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||)-LOLOTE-(||

La Boule

Un

deux, trois,

Un, deux, trois, quatre, cinq, six

sept, huit, neuf, dix onze, douze, treize

Tu es un tricheur, mec

-Tu es parti trop tôt. -C'est toi le tricheur.

Et tu es un fils de pute.

Viens me le dire en face. Viens me le dire.

Salut, Papa.

Papa...

Prends le sac.

-Où? -Sous le comptoir.

Celui là?

Oui.

Qu'est-ce que c'est?

Rien, un truc pour ta mère.

Allez, on y va.

A plus tard.

Va te faire couper les cheveux.

Mais fais bien attention qu'ils te les coupent vraiment.

Demande de l'argent à ta mère.

-Tu m'as entendu ? -Oui.

Qui te les a coupés ?

- Juanjo ou Vidal ? -Vidal, Juanjo n'était pas là.

La prochaine fois, attends

Juanjo, il coupe mieux. Ils sont trop courts.

Encore, grand-mère ?

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Elle a encore pissé, voilà ce qui ne va pas.

-Et bien nettoie. - Je n'allais pas la laisser comme ça.

-Allez, levez-vous grand-mère. -Désolé, je ne me rendais pas compte.

Demandez-moi. Je ne peux pas passer toute la journée avec vous.

Allez.

- Elle a complètement dégueulassé le sol. -C'est rien.

Et il faut la changer sinon toute la maison va puer la pisse.

Ah, mon Dieu !

Je ne comprends pas pourquoi vous ne me l'avez pas dit.

Allez, enlevez d'abord votre haut.

Arrête de jouer avec ce truc

et mange.

Je mange.

Tu la ranges ou je te la confisque.

Bonne coupe, p'pa!

Fais gaffe!

- C'est pas moi. - Ouais, c'est le pape.

Tête de con!

Bonjour.

Carlos, tu peux venir un moment?

Calme, les enfants. Baissez un peu le ton.

Calme.

Voici Alfredo, à partir d'aujourd'hui il sera parmi nous.

Salut, Alfredo.

Tu viens avec moi? Assieds-toi devant.

Bien les enfants, nous allons continuer

Lolo. Passe-le.

Cela ne vient pas de moi.

Tu le vois?

Il ne vient pas par là.

- Ça vient vraiment d'Inde? - Je sais pas.

- Dents d'argent dit que ça vient d'Inde

- Dents d'argent est un connard. - Sacrés nibards, mec !

Allez avance. Celle là on l'a déjà vu.

Il arrive.

Qu'est-ce qu'il fait? Quelle merde.

Qu'est ce qui se passe?

Il s'est fait prendre l'imbécile.

C'est toi l'imbécile.

Salut.

Salut.

- Qu'est-ce que tu veux? -Qui, moi? Rien.

- Tu me suis.

- Je ne te suis pas.

Si tu me suis. Qu'est-ce qu'il y a?

Je veux juste te parler.

Comment tu t'appelles?

- Pablo, mais tout le monde m'appelle "la boule".

- Que t'a dit l'ours? -Quel ours?

- Le professeur qui t'a pris en train de fumer.

Qu'il est interdit de fumer à l'école.

- Et toi, qu'est-ce que tu lui as dit? -Rien, je l'ai éteinte.

- C'est toi qui as écrit le billet? - Non.

- C'était qui?

Si tu ne veux pas ne me le dis pas.

Cometa

- C'est qui? - Un élève qui est assis derrière toi.

C'est un ami à toi?

Non.

Je n'ai pas d'amis.

J'ai ça et ça.

Plus grand, ça n'ira pas. Je veux être franc avec vous.

Ceux là sont bien.

Va aider Madame Encarna.

Alors donnez moi... Voyons voir... Trois... Donnez-m'en dix

Comment vas-tu, Pablito?

Salut, Encarna.

Avez-vous ce genre d'ampoules?

Papa, où sont les ampoules?

- Les ampoules? - Deuxième étagère à gauche.

Au revoir.

Comment va votre dos, Mme Encarna?

Toujours aussi mal.

Avez-vous vu le docteur?

Que peut-il faire? Me donner des tonnes de médicaments

qui ne servent à rien ?

- Le problème c'est la vieillerie. - Vous êtes en meilleure forme que bien d'autres.

- Combien je te dois? - 300.

J'en ai assez, Mariano.

Si nous avions l'âge de Pablito nous n'aurions aucun problème.

Je parie que tu n'as

aucun problème de dos.

Tu vois?

Au revoir.

Comment ça va à l'école?

Très bien.

Très bien? Rien de neuf?

- Qu'est-ce qui devrait arriver? -Tu n'en parles jamais...

Alors, il n'y a rien de nouveau?

Tu parles du nouvel élève?

- Quel nouvel élève? - Un nouvel élève est arrivé aujourd'hui.

Vraiment? Comment est-il?

Je ne sais pas, je n'ai pas parlé avec lui.

- Salut Ramon. - Salut Mariano.

- Regarde-moi quand je te parle. - J'ai rien fait.

Tu me regardes quand je te parle, surtout quand on croise des gens, d'accord?

- Qui est-ce? -C'est moi, Sebas.

- Salut. - Salut.

Tu sors?

Où vas-tu?

A la foire de l'Oca puis sur la voie ferrée.

- A quelle heure? -7, 7:30

au jardin des Maures.

- Tu y vas? - Oui

Le Renard me doit 20 balles. Il a dit qu'il me les rendrait aujourd'hui.

Non, non, je veux dire à la voie ferrée.

Seulement si tu viens.

- Je ne viens pas. - Cometa vient.

- Pablo! - Quoi?

Sors ou rentre, mais ne reste pas à la porte!

