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LA REBELLE Histoire d'Enza
- S'il vous plaît... - Quoi ?
Que dois-je faire ?
On n'a rien fait.
Je vous envoie en pension chez les bonnes sœurs.
Vous y serez bien.
Le week-end, vous pourrez retourner chez vous.
Peut-être qu'un jour, vous me remercierez.
Fais doucement.
Toi, dors.
Ici, il y a l'armoire.
Le lever est à 6h30.
Maintenant, dis une prière.
Ça fait énormément de bien.
Bonne nuit.
- C'est quoi, ton nom ? - Enza.
Tu viens d'où ? De la campagne ?
De Mazzarô.
T'as l'accent paysan.
Qu'est-ce que t'as fait ?
Rien.
Et toi ?
Des vols.
C'est comment, ici ?
Bien.
Mais on n'est bonnes qu'à nettoyer.
Il faut aller à la messe,
en cours, à la couture. Mais le temps passe vite.
Le dimanche, on nous laisse aller chez nous.
Et quand est-ce qu'on rentre pour de bon ?
Vincenza Verdona, debout.
- Pourquoi t'être assise là ? - C'était libre.
A 15 ans, tu n'es pas encore en troisième ?
J'ai arrêté en quatrième.
Pourquoi ?
Pour aider ma mère.
Tu es contente de revenir à l'école ?
Pourquoi ?
C'est mes oignons.
Vous avez appelé ?
J'ai demandé à la nouvelle si elle était contente
de revenir à l'école et elle a dit ça...
C'est mes oignons
Verdona, suis-moi.
Tu as terminé ?
Oui.
Tu peux retourner en classe.
Quelle heure il est ?
Hé, toi !
Silence ! On ne parle pas en travaillant.
C'est la récréation.
Mais en silence.
Ici, on a pas le droit d'avoir une montre.
Pourquoi ça ?
Pour nous faire trimer comme des bêtes.
Elles prétendent qu'on les joue aux cartes.
Les sœurs nous les redonnent quand on sort.
Ma soeur et moi, on en avait pas. Nous, on les volait.
Ta sœur a honte de dire que c'est une voleuse.
On volait quand on avait pas d'argent.
Pas tout le temps.
Elles sont un peu voleuses et un peu honnêtes.
Et toi ?
Ça se voit pas ?
Non.
J'étais pute à Villa Abate dans une maison close.
Un connard que j'ai envoyé chier
a dû dire aux keufs que j'étais mineure.
Du coup, ils ont rappliqué.
Quoi ? Elle est pire qu'une bonne soeur.
- Et c'était bien ? - Quoi ?
- De faire la pute. - C'était super.
- On gagne beaucoup ? - Combien ?
Au début 40000, puis 50000.
- La vache ! - Tu faisais quoi?
A ton avis ? Je baisais.
Ça te dégoûtait pas de le faire souvent ?
Vous l'avez jamais fait ou quoi?
Vous êtes des paysannes, ça se voit.
- Pourquoi? - Trop innocentes.
Regarde ton peuple
Ô belle Madone
C'est dans une jubilation immense
Qu'aujourdhui, il t'honore
Et moi, c'est avec une joie immense
Que je me prosterne à tes pieds
Ô Sainte Vierge
Prie pour moi...
Tu m'as fait peur, j'ai cru que c'était une soeur.
Donne une taffe.
C'est elle qui a jamais baisé ?
Seulement avec les mains.
Appelons-la la Sainte Vierge.
La bonne soeur va revenir.
Qu'elle me broute !
Tu connais l'acteur Franklin ?
Le comique.
Après le tournage, il voulait une fille à l'hôtel.
Il baisait comme un lapin. Devant, derrière, au-dessus...
infatigable.
Il te l'a enfilée dans l'oeil aussi ?
C'est une espionne des bonnes sœurs ?
Revancharde, la vierge.
T'es une grosse dégueulasse, c'est tout.
Petite pucelle...
Mais qu'est-ce que vous faites ?
Que faites-vous ?
Que s'est-il passé ?
On est venues parce qu'on a entendu crier.
On voulait les séparer. Vous l'avez bien vu.
Vous êtes assignées une semaine au pavillon des mères malades
toutes les deux.
