All language subtitles for Alexis Granowsky - Les nuits moscovites

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Ch�urs f�minins.

Chant lyrique.

Toi, c'est toi...

...qui rends nos champs fertiles, Volga...

Trente !

Brouhaha.

Trente et un !

- Oh ! - Trente-deux !

Trente-trois !

Trente-quatre !

Trente-cinq !

Trente-six !

Trente-sept !

Trente-huit !

- Il faut charger nuit et jour ! Sans arr�t.

L'arm�e manque de pain nuit et jour, compris ?

- Compris... - Formez plusieurs �quipes,

...payez-les double, mais que �a valse !

C'est la guerre, on n'est pas l� pour s'amuser.

Qu'est-ce que c'est que �a ?

- Quarante-deux ! - Oh, la racaille !

Halte !

H� ! Halte !

C'est ce que tu appelles travailler, toi ? !

Tu appelles �a travailler, esp�ce de femmelette ?

Tu g�nes les autres ! - Vous croyez �a facile, faites-le !

A moi, les gars !

Un !

Deux ! Allez !

Corne de brume.

219 !

220 !

221 !

222 !

223 !

- Je vais au pont de laroslav, s'il y a du nouveau, pr�viens-moi.

Les colis sont partis pour Moscou ? - Oui, patron.

Si les cadeaux de la fianc�e n'arrivent pas,

...je te d�fonce le cr�ne ! - Soyez tranquille, patron.

Tout sera � Moscou ce soir. - Tant mieux pour ton cr�ne.

Allez hop ! Nuit et jour, hein ? - OUI. AU REVOIR, PATRON.

Bon voyage !

Grelots.

Le train siffle.

G�missements.

- Salle d'op�ration ! - Entendu. Salle d'op�ration.

211.

Deuxi�me �tage. - 211,

...deuxi�me �tage.

109.

Salle d'op�ration. - 109, salle d'op�ration.

211 !

G�missements.

- 211, op�r� dans le train. Refaites les pansements, du repos.

Ah ! Ah !

Batterie ! Feu !

Chargez !

Feu !

Feu !

Feu !

Tirs d'artillerie.

Musique wagn�rienne.

Qui �tes-vous ?

O� est-ce que je suis ?

Mais... qu'est-ce qui m'est arriv� ?

Qui �tes-vous ? - Chut.

Vous n'avez pas encore la permission de parler.

Vous �tes � l'h�pital, � Moscou.

Je suis l'infirmi�re Natalie.

Vous avez d�lir� pendant six jours.

Mais maintenant, tout va bien.

- Vous �tes s�re que je ne r�ve pas ?

Soyez raisonnable.

Essayez de dormir. - Je me r�veille.

Chut. Il est tard.

Si vous voulez quelque chose, vous sonnerez.

- C'est vous qui viendrez ? - Non. Je rentre chez moi.

- Quand reviendrez-vous ? - Demain matin.

Sans faute ?

Je t�cherai.

Soyez sage, vous allez r�veiller votre voisin.

Je ne dors pas !

Messieurs, je vous prie de cesser tout bavardage...

...et de vous endormir imm�diatement.

A vos ordres.

Bonne nuit !

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Je me pr�sente: Capitaine Polonsky.

Capitaine Ignatoff.

Enchant�.

J'esp�re que nous ferons bon m�nage.

J'en suis s�r.

Dites-moi,

...avant tout, je voudrais savoir une chose.

- Oui ! Qui est l'infirmi�re Natalie ?

Exactement.

- Eh bien, elle est la fille de feu le g�n�ral Kovrine.

De son vivant,

...une telle honte n'e�t pas �t� possible.

Jamais encore les Kovrine n'avaient vendu leurs filles.

Ah non !

Ca jamais !

- C'est toi qui devrais avoir honte de parler ainsi.

Ton fr�re nous a laiss� une maison hypoth�qu�e,

...une pension de mis�re et surtout des dettes !

Rien que des dettes. - Oui...

Alors ma ni�ce doit �pouser cette brute dor�e !

- Il adore Natacha, il est fou d'elle.

- Il y a l� un homme qui vient de la Volga, envoy� par...

...M. Brioukhoff. - Qu'il entre.

- Piotr Petrovitch vous pr�sente ses salutations...

...et des cadeaux pour Natalia Alexandrovna.

Il sera � Moscou dans trois jours. - Merci, mon brave.

Fais-le d�ner. N'oublie pas le petit verre.

Merci beaucoup, madame.

Eh bien ? Q'est-ce que tu en dis ?

Et c'est comme �a tous les jours !

Quel homme !

Ah ! Natacha...

- Bonsoir, mon oncle. - Bonsoir, mon petit.

- Bonsoir, maman. - Bonsoir.

Hum... Je suis morte de fatigue.

Nous avons cent bless�s de plus que l'effectif.

Oui, oh... C'est insens�.

Tu vas te rendre malade.

- Piotr Petrovitch n'approuve pas que tu t'�reintes...

...� l'h�pital. - Qu'il me laisse en paix.

- En voil� un ton pour parler de ton fianc� !

Regarde les cadeaux qu'il t'envoie.

Ouvre vite. - Pas ce soir, maman.

Je vais me coucher.

Oui, va mon petit.

Tu as une pauvre petite figure.

Bonne nuit.

Repose-toi bien.

Bonne nuit !

- J'ai vu des fianc�es radieuses. Sonnette.

Je te jure qu'il y a une diff�rence.

- Madame a sonn� ? - Oui.

Vous pouvez servir. - Tout de suite, madame.

Viens d�ner et cesse de grogner.

Je tiens autant que toi au bonheur de ma fille.

- Neuf heures et quart ? C'est inadmissible !

Bonjour !

Bonjour, infirmi�re Natacha !

On a bien dormi, ici ?

- Vous croyez qu'on peut dormir dans cette salle ?

Ignatoff demande l'heure...

...toutes les cinq minutes ! Chaque nuit !

A 6 h du matin, il appelle un infirmier et se fait raser.

Et puis il attend.

Il attend...

...neuf heures.

- Et vous, capitaine ? Avez-vous � vous plaindre ?

- Je me plains de ce qu'il soit 9 h et quart.

Et la discipline, infirmi�re Natacha ?

- Je suis en faute, mon capitaine. - Aux arr�ts !

- O� ? - Sur cette chaise !

Bien, mon capitaine.

Rires.

- Bonjour. - BONJOUR.

- Capitaine Polonsky, c'est l'heure du pansement.

Ah, bien.

- Un h�pital qui a pour infirmi�re la fianc�e de Brioukhoff,

...ne doit pas manquer d'argent.

