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Die TODESGÖTTIN DES LIEBESCAMPS
Bienvenue à Chypre, sénateur.
La durée de votre séjour ?
Écartez-vous !
15 jours.
Fearbeek est, semble-t-il,
en passe de remporter l'élection.
Quelle rumeur absurde !
Ces vacances sont-elles un signe d'assurance ou de résignation ?
De résignation ? C'est mal me connaître !
Au nom du gouvernement, soyez le bienvenu.
- Merci. Ma fille. - Bienvenue à Chypre.
Par ici. Une voiture vous attend.
Votre adversaire a-t-il une chance d'être élu gouverneur ?
Fearbeek ? Il va perdre. Je le battrai !
- C'est le V de la victoire ! - Quel aplomb !
C'est encore loin ?
La presse ne cesse de vous inventer des fiancés.
Pour qui bat votre coeur ?
En toute franchise, le seul homme qui compte pour moi,
c'est mon père !
- Quel compliment ! - Je suis flatté.
- Avez-vous un gendre en vue ? - C'est à ma fille de choisir !
- Qui aimeriez-vous épouser ? - Aucune idée.
Rien ne presse !
- Encore une question, sénateur ! - Faites vite.
Baissez la vitre.
Pourquoi êtes-vous sûr de votre victoire ?
C'est simple. Nous avons le meilleur programme.
- Pouvez-vous étayer ? - Assez. Je ne réponds plus !
Venez à la conférence de presse demain matin à l'hôtel. Au revoir.
Je vous souhaite de bonnes vacances, sénateur.
Au revoir !
Le 18 mai 1999 verra la fin du monde.
Ainsi a parlé la Divine.
- Alors, venez au Camp de l'Amour. - Je vais te clouer le bec !
Du calme, mon gars !
Ceux qui gobent ces salades, faut les mater aussi.
- Je vais te mater, moi. - Paix sur toi !
Beaucoup tentent, comme toi, de souiller la Divine. Mais en vain.
Va en paix.
La Divine t'aime.
La Divine t'aime !
Voue ton âme à un amour éternel
Amour, amour, amour !
La paix sera tienne, si tu te consacres à l'amour
Amour, amour, amour !
Je serai ton guide au doux pays de l'amour
Amour, amour, amour !
Tu ne trouves pas que j'ai grossi, papa ?
Non. Ou alors, ce sont les plus beaux bourrelets du monde.
Au moins, ça te servira de bouée !
- Allez, va te baigner. - Bon, si tu le dis...
Allô ? Bonjour, Jackson. C'est gentil d'appeler.
Oui, un temps superbe. Et l'hôtel est parfait.
Non, ça s'adressait à ma fille.
Concernant ma campagne, on ne supprime rien !
J'y compte bien, Jackson.
- Alors, cette eau ? - Géniale.
- Efficace. Tu es maigrichonne ! - Petit malin, va !
Bien, reprenons.
Menez ma campagne électorale comme convenu.
Bien sûr, mais essayez d'abord seul.
Patricia, viens ici !
Non, ne laissez pas passer ça ! A quoi bon avoir délégué ?
Quelque chose ne va pas ?
- Tout va pour le mieux, papa. - D'accord.
Ne cédez pas au stress.
Attends, Patricia. Tu peux me commander un sandwich ?
Ça n'a rien de sorcier, Jackson. Pourquoi vous énerver ?
Tout comme les capitalistes.
Ces deux systèmes ligués sont la cause de tous les maux.
Qui fomente les guerres ? Cherchez, la réponse s'imposera.
Reniez ce monde d'égarements.
Suivez-moi auprès de la Déesse de la Lumière, de l'Elue.
Vous oublierez peurs et tracas.
La Divine vous en délivrera. Venez au Camp de l'Amour.
Il y règne paix, entente et harmonie.
Nous nous aimons, sans connaître ni haine ni jalousie ni égoïsme.
"Enfants de la lumière"
Nous sommes tous, parfois, assaillis de doutes.
J'ai donc préparé cette cassette
pour vous apporter force et réconfort.
L'heure de l'apocalypse est proche et il est de notre devoir
de convertir nombre d'âmes
afin de les soustraire ainsi à l'emprise de Satan.
Le jour du Jugement dernier...
Entre !
Assieds-toi.
