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"Quand l'Allemagne n'�tait qu'un groupe de provinces ind�pendantes...
Georges-Louis de Hanovre acc�da au tr�ne d'Angleterre.
Il laissa derri�re lui une prisonni�re au ch�teau d'Ahlden...
... Une femme qu'il essaya d'effacer des pages de l'Histoire,
... et dont personne ne devait se souvenir.
Une femme qui f�t son �pouse : Sophie Dorothea.
Entrez.
- Est-elle morte ?
Elle d�sire �crire une lettre... au Prince.
Votre permission pour une plume et du papier.
Accord�e.
Accord�e ?? Londres a interdit toute communication avec l'ext�rieur !
C'est une femme mourante... Elle d�sire �crire � son fils...
Comment lui refuser cela ?
Elle ne doit �crire � personne, et surtout pas au Prince !
Il est d�j� en conflit avec son p�re, le royaume est d�j� divis� � ce sujet...
Patience, patience...
On ne risque rien. Qu'elle �crive ce qu'elle veut...
... Puis nous lirons cette lettre, et prendrons une d�cision.
Mon fils ador�...
Aux derni�res heures de ma vie...
je te demande juste une chose :
Pas que tu pardonnes ce qui s'est pass�...
Je ne l'envisage pas.
Mais que tu daignes lire ces lignes...
... et y apprendre la v�rit�.
Je sais bien que tu as grandi dans l'id�e...
... que j'ai d�shonor� la Maison des Hanovre.
Hanovre...
Capitale du royaume puissant et ambitieux...
qui s'�tendait presque jusqu'� la maison de mon enfance � Celle.
La politique et les intrigues dominaient la Cour...
Et sans pr�venir, elles allaient changer le cours de ma vie.
- Ma femme est-elle couch�e ? - Je ne suis pas s�r, Monseigneur...
- Qu'y a-t-il, Maria ? - Le comte Platen.
Quoi ?!?
Ton mari ? A cette heure tardive ??
N'a t-il aucune mani�re ? Que veut-il ?
- Je m'en occuppe. - Ne tarde pas, Clara, je suis fatigu�.
Je suis d�sol� Clara, mais c'est urgent.
Duhrer revient juste de Celle, o� l'on parle de fian�ailles.
- Sophie Dorothea ? - Avec Antoine Ulrich de Wolfenb�ttel.
- Et le contrat n'a pas �t� sign� ? - Non, pas avant son anniversaire.
- La Princesse aura 16 ans demain. - Demain ?
Nous te sommes redevable. J'en informerai l'Electeur.
Je vous cherche une chambre, Lieutenant, votre trajet a d� �tre long.
J'imagine que la nouvelle va vite parvenir � l'Electeur...
Vous �tes chanceux, Comte, d'avoir une femme aussi... efficace.
- Ils signent demain, et qu'y puis-je ? - Ce que tu y peux ???
- Tu peux aller voir ton fr�re d�s cette nuit. - Cette nuit ??
Propose-lui une alliance avec Hanovre, et il �conduira vite ces Wolfenb�ttels !
- Mais on ne s'est pas parl� en 17 ans ! - Pas le temps d'�tre correct. Maria !
On ne peut pas se permettre de perdre la dote de cette fille.
Comment peux-tu laisser ces territoires nous �chapper ?
... Quand ton propre fils n'est pas mari� ? - Georges-Louis ?
Tu vas l'entretenir �ternellement ? On ne peut m�me plus s'habiller convenablement !
Mes robes sont de l'ann�e derni�re, Ca discr�dite le Royaume !
L'amante de l'Electeur s'habille comme la concierge d'un boucher !
Mais Clara, c'est impossible, ma femme refusera !
Il suffit de lui en parler intelligemment.
Montre-moi, et tu auras un pourcentage de la dote !
- Combien ? - 5%.
- March� conclu.
- La voiture de son Altesse ! - En pleine nuit ?
- Tout de suite ! - On perd notre temps.
Elle pr�f�rera br�ler son arbre g�n�alogique...
Je n'accepterai pas cette fille ici ! Sa famille est indigne de nous.
- Autant manger avec des porcs ! - Du calme, Sophie.
Je sais que c'est beaucoup demander, mais elle a une bonne r�putation...
- Et c'est la fille mon fr�re. - Mais sa m�re ? D'o� sort-elle ?
Une roturi�re.
Mon oncle a pr�f�r� mourir en Angleterre plut�t que de souiller sa lign�e.
Georges-Louis est endett�. 200.000 thalers...
Une femme riche serait plut�t bienvenue.
Une fille avec une telle �ducation ? Non.
Je les ai tenus � distance pendant 17 ans...
... et n'ai aucunement l'intention de changer d'avis maintenant.
Il y a autre chose.
Avoir Celle dans la poche me renforcerait vis � vis de tes cousins anglais...
Ne te fais pas d'illusion...
Les anglais n'appr�cient pas plus ce type de vermine que moi.
Il y a une chose qu'ils appr�cient :
Un royaume soud� plein d'alli�s utiles.
Je te le dis : 4 bataillons de plus contre les fran�ais...
... seront plus appr�ci�s � Westminster que tous tes nobles bien �lev�s.
Pense � l'avenir.
Tu veux voir ton fils sur le tr�ne d'angleterre...
Combien de temps y avons-nous travaill� ?
Toujours au m�me rythme, �tape par �tape...
Voil� notre chance d'en garantir le r�sultat.
Mets-�a dans la balance � c�t� de ta petite vermine.
- Ce soir, j'aurai enfin la r�ponse. - A quoi, Charles ?
Un probl�me dans un livres de ma m�re.
Que se passe t-il quand une force irr�sistible recontre un objet inamovible ?
- Ca n'existe pas. - Mais si.
Mais je ne te demande pas �a. Ce n'est pas un trajet pour une femme.
50 km de mauvaises routes, et de nuit en plus !
C'est moi qui ai le plus de chances de r�ussir l�-bas.
Tu perds ton temps.
Il nous faut un cadeau. C'est son anniversaire.
Nous leur offrons notre fils, ainsi qu'une alliance.
- Peut-il y avoir meilleur cadeau ? - Pour une jeune fille, certainement.
De plus, �a d�tournerait son attention de Georges-Louis.
- Charles. - M�re, aimerais-tu l'avoir en cadeau ?
Rends-toi utile pour changer.
Va faire emballer ceci, avec nos armoiries bien visibles sur la cire.
- Ensuite va te coucher. - Oui m�re.
Comtesse Platen, j'esp�re que tout va pour le mieux...?
