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Appelle ton pote qu'on sache où on est.
Ils n'ont pas de portable là-bas.
Ah, d'accord. Rassure-moi, ils ont des vêtements ?
Margaux, pas d'iPad.
Profite un peu. Regarde la nature, les moutons, les trucs...
Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Quand même !
Ton pote est prof de yoga de quelle compagnie de CRS ?
T'es lourd.
Excusez-moi ?
Il est à vous, le 4x4 gris ?
- Quoi ? - Le 4x4 gris, il est à vous ?
C'est une location, oui.
C'est trop marrant !
Jadis, j'avait un 4x4 noir.
D'accord. C'est assez marrant.
Merci.
Bonne journée.
Tu viens, chérie.
Chelou, l'humour zadiste.
Bienvenue, copains !
Salut, on est venus voir Jean-Paul.
On m'a prévenu. Par contre, je vous que vous avez des appareils électroniques.
Vu qu'il y a des gens électrosensibles sur la zone, il va falloir les laisser ici, les amis.
- Quoi ? - Je vous les garde.
C'est bon, je me mets en mode avion.
Non, même éteint, il y a des ondes. Ça a été prouvé.
- Fais pas chier, c'est pour 3 jours ! - Pile pendant Roland-Garros !
- Chérie, t'en as pas besoin. - Si !
Margaux, tu arrêtes !
Aide-moi, putain !
Margaux, tu donnes ça !
Tu lâches ça !
Merde !
Merde !
- Pardon. - Les enfants...
Viens faire un bisou.
Margaux, un bisou, sinon je vais me fâcher.
Vous me suivez.
- Merde ! - Quoi ?
J'ai complètement oublié mon djembé.
Qu'il est con !
Margaux, désolé.
- Elle fait la gueule, maintenant. - Tais-toi !
Tu trouveras Jean-Paul là-bas.
C'est pas vrai !
Jeanne !
Jean-Paul !
Jeanne !
- Ça fait plaisir de te revoir. - Moi aussi.
T'es belle !
Ça fait tellement longtemps. Quoi, 8 ans ?
- T'as pas changé. - Toi non plus.
- Qu'est-ce que t'as fait avec tes cheveux ? - Rien, apparemment.
- C'est Victor. - Jean-Paul.
Coupe intéressante. J'aime bien.
Je suis l'ancien prof de yoga de Jeanne.
Je sais.
Et voilà Margaux.
Salut, Margaux. Moi, c'est Jean-Paul.
Tu vas être contente. Ici, il y a plein d'enfants.
Enfin, plein...
- C'est magnifique, en tous cas. - On a de la chance. On est bien installés.
Welcome, d'abord.
Voulez-vous que je fasse le tour du propriétaire ?
Même si ici, il n'y a pas de propriétaire.
Allez-y... Tu veux que je vienne ?
Ouais.
Parce que j'ai les bagages. C'est long ?
On s'en fout de ma question ?
On est organisé par zones d'activité.
On a l'atelier...
La mobilisation de défense pour la zone a commencé il y a à peu près 6 mois.
Là, on est quasi à l'autogestion, grâce notamment à la permaculture.
On a les meilleures tomates de la région.
Le but, au-delà de la défense de la zone, est aussi de montrer qu'on peut vivre autrement.
C'est ça, le truc.
Les cuisines où on prépare les repas pour toute la communauté.
D'accord.
L'espace détente.
On a la cantine, bien entendu.
C'est l'atelier confection où on tricote la plupart de nos vêtements.
- Margaux, t'auras un petit copain ! - Génial !
Il s'appelle comment, le bout de chou ?
L'enfant.
L'enfant...
Le prénom ?
Il a pas de prénom ?
Je ne lui ai pas collé une étiquette sur le front à la naissance.
Si tu regardes bien, le prénom est le 1er fichage.
J'ai envie qu'il choisisse son nom. C'est sa vie, il ne m'appartient pas.
Tout le monde a un nom, il faut juste le rencontrer.
Faut s'autoriser à rêver.
Tu as rencontré ton prénom ? Je m'appelle Gaya.
Moi ?
Moi, c'est pomme de terre. J'ai rencontré mon prénom dans un resto.
Lui, c'est Victor et moi, c'est Jeanne.
Jeanne... bienvenue.
- C'est à moi, tu touches pas. - Tu laisses.
- Elle a dit « c'est à moi ». - Elle n'est pas habituée.
Quoi ?
On essaie de les préserver du concept de propriété.
Règle n° 1.
D'accord.
Je veux mon iPad !
Chérie, c'est pas possible !
Si, je le veux !
Elle est fatiguée.
Arrête !
Je te jure...
- On n'est pas bien, là ? - J'avoue.
- Comme à la maison. - J'avoue.
C'est bon ?
On avait dit 1/4 d'heure, ça fait 5 minutes. Merci.
Le mec est mini-relou.
J'avoue.
Assis.
Y a tous les profils ici.
J'ai grandi dans une famille conservatrice, du genre catholique.
Simon était agent immobilier. Il a fait un burnout.
Depuis qu'il est ici, il s'est vraiment retrouvé.
Coucou, Simon. Ça va ?
Dylan était considéré comme un délinquant par Babylone.
Ici, il a trouvé sa place.
Comme dit Krishnamurti, c'est pas un signe de bonne santé d'être intégré dans une société malade.
Il est très mignon, ton mec.
On arrive aux douches.
Directement alimenté avec l'eau de la rivière. Un peu froid, mais ça passe.
Le panneau est un peu une blague.
C'est ce qu'ils veulent faire ici, construire un aquapark, dans la seule zone humide de la région.
Du coup, c'est pour ça qu'on se mobilise.
C'est un ironique, ce qu'on a écrit.
Pour leur montrer qu'on a aussi un peu d'humour.
Aquapark !
Ah, d'accord.
Ils vont installer un aquapark, du coup ils ont carrément fait le truc par rapport à la douche.
Puisqu'il y a de l'eau.
C'est bien trouvé !
Pas mal !
- C'est moi qui l'ai trouvé. - Super bien trouvé !
Aquapark ! En pleine douche !
- T'as eu une bonne idée. - Ça m'est venu comme ça.
Ils chargent la barricade !
Y a des animaux.
Une femme de dos, mais bravo !
Sales cons !
Enculés !
Résistance !
Résistance !
Ils chargent !
Vous n'avez pas le droit !
Vous n'avez pas lu l'arrêté préfectoral, merde !
On est non-violents, enculés !
À quoi ça sert, tout ça ? À rien ! On le fait pour vous et vos enfants !
Fils de pute !
Pas de haine... Jamais de haine.
Résistance !
Révolution !
Je suis de votre côté, bordel de merde !
On peut encore les faire reculer sur la surface d'exploitation et même sur la gestion de l'eau.
Y a des propositions à faire dans une approche constructive.
Approche constructive ? Dans 2 minutes, il dit compromis.
Écoutons au moins ce qu'il a à nous dire.
Il faut que vous envoyez un représentant à la commission préfectorale demain.
On ne fait pas partie du système. On ne veut pas capituler comme toi.
Refuser, c'est exister.
- Moi, je fais partie du système ? - Non, le mec derrière toi.
- Ben oui, toi ! - J'étais le 1er à Millau
à dire avec José Bové...
T'étais avec José Bové ? Très bien, alors viens sauter ma sœur !
Les gars, bonne nouvelle.
Ceux qui connaissent José Bové ont le droit d'être capitalistes.
Assassins ! Salauds !
Il faut pendre les écolos tant qu'il y a des arbres !
T'es qu'une merde !
Dégage, bouffon !