Je suis Patricia Benneman.
Paix sur toi. Je m'appelle Dorian. Bienvenue au Temple de la Divine.
"La Divine" ? On dirait que c'est une créature surnaturelle !
C'en est une.
Je crois en elle et en sa mission divine.
Tout ça, c'est des belles phrases.
C'est la vérité. Tu changerais d'avis, si tu la rencontrais.
Si tu veux, tu pourras la voir.
Elle doit être exceptionnelle pour t'impressionner à ce point.
Tu rayonnes de bonheur quand tu parles d'elle.
- Je veux la rencontrer. - Elle n'est pas là en ce moment.
Mais tout ce que je fais,
mes actes, mes paroles, sont dictés par son enseignement divin.
Quand puis-je espérer la rencontrer ?
- Pour l'instant, c'est exclu. - Pourquoi ?
Il te faudra d'abord renoncer à tout.
C'était quoi, ça ?
Rien.
Tu as parlé de renoncer à tout. Je pourrais m'y résoudre.
Tu es trop habituée à la vie de l'autre monde.
Tu es mondaine et en quête de succès.
Je le lis en toi.
C'est l'heure de la méditation.
- Tu peux y participer. - Je dois partir.
Une autre fois, peut-être.
Puis-je revenir ?
Seulement si tu sens que c'est nécessaire.
Tu ne sembles avoir besoin de personne. Pour l'instant.
Mais je suis certain que tu reviendras.
Et tu seras la bienvenue.
Je reviendrai certainement, Dorian.
Que s'est-il passé ?
Elle s'est refusée à un homme qui avait déjà payé.
- Pardonne-moi. - Laissez-nous seuls.
Pardonne-moi !
Je n'ai pas pu. Il a exigé des horreurs. Il était méchant.
Debout !
Debout !
Tu connais nos lois. Et tu sais que tu dois obéir.
Ton corps ne t'appartient plus.
Tu dois te donner à tous ceux qui paient.
- Mon amour n'appartient qu'à toi. - Silence !
Tu n'as pas compris la parole de la Divine.
Très bien, je te dégage de ton serment.
Tu es libre. Tu peux t'en aller.
Non, je t'en prie.
Ne me chasse pas. Je promets d'obéir.
Je t'en supplie !
Très bien, je te pardonne.
Va et n'enfreins plus jamais les lois de la Divine et du Camp.
Qu'avez-vous ? Vous ne vous sentez pas bien ?
Vous avez l'air triste. Pourquoi ?
Triste ? Absolument pas, non.
Je suis plutôt heureuse.
Tanga, je veux parler à Dorian.
Appelle-le.
Eh bien, qu'attends-tu ?
Ce disciple est notre meilleur pourvoyeur de fonds et d'adeptes.
Ne joue pas les jaloux. Appelle-le.
Ensuite, mets le cap sur Limassol.
Dorian ?
Un appel de la Divine !
- Mets le haut-parleur. - D'accord.
Dorian,
le gouvernement cherche à fermer le Camp de l'Amour
et à nous expulser.
C'est pourquoi j'ai décidé de venir au Camp de l'Amour
afin de conférer avec mes disciples.
O Divine, ta venue me submerge de bonheur.
Ta présence nous donnera du courage et de nouveaux espoirs.
O Divine, le nom Benneman te dit-il quelque chose ?
Le sénateur américain qui brigue un mandat de gouverneur ?
Oui. Sa fille, Patricia, est venue ici et je lui ai parlé de toi.
Son père est millionnaire. Elle est sa seule héritière.
Il me semble, oui.
Essaie de la gagner à notre cause. Nos finances sont vacillantes.
Mais nous en reparlerons de vive voix. A bientôt.
Je t'attends, ô Divine. A bientôt.
"Camp de l'Amour"
- Essaie de m'attraper ! - Je t'aurai.
- Faudra courir plus vite. - J'y suis presque.
Je te tiens.
Qui ça peut bien être ?
C'est... Ça doit être...
C'est sûrement Susan !
Certains prophètes sont tombés juste avec leurs prédictions.
Mais ils n'ont pas vu l'avenir. C'était purement de l'intuition.
D'ailleurs, rien ne vaut le présent.
Quel artiste en puissance !
