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Musique enjouée.
Sirène.
Les chocs de la presse continuent.
Musique guillerette
Antoine, mon petit.
Tu as fait un mauvais rêve ?
Un cauchemar.
Nounou, je rêvais que je travaillais.
Oh, mon pauvre petit.
Vite, rentrons.
Tu t'es assez fatigué pour aujourd'hui.
Cher Nounou,
depuis 25 ans, je bénis le déraillement
qui a tué mes parents.
Jamais orphelin ne fut plus heureux que moi
sous la tutelle de son grand-père.
Antoine, ne fais jamais d'effort.
La fatigue, voilà l'ennemi.
Il faut, pour réussir partout et toujours,
ne jamais travailler.
C'est une erreur
de croire que la paresse soit un défaut.
C'est au contraire la mère de toutes les vertus.
Mais la Bible dit : "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front."
Mais après le péché originel.
Avant, l'homme vivait comme un paresseux.
Toutes les religions ont décrété le repos hebdomadaire.
Les fidèles ont conscience d'offrir leur paresse au Seigneur.
Fais voir.
Rajoute un doigt de Chartreuse.
Vendredi, Arabes.
Samedi, Juifs.
Dimanche, chrétiens.
Et la semaine des quatre jeudis.
Échec et mat.
C'est pourquoi, je vous le dis,
ne vous tourmentez point
de ce que VOUS pourrez manger POUF vivre.
Observez les oiseaux du ciel.
Ils ne font point de semailles ni ne moissonnent.
Ils n'entassent point dans les greniers
et notre Père les nourrit.
Prends-en de la graine.
Être moineau.
Ça, c'est un art que tu possèdes de naissance.
Dieu nourrit les moineaux.
La société te nourrira.
L'important, c'est de se faire réinviter.
Le secret :
Sois un homme charmant.
Souris avec les délicats.
Ricane avec les cyniques.
Esclaffe-toi avec les sots.
Indigne-toi avec les sanguins.
Lamente-toi avec les mélancoliques.
Et avec les bavards...
Je les laisse parler.
Hein ?
Musique douce.
Tu disais ?
Le satellite disparaît
derrière l'anneau extérieur. "L'anneau extérieur."
Tout doucement. "Tout doucement."
Tout doucement !
Tout doucement !
Mais songe donc, petit malheureux, misérable ver de terre,
que Flammarion lui-même
disait... Attends...
"Nous voguons dans l'immensité"
"avec une vitesse mille fois plus grande"
"que celle d'un train rapide."
"Merveilleux mécanisme sidéral,"
la Terre, plus douce que la gondole
"abandonnée sur le miroir des lagunes de Venise."
"La Terre glisse"
"majestueusement"
"sur son orbite idéale."
"Tout ce qui est divin est sans efforts."
Eschyle.
Pauvre Antoine Mirliflore.
Je me suis occupé des intérêts de votre grand-père
de son vivant. Quel philosophe charmant,
mais d'une imprévoyance !
Vous savez que la vente de ses propriétés, celles non hypothéquées,
couvrira à peine
les frais de succession.
Mon cher maître, que peut-on demander de plus ?
♪ Admire votre sang-froid devant un tel désastre.
Il ne vous reste plus rien.
Mon pauvre monsieur.
Sans parents, sans relations.
Vous voilà bien seul.
Je me permets de vous présenter à un de mes amis.
Il vous aidera à trouver un métier, une situation.
Une situation, moi ?
Finies, les éternelles vacances. Il faut travailler, jeune homme.
Travailler, moi ?
Cher maître, il n'en est pas question.
Mais... mais...
Bonne vie, messieurs.
Musique guillerette
Paris,
à nous deux.
Un homme sifflote.
Vous avez d'autres pliants ? Oui, non, enfin...
Fait pas chaud.
Qu'est-ce qu'on voit, là-dedans ?
Le cosmos.
Ah ?
Conversation en anglais.
Get a look in there.
I see nothing.
On voit rien.
Non, non, rien.
Pay 'mm.
Ice cream, peanuts,
cacahuètes...
Special photos.
David, look at that !
Il rit aux éclats.
That's good. Look at that.
David.
Cochon !
Rire décontenancé.
Tu parles d'une clientèle...
Oh, je me désespère pas.
♪ Ai commencé par vendre des journaux.
Moi, Balthazar, oui.
Comme Henry Ford, mais moi, j'ai pas oublié d'être con.
♪ Ai étudié la conjoncture économique.
Crois-moi, l'avenir, l'ice cream.
Tout Paris.
Dans 10 ans, partout.
"Bathazar Ice Cream."
"Balthazar Marrons Chauds", ça te tente pas ?
Comme ça, on voit rien dans ton truc ?
♪ Ai une petite qui habite juste en face.
5, place Saint-Pierre. Une petite ?
Oh là là ! Jolie ?
OÙ ça ?
2e fenêtre à gauche, au coin de la rue.
Charmante. Elle n'est pas mal.
Pas mal du tout.
Elle a le téléphone ? Montmartre, 10-12.
Tu as un jeton ? Et comment !
Elle se nomme ? Nicole.
Nicole.
Nicole.
Le téléphone sonne.
Allô ? Allô, Nicole ?
Oui ?
Il ne faut jamais noyer un géranium.
Qui est à l'appareil ?
Antoine. Ne posez pas votre arrosoir en équilibre, il va tomber.
Eh bien, rasseyez-vous.
Voilà. Vous êtes beaucoup mieux comme ça.
Vous savez que le rose vous va très, très bien ?
Oh, merveilleux !
Je ne connaissais pas cet aspect
de votre personnalité.
Oh, vous n'êtes qu'un...
grossier personnage,
un malotru, un ignoble individu,
un gibier de potence, un imbécile. Non...
Vous trouvez ça drôle ? Nicole,
Nicole, Nini, c'est Balthazar.
Écoute, chérie. C'est toi ?