- Je ne sais comment vous remercier !

- Laissez, M. Le major. J'ai simplement une petite requ�te.

- Je serai ravi de vous faire plaisir.

- J'arrive de voyage, je n'ai pas vu ma fianc�e.

Je voudrais lui faire un petit souper surprise, ce soir.

L'autorisez-vous � venir plus tard demain ?

Naturellement, cher monsieur.

Aimeriez-vous visiter l'h�pital ?

L'h�pital... ?

Si vous voulez me montrer la salle o� travaille l'infirmi�re Natalie,

...�a, je ne dis pas non ! - Je vous en prie, cher monsieur.

- Oh non, capitaine. Ne faites pas cette figure triste.

Vous n'�tes plus malade, vous allez bien.

Vous n'�tes plus mort ! Alors ?

Alors, merci.

Car sans vous... - Oh...

- Ah si. C'est � vous que je dois tout �a.

- Quoi, "tout �a" ? - Eh bien...

D'abord d'�tre vivant !

Et puis,

...ensuite,

...de trouver la vie belle.

Oui, �a surtout, c'est gr�ce � vous !

Voil� le d�lire qui revient !

Une visite,

...infirmi�re Natalie.

- Piotr Petrovitch ! - Chut.

Deux minutes seulement. Un simple bonjour.

- Vous avez fait bon voyage ? - J'ai fait vite pour vous voir.

M. L'officier, je vous souhaite une prompte gu�rison.

- M. Brioukhoff vient de faire un don royal � l'h�pital.

N'en parlons plus.

Vous �tes tr�s gentil.

- Natacha, pour vous, tout ce que je peux...

Je m'excuse. Je vous laisse,

...je vous verrai ce soir, il y aura une surprise.

M. Le m�decin chef vous permet de venir plus tard demain.

- Mais oui. - Plus tard demain ?

C'est un h�pital militaire ou une bo�te de nuit ? !

Les infirmi�res arrivent � 8 h !

- Permettez que j'explique. - C'est inutile !

Peu agr�able avec les visiteurs.

- Je ne vous ai pas invit� ! - Capitaine...

Capitaine Ignatoff !

M. Brioukhoff est mon fianc�.

Comment ?

L�...

Vous avez compris maintenant ?

Oui.

Oui, je comprends.

Je m'excuse, naturellement.

Je vous demande pardon, infirmi�re Natalie.

Aucune offense.

Vous ne pouviez pas savoir. A ce soir, Natacha.

Une pendule sonne 10 heures.

10 heures, capitaine Ignatoff.

Votre m�dicament.

- Ce n'est pas moi qu'il faut soigner,

...c'est vous !

Je vous demande pardon, Natalie.

Je suis une brute.

Capitaine, je...

Excusez-moi.

H� ! Quelle heure est-il ?

- Fiche-moi la paix, je suis malade !

Musique tzigane entra�nante.

Natalia Alexandrovna.

Ma petite reine.

A votre bonheur !

Pour Natacha !

HE ! HE !

- Quelle est la plus belle femme du monde ?

R�pondez � la ronde, mais c'est...

...Natacha ! - NATACHA !

- Quelle est la femme au plus doux front, au regard le plus profond ?

Mais, c'est...

...Natacha ! - NATACHA !

- Son rire est clair, sa joue est comme un fruit dor�.

Tout le monde en la voyant ne peut que l'adorer.

Quelle est la plus belle femme du monde ? R�pondez,

...� la ronde. C'est Natacha ! - NATACHA !

Merci !

Merci.

Merci.

Natacha !

H�...

Ho ?

Natacha n'est pas heureuse ?

Pourquoi ?

Pourquoi ces yeux tristes ?

Il faut boire !

Natachenka ! - Merci.

L� !

L�, je suis content quand Natacha sourit.

Quoi ?

L'orchestre joue un air lent.

Encore triste ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce que je peux faire ?

Ne faites pas attention.

Je suis une fille stupide.

Il rit.

Oh...

Oh, les mains.

Oh mon Dieu...

Quelles petites mains !

Moi, j'ai des pattes.

Des pattes de Brioukhoff !

Des pattes d'ours !

Hop !

Et l'ours...

...emporte la petite fille.

Il faut boire, mon petit c�ur.

Il faut boire.

Il faut boire � nous deux.

Il trinque.

Boire � la vie.

A nous, les gars !

Musique entra�nante - H� !

Encouragements.

Bombardements.

All� ? Quartier g�n�ral ?

Ici le g�n�ral Stefanoff, commandant de la 9e arm�e.

Oui, des mauvaises nouvelles.

14 d�p�ts de mat�riel d�truits par avion. All� ?

Les d�p�ts vides ne sont pas touch�s.

Quoi ? Oui, intacts.

Ils attaquent � coup s�r.

Aucun doute, ils sont renseign�s.

Ici ? Impossible.

Qui nous ravitaille ?

Mais Moscou, directement.

Les renseignements leur viennent de Moscou.

De l'�tat-major. Oui.

J'envoie mon rapport.

- D�p�che pour le chef du contre-espionnage. Secret.

Merci.

Allons bon !

Il ne manquait plus que �a.

Le QG affirme que l'ennemi est tenu au courant...

...du ravitaillement. Les avions d�molissent les d�p�ts.

Appelez-moi Malev !

- Capitaine Malev ? Le colonel vous demande.

Mon colonel.

Qui, � l'�tat-major, conna�t...

...les affectations des d�p�ts de la 9e arm�e ?

- Le g�n�ral Molochoff. - Je sais, mais ensuite ?

- L'officier au courant du mouvement complet,

...c'est le lieutenant Petrovsky,

...collaborateur direct du g�n�ral. Les dossiers sont dans son bureau.

Les pi�ces secr�tes sont dans son coffre.

Alors, la question est tranch�e.

Malev,

...vous arr�terez demain matin le lieutenant Petrovsky.

- Bonjour, Sidortchouk. - Bonjour, lieutenant Petrovsky.

Belle journ�e.

Superbe.

C'est malheureux de s'enfermer dans un bureau par ce temps !

Courrier urgent.

Voyons.

Encore des r�clamations du quartier g�n�ral.

Donne-moi le dossier des livraisons...

...de l'usine d'armes de Tola. - Oui, mon lieutenant.

L'usine d'armes de Tola...

Tola...

Coup de feu.

Mon lieutenant !

Que se passe-t-il ?

- Le lieutenant s'est tu�. - Vite, un docteur !

Que se passe-t-il ?

