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Zulu
...
-Tu es prêt ? -Oui.
-Vas-y. -Oui.
-Vas-y, recule.
Et on pose.
-Bonsoir.
-Docteur,
capitaine.
-M. le substitut. -Il y avait
un dress code ?
-Faites vite,
je suis pressé. -Pas lui.
Homme, type caucasien,
20 ou 25 ans, 1,80 m environ.
Je vais examiner le corps.
Aucune blessure visible.
Ah... -Quoi ?
-Fracture de l'occiput.
-Ca l'a tué ?
-Je peux pas dire.
Ca doit être pour ça qu'on a inventé les autopsies.
-J'ai aucun témoin.
Mais vu le monde, la mise à l'eau n'a pas eu lieu ici.
Un portable vibre. Elle a quelque chose ?
-Je sais pas avec qui elle va dîner, mais il devra assurer.
Bon, on se voit demain ? -Oui.
On part sur une autopsie complète. -Je vais pas la faire à moitié.
-Parfait.
-Elle a l'air pressée.
-Faites faire des relevés.
Oui, oui, j'arrive.
Je suis sur le chemin. A tout de suite.
...
Brouhaha.
...
-On dirait un ado qu'on a traîné au musée.
-Dans un musée,
on s'instruit.
-Oh, Marie-Ange, vous êtes sublime. -Peter.
N'en faites pas trop.
Mon fils, César. -Un nom d'empereur.
Digne d'un héritier. -Peter.
-Caroline Vettel,
mon avocate. -On se connaît, bonsoir.
-Bonsoir.
L'acheteur de Zurich est là, il est venu
pour te voir.
-Vous m'excusez ? -Je vous en prie.
-Mme le maire ?
-Oui, ah oui, Julia.
...
-Non, merci.
Oh...
Ca va aller, merci.
Merci, c'est bon, ça va aller. Merci.
-Coucou !
-Ben... -Vous aimez le design, vous ?
-Non, mais vous connaissez mon goût pour les soirées mondaines.
-Hm, hm.
-Ne me dites pas que vous vous pâmez
devant ce vieux beau ?
Pas vous, Elise.
-Non, non.
-Parce que... -Non.
-Ca va, chérie ?
On drague
ma femme ?
-Votre femme ?
-Moi aussi, ça me fait drôle.
Même après 15 ans. Tu viens ?
A tout à l'heure.
-A tout à l'heure.
-On a besoin de vous et du Dr Beaumont.
-Qu'y a-t-il ? -C'est urgent.
C'est là.
-Sûrement les vertèbres brisées.
-Mauvaise chute ?
-Probable, elle n'a pas bu que de l'eau.
-Je confirme. -Pardon.
Ca va ?
-Oui, ça va.
-D'accord.
Alors, j'ai épousé Peter il y a 15 ans,
on est restés quelques mois ensemble,
on a traîné pour les papiers du divorce, mais il n'y a
plus rien entre nous.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Houlà.
C'est certainement une réaction à une émotion forte.
Comme la jalousie. -Ca me brûle.
-Allez les passer sous l'eau.
-Leïla.
-Ah, merde.
...
-Capitaine, Me Vettel connaissait la victime.
-Depuis longtemps.
Elle s'appelle
Leïla Shakur, elle tient une galerie et travaille avec Peter.
Excusez-moi.
-Que préconisez-vous ? -Recherche de toxiques, alcool.
On va pas l'ouvrir
pour un banal accident. -D'accord.
Evacuez-la... -Discrètement, oui.
-Il faut y retourner. -Je peux pas remonter.
Pas après ça.
-Ca fait des mois qu'on organise cette soirée, c'est terrible,
mais tu peux pas tout gâcher.
Tous ces gens sont venus pour te voir.
Alors, j'y retourne et tu me rejoins.
A tout de suite.
-C'est pas trop tôt.
-Je fais de l'apnée du sommeil et...
-Capitaine, je m'en fous.
Je remplis mes stats et vous m'ouvrez 2 enquêtes ?
J'espère que vos macchabées rentrent dans la case "accident".
-"Fous-moi la paix",
il y a un "s" à "fous" ? -Oui, mais "connard" prend 2 "n".
-Ben oui... Ah.
-Bonjour, docteur.
-On a quoi ?
-Rupture de la 3e cervicale. Et sans surprise : antidépresseurs
et alcool.
-L'accident con.
-Mais que faisait-elle
dans cette partie du musée ? -Quand on a bu...
Portable. Le proc'.
Donc, c'est un accident. -Hm.
Elle envoie un SMS.
-Je vous voyais pas mariée.
-Ah. Et vous me voyez comment ?
-Ben... pas mariée.
-Mais vous me voyez comment ? Comme une collectionneuse ?
-Comment ?
-Qui enchaîne
les amants ? -Non.
-Alors, comment ? -Pas mariée
avec Breck. -Ah.
Et vous me voyez mariée
avec qui ?
-Ben, il y a plein
de possibilités. -C'est réglé.
Ca fait toujours plaisir de rassurer un procureur.
Vous venez ?
-Bonne journée.
-Patron.
-Excusez-moi.
Qu'est-ce qu'on a ? -C'est le sac de Leïla Shakur.
-Et ça ?
-Le catalogue de la galerie.
-On devrait prendre des lampes comme ça pour le bureau.
Ca ferait joli. -Qui achète des lampes pareilles ?
-Ma mère.
-C'est quoi, ça ?
-Un stylo à injection.
Les diabétiques en utilisent pour s'injecter de l'insuline.
-C'est peut-être
important, non ?
-Non.
C'est un accident,
y aura pas de suite.
-Pour le noyé,
je...
-C'est quoi, ça ?
-Pour le noyé, je...
-Bonjour.
-Ah, visite de courtoisie ou professionnelle ?
-Un peu des deux.
-Le Dr Beaumont est trop occupée ? -C'est un peu tendu entre nous.
Voilà, j'ai un souci.
J'ai des plaques rouges partout.
Ca me brûle. -Je vois rien du tout.
-Ca a disparu.
-Un érythème cutané qui vient et qui repart,
c'est de l'eczéma,
le stress.
-C'est tout ? Téléphone.
-Pardon.
Oui, un instant.
-J'en avais surtout ici.
-Désolé, il n'y a rien de grave, vous êtes en pleine forme.
Oui, Dr Weiss.
M. Spivak, comment ça va ? (A bientôt.)
Pardon ? On se voit le 12 ?
-Vous pouvez me laisser entrer, au moins !
-Non, circulez.
-Si je dois pas aller dans un commissariat, je dois aller où !?
-Inutile de monter sur vos grands chevaux.
-Pardon ? -De crier.
Capitaine.
-Vérifiez.
-Un problème ?
-Mon frère
a disparu. -Un étudiant, il aura fait la fête.
-Stéphane ne boit pas
et je suis sans nouvelles depuis deux jours.
-Allez, venez dans mon bureau. -Ah, merci.
-Capitaine, l'ascenseur est en panne.
-Bon, c'est pas le meilleur endroit pour parler de ça,
allons dans mon bureau de secours. -Merci.
-Désolée, je voulais pas
faire de scandale, mais je m'inquiète.
-C'est bon, racontez-moi. -Il s'appelle Stéphane Vial.
