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LA FAMILLE RIMPLEGAR
LE M�DECIN DES RIMPLEGAR
LA DOMESTIQUE DES RIMPLEGAR
LE PETIT AMI D'ELIZABETH RIMPLEGAR
LA PETITE AMIE DE KENNETH RIMPLEGAR
Comme vous l'avez devin�, ceci raconte l'histoire des Rimplegar.
Ils vivent dans un quartier de New York appel�
SERVICE DE BUANDERIE ET DE NETTOYAGE BROOKLYN
SERVICE DE BUANDERIE ET DE NETTOYAGE BROOKLYN
Regardez, Jenny. Il faut deux verres de lait dans la recette de p�te � gaufre.
- Vous comprenez ? - Reculez.
Moi pour lui, et elle pour moi. Le po�le, pas vous.
Je ne veux pas causer d'ennuis, Jenny, mais il faut du lait.
Du lait. Vous comprenez maintenant ?
Non.
Deux... Verre...
- Peu importe. Faites des �ufs � la coque. - Bonjour.
- Bonjour, Albert. - Bonjour, Mme Rimplegar.
C'est lourd. Tenez.
- 11,47 $. Vous en �tes s�r ? - Oui, madame.
Voyons voir. Sept et quatre font 11, plus trois donne 15,
et huit �gale, alors... Voyons, c'est 15 plus huit...
C'est un cadeau des enfants pour mon anniversaire,
�a les blesse, si je ne le porte pas.
C'est beau, n'est-ce pas ? Ce sont...
- Ce sont des plumes, oui. - D'accord.
11,47 $.
Oui, je l'ai. Voil�. Voyons.
- Et 27 cents. - 47 !
- 47 ? Comment vont les affaires, Albert ? - Terrible, madame.
La d�pression, je suppose. J'ai entendu dire qu'elle n'est pas finie.
La consommation devait y mettre fin, alors j'ai achet� 10 caisses de bi�re,
mais on dirait que �a n'a rien r�gl�.
Si mon mari �tait toujours vivant et qu'il avait encore la buanderie,
- les affaires seraient encore bonnes. - Il est mort dans le bon temps.
- Oui. - Vous m'avez donn� 11,17 $.
- Vous me devez encore 30 cents. - Mon Dieu.
Jenny ? Pouvez-vous me pr�ter 30 cents ? Oui, 30 cents.
- Reculez, le po�le est � moi. - Son anglais est mauvais. Je reviens.
Tu n'as pas voulu lui faire de peine ?
- Kenneth. - Mais tu m'en fais � moi, pas vrai ?
- Peux-tu me pr�ter 30... - �coute, Kitty.
Tu m'as jou� ce tour une fois de trop. C'est termin� ! Tu m'entends, termin� !
Kenneth, peux-tu me pr�ter...
Termin� au point que si je voulais te rappeler,
je chercherais ton num�ro dans l'annuaire.
Mon Dieu !
Jenny ! Jenny !
D�jeuner. Manger.
Et le cousin de Sa Tr�s Chr�tienne Majest�, le roi de France !
Douglas !
Permettez-moi l'honneur de vous pr�senter Son Altesse Royale, le duc d'Orl�ans,
duc de Chartres, duc de Nemours, comte de Beaujolais,
et le cousin de Sa Tr�s Chr�tienne Majest�, le roi de France !
Douglas, peux-tu me pr�ter 30 cents ?
Pour l'amour du ciel, m�re !
- Je r�p�te mes r�pliques. - Ce n'est que 30 cents.
Dites-lui, mon ami, qui est vraiment monsieur Beaucaire.
Permettez-moi l'honneur de vous pr�senter Son Altesse Royale, le duc...
Elizabeth !
Elizabeth ! C'est bien, Agnes. Bordez bien les couvertures.
Bonjour, Elizabeth.
- Pourrais-tu me pr�ter 30... - Mon Dieu !
- Qu'y a-t-il ? - � quoi sert tout �a ?
On se couche le soir, on se l�ve le matin.
- Dans quel but ? - C'est le fromage d'hier soir !
Tu as le teint vert.
Retourne au lit. Je descends te chercher quelque chose.
- Kenneth ! Kenneth ! - Qu'y a-t-il, m�re ?
- As-tu vu l'huile de ricin ? - On l'a finie hier soir pour les cocktails.
�a ne t'a pas rendu malade ?
- All�. - Kenneth, qu'est-ce que tu as ?
- Oui, bien s�r. Pour toi, m�re. - C'est gentil. All�.
Ici M. Stokes, de la soci�t� R.G. Briggs.
Oui, M. Stokes.
Oui, je vais venir le couvrir.
Oui, j'arrive tout de suite.
Mme Rimplegar, l'homme, elle veut 30 cents.
- Oui, bien s�r, Albert. - D'accord, Mme Rimplegar.
- On r�glera �a la prochaine fois. - Non, venez, Albert.
Permettez-moi l'honneur de vous pr�senter Son Altesse Royale, le duc d'Orl�ans,
duc de Chartres, duc de Nemours, comte de Beaujolais,
et le cousin de Sa Tr�s Chr�tienne Majest�,
- All�. - H� ! C'est pour moi !
- Oui. - D�sol�. C'est pour Elizabeth.
Oui. Elizabeth. Liz, t�l�phone !
- J'arrive ! - Elle arrive.
- Est-ce Ronald ? - Non, c'est le Dr Stevens.
- Dis-lui que je dors encore. - Elle dit qu'elle dort encore.
Idiot ! Donne-moi �a.
Excusez-moi, Alan.
Comment vont ces fous de Rimplegar, ce matin ?
- Vous avez rendez-vous avec moi. - Je suis d�sol�e.
Je n'ai pas vraiment envie d'aller dans une clinique aujourd'hui.
�a nous arrive � tous. Oui.
- Une autre fois, alors. - Bien s�r. Au revoir.
Dites-lui, mon ami, qui est vraiment monsieur Beaucaire.
Permettez-moi l'honneur de vous pr�senter Son Altesse Royale, le duc d'Orl�ans,
duc de Chartres, duc de Nemours, comte de Beaujolais,
- et le cousin de Sa Tr�s Chr�tienne... - Bonjour.
- Votre petit fr�re est de retour. - Tu �tais parti ?
Que doit faire un gars pour faire rire cette famille,
un vol transatlantique ?
- Mon petit gar�on ! Mon Eddie ! Mon b�b� ! - Bonjour, maman.
- Tu es de retour sain et sauf ! - Il a �t� parti deux jours entiers !
Je suis press�. Je dois me rendre en classe pour 11 h.
Je n'ai pas eu le temps de me changer hier soir.
- J'ai roul� jusqu'au matin. - Tu n'as pas l'air en forme.
Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai ?
As-tu pris tes trois verres de lait pendant ton voyage ?
Je n'aime pas le lait !
Combien de temps penses-tu pouvoir continuer ainsi ?
Courir partout sans boire de lait ?
� t'entendre, on dirait qu'on carbure au lait.
Dites-lui, mon ami, qui est vraiment monsieur Beaucaire.
Permettez-moi l'honneur de vous pr�senter Son Altesse Royale, le duc d'Orl�ans...
Je d�teste le lundi.
- Que peut-on faire le lundi ? - Tu es tr�s boudeuse ces derniers temps.
Qu'y a-t-il, t'es-tu disput�e avec Ronald ?
- On ne se dispute jamais. - Duc d'Orl�ans, duc de Chartres, duc...
- Vous mangez deux �ufs, aussi ? - Non, Jenny, je mange du caf�.
Ronald a-t-il fini d'�crire son roman ?
Laisse-lui le temps. Il ne l'a commenc� que depuis deux ans.
Depuis combien de temps te pavanes-tu dans ton Petit Th��tre ?
J'apprends les rudiments du m�tier avant de jouer professionnellement.
Selon moi, la seule chose que tu aies rapport�e de Harvard, c'est l'accent.