- Le lieutenant Petrovsky s'est tu�. - Petrovsky ?

Comment est-ce arriv� ? - J'�tais parti...

...chercher un dossier...

Vite, docteur !

C'est fini.

On frappe.

Entrez !

Qu'y a-t-il ?

- Je viens pour arr�ter le lieutenant Petrovsky.

Petrovsky...

Le voil�.

C'est fait ?

C'est fait.

Il n'a pas parl� ?

- Il n'a pas eu le temps. Quand on est venus...

...pour l'arr�ter, il ne pouvait plus.

De nouvelles instructions ?

Rien pour l'instant.

D�s que le successeur de Petrovsky sera nomm�, j'aviserai.

- Voil� vos papiers. - Merci.

- Capitaine, tous mes v�ux vous accompagnent.

M�nagez-vous, observez bien mes prescriptions.

Dans six mois, � l'expiration de votre cong�,

Dans six mois, � l'expiration de votre cong�,

...je pense qu'on pourra utiliser vos services.

- Je veux retourner au front et pas dans 6 mois. Au revoir.

Et merci de vos bons soins. - Je vous en prie.

Alors, Georges ?

- Voil�, j'ai mes papiers, je peux partir.

- Tout est pr�t, mon capitaine. - Merci.

Je t'appellerai.

Alors, Vania, � quand ton tour ?

Je ne sais pas. 10, 15 jours...

Ils ne me reverront pas � l'avant, je ne suis pas press�.

- D�s que je saurai ce qu'on fait de moi, je te pr�viendrai.

- Tu as fait tes adieux ? - Oui.

A tout le monde ?

A tout le monde, oui.

Sauf...

...� l'infirmi�re Natalie.

Ah...

C'est pas commode, hein, mon pauvre vieux ?

Non. Pas commode.

- Ecoute, Georges. - Quoi ?

- Il vaut mieux que tu ne voies pas Natacha.

Tu lui feras de la peine.

Et � toi aussi.

On ne peut rien changer, hum ?

Alors...

Je lui expliquerai.

Vous allez vous sentir mieux.

Dans un quart d'heure la piq�re. Et tr�s doucement.

Le capitaine Ignatoff n'est pas l� ?

Non. Il vient de partir.

Il est parti ?

Sans me dire au revoir ?

Il ne m'a pas cherch�e ?

Ma pauvre ch�re Natacha...

J'ai pens� que �a valait mieux ainsi.

Pour lui.

Et peut-�tre aussi pour vous.

Pour moi...

- Voyons, capitaine, vous avez un cong� de 6 mois.

- Ce sont des �nes, Excellence. - Ah oui ? Posez votre canne.

Faites quelques pas.

- Je vous demande pardon, Excellence.

Une faiblesse ridicule.

Vous �tes un gamin.

- J'ai 32 ans, Excellence ! - 32 ans, la Croix de St Georges.

Vous �tes outr� d'avoir une permission de convalescence ?

- Oui. - Vous r�volutionnez l'�tat-major,

...avec vos plaintes contre la commission m�dicale.

Et ensuite, vous forcez ma porte, vous entrez chez moi,

...chef d'�tat-major, pour vous plaindre de l'�tat-major,

...de la commission m�dicale et du monde entier !

Oui, Excellence.

Eh bien, �a me pla�t !

Oui, Excellence ?

- Suivez-moi. - A vos ordres !

- Le successeur du lieutenant Petrovsky est nomm�.

Qui est-ce ?

- Le capitaine Ignatoff, 2e r�giment d'artillerie.

Capitaine Ignatoff ?

Capitaine Ignatoff...

- Bonjour, mon capitaine. - Bonjour, lieutenant.

Le courrier urgent.

Le g�n�ral attire votre attention sur cette lettre.

La 6e arm�e se plaint que les farines arrivent moisies.

- Quels sont les prochains envois ? - Ceux de Brioukhoff.

C'est lui qui fournit presque tout. - Brioukhoff ?

Brioukhoff...

Pr�venez l'intendance.

Dites qu'on m'envoie un expert. - Bien, mon capitaine.

- Sidortchouk ? - Mon capitaine ?

Apporte-moi le dossier Brioukhoff.

Ce qui concerne la 6e arm�e. - Oui, mon capitaine.

On frappe.

Entrez !

Je m'excuse de vous d�ranger.

Madame a une importante d�claration � faire.

Oui, c'est bien �a.

La fen�tre �tait ouverte, j'ai donc pu voir.

Voir ?

Voir quoi, madame ?

- Madame a vu la mort du lieutenant Petrovsky.

La mort de...

- Voulez-vous recueillir la d�position du t�moin ?

Entendu, capitaine.

Capitaine.

Asseyez-vous, madame.

- On peut fumer ? - Certainement.

Merci.

Tout est tellement singulier ici, tellement militaire !

C'est un �tat-major, madame.

Votre nom ? - Anna Sabline.

- Domicile ? - L'h�tel National, en face.

J'y attends que mon appartement soit pr�t.

Parfait.

Je vous �coute. - J'habite le 2e �tage de l'h�tel.

Nous sommes voisins. - En effet.

- Eh bien, le jour... le fameux jour,

...ma fen�tre �tait ouverte.

La v�tre aussi.

Subitement, j'ai vu un homme tirer un coup de revolver...

...sur un autre homme, puis il a jet� son arme.

Et la pi�ce a �t� pleine de gens... - Un instant, je vous prie.

Ensuite ?

C'est tout.

J'ai r�fl�chi quelques jours.

J'ai pens� que cela pouvait vous int�resser.

Alors je suis venue.

Ai-je bien fait ?

Vous nous rendez un grand service.

Comment �tait cet homme ?

Celui qui a tir� ?

Grand et mince, il m'a sembl�.

Mais la chose s'est pass�e si vite...

Eh bien, merci, madame.

Musique militaire.

J'aurai sans doute besoin de nouveau de votre t�moignage.

A votre disposition.

Et m�me, si vous voulez recueillir ce t�moignage chez moi,

...nous sommes voisins, n'oubliez pas.

Je n'oublie pas, madame.

Ivan Ivanovitch !

Il faut que tout soit termin� pour midi.

Secoue-moi tes hommes.

Combien de wagons pleins ? - 57 !

- Et vides ? - 68 !

- Ne reste pas l� comme une femme enceinte !

Ivan Ivanovitch !

Si tout est fini pour midi, tourn�e de vodka � la Brioukhoff !

Entendu, Piotr Petrovitch.

- Les officiers vous attendent ! - J'y vais.

La communication pour l'h�pital, tu l'as obtenue ?