- Les fleurs, je les réussis mal. - Qui s'intéresse aux fleurs ?
Je raffole des jolis yeux noisette.
Dites donc, je suis en service.
- On va t'aider à monter la garde. - Merci, c'est sympa.
C'est quoi, ça ?
La Divine est sur le rocher. Vite, le signal !
- C'est la Divine ! - Vite !
- Il faut accueillir la Divine ! - Dépêchez-vous !
Attends, Sam. Takis, viens là.
Veille à tout préparer.
- Mais je veux saluer la Divine. - Obéis !
Viens vite, on ne va pas la faire attendre.
- Elle est là ! - Attends-moi.
Oui !
Nous te saluons. Nous t'aimons, ô Divine !
Oui, nous t'aimons.
- Offre-nous ton amour. - Vive la Divine !
Nous te saluons, ô Divine !
Offre-nous ton amour. Nous t'aimons !
Amour, amour, amour !
- Désolé. - Imbécile !
Excuse-moi.
Tanga !
Je suis profondément émue
de vous voir rayonner de bonheur et d'harmonie.
Si tous les hommes pouvaient vivre avec autant d'amour que nous !
N'avons-nous pas assez souvent prouvé
que notre mode de vie est, à long terme, le meilleur ?
Fa ut-il être un surhomme
pour exister dans ce monde de haine et de jalousie ?
Pour vivre comme nous le faisons ?
La réponse est non !
Il est grand temps que l'humanité se rallie à nous.
La fin est proche, la terre sera la proie des flammes.
Et ce sera aussi le dernier jour de Lucifer.
Après cet enfer,
seuls ressusciteront
à surmonter la mort.
Vous serez ces bienheureux-là. Toi. Et toi aussi.
Vous tous serez les maîtres de ce nouveau monde en devenir.
Quant aux hommes politiques, aux prêtres et à leurs complices,
qui nous diabolisent et nous oppriment,
qui ont bassement exploité et asservi l'humanité,
ils périront au purgatoire.
Ils brûleront. Leurs âmes viles seront réduites à néant.
Pour eux,
l'enfer est inéluctable.
Nous vivons en marge de l'agitation du monde.
Dans la paix et l'harmonie.
Sans nuire à personne.
Hélas, l'État qui nous accueille
trame contre nous
Mais pour l'heure, oublions ces désagréments.
- Place à la fête, mes enfants. - Un instant !
Il faut d'abord châtier un manquement à nos lois.
Parle.
Helen repousse ceux qui veulent coucher avec elle, sauf Richard.
Et lui se refuse à toutes les autres filles.
Qu'as-tu à dire pour ta défense ?
Nous nous aimons.
Quoi ?
- Comment est-ce possible ? - Mais c'est incroyable !
Helen, Richard !
Venez devant le trône.
Vous semblez ne pas avoir compris mon enseignement.
Tâchez d'y mettre du vôtre. Je vous l'explique à nouveau.
L'illustre Mahatma Gandhi a déclaré :
"Celui qui n'aime qu'un seul être ne peut aimer l'humanité."
Est-ce si dur à comprendre ?
Aimer un seul être, c'est de l'égoïsme.
Cela rend sourd et aveugle aux problèmes d'autrui.
En s'aimant à deux, égoïstement, on abuse les autres.
Cela mérite punition.
Punis-nous, même sévèrement, mais ne nous chasse pas.
Pour rester, vous devez subir le fouet.
- Y consentez-vous ? - Oui, ô Divine.
Je vous condamne pour insoumission à 10 coups de fouet chacun.
Tanga, Veronica.
- Vous exécuterez la sentence. - Viens là.
Frappez.
Un. Deux.
Trois.
Quatre.
Cinq.
Et six.
Sept.
Stop !
Laissez-moi terminer.
Détachez-les.
Venez là.
Je vous pardonne.
- Allez et soyez obéissants ! - Oui, ô Divine.
Place à la fête !
- Richard ! - Helen !
Déride-toi, t'es pas à un enterrement.
Il est coincé, ce garçon.
Mords là-dedans.
Non, attendez ici.
Dieu tout-puissant, aide-moi à mener ma mission à son terme
et à ne pas renoncer au Camp de l'Amour.
Préserve-le de la destruction
jusqu'à ce que j'aie rempli ma mission et propagé Ta parole.