Peux-tu parler anglais � la maison avec nous ?
On le taira � ton public.
Je parle comme je l'entends. Cela sonne bien, m�me tr�s bien.
Cela sonne moche.
- J'y vais. - Laisse tomber. C'est pour moi.
- J'attends un appel. - Quelle agitation ! Moi aussi.
- Attends un instant, tu veux ? - C'est un faux num�ro.
C'est d�cid�. Je pars.
- Avec les v�tements d'Ed ? - Mes v�tements. Regarde-les.
- Je n'ai besoin que de ma brosse � dents. - C'est Kitty, encore ?
Non.
Tu sais, mon chou, quand il s'agit de Kitty,
tu deviens, comme on dit ici dans l'Est, un lourdaud.
Kitty n'a rien � voir l�-dedans. J'en ai marre de tout !
Je d�teste �tre adjoint judiciaire.
� quoi sert de travailler si on n'a pas besoin d'argent ? Je hais la famille !
- Je te hais ! - Eh bien, eh bien !
Je me fous de ne plus revoir aucun d'entre vous.
- Tu vas briser le c�ur de ta vieille m�re ! - Ne me fais pas celle-l�.
Je ne vivrai pas une vie mis�rable parce que j'ai une m�re.
Partout dans le monde des femmes deviennent m�res.
Oui. Quelqu'un doit y mettre un frein.
� partir de maintenant, je serai compl�tement ind�pendant de tous.
�a me fait penser que je dois demander un peu d'argent � m�re. Maman !
All�.
Bonjour, Kitty, ma ch�rie !
Je veux que tu saches que la fa�on dont tu m'as parl�
m'a terriblement bless�e.
Mon c�ur, tu sais que ce n'�tait pas mon intention.
N�anmoins, je n'ai pas envie de te pardonner.
� qui parles-tu ?
� ma m�re.
- Qu'est-ce que c'�tait ? - Ma m�re.
Quel est ce bruit ?
L'asthme de ma m�re.
Je te vois au d�ner. �coute, je t'aime.
Je t'aime. Je t'aime !
Ciel, Doug, c'est la fille la plus chouette au monde !
Donne-moi �a !
- Qu'y a-t-il ? Je l'ai mal mise ? - Redonne-moi �a !
Reviens avec �a !
- Tu es cingl� ! - Ne tra�ne pas les pieds !
Ce n'�tait rien !
Ronald, mon ch�ri ! J'ai attendu ton appel toute la matin�e.
Quoi ? On t'a �vinc� !
Elle t'a mis � la rue parce que tu n'avais pas pay� ton loyer ?
Retourne voir cette propri�taire et qu'elle te donne ton manuscrit.
D'accord, alors je le ferai. Je serai chez toi dans une demi-heure.
- Reviens ici avec �a. - Viens la chercher, esp�ce de...
Allez !
- Donne-moi cette perruque ! Tu l'ab�mes ! - Non ! Non !
Vous vous amusez, les enfants ? Vous jouez ?
Maman ! Je suis tr�s en retard pour mon cours. Puis-je appeler un taxi ?
Non. C'est tr�s extravagant, Eddie.
- Juste cette fois-ci. - Non !
- Allez ! Allez ! - D'accord, mon b�b�.
Je sors, aussi. Qu'on en envoie un pour moi.
- D'accord. - M�re !
- Non ! - Un pour moi aussi, Eddie.
Cabotin !
All�. Taxi jaune ?
- Envoyez une voiture chez Mme Rimplegar. - Passe-le-moi.
- Attrape ! - All� ! Taxi jaune ?
�coutez, mon gar�on, ne brutalisez pas cette vieille dame.
- Je ne le tol�rerai pas. - Ronald ! Mon ch�ri !
Ne t'en fais pas. Je vais arranger �a. Combien vous doit-il ?
- 16 $. - Donnez-moi �a !
�a va, Mike.
- 10, 15, 16. - Merci.
Tu as tout ?
- Mais... - Mon nu de Togassa !
- Il le jette en bas des marches. - Viens.
- C'est ce que tu as �crit hier ? - Oui.
Aidez un homme � gagner sa vie, monsieur ?
Attendez ! J'y pense, je n'ai pas d�jeun�.
- Pauvre ch�ri. - Donnez-moi une tablette de chocolat.
Oh non. Tenez.
- Peux-tu ? - Oui.
Merci.
Le chapitre commence tout doucement, rempli de lumi�re de soleil.
Comme ce nu de Togassa. Mais le rythme sombre est r�current.
Au d�but, il tombe, comme une larme,
mais il s'accentue, furieux, comme une musique d'orage.
�a a l'air merveilleux !
Non ! C'est pourri ! Creux. �a tombe en morceaux !
Je n'arrive pas � bien faire.
- Je suis un �chec. - Tu recommences.
Tu sais parfaitement bien
- que tu �cris avec passion. - Si seulement j'�tais comme toi,
merveilleusement en paix avec toi-m�me, constamment.
C'est ce que tu penses !
Ronald, je ne te l'ai pas dit, mais depuis six ou sept mois,
- je d�sesp�re ! - Ch�rie !
- Je d�teste tout de la vie, les gens, tout ! - Moi aussi !
Je suppose que bien des gens se sentent ainsi quand la jeunesse est pass�e.
J'�tais si heureuse � l'universit�.
Rien ne sera plus pareil � ce que c'�tait quand j'avais 18 ans.
J'�tais tellement heureuse.
Oui. J'�tais au sommet, quand j'avais 18 ans.
J'ai eu deux sommets.
Tu dois d�jeuner.
LA TH�l�RE DU CHAPELIER FOU
Voyons voir. Jambon tranch�, c�telettes d'agneau. Que veux-tu, Ronald ?
Je ne sais pas. N'importe quoi.
- Apportez-nous un repas l�ger. - D'accord.
Ch�rie, que dirais-tu si on se sortait de tout �a ?
- Mais, on vient d'arriver. - Non, pas d'ici.
Que dirais-tu d'une sortie grandiose pour tous les deux ?
Un suicide.
- Quoi ? - Ensemble. Toi et moi.
Un suicide merveilleux et original.
�loigne-toi de moi ! Je n'ai pas song� s�rieusement au suicide
depuis l'�ge de 14 ans quand j'ai coul� mon alg�bre.
Tu es s�rieux ?
La vie sans extase, Elizabeth, ne vaut pas cher.
Oui. Tu as peut-�tre raison.
La plus belle chose dans la vie...
- � tes souhaits, ch�ri. - D�sol�.
- Ce que je voulais dire... - Ronald, tu as attrap� un rhume !
- Suis-je fi�vreux ? - Oui !
- Ma gorge est �trange, aussi. - Laisse-moi regarder !
- Regarde s'il y a des taches. - Tu dois consulter un m�decin.
Alan Stevens. Il est fou de moi.
C'est un ami de la famille, il ne te facturera rien, tu vois ?
Viens, d�p�chons.
Une autre fois. Encore.
Eh bien ?
Mon vieux, votre gorge est impeccable.
On va devoir faire quelque chose pour �a.
Faites entrer Mlle Rimplegar, je vous prie.
- Bonjour, Elizabeth. - Est-ce qu'il va bien ?
D'ordinaire, je dirais oui, mais vu les circonstances actuelles...
Ronald m'a dit que vous planifiez un suicide.
Non. J'ai juste demand�...
Certaines m�thodes sont douloureuses.
Voyons voir. Tenez. Six de ces comprim�s dans un verre d'eau,
� prendre � jeun. Vous dormirez sans jamais vous r�veiller.
Voil�. Simple, non ? Pas de convulsions, pas de taches sur les tapis.
Je parie que vous vous trouvez tr�s dr�le.
Non. J'essaie juste de me rendre utile.
Viens, Ronald.
- �a baisse ! V�rifiez T�l�phone ! - �a monte ! V�rifiez Atchison !
Deux minutes de retard. Le march� est � la baisse.
