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Papet, c'est moi... c'est Ugolin!
C'est moi!
Oh, c'est toi, Galinette!|Tu es revenu!
- Oui.|- Attends. Je descends!
Te d�range pas, lance-moi|juste ma cl�.
Je descends.
Quelle surprise!
- Cette fois, c'est la quille!|- H�, oui!
Viens manger quelque chose.
J'ai pas faim, j'ai bu toute|la nuit � Marseille, alors...
Viens diner ce soir,|tu me raconteras.
D'accord. A ce soir, Papet.
Non, �a va.
Elle te demande|si tu en veux encore.
Merci.
Quand je serai mort,|tu habiteras ici.
La maison des Soubeyran|sera � toi.
Jusque-l�, je voudrais que tu|t'occupes de chez toi, l�-haut.
Comme �a, tu pourrais le louer|� quelque paysan...
ou le donner|� un de tes enfants.
- Pour �a, faut avoir une femme.|- Et alors?
C'est pas ce qui manque, ici,|des filles, y en a plein...
qui se r�galeront|d'�pouser un Soubeyran.
La fille de Chabert...
je parie que si tu voulais...
J'ai pas de mulet...|Puisque tu me pr�tes le tien.
J'ai pas de poules, j'ai pas de|ch�vres, puisque �a saccage tout.
Je porte pas de chaussettes|parce que �a me chatouille...
alors, une femme,|� quoi �a me servirait?
Et le sentiment?
Quand je vais � Aubagne, je m'arr�te|au Figuier, �a me nettoie les id�es.
Pour 15 francs par mois,|je peux choisir...
alors, �a me suffit.
Tu vas pas rester c�libataire|toute ta vie, comme moi!
Avant ma mort, je veux|te voir avec un petit.
Et toi, pourquoi|tu t'es jamais mari�?
Avant que je pense � une femme,|je dois me faire une situation.
Tu as une id�e|de ce que tu veux faire?
Peut-�tre.
Moi, j'en ai une.
J'y ai pens� pour toi.
J'ai tous les plans,|et j'ai calcul� tous les frais.
C'est quoi, ton id�e?
C'est de refaire le grand|verger Soubeyran...
comme il �tait|du temps de mon p�re.
Deux cents figuiers,|deux cents pruniers...
deux cents amandiers|de princesse...
mille arbres...
avec des raies espac�es|de 10 m�tres.
Ce serait beau|comme une �glise...
et un paysan n'y entrerait|pas sans faire le signe de croix.
Ecoute, Papet...
les prunes, les p�ches,|et m�me les abricots...
on les donne aux cochons|tellement y en a.
Alors, je r�fl�chis.
Je n'ai que toi, Galinette.
Tu peux me parler,|si tu veux que je t'aide.
C'est quoi, ton id�e?
C'est un secret.
Alors?
C'est toi, Papet?
�a peut pas|continuer comme �a!
Tu as pass� tout l'hiver|comme un sauvage...
et cette maison,|c'est un fumier!
�a pue comme si y avait|un bouc!
Qu'est-ce que tu fais,|toute la journ�e?
Tu veux me le dire?
T'�nerve pas, Papet.|Je vais te montrer quelque chose.
C'est �a, ton secret?
C'est � �a que tu t'amuses?
Qu'est-ce que vous|m'en donnez?
- C'est du beau!|- C'est du Malmaison.
- Belle queue.|- Qu'est-ce que vous m'en donnez?
Si vous �tiez venu|en f�vrier...
je serais bien all�|jusqu'�...
50 sous.
Mais en ce moment,|c'est la fin de la saison.
�a vaut quand m�me...
20 sous.
D'accord?
D'accord.
Tu as raison, Galinette.|Faut faire des fleurs.
Pourquoi tu m'en as|pas parl� plus t�t?
Je voulais d'abord essayer,|voir si la terre �tait bonne.
Je voulais que tu les voies|en fleurs pour que tu comprennes.
C'est pas les fleurs|qui m'ont fait comprendre.
C'est le fleuriste.
- Faut combien pour commencer?|- 15000.
- Je te les donnerai.|- Papet, tu es trop brave!
Pas tant que �a. C'est|pas pour toi que je les donne.
C'est pour les Soubeyran, ceux|du cimeti�re et ceux qui viendront.
Si elle avait le nez � la place de|la queue, elle pourrait plus vivre!
Comme nous!
- Y a quelque chose qui me tracasse.|- Quoi?
L'eau.
Quelle eau?
Un pied d'oeillet,|�a boit comme un homme.
Je me suis arrach� les mains sur la|corde du puits, pour mes 50 plantes.
Y a qu'� mettre une citerne,|avec une pompe.
Si on arrose 500 plantes, elle|sera vide au bout de 4 jours.
�a, c'est un probl�me.
Ce qu'il faudrait,|c'est creuser un bassin �norme...
avec des rigoles qui ramassent|toutes les pluies du vallon.
Et si une ann�e,|il ne pleut pas?
II faut trouver un terrain|pr�s d'un point d'eau naturel.
Je me demande...
Si on achetait le champ et|la source de Pique-Bouffigue...
l�-haut, aux Romarins?
Elle a encore de l'eau,|cette source?
Mon p�re me disait|qu'elle �tait morte.
Elle est plus qu'� moiti�|bouch�e, �a, c'est s�r.
Quand j'�tais jeune,|c'�tait un joli ruisseau.
Camoins le vieux faisait plein|de charrettes de l�gumes.
Alors, peut-�tre qu'avec|quelques coups de pioche...
Tu crois qu'il la vendrait,|sa ferme?
S�rement pas la maison.
Mais peut-�tre|le champ et la source.
Il n'en fait rien, alors|si on lui faisait voir les sous...
Tu vas bien, Marius?
Qu'est-ce que|�a peut te foutre?
Pourquoi tu me r�ponds mal?|Tu es f�ch�?
Ni f�ch�, ni ami. Je me fous|de toi comme toi de moi.
Peut-�tre que tu te fous de moi,|mais moi, je me fous pas de toi.
Si tu es mont� jusqu'ici, c'est que|tu as quelque chose � me demander.
Tout juste! Te demander|et te donner quelque chose.
J'ai besoin de rien.
�a me fatigue de parler.|Et plus encore qu'on me parle.
Ecoute, Marius.|Je te le dis en 2 mots.
Si tu voulais|me vendre ton bien...
Pas la maison, mais le champ|et le coteau d'en face...
Je te donnerais|le prix que tu voudras.
Quoi! Vous croyez que moi,|je veux vendre mon bien?
Regarde.|Des billets de mille francs!
Foutez-moi le camp, bande de|cochons, tas de Soubeyran!
Ne crie pas comme �a,|que tu vas t'�touffer.
N'insulte pas les Soubeyran,|ou �a pourrait mal finir!
II a dit �a pour rire.
Et cette chouette rouge,|de quoi elle se m�le?
Si je descends, vous allez voir|ce que j'en fais, des Soubeyran!
Tas de fumier, bande|de cochons, voleurs!
Descends!
Descends, vite!
Faudrait pas qu'il cr�ve!
Pourquoi?
�a arrive qu'on se tue|en tombant d'un arbre.
Pour les oeillets,|c'est foutu.
