai vu Mélanie.
-Je vais mourir dans 11 jours ?
-On peut l'empêcher. -Comment on saura que ça a marché ?
-Ton dossier,
si ça marche, il va disparaître.
On a perdu 2 jours.
-Je vais mourir.
Cette bague, c'est pas la mienne. -Je l'ai déjà vue,
sur Zoé Lévy.
RDV à 23h, OK ?
-Tu as vu quoi ? -C'était pas un accident.
On t'a assassinée.
Il sonne.
-Hé ! Ca va ou quoi ?
-Je t'ai appelé, tu réponds pas.
J'ai trouvé un truc de ouf, je te montre.
-Attends, je suis occupé.
-Désolé, j'en ai pour 5 minutes. Juste 5 minutes.
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Tu me fais quoi, là ?
-Toi, tu fais quoi ? C'est qui ?
-Je te présente. Eva, chérie,
je te présente Ludovic, mon collègue et ami.
Ludo, je te présente Eva.
-Bonsoir. -D'habitude,
il passe pas, quand y a pas match, mais là, y a urgence.
-Enchanté.
Pardon, une seconde.
Vous vous êtes séparés, avec Flo ?
-(De qui tu parles ?)
-Putain, c'est à la demi-finale que vous vous êtes rencontrés,
il y a 27 ans.
-De quoi ?
-Sam, Parvana...
Sam ?
Parvana ?
-T'as vu ?
J'ai rangé mes affaires de foot.
-J'ai vu, ouais.
J'ai vu.
-Ca va ?
-Oui. -Oui ?
Sonnerie de montre.
-Ludo ?
M. le procureur ?
-Béguin,
je savais que c'était vous. -Que faites-vous là ?
-Comme vous,
Mme la juge, je cours.
Vous venez souvent ici, non ?
-Pas plus que ça.
-Je vous ai déjà aperçue, le matin,
vers 7h, en général, non ? -Oui, ça m'arrive.
Désolée, j'attends mon mari.
-Vous courez à 23h ?
-Oui, il termine tard le boulot.
Et comme ça, on est seuls.
-OK.
Je vais y aller, alors.
Un jour, on pourrait courir ensemble, le matin.
On a les mêmes horaires.
-Pourquoi pas ?
-Tenez.
-Non, c'est bon. -Tenez.
Vous me la rendrez une autre fois.
Demain, je déjeune
avec Fiquet, le dircab du préfet.
Mais lundi,
si vous êtes dispo pour un déj... -Je peux pas.
Je sais pas ce qu'il fait, on a dû mal se comprendre.
-Je peux attendre avec vous. -C'est gentil, je vais rentrer.
Au revoir.
-Mélanie !
Vibreur de téléphone.
Il soupire.
On frappe.
Qu'est-ce que tu fais là ? -Et toi ?
Pourquoi tu réponds pas à Parvana ?
Je t'ai géolocalisé.
-Je suis désolé, excuse-moi.
-Pourquoi t'es venu ici ?
Tu as dormi là ?
-Non, j'ai pas...
-C'est le dossier de la noyée ?
-C'est quoi, cette bague ? Elle vient d'où ?
Qui t'a donné ça ?
-C'était dans les affaires de maman.
-OK.
Euh... Juju...
Faut que je te dise un truc...
à propos de maman.
Encore une insomnie ?
-C'est quoi, les fringues, derrière toi ?
-Ah...
Ca, c'est...
C'est les cadeaux de ma mère.
C'est un peu grand, c'est du 2 ans,
mais ça va arriver vite.
Faut juste pas avoir peur des couleurs qui rendent aveugle.
Hé...
Va prendre ta douche, je m'occupe de son biberon,
je m'occupe de ton cappuccino. -Avec...
-Avec 3 sucres, oui, je sais.
Je l'avais senti, à l'époque, que c'était pas un accident.
Ca fait 27 ans que je me traîne avec ce...
J'aurais jamais dû me laisser convaincre.
-C'est le même mec qui a tué cette femme, 27 ans plus tard ?