Il a 22 ans et il est étudiant aux Arts déco. Il est très sérieux.
-Il ne fait jamais la fête ? -Il boit pas.
Il a eu un accident de voiture, on lui a enlevé la rate.
Depuis, il ne boit plus.
-Il n'a pas pu tomber amoureux ?
-Peut-être.
Ce matin, il devait partir pour Milan
toucher une bourse d'un institut de design.
-Et aucune nouvelle ?
-Non, aucune.
-Vous avez appelé
les hôpitaux ?
Attendez.
Je vais...
Notez-moi vos coordonnées.
Je me renseigne et je vous recontacte.
Allez-y.
Elise, c'est César. Vérifiez si notre noyé n'a pas une cicatrice
de l'ablation de la rate. Rappelez-moi, merci.
-Jean-Baptiste, passez à mon bureau tout à l'heure.
-OK.
-Vial, un très bon élément.
C'est le 1er de nos élèves à avoir obtenu la bourse de Milan.
-Il n'était pas du genre artiste maudit qui refuse les honneurs ?
-Non, il travaille pour réussir,
même si ces derniers temps, ses profs le trouvaient tendu.
La pression, peut-être. -Vous voyez une raison à ça ?
Avec sa bourse...
-Ici, on forme de grands talents, mais combien vont en vivre ?
Vous pouvez être reconnu, exposé, puis vous êtes passé de mode.
-Il avait des amis, ici ? -Sûrement.
Mais on est en période de révisions, il y a peu de monde.
Pardon, mais j'ai une réunion.
Une collègue est décédée.
-Une collègue ?
Elle venait de monter sa galerie,
Leïla Shakur. Au revoir. -Merci.
...
C'est mieux comme ça.
Je...
Je suis désolé.
-Faites-vous plaisir, c'est un sale con.
-Ah.
Son portable sonne.
...
Oui, Elise ?
-J'ai vérifié votre histoire de cicatrice sur le noyé.
Il en a bien une.
Donc, vous êtes voyant, c'est ça ? *-Oui, merci, Elise.
-Oui, c'est bien lui.
Vous savez ce qui lui est arrivé ?
-C'est un peu tôt pour le dire.
-On sait pas si c'est un accident ou...
-Ca peut pas être un accident. On tombe pas dans l'eau comme ça.
-On enquête et le Dr Beaumont est la meilleure légiste
que je connaisse.
-Je compte sur vous.
-Je vous raccompagne.
-La meilleure légiste que vous connaissez ?
C'est qui les autres ?
-Vous avez quelque chose ?
-Oui, j'ai quelque chose.
Là, c'est une fracture occipitale.
L'angle et la profondeur de la fissure montrent qu'on l'a frappé
par-derrière.
-Et ça daterait de quand ?
-Vu la température de l'eau et celle du corps quand on l'a trouvé,
il est mort jeudi soir, pas avant 20h-21h.
-Et c'est le coup qui a donné la mort
ou il s'est noyé après avoir été frappé ?
-Je pense qu'il est tombé à l'eau post-mortem.
Mais on en saura plus dans 24 heures.
...
-C'est du Breck. -Je sais.
Ca vaut une petite fortune.
-C'est bizarre pour un étudiant d'avoir un objet pareil.
-J'ai chaud. Vous pouvez ouvrir ?
-Hein ? -La fenêtre.
Je me sens pas bien,
c'est reparti.
-Ca va, patron ?
Il est essoufflé.
...
Portable. -Pardon. Une minute.
Oh, que se passe-t-il, César ?
*-Arthur, regardez, je suis en feu.
-Vous pensez trop à moi.
-Sérieusement, regardez.
-Oui, d'accord, je vois.
Mais là, je peux rien faire.
Hé, César, il y a mieux comme vidéo coquine.
Pardon.
-Mes mains, ça me brûle. Arrêtez-vous.
Farid, arrêtez-vous ! -Où ça ?
-Là, là.
-Mais qu'est-ce qu'il a ?
-T'as le feu quelque part ?
-On peut dire ça, oui.
-Il est propre. -Merci.
Je suis désolé.
Merci.
Vous avez pris goût au lieu ?
-Non, j'ai rendez-vous à côté.
Vous voulez
vous asseoir ?
-Oui.
Vous tenez le choc ?
En tout cas,
l'enquête avance bien.
Je peux vous poser
une question ? -Oui.
-A part sa bourse, Stéphane avait des revenus importants ?
Un héritage ? -Non, nos parents sont vivants,
puis pas vraiment riches. Pourquoi ?
-Putain, qu'est-ce qu'il fout ?
-Attends, il parle avec une meuf, là.
-Hein ?
-C'est qui ?
-Je sais pas, mais mignonne.
Il se fait pas chier, lui. -Mais on a du boulot.
-On n'est pas à deux minutes près.
-Ben si, en fait.
-Sérieusement, vous êtes clown ?
-Attendez, je suis plus crédible comme ça ?
-Parfait.
-Bonjour. -Lieutenant, Héloïse est la soeur
de Stéphane Vial.
-Sa soeur ?
-Oui.
-Excusez-moi,
mais sur son état civil,
il est fils unique. -Les Vial sont famille d'accueil.
J'ai été placée chez eux toute mon enfance, donc oui,
c'est mon frère. -Lieutenant...
-C'est rien, ça prouve que vous enquêtez.
C'est bien.
Excusez-moi,
je dois y aller.
-Il fallait bien que je demande. -Vous pouviez y mettre les formes.
-Ta galeriste,
c'était que ta galeriste ou...
-Disons qu'on avait un lien fort.
Quand le succès te monte à la tête,
quelque chose vient toujours te faire atterrir.
La mort de Leïla, c'est ça.
Un rappel que les belles choses ont une fin.
-On est tous mortels.
-Ca, tu es bien placée pour le savoir.
Je me suis toujours demandé comment tu faisais.
Le matin, les mains dans les viscères,
et le soir, à la maison... -Cuisiner ?
-Non.
Non.
Tout, sauf ta cuisine.
On a quand même eu des bons moments ensemble.
D'ailleurs, c'était bien, jeudi dernier, non ?
-Si, mais attention,
les hommes qui me demandent ça, je les vire de mes contacts.
-De ce côté-là, je risque rien, tu m'as déjà viré.
-Peter, arrête ton numéro.
On s'est virés mutuellement.
On les signe, les papiers du divorce ou...
-Ou pas.
*-On remue jusqu'à obtenir un agrégat onctueux,
*mais brillant.
*Quand c'est prêt, tartinez-le sur les parties irritées.
*N'attendez pas trop ou la préparation va sécher.
*Parfois, la pellicule
*peut aussi emmener avec elle une partie du derme.
*Même s'il en faut,
*ne forcez ni sur le citron ni sur le vinaigre
*ou vous allez dérouiller. Portable.
-Oui, lieutenant ?
-J'ai trouvé quelque chose. *-Vous êtes encore au travail ?
-J'avais de la paperasse à faire.
J'en ai profité pour regarder les fadettes de Vial.
Le dernier numéro qu'il a appelé est celui de Leïla Shakur.
*-Frottez bien...
-Oh, c'est pas possible.
-Pardon ?
-Non, c'est intéressant.
Mais on s'en parle demain, on verra ça au travail.
-OK, à demain.