C'est ça, continuez à fumer des pétards dans vos tentes !
Vous allez sûrement sauver le monde !
Dégage !
Margaux !
C'est pas possible.
Margaux, ça fait...
- Bonjour. - Salut.
Ça va ?
- Margaux, ça fait une heure que je te cherche ! - Elle est à vous ?
Elle est trop mignonne !
Quel âge ?
- Tu me donnes quel âge ? - Non, elle.
Pardon... euh... 6.
Papa, j'ai 7 ans.
Tu viens de les avoir.
Je les ai eus en janvier.
Et vous... toi, t'as quel âge ?
J'ai 16 ans.
Je sais que je les fais pas du tout. On me donne plutôt 19.
19, 20... T'as pas jeune pour être sur la ZAD ?
Moi, je suis pas une Roumaine.
C'est juste mes 2 semaines de vacances avec mon reup.
D'accord.
- C'est qui, ton reup ? - Jean-Paul, le chef des clochards.
Super marrant. C'est l'ancien prof de yoga de ma...
d'une...
Tu veux pas me rendre un petit service ?
Ben... ouais !
Tu veux bien aller me chercher de l'huile ?
Et m'en mettre ?
Sur le corps.
Devant la petite ?
De l'huile pour bronzer.
Ouais.
Tu prends l'huile à la cuisine,
et tu la ramènes.
Vas-y, je t'attends.
Pardon, je pensais à un autre truc.
- Tu restes là ? - Je bouge pas.
À toute !
Il est ouf, ton reup.
C'était à côté...
Qu'est-ce que tu fais, ma puce ?
Ne filme pas.
Donne.
Va voir ta mère là-haut.
Monte voir maman. Elle est mignonne.
Maéva, je te l'ai dit 100 fois.
Ça, c'est l'huile pour la bouffe !
On ne bronze pas avec la nourriture !
On a fait une connerie à balancer toutes tes tomates.
Mozzarella, comme ça, c'est...
Lâche !
Donne, tu lâches !
Viens là !
- Quoi ? - Je suis pas sûr.
Pas sûr que ce soit la bonne méthode pour parler aux chiens.
Il m'a pris mon poulet !
Non, il te l'a pas pris, il s'est servi en poulet.
Je ne pense pas que ce soit à toi ou à nous de les éduquer, mais à eux.
Si quelques uns sont chez eux ici, c'est pas nous, c'est bien eux.
Ou nous ? Alors !
Quoi ?
Ils sont arrivés sur Terre avant nous, jusqu'à preuve du contraire.
Ils étaient là dès le début, ou pas ?
C'est juste.
À la limite, demande-lui l'autorisation si tu peux manger avec lui.
Je suis pas sûr qu'il me réponde.
Si je ne dresse pas le chien, ça va devenir un animal sauvage.
Il va faire n'importe quoi, il va mordre des gens.
Donc, « sauvage » est un mot que tu classes dans la case « pas bien » ?
Non, dans la case « sauvage ».
Juste dans la catégorie « sauvage ».
Bienvenue à tous pour ce cercle des femmes.
Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'une méthode
pour vous passer des serviettes hygiéniques pendant les règles.
ce qui me paraît être quelque chose...
Tu vas où, Victor ?
J'ai entendu que c'était le cercle des femmes. Je croyais que c'était l'atelier lâcher-prise.
Donc tu penses que les règles ne concernent que les femmes ?
Non, j'ai pas dit ça, mais effectivement c'est plus un problème de femmes.
C'est un problème ?
Non, c'est bien que tu restes.
Victor, les règles ne sont pas un problème.
D'accord, c'est pas ce que je... C'est une expression.
Les serviettes hygiéniques, en dehors du fait que c'est une catastrophe écologique,
je pense qu'on est au même niveau d'irresponsabilité qu'avec des lingettes,
C'est comme des grosses lingettes pour la chatte.
Ça pollue complètement.
En dehors de ça, c'est une façon très babylonienne
de nous inférioriser en tant que femmes en nous mettant des couches comme des enfants.
Inacceptable, on est d'accord ?
Merci.
Tu dois rester dans le cercle jusqu'au bout.
Je pensais que c'était fini, comme ça applaudissait.
Ça l'est pas.
Si tu peux t'asseoir. Je te ferai un signe quand ce sera terminé.
On n'est jamais à l'abri d'apprendre un truc.
On peut s'en passer, et comment ?
Simplement parce que le vagin est un muscle, et on peut le contracter.
Au même titre que la vessie quand on gère son flux urinaire,
on peut gérer son flux sanguin pendant les menstrues.
La vessie est un muscle ? Je suis pas sûr.
Si, c'est un muscle.
Je crois pas.
Si.
Je suis allé à l'école, et c'est pas ce qu'on nous apprend.
Tu veux parler de ce truc qui reproduit les inégalités
et qui diffuse la culture bourgeoise ?
Non, juste l'endroit où on apprend.
Où on apprend la culture des élites ?
Au CM2, je suis pas sûr qu'il y ait beaucoup d'élites.
Victor a tout appris au CM2.
Laisse tomber, c'est pas grave.
Je vais rebondir sur Gaya. Je pratique déjà l'évacuation naturelle.
C'est sûr, j'ai encore quelques coulées intempestives...
J'aborde plus les règles du tout de la même manière.
Je me suis mise à les aimer. Je les attends.
J'ai même hâte qu'elles arrivent !
- C'est joli. - Comme moi pour mes selles.
Ouais, je vous propose qu'on chante.
J'aime mes règles, elles me connectent avec la lune
J'aime mes règles, quand elles sont brunes, je les assume
J'aime mes règles, et que personne ne m'importune
J'ai un vrai problème que je voulais partager avec vous.
Depuis 2 mois, je pue de la chatte.
T'as essayé l'hibiscus en cataplasme ?
- Non. - Essaye.
Tu peux même le laisser infuser la nuit en bouquet à l'intérieur.
Merci, Gaya.
Ce serait un tout petit peu temps que les hommes et les femmes
soient enfin égaux dans la société.
Parce que ça se voit qu'ils sont égaux.
Moi, ça me...
Pas la peine de venir nous faire croire qu'ils sont pas égaux,
parce qu'ils sont égaux.
C'est une époque qui est terminée, ça !
Ça me gâche la vie.
La 1re chose que je pense le matin, c'est ça.
La dernière chose que je pense le matin, c'est ça.
L'après-midi, comme par hasard, c'est la 1re chose que je pense.
C'est la dernière chose aussi que je pense en fin d'après-midi.
- Ça va aller, doudou. - Non. Oui, doudou.
J'y pense.
T'inquiète, doudou.
C'est plus trop le cercle des femmes, si ?
Excusez-moi.
On est dans quel atelier exactement, maintenant ?
Merci, Patrice.
Y a plus de sujet, quoi.
Je pense aussi que ça me dérange que Victor attende de moi que je m'épile.
Je trouve ça rétrograde.
- On va parler de ça aussi ? - Pourquoi pas ?
Vous faites encore l'amour ?
Non, on fait plus l'amour. Enfin, très rarement.
Normal que la sexualité soit difficile, avec ce que vous vous imposez.
On n'a aucun problème sexuel.
Je n'ai rien contre l'épilation.
Pourquoi pas, y a bien des femmes à barbe. Regarde ta tante.
Excuse-moi, ce qu'on s'impose ?
L'exclusivité.
On est un couple, quoi.
« Un couple ».
Victor, tu serais pas plus épanoui
si tu pouvais faire l'amour avec d'autres femmes ?
Ben là ? Je veux dire...
C'est une question...
T'en penses quoi ?