(Putain...)
Ce psychopathe doit vivre sa vie tranquille depuis tout ce temps.
T'as plein de souvenirs
avec maman.
Moi, j'ai rien.
Faut que tu le retrouves, papa.
-Je vais le retrouver.
-Vous pouvez signer là.
-Quand est-ce que je pourrai récupérer son corps ?
-Bientôt, Mme Clovin.
-Bonjour, madame Clovin.
Euh... Excusez-moi,
est-ce que vous reconnaissez cette bague ?
-Non. Pourquoi ?
-Elle était sur la main de votre soeur.
Vous ne savez pas
qui a pu lui offrir ça ?
-Non, je ne sais pas.
-Zoé ne portait pas de bagues,
à part son alliance.
Elle l'a jamais retirée.
-Vous êtes sûre ? -Oui.
-T'es sûr que Mélanie
a jamais porté cette bague ? -Certain.
Elle aurait trouvé ça ringard.
-Et t'as pas tiqué, à l'époque ?
-Elle en portait mille, des bagues. Je suis passé à côté.
-Et pourquoi aujourd'hui ?
-Parce que j'ai croisé ma fille. Elle portait cette bague,
qu'elle a récupérée...
Putain, mais Zoé Lévy avait exactement la même bague,
alors que sa soeur
vient de nous dire qu'elle ne portait que son alliance.
Putain, c'est pas un hasard ! C'est pas un hasard !
Et Mélanie,
c'était pas un accident.
Ce mec est un récidiviste. Il a tué Zoé Lévy et Mélanie.
Il leur a mis
cette bague au doigt post mortem.
-Le même tueur à 27 ans d'écart ? -Oui.
-C'est vrai que c'est bizarre, ces deux bagues.
On peut faire le tour des bijoutiers.
En 98, le mec a pas trouvé ça sur Internet.
-Alors ?
T'en penses quoi ?
-On a de quoi demander une commission rogatoire.
-Merci.
-On briefe la patronne ?
-La patronne ?
-Un récidiviste ?
27 ans plus tard ? -Hm.
Probablement
un type du coin,
entre 45 et 65 ans,
précautionneux, discret. -Oui.
Le mec rejeté qui veut être aimé par des femmes qu'il n'aura jamais.
-Voilà,
qui supporte pas l'humiliation
et qui les tue.
-27 ans, c'est beaucoup.
-Mélanie et Zoé Lévy sont pas forcément ses seules victimes.
-Bon, OK. J'appelle Orsat
pour demander une ouverture d'info.
Bouclez la procédure. -Oui, patronne.
-Ludovic, attends.
Vu la tournure que ça prend, tu vas rester à l'écart.
-Ah, non, non, non.
C'est mon enquête, c'est moi qui ai trouvé ces bagues,
et je connais le dossier de Mélanie.
-Ben, justement.
-Il y a prescription, pour le meurtre de Mélanie.
Là, on enquête sur Zoé Lévy. Je peux gérer.
-C'est pas une bonne idée. Tu seras jamais objectif.
-C'était il y a 27 ans.
Cédric, attends. Viens voir.
J'ai besoin de la VR juste 20 minutes, OK ?
Merci beaucoup.
Merci, c'est cool.
-Allô ?
Oui, patronne.
Mélanie Béguin ? OK. Je lance la numérisation.
Très bien.
-Mélanie ?
Pardon.
Désolé, j'étais à la bourre.
Je sais pas par où commencer, je sais pas comment te dire ça.
Avant-hier, quand t'es pas allée à la demi-finale chez Nathan,
Florence y est pas allée non plus.
Or c'est ce jour-là qu'elle avait rencontré Nathan,
et depuis, ils sont mariés et...
-Florence et Nathan ? Mariés ?
-Oui. Ils ont deux enfants,
Romane et Lucien.
Mais là, comme t'as pas été à cette soirée,
tout a disparu.
On est en train de faire n'importe quoi.