Aide-moi.
Sauve mon oeuvre.
Tanga, Veronica, venez !
Tanga, Veronica, venez, maintenant !
Donne-moi encore du vin.
Merci.
- Beau garçon ! - Tu es plus beau.
- C'est toi, le plus beau. - Non, toi.
Tu es bien plus beau que moi, mon cher.
- Tu es plus beau. - Non, tu es beaucoup plus beau.
Non, c'est toi.
Tu es aussi beau que cette fleur.
- Et tu embaumes. - Tu es plus beau que moi.
M'énerve pas, t'es plus beau que moi.
Non mais ! T'es plus beau !
- Avoue que t'es plus beau. - Non, c'est toi !
Admets-le, que t'es plus beau. Tu vas voir, espèce de lopette !
Tu sais quoi, idiot ?
- T'es Frankenstein tout craché. - Chouette !
Content de te revoir, Dorian.
Bonjour, Andy. Paix sur toi.
Où tu étais passé depuis un mois ?
Vous m'avez tous beaucoup manqué.
Mais certains de nous doivent prêcher et recueillir des dons.
Dorian ! Pour toi, je renoncerais même à Richard !
- Comment vas-tu ? Paix sur toi. - Sur toi aussi, mon frère.
Pourquoi ils ne font pas ça dans leur hutte ?
Bonjour, Dorian.
Nos finances nous contraignent à une certaine clémence.
- C'est si désastreux ? - La Divine t'en parlera.
- Dorian, ça fait si longtemps ! - Excuse-moi, Sam.
Regarde, je suis devenue une femme.
Oui, et tu es toujours plus belle, Susan.
Hélas,je ne peux pas rester.
La Divine décidera qui sera ton premier homme.
- J'aurai peut-être ce bonheur. - Tu as peur de moi ?
Je ne veux pas te mettre dans l'embarras.
Allez, fais-lui voir !
Fais-le valser.
Pas comme ça !
Ce que t'es barbant, Alex !
Je vais te réveiller. Tu veux sonner les cloches, non ?
Il est au tapis. Tu as gagné !
Tu arrives tard, Dorian.
Mais je suis là, Tanga.
- Me voici, ô Divine ! - Entre.
Paix sur toi.
Que nous apportes-tu ?
La somme est inscrite sur le papier.
Fantastique !
Dorian a collecté davantage que tous les autres réunis.
Bravo, Dorian !
Je t'offrirai plus tard mon remerciement personnel.
En cette occasion,
je vous remercie tous d'oeuvrer avec un zèle infatigable
au service quotidien de la secte.
Dans ce monde pavé d'intolérance, d'égoïsme, de jalousie, de haine,
je sais combien il est ardu de propager une parole d'amour.
Faisons un sacrifice pour implorer le soutien de Dieu.
Tanga, l'animal !
Seigneur, accepte mon offrande. Aide-nous.
Et protège-nous de ceux qui nous persécutent.
- Tu entends ? - Et merde, c'est les flics !
Que se passe-t-il ?
Tanga, va voir !
Bienvenue au Camp de l'Amour, inspecteur.
Qu'est-ce qui vous amène, cette fois ?
- Une 10e disparition. - Qu'y puis-je ?
Ces jeunes gens sont venus ici, puis ont disparu.
- Sont-ils repartis ? - Pas à proprement parler !
C'est-à-dire ?
Nous les avons chassés, ils nuisaient à la communauté.
Nul n'est forcé d'entrer dans notre secte.
Mais ceux qui s'y résolvent doivent se plier aux règles.
Écoutez tous ! Ceux qui veulent partir,
profitez-en, personne ne vous en empêchera.
Je répète : vous pouvez partir, n'ayez pas peur.
Surtout pas de cette cinglée-là.
Vous avez tous compris l'inspecteur ?
Il me prend pour une cannibale, je crois.
Ceux qui préfèrent partir peuvent s'en aller avec lui.
On se sent bien ici. Aucun de nous ne veut partir.
Nous avons voué nos âmes et nos coeurs à la Divine.
Comment vous l'appelez ? Divine ? C'est à mourir de rire !
Cette femme est une menteuse doublée d'un escroc.
N'injuriez pas la Divine.
Encore un mot et je vous tords la queue !
- Bas les pattes ! - Embarquez-le.