Le dur labeur vous enseignera ce qu'est l'amitié
et qu'il faut s'expliquer en parlant et ne pas en venir aux mains.
Ai-je été claire ?
Soeur Maya me demande de te dire d'aller nettoyer mère Pia.
T'as qu'à y aller.
Elle m'a dit de te le dire.
J'éteins.
Bonne nuit.
On doit passer la semaine à s'ignorer ?
Tu m'en veux de t'avoir frappée ? Tu t'es pas gênée non plus.
Pour l'acteur, je disais ça comme ça.
Là-bas, on devient toutes connes.
Dehors, je baisais pas par plaisir, mais pour gagner du fric.
Au début, je voulais pas. Ma mère m'y a poussée.
Tu m'écoutes, Enza ?
T'as entendu ?
Que faites-vous là ?
Et notre télégramme ?
Quel télégramme ?
Tu te lèves pas ?
Vous avez faim ?
- Une faim de loup. - Tant mieux.
J'allais donner les restes aux chats.
- Vous êtes belles. - Toi, t'as vieilli.
On me prend pour votre frère.
C'est tes copines qui disent ça.
Dis-le,
on le prend pour un tombeur.
Quand on le voit dans la rue,
on dit : "Voilà le tombeur."
Maintenant, mangez.
Alors, comment ça se passe au pensionnat?
On prie, on nettoie, on a des cours de couture.
Vous serez de belles boniches.
- Regardez. - Il est revenu ?
Il prête serment dans 10 jours.
Vous y allez ?
Oui, papa et moi.
Et Salvo ?
- Il bosse, il revient à 19h. - Il fait quoi ?
Comme d'hab.
Il est fiancé ?
Tu veux l'épouser?
Non, je me marierai jamais.
Ça nous fera économiser l'argent du mariage.
Où tu vas ?
Voir cette sale pute ?
Rien n'a changé. Ça lui avait pas suffi d'engrosser
l'autre espèce de sale pute de merde.
Maintenant, il baise avec une jeune instit.
Et reste avec elle, ce soir, pour faire tes saloperies l
Vous restez longtemps ?
Jusqu'à demain.
Qui a dormi ici?
Peut-être Salvo.
Vous voulez une cassette ?
C'est cadeau.
Non, merci.
Vous allez où ?
On peut pas parler?
- Je reste ici. - Quoi ?
Dis aux sœurs que je prends le dernier car.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je reste un peu et après, j'arrive.
T'es conne ou quoi?
C'est pour ce mec ?
Il est beau.
Qui ça ?
Je sais pas.
Ce mec ?
Je parlais pas de lui.
- De qui alors ? - Je sais pas.
Le pensionnat t'a complètement tapé sur le système.
Je le dirai aux soeurs.
Laisse-moi tranquille !
Tu ne pars pas ?
C'est quoi, ton nom ?
Je vais deviner.
Maria ?
Anna ?
Monica ?
Alors comment tu t'appelles ?
Non, attends.
Quoi ?
Ferme le volet.
Pourquoi ?
Ça sera mieux.
Déshabille-moi.
Allez.
Allez.
Tu me fais mal !
Tu l'avais jamais fait ?
Bien sûr que si.
Embrasse-moi.
Pourquoi rentres-tu si tard ?
- Je me suis sentie mal. - Où ?
Chez nous, à Mazzarô.
Qu'est-ce que tu avais ?
J'avais envie de vomir.
Maintenant, ça va mieux ?
Un peu.
Tu aurais pu appeler.
On a pas le téléphone. Sœur Valida le sait.
Ton frère aurait pu appeler d'un bar ou ta sœur aurait pu t'attendre.
Ça ne doit plus se reproduire. Va dans ta chambre.
T'es qu'une salope, comme toutes celles qui sont ici,
à se doigter du matin au soir.
Le premier venu, c'est l'homme de ta vie.
Tu te doigtes pas ?
Salope !
J'ai vu tout de suite dans ses yeux que c'était un mec bien.
Elle est raide dingue de lui.
Il t'a dépucelée.
C'est faux, et j'en ai rien à foutre de baiser.
Tu fais vraiment pitié.
- Occupe-toi de tes fesses. - Cette chienne,
c'est ma sœur. Tu piges ?