-Après-demain, il y a la finale. Nathan vient. J'invite Florence.
Je les remets ensemble. -Attends, c'est pas fini.
Au boulot, j'ai un commissaire qui s'appelle Le Goff.
Là, il est plus là, il est à Dunkerque.
Je sais pas comment ça se fait.
A sa place, y a une femme, Yasmine Ben Salem,
que je ne connais pas,
mais elle, elle me connaît bien.
Des effets papillon comme ça, il doit y en avoir plein.
Je les ai pas encore tous vus.
-On fera attention.
Ce vortex, c'est ma seule chance de survivre.
-Mélou, tu comprends pas.
Si on change le passé...
je vais perdre ma femme et mon fils.
Je suis marié, Mélou.
-Mais je la connais ?
-Non, non.
Je l'ai rencontrée, car elle a été cambriolée et j'ai...
Elle est afghane, elle s'appelle Parvana.
Elle était réfugiée, à l'époque.
Elle est infirmière dans le même hôpital que Juju.
Ca fait 15 ans qu'on est ensemble. Halètement.
-T'es marié ? T'as un fils ? -Oui.
Il s'appelle Sam, il a 10 ans.
Il rêve d'être footballeur.
Elle sanglote.
Je suis désolé.
J'aurais dû te dire ça avant. C'était compliqué.
C'était compliqué.
-Ne t'excuse pas.
Ca fait 27 ans que je suis morte. T'as refait ta vie, c'est normal.
Elle sanglote.
-Mélou...
Si tu survis...
je risque de jamais rencontrer Parvana,
et Sam n'existera pas, et ça, c'est pas possible.
Je peux pas vivre sans eux. -Tu vas me laisser mourir ?
-Non.
Non, je veux
que tu vives, mais je veux pas les perdre.
Si tu survis, faut que tu me quittes.
-Non !
Je peux pas te quitter ! Juliette est trop petite.
Elle a besoin de nous deux. Et moi, j'ai besoin de toi.
On veut d'autres enfants.
-C'est la seule solution. -Attends.
Tu rencontres Parvana
dans 15 ans. Je te quitterai à ce moment-là.
-Ca marche pas comme ça.
Quand on change le moindre détail, ça fout la merde derrière.
J'ai détruit la vie de Nathan et Florence.
J'ai perdu ma femme le 17 juillet 1998.
Elle pleure.
Il faut que tu me quittes ce jour-là.
Elle pleure.
Il faut que tu me le promettes.
Que tu me le promettes.
Elle pleure.
Il faut que je rencontre Parvana
et que j'aie Sam.
Elle pleure.
Il faut que tu me le promettes.
Promets-le-moi.
-Je te le promets.
-Merci.
Je ne te laisserai pas mourir, je te le jure.
On va le chercher ensemble, on va le trouver ensemble.
On va l'arrêter.
Tu vas l'arrêter en 98, d'accord ? Et tu vas vivre.
Ni ta bague ni celle de Zoé Lévy
ne sont exploitables.
Il faut qu'on trouve
d'autres victimes.
OK ?
En 27 ans, il a forcément tué d'autres personnes.
Il a dû faire des erreurs.
C'est comme ça qu'on va le choper.
-(OK.)
On frappe à une porte.
-Ah oui, quand même...
-Tu peux annuler mes auditions ? -Tu es sur un nouveau dossier ?
-Un pote de promo m'a appelée. Thibaut.
Il bosse à Mulhouse.
Il cherche un récidiviste qui viendrait de chez nous.
Un type qui tue des femmes et qui leur passe la bague au doigt après.
Il m'a demandé de voir si on n'avait pas
d'autres cas comme ça.
C'est tous les homicides de femmes non élucidés
des 5 dernières années.
-Tu en as pour la semaine, là. Et tes auditions sur l'affaire
des motards ?
-Tu peux les décaler ?
-Thibaut, c'est vraiment un bon copain.
Tu veux de l'aide ?
-Oui.
Merci.
Bonjour. Mélanie Béguin, juge au TGI de Brest.
