All language subtitles for 1940 - Three faces west - Les Déracinés (de Bernard Vorhaus)

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Original subtitles

LES DÉRACINÉS

Les personnages et les évènements mentionnés dans ce film sont fictifs.

Toute ressemblance avec des personnes réelles est purement fortuite.

"Nous, le peuple."

Merci. Merci.

"Nous le peuple" vous présente le Dr William Thorpe

directeur de L'Association Sanitaire Internationale.

Dr Thorpe...

Merci.

Je parle au nom des médecins du Comité de L'Association.

Notre objectif est de créer des possibilités professionnelles dans ce pays...

pour les médecins et chirurgiens qui en sont privés dans leur propre pays.

Cependant ces personnes ne veulent pas travailler dans les grandes villes

mais il y a des centaines de petites villes dans ce pays sans service médical

ce message est en direction de ces communautés et villages.

Ces hommes, reconnaissants de l'aide que le pays leur donne,

sont prêts à prendre les postes vacants dans ces communautés

et ne demandent rien d'autre que de servir la population.

La personnalité suivante que vous allez entendre est le Dr Rudolf Pressner.

Les personnes qui nous écoutent doivent savoir deux ou trois choses.

La première, quelle sorte de docteur elles sont en train d'écouter

et la seconde, est-ce un bon docteur ?

Pour la première, je suis un spécialiste en obstétrique.

La seconde question : est-ce un bon docteur ?

Puis-je y répondre ? Oui tant je suis très fier de ma profession.

Oui je suis un bon docteur.

J'espère que vous me donnerez l'occasion de le prouver.

Merci Dr Pressner.

Maintenant je vous présente un très grand spécialiste...

Le docteur Karl Braun de Vienne.

Il y a tant de bien à dire de vous que je sais par où commencer.

Peut-être peut-on résumer en disant qu'il y a vingt ans...

avec beaucoup d'autres médecins américains...

j'ai rejoint Vienne pour être de son équipe dans la célèbre clinique de la ville.

Dr Braun.

Mesdames et Messieurs.

J'ai l'habitude d'utiliser le stéthoscope et pourtant je suis devant un micro.

Mais ce ne serait pas très éthique de vous demander de me juger sur ma bonne mine.

Oui ?... Non, aussi je vais me présenter.

J'ai plus de soixante ans...

Ce n'est pas très jeune.

Mais ce n'est pas trop vieux.

La semaine dernière, j'ai passé un examen complet comme tout le monde devrait le faire chaque année.

Ils m'ont dit que tous mes organes fonctionnaient.

Si on peut croire les médecins.

Pendant plusieurs années à Vienne, j'ai dirigé une clinique orthopédique

pour maladies des os

surtout en direction des enfants.

Ce fut un privilège de permettre à des handicapés de marcher à nouveau.

Oh j'oubliais... je suis un bon père.

Je dois vous prévenir que nous sommes deux.

Ce sera plus cher si vous me prenez.

Bien sûr, nous ne pouvons nous séparer, ma fille Leni et moi.

À Vienne, elle était très gaie quand Vienne était gaie.

Maintenant elle a décidé de travailler à mes côtés

Elle a étudié pour être infirmière et a appris très vite.

Et quelle musicienne !

Si vous pouviez l'entendre jouer un concerto de Brahms !

Chaque note est comme un baiser.

Nous le peuple. Radio de Columbia. New- York.

Asheville Forks Dakota du Nord.

Avons réservé billets pour Dr Braun et sa fille. Qu'ils viennent immédiatement John Phillips.

Quel beau pays, papa.

Si adorable... Quelle chance !

2000 miles de voyage... pas un soldat..

Pas de frontière... pas de douaniers... pas de gardes.

L'Amérique !

Nous avons de la chance d'aller dans un petit village.

Je n'aime pas les grandes villes.

Enfin nous avons une chance, Lenchen.. Nous allons trouver la paix.

Oui.

Comment va, les amis ?

Bien. Bien. Beau paysage.

Quand arriverons-nous à Asheville Forks ?

Vers 9 h 40.

Nous avons le temps d'une petite sieste, oui ?

Bien sûr... Nous serons en retard de toute façon.

Je pensais qu'en Amérique tout était à l'heure.

Ce n'est pas un train express. C'est un train régional.

Vous en voulez ?

Je ne voudrais pas vous laisser sans rien.

Tu peux mettre tes pieds ici...

Je vais te mettre la couverture.

Merci de prendre soin de ton vieux papa.

Moi je vais en profiter pour lire un peu mon livre.

C'est bien... Penche-toi sur les techniques opératoires.

Mais ça va être dur d'étudier avec un tel paysage à la fenêtre.

Ce n'est pas bon, Lenchen.

Je sais.

Il est parti...Notre monde est parti...

Il vaut mieux ne pas regarder en arrière... Regarde devant toi !

Je ne regarde pas avec les yeux, mais avec le cœur.

Si tu savais combien je l'aimais quand il était là.

Je n'oublierai jamais le sacrifice qu'il a fait pour nous.

S'il ne l'avait pas fait, nous ne serions pas là.

Et lui ne serait pas mort...

Nous nous soutenons mutuellement , Lenchen...

Nous commençons une nouvelle vie ...

sur une terre heureuse avec des gens heureux.

Essaie de te rappeler de cela aussi.

C'est pas un endroit pour des étrangers.

Je suis sûr qu'ils vont pas aimer !

Je parie 10 $ qu'ils ne restent pas une semaine.

Et pourtant je ne parierais pas sur quelqu'un que je n'ai jamais vu.

Rappelle-toi le dernier.

"Je passe une bonne nuit, Messieurs, et je commence mes tournées demain."

Et le lendemain, où est-il ?

Il était déjà bien loin.

Ils devront rester... Il y a trop de malades.

Et tu gardes tes réflexions quand ils arrivent, compris ?

Je ne veux rien entendre.

Cette communauté est ingrate. On dirait qu'on n'est pas assez bien.

Comme si on était meilleur parce qu'on a le titre de Docteur.

Tu es vétérinaire, Nunk, tu t'occupes bien des vaches, des chevaux et autres...

Mais la situation est grave et on a besoin d'un vrai docteur.

Pour les fractures et les opérations.

Tiens ma petite fille, prends ses pastilles et repose-toi.