C'est bien dommage.|C'�tait un bon coin.
S'il se r�veille pas, les h�ritiers|mettront la ferme aux ench�res.
On pourrait l'avoir|pour pas bien cher.
- Si on retournait le finir?|- Arr�te, on nous a peut-�tre vus!
Tu vois, Galinette...
il faut jamais d�sesp�rer|de la providence.
Pourquoi tu le rases pas|allong� sur son lit?
Je n'ai jamais ras� un client|� l'horizontale... m�me mort.
O� ils vont,|les deux, l�?
C'est juste l�.|Tu vois?
La source �tait au pied du figuier.|Ne te retourne pas!
Camoins le vieux avait creus�|une petite tranch�e au fond...
qui allait jusqu'au bout|du champ, l�-bas.
Ce qui fait que l'eau arrivait|jusqu'en bas. Tu comprends?
Regarde.
Regarde autour de mon pied,|tu vois? �a gicle.
L'eau est emp�ch�e, mais elle est|l�. Y a pas grand-chose � faire.
Quand je pense qu'il a laiss�|perdre cette fortune.
Attendez, attendez!
Un jour, avant qu'il devienne|fada, il m'a dit que...
son Hammerless �tait son seul ami,|qu'il voulait �tre enterr� avec lui.
La volont� des morts,|c'est sacr�.
Tu as regard�|si le fusil �tait charg�?
Je n'y ai pas pens�. Avec un|Hammerless, �a se voit pas.
A coup s�r, il est charg�.|Avec des chevrotines.
Quand il rentrait, il le chargeait|toujours � cause des sangliers.
�a pourrait �tre dangereux.
Il disait qu'un coup de vent|suffisait � faire partir la g�chette.
- Il y a peut-�tre un cran de s�ret�.|- �a m'�tonnerait.
- C'est toi qui h�rites?|- Non.
Nous �tions cousins,|mais de loin.
Alors, tu auras|droit � quelque chose.
Non. C'est sa soeur|Florette qui aura tout.
- Elle est encore vivante?|- Elle est plus jeune que toi.
Je sais que son mari est mort,|mais elle, je ne crois pas.
Qui c'est,|cette Florette?
Florette de Bereng�re,|Florette Camoins.
La jolie.
Une que ton Papet a bien connu.|Pas vrai, C�sar?
- O� elle est?|- A Crespin.
Elle avait �pous� Lionel,|le mar�chal-ferrant de Crespin.
Tu y �tais, au mariage|de Florette?
Non, j'�tais loin d'ici, �|l'h�pital militaire en Afrique.
Je suis revenu un an apr�s.
Je lui �cris officiellement pour|lui annoncer la mort de son fr�re.
Si elle est vivante, elle va|peut-�tre venir pour l'h�ritage.
C'est vrai qu'elle h�rite.
- Elle h�rite de pas grand-chose.|- Je suis pas de ton avis.
Pique-Bouffigue n'a jamais rien|fait mais la maison est bonne.
Et puis, 50 oliviers|d'avant la guerre...
Ils sont tous malades!|Ils partent en mis�re!
Si on leur court apr�s avec une|pioche, on peut les rattraper.
Oui, mais en courant|vite, et avec une grosse pioche!
C'est un endroit que|la pluie ne veut pas conna�tre.
Les orages, on les entend|venir, on les voit s'approcher...
mais d�s que les nuages arrivent,|ils se coupent en deux...
alors, la pluie tombe|sur l'autre versant.
- Il y a 4 gouttes pour le vallon.|- �a, c'est possible.
Vous ne savez peut-�tre pas que|chez Pique-Bouffigue, y a une source.
- Y avait une petite source.|- Non, elle �tait tr�s belle!
Je l'ai vue quand j'�tais|petit, � la chasse avec mon p�re.
�a m'avait sembl�|comme un vrai ruisseau.
Alors, tu �tais bien petit,|et c'�tait s�rement apr�s l'orage...
moi, j'y ai bu il y a 30 ans,|�a coulait gros comme mon doigt.
�a peut se perdre,|une source comme celle-l�?
Je connais bien|le caract�re des sources.
C'est comme une belle fille.|Quand on les oublie, elles s'en vont.
L'ann�e derni�re, j'y ai vu un|figuier, �a prouve qu'y a de l'eau.
- Qu'y en a eu!|- Mais il fait des rejetons!
Parle des ap�ritifs, mais les|sources, c'est pas ton m�tier!
Je dis que cette eau,|on la reverra jamais...
que les oliviers sont perdus et|que la terre est pourrie de chiendent!
Si on me la donnait pour rien,|j'en voudrais pas!
�a fait des ann�es|que j'ai pas �crit.
- A qui tu veux �crire?|- A Grafignette.
Qui c'est, Grafignette?
Tu la connais pas. Elle est|partie avant ta naissance.
On l'appelait ainsi car quand|les gar�ons voulaient l'embrasser...
elle leur grafignait la figure...
elle se coupait les ongles|pointus, expr�s.
A force de grafigner,|elle est rest�e vieille fille.
Puis, elle est devenue|la bonne du cur� de Crespin.
C'�tait la meilleure amie|de Florette.
Par elle, j'aurai|s�rement des nouvelles.
J'ai d�cid�|quelque chose d'important.
- Je vais aller voir Florette.|- Mais jamais de la vie!
Elle verra que tu en as envie et|donnera un prix 3 fois trop cher.
Et si elle sait que c'est|pour nous, elle dira non.
- Pourquoi?|- Elle est comme �a.
Qu'est-ce qu'on va faire?
Rien.
Florette viendra jamais ici.
Quand elle �tait jeune,|elle aimait beaucoup les sous.
En vieillissant,|�a doit �tre encore pire.
Elle vendra, mais personne|au village n'ach�tera.
De la terre, ils en ont|presque trop.
- Il peut venir un �tranger.|- Qu'est-ce qu'il viendrait faire?
Des l�gumes verts, ou des fleurs,|comme moi!
- Et l'eau?|- Y a la source.
- Et si y avait pas la source?|- Mais elle y est!
Ah, pauvre Galinette.
Ecoute mon plan.
Elle est d�j�|aux trois quart bouch�e.
- Par accident, �a peut �tre en plein.|- Quel genre d'accident?
Suppose que tu passes pr�s d'elle|avec un sac de ciment sur le dos.
Tu glisses, tu tombes,|et plaf!
Le ciment va tout juste|boucher le trou.
La voil�, Papet!
Bonne m�re, elle est glac�e!
D�p�che-toi, imb�cile!
J'ai trouv� le trou!|Passe-moi la bonde!
Non! La petite!
Y a une racine|qui est coinc�e.
�a suffit. Faut pas oublier que|c'est moi qui vais la d�boucher.
J'ai entendu du bruit.|Dans la maison.
C'est pas le fant�me de|Pique-Bouffigue, c'est les rats!
"Mon cher C�sar...
tu fais toujours|des coups extraordinaires.
Apr�s 3 douzaines de No�ls,|tu m'�cris de Florette...
et le facteur me donne ta lettre|juste le jour o� elle est morte...
et o� je revenais|de l'habiller.
C'est pour �a que je ne|t'ai pas r�pondu plus t�t.