- Sokoloff est � l'appareil. - Bien.

- Capitaine Ignatoff. - Brioukhoff.

- Lieutenant Klimsky. - Brioukhoff.

- Sukotoff, de l'intendance. - On se conna�t.

Vous aussi, je vous ai d�j� vu quelque part.

- A l'h�pital. Votre fianc�e me soignait.

- Mais oui, vous m'aviez mal re�u d'ailleurs.

On n'a pas tous les jours envie de rigoler. Ca arrive !

Qu'y a-t-il pour votre service ?

Natalia Alexandrovna � l'appareil.

- Vous permettez ? - Faites donc.

All� ?

All� ? Oui, Natacha.

Je vous d�range ?

C'�tait pour vous pr�venir que j'ai envoy� la voiture.

Le cocher vous attendra devant l'h�pital.

Oui.

Je serai au restaurant dans un quart d'heure.

Bien s�r, je suis content de vous voir.

A bient�t, Natachenka.

Oui.

Alors, messieurs ?

- Nous venons v�rifier la farine que vous envoyez au front.

Comment "v�rifier" ?

La marchandise a �t� accept�e par la commission.

- Deux acceptations valent mieux qu'une.

Faites-nous apporter un sac de l'envoi.

Si vous voulez. Un sac.

- Tout de suite. - Au hasard.

Je ne comprends rien � cette histoire, mais enfin...

Pose �a l�.

Ouvrez.

Votre avis, messieurs ?

La farine est humide.

- Elle sera vite moisie. - Je ne l'ai pas arros�e.

On me la livre ainsi. - Soyez plus exigeant !

- Faites ouvrir une vingtaine de sacs.

Et si la qualit� laisse � d�sirer, vous refuserez tout l'envoi !

- Vous me contr�lez comme un gamin ? !

Ce que vous faites est ignoble !

- Ne criez pas, je ne suis pas un de vos hommes.

C'est pour eux que je crie !

- Bon, ex�cutons les ordres de M. Le capitaine.

Va dire � Natalia Alexandrovna que je d�jeunerai pas.

Je la verrai ce soir. - Oui, Piotr Pietrovitch.

- Merci, capitaine. - Je vous salue.

Je suis � votre disposition, messieurs.

- Infirmi�re Natalie, on vous demande, en bas.

Merci, je sais. J'arrive.

Vous ? Ici ?

J'ai � vous parler.

- C'est vous qui m'avez fait demander ?

- Oui. Acceptez-vous de d�jeuner avec moi ?

Je suis invit�e.

Mais sinon, vous auriez accept� ?

Je ne sais pas.

Excusez-moi. - Donnez-moi une minute.

Faisons quelques pas dans le jardin.

Si vous voulez.

Tino Rossi chante...

..."On n'aime qu'une fois".

Il s'�tourdit et cherche en vain...

...l'�cho des mots divins,

...pour ne trouver plus d�cevant...

...qu'un peu de vent.

On va de r�ve en r�ve...

...mais tous ont un r�veil.

D�s qu'un roman s'ach�ve,

...un autre est l�, pareil.

On ment � sa jeunesse, h�las,

...on joue avec sa foi,

...croyant aimer sans cesse,

...on n'aime qu'une fois.

- Pourquoi �tes-vous parti sans me dire adieu ?

Vous vouliez me voir ?

Vous m'avez cherch� ?

Non.

Mlle Natacha ?

Mlle Natacha ?

Je vous demande pardon.

Piotr Petrovitch vous envoie mille excuses.

Il ne pourra pas d�jeuner avec vous.

Il vous verra ce soir. - Merci.

Mes respects, mademoiselle.

- Maintenant, vous pourriez d�jeuner avec moi ?

- Merci, capitaine. Non, je d�jeunerai ici.

Natacha...

Vous �tes d�cid�e � �pouser cet homme ?

- Vous �tes venu pour un interrogatoire ?

- Je voulais savoir si vous serez vraiment heureuse...

...de devenir sa femme.

Natacha ?

Vous aimez Brioukhoff ?

- Qui ? ! Qu'est-ce que tu dis ? ! R�p�te, fils de chien !

- Le capitaine qui est venu... - Tu l'as vu avec Natacha ? !

Oui, patron.

Vous m'avez appel�e, maman ?

- Oui. Assieds-toi, j'ai � te parler.

Que se passe-t-il avec ton fianc� ?

Tu refuses de le recevoir. Tu le fais attendre...

...plusieurs jours pour �changer 3 phrases.

- Je suis occup�e � l'h�pital. - Ton mari passe avant.

Vous serez mari�s dans 3 semaines.

Je ne te comprends pas.

Cet homme t'adore, il te g�te comme une reine.

- Je ne demande rien. - Ne fais pas la sotte.

Il a pay� toutes nos dettes.

Il a rembours� l'hypoth�que de la maison.

Il met tout � ton nom.

Voil� comment tu le remercies. - Je vais dans ma chambre.

Attends.

Il y a autre chose.

Qu'est-ce que c'est que �a ? - Un officier que j'ai soign�.

O� as-tu trouv� ces photos ?

- Dans ta chambre. En rangeant. - Tu as os� !

- Oui. Ces photos n'ont rien � faire chez une fianc�e.

- Je te d�fends... - Que dis-tu ?

Natacha part en courant.

Elle claque la porte.

- Je suis content de t'avoir retrouv�.

C'est moi qui t'ai retrouv� !

Parce que toi... - M'engueule pas. J'�tais occup�.

Oui. Et puis...

Bah...

Du vague � l'�me... - Oh, du vague � l'�me !

Alors, � ton �me !

- Trois mois que je n'avais pas bu. - Oui ? Ah !

Tu sais, c'est la 1re fois que je marche sans canne !

- La 1re fois ? - Oui.

Alors, � ta sant� !

Je me trouvais si bien � l'h�pital.

J'y serais rest�. Mais va te faire fiche.

La commission est arriv�e: 5 mois de convalescence !

- Tu vas te balader. - Penses-tu.

Je me suis d�brouill�.

Je suis au contre-espionnage.

Un dr�le de truc. - Contre-espionnage ?

Eh ben, buvons au contre-espionnage !

Tu bois � trop de choses, non ?

Du vin !

J'ai fait un malheur, une main de 8 coups !

J'ai �puis� le sabot.

- On joue ici ? - Ca m'en a tout l'air.

Allons voir �a.

- Vous entendez ? Une main de 8 coups !

A la v�tre !

L�ger brouhaha.

- 600 roubles � la banque. - Banco !

6.

7.

7. 1 200 roubles � la banque.