Ma soeur !
Elle veut fuguer.
Tant mieux, comme ça, elle rempilera pour 6 mois.
Tu me diras combien de filles ton Sebastiano se sera tapées.
Tu me dégoûtes, Rosaria. Vraiment.
Qu'est-ce que tu fais ?
Pauvre petite Enza.
Viens là.
T'es amoureuse ?
Oui.
Comme une folle.
Il est beau, au moins ?
Pas mal.
C'était comment ?
- Quoi ? - De faire l'amour.
Ça m'a fait mal.
Je veux plus jamais le refaire.
Après, c'est bien, imbécile.
Je veux plus rester ici.
Fais pas l'idiote. Tiens bon jusqu'à samedi.
Je veux plus rester.
Il t'aime, au moins ?
Bien sûr.
Comment tu le sais ?
Il arrêtait pas de m'embrasser.
Comme son nom l'indique, l'adverbe se place à côté du verbe
pour l'expliquer.
Je mange.
Je peux manger de différentes manières :je mange bien, beaucoup,
abondamment, excessivement.
Verdona, redis-moi ce qu'est un adverbe.
Je sais pas.
Lève-toi quand je te parle.
Di Bono, qu'est-ce qu'un adverbe ?
C'est un mot qui explique le verbe.
Verdona, qu'est-ce qu'un adverbe ?
Au revoir, ma mère.
Eh bien...
qu'est-ce que tu as ?
Qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Il s'est passé quelque chose chez toi ?
Tu es amoureuse ?
Tu crois que j'ai cru que tu t'étais sentie mal?
Tu as rencontré un garçon ?
Ici, tout le monde t'apprécie.
Tant que tu ne suivras pas les cours normalement,
tu ne pourras plus sortir le samedi et le dimanche.
C'est clair?
Je fuguerai.
C'est inutile.
Il suffit que tu me le demandes et je t'ouvre la porte.
Retourne en cours.
Allez.
Qu'est-ce que tu veux ?
Tu veux de la bite ? Ça, je peux t'en donner.
Je vis dans la rue, et maintenant, on sera deux ?
Je veux pas y retourner. Ou je reste, ou je dors à la gare.
Tu crois qu'on vivra d'amour et d'eau fraîche ?
Je travaillerai.
Tu feras le trottoir.
Ça, tu peux le faire.
Répète-Ie et je féclate la gueule !
Tu veux baiserjour et nuit?
Quand j'en pourrai plus, tu feras la pute, ça rapportera.
Qu'est-ce que tu as fait ?
J'ai baisé.
C'est ce que vous vouliez savoir?
On a baisé comme des malades.
C'est toujours moi qui réclamais.
Il a dit : "Quand j'en pourrai plus, t'iras faire la pute."
On a fait que s'envoyer en l'air.
Je l'ai empêché de sortir
parce que je voulais tomber enceinte.
Si je suis enceinte, je serai obligée de partir.
Tu es contente ?
Avais-tu besoin de fuguer ?
A quoi ça t'a servi?
Tu ne comprends pas qu'il voulait juste faire l'amour?
Sinon, il aurait au moins cherché à comprendre qui tu es.
Pourquoi veux-tu te faire du mal?
Qui a dit aux flics que j'étais à Messine ?
Qui c'est ?
Qu'est-ce que j'en ai à foutre de savoir où t'es ?
T'es qu'une sale pute ! Une connasse d'espionne !
Sebastiano a dit aux carabiniers que tout venait de toi,
qu'il t'avait dit de repartir, qu'il ne pouvait pas te garder.
On lui a demandé s'il voulait faire les choses bien.
On vous aurait fiancés.
Vous auriez pu vous voir ici, mais pas seuls, évidemment.
Il aurait été comme un fils.
On tenait à te dire qu'on a fait tout ce qu'on a pu.
Mais il ne voulait qu'une chose, et tu la lui as donnée.
Tu vois comment ça se termine ?
Il paraît que tu as du retard dans tes règles. C'est vrai ?
Attendons encore une semaine. Ça arrive, non ?
Laissons les choses se calmer et tu iras chez toi quelques jours.
Tu es contente ?
Mais tu comprends pas qu'il veut pas
vivre avec toi ?