Je pense qu'elle ne laisse|pas beaucoup de sous...
parce que son mari est mort|depuis 6 ans...
et qu'elle vivait|assez bien sans rien faire.
Naturellement,|c'est son fils qui h�rite.
Il s'appelle Jean Cadoret,|il doit avoir 35 ans.
Il fait le percepteur,|mais je ne sais pas o�.
Le notaire le trouvera s�rement.
Un percepteur, �a ne|se perd pas comme �a.
Il est mari�...
mais malheureusement,|par la volont� de Dieu...
il est bossu."
Et si quelqu'un du village|lui dit o� est la source?
�a m'�tonnerait.
Ils savent qu'on n'a pas le droit|de s'occuper des affaires des autres.
Dans l'�tat o� tu l'as mise,|cette ferme...
si un paysan vient la voir,|il se mettra � pleurer.
�a, c'est vrai!
II vendra.
Il vendra.
Un porte-plume, �a fait moins|d'ampoules qu'une pioche.
Un paysan peut devenir bossu mais|un bossu ne devient pas paysan.
Qui aurait cru...
que Florette|ferait un petit bossu?
Alors, qu'en dis-tu?
Regarde ces ronces g�antes...
ces oliviers,|ces romarins arborescents!
Mon Dieu, que c'est beau.
Je ne t'avais pas menti!
C'est toute l'antique Provence,|c'est le paradis de Zola!
C'est m�me plus beau|que le paradis!
On va essayer de la glisser.
Bonsoir, la compagnie!
Vous voulez|un petit coup de main?
On se demandait comment on allait|le descendre sans le d�monter!
- C'est pas de refus!|- On va voir ce qu'on peut faire.
Merci mille fois!|Vous �tes d'Aubagne?
Non, je suis des Bastides,|mais j'y habite pas.
Ma maison, c'est la derni�re|ferme, en montant ici.
Alors, on est|presque voisins!
Presque, oui.|Je m'appelle Ugolin Soubeyran.
Enchant�.
- Faut �tre au moins 4 pour �a!|- Comment vous l'avez charg�?
On a mis le coffre sur|la charrette, puis, les outils.
Maintenant, on va|faire l'inverse.
J'ai de quoi monter|un joli petit atelier.
Madame a une voix extraordinaire.|C'est plus beau qu'� l'�glise.
Elle en a �tonn� bien d'autres!|Elle a chant� des op�ras.
- Devant du monde?|- Des salles pleines � craquer!
C'�tait il y a des ann�es.|Je n'ai plus qu'une moiti� de voix.
Qu'est-ce que �a devait|�tre, � l'�poque!
Admirable!|Son triomphe, c'�tait Manon.
Voil� pourquoi nous avons donn�|ce nom � notre petite fille.
C'est un joli endroit.
Le chemin est mauvais,|mais �a vaut la peine.
C'est un coin de paradis|terrestre.
C'est pour �a que vous avez|lou� cette vieille bastide?
- Je ne l'ai pas lou�e.|- Vous l'avez achet�e?
Ni achet�e, ni lou�e,|pourtant je suis ici chez moi.
Ne seriez-vous|pas Jean de Florette?
II est exact que je m'appelle Jean,|et que ma m�re s'appelait Florette.
Mais mon nom|est Jean Cadoret.
Si vous �tiez n� ici, on vous|appellerait Jean de Florette.
Ce serait un beau titre pour une|chanson, m�me un op�ra comique!
Vous avez bien|connu ma m�re?
Non, j'ai bien connu son fr�re|Pique-Bouffigue, c'�tait un bon ami.
Je bois � la M�re Nature,|aux collines odorantes...
aux cigales, � la brise,|aux roches mill�naires.
Je bois � l'azur!
A la bonne v�tre!
Les sales b�tes! Elles|me font �a tous les jours!
A demain.
Sales b�tes!
Alors, vous venez passer quelques|jours de vacances en famille?
Des vacances qui dureront|jusqu'� ma mort.
C'est � l'ombre de ces pin�des|que je d�sire vivre dans la paix...
tous les jours que Dieu|voudra bien m'accorder.
C'est bien joli, mais pour|l'eau, comment vous allez faire?
Nous avons une citerne!
Elle est petite, s'il ne pleut pas|en �t�, vous n'aurez plus d'eau.
On a aussi h�rit�|d'une source.
Une source? Quelle source?
Elle est sur le cadastre dont|le notaire m'a donn� une copie.
Je vais vous montrer �a. Vous|pourrez s�rement me renseigner.
Ce petit rond signifie|un puits ou une source.
O� se trouve les Romarins?
Ici.
La source est � 2 km environ,|au bout du vallon "du Plantier".
Ce vallon nous appartient.
Je la connais! C'est au bout|de la colline, au bout du vallon.
�a monte beaucoup,|et en haut, y a la source.
C'est une eau bonne � boire|mais �a coule comme mon pouce.
J'esp�re que ce n'est|pas trop loin d'ici.
C'est quand m�me|� une heure de marche.
Avec un petit �ne, on ira|une fois par semaine.
Ce sera notre promenade|du dimanche!
Un b�cheron et sa femme vivent|dans la bergerie de la grotte.
Des Pi�montais. La femme, Baptistine,|conna�t toutes les plantes.
C'est des braves gens. Mais si �a|vous g�ne, faites-les partir.
Si cette grotte leur suffit, ce|n'est pas moi qui les en chasserai.
Nous leur rendrons bient�t visite,|la question de l'eau est importante.
Ne vous pressez pas,|mon puits donne bien...
vous n'avez qu'� venir une fois|par jour prendre un arrosoir ou 2.
Voil� une offre g�n�reuse|que j'accepte de grand coeur!
Vous vous demandez pourquoi|je suis venu m'installer ici.
Oui, je me le demande!
Parce que j'en suis arriv�|� la conclusion irr�futable...
que le seul bonheur possible,|c'est d'�tre un homme de la nature.
Je suis venu ici|pour cultiver l'authentique!
"Lolantiques"?
Oui. Je veux manger|les l�gumes de mon jardin...
recueillir l'huile de mes oliviers,|gober les oeufs frais de mes poules...
m'enivrer du vin de ma vigne!
�a sera pas de sit�t! Les oliviers|sont partis dans la sauvagerie.
Pour les rattraper, il vous|faudra au moins trois ans.
La vigne viendra bien,|mais faut compter trois ans.
Les l�gumes, sans eau,|ils seront pas bien beaux.
Nous verrons bien!
Gr�ce � l'h�ritage que je dois �|la bienfaisante avarice de ma m�re...
nous avons de quoi tenir|encore trois ans.
Et dans trois ans...
D'ici l�, nous avons|de vastes projets!
Merci encore. Je vais me mettre|au travail imm�diatement.
J'ai vu que le toit laissait|passer l'eau en pas mal d'endroits.
- Bon courage!|- Nous n'en manquons pas!
Quel genre d'homme c'est?
C'est le genre|d'un bossu de la ville.
- Beaucoup de la ville?|- En plein!
Attention! C'est peut-�tre|un innocent de la ville...
mais les bossus sont souvent|plus malins que nous.
Qu'est-ce qu'il veut planter?
II veut planter des "lotantiques",|des "lotantiques" partout!
Qu'est-ce que c'est?
