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Certaines sc�nes de ce film
peuvent heurter la sensibilit� des spectateurs.
Une production NIKKATSU
OSEN LA MAUDITE
Le monde n'est que souffrance
Ma vie n'est que malheur
Notre existence n'est rien dans ce monde flottant
Gu�re plus qu'une goutte de ros�e
Gu�re plus qu'une goutte de ros�e
Sc�nario Yozo Tanaka
Photographie Kurataro Takamori
D�cors Gunji Kawasaki
Musique Hiroshi Nabeshima
Avec, dans les r�les principaux,
Rie Nakagawa (Osen)
Yuri Yamashina (Ocho)
Akira Takahashi (Tomizo)
Un film de Noboru Tanaka
Essayez plusieurs maisons. Vous en aurez pour votre argent.
Tu en mets du temps. Grouille-toi !
Patiente encore un peu.
Tu en as encore pour longtemps ?
Attends, j'ai presque fini.
Mets-y plus d'ardeur.
Allez !
100 sous la passe, c'est pas cher.
Tous les clients se ruent dans ce quartier pourri.
Faut croire que c'est la crise.
Les bonnes filles sont prises d'assaut.
Si tu es press�, faut te rabattre sur les vieilles ou les malades.
Regarde cette beaut�.
Une vraie perle sur du fumier. Moi, j'y vais !
Vas-y donc, si tu n'as pas peur de mourir.
- Pourquoi ? - Regarde bien.
C'est Osen la maudite.
La maudite ?
C'est une ancienne grande geisha de Yoshiwara.
Elle a �chou� dans ce cloaque car elle portait malheur.
Un client mort dans ses bras, un autre de maladie contagieuse...
C'est terrifiant !
Trois de ses clients sont morts � la suite.
Dis donc, les apparences sont trompeuses.
Jadis geisha de luxe, aujourd'hui putain de caniveau.
Une si belle fille, quel g�chis !
Si tu veux mourir, monte-lui dessus.
Bon courage. Moi, je vais voir ailleurs.
Ne me laisse pas tout seul !
Tu jettes mes graines dans le ruisseau ?
Tu aurais pu les faire pousser un peu dans ton ventre.
Mieux vaut pas.
Mon ventre fourmille de petites graines mal�fiques.
Elles vont bouffer les tiennes.
D�p�che-toi.
- J'arrive. - T'as pas encore fini ?
Osen, tu n'as toujours pas de clients ?
�a me repose.
Dis plut�t que tu t'ennuies.
Je n'en peux plus, moi !
- �a ne va pas, non ? - Pourquoi pas ?
Je veux une fille !
On tire un coup ?
Tu me plais, toi.
Tu peux tirer deux coups, si tu veux.
C'est vrai ?
Entrer, bander, baiser. Monter, p�n�trer...
100 sous pour �a ? C'est de l'arnaque.
Attention � ce que tu dis !
Tu me menaces ?
Si tu as des couilles, va r�p�ter �a aux autres filles.
Sais-tu � qui tu t'adresses ?
Je suis le charpentier Kuma.
Mon petit Kuma, j'ai le coup de foudre.
�a ne va pas, non ?
- Tu es nouvelle ici. - Et alors ?
- Je t'ach�te. - D'accord, 100 sous !
M�me dans ce taudis, tu as beaucoup de clients ?
D�p�che-toi.
On m'appelle le bourreau des c�urs de putains.
Ne viens pas pleurer apr�s.
Si je te plais, amuse-toi autant que tu veux.
Mets-toi toute nue.
Une nouvelle ne se d�nude pas. C'est la r�gle.
Tu te prends pour une geisha de luxe ?
Fais voir.
Quelle blancheur ! Ta chair est app�tissante.
C'est doux comme du velours.
Tu vas me rendre fou.
J'ai l'impression d'�tre aspir� au fond de ton trou.
Attention, tu n'en ressortirais pas.
Comment t'appelles-tu ?
Osen.