Nini... Adieu.
Très drôle, ta plaisanterie.
Très drôle.
Tu es témoin de l'effondrement
d'un grand amour.
Ne fais pas de bêtises.
C'est dans l'épreuve que se révèlent les grandes âmes.
C'en est trop, je vais la voir. Pas dans ton état.
Si ! J'y vais, je suis responsable.
Je vais arranger ça.
Merci. Nous sommes assez amis.
♪ Ai toujours su que je pouvais compter sur toi.
Ne te montre pas avant demain, tu gâcherais tout.
Ah, le bon garçon.
Musique enjouée.
Pleurs de bébé.
Encore là ? Toujours dans mes pattes !
Je suis désolé.
Exclamation satisfaite.
Ah, merci.
Allez.
Musique enfantine.
Charmant.
Bien.
Il siffle. L'oiseau lui répond.
Parfait.
Oh !
Mais qui est là ?
Antoine ?
Bah, où êtes-vous ?
C'est qui, ce type-là ?
Oh, Nicole...
Comment me faire pardonner ?
♪ Ai passé des heures affreuses à l'idée d'avoir blessé
cette pauvre petite fragile chose.
Je suis un misérable.
Le funiculaire brisant mon corps aurait été une mort trop douce.
En pénitence, j'ai monté les 6 étages à genoux.
Insuffisant.
Que faire pour vous donner cette juste vengeance ?
M'offrir en holocauste ?
Me voici. Je suis à votre merci.
Injuriez-moi, battez-moi, tuez-moi.
Bah vous, alors.
Ah, elle m'a pardonné.
Oh, grande dame, noble Nicole.
Généreuse, Nicole, admirable Nini.
Puis-je vous tenir compagnie ?
Vous, alors.
"Tout ce qui est divin est sans efforts."
Antoine.
Antoine, le café est prêt.
Je vais travailler.
À tout à l'heure, chéri.
La porte se referme.
Oh, le Sacré-Cœur.
Musique romantique.
Allô ? Oui ?
Qui ?
Balthazar ?
Oh, oui...
Calme-toi, mon vieux.
Oui, mais je t'expliquerai.
C'est ça, monte.
Dis donc, tu peux m'apporter des croissants ?
Merci, vieux. À tout de suite.
Musique haletante.
Un chat miaule.
Sale bête !
Antoine, le grossier personnage.
Primo, fais-moi le plaisir de quitter ma robe de chambre.
Du café ?
Mais tu te crois chez toi ?
Je t'avoue que j'ai passé la nuit ici.
Je ne pouvais pas dormir sous les ponts.
Nicole est une fille épatante.
Tu es inquiet.
Mais crois-moi,
je ne l'ai pas touchée.
Oh ! Mais t'as pas vu ta tête.
♪ Ai peu dormi, j'avoue.
Nicole, sous le coup de votre rupture,
m'a parlé de toi toute la nuit.
Ah ? Oui, je commençais même à te maudire.
Elle est folle de toi.
Oh !
Tu veux que je te dise ?
Tu fais fausse route. Ah ?
Les femmes, c'est fragile.
Particulièrement Nicole.
C'est un petit biscuit.
Une pudeur, une sensibilité, une portée de sentiments.
Nicole... Je te le dis.
♪ Avoue que je ne la voyais pas sous cet angle-là.
Change ton point de vue.
Elle déteste les jaloux.
Sois d'humeur égale, désinvolte, charmant... Elle est à toi.
Elle est à moi ?
Merci, Antoine.
Non, j'ai compris.
Dans le fond, Nicole,
c'est une... Vu.
Tu travailles, aujourd'hui ? Non, repos.
Ça va se lever. Moi, pas.
Oh, mon petit.
Tu n'arriveras jamais à rien comme ça.
La vie est un combat.
Struggle for life.
La loi de la jungle.
Tu vas vendre des glaces par ce temps ?
Toujours la position de repli.
Jamais pris au dépourvu.
I am a fighter, you see ?
Si Nicole m'admire, c'est parce que j'en ai.
Dans 10 ans...
La Rolls, le yacht,
le valet de chambre chinois,
la coupe Davis.
La vie, quoi. Et aujourd'hui ?
Aujourd'hui, la bricole, d'accord. Mais je suis sur un gros coup.
La photo-stop, ça t'intéresse ?
C'est pas fatigant. Ah...
Je vais chercher le matériel.
Rendez-vous dans une heure.
Je te laisse les cigarettes ? Oui.
Et n'oublie pas, petit.
Struggle for life.
À cheval !
Il imite un hennissement.
Elle est pas foutue de me repasser ma chemise ?
Je sens que je ne vais pas moisir ici.
Musique amusante.
Psst !
Mademoiselle !
On frappe à la porte. Ernestine.
À midi, vous ferez du veau aux carottes.
Bien, madame.
Madame, mam'zelle, je viens pour la fuite.
La fuite ? Oui, dans la salle de bain.
Y a eu des plaintes. Ce sera pas long.
Dans le couloir, 1re porte à gauche.
Psst, monsieur !
Monsieur !
Vieux dégoûtant !
Moi ? Allumeuse !
Silence ! C'est vous, la fuite dans la salle de bain.
Moi ? Oui, j'y mets pas les pieds.
Je retiendrai la note du plombier sur vos gages.
À propos, qu'est-ce qu'il fabrique ?
Je vous interdis d'acheter de l'huile dans du plastique.
Oh, pardon.
Voilà qui est fait.
Ça marche.
Vous auriez une serviette ?
Musique guillerette.
Mes hommages, madame.
Il est charmant.
Pas possible, le barbu ? Oh, le cochon !
Ça reste entre nous.
Vous me connaissez. Pardon, mesdames.
Belle averse.
Le 10 de pique sur le valet.
Te voilà. Vos pieds !
Quoi ?
Vos pieds ! Vous salissez tout.
Oh, pardon. Excusez-moi.