-Eh non !
*-Et si ça démange encore,
*allez consulter un pharmacien... ou un exorciste.
-L'appel a duré combien de temps ? -27 secondes.
C'est troublant.
-Surtout qu'ils sont morts à quelques heures d'intervalle.
-C'était peut-être sa prof ou il bossait pour sa galerie.
Ca expliquerait sa lampe Breck. -Et jeudi soir,
son téléphone et celui de Breck ont borné vers la galerie Shakur.
-Ca fait beaucoup pour une coïncidence.
Farid, allez chercher des infos sur Vial aux Arts déco.
-Sur Vial et Shakur ? -Oui.
-Evitez de dessiner des moustaches sur les oeuvres,
ça m'arrangera.
-Oui. Capitaine Wagner, police judiciaire.
Lt Saskevitch.
-C'est vous qui gérez l'endroit ?
-Oui, quand Mme Shakur n'est pas là.
-Donc, souvent ?
-Elle voyageait beaucoup. Elle était très occupée.
-Ca marche bien, les galeries ? -Grave.
Leïla savait comment faire de bonnes marges.
-C'est-à-dire ?
-Elle gagnait presque autant que Breck, elle aurait pu m'en faire
bénéficier.
-Elle voyait quelqu'un ?
-Ici, j'ai vu personne, mais ces derniers temps, ça m'étonne pas.
-Pourquoi ? -Elle était
à fleur de peau, elle s'énervait pour des bêtises.
-Comme S. Vial.
-Celui qui a eu la bourse ?
-Vous le connaissez ? -Un peu.
Je suis étudiante aux Arts déco.
Il est gentil, sérieux, il n'a quand même pas un rapport
avec ça ?
-Lui aussi, il est mort.
-On peut jeter
un coup d'oeil ? -Allez-y.
-Merci.
-Ah, mon Dieu.
-Désolée, il doit y avoir un problème
avec les égouts.
J'ai chargé sur la Javel, mais ça sent encore.
-Madame la maire,
je serai directe, j'aime pas ce que j'entends dans les couloirs.
-Je comprends pas.
-On avait un deal.
-Hm. -Je veille
sur votre fils et vous vous occupez
de mon avancement. -Mais je suis avec vous.
-En demandant ma mutation ? -Ah.
Oui, vous pourriez être amenée à céder votre place à César.
Rassurez-vous, l'objectif que j'ai pour lui est plus élevé.
-J'imagine. -Ne vous inquiétez pas,
on vous trouvera quelque chose.
Vous n'aurez pas à le regretter. D'accord ?
-Commissaire, il y a un lien entre Vial et Shakur.
Il faut rouvrir le dossier de la galeriste.
Qu'en pensez-vous ? -Rien, j'en ai ma claque, là.
-Il y a un problème ? -A vous de me le dire, capitaine.
A vous de me le dire.
-D'accord, je vais faire
procéder à une autopsie complète sur Shakur.
-Merci, on y verra plus clair.
-Capitaine, je peux vous donner un conseil ?
-Oui.
-Ne savonnez pas trop la planche de la commissaire Koehler.
Il faut ménager ses alliés.
-Elle m'a fait le même genre de réflexion, de quoi vous parlez ?
-Demandez à votre mère.
-Bonjour. -Ah, Elise.
Vous étiez injoignable, hier soir. -J'ai une vie, hein ?
Vous venez pour votre noyé ? -Oui.
-Il est bien mort avant de tomber à l'eau.
-Ah bon ? Autre chose ? -Oui, mon assistant est une truffe.
Il a oublié de mettre le corps au frigo.
Une odeur... Pff !
-Vous êtes au courant pour Shakur ?
-Oui. Je dois l'ouvrir. Pourquoi, il y a des doutes ?
*Morceau rock.
-Voilà. -Merci.
-Bonsoir. Dites, il y a beaucoup d'élèves
des Arts déco, ici.
-Oui, l'école est derrière.
-OK, cool.
Dites aux gens, là-bas,
que je paye mon coup. C'est gratuit, c'est pour moi. OK ?
-OK, sympa.
Les gars, ce monsieur vous paye un verre.
-Normal, on est généreux.
Profitez-en. -Tournée générale !
C'est le monsieur qui offre !
Merci.
-Génial.
-Merci beaucoup.
-Qui est dans le design ?
Toi ? -Oui, bien sûr.
-YEAH !!
-Citron et miel de tilleul.
Excellent contre le mal de crâne. -Merci.
-Alors, ces investigations poussées, ça a donné quoi ?
-Euh...
Shakur avait la réputation d'être une croqueuse d'étudiants.
-Ah ? -Avec son dernier mec,
c'était du sérieux, il paraît. Mais c'était un étudiant.
-VIAL !
-Ouais, ouais.
-Ca explique la lampe Breck chez lui.
-Breck fait régulièrement des conférences aux Arts déco.
-Oui, j'ai vu son affiche.
-Il s'est même battu avec un élève.
-VIAL.
-Oui, c'est ça.
-Vial revenait des Etats-Unis, ils pouvaient pas se connaître.
-Breck lui a piqué sa nana.
-Ou alors, Vial critique le maître et ils se foutent sur la gueule.
-Si on allait interroger "M. lampe à 5 000 balles" ?
-Je vais contacter son avocate.
-Ouh...
Hé, tu sais comment on fait
pour se faire rembourser les frais exceptionnels ?
-Exceptionnels ?
-Vraiment exceptionnels.
-Ouh, je sais pas, mon pote.
-Quoi, t'as pas une idée ? Oh !
Laisse tomber.
-Je m'intéresse pas à la vie privée de mon mari.
Ca sonne bizarre, mais ça résume bien.
-Mais votre mari est bagarreur ou violent ?
-C'est le genre à se cacher derrière moi
si on croise un mec louche. On passe aux choses sérieuses ?
-Oui, Leïla Shakur.
-Déjà, la chute est bien la cause de la mort.
Mais même sans ça, elle serait sans doute morte.
-C'est une devinette ?
-Je vous la fais courte : l'examen
de ses voies respiratoires révèle un gonflement,
signe d'une réaction allergique.
-Son stylo.
-Pardon ?
-Elle avait un stylo à injection, sûrement de l'adrénaline
en cas de crise grave.
-Elle se savait allergique, c'est pas une intoxication accidentelle.
-Son allergie, c'est quoi ?
-Je vous dirai tout autour d'un verre.
-On aurait mis une cacahuète dans sa vodka sans qu'elle le remarque ?
-Oui, comme ça.
-Ca peut suffire
à tuer quelqu'un ?
-En cas d'allergie grave, oui.
Dans des cas très rares,
les allergies provoquent un oedème
qui obstrue la trachée et bloque la respiration.
Il a du mal à respirer.
-Non, César, vous ne faites pas d'allergie
à la cacahuète. -Sûre ?
-Sûre.
Elles sont pas trop salées.
Tenez. -Non, merci.
-Tu prends une cuillère d'huile d'olive
et tu la bois entre chaque verre.
-Non, pour t'hydrater, tu bois un verre d'eau avant de te coucher.
-Une pistache ?
-Non, merci. Et Farid ?
-Houlà.
-Non, Farid...
-L. Shakur était allergique aux arachides.