�a doit �tre une plante|qui pousse dans les livres.
Il m'a dit:|"II faut �tre moderne!"
Je parie qu'il t'a parl�|de la routine.
Oui.
Et c'est quoi?
C'est un mot de la ville.
�a veut dire, ce que|les vieux nous ont appris...
et que d'apr�s eux,|il faut foutre en l'air...
car maintenant,|il faut �tre moderne.
De la pure couillonnade.
Trois ans.|Ce serait la catastrophe.
Il faut pas toujours|croire le pire.
Mais Anglade ou Casimir, qui|sont un peu parents avec lui...
pourraient finir par lui|en parler de cette source.
C'est �a qui serait grave.
N'aie crainte. Sa m�re lui a fait|la le�on sur les gens des Bastides.
Il ira acheter|son pain � Ruissatel...
et il m'a d�fendu de dire|qu'il �tait de Crespin.
Oui, mais nous,|nous le dirons!
Nous dirons que c'est un de|Crespin qui a achet� la ferme...
mais sans parler de Florette,|et sans dire son nom.
Fais-lui des petits services,|pr�te-lui mon mulet!
Et surtout, fais des|gracieuset�s � sa femme.
Une poign�e d'amandes, deux|grives, un panier de figues...
comme �a, quand il partira, il te|vendra la ferme � toi, pas � un autre.
Je lui ai dit que pour boire, il|pouvait prendre de l'eau � mon puits.
Mais je l'ai pas fait|pour ce que t'as dit.
Pourquoi, alors?
Boucher la source, c'�tait pas|criminel, c'est pour les oeillets.
Mais l'eau de la citerne,|elle les tuerait tous les trois.
Apr�s, on n'en parlerait pas,|mais on y penserait.
T'es tout le portrait|de ta pauvre m�re.
Enfin, tu as bien fait.
Je vais quand m�me commencer|par le d�courager.
Je vais lui dire|que la terre est pourrie...
que les sauterelles vont tout|manger et qu'il pleut jamais...
Tais-toi!
Dis-lui au contraire que les|"lotantiques", c'est formidable...
et qu'il doit commencer tout|de suite ses vastes projets.
Pour les gens,|il est plus facile...
de labourer � la descente|qu'� la mont�e.
Alors, pousse-le du c�t�|qu'il va tomber!
Je n'ai pas tard� � profiter|de votre g�n�rosit�!
II fallait vous servir!
�a m'a permis de contempler|cet admirable paysage.
Je m'y connais|gu�re en paysages.
Que c'est beau!
II est grand, et on peut voir|venir le temps qu'il y fera.
En effet.
Venez voir.
Il faut faire comme �a, sinon|le seau flotte et remonte vide.
Tandis que l�,|il va plonger.
Et ce toit, �a avance?
II me manque quelques tuiles.|J'ai oubli� d'en commander.
Mais elles seront neuves, �a va|g�ter la beaut� de l'ensemble.
- Sur un toit, �a se voit gu�re.|- Quand m�me...
Servez-vous tout seul. J'ai|des plan�ons � mettre en terre.
Merci mille fois!
Encore des meubles?
Je sais pas si j'arriverai|jusque l�-haut!
200 kilos de tuyaux|et 300 kilos de grillage.
- Des tuyaux de quoi?|- Des tuyaux de ciment.
- Gros?|- Et comment!
- Y en a beaucoup?|- 30 m�tres, peut-�tre 40.
- C'est pour quoi?|- D'habitude, c'est pour l'eau.
Mais y a pas d'eau!
C'est peut-�tre pour amener|la pluie jusqu'� la citerne.
- Il te l'a dit?|- Non. Et je lui monte une pompe.
- Qu'est-ce qu'il va pomper?|- J'en sais rien, je m'en fous!
Qu'est-ce qu'il va faire avec|300 kilos de grillage?
Vas-y, papa!
Regardez-moi �a!
- O� vous portez ces tuiles?|- Chez vous!
Je les avais|depuis des ann�es!
Je me suis dit: "Tiens,|je vais lui faire plaisir".
Merci! Voil� un second geste|d'amiti� que je n'oublierai pas.
J'ai pens� � votre|probl�me pour l'eau.
La citerne va vous servir|� faire un peu d'arrosage...
mais elle sera vite � sec,|elle est pas bien grande.
Quand il pleut, il passe|beaucoup d'eau sur le chemin.
Si vous aviez des tuyaux|en ciment, un peu gros...
vous pourriez faire une petite|conduite jusqu'� la citerne.
Voil� une bonne id�e!
�a tombe bien, parce que|des tuyaux, j'en ai!
Que comptez-vous en faire?|Et ce grillage?
�a, c'est un grand secret.
Vous voulez refaire|la cl�ture?
Oui, mais une cl�ture|un peu sp�ciale.
- Elle descendra � 60 cm sous terre.|- Pour emp�cher les lapins de venir?
Vous br�lez! Vous vous trompez|sur la direction des lapins.
Je ne comprends pas.
Je vais d'abord planter des poireaux,|des tomates, des pommes de terre.
Une heure de travail|par jour.
- Un jardin potager?|- Exactement.
Apr�s, il me faudra|pr�parer d'importantes r�coltes...
indispensables � l'�levage|massif du lapin.
Comment �a, massif? Vous|voulez dire des gros lapins?
Plusieurs centaines de lapins par|mois, bient�t plusieurs milliers.
Mais Aim�e, restons dans|les limites du bon sens!
Apporte-moi ma brochure.
Des lapins, vous en avez|d�j� �lev�?
J'en ai toujours 6,|et mon Papet une trentaine.
Malgr� votre exp�rience...
vous n'avez pas une id�e exacte|de la f�condit� de ces rongeurs.
Regardez ceci.
Je sais bien lire, mais|les num�ros, �a m'embrouille.
Moi, je comprends fort bien.|Avec un seul couple de lapins...
un �leveur moderne peut obtenir|d�s la fin de la 3�me ann�e...
une production mensuelle|de 500 lapins.
Cet expert affirme qu'un �levage|qui d�passerait 5000 t�tes...
deviendrait un danger public.
Car � partir de 1000 m�les|et 5000 femelles...
l'�leveur se trouverait submerg�|pas un flot de 30000 lapins...
d�s le 1 er mois, et de 2 millions|� partir du 10�me mois!
Une province, et m�me tout un pays|en serait r�duit � la famine!
- Vous croyez?|- Parle-lui de l'Australie!
Ce malheureux continent,|14 fois plus grand que la France...
a failli p�rir � cause d'un couple|de lapins amen� par un �migrant.
Ces rongeurs ont ras� des champs|et des prairies enti�res!
II a fallu construire une barri�re|�lectrifi�e de plus de 2000 km...
et il a fallu|en abattre par millions!
C'est ce genre de lapin|que vous voulez amener ici?
Heureusement, non.
Leur force et leur nocivit�|sont dues au climat australien.
Heureusement! Alors, vous|voulez en faire 500 par mois?
Non!
II faut �tre mod�r�|en toutes choses.
Si je r�duis �a au quart,|je suis s�r de mon affaire.
Je compte obtenir 150 lapins|par mois dans les deux ans.
Je me limiterai|� ce chiffre.
�a me semble plus raisonnable.