Roosevelt s'en occupe.
Le compte Rimplegar, je vous prie.
- Mme Nellie Rimplegar. - Oui, madame.
M. Bailey, M. Stokes veut que vous vendiez le compte Robinson.
Bien. Pouvez-vous vous en charger, George ?
Certainement.
- Voyez par vous-m�me, madame. - On me dit que ma marge est basse.
- Oui, madame. - Pouvez-vous me dire une chose ?
Qu'est-ce que c'est une marge, exactement ?
Voici ce que vous avez. Vous voyez ? Et ceci est ce qu'il nous faut, c'est bien plus.
Je vois. Une marge, c'est de l'argent.
- Oui, madame. - Oui. Combien de temps ai-je ?
Il est 14 h 10. Le march� ferme � 15 h.
Pourrait-on le garder ouvert un peu plus longtemps ?
Non.
Je ferais mieux d'aller � la banque. Je reviens dans une demi-heure.
C'est bien.
�tes-vous celui � qui j'ai parl� il y a trois ans, avec une moustache ?
- Non. - Il �tait si gentil !
- Bonjour, Mme Rimplegar. - Bonjour, M. Kline.
- Je veux beaucoup d'argent, cette fois-ci. - J'allais justement vous appeler � ce sujet.
Votre solde est de 1,65 $.
1,65 $ ?
Combien d'argent avez-vous dit que j'avais en banque ?
1,65 $.
Oh, mon Dieu !
- Bonne nuit. - Bonjour, Jenny.
Tu n'aurais pas d� acheter �a. Tu es fauch�.
�a va. Il l'a mis sur mon compte.
- Comment appelez-vous lui ? - Lui ? Je l'appelle George.
Tenez, Jenny. Apportez George � la cuisine, coupez-lui les extr�mit�s,
et donnez-lui de l'eau.
On va te donner la chambre du troisi�me.
George ! Merveilleux George !
Les choses ne sont jamais aussi pires qu'elles en ont l'air, pas vrai ?
- Pourquoi pas ? - Pardon ?
- M�re ! - C'est chaud !
- M�re ! - Oui, ma ch�rie ?
- As-tu une autre cl� de la porte avant ? - Pour quoi faire ?
- Ronald vient vivre avec nous. - Prends la mienne, ch�rie.
- Dans mon sac, sur le bureau. - D'accord.
- Qui as-tu dit ? - Ronald.
C'est bien !
Vendez les 5000 actions de Three Cornered Moon.
D�p�chez-vous. C'est le compte de Rimplegar.
Correct.
- Regardez. - M�re, qu'est-ce que cela signifie ?
"Votre demi-heure est �coul�e. D�posez une marge suppl�mentaire."
Une marge ? Quelle marge ?
- C'est ce que je voulais savoir. - �coutez ceci !
"Contactez-nous avant 14 h 30, ou nous vendrons votre compte."
- Qu'est-ce que c'est que �a ? - Ne l'inqui�tez pas.
- Je vais chercher l'huile chaude. - Oui.
En voici un autre !
"N'ayant pas eu de r�ponse aux deux derniers messages, le compte a �t� ferm�."
C'est le dernier re�u.
Que se passe-t-il ici ?
- Ce qui se passe ! - Ce qui se passe !
Tout ce que je peux dire, les enfants, c'est qu'� partir de maintenant,
on devra se d�brouiller seuls.
M�re, pourquoi n'avoir jamais rien dit � ce propos ?
Je ne suis pas une m�re qui jette ses probl�mes sur ses enfants.
- M�re, avons-nous des actions ? - Eh bien, oui et non.
Elle veut dire qu'on en avait, mais qu'on n'en a plus.
M�re, sommes-nous fauch�s ?
- Pour l'amour du ciel, m�re ! - Ne vous �nervez pas, les enfants,
ou vous aurez une d�pression nerveuse.
Et asseyez-vous, je vous prie.
On pense mieux quand on est assis.
Je suis avocat. Je fais mon droit, laissez-moi donc interroger m�re.
M�re, quand as-tu achet� ces actions ?
Eh bien, attendez.
�a fait longtemps. L'ann�e suivant le d�c�s de papa, je pense.
L'ann�e o� Elizabeth a gagn� le prix de po�sie � l'universit�. Quand �tait-ce ?
- �a fait environ quatre ans, m�re. - En es-tu s�re ?
- Oui. - Cette ann�e-l�,
Ed finissait ses �tudes � Poly Prep.
Et moi, on me redressait les dents. Et puis ?
- Non. C'�tait apr�s �a. - D'accord, maman, �a fait quatre ans.
J'�tais toute seule pour m'occuper de vous.
- Je voulais vous faire une surprise. - Une surprise ?
J'ai achet� 75000 $ d'actions.
- 75000 $ ? - Plus tard, 50000 $ de plus.
- Maman ! - 50000 $ de plus !
- Un homme m'a dit que c'�tait s�r. - Qui �tait cet homme ?
- O� l'as-tu rencontr� ? - Un �tranger ?
Ne posez pas de questions idiotes ! Il �tait tr�s gentil.
On pourrait peut-�tre en r�cup�rer !
- Oui. - Des actions de Three Cornered Moon.
- Quoi ? - Qu'est-ce que c'est que �a ?
- Une mine, ou quelque chose du genre. - Quelle sorte de mine ?
Une mine de m�tal.
C'�tait un homme tr�s gentil et tr�s enthousiaste.
- Quel �tait le nom de ce gentil monsieur ? - Attendez.
Je pense que �a commence par un "D".
-Oublie le nom ! -Les actions allaient bien jusqu'�...
- Le krach de 1929. - Comment l'as-tu su ?
D'accord, maman, elles ont commenc� � descendre.
Oui, puis elles ont remont�, et je pensais qu'elles resteraient l�.
Elles ont redescendu, et remont�, et redescendu,
et j'ai cru qu'elles remonteraient et y resteraient, mais non.
Elles ont redescendu et sont rest�es basses.
Puis, la semaine derni�re, M. Briggs m'a appel�e.
Briggs ! C'est �a son nom, Briggs.
Il m'a dit de d�poser d'autre argent, ce que j'ai fait.
Beaucoup plus.
Puis, ce matin, il m'a rappel�e. Et quand je suis all�e le voir,
c'�tait un autre homme avec une moustache. Non, sans moustache.
Ma marge �tait... Elle n'�tait pas comme elle a d�j� �t�,
et j'allais d�poser d'autre argent,
- mais mon compte bancaire �tait vide. - Qu'as-tu fait alors ?
Que pouvais-je faire ? Je ne suis pas une enfant.
Je sais comme tout le monde quand il n'y a plus d'argent � la banque.
Je suis rentr�e en taxi et je me suis fait laver les cheveux.
- Mme Rimplegar, la docteur est l�. - Les Rimplegar !
Les enfants ! Le docteur Stevens est l� !
- Docteur ! - �coutez, docteur !
Tout notre argent s'est envol� !
- M�re a tout perdu ! - Three Cornered Moon !
Fauch�s ! Nous sommes fauch�s !
Qu'allons-nous faire ? On doit agir !
- Vous connaissez le march� boursier ! - Une minute !
- Toute cette affaire me sid�re ! - Aidez mes enfants, Dr Stevens.
Tout est de ma faute.
Pleure, m�re, maintenant qu'il est trop tard.
Mettez-moi tout �a sur le dos. Cela ne vous a jamais int�ress�.
M'avez-vous d�j� demand� comment se portaient nos finances ?
�coutez. Ce n'est pas que la faute de m�re.
Nous sommes tous des adultes.
On aurait d� se rendre compte qu'elle �tait incomp�tente
- et s'en occuper nous-m�mes. - C'est exact.
- On pourrait vendre la maison ? - C'est une id�e.
- Un instant. - Pla�ons une affiche.
- Bien s�r. Une belle grande maison. - C'est la d�pression, vous savez.
Ce genre de maisons ne se vend pas facilement.