Quelqu'un devait le savoir et s'est débarrassé d'elle.
-Greg, regardez s'il y a des images et interrogez tous les invités.
Léa, vérifiez s'il y avait des cacahuètes ce soir-là.
-OK. Shakur louait sa galerie pour quelques euros à une société
basée au Luxembourg. -Je vais voir avec la Financière.
Il reçoit un SMS.
C'est l'avocate de Breck.
L'artiste consent à nous recevoir. -"Consent"...
-Doucement sur les pistaches.
Déclics d'appareil photo.
...
-Bonjour. -Bonjour.
-Hm, hm !
-D'accord.
Je te rappelle. Oui.
Bonjour.
-Bonjour.
-Sous quel motif, déjà, vous voulez interroger mon client ?
-Aucun, simple discussion.
-Ah.
-Si je le mets en garde à vue, vous serez la première au courant.
-Excusez Me Vettel, mais c'est pour ça que je la paye.
-Votre avocate habite chez vous ? -Exactement.
Quand elle vient à Strasbourg.
Ca pose un problème ? -Aucun.
-Tu n'es pas tenu de leur répondre.
-Ca va. Alors ?
Que puis-je faire pour vous, capitaine ?
-Me dire ce que vous pensez de la jalousie.
-Tiens donc.
Concernant Elise ? Elle vous intéresse, non ?
-Pas du tout.
-En tout cas, elle aime les hommes, moi, les femmes,
nous devions nous rencontrer et nous séparer.
-Et pour Leïla,
vous étiez jaloux ? -Pardon ?
-Si vous aviez une relation, vous êtes suspect, on l'a tuée.
-Quoi ? Tuée ?
-Comment ? Par qui ?
-Mystère.
-Stéphane Vial, vous connaissez ? -Je crois pas.
-Un étudiant,
vous vous êtes battu avec lui. -J'avais oublié cette histoire.
-Un jeune ambitieux.
-J'étais pareil
à leur âge.
-Il était jaloux de votre succès, c'est ça ?
-J'en sais rien, j'avais même oublié son nom.
-Vial. Il a été assassiné lui aussi.
-Où vous étiez
au moment de ces deux meurtres ? -Non, sérieusement ?
-Oui, très sérieusement.
-Concernant Leïla, nous inaugurions
l'exposition de Peter devant 200 personnes, dont vous,
capitaine. -Et pour Vial ?
-C'était quand, quelle heure ?
-Jeudi soir dernier.
-Jeudi dernier, j'étais dans mon hôtel avec ma femme.
Elle vous confirmera
qu'elle est restée tard.
Il soupire.
-Excusez-moi.
-Tout va bien, capitaine ?
-Tout va bien, oui.
-Dr Weiss, c'est une bonne idée ?
-Oui, j'ai de l'expérience.
Donc j'ai fait une sorte de damier,
et dans chaque case, on va tester un allergène.
-Vous l'avez
déjà fait ? -Bizarrement, j'ai fait des études
de médecine.
C'est bon ? Allez.
On va commencer par...
Tiens, c'est bien, ça. Poils de chat.
Quelqu'un entre.
-C'est pas ce que vous croyez.
-Wagner, je me fous de votre vie privée.
Breck, ça a donné quoi ? -Il a un alibi imparable, sa femme.
Comme c'est Beaumont... -Aucun alibi n'est imparable.
Et dites à vos hommes que la police
ne rembourse pas les frais de bar.
-On y va ? -Oui.
Ah.
-Ca vous va bien de courir après une femme.
-Vous avez vu votre mari, jeudi ? -Oui, on a bu un verre.
-Pendant 3 heures ?
-On en a bu plusieurs et on a fini dans sa chambre.
Vous voulez des détails ? -Non.
-J'ai un bon remède contre la jalousie.
Merci beaucoup.
Bonne journée. -Merci.
-Hum... Vous voulez goûter ?
-Non, merci, ça va.
-Evidemment, pardon.
-Vous m'expliquez, vous et Breck ?
-Ca s'explique pas, ces choses-là.
-On peut peut-être essayer.
-OK.
Déjà, il était sublime.
Et...
Notre couple avait de la gueule. Lui, artiste maudit sans le sou
moi, la fille de bonne famille à qui on proposait un beau mariage.
-Je vous voyais plus rebelle
que rangée. -Oui.
C'est là qu'il intervient.
Il est venu faire des croquis à la morgue pendant mon internat,
et de fil en aiguille...
-Vous avez tout quitté pour une vie de bohème. Joli conte.
Mais ça n'a pas duré. -Non, il était volage.
-D'accord. -Quoi ?
-Non, pardon.
Jeudi, vous l'avez pas quitté
de la soirée ?
-Vous le soupçonnez de meurtre ?
-Peut-être, oui.
Et c'est vous, son alibi, donc...
Vous comprenez ?
-Je dois me mettre
en retrait de l'affaire ? -Difficile d'être légiste
et alibi d'un suspect en même temps.
Quelqu'un vient.
-C'est du Breck, ça t'aura pas échappé.
-Tu l'as revu depuis la soirée ?
-On lance une fondation européenne du design.
Son siège sera à Strasbourg.
Peter a accepté d'en prendre la direction.
-Ce cher Peter. -Je l'ai trouvé très atteint
par le meurtre
de sa galeriste. -Certainement.
-Ca avance, ton enquête ?
D'accord, on ne parle pas de ton enquête.
Mais on peut parler de ton métier. -Oui, si tu veux.
-Tu sais ce qu'est un contrôleur général de la police ?
-Un haut fonctionnaire qui supervise des services.
Il est nommé par l'Intérieur. -Exactement.
Et je préfèrerais te voir à ce type de poste
plutôt que de continuer à végéter dans ton commissariat.
-Seuls les commissaires sont nommés contrôleurs, et je ne le suis pas.
-Justement, j'y travaille.
-C'est pas vrai.
-T'inquiète pas pour Koehler, on la sortira par le haut.
-La tisane.
-Merci.
-C'est bon, j'y vais.
Farid ?
-Sophia.
Assieds-toi. Ca va ?
-Vous enquêtez sur Vial ?
-Oui, tu sais des trucs ?
-Possible, mais ça a un prix.
-"Ca a un prix." C'est-à-dire ?
Non, c'est pas possible. Ca marche pas comme ça.
-A prendre
ou à laisser.
-Je t'écoute.
-Deal ? -Oui, deal, allez, je t'écoute.
-C'est un truc que Breck a dit
après sa bagarre avec Vial. Il le connaissait.
-C'est pas un scoop.
-Je veux dire, depuis longtemps.
-Je peux me rhabiller ? -Oui.
Vous n'êtes allergique ni au melon ni à la mûre.
On entre.
-Bonjour. -Bonjour.
-C'est purement professionnel.
-Bien sûr. Mais on vous attend.
-On termine
dans 2 minutes. -Merci.
-On se voit plus tard pour les crevettes.
-OK.
-Allez-y.
-Sophia m'a dit... -Je file.
-Au revoir.
-Que Breck aurait dit à Vial : "T'étais déjà con au lycée."
-Elle a dit du mal de Breck ou Vial ?
-Non. Elle a juste entendu qu'on enquêtait sur Vial.
Elle voulait m'en dire plus, mais elle n'a pas le droit.