Bon, je dois y aller.

Tu ne viens pas?

Je ne peux pas. Ne dis pas à Cometa que tu m'as vu.

Ok, je me casse. A plus tard.

- Hé, Sebas. - Quoi?

- Tu sais où habite le nouveau? - Dans une des nouvelles tours. Pourquoi?

Pour rien. A plus.

Celle avec la vitre ronde. Elle ressemble à un bateau.

Hé, tête de noeud! Ou tu rentres ou tu sors!

Mais tu fermes cette putain de lourde, connaud!

Je suis resté une seconde!

Je t'ai déjà dit de ne pas me répondre!

Bon, tu peux m'aider. Passe-moi les tenailles.

- Celles-là? - Non, ça ce sont des pinces.

Les tenailles ont un manche rouge.

- Celles-là? - Oui, passe-les moi.

J'arrive.

Fais attention de ne pas tomber.

- Bonjour. - Bonjour.

Qui es-tu?

La Boule, et toi?

Je m'appelle Juan.

Entre.

Qui est-ce?

Qui est-ce, Juan?

Bonjour.

Bonjour.

- Alfredo est-il là? - Tu n'es pas l'ami de mon frère.

Bien sûr qu'il l'est.

Je ne l'ai jamais vu avec Alfre.

Cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas amis.

Va voir

au fond du couloir. Première chambre à gauche.

Tu as un tabouage?

Quoi?

- Tu as un tabouage? - Il veut dire un tatouage.

Non.

Ma maman en a un sur le cul.

Super.

Dis-lui tous mes secrets.

Laisse-le partir, il est là pour voir ton frère, pas toi.

A plus tard, La Boule.

Bonne journée. Au revoir.

Au revoir.

- Comment tu l'as appelé? - La Boule.

La Boule, c'est pas un nom.

Il a dû dire "Juan", ou "Pedro", ou "Alfonso"...

- Il a dit "La Boule". - D'accord, je te crois.

Oui?

- Salut. - Salut, entre.

N'aie pas peur, il ne mord pas.

Assieds-toi.

- Comment sais-tu où j'habite? - Sebas me l'a dit.

- Comment le sait-il? - Quelqu'un a dû le lui dire.

Super classe.

Quoi donc?

Ta chambre, et l'appartement. Vraiment classe.

Qu'est-ce que tu veux?

Rien. Tu veux sortir?

Où ça?

Des gars de la classe sont allés à la foire de la Oca.

Qui?

Des gens de la classe et du quartier.

Cometa y sera.

Ce n'est pas ce à quoi je pensais.

- Tu y vas? - Je ne sais pas.

La foire, c'est de la merde. J'y ai été l'an dernier et il n'y avait rien.

Allons au parc d'attraction.

Je n'ai pas d'argent.

Je connais un type à l'entrée. S'il est là, on pourra rentrer gratuitement.

Je ne sais pas...

Allez.

Tu viens, oui ou non?

La foire de la Oca est merdique.

Qui est-ce?

- Qui? - Sur la photo.

Mon vieux.

Salut, Birras.

Entre.

Tu ne me présentes pas à ton copain?

Ouais. La Boule, voici Birras. Birras, La Boule.

Qu'est-ce qu'il y a, gamin?

Quoi?

Tu es là pour me voir? Ou...

Pour te voir.

Et peut-être que tu pourrais nous faire entrer.

Et tuer deux oiseaux avec une pierre.

Mon salaud, tu es un petit malin.

Un paquet de décalcomanies.

Et deux billets pour la navette.

- Merci. - De rien.

Tu venais pour me voir? Et bien, tu m'as vu.

Viens m'embrasser.

Et dis à ton vieux de passer un de ces quatre.

Dépêchez-vous.

On ferme à neuf heures.

- A bientôt. - Au revoir.

- Birras. - Quoi?

- Tu as une clope pour moi? - Une clope!

Quelle mère a pu t'enfanter?

Tiens, va-t'en avant que je ne change d'avis.

Tu es déjà monté là-dessus?

Ouais.

- Comment c'était? - Tu vas chier dans ton froc.

- Je ne crois pas. - On va voir.

- Tu ne me fais pas peur. - Tu as déjà peur.

C'est toi qui te chies dessus.

Tu trimballes toujours cette boule avec toi?

Pas une boule, un roulement à bille. Il me porte bonheur.

Je ne crois pas en ces conneries.

Mais tiens-la bien. Ce n'est pas le moment qu'elle tombe.

T'as les jetons.

T'imagine que ça pète maintenant.

Si ça pète on est morts.

Putain de merde.

Ne t'inquiète pas Pablo. Il ne va rien se passer.

Hé, tu cries?

- Non et toi? - Moi, certainement pas.

- Tu as déjà vu quelqu'un avec un tatouage? - Non.

En fait si, une fois à la télévision.

Ça doit faire hyper mal.

Ça dépend où. Les parties sensibles font mal

comme les chevilles, le tibia ou les genoux...

Là où la peau est proche de l'os.

- S'il n'y a pas d'os, ça fait pas mal? - Beaucoup moins.

Qu'est-ce qui te fait rire?

Il n'y a pas d'os dans ma bite et je parie que ça fait sacrément mal.

Quel trip!

- Ce serait chouette d'aller en Inde. - Sûr.

Mais je préfèrerais aller en Afrique. Ça doit être hallucinant.

- Tu irais où? - Dans le désert.

Pour quoi faire?

Merci, mec.

De rien. Tu régaleras la prochaine fois.

Sans ça, j'aurais déjà vomi.

Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais mal au coeur, ducon?

J'étais gêné.

Tu aurais dû me dire.

- C'était super. - Ouais.