- Quoi ? - Je veux dire, tu...
Non, c'est non ?
Nous, c'est non.
Parce que tu réfléchis ?
Non, c'est surprenant comme question. J'ai jamais envisagé...
Tu devrais.
Ça s'appelle le polyamour.
- Ah ouais ? - On pratique tous ici.
Après, chacun est libre.
Nous, non. On pratique pas.
Pourquoi ne pas aller à l'atelier regarder comment...
Tu te fous de moi ?
Y a pas d'atelier, c'est tout le temps.
Y a un truc bizarre à la barricade.
Une attaque ?
Venez voir.
Attendez...
- T'es lourd ! Je te déteste ! - Quoi ?
Et le polyamour, alors ?
- Franchement... - Tu veux essayer ?
Je suis claqué.
Je...
- Vraiment ? - Non, c'est bon.
Y a plus rien.
Y a personne nulle part. On a gagné à la commission ?
Si ça se trouve, ils ont abandonné le projet.
Si ça se trouve, c'est un piège.
Il font croire que c'est abandonné pour qu'on se disperse.
On sort du terrain, et bim !
Dès qu'on a baissé la garde, ils reviennent avec les machines et on est baisés.
Le fameux cheval de Troie.
- Sans cheval. - Bien sûr.
De toute façon,
CRS ou pas, ça change rien.
Ce qu'on fait ici n'est pas juste un mouvement protestataire.
Montrons-leur qu'on peut continuer à vivre autrement !
Chante, rossignol, chante...
Victor et moi, on voulait vous dire...
on a l'impression que ça fait du bien à la petite d'être ici.
Si vous êtes d'accord,
on envisage de rester encore 2 semaines avec vous.
2 ou 1 semaine, c'est vrai qu'on est très bien.
Mais peut-être 5 jours... 3 ou 4 jours...
Ç'aurait été bien que tu m'en parles avant.
En tous cas, on va rester 2 ou 3 jours, et merci de nous accueillir ici.
Moi aussi, je veux plus retourner dans ma bulle en ville.
Elle a raison. Comme elle dit, ma femme.
Marre de cette bulle de consommation dans laquelle ils nous font vivre.
Vous avez déjà essayé de sortir d'un supermarché ?
C'est Babylone.
Y a l'entrée, mais y a pas la sortie.
Si, c'est marqué.
Ça dépend où.
Mais les supermarchés où je vais, y a marqué sortie.
Avec ma femme, on a un vrai problème.
On est sollicités en permanence.
On achète un paquet de biscuits, parce qu'on en a besoin.
Après, au rayon poissonerie, qu'est-ce qu'on achète ?
Du poisson. Rayon boucherie ?
De la viande. On en prend, on a 2 congélos.
C'est infernal.
Jusqu'à la petite dame qui vous donne du melon.
Qu'est-ce qu'on fait, du coup ? On achète 2 bons melons.
Ça n'a pas de fin.
Et les chips, doudou.
Les chips à l'ancienne ! Excellent !
Des chips à l'ancienne ? « Nouvelle recette » !
Une nouvelle arnaque !
Normalement, une vieille chips, c'est mou.
Là, on ouvre des paquets neufs. C'est croustillant.
Il s'est pas passé quelque chose de bizarre ?
Y a pas un petit problème ?
Je sais pas... c'était pour dire quoi ?
C'est trafiqué. Ils rajoutent de la croustille.
D'accord.
En tous cas, on reste.
C'est vrai.
Nous, on le sait.
Je pense qu'il est sage d'interdire totalement l'usage du portable sur la ZAD.
On est responsable les uns des autres, Maéva.
L'enfant et Patrice sont électrosensibles. C'est à nous de les protéger.
Même avec les protections, j'ai encore mal à la tête.
Tu vois ? Merci pour lui.
Merci, Gaya.
Ce que je pense, c'est qu'effectivement,
les portables, c'est Babylone.
Mais les interdire, c'est liberticide !
Je suis d'accord.
Carrément.
Moi, j'ai jamais eu de portable. Ça m'a pas empêché de réussir ma vie.
Claude. Chaman, le mec, d'accord !
Est-ce qu'il y a consensus ?
Tout le monde.
Merci, Maéva.
Là, je pense que tu dois l'éteindre.
On n'est pas à l'école, wesh !
Y a consensus.
Quel boulet !
Je vous trouve un peu dure avec elle. Cette génération a grandi avec les portables.
Comme nous avec les bouquins.
Pas la peine de s'exciter. Je vais finir par le tèj, mon téléphone.
Y a plus personne sur Twitter !
Ceux qui restent ne font que parler de pain de mie, ça me fait chier.
« Pain de mie chimique »... En plus, regarde comment ils écrivent.
C'est abusé, l'orthographe sur Twitter !
Victor déteste Twitter.
Faux, j'ai des twitters.
Toi, t'as des twitters ?
C'est chimique, le pain de mie. Mais dans ce cas-là, on mange plus rien !
Le surimi est chimique aussi, mais c'est bon.
Attends, « pandémie ».
Pardon ?
C'est pas « pain de mie », c'est « pandémie ».
Une putain de pandémie !
T'es débile, en fait !
- Y a une énorme différence ! - Je sais pas ce que c'est !
C'est pas vrai.
Ça a commencé y a 2 semaines au Venezuela.
Ça a été fulgurant.
Depuis 4 jours, plus de signal nulle part, même en Russie.
Vous allez croire des infos sur internet ? J'hallucine !
C'est la fin de l'humanité !
C'est bon, on a internet.
T'es dépressif, toi !
C'est une catastrophe naturelle, c'est pas chez nous.
C'est une pandémie, Maéva !
Putain de merde !
Comme c'est possible d'avoir un portable et de rien n'avoir remarqué ?
On se calme.
Je vais pas sur les sites d'infos.
C'est quoi, cette gamine ?
Maéva, t'es sur les réseaux sociaux, quand même !?
Elle a 40 000 ans, l'Académie française !
Écoutez tous. Premièrement, on reste calme.
On garde son sang-froid.
Et deuxièmement...
il va falloir regarder ce qu'il se passe concrètement à l'extérieur.
Au moins jusque Lantenay.
Pourquoi pas Montélimar ?
Qui vient avec moi ?
- Moi, je viens. - Non, Victor.
Tu as une enfant, ici. Une fille.
Moi aussi. Je viens.
Patrice, t'es stérile. Ça change rien pour toi, viens.
Ton sandwich, doudou. Je te donne de l'eau.
De l'eau, c'est adorable. En plus, pour boire.
- T'as pris ton K-way ? - Oui, tout est okay.
T'es sûr que tu veux y aller ? C'est très dangereux !
Je suis sûr que c'est dangereux, mais les gars ont insisté.
Je dois être indispensable.
Les gars, je suis pas monté !
Putain, d'accord !
Oups, problème.
Problemos.
Okay, j'y vais.
Monsieur, monsieur !
Le nombre de gens morts !
Les mecs ?
Y a énormément... Tout un...
Tout un tas de gens morts, sur la route.
Quoi ?
Les mecs ?
- Il est peut-être contaminé, recule. - On va pas le laisser là, quand même.
C'est ridicule !
Je les ai pas touchés.
Putain !
Il bouge plus !
Merde !
Recule !
Au fait, Gaya, tu devais pas te marrer à un moment ?
Si, mais ils sont juste partis à Lantenay.
Si ça se trouve, y a rien à Montélimar.
Juste des mecs...
qu'avaient des pesticides, bam ! Évanouis dans le fossé...
C'est la fin du monde, on se reverra dans l'au-delà
Tu verras, tout tes potes seront là.