Et dix de der.
Merci, Émile. Alors demain, même heure ?
Vous resterez bien
à déjeuner, M. Antoine. Ah non !
Non, non.
On est déjà assez en retard. Il siffle.
La photo, ça prend un développement terrible.
Le tout, c'est de choisir le moment, l'endroit... Tu m'écoutes ?
Et la clientèle.
Premier point, j'insiste là dessus,
un matériel impeccable. Nom de Dieu !
Merci.
Musique douce.
Ça cravache, ça cravache !
Stop g.
Vos papiers. Moi ?
Pas de panique.
Oh, pardon.
Déclic.
Mon Dieu !
Détruisez cette photo.
10000 francs pour vous.
Dis donc, c'est pas con, les hôtels.
Celui-là vaut combien ? C'est 10000 francs.
Stop g.
Petite ordure ! À mon âge, on ne me fait plus chanter.
Ah non !
Crissements de pneus.
Fracas.
Ciel, ma femme !
Ciel, mon mari !
Que fais-tu avec cet individu ?
Concert de klaxons
Antoine !
Antoine, allez, viens !
Tirons-nous.
Concert de klaxons.
Allô, Nicole ?
Balthazar.
Non, ne raccroche pas.
Je t'appelle pour le travail. Le temps se lève.
Ta combine avec Max, il y aurait quelque chose pour nous ?
À 15 h ? Ah, très bien !
Ça me dépanne, merci.
À tout à l'heure... mon petit.
On file. C'est chouette, hein ?
À quoi ça sert ? À tourner quand il y a de la lumière.
C'est intéressant, ça. Tu payes, on s'en va.
♪ Ai pas d'argent.
Et le billet du type ?
Ça vaut 100 francs, cette foutaise ?
Musique hawaïenne.
Top !
Déclic.
On en fait une autre. Mettez-vous là.
Baissez-vous, vous êtes ridicule. Vous êtes trop grand.
Il enchaîne les instructions.
Ne bougeons plus.
Le tonnerre gronde. Dépêchons-nous !
Allez, on prend la dernière.
Allez, au trot ! Dépêchons !
Balthazar éternue.
Ça te plaît ?
Le photographe te trouve un physique.
Ce serait bien pour toi si ça marchait.
Tu ne veux pas refaire ton nez ?
Viens, on nous attend.
♪ Ai passé la matinée aux Galeries.
Un réfrigérateur de 65 I, on l'emporte pour 5000 F, seulement.
Il y a aussi une machine à laver japonaise formidable.
On l'achètera l'année prochaine.
♪ Ai déjeuné avec maman.
Je lui ai dit, elle est très heureuse pour nous
et veut à tout prix te connaître.
Nous dînerons ensemble, ce soir.
Tu verras, elle est très jeune de caractère.
Dès notre 1er enfant, on pourra habiter chez elle.
Quel bonheur, mon Antoine.
Le tonnerre gronde. Top !
Ne bougez pas.
La flotte ! Allez, on remballe.
Mettez le matériel à l'abri.
C'est une surprise pour toi.
Regarde.
Ouais, décidément...
Bon,
voici mes cadeaux de noces, mes petits.
Et merci pour tout.
Musique enjouée.
Vous rapporterez vos costumes au bureau, ce soir, sans faute.
Antoine !
Antoine !
Musique triste.
Un chien aboie.
Musique classique.
Éclats de rire.
Te voilà, c'est pas trop tôt.
L'accès à l'office, c'est là-bas. Vous faites erreur.
Oh, pardon, monsieur.
Le prince, pas tarder à descendre, monsieur.
Elle est belle, n'est-ce pas ?
Trans-Pacific 1930.
1931.
Superbe.
Je suis désolé d'arriver le dernier.
♪ Attends personne.
Ah...
Votre réception était très réussie.
C'est vrai ?
Sincèrement.
Ravi de vous avoir connu.
Pardonnez-moi, on ne s'entend plus.
Je comprends votre inquiétude, mais je ne suis pas fou.
Pas une seconde. Je vais vous expliquer.
C'est très simple, je suis très riche.
Je porte un grand nom.
Aussi, n'ai-je pas d'amis. Je suis seul.
Je m'ennuie depuis la mort de ma pauvre grand-tante.
Tous les samedis, je fais dresser un grand buffet.
Je mets mon magnétophone en marche,
j'ouvre les fenêtres.
Vous êtes le premier...
papillon pris à mon piège sonore.
Il rit. C'est ravissant.
Vous dansez ?
Et vous ?
Non, non. Les femmes me font peur.
Vous préférez les locomotives !
Je cherche depuis 10 ans le wagon du transsibérien
que j'ai vu dans votre vitrine.
Vous êtes amateur !
Non, modeste collectionneur, sans plus.
Un cigare ? Vous fumez les mêmes que moi.
Nous avons les mêmes goûts.
Laissons ces ivrognes.
Je voulais vous entretenir d'un projet qui me tient à cœur.
Mon cher, j'ai l'impression que vous êtes celui que je cherchais.
Klaxon d'une locomotive.
C'est une mission délicate. Il faut du doigté,
le sens des responsabilités, des qualités morales irréprochables.
Par ici.
Mes parents. Enfin, rien.
Non, non, par ici.
Sifflets de locomotives.
Vous aimez ? Oh oui !
♪ En étais sûr.
Vous permettez ? Je vous en prie.
Je vous nomme chef de gare de mon réseau miniature.
Épatant !
♪ Ai d'autres projets, le réseau Sud alimenté par caténaire.
2 sucres ? Oui, merci.
Vous êtes charmant. Crissements de pneus.
Voilà le tailleur.
16h56, 4 min d'avance, je n'aime pas ça.
Je vous laisse, il va vous prendre les mesures.
Pour moi ?
Il ne fallait pas. J'y tiens.
Musique inquiétante.
Elle chantonne.