- Celui qui ose prononcer son... - Dorian, stop !
Ferme-la ou tu vas déguster !
Lâchez-moi, bande de sales poulets !
Excellent numéro, sergent.
Avez-vous retrouvé la trace des disparus ?
- Le moindre indice est capital. - Je n'ai encore rien.
Mais ils ne doivent pas être loin.
Oui, c'est aussi mon avis. Tâchez d'utiliser votre émetteur.
J'essaie de ne pas attirer l'attention.
Eh bien, bonne chance, sergent !
J'allais oublier... Vous voulez ça où ?
- Quoi donc ? - Vous savez bien, sergent.
Bon, d'accord. Ici.
Retournez chez votre déesse à la noix
et ne marchez plus sur mes plates-bandes !
Je vous aurai prévenu !
Si vous restez avec cet escroc, à vous d'assumer les conséquences.
Je te remercie d'avoir courageusement pris ma défense.
Mais gardons-nous de régler nos conflits par la violence.
Laissons cela à la police.
Selon la Bible, les débonnaires régneront sur terre.
J'ai fait un mauvais rêve, la nuit dernière.
Ce n'était pas un rêve, je le sais, mais la réalité.
L'un de vous est un traître.
Comment ça ?
Qui nous trahirait ?
Silence !
Je vous ai réunis pour une autre raison.
Venez au trône.
Le plus jeune membre de notre secte, Susan,
qui est parmi nous depuis plus d'un an,
m'a priée de faire d'elle une femme.
Et je ne vois rien qui s'y oppose.
Faites entrer Susan. Commencez la cérémonie.
Déshabillez votre soeur Susan et préparez-la
à la défloration.
Susan, ta décision est-elle mûrement réfléchie ?
Es-tu disposée à cette cérémonie devant tes frères et soeurs ?
Tu peux encore renoncer.
Je le veux.
Puisque telle est ta volonté, tu deviendras femme.
- En connais-tu les conséquences ? - Oui.
Tanga !
N'aie pas peur.
- Ce sera douloureux ? - Oui, mais très rapide.
La chose est faite !
Elle appartient désormais à tous et ne peut se refuser à quiconque.
Je t'attendrai sur la plage.
Ta vie et ton âme m'appartiennent.
Qu'as-tu en tête ?
Ta vie m'appartient, tu l'as dit.
Prouve-le !
Dorian ?
Oh, mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai fait ?
Il va se réveiller. Il est juste endormi.
Merci, tu peux te retirer.
Tanga, tu peux te retirer, toi aussi.
Laisse-nous seuls.
Pardonne-moi, Dorian. J'ai dû perdre la raison.
Qui suis-je pour te pardonner ?
Rien n'a changé, ma vie...
et mon âme t'appartiennent.
Dès demain, je devrai
de nouveau te quitter,
bien que je...
Cela nous laisse bien du temps.
Plus de temps que nécessaire.
Essaie de gagner la fille Benneman à notre cause.
Son héritage maternel à lui seul dépasserait les 300000 dollars.
Ce serait l'assurance de bâtir un nouveau camp.
Je ferai tout mon possible, ô Divine.
Bonne chance. Et ne me déçois pas !
Je m'y emploierai, ô Divine.
J'avais senti qu'on se reverrait vite.
Dorian, j'ai été incapable de t'oublier.
Je t'en prie, ne me renvoie pas.
- Quand nous revoyons-nous ? - Jamais, si tu es raisonnable.
- Oublie-moi ! - Comment peux-tu exiger ça ?
Le temple de la Divine t'est ouvert. Paix sur...
Non,je t'en prie !
- D'où viens-tu ? - J'étais en promenade.
Je veux savoir d'où tu viens !
Pourquoi me mens-tu ?
Je sais tout. Tu étais avec un homme.
Je l'aime !
Toi, une fille de sénateur,
tu t'amouraches d'un allumé, un membre d'une secte,
qui fait la manche pour une cinglée, la prétendue Divine.
- Tu ne peux pas juger ! - J'ai des renseignements précis.
Et ces renseignements sont exacts.
Je l'aime, et on ne m'interdira pas d'aimer.
Dans ce cas, je recourrai à l'autorité.
Désolé, tu m'y contrains.