Rien que nettoyer les cages,|�a se fera pas tout seul.
- Si, �a se fera tout seul!|- Et comment?
Mes lapins, je veux les voir|courir, bondir!
Je veux faire un �levage|moderne... En plein air!
Vous avez pens�|aux renards?
Et la cl�ture? 2 m�tres|de haut en fil de fer galvanis�!
2 m�tres, �a a jamais fait|peur aux renards. Jamais!
Mais peut-�tre|que "galavanis�", oui.
C'est pour �a que j'ai pr�vu des|terriers artificiels souterrains...
dont l'entr�e sera faite|de tubes de ciment.
Assez grande pour un lapin mais|inf�rieure � la t�te d'un renard.
�a, c'est une bonne id�e!
Qu'est-ce qu'ils mangeront,|vos lapins?
- Voici ma r�ponse.|- Ils vont manger des allumettes?
C'est des graines|de past�que?
- Alors, c'est des "lotantiques".|- Authentique? Evidemment.
C'est la graine authentique|de la "cucurbita" d'Asie.
Cette plante pousse aussi vite|qu'un serpent qui sort de son trou.
Dans un climat tropical|apr�s la pluie...
ces tiges s'allongent|de 40 � 50 cm par jour!
Evidemment, on n'a pas|un climat tropical.
- Heureusement.|- Et pas de saison des pluies.
Selon les statistiques|des 50 derni�res ann�es...
�tablies par les savants|de l'Observatoire de Marseille...
avril, 6 jours de pluie,|mai, 5 jours, juin, 4 jours...
juillet, 2 jours, ao�t, 3,|septembre, 6.
- C'est une moyenne.|- A mon id�e, c'est �a.
Ces pluies capricieuses|ne seront pas suffisantes...
pour que cette cucurbitac�e|donne son plein rendement...
mais je compte sur|15 centim�tres par mois.
Heureusement! 50 cm par jour,|ce serait pas commode.
Vous iriez ramasser vos courges|jusqu'au bout du village!
Parfaitement raisonn�.
Je compte que chaque pied nous|donnera 50 � 60 kilos de courges.
C'est pas mal, mais vous|n'avez que 4 graines.
C'est dur de s'en procurer.|Je n'en ai que 4...
mais dans 6 mois, il faudra|arr�ter leur prolif�ration.
Si on peut arr�ter ni les lapins,|ni les courges, o� allons-nous?
A la fortune! Nous sommes|condamn�s � la r�ussite...
sous peine de retour|dans l'enfer des villes!
- Alors?|- Y a du bon et du mauvais.
Il veut faire un grand �levage|de lapins dans du grillage.
De lapins? II a un livre?
Oui, et il explique que si|tu commences avec 2 lapins...
au bout de six mois,|tu peux en avoir plus de 1000.
Que si tu les laisses|continuer, c'est la perdition!
Que c'est comme �a|qu'ils ont mang� l'Australie.
Mais on n'est|pas en Australie.
Avec un porte-plume, c'est|facile de multiplier des lapins.
Il veut se limiter. Il a dit|pas plus de 150 par mois.
150!
Bravo.
A la sant� des perdants!
Ce bonhomme, il a lou�|la ferme?
Non. Il l'a achet�e.
- Il est paysan?|- Non, il est bossu.
O� il ach�te son pain?
II ach�te tout � Ruissatel.
Il a peur que|mon pain l'empoisonne?
Non. Il veut pas venir au|village. Il est de Crespin!
II est de Crespin?
C'est pas une recommandation!
C'est des b�tises! Ils sont|pas tous mauvais � Crespin!
Non, mais beaucoup!
- Qu'est-ce qu'il y faisait?|- Des �critures chez le percepteur.
Il va peut-�tre nous|mettre de nouveaux imp�ts!
II va rester longtemps?
En tout cas,|il fait des travaux!
- Il fait �a tout seul?|- Oui, avec des gants!
�a doit �tre bien fait!
Un bossu de Crespin, qui se|cache dans la colline, je me m�fie.
Y a qu'� le laisser tranquille,|il nous demandera rien.
- C'est peut-�tre un espion!|- Il espionnera tes pois chiches?
Le Bon Dieu nous l'a fait|sur mesure!
Avant six mois,|il sera parti.
Il m'a dit qu'il �tait condamn�|� r�ussir avant 3 ans.
Ce qu'il dit|et ce qu'il fera...
Mais �a prouve|qu'il a de l'argent.
L'argent d'h�ritage,|�a tient pas au doigt.
Dans 6 mois, il claquera du bec, on|s'en d�barrassera avec 6000 francs.
Ce sera dr�le de le voir s'emp�trer|avec ses courges chinoises...
et ses lapins g�ants!
Oh, que �a sent bon, elle a fait|des petits oiseaux au po�lon!
Faudrait pas|qu'il trouve la source.
Il faut l'aider.
- Bonjour, voisin!|- Bonjour, M. Jean! Madame!
�a va?
O� allez-vous|avec cet appareil?
Avec la pioche...
vous en aurez pour 3 mois � vous|crever le temp�rament...
alors qu'avec la charrue, en|3 jours, on aura tout labour�.
Aim�e.
La pri�re n'est jamais vaine!
Elle vient de son champ.
C'est la meilleure|de la r�gion.
Elle vaut de l'or,|cette terre!
Une si bonne terre!|�a me tue!
C'est un brave homme.
Il ne me pla�t pas|beaucoup.
C'est parce qu'il est laid.
Il fait peur � la petite.
Manon, tu m'�tonnes. Ce gentil|paysan ne te pla�t pas?
II est vilain.|Il a l'air d'un crapaud.
Ce sont tes sentiments|qui sont vilains.
Sous les enveloppes grossi�res,|il y a parfois des �mes pures.
Regarde!
Manon, viens.
Je vais te confier|une mission importante.
Chaque soir, tu verseras un|petit arrosoir sur chaque plante.
Galinette, je me r�gale!
Les pommes d'amour,|il les a plant�es au nord!
M�me si elles donnent des|fruits, ils ne m�riront jamais.
Les pois chiches, il les a|enfonc�s avec un b�ton.
�a m'�tonnerait qu'il en mange|un demi-saladier.
Les oignons, il les a plant�s|autour du gros olivier!
Et les pommes de terre, il les|enterre � un pan de profondeur!
Les graines, il les s�me pas,|il les jette!
�a va sortir par touffes,|comme la pelade de M�d�ric!
Si ce fada compte nourrir|sa petite famille avec �a...
Quand je le regarde,|�a me fait rire...
mais en m�me temps,|�a me donne mal au coeur.
J'ai envie de lui montrer|comment il faut faire.
Laisse-le faire|� sa mani�re, Papet!
C'est pas la bonne, mais|c'est la meilleure pour nous.
Vous allez en excursion?
Nous allons au Plantier, nous|approvisionner en eau potable.
La citerne est vide, nous ne|voulons pas vous d�ranger.
Si �a continue, mon puits|va bient�t �tre vide.
Je sens qu'il va|pleuvoir cette nuit.
Vous sentez �a|� votre rhumatisme?
Par bonheur,|je n'en ai pas!