Mais si vous la gardez,
vous �tes assur�s d'un toit.
- Je vais chercher du lait chaud. - Assieds-toi, m�re.
Et toutes ces chambres l�-haut ? Au lieu de les laisser vides,
vous pourriez les louer ?
Non ! lmaginez tous ces �trangers circulant et d�truisant notre intimit� !
J'en louerai une. Je vis seul, de toute fa�on.
�a va changer quoi d'en louer une ? Laissons-la s'�crouler ! On est fichus !
On est ruin�s ! Sans le sou ! Je m'en vais.
- Kenneth ! - Laissez-le partir. Allons-nous-en tous.
Tenons-nous par la main et sautons dans le fleuve !
Regardez-vous tous ! Vous �tes fous depuis trop longtemps.
Ce n'est pas le moment de l�cher prise.
Pour une fois dans votre vie, prenez-vous en main.
Cessez de crier et r�fl�chissez !
- Qu'en pensez-vous, Elizabeth ? - C'est vrai. Je suis d�sol�e.
Vous disiez qu'on devrait vendre quelque chose.
�a semble une bonne id�e.
Et les b�n�fices devraient vous �tre confi�s.
Elizabeth s'occupera des livres et signera les ch�ques.
Attendez une minute, les enfants.
- Je suis toujours votre m�re. - Pas avec ce truc sur ta t�te.
Et la m�re signe les ch�ques.
- Oh non ! - Oh non !
�coutez, Mme Rimplegar, un des buts de cette r�union
- �tait de vous retirer de la vie �conomique. - Maman, tu es � la retraite.
Je suis toujours la chef de famille, et je dois signer quelque chose !
Je sais.
Le Dr Stevens te fera signer le re�u pour sa chambre chaque semaine.
C'est bien.
Et vous autres devrez vous trouver un emploi.
- Finie l'universit�, Eddie. - C'est exact. Allons travailler.
- Il nous faut gagner de l'argent. - Je vais chercher les annonces.
- O� est le journal du soir ? - Voyons voir.
Janet Welsh conna�t un directeur du th��tre Guild.
O� est l'annuaire t�l�phonique ?
Et que vais-je faire ?
Reste au cabinet d'avocats jusqu'� l'examen du barreau.
D'accord. Je me mets aux �tudes. O� est mon livre de droit de Lewis ?
Maman, as-tu vu mon livre de droit ? Il �tait ici, il n'y a pas longtemps.
Voici Grand-Rue, de Lewis. Est-ce que �a fait ?
- Mais, Kenneth ! - Mme Rimplegar, cela veut dire
plus d'argent pour Jenny, les domestiques et le jardinier.
Je peux cuisiner. Je vais aller l'expliquer � Jenny.
"Union Special, op�rateurs de machine pour boyaux de b�ufs."
- C'est quoi des boyaux de b�ufs ? - En voici une.
"Vendeur d'auvents sans exp�rience.
- "Bonnes conditions et commission." - La ferme. C'est pour les hommes.
"Aide, travail sp�cialis�. Presseurs et repassage � la main pour finitions.
"Avec exp�rience seulement."
Janet, tu m'as d�j� dit
avoir rencontr� Rouben Mamoulian le mois dernier.
Oui. Lors d'un cocktail. Oui, le directeur du Guild.
�coute, j'ai besoin d'un emploi. Quoi ? Oui.
Si tu pouvais m'�crire une lettre pour lui.
- Elizabeth ! - Oui. Je dois aller travailler...
Elizabeth, je l'ai. La fin parfaite au chapitre !
�coute : "Petit, pointu, dur, fort. Des mots comme le fer, versant, battant."
Jenny, tu ne comprends pas. On ne peut pas te garder.
Dehors ! Vous l�, moi ici !
Jenny, on n'a plus d'argent.
Argent !
Mon Dieu !
"Soudain, un silence plus fort que le tonnerre se r�pandit dans la pi�ce !"
Qui place les livres � l'envers sur les tablettes ?
Regarde, s�urette ! "Vendeur demand�, moins de 25 ans."
Non, il doit avoir une voiture et un petit capital,
ou est-ce un capital et une petite voiture ?
lci.
"Elle quitta la table, s'approcha de lui, h�sita et se retourna.
"Son visage s'obstinait � se d�tourner d'elle."
"Homme demand� pour nettoyer les �gouts, horaire flexible." C'est pas mal !
Que se passe-t-il dans cette famille ?
Ne t'en fais pas, ch�ri, rien dont tu dois t'inqui�ter.
- Mais que fais-tu ? - Je me cherche un emploi.
Blanchisseur demand�, plombier, valet, �lectricien, exp�rience requise,
barbiers, syndiqu�s seulement...
- J'ai d�j� essay� l�. - Ce n'est qu'un d�but.
JE VEUX TRAVAILLER
� mon arriv�e, on n'avait plus besoin de personne.
Travailler sans salaire pour acqu�rir exp�rience.
On n'a rien � perdre � essayer.
JANVIER
- Mes derniers sous pour le m�tro. - Je marche depuis janvier.
ON N'EMBAUCHE PAS
Qui a des chaussures ?
SOUPE POPULAIRE 15 H
F�VRIER
Il y en aura assez pour tout le monde. Ne venez pas en foule !
On a d�j� entendu �a.
USINE FERM�E
On devait ouvrir � temps partiel.
Tiens, quelque chose de nouveau.
MACHINE � CHAUSSURES Op�ratrices demand�es
Avec exp�rience seulement. FABRIQUE DE CHAUSSURES ACME.
- Regarde, Mary. - � quelle adresse ? D�p�chons-nous.
FABRIQUE DE CHAUSSURES ACME.
Reculez ! Faites la file !
Allez, mesdames. Faites la file.
- Gardez votre place. - La ferme !
Souviens-toi. O� as-tu travaill� � St-Louis ?
- � la fabrique Johnson-Brown. - Sur quelle sorte de machine ?
La Kendall am�lior�e � action rotative.
- Ne l'oublie pas. - Merci.
� quelle fabrique avez-vous travaill� ?
Supposant que vous ayez travaill� dans une fabrique.
- La Marche-Facile, � St-Louis. - C'est le nom de la chaussure.
- � quelle fabrique ? - Johnson-Brown.
- Sur quelle sorte de machine ? - La Kendall am�lior�e � action rotative.
Oui. C'est la meilleure pour une jeune fille comme vous.
D'accord.
Le voici.
Vous �tes bon nageur. O� avez-vous appris ?
� Columbia, l'�quipe de premi�re ann�e.
Vous n'avez pas lu l'affiche ? Descendez de l� !
Je pourrais avoir besoin de vous pour surveiller les enfants.
Un peu de travail de soir en plus. Je vous paierai un dollar.
- Un dollar par jour. - Oui. En plus du soir.
- Bien s�r, je comprends. - D'accord.
Au revoir...
Voici les photos de moi dans Monsieur Beaucaire.
Oui, oui.
Voici votre r�le. 12 $ par semaine. Les r�p�titions ne sont pas pay�es.
- Eh bien, c'est tout ? - On r�p�te trois semaines.
- Juste une r�plique ? "Oui" ? - Bien s�r. C'est un bon petit r�le.
- Bonsoir, M. Clark. - Bonsoir.
C'est la vedette. Elle te donne la r�plique.
Elle dit : "Vous �tes le troisi�me homme qui m'ennuie.
"Je n'en peux plus", etc., etc.
La sc�ne atteint son paroxysme, et vous dites : "Oui."
- Pouvez-vous le faire ? - Oui.
- Tu viens d�ner, Ken ? - Merci, messieurs.
Je vais travailler encore un peu. Plus tard, le d�ner.
- D'accord. - Au revoir.
M�me si j'essaie tr�s fort, je n'arrive pas � suivre.
Tu te d�brouilles bien.
Tu as plus appris en deux semaines que moi en deux mois.