M. Antoine, il est 6h12.
Voilà votre costume.
Dépêchez-vous, le prince vous attend.
Il imite le train.
Les voyageurs à destination d'Orléans,
Tours, Poitiers, Angoulême, Bordeaux,
attention au départ. En voiture, s'il vous plaît.
La voie est libre ? Changez le signal.
Changez le signal.
N'oubliez pas l'aiguillage
pour le marchandise de 11h52.
Le passage à niveau du secteur Lorraine est fermé ?
Le 96.
Le N73.
Non, mon ami !
Sifflet d'une locomotive.
On frappe à la porte.
Il est 6h12, M. Antoine.
Le 21h52 a du retard, mon ami.
"Il assure l'acheminement des voitures"
"si elles ne comportent pas à l'arrière un propulseur..."
"1re, 2e classe,."
"Strasbourg-Mézières-Charleville."
"Mézières-Charleville-Givet."
Enfin, Givet... J'y vais pas.
Le prince rit.
Antoine, vous êtes un monsieur de compagnie charmant.
Je vous ai ménagé une surprise.
Vous la méritez.
Aïe ! Oh, merde !
Qu'est-ce que c'est ?
Tiens, voilà autre chose.
Sifflet de locomotive Cris paniqués.
Mais non, c'est pas possible !
Sifflet de locomotive.
Il tousse.
Il éclate en sanglots.
On est arrêtés en rase campagne.
Quelle heure est-il ?
Il est 10h31.
Que se passe-t-il ?
Oui, et alors ?
Le prince, il fait grève par solidarité syndicale.
Exclamations réjouies.
C'est la lutte finale.
Il fredonne "L'Internationale".
Antoine, nous tiendrons.
Ouais, ouais.
Parfaitement, nous tiendrons.
Musique douce.
Cris apeurés.
Tu es belle.
8e jour de grève.
Quelle épreuve !
Sans vous commander.
Antoine !
Il est 11h52, on va se coucher ?
Allons, allons.
Oh, la barbe !
Musique inquiétante.
Vrombissements.
On repart ?
4h du matin ?
Oh non !
Sifflet de locomotive.
Après deux semaines d'une grève magnifique,
le gouvernement a cédé.
C'est une belle victoire pour nos revendications syndicales.
Et maintenant, au travail.
Il nous faut prévoir 22 trains supplémentaires pour Pâques,
les classes de neige,
les armées de skieurs déferlant dans les gares.
Rire inquiétant.
Rire sadique
Antoine.
Qu'avez-vous ? Vous êtes devenu fou ?
800 morts.
Vous avez 800 morts sur la conscience.
Attendez, certains remuent encore dans ce wagon.
Salut. Salut, chef.
Rien à signaler ? Tout va bien. Le 117 est en gare.
Oui, le Paris-Rome de 6h27.
Bah oui.
Musique romantique.
Bonjour, chef. Ça va ?
Ça va, ça va. La locomotive siffle.
Klaxon de train.
Annonce en italien.
Sérénade italienne.
Commentaire en italien.
Come è bello.
(En italien)
Excusez-moi, je ne comprends pas.
Vous êtes français ? Je me présente.
Je suis le Pr Gaetano, de l'école
des Beaux-Arts.
Non, gardez la pose. Gardez la pose.
Je faisais remarquer à mes élèves
l'élégance naturelle, la beauté sculpturale
de votre corps allongé.
La noblesse des traits de votre visage.
Encore que le nez... Mais ça ne fait rien.
C'est un détail.
Non, non ! Gardez la pose, la pose.
Pardonnez
ma hardiesse. Je vous ai abordé
pour vous demander
un petit, ou mieux,
un grand service.
Vous me répondez oui
ou non ?
Voulez-vous me faire l'honneur de poser dans mon atelier ?
Frottements des crayons.
Éclats de rire.
Dove va lei ?
Prenata una doccia...
“Coup di venti.“ La porta è fermata.
E sono così.
L'm looking for the piscina.
La piscina ? Dove è la piscina ?
AH, PISCINA !
La piscina.
Il lui explique l'itinéraire en italien.
Grazie mille. Prego, prego.
Au revoir, monsieur. Au revoir.
Sì, curioso, ma è simpatico.
Prendila.
Non, j'ai pas mon...
Un bel ragazzo come te non paga mai.
Allora...
Che cosa vuoi bere ? Un caffè ?
Sì, sì.
Un caffè.
10,
Maria.
Io, Antoine.
Antonio.
Antoine, c'est joli.
Perché sei vestito così?
Io,
boxeur.
Ah, sportivo.
Sì, sì.
Molto sportivo.
Exclamation
l'homme bâille.
Porca miseria.
- E mio marito. - Simpatico.
Il s'énerve en italien.
La notte, lavora.
E il giorno... Il giorno, dorme.
Ah oui. Le jour, il dort,
la nuit, il travaille.
Toute la nuit ?
Tutta la notte.
Chant lyrique en italien.
Rires féminins au loin.
Cris de Maria N o !
Tonino !
Le silence se fait.
Le chant lyrique reprend.
Voix mêlées d'Antoine et de Maria.
Le silence se fait.
Le chant lyrique reprend.
Chant du coq.
Les cloches sonnent.
Cri affolé.
Tonino, svegliati.
Presto, c'è il mio marito.
Je ne vais pas sortir tout nu.
Ecco il vesto di mio marito.
Sì, presto !
Cri paniqué.
Chant du coq.
Pardon. Prego, prego.
Amore mio.
Il ronfle.
Un caffè latte per il mio Tonino.
Musique romantique
Maria ? Un China Martini. Sì, sì.
Antonio, lasciami, lasciami.
Elle soupire.
Eccola.
Non l'avete trovata, la piscina ?
La piscina ? Sì, sì.
Maria, Maria...
Petit cri.
Voix mêlées.
C'est le fils de l'avocat di Menuti.
25 ans, un accident terrible avec une Ferrari.