- Merci, Altesse S�r�nissime. - Esperons que �a dure.
Vous �tes pr�cieuse pour Hanovre.
Les intrigues � Hanovre et la faiblesse de mon p�re..
... n'avaient pas encore perturb� ma vie � Celle.
Le jour de mes 16 ans...
J'attendais impatiemment l'arriv�e du Prince Antoine-Ulrich...
... et la signature de notre contrat de mariage.
Cette union �tait pour moi la promesse d'un avenir heureux.
- Nell, il est l� ! - Impossible, il est bien trop t�t !
Je te dis qu'il est l� !
Il est l� ! J'ai vu le...
Viens ici.
Fermez la porte.
Cette visite d'Hanovre est un honneur. O� sont tes mani�res ?
Ce n'est encore qu'une enfant. Et nos visiteurs sont rares.
Dorothea, ta r�v�rence!
Merci, Altesse s�r�nissime. Je vous suis tr�s reconnaissante.
Je suis heureuse de vous faire ma r�v�rence.
Approche, mon enfant. J'ai quelque chose pour toi...
Une bague ! Regarde maman !
- Qu'elle est belle ! - C'�tait ma bague de fian�ailles.
Je te l'offre maintenant de la part de mon fils.
- Georges-Louis. - Non, non !
Tout le monde sait ce qu'il est, et comment il vit !
Ce n'est qu'une enfant, imagine ce que va �tre sa vie de couple !
Une alliance avec Hanovre va �lever notre statut...
- Ca ne m'int�resse pas ! - Moi si !
Je ne l'accepterai pas !
- Je refuse ! - Tu feras ce qu'on te dit !
- Non, ne me force pas ! - Silence !
- Qu'est-ce que c'est que ces mani�res ? - Et les tiennes ?
Antoine-Ulrich est en chemin, se fiant � ta parole...
Et Dorothea �tait pr�te, et heureuse de t'ob�ir.
Madame...
Ne privez pas ma fille de son bonheur.
Vous pourriez dire qu'il y a eu erreur, et partir...
Et nous vous b�nirons.
Madame...
Je n'en ferai rien.
Veuillez pardonnez ma femme.
Ce n'est qu'une enfant...
Et Georges-Louis n'a pas tr�s bonne r�putation...
Mon fils est un soldat.
Je dis cela... car je ne peux pas en dire mieux.
Ca ne rendra pas service � votre fille...
... si vous lui dites qu'elle peut trouver l'amour � Hanovre.
Si M�re peut la supporter, que puis-je dire ?
- Quel �ge a t-elle ? - 16 ans.
Encore une enfant, souviens t'en.
Fais un effort. Qu'on ne parle plus de tes frasques.
Ne tinqui�te pas, elle ne fera pas de scandale.
- Bien. Il y en a eu assez comme �a. - Il n'y en aura pas cette fois.
Il para�t qu'elle ne veut pas m'�pouser. Je compatis.
Je ne veux pas l'�pouser non plus.
L'�pouse se soumettra � son mari, comme elle est soumise � Dieu...
... car le mari est son gardien, comme le Christ est celui de l'Eglise.
Les ann�es suivantes ne m'ont apport�e que de la solitude...
... � l'exception de la joie �prouv�e � �lever mes deux enfants.
Georges-Louis �tait ailleurs, en compagnie d'autres femmes.
... et je vivais principalement avec sa m�re.
L'Electrice... Nous avions peu en commun.
"...agissant au nom des deux chambres du Parlement d'Angleterre...
au sein duquel il n' y avait pas d'autre voix...
... pour appouver des changements n�fastes � la gouvernance de l'Eglise.
- Concernant la rebellion irlandaise..." - Ca ira.
- Comprends-tu ce que tu lis? - En partie, votre Altesse.
L'exp�rience te formera. Nous reprendrons la lecture demain.
Au sujet de l'Angleterre...
... Il y a autre chose : L'�ducation de ton fils.
Un jour, si Dieu le veut, ce tr�ne sera le sien.
- Il doit commencer � s'y pr�parer.
Mais ce n'est qu'un enfant !
Il est temps de le confier � d'autres.
- Altesse, je vous en supplie... - Pas d'histoires, pas de drame.
Vous me prenez m�me mes enfants.
Ils vont avoir encore moins d'ann�es de bonheur que moi...
Est-ce une mauvaise chose ?
Un petit peu plus de discipline...
... t'aurait peut-�tre aid�e � mieux nous faire honneur.
Georges-Louis a t-il �t� mieux �lev�?
Fait-il honneur � Hanovre avec ses ma�tresses ?
Je suis au fait des habitudes du prince...
Elles sont discutables...
S'il peut se faire plaisir, moi aussi.
Dois-je te rappeler que tu es une princesse ?
Je n'ai jamais d�sir� ce mariage.
Mais il t'a fait int�grer notre famille.
T�che de comprendre ce que �a implique...
... et essaie de t'y conformer d�cemment.
Oui Altesse.
Petit � petit, je voyais mes enfants de moins en moins.
Mon dernier r�confort avait disparu.
Durant l'�t� de 1689...
... dans la LeineStrasse non loin du palais...
... une vieille demeure venait d'�tre rachet�e...
... par un nouvel arrivant � Hanovre...
... qui a vite trouv� sa place aupr�s des courtisans.
9000 thalers...
- 10.000. - 12.000.
20.000.
Je vais suivre, 20.000.
Que des 10... Mais pas besoin de plus.
Vous savez garder la t�te froide...
Je n'avais jamais vu un joueur miser autant... avec si peu.
J'ai failli me faire avoir !
Vous devriez changer de place, K�nigsmark...
On dit que �a aide parfois � retourner sa chance.
J'en ai assez. Catherine ?
Ne dites plus que vous manquez d'argent de poche.
-C'est m�rit�, je vous ai port� chance. -Vous ou quelqu'un d'autre...
Vous aurez votre revanche une autre fois...
Bien s�r, Altesse.
- Merci. Ce fut une soir�e profitable. - Oui Altesse.
Je crains d'avoir besoin de quelques jours, Altesse...
Ma banque... Il faut que je les pr�vienne.
Rien ne presse. Demain ou apr�s-demain...
- Bonne nuit, K�nigsmark. - Altesse.
Bonne nuit. Vous aurez plus de chance la prochaine fois...
43.000 thalers... Pas de chance.
Vous avez eu de grosses d�penses depuis votre arriv�e.
La maison, vos r�ceptions... Et maintenant ceci.
- Insinuez-vous que je n'ai plus d'argent ? - Je le sais.