- 500. - 600.

1 100. Il reste 100 roubles.

- 100 roubles ! - Complet. Les cartes.

- 9. - Bon pour la table.

Bravo, Ignatoff !

- 1 500 roubles � la banque. - Banco !

- Servi. - 7.

3000 � la banque.

- 1000. - 800.

- 700. - 300.

- Encore 200. - 200 !

C'est fait. 3000 � la banque.

9.

4.

4, 9. Bon pour la table.

- Tu vas devenir millionnaire ! - C'est mon jour.

Madame.

Pardon. Vous oubliez vos fleurs. - Elles ne sont pas � moi.

Dommage, car elles me plaisent. - Ce sont des choses qui arrivent.

Vous n'�tes pas � moi et vous me plaisez !

Monsieur...

Vous viendriez au restaurant ?

6 800 roubles au banco.

Je le donne.

Banco.

Carte.

7.

4.

Suivi !

M. Le capitaine ne le donne pas ?

Ah, manque d'audace !

9.

3. Bon pour la table.

Laissez le tout.

Un banco de 13 600 roubles.

La revanche, M. Le capitaine ?

Non.

Banco !

Toi ?

Il rit.

8 !

9 !

Il rit.

- Ah ! Tu auras toujours de la veine.

Non, non, je tiens le coup.

Un banco de 27 200 roubles.

Capitaine ?

Merci.

Je rentre. Affaire urgente.

- Tu as de l'argent ? Il me reste 300 roubles.

Veux-tu la moiti� ? - Non, merci.

- Encore 6000. - 2000.

- 4. - C'est fait.

Une fine !

- Il y a 54 400 roubles au banco ! Vous le donnez,

...monsieur ?

J'ai une gueule � passer la main ?

54 400 roubles. Qui dit banco ?

M. Le capitaine ?

Ca ne vous dit rien, �a ?

Merci.

- D'habitude, vous �tes entreprenant.

Trop entreprenant.

Ici, c'est plus difficile, hein ?

Banco !

9.

3. La banque a gagn�.

Capitaine ?

- Je vais vous signer... - Oh, signer...

Vous plaisantez ?

Un officier.

- Merci, monsieur. - Voil�.

Vous avez perdu sur parole.

J'ai confiance.

Vous avez 72 heures.

Bonne nuit.

Capitaine Ignatoff ?

Quoi ?

Vous, madame ?

Moi.

Excusez-moi.

- Vous n'avez pas honte ? Un officier d'�tat-major !

Perdre une telle somme contre un fournisseur de l'arm�e.

Et sur parole, encore. - Oui.

Oui, je sais.

Cognac !

On vous regarde.

Allons ailleurs.

Allons.

Des hommes marchent au pas dans la rue.

Fanfare militaire.

Musique tzigane entra�nante

Musique douce et triste.

- C'est de la folie. Qu'est-ce qui vous a pris ?

Il ricane.

72 heures pour payer !

Oui. 72 heures.

Et apr�s...

Vous �tes un enfant.

Un enfant stupide.

Oui, je sais.

Vous �tes bonne avec moi.

Et douce.

Mais nous nous connaissons � peine !

- Moi, je me souviens de votre nom. - Moi aussi, Mme Sabline.

- Tout de m�me ! - On a de la m�moire...

...au moment de mourir.

Tenez.

Encore 71 heures 18 minutes.

- Et vous ne savez pas o� trouver l'argent ?

Ah, ah ! 50 000 roubles !

A moins d'h�riter demain d'un parent inconnu !

Cessez de boire et �coutez-moi.

Il n'y a que les imb�ciles qui meurent pour 50 000 roubles.

Vous n'�tes pas un imb�cile.

Ah si, je suis un imb�cile !

J'ai �t� sur 4 fronts. Je me suis battu 2 ans,

...j'ai �t� bless� je ne sais combien de fois,

...j'en ai r�chapp�, et l�, en 2 minutes, cette brute...

...m'a tu� !

- Allez, allez, vous n'�tes pas encore mort.

Tenez, je connais quelqu'un,

...un type ignoble, �videmment.

Il vous fera payer plusieurs fois la somme en int�r�ts,

...mais vous gagnerez du temps. - Je vous remercie.

A quoi bon gagner du temps ?

Je ne pourrai jamais rembourser, je n'ai que ma solde.

Et puis vous savez, la vie...

Musique entra�nante

Grelots.

Natalia Alexandrovna.

Soyez la bienvenue.

- Merci, Piotr Petrovitch. - Natacha...

Voyez tous ces champs.

Toutes ces terres, toutes ces for�ts,

...tout cela est � vous.

On appellera cela "le domaine de Natacha".

C'est une id�e de Brioukhoff !

Salut, Fedor Ivanovitch !

Salut, Piotr Petrovitch !

- Fedor Ivanovitch, mon meilleur ami !

Natalia Alexandrovna, ma fianc�e.

La plus belle de toute la Russie !

- Je ne regrette plus de t'avoir vendu ma propri�t�,

...Piotr Petrovitch ! Tu auras toujours de la chance.

En affaires, en amour et m�me au jeu !

Tu as rafl� hier toute une table au cercle !

Moi-m�me, j'ai perdu 13 000 roubles.

- Vous ne m'aviez pas dit. - Ce n'est rien du tout.

Rien ? Plus de 100 000 roubles,

...gagn�es moiti� � la table, moiti� � un officier,

...qui ne t'a pas pay� ! Mauvaise affaire !

L�, tu n'as pas eu de chance. - Un officier ?

- Oui, de l'�tat-major, Ignatoff, je crois.

Excusez-moi, je suis press�. Voici l'acte de vente.

Je vous f�licite, Natalia Alexandrovna.

Maintenant, vous �tes chez vous.

Au revoir. - Au revoir.

Salut !

Ch�urs russes.

Piotr Petrovitch...

Il faut que vous envoyiez � cet officier une lettre...

...reconnaissant que vous avez �t� pay�.

- Que j'envoie une lettre � cet officier ?

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Vous pousseriez au d�sespoir cet homme qui revient du front ?

Il s'est battu pendant que vous gagniez de l'argent,

...et vous le d�shonorez ? C'est un crime !

- Ma petite reine, ne vous f�chez pas contre Brioukhoff.

Je ne pensais pas � tout �a.

Vous me dites que c'est un crime,

...c'est que c'est la v�rit�.

J'enverrai un re�u � cet officier.

Et l'affaire sera termin�e.

Ah...

Je savais que vous �tiez incapable d'une mauvaise action.

Ce petit officier...

