All language subtitles for Le.Coup.De.Sirocco.French-WWW.MY-SUBS.CO

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

C'était la charrette de la fourrière municipale.

C'est en retrouvant cette photo

que j'ai eu envie de raconter l'Algérie.

C'est incroyable.

Aujourd'hui, j'ai 30 ans, et ça me gêne encore d'en parler.

Peut-être à cause de mes parents.

C'est vrai,

ma mère n'aimerait pas que je raconte notre histoire.

Mais ma vie a commencé là-bas, alors...

Tadjira, c'était pas une grande ville comme Constantine ou Alger.

Tout juste une sous-préfecture.

On habitait rue Diderot, près du bureau de poste.

Tout de même, quand j'y pense, ma vie n'a pas bien commencé.

Mon père n'était pas là quand je suis né.

Il faisait la guerre en Italie.

Mais en 1945,

dès qu'il a été démobilisé,

avec tous les tirailleurs de Monsabert,

première chose :

avant même d'enlever l'uniforme,

il a rouvert l'épicerie.

Il est monté sur l'échelle,

et avec le pinceau, il a fait une transformation

très importante.

Et voilà, la merveille.

Regardez le petit !

Il est mignon ! Comment il s'appelle ?

Paul.

Fais une risette à Mme Bénichou et à tonton Jacob.

Tu me fais un sourire, Paulo ? Qu'il est gracieux !

Tout son père !

Albert, tu as fait quoi en Italie ?

La guerre ou couru les filles ?

- Pourquoi tu me dis ça ? - Combien t'as d'enfants ?

J'en ai qu'un. C'est l'aîné.

Pourquoi tu mets "fils" avec un "s" ?

Ça a été vite, hein ?

Déjà 4 ans.

L'école pour la première fois.

Et un dernier regard sur le monde libre.

Chez les soeurs, j'étais bloqué. Je comprenais pas les lettres.

Les autres lisaient déjà les doigts dans le nez.

Une autre mère que la mienne aurait été morte de honte.

Pas la mienne.

Elle, elle disait...

Le pauvre, avec les petits moyens qu'il a.

Enfin...

Quand j'ai compris que c'était pas provisoire,

j'ai fini par m'habituer.

C'est à l'école que je me suis fait mon meilleur ami.

Georgeo Labrouche, un fils de colon.

Mon père, ça lui plaisait pas trop.

Il disait toujours : "Mon fils,

"les colons et les épiciers, ça se mélange pas."

Putain ! À force de tirer sur la corde, ça devait arriver.

Si tu comptes sur Mendès France, tu peux courir !

La vérité, la voilà :

"Attentats terroristes... et l'Algérie demeure saine."

C'est des conneries, tout ça !

Franco, je veux te dire deux mots.

On conteste mon but que j'ai marqué dimanche ?

N'en parlons pas de ce but, va !

J'ai deux secondes.

Un centre et paf, la tête dans la lucarne.

Tu dis quoi ?

Si le goal était pas sorti pisser, tu l'aurais pas marqué.

Ou le goal, il est sorti...

Jacob ! Pourquoi il s'en va ?

Jacob Gavalda,

c'était le meilleur ami de mon père. Sauf pour la politique.

Pour vivre,

il avait une fabrique de bougies artistiques.

Le jeudi après-midi,

j'aimais bien rester avec lui pour travailler.

À part son ouvrier Brahim,

on était sa seule famille, à Jacob.

Tonton Jacob était formidable.

La tête toujours pleine d'idées et d'inventions.

Le Descartes de Tadjira.

Tu as lu le journal ?

Huit morts, plusieurs blessés,

deux instituteurs assassinés.

Juste pour la Toussaint.

Paulo, mon fils,

rappelle-toi bien ça :

un jour, on partira tous, une main devant, une main derrière.

Ouais, mon vieux.

Plus grosses, les bougies !

Voilà.

Allez, c'est fini. Je ferme pas la porte, mon chéri.

Allez, fais un gros dodo.

Le petit, il dort plus.

C'est Jacob avec ses idées noires.

Tu sais ce qu'il lui raconte ?

Qu'un jour,

on partirait tous d'ici comme des vagabonds.

Le petit n'en dort plus.

Sensible et tout, comme il est.

Dans quelques secondes, le combat va débuter.

Carasco...

Adja...

Adjazmoufa.

Nakam Nardoche,

et Georgeo Labrouche

sont admis définitivement au certificat d'études primaires

par ordre de mérite.

Les meilleurs, les premiers.

Et après délibération spéciale

et très, très longue du jury,

Narboni, Paul.

Toi ?

C'est pas vrai ?

Allez, arrête, Paulo !

Tu me mens pas, hein ?

Voilà une demi-livre.

Mon fils a le certificat d'études. Marguerite !

Le petit !

Le petit a le certificat.

Mon fils !

Mon petit a réussi le certificat d'études !

Tu as réussi ?

Il a réussi ! C'est pas vrai !

Qu'est-ce qu'il veut faire, maintenant, le petit ?

Je sais pas.

C'est devenu trop dur pour lui en classe, alors...

Il veut faire quand même les grandes études ?

Vous vous rendez pas compte ou quoi ?

Il vient à peine d'avoir le certificat d'études, le malheureux.

Et déjà, vous construisez des châteaux de cartes.

Il faut prévoir, ma fille.

Tu t'es encore trompé à la reprise.

Et alors ? Les gens s'en foutent.

Ils viennent pour le patriotisme, pas pour le concert.

Regarde.

Ici, comme à Alger,

tous unis, arabes, français, main dans la main,

des frères ! La merde est finie pour nous.

Tu places mal tes doigts.

Ton de Gaulle, tu vas voir ce qu'il va faire.

Mai 1958 ?

Des larmes de sang, on pleurera.

Il a dit "Algérie française" ou il l'a pas dit ? On l'a entendu.

- Il dira qu'on a mal entendu. - Toi...

Messieurs.

Ici France 5.

Honneur et patrie.

Le Comité de redressement national vous parle.

Français et Françaises d'Algérie, depuis ce matin, à Alger,

l'armée, garante des institutions, a repris les choses en main.

La politique d'abandon national, menée à Paris,

par ce Charles qui se veut "de Gaule",

conduisait tout droit à la perte d'une terre chère.

Je l'avais dit.

Sétif 1945.

Novembre 1954.

1958...

Et maintenant, le pouche.

Et alors ?

Le punch, c'est bon pour nous.

C'est bon ?

Un jour, on partira tous,

une main devant, une main derrière.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Je peux pas lui attacher les poignets toute la nuit ?

C'est qu'il fait des taches.

La pauvre Leïla a beau frotter, ça s'enlève pas.

- Ça part pas, cette chose-là. - J'ai rien remarqué avec le mien.

Sauf qu'il reste dans les cabinets.

Son père s'énerve devant la porte avec le journal.

- Il est pas fatigué ? - Je sais pas comment il fait.

Ça devient trop difficile, le lycée.

C'est vrai !

Avec le grec, le latin, l'anglais et en plus, l'allemand !

Il manque plus que l'arabe !

Les Suzi avec les boîtes de thon. Les harissa en quinconce, ça tombe.

- Tu prends quoi ? - La lessive.

Note.

Tiens !

Regarde-le.

Il avait besoin de s'installer en face, celui-là.

Lui, c'est le capitaine Arion.

Envoyé en cadeau après le putsch pour remettre de l'ordre.

Comme si après 7 ans de guerre,

l'armée pouvait encore changer quelque chose.