Durant ces vacances, je t'interdis de quitter seule cet hôtel.
Va dans ta chambre !
Tous les peuples pourraient vivre dans la paix et l'harmonie.
Puissiez-vous comprendre la parole de la Divine !
Imprégnez votre coeur de cette parole,
vous connaîtrez la paix véritable.
Il est merveilleux !
Résistez aux tentations tapies à chaque coin de rue.
Chaque offre spéciale est un pas vers la dépendance consumériste...
Un petit instant !
Feriez-vous un geste pour tout l'amour que vous recevez ?
500 drachmes, pour une pipe.
- Disons 1000. - Très bien.
Dépêche-toi, faut que je retourne au bureau.
Votre repas, Mlle Patricia.
Je n'ai pas faim.
Vous n'avez rien mangé de la journée.
Le sénateur risque de se fâcher. Mangez un peu.
Je ne peux rien avaler.
Je vous le laisse là, au cas où vous auriez faim.
Bonne nuit.
Sacrément louche, la baraque !
- Assortie à toi. - Que voulez-vous ?
Je viens te filer un bon conseil.
- Fiche la paix à Mlle Benneman. - Joshua, Johnny !
- Flanquez-le dehors. - Oui, maître.
Va-t'en, maintenant.
Je dois méditer.
Vous êtes prête, Patricia ?
Patricia, nous allons partir...
"Papa,je lui appartiens.
Ne tente pas de venir me chercher. Patricia."
Je me suis enfuie.
Il m'avait enfermée pour m'empêcher de te rejoindre.
J'ai désobéi pour la 1re fois, j'avais tant besoin de te voir.
- Ton père va sûrement réagir. - Bien vu !
Tu rentres à la maison.
- Qu'imaginez-vous ? - Je reste avec lui !
En plus de séduire ma fille,
vous la convertissez à vos idées loufoques !
Allez-vous-en. C'est un temple de paix.
C'est un bordel, oui. Vous monnayez vos filles.
Voilà comment vous financez votre secte, espèce de proxénète !
- Je l'aime ! - Des salades à l'eau de rose !
J'appelle la police, si tu ne reviens pas à la raison !
Je t'en supplie, va-t'en avant que je commence à te détester.
Peu importe tes menaces. Appelle la police,je reste.
Permettez-moi un conseil.
Laissez la police en dehors de ça. Et vous savez pourquoi.
Songez aux gros titres :
"La fille du sénateur Benneman, éprise d'un fanatique sectaire."
Quel poison pour votre carrière !
Or votre carrière vous tient à coeur, n'est-ce pas ?
Je vois...
Vous voulez me faire chanter.
Bien joué !
- Chantage ou pas,je reste. - Bien,je t'abandonne à ton sort.
Quant à vous... nous nous reverrons.
Pour être des vôtres, il faut consentir un sacrifice.
Je vous cède ma fortune. Acceptez-moi.
Je t'accompagne.
Quel bonheur de t'avoir rencontré !
Sinon j'aurais épousé un fils à papa sans intérêt.
- C'aurait été préférable. - C'est ridicule.
Pas du tout. Tu ne sais rien de moi.
Je sais que je t'aime et ça me suffit.
Ma vie s'est illuminée, depuis notre rencontre.
Peu importe l'issue,je t'aime. C'est tout ce qui compte.
Tant que je peux être avec toi...
Dorian, tu n'imagines pas à quel point je suis heureuse.
C'est si bon d'être avec toi !
Allons-y.
La Divine médite, mais tu es autorisé à la déranger.
Excuse-moi, ô Divine.
Bonjour, Dorian.
- Tu es Patricia. - Oui.
Paix sur toi.
Dorian ne vous a pas décrite
aussi belle que vous l'êtes.
Tous les êtres sont beaux, de nature.
Car ils sont à l'image de Dieu, qui nous a donné la force d'aimer.
- J'ai à m'entretenir avec Dorian. - J'attendrai dehors.
Elle est très sympathique. Et belle, surtout.
- Tu as été efficace et rapide. - Je te remercie.
Je voudrais...
te parler de son initiation, parce que...
elle est encore l'innocence même.
Nous devrons être patients et compréhensifs.
- Et que proposes-tu ? - Si on évitait de la brusquer...
- Je sais ce que tu as en tête. - Vraiment ?