J'enquête sur le meurtre de Fiona Leibgorin.
Décrivez-moi le bijou.
Merci. Au revoir.
-Allô ? Vous avez quelque chose ?
Le dossier 558.
Merci.
-Oui. Vous pouvez vérifier ?
On frappe.
-Salut, les filles.
-Salut, Hector. -Coucou, Flo.
Pardon.
Mél, je t'ai rapporté des flyers de l'asso.
On pourrait en parler au déjeuner. -Attends. Oui ?
Oui...
Non, c'est pas ça. Merci. Au revoir.
-Vous êtes prêtes ?
On était censés déjeuner ensemble.
-Mais carrément. -Ah merde.
Désolée, je t'ai pas prévenu,
mais on peut pas.
-OK. Bon, c'est pas grave. -Désolée.
-Je vous rapporte un sandwich ? -Je veux bien une salade,
sans huile d'olive. -OK. Et toi ?
-Ben... comme toi. -OK.
Je te laisse les flyers.
Et on en parle après.
Oui.
A tout de suite.
-Je suis bien
chez l'OPJ Robin ?
M. Béguin, juge au TGI de Brest. J'enquête sur un meurtre.
-Alors ? -La bague se vend dans la moitié
des bijouteries du coin
depuis un bail. C'est un modèle intemporel.
-Super... -Et vous ?
-On n'a rien trouvé.
Aucune autre victime avec cette bague
dans les fichiers.
-Je me disais...
Si ça se trouve,
le mec leur a offert la bague avant de les tuer.
Elles le connaissaient.
-Non, c'est impossible.
Mélanie aurait jamais accepté
et elle m'en aurait parlé. C'est quelqu'un qui les a croisées
une fois,
et ça a suffi
pour les prendre comme cibles.
-La bague, c'est symbolique. Un rageux qui veut se venger
parce qu'il a jamais pu avoir de meuf comme Mél ou Zoé.
C'est un romantique frustré.
-Un peu comme toi, quoi.
-C'est drôle, ça.
Sauf que moi,
je suis ni romantique ni frustré.
La meuf de l'autre soir,
regarde ce qu'elle m'envoie.
-Oh là là... -Eh ouais.
-Je vais me faire un café. -C'est dramatique, comme message.
"C'était cool. On se refait ça bientôt."
"C'était cool", ça veut dire que c'était nul.
Et "à bientôt", ça veut dire "adieu".
-N'importe quoi !
Qu'est-ce que t'y connais ? T'as un mec depuis 1 000 ans.
Quoi ? Sérieux ?
-Florence...
-Ludo ? Ca fait longtemps.
Ca va ? -Euh... ouais.
-J'ai appris, pour la noyée, sur la plage,
pile au même endroit que Mélanie. C'est toi qui es dessus...
-Euh... D'ailleurs,
est-ce que tu te souviens si quelqu'un a offert une bague
à Mélanie avant sa mort ? -Une bague ?
-Hm. -Ben...
Je sais pas. Ce serait bizarre, d'offrir une bague à Mélanie, non ?
Ca a un rapport avec la noyée ? Vibreur.
Attends, excuse-moi.
Désolée, faut que j'y aille,
je suis convoquée au lycée. -Ca va ?
-Ben non.
Depuis le divorce, ma fille fait n'importe quoi.
Hector lui passe tout.
-Attends, Hector...
Le copain de lycée de Mélanie ?
-C'était il y a 25 ans, mais tu étais au mariage.
Tu as Alzheimer ou quoi ? -On dirait.
Dis-moi, est-ce que tu te souviens de Nathan Leroy ?
-Non. Ah si !
Ton collègue un peu beauf. -Oui ! Non !
Il est pas...
Il soupire.
Il est super sympa. Je suis sûr qu'il te plairait.
-Alors, Ludo, je suis divorcée, mais pas désespérée.
On se fait un café un de ces quatre ?
-Oui.
-Ca va aller ? Il est tard.
-Je continue juste
un petit peu.