Le dimanche, j'allais déjeuner chez mon copain Georgeo.

La ferme des Labrouche, on l'appelait "le château".

La propriété la plus fortifiée de la région.

Et la mieux surveillée.

Celui qui conduit la Floride,

même s'il n'a pas le permis, c'est Georgeo Labrouche.

Et à côté, c'est moi.

Ce qu'on s'ennuyait, le dimanche, à Tadjira !

C'était ou bien le cinéma Le Rialto,

ou bien le café Franco. Et c'est tout.

Ou alors,

quand on pouvait pas faire autrement,

on allait au club de la paroisse.

Soi-disant pour draguer les filles.

Les filles de Tadjira.

Tu me tiens la porte ?

Il fait chaud, hein ?

T'as vu comment je danse le rock ?

Et toi ? Quoi ?

Véronique Arion, la fille du capitaine.

Ce qu'elle était jolie, avec ses rubans.

Ça changeait des filles de chez nous.

C'est vous qui habitez en face de chez nous ?

- Vous m'avez remarqué ? - Peut-être.

J'en connais qui feraient bien de se mettre à leur fenêtre,

ce soir, à 10 heures.

Allez, Labrouche, à toi les Petit Beurre.

Je dois rentrer, il y a le couvre-feu.

Attends, elle a dit 10 h.

C'est quoi, ça ?

Ça, c'est de la 12.7. Ça crache.

Mon père en a acheté une pour la ferme.

Georgeo, elle va enlever la culotte aussi ?

Tais-toi et regarde. Après, tu parles.

Vous êtes là, les deux mousquetaires ?

Ils nous empoisonnent la vie, avec toutes ces gardes.

Pourquoi vous avez fermé ? Avec cette chaleur...

Enlève-moi les souliers.

Je te ramène chez toi.

Marguerite ! On surveille le barrage.

Près de la ferme du père de Georgeo.

- Tu emmènes le petit avec toi. - Je lui ai dit.

Il y a un 2e casse-croûte pour Jacob.

Et des olives noires.

- Où est mon fusil ? - Voilà.

Les enfants ont joué avec.

Paulo, tu as joué avec ?

Regarde le travail ! La culasse.

Permettez.

On y va !

Ce jour-là, le café de Franco venait de sauter

pendant que les vieux jouaient aux cartes.

Pourquoi tu as jeté une grenade chez moi ?

Pourquoi tu m'as choisi, moi ?

Tu m'as ruiné ! Tu m'as assassiné !

Il y a 50 cafés sur cette place.

Tu jettes ta grenade, là, juste chez moi !

Tu pouvais pas aller plus loin, non ?

Quand même, il exagère, Franco.

L'Arabe lui livrait du Coca-Cola. Il savait rien.

Tu te rends compte ?

Pourquoi le melon était là au moment de l'attentat ?

Je te dis, les paras ont été gentils avec lui.

Nous, à la ferme, on lui casse la tête.

Deux balles de 11.43, on lui met.

"À la ferme" ?

Qui tire, ton père ou toi ?

Johnny !

Tu m'apportes les clous ?

Le roi du rock.

Albert ! Le manger est prêt, tu montes ?

J'arrive !

Garde-moi le marteau et les clous.

Tu continues à grillager partout pour bloquer les grenades.

N'en profite pas pour manger des gâteaux secs dans mon dos.

Le grillage, tu le mets pas partout. Tu laisses un endroit pour entrer !

OK, boss.

T'as vu ?

Ils ont tué Duval, le bijoutier du faubourg.

Pas son fils.

Son père, le vieux.

Il était en train de fermer le magasin,

ils se sont jetés sur lui.

Quel âge il avait, déjà, le vieux Duval ?

70 ans, au moins.

Quand même...

Ce vieux, le pauvre.

Maintenant, ils se mettent à tuer les vieux.

Alors, vous mangez ou quoi ?

Tu m'énerves, avec ton scoubidou.

C'est mauvais pour nous. Qui ils mettent dans les buts ?

Mederli.

L'Oranais volant.

Le match entre Notre-Dame et le Gallia Club

avait lieu une fois par an.

Cette rencontre était pire qu'une guerre de religion.

D'un côté, les Arabes du Gallia en vert et blanc,

et de l'autre, les Français, c'est-à-dire nous.

Ce jour-là, je me rappelle...

Je remplaçais Atlan, qui était malade.

Qu'est-ce qu'il fait, Paulo ?

N'empêche... on n'était pas fiers.

1 - 0, les Arabes nous mettaient,

à une minute de la fin du match.

En plus, Stefanov renverse Djelali dans la surface de réparation.

Avec le penalty, on était sûrs de prendre le 2e but.

Quand on a vu Franco courir avec le ballon dans l'autre sens,

on s'est dit que depuis l'attentat dans son café,

il tournait plus rond, le pauvre.

Qu'est-ce qu'il fait ?

Il arrive devant Mederli,

il pose la balle sur le point de penalty des Arabes.

La vérité ?

Même si on trouvait ça injuste, on n'a rien dit.

1 - 1, on sauvait la face.

Merci, Franco !

La réplique a été fulgurante.

Pendant une semaine,

l'OAS a veillé sur nous en plastiquant jour et nuit.

Tu crois qu'ils vont nous laisser dormir ?

Juste une nuit.

Ils ont fait sauter le réverbère.

Albert !

Pourquoi ils ont fait sauter la lumière ?

C'est rien, c'est un plastic.

- Dors. - T'es gentille, merci.

Colle-toi.

L'Algérie. L'heure de la paix va enfin sonner.

La raison l'a emporté.

Après le référendum où les Français avaient répondu

à l'appel du général en faveur de l'autodétermination,

l'Algérie va donc accéder à l'indépendance.

Il aura fallu 8 ans de guerre et 1 million de morts

pour voir ce département français se détacher de la métropole.

Mais 130 ans de présence française ne s'effacent pas en un jour.

À Oran, et sur tout le territoire,

c'est la politique de terre brûlée de l'OAS.

On détruit dans les rues,

voitures et meubles, en un gigantesque autodafé.

Puis les scènes dramatiques de l'exode.

Car personne ici ne croit au respect des accords d'Évian.

Voilà le résultat du terrible slogan :

la valise ou le cercueil.

Mon père, lui, il voulait pas y croire.

Ne me mets pas les Suzi avec les boîtes de harissa.

Range-moi les cassoulets à côté des demi-fins.

Maman.

Essuie bien les boîtes. Si elles sont pas rangées,

au moins, qu'elles soient propres.

Pas à côté des Suzi ! Combien de fois je dois le répéter ?

Où tu veux que je les mette ?

Mets-les à droite.

En quinconce.

Elles sont toutes en quinconce. Il y a plus de place.

À côté des Suzi alors.

Monsieur ?

Mais qu'est-ce qu'il veut, celui-là ?

Tu fais quoi derrière mon comptoir ?

Je viens acheter l'épicerie.

Qui dit que je veux vendre ?

Que pouvez-vous faire d'autre ?

Je vends pas.

500 000 francs.

Mon épicerie, rien qu'avec le stock, elle vaut 10 millions.

Je vais te la vendre à 500 000 ?

C'est la plaisanterie ou quoi ?

Monsieur.

Peut-être demain, l'armée partie,

vous trouvez que vous n'êtes plus le patron ici.

Et en plus, pas un franc à récupérer...

Quel est le mieux pour vous ?

Que je vende.

4 millions, pas un sou de moins.