C'est faux. Il arrêtait pas de m'embrasser.
Demain, j'irai pas. Je fais ça pour te rendre service.
Trouve-t'en un autre.
Tu crois que le premier venu, c'est l'homme de ta vie ?
Ta sœur dit qu'il est petit, moche et poilu.
Il est pas moche.
Même l Plus ils sont beaux, plus ils sont cons.
S'il t'avait aimée, il aurait pas fait ça.
Il t'a laissée tomber et tu veux aller le retrouver.
MOÎ, j'y vais pas !
Arrête.
Dès que tu sortiras, tu viendras me voir, qu'on s'amuse.
Qu'est-ce que tu faisais ?
Rien.
Voici Maria.
Vous ne vous embrassez pas ?
Enza a l'air méchante, mais au fond, elle est gentille.
N'y prête pas attention.
Toi, tu l'aideras. Souviens-toi de ton premier jour.
Ton lit.
A la messe ! Que Jésus-Christ soit loué.
Encore et toujours.
Tu n'es pas obligée de dire ça.
Tu peux ne pas le louer.
- Qu'est-ce que t'as fait ? - Rien.
Que fais-tu là, alors ?
C'est comment, ici ?
Il faut toujours aller à la messe et prier.
Tu nettoies du matin au soir.
Mais le week-end, tu peux rentrer chez toi.
Et si on fugue ?
Où est-ce que tu irais ?
Tu fuguerais à vie ?
Mais qu'est-ce que t'as fait ?
Rien.
Alors va au diable.
Je te le jure.
Ils ont dit que je dealais avec mon mec.
Je le connaissais depuis 2 jours, j'ignorais qu'il dealait.
Je veux pas rester ici.
T'auras l'autorisation de sortir, elles la donnent toujours.
C'est libre ?
Quelle merde !
On peut même pas fumer.
Tu fumes ?
Tant mieux.
Où tu vas ?
A Mazzarô.
On peut parler un peu ?
Tu veux de la musique ?
Moi non plus.
Moi, je vais à Villafranca, c'est le prochain arrêt.
T'es en colère ou quoi?
T'es fiancée ?
Villafranca !
Salut.
T'es là ?
Tu fais quoi ?
Je regarde le foot.
Et maman ?
Papa, il fait quoi ?
Comme d'hab.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je suis venue te rendre ça.
Entre.
- C'est qui ? - Un copain.
C'est qui ?
Ma grand-mère.
Tu joues les connes, mais t'en es pas une
Franchino Fasone 8, via Cande/ai
Je suis pas un con
T'as mangé ?
T'es venue pourquoi?
Je voulais te rendre ça.
T'as faim ?
Tu veux du pain et du Nutella ?
D'accord.
Assieds-toi.
Il y a qui, à côté ?
Ma grand-mère.
Tu t'occupes d'elle ?
Elle a sa pension.
Et tes parents ?
Ça va.
T'en prends pas ?
J'ai déjà mangé.
Alors j'en veux pas non plus.
Pourquoi ?
J'aime pas qu'on me regarde manger.
Alors, tu es allée où l'autre jour ?
Ça te regarde pas.
Pourquoi t'es venue si on peut pas parler ?
Je m'étais pas fixé de destination.
J'y vais.
Où ça ?
Dormir.
Chez ta mère ?
Où ça, alors ?
T'as une mob ?
Alors viens.
Franchino !
Tu dors là ?
Oui.
Comme c'est joli.
Si ça te plaît pas, salut.
On se revoit quand ?
J'ai le droit de sortir samedi à 14h30.
Si tu viens, tant mieux. Sinon, je prends le car.
- C'est quoi, ton nom ? - Tu le sauras samedi.
Tu joues toujours les pétasses...
Verdona.
C'est qui, elle ?
Une nouvelle.
Et Rosi ?
Elle est rentrée chez elle.
Quand ça ?
Hier. Elle te passe le bonjour.
Comme ça ?
Marcello est sorti de prison et sa mère lui a fait
un certificat de concubinage. Le tribunal l'a fait sortir.
- Et elle ? - C'est Alessia.
Elle tombe bien.
Ce soir, on fête les 18 ans de ta sœur.
Comment on fait ce certificat de concubinage ?