Osen... C'est un bien joli nom.
Je vais te faire pleurer de plaisir.
Osen ?
C'est ton nom ?
Tu es Osen la maudite ?
C'est mon surnom, para�t-il.
Tu as peur ? Trouillard !
Laisse-moi partir. Je veux vivre.
Bourreau des c�urs de putains, toi ?
C'est moi qui vais te faire pleurer !
Alors, qu'est-ce que tu en dis ?
Bon sang, c'est le bonheur !
Je veux bien mourir apr�s tant de plaisir.
Je suis press�.
C'est du bon.
Osen, n'abuse pas trop du sak�.
�pargne-moi ta sollicitude. Le sak� me lave de la souillure.
C'est tout ce que tu as gagn� ?
C'est mon argent. Et la moiti� revient � mon patron.
Si je triche sur la recette,
il me donnera des coups de b�ton.
Au fait, et ta promesse ?
Quand me sortiras-tu d'ici ?
Tu es dans le pire bordel de la ville.
Tu ne tomberas pas plus bas, rassure-toi.
Ordure !
Vous ch�mez, vous aussi ? Donnez-moi � boire.
Omatsu, tu r�pares ton outil ?
J'ai juste une �gratignure. �a me pique.
Une vieille renarde comme toi s'est fait avoir ?
Son outil est us�, c'est normal.
Comme tu dis.
C'est ma tasse.
Ah, pardon.
Um�, viens ici.
Tu pourrais me porter malheur.
Oyone, on avait d�cid� de ne plus parler de �a.
Puisque tu m'as donn� � boire, je te pardonne.
Bien dit, Osen. Tu sais ravaler ton orgueil.
Tu es bien une ancienne grande geisha.
Depuis que la maudite est ici, je perds toujours aux cartes.
C'est Dieu qui te punit pour ta m�chancet�.
C'est la tasse de qui ? Elle va attraper une maladie.
�a ne va pas, non ?
Tu as l'air souill�e, alors je te purifie.
Salope, tu m'as d�j� pris mon homme.
Ton homme ? Tu veux parler de cette �pave ?
Quand ils payent, tous les hommes sont des clients.
Tu l'as s�duit avec tes techniques de grande geisha ?
Je t'interdis de lui faire les yeux doux.
C'est lui qui voulait, pas moi.
� qui la faute s'il reluque les autres femmes ?
Salope !
- Quoi ? - Sorci�re !
R�p�te !
Oyone !
Arr�te !
Battez-vous avec conviction.
On parie ?
Tu mises combien ?
Oyone, arr�te !
Assez !
Vous �tes folles ?
Qu'elle aille au diable !
Va te coucher. Demain, tu vas chez le peintre d'estampes.
Encore ?
Il ne veut personne d'autre que toi.
Il a l'air de t'appr�cier. Il a m�me pay� Tomizo d'avance.
Tomizo ?
Tomizo ne te l'a pas dit ?
Ce vaurien, je le hais.
Je prierai devant tes estampes.
Osen en d�esse ?
Elle risque de porter malheur � ceux qui les ach�teront.
Sache qu'on ne vient pas du m�me monde.
- Quoi ? - Du calme.
Hyota, tu es son mari. Fais donc quelque chose.
Oyone, calme-toi.
Laisse-moi tranquille.
C'est bon de respirer.
�a change de cet �gout.
Osen, tu es belle m�me sans ton maquillage.
- Tomizo, tais-toi. - Non, c'est vrai.
Tu as gard� la gr�ce d'une grande geisha.
C'est � cause de toi si je suis ici.
Qu'est-ce que tu dis ?
Regarde ce tatouage.
Mon amoureux l'a fait quand j'ai voulu mourir avec lui.
� cause de mon surnom,
j'avais perdu tous mes clients, et lui aussi.
Et tu as �t� le seul � bien vouloir me fr�quenter.
Je pensais que tu �tais un homme sinc�re et de c�ur.
Mais maintenant, j'ai compris tes v�ritables intentions.