Je lis dans tes pensées. Tu veux qu'elle s'installe dans ta hutte.
Tu seras son guide. Personne ne pourra la toucher.
Enfin, personne sauf toi.
C'est ton souhait.
N'est-ce pas, Dorian ?
- Non, ma vie t'appartient. - Et ton âme ?
La haine et les disputes n'existent pas ici.
Il y a 4 ans,
j'ai renoncé au monde.
Je ne l'ai pas regretté un seul instant.
Bonjour, Andy.
- Content de te revoir. - Paix sur toi.
- C'est toi qui l'as amenée ? - Oui.
Elle va rester ?
Je crois que oui.
Je suis sûr que tu te plairas ici.
On forme une grande famille.
Tu auras bientôt oublié le monde extérieur.
Tu sais quoi ? Tu me plais, viens dans ma hutte.
Non ! C'est hors de question.
Pourquoi ?
Ordre de la Divine.
Fallait le dire tout de suite. Plus tard, peut-être.
Viens. On va chez moi.
Quelle poigne !
Voilà ma hutte.
Elle est assez raffinée ?
- Pas vraiment un palace. - Sûrement pas.
Si tu ne veux pas habiter ici, dis-le-moi.
Pourquoi pas ?
C'est très romantique.
La seule chose qui m'importe, c'est toi.
Je t'aime. Je veux être avec toi, toujours.
C'est égoïste, mais c'est ce que je ressens.
Ne m'en veux pas.
Tous les philosophes ont étudié l'effet de l'alcool sur la psyché.
- Prends Freud... - C'est une gorgée que je prends.
Merci pour ce nectar, trésor.
Primo, Freud n'était pas philosophe, mais psychologue.
Secundo, il a prouvé les bienfaits d'un petit verre.
N'utilise pas ses travaux pour justifier tes beuveries.
Chaque goutte d'alcool est du poison !
Mais les doux effets...
Les garçons parlent de boisson et nous, on boit !
Avec le cocktail adéquat, les filles te sautent au cou.
La civilisation grecque est indissociable de l'alcool.
Sa décadence aussi.
Les Grecs ont noyé leur civilisation dans la boisson...
As-tu un instant à m'accorder ?
Laissez-moi seule avec Rose.
Faut qu'on s'en aille. Laisse-moi me lever.
Dans Zarathoustra, Nietzsche a écrit :
"Tu vas chez les femmes ? N'oublie pas le fouet !"
Mais pas un mot sur les femmes qui te chassent,
alors que tu t'amuses !
Approche, Rose.
- Qu'est-ce qui te préoccupe ? - Je n'ose pas le dire, ô Divine.
Tu souhaites te plaindre ?
- Tu te sens victime d'injustice ? - Pas du tout.
Je ne sais pas comment te le dire.
J'ai passé 6 mois merveilleux au Camp de l'Amour.
Vivre ici, te côtoyer, profiter de tes enseignements...
Mais ma vie passée me manque tant
que je souhaite renouer avec.
J'ai toujours dit que je ne forçais personne à rester.
Tu peux partir, aussi librement que tu es venue.
Adieu, Rose. Je te souhaite bonne chance.
J'aimerais t'aimer encore une fois, avant de te quitter.
Rose, ma Rose adorée...
Je t'aime tant.
- Mais je dois partir. - Tu me manqueras énormément.
Je souffre de te quitter, tant je t'aime.
Où que tu ailles, ma chère Rose, je serai auprès de toi.
T'as vraiment cru qu'on te laisserait partir, roulure ?
Ceux qui abandonnent la Divine vont tout droit en enfer !
Allô, central ?
Vous m'entendez ?
Ici le sergent Darius.
Donnez l'alerte. J'ai localisé les disparus.
Ils ont été assassinés, ils sont dans une grotte, en bord de mer.
Darius, quelle est la localisation précise ?
Faites-nous une description de l'endroit.
Vous avez compris ?
Je suis si heureuse, ô Divine,
que tu m'accueilles auprès de toi, malgré ma laideur.
Tu n'imagines pas à quel point je te suis reconnaissante.
Je te dois tant, je suis prête à tout.
J'aimerais t'offrir davantage que mon corps.
- Tu peux m'offrir bien plus. - Quoi donc ?