Qu'est-ce qu'on fait maintenant?

D'abord on digère.

- On va où d'abord? - Je ne sais pas, qu'est-ce que tu préfères?

Cela m'est égal. Mais pas à la turbine.

On peut aller sur la grande roue.

- Sur la grande roue? - Je rigole, connaud.

T'es dingue, mec!

Mon Dieu, je vais tomber!

Du calme grand-mère, je vous tiens.

Restez calme, s'il vous plaît. -Aïe, elle me plante ses ongles!

Ne compliquez pas tout. Levez les bras

Levez les bras!

Ne me crie pas dessus. Pourquoi tu me cries dessus?

Je ne vous crie pas dessus.

- Si tu me cries dessus! - D'accord, si vous le dites.

Tournez-vous.

Devant le petit. Quelle honte!

Je ne regarde pas, grand-mère.

Si vous y mettiez du vôtre, il ne serait pas là.

Je me lave tous les jours.

Vous vous lavez le visage, ça ne suffit pas.

Je lave plus que mon visage.

Je ne veux pas discuter avec vous.

A plus tard.

On peut savoir où tu vas?

Faire un tour.

C'est l'anniversaire de

la mort de ton frère.

Tu veux que je reste?

Non, vas-t'en.

Va traîner.

C'est tout ce que tu sais faire, traîner

toute la journée dans cette putain de rue.

Laisse-le.

Ça ne le tuerait pas de rester à la maison pour une fois.

ce que j'en dis.

- Salut. - Salut.

- Je croyais que tu ne viendrais pas. - J'ai été occupé.

- Pourquoi es-tu habillé comme ça? - Pour rien.

On va au salon de mon père?

Pourquoi pas.

- Allez, on y va. - C'est loin?

Le salon?

Oui.

A six stations de métro.

Allons-y.

Quelle dégaine, mec.

- Salut p'pa. - Salut.

- Comment ça va, le monstre? - Salut.

Qu'est-ce que tu fais ici?

Rien, je suis venu te voir.

Ça, je le vois.

Tu as prévenu ta mère?

Ouais.

Il ne l'a pas prévenue.

Ça ne sonnait pas très convaincant.

Tu n'as jamais vu de tatouages avant?

Non.

Regarde, voilà le dessin.

- Le dragon est fini? - Oui, mais pour l'instant on ne peut pas le voir.

- Montre-le juste à La Boule. - Non, Alfredo.

Allez, montre-lui.

Salut tarlouse.

J'ai presque fini.

Non, il ne peut pas.

Non, il a dit qu'il avait des trucs à faire.

L'autre est pour toi, non?

Merci.

C'est le mien?

Ouais.

Alfredo dit qu'il veut venir au studio un de ces jours.

T'as pas les jetons.

Sécher l'école, passer sans permission,

et maintenant le studio d'enregistrement.

Tu vis comme un roi. T'as pas le trac.

Tu m'as toujours dit de profiter de la vie.

Oui mais pas trop.

Et là tu pousses.

Alfonso, tu es libre plus tard?

Tu ne rentres pas à la maison?

Non. Mais vous pouvez prendre le métro, non?

Ou vous avez besoin d'un chauffeur?

- Où vas-tu? - Voir Félix

à l'hôpital.

Alors tu es libre?

Du tout.

Alfonso, fais pas chier.

Accompagne-moi à l'hôpital.

Non.

- Pourquoi? - Parce que non.

Il est bien.

Hendrix était comme ça et il ne me reconnaissait plus.

J'ai parlé avec lui. Il demandait

des nouvelles de toi.

Non, José.

- Je ne te comprends pas. - Tu ne me comprends pas?

C'est simple. Je suis fatigué de voir

mes amis mourir. J'ai passé

trois ans à enterrer mes amis. Je ne veux pas voir Félix comme ça.

Je ne veux pas me rappeler de lui comme ça.

Papa, je peux venir avec toi?

Non, je te l'ai déjà dit cent fois. Tu ne peux pas.

Pourquoi pas?

Ne m'oblige pas à le répéter!

Qui est Félix?

Mon parrain.

Qu'est-ce qu'il a?

Le Sida.

- C'est pour ça que ton vieux ne veut pas. - Ouais.

Je veux quand même le voir.

J'irai demain pendant la récré.

ils ne te laisseront pas entrer.

Je m'en fous. Je rentrerai discrètement.

Hé.

- Quoi? - Viens avec moi.

Je ne peux pas rater l'école. Le week-end prochain, si tu veux.

Non, j'y vais demain.

Viens le rencontrer. Il est sympa, il t'aimera.

Je ne peux pas. Si je pouvais, je viendrais, promis.

Comment je vais sortir?

Par la porte, comment veux-tu faire?

La porte sera fermée. Je connais une meilleure issue.

Boule!

- Quoi? - Merci

De rien.

Hé, pourquoi tu ne viens pas avec moi? Allez.

- Je ne peux pas. - T'es con.

A demain.

A demain.

Boule.

- Sur les rails demain. - Très bien.

Qu'est-ce qu'il y a?

- Tu ne viendras pas non plus demain? - Vas te faire foutre, Cometa.

Tu te dégonfles.

Oublie-moi, mec.

Pourquoi es-tu venu?

Je ne voulais pas te laisser y aller tout seul.

Je savais que tu viendrais.

- Comment? - Je ne sais pas, mais je savais.

Bonjour.

Bonjour.

- Nous venons voir un malade. - Quelle chambre?

- 210. - Une seconde.

Ça ne répond pas; Est-ce qu'il

vous attend?

Non.

Vous ne pouvez pas

entrer sans un adulte. Désolé.

- Vous êtes de la famille? - C'est mon parrain.

Est-il seul?