-Pas le droit.
-Oui.
-Bon, ça change quoi ?
-Le téléphone de Breck a borné dans la même zone que Vial et Shakur.
-Il a juré ne pas le connaître.
-On avance.
-Et son alibi n'est pas fiable.
Je vous rappelle que les complices sont souvent des proches.
Frère, soeur, épouse.
-Bien joué.
-T'inquiète.
Putain, ça va me coûter cher cette info.
-Une autre note de frais ? -Pire.
-Vas-y, raconte.
-Non, non. Bosse.
...
-Vous ne venez pas me parler
de mon mari ? -Sa carrière a débuté quand ?
-Tard, il y a 5 ans, quand il a gagné le concours Fielding.
-Il était prêt à tout pour ça.
-A tout, non, à beaucoup. Mais j'étais avec lui,
jeudi soir. -Justement.
Ca tombe trop bien.
-La méthode des températures pour déterminer l'heure de la mort
est fiable, Vial est mort alors que Peter était avec moi.
-Je vous crois, mais je dois demander un complément d'autopsie.
-Ma patronne va être contente.
-Et la mienne.
-Bonne soirée.
-Héloïse Wasserman est venue ? -Oui.
-Paraît qu'elle est partie en colère.
-Elle voulait des infos, j'ai dit qu'on communiquait sur rien.
-Vous avez fait
dans la nuance ? -J'allais pas lui offrir un café.
-Elle vient de perdre son frère. -Je sais.
Conversations inintelligibles des enfants.
...
-Merci, Sacha.
-Coucou.
-Bonjour.
-Alors, c'est ici
que vous travaillez. -Aujourd'hui, oui.
Vous vouliez
me voir ? -Oui.
La mort de Stéphane
serait liée à une autre affaire. Leïla Shakur, ça vous dit
quelque chose ?
-Sa prof, oui.
-Elle a été
assassinée.
-Pardon. Au revoir, merci.
Et surtout,
bon courage.
-Merci. Au revoir, Lucas.
-Au revoir.
-C'est pas trop dur, ce genre de réaction ?
-Je me suis habituée.
-Vous n'êtes pas obligée de répondre,
mais comment ça vous est arrivé ?
-Un accident de voiture.
-Avec votre frère ?
-Oui.
Il s'en est sorti entier,
moi, à moitié. -Enfin, le fauteuil ne vous...
Enfin, je veux dire, vous êtes très jolie.
Un portable sonne.
-Vous avez
un appel. -Oui.
Excusez-moi.
Oui ?
Allez-y.
A tout de suite.
Je dois filer.
Au revoir.
-Au revoir.
-Alors, maître, on quitte Strasbourg ?
On n'a pas reçu sa convocation ?
-Si, mais je plaide demain à Francfort, j'ai prévenu.
-Ah bon, désolé. -On doit vous passer les menottes
devant tout le monde ? -Jouez pas à ça avec moi.
-Maître Vettel.
-D'accord. J'espère que vous avez une bonne raison pour m'arrêter.
-Je vous laisse
en juger.
Allez-y, ouvrez.
-Ces documents sont couverts
par le secret bancaire.
-J'ai des amis à la Financière.
Quelles relations
avaient Breck et Leïla ?
-Professionnelles.
C'est pas le lieu pour en parler. -On va au commissariat ?
-Breck a quasiment offert
sa galerie à Leïla Shakur, pourquoi ?
-Peter voulait lui offrir un cadre de développement plus confortable.
-Jolie formule. Mais c'était quoi, du blanchiment, une arnaque
au fisc ?
-J'ai aidé mon client à effectuer
une opération immobilière légale. Etre discret, c'est pas un crime.
-Sauf si ça conduit
à un meurtre.
Bon voyage, maître.
-Pardon.
-C'est stupide, j'aurais jamais dû passer par ce montage
piloté par Caroline.
-Ni coupable ni responsable.
-Coupable de quoi, d'avoir fait un cadeau à la femme que j'aimais ?
J'aurais dû vous le dire quand vous m'avez parlé de son étudiant.
-C'est à cause de Leïla que vous vous êtes battu avec Vial ?
-Je suis un romantique. -Vous étiez au courant
pour son allergie ? -Bien sûr que je le savais.
Je savais également comment lui injecter son adrénaline au cas où.
Son allergie a fini par la tuer.
-C'est la personne qui a mis
de l'arachide dans son verre qui l'a tuée.
On a gardé les débris du verre de Leïla ?
-Je ne sais pas, mais je vais vérifier.
A tout à l'heure. -Oui. Merci.
-Capitaine Wagner ?
Gilles Reinhart, directeur de ce musée.
On s'est vus
le soir de l'accident. -Oubliez ça, Leïla a été tuée.
Vous la connaissiez ?
-Je lui ai acheté une lampe Breck et des esquisses.
Enfin, des reproductions. -Les originales sont où ?
-Acquises par une amatrice.
Votre mère. -Je m'en doutais.
Elle admire ce type.
Et vous ?
-Disons que j'admire le designer.
-Moins l'homme.
Vous l'avez connu comment ?
-Bien avant son succès, il animait des ateliers au musée.
-Quel genre d'ateliers ? -Du design pour des lycéens.
-Vous auriez le listing des participants ?
-C'est un musée, ici, on est du genre conservateurs.
Oui, Vial y participait.
Il a demandé plusieurs fois à avoir accès aux archives.
-Il a pu le faire ? -Non, on a dû refuser.
Tous ces travaux sont la propriété du musée.
-Et si je demande gentiment ? -Là, évidemment.
-Pourquoi vous n'aimez pas Breck ? -Je n'aime pas sa réputation.
Mais ce ne sont que des rumeurs. -De quel ordre ?
-Des étudiants se seraient plaints, puis rétractés.
-Spontanément ?
-On dit qu'il a une bonne avocate.
-Merci beaucoup. -Je vous en prie.
-Lieutenant, vous pouvez me trouver Sophia, de la galerie ?
Merci beaucoup.
Sophia : -Il m'a fait signer un contrat,
je peux pas en parler. -Ce genre de contrat ne concerne
jamais la police.
-C'est un meurtre.
-J'ai juste créé une coque de téléphone.
-Et Breck t'a piqué l'idée.
-Quand j'ai vu ma coque signée Breck, je suis allée le voir.
-Et il vous a proposé le boulot
à la galerie. -Oui, et j'ai signé.
Pour son avocate,
ça avait l'air d'être de la routine ce genre de contrat.
...
-Ah, Wagner.
Dites, vos rapports
tournent tous autour de Breck.
-Tout pointe vers lui.
-Et y a rien
sur la légiste. -Beaumont ?
-Elle est son seul alibi.
Elle pourrait pas
être sa complice ?
Pas de bornage téléphonique,
pas d'interrogatoire, ça manque d'objectivité.
Vos sentiments...
-J'analyse les faits, les preuves.
Pas mes sentiments.
Et j'ai fait vérifier.
-J'espère bien.
-Si ça vous va pas...
-Je ferai ce que j'ai à faire, capitaine.
-Vous avez fait des vérifications sur Beaumont ?
-Non.
-Léa ?
Le boss, avec la soeur de Vial, il y a quelque chose ?
-Pourquoi tu demandes ça ?
-Vas-y, viens.