Et une Ferrari de 10 millions.
Une Ferrari de 10 millions ?
Tonino !
Ieri, vivo,
oggi, morto.
Povero Carlo.
Era un cretino.
Un cretino completo.
Brouhaha.
Il récite un psaume en latin.
Sanglot déchirant.
Chi è quello ?
Les cloches sonnent.
Condoglianze. Terribile.
Ieri, vivante.
Oggi, morto.
Automobile, pericoloso.
Ah... Signore, benvenuto.
Che trista cosa.
Vous êtes français ?
Le chagrin n'a pas de patrie, mon cher maître.
Carlo était plus qu'un frère pour moi.
Vous l'avez connu à Paris ?
C'est cela même.
C'était un garçon supérieurement intelligent.
Carlo ?
Je vois ce que vous allez me dire, mais les pères sont aveugles.
Il avait cette modestie,
cette pudeur intellectuelle
qui caractérise la vraie intelligence.
Comme c'est étrange,
j'arrive ce matin,
je découvre cette ville qu'il m'avait souvent décrite.
Je trouve votre maison sans l'avoir jamais vue,
et soudain...
vision de cauchemar !
C'est trop injuste.
Heureusement,
il nous reste vos filles.
Carlo ne m'avait jamais parlé de vous.
À ma demande expresse,
étant donné les différences de fortune.
Cette délicatesse vous honore.
Que faites-vous dans la vie ?
Mon cher maître, je prépare une thèse sur le travail.
Ah, vous êtes communiste.
Non, ce n'est pas sur les conditions de travail,
mais sur le travail proprement dit dont le principe doit être justifié.
Expliquez-vous.
En quelques mots, c'est difficile,
j'aimerais avoir du temps pour expliquer mes idées.
Un autre jour.
Nous chômons déjà 132 jours par an.
La civilisation des loisirs est déjà là.
L'industrie elle-même... Intéressant.
Intéressant.
Je regrette d'avoir fait connaissance
dans ces pénibles circonstances.
Il gémit.
Alors Antoine, vous vous sentez mieux ?
C'est bien. Il faut toujours que la vie reprenne le dessus.
C'est la loi de la nature.
Pauvre Carlo.
Oh...
Carlo.
Admirable ressemblance.
Vous trouvez ? Ah oui, ce même regard perçant,
cette mobilité d'expression.
Évidemment, il y a toute la différence
entre l'oisillon déplumé et l'aigle royal.
"Un aigle royal."
Vous m'êtes très sympathique.
Très sympathique !
Très sympathique.
Tout cela est tellement dérisoire.
Hoquet Il n'est pas bon ?
Non, excusez-moi, l'émotion,
la fatigue.
Reposez-vous.
Nous ne ferons pas de bruit, demain matin.
Allons, allons.
Tâchez de dormir tard.
Elles rient.
Andiamo ! Via !
Ciao, bambini.
Un homme chante à pleine voix.
Le ciel d'Italie.
Ah, le jour se lève.
Allez, au travail, ma grande.
Tonino.
Dio mio, come è tardi.
Il bâille.
Silence !
Ce garçon me préoccupe.
Il a travaillé toute la nuit.
Je l'ai entendu aller et venir.
Les loisirs seraient la nouvelle religion ?
Exactement. Intéressant, bien que paradoxal.
Paradoxal ? Nous travaillons 140 jours par an, nous.
Antoine, lui, n'arrête pas.
Infatigable ! Il travaille sa thèse jour et nuit.
Musique entraînante.
Antoine klaxonne.
C'est votre voiture ? Oui.
Alors, venez un peu là.
Interdiction de klaxonner à Rome !
Ah...
Vous êtes en contravention.
Vos papiers !
Elle est belle ? Oui, belle voiture, mais je m'en f...
150 chevaux. 150 chevaux !
Sì, questo tipo.
Quatre carburateurs. Quatre carburateurs !
En ligne. En ligne.
Un modèle super.
Les carburateurs.
Klaxon.
Insuffisant !
Ma ha fatto montare un altro.
Una nuova batteria.
♪ Ai rajouté un klaxon à dépression.
Klaxon.
Klaxon à dépression.
Klaxon.
Essayez-le. J'essaie ?
♪ Essaie.
Coups de klaxon répétés.
Ça suffit comme ça.
Scusi.
Je suis pressé.
Scusi.
Per favore...
Che ?
Chiuda.
Sì, prego.
Ecco. Grazie.
Un instant ! J'arrête le trafic.
Klaxon italien.
Sonnette de vélo.
Il interpelle le cycliste.
Ma che suono !
C'est votre véhicule ? Vous avez actionné le timbre ?
Et l'interdiction, c'est pour qui ?
Contravention !
Papiers ? Combien de chevaux ?
Klaxon italien.
Klaxon italien.
Pieno. Un po' più avanti.
Oh !
Coups suivis d'un tintement métallique.
Vous avez la bonne planque.
Des camions toute la nuit.
Pas de dimanche.
Et avec ça, levé à 6h.
De quoi te plains-tu, fainéant ?
IL A RAISON, FAINÉANT.
Je voudrais vous y voir, sans un jour de repos.
FAINÉANT ! BON À RIEN !
Coup de klaxon
Antonio !
Quelle belle surprise !
♪ Ai pensé vous faire plaisir.
Quelle délicate attention.
Comme elle est belle ! Giuseppe !
Antoine ! Je suis ravi que vous soyez là.
Vous déjeunez avec nous ?
♪ Allais vous le proposer.
Permette ? Sì.
Coups de sécateur.
Musique romantique.
Vous êtes fou ? Quelle importance ?
Les enfants, allez jouer ailleurs. Moi aussi.
Venez, on va jouer au Nautilus.
Toi, tu seras le capitaine. Et toi, le moussaillon.
Io faccio il capitano. No, lo faccio.
Si vous voyez un ennemi,
vous le torpillez. Si, si.