Il ne me revient pas.

36 heures.

Encore 36 heures.

- La plus jolie fianc�e de Moscou ! Natachenka, ma ch�rie !

Il faudra faire un pli, voyez-vous,

...reprendre l�. - Oui, madame.

Dans 4 jours, l'�glise !

- Ca sera encore long ? Je suis fatigu�e.

- Plus longue, la tra�ne. Comme ceci.

- Mademoiselle, un officier vous demande.

- Natacha ! - Natacha !

Natacha !

Capitaine !

- Natacha. J'ai voulu vous voir encore une fois.

J'ai essay� de vous �crire, mais ce n'est pas facile.

- Natachenka ! - Tout de suite.

- Deux minutes. - Ta m�re s'impatiente.

- Venez ce soir au bal du palais. - Au bal, moi ?

Mais qu'y ferais-je ? - Venez.

- Pourquoi ? - Venez-y !

Natacha, remonte imm�diatement.

Je viens.

A ce soir.

Musique solennelle.

Capitaine Ignatoff ?

Excellence ?

- On m'a racont� l'histoire du cercle.

Je ne vous ferai pas de morale.

Je vous donne 24 heures pour vous acquitter.

A vos ordres, Excellence.

Si vous ne pouvez pas payer,

...j'esp�re que vous vous conduirez en officier...

...qui respecte son uniforme.

C'est bien ainsi que je l'entends.

Valse.

- Sur les 3 personnages avec qui vous dansiez,

...deux, gr�ce � moi, sont des hommes � nous.

Elle rit.

- Le sous-gouverneur de Moscou ? - Non, tout de m�me.

Mais, les deux autres...

Bravo.

Et que font vos gens ?

- L'un est haut fonctionnaire aux chemins de fer.

Et l'autre ?

C'est...

...le directeur de la prison centrale.

- Ah ah. Vous pensez que �a peut avoir un int�r�t ?

On ne sait jamais.

Vous avez raison.

On ne sait jamais !

Mesdames, messieurs !

Une s�r�nade napolitaine au profit de la Croix-Rouge:

...500 roubles !

5000 !

- M. Brioukhoff, je crois ? - Lui-m�me.

Natacha, vous avez pour fianc�...

...un homme connu.

Une nuit d'amour,

...du soir jusqu'au jour,

...s'offre � nous, chacun doit se saisir, plaisir.

Oubliant demain, on �treint des mains,

...on �change ardemment...

...des serments.

C'est un bal o� tout est clart�,

...r�ves enchant�s,

...le vin mousseux des goulots coule � flots.

On en arrive...

...au dessert...

Une nuit d'amour,

...du soir jusqu'au jour,

...s'offre � nous, chacun doit se saisir, d�sir.

Unissons nos mains, oublions demain...

Notre c�ur se promet...

...� jamais...

M�me th�me musical en valse.

- Je suis venu comme vous me l'avez demand�.

- Je serai mari�e dans quelques jours.

Je sais.

Il faut que je vous dise.

Je vous dois la v�rit�.

D�s le premier jour o� je vous ai vu,

...avant vous,

...vous �tiez encore dans le d�lire,

...j'ai senti que...

Mais il �tait d�j� trop tard.

Trop tard, je sais.

Vous me comprenez ?

Oui.

Mais vous allez vous marier.

Vous m'oublierez.

Tandis que moi...

D�s que je vous ai vue, plus rien d'autre n'a exist�.

Vous �tes devenue tout ce que j'avais dans la vie.

Mais comme vous dites,

...il est trop tard.

Alors, je suis venu ce matin, chez vous,

...pour vous voir une derni�re fois.

La derni�re fois.

- Pourquoi dites-vous "la derni�re fois" ?

Parce que je n'ai pas de chance.

L�ger brouhaha.

Venez.

Venez imm�diatement. - Non.

Je vous ordonne de me suivre.

- Monsieur... - Assez !

Je ne vous...

...permets pas... - Assez !

Je ne suis qu'un marchand, mais moi, je suis honn�te !

Et je paye mes dettes ! - Qu'y a-t-il ?

M. Brioukhoff ?

Qu'y a-t-il, Natacha ?

Il n'y a rien.

J'ai l'habitude de r�gler mes comptes.

Et je vais m'occuper du v�tre.

- Mon oncle, je te pr�sente le capitaine Ignatoff.

Enchant�, capitaine.

A demain, capitaine.

Oui ?

A demain.

Que s'est-il pass�, mon petit ?

L�ger brouhaha.

- Excusez-moi de vous enlever � vos amis.

- Je suis ravie de vous voir. - Vous pouvez me rendre...

...un immense service. - Je ne demande pas mieux.

Vous m'aviez parl� d'un usurier.

Hum, je me souviens.

- J'ai besoin d'argent. A n'importe quelles conditions,

...et tr�s vite. - Venez demain matin chez moi.

Il y sera. - Avant le bureau, c'est possible ?

- Oui, si c'est urgent. - Vous �tes admirable.

Comment vous remercier ? - Ne cherchez pas.

Dormez tranquille. - Merci.

Il est � nous.

- Je vous demande pardon, mon colonel.

Ce n'est rien. J'arrive du bal.

Malev est l� ? - Oui, mon colonel.

All�, capitaine Malev ?

Au bureau du colonel.

Rien de nouveau ?

- Les op�rations continuent. Il y a eu...

...des perquisitions. Nous avan�ons. - Tant mieux.

- Nous les tenons, mon colonel ! Nous avons leur bo�te aux lettres.

- Qu'�tait-ce ? - C'�tait un mendiant, sourd-muet.

On lui jette une pi�ce marqu�e.

Un tr�s joli chiffre !

Le colonel rit. - C'est pas b�te.

Vous avez le mendiant ? - Pas encore.

On a perquisitionn� en son absence. Nous l'aurons demain.

Qu'on ne le rate pas !

- Vous n'aurez pas dormi du tout, mon capitaine !

- Je dormirai la nuit prochaine. Quelle heure ?

8 h et quart.

Oh, je m'en vais.

Un carillon sonne.

Je rentre dans la soir�e.

Au revoir. - Au revoir, mon capitaine.

H�tel National !

Pavlov ?

Le facteur !

Bonjour !

- Mon vieux, tu n'as pas de veine. Le capitaine est encore parti.

Ca fait 3 fois que je le manque.

Je ne peux pas garder un recommand� plus de 3 jours.

Il ira la chercher au bureau. - Il ne sera pas content.

Si c'est press�... Donne-la-moi. - C'est pas r�gulier.

- J'ai d�j� sign� pour lui, pour des paquets.