Et on appelle ça un docteur !

Ça va, Nunk.

Le train arrive.

Bon, rappelle-toi de la fermer !

À toi de jouer, John, ils sont à toi.

Tu ne viens pas m'aider ?

Si, bien sûr !

Alors va préparer la voiture !

Je suis John Philips.

J'ai envoyé le télégramme.

Quelle nuit désagréable avec cette petite tempête !

Petite ? Je crois que c'est une grosse tempête.

C'est tout le temps comme ça !

Non, ce n'est pas habituel.

J'espère.

Voici ma fille Leni.

Enchanté

Elle est prête, fiston.

O.K. Nunk.

Je suis le Dr Atterbury.

C'est notre vétérinaire.

Puis-je vous appeler collègue ?

Collègue ? Bien sûr, on m'a toujours appelé ainsi.

Allons-y les amis. Protégez-vous bien !

Toute la ville voulait vous souhaiter la bienvenue.

Mais la grippe les garde chez eux.

La grippe ? Il y a beaucoup de cas ?

Seulement quelques douzaines !

On a réparé la maison, J'espère qu'elle vous plaira.

Il y a quelques malades sur notre route .Nous nous y arrêterons.

Faites sortir les enfants.

Y'a plus de couvertures, Joe ?

À la cuisine.

Docteur, vous croyez...

La pneumonie.

L'eau est sur le fourneau.

Docteur... Soyez gentil... Ma petite fille...

Pour qu'elle guérisse... il faut que sa maman guérisse.

Il a une sacrée luxation. Mais on va le remettre d'aplomb...

On va vous mettre sur la table...

Vous ne devez pas bouger.

Prenez-le.

Une autre table, s'il vous plaît.

Pourquoi une autre table ?

Elle est suffisamment grande.

Amenez-nous à la maison. Il ne résistera pas longtemps.

Il y a un autre arrêt.

Nous avons vu toutes les maisons.

Puisqu'il ne s'est pas encore plaint. Ce sont toutes des urgences.

C'est d'abord un vieil homme...

Il ne se plaint jamais. C'est un médecin. Il ne sait pas dire non.

Mais sa fille oui, et elle vous prie de l'emmener chez lui.

S'il te plaît Leni.

Non, c'est trop !

Chaque nouveau cas est pire que le précédent.

Ne t'énerve pas, Lenchen.

Qui vit ici ?

C'est vous, Docteur, c'est votre maison.

Pire que le précédent ? Qui croit-il être ? Le président ?

Je reconnais que ce n'est pas terrible. Mais on l'a aménagé pour vous.

On va vivre ici ? Ce n'est guère plus qu'une hutte.

Que bredouille-t-elle ?

Excusez-la. Elle est très fatiguée.

Nous le savons. Nous allons vous montrer les affaires de la maison et nous vous laisserons...

Prends les affaires dans la voiture et amène-les.

Je l'ai déjà fait, fiston. Mais je laisserai pas un bras en chargeant plus.

Vous vivez aussi dans les environs ?

Je vis ici, c'est ma maison.

Mais...

Ne vous en occupez pas. Nous avons déménagé à l'étage.

Il y a une autre entrée. Nous ne vous dérangerons pas.

Tout est à vous. Je vais vous montrer.

Les chambres sont propres et saines.

On vous avait préparé à manger, mais...

Ça a pris la poussière !

Mais nous avons du lait, de chez nous. Vous voulez un verre bien frais ?

Désolé.

Mais nous avons de la bonne eau.

Nous devrons régler la pression du réservoir.

Ça sera fait dans deux jours.

Je vais vous montrer comment allumer le feu.

Non, merci, pas ce soir. J'en ai vu assez pour le moment.

Je vois que personne ne propose de m'aider.

O.K Nunk, laisse tomber.

Tout est là. Au revoir, les amis !

Avant d'y aller, je voudrais vous dire une chose.

On a eu une dure nuit.

Mais vous avez été à la hauteur, je vous en remercie.

Vous avez vu ce qu'il faut affronter, Doc.

Oui. Oui. Ça va mal.

Oh c'est horrible.

Comment on peut vivre dans cette porcherie ?

Ça ira mieux quand on aura débarrassé la table.

Ça ne sera pas si mal que ça.

Ça parait difficile, mais on s'habitue.

Ça ira mieux après une nuit de repos.

Dormir est une chose merveilleuse, n'est-ce pas Doc ?

Pour l'amour de Dieu ! Laissez-moi seule ! Je ne peux plus rien supporter !

Qu'est-ce que j'ai dit ?

Excusez-la. Elle est très fatiguée.

On parlera mieux demain, d'accord ?

Je sais qu'elle a eu une dure nuit...

Non. Vous avez été très aimable avec nous. Bonne nuit.

Bonne nuit, Doc !

Qu'est-ce que tu écoutes, Nunk ? Le père Noël ?

Eh bien ! Ils vont sûrement partir demain.

Je te l'avais dit. Ils sont en train de discuter.

Allez, dégage d'ici !

Je gagne mon pari de toute façon.

Bien que je n'entende pas un mot de ce qu'ils se disent.

Ils seront partis demain. Aussi sûr que je m'appelle Atterbury.

Le gentil voudrait rester, mais le méchant dit : Rentrons !

Je vais voir s'ils sont prêts pour la messe.

Ils ne veulent pas entendre les cloches de l'église.

Seulement le tchou tchou du train.

Bonjour.

Prêts pour la messe ?

Désolés, M. Phillips, mais ce serait mieux que vous y alliez sans nous.

Mais tout le monde veut vous connaître !

Toute la ville est prête à voir son nouveau docteur.

Je sais.

Ne pensez pas de mal de nous. Mais nous ne pouvons pas rester.

Leni, s'il te plaît !

Nous partons aujourd'hui !

Mais Docteur, ce n'est pas juste, ce que vous avez fait cette nuit...

Vous savez que ce ne sera pas toujours ainsi.

S'il vous plaît, M. Phillips, ne vous en prenez pas à lui.

Il mourrait pour ses malades, mais je ne le permettrai pas.

J'aimerais accomplir mon devoir, mais...

Bon. Vous ne changerez pas d'avis ?

C'est un pays libre.

Il a raison, Leni. Nous devons résister un peu.