L'amour et l'amitié plus fortes que l'épidémie
La dernière chanson de The Voice. Ils ont fait un spécial « fin du monde ».
C'est pas possible. T'étais au courant depuis combien de temps ?
J'ai pas pensé.
Quand ils ont fait le spécial tsunami, j'ai pas calculé tout de suite non plus.
J'ai une vie, meuf.
Si tu nous l'avais dit avant, on aurait peut-être pu faire quelque chose.
T'es même pas sur Facebook. T'aurais fait une chaîne humaine ?
Maéva a raison.
D'autant plus que si on l'avait su plus tôt, ça n'aurait rien changé.
C'est pas comme si on pouvait fabriquer un vaccin ici.
C'est mauvais pour la santé, les vaccins !
Les firmes pharmaceutiques les fabriquent pour nous affaiblir.
J'ai jamais été vacciné de ma vie, j'ai jamais rien eu.
J'ai un peu de sang dans mes selles, ça me gratte quand je tousse,
j'ai des vertiges quand je me lève trop vite, un zona de temps en temps,
un souffle au cœur quand je pisse, mais c'est tout.
Bon...
La 1re chose à faire,
c'est commencer ensemble notre travail de deuil.
On pourrait organiser des funérailles.
C'est tellement Babylone.
Que veux-tu qu'on fasse d'autre ?
Je vais me coucher, perso.
Chérie, on y va ?
Moi aussi.
Moi aussi.
Un sacré courage, Patrice. Une belle personne.
Tu peux être fière de lui.
Tu sais,
c'est lui qui voulait y aller.
Il a vraiment insisté.
On lui a dit « n'y va pas ! »
Tu le connais... Quand il a une idée !
Un sacré courage, Patrick.
Patrice.
Oui, c'était Patrice !
Ben oui, Doudou !
Un sacré courage, Doudou.
Debout, tout le monde !
Debout, là-dedans !
Debout !
C'est incroyable.
- Regardez ! - Quoi ?
Vous le voyez ?
Quoi ?
Le monde... le nouveau monde !
Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu nous réveilles pour rien ? - Il faut que vous compreniez.
Ce monde, c'est à nous de le bâtir.
Avec nos règles, nos principes de partage,
d'amour, de respect.
C'est notre opportunité de faire éclore un monde fraternel.
C'est tout ce dont on a toujours rêvé qui est en train de se passer aujourd'hui.
Jean-Paul a raison !
C'est le 1er jour de notre monde.
On dit qu'on est lundi ?
Non, on est jeudi.
Si on commençait par un jour férié ?
On va tous se recoucher. Symboliquement, c'est fort !
Dylan a raison, si on décide aujourd'hui qu'on est lundi,
aujourd'hui, on est lundi !
Lundi, mardi... c'est pas un peu Babylone ?
C'est complètement Babylone, le nom des jours.
Du coup, on est quel jour ?
On pourrait dire qu'on est...
aujourd'hui...
c'est oundi.
Oundi le 1er, du coup ?
On garde les mêmes chiffres qu'à Babylone ?
Si on commence à tout changer, ça va devenir compliqué.
Si, il faut tout changer, Jean-Paul.
On dit qu'on est oundi...
le kriskène.
Oundi le kriskène. Le kriskène de quel mois ?
Du tarcoune.
Oundi le kriskène du tarcoune ! 1er jour de notre monde !
Va falloir noter, sinon on ne va pas retenir.
Ce que je voulais dire,
c'est qu'à partir de maintenant, on vit comme on l'entend.
En soignant la Terre de toutes les souffrances qu'on lui a infligées,
et vivre les uns pour les autres.
Bravo, Jean-Paul !
Bravo, Jean-Paul.
Est-ce qu'on peut revenir au sujet principal : le manque de place dans cette yourte.
Ça devrait être le sujet de la réunion.
C'est pas une réunion, Victor, c'est un cercle de parole libre.
La réunion, tu la feras oundi matin avec ton comptable
Je n'ai pas de comptable.
Tu te marres ?
J'avais un fiscaliste, Jean-Pierre. Arrête un peu !
« Eh Blanchard, y a réunion ».
Excusez-moi de bosser pendant que vous profitez du système.
Écoutons Gaya.
Je suis d'accord pour parler du couchage, Victor.
Je suis prête à partager mon couchage. Je te l'ai pas dit, Dylan ?
- Tu me l'as proposé. - Ben alors ?
Victor, partageons le couchage.
Jeanne, c'est pas obligatoire. C'est sur base de volontariat.
Je ne suis pas volontaire.
M. Simon ! C'est à cette heure-ci qu'on arrive ?
Est-ce que les cercles de parole libre sont facultatifs ?
Non, je ne pense pas. J'imagine que tu as une bonne excuse ?
Pardon, Jean-Paul. J'ai trouvé ça dans la forêt.
Je me suis dit qu'on pouvait utiliser différents ustensils.
Super ! On peut juste revenir sur le problème du couchage ?
Tu me caches mon soleil !
Ça suffit, maintenant.
T'es allé fouillé dans les poubelles ? C'est dégueulasse !
Ouais, un peu.
J'ai trouvé ça dans une décharge.
Attendez !
Si ça se trouve, t'as marché sur une seringue !
Et il est contaminé !
Contaminé de quoi, enfin ?
La pandémie est foudroyante. Je serais déjà mort, Dylan.
Il a raison, vous êtes complètement débiles. Vous perdez pied.
Tout va bien, calmons-nous. Il va bien.
Merci de ramener un peu de raison...
Attention !
Tout le monde reste calme.
Peut-être qu'une petite quarantaine...
juste pour vérifier que tout va bien,
d'ailleurs, autant pour toi que pour nous.
Oui, Simon.
Comme vous voulez. Y a aucun souci.
Je m'en fous. Salut.
Merci, Simon !
Par contre, Simon, c'est juste temporaire.
Tu peux revenir par exemple fin couchecoune.
C'est dingue de se dire que c'est eux l'avenir de l'humanité.
Comme Adam et Ève.
Sauf qu'a priori, 2 filles ensemble vont avoir du mal à perpétuer l'humanité.
L'enfant est une fille ?
Ben oui.
Non ?
Je sais pas.
Corinne ?
L'enfant est une fille ou un garçon ?
On sait pas.
C'est comme pour le prénom, Gaya préfère lui laisser choisir son genre.
Elle veut pas lui imposer d'être un garçon ou une fille.
Donc, on sait pas.
C'est la Terre mère qui décidera.
D'accord.
- Maman, maman ? - Qu'est-ce qu'il y a, chérie ?
L'enfant m'a tapée.
Pourquoi t'as fait ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Margot a dit « c'est à moi ».
Tu viens là, le trans !
Tu vas te calmer et arrêter te faire ta loi, c'est clair ?
Dégage.
Ça va, ma chérie ?
Qu'est-ce que c'est ?
Vous avez trouvé ça où ?
Sous le hamac du chaman, là où il cache ses bouteilles.
On a trouvé ça chez Claude.
Claude est un clochard.
D'accord.
Ça change rien qu'il soit SDF. On exclut personne.
- Je dis pas qu'on l'exclut... - Si, on exclut les chlingueurs !
Dans la yourte, c'est un problème.
Ça ne vous dérangeait pas avant.
Avant, je croyais que l'odeur était dû à ses herbes.
La chlingue chamanique, ça fait magique. « Herbes de Provence » .
Alors que la chlingue de pauvres, c'est âcre.
Un goût de pus et de pisse.
- C'est clair. - On est d'accord.
Ils chient dans leurs frocs.