II a plu 3 jours en mai au lieu|de 6 fois et depuis d�but juin...
il aurait d� pleuvoir 2 fois.|On nous doit 5 jours de pluie.
Le d�couvert de la comptabilit�|c�leste doit �tre vers� dans 48 h.
Quel est le plus|court chemin pour y aller?
Je vais vous indiquer|le plus facile.
Descendez jusqu'au vallon,|mais pas vers le village...
tournez � droite, et la grotte|est au bout de ce chemin.
Tr�s bien, merci|et � ce soir!
C'est beau!
Nous sommes les nouveaux|propri�taires.
Nous ne voulons pas|vous chasser.
Nous voulons juste prendre|un peu d'eau. La citerne est � sec.
Ne t'inqui�te pas. Ils sont|venus chercher de l'eau.
Ils ne nous chasseront|pas d'ici.
Que Dieu vous b�nisse!
Si on avait une source comme la|leur, on n'aurait aucun probl�me.
Fions-nous aux statistiques|et � la providence.
Je vais � Aubagne! Vous voulez|me charger de quelque commission?
Non, merci! Vous allez|encore chercher des semences?
Mieux que �a! Je vais chercher|mes reproducteurs!
Passez-les voir,|ce soir, � la maison.
�a me fera plaisir de voir|vos premiers lapins!
J'am�nerai quelques escargots|� madame.
A ce soir!
J'ai pris des femelles tr�s|jeunes qui n'ont pas encore port�.
Si on veut cr�er une race,|c'est la 1 �re condition.
Et maintenant, le m�le.
Manon, va vite|fermer la porte!
II est d'une vigueur surprenante.|Il pourrait nous �chapper.
N'ayez pas peur,|� moi, il �chappera pas!
Oh, pauvre!|Mais qu'est-ce que c'est?
Un croisement du g�ant des Flandres|et du B�lier des Charentes.
J'ai jamais rien vu|de pareil!
II a des poils de chien,|des oreilles d'�ne!
- �a a d� vous co�ter cher!|- Oui, tr�s cher!
C'est une curiosit�!
C'est un reproducteur. Il n'est|pas jeune, mais vaillant.
Il a l'air mauvais.
Je suis s�r qu'une c�telette|lui ferait pas peur!
II s'est fait couillonner!
Quelle race, il a dit?
La race des Romarins!
Maintenant, mon grand,|tu vas nous faire de beaux petits!
Tu vas nous faire|la race des Romarins.
Il ne nous reste plus|grand-chose.
Mais j'ai la certitude|d'avoir gagn� la partie.
Toutes nos notes sont pay�es,|et le plus dur est fait.
Je te confie la somme qui nous|reste: 1123 francs.
Cette somme doit nous|suffire pour une ann�e.
J'esp�re que dans 3 mois, je|commencerai � vendre mes lapins.
Si c'�tait n�cessaire,|nous pourrions vendre mon collier.
- Je crois qu'il vaut 10000 francs.|- Vendre ton collier? Jamais.
Je marcherais plut�t|pieds nus!
Tiens, le voisin d'Ugolin.
Il ne se prend pas|pour une sous-merde!
Tu aurais d� viser la bosse,|�a pouvait le redresser.
C'est pas dr�le.
Allez! T'es trop petit!
En voil� un beau!
Oh, le beau!|La voil�, la race des Romarins!
Combien?
�a durera pas.
C'est juste bon pour ma vigne,|pas assez pour des l�gumes.
Qu'est-ce que|t'en dis, Ugolin?
J'en dis que c'est|peut-�tre une catastrophe.
De l'eau!
"S'il pleut le jour de l'Ascension|tout s'en va en perdition."
Ne t'inqui�te pas.
Il a eu la chance|d'un printemps pourri...
mais c'est le signe|d'un �t� de feu.
A la fin juillet, cette verdure|sera jaune comme du bl� m�r.
Les feuilles de son mais|craqueront comme des souliers vernis.
"S'il pleut en juin.|Mange ton poing."
Je vais � Aubagne|vendre mes l�gumes!
Pour vous remercier|de vos conseils.
Heureusement que je n'ai|pas sacrifi� mon potager.
- Et vos pommes de terre?|- Pas avant trois semaines.
C'est pas vrai?|Regardez les miennes!
Comment vous faites?
Amandine!
J'oublie toujours|qu'elle est sourde.
�a va, �a va!
J'ai faim!
Le plus fort, c'est|qu'il me donne des conseils!
Tout �a est magnifique!
C'est pour �a que je suis inquiet.|L'�t� n'a pas encore commenc�.
Nous sommes le 20 juillet.
Dans 2 semaines, nous aurons|les orages du mois d'ao�t.
Ce serait dommage de perdre|une si belle r�ussite.
Ma citerne est pleine|� ras bord.
Elle contient 12 m�tres cube,|il m'en faut 3 par arrosage.
Je peux tenir encore 8 jours.
Mais c'est pas s�r|qu'il pleuve dans 8 jours.
Un grain donne toujours un �pi|de 400 � 450 grains.
On peut compter sur un rapport|�gal � 400 fois la semence.
Tu vois, Aim�e.
400 fois la semence, jamais|300 fois, ce qui est prudent.
J'en ai plant� 10 kg, avec 3 tonnes|de mais, nous sommes tranquilles.
Merci, ma ch�rie.
Nous pouvons esp�rer|20 tonnes de courges.
Je ne compte|que sur la moiti�.
Le livre parle de 8 tonnes|de p�t�e par an.
Il ne nous reste plus|que 720 francs.
- Et l'argent des lapins?|- Je l'ai compt�.
Maintenant, surtout, il faut|que Dieu nous vienne en aide.
Il n'y a plus d'eau!
C'�tait pr�vu.
Je pensais qu'il nous restait|quelques jours d'arrosage.
S'il ne pleut pas cette nuit,|d�s demain, nous aviserons.
Heureusement que nous|avons le Plantier!
Avec 4 voyages par jour,|vous allez tuer votre �nesse!
Dans 8 jours, nous aurons|3200 litres de plus.
- Il faut qu'il pleuve dans 10 jours.|- En cette saison?
Enfin, on sait jamais.
Si le ciel continue|� me trahir...
voudriez-vous me louer|votre mulet?
- Oui!|- Merci!
Allons-y!|Encore un petit effort!
Galinette, si nous avons encore|de belles journ�es comme �a...
il ne pourra pas|sauver son mais...
ni tout le reste.
Qu'est-ce qui se passe?
Tu m'as fait peur.
Rien, j'ai r�v�.
Le bossu!
Je suis pas l�!
M. Ugolin n'est pas l�?
II n'est pas l�?
Demandez-lui s'il peut|me louer son mulet...
� partir de demain.
C'est tr�s important!
Son mulet!|A partir de demain! Merci!
Mes pois chiches|sont en train de moisir.
Mes abricots s�chent, ils sont|gros comme des petits pois.
Ma vigne, elle donnera|pas 2 barriques.
C'est une ann�e de malheur!
Le temps fait ce qu'il veut.
C'est un petit malheur pour|nous, mais pour lui...!
II lui faudrait|1000 litres par jour.
Comment veux-tu|qu'il les porte...
avec une �nesse, une femme|et demie et une bosse.
Encore 8 jours de soleil|et c'est fini.