- Mais Papa, nous devions partir... - Ma fille, nous ne pouvons pas.

Bonjour, les amis !

La voiture est prête !

On y va fiston. On va tirer une bonne leçon du sermon.

Après une telle tempête, rien de mieux que les paroles du Seigneur !

J'ai décidé. Après tout, c'est mieux ainsi...

On va à l'église et nous essayerons d'expliquer aux braves gens...

pourquoi nous ne pouvons rester.

Dans son infinie sagesse...

le Seigneur nous a envoyé ces terribles tempêtes...

mais ce n'est pas une raison pour nous plaindre.

Il utilise les chemins les plus mystérieux...

pour nous permettre de prouver notre foi.

Certains d'entre nous peuvent penser que c'est un cruel destin.

Mais nous devons nous demander si notre foi est assez forte.

Nous avons besoin de courage dans nos actes.

Aujourd'hui, en ce jour du Seigneur, le soleil brille

mais demain une nouvelle tempête peut se lever.

Prions pour que l'amertume et la souffrance pèsent moins dans ces heures difficiles.

La dernière fois que nous t'avons demandé de l'aide

ce sont des étrangers qui nous ont tendu la main.

Nous t'avons demandé de nous envoyer un docteur

et non seulement tu nous as envoyé un docteur, mais un ange.

Hier, ils sont venus en pleine nuit, dans la poussière, fatigués, mais déterminés.

Ça ne les a pas empêchés d'aider les personnes qui en avaient le plus besoin.

Je parle du Docteur Braun qui est ici.

Quand l'office sera terminé, nous pourrons mieux le connaître.

Nous remercions Dieu de nous avoir envoyé un tel docteur et sa jeune fille.

Mes frères allez en paix. Que Dieu vous bénisse. Amen.

Quand le curé sera seul, tu le lui diras ?

S'il te plaît, écoute-moi...

Tu veux que ce soit moi qui leur dise ?

Salut Ben, tu t'es régalé avec ton sermon.

Dr Braun, j'ai entendu dire que vous étiez un grand chirurgien.

Pourriez-vous examiner mon garçon ?

Je ne veux pas que d'autres docteurs s'occupent encore de moi.

Hé, Nunk, attends-moi !

Qu'y a-t-il, mon garçon ?

Vous n'aurez pas à lui faire un examen complet, Docteur.

S'il pouvait remarcher normalement ?

Je dois l'examiner d'abord.

Ça serait possible qu'avec une opération...

C'est possible, je le sais !

Une fois nous avons été à la clinique, ils ont dit qu'une opération pourrait...

Et pourquoi ne pas l'avoir fait ?

Nous n'avions pas assez d'argent pour l'hôpital.

Nous n'avons toujours pas. Mais examinez-le...

Vous pourriez le faire.

Ils disent à la radio que ça réussit chez les enfants.

Quand vous êtes venu, j'ai cru que c'était une réponse à mes prières.

Et j'ai dit à Billy que vous pourriez le guérir.

Mais je dois au moins l'examiner avant.

Mais vous le ferez, Docteur.

Oh mon pauvre gamin ! Les docteurs lui font peur.

Parce que deux sont venus qui lui ont fait encore plus de mal.

Mais je lui ai dit que vous étiez un grand chirurgien venu de Vienne

juste pour le guérir...

Vous pourriez réussir, Docteur.

Vous pourriez le faire remarcher.

Oh, s'il vous plaît, Docteur...

D'accord. Je vais l'examiner.

Merci Docteur !

On ne peut rien faire contre cette terrible poussière ?

Non, juste regarder

ou l'enlever à la pelle comme ils le font.

Ah Papa, on n'y va maintenant ?

Je dois examiner un gamin. Ça me prendra une heure seulement.

Mais tu avais dit...

Que veux-tu que je fasse, c'est un gosse. Ça retardera d'une heure.

D'accord. Tu veux que je t'attende ici ?

Non, vous pourriez l'emmener à la maison ?

Bien sûr.

Merci beaucoup.

Quel homme, votre père.

Vous voulez qu'on fasse un tour pour voir le village ?

J'ai peur que nous n'ayons pas le temps.

J'ai encore des bagages à faire.

Vous n'avez pas changé d'avis, c'est ça ?

Non.

Vous avez entendu ce qu'on a dit de votre père ?

Oui.

Et vous n'avez pas vu ce qu'il y avait dans les regards ?

Les regards ? Je ne vois pas ce que vous voulez dire.

Le sermon ne vous a pas fait réfléchir ?

Désolée, ça ne vous regarde pas. Allons-y maintenant !

Quel était le nom de l'émission de radio que vous avez entendue ?

Vous parlez de "Nous le peuple".

Oui. " Nous le peuple".

Je dirais qu'ils se sont cassés

" cassés"?

Qu'ils ont fui !

Vous êtes fâché contre nous, désappointé...

Je vous blâme pas, mais...

Laissons tomber, voulez-vous ?

Écoutez nos raisons. Vous avez besoin de quelqu'un de plus jeune que mon père.

Nous avions quelqu'un de plus jeune, ce n'est pas la question.

Il serait venu seul et peut-être il serait resté.

Mais j'ai dit prenons l'homme plus âgé avec sa fille

Elle pourra peut-être nous aider.

Je n'essaie pas de vous persuader de rester.

Je vous aiderai même à faire vos bagages.

Quelle est la marque de votre voiture ?

Celopi.

Celopi, une voiture italienne !

Oui... Avant j'ai eu une Française.

C'est la marque de la voiture que nous avions à Vienne.

Avant L'Anchluss.

Vous savez conduire ?

Non, nous avions un chauffeur.

Oh, des richards !

Non, il s'appelait Fritz.

J'ai dit quelque chose de drôle ?

Oui, très drôle !

Tout est dans les bagages.

J'espère que mon père ne sera pas en retard.

Vous attendez de prendre le large.

Le large ?

Si vous restiez, je vous apprendrais la langue américaine.

Mais pourquoi ?

Vous partez de toute façon.

Ce n'est pas comme pour les anciens pionniers.

Pionniers ?

Vous l'avez vue ?

Elle est très jolie Qui est-ce ?

Ma grand-mère

Elle est venue ici en 1861 en chariots.

Ils durent combattre mille dangers.