Ils ont pas le choix. Je juge pas.
Il me dégoûte.
C'est un asiate, en plus.
Et quand tu m'as fait un massage énergétique et sensoriel toute nue ?
C'est toi qui as dit énergétique. Je pensais que tu voulais qu'on ken.
Pas du tout ! T'as abusé de ma confiance.
C'est vous qui avez dit que j'étais chaman. Je sais même pas c'est quoi.
Tu dansais comme un possédé sous la pluie. On était censé penser quoi ?
J'étais bourré.
On ne peut pas le garder dans la yourte. Question d'hygiène.
Par rapport à la petite, ça me dérange.
Il chlingue !
Vous vous entendez parler, bande de nazis ?
On se fait traiter de nazis parce qu'on dit les vrais trucs ?
T'as qu'à me traiter de Babylone, pendant que tu y es !
Fermez-la !
Quoi ?
Écoutez, y a de la musique.
- Y a de la musique ! - C'est vrai.
C'est dingue.
Jean-Paul, attends !
Okay.
Ah, d'accord.
Simon !
C'est toi ?
Ouais ?
C'est quoi, cette cabane ?
C'est moi qui l'ai fabriquée.
Enculé, il a une cabane !
On peut venir ?
Je suis encore en quarantaine. Ça fait que 34 jours.
Oui, c'est vrai.
On vient, mais on fait attention.
On a qu'à faire ça !
Okay, comme vous voulez.
Par contre, je vous envoie le bac.
Enculé, il a un bac.
L'enculé !
J'ai pas encore terminé.
J'aimerais faire un coin lecture ou une salle de billard.
J'hésite encore.
Si j'ai des enfants,
je ferai une petite extension en hauteur
et la chambre partirait d'ici...
jusque là.
Sinon, le courant,
il part de là, produit par l'éolienne du balcon.
Ça marche pas super bien. C'est assez rudimentaire.
Toutes les vitres, déjà... Une magnifique installation.
Des encadrements de fenêtres que j'ai trouvés à la décharge.
Malheureusement, y avait pas de verres. Du coup, j'ai dû le fabriquer.
- Comment ça ? - Avec du sable.
C'est à dire ?
Le verre est du sable chauffé à 4 000° F.
T'es un génie.
- Je savais. - Mais, quand même...
Ça pollue, toute cette fabrication.
Je suis d'accord avec toi, Gaya.
Mais vu qu'on n'est plus que 100 sur Terre et que le capital environnemental est en expansion,
j'en ai conclu que l'impact...
ça n'avait aucun impact.
- Tu vas continuer à rester dans la communauté ? - Bien sûr !
Mais avec mon espace à moi.
En quarantaine, j'ai pas mal réfléchi.
En terme de liberté,
de créativité et de productivité,
notre mode de vie est plutôt un frein qu'une dynamique.
C'est pas contre vous.
Bien sûr.
On va te laisser, du coup.
C'est une alarme ?
Non, un interphone.
Comme je vous entends crier d'en bas, j'en ai plus l'utilité.
François, si tu le veux...
Ouais, ça me fait plaisir.
- Merci. - Sympa.
C'est vachement Babylone, ce qu'il a fait.
C'est complètement individualiste, comme mode de vie.
Exactement ce qu'on a fuit.
- Il va se faire chier tout seul. - Tu m'étonnes.
Vous êtes des malades.
Il doit kiffer, l'enculé.
Allô ?
Ouais, tu peux monter.
Je pensais à un truc : Simon n'est pas contaminé.
Non.
Du coup, on pourrait aller à la décharge.
Super, on fera du shopping de trucs trop moisis !
C'est trop bien !
Au secours, les gars !
Maéva...
Moi, j'aime bien la récup.
Claude, tu dors pas dans la yourte ce soir.
T'as bien fait de la ramener, le chlingueur !
Vous êtes grave.
Le code est 3B628.
Chérie ?
- Chérie ? - Quoi ?
- Ne me suivez pas, je vais chier. - Ah, d'accord.
Si vous cherchez la décharge c'est de ce côté-là, vers la rivière.
Merci, Simon!
C'est débile. Je vous comprends plus.
Aller vous battre sur une décharge pour un vieux vélo, un ordi pourri,
ou un... aspirateur de table !
Vous pensez franchement que ça va nous avancer ?
Les copains, regardez. J'ai trouvé 2 moutons à la décharge.
Super !
Ça, c'est de l'initiative pour le collectif.
Bravo, Dylan !
On pourrait exploiter leur laine.
- Les bouffer est plus égalitaire. - Carrément !
Si on les fait se reproduire, on a un joli troupeau.
Comme ça, on aurait de la viande tous les jours.
Sinon, on en mange qu'un des 2, et on garde l'autre pour faire un troupeau.
- Il est fascinant, le mec. - Très chelou.
On les bouffe !
J'ai une dalle ! De la viande !
On y va, Jean-Paul ?
- François, je t'en mets 2 ? - On s'en fout, bute-les !
- Jean-Paul ! - Je peux pas.
Si au moins, il étaient agressifs. Mais là, ils sont tout...
- C'est peut-être un signe. - C'est bon.
Je vais le faire.
La vache !
Bon appétit, les copains !
On dirait que t'as fait ça toute ta vie.
Enfin, ça fait toujours quelque chose d'ôter la vie.
- T'as appris ça à la ferme en Normandie ? - Non, en Syrie.
En Syrie ?
- T'as égorgé des moutons en Syrie ? - Ouais, des moutons aussi.
Les moutons sont plus durs que les gens, techniquement.
Les gens, tu peux les attraper par les cheveux. Surtout les femmes.
Alors qu'avec les moutons, tu peux pas.
Par contre, un peu de respect, s'il vous plaît.
Des gens sont morts.
Je vais reprendre ton couteau, si tu veux bien.
Pas de souci.
Au boulot !
C'est pas crade, de le manger ?
- Pourquoi ? - Il gambadait sur la décharge.
Elle a quoi ?
Un afflux de protéines dans le sang.
Comme elle est végétalienne depuis 16 ans...
Prends ça.
Ça va pas ?
N'importe quoi.
Truc de ouf !
Simon !
Oui ?
T'as un vélo d'intérieur à l'extérieur ?
Oui, c'est un vieux cadre que j'ai retapé de la décharge.
Je peux en faire ?
S'il te plaît. Je ferai tout ce que tu veux.
C'est trop bien !
Ça me rappelle le club mec gym. Ça me rend grave nostalgique.
Tu peux prendre une douche après.
L'eau est gelée à cette heure-ci. J'ai un reste de déo.
J'ai de l'eau chaude.
T'as de l'eau chaude ?
Grâce à l'énergie générée par le vélo.
Mais toi, comment je t'aime !
Oh là là, c'est trop bon !
Oh là là, ça s'arrête jamais !
Ben dis donc !
Elle l'a payé comptant, sa séance de fitness.
La nana donne son corps pour l'entretenir.
C'est le serpent qui se mord la queue.
J'adorerais qu'elle me morde la queue.
François !
Doucement, c'est quand même ma fille.
- C'est chiant ! - Pardon...
Comment ruiner 50 ans de lutte féministe en un quart d'heure.
Faut se calmer avec ta lutte féministe.
Pardon ?
Ça demande pas une détermination folle de pas s'épiler la chatte.
- Il est sérieux ? - Ouais !
Avant, vous étiez payées moins, sous-représentées dans des métiers,
maintenant, on est tous égaux.
J'en ai marre des lesbiennes refoulées, en train d'aboyer.
T'aimes pas la bite, pas la peine d'en dégoûter les autres.