Ton fiancé doit déclarer que vous êtes concubins
et qu'il fépousera à tes 18 ans.
Ton père le signe et tout est en règle.
Elle vient d'où ?
De Caronia.
T'as fait quoi ?
Rien, des histoires avec mon père.
Tu viens me voir, samedi?
Si j'ai l'autorisation.
Alors, ton nom ?
Enza.
Tu fais quoi chez les bonnes soeurs ?
Rien.
C'est toujours comme ça ? Tu dis jamais rien ?
Je vais parler.
Quand ?
Au début, je suis timide.
T'es fiancée ?
Plus maintenant.
Tu l'étais ?
Et toi ?
C'est en cours.
Ah bon ? Avec qui?
Une fille.
Petit cachottier.
Tu te crois où ?
- Tu travailles ? - Je vends des cigarettes.
- Où ça ? - Le quartier de Vucciria.
- Et là ? - Je bosse à mi-temps.
Et les flics ?
Les flics s'intéressent de près aux cigarettes.
Et que pense ta fiancée de ton boulot?
Que veux-tu qu'elle pense ?
Ma grand-mère a une pension de 800000 par mois.
Pas mal.
Tu vois, ça te plaît.
Quel rapport avec moi ?
Ça doit plaire à ta fiancée.
Pas de souci, ça lui plaît.
Et tes parents ?
Ils sont séparés.
T'as quel âge ?
22 ans. Et toi ?
17.
Accompagne-moi au car.
Où tu vas ?
Chez moi, à Mazzarô.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Reste.
Non, je peux pas.
Allez !
Qui est là ?
C'est moi.
Je te présente Enza.
Que fait-elle ici ?
C'est ma fiancée.
C'est pas vrai.
Qu'est-ce qu'elle veut ?
Je lui ai dit qu'elle pouvait dormir ici.
Chez moi ?
Ne t'inquiète pas.
Et ton père ? Tu es allé voir ta mère ?
Oui.
- Comment elle va ? - Bien.
Pourquoi tu ne la fais pas venir ?
Je te donne les sous et tu la feras venir.
- Elle a dit qu'elle venait mardi. - Jure-le.
Je te le jure.
J'ai soif !
Tu dors pas en pyjama ?
On meurt de chaud.
Mets au moins un t-shirt.
Tu m'embrasses pas ?
Arrête.
Je peux pas fembrasser ?
Non, tu peux pas.
Respecte un peu mes choix.
Enza, tu dors ?
Tu sais quoi ?
Quoi ?
Il me fait mal.
Quoi donc ?
Mon zizi.
J'y peux rien.
Il va éclater.
Qu'est-ce que j'y peux ?
Tu sens ?
Je t'en fous une si tu te calmes pas !
Et après, je foutrai le camp.
Les cars pour Mazzarô sont partis depuis un moment.
Je rentre chez les sœurs.
Alors vas-y.
Qu'est-ce que tu fous ?
Qu'est-ce que tu fous ?
Arrête, Enza.
Lève-toi.
S'il te plaît...
Tu me dégoûtes.
Enza...
On dort, je fembêterai plus. Je déconnais.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Allons...
Je faiderai à partir de chez les sœurs.
Je suis là, t'inquiète pas.
Allez, faisons l'amour.
Si tu le dis encore une fois, je pars vraiment.
Je te le dirai plus.
Je te le jure.
Enza, on dort. Je te le dirai plus.
Allons...
Où est sœur Valida ?
Que s'est-il passé ?
Rien.
J'ai trouvé celui qu'il me faut. C'est un garçon bien.
On a dormi ensemble.
Je lui ai dit que s'il me touchait, je partais.
Et que s'il prononçait le mot, je partais aussi.
Alors il n'a rien dit.
Pourquoi tu me racontes des salades ?
Tu m'avais dit que tu allais voir ta mère malade.
Si j'avais dit où j'allais, j'aurais jamais eu l'autorisation.
Dites la vérité.
Je la dis toujours.
Un mensonge de plus.
Si ça arrive, je demande pardon au Seigneur.
Je voulais rentrer chez moi, je le jure.
Je voulais juste voir s'il m'attendait à la sortie.
Mais vous comprenez ?
Il m'a respectée la première nuit et la deuxième.