Mais les tempêtes de sable ne lui ont pas fait peur.

C'était une pionnière.

Oui, mais quand on est réfugié c'est différent.

Les pionniers avaient tout à gagner.

Nous avons tout perdu.

Vous avez cessé d'être réfugié quand vous avez atteint Ellis Island.

Il n'y a pas de raison que vous ne soyez pas des pionniers vous aussi.

Même si la poussière... c'est une autre histoire.

C'est une terre fertile, où les racines prennent bien... si il y a des racines.

Je suis désolé... Je sais ce que vous devez ressentir.

Je ne voudrais pas insister, mais...

Mais vous pourriez essayer une semaine ou dix jours...

Non pas une semaine, pas dix jours. Même pas une heure. Nous partons.

Si vous restiez seulement...

Pas la peine de discuter !

Mais je ne vous demandais rien.

Vous verrez, mon ami, l'opération est très simple.

En fait, la paralysie cache une déformation congénitale.

Ne me dites pas ça

congénitale ?

Pourquoi un enfant aurait-il une pareille déformation ?

Papa, nous sommes prêts à partir.

S'il te plaît Lenchen, un moment.

Dr Atterbury, nous avons besoin de toutes ces choses pour demain matin à 8 h.

C'est dimanche aujourd'hui !

Il n'y a pas de boutiques ouvertes.

Elles vont certainement ouvrir pour vous, Dr Atterbury.

Bien, si vous le dites, collègue. Attendez-moi.

C'est un cas intéressant, ce petit infirme.

J'ai eu un cas semblable en 23.

Tout était pareil. C'était une paralysie partielle.

D'accord Papa, tu le raconteras dans le train.

Vous voyez... Quel train ?

Tu te rappelles qu'on part aujourd'hui.

Nous ne partons pas aujourd'hui. J'ai promis à cette mère d'opérer demain.

Ça veut dire qu'on doit rester longtemps.

Une semaine... dix jours.

Pas la peine de discuter.

J'ai dit quelque chose de drôle ?

Non Doc. Je crois qu'il y a un écho dans cette pièce.

Un écho ?

Doucement, Docteur, doucement !

Ne vous inquiétez pas. Tout s'est bien passé.

Couvrez-le bien.

C'est peut-être un étranger, mais il connait son boulot.

Tu as été aussi bien qu'une infirmière avec dix ans d'expérience.

IL pourra remarcher maintenant ?

Bien sûr. Je l'ai fait plusieurs fois !

Il remarchera très vite et sans béquilles.

J'aurai aimé le voir.

Peut-être comme disait M. Philips nous pourrions rester

et on le verra.

Il y a plusieurs façons de l'affronter...

Creuser des fossés, planter des haies. Certains l'ont fait et ça marche.

Les démarches sont simples et sont écrites noir sur blanc sur ce document de la Chambre d'Agriculture.

Écoute, John, on n'a pas de temps à perdre avec ces papiers.

Mais ce que je veux savoir c'est ...

si la Chambre d'Agriculture me donnera quelques litres d'eau.

J'espère que oui.

Mais si nous faisons ce qu'ils disent, nous pourrons mettre à profit le peu de pluie que nous avons.

Ces cartes ont été tracées par des experts.

Ils connaissent nos problèmes.

Personne ne m'apprendra comment cultiver ma terre.

Le peu de terre qu'il te reste.

Celle que le vent n'a pas emportée.

Les gars, ça ne sert à rien de gueuler. Nous sommes sur le même bateau.

Nous devons rester ensemble.

Nous sommes tous touchés par la sècheresse à cette époque.

Ce n'est pas la faute de L'Oncle Sam des banques ou des compagnies

mais celle de quelque chose de plus difficile à combattre

la Nature sauvage.

J'ai assez parlé. Mettons-nous au boulot maintenant.

Vous êtes prêts à vous battre ?

Oui ! On va essayer !

Mary, nous avons creusé des fossés, comme ils ont dit.

Mais on ferait mieux de cacher le soleil.

Il pleuvra un jour. Il faut qu'il pleuve.

Avec cette chaleur, il nous faudrait des tracteurs.

Et qu'est-ce que tu crois que je vais demander ? Des places de ciné ?

On ne sait jamais avec toi, garçon.

D'accord, Nunk, qu'est-ce que tu veux d'autre ?

Dis-leur, à la Chambre d'Agriculture, de ne plus nous envoyer des cochonneries inutilisables ! Allez !

Dis-leur que nous sommes ruinés, et qu'on a plus une goutte d'eau !

Bonjour !

Bonjour Leni !

Vous vous êtes levée tôt ?

Attention !

Qu'est-ce que c'est ?

Vous avez une longue route, je vous ai préparé à manger.

Oh, c'est très gentil. Merci.

Aujourd'hui est un autre jour... comment vous dites ? De plomb ?

Oui, on dirait...

Il y a un avis de précipitations. Espérons que ce soit vrai !

Vous m'en gardez un peu. D'accord ?

Regardez, nous avons fait cela dans la colline ...

Oui je sais. Je l'ai vu dans le rapport d'un de mes hommes.

Oui, mais dans un rapport, vous ne pouvez pas voir...

M. Philips, les demandes de ces fermiers arrivent toujours trop tard.

Je dirais qu'elles ont vingt ans de retard.

Je ne veux pas minimiser le travail de vos hommes

mais tout cela est inutile.

Nos lopins de terre représentent beaucoup pour nous.

Regardez, vos terres sont dans un endroit que le Gouvernement considère comme condamné.

Le voilà . Tout ceci est condamné.

Condamné ? Que voulez-vous dire ?

Condamné, c'est de l'anglais. Lessivé, inutile, enterré.

La prochaine tempête balayera ce qui reste.

Même les grandes fermes ne résisteront pas.

C'est ce que vous croyez ?

C'est ce que croient nos experts.

Il n'y a qu'une chose que nous pouvons faire, si vous êtes intelligents.

Quoi, par exemple ?

Faites vos bagages et quittez ce désert.

Regardez, de grands projets vont voir le jour par ici

et ils vous attendent.

Oui je sais, mais c'est en Orégon.

Mais c'est à 2000 miles de chez nous.

On vous aidera...

Vous êtes fou, Monsieur ?

Vous croyez traiter avec des grands propriétaires ?