500 000 francs.

On mange pas le cochon, ça fait la différence.

2 millions.

Toutes mes économies sont là.

Je vous donne tout ce que j'ai. 500 000 F.

Mes enfants pourraient manger pendant 10 ans.

Tes enfants ?

Pendant 20 ans, ils pourraient manger, avec le stock.

Ça y est, on s'en va.

J'espère qu'on n'a rien oublié.

Arrivés à Marseille, un taxi, la gare,

direction Paris.

Pourquoi tu veux monter si haut ?

Là-bas, il n'y a pas de soleil.

Pourquoi tu veux aller à Paris ?

Parce que c'est à Paris qu'est l'argent.

C'est là aussi qu'est mon ami le général Bauvergne.

Fais-moi confiance. Arrivés à Marseille,

un taxi, la gare,

direction Paris.

T'es triste ?

Arrivés à Marseille, un taxi, la gare,

direction Paris.

Marseille, de loin,

ça nous a pas dépaysés.

L'église sur la montagne,

on aurait dit Santa Cruz à Oran,

ou Notre-Dame d'Afrique à Alger.

On a même cru avoir fait demi-tour dans la nuit.

Croyez-moi si vous voulez,

dès qu'on est arrivés à Marseille,

on a pris un taxi, la gare,

direction Paris.

Pour Paris, 2e classe. Trois allers.

Allez, Albert, demande-lui.

Pourquoi tu demandes pas ?

Vous faites des réductions pour les rapatriés ?

Une réduction ?

Moi pas faire, moi, des réductions.

26 mois pour défendre vos fermes.

Pourquoi vous y êtes pas restés ?

Je vais vous dire : on est trop nombreux ici.

Pas assez de travail pour les Français.

Alors, les rapatriés, on s'en fout.

Donc vous faites pas les réductions ?

Pas assez de travail pour les Français ?

Toi, d'où tu es ?

Moi ?

Tu connais ?

À côté d'Oran.

Moi, je connais pas.

Regarde. Bientôt, il va nous apprendre la carte de l'Algérie.

Tu sais d'où on est ?

De Tadjira.

Tadjira, c'est très joli.

Ils ont une très bonne équipe de football.

Et Notre-Dame ?

Les frères Couare, Jasseron, Delval, Kamarata.

Stefanov, le canonnier de Tadjira.

Allons.

Tadjira, c'est très joli.

Pourquoi vous êtes tous partis ?

Pourquoi on est partis ?

Il me demande pourquoi !

On est partis parce qu'on était obligés.

On était obligés de partir !

Parlez pas comme ça.

Qui l'a voulue, l'indépendance ? C'est toi !

C'est vous qui l'avez voulue !

Alors, maintenant,

on rentre chez nous, et toi, chez toi.

Point à la ligne.

Vous voyez, ma famille est là-bas,

mais mon travail est ici.

Et nous ? Tout était là-bas.

Tout était là-bas !

C'est celui-là.

Tiens, le pourboire.

Ça va, ça va.

Tu as des enfants ?

- Huit, j'en ai. - Allez, prends.

Tu achètes à manger pour tes enfants.

Je me demande ce qu'ils vont devenir sans nous.

Il est vide, ce quai. C'est pas une voie de garage ?

Ton père arrive toujours des heures à l'avance.

J'arrive !

Elle veut quoi, celle-là ?

Paulo, dors ! Toi, allonge les jambes.

On est complet.

Mais peut-être à côté.

Je comprends que vous préfériez rester en famille

après tout ça. Mais je me permets d'insister...

Je me présente : Nicole Guyon.

À votre disposition pour vous aider dans vos démarches.

Si c'est pour une couverture kaki de la Croix Rouge

comme à l'arrivée au port...

Mais non !

Nous sommes une poignée de bénévoles

pour vous aider dans votre lutte.

Pour combattre l'égoïsme de tant de nos compatriotes.

Ils s'en fichent, ils partent en vacances.

Nous, ce qu'on veut,

c'est s'installer, trouver du travail.

Écoutez.

Voici l'adresse d'un hôtel sans prétention.

Allez-y de ma part, il restera une chambre.

- C'est Mme Guyon ? - Nicole Guyon.

Tenez, pour vous.

Ne me remerciez pas.

Ça, c'est pour le petit.

Tiens, Paulo.

Je me sauve !

J'ai un train pour Nîmes dans 5 minutes.

Bon courage !

Paulo, viens voir.

Regarde bien.

On va changer de train à la Concorde.

Ensuite, Abbesses.

Nous, on est là. Gare de Lyon.

On est là.

Quoi ? Le métro, c'est la gare de Lyon, c'est tout.

On n'est pas des mendiants.

On a tout perdu, mais on demande pas la charité.

Rien, on vous demande !

Espèces de...

Espèces de cons !

Oui, vous tous ! Tous les Français.

- Qu'est-ce que c'est ? - C'est rien. C'est les bicots.

Il m'a donné de l'argent !

Tu te rends compte ? Il m'a prise pour une mendiante.

Maman, arrête.

Et toi, bien sûr, tu m'as pas défendue.

Tu l'as laissé faire.

On insulte ta femme devant toi, ça te fait rien.

Marguerite, il a eu tort.

Tu vas nous casser les pieds ad vitam æternam ?

- Et puis, il s'est excusé. - Il s'est excusé ?

- Il s'est excusé ? - Oui.

N'importe qui peut m'insulter.

Du moment qu'il s'excuse, tu es content !

Mon Dieu !

Humiliée.

Humiliée, je suis.

Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une chose pareille ?

Mon coeur est comme un réveil brisé.

J'en peux plus, je ne peux plus.

C'est là.

Narboni, Albert.

C'est combien ?

1 000 francs. Ici, on paie d'avance.

19.

Au 2e ?

Oui, 2e étage.

Celui-là, comme les odeurs, partout il nous suit...

Quand nous prélevons sur le revenu de la collectivité

ce qu'il faut pour aider massivement la recherche,

l'éducation, la santé, l'agriculture.

Quand nous construisons chaque année des logements par centaines de mille.

Quand nous aménageons, ou dans l'ensemble ou par région...

Allez.

Demain, général Bauvergne. Réveil 7 heures.

Je dois repasser ta chemise propre.

Elle est gentille, ta mère, elle pense à tout.

Dans ma tombe aussi, quand les vers me mangeront.

Dis, papa ?

On est obligés de vivre dans un hôtel comme ça ?

On a rapporté de l'argent de là-bas.

Eh oui, toi, tu es plus malin, mon fils.

Et si demain, on trouve pas de travail, on fera quoi ?

On ira à l'Armée du Salut ?

Comme une vagabonde, il m'a traitée.

Et toi, tu as rien fait pour me défendre.

Marguerite, dors.

Tu vas voir, il est un peu bizarre, mais très gentil.

Tiens, monsieur Narboni. Quelle surprise.

Ça va, depuis lundi ?

Ça va, on pousse.

Aujourd'hui, à la demande du général, j'ai amené le petit.

Paulo, mon fils.

Il a mis la cravate mais il a pas l'habitude.

Il sait pas encore faire les noeuds tout seul ?

Je lui apprendrais bien, moi, s'il veut me laisser toucher.

Vous avez de la visite !

Général !

Vous avez de la visite !

Oh, Simoni !

Bienvenue au QG.

Vous avez amené l'enfant de troupe avec vous !

C'est gentil, Simoni.

Arrêtez-moi cet engin, bordel !