Je ne crois pas.

Attendez-là et

je réessaierai, d'accord?

Ouais.

Quelle merde.

Qu'est-ce qu'on fait?

Je ne sais pas. Attendons.

Et si ta marraine arrive?

Je ne pars pas sans l'avoir vu.

Avec elle ici, ça pourrait être difficile.

Félix?

Alfredo.

Alfredo!

Viens mec. On y va.

Allez mec.

Ce fils de pute!

- Tu vas dire à ton vieux que tu l'as vu? - Non.

Je n'aurais pas dû y aller.

Pourquoi?

Parce que.

Maintenant, je comprends Alfonso.

Si tu n'y étais pas allé ça t'aurait pourri ta vie entière.

Pourquoi lui ont-ils rasé la tête?

Je ne sais pas.

Comment peuvent-ils maintenir quelqu'un comme ça en vie?

Je préfèrerais mourir

qu'être comme ça. Je me tuerais. Ils ne me laisseraient pas

à moitié mort. Et si je meurs, ils peuvent brûler mon corps

et répandre les cendres dans la mer ou n'importe où

pourvu qu'ils ne me mettent pas dans une de ces foutues tombes.

Pour moi, c'est pareil. Une fois que tu es mort, qu'est-ce que ça fait?

Ça fait que je ne veux pas

être mis dans un trou.

Je ne veux pas mourir.

Bien sûr que non! Moi non plus. Mais c'est impossible.

Pourquoi?

Parce que tout le monde meurt.

- Je ne comprends pas pourquoi. - Comment le saurais-je?

A cause de Dieu ou de je ne sais quoi. C'est comme ça.

Dieu n'existe pas.

Et comment tu le sais?

Parce que je le sais.

Dieu n'existe pas, et je ne mourrai pas dans cette putain de vie.

Sinon, qu'Il fasse que cette pierre atterrisse dans cette lumière

qui se réfléchit dans l'eau.

C'est pas possible, connaud.

Non?

Amène ton cul, fils de pute!

Allez, connard!

Je vais t'éclater la tronche!

Comment ça, tu n'as rien fait?

La prochaine fois que tu sèches l'école tu es mort.

Comment s'appelle le père de E.T.?

- Comment? - Vatasch E.T. Incervo.

Débile.

Tu joues, Lolo?

Je passe.

Le nouveau?

Sinon, pourquoi tu viens?

Quoi? Je ne peux pas rester ici?

Si, tu peux regarder.

Je ne te regarde pas.

- Qu'est-ce que tu dis? - Tu as entendu.

Ouais, tu ferais mieux de ne pas me regarder, mec.

Laisse-le tranquille.

J'aime pas les petits trou du cul.

Bon, allez.

Adri.

Tu joues ou quoi?

Allez, merde.

1, 2, 3...

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8...

Sebas contre...

Il triche tout le temps. Tu as vu comme il est parti avant.

J'ai pas vu.

Tu verras quand tu joueras contre lui. C'est un vrai enfoiré.

Ça ne risque pas parce que je ne suis pas prêt de jouer, c'est complètement con.

- Quoi donc? - Ce putain de jeu débile.

N'importe quoi, c'est vraiment cool.

Je ne vois pas en quoi.

Mais si, c'est hallucinant.

Ouais, surtout le jour où quelqu'un se fait arracher la tête par un train.

- Comme le grand type. - Quel grand type?

L'année dernière, un grand type s'est fait tuer.

Qu'est-ce qu'il y a?

Rien, il ne vient pas.

Merde, un de moins.

Pourquoi?

- Son père dit qu'il est puni. - Pourquoi?

Qu'est-ce qu'il a fait.

Je ne sais pas.

Qu'est-ce qu'on fait?

Pourquoi n'essaies-tu pas de parler avec lui?

Pourquoi tu n'y vas pas toi, Alfonso?

Parce que je ne le connais pas.

Merde.

Tu connais son nom?

Non.

Bon, super.

Je reviens.

José,

avec diplomatie.

Et cache ton tatouage.

- Bonjour. - Bonjour.

- Pablo habite ici, non? - Oui.

Je suis le père d'Alfredo.

- Ah, bonjour. - Bonjour.

- Pourrais-je parler à votre mari? - Bien sûr.

Entrez.

Bonjour.

Bonjour.

- Bonjour Pablo. - Bonjour.

C'est le père du garçon qui est venu voir Pablito.

Excusez-moi d'arriver à l'improviste.

Je vous en prie. Qu'y a-t-il?

- Voulez-vous vous asseoir? - Non merci.

Nous allons rejoindre un groupe d'amis dans une maison

à la montagne, et nous pensions

que Pablo pourrait se joindre à nous.

Oui.

- Vous êtes de retour aujourd'hui? - Oui.

Nous serons à Madrid pour l'heure du dîner, vers 10 ou 11 heures.

Ça dépend de la circulation, vous savez comment c'est le week-end.

Tu veux y aller?

Je ne sais pas, je dois faire

ce que tu m'as dit.

Tu pourras faire ça demain. Vas-y.

Merci. A bientôt.

Au revoir.

Qui a lâché une caisse?

Putain, ça pue!

C'est toi qui as pété, sale porc.

C'est toi.

- Ne mens pas. - C'est toi.

Ouais, c'est lui le gros porc.

- J'ouvre ma fenêtre. - La mienne aussi.

C'est pas une affaire.

Les voilà.

Maman, Alfonso a pété.

Oui mon amour, un gros pet puant.

Montez là-dedans.

- Salut. - Salut.

- Salut Pablo. - Va-t'en, Golfo.

Où allons-nous?

Tout en haut.

Sur les nuages?

Peut-être pas aussi haut.