J'ai checké les caméras autour du musée.
Elle était là
le soir de la fête. -C'est Shakur avec elle.
-On dirait qu'elles s'embrouillent.
-Carrément.
Elle a jamais dit qu'elles se connaissaient.
Je la sens pas cette meuf.
Je vais continuer à creuser sur elle.
Quelqu'un frappe.
-Ah, je vous cherchais.
-Le rayon de soleil de la journée.
-C'est gentil, ça.
-Vous allez m'aider, venez.
Vous aimez la médecine. -Oui.
-Vous allez m'aider
à corriger. -Pourquoi ?
-Je suis privée d'autopsie à cause de vous, je m'occupe.
-A cause de votre mari.
-Encore ? -Son alibi,
il me pose problème.
-César, c'est de l'acharnement, là.
Considérez Peter
comme une victime.
-Et vous,
comme un suspect ? -Un suspect de quoi ?
-D'avoir commis
un meurtre et déplacé
un corps.
-Capitaine.
Peter a assisté à des autopsies, il n'a jamais pu approcher un corps.
-Il peut avoir eu
un complice. -Oui, mais vu qu'il était avec moi,
ce serait moi le complice ?
Vous êtes sérieux, là ?
-Ma patronne pense que comme vous avez éteint votre portable,
ce soir-là... -Vous avez des doutes ?
Des doutes sur moi ?
-Non, mais...
-Capitaine, quand je passe un bon moment, je coupe mon téléphone.
J'ai du travail. Sortez et fermez la porte.
-Elise...
-Vous sortez.
-Héloïse ? Je comprends pas.
Vous la soupçonnez dans l'affaire Shakur ?
Elle est en fauteuil ! -Quand ça l'arrange.
-De mieux en mieux, elle a inventé son accident ?
-Non, elle l'a pas "inventé", mais elle était pas dans la voiture
ce jour-là. -Quoi ?
-Le conducteur a été désincarcéré du véhicule,
heureusement, il était seul.
Patron, elle cache quelque chose.
Je peux l'interroger, en douceur. -Non, je vais m'en charger.
...
-Vous êtes bien silencieux.
-J'ai passé une sale journée.
Et j'ai à vous parler.
-Ca a l'air sérieux, je mets mon nez rouge ?
-Vous m'avez pas dit toute la vérité.
-Il n'y en a
peut-être pas qu'une.
-Vous avez rencontré Leïla
avant sa mort.
-Oui, je lui ai demandé si elle avait vu mon frère.
Elle m'a répondu "non", c'est tout. -C'est pas aussi simple.
Vous l'avez vue,
ça vous rend suspecte. -Suspecte ?
Vous pensez que je l'ai tuée ? Comment, à coup de fauteuil ?
-Mes collègues pensent
que vous n'êtes pas handicapée. -Ah, et vous ?
Vous savez ce que j'apprécie
chez vous, César ?
Votre manière de me regarder, moi et mon fauteuil.
Elle est normale, ça n'a pas l'air de vous déranger.
C'est pas souvent le cas.
Alors, je vais être honnête avec vous.
...
J'ai une maladie dégénérative
qui m'empêche de marcher et qui, bientôt,
m'empêchera de faire tout le reste.
-Pourquoi avoir inventé cette histoire d'accident ?
-Pour éviter le regard de pitié des gens.
Ce regard qui dit : "La pauvre, elle va mourir."
Voilà. L'accident, ça rend les gens
moins cons.
Enfin, le plus souvent.
-Patron, j'ai... -Léa.
Héloïse Wasserman n'est pas suspecte, c'est bien clair ?
-Oui, chef. -La cible, c'est Breck.
Fouillez sur cet atelier avec Vial.
-La contre-autopsie de Vial.
-Donnez-la à Koehler.
-Je voulais m'excuser pour Héloïse. Je voulais juste vous protéger.
-On fait tous des erreurs.
-Coucou, Elise.
Je voulais m'excuser.
J'ai été mauvais.
Je n'ai jamais douté de vous.
-Allez-y, continuez.
-Et j'ai une bonne nouvelle.
Votre patronne a validé vos conclusions
sur S. Vial. -Ah !
Eh ben. Ca vous ennuie tant que ça que Peter n'ait pas pu le tuer ?
-Elise, il faut réfléchir en légiste.
A 15h, quand le téléphone de Vial s'est arrêté,
Breck était dans la même zone, et juste après, il vous appelle.
Ca vous a pas surpris ? -Si.
Ca m'a surprise, oui.
-Cette soirée qui se prolonge, il a pas insisté pour vous...
-Pour monter dans sa chambre ? Si.
Mais on n'a pas... -Non, j'ai pas demandé.
-On a joué aux cartes le partage de nos affaires.
J'aurais pas dû, il a gagné le canapé.
Ca a l'air de vous faire plaisir
que j'aie pas fini dans ses bras.
-Vous méritez mieux que lui. -Vous, par exemple ?
-Donc si Breck avait voulu se constituer un alibi,
il aurait pas fait autrement. -OK. C'est quoi l'idée ?
-D'après ce que vous m'avez dit, il s'y connaît en médecine légale.
-Oui.
-Il aurait pu fausser
l'heure de la mort ? -Plausible. Dingue, mais plausible.
Merci.
-J'ai deux rapports d'autopsie, dont le vôtre, Dr Beaumont,
qui disent que Vial est mort après 20h.
Et soudain, vous me dites que non.
-Il serait mort à 15h, son portable a borné dans la galerie de Shakur.
-Ca élimine l'alibi de Breck, ça. Vous avez merdé dans vos calculs ?
-Non, ils sont bons.
On a dû modifier la température du corps.
-C'est possible ?
-Oui. -Ca empestait
dans un cagibi de la galerie, le corps a dû être caché là
et chauffé.
-Et la température corporelle
n'a pas pu baisser. -Et je dois me fier à votre flair ?
-Moi aussi, l'odeur m'a surpris durant l'autopsie, trop forte.
J'ai d'abord cru
à une erreur de mon assistant.
Le niveau de putréfaction ne colle pas avec le temps
qu'il aurait passé dans l'eau. -Bravo, on n'est jamais mieux trahi
que par les siens.
-Commissaire.
-Et son mobile,
c'est quoi ?
OK.
Et vous croyez que je vais aller me casser le nez chez le proc' ?
Je sais pas où vous voulez m'emmener, Wagner, mais j'irai pas.
...
-Ca donne quoi ?
-Ils sont top ces ateliers, c'est stylé.
-Mais on n'a pas
les noms qui vont avec les dessins.
-Et va trouver
ceux de Vial là-dedans.
-Ce signe, là.
Je l'ai déjà vu.
-C'est comme
une signature.
-Amenez-moi les photos de chez Vial.
Merci.
-Ah.
-C'est ça. -On avait un détail,
je crois, justement.
Ca matche.
Le même signe.
-Effectivement.
-Si Breck nous dit encore qu'il le connaissait pas...
-Je vais aller faire une petite comparaison.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Tu me prêtes
ton dessin de Breck ? -Ben oui.
-Voilà l'original.
Il a été fait
par un lycéen, Stéphane Vial, un an avant que Breck ne le présente
à son nom au concours Fielding. -Mais enfin, tu dois te tromper.