Mes respects, mon général.

Dis-lui : "Mes respects."

- Mes respects. - Il est sourd.

Mes respects, mon général.

"Mes respects." Assis. Repos, mes amis.

Repos.

Le petit Simoni.

Vous allez boire quelque chose, Simoni !

Non, merci, mon général.

- Merci ! - Martini ?

Guylaine, à boire pour les hommes.

Alors ? Au rapport ?

Au rapport, Simoni.

Du nouveau ?

Rien du tout, mon général, malheureusement.

La Madelon vient vous servir à boire.

Vous avez des glaçons, là.

Je laisse pas la bouteille parce qu'avec lui...

Et vous oubliez pas vos gouttes !

Cul sec !

Cul sec, bordel, comme au bon vieux temps !

Papa, qui c'est ?

Rien, je t'expliquerai.

Qu'est-ce que vous lui expliquerez ?

Ce que vous faites pour nous.

"Des sous" ?

Ah, ils les lâcheront pas facilement, les sous !

Il faut quand même faire votre demande de prêt.

Elle passera en priorité.

Et vous aurez votre travail !

J'ai déjà écrit au ministre.

Il me doit bien ça, le salaud ! Depuis Vichy.

Putain, ça recommence.

- Quoi, il est mort ? - Il est vieux, c'est la circulation.

Le sang lui remonte pas à la tête... Mademoiselle Guylaine ?

Tiens-lui la tête, toi. Il a son truc !

Combien de gouttes déjà ?

Cinq.

Dix.

Qui c'est, ce Simoni ?

Un adjudant avec nous en Italie.

Un héros, soi-disant.

Du moment qu'il donne du travail à ton père,

qu'il m'appelle Simoni, Tartempion, c'est pareil.

Allez, buvez, mon général.

Lâche-lui la tête. Buvez.

Simoni.

- Buvez, mon général. - Simoni.

Il faut pas que je m'énerve.

Sinon je me pisse dessus.

Rompez les rangs, Simoni.

Aide-le.

Il faudra me faire un dur de ce garçon-là.

Vous entendez ?

Un sous-off, comme son père.

Revenez vite nous voir avec votre papa, hein ?

Au revoir, Guylaine.

- On va arroser la bonne nouvelle ? - Quelle nouvelle ?

Quelle bonne nouvelle ?

Regarde derrière. Tu as honte ? Tu as vu les jambes ?

Regarde, profite.

Donne, je vais acheter le journal.

Putain de fils que j'ai, moi !

Confidences de cette semaine.

- Voilà. - Et celui-là, madame.

Celui-là ? Paris Flirt ?

3,50 francs.

Bonne soirée, jeune homme.

Il y avait quoi, dans le couffin ?

De l'argent !

Tiens, voilà mon fils. Paulo !

Viens, viens.

Dis bonjour à Monsieur. C'est mon fils.

- Monsieur ? - Bonheur.

Lucien Bonheur, enchanté.

Narboni, Albert.

Où j'en étais, déjà ?

- Au panier rempli d'argent. - Voilà !

Installez-vous avec nous, vous serez mieux.

Je ne veux pas vous déranger.

Chez nous, en Algérie, on faisait pas de manières.

Dans ce cas...

Mais 5 minutes seulement.

J'ai un rendez-vous à deux pas d'ici.

Il était là avec ses 500 000 F en petite monnaie...

"500 000 francs" ? Là, je vous arrête...

Il m'arrête ! Tu m'entends ?

Dites-moi...

On vous a rien dit en France ?

Vous avez rien su ? On vous a tout caché.

Tout de même, à ce point...

Oui, ils sont allés jusqu'à ce point.

Et même plus loin que ce point.

Quelle ignominie.

Vous plaisantez ou quoi ?

C'était le bordel, monsieur !

Le bordel, pur et simple.

Enfin...

Tout ça appartient désormais à un passé heureusement révolu.

Une chaleur, hein ?

Je reboirais bien un petit bock. Pas vous ?

Un Coca, mon chéri ?

Garçon ! Deux bocks.

- C'est pour moi. - Si vous insistez, alors.

Croyez-moi, monsieur, ça a été dur.

Lucien, c'est entendu. Demain, même heure, même endroit.

Je peux rien promettre.

Cinq minutes ! Qu'on parle un peu.

Je vous dirais les détails là-bas.

Écoutez, c'est entendu.

- Je m'arrangerai avec mon planning. - C'est ça !

N'oubliez pas que les affaires, c'est important,

mais les amis, c'est important aussi.

Je vous ennuie pas plus. À demain.

Aujourd'hui, je me suis fait un ami.

- Tu m'écoutes ? - Je t'écoute.

- Qu'est-ce que je t'ai dit ? - Que tu as trouvé un ami.

Un Français ou un de chez nous ?

Un Français, mais il est bien.

Il a un parler, dis.

Hein ? Oui.

J'étais tellement perdu dans ce Paris,

cette France de merde.

Ça m'a remonté le moral.

Moi non plus, j'avais pas le moral.

À l'époque, je savais pas comment parler aux jeunes de mon âge.

Les Françaises, surtout, me faisaient peur.

Je passais mes journées à traîner.

Pour pas rentrer à l'hôtel où ma mère faisait que pleurer.

Tout seul, j'étais, dans Paris.

- Ah non, rien du tout. - Ronda.

C'est moi.

Ça va mal, en Algérie.

Ça va mal, en Algérie. Ils disent dans le journal.

Ils disent quoi ?

Que Ben Bella en a plus pour longtemps.

Rien marche. Les gens sont pas contents.

Ils veulent qu'on revienne.

Ils ont même des inondations, hein.

Tu crois que ça peut arriver ?

Tu crois qu'on peut retourner chez nous ?

J'aime autant te dire que si on revient chez nous,

le tapis rouge, il faudra qu'ils nous mettent devant le bateau.

Mets le roi d'espada, là.

Laisse-nous jouer tranquilles.

Joue.

Carreau.

Missa.

Mets le 3 de bastos.

Bonjour, monsieur Narboni.

Ça va ? Il vous attend.

Lucien, mon ami !

Marguerite !

Maman !

Tu es là ?

Oui, voilà.

J'arrive.

Tu sais pas quoi ?

Ça sent quoi ici ?

- Toi, tu as trouvé du travail ! - Comment tu as deviné ?

Elle est extraordinaire.

La première fois que je l'ai invitée au bal,

elle savait déjà qu'on aurait un Paulo.

Que tu es bête ! Pas devant le petit.

C'est le ministre. Il a trouvé la place à papa.

Dans l'épicerie.

La bougie, je la vois au fond du tunnel.

Ce soir, on va fêter ça. Habille-toi.

Je suis habillé, moi.

Le costume et la cravate.

Tu vas pas jeter l'argent par la fenêtre.

Tu vas te faire belle, j'ai une surprise.

Tu as pas invité ce Lucien Bonheur ?

Pourquoi. C'est mon ami ?

Tu es fou !

Regarde dans quel état je suis. 3 mois sans coiffeur.

On va me faire la charité dans la rue.

Qu'est-ce qu'il va penser de moi ?

Il va même pas te regarder, il s'en fiche de toi.

Tu vas voir, tu vas être...

Marguerite. Vous êtes sublime.

Purée, elle danse bien, maman.

Demain, tu vas voir les courbatures.

Bonheur aussi, il danse bien.

On dirait un clown.

Va danser avec elle, si t'es si fort.

Tu veux que je te mette une calbote ?