Vous feriez un père merveilleux.
N'est-ce pas ? Je m'appelle Antoine, et vous ?
Que faites-vous ?
Vous voyez, nous sommes seuls,
comme à l'aube de l'humanité.
Le mâle erre sur les espaces déserts,
avec le désir de perpétuer l'espèce. Arrêtez !
C'est l'heure où les dinosaures boivent...
Épargnez-moi !
Si ça ne vous dit rien, je n'insiste pas.
Je faisais ça pour vous faire plaisir.
Ce que les femmes sont compliquées.
Il faut vous dire que vos yeux sont des lacs profonds,
votre bouche comme une framboise mûre.
C'est toujours la même chose.
Je m'appelle Clara. Ah ?
Excusez-moi, je vous avais pris pour un sadique.
La vilaine !
Klaxon italien.
Quelle ponctualité !
Commencez sans moi, je me change, j'en ai pour une minute.
Je vous en prie, nous avons tout le temps.
Il m'inquiète. Vous ne trouvez pas qu'il a mauvaise mine ?
Au contraire.
Ce qu'il a changé.
Il est superbe.
Musclé.
Il est si joli.
Peut-être, mais la mine ne veut rien dire, au contraire.
♪ Ai connu de grands malades
qui avaient l'air éclatant de santé,
qui mangeaient comme des ogres.
Musique douce.
C'est mieux comme ça, non ?
♪ Aurais souhaité
un fils comme vous.
Depuis que vous êtes là,
je ne sais pas...
Avez-vous bien travaillé ?
Travaillé...
Je pensais, je rêvais,
j'imaginais, j'extrapolais,
je supputais,
je résolvais...
Plutôt, je tentais de résoudre.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Quel travail colossal !
Antoine, mon fils...
Si, si.
Mon fils.
Laissez-moi vous mettre en garde.
Vous vous surmenez.
Il pouffe.
Parlons franchement.
Je sais depuis longtemps ce que votre situation chez moi
pouvait avoir de désagréable.
Vous savez... Si, si, Antoine.
♪ Apprécie votre délicatesse.
Mais je pensais que je ne pouvais plus abuser de votre gentillesse.
Voici la bonne nouvelle.
♪ Ai parlé de vous au recteur de l'université.
Il est intéressé par votre thèse et vous veut pour secrétaire.
Vous avez rendez-vous demain avec lui à 17h.
Vous êtes content ?
Eh bien, je ne sais que dire.
L'idée de travailler...
Non, non !
Ne me remerciez pas.
Vous m'offrez une carrière, mais aussi le bonheur.
Je vais pouvoir...
me marier !
Mais je ne savais pas.
Sans situation, il m'était difficile de vous demander
la main de votre fille.
De ma fille ? Mais...
Laquelle ?
Ah oui, ça...
Laquelle ?
Que voulez-vous dire ?
Parlons entre hommes.
Mon surmenage, ma fatigue,
les bruits que vous entendez la nuit...
Eh bien, c'est que...
Vous ne voulez pas dire... Si.
Antoine, je vous ordonne de me dire laquelle a pu...
Oh, mais...
Toutes.
Toutes mes filles !
Vous voulez dire qu'avec
toutes mes filles... Je ne voulais pas de jalousie.
Elles sont toutes charmantes.
Quels tempéraments ! Monsieur !
Vous parlez de mes filles !
Qui d'autre ? Elles sont mineures !
C'est tellement meilleur. Cri de rage.
Foutez-moi le camp.
Un homme chante.
Musique intrigante.
Musique romantique.
Les cloches sonnent.
Musique douce.
Coup de klaxon.
Klaxon italien.
Klaxon italien.
Ronflements.
Corne de brume.
Musique écossaise.
Antoine !
Ciao, ciao !
Thank you, your Highness.
Excuse me, Sir... Your Highness.
Any bounds on 200 pounds ?
Going, going, gone !
To Mr Genevissi for 200 pounds.
Next piece, please.
Ce portrait de Mona Lisa fut peint
par Léonard de Vinci en 1480
et fut refusé par le client.
Œuvre rarissime : La Joconde triste.
Mise à prix :
10000 E.
10010 E.
10020 E.
10030 E.
10040 E.
10045 E.
20000 E.
100000 E.
Any advance on 100000 E ?
150000 E.
155000 E.
300000 E.
Any advance on 300000 E ?
Going...
going“.
350000 E.
600000 E.
650000 E.
700000 E. 750000 E.
900000 E. 950000 E.
Un million.
Le dessin...
Don't cry, baby.
Deux millions !
Quiet, ladies and gentlemen, please.
Qui dit mieux ?
1 fois, 2 fois,
adjugé.
À M. Alexandre Darius Socratos
pour 2 millions.
What's the matter ?
Rien.
Une femme pouffe.
Oh, vous m'avez bien eu. Cela vous étonne ?
Apprenez, jeune homme, que rien ne résiste à Alexandre Darius Socratos.
♪ Ai eu cependant quelque plaisir à vous écraser.
Qui est-ce ? Qui êtes-vous ?
Excusez-moi. Mirliflore.
Antoine.
Mirliflore, Antoine ? Je ne connais pas.
Sankhapur, do you know this fellow, Antoine ?
Mirliflore ?
Ne cherchez pas, je n'appartiens pas à votre monde.
Je n'appartiens à personne, et rien ne m'appartient.
Alors d'où vient l'origine de votre fortune ?
Ma fortune ? Quelle fortune ?
Allons, cessez ce jeu, voulez-vous.
Vous voulez dire que sans fortune,
vous m'avez disputé ce tableau ?
Oui, effectivement, sans fortune serait exagéré. Disons...
sans un sou. Cris de stupeur.
Vous me provoquez.
Je ne me permettrais pas.
Où est la différence ? Avec ou sans un sou,
vous avez pris plaisir à m'écraser.
Vous m'en voyez ravi.