Vous �tes bien inform�e.
Peut-etre puis-je vous aider. Il para�t que vous �tes bon soldat...
On pourrait vous trouver un poste dans l'arm�e...
J'ai de l'influence � Hanovre. Vous pourriez en profiter...
Je dois �tre bien lent, Comtesse. Je ne comprends pas.
- Mais encore ? - Je devine le comment, pas le pourquoi.
- Et pourquoi voudriez-vous m'aider ? - Pour l'argent.
Une excellente raison.
Vous avez besoin de nouveaux revenus, je peux vous aider.
Et en �change, je pourrais avoir une commission.
15%.
- Ces revenus devront �tre cons�quents. - Ils le seront.
Victoire ou d�faite, peu importe !
Notre soutien militaire aux anglais nous fera gagner leur sympathie...
... et nous aidera lorqu'il sera question de succession !
-Un geste politique, rien de plus. -Et s'ils apprennent la valeur du geste?
La p�ninsule de Morea est bien loin de l'Angleterre.
Certes Altesse, mais son implication dans une telle campagne est-elle sage ?
Ne t'inqui�te pas, je ne serai pas impliqu�.
Les anglais jugeront avant tout le G�n�ral des troupes.
Exact. Et ils s'attendent � quelqu'un de la famille.
Charles n'a qu'� y aller. A moins que sa m�re ne s'y oppose...
L'Electrice ne sait rien de la faiblesse de nos troupes...
Et je pr�f�re qu'elle n'en soit pas inform�e.
Par ailleurs, Charles n'a pas l'exp�rience requise.
Voil� une bonne occasion d'apprendre.
Son �ducation vaut bien la vie de quelques centaines d'hommes.
Quelques centaines ? Tu en as perdu 8000 � Mannheim.
Ca suffit !
Que �a te plaise ou non, je suis l'h�ritier de Hanovre.
Un �chec militaire pourrait me faire perdre le tr�ne d'Angleterre.
On perdrait alors ce qui nous a fait partir en guerre.
La solution est tr�s simple :
Laissons Charles y aller... accompagn� d'un second comp�tent.
Qui ?!?
K�nigsmark.
C'est un soldat... m�me les anglais le respectent...
... et c'est un �tranger.
Un �tranger, certes... Mais loin d'�tre idiot.
- Es-tu s�r qu'il acceptera ? - S�r et certain.
- Dites-lui que je refuse. - Refuse ?
- Pourquoi ? - Cette campagne ne me pla�t pas.
Non seulement vous y envoyez Charles, un incomp�tent...
... alors que Georges-Louis est un bon g�n�ral.
La moiti� de vos troupes a �t� d�cim�e � Mannheim il y a 2 mois...
... et vous proposez le poste d'officier en second � un �tranger.
Pourquoi ?
Parce qu'il vous faut un bouc �missaire. Cette campagne est vou�e � l'�chec...
... mais vous ne voulez pas en �tre tenus responsables par les Anglais.
Bien vu. Mais que vous importe de perdre votre r�putation ?
Vous �tes cribl�s de dettes et sans revenus.
Je pr�f�re choisir mes probl�mes, au lieu de me les voir imposer.
Mais enfin...
Inutile de s'�nerver...
J'admets que vous y gagnerez peu de prestige...
Mais c'est un poste bien r�mun�r�.
- Pouvez-vous vraiment refuser ? - Mes dettes...
Bien maniganc�...
Mais comme je n'ai pas d'honneur, je peux toujours m'enfuir...
... en Angleterre.
Les anglais ne vous croiront jamais...
M�me si vous les rejoignez vivant...
... ce qui est peu probable.
2 risques que je suis pr�t � prendre.
Ceci �tant dit... Je pr�rerais que vous restiez.
Je vous trouverai d'autres occupations.
Ici � Hanovre, pour rembourser vos dettes, et plus.
- Cela vous conviendrait-il ? - Pour l'instant.
C'est comme �a que vous vivez... Pour l'instant...
Tout � fait. Je suis un soldat qui n'attend que la meilleure offre.
Pas de racines, pas d'attaches...
En tout cas rien de permanent.
Int�gration � la garde du palais, attributions domestiques...
Je pensais que vous �tiez un soldat, pas un mondain !
C'est un honneur d'avoir un poste qui permet de servir Hanovre...
- ... aussi modeste soit-il. - "Modeste"? Avec ce salaire de prince ?
- J'ai beaucoup de dettes, Altesse. - Et bien remboursez-les !
J'en ai maintenant les moyens.
Quoi encore ?
- Pardon Altesse, la Princesse... - D�sol�e, je ne savais pas...
- Interrompons-nous un conseil d'Etat ? - Non. Vous pouvez disposer, Eck.
Le Comte Koenigsmark, nouveau colonel de la Garde.
Et bien, qu'y a t-il ?
C'est votre anniversaire, Altesse.
Les enfants ont appris un poeme sp�cialement pour l'occasion.
Il ne pourrait y avoir de plus grand bonheur...
... que celui d'honorer un Empereur tel que vous.
La fiert� que nous �prouvons devant vos prouesses...
... � la guerre comme � la t�te de l'Etat, est immense.
- Le bonheur au foyer...
Il semble avoir quelques lacunes concernant le bonheur au foyer.
Demande donc � ta m�re de te renseigner...
Elle a une grande exp�rience en la mati�re.
Pardon, m�re.
Votre p�re est tr�s occupp�, nous n'aurions pas d� le d�ranger.
J'ai entendu parler de vous, Comte, et me r�jouis de votre nomination.
- Etes-vous un soldat ? - Oui, Altesse.
- Moi aussi, et j'ai un poney de 6 ans. - Quel �ge avez-vous ?
Qu'est-ce que c'est que ces mani�res ? Le Comte vient de Su�de...
- Il ne faut pas faire mauvaise impression. - De Su�de ?
Est-il notre alli� ?
Oui Altesse.
Je n'avais pas eu l'occasion de vous f�liciter.
Je suis heureux de voir qu'Hanovre sait reconna�tre un homme de valeur.
- Comtesse, avec votre permision... - Certainement.
- Un de tes amis ? - Il m'est utile...
Il ne me pla�t pas.
Les hommes n'aiment pas ceux qui r�ussissent l� o� ils ont �chou�.
Tu as beaucoup d'admirateurs...
Durer... Je ne l'int�resse que parce qu'il sait que j'ai de l'influence � Hanovre.
J'ai l'habitude de ce genre d'attention.
J'esp�re que tu es plus d�sint�ress�, Philippe...
- A ton avis ? - Que suis-je pour toi ?