Je l'ai fait exprès pour voir s'il m'aimait vraiment.
Pourquoi tu ne fais pas comme ta sœur?
Elle est partie pour ses 18 ans.
Maintenant, elle a logement et travail.
Il ne te reste qu'un an.
S'il t'aime vraiment, il t'attendre.
Je le sens quand on m'aime vraiment.
Il a les cheveux bruns et un beau sourire.
Je l'ai malmené, mais lui, non.
Vous en serez amoureuse, vous aussi.
Je suis déjà amoureuse.
Et vous êtes loin de lui.
Oui, mais j'ai du mal à le supporter.
Alors allez le retrouver et restez avec lui.
C'est impossible.
Dites-moi, qui a inventé l'amour?
Dieu ou les hommes ?
Dieu.
Alors allez le rejoindre.
Tu veux faire l'amour?
Pourquoi tu me le dis pas ? Dis-le-moi.
Allez, petite idiote.
Ma petite Enza.
Je suis juste venue pour voir ta fiancée.
Tu t'es pas fiancé ?
T'as pas dit ça aux sœurs ?
Y avait les flics. J'aurais dû dire quoi?
T'es qu'un hypocrite.
Et toi, t'as pas changé.
Tiens.
- C'est quoi ? - Ouvre.
C'est quoi ?
Tourne la manivelle.
Raccompagne-moi chez moi.
Bon, alors j'y vais à pied.
J'ai plein de trucs à te dire.
Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
Je vais t'oublier. Je vais t'oublier pour toujours.
Enza est là ?
T'es sa sœur?
Oui. Où est-ce qu'elle est?
Elle est partie à Mazzarô.
A Mazzarô ?
Entre.
- Franchino ! - Oui ?
C'est Enza ?
Non, c'est sa sœur.
Amène-la ici.
Bonsoir.
Elle lui ressemble pas.
Enza!
Je t'ai fait une surprise.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Ma grand-mère...
Elle dort, mon cœur.
T'es pas content de me voir plus tôt ?
Bien sûr que si. Mais je meurs de sommeil.
A quoi tu penses, mon cœur?
T'as eu tes règles ?
Embrasse-moi.
- Franchino, j'ai soif! - Laisse, j'y vais.
On me dit pas bonjour?
Et ta sœur?
Qui ça ?
T'as plusieurs sœurs ? Rosaria.
Elle est venue ici ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Elle a dormi ici?
Pas ici, à côté.
Où est-ce qu'elle est partie ?
Chez elle.
Elle revient quand ?
Demain.
Laisse-moi.
Que vas-tu imaginer?
Ta sœur est venue parce qu'elle te cherchait.
Il était tard, je lui ai proposé de dormir ici.
Qu'est-ce que j'aurais dû dire ?
Vous avez couché ensemble ?
Vous l'avez fait, avoue.
Tu mens.
Je te le jure.
Je te le jure.
Ça se voit dans tes yeux. Si tu nies, c'est encore pire.
Je t'aime.
Je t'aime plus que tout.
Si favoues pas, je fétripe !
- Avoue ! - Je t'aime.
Pauvre conne !
Je vais t'étriper.
C'est moi, Enza.
Descends.
Enza! Pourquoi t'es pas montée ?
Qu'est-ce que t'as ?
T'as rien à me dire ?
Non, quoi?
Vraiment rien ?
Toujours pareil.
T'es qu'une merde.
Ça Va pas ?
Tu me donnes la gerbe.
Tu me dis ça alors qu'on s'est pas vues depuis un mois.
Si tu parles pas, je te pète la gueule.
Tu parles à qui, là ?
A une sale pute.
C'est toi qui dis ça ? Toi qui, dès qu'un gros porc se présente,
écartes les cuisses
et qui vas vivre dans cet appart de merde.
Tu le connais ?
Mais t'as préféré le lit, pas vrai ?
On m'a invitée.
T'es qu'une merde, une sale pute !
Ma soeur est une pute !
Et toi ? Mais tu te prends pour qui ?
T'es bien pire que moi.
Tu t'es envoyée Sebastiano le premier jour.
Toi, il suffit qu'on te fourre la chatte
pour te faire perdre la tête.
Seule une pute peut se faire le mec de sa sœur.