Offre-moi ton amour, ça n'a pas de prix.
Écoute-moi, Maîtresse, j'ai démasqué un policier
parmi tes disciples.
- Laisse-nous seuls. - A tes ordres.
Il m'a surpris avec Rose.
Quand je l'ai pincé, il faisait un compte rendu radio.
- C'était Gabriel. - Quoi ?
Oui. Je l'ai supprimé.
Mais la police ne tardera pas à les découvrir.
Dans ce cas, ils seront bientôt ici.
Notre heure est venue. Nous avons perdu la partie.
Tu sais ce que ça signifie. Prends les mesures nécessaires.
- Comment je règle le mécanisme ? - Sur une demi-heure.
Ensuite, rassemble les fidèles autour du trône.
- Il sera fait selon ta volonté. - Va.
- T'as l'air de mauvais poil ! - Garde-les, tes problèmes !
Écoute-moi, Patricia...
Jamais je ne supporterais que tu doives te donner à d'autres.
Mes chers enfants...
J'aurais encore beaucoup à vous dire,
tant mon coeur déborde.
Il déborde d'amour pour vous.
Aimez-vous, tel est mon désir.
Ici, devant mon trône.
Aimez-vous, de toute la force de vos corps et de vos coeurs.
Comme si c'était la dernière fois, sur cette terre.
L'ultime moment
de votre intégrité corporelle dans cette existence.
Et après, vous connaîtrez tous l'infini,
le vide incommensurable,
le vide de l'éternité.
Pardonne-moi, ô Divine.
Je ne peux plus suivre les règles de la secte.
Parce que j'aime Patricia. Je veux partir avec elle.
Sinon je vivrais dans l'hypocrisie envers toi, Dieu et moi-même.
Laisse-nous partir.
Je t'offre mon argent en échange de Dorian.
Il compte plus que tout l'or du monde.
Oui, c'est vrai.
Je te comprends.
Très bien, Dorian. Tu peux partir.
Je ne puis te forcer à rester.
Je te remercie. De tout mon coeur.
Je les suivrai, Maîtresse, à moins que tu t'y opposes.
Dépêche-toi, Tanga.
Et emmène Takis.
J'ai échoué...
Échoué !
Dans un instant de plaisir effréné,
nous surmonterons la mort.
Je souhaite que vous me possédiez tous !
Prenez mon corps.
Aujourd'hui, je vous en fais don !
Je suis si heureuse, Dorian !
Attention, je conduis. Tu veux nous tuer ?
C'est quoi, ça ?
Quel air ahuri !
Sortez de cette jeep.
Allez, ne vous endormez pas.
Par là-bas.
Si tu recommences,
je te brise tous les os du corps.
Avancez !
Et maintenant, écoutez bien.
Vous irez rejoindre ceux qui ont voulu nous quitter.
Ils sont tous là, au fond.
La Divine est au courant ?
Tout s'est déroulé selon ses ordres.
Tu crois qu'elle laisserait ses disciples en réchapper vivants ?
J'ai tué tous ceux qui voulaient la trahir.
Allez, à genoux !
- Je ne comprends pas... - La ferme ! A genoux.
Et pas d'entourloupes.
Takis a 60 balles dans le chargeur.
Halte !
Mettez-vous à genoux.
A genoux, j'ai dit !
Vous allez connaître la mort des élus.
Je vous décapiterai avec cette épée dorée.
C'est un honneur. J'espère que vous apprécierez.
Tenez-vous tranquilles, vous ne souffrirez pas.
Je te briserai les os, pour avoir osé t'opposer à la sentence.
Va en enfer, Dorian !
Tu es coriace, mon garçon.
Attends un peu.
Pas besoin d'épée. Je te briserai le cou à mains nues !
Lâche-le !
Donne-moi la main.
- Non ! - Ta main, imbécile !
Non, je suivrai ma Maîtresse. Me voici, ô Divine !
Patricia !
Réveille-toi. Tout est fini.
Allez, par ici ! Déployez-vous !
Avancez vers la falaise.
Cherchez des grottes.
- Mon père ! - Patricia !
Je suis si heureuse, papa !
Moi aussi.
Je t'en prie, papa, je l'aime.
Je vous avais bien dit qu'on se reverrait.
Cette fois, c'est un plaisir !
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