-Bonne soirée. -Flo !
Tu viens chez nous, demain, pour la finale ?
-Bien sûr.
-Je veux te présenter quelqu'un. -OK.
Elle soupire.
Sonnerie de téléphone.
-Allô ? *-C'est moi. Tu rentres quand ?
-Je vais pas tarder.
-T'es sur un nouveau cas ?
-Oui. Un récidiviste. *-Ah ouais ?
Pleurs de bébé. *Juju,
tu me vomis dessus, là !
Mélou, reviens vite. Juju te demande.
Elle aimerait que tu lui changes sa couche.
-Oui. *Pleurs de bébé.
En attendant, vous vous débrouillerez bien sans moi.
On frappe à la porte. Oui.
-Béguin...
Pas pressée de rentrer chez vous... -Non, j'ai du boulot.
-L'autre soir, au fait...
ça va ? je vous ai pas fait peur ?
-Non, non.
Tenez, merci.
Il rit.
-Je vais retourner courir avec le dircab du préfet.
Je vous embêterai plus.
Bonne soirée.
-Vous êtes proches,
avec le dircab ?
-Oui. C'est un bon pote.
Pourquoi ?
-Vous pourriez lui demander quelque chose ?
C'est urgent.
J'ai besoin d'une info
sur une jeune migrante, une Afghane.
Je n'ai que son prénom.
Parvana.
-L'affaire des containers ? La rixe sur le port ?
-Vous savez que je peux rien vous dire.
J'ai besoin de l'interroger.
Comme elle a pas de papiers, les flics la trouvent pas.
-OK.
Mais vous m'invitez
à déjeuner demain. -Non.
Pas demain.
Après le 17,
quand vous voulez.
-(Je t'aime.)
-Papa...
C'est possible, d'être avec deux filles en même temps ?
-Je suis pas sûr de comprendre la question.
-Tu vois, Capucine,
elle est populaire, elle est belle.
Mais Nora, elle est drôle
et elle joue super bien au foot. -Elles t'aiment toutes les deux ?
-Ben oui.
Il rit.
Comment choisir ?
-Je sais pas.
-Peut-être je vais essayer avec les deux,
et après, je choisirai la meilleure.
-Super idée.
Je suis pas sûr qu'elles soient d'accord, toutes les deux.
Tu peux toujours essayer.
Bonne nuit, crapaud.
Eteins la lumière.
Hé...
T'as vu que Sam s'est encore endormi
avec son maillot de foot ? Bientôt, il va vouloir
prendre sa douche avec.
Hé...
-C'est pas cool, de me zapper comme tu l'as fait, là.
Tu rentres pas pendant 2 jours, tu m'envoies un pauvre texto.
Faut que je passe par Juliette pour savoir comment tu vas.
-Je suis désolé.
Le mec qui a tué cette femme, sur la plage...
il a aussi tué
Il a aussi tué d'autres femmes.
Mais tu as raison.
J'aurais dû rentrer.
J'ai été con.
J'ai été con, je suis désolé. Très très con.
Un énorme con.
Et le plus con des nuls. Elle rit.
Je t'aime.
C'est quoi ? -C'est rien, regarde pas.
-C'est trop tard, j'ai vu.
T'as changé de style ? -Oui, j'essaye.
Apparemment, les suicidés,
c'est pas assez concept pour le FRAC, mais je galère.
-Tu appelles ça galérer, toi ?
On peut l'accrocher ? -Non.
-Tu as du talent, tu m'impressionnes.
-Viens, on va dans la chambre. -Oui.
-Hm ? -Oui.
-Sympa, ces photos,
à 8h du mat. -Euh, oui, c'est chouette.
Pourquoi on regarde des photos de cadavres ?
-Parce que parfois, les meurtres sont maquillés en suicides, Tintin.
Il rit.
Hé, Ludo, t'as vu
dans quel état tu nous l'as mis ? -Ca va.
-Madame la commissaire divisionnaire,
bonjour. -Pas encore.
-Oui, mais bientôt. Merci.