Il veut louer mon mulet.|Ce sera dur de refuser.
Malheureux! Avec le mulet,|tu le sauves!
II peut porter jusqu'�|500 litres par jour!
Tu m'as demand�|de devenir son ami, alors...
� force de boire son vin blanc|et de l'appeler Monsieur Jean...
il est devenu mon ami.
Imb�cile! Tu veux faire des|oeillets ou te faire des amis?
En voil� un couillon!|Tu es comme ta pauvre m�re!
Quand on a commenc� d'�trangler|le chat, il faut le finir!
S'il fait une r�ussite|cette ann�e, il va continuer...
et l'ann�e prochaine,|il recommencera.
Et ce sera un malheureux|toute sa vie.
Avec l'argent que|je lui donnerai...
il peut retourner|s'installer en ville.
Si on l'aide pas avec le mulet,|on lui rend service.
Vous voil� de retour!
Oui, pour les vendanges! C'est|le plus gros travail de l'ann�e.
�a va comme vous voulez?
Non. Je n'ai plus d'eau|dans ma citerne.
C'est une tr�s mauvaise ann�e.|Tout le monde en souffre.
Les raisins sont tout pliss�s|comme ceux des brioches.
Je voulais vous demander,|pour votre mulet...
Celui de mon Papet?
C'est pas possible, ce matin|on commence ses vendanges.
Et d'ici 2 � 3 jours?
Apr�s celles de mon Papet...
il y a celles de Casimir le|menuisier et celles du forgeron.
Tous les ans, c'est l'habitude.|�a dure au moins 10 jours.
Mais vous savez...
par ces grosses chaleurs, on|devrait avoir un orage cette nuit.
Dieu vous entende.
Voil� le fada!
II va se tuer.
Il peut se remettre percepteur,|mais l'�nesse, elle peut pas!
C'est elle|qui me fait de la peine.
�a co�te cher, un mulet?
Je pense en trouver un|pour 500 francs.
Je le revendrai en septembre|avec un b�n�fice.
Mais pour cela...
il va falloir que je te|demande un sacrifice.
Ou plut�t,|une s�paration momentan�e...
ton collier...|si tu es d'accord.
Tu veux le vendre?
Non, juste le laisser en gage.|Il n'y a aucun risque.
Ils me pr�teront 2000 francs.|Les �meraudes valent bien plus.
Le mulet, l'air de la colline|lui fera le plus grand bien...
dans 2 mois, je le revendrai|avec un b�n�fice.
Je rapporterai les 2000 francs|et ils me rendront le collier.
Ah bon, si c'est comme �a.|Hein, maman?
Bien s�r.
Allez, ma ch�rie. Demain,|nous avons beaucoup � faire.
Tu as tant de peine|de t'en s�parer?
C'est fait.
- Quoi?|- Je l'ai mis au mont-de-pi�t�.
- Quand?|- Le mois dernier.
Je n'avais plus d'argent...
tu as achet�|beaucoup de choses...
Des livres, des outils,|du son pour les lapins.
Et nous buvons|beaucoup de vin.
- Ils t'ont pr�t� combien?|- 100 francs.
100 francs?
Les �meraudes �taient fausses.
Mon Dieu,|faites qu'il pleuve!
Mon Dieu,|faites qu'il pleuve!
Dans 20 minutes|la citerne va �tre remplie!
Quel bel orage!
Manon! J'ai re�u|la premi�re goutte!
Moi aussi, papa!
Je veux recevoir cette eau|b�nie en pleine figure!
Merci, oh, merci!
C'est l�-bas|qu'il pleut!
C'est l�-bas qu'il pleut!
Je suis bossu!|Vous ne le savez pas?
Vous croyez que c'est facile?
Y a personne l�-haut!
Y a personne l�-haut!
Qu'est-ce que c'est?
Aim�e, viens voir!
Regarde!
Mais qu'est-ce que c'est?
C'est le sirocco! Un d�sastre!|Je vais au Plantier pour l'eau!
Je n'ai pas le temps!|Rejoignez-moi au Plantier!
Vite! C'est une question|de vie ou de mort!
Papa va tomber malade!
Viens!
Maintenant je sais pourquoi|Dieu m'a donn� cette bosse.
Elle dit qu'elle va lui|enlever le soleil.
Que si on ne lui enl�ve pas|le soleil, il mourra.
Tout �a pour arroser|quelques coucourdes.
Ils marchent comme des for�ats,|par cette chaleur...
Il a mal calcul�|son affaire, voil� tout.
Elles vont vite crever,|ses coucourdes.
Pourtant, il a une source,|aux Romarins.
Il para�t|qu'elle est bouch�e.
Peut-�tre qu'elle s'est|pas bouch�e toute seule.
On devrait demander|aux Soubeyran. A ce qu'il para�t...
A ce qu'il para�t,|rien du tout!
Les Soubeyran font ce qu'ils|veulent, et nous aussi!
�a n'apporte rien de s'occuper|des affaires des autres!
Quand on parle,|on parle toujours trop!
C'est le moment|d'y aller!
C'est la fin!|Un vrai champ de bataille!
Mais faudrait pas|qu'il meure.
Offre-lui 6000 francs,|peut-�tre 7000, mais discute.
Papet, il faut|que je t'embrasse!
Arr�te tes couillonnades!|Va vite!
Attends! Am�ne-lui cette|bouteille de vin nouveau.
Pour un malade,|y a rien de mieux.
Votre vin est d�licieux,|mais il faut le reconna�tre...
mon affaire est manqu�e.
C'est un d�sastre.
Je pourrais accuser|l'injustice du ciel...
ou des conditions|atmosph�riques exceptionnelles...
mais je pr�f�re attribuer|mon �chec � ma sottise.
A mon manque de bon sens.
Je me suis cru tr�s habile,|mais je ne voyais pas l'essentiel.
C'est � dire|que le seul probl�me...
c'est l'eau.
Bien s�r!|Sans eau, �a peut pas marcher.
C'est le pass�.
Voici ce que|je vais faire.
D�s que mes forces|seront revenues...
je vais creuser un puits.
- A quel endroit?|- La baguette me le dira.
Vous �tes sourcier?
Pas pr�cis�ment.
Je poss�de un pr�cieux manuel|que je vais �tudier de tr�s pr�s.
D�s que j'aurai|ma�tris� la baguette...
je suis s�r que je trouverai|de l'eau dans ce vallon.
Vous savez faire les puits?
Apr�s tout, un puits,|ce n'est jamais qu'un trou.
Le mien aura 12 m de profondeur,|et m�me s'il n'a pas d'eau...
mon probl�me sera r�solu.
A quoi peut bien|servir un puits sans eau?
II peut servir|de citerne!
Un puits de cette profondeur|contient 43 m�tres cube!
Les pluies de printemps|le rempliront.
Au d�but de chaque �t�, entre|ce puits et notre citerne...
nous aurons une r�serve|de 55 m�tres cube!
Soit 36 jours sans|la moindre inqui�tude!
On a vu des s�cheresses|plus longues.
O� on a vu des s�cheresses|ininterrompues de 36 jours?
Au Sahara, peut-�tre!
Ou dans le milieu|du d�sert de Gobi!
Mais ici!
C'est math�matiquement|impossible!