N'est-ce pas là l'essentiel ? Quel escroc !
Ah, c'est un escroc !
Enfin, un escroc à ma taille.
Quel sang-froid.
Quelle audace.
Vous me rappelez quelqu'un que j'ai beaucoup aimé.
Ah oui ? Qui ça ? Moi-même.
Rires.
C'est très bon.
Je jonglais aussi avec des millions imaginaires.
Tous les millions sont imaginaires.
Ceux qui ont compris ont vraiment le génie de l'argent.
Je fais un saut à Paris, nous causerons.
To the airport.
Nous sommes de la même race, Antoine.
La vie est un combat.
Struggle for life.
Moi, j'ai commencé par vendre des journaux.
Moi, Alexandre Darius Socratos.
En 10 ans, j'avais la Rolls, le yacht,
le valet de chambre chinois.
Vous débutez, mon cher Antoine.
Mais je devine en vous un grand financier.
Un très grand financier.
En jouant un homme riche, vous aviez une idée en tête.
Non, aucune. Je ne sais ce qui m'a poussé.
Un instinct infaillible.
Vous êtes prédestiné. Il est prédestiné.
Lancez-vous hardiment et l'argent vous tombera dans les bras.
D'ailleurs, je vais vous procurer du crédit.
Croyez-moi, votre situation est faite.
Ça y est, ça recommence.
Bon, merci pour tout.
Ravi de vous avoir connu.
Vous êtes charmant. Si, si, charmant.
Où va-t-il ? Où allez-vous ?
Musique cocasse.
Croyez-moi,
votre réussite financière serait totale.
New York.
Financière ?
Vous êtes déformé, mon pauvre Alexandre Darius Socratos.
Appelez-moi ADS. ADS.
New York.
Financière, financière...
Ai-je l'air d'une réussite financière ? Regardez-moi.
Plus je vous regarde...
Écoutez-moi bien une bonne fois pour toutes.
Je ne veux rien foutre.
Alors, je ne comprends plus.
Même sans fortune, vous ne voulez rien foutre ?
New York. Foutez-le à la porte.
He's fired.
De quoi vivez-vous ?
Le grand art dans la vie est de savoir accepter.
Vous trouvez assez d'imbéciles
pour vous entretenir ? Oh oui.
Qu'il est amusant !
Venez passer le week-end en Sologne.
Vous nous expliquerez ça.
Attendez, attendez.
Le grand art dans la vie... C'est de savoir...
Taisez-vous !
Vous devriez écrire un livre là-dessus.
Titre : Ne rien faire.
Suivi de 200 pages blanches.
Qu'espériez-vous en écrivant ce livre ?
C'est bon.
Je vous comprends.
Quand vous dites être paresseux,
il s'agit d'une volonté bien arrêtée
de ne rien faire ?
Un désir de tous les instants.
Une passion.
Rires de plus en plus nombreux.
On interpelle Antoine.
ADS, vous en faites, une tête. Vous avez des ennuis ?
Je commence à me demander, quand je vous regarde,
si ma vie n'est pas une longue erreur.
Je me sens soudain...
Comment dit-on ? Petit, minable ?
Non. Tout con ?
Oui. Oui, je vois.
Il faut vous changer les idées.
Vous connaissez le métro ? Non.
Musique entraînante.
Alors, on s'amuse ?
Antoine, croyez-moi,
je suis indigne de votre amitié.
Laissez-moi. Non, je ne vous laisse pas. Garçon !
Il est fini, ce gros chagrin ?
Mon minou.
Vous êtes bon. Merci.
Vous êtes trop bon.
Tiens, paye, ma chérie.
Ce tableau, je vous l'offre, Antoine. Vous seul le méritez.
Vous parlez d'un cadeau, cette mémère.
Indiscutable.
Je suis juste bon à acheter une mémère 2 milliards.
Ah oui, évidemment, 2 milliards.
Antoine, je vous en supplie, aidez-moi.
Qu'en feriez-vous ?
Je ne sais pas, moi.
♪ En ferai cadeau à mes ouvriers.
Génial !
Ce tableau sera pour...
Les augmentations, les primes, les rallonges,
les congés payés, tout ça, c'est terminé.
L'accès aux œuvres d'art,
voilà la clé.
Mes chers camarades,
devenez tous collectionneurs,
donc milliardaire, par patron interposé.
Permettez-moi de saluer
le promoteur de cette magnifique initiative,
Antoine Mirliflore.
Musique onirique.
Tu viens, Isabelle ? Oui.
Antoine, mon petit, nous partons.
Je peux vous accompagner ?
Vous habitez loin ? Là-bas, à la sortie d'Argenteuil.
Quoi ? Tout ce chemin à pied ?
Montez sur le porte-bagages.
Vous n'allez pas pédaler ? Pourquoi pas ?
C'est contraire à vos principes.
C'est là.
Voilà. Alors, au revoir, Isabelle.
Vous n'entrez pas ? Je ne voudrais pas déranger.
Mes parents ne vous mangeront pas.
Vos parents sont là... Bonjour, Isabelle.
Bonsoir, maman. Monsieur.
Tu ne le reconnais pas ?
C'est M. Antoine Mirliflore.
M. Mirliflore ? Celui de la télé ?
Oh, mais rentrez donc.
Oh, mais si ! Mon mari sera
si content. Lui qui me dit toujours :
"Ce Mirliflore, c'est pas un..." Enfin, c'est quelqu'un.
Dis, Julien. Hein ?
Devine qui est là. Poil aux bras.
Mais regarde ! M. Antoine Mirliflore.
Quoi ?
C'est lui. Ça, par exemple.
M. Mirliflore. Oui, M. Mirliflore.
Excusez ma tenue. Que nous vaut l'honneur ?
M. Mirliflore m'a raccompagnée.
Hein ?
M. Mirliflore a raccompagné Isabelle.
Oui, vous avez raccompagné ma fille.