Jusqu'au ciel?

Hé, qu'est-ce qui se passe, Fais attention.

Laisse-les, qu'ils respirent.

Quand est-ce qu'on s'arrête?

S'arrêter?

Tu n'as pas dit qu'on allait bientôt s'arrêter.

Allez, à toi.

Fais-le avec lui.

Voyons voir.

Où est-il?

Golfo!

Golfo!

On y est.

-Papa. - Oui?

- Je me suis mouillé le cul. - C'est pas grave, fiston.

Tiens, prends le petit.

Monte, Golfo.

Saute.

C'est arrivé sans prévenir.

Je suis trempé!

Moi aussi.

C'est le prix à payer pour les andouilles qui n'ont pas pris de vêtements.

C'est une super sensation. Agréable et humide.

Plus particulièrement pour les burnes. Chaud et trempé!

Là. C'est pour toi et ça c'est pour ton ami.

Mettez vos chaussures et vos vêtements mouillés

dans la baignoire

D'accord.

C'est grand, mais c'est tout ce que j'ai.

Je sècherai vos vêtements plus tard.

Hé

ne dégueulassez pas tout.

T'inquiète, salut.

Salut.

Merde, je me les gèle, mec!

Moi aussi!

Prends les bottines.

Merde.

C'est un peu grand pour toi.

Un peu grand, qu'il dit.

- Et mes vêtements? - Dans la corbeille.

C'est ici.

Prends-les.

Comment ça t’est arrivé?

Quoi?

Ton dos.

Je suis tombé l'autre jour.

Qu'est-ce que tu fais?

Je me lave les mains.

C'est la dernière fois que tu vois ces gens.

Pourquoi?

Parce que je le dis.

D'accord, d'accord.

Sèche-toi et va au lit, il est onze heures passées.

Fils de pute. Pourvu que tu crèves.

Hé les mecs, vous avez vu Boule?

- Tu l'as vu Red? - Non.

Peut-être qu'il est au magasin.

Salva?

- Tu l'as vu? - Nan.

Il est sûrement malade.

Depuis une semaine?

Pourquoi pas.

Son père l'a sûrement tabassé.

Ouais? Comment tu le sais?

Parce que je le sais.

Il te l'a dit?

Non, mais tout le monde le sait.

T'as une grande gueule.

Pourquoi tu dis ça?

Parce que c'est ce que tu es, une grande gueule.

Pablo, c'est moi. Ouvre.

Je ne peux pas.

Pourquoi?

Parce que. S'il te plaît, va-t-en, mon père sera là d'un instant à l'autre.

- Comment vas-tu? - Bien.

Tu es sûr?

Oui.

Alors laisse-moi entrer.

Je t'ai dis que je ne pouvais pas.

Juste une seconde.

Je ne peux pas.

S'il te plaît, va-t'en et ne reviens pas.

Va-t'en ou je vais encore avoir des ennuis.

Il te frappe?

Ton vieux te bat, pas vrai?

Pablo? Es-tu là?

Dis le moi, s'il l'a fait.

Je partirai. Je te promets.

- Puis-je donner à manger à Golfo? - Non, tu ne peux pas nourrir le chien.

Quand vous êtes partis

je lui donne.

Très bien, mais reste loin jusqu'à ce que je parte. D'accord, la seringue?

Je ne suis pas une seringue.

Qu'est-ce que tu as?

Moi? Rien.

Allez, je te connais. Qu'est-ce qui ne va pas?

Allez, prends un morceau.

Rien.

Tu n'as pas dit un mot durant le repas.

Qu'est-ce qu'il y a?

C'est pas moi, c'est La Boule.

Qu'est-ce qu'il a? Golfo!

Encore?

Il ne va plus à l'école depuis une semaine.

Et?

Tu te souviens de ce jour à la montagne?

Quand nous enlevions nos vêtements mouillés.

J'ai vu son dos et il était plein de marques et de bleus.

Je lui ai demandé comment c'était arrivé.

Il m'a dit qu'il était tombé, mais il mentait.

Qu'est-ce que tu veux dire?

C'était son père.

Comment le sais-tu?

Tout le monde le sait.

Bonjour.

Vous vous souvenez de moi.

- Je suis le père de... - Oui

bien sûr que je me souviens.

C'est à propos de votre fils.

Il s'est passé quelque chose?

Non, non.

Et alors?

Il ne va pas à l'école depuis plusieurs jours. J'ai pensé qu'il était malade.

Mon fils le cherche depuis plusieurs jours.

Je lui ai dit que ce n'était probablement rien, mais...

Il a une angine, il est à la maison avec sa grand-mère.

Ah.

Ce n'est rien.

Dites-lui qu'Alfredo le salue.

Qui?

Mon fils, il s'appelle Alfredo.

Bien, je lui dirai.

- Merci, et excusez-moi. - De rien monsieur.

Bonne journée.

Au revoir.

Pablo?

Pablo!

Attends, attends une seconde.

Comment c'est arrivé?

Boule, attends.

- Tu rentres à la maison? -Oui.

- Où étais-tu pendant la récréation? - Dans la cour.

Je ne t'ai pas vu.

Qu'est-ce que tu fais demain?

Je ne sais pas.

Mon père a dit que nous pourrions aller au salon.

Il va tatouer Ramiro.

Je ne peux pas.

- Pourquoi? - Je ne peux pas, c'est tout. Salut.

- Où étaient les marques? - Sur son dos.

Et sur le côté.

Juste des bleus ou aussi des blessures?

Je crois qu'il avait aussi des cicatrices.

Comment t'a-t-il dit que c'était arrivé?

Une chute.

Tu es sûr?

Tout le monde sait que son père le bat.