Des soir�es agr�ables apr�s des journ�es mornes.
La pr�sence d'une femme en pouvant dire ce que je veux.
Un compagnon de boissons qui arrive � me suivre.
Que veux-tu de plus ?
Beaucoup plus.
Tu es bien sentimentale aujourd'hui, Clara.
Ce n'est pas le moment.
Cet homme... Je n'ai pas confiance.
Koenigsmark?
Nos projets militaires... Est-on s�r qu'il ne parlera pas ?
Je vais le surveiller de pr�s.
- Ses go�ts ont chang�. - Un cadeau de sa m�re.
Elle pense que c'est un bon rem�de contre l'oisivet�.
Une prose si ennuyeuse ? Voila un rem�de bien drastique.
- Je crains qu'il ne le prenne pas. - Prendre quoi ?
Rien, Charles.
- Charles est une philosophe. - Cher Charles.
Si sa vie ne lui convient pas, il pr�f�re s'endormir.
Le sommeil... "Ce brin de vie qui nous �chappe"...
Il n'y a pas que vos enfants qui apprennent la po�sie.
La po�sie anglaise. Il faut bien que je me familiarise avec l'Angleterre...
Il para�t que c'est l� que je vais finir.
Ca n'a pas l'air de vous enchanter...
Toutes les cours se ressemblent, peu importe le pays.
Celle d'Angleterre ne ressemble a aucune autre.
- Comment �tait-ce ? - Joyeux et un peu fou, comme le pays.
Mais ce sont les fous les plus cens�s du monde.
- Comment �a ? - Un curieux sens des priorit�s.
Savez-vous ce qui a le plus compt� en angleterre ces 50 derni�res ann�es ?
La guerre civile, la constitution, l'Habeas Corpus? Rien de tout �a.
C'�tait la premi�re tasse de th�... et la verrue sur le nez de Cromwell.
Altesse, vous �tes attendue.
Il faudra continuer cette lesson... une prochaine fois.
Ca fait longtemps que je ne vous avais pas vue si heureuse. Qu'y a t-il ?
Rien.
Ne vous emportez pas trop. Vous n'�tes pas la seule.
- De quoi parles-tu ? - Je parle de la Comtesse Platen.
Le Comte Koenigsmark, Altesse.
D�sol�e de vous recevoir ici, nous y �tudions l'Histoire anglaise.
On vous a propos� d'accompagner le Prince Charles faire campagne en Mor�e.
Vous l'avez refus�e.
Je vous demande d'y r�fl�chir � nouveau.
- D�sol�. - Pourquoi refusez-vous ?
- Altesse... - Je veux la v�rit�.
Elle est difficile � dire sans vous offenser.
Parlez franchement.
Le Prince fait partie de la famille royale.
Si le Royaume doit l'envoyer en campagne, il ne peut refuser.
En tant qu'�tranger, je n'ai pas les m�mes obligations.
Votre famille est pourtant r�put�e pour son courage.
Le courage est une chose, mais la stupidit� en est une autre.
Le danger ne me fait pas peur, mais pourquoi accepter le deshonneur ?
Le d�shonneur ? En se battant pour Hanovre ?
Avec quelle arm�e ? Des gar�ons �puis�s, sous-�quip�s et incomp�tents ?
Je sais qu'ils doivent y aller...
Mais ils n'ont aucune chance et vous le savez.
Vous pouvez peut-�tre berner les Anglais, mais pas vos officiers...
Et encore moins celui qui doit les conduire � leur perte.
Votre fils est oblig� d'y aller, mais je ne participerai pas � ce massacre.
Je comprends, Comte Koenigsmark.
Je vous suis reconnaissante.
Pardon Altesse, mais vouliez la v�rit�.
Et je suis ravie de l'apprendre.
Vous pouvez vous retirer, Comte Koenigsmark.
Elle ne savait pas ?
- Vous non plus ? - Non.
Je l'ignorais.
Inutile de vous en vouloir.
- Que va t-elle faire ? - Rien.
- Elle va laisser Charles y aller ? - Il en va du tr�ne anglais.
A c�t�, la perte d'un fils n'est rien.
N'avez-vous pas remarqu� que nous sommes tous pareils ici ?
Que nous vivons pour la politique, nous marions pour la politique...
Nous faisons des enfants pour la politique, et les perdons...
D�sol�e je ne devrais pas parler ainsi.
J'ai vu ce que vous enduriez ici.
Oubliez ce que j'ai dit, j'�tais contrari�e.
J'ai quelque chose � vous dire.
- M'�couterez-vous ? - Vous me retenez...
Que vouliez-vous me dire ?
C'est d�j� dit.
Tu es le premier homme � me faire perdre de l'argent...
Ma commission si tu avais accept� d'aller en Mor�e...
Mais je ne le regrette pas.
J'imagine que tout le monde est au courant, � part l'Electeur...
Mais personne ne dira rien de d�sobligeant.
Personne ne me veut comme ennemie!
Quand j'ai int�gr� cette Cour, je n'avais rien.
Pas d'ami, pas d'argent, que mon intelligence.
Certaines femmes n'ont qu'� se montrer pour r�ussir dans la vie...
Je n'ai pas �t� faite comme �a, je le sais.
Mais malgr� �a, j'ai r�ussi, m�me � leur propre jeu.
Ton amie au Palais...
Elle est tr�s belle, mais qu'est-ce que �a lui a apport�?
Cette jolie petite princesse... Un jour, elle sera reine d'Angleterre.
A la Cour, je leur fais de belles r�v�rences.
Mais je ne les envie pas.
J'ai ce que je veux.
Je t'ai toi, Philippe.
A quoi penses-tu?
A toi.
- Dorothea... - Vous ne facilitez pas les choses.
Ca devrait �tre facile, c'est justement ce que je voulais :
Pouvoir tout se dire.
Mais d�s que j'ai regard� la v�rit� en face...
Mais je vous aime, et vous m'aimez. Doit-on en avoir peur?
Ecoutez, je connais le monde, mieux que vous.
Si vous voulez vraiment une chose, prenez-l�.
Peu importe les cons�quences. Regardez autour de vous � Hanovre.
Et nous devrions �tre comme eux?
Mentir, conspirer, saisir nos plaisirs quand personne ne regarde?
Ce n'est pas ce que je veux, et pas comme �a que je vous vois.
Et moi qui pensais que vous...
Comme vous le disiez, vous connaissez mieux le monde...
Il n'y a qu'un monarque ce soir !
Le Roi du chaos de la F�te de Hanovre !