Va lui dire qu'elle arrête de montrer son derrière.

Elle se rend pas compte ou quoi ?

Carnaval !

Ma chère Marguerite, vous êtes une danseuse hors pair.

Albert, votre femme est une vraie Ginger Rogers.

Elle a ça dans le sang.

Tu dois avoir des palpitations, non ?

Ça va passer, on va rentrer. Tu vas pouvoir dormir.

Ma femme est fatiguée. Moi aussi.

Je suis fatiguée, moi ?

Monsieur Bonheur ?

On vous appelle au téléphone. M. Ruppert.

J'en ai pour une minute.

- Il est infatigable, ce Lucien. - "Infatigable" ?

Du sang, il doit cracher au téléphone.

N'empêche qu'il danse bien.

Il t'a tapé dans l'oeil ?

Ma parole, il est jaloux !

Écoute, Albert.

Tu as voulu sortir avec Lucien. Moi, je voulais pas !

Pour une fois que je m'amuse dans ce pays,

tu vas pas me gâcher la soirée !

Je t'ai pas fait de peine ?

M. Pomonat, s'il vous plaît.

De la part du Stoprix de la rue Lepic.

Merci.

- Salut, papa. - Où tu vas, toi ?

- Je vais m'acheter un disque. - C'est ça, dépense.

Monsieur Pomonat ?

Albert Narboni à l'appareil.

Le chef de rayon des fruits et légumes.

Vous m'avez oublié mes petites courgettes ?

C'est un oubli ?

Sans doute est-ce cela, oui.

Bien évidemment.

Merci, monsieur Pomonat.

Paulo, tu veux que je te présente ?

- Tu tournes comme une mouche. - Arrête, papa !

Voilà.

C'est mon fils Paulo.

Paulo, Monique.

Je t'ai présenté, tu te débrouilles. Attaque.

Quel titre vous voulez écouter ?

T'aimer follement.

Mon amour, nuit et jour...

Deux premières, s'il vous plaît.

T'as vu ce qu'ils vont jouer ? Je l'ai déjà vu deux fois.

Formid' !

Ah ouais, formid'.

"Atmosphère. Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?"

Qu'est-ce qui te prend ?

C'est vachement connu. "Atmosphère, atmosphère."

T'as pas vu le film ?

De quoi tu parles ?

C'est pas grave.

"T'as de beaux yeux, tu sais."

Ainsi, depuis plus de 1 000 ans,

les pèlerins chargés d'offrandes suivent-ils inlassablement...

Non, Paul.

...devant leurs yeux émerveillés se dressera un beau matin

l'éternel bastion de la chrétienté occidentale...

Ça suffit ! Tu vas pas recommencer ?

Si tu continues, je m'en vais.

Tiens, bon, alors... Ici, c'est un...

Un F3.

Un bon F3.

Alors, là, vous avez...

La cuisine.

Voilà. Elle est belle, hein ?

Combien elle fait ?

Combien elle mesure ?

1,92 m.

Environ.

Alors, on continue.

Voilà.

Et voici la salle de séjour.

Le buffet de chez nous, jamais il passera par là.

"Le buffet" ?

Nous poursuivons, monsieur ?

Ici, ce sont les...

La salle de bains.

Paulo !

Viens vite.

Viens voir la salle de bains comme elle est belle. Un rêve !

Enfin... c'est une salle de bains.

Moderne.

Et enfin, la chambre des parents.

Alors, nous disons,

Narboni, Albert.

Voilà. Vous signez ici.

J'ai vu passer un cercueil devant la fenêtre.

C'est rien, elle nous fait la dépression. Faites pas attention.

Albert, je te jure que j'ai vu un cercueil. Un grand.

Arrête, maman.

Écoute-moi.

Hier, tu as vu une dame de Tadjira, c'était pas elle.

Aujourd'hui, c'est un cercueil.

Alors, viens voir.

Tu es comme saint Thomas, il faut tout te montrer.

Un cercueil !

C'est vrai qu'il y a un cercueil.

Tu vois ! Je t'avais bien dit que j'avais vu un cercueil.

Oui, l'ascenseur est trop petit.

Ils doivent le changer.

Ça vous intéresse ou pas ?

C'est quoi, ce pays ?

Jamais je pourrais vivre dans cette maison !

Un jour,

je te verrais descendre au bout des cordes.

Pourquoi moi ?

Suivant !

Je vous souhaite pas de mourir dans cette maison.

Arrête de faire carnaval. Avance.

Tenez, buvez.

Ça va passer.

Expliquez-moi. C'est le moral ?

Oui, docteur, c'est lui.

Depuis qu'on est partis d'Algérie,

c'est comme si le sirocco me soufflait dans la tête.

Avant, là-bas, jamais j'étais malade.

Jamais.

Il a fallu que je vienne ici pour que je sois toute détraquée.

Quand je regarde à la fenêtre,

que je vois ces voitures,

cette pluie, ce froid...

Parfois, j'ai l'impression d'être morte.

Si vous saviez, docteur...

Tous les os me font mal, comme si on m'avait déchirée en deux.

Il faut tâcher d'oublier, madame. Il faut vous reprendre.

- Ne vous laissez pas aller. - Je sais.

C'est pour ça que je me suis dit :

"Marguerite, tu vas aller voir le docteur."

Et je suis venue.

Allez.

Vous allez me prendre ça.

Et je vous assure que vous êtes en parfaite santé.

Essayez de vous changer les idées.

Sortez. Rencontrez des amis.

Détendez-vous.

Après tout, vous êtes chez vous, maintenant.

Au revoir, madame.

Au revoir, docteur.

Mesdames et messieurs, bonjour.

La direction du Marcadet Palace a le plaisir et l'honneur

de vous présenter aujourd'hui, avant votre grand film,

et pour la première fois au monde,

le numéro qui a étonné l'Amérique :

John Silver et ses assiettes magiques.

On l'applaudit !

Paulo !

Regarde ce bonhomme. Il te dit rien ?

Je lui vois même pas la figure.

Je suis sûre que c'est quelqu'un de Tadjira.

Jacob !

Alors ? Il est pas comme là-bas, le créponné, ici ?

Hein, mon fils ?

Dis-moi,

des gens de Tadjira, t'aurais pas des nouvelles ?

Nous, à Paris, on n'en a pas retrouvé un seul.

Hein, Albert ?

Les Armango, par exemple. Où ils auraient pu se rapatrier ?

Pourquoi tu veux savoir ?

Ils devaient de l'argent à l'épicerie ?

Qu'il est bête, ce Jacob !

Aussi grand, aussi bête.

Arrête de rigoler. Louison ?

Il est mort, le pauvre.

Elle, elle s'est installée à Castres.

Monette est à Castres ?

Toi, tu es toujours dans les bougies ? Content ?

Et les Bénichou ?

Toulouse.

L'autre jour, sans faire exprès,

j'ai trouvé une invention que je mets au point.

Quand tu allumes la bougie, ça sent...

La bougie ! Que veux-tu que ça sente ?

Mais non, pas la bougie. Sinon où est l'invention ?

Et les Labrouche ?

À Antibes. Tu as pas revu Georgeo ?

La bougie est parfumée.

À la rose, à l'oeillet, au jasmin.

Et toi ? Toujours l'alimentation ?

En gros, mon petit. En très, très gros.

Viens me voir au magasin, tu verras.

Le téléphone pour moi tout seul.

Avec le prêt des rapatriés, je veux acheter une épicerie.

Manque plus que l'appartement si Dieu le veut.