Buvons!
Dans tout ce que tu me dis...
y a qu'une chose de bonne...
c'est qu'il s'est mis|au vin rouge.
Et la baguette?
�a, c'est emb�tant.
Tu as peur que dans son livre,|il trouve le secret?
C'est pas une question de secret.|C'est une qualit� de nerf.
- Il pourrait embaucher un sourcier.|- Tu en connais?
Y en avait un, aux Ombr�es.
S'il �tait mont� aux Romarins...
il serait parti|tout droit sur la source!
II y est toujours,|aux Ombr�es?
II y est toujours,|mais par bonheur, au cimeti�re.
Et un bon sourcier,|�a co�te cher.
Tu as pu lui parler|d'argent?
Pas encore. Avec ce qu'il|avait bu, il �tait excit�.
Je crois qu'il lui en reste|gu�re.
Question sous, avec les gens,|on ne sait jamais.
J'ai l'impression|que �a a boug�!
- �a marche bien?|- �a devient difficile.
- C'est dur?|- Oui, c'est dur!
J'arrive � la roche blanche|dont je vous ai parl�!
- La quaternaire?|- Exactement!
Si l'eau coule sous cette roche,|j'y suis dans 15 jours.
Mais si elle passe sous|la roche quaternaire...
j'ai encore 6 mois de|travail, peut-�tre plus.
Maintenant, je comprends|la soif des terrassiers.
�a fait vraiment du bien!
Monsieur Jean, faut que|je vous parle franchement.
Vous allez dire|que �a me regarde pas...
mais vous me faites peine.
Tout ce travail que|vous faites depuis 2 ans...
C'est de la folie,|c'est un assassinat!
Voil� un pr�ambule int�ressant.
Votre puits, vous|n'arriverez pas � le finir.
M�me si vous trouvez l'eau,|�a n'y changera rien.
Pour tant de mais et de courges,|il vous faut la Durance!
C'est pas des m�tiers pour vous,|voil� la v�rit�.
Continuez.|Vous m'int�ressez beaucoup.
Un homme comme vous,|c'est pour la ville.
Avec tant d'instruction,|vous pourriez �tre instituteur...
ou postier, avec|les manchettes et le col.
C'est �a, votre �toile.
Si vous restez ici, vous|allez finir par vous tuer.
Vous n'avez plus d'argent,|et �a vous manque.
Des lapins et des pissenlits, c'est|pas un repas pour un travailleur.
�a vous oblige|� boire trop de vin.
Vous allez finir par|vous tuer � la peine.
Et Madame Aim�e, et la petite,|qu'est-ce qu'elles deviendront?
D�j� qu'elles sont pas|bien gaillardes, derni�rement.
Je l'ai remarqu�.
Combien vaut cette ferme?
Pour la louer|ou pour la vendre?
Pour la vendre.
Attends!
�a peut se discuter.|J'y ai pas r�fl�chi.
Pour la maison de campagne,|c'est loin...
et un paysan, sans eau,|il peut pas y faire grand-chose.
Avec une seconde citerne,|ce sera beaucoup mieux.
Peut-�tre, peut-�tre.
Sept mille.
Ce serait votre dernier prix?
Huit mille, faut voir.
Jean, tu ne vas pas|vendre la maison de ta m�re!
Ce prix me para�t|parfaitement raisonnable.
Il me permet de demander un pr�t|de 4000 francs en 1 �re hypoth�que!
Tu ne vas pas vendre?
Jamais de la vie!
Jamais je ne vendrai le mas|o� j'esp�re finir mes jours...
fortune faite!
Avec 4000 francs, on peut|vivre tr�s convenablement!
J'ach�terai un mulet, des outils|de mineur et quelques kilos de poudre...
qui pulv�riseront|cette maudite roche!
En un an, je rembourse mon|hypoth�que, et le tour est jou�!
Tu sais ce que c'est,|une hypoth�que?
Le notaire pr�te des sous � des|gens de parole qui ont du bien.
"Des gens de parole"!
On va lui faire signer|des papiers timbr�s.
S'il rend pas l'argent|le jour qui est marqu�...
on lui reprend tout son bien.
D'accord, 10 minutes,|c'est tout.
Y a du mauvais|et du bon.
Le mauvais, c'est que|s'il a 4000 francs...
l'�t� prochain, son affaire|peut r�ussir.
D'un autre c�t�, comme c'est|un homme qui n'a pas de chance...
il peut se passer|beaucoup de choses.
Et la poudre et le vin,|�a va pas bien ensemble.
Celui de l'hypoth�que|est le ma�tre de la situation.
L'hypoth�que,|je vais la lui faire.
S'il r�ussit,|il me paiera les int�r�ts...
il me remboursera.
Et si �a tourne mal...
nous aurons la ferme.
Tu es fort, Papet,|y a pas � dire.
Je suis fort,|parce que j'ai des sous.
C'est pr�t!
A toi l'honneur.
Va chercher maman! Je veux|qu'elle voie jaillir l'eau!
Un accident?
Que s'est-il pass�?
J'ai couru voir|jaillir l'eau...
mais des pierres|qui sont mont�es tr�s haut...
sont tomb�es sur ma t�te.
C'est pas grave,|puisque vous parlez.
C'est juste une petite|pierre, docteur.
Quand il a essay� de parler,|il a grinc� des dents.
Il n'a pas souffert pour aller|l� o� nous irons tous.
Une pierre a d� lui fracturer|une vert�bre cervicale.
M�me si j'�tais venu plus t�t,|�a n'aurait servi � rien.
J'ai arr�t� la pendule|chez Monsieur Jean.
C'est pour �a|que tu pleures?
C'est pas moi qui pleure.
C'est mes yeux!
Qu'est-ce qu'elles|vont devenir?
Elles ont s�rement de la famille.|Elles vont vendre la ferme.
Et tu seras assez charitable|pour la leur acheter?
�a d�pend. A ton avis,|qu'est-ce que �a vaut?
Pas grand-chose. En tout cas,|�a valait pas la mort d'un homme.
8000 francs,|c'est plus que raisonnable.
Si ces terrains �taient � l'arrosage,|ils vaudraient le double.
Mais il y a une seule citerne,|et la b�tisse est vieille.
Vous payez imm�diatement|votre hypoth�que...
une fois les int�r�ts pay�s...
il vous restera|la somme de 3880 francs.
Si vous voulez bien signer.
Vous paraphez ici|vos initiales.
L'acheteur se montre|tr�s g�n�reux.
Vous pouvez continuer|� vivre ici.
Monsieur va me louer la ferme.|Je veux juste cultiver les champs.
Vous �tes chez vous, ici.|Je viendrai jamais sans frapper.
Pour moi, ce sera toujours|la maison de Monsieur Jean.
Elles m'ont assez vu faire|le fada, elles s'en vont.
Allons-y.
Je l'ai, l�!
II doit y avoir une dr�le|de provision, l�-dessous.
Des oeillets, Galinette!
15000 francs par an!
C'est la fortune|qui bouillonne!
Qu'est-ce que c'�tait?
Rien!
Juste un li�vre qu'une buse|vient d'emporter.
Au nom du P�re, du Fils|et du Saint-Esprit...
je te baptise|le Roi des Oeillets!
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