Et j'ai vu d'autres marques l'autre jour.

On ne peut rien faire si on ne peut pas le prouver.

Tu as vu son père le battre.

Non.

C'est ça qui compte pour établir une déclaration.

- Il t'a dit pourquoi il ne venait pas. - Non.

Dis-lui de venir

parler avec Laura.

Je vais demander à un travailleur social de voir

ce qu'on peut faire.

Et maintenant?

On ne peut rien faire de plus.

Sauf si tu veux porter plainte.

Moi je ne le ferais pas avant d'être complètement sûre.

Il faut attendre.

Quoi? Que ça recommence?

Non, qu'il le dise.

Si le petit le dit, ce sera beaucoup plus facile.

Oui?

'jour.

Oui.

Il est là, ne l'appelle pas.

Quand?

Non, nous allons terminer plus tard.

Oui, je sais où il est.

Demain à cinq heures. D'accord. Au revoir.

Alfredo, viens par là une seconde.

- Viens là. - Qu'est-ce qu'il y a?

Viens là.

- Qu'est-ce qui ne va pas? - Rien.

Félix est mort.

C'est rien.

C'est rien.

- Salut. - Salut.

- Qu'est-ce que tu fais là? - Je venais voir Alfredo.

Où est-il?

A côté, viens.

Tu as appelé ta mère?

Salut.

- Comment vas-tu? - Bien.

Tu as vu ta marraine?

Oui, elle est assez triste.

Souris, si elle te voit comme ça

cela va la rendre encore plus triste. Veux-tu quelque chose?

Je viens de prendre un coca.

- Et toi Pablo? - Non merci.

- Tu es sûr? - Oui.

Et vous?

Un café pour moi.

- D'accord. - Assieds-toi.

Salut.

Salut.

- Comment as-tu été informé? - On me l'a dit à l'école.

Quand a lieu l'enterrement?

Ils vont l'incinérer.

C'est mieux. Ils ont enterré mon frère et c'est la merde.

Je ne savais pas que tu avais perdu un frère.

Tu te rappelles, l'autre jour au salon?

Je revenais du cimetière.

Désolé.

Pourquoi?

A propos de ton frère.

Je n'ai perdu qu'un parrain et regarde-moi.

Je ne l'ai pas connu. Il est mort avant ma naissance.

Tu n'es plus triste.

Non, c'était sûrement un connard.

Pourquoi dis-tu ça?

Parce que mon père me compare toujours avec lui.

Ça devait être un connard.

Comment est-il mort?

Dans un accident de voiture.

1, 2, 3, 4, 5, 6...

- Il a bougé. - Putain, ne bouge pas!

Allez, taisez-vous.

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,

Moi contre...

Toi!

Hé! Je te parle le nouveau!

Quoi?

Tu joues oui ou non?

Laisse-moi tranquille.

- Ce type est bizarre, mec. - ouais.

- Une pédale, comme son parrain.

Qu'est-ce que t'as dit?

- Je n'ai rien dit. - Je t'ai entendu!

J'ai juste dit que tu n'avais pas assez de couilles pour jouer.

C'est pas parce que je n'ai pas de couilles, c'est juste parce que c'est complètement con.

Ouais.

- Tu veux te mesurer à moi? - Tu verras ce qui arrive.

Calme, je ne vais rien faire.

Voitures 204 et 206, êtes-vous là? A vous.

204. A vous.

Des gamins ont été vus sur la voie ferrée.

On est en chemin.

Mais qu'est-ce que tu fais, mec?

Tu aurais pu te faire écraser, abruti.

Qu'est-ce qui s'est passé?

Je lui ai dit que c'était un abruti.

- Pourquoi tu n'as pas traversé? - Je n'avais pas envie.

Je ne reviendrai plus jamais ici. C'est naze.

- Où tu vas? - A la maison, tu viens?

Je viens.

Boule, attends! Je viens avec vous.

Hé, les gosses!

Venez-là un moment.

- Où allez-vous? - A la maison.

Allez, lève-toi.

- Où cours-tu, si vite? - Laisse-moi voir.

Qu'est-ce que c'est? Ton genou?

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de train?

Un jeu.

Un jeu? Merde. Plutôt dangereux comme jeu.

Je n'ai jamais joué.

Comment?

Je ne joue pas.

Tu es trop intelligent, c'est ça?

Tu t'assieds juste en attendant

de voir si l'un de tes copains se tue.

Ils sont tous stupides

mais toi tu es le plus malin.

Je n'ai pas dit ça.

Regarde.

Je ne veux pas avoir à surveiller...

Alfredo, ne ris pas. Je suis sérieux!

Tu me cours sur les nerfs.

Tu m'entends?

Est-ce que tu m'entends?

Oui.

Je ne veux pas avoir à surveiller ce que tu fais en dehors de la maison, je ne suis pas policier.

Mais je vais te dire une chose.

Si un jour tu te tues sur une de ces voies.

Tu me tueras ainsi que tous ceux qui t'aiment.

Tu comprends?

Fais-le pour toi.

La vie à trop à donner pour qu'on la perde comme un imbécile.

Ne meure pas avant l'heure.

La vie ne dure qu'un instant.

Ne boude pas.

Je te dis ça parce que je t'aime.

Quel bavardage.

C'est pas du bavardage!

Tu fais juste les conneries

qu'on a tous faites à ton âge.

Ça vaut aussi pour toi. Je te parle comme à un fils.

Oui, je ne pense pas recommencer.

Quoi?

Je ne jouerai plus, c'est débile.

Salopard.

Vous faites une belle paire

de petits salopards.

C'est plein.

Il n'y a pas un espace sans tatouage.

C'est entièrement recouvert. Mais regarde, regarde.