Pour mes parents,

de revoir Jacob,

c'était comme s'ils avaient retrouvé tous leurs amis.

D'ailleurs,

c'est un peu grâce à lui que mon père a pris un logement,

même si le loyer était un peu cher.

Jacob près de nous, c'était la confiance qui revenait.

Écoute, Jacob.

L'heure exacte, ils te donnent. Le jour et la nuit.

- 15 h. - Après ?

35 minutes.

15 secondes. Albert, je suis pressé.

Reste un minimum. Je t'ai arrangé ton étalage !

C'est bien.

- Où est le petit pour l'embrasser ? - Au rayon des disques.

Allez, Albert.

Alors, Paulo ?

Tu viens plus me voir ? Les bougies t'intéressent plus ?

Au revoir, mon fils.

Au revoir, tonton.

Mademoiselle.

Elle est jolie.

Jacob !

Pour dimanche, ça tient toujours. J'ai prévenu Bonheur.

C'est bien que tu sois là. Ça nous remontera. Dis oui.

Bon, d'accord, à dimanche.

Monsieur le directeur, vous tombez bien.

Je voulais vous signaler, respectueusement,

que le dernier arrivage de tomates était pas merveilleux, merveilleux...

Écoutez, Narboni. Venez avec moi.

Je profite de l'occasion pour vous dire :

je suis très content de vous.

Attendez, attendez.

C'est vrai,

vous êtes un très bon vendeur.

Et depuis votre arrivée,

le rayon des fruits et légumes...

a augmenté son chiffre.

Merci, monsieur le directeur.

Toutefois,

il convient de régler quelques petits problèmes.

Regardez autour de vous, Narboni.

Vous n'êtes plus à la casbah.

Donc, on ne crie pas.

On ne reçoit pas sa famille, plutôt sa tribu.

On n'appelle pas la clientèle par son nom.

On n'impose pas des produits couleur locale.

En un mot, cessez de nous envahir.

Et restez à votre place.

Enlevez-moi cette cochonnerie.

"La bougie Kisenbon" !

Vous avez raison, monsieur le directeur.

Simone, à votre caisse !

Hé, Jacob !

Ça va ?

Ça va bien.

Mettez vos pieds vous aussi, Lucien. C'est bon.

C'est glacial.

C'est bon pour la réaction.

Parfois, comme à 18 ans...

Dites-moi...

Votre ami Jacob,

c'est un Arabe ?

Jacob ?

Un Arabe ?

Jacob !

Tu connais pas la meilleure ?

Répétez-lui. Sur ma vie.

Répétez-lui !

Jacob ! Tu es un Arabe !

Sur ma vie, t'es un Arabe.

Voilà du couscous.

Voilà du bouillon.

Du re-bouillon.

Voilà un délicieux gallinacé.

Voilà un merveilleux petit piment rouge vif.

Défaites la ceinture, ça fait un gros bourrelet.

Arrête.

Pourquoi tu insistes ? Il en peut plus.

Déjà 2 assiettes, il a mangé.

Il y en a encore.

Il y en a encore !

Blanche comme on vous l'a donnée, vous la rendez telle quelle. Nette.

Vous avez compris pourquoi on est allés au hammam ?

Alors, Lucien ?

Comment vous le trouvez, mon couscous ?

Ma chère Marguerite, c'était parfait.

Absolument parfait.

"Parfait", "parfait"...

Vous avez fait de moi un inconditionnel du couscous.

Vous savez, il manque tant de choses, ici.

Le poulet fade, les légumes qu'on trouve pas...

Détails sans importance.

Non, vraiment, c'est...

Voilà un plat qui gagne à...

à être...

connu.

Un malaise !

Paulo, va fermer la fenêtre.

Du sel !

C'est pas la peine, il revient.

Il revient.

Lucien ?

Qu'est-ce que vous avez ?

C'est rien. Vous avez eu comme un étourdissement.

Un malaise.

Vous avez trop mangé.

Pas du tout. Je viens d'avoir une idée.

Ah bon ?

Dites donc, quand vous réfléchissez,

plus personne, il est là.

Ma mère est allée chercher le dessert.

Il y en a encore dans la cuisine.

Quelle merveille !

Apporte.

Je les mets là. Vous vous servez.

Ils sont faits par ma femme, délicieux. Piochez !

Alors ?

C'était quoi, votre idée ? Vous nous avez fait une peur !

Mon idée ?

Ah oui !

C'était à propos du couscous que je viens de manger.

J'imaginais...

Vous allez rire.

Tant pis. Imaginons, ma chère Marguerite,

que pressée par la nécessité,

vous ayez voulu nous servir autre chose qu'un couscous.

Disons... un cassoulet, par exemple.

- Qu'auriez-vous fait ? - J'ouvrirais une conserve.

C'est pas vrai !

Excusez-moi.

Vous avez le don de nous faire rire !

Vous êtes un blagueur ou quoi ?

Du couscous en conserve ? C'est ça que vous voulez dire ?

Eh oui !

Tout de même, c'est pas à vous,

spécialiste de l'épicerie, que j'apprendrai que tout se conserve.

La semoule.

Le poulet.

Le pois chiche.

Pourquoi je le mettrais en conserve ?

La salade, je la mets dans les bocaux.

Le couscous, il faut qu'il ait chaud.

Tu te vois travailler, jour et nuit ?

Une machine électrique !

Et vous, Jacob ?

Que pensez-vous de cette idée ?

Lucien.

J'ai pas l'habitude de tourner autour des mots.

Moi, si j'étais dans les affaires,

si j'avais beaucoup d'argent,

si j'avais les banques derrière moi,

jamais...

jamais j'hésiterais à ouvrir une usine de couscous.

À la maison, en quelques jours,

le couscous en conserve était devenu l'obsession.

Bonheur voulait construire une usine.

Jacob allait étudier le moyen scientifique

de conserver la semoule.

Alors, mon père aussi voulait être dans l'affaire.

Ma mère ne voulait pas en entendre parler.

Il y avait une ambiance à la maison ! J'avais plus qu'une idée.

Antibes, deux minutes d'arrêt.

Narboni !

Ça va ?

Et toi ?

Georgeo ! C'est le cinéma ou quoi ?

C'est à ma mère, elle l'a achetée. Tu montes ?

Quoi ? C'est la voiture ?

Tu te dis, une voiture comme ça, avec le bois, le cuir, les tapis...

Des millions, ça doit coûter !

Tu es fou !

Je suis pas jaloux à cause de ta voiture.

- Pourquoi tu fais la gueule ? - Je fais pas la gueule.

Je me demande si on peut encore être des copains.

Tu découvres que ma mère a de l'argent ?

Tu veux qu'on vive dans un gourbi avec une 2CV pour te faire plaisir ?

De toute façon, la ferme, on l'a perdue.

L'épicerie, ton père l'a perdue. L'Algérie, on l'a perdue !

Ça change quoi ? Tu peux me dire ?

Ça change que vous, vous vivez ici.

Nous, on vit à Paris comme des mendiants.

- T'as pas été suivi ? - Je suis avec Paulo Narboni.

Où il est ? Qu'il se montre.

Il y a quoi, dans le sac ?

Ouvre, ça suffit.

- Donne-moi le journal. - Le voilà.

Touche à rien. Il va voir qu'on est entrés dans sa chambre.

Voilà.

Tout le pognon du Crédit Lyonnais à Oran.

500 millions. Le trésor de l'OAS.