Toute la pl�be est � la f�te...
A suer, se pousser, chanter, danser, boire...
- Laisse �a. - Ca n'est plus de notre �ge.
- Va chercher ma robe. - Laquelle, Madame?
Sur le lit.
Entrez.
- Bonsoir, Phillippe. - Clara.
Tu peux disposer, Mar�a.
Pourquoi dois-je te convoquer ?
Deux semaines...!
- Qu'est-ce qui t'a retenu ? - Ma maison, le r�giment, entre autres.
- Pourquoi m'�vites-tu? - Je ne t'�vite pas.
Ne me mens pas.
Ce n'est pas intelligent, Phillipe.
Tu satisfais ta vanit� en s�duisant la Princesse...?
Tr�s bien, amuse-toi. Amuse-la aussi.
Ca lui �vitera de penser � son mari qui fait l'amour comme un porc.
Penser � George-Louis t'incommode?
Ne sois pas stupide, Clara. Qu'est-ce qui te prend?
Nous ne sommes plus des enfants. Pas besoin de se voir toutes les heures.
Ce n'est pas ce que je demande.
Je ne te demande pas de promesses...
... ou de regards au clair de lune.
Mais je veux de l'honn�tet�.
Qu'y a t-il entre toi et la Princesse?
Rien.
Alors qu'y a t-il, Philippe? Pourquoi m'as-tu d�laiss�e?
Embrasse-moi.
Ca, tu ne risques pas de l'oublier !
Ecoute-moi.
Je vais tout te dire. Plus de mensonge, plus de calcul...
Je me livre � toi, fais-en ce que tu veux.
J'ai 44 ans.
Je suis femme depuis 44 ans, �a ne va pas durer, tu comprends?
Je deviens fatigu�e, fatigu�e et vieille...
J'ai beau me maquiller, les rides sont toujours l�. Je me sens vieille.
Mais pas avec toi.
Quand tu me touches, ma chair se r�veille. Je redeviens jeune.
- Sans toi, je ne suis rien. - Clara, je t'en prie.
C'est vrai, je te le jure ! Sinon je ne m'abaisserai pas ainsi !
J'�tais l� quand tu avais besoin de moi. Aide-moi maintenant !
Reviens � moi !
Aime-moi ! Fais-moi redevenir jeune !
Allons-y. Je vous am�ne votre cape?
- Je n'irai pas. - Mais pourquoi?
Je suis fatigu�e... Je pr�f�re rester.
Ce n'est pas la vraie raison.
Vous avez peur de le rencontrer.
Ne soyez pas comme �a.
On ne r�gle pas un probl�me en l'�vitant.
Va les rejoindre. Pr�sente-leur mes excuses.
Je vais nous �clairer.
Je ne pensais pas te revoir... Chez moi, dans cette pi�ce.
- Je veux t'y voir. - Je suis souvent venue en pens�e...
- Il y a du d�sordre. - Je ne la voyais pas tr�s clairement.
Je ne voyais que toi. Et nous sommes enfin r�unis.
Toutes ces semaines, ces mois, � penser � toi.
C'est ce dont j'avais envie... Tout le temps...
Dire tout ce que j'ai � dire...
Tout ce que je ne peux plus cacher.
M�me � moi.
Qui est-ce ?
Ma soeur.
Elle est tr�s belle.
Il y a plusieurs formes de beaut�.
Beaucoup d'hommes l'ont admir�e. Beaucoup trop...
Nous sommes quatre. Mes soeurs �taient pour le moins... lib�r�es.
Mon fr�re a �t� jug� pour meurtre en Angleterre.
Quant � moi... Je ne vaux pas mieux.
Il y a quelque chose en nous qui nous rend indigne... de tous.
Je sais ce que tu tentes de faire. C'est inutile.
Pendant longtemps, j'ai essay� de lutter...
Je n'en peux plus.
Je vais quitter Hanovre.
Tu risques d�j� beaucoup.
Je peux encore cacher mes sentiments. Personne ne saura.
Tout ce que je veux, c'est te voir, te parler...
C'est impossible.
Quelqu'un sait d�j�.
- La Comtesse Platen.
- On dit que tu es son amant. - Elle ne compte pas pour moi !
Evidemment. Aucune femme ne compte.
Tu nous crois toutes pareilles. A attendre la m�me chose.
Ecoute...
Je t'aime.
Je ne l'ai jamais dit � une autre, et �a ne changera pas.
- Me crois-tu?
Je te raccompagne.
Un sot verrait cette campagne comme un drame.
Si seulement ils savaient. C'est toujours une histoire de femme.
Quel spectacle. 9000 hommes en armes.
Mais j'en ai assez vu.
Fais-moi la lecture, mon enfant.
Pardonnez-moi, Madame.
J'ai mal � la t�te.
La chaleur...
Va dans ta chambre.
Nous te verrons au d�ner.
Je ne comprends pas.
Vous restez ici � lire pendant que votre fils s'en va...
Que voudrais-tu de plus ?
De la... compassion...
Un signe de votre coeur.
Des sentiments.
C'est pour mon fils, j'imagine, que tu t'inqui�tes ainsi...
Je ne t'accuse de rien.
Mais n'oublie pas :
Ton nom a beaucoup de valeur... Et pas que pour toi.
Comment voulez-vous que je vive ?
Sans amis, sans mes enfants...
Avec mon mari et ses ma�tresses qui rient de moi.
C'est une chose que personne ne peut faire � notre place.
Nous sommes les seules fautives si l'on se moque de nous.
- C'est plus facile pour vous. - Quoi donc ?
Vivre dans les livres. Ignorer ce qui vous entoure.
Mais je suis jeune, et la vie me file entre les doigts.
Et c'est de �a que tu te plains? Tu devrais plut�t remercier Dieu.
Quand les heures se tra�nent...
Quand chaque jour est un fardeau que l'on doit porter...
Je sais de quoi je parle. Je suis plus ag�e que toi.
Altesse... J'ai vu tout ce que vous aviez � endurer.
Accueillir la Comtesse Platen, l'accepter...
Ignorer l'humiliation... L'Electeur a �t� cruel.
Ne t'avise plus de critiquer l'Electeur en ma pr�sence.
Ton soutien est d�plac�.
S'il vous pla�t, restez. Pardon, je ne voulais pas vous offenser.
Je sais, ma ch�re. La situation te pesait.
Mais souviens-toi :
Nous autres de la Royaut� n'avons pas droit au bonheur...
... dont les autres jouissent.
Nous ne pouvons avoir de coeur, ni d'�motion.
Ca n'est pas dans nos attributions.