Encore moins de faire porter le chapeau aux hommes. T'assumes.
T'es en train de tourner complètement con.
Personne ne va rien dire ? On va le laisser déblatérer ?
François, autant tu peux t'exprimer,
dire tout ce que tu penses,
autant la façon est complètement inapropriée.
Arrête avec ta théorie de communication non-violente.
Mets-la toi au fond de ton cul !
Si je suis en colère, je m'exprimerais de façon colérique !
Tu permets ?
Bande de néo-réacs de merde !
T'as pas un petit quelque chose pour moi ?
Même un sourire.
Dans l'histoire des hommes, c'est la passivité et la sagesse...
Faux !
La non-violence n'est pas un choix.
C'est leur corps qui le leur impose. Regarde-toi.
Sache, mon petit bonhomme,
qu'avec ce corps, je fais ce que je veux.
Sauf soulever des trucs lourds, couper du bois, porter des enfants,
protéger ta fille...
Tu peux faire tes lacets.
Stop.
Premièrement, c'est par parce que monsieur est le frère de Gaya
qu'il peut se permettre d'être désagréable avec tout le monde.
Deuxièmement, si on ne t'hébergeait pas ici, tu serais en taule !
Musique !
Allez.
- Salut, Simon. - Salut, Dylan.
Ce serait possible d'utiliser la douche chez toi ?
Bien sûr, avec plaisir.
Génial.
Tu me donnes quoi en échange ?
En échange ?
Ben oui.
Enfin, Simon...
Je suis pas Maéva.
Je peux pas faire payer Maéva et pas les autres, tu comprends ?
C'est marrant...
Tu es sacrément costaud.
Tu fais du sport ?
- Un peu. - Je vois ça.
Je pourrais te proposer quelque chose de régulier.
À hauteur d'une fois par semaine, pour l'hygiène. Ça te dirait ?
Pas forcément quelque chose de régulier.
J'ai juste besoin d'une douche.
J'en peux plus. Juste une.
Je te suce.
- Pardon ? - Rien.
Je te suce.
Non, je suis pas du tout là-dedans. Pas du tout dans ce sens là.
Ah, tu me suces ?
Oublie.
- On va trouver autre chose. - Fist ? La noisette ?
Tu arrêtes, Dylan.
Pardon, Simon.
- Ça te va ? - Parfait.
Ouais !
Oui !
C'est pas possible !
C'est de l'esclavage sexuel.
C'est bon, la harpie.
T'aurais besoin d'une bonne douche. Ça te rafraichirait les muqueuses.
Putain !
Je vais lui éclater la tête !
Lâche-moi !
Simon !
C'est Jean-Paul.
Ouais ?
Salut.
Je viens te parler au nom de la communauté.
On n'est pas très contents de la façon dont les choses ont évolué.
Ça met une sale ambiance.
Ça divise. Rapport aux inégalités, tout ça...
Tu as dîné ?
Euh, non.
Ce qu'il faut comprendre...
Ce poisson est divin !
L'électricité et l'eau chaude, c'est génial ce que t'as fait.
Tout le monde est fier de toi.
Mais si tu n'en laisses profiter que certaines personnes,
ça divise, tu comprends ?
Tout à fait.
Très bon, le poisson.
Il parlemente.
C'est ce qu'il faut faire. Ça a l'air de marcher.
C'est cool.
A priori, il va revenir avec des propositions.
Je pense.
Oh, c'est bon !
Putain de bâtard ! Je suis sûr qu'il l'a eue gratos.
C'est bon quand c'est chaud.
Tu te rends compte de ce que tu dis ?
Difficile de lui reprocher quelque chose. C'est à lui, tout ça.
On a aboli la propriété.
On rentre dans une société à 2 vitesses, tranquillement.
Vous avez pas un truc à manger ou un bout de savon ?
Putain ! Merde ! Claude !
On a dit pas moins de 10 m des lieux de vie.
Tu pues, t'es dégueulasse. T'es plein de punaises, dégage !
Putain, mais dégage !
C'était pas le projet de société, Jean-Paul.
On peut pas laisser Simon faire ça.
Non ?
On n'est pas des...
Non, on n'est pas...
Du coup, tout le monde est trop vénère contre Simon
et c'est normal.
Depuis qu'on lui a donné sa cabane, il est clairement avantagé.
Donc, voilà.
Attends, elle parle aux arbres ?
Ouais.
Il verra peut-être la vidéo un jour...
Qu'est-ce qu'elle fait ?
En fait, elle pense qu'elle est dans une télé-réalité.
Comme ce qu'elle regardait avant. Elle croit que tout ça est un jeu.
Oh putain, la vache !
Ils vont l'éliminer cette semaine.
On peut pas garder un membre défectueux dans le groupe.
Faut jouer, quoi.
On va pas se faire enquiquiner par des bolos qui font chier les filles.
C'est sa façon de faire face aux événements.
Ne lui dis rien.
Si ça peut maintenir son équilibre.
Carrément. C'est notre secret.
Je vais pas aller la voir : « Dis donc, t'es dingo ! »
Pas dingo, mais...
Je peux compter sur toi, ça fait plaisir.
Il nous faut un nouvel arrivant. On a besoin d'air. On craque.
- Salut. - Ça va ?
- Ça va, et toi ? - Super.
Je voulais te dire un truc,
qui te concerne.
C'est que...
C'est...
C'est la prod qui m'envoie.
J'en étais sûre !
Exactement. C'est ce qu'ils m'ont dit.
Ils m'ont dit qu'apparemment, t'avais capté
qu'il y avait un jeu, des caméras...
J'ai tout cramé direct !
T'es trop forte !
Les téléspectateurs envoient plein de messages.
Tu cartonnes.
- Des hashtags sur moi ? - Ouais.
C'est trop bien ! Je suis trop contente !
Donc, ils m'ont dit...
Voilà la bonne nouvelle.
A priori, tu serais en tête des votes.
T'es pas sérieux ?
Ouais, c'est dingue.
Je suis trop contente !
Par contre, le bémol :
tu serais talonnée par Philippine.
Du coup, il faudrait que tu fasses un truc un peu sexy.
Que tu fasses l'amour avec le plus beau gosse de l'aventure.
Ah, quand même ? Que je fasse l'amour ?
- Je couche, je gagne ? - Couche, gagne.
Trop bien, c'est facile !
- C'est un jeu ! - On s'amuse.
Et ça me donne des points ?
Ça te monte grave les points.
Ce serait ouf !
Complètement ouf.
On rigole, quoi.
OK, je dois choisir le beau gosse.
Dans le groupe, c'est chaud.
Attends...
Genre Sim...
Non, François ?
Quoi ?
Simon, alors.
- J'ai pas dit le plus gros gosse. - Pardon.
Une idée bizarre !
Il est dégueulasse !
Pas François, pas Simon. Y a Dylan.
Non, le beau garçon.
Tu t'es assez confessée. Viens, maintenant.
C'est moi, le beau gosse.
Petit cadeau.
Une carotte ?
Ça me fait de la peine, ce qui t'arrive, mon Claude.
La vraie richesse, c'est toi qui l'a. C'est pas le confort, la richesse.
La richesse...
elle est dans le cœur.
J'ai compris ça quand je suis allée construire une école au Mali.
J'ai pris la plus grosse claque de ma vie au Mali.
Alors que t'étais venue les aider ?
Quelle bande de sauvages, ces Noirs !
Je pensais devenir maître de mon destin en rejetant la religion, pour me libérer.
Mais c'était juste pour faire chier mes parents, en fait.
En mangeant de la viande, poundi midi,
j'ai compris un truc.