C'est tellement chouette. Il n'y a pas beaucoup de couleur, mais...

- Et celui-là? - Encore mieux.

C'est le même de profil.

C'est superbe.

Javier.

Qu'est ce que tu fais maintenant?

Rien. Je vais rentrer à la maison.

J'aimerais que tu m'aides. Ça te dérangerait de rester?

Non.

Prépare le fauteuil.

Alfredo, Pablo, venez ici.

Assieds-toi là Pablo.

Enlève ça.

- Pourquoi? - Enlève-le.

Prêt?

Attends.

Reste tranquille.

Laisse-moi regarder.

- A plus tard. - Au revoir.

Maman...

Pourquoi rentres-tu si tard?

- Où est grand-mère? - Elle est allée au lit.

Assieds-toi.

Tu ne peux jamais être à l'heure?

J'ai été occupé.

Ah.

- Qu'est-ce que c'est? - De la nourriture, voilà ce que c'est.

Allez, mange.

On peut savoir où tu es allé?

Comment, où je suis allé?

Joue pas au con avec moi, je ne suis pas

un de tes petits copains.

Tu m'as entendu. Où étais-tu?

A l'école, où veux-tu que je sois allé?

Où ça?

A l'école, je viens de te le dire.

Tu mens!

Je ne mens pas, j'étais à l'école.

Et pourquoi quand j'y suis allé, tu n'y étais pas?

Je te pose une question.

Je ne suis pas allé au dernier cours.

Tu n'es pas allé au dernier cours.

Et alors, où es-tu allé?

Réponds-moi. Tu es sourd?

Je t'ai demandé de me répondre.

Mariano, ne le frappe pas, s'il te plaît.

Toi, reste en dehors de ça.

J'attends.

Tu m'as entendu?

J'étais sur la voie ferrée.

Vraiment?

Et je peux savoir ce que tu faisais comme conneries.

- Rien. - Rien?

Tu me mens encore? Tu veux que je te dise où tu étais?

Tu veux que je te le dise? Où vas-tu?

Je t'ai dit de te lever? Assieds-toi!

La prochaine fois que je te vois avec ces types, je t'arrange le portrait!

Assieds-toi!

Tu m'entends? Réponds-moi!

Réponds-moi!

- Réponds-moi, fils de pute! - Oui.

Qu'est-ce que tu as dit?

Qu'est-ce que tu as dit? Parle plus fort!

Ne commence pas, s'il te plaît...

Plus fort!

Fils de pute! Pourvu que tu meures!

Laisse-le partir.

S'il te plaît, ne le bats pas.

- Suis-moi. - S'il te plaît, je t'en supplie...

Suis-moi, toi, ne te mêle pas de ça.

Tu craches sur ton père, fils de pute?

Tu craches sur ton père?

Enculé de ta mère!

Saloperie, tu craches sur ton père.

Mets-toi debout, mets-toi debout.

Manolo, ouvre.

Manolo, ouvre! Il va le tuer!

Où tu vas?

Viens ici si tu as des couilles!

Tu vas pleurer maintenant? Sors de là.

Sors de là, enculé de ta race

de fils de pute.

Sors de là, saloperie!

Je t'ai dit de sortir!

Fils de pute!

Où tu vas?

Mariano, laisse-le!

Calme-toi.

Tu es fou?

Pablo! Où vas-tu? Attends, fils, attends.

On va voir si tu as les couilles de me cracher dessus maintenant.

Calme-toi.

Pablo...

Pablo!

Pablo, reviens!

Où vas-tu?

Reviens!

Fils de pute.

Fils de pute! Enculé!

J'espère que tu vas crever, fils de pute. Laisse-moi vivre en paix. Mon enfant...

- Nous allons manger. - Juste un morceau de chorizo.

Tu vas être gros comme une vache.

Très drôle.

- Tu veux du chocolat? - Oui.

Tu dois d'abord finir ton assiette.

D'accord.

Je vais ouvrir!

- D'accord, mais ensuite tu manges. - D'accord.

Qui est-ce?

Pablo!

- Alfre, est-ce que Pablo est bon? - Bien sûr qu'il l'est.

- Alors pourquoi son père le bat-il? - Je ne sais pas.

Laura? C'est encore moi. Rappelle-moi quand tu auras ce message.

Peu importe l'heure qu'il est. Rappelle-moi.

C'est à propos de l'ami d'Alfredo.

Je suis toujours sans réponse.

- Tu veux boire quelque chose? - Non merci.

-Sûr?

Je voudrais un coca.

Je ne t'ai rien demandé à toi, j'ai parlé à ton frère.

Qu'est-ce qu'on va faire maintenant?

Je ne sais pas, on verra.

On va voir ce que dit ton père.

- Ça fait mal? - Un petit peu.

José.

Quoi?

Je peux rester dormir chez toi cette nuit?

Bien sûr, t'inquiète pas pour ça.

Je ne veux pas voir mon père.

Ne pense pas à ça maintenant.

Du fil de taille cinq.

- Et une injection antitétanique? - Oui.

Tu promets?

Calme, tout ira bien.

Promets-le moi.

Je te le promets. Maintenant, essaie de te détendre.

Nous parlerons plus tard.

Allonge-toi, s'il te plaît.

Enlève la gaze de la blessure.

Ça va faire un peu mal.

Ne bouge pas. Tenez-lui la main,

S'il vous plaît.

Comment t'appelles-tu?

Pablo.

Tu me donnes ta main, Pablo?

Accroche-toi.

Reste tranquille.

Tu as mal au coeur?

Qu'est-ce qui te garantit que ce fils de pute

ne va pas encore le frapper ce soir?

Je ne suis sûre de rien.