Je le vois pas faire ça.
Il veut diriger la fondation bénévolement.
-Pourtant, il réussit très bien à dissocier l'oeuvre de l'artiste.
Prends tes distances.
-Si tu te trompes, tu vas faire la une des journaux et c'est pas bon.
-Arrête avec tes plans de carrière. J'en veux pas et n'y mêle plus
la commissaire Koehler.
Merci.
-Le mobile est le plagiat ? -Le vol.
De la création qui a rendu Breck célèbre.
-Et bâti sa légende.
-Pourquoi Vial aurait attendu autant avant de se farcir Breck ?
-Il n'a pas pu récupérer les dessins, il n'était pas crédible.
Mais avec sa bourse,
Vial devenait un designer reconnu. -Breck allait diriger la fondation.
Ca a dû servir de détonateur. -Admettons.
Et le lien avec Shakur ?
-Elle voulait faire chanter Breck.
-La galerie
contre son silence. -Ca fait 2 ans.
Pourquoi la tuer
que maintenant ? -Vous avez raison.
Elle avait tout à perdre si Vial révélait tout.
-Elle aurait tué Vial ?
-Possible.
Elle a l'idée, elle le fait avec Breck
et s'organise un alibi.
-Puis il la tue. Plus de témoin, plus de chantage.
-Soit.
Mais pour mettre Breck en garde à vue,
il nous faut plus de billes.
-Il y a aussi mon allergie.
-Ca fait beaucoup
d'allergies, non ?
-Ca paraît bizarre, mais j'ai réfléchi.
A chaque fois, c'était en lien avec Vial, Shakur ou Breck.
Quelque chose doit relier
Breck aux deux morts.
-Votre équipe
semble aussi consternée que moi.
-On peut se parler en tête à tête ?
Vous devez me faire confiance sinon, on n'y arrivera pas.
-J'ai un peu de mal.
-Je ne suis pas à l'origine des manigances de ma mère.
-N'empêche qu'elle manigance. -Elle va vous laisser tranquille.
-Est-ce que les enfants connaissent bien leurs parents ?
-En mettant Breck en garde à vue, vous marquez votre territoire.
-Ou je creuse ma tombe.
Mais bon, ça me plaît assez.
-Je suis ravie que vous ayez accepté de diriger la fondation.
-Et moi, je suis ravi que vous me l'ayez proposé.
Vous savez, mon père était un ouvrier.
Il n'a pas pu faire d'études, mais il avait de l'or dans les mains.
C'était un véritable artiste.
J'aurais tellement aimé qu'on partage ce moment ensemble.
-Il aurait été fier de vous, j'en suis sûre.
Ne faisons pas attendre
la presse.
César, que se passe-t-il ? -Eloigne-toi.
M. Breck, suivez-nous, s'il vous plaît.
-César... -J'ai un discours à prononcer.
-Soit vous nous suivez, soit c'est menottes et compagnie.
-Désolé, mais vous devrez vous passer de moi.
Je dois aider la police dans une affaire.
-Quel talent, on dirait un politique.
-Quel jeu vous jouez, Koehler ? -Aucun, madame.
Je veille sur votre fils, c'est ma part du contrat.
-Ne vous loupez pas.
-Vous devez beaucoup à S. Vial. -Vous faites parler les morts ?
-Non, mais quand on en est réduit à animer des ateliers pour lycéens,
décrocher le Fielding,
c'est le Graal.
-Bon, je me suis un peu inspiré de son travail, c'est un crime ?
Tous les artistes s'inspirent de ce qu'ils voient.
-"S'inspirer".
-Vous nous sortez le grand jeu pour quelques croquis d'un lycéen ?
-Dont le retour à Strasbourg a provoqué votre bagarre.
Il voulait vous dénoncer, c'est ça ?
-Vous êtes naïf, des accusations de plagiat, il y en a sans arrêt.
Ce n'était qu'un jeune arriviste.
-Ce micro-scandale se serait vite tassé.
-Pourquoi l'avoir rencontré le jour de sa mort à la galerie ?
On a vos relevés téléphoniques.
-C'est Leïla, elle a insisté.
-Oui, s'il révélait tout, elle ne pouvait plus
vous faire chanter. -On a voulu le dédommager.
N'est-ce pas, Caroline ?
-Oui, une belle somme.
Et l'édition de ses premiers projets dans l'agence de Peter.
Belle proposition pour un débutant.
-Mais Vial refuse et vous vous énervez.
-Evidemment, ce petit merdeux
m'a balancé
que j'étais la honte du métier, un tas de conneries, alors, oui,
j'étais en colère ! -Peter.
-Mais je suis reparti de la galerie.
Après, je sais pas. -Vous mentez. Vous savez très bien.
-Bon, votre belle histoire
ne mène nulle part.
Mais il en faut plus pour condamner un homme.
-Excusez-moi.
-Qu'y a-t-il ? -Là-haut, ça s'agite.
L'avocate connaît du monde.
Mondénian a appelé le proc'.
Il arrive. -Il va nous lâcher ?
-Bien sûr qu'il va nous lâcher.
Soit vous faites parler Breck,
soit il va sortir avec les honneurs.
-Il va parler, question de temps. -Mais on n'en a pas.
Bon, on va se faire débarquer, enfin moi, mais je retournerai pas
ma veste.
Wagner ? Y a quelqu'un là-dedans ?
-Gardez-le-moi au chaud.
Faites-moi confiance.
-M. Breck. Votre interrogatoire reprendra plus tard.
Donnez-moi votre foulard,
votre ceinture et vos lacets. -Vous faites une grosse erreur.
-J'attends.
Quelqu'un frappe.
-Ben, entrez.
-J'ai besoin que vous affûtiez
mon raisonnement.
-Je suis devenue raisonnable ?
Bon, donnez-moi ça.
-Je peux pas toucher ça, c'est...
-D'accord.
Donnez-moi ça.
J'ai mis votre mari
en garde à vue.
-Dans notre relation, vous n'êtes pas obligé d'éliminer le mari.
-J'ai un problème avec mes allergies, mes crises arrivent
à des moments très particuliers.
Ma première crise,
c'était sur la scène de crime, au contact de Leïla Shakur.
La 2e fois, ça a été quand j'ai examiné son sac.
Puis j'en ai eu une à l'appartement de Vial.
-C'est tout ? -Non.
La dernière,
c'était avec votre mari.
Dans son atelier.
J'ai l'impression...
que mon allergie piste l'assassin.
-Quand vous avez serré la main de Peter, c'est arrivé ?
-Non.
Rien du tout.
Je comprends plus rien. Il faut que je sache à quoi je suis allergique.
Et vite.
-On va aller dans votre bureau,
vous allez vous mettre torse nu, on va faire des tests.
-Vous êtes au courant ? -Ca cancane sur Weiss et vous.
-Je suis pas à ça près. Il faut m'aider, là.
-Chez Vial, il y a beaucoup de matériel de peinture ?
-Oui, bien sûr.
-J'ai une idée.
-Inculper Breck pour une histoire de boutons ?
-Des plaques rouges,
M. le substitut.
J'attends confirmation.
-Hello ! -Voilà.
-J'ai trouvé.
Enlevez votre veste, César, et approchez-vous de moi.
Relevez votre manche et tendez le bras.