Alors... tiens.

Mais tu me promets qu'il n'y aura pas d'histoires.

Ne t'en fais donc pas.

L� !

- Au revoir. - Au revoir.

Entrez.

- Je m'excuse de vous d�ranger si t�t, madame.

Je vous attendais.

- Je vous donne du mal. - Mais non.

- Ce monsieur dont vous m'avez parl� n'est pas encore l� ?

Il ne viendra pas.

Il ne viendra pas ?

- Ne vous d�solez pas. Nous n'avons pas...

...besoin de lui. - Comment, pas besoin ?

Ecoutez, madame, vous �tes tr�s bonne avec moi,

...mais vous ne voyez pas la gravit� de ma situation.

- Je m'en rends tr�s bien compte. Asseyez-vous.

Voici l'argent.

Vous voyez ? Nous n'avons besoin de personne.

Nous nous arrangerons sans interm�diaire.

Et surtout sans t�moin.

Quoi ? C'est un cadeau ?

Me prendriez-vous pour...

Ne soyez pas stupide, capitaine.

Je me trouve assez s�duisante pour ne pas offrir d'argent,

...m�me � un homme dont je serais folle.

Il s'agit d'autre chose.

De tout autre chose.

Prenez une cigarette.

Ecoutez-moi.

Ceci n'est pas un cadeau.

Je vous rends un service, vous m'en rendez un autre.

...et nous serons quittes. - Un service ?

- Pas grand-chose. Voulez-vous un bonbon ?

Merci.

- Il me faut les copies des bordereaux...

...concernant le mouvement du mat�riel.

J'ai dit "les copies",

...pas les originaux.

R�fl�chissez.

Vous serez sauv�.

Vous ne me devrez rien.

Et personne ne le saura,

...que vous et moi.

All� ? All� ? !

Pas d'enfantillage !

Donnez-moi le bureau...

- Vous �tes Anna Steinbach, dite Anna Sabline ?

Je suis Anna Sabline.

Je vous arr�te.

Toi ? - Oui.

- Que fais-tu ici ? - J'allais avertir...

Je suis d�sol�.

J'ai ordre d'arr�ter tous ceux que je trouve ici.

Capitaine Ignatoff, je vous arr�te.

- Capitaine, remettez-moi votre �p�e.

- Je d�clare ouverte l'audience de la cour martiale...

...du gouvernement militaire.

Affaire Ignatoff !

Vos nom et pr�nom ? - Georges Alexandrovitch Ignatoff.

- Age ? - 32 ans.

Qualit� ?

- Capitaine au 2e r�giment d'artillerie.

5 fois bless�, d�tach� � l'�tat-major de Moscou.

Croix de St Georges, de St Valdemar et de Ste Anne.

Merci. Capitaine Ignatoff,

...vous �tes accus� de trahison.

Plaidez-vous coupable ?

Non !

Hum... Vous pouvez vous asseoir.

La parole est � M. Le commissaire du gouvernement.

- L'accusation est bas�e sur 3 points capitaux.

Il a �t� prouv� que l'espionne Anna Steinbach,

...dite Anna Sabline,

...avait achet� les services du lieutenant Petrovsky,

...assassin� alors qu'il allait �tre arr�t�.

Il est prouv�...

...que l'inculp� entretenait avec Anna Sabline...

...des relations suivies.

Enfin, pendant l'entretien,

...au cours duquel Anna Steinbach et l'inculp� ont �t� arr�t�s,

...une somme de 60 000 roubles...

...en billets de banque,

...se trouvait sur la table.

Il appara�t qu'apr�s la mort du lieutenant Petrovsky,

...son successeur, le capitaine Ignatoff,

...renseignait l'espionne...

- Faux ! - Taisez-vous.

Je d�fends...

...ma t�te ! - Attendez.

- Il ne peut nier leurs relations. - Je l'ai vue � l'�tat-major.

Elle est venue d�poser. - C'est tout ?

- Je l'ai rencontr�e 2 ou 3 fois. Elle a propos�...

...de me faire pr�ter par un usurier le montant de ma dette.

- Vous la connaissiez � peine ? - Oui.

- Cette sollicitude ne vous a pas parue anormale ?

Si. Un peu.

- Vous avez admis le principe du pr�t.

- Anna Sabline devait me pr�senter un usurier.

A 8 h du matin ?

- Le Gal Molochoff m'avait donn� 24 heures.

- Bon, vous �tes arriv� � l'h�tel National.

Que s'est-il pass� ?

- Anna Sabline m'a dit que l'homme ne viendrait pas.

Elle m'a offert la somme et a mis les billets sur la table.

Elle m'a r�v�l� ce qu'elle attendait en �change.

- Des renseignements sur les mouvements de troupes.

- Du mat�riel militaire. - Qu'avez-vous fait ?

- J'allais appeler le contre-espionnage...

- Oui, vous t�l�phoniez quand on vous a arr�t�.

Rien ne prouve que �a soit au contre-espionnage.

Ca serait une co�ncidence...

Je dis la v�rit� !

- Prouvez-le. - Je n'ai que ma parole !

- Insuffisant. - Vous m'insultez !

- Je demande mieux que des affirmations gratuites.

Je vous d�fends...

Capitaine Ignatoff !

Je vous rappelle au respect des magistrats militaires !

- M. Le pr�sident, veuillez excuser l'inculp�.

Il n'a pas cess� de clamer son innocence.

Il n'y a aucune preuve.

Pardon ! Les 60 000 roubles !

- La somme n'a pas �t� touch�e par le capitaine.

Il allait d�noncer l'espionne � l'arriv�e des officiers.

C'est une co�ncidence, oui.

Mais les co�ncidences existent.

Il ne suffit pas de les nier pour faire condamner un homme.

Anna Steinbach n'a jamais reconnu...

...que l'inculp� lui ait vendu ses services.

Je demande une confrontation.

- La cour fait droit � votre demande.

Qu'on fasse entrer Anna Steinbach.

A vos ordres, Excellence.

Jamais aucune relation...

...d'un caract�re intime,

...vous me comprenez,

...n'a exist� entre vous...

...et l'espionne Anna Steinbach ?

Jamais.

- Vous affirmez ne jamais lui avoir fourni de renseignements ?

Je suis un soldat.

Un secret militaire m'est plus sacr� que ma vie.

- Eh bien, la femme Steinbach ? - Evad�e.

Quoi ?

- Quand la voiture du Conseil est venue la chercher � la prison,

...elle n'y �tait plus.

Des complices � elle s'�taient fait passer...