Nous sommes des fermiers. Nous n'avons qu'une terre.

Comme nos pères et grands-pères.

On ne peut pas nous déplacer comme ça sur une carte.

Nous ne sommes pas n'importe quels fermiers. Personne ne nous aura !

Un autre ?

Tu es le gars de Asheville Forks ?

C'est des durs là-bas !

Ouais !

Le vent se lève on dirait ?

Tu vas pas rentrer au volant de ta voiture, non ?

Si, j'ai encore deux heures, pourquoi ?

Parce que si la tempête de sable t'enterre sur la route, personne n'ira te chercher.

Quelqu'un trouve que c'est drôle ?

Vous êtes blessé ?

Non, je vais bien.

Un petit choc.

Je l'aurai garé plus facilement sans le vent.

Si vous voulez voir mon père, il est parti pour une urgence.

Vous voyez, j'ai fait des rideaux pour la cuisine.

Pas la peine.

Ne perdez pas votre temps.

Vous feriez mieux de faire vos bagages et de dégager.

Vous et votre père, vous vous êtes trompés en venant ici.

Vous auriez dû partir le jour même.

Désolé de vous avoir dit de rester.

Je vais vous faire un café bien serré, brûlant et très noir.

Je ne suis pas saoul au point de ne pas savoir ce que je dis.

Je n'aurais pas dû vous parler de nos terres.

Ce jour-là, je me suis trompé.

Je ne le crois pas.

Eh bien, j'en suis sûr.

Je reconnais mon erreur.

Nous devons partir d'ici. Tout est mort.

Tout est mort.

Nous ne pouvions rien y faire, et nous n'avons pas voulu le voir.

Faites vos bagages et partez d'ici.

Nous vous suivrons très vite de toute façon.

C'est vous qui parlez comme un réfugié maintenant...

C'est vrai, c'est ce qu'ils veulent qu'on devienne.

Nous devons partir en Oregon.

Ils vont nous y obliger par la loi ?

Non nous pouvons rester... et crever de faim, je suppose.

Nous ne pouvons pas rester et nous battre pour notre terre, comme nous le faisions.

Je ne vous avais jamais vu comme ceci avant.

Vous ne parliez pas comme ça à propos des pionniers.

Je le disais pour vous faire basculer. Vous voyez ce que je veux dire.

Oui j'ai appris cela.

À moi de vous faire basculer et ce sera plus fort que le café noir.

Vous êtes le chef ici.

Ils font ce que vous dites. Ils pensent ce que vous pensez.

Aucune loi ne nous fera partir.

Notre loi est écrite par le vent et la poussière.

La pluie !

La pluie !

Il pleut, Leni !

C'est merveilleux, cette pluie fraîche et pure.

Pas de problème pour la boire !

Je n'ai jamais entendu mon cœur battre comme ceci.

Vous allez être trempé. Vous devriez rentrer.

Je ne me suis jamais sentie comme ça.

Moi aussi !

Comment s'appelle le Dieu de la pluie ?

Jupiter Pluvius.

Oui, c'est bien.

Continue, Jupiter, continue !

Tout ira bien maintenant ?

Ça va sauver notre terre ?

Notre terre ?

Comme vous dites, il faut bien prendre racine.

J'ai eu des flirts avant, mais aucun ne m'a embrassé sous la pluie.

N'est-ce pas merveilleux ?

Quoi ? La pluie ou le baiser ?

Je parle des deux !

Enfin je vais savoir ce qui arrive à un garçon qui embrasse une fille sous le nez du père.

Quand on embrasse une fille, il vaut mieux savoir ce qui se passe sous son propre nez !

Ça t'a surpris ce baiser sous la pluie ?

Le baiser, non ! Sous la pluie, oui !

Tu veux attraper une pneumonie ?

Tu penses que j'ai pris froid ?

Si j'en crois mon collègue, le Docteur Atterbury...

je diagnostiquerai une incurable .. Comment dit-il ? ... Maladie d'amour !

Papa ! Il est si... Il est si ...!

Oui, oui, je sais !

Il est si merveilleux !

Tu es si merveilleuse !

Tout est si merveilleux !

Et maintenant, je vais de dire ma merveilleuse nouvelle.

Ça vient d'une des plus grandes cliniques d'Amérique.

Ils veulent que je rejoigne leur équipe.

Cette lettre est arrivée la semaine passée, je m'en souviens.

Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Parce que je n'étais pas certain que tu voudrais partir.

Maintenant je suis sûr que tu veux rester.

Mais tu ne peux pas refuser cette offre ?

Non, non, mais ce n'est pas pressé.

Ils me donnent trois mois pour réfléchir.

Comme ça, je pourrais attendre ton mariage, d'accord ?

Écoute cette pluie ! J'ai jamais entendu quelque chose d'aussi beau.

Qu'est-ce que tu dis ? Répète !

La pluie ! Je dis qu'il y a pas de meilleure musique.

Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ?

Je dis que la pluie sur le toit est belle à entendre !

Je ne t'entends à cause de cette foutue pluie !

Tu me diras ça demain !

Bonjour Docteur, comment allez-vous ? Bonjour !

Billy.

T'inquiète pas, j'ai mis quinze boules de suite il y a 40 ans.

Ah bon !

Prenez une bière !

Oui, ça fera du bien !

Eh, Nunk, c'est ton tour !

Et patiente un peu, William.

Doc, venez par ici.

Prenez la chaise et apprenez quelque chose !

Oui Monsieur !

Allez c'est ton tour Nunk !

Oh ! On va voir ça !

Vous pouvez mettre les deux !

Les deux ?

Bon , Doc va essayer !

Non pas directement ! Vous allez jamais ...

Il l'a fait.

Ça fait des années que je n'ai pas joué !

Doc, où trouviez-vous le temps d'étudier la médecine ?

Alors, c'est pour quand le mariage ?

Dans deux semaines, dimanche.

C'est un brave type ! Y'en a pas beaucoup comme John.

Nous sommes très heureux !

Salut, Doc !

Une lettre.. de Californie.

Il y a quatre timbres. Mon garçon les aimerait. Il fait la collection.

Si ça vous fait rien, je vous les achète pour les lui offrir.

Eh doc, c'est votre tour !

Finissez à ma place !

Je dois rentrer chez moi.