S'affranchir des règles est devenir l'esclave de ses pulsions.
Ça me travaille.
T'arrives à prendre du recul par rapport à ta vie, mon Claude ?
C'est simple. Au début, j'avais un travail.
J'étais chaman.
Après, j'ai été licencié. Ça a été l'engrenage.
J'ai été expulsé de chez moi, j'ai plus eu accès aux douches...
- Je suis tombé dans la came. - La came ?
Un soir, j'avais faim. J'ai mangé ça au hasard.
C'est de la dature. C'est hyper dangereux !
J'appelle ça « l'esprit du mulot ».
La 1re fois que j'en ai pris, j'ai rien compris.
Je m'étais réveillé le matin, je m'étais enfilé un mulot à chaque doigt.
C'était bizarre. J'ai voulu en reprendre.
La toxicomanie, au début, t'en prends le soir pour te remonter le moral.
Après, t'en prends au petit déjeuner pour passer une bonne journée.
Mais ça me fait plus rien !
Regarde, je te parle. Je me suis chié dessus.
Je m'en fous.
Parfois, je me demande si c'est pas une punition divine, cette pandémie.
Un signe de Dieu, quoi.
Putain !
Tu baves vachement, quand même !
Cher Claude, c'est la drogue qui t'a emporté.
Et aussi sans doute une trop grande sensibilité
qui t'a perdu sur les chemins de l'addiction.
Alors que tu étais présent parmi nous, tu avais souvent des absences.
Maintenant que tu es absent, tu seras à jamais présent dans nos cœurs.
Avec ton mode de vie bien à toi,
tu ne faisais rien comme tout le monde.
Mais tout le monde t'aimait.
Merci, Claude.
C'est pas la drogue qui l'a tué, c'est nous !
- On est des salauds ! - Arrête, c'est pas de notre faute.
C'est le système. C'est Simon.
Il est tranquille là-haut. Il a laissé Claude crever tout seul.
Il en a rien à foutre de nous.
Il tire les ficelles et on est obligés de trimer !
Arrête, Gaya ! Simon a fait des efforts.
S'il y a un problème à résoudre, c'est tous ensemble.
On est tous ensemble !
Il est où ? Dans son château ! Il n'est pas venu à l'enterrement de Claude !
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu lui fais coucou !
Je réponds coucou.
- Pourquoi tu réponds coucou ? - C'est la moindre des politesses.
Arrêtez, maintenant !
Respectez le mort !
- Si Hitler fait coucou, tu vas pas faire coucou ? - Rien à voir !
On respecte Claude. Victor, Dylan...
Adieu, Clo-Clo.
Il aurait adoré qu'on l'appelle comme ça.
N'importe quoi.
Y a quand même beaucoup de tomates.
C'est pas comme si on roulait sur l'or.
Vas-y.
Attention, Dylan!
Fais gaffe !
- Saute ! - Je sais pas nager !
Saute !
Salut, Dylan.
Je ne voyais rien d'ici. Je ne savais pas que c'était une cérémonie.
J'aimais bien Claude. J'étais pas au courant.
Forcément, quand on vit dans un château !
Y en a marre d'être tes esclaves.
Pour me faire pardonner,
je vous offre à chacun une douche en prime par semaine.
C'est vrai ?
- Non ! - Quoi ?
- Non. - Ben si !
Super, je prends la douche.
Pour une douche, t'abandonnes tout ?
Le principe de l'hygiène.
Tu peux pas nous acheter. On veut être tes égaux.
Simon !
- Qui a fait ça ? - T'es débile ou quoi ?
Sors !
On est désolé. Il n'a pas fait exprès.
Hein, que tu ne l'as pas fait exprès ?
Dis ce que tu voulais lui dire.
Je t'aime.
Va te faire enculer !
Je vous emmerde !
Assieds-toi.
On parle pas comme ça à un enfant !
Tout va bien, d'accord ? Respire !
T'es pas bien, avec nous ? Libéré de tout ce matériel.
Eh, les copains ?
Je suis con, en fait. J'avais pied.
J'ai raté quelque chose ?
T'es dégoûté, non ?
Tu vas où ?
Simon ?
Où est Simon, Jean-Paul ?
Je sais pas. On l'a pas trop vu récemment.
- C'est grave, Jean-Paul. - Ah bon ?
Une communauté, c'est quand tout le monde fait attention à tout le monde.
Pars vers le nord.
Trouve Simon.
Le problème, c'est qu'il est parti avec les boussoles.
- Salut, Jean-Paul. - Attends...
C'est comment, de l'autre côté, exactement ?
Ça, non. Pas le droit d'en parler.
Interden.
Interdidden.
Forb...
Tout ce que je peux te dire, c'est que tu vas être très surpris.
Pas forcément agréablement.
S'il vous plaît, écoutez tous.
S'il vous plaît.
Aussi bizarre que ça puisse paraître, j'ai eu une apparition.
Patrice est venu me parler.
T'as vu Doudou ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Qu'il fallait partir chercher Simon, en direction du nord.
Du coup, on va constituer une équipe de recherche avec les plus solides.
Dylan, Victor...
Quoi ? Non.
Que des mecs, quoi ! Les nanas peuvent pas marcher en forêt ?
Pas du tout. Tu peux venir avec nous, Gaya.
Prends ma place, je m'en fous.
Qui est volontaire pour partir ?
Vous n'êtes pas sérieux ?
Vous allez laisser dépérir un camarade ?
Il allait bien ? Il avait son k-way ?
Écoutez-moi bien parce que ça va être très simple !
Si personne ne vient avec moi à la recherche de Simon,
je quitte la communauté.
Avec la mort de Claude, le pogrom et les conflits incessants,
j'en ai au-dessus de la tête.
Prouvez-moi que vous valez mieux que ça !
Qui vient avec moi ?
Merci, François.
Non, je vais chier. Mais je t'écoute.
Mais il a dit quoi ?
Qu'il allait chier.
Maéva, je vais devoir quitter la communauté.
C'est trop dommage. T'as sûrement plein de points.
Parle à la prod. Victor, dis-lui. Si ça se trouve, il est 3e.
Écoute-moi bien, la prod : à partir de maintenant,
tu vas laisser ma fille tranquille.
- Ouais... - C'est quoi, cette histoire ?
Je sais pas de quoi tu parles.
Papa, t'es sérieux ? Tu nous laisses ?
Jean-Paul, attends. Il a dit quoi, Doudou ?
Il se barre vraiment ?
Attendez, comme on va faire sans Jean-Paul ?
Ça va être qui, le chef ?
- Jean-Paul a jamais été le chef. - Un peu, quand même.
Non ! Tout va bien !
Arrête la guitare, par contre. Ça me rend dingue.
Je fais ce que je veux, Victor.
Donc, y a des chefs, finalement ?
Ben alors, petit bonhomme !
Enfin...
Justement, je voulais savoir. T'es une fille ou un garçon ?
T'as une bistouquette ?
Tu connais la différence entre une fille et un garçon ?
Je vais compter jusqu'à 3.
À 3, je regarde. Ce sera notre secret.
1,2...
Tu fais quoi exactement ?
Ça va pas, la tête ? Viens là, mon poussin.
Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Il t'a touché ?
Il a peur ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?
C'est ridicule Il ne s'est rien passé.
T'es malade !
Viens, tu vas téter maman. T'es un grand malade !
- Y a rien eu. - T'approches pas.
On discutait.
- Petit ! - Gros dégueulasse !
- Les manigances politiciennes ! - Aucune manigance.
- Moi, c'est le cœur. - À Gaya de répondre.