- Bonjour, M. Hawkins. - Voil� Hawkins.
Quel est votre alibi pour hier soir ?
La seule fille de la fabrique qui n'atteint pas son quota.
- Eh bien, parlez. - Ma m�re �tait malade. J'ai d� rentrer.
- Et ce soir ? - Ce soir ?
M. Hawkins, n'�tes-vous pas mari� ?
Je ne pose pas de questions � ma femme, et elle ne m'en pose pas.
� 18 h, de l'autre c�t� de la rue, devant la pharmacie.
Et si votre m�re est encore malade, rentrez chez vous, et restez-y.
Crois-tu qu'il est temps de changer le papier des fen�tres, Douglas ?
Oui. Oui.
Oui. Oui.
Oui.
C'est si vide ici sans le piano et tout.
Oui. Ouais.
Oui, oui, oui.
Papa !
Oh, mon Dieu !
Oui, oui, oui, oui.
Le rago�t de mouton est-il pr�t, maman ?
Oui, Eddie, d�s qu'Elizabeth rentrera.
�a me rappelle que je dois parler � Jenny.
Oui, je sais, Kitty, mais je ne peux pas, mon c�ur.
Ce sera sans doute une f�te fantastique, et j'aimerais t'y amener,
mais je dois travailler ce soir.
C'est de l'argent suppl�mentaire.
Et si je passe l'examen du barreau...
Non, je n'aurai pas les r�sultats avant demain.
Ce sera dans les journaux du matin.
Je ne peux pas y aller ce soir !
Oui. Oui.
- Et la diction anglaise ? - C'est n'importe quoi.
- Quand seras-tu pay� ? - On part en tourn�e demain.
- Bonne chance ! - Merci.
Oui.
- Bonjour, s�urette. - Dure journ�e ?
- Tu as encore saut� le d�ner ? - J'ai besoin de chaussures.
- Tu travailles ce soir ? - Oui.
Tu vas te tuer. O� est Ronald ?
L'odeur de la nourriture lui donne la naus�e.
Il est sorti dans la cour pour communier avec la nature.
Tu ne le comprends pas.
H� ! Garde-le dehors jusqu'apr�s le souper. Je vais manger sa part.
Tu en as besoin !
Ronald !
Ch�ri !
Elizabeth !
Tu ne devrais pas sortir sans ton manteau.
- Attends, je vais te le chercher. - Ne va pas avec eux.
T'attendre toute la journ�e est insupportable. J'ai eu une mauvaise journ�e.
- J'ai des ennuis avec le chapitre 14. - Oublie �a, ch�ri.
Je suis fatigu�e !
- Et un peu d�prim�e. - Pourquoi ?
Ce travail. Je dois l'abandonner.
Laisse tomber. C'est trop b�te.
Je d�teste recommencer � chercher du travail.
As-tu d�j� remarqu� cet arbre, Elizabeth ?
� quel point ces feuilles dor�es sont transparentes � cette heure de la journ�e.
�a ne te fait pas frissonner rien qu'� les regarder ?
Non.
Peut-�tre il y a six mois.
Mais maintenant, ce n'est qu'un arbre.
Ch�rie ! Ne parle pas comme �a. Ne change pas.
Parfois, je te vois comme un arbre.
- Quelle sorte d'arbre ? - Beau, bien enracin� dans la terre.
Ronald, tu es �trange.
Comment quelqu'un peut-il vivre ce qu'on a v�cu
sans changer le moins du monde ?
- Quelles sont tes raisons de vivre ? - Mon roman et toi.
Ch�rie ! Partons loin tous les deux.
- H� ! Le souper est pr�t. - As-tu faim, ch�ri ?
Oui, je pourrais manger, s'il le faut.
- Voici au moins du pain. - Liz...
Elle dit que ma r�plique emp�che les gens de rire.
- J'ai sauv� un enfant de la noyade. - Quand auras-tu ta m�daille ?
- Il avait toute une poigne ! - Elle a os�
- me dire d'hocher la t�te. - Comme �a !
Comme �a.
D'abord comme �a.
Je me suis tourn� pour le prendre par les cheveux.
Il se d�battait ! On a coul� deux ou trois fois.
T'es-tu noy�, Eddie ?
Oui, � 15 h. Comment vas-tu ?
Maman, soit tu entres dans la conversation au d�but,
soit tu ne t'en m�les pas.
Apr�s le repas,
on te remettra un rapport de tout ce qui a �t� dit.
- Et tu pourras le signer. - Ce sera bien...
Vous devriez vous confier plus � votre m�re.
Ch�rie, je te le dis, je ne peux pas aller � la f�te.
Ken ! L'heure du souper est �coul�e !
�a manque de sel.
Du sel !
Ne me regardez pas comme �a, Jenny.
Le moins que je puisse faire, c'est aider, vu que je ne te paye plus.
Paye ? Oui, la paye. Quand je serai pay�e ?
�coutez attentivement, Jenny. Nous n'avons...
- On n'a plus... - De poivre ?
Laisse tomber, Jenny. Albert conna�t un homme qui parle polonais.
- Il viendra faire l'interpr�te. - Oui.
C'est chaud !
Jenny ! Oh, mon Dieu !
- Mon Dieu ! - M�re !
- Elizabeth ! Regarde-moi ! - Te regarder ? Regarde notre souper !
Il n'y a rien d'autre dans la maison.
- On mangera du pain et du beurre. - Pas de beurre ! Vous pouvez le gratter.
Pas de beurre ? Et il n'y a pas beaucoup de pain.
Je vais aller chercher quelque chose � la charcuterie.
Tu as de la monnaie, Liz ?
Six cents, et il m'en faut cinq pour le m�tro demain matin.
Seigneur !
- Doug ! Tu as de la monnaie ? - Non. Je serai pay� samedi.
Qu'as-tu fait des deux cents que je t'ai pr�t�s ?
Deux cents ? Je les ai donn�s � un homme dans la rue. Il avait faim.
Donne-moi le nom de la rue pour que j'aille y tra�ner.
C'est terrible !
Maman ! On a encore du cr�dit chez le charcutier, n'est-ce pas ?
Non.
Que diriez-vous de vous rendre � la soupe populaire ?
Bonsoir, les Rimplegar.
Je viens de me rappeler. C'est ce soir qu'il paye son loyer.
Bonsoir.
Que s'est-il pass� ?
- Quelque chose ne va pas ? - Non.
- On est contents de vous voir, c'est tout. - Merci.
Des cornichons. J'aime les cornichons.
Avez-vous appris la nouvelle ? La d�pression est termin�e.
N'est-ce pas merveilleux ?
Une de mes patientes a pay� sa facture. J'ai soup� de deux c�telettes d'agneau.
- Combien de c�telettes ? - Deux.
Je devais faire quelque chose en rapport
avec vous, ce soir.
Je n'arrive pas � me souvenir quoi !
M�re, ne dois-tu pas faire les poches au pantalon de Douglas ?
Son pantalon ?
�a me reviendra peut-�tre demain matin. Bonne nuit.
- Pourquoi ne lui as-tu pas demand� ? - Je craignais qu'il parte.
On doit manger ce soir. Tirons au sort. Un, deux, trois.
- Tu as gagn�, Liz. Va le lui dire. - Non.
- Tu dois le faire. - Non, je n'irai pas ! Je ne veux pas !
- Allez. Sois chiche. - Je dois toujours faire le sale boulot !
- Alan ! - Oui, Elizabeth ?
Je voulais vous parler de votre chambre. Est-elle confortable ?
Parfaite. En passant, j'ai tent� de vous joindre � votre bureau.
- Mon bureau ? - Mais personne ne semblait vous conna�tre.
Tellement de filles y travaillent.
Pourquoi avoir appel� ?
J'ai re�u mon argent et je voulais vous emmener d�ner.
- C'est tr�s gentil � vous, Alan. - Approchez.
- Qu'y a-t-il ? - Je veux vous voir � la lumi�re.