Comment peuvent-ils être sûrs que c'est la vérité ?

Ils nous ont dit qu'il avait été tué.

Mais c'est vrai, Lenchen Tu l'as lu dans la lettre.

Le Dr Thorpe est en Russie. Il l'a sauvé de la mort.

C'est sûr qu'il est en vie, Lenchen.

Je sais... et je remercie Dieu.

Mais j'ai mal au fond de moi et je ne me sens pas heureuse.

Que dois-je faire Papa ? Comment le dire à John ?

Je sais...Je le lui ai dit... Il comprend.

Mais tu ne comprends pas.

Lenchen... Tu aimes Éric Vous étiez heureux ensemble.

Je sais...mais c'était il y a deux ans dans un autre lieu. Dans un autre monde.

Je sais ce que tu ressens, Lenchen.

C'est difficile de savoir où finit la loyauté et où commence l'amour.

C'est comme si quelqu'un m'avait envoyé une malédiction.

Je ne peux t'aider... Mais si Éric vient en Amérique, il comprendra.

Comment, il est tout pour nous. Je lui dois la vie.

Cela je ne peux l'oublier. Je me sens prise au piège...

" J'ai dû partir pour un appel de dernière minute. Ne m'attends pas . Papa ."

Ne pleure pas, Leni.

Je suis assis dans ma chambre depuis des heures à penser à ça.

C'est trop injuste.

Je sais...tu essaies de comprendre ?

Il faut que je l'entende, Leni.

Mais je ne peux le comprendre.

On ne peut contrôler les sentiments des autres,

mais ils sont sans obligation pour nous.

Nous savons que nous serons heureux, pourquoi ne pas l'accepter ?

Peut-être le pourrions-nous, John, mais nous ne sommes pas seuls en cause.

Si seulement je pouvais me battre. Mais je ne peux pas...

Comme contre cet orage.

Combien de temps avant qu'il arrive ?

Il arrivera à San Francisco, le mois prochain.

Et que vas-tu lui dire ?

Dis-lui que tu as changé d'avis, qu'il est trop tard, que nous sommes mariés...

Comment pourrais-je ?

Fais-le, Leni, Tu es prête, tu peux le faire.

Non, John, nous verrons.

S'il te plaît, pars maintenant !

S'il te plaît, ne dis plus rien.

Que veux-tu ? Je t'ai dit de partir !

Je voulais seulement...

Je sais que tu veux être avec moi

mais nous ne pouvons pas, nous parviendrions seulement à être plus malheureux.

Chéri, je t'en prie, va-t'en !

Ce n'est pas un secret que je t'aime.

Mais je ne peux pas te combattre comme tu ne peux pas le combattre, et gagner.

Ce n'est pas possible qu'un fantôme puisse nous séparer.

Ce n'est pas un fantôme !

Regarde, le voilà ... et il est vivant.

Tu veux m'entendre dire que je le hais ?

Ce serait un mensonge !

Je l'ai aimé. C'était un homme bon et courageux.

Et sans lui, mon père et moi serions morts.

Tu as gagné.

Il a de la chance !

Mesdames et Messieurs, je vous parle depuis le lieu de notre journal.

Je suis dans la rue principale de Asheville Forks où la tempête a frappé le plus durement.

Et croyez-moi on se croyait comme après un tremblement de terre.

Nous allons entendre les gens qui ont connu ces deux jours de dévastation.

Asheville Forks lutte contre des montagnes de sable hautes comme des maisons.

Vous, Monsieur ?

Vous pouvez dire à nos auditeurs comment cela est arrivé ?

Je ne peux pas, mon gars, je n'ai pas le temps !

Juste une minute. Dites-nous comment vous avez vécu ce désastre.

Comment je l'ai vécu ?

Très bien, mon gars, tu l'auras voulu..

Le vent soufflait comme...

C'était comme ça, mon gars ...

Pourquoi devons-nous partir comme des lâches ? Pourquoi ne pas attendre la prochaine pluie ?

Tu crois qu'il est sur le point de pleuvoir ?

Nous pouvons rester ici et attendre un peu.

C'est vrai. On pourrait le faire.

Mais nous ne sommes pas obligés.

Mais si nous devons changer de terre..

Faisons comme une armée, et non comme des rebelles.

Prenons-le comme une avancée, non comme une retraite.

J'ai aussi peu envie de partir que vous.

Il y a peu j'étais là à vous dire de lutter.

Maintenant, nous avons combattu... en vain.

Le point sur la carte, c'est L'Oregon

c'est à 1500 miles d'ici.

C'est un long chemin à travers le pays.

Mais c'est une nouvelle terre, et si nous y allons ensemble, y travaillons ensemble

avec nos économies et des vivres, nous pouvons le faire.

C'est bien, mais qu'allons-nous travailler ?

Que ferons-nous quand nous serons en Oregon ?

Et combien de terres aurons-nous avec le peu d'argent que nous avons ?

Nous sommes obligés d'accepter tes paroles sur L'Orégon et ses opportunités.

Il n'y aura nulle part des opportunités.

La seule sera de travailler dur.

Bob a raison !

Je voudrais dire quelques mots si vous le permettez.

Allez-y Doc.

Je parle comme quelqu'un qui sait ce que c'est que d'être réfugié.

Aucun étranger me dira où je dois aller.

Tu as la mémoire courte !

Tu ne disais pas ça quand il opérait ton gosse de l'appendicite.

Non monsieur ! Tu disais : "S'il vous plaît Docteur, venez vite..."

Et ça en pleine nuit !

S'il vous plaît. Je ne connais pas vos problèmes de fermiers aussi bien que John.

Mais je sais qu'il a raison !

Je crois qu'il serait plus sage d'arrêter de discuter

et de commencer à faire vos bagages.

Ça lui coûte rien de dire ça, il ne vient pas.

Sortez, collègue, je vais lui casser la gueule !

Espèce de grande gueule !

C'est pas un secret, Nunk. On sait qu'il part pour une grande clinique.

Sale caboche ! Avant la tempête, il avait prévu de partir

mais maintenant il dit non, il part avec nous en Oregon.

Allons-y, partons la tête haute !

Que tous ceux qui veulent aller en Orégon disent Oui.

Oui !!!

Oh Dieu Miséricordieux ! N'abandonne pas tes fils !