Vous allez nous manquer.
-Bon, j'ai eu la juge
qui a récupéré le dossier. -On peut la briefer ?
-Elle préfère prendre connaissance du dossier avant de délivrer
la commission rogatoire. -Oh !
-On peut rien foutre sans cette CR.
Merde ! -Elle dit qu'elle a
4 gardés à vue à auditionner.
Elle lira à sa pause déj'
et ce soir, chez elle. -Excusez-moi.
La bague, là, je crois que c'est la même.
Elle s'appelle Nolwenn Gakou.
Elle est morte le 3 février 2020,
à Lorient,
défenestrée.
-Bruno...
-Aïe.
-T'es un génie. Maintenant, faut qu'on récupère
le dossier.
Tu peux m'imprimer ça ? -Avec plaisir.
-C'était en 2020, il y a 5 ans. On peut retrouver de l'ADN
sur elle ou sur la bague.
-Bon, j'appelle la juge pour la CR. Je vous promets rien.
-C'est bien, mon Tintin, ça !
-Tu veux pas aller draguer la juge ?
-Allez !
-Montre-lui une photo du cadavre, ce sera plus efficace.
-Le procureur chargé de l'affaire s'appelle Battesti.
-Edouard Battesti ?
-Ouais.
-Je l'ai croisé à Lorient. Il a le melon,
mais je peux gérer.
-Cool.
-C'est absurde, vous avez rien.
Vous m'excuserez, j'ai une audience.
-Accordez-nous un instant.
-Nolwenn Gakou avait déjà fait une tentative de suicide
et laissé une lettre d'adieu. Une bague, ça change rien.
-Pourriez-vous relire le dossier ? On veut juste récupérer une bague
dans les scellés.
-J'ai du travail. Vous perdez votre temps
et le mien avec.
Il soupire et râle.
-Vous passez à côté d'un homicide.
Le type qu'on recherche
a assassiné 2 autres personnes, dont ma femme.
Il pourrait recommencer à n'importe quel moment.
-Pour que je rouvre l'affaire,
revenez avec des éléments objectifs.
-J'ai rien trouvé.
Je dois être la 1re victime. -On a une piste.
Nolwenn Gakou, défenestrée en 2020.
Même bague. -2020, c'est récent,
pour toi.
Tu as les empreintes ? -Doucement, Forrest.
Doucement.
On a essayé tout ça,
mais le procureur en charge de l'affaire, Battesti,
refuse de se désavouer.
Ca va mettre des semaines.
-Ce sera trop tard.
On est le 12, il me reste que 5 jours.
-Mél, regarde-moi.
Regarde-moi.
J'ai une idée.
Tu vas aller voir Battesti en 98.
J'ai vu qu'il bossait déjà au tribunal de Lorient.
Il était sur une affaire de vol par effraction dans des villas.
Il s'y est mal pris.
Les coupables n'ont été arrêtés que 10 ans plus tard.
C'est un peu tordu,
mais si tu l'aides à résoudre cette affaire,
ça boostera sa carrière et il te sera redevable.
Comme ça, on récupérera le dossier plus rapidement en 2025.
-T'as pas peur d'un nouvel effet papillon ?
-On n'a pas le choix.
Il nous faut ce dossier.
-Un cappuccino,
3 sucres. -Merci.
J'arrête pas d'y penser.
Je me dis que si ça se trouve, je l'ai déjà croisé.
Je l'ai peut-être même soigné.
Quand je pense que j'ai porté cette putain de bague...
-Euh... attends, Juju, je comprends pas.
De qui tu parles ? Quelle bague ?
-Papa t'a pas dit ?
-Monsieur le procureur...
Bonjour, excusez-moi.
Mélanie Béguin, juge au TGI de Brest.
J'ai entendu parler des vols par effraction
dans les belles demeures. -Qui vous en a parlé ?
-Vous avez relevé les empreintes sur les portes ?
-Evidemment, vous me prenez pour qui ?