- Je veux v�rifier quelque chose. - Pourquoi ?
C'est ce que je pensais. Vous travaillez trop fort.
- Vous �tes fatigu�e. - Je m'y habitue.
Vous avez l'air toujours plus fatigu�e d'un soir � l'autre.
J'ignorais que vous m'observiez.
Je d�teste vous voir vous d�truire ainsi.
Quelqu'un devrait prendre soin de vous.
Quand Ronald et vous allez vous marier ?
- D�s que son livre sera publi�. - Je vois.
Pourquoi ne pas nous avoir dit qu'il vous fallait une toile ?
- Je ne... Oh �a. Ce n'est qu'une serviette. - Je vous en apporterai une demain.
Apr�s tout, vous avez bien droit � du service pour le loyer que vous payez.
Le loyer ! J'allais l'oublier.
- Ce n'est pas grave. - Voil�.
- Si elle ne l'a pas... - Il faut qu'elle l'ait !
Je l'ai !
- Tiens, Ken. Ed ach�te toujours trop. - Un kilo de viande hach�e.
- Prends-en deux ! - Un et demi.
Et une brique de beurre.
- Du beurre ! - Du beurre !
Pardon ! Regardez o� vous allez !
- Qui est-ce ? - C'est Kitty. Non ! Tu restes aussi.
Bonsoir, Eddie.
- Bonsoir, Elizabeth. - Bonsoir, Kitty.
- O� est Ken ? - Sorti.
- Sorti pour la soir�e. - Sorti, hein ?
lmaginez ! J'ai une chance d'aller � une r�ception du tonnerre
et je comptais sur lui pour m'y amener.
- � la derni�re minute, il me laisse seule. - Ken est d�j� revenu ?
- Ronald ! �a fait des lustres ! - Bonsoir.
- Et ton livre, �a avance ? - Pas si mal.
Je suis tr�s intimid�e par les �crivains.
- N'est-ce pas terrible ? - Affreux !
- Vent du Sud. Je l'ai lu. - Tu nous l'as dit la semaine derni�re.
Qu'as-tu d'autre ?
Shelley ! Shelley. Lisez-vous Shelley ?
Je suis contente de le constater.
Cette Shelley a �t� vu sur le plancher avec plus de femmes...
Elizabeth, que penses-tu de Tennyson ?
- Que pense-t-on de Tennyson, Eddie ? - Il est correct.
Qui est correct ?
- Tennyson ! - Tennyson !
Cingl�s !
Ronald, si tu n'�tais pas fianc� � Elizabeth, sais-tu ce que je te ferais faire ?
- Pas si fort ! - Je vous en prie !
Fous !
- Tu m'emm�nerais � la r�ception. - Une r�ception ? Je n'y vais jamais.
Eh bien, je ferais mieux de partir.
Es-tu press�e ?
Je suppose que personne ne veut me raccompagner chez moi.
Je ne pourrais supporter de te voir marcher un p�t� de maison toute seule.
H� !
J'insiste pour en faire un bout avec toi !
Viens me voir !
- Eh bien ! - �coute-moi bien !
Je dois travailler ce soir, j'ai besoin des 3 $.
Si tu veux rompre � cause de cette r�ception,
- �a me va ! - Je n'ai jamais entendu de tel...
Laisse-moi te dire une chose ! Ceci est plus important pour moi que...
- Que moi ! Je ne vaux pas 3 $ ! - Non !
D'accord, c'est assez !
Personne ne m'a jamais dit de telles choses.
Je les ai dites !
Les Rimplegar !
Kenneth, o� est Elizabeth ?
- Je ne sais pas. - Elizabeth !
- Bonsoir, Elizabeth. - Bonsoir.
Je me rappelle ce que je voulais vous dire.
- Bonsoir, Eddie. O� est Ronald ? - Bonsoir.
- Il est l�. - Il est l�.
Ronald, un emploi vous int�resserait-il ?
- Un emploi ? - Pour Ronald ?
- Bien ! - Un de mes patients,
un jeune �diteur, a un poste disponible comme lecteur, ou quelque chose.
Je lui ai parl� de vous, et il croit que vous feriez l'affaire.
- Ce n'est pas tr�s pay�, 25 $ par semaine. - 25 $ ?
Ho l� l� !
- Un travail de bureau ? Oh non ! - Pourquoi, qu'y a-t-il ?
Eh bien, je... Dis-lui, ch�rie.
Il ne veut pas ce genre de travail. Il �crit un roman, vous voyez.
Oui, mais 25 $ par semaine !
Ne peux-tu pas mettre ton roman de c�t� pour quelques semaines ?
De c�t� ? Je ne pourrais pas le mettre de c�t� une heure. C'est ma vie !
Un homme ne peut pas mettre sa vie de c�t� pour quelques semaines, vous savez.
Ne pourrait-il pas continuer son roman tout en travaillant ?
Vous ne comprenez pas. C'est un g�nie.
Vous le briseriez en l'envoyant travailler.
En attendant, qu'allons-nous faire ?
On a besoin d'argent tout de suite.
Dans cette grande maison remplie de trucs invendables, on n'a rien � manger.
Que feriez-vous si vous �tiez mari�s et vouliez des enfants ?
- Elizabeth ne pourrait pas travailler, alors. - On n'est pas int�ress�s
� fonder une famille et � vivre de fa�on conventionnelle, n'est-ce pas ?
- Je ne sais pas. - Ronald, tu es l�che !
- Tu as peur de travailler ! - Kenneth !
En me traitant de l�che, tu crois que j'aurais honte
de mes convictions et que j'irais travailler ? Eh bien, non !
Kenneth, je ne veux pas m'en m�ler, mais il a raison. Ce n'est pas de la l�chet�.
Son int�grit� te para�t de la faiblesse,
mais c'est sa force.
Tout ce que je sais, c'est qu'il vit ici � nos d�pends.
Et il mange beaucoup trop.
- D'accord, je vais partir ! - Ronald.
Vous n'aurez plus � vous en occuper. Je vais le faire.
Qu'y a-t-il ?
- J'ai oubli� M. Hawkins. - Qui est-ce ?
- Non. Je ne peux pas y retourner. - As-tu perdu ton emploi ?
- Zut ! Qu'allons-nous faire ? - Ronald, s'il te plait !
Tu n'as pas � le supplier d'aller travailler. Il sait que la situation est critique.
Je ne peux plus continuer ! J'ai faim.
Tr�s faim, tout le temps.
Eddie, mon ch�ri ! Ne pleure pas !
Ronald, tu dois le faire, pour moi.
- Quelle est l'adresse ? - La voici.
Le penthouse au-dessus de ses bureaux. Allez-y tout de suite.
- Les enfants, le souper est bient�t pr�t. - Merci, je n'ai pas faim.
- Ronald, va laver tes mains. - Je sors.
Apr�s tout, c'est le bureau d'un �diteur. Ce n'est pas une fabrique de pacotilles.
- Elizabeth, surveille ton langage ! - Voici mon manteau.
- Je vais chercher mon chapeau. - Il faut 10 cents pour le taxi.
Kenneth, tu as la monnaie.
- Je prendrai le m�tro. En vitesse. - Oui.
- Ronald ! - Bonsoir, Kitty.
- O� vas-tu habill�e comme �a ? - � la r�ception.
S'il pense que je ne peux pas sortir sans lui, il se trompe.
O� vas-tu, Ronald ?
Je vais rencontrer un homme sur la 19e Rue.
C'est sur mon chemin. Je t'y emm�ne. De l'autre c�t� du pont, chauffeur.
Tu penses que c'est plus rapide que le m�tro ?
- Ouah ! Et 25 $... - 25 $ par semaine.
- �a fait 110 $ par mois, non ? - Oui, environ.
C'est un salaire d'un pr�sident de banque.
25 $. Et si Ken r�ussit son examen du barreau, �a doublera son salaire.
- Quand auras-tu le r�sultat, Ken ? - Ce sera dans les journaux demain.