Nous avons aussi peu le droit � des sautes d'humeur...
... que l'horloge de la ville de se d�r�gler.
Le peuple d�pent de nous.
Je savais qu'elle disait vrai.
En me basant sur l'amertume de sa propre exp�rience...
Je d�cidais de suivre ses conseils...
De ne plus du tout penser � lui...
Et d'accepter avec r�signation...
... la futilit� et la monotonie de la vie � la Cour.
J'essayais de faire encore mieux qu'eux.
Car ma vie �tait encore plus vide que la leur.
Plus vide que jamais...
La princesse a tout le monde � ses pieds.
On dit m�me que c'est elle qui vous n�glige...
- Qu'est ce que c'est? - Une d�p�che. De la Morea.
Tu r�agis comme si on allait te pendre...
Et comment devrais-je r�agir? Honor�e?
Faites venir mon valet.
Tu as chang�, tu sais...
Beaucoup chang�... Tu as plus d'esprit.
Ca me pla�t chez les femmes.
Un roman...
Quel dommage qu'une jolie fille comme toi doive se contenter de lire.
- Va te coucher. - Son Altesse est-elle l�?
Je dois le voir d'urgence.
- Qu'y a t-il? - Des nouvelles de la Morea, Altesse.
Ca ne pouvait pas attendre demain matin?
- Tu peux disposer. - Altesse?
Demain. Je t'ai dit demain!
Il y a une rumeur... Des nouvelles de la Morea...?
- Qui �tait-ce? - Eck.
- Y a t-il un probl�me...? - Rien dont tu devrais t'inqui�ter.
- Pourquoi est-il venu? - Je te l'ai dit, c'est un imb�cile.
En panique au moindre d�but de mauvaise nouvelle.
- De la Morea? - Nous avons �t� battus.
Charles a disparu.
- Et les autres? - Templehof et Gratz sont morts.
Qu'y a t-il? Ca ne va pas?
Et quoi d'autre? Dis-moi.
- Quoi d'autre? - C'est tout.
A part une d�p�che de Konigsmark. Il dit que les turcs sont...
Qu'est-ce que c'est?
Il n'y avait rien entre toi et Charles...
Il est vivant.
Quand ils ont appris la mort du Prince...
Les hommes n'avaient plus la volont� de continuer.
Nous nous sommes alors repli�s...
Le lendemain, les Turcs en ont fait autant...
Apr�s nous avoir envoy� quatre hommes avec le cheval de son Altesse.
Son corps sur la selle.
Les Turcs sont violents, mais ils respectent le courage.
Je serais heureuse de savoir qu'il a bien re�u mes lettres.
Il les portait toujours sur lui, Madame.
Je suis heureuse que mon fils vous avait comme ami.
"Et nous vous envoyons �galement notre ambassadeur...
Sir William Colt...
Afin qu'il vous adresse en personne nos sinc�res condol�ances.
Nos deux familles d�j� li�es par alliance...
... sont maintenant unies par le sang vers� sur le champ de bataille...
... contre nos ennemis communs."
Colt? Je ne connais pas ce nom.
L'homme importe peu.
L'important est qu'il vienne au nom du Parlement.
Cela veut dire qu'enfin, nos revendications sont accept�es.
Croyez-moi, je la connais depuis toujours.
Elle ne sait pas cacher ses sentiments. J'ai peur pour elle.
La seule chose que je d�sire, c'est sa s�curit�.
Quelqu'en soit le prix. M�me si l'on ne doit plus se revoir.
Ca ne suffira pas.
Un mot, un indice... Et George-Louis la d�truira.
Vous seul pouvez l'�viter.
Moi? Comment?
En retournant avec Platen.
C'est elle qui le dit?
Elle ne sait pas que je suis ici.
C'est moi qui vous le demande, pour elle.
Elle est en danger.
Rien n'est plus important. M�me vos sentiments.
Il y a deux solutions.
Soit vous retournez avec la Comtesse Platen...
Soit elle se rach�te aupr�s de George-Louis.
Il n'y a qu'une fa�on qu'on soit heureux tous les deux...
Mais d'�tre malheureux, en enfer, mille fa�ons.
Comment va t-elle?
Sort-elle souvent? A cheval...?
Elle ne fait que pleurer.
Dites-lui...
Dites-lui que quoi qu'il arrive...
Quoi qu'elle entende...
Elle sait.
- Vous m'avez convoqu�e, Altesse ? - Des nouvelles d'Angleterre.
Nous attendons l'ambassadeur. Notre requ�te a �t� entendue.
Je suis heureuse que vos souhaits aient �t� exhauc�s.
Le b�n�fice sera le v�tre, lorsque vous serez Reine d'Angleterre.
- Je n'en ai pas le d�sir. - Pas le d�sir...
Croyez-vous qu'en ce domaine, vos sentiments importent ?
Et j'ai pass� la plus grande partie de la mienne � y travailler.
Pas de discussion !
Je connais mes devoirs. J'ai essay� de les respecter.
Vraiment ?
Vous n'avez qu'un seul fils...
Pour que l'Angleterre nous rejoigne, il vous en faut un autre.
- Madame ! - Il n'y a rien � ajouter.
Votre s�paration doit cesser.
Une fois pour toutes.
Nous allons � Herronhausen acceuillir l'Ambassadeur...
Nous s�journerons dans l'aile sud... Tous les deux.
Y voyez-vous une objection ?
Je vais faire pr�parer les appartements.
La Comtesse est souffrante.
Souffrante ? De quoi ?
La rougeole.
C'est un risque que je peux prendre.
- Elle ne re�oit personne ! - Elle me recevra.
- Qui est-ce? - Konigsmark.
Un instant.
Maria, prends �a. Baisse les rideaux et fais-le entrer.
- D�p�che-toi. - Oui Madame.
- Bonsoir, Maria. - Ta visite tombe � point.
- Maria, apporte une chaise. - Il para�t que tu es malade.
Rien de bien grave. Maria, tu peux disposer.
- Qu'est-ce que c'est �a? - De la cr�me au safran.
Ca me donne un air ridicule, alors je pr�f�re m'isoler.
Assieds-toi.
- Tu as eu des soucis? - Oh, je m'en suis sorti.
La seule marque qu'il me reste vient d'une amie...
J'�tais folle. Je n'ai pas l'habitude de telles crises d'hyst�rie.
- J'�tais poss�d�e. - Le d�mon est-il parti?
Je le crois. Mais ne crie pas victoire.
Je repense � cet homme dans la bible, dont le d�mon a �t� exorcis�...
et qui a d� en affronter sept autres encore pire.