...pour des militaires. - Vous me ferez un rapport.

A vos ordres, Excellence.

Veuillez continuer.

- Vous affirmez aussi n'avoir re�u aucune somme d'argent...

...de la femme Steinbach. - Oui.

- Bien. Avez-vous une fortune personnelle ?

Non, je n'ai que ma solde.

- Aucun autre revenu ? - Aucun.

- Comment avez-vous donc pu payer votre dette de jeu ?

Quoi ? Mais je ne l'ai pas pay�e.

- Vous n'avez pas pay� les 54 000 roubles � Brioukhoff ?

- Non ! - M. Le pr�sident ?

Pouvons-nous faire �tat de la pi�ce trouv�e...

...au domicile de l'inculp� ? - Voyons.

Capitaine Ignatoff, le jour de votre arrestation, un recommand�...

...a �t� laiss� chez vous sur signature de votre ordonnance.

Cette lettre contenait un re�u sign� du marchand Brioukhoff,

...pour la somme de 54 000 roubles.

Commandant ?

Qu'avez-vous � r�pondre ?

Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas. - Vous ne comprenez pas ?

- Non, je ne comprends pas ! C'est un faux !

Je n'ai jamais eu cet argent ! - C'es inexplicable.

Je demande que Brioukhoff...

...soit entendu. - Convoquez-le pour demain 9h.

A vos ordres, Excellence.

L'audience est lev�e !

- Quelle est la plus belle femme du monde ?

R�pondez � la ronde.

- Mais c'est Natacha ! - NATACHA !

- Quelle est la femme au plus doux front,

...au regard le plus profond ?

Mais, c'est...

...Natacha ! - NATACHA !

- Son rire est clair, sa joue est comme un fruit dor�.

Tout le monde en la voyant ne peut que l'adorer.

Quelle est la plus belle femme du monde ? R�pondez � la ronde,

Mais c'est Natacha ! - NATACHA !

- Natacha ! Acclamations.

O� est-elle ? - Elle est venue � la maison.

Elle a dit que c'�tait tr�s grave, je l'ai amen�e.

- Elle est l� ? - Oui.

Va la chercher.

Allez, ouste !

Foutez-moi le camp !

Brouhaha. Allez, allez !

Ouste !

Je suis so�l.

Je bois.

Je bois tout le temps, � cause de vous.

Je suis... une pauvre b�te foutue.

Plus maintenant,

...puisque vous �tes l�.

Asseyez-vous.

L�. Vous allez boire du champagne.

Il est bon, il est frais. - Non, merci.

Si, il faut boire...

Vous �tes venue... me voir...

- Vous �tes convoqu� demain au proc�s du capitaine Ignatoff.

C'est votre d�position qui d�cidera de sa vie.

Il faut que je sache ce que vous direz.

Je veux le savoir.

C'est pour lui que tu es venue ?

Vieil imb�cile !

Je croyais que...

C'est pour lui.

Pour ton officier, ton...

Ton capitaine Ignatoff !

Tu peux lui dire adieu.

Fini.

Au poteau !

Feu !

On tire !

Plus de capitaine.

Il est mort.

Il est mort !

Tu as compris ? !

Natacha pleure.

Je vous en supplie.

Je vous en supplie.

Ayez piti�.

Ecoutez-moi.

Sauvez-le, je ferai ce que vous voudrez !

Ordonnez, je serai votre femme si vous voulez.

Ma femme ?

Tu seras ma femme ?

Qui aimes-tu ?

Qui aimes-tu ?

Lui.

Il est mort !

Fous le camp !

Tu pourras le pleurer toute cette nuit !

Il est mort !

Revenez !

Revenez !

Musique !

Musique !

Elle pleure.

Musique entra�nante

Il est mort.

Il est mort !

Le tempo s'acc�l�re.

Il est mort !

T�moin Brioukhoff !

Pr�tez serment.

Je jure devant Dieu Tout-puissant.

Je jure devant Dieu Tout-puissant.

Et sur la Sainte Croix.

Et sur la Sainte Croix.

De dire toute la v�rit�.

De dire toute la v�rit�.

- Rien que la v�rit� sur l'affaire Ignatoff.

- Rien que la v�rit� sur l'affaire Ignatoff.

- Ne me laissant influencer ni par la parent�...

- Ne me laissant influencer ni par la parent�...

- Ni par l'amiti�. - Ni par l'amiti�.

- En foi de quoi, j'embrasse le Saint Crucifix.

- En foi de quoi, j'embrasse le Saint Crucifix.

- N'oubliez pas que vous d�posez devant la cour martiale.

Vos paroles peuvent avoir...

...des cons�quences graves. - J'ai embrass�...

...la Sainte Croix.

- Le 14 juin, vous vous trouviez au cercle des marchands.

Vous avez gagn� 54 000 roubles au capitaine Ignatoff.

C'est exact ? - 54 000 roubles, exactement.

Ce re�u est bien de votre main ?

Oui, M. Le pr�sident.

- Vous avez r�dig�, sign� et envoy� ce re�u au capitaine Ignatoff ?

Oui.

La preuve est faite.

Il reste une question � poser.

La r�ponse d�cidera de la vie de l'inculp�.

Le t�moin a-t-il effectivement re�u...

...les 54 000 roubles ?

Re�u ?

Oui, Brioukhoff !

Vous avez sign� un re�u.

Mais avez-vous �t� pay� ?

Messieurs les juges,

...cet homme m'a tout pris !

Tout ce que j'avais de plus cher au monde !

Plus que l'argent ou la vie !

Je le hais !

Je te maudis !

Tu entends ? - Je sais !

Et je n'esp�re pas !

Silence.

Brioukhoff, avez-vous re�u l'argent ?

Ch�urs f�minins.

Roulement de tambour.

Les ch�urs enflent.

Le volume baisse progressivement.

Alors, avez-vous re�u l'argent ? !

J'ai jur�...

J'ai jur� sur la Sainte Croix.

Je n'ai pas re�u l'argent.

- Alors, pourquoi avoir envoy� le re�u ?

On me l'avait demand�.

Pour que je ne commette pas une mauvaise action.

- Il y a des moments o� j'ai cru que tout �tait perdu.

C'�tait fini.

Fini.

Tu te rappelles, � l'h�pital ?

Apr�s ton d�lire ?

Ton r�veil ?

Oui, je me rappelle.

Ferme les yeux.

Tout ce qui est arriv� ne compte plus.

C'�tait un cauchemar.

Maintenant, ouvre les yeux.

La vie commence !

Nous sommes tous les deux.

Sous-titrage MFP.

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