- Qu'y a-t-il ? - �a me rend nerveux.
- Ed ! Ed ! - Que veux-tu ?
On pourra manger trois repas par jour, comme au XIXe si�cle.
Ed, peux-tu venir me donner un coup de main pour mon coffre ?
D'accord. J'arrive !
lls t'envoient chercher du travail ? Comme c'est m�chant !
Je sais, mais je dois le faire pour Elizabeth.
C'est ce que fait l'amour � un homme : il l'oblige � se trahir lui-m�me.
Mais j'irai jusqu'au bout. Il le faut !
- Fais attention ! - Attends un peu.
- Qu'y a-t-il ? - Je me sens �tourdi.
- On ne s'ennuie jamais ! - Les Rimplegar en action.
- Elizabeth. - Oui, mon ch�ri ?
- Viens jeter un �il sur Eddie, tu veux ? - N'importe quoi pour rire.
- Que se passe-t-il ? - Il s'est �vanoui.
Oh non !
Il est tr�s p�le. Eddie !
Il est mort ! Il est mort ! Alan ! Eddie est mort !
- M�re ! Il est mort ! - Elizabeth !
Il est mort ! Il est...
Emmenons-le dans sa chambre.
- C'est �a. Tenez sa t�te. - Nom d'une pipe !
- Je me demande s'il va bien. - Doucement.
Kenneth, va vite � la pharmacie chercher du lait malt� chaud.
- Et reviens vite. - Bien s�r.
Allez laver vos mains, les enfants. Le souper est pr�t.
- Doucement. Le repas arrive. - Il est affam� et tr�s �puis�.
Qu'est-ce qu'il y avait dans ce coffre ?
- Plus de travail de soir, Eddie. - Le souper est pr�t.
Eddie, tu ne devrais pas te coucher avant le souper.
- Eddie va mal ? - Non, c'est un mal d'estomac.
Pour un mal d'estomac, vous...
Mme Rimplegar, ne vous en faites pas, je m'occupe de lui.
Donne-moi l'oreiller. Non, celui-ci.
La t�te doit �tre plus haute que les pieds,
pour que le sang monte, oui. O� descende ?
Je n'aime pas les femmes hyst�riques, Elizabeth.
Je suis d�sol�.
- Merci. - J'aurais aim� que tu viennes � la r�ception.
- Peut-�tre plus tard ? - Non. On m'attend � la maison.
Dommage, tu te serais amus�. On y va, chauffeur.
H� ! Attendez une minute ! Apportez-moi un verre d'eau.
- Verre d'eau ? - Oui.
- Verre. - Oui. Eau. Eau.
- Verre d'eau. - Verre d'eau ! Oui, oui.
- Vous voyez ? Elle apprend. - Oui. Oui.
�a va mieux, Eddie ?
Je ne me suis jamais senti aussi bien.
Tu dois cesser de travailler le soir, mon ch�ri.
- Je vais y r�fl�chir. - Non. Tu dois le faire.
Ne t'inqui�te pas. Le salaire de Ronald comblera la diff�rence.
D'accord, s�urette.
- Quelle heure est-il ? - Presque 21 h.
J'esp�re qu'il ne lui est rien arriv�. C'est peut-�tre...
Ronald !
Elizabeth !
- Elizabeth ! - Ronald !
Ch�ri, on �tait tous tr�s inquiets !
- Des fleurs ! Mon ch�ri ! - As-tu obtenu le poste ?
- L'a-t-il eu ? - Qu'est-ce qui t'a retard� ?
Oui, je pense que je l'ai. J'ai march� le long du fleuve.
Tu sais, la partie difficile ?
L'introduction de la quatri�me partie ? J'ai eu une id�e fantastique !
J'ai d� m'asseoir tout de suite et l'�crire.
J'�tais si excit� que j'ai failli tomber dans le fleuve.
C'�tait apr�s ton entrevue ?
L'entrevue ! Je n'y suis pas all�.
Je me suis rendu � la porte et j'ai su que c'�tait impossible.
L'id�e d'un bureau m'est insupportable.
Tu...
- Et tu ma apport� des fleurs ! - Oui.
- Tu m'as trahie ! - Elizabeth !
Des fleurs ! Les artistes !
C'est �a !
Depuis longtemps, je veux dire ceci.
Si un homme est un artiste, c'est un saint !
Les autres doivent travailler pour pouvoir manger.
Les autres ont des devoirs envers ceux qu'ils aiment.
Mais un artiste, non ! Oh non !
Un artiste doit �tre nourri. Pourquoi ?
Pourquoi plus qu'un avocat, un m�decin ou un chef indien ?
George ! Beau, George !
H� ! Elizabeth !
- Elizabeth, es-tu debout ? - Oui, je suis habill�e !
- Eddie, le journal de 7 h ! - D'accord !
Debout, les Rimplegar !
- M�re, journal de 7 h. Examen du barreau ! - J'arrive.
Debout, les Rimplegar ! Douglas, le journal de 7 h !
- Douglas ! 7 h ! - Attendez b�b� !
Debout, les Rimplegar !
- Ne l'ouvre pas avant qu'on descende ! - Une minute, les enfants.
- O� est-il ? - Je ne le vois pas.
� quelle heure arrive-t-il ?
Il est habituellement ici, sous la prise d'eau.
- C'est aujourd'hui qu'il est en retard ! - Va voir chez les Schultz.
Les enfants ! Ne courez pas sur l'herbe mouill�e !
Il arrive !
Pourquoi n'�tes-vous pas arriv� plus t�t ? Dans mes mains !
Il est ici, les enfants !
- Juste ici. - Je ne le vois pas.
- Il a travers� la porte. Je l'ai vu ! - Le voici !
- O� ? - Je l'ai !
C'est mon journal !
- Ouvre-le donc ! - Il y a un index � la fin.
Qui a pass� cet examen, apr�s tout ? lci !
"1031 admissions au barreau. Page 19." 19, 19...
Ne t'�nerve pas, Kenneth. Tu seras juge avant de t'en rendre compte.
Je ne sais pas encore si j'ai r�ussi !
C'est assez pour rendre quelqu'un fou ! Page 19. Non, c'est 16...
- Kenneth, ne l'�chappe pas ! - Main pleine de pouces !
- Je vais en avoir des cheveux gris ! - Cherche le nom Rimplegar.
Page 19. Ici ! Voyons voir. Poussez-vous !
Donnez-moi une chance de regarder ! Voyons voir.
Azevedo, Brown, Frank, Farnum, Levy, Levy, Levy, Levy...
Avertis-moi quand tu laisseras les Levy, d'accord ?
Mason, Morrison, Overton, Peters, R, R, R, R... Rache,
Revier, Rosenheim, Rosenheim, Rosenheim, Rosenthal, Rosenthal, Rosenthal...
J'ai d� passer tout droit. Voyons voir. Rache, Revier, Rosenheim,
- Rosenheim, Rosenheim. - L'as-tu trouv� ?
Il n'est pas l�.
M�me pas une mention honorable ?
Tu devrais acheter le Herald Tribune.
Il est peut-�tre dedans.
Ne t'en fais pas. Te reprendras l'examen en mars.
Si je l'avais r�ussi, le cabinet m'aurait augment� � 25 $ par semaine.
Oublie �a !
Si j'avais �tudi� davantage au lieu de courir apr�s cette poulette...
Je vais te chercher du caf�. �a te fera du bien.
- Si Ronald avait eu cet emploi ! - Eddie !
Kenneth Rimplegar.
- C'est dans le journal ? - Oui, juste ici. Kenneth Rimplegar.
Alan, pour l'amour, ne plaisantez pas ! Il n'�tait pas l�.
- Regardez vous-m�me. - Esp�ce d'imb�cile !
Tu as regard� dans la section de Manhattan. Tu es dans Brooklyn.
- "Rimplegar, Kenneth." J'ai r�ussi ! - Kenneth ! Je suis si contente !