Ces types portent des gants. -Mais les empreintes d'oreilles ?
-Les empreintes d'oreilles ?
C'est absurde.
-Les cambrioleurs écoutent aux portes, non ?
Cris de joie et corne de brume. -Nathan, arrête !
-Prends ça, on va en avoir besoin.
Allez, Greg ! On est chauds !
Nous sommes en présence
de Nathan Leroy,
spécialiste des défaites françaises.
-Sincèrement, je pense qu'on va se faire éclater !
-Moi, je vais te dire,
tant qu'il y a de la vie, y a de l'espoir.
-Putain, Flo, t'es chiante, t'avais dit que tu venais.
S'il te plaît ! *-Pardon.
-(C'est Flo ?) *-Désolée,
ça fait des plombes que j'attends une ouverture avec ce mec.
-Je veux te présenter un pote de Ludo.
-Je te laisse, ça va commencer. Allez, les Bleus !
-Euh, Mélanie Béguin,
en tant que spécialiste du foot, quel est votre pronostic
pour la finale de ce soir ?
-3-0 pour la France.
Il rit. -OK, d'accord, tu veux pas jouer.
Ma femme a dit 3-0 pour la France. Brouhaha.
On ne se moque pas !
Brouhaha. -Allez, les Bleus !
-Hé, Mél, elle est où, la meuf que tu devais me présenter ?
-Elle m'a plantée.
-Ah bon ?
-Mais on se refait ça vite.
-Y a que des cageots ici, à part toi.
T'as pris les bières dont je t'ai parlé ?
-Oui, en bas, à droite. -Oh !
Oh, yes !
T'es la meilleure.
Je me demande parfois ce que tu fous avec Ludo.
OK, Juliette est mignonne,
mais t'imagines, avec un mec comme moi ?
T'imagines ?
Nathan Leroy. Toi et moi.
-Nathan ! -Oui ?
-Arrête de draguer ma femme. -Ouais, OK.
-Vous êtes en train de louper la finale.
-ALLEZ, LES BLEUS !
ALLEZ, LES BLEUS ! ALLEZ, LES BLEUS !
Corne de brume. Brouhaha.
Cris de joie et applaudissements.
-Pas de nouvelles de Battesti ? -Non.
Nathan a appelé la juge, elle l'a jeté.
Sonnerie de téléphone.
-Allô ? *-Commandant Béguin ?
Edouard Battesti.
-M. le procureur... *-Ma secrétaire vous a envoyé
le dossier Nolwenn Gakou. -Merci beaucoup !
-J'espère que ça vous aidera
à l'attraper.
On s'était croisés, à l'époque, avec votre femme,
juste avant.
Elle m'avait rendu un...
un grand service, vraiment.
J'étais désolé d'apprendre ce qui s'est passé.
Elle était brillante.
Elle aurait fait une grande juge.
-Oui, je pense aussi.
-Bon courage, commandant.
-Je fonce au greffe, je récupère la bague
et je l'emmène au labo.
Cris de joie et corne de brume.
-Tu regardes pas le match ?
-Je suis pas très foot. Je peux louper 5 minutes.
Oui.
Elle vient pas, Flo ?
Ca va ? T'as pas l'air bien.
-Quelqu'un m'a dit que j'allais mourir,
assassinée.
-Qui t'a dit ça ?
-Une voyante. Il rit.
-Une voyante...
-Elle m'a dit que j'allais mourir là, le 17 juillet,
dans 5 jours. -Quoi ?
-Elle m'a dit aussi que Ludo va refaire sa vie,
qu'il aura un autre enfant avec une autre femme.
-Oh, putain... Pourquoi elle t'a dit ça ?
-Elle m'a même donné le nom de sa future femme.
Je pourrais la voir,
si je voulais,
lui parler.
-Fais pas ça.
C'est n'importe quoi.
(Hé...)
(Te laisse pas atteindre par des conneries pareilles.)
Personne va t'assassiner.
Excuse-moi, mais tu habites où ?
-A Plouzané. -A Plouzané.