Accompagne ton peuple sur le chemin qu'il va entreprendre

pour un long voyage vers la Terre Promise.

Veille sur ces voitures, car beaucoup sont très vétustes.

Voilà le grand chef. J'espère qu'il sait ce qu'il fait.

Nous, les réfugiés venant de Vienne avions un projet... aller en Amérique.

Mais ces gens sont dans une situation plus tragique.

Regardez cette petite file de voitures que nous formons.

C'est comme des soldats en manœuvre.

Mais c'est John qui a la plus grande responsabilité.

Ils n'ont qu'à se préoccuper de l'essence dans les voitures.

Non monsieur, personne ne peut se comparer à John.

Il fait un bon travail. Il a une grande charge sur les épaules.

Ouais... Tu dois être heureuse aussi.

C'est difficile de... Bon ce n'est pas mes oignons.

S'il vous plaît, Nunk !

Oh, c'est qu'ils ne sont pas nombreux comme lui.

Il a une grosse responsabilité et il pourrait rendre heureuse la femme qui l'aimerait.

C'est sûr qu'il est le meilleur. La vie le démontrera.

Vous allez nous accompagner sur tout le trajet ?

Non. Je peux changer de voiture à la prochaine étape.

Garçon, j'ai commencé de manière très subtile.

Je lui ai fait un clin d'œil et j'ai dit : "Donne-moi le volant Leni ".

"Pourquoi ne vas-tu pas un moment dans la voiture à John ?"

Mais elle a fait mine de ne pas comprendre.

Alors j'ai contre-attaqué et je lui ai dit plein de belles choses sur toi

toutes à ta gloire. Mais aucun effet !

Pourquoi tu ne t'occupes pas de tes affaires ?

Laisse-la tranquille.

Je peux la laisser tranquille, mais toi ?

Aucune n'aime qu'on la laisse tranquille.

Tu la laisses et tu la fermes !

C'est tout ce que tu as à me raconter ?

Oui. J'ai aussi voyagé un bon moment avec Higgins.

Qu'est-ce qu'il mijote ?

Toujours la même chose : la Californie

la terre du soleil. Il dit à tous d'aller à L'Ouest, pas au Sud.

Si ça lui fait plaisir, moi je continue.

Le problème c'est qu'il n'ira pas tout seul. Il va diviser le groupe.

Tu sais ce que je lui ai dit ?

Je lui ai dit qu'il devra t'affronter et démontrer qu'il est plus intelligent que toi.

On m'a dit que tu voulais me parler.

J'ai cru comprendre qu'il y avait des ennuis.

C'est pas parce que tu as la voiture de tête qu'on va faire tout ce que tu dis.

Y'en a beaucoup qui pensent comme moi. Ne me dis pas que tu ne le sais pas.

La seule chose que je sais c'est que nous devons rester ensemble,

rester en ligne et la fermer.

Quand nous camperons ce soir, j'écouterai ce que tu as à dire.

Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi.

Tu es stupide Higgins. Ce n'est pas mon équipée , c'est la nôtre.

Et tant que je suis le chef, on fait ce que je dis.

En Californie, on ne se les gèle pas. Le soleil brille.

Il y a des plantations entières d'oranges et de fruits de toutes sortes.

J'ai jamais entendu personne crié "Californie ! Californie !"

Qu'est-ce que tu en sais, Nunk ? Tu n'y es jamais allé.

Non, mais moi si.

C'est vrai il y a des grandes plantations

mais il y a aussi deux à trois cents milles saisonniers.

Ils peuvent récolter suffisamment de fruits pour avoir un bon salaire.

Oui, nous pourrions aller en Californie.

Mais comment travaillerons-nous ? Nous deviendrons des immigrants

qui vivent entassés dans de mauvaises conditions.

Nous ne sommes pas des saisonniers, mais des fermiers.

C'est ce que nous serons en Oregon. Nous aurons la terre pour nous.

Une terre à ensemencer et à cultiver.

En Californie, il y a de bonnes choses, des oranges et du soleil.

Tout le soleil que tu veux. Mais que mangeront ces gens ?

Tu ne vas pas nous convaincre avec tout ton baratin.

Nous partons d'ici... mais pas avant d'avoir récupéré notre argent.

Pas si vite Higgins, tu sais très bien à quoi est destiné cet argent.

Je suppose que tu le destines à toi et à cette femme...

Un bon marron !

Une bande d'idiots !

Calme-toi et assieds-toi, jeune Moïse !

Si tu sais ta Bible.

Tu sais que les fils d'Israël ont voyagé de par le monde, il y a 40 siècles.

Alors, ils cherchaient le Veau d'Or.

Maintenant ils recherchent les oranges et la terre dorée.

Mais je ne me rappelle plus vraiment, Doc

qu'est-ce qu'a fait Moïse ?

Oui, il les a punis.

Quand il a vu la Terre Promise, il n'ait pas allé les chercher !

Je devrais faire la même chose, Doc.

Ça me ferait moins mal.

Un jour tu gèles, et le suivant tu cuits.

La nature est généreuse en Californie.

Moi je crois que la nature est dingue.

Il n'arrête pas de neiger en montagne où y'en a pas besoin.

Et pas un flocon dans le désert, où il n' a que des cailloux.

C'est ici le pire.

Après la journée, je pense que la nuit sera plus fraîche.

Y a intérêt !

On ne peut pas rester ici !

Nous pouvons décider maintenant, M. Phillips.

Nous voulons notre argent et nos provisions.

Et nous ne voulons plus entendre parler de L'Oregon.

Ça, c'est sûr !

Qu'est-ce que vous en pensez, les gars ?

Écoutez les gars !

Ça fait plusieurs jours qu'on voyage.

Que nous campons.

Vous êtes fatigués et affamés.

Retournez dans vos tentes rejoignez vos familles.

Calmez-vous et vous verrez plus clair.

D'accord, Higgins, tu as gagné !

Tu les conduis.

Tu les conduis pour le meilleur et le pire, pour qu'ils n'aient plus faim.

Conduis-les à travers la Vallée de la Mort...

Et l'argent ?

Tu le prends.

Bas les pattes !

C'est pas à toi !

Tu n'as pas oublié les tempêtes de sable. Tu ne peux pas nous laisser maintenant !