Je ne suis pas encore sauf.
Personne ne l'est en amour.
Pourquoi es-tu venu?
Tout pourrait redevenir comme avant.
Le d�sires-tu ?
Parle. Dis-moi.
Je suis l�. Que veux-tu de plus?
O� irons-nous?
Chez toi, en Su�de?
Tu quitterais Hanovre?
Maintenant qu'un tr�ne est en jeu, le Duc va devoir filer droit.
Alors c'est s�r, pour le tr�ne d'Angleterre...?
Je m'en suis assur�e. A chaque �tape.
L'union avec Celle, le soutien aux Anglais...
Planifi� et ourdi jusqu'� ce que l'Electeur me donne ma r�compense...
... et qu'on se dise au revoir.
Une seule personne aurait pu tout emp�cher...
Toi...
Toi et ton idylle stupide avec la princesse.
Mais tu es revenu � la raison...
Et elle fait ce qu'on lui dit, � savoir retourner avec Georges-Louis...
Et lui donner la famille nec�ssaire � la succession.
Elle sera bien re�ue an Angleterre. Son teint p�le devrait �tre � leur go�t.
Mais tu en es revenu, n'est-ce pas Philippe?
Il est parti, Madame.
- On vous attendait, Sire. - Je ne re�ois personne.
Colonel, je venais vous apporter ce document.
Posez-le. Posez-le et sortez !
- Je verrai �a demain. - Merci.
Il doit �tre retourn� au Prince demain.
Au Prince ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Je pensais que vous �tiez au courant.
Son Altesse doit se rendre � Herrenhausen dans une semaine...
... pour finaliser la succession avec les ambassadeurs anglais.
Le r�giment a pr�vu un d�ner en son honneur.
En voici l'invitation.
Le Prince Charles est mort... Une bonne occasion de faire la f�te.
Bonne nuit, colonel.
L'Angleterre? Les anglais ne m'aiment pas.
Je sers juste leurs desseins vis � vis du pape.
Je ne comprends pas leur langue et n'aime pas leurs coutumes.
Quand j'y irai, ce sera avec un entourage allemand.
Je garderai mes amis, et boirai mon propre vin.
Votre Altesse...
Messieurs...
Je suis �tranger, et peu familier de vos coutumes...
Vous m'en excuserez...
L'honneur de parler ce soir aurait d� revenir � un autre.
Je l'aurai pr�f�r�.
Les qualit�s du regrett� Prince Charles...
... sont rares, m�me parmi les plus hauts grad�s.
Malheureusement...
Les al�as de la guerre... et de la politique...
... l'ont emport�.
Je dois �tre garant de notre loyaut�, comme c'est l'usage..
Mais la loyaut� n'est pas tout : Il nous faut aussi d'autres choses.
De l'�quipement et un bon commandement.
A Dresde, j'ai eu la chance de voir les troupes saxonnes...
Pas de tire-au-flanc chez eux, c'est une arm�e digne de ce nom.
Des bons � riens ! Face aux fran�ais, ils ont fui.
Exact, commandant, mais pour quelle raison ?
Parce que les g�n�raux ne tombent pas du ciel.
Il ne suffit pas de galons et de m�dailles pour faire un leader.
Si Dresde a tant plu au Colonel...
je m'�tonne qu'il n'y soit pas rest�.
Je suis parti car je ne voulais pas servir le Prince Auguste...
un homme qui trahit une femme adorable...
pour une procession de cr�atures sorties des �go�ts !
Tr�s bien Commandant.
Un homme qui envoie son fr�re mourir � sa place en Maurea...
ne va pas d�fendre son honneur lui-m�me.
Avez-vous fini messieurs ? Nous avons s�rement mieux � faire.
Asseyez-vous messieurs.
Une chanson. J'ai envie d'une chanson.
"Le cuir noir" par exemple.
Est-il l� ? Konigsmark ?
Oui, je sais. Et maintenant je peux m'occupper de lui.
Je le ferai fusiller. Fusill� sans sommation.
- Anders! Anders! - Oui Monseigneur.
Combien de chevaux avons-nous capables de tirer une voiture?
- Ils en sont presque tous capables. - J'en veux juste une douzaine.
- Une douzaine? - Oui, et deux voitures.
Repeins les armoiries et rajoute tes meilleurs coussins � l'int�rieur.
Et n'en parle � personne.
Si quiconque l'apprend, je te crucifie sur ce mur.
- Oui, Monseigneur. - Bien.
Il sait tout. Il va te faire tuer.
Pas avant que la Cour ne parte pour Herrenhausen.
Je le connais, il �vitera le scandale.
- Nous avons 24h. - Promets-moi de quitter Hanovre.
Nous partons ensemble, demain soir. J'ai tout pr�vu.
Pourrez-dire au Comte que le capitaine Duhrer veut lui parler?
Duhrer, le confident de la Comtesse. Il a d� te voir.
- Impossible, j'avais ma capuche. - On va bien voir, reste ici.
Il est tard, toutes mes excuses.
Puis-je vous parler en priv�? L� par exemple.
Vous pouvez me parler en priv� ici.
Ca ira, Nils.
Et bien?
Vous avez eu des paroles dures ce soir...
Vous en avez peut-�tre sous-estim� les cons�quences...
Je ne crois pas.
- Je voulais vous pr�venir et vous aider. - M'aider?
Doutez-vous de moi?
Si je doute que vous soyez venu � cette heure pour m'aider, oui.
Si j'avais su que vous �tiez... "occupp�"...
"Occupp�"?
Vous �tes un tel s�ducteur...
On ne sait jamais quelle dame on peut trouver chez vous.
Allez voir par vous-m�me.
Je doute que �a lui plaise...
Et ni � vous.
J'imagine que la Comtesse Platen vous paye pour espionner...
Mais pas l'espionner elle.
La Comtesse Platen?
Ne me croyez-vous pas?
Non Colonel...
Mais je vous laisse le b�n�fice du doute.
"C'est impossible. On ne pourra jamais s'�chapper. Je t'aime."
- Oui? - Rien, il n'y a personne.
Un message de la porte de la ville.
La voiture de Koenigsmark � �t� vue vers 1h...
-Elle a prit la direction d'Osnabruck. -Osnabruck?
Tr�s bien.
Il doit d�j� �tre en Hollande � cette heure...
Pas grand-chose � faire sinon en informer le Prince.
Je me r�jouis de ne pas avoir � le faire...
Qu'y a t-il ?
Rien.
Et ensuite ?
Les armoiries de sa voiture �taient recouvertes de peinture...