Plouzané, c'est pas Bogota.
En plus, ton mec est flic.
Si tu flippes,
tu t'achètes un téléphone portable, une bombe lacrymo,
et comme ça, tu es rassurée.
OK ?
Oui ?
Bon, ben, parfait.
-(Merci.)
Cris de joie.
-ZIZOU ! ZIZOU ! ZIZOU ! Corne de brume.
-Allez, un 2e. *Match à la télé.
Cris de joie.
-C'est Juju d'amour...
(Tu vas être une grande médecin, plus tard...)
(Dans quelques jours, peut-être que maman sera plus là...)
(Mais papa, lui, il sera toujours là.)
-Ah, t'es là.
Brouhaha au loin.
-Elle s'est mise à pleurer, avec ce boucan.
-Tu t'es mise à pleurer ? J'ai plus de voix.
J'ai trop gueulé.
Mél...
Qu'est-ce qui va pas ?
-Ca va. Tout va bien.
-Promis ?
On lui dit ou pas ?
On raconte à maman la conversation qu'on a eue ?
Juju et moi, on s'est dit...
que ce serait un crime, de pas en faire un 2e, non ?
Hein ? Un petit garçon, cette fois.
On pourrait l'appeler Zizou.
Cris de joie.
Champions du monde, c'est un truc de dingue !
Euh...
Ca fait 3-0.
C'est exactement ce que tu avais prédit.
C'est fou.
Hé, je reviens.
-ET 3-0 !
Brouhaha au loin.
-OK. Et pour les empreintes digitales ?
J'en ai besoin demain matin à la 1re heure.
Vous me passez un coup de fil dès que vous avez les résultats ?
Super.
OK, merci beaucoup. Au revoir.
-Y a vraiment quelqu'un
qui a tué la maman de Juliette ?
-Euh...
T'inquiète pas, on va l'attraper.
-Tu fais quoi ?
-Mes oignons, putain !
Je fais...
du qabili,
le plat préféré de maman. -Je préfère les frites.
-Oui.
Tu me files les citrons confits ?
-Je déteste les citrons comme ça. Ca a un goût chimique.
-Mais maman, elle aime ça.
-Toi non plus, t'aimes pas.
On est deux contre un.
Ludo rit.
Une porte se ferme.
-Sam ! Range tes affaires.
Il soupire.
Hm... Ca sent bon.
-C'est toi qui sens bon.
-C'était ma mère qui cuisinait ce plat.
Elle en faisait tous les vendredis.
Ca embaumait
toute la maison.
Cette odeur, là, c'est...
C'est le dernier souvenir que j'ai d'elle.
-Tu me l'avais jamais dit.
-C'est comme la guerre, j'en parle pas forcément, mais...
Mais...
je sais que si, un jour, j'ai besoin d'en parler,
tu m'écouteras.
Je sais
que c'est dur, pour toi, en ce moment, avec ton enquête.
Mais tu peux m'en parler.
Je suis là.
-C'est Juju qui t'a dit ?
-"Rabani Parvana..."
"12-4 rue du Languedoc."
Vous voyez ?
12-4 rue du Languedoc.
Elle est peut-être liée au réseau.
-Attendez. Vous êtes un peu matinale.
Et puis, depuis quand vous enquêtez sur le terrain ?
-Je sais que c'est inhabituel,
mais j'aimerais qu'elle soit auditionnée ce matin.
Il soupire.
Une porte s'ouvre.
-Papa, t'avais dit que tu réparerais ma tablette.
-Merde.
-T'as entendu quelque chose ?
-Non. -Non, hein ?
-Allez, c'est pas drôle.
-Ah... J'ai entendu un truc, là.
-Allez ! -Ah oui...
-S'il te plaît... -Comme un animal blessé.
Elle rit.
Un petit animal avec une tablette. Ils rient.
-Vous êtes pas marrants. -Donne.
-Quand même... -Fais voir.
Approche.
Approche.
Rires.
-Elle s'appelle Parvana Rabani.
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