J'en ai suffisamment supporté !

Voilà l'argent, faites ce que vous voulez avec !

John, qu'arrive-t-il ?

La Terre promise n'est plus à l'ordre du jour, Doc.

Je ne crois pas qu'on la verra.

Cet argent est à nous tous, Higgins.

Partageons -le et laisse-nous une chance.

On en a pour deux heures à décharger toutes ces affaires.

Pourquoi les décharger ? Nous emmenons tout.

Eh une minute, ce n'est pas tout à nous. On ne peut pas faire ça.

On va pourtant le faire. Et celui qui n'est pas content, qu'il me le dise.

Quelque chose ne va pas ?

Non, tout baigne.

Je faisais une promenade.

Et moi je jette l'éponge.

Je ne comprends pas, John.

Je veux dire que je m'en vais. J'arrête. Je me casse. C'est clair ?

Oui... Où vas-tu aller ?

Ça n'a pas d'importance. Nous ne prenons pas la même route

San Francisco est à moins de 2000 miles d'ici.

Par temps clair, on peut voir le Golden Gate.

Ce n'est pas un beau jour pour moi.

Je le vois couvert de brouillard.

Pourquoi faire fausse route ? Laisse tout tomber, toi aussi !

Il y a des choses plus puissantes. Nous serions fous de ne pas les voir.

Je voudrais m'enfuir aussi, mais je ne peux pas, tout comme toi.

C'est facile de fuir, je l'ai compris. Ce sera facile pour toi aussi.

Il est temps de penser à nous et plus aux autres.

Tentons notre chance d'être libres, Leni !

Ça ne se représentera plus.

Remonte dans la voiture, espèce d'idiot.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Nous sommes d'accord tous les deux.

Qu'elle fasse sa vie comme bon lui semble.

Et tu le laisses parler ainsi, Leni ?

Réponds-moi !

C'est toi qui le laisses parler et agir comme ça ?

Vous avez tort, Doc C'est le contraire.

J'essaie de la faire changer d'avis.

Et tes gens, John ?

Ça ne signifie plus rien pour moi.

Tu n'as pas le droit de dire ça , John.

Rejoins-les !

Deux cents hommes, femmes et enfants dont la vie est entre tes mains

comme un de mes patients sur la table d'opération.

Peut-être que ce patient ne mérite pas d'être sauvé.

Ce n'est pas vrai John !

Un docteur ne dit jamais à un patient qu'il n'y a plus d'espoir.

Un docteur ne trouve pas l'excuse de la fatigue.

IL ne démissionne pas, Il se bat.

Bien dit, collègue.

Vous pouvez partir au loin, mais vous ne pourrez pas vous échapper.

Vous pourrez crier "Nous sommes libres", mais l'écho vous dira que c'est un mensonge.

Leni le sait. Regardez la John

Elle sait que le devoir est parfois amer, dur et cruel.

Elle le sait mieux que vous, John.

Regardez dans ses yeux ... vous avez un travail à finir, John.

Leni aussi.

Attrape-le, John. Rends-lui son coup de poing.

Tu veux bien t'arrêter de parler !

On dirait la voiture de John.

Ne regarde pas en arrière, John.

Tu dois regarder devant. Tout droit c'est L'Oregon.

Nous y voilà, l'hôtel St George.

Tu crois que c'est le bon endroit, papa ?

C'est ce qu'a dit le consul.

Mais je ne pensais pas revoir Éric dans un lieu aussi élégant.

- Bonjour ! - Bonjour Herr Doctor ! Bonjour Fräulein.

C'est bien l'appartement du Dr Eric Von Scherer ?

Où est le Docteur Von Scherer ?

Je vais lui dire que vous êtes là.

Lenchen !

C'est si bon de te revoir ! Tu n'as pas changé.

Toi non plus.

Je suis heureux de te voir, Éric ...

Assieds-toi, Lenchen.

Je vous présente mon assistant, Schmidt.

Assieds-toi et dis-nous comment tu t'es échappé.

Mais je ne me suis pas échappé.

Nous avions entendu que tu avais fui en Russie.

J'étais en Russie en effet. Pour une mission.

Le Dr Thorpe nous a écrit que tu...

J'ai le regret de dire que le Dr Thorpe est un traître.

Il n'écrira plus de lettres.

Mais le Dr est un de nos plus vieux amis.

Comment serait-il un traître ?

Traître au Reich, Dr.

Et je travaille pour le Reich.

Mais tu as risqué ta vie pour lui ?

Il y a deux ans, j'étais un idéaliste sentimental. Vous vous rappelez ?

Maintenant j'ai une idéologie différente.

Je ne te reconnais pas, Éric.

Je suis ici pour deux semaines. Et je retourne à Berlin.

Le Reich nous réclame, Docteur.

Il y a beaucoup de travail. J'ai des plans pour vous et Leni.

Pour nous ?

J'ai beaucoup de relations au Parti.

Les petits problèmes à votre sujet seront oubliés.

Et alors nous pourrons retourner au Reich.

Non Éric... Tu te trompes.

Notre place est maintenant en Amérique.

Ridicule ! La patrie ne signifie rien pour vous ?

La patrie oui. Ton Reich non C'est incroyable Éric ...

Tu parais en bonne santé.

Mais ils t'ont transmis une maladie plus cruelle que le cancer.

Une maladie qui te sera fatale ainsi qu'à des millions de citoyens.

Et tout ça pour le Reich.

Ne vous préoccupez pas du Reich !

Pour des malades condamnés, nous ne nous portons si mal.

Combien de fois as-tu été au chevet d'un malade ?

As-tu vu ce regain d'énergie, juste avant la mort ?

Viens Leni. Nous devons rejoindre L'Oregon.

Tu ne peux pas partir comme ça.

J'ai traversé le monde pour être là.

Oui Éric... et maintenant nous ne parlons pas la même langue.

Notre Père, l'ombre de cet arbre millénaire sera ton église temporaire.

Nous n'avons pas eu le temps de construire ton église, Seigneur.

Il fallait d'abord construire des granges, des hangars et des maisons.

Mais ce temple est dans nos cœurs et nos âmes.

Et maintenant se tiennent devant toi, deux de tes serviteurs fidèles.

Cet homme et cette femme

qui devant les yeux de cette congrégation ...

Corrections ++

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