-Ah...
Oui, c'est mon allergie.
La vache ! Regardez.
C'est quoi ?
-De l'extrait de cobalt, on le trouve dans certaines peintures.
Tranquille, César, c'est pas mortel.
-Vial en avait sur lui ?
-Oui, c'est persistant. -Donc, tous ceux
qui l'ont touché... -J'ai compris.
Mais il me faut
des aveux. -Vous les aurez.
Vous venez dans mon bureau ?
-Peter m'a parlé de vos relations avec sa femme, on n'est pas loin
du conflit d'intérêt. -Après votre départ de la galerie,
le téléphone de S. Vial
s'y trouvait encore.
-Donc, M. Vial était encore en vie.
-Pas forcément.
Puis Leïla Shakur vous a appelé.
-Et alors ?
-Ca suffit.
J'en ai marre. -Il te manipule, Peter.
-Maître.
-Oui, j'ai eu un appel de Leïla.
Elle était paniquée, Vial venait de mourir.
-Comment ?
-Après mon départ, elle a découvert
qu'il avait tout enregistré
sur son portable.
Elle a essayé de récupérer
le téléphone, ils se sont battus et il est tombé.
C'est un accident.
-Bien sûr, le coin de la table.
Mais vu l'angle
et la force du choc,
il s'est plutôt fait frapper par-derrière.
-Et Peter n'a pas pu le faire.
-Effectivement. Mais il était quoi, 15h ?
Là, L. Shakur cache le corps
de S. Vial dans un cagibi, et bizarrement, allume un radiateur.
-Elle avait peur, peur de tout perdre.
Je lui ai dit comment fausser
la température du corps pour se faire un alibi.
-Et vous
en procurer un.
Et c'est tout ?
Donc, Leïla, du haut de ses 1,60 m et avec ses petits bras
déplace seule un corps de 80 kg dans un cagibi,
et le récupère le soir pour le jeter à l'eau.
-Elle m'a demandé de l'aider.
-Et vous l'avez fait ?
-Si vous avez une preuve, dites-le. On a tous autre chose à faire.
-Oui, arrêtons de tergiverser. On peut le savoir très facilement.
Vial utilisait des pigments de cobalt, ceux qui ont bougé le corps
en ont gardé des traces. -Et ?
-M. Breck fera des tests
demain matin. -Très bien.
Tu es d'accord ?
Voilà.
-Retournez dans votre cellule. Votre garde à vue est maintenue.
-Viens.
...
-Mais il est où ?
-Vous cherchez ça ?
-Qu'est-ce que vous faites avec ma veste ?
Pour être ici, il vous faut... -Une commission rogatoire. Tenez.
Vous confirmez
que c'est votre veste ?
Il y a des traces de cobalt dessus.
-Il y a mille explications possibles.
-C'est sûr, mais ça vous empêche
de continuer à défendre Breck.
Qu'est-ce qu'il racontera le jour où on l'interrogera
avec un autre avocat ?
-Peter m'a dit qu'il voulait aider Leïla à déplacer le corps de Vial.
Il est très fort pour vous faire faire le sale boulot.
Comme je l'ai fait pendant toutes ces années,
j'y suis allée à sa place
pour pas qu'il se compromette.
-Et Shakur, vous vous en êtes occupée
à sa place ? -Je comprends pas.
-Si vous trouviez un verre avec des traces d'arachide,
des empreintes de Leïla Shakur
et celles de quelqu'un d'autre, vous en déduiriez quoi ?
-Non, je veux bien assumer mon rôle pour Vial,
mais votre histoire de verre, franchement. Ah non, non !
-Vous n'êtes pas une tueuse.
La pression était trop forte
pour Leïla Shakur, elle a paniqué.
Elle avait beaucoup bu ce soir-là, elle voulait tout raconter.
Et vous avez voulu l'en empêcher, c'est ça ?
-J'ai juste mis quelques miettes de cacahuètes sans son verre.
J'ai cru qu'elle ferait un malaise et qu'elle irait aux urgences.
Que ça nous laisserait
quelques jours.
Que Peter pourrait la convaincre.
Pour ça aussi, il est très fort.
-Me Vettel, nous allons mettre vos propos par écrit au commissariat
avant de vous déférer devant le juge.
-Suivez-moi, s'il vous plaît.
-Vous vous êtes blessée ?
-Je me suis coupée en cassant un verre tout à l'heure.
Le voici.
Je vais le jeter. -D'accord.
-Commissaire ?
Désolé pour vos statistiques.
-Un jour, vous me bouclerez une affaire de manière traditionnelle ?
C'est possible ? -Oui, suffit de demander.
-Foutez-moi le camp.
-Ca fait un joli son,
tous ces oiseaux !
Qu'est-ce qu'ils peuvent bien se raconter ?
Là, ils arrivent
au marché, c'est sublime et soudain apparaît le vendeur
de chevaux.
Et c'est un beau monsieur, très grand.
Très souriant.
-Héloïse. Euh...
Vu que l'enquête
est terminée,
j'aimerais bien vous revoir.
-Je crois pas que ce soit
une bonne idée, César.
-C'est dommage, parce qu'avec vous je me sens bien.
Votre maladie n'a pas d'importance pour moi.
-Justement, ce qui vous attire, c'est ma maladie.
Elle vous rassure sur vous-même.
Mais je vous en veux pas.
Au contraire, c'est charmant.
Bonjour. -Salut.
-César, un ami.
-Bonjour. -Bonjour.
-On y va ?
-Au revoir. -Au revoir.
J'ai gâché quelque chose avec elle ?
-Je suis médecin du travail,
je fais pas les thérapies de couple.
-On peut être attiré que par des gens qui sont malades ?
-Je pense, oui.
On va boire un verre ?
J'ai peut-être des maladies qui vous conviennent.
-Je dois rejoindre le Dr Beaumont. -Allez-y, alors.
-J'ai pas prévenu mon équipe. -Elle vous tourne la tête.
Méfiez-vous, les légistes, c'est pas des vrais médecins.
Son portable vibre.
-Allô ? *-Farid ?
-Léa. *-Passez-moi Farid.
-Il peut pas vous parler, il est occupé.
-Pardon ? *-Passez en visio, je vous montre.
-Non, non, tu ne... Protestations.
-Il fait quoi ? -Pas mal.
-Oh, Farid.
-Désolé.
-Je vais le convoquer
pour une visite médicale. Quoi ? Il voit pas Beaumont, lui.
-Non, mais attendez...
-Merci beaucoup.
Non, je vous invite. -C'est gentil, ça.
-C'est la fête. -Qu'est-ce qu'on fête ?
-Devinez.
-Votre patronne vous a promue ? -Non.
-Ah, vous avez un corps de toute beauté à autopsier.
-Encore mieux. -Mieux.
-On fête mon divorce.
-Ben, bon divorce.
-Des éclats de cacahuètes ? -NON, MERCI.
-Au revoir. -Au revoir.
-Vous savez, vous n'êtes pas allergique à la cacahuète.
-Ben non, je sais pas.
-Weiss ne vous a pas fait faire tous les tests possibles ?
-Non.
-En même temps, médecin du travail, c'est pas vraiment médecin.
-Il a dit la même chose de vous, hier.
-Eh ben, ça m'étonne pas.
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