- C'était lui, le comptable ? - Tu crois quoi ?

C'est des billets de là-bas.

D'où veux-tu ? C'était pas la Banque de France.

Ce trésor, il vaut rien ?

C'est pas tout.

Allez, viens voir.

- Et ce trésor, il vaut rien ? - Toutes ces armes !

P38.

Il est beau, non ?

Voilà !

La putain de ta mère, va !

Tu as pas pu résister, hein ?

Il a fallu que tu lui montres.

Je t'avertis, Paulo.

Maintenant, tu es complice.

Tu sais ce que tu risques si tu parles ?

Georgeo.

Tu surveilles, hein ?

Je vais aux cabinets.

Alors, je lui ai dit...

"Barbara !"

C'était Barbara.

Quelle connerie, la guerre.

Et le soir même,

vas-y que je te prends le bateau avec le trésor et l'OAS au cul.

Depuis, c'est la peur au ventre en permanence.

La fuite en avant éternelle. Jamais un instant de repos.

Et tout ça pour une femme.

Une ingrate, sans scrupules,

qui m'a bazardé comme un malpropre.

Moi qui lui ai sacrifié ma vie et mon honneur !

Aujourd'hui, vous avez devant vous un homme brisé.

Riche mais brisé.

Meurtri par la vie. Mais très riche, heureusement.

Bonnes, les sardines ?

Une merveille.

Merde !

Ils sont là.

Paulo, aide-moi. Ils sont lourds, ces billets. Allez !

Fils, tu aurais pas par hasard un billet de 10 000 F ?

On sait jamais, hein ?

Fais pas de conneries, Georgeo.

Adieu, petit.

Non, Georgeo.

Je suis pas fou.

Je sais pas que c'est du papier dans cette malle ?

C'est tout ce qui me reste de l'Algérie.

Je crèverai avec elle.

Capitaine, quand vous voudrez.

Les enfants !

Il faut agir vite et fort.

C'est nous, les Africains Qui revenons de loin

Nous venons des colonies Pour défendre le pays

C'est comme ça que Sauveur a disparu dans la nuit.

Ferme les yeux.

Quoi ? T'es devenu pédé ? Le coup de la panne ?

Arrête, je suis sérieux. Ferme les yeux une seconde.

Dis-moi où tu es.

Je suis dans la voiture, où veux-tu ?

Respire.

Tu sens ?

Tu as oublié ?

Comment j'aurais pu oublier ?

Jamais j'oublierai.

Georgeo. Pourquoi tu viens pas à Paris ?

Monique. On te demande.

Ouais, j'arrive !

Vous cherchez quelque chose ?

C'est vous que je cherche.

Il vous a dit qu'il avait une maman ? Je suis morte ?

- Mais qui ? - Paulo Narboni, mon fils.

Ça vous rappelle rien ? Je suis sa maman.

Il a honte de me montrer, j'ai voulu voir cette Monique.

Eh ben ! Le rouge à lèvres et le noir aux yeux vous font pas peur.

Vous lui voulez quoi ? Pourquoi vous lui tournez autour ?

Vous cherchez à vous marier ? À lui mettre le grappin dessus ?

Vous ferez quoi avec le bébé ? Comment manger ?

Dites-moi comment vous allez manger !

Vous l'avez pas forcé à faire la chose ?

La chose, vous l'avez faite ?

La chose qu'on fait pour avoir les bébés...

Grâce à Dieu, merci mon Dieu, malheur évité !

Je préfère ses magazines.

Pourquoi vous répondez pas ?

J'ai dit quelque chose qui vous fait de la peine ?

Mon vélo !

Les meubles de Tadjira sont arrivés.

Quelle pluie, putain !

Georgeo !

Viens voir !

C'est vrai que c'est petit, mais bien meublé.

Mon Brownie !

Bouge pas, je te fais une photo. Souris !

Je veux pas, Albert ! Ta chemise, tu lui donnerais, à Bonheur !

Pourquoi tu t'énerves comme ça ? J'ai rien fait, je te dis !

Ça fait 4 jours que je l'ai pas vu, Lucien.

Lucien ! Parlons-en, de ton Lucien.

Il te guette, comme une araignée.

Dans ta tête, les araignées ! Jacob a eu l'idée.

Jacob ! Jacob, c'est pas le bon Dieu !

Et puis d'abord, le prêt... On en a besoin

pour acheter une épicerie, pas une usine.

- Monsieur Narboni ! - D'accord !

1 million, 10 millions je gagne. Bonheur l'a dit ?

- Pour 2 millions, 20 millions. - C'est tout.

Ne fais pas le malin.

Ma main va faire un aller-retour sur ta figure !

Ta Monique, je lui ai parlé.

- Tu lui as dit quoi ? - Tu verras bien !

Georgeo, mon fils, d'où tu sors ?

Tu as vu ? Les petits sont arrivés d'Antibes !

Vous avez mangé ?

Vous avez les cheveux mouillés. Je m'occupe de vous.

Allez, asseyez-vous.

Il pleut dehors ?

Paulo, je t'en supplie.

Tu vas dire à ton père

de ne pas donner l'argent de l'épicerie à Lucien.

Ta mère me prend pour l'idiot du village.

Que veux-tu ?

Le prêt, on l'a pas. De quoi on parle ?

Je peux rencontrer les associés de Bonheur. Un banquier.

J'ai dit que l'idée n'était pas bête, c'est tout.

Vous m'avez entendu dire plus ?

J'ai dit "l'idée est bonne", c'est tout.

Et l'idée, elle est excellente.

Voilà, madame Ocenego.

Bonjour à Norbert !

On est venu sans sa maman aujourd'hui ?

Ma maman ?

Laisse-la, elle est fatiguée. Énervée.

Tu l'as pas crue au moins ?

Non ! Tu pourrais me faire un bébé.

Je te présente mon ami, Georgeo Labrouche.

Monique.

Georges Labrouche.

Je croyais que les pieds-noirs avaient tous un nom en "o".

Ça va, les amoureux ?

Peut-être elle a les règles...

Si elle a les règles, alors...

Au fait, il faut que je te dise...

Je suis sorti avec un copain.

Tu ne m'en veux pas ?

Pourquoi je t'en voudrais ? Qui c'est ?

Le fils du libraire, cette tapette ?

Josiane !

Ce soir, avec Gérard, on va au Marcadet. Tu viens ?

- Ils jouent Brève Rencontre. - Je peux pas.

Viens !

Ça va pas, les amoureux ?

Fais pas cette tête-là.

Une de perdue, 100 000 de retrouvées.

Purée, un coup comme ça.

Juste avant la rentrée, en plus.

Tu vas partir. Je deviens quoi ?

Moi, j'ai le moral, de retourner seul au lycée ?

Sur qui je vais copier en maths ? Les Français sont forts en maths.

Et en français !

C'est quoi, ça ?

C'est du couscous en conserve, chère amie.

Vous, je vous parle plus !

C'est ton couscous, Marguerite. L'assiette d'il y a 15 jours.

Tu es fou de me mettre ça sous la figure ?

15 jours !

Il est bon, il a pas bougé.

Regarde la boîte. Impeccable, pas d'oxydation.

Il y a pas d'odeur.

C'est moi qui ai tout trouvé avec mes recherches.

Tu te rends compte ? Fais-moi plaisir, goûte.

Jamais de la vie, je meurs ! Ça va pas dans ta tête ?

Auriez-vous une cuillère ?

"Une cuillère" ? Je vais voir.