C'est l'arbre qui cache la forêt. Le vrai problème,
c'est qu'on va à l'extinction de l'espèce.
- À cause des inégalités sexuelles. - Quoi ?
Parfaitement.
Y en a qui sont motivés pour reproduire l'espèce,
mais d'autres décident égoïstement qu'ils ont pas envie de coucher.
Tu peux pas demander à quelqu'un de coucher s'il ne veut pas.
Celui qui veut a un droit aussi.
On va pas nier son droit à lui. C'est discriminatoire.
Son programme, c'est légaliser le viol.
Ça pose un problème à personne ?
Super programme !
Pardon, Victor.
Violez pour moi !
Peut-être que tu serais partant si on incluait les enfants ?
Attention.
C'était son secret ?
C'est un pédophile ?
N'importe quoi. Gaya !
Il m'a propose de m'attoucher. La 1re fois avec de l'huile.
Les langues se délient.
C'était ça, l'histoire de la prod ?
Genre, elle est folle. Tu t'étais bien foutu de ma gueule !
- Non, elle voulait... - Pauvre type !
Elle avait des rougeurs.
- C'est bon. - Non, c'est pas bon.
Si, on passe au vote.
Un vote truqué !
Enculé !
La violence ne résoud rien, Victor.
- Simon ? - Vers ta gauche.
Ouais ?
En bas.
Qu'est-ce que tu fous là ?
Il faut que tu reviennes. Gaya a pris le pouvoir.
C'est une dictature.
On y retourne, on la renverse.
- Je ne peux pas. - Bien sûr que si !
Je ne peux pas.
Simon, regarde-moi. Tu viens avec moi.
Je te regarde et je me nourris de lumière.
Je suis très bien.
- Il faut que tu prennes de la viande. - Dégage !
Qu'est-ce qui se passe ?
Je l'ai baptisé le lapin taser. C'est pour capturer les lapins.
Génial.
Ça marcherait pour des animaux plus gros, type vaches ?
Chérie ?
Ne le regarde pas, Margaux. Ça va aller.
T'as vu cette mascarade d'élection ? C'est ridicule !
Je vais la renverser.
Tu ne me touches pas, d'accord ?
C'est quoi, ces histoires de pouvoir ? J'en peux plus de tes conneries !
Tu vas devenir la femme du chef, chérie.
- Le chef de quoi ? - Du groupe !
De quoi tu parles ?
La femme de qui ? Je ne suis plus ta femme.
- C'était très beau. - Merci, Dylan.
Je vais y aller. J'ai encore 2-3 corvées.
Reste un peu.
On fait un câlin.
J'ai rien contre toi, Gaya. J'ai la migraine.
Il me reste 2 Dolipranes. Je t'en file 1 et je te baise.
- J'ai du gingembre, aussi. - J'ai pas envie.
Tu fais chier !
- Je vais pas me forcer ? - Et si j'ai envie ?
- Victor, dégage ! - Reste assis !
Ferme ta gueule ! Pose la guitare !
Pose-la !
Ta gueule !
C'est quoi, ce bordel ?
Ça ?
Normalement, c'est un lapin taser.
Un quoi ?
Mais aujourd'hui,
c'est un grosse vache taser.
Un quoi ?
C'est pas mal, ça.
Ça sert à quoi ?
Tu le branches.
y a un peu de pression... et bim !
Ne traverse pas ma parcelle !
Merde !
Tu sors !
Tu sors !
Maman !
Quoi, chérie ?
- C'est Simon. - Tu fais chier, Simon !
Qu'est-ce qu'il y a, chérie ?
Ça va ?
Chérie !
C'est ma fille aussi !
Non, papa, non !
On n'a qu'à construire un mur pour se protéger.
Si on construit un mur, est-ce qu'on ne s'enferme pas nous-mêmes ?
Au fait,
comment va Maéva ?
Comme une fille qu'a découvert la tête de son père au bout d'une pique.
C'est mon père !
Bof.
C'est un peu risqué.
On va envoyer quelqu'un leur parler.
Si ça se passe mal, on les massacre.
Voilà, Gaya, on a découvert des survivants.
Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
Ils nous ont fait comprendre, d'une certaine manière,
qu'ils voulaient parler à notre chef.
C'est toi, le chef. T'as fait un putsch, Victor.
Je t'ai un peu putschée, c'est pas grave.
Si, c'est grave, Victor.
C'est une prise de pouvoir anti-démocratique, c'est violent.
Le mot « putsch » est mignon. D'où ce serait agressif ?
C'est pas si facile que ça. Vous m'avez mis en taule !
J'ai pas vu mon enfant... Il est où ?
Il dort... il joue.
Après, il s'est endormi.
Qui s'en occupe ?
- Tout le monde s'en occupe. - Il va très bien.
- On le coiffe. - Il est souriante.
Je voudrais le voir.
C'est marrant que t'en parles. Je lui ai dit « Viens voir ta mère ».
Il a fait « Non ».
« Je veux pas voir maman ».
Pourquoi ?
Parce qu'il m'a dit...
« J'aimerais que maman accepte d'être ambassadrice chez les survivants, »
« et j'ai peur qu'elle dise non. Je veux pas être là, j'aurais trop honte ».
Il a honte de moi ?
« De toute ma vie, je veux plus lui parler ».
- « Je m'en bats les couilles », il a dit. - Les couilles ?
Donc c'est un garçon.
Vous êtes nomades ?
Vous êtes tactiles.
Ça a l'air d'aller.
Vous êtes le seul qui a des lunettes.
Faudrait peut-être y aller, parce qu'ils vont penser qu'elle est la chef.
Arrête, François !
On est comme une famille.
On est une famille.
Alors oui...
on a eu nos passages à vide, mais quelle famille n'en a pas ?
J'ai aujourd'hui une pensée émue
pour tous ceux qui nous ont quittés trop tôt.
Je pense à des gens valeureux, des gens avec des convictions,
Jean-Paul,
Claude,
la courageuse Gaya.
Dieu qu'elle était courageuse. Elle y va, la meuf, les mains ouvertes.
Ils en avaient rien à foutre de son courage. Ils l'ont ken.
Comment ils ont fait ?
Ils ont pas de cœurs. Ce sont des sauvages.
Ayons une pensée pour tous ces morts.
Y a Patrice aussi.
Qui ça ?
- Patrice, au début. - Je vois pas.
Le stérile. Il est mort de la pandémie. Il avait des lunettes.
Plein de gens en ont.
Y a sa femme, là.
Oui, c'est vrai ! La vache !
C'est ton mari ? Comment il va ?
- Très courageux. - Hyper courageux.
Oui.
Patrice ? Patrick ?
Patrice !
C'est mon mari !
- C'était son mari. - Quand même !
Ben oui.
- C'est doudou. - C'était doudou.
Pour doudou.
À doudou ! À doudou...
Mes frères, mes sœurs,
préparons-nous pour ce combat
pour défendre nos valeurs contre la barbarie.
Soyez courageux...
et vaillants !
Victor ?
Non, pas maintenant. T'es mort.
Et si, Victor.
Non, désolé.
C'est simple. Faut pas partir en guerre, Victor.
Il vaut mieux se laisser tuer et éviter la violence.
Parce qu'avec la violence,
tu perds ton âme, Victor. D'accord ?
L'âme est plus important que la vie.
Ça dure plus longtemps.
Ça dure même tout le temps.
Sans déconner.
Tu vas tuer des gens, Victor.
Et un gens moins un gens moins un gens
égale plus de gens.
Pense aux gens.
Pense aux gens, Victor.
T'as peut-être raison.
Allez. On va aller massacrer ces enculés.
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