Ce que je te dis

c'est comment je crois que les choses doivent être faites.

Si mes idées te semblent stupides

je te laisse faire

comme bon te semble.

Comment va-t-il?

Bien, il veut de l'eau.

- Dis-nous si tu as besoin de quoi que ce soit. - D'accord.

Il est clair qu'il ne veut pas rentrer chez lui.

Mais ce n'est pas au gamin de décider.

Nous devons appeler ses parents et leur dire qu'il est ici.

- Pourquoi? - Parce qu'on doit, merde.

La police est peut-être

déjà à sa recherche. Nous ne pouvons pas le cacher ici.

Je ne cache personne.

José,

Tu as un mineur à la maison depuis dix heures du soir.

Il est deux heures du matin et tu n'as toujours pas appelé ses parents.

Si tu ne le fais pas d'ici demain,

ils pourraient t'accuser d'enlèvement.

Oui, oui.

Et son ordure de père pourrait dire

que le gamin n'avait rien en partant de chez lui.

Et alors on serait dans la merde.

N'y a-t-il pas d'autre solution que d'appeler le père?

Tiens.

Merci.

Mon père me l'a donnée.

Tu l'as laissé tomber à l'hôpital.

Ça fait mal?

Un peu.

Et toi?

Quoi donc?

Le tatouage.

Plus maintenant.

Qu'est-ce que ton père a dit?

Rien, il a parlé avec Laura.

Et?

Ils vont appeler ton père pour qu'il vienne te chercher.

Pourquoi?

Laura dit que c'est mieux comme ça.

Que sinon il pourrait y avoir des problèmes.

Ton père a dit que je pouvais

rester cette nuit.

Il a promis.

Peut-être que Laura a raison et que tu devrais partir.

Il a promis.

Il voulait que tu restes.

Mon père va me tuer.

Je te jure.

Il va me tuer.

C'est le père de Pablo.

Bonsoir. Entrez.

La boule!

La boule!

Retrouve-moi dans la rue

près du jardin!

Où est Pablo?

La putain de ta race maudite.

Vous avez du feu?

Non.

José,

Tu as un briquet?

Là.

Là.

Merci.

Vous en voulez une?

Non, merci. Je ne fume pas.

Il n'est pas là.

Où est ce jardin où vous traînez?

Il doit y être.

Le jardin des Maures?

- Je ne sais pas, où vous vous retrouvez. - Le jardin des Maures.

Où est-ce?

Juste après l'église.

Allons voir.

Vous feriez mieux de rester.

S'il vous voit, ça va tout compliquer.

Il n'est pas là.

Attends Alfredo.

Quoi?

Où est-il?

-Quoi? - Où est Pablo?

Je ne sais pas.

Si, tu sais. Dis le moi.

Je ne sais pas, je te jure.

Ne me mens pas.

Je ne te mens pas.

Où est-il? et ne dis pas que tu ne sais pas. A moi, on ne la fait pas.

Je ne peux pas te le dire.

Quoi?

Je ne peux pas.

Si je te le dis. Tu le ramèneras à son père.

Je suis obligé.

Tu as dit qu'il resterait avec nous.

Je sais, mais les choses ont changé. Maintenant ce n'est plus possible.

Parce que tu ne le veux pas.

Non, simplement ce n'est pas possible.

Un jour tu comprendras.

Je ne peux pas t'expliquer maintenant. Dis-moi.

Alfredo, ne me casse pas les couilles, et dis-moi où est Pablo!

Non.

Tu rends les choses difficiles.

Ne m'oblige pas à me répéter.

Ne m'oblige pas à faire quelque chose

que je vais regretter.

Dis-le moi.

- Tu vas me le dire, oui ou non? - Non.

Putain, tu vas me dire où il est.

Je ne sais pas.

Il est là.

Pablo, attends.

Mon père est-il là?

Comment?

Est-il là?

Oui, mais...

Pablo!

Pablo!

Pablo, stop!

Pablo, attends!

Pablo, stop! Je ne te ferai aucun mal.

Calme-toi.

- Comment? - Je ne veux pas retourner avec lui.

Calme-toi, tu ne retourneras pas avec lui.

Allez. C'est ça, calme-toi.

Papa.

Alfredo.

Reste avec lui.

Couvre-le.

Couvre-le.

Je reviens tout de suite.

Laura, viens ici.

C'est rien, viens ici.

Qu'est qu'il y a?

Je ramène le gosse à la maison.

- Ne fais pas ça... - Attends, écoute.

Débarrasse-toi du père. Dis-lui n'importe quoi.

José, José.

Tu pourrais avoir des ennuis. Tu le sais, non?

Je ne pense pas à moi.

Je pense au gamin.

Allez, on y va.

Pablo, lève-toi.

Ma jambe me fait mal.

Ça fait mal? Allez, essaie.

Je ne peux pas.

Ne t'en fais pas. Agrippe-toi fort à moi.

C'est ça, allons-y.

Il m'a frappé et tiré par les cheveux.

Il m'a brûlé avec sa cigarette et il m'a fait boire de la pisse.

Avant d'aller au lit, il m'a donné des médicaments pour faire caca.

Quand je me tenais mal,

il m'enfermait dans ma chambre, ou dans l'armoire,

et il me disait que je ne sortirais que quand je demanderais pardon,

et qu'il me laisserait mourir ici.

Il ne me laissait pas voir mes amis,

et il me faisait travailler au magasin.

Il m'a insulté.

Il m'a craché dessus.

Il a dit que j'aurais dû mourir à la place de mon frère.

Je peux dire ça?

Fils de pute.

Bâtard.

Trou du cul.

Tête de con.

Connard.

Porc.

Enculé.

||°LOLOTE°||

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