Voilà.
Ça s'arrose ! Oui, c'est ça.
Combien je te dois, Léon ? Une tournée chacun, 8,50 F chacun.
C'est trop bête, mais je...
♪ ai oublié mon portefeuille.
Vous paierez la prochaine fois.
On connaît vos théories. Et 8,50 F, ça va, ça vient.
Hum ?
Je suis mortifié.
James, vous n'auriez pas 8,50 F ?
Je suis désolé, je n'ai que des dollars.
À l'usine !
Musique haletante.
Vous m'en donnez combien ?
Mais...
8,50 F. Parfait.
Alors, les moussaillons. Et ce coup-ci... c'est ma tournée.
La dernière ! Et puis à la croûte.
- De la crème au chocolat ? - Non, merci.
Vous êtes un cordon bleu.
Ce n'est pas moi. C'est Isabelle qui l'a faite.
Félicitations.
Vous verrez,
son brochet au beurre blanc...
Entre autres... Je peux vous aider ?
Non, vous plaisantez ? Laissez tout ça.
Voulez-vous aller au salon ? Une sieste vous fera du bien.
C'est gentil, mais je n'ai pas sommeil.
Ici, je commande.
C'est bien que vous soyez là un samedi.
On a le temps, on peut causer.
- Oui. - Deux sucres ?
Oui. Non, un seul, ça suffira.
Une petite goutte ? Ouais.
Les soirs en semaine, après le boulot, je suis vanné.
Alors, question conversation...
Oui, je comprends.
Vous savez ce que c'est. Enfin, c'est votre problème.
On peut parler d'autre chose.
Vous voulez faire une sieste ?
Non, je ne suis pas du tout fatigué.
Oh, France-Bulgarie ! Attends que je m'installe.
Ça vous dérange pas ?
Non, ne changez rien à vos habitudes pour moi.
Il tente d'enrayer la furia française de Zolnikov.
Il shoote, magnifique !
Clameur du public.
Le goal a intercepté le tir foudroyant de Sibulski.
La balle est reprise.
Voller passe à Mazoub qui passe à Gonzales.
Si le sport vous intéresse pas, allez faire un tour.
Il passe à Rossi qui passe à Polak
qui passe à Mazoub !
Qui est-ce ?
M. Antoine Mirliflore.
Celui qui fait rien ? Oui, madame.
Musique douce.
C'est rigolo que vous soyez là.
Ah bon ? Pourquoi ?
Pour un homme comme vous, on n'est pas intéressants.
Un homme comme moi...
Je ne suis pas le shah de Perse.
Pour mes parents, vous êtes le shah de Perse.
Imaginez leur joie, leur fierté.
Tout le monde est au courant. C'est plutôt gentil.
Oh oui, bien sûr.
Ils sont gentils, mais parfois ils m'agacent.
Par exemple, quand ils vantent vos qualités de femme d'intérieur ?
Par exemple.
Je n'aime pas quand ils font l'article.
Ils sont fiers de leur fille.
Ils ont raison.
Ils vont être très déçus quand vous ne reviendrez plus.
Mais enfin, Isabelle...
Soyez sincère.
Vous ne passerez pas vos dimanches à Argenteuil.
Vous voyez bien.
Il n'y a pas que vos parents, à Argenteuil.
Moi ? C'est cruel, ce que vous faites là.
La déception de mes parents, je m'en fiche. Vous le savez.
Mais moi, je vivais heureuse.
Je me moquais du shah de Perse.
Vous avez raison. Vaut mieux s'en retourner.
Oh non !
Maintenant que vous êtes là.
Si nous dansions ? Oh oui.
Slow à l'accordéon
Antoine.
Je crois que je vous aime.
Ah, le voilà !
Où étiez-vous, petit cachottier ?
Vous avez disparu après l'inauguration.
Il paraît que vous cherchiez 8,50 F.
Rires.
Vous voyez, vous avez besoin d'argent.
Oui.
C'est la 1re fois.
Vous avez trouvé, j'espère.
Oui. Oh, je ne m'inquiétais pas pour vous.
Bon...
Vous ne semblez pas
en veine de confidences.
Non.
Bien entendu,
vous connaissez la nouvelle.
La nouvelle quoi ?
Il ne connaît pas la nouvelle !
Poète, va !
La Joconde triste a disparu.
On a volé La Joconde triste.
Rires.
C'est ça qui vous rend heureux ?
Cher Antoine, c'est la meilleure affaire de ma vie.
Je l'avais assurée 3 milliards.
Vous l'aviez payée 2.
Exactement !
Bah, ça alors !
Ça s'arrose !
Il faut fêter ça.
Fêter ça ? C'est ce que nous faisons.
Musique orientale.
Vous appelez ça une fête ?
On dirait des pingouins...
frigorifiés.
Enlevez vos vestes, vos pantalons, vos chaussures.
Nous sommes à la cour du shah de Perse.
Et je suis le shah de Perse.
BRAVO !
Vous êtes en pleine forme. Pleine forme.
Musique orientale.
Ah, tout de même ! Tout de même !
L'assurance paiera.
Il a raison. Il a raison.
Il a toujours raison.
Il y a des limites, cher ami.
Je ne suis pas votre cher ami.
Attends, attends. Regardez-le.
Ce que tu m'as fait rire.
Antoine...
Voilà.
Sirène.
Musique douce.
Il actionne la clochette.
Je viens vous demander la main de votre fille.
Antoine !
Cri Arrête !
Papa g.
Papa g Papa g
Antoine, Antoine.
Papa, tu m'as pas dit au revoir.
À ce soir, mon chéri.
Travaille bien.
Hum ? Allez.
Sirène
Antoine, mon petit. Tu as fait un mauvais rêve ?
Un cauchemar.
Nounou, je rêvais que je travaillais.
Mon pauvre petit.
Musique enjouée.
Sous-titrage : Eclair Group
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