T'es pas ma soeur, t'es une pute.
Tu sais pas quel genre de mec c'est ?
T'avais besoin de moi pour piger qu'ils sont tous pareils ?
Salut.
Enza.
Tu es venue sans prévenir.
Et les autres ?
Ils sont sortis. Gaetano dort.
Qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Je suis pas idiote.
Je suis ta mère.
Tu t'es disputée avec Franchino ?
Tu as faim ?
Excusez-moi.
- Vous allez a Mazzarô ? - Tu vois pas la pancarte ?
Enza !
Quand es-tu arrivée ?
Je suis enceinte.
Ah bon, c'est vrai ?
J'en veux pas.
Quoi ?
J'en veux pas. Je veux me faire avorter.
Qu'est-ce que tu attends de moi ?
Alors ?
J'ai rompu avec Franchino.
Je veux plus jamais le revoir.
Et plutôt mourir que d'avoir ce gosse.
Tu es folle.
Vraiment folle.
C'est comme ça que vous m'aidez ?
Je sais même pas qui est le père. Vous comprenez ?
J'en veux pas, je me donnerai des coups de poing dans le ventre.
J'en veux pas !
Je ne peux pas fobliger à avoir un mari.
Mais tu ne peux pas tuer un enfant.
Il est vivant, il est à toi. Il est à Dieu.
Vous avez qu'à en faire un avec votre dieu !
Va-t'en.
Enza est là ?
De la part ?
Je suis un ami. Elle est là ?
Enza!
J'ai le cœur qui bat fort. Sens.
Et Marcello ?
Il est veilleur de nuit, il vient de partir.
Et toi, tu fais quoi?
Vendeuse dans un magasin de fringues.
- Tu te fais combien ? - 800.
C'est bien, non ?
Oui, et on a le salaire de Marcello.
T'as une photo de lui?
Viens.
Il nous manque encore un plafonnier.
Il te plaît ?
Vous êtes bien installés.
L'autre pièce est vide, il y a que la télé. Viens voir.
Je matais un film.
Tu vois,
on n'a rien.
Tu me racontes ?
Je peux rester deux jours ?
Oui, tu dormiras avec moi.
Quand es-tu sortie ?
On m'a fait un certificat de concubinage.
Mais on est déjà séparés.
Comment ça se fait ?
Ton magasin peut m'embaucher ?
Non, pas nous.
Mais l'hôtel d'à côté cherche une femme de chambre.
C'est combien ?
On peut demander.
Je voulais venir
te voir chez les bonnes sœurs.
T'es fatiguée ?
Un peu.
Qui c'est ?
Lève-toi, Enza.
A cette heure-ci ! T'es malade ou quoi ?
On y va.
Qu'est-ce que tu veux ?
Reviens à la maison.
Plutôt mourir.
S'il te plaît.
Laisse-moi tranquille.
Je t'aime.
Va-t'en, j'ai sommeil. C'est mieux pour toi.
Viens dormir à la maison.
Je peux pas vivre sans toi.
J'en ai rien à foutre.
Tu l'as pas encore compris ?
Ma grand-mère va vraiment mal.
Viens m'aider.
C'est des conneries.
Je te le jure sur la tête de ma mère.
Et sur ta tête.
Va te faire !
C'est comme ça que tu me parles ?
Allons-y, je t'en prie.
Je t'aime, Enza.
Dégage ou je te tue ! Ici, t'es pas chez toi !
T'as réveillé tout le monde, tu respectes vraiment rien.
Fous le camp ou je te tue.
Je t'aime.
Dis-lui, toi.
Une autre fois, plus au calme.
Je veux plus te voir.
Tu m'as pas dit que t'étais enceinte.
Je l'ai plus.
Qu'est-ce que tu racontes ?
J'ai avorté.
J'avais le droit d'en faire ce que je voulais.
Je te crois pas.
Il est à moi.
Les enfants appartiennent a la mère.
Maintenant, dégage !
J'y arrive pas.
Je peux pas vivre sans toi.
Pleure pas, crétin.
Va-t'en !
Je t'aime.
Faisons l'amour, il y a personne.
Elle fait quoi ?
Elle est gelée, t'es complètement folle.
Et le bébé ?
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