J'ai que ça. Mais elle n'a pas servi.

Regarde si je meurs.

Il est délicieux.

Aussi bon aujourd'hui.

Le couscous, ça se mange pas froid.

Tenez.

Goûtez, chère madame.

- Où le trouve-t-on ? - Nulle part.

C'est mon couscous ! Ça s'achète pas.

Marguerite !

Tu sais ce qu'il y aura sur la boîte ?

Une photo.

"Une photo" ?

- Votre photo. - Ma photo ?

- Vous pouvez toujours courir ! - Dommage.

J'avais rendez-vous avec le meilleur photographe parisien.

Vous savez, Taki, ce Japonais, qui photographie les actrices.

Michèle Morgan...

Tu te rends compte ? Ta photo !

Comme au cinéma.

Sur toutes les boîtes de l'usine.

Alors ?

Le terrain vous plaît-il ?

Il n'a rien de spécial, ce terrain.

Il est exposé plein Sud.

Si j'avais su, j'aurais pris la gabardine.

Venez voir, saint Thomas.

Vous voyez, mon cher Albert, les choses vont aller vite.

Il ne tient qu'à vous de nous rejoindre.

Il est bizarre, votre ami.

Jean-Claude ?

Il n'a pas eu une existence facile.

La Légion.

Dien Bien Phu.

Deux ans dans une cage en bambou.

70 sur 80.

C'est un ingénieur fantastique.

Il faut parler business, maintenant.

Vous êtes des nôtres, oui ou non ?

Je peux réfléchir encore un peu ?

Vous êtes tout de même incroyable.

On vous propose une bonne affaire, vous faites la fine bouche

pour une participation raisonnable de 5 millions.

Raisonnable ? 5 ou 6 millions, c'est énorme.

Je gagne 50 000 F par mois à l'épicerie,

je peux pas m'engager comme ça, à la légère.

J'ai une femme, des enfants. Pensez, Lucien !

Je me suis trompé sur votre compte.

N'en parlons plus.

Lucien ! Attendez.

Mais attendez !

Il met combien, le banquier ?

30 millions cash.

Moi, j'en avance 10. Jean-Claude aussi.

Je savais pas que vous étiez si riche, Lucien.

Souvenez-vous, Albert.

1 million, 10 millions.

2 millions, 20 millions.

Tu en penses quoi, Paulo ?

C'est emmerdant que ta mère soit pas là.

Naturellement, vous dirigerez l'usine.

Puisque c'est la recette de votre femme que nous appliquerons.

M. Vidal est entièrement d'accord. Jean-Claude aussi.

Écoutez. Malade ou pas, il m'énerve, à rire comme ça.

- Il me nargue ou quoi ? - Pas du tout.

Jean-Claude ! Tu énerves M. Narboni.

Vous discutez pour rien.

Moi, je suis ingénieur.

Je vous parle en technicien.

Cette usine, je la vois. Le terrain est idéal.

On amène les bulls quand on veut.

Regardez, M. Carboni.

Narboni.

On va économiser les frais de camion.

On met deux Cater

aux extrémités, des 50 tonnes.

On pousse et on a le remblai. Vous voyez ?

Moi, je ris parce que...

Moi, avec ou sans vous,

cette usine, c'est une affaire qui marche.

C'est d'accord !

Je mets 5 millions. Je vous donne le prêt.

Demain, je vais chez Bauvergne.

Vendredi, je suis aux rapatriés.

Samedi, vous avez l'argent.

Une étiquette avec "revolver" dessus, tu aurais dû mettre.

Quelle belle journée.

Quel dommage de travailler par un temps pareil.

Quand je pense que...

nous pourrions aller nous promener, chère Marguerite,

au Bois, tous les deux.

J'ai mal aux pieds, si vous saviez.

Je vis un calvaire avec ces chaussures neuves.

Je vais aller les rendre à André, ça !

Nous irions déjeuner dans un restaurant gentil, et après,

une promenade romantique, dans l'île au milieu du lac.

On est là !

Qui je vois ?

Les enfants, vous êtes là ! Comme des riches, au café.

Garçon !

Champagne.

Lucien, j'ai pas l'argent.

J'ai pas le prêt, j'ai rien.

Mais il est bon, le champagne.

- Vous dites ? - Le champagne.

Ce général Bauvergne, putain de sa mère,

il a établi le dossier au nom de Simoni.

Pas Narboni.

C'est pas possible, quelle merde !

Faites quelque chose, remuez-vous.

Je leur ai mis le bureau à l'envers là-bas.

Simoni, ils veulent pas Narboni.

Mais calmez-vous, je l'aurai dans quelques mois.

En attendant, lancez l'affaire, je vous rejoindrai en cours.

Selon votre associé, c'est possible.

C'est un petit retard. Comme ça,

j'aurai le plaisir de la voir construire, l'usine.

"Un petit retard" ?

Vous appelez ça "un petit retard" ?

J'en ai marre de vous.

Les rats quittent le navire.

Vous, dans les affaires ? Vous vous êtes pas regardé ?

Vous êtes un raté.

Vous êtes un petit, un minable.

Végétez avec votre famille de pauvres.

Calme-toi.

Tu étais mon ami.

Maintenant, tu te tais, tu t'en vas, tu nous laisses.

Vous n'avez pas d'ordres à me donner. Retournez dans votre gourbi

avec votre Michèle Morgan de Prisunic.

Comment tu l'as appelée, ma femme ?

Lâche-moi !

Tu me lâches, quoi !

- Comment tu l'as appelée ? - Lâche-le.

Monsieur Bonheur !

Le champagne, vous le payez pas ?

Vous offrez et vous payez pas ?

Le service est compris.

Qu'est-ce qui se passe ?

On rend la tire, ils vont nous compter un jour de plus.

Ces petits cons,

ils avaient un revolver.

Un flingue ?

Putain.

Le Bonheur, il s'est taillé avec le pistolet !

Tu es assez con pour l'avoir chargé, en plus.

S'il s'était sauvé avec l'argent, à 10 m, la balle lui faisait un trou.

T'as rien compris, toi ?

La mallette était vide.

Mon père lui a tendu un piège pour le démasquer.

Les Labrouche, jamais vous réfléchissez ?

Georgeo !

Où tu te crois ?

On n'est plus à Tadjira. La guerre est finie.

Bonus.

On s'en souviendra, de cette journée du 18 octobre 1962.

En 1966, le prêt des rapatriés,

on a quand même fini par l'avoir.

Pour mon père, de quoi acheter une épicerie à Montmartre.

Il vivote.

Il a perdu ses cheveux, et le dimanche,

on va ensemble au football.

Ma mère, comme d'habitude, reste à la maison.

Depuis quelque temps, elle s'est mise à parler toute seule.

Le vendredi, elle fait le couscous pour que je vienne la voir.

Elle mange pas, elle me regarde.

L'été, ils vont dans la villa de Jacob à Cannes.

Ça marche très bien pour lui.

Comme il avait déposé son brevet,

chaque fois que quelqu'un ouvre une conserve de couscous,

lui, tranquille au soleil,

il touche.

Georgeo Labrouche,

je l'ai plus jamais revu.

Et moi, aujourd'hui,

Narboni Paulo, le fils de l'épicier,

je vous ai raconté mon histoire.

Je voulais pas la finir triste, mais vraiment...

Vraiment, j'ai pas le moral. C'est vrai.

Ce qu'elles m'ont déçu, les Françaises !

Sous-titrage : Eclair Media

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.