J'ai r�ussi ! J'ai r�ussi !
- Attendez ! J'ai une id�e ! - J'ai r�ussi !
- 25 $ par semaine ! - Ma�tre Rimplegar !
- Ma�tre Rimplegar ! - Rimplegar pour pr�sident !
Longue vie au pr�sident ! J'ai r�ussi !
- M�re, j'ai r�ussi ! - Kenneth, va te raser !
- J'ai r�ussi ! - Tu as achet� le Herald Tribune ?
Il �tait l� depuis le d�but, m�re ! J'ai r�ussi !
O� allez-vous Jenny ? Faire un touch� ?
Allez, trinquons.
- Hourra ! On f�te ! - N'est-ce pas fantastique ?
- Apportez des verres, Elizabeth. - Bien s�r.
Comment l'as-tu su ? Les juges t'ont-ils appel� ?
C'�tait dans la section Brooklyn.
Naturellement que c'�tait dans la section Brooklyn.
Qu'en dites-vous ?
- Tenez. - Et voil�, mes amis.
Je vais me so�ler ! Je vais me so�ler !
- Juste un peu pour Eddie. - Ah, maman !
Je n'en reviens pas ! C'est g�nial !
Et � mon premier essai. Les deux parties !
- Mangeons alors ! - Buvons d'abord.
Bien s�r. Tiens, maman.
- Je peux t'appeler "Juge" maintenant. - Comme vous voulez, Mme Rimplegar !
- Au juge. - � lui !
M. le Juge !
O� est Doug ? Ed ! Viens ! Allons sortir Doug du lit !
Les gar�ons !
Comment peut-il dormir en ce jour ?
- Il est inconscient ! - Dites � Ronald de venir d�jeuner !
Les gar�ons, dites � Ronald...
Ils ne devraient pas courir comme �a avant le d�jeuner.
C'est �a, Jenny. Allez �tendre �a sur la corde.
O� avez-vous trouv� �a ?
La derni�re fois o� je l'ai port�... Non, c'�tait l'autre fois.
On a r�ussi l'examen du barreau On a r�ussi l'examen du barreau
H� ! Ho ! On a r�ussi l'examen du barreau
Non ! Non ! Non !
Je dois partir quelque temps avec un patient.
J'aimerais que vous gardiez ma chambre,
et je vous payerai quelques mois d'avance.
- Qui est le patient ? - Un homme.
Si vous voulez partir, pourquoi ne pas le dire ?
N'inventez pas d'histoires pour ne pas nous blesser.
Vous n'aimez pas �a, ici ?
Oui, j'aime bien �a. Je m'amuse beaucoup.
Mais c'est difficile. Vous �tes fianc�e � Ronald,
et on vit tous ici sous le m�me toit.
D�s qu'il s'absente, je me mets � gifler sa bien-aim�e.
�a ne me semble pas tr�s honorable.
Vous ne partez pas juste pour �a, n'est-ce pas ?
Mes inhibitions ont �t� bris�es,
et qui sait ce que je pourrai faire ensuite !
Bon...
- Non ! Laissez-moi ! - Vite !
- Arr�tez-le ! - Non !
- Non ! - Ne le laissez pas s'�chapper !
Attends. Tu ne peux pas entrer comme �a.
Pourquoi pas ?
Laisse-moi te nettoyer.
Voil�. C'est mieux comme �a.
- Non ! - Attrapez-le !
- Eh bien ! - Bonjour, Kenneth.
O� �tais-tu ?
Ronald !
As-tu pass� la nuit dehors ?
Laisse-moi te dire autre chose !
Quand je serai juge, tu viendras me voir pour tes divorces !
Un tr�s bon discours !
Un excellent discours, prononc� avec autorit� et puissance !
- H� ! Vous autres ! - �a va, fiston.
C'est exactement comment je me suis senti, abandonn�.
Ronald, je suis terriblement d�sol�e.
J'ignorais que ce que je t'ai dit hier soir te pousserait �...
Apr�s tout, tu ne t'es pas vraiment suicid�, pas vrai ?
Non. Comme je me tenais sur le bord du fleuve, hier soir,
je me suis dit : "Je dois continuer � vivre !"
- Et qu'as-tu fait, alors ? - Je suis retourn� vivre, souffrir.
J'ai encore de belles choses � donner � ce monde. As-tu oubli� ce que c'est ?
Non, ch�ri, je n'ai pas oubli�.
Je vois de belles choses l� o� je ne remarquais rien, avant.
Un steak saignant, par exemple !
Elizabeth, m'aimes-tu encore ?
�coute, Ronald, quand tu m'as offert des fleurs
apr�s qu'Ed s'est �vanoui, mon amour pour toi s'est �teint.
Comme si celui que j'aimais �tait parti en fum�e.
Tu es quelqu'un d'autre maintenant, quelqu'un dont je n'ai pas besoin.
Laisse-moi te dire une chose. Je n'ai pas besoin de toi !
Tu as perdu toute trace de sensibilit� !
- Tu... - Elizabeth !
C'est vous qui l'avez d�tourn�e de moi !
Sinon, elle n'aurait pas �t� f�ch�e � cause de l'emploi.
- Ronald ! - Pourquoi penses-tu qu'il habite ici ?
Pour aider la famille ? Non ! C'est pour faire l'amour avec toi ! Non ?
Ne dites rien que vous pourriez regretter.
Ne dites pas le contraire !
Vous l'avez embrass�e, n'est-ce pas ?
Vous n'avez pas besoin de moi pour vous ridiculiser.
Avant de partir, je vais vous dire ce que je pense depuis longtemps.
Elizabeth ferait une �norme erreur en vous �pousant.
Vivre avec vous serait comme vivre avec un b�b� malade.
Il vous nourrirait de mots et de fleurs.
Je ne vous laisserai pas faire �a ! Comprenez-vous ?
Ne vous en faites pas, Dr Stevens,
car je n'�pouserai pas Elizabeth.
Je pr�f�re vivre seul toute ma vie que d'�tre comme vous ! Je pars.
Ronald !
Ronald ! Tu n'as nulle part o� aller !
�a va aller.
Il vient chez moi finir son roman.
En route, chauffeur.
- Est-il parti ? - Oui, il est parti.
Parfait ! Venez !
Asseyez-vous.
Ronald avait raison.
J'ai lou� une chambre ici pour �tre pr�s de vous, vous voir chaque jour.
Je le sais, maintenant.
Qu'y a-t-il ?
Je deviens hyst�rique. Vous devriez me gifler encore.
- 25 $. - Et 20 $.
- Et 6 $. - Les gar�ons, o� sont Ronald et Elizabeth ?
- Vous m'avez embrass�e ! - J'aurais d� dire quelque chose avant ?
Non ! J'en ai assez des mots !
Parler des arbres, des couchers de soleil, des �mes !
C'est si loin de la r�alit�.
La vie est comme vous, Alan.
�a nous prend et nous frappe au visage.
- Je t'aime. - Juste comme �a.
Pas de comparaisons. Pas de m�taphores. Aucune r�f�rence � l'�me.
Tu m'aimes, tout simplement. C'est merveilleux, merveilleux !
Viens, c'est une nouvelle importante !
Pouvez-vous imaginer quelqu'un me dire �a ?
- Les gar�ons, on va se marier. - Et on aura 14 enfants.
- Je suis all� lui dire. - Il faut leur dire.
M�re ! �coute !
La plume me fait para�tre plus grande, non ?
M�re, excuse-moi, mais on va se marier.
- Il nous faut votre consentement. - Tu aimes ?
C'est le Dr Stevens ! Elizabeth ! Tu embrasses le Dr Stevens !
- Je pensais que c'�tait Ronald. - Hier, c'�tait Ronald.
- Et aujourd'hui, c'est le Dr Stevens. - Oui.
C'est bien.
Liz aime le Dr Stevens Liz aime le Dr Stevens
Les enfants ! Les enfants !
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