Tout fugitif ferait la m�me chose.
Mais la voiture est toujours l�...
C'est dans la seconde voiture qu'il s'est enfui.
En laissant derri�re la plus rapide, et de meilleurs chevaux.
Donc...?
C'est comme si quelqu'un devait le suivre...
Vous, peut-�tre...?
- Quand? - La Cour rejoint Herrenhausen demain.
Si elle doit le suivre, �a sera ce soir.
90...
80...
210...
500...
J'ai gagn�. Une autre partie?
Il est tard. Tu devrais te coucher mon enfant.
- Je ne suis pas fatigu�e. - Tu en as pourtant l'air.
Et la journ�e avec l'Ambassadeur anglais ne se pr�tera pas aux jeux.
- Tu devras faire bonne impression. - Oui Altesse.
- Bonne nuit Altesse. - Bonne nuit.
- Je crois que tu t'es tromp�. - Effectivement.
- Elle ne va pas le rejoindre. - Il vient la chercher.
- Il est l�.
Il est rest�, il n'�tait pas dans la voiture.
- Ne l'�coutez pas, c'est une folie. - Laisse-moi lui parler.
Non je ne vous fais pas confiance. Vous n'aurez pas la force de le renvoyer.
Laisse-moi...
Pourquoi agis-tu ainsi?
Risquer ta vie...
Pour t'emmener avec moi.
C'est impossible.
Je ne peux pas.
Ce matin, en apprenant ton d�part...
C'�tait comme si une partie de ma vie s'achevait.
Et je savais que je pouvais continuer...
... � en vivre le reste...
parce que tu �tais sauf.
Ca m'aurait donn� du courage...
Ne fais pas de moi une l�che maintenant.
Aide-moi.
Et va t-en, je t'en prie.
Je ne partirai pas sans toi.
- Pourquoi m'avertir si tard ? - Je voulais �tre s�re.
- Je voulais m'assurer qu'ils �chouent. - Ils �choueront.
Attends. Un scandale public n'est pas id�al.
- Ne t'en m�le pas. - Comment �a?
Fais-moi confiance, comme d'habitude.
Laisse-moi les arr�ter.
Confie-moi quatre gardes loyaux.
Le temps presse !
Nous pouvons traverser la Westphalie jusqu'en Hollande.
A Amsterdam, nous embarquerons pour La Su�de.
La Su�de...
Je ne t'ai pas encore parl� de ma maison...
Je ne t'ai toujours pas parl� de chez moi.
C'est grand, �tendu, et tu en seras la ma�tresse.
Tu t'y plairas, tu verras.
Les gens y sont bons.
Ma grand-m�re les connaissait tous et en prenait soin.
Il y a un livre �crit de sa main dont ma nourrice avait peur...
... � cause des incantations qu'il contenait.
Ne tremble plus.
Je serai de retour dans 15mn, pas plus.
Je ne veux rien de plus d'Hanovre que ce que j'ai l� maintenant.
Descends d�s que tu entends la voiture.
Je serai pr�te.
Ne bougez pas.
O� est la lanterne ? Eclairons un peu !
Dorothea...
Tu as accept� de l'argent, entretenu des espions...
Tes exc�s sont la honte de cette Cour.
Maintenant tu as du sang sur les mains.
Tu as d�shonor� notre Maison.
Votre Maison ? Et qui l'a construite ?
Croyez-vous que l'assurance de la succession anglaise...
... a �t� obtenue gr�ce � vous, immobile telle un dessin au mur ?
C'est gr�ce � moi !
Et quand votre fils sera sur ce tr�ne...
George 1er d'Angleterre, d'Ecosse et du reste...
Ce sera gr�ce � mon intelligence, et pas votre ascendance
La volont� de Dieu peut �tre exhauc�e par un instrument indigne.
Nous ne te devons rien.
Rendez-moi au moins ce service...
Relevez-moi, laissez-moi me reposer.
Tout ce que je veux, c'est dormir.
Ca et...
Et vieillir.
Pourquoi es-tu si stupide ? Crois-tu qu'en fuyant la vie...
... tu �chapperas � ton jugement ?
Quand la h�che tombera, tu seras entre les mains de Dieu.
Je prierai pour toi.
Entrez.
De la Part de Son Altesse :
Vous �tes pri�e de le rejoindre dans la salle du Conseil.
O� est-il ? Qu'ont-ils fait ? L'ont-ils captur� ?
Je l'ignore.
Je n'ai rien dit... Ils savent.
Je ne sais pas comment, mais ils savent.
"D�position de Son Altesse, Princesse Dorothea de Hanovre".
"Aupr�s de ce tribunal, en ce jour du 26 septembre 1694..."
"Je fais part de mon d�sir de me s�parer de mon mari..."
"... Son Altesse le Prince George Louis..."
"... me retirant de mes devoirs matrimoniaux".
"Je demande � Son Altesse l'Electeur..."
"qu'il me rende le Ch�teau d'Ahlden qui faisait partie de ma dote".
"Que je m"y retire sous la garde d'un officier..."
"... que Son Altesse S�r�nissime voudra bien mandater".
"Et je me soumettrai aux conditions de Son Altesse."
"Je ne communiquerai, ni par lettre ni par quelque autre moyen..."
"... avec quiconque en dehors du ch�teau."
"Deuxi�mement, je ne quitterai pas le ch�teau..."
"... sauf pour marcher dans le jardin entre les deux douves".
"Troisi�mement, je renonce d�finitivement � tous mes titres..."
Il est mort.
"...et j'accepterai toute autre condition que Son Altesse S�r�nissime..."
"trouvera bon de d�cr�ter".
Mon enfant...
Dieu sait de quoi nous sommes faits.
A la fois de force... et de faiblesse.
Il y a beaucoup de bonheur en ce monde...
Le secret est d'en abandonner tout espoir.
Et tout de suite, tout devient plus facile.
La Nature est plus sage que nous...
Petit � petit, elle retire tous les d�sirs...
Et alors, avec le corps au repos...
... vient l'espoir de la paix pour notre �me.
Ce m�me jour...
alors qu'ils partaient pour Herrenhausen...
... j'allais � Ahlden.
C'�tait il y a 30 ans.
Toute une vie.
J'ai vieilli...
Je n'ai plus rien � attendre...
Sauf...
Sophie Dorothea, n�e � Celle le 15 septembre 1666
Epouse du Roi George Ier d'Angleterre et m�re du Roi George II.
Morte � Ahlden le 13 Novembre 1726.
Sous-titres : Jean-Marie Marbach
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