Tu cherches qu'� m'exploiter.
Plus pour longtemps, crois-moi !
Ma�tre, vous en mettez du temps aujourd'hui !
Ne bouge pas.
Pensez un peu � moi. Cette pose me fatigue.
Encore un peu.
- Quelle passion ! - Sans passion, que ferais-je ?
Nous travaillons pour l'art.
Vous n'�tes pas las de contempler des cuisses ouvertes ?
Chaque sexe a ses particularit�s, comme les visages.
En regardant un visage, je devine la forme du sexe.
Vous �tes inqui�tant.
Tu m'as int�ress� au premier coup d'�il.
J'avais vu juste. Ton sexe est une perle rare.
Je ne sais que dire.
Tant de compliments me troublent.
Garde cette pose.
Incroyable !
On dirait une nouvelle esp�ce vivante.
Rien que cela arrive � te faire mouiller ?
Vous allez me faire rougir.
Si ce n'�tait pas risqu�, je te baiserais bien.
Osen, la maudite !
Quel idiot, cet artiste !
Que voulez-vous ?
Des petits voleurs ?
- Pas du tout. - Joue de la musique.
- Joue de la musique. - S'il te pla�t.
Je suis aussi pauvre que vous, vilains parias.
Laissez-moi passer.
Donne-nous un petit quelque chose.
Ramassez.
- Merci. - Laissez-moi, maintenant.
Parias !
Brutes !
Ne l'ab�mez pas !
Ma�tre !
Si tu dois ha�r quelqu'un, c'est ton mari. Je l'ai pay� pour �a.
Regarde.
Non, ne me touchez pas !
L�chez-moi !
�a suffit !
Tomizo, c'est ton tour.
Je veux vous voir � l'�uvre.
Vas-y, montre-moi. Tiens, c'est pour Osen.
Attachez-la.
Tomizo !
J'avais besoin d'argent.
Je ne veux pas.
Tu m'as vendue ?
- Tu es un monstre ! - Tais-toi.
On doit le faire.
�a va ?
Tu veux savoir ?
Je ne suis pas comme les autres. Je suis Osen la maudite.
Il en faut plus pour me blesser.
D�tache-moi.
Osen !
Ordure.
Va-t'en, salaud !
Tu m'as fait mal aux testicules.
Je souffre !
C'est fini entre nous.
La pi�ce du peintre, garde-la. Chien !
Osen, pardon !
Crevure !
Il y a eu un double suicide rat� !
Allez voir sur la place.
L'homme est de Ryogoku, narrateur dans la troupe Tosa.
Son nom est Kumezo.
La femme se nomme Ocho.
Ils ont bafou� la loi en se rendant coupable
du crime de double suicide.
Mais ils ont �chou� dans leur tentative.
En cons�quence et en vertu de l'article 100 de la loi,
ils seront expos�s trois jours durant
sur la place des condamn�s
avant d'�tre exil�s dans un village de parias
Elle a de beaux yeux.
Elle doit avoir un c�ur pur.
- Un double suicide ! - Venez voir !
Un double suicide ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Un suicide.
Un suicide !
H� !
Vous avez perdu votre peigne.
Je ne r�utilise jamais un peigne cass�.
Ah bon ?
- Merci. - �coutez...
Vous saignez.
Prenez ce mouchoir.
Je n'en ai pas besoin. Ce n'est qu'une �gratignure.
D'accord.
Au revoir, merci.
Osen !
D'o� sors-tu dans cet �tat ?
J'ai fait une mauvaise chute.
Que s'est-il pass� ?
Tomizo !
Je sais que tu es l�.
Monstre !
Mis�rable ! Ver de terre !
Je ne veux plus te voir.
Si tu ne disparais pas, je vais te cogner.
Je ne plaisante pas.
J'en ai assez de toi !
C'est toi ?
Quel accueil !
Patience, tu vas gu�rir.
Je ne me suis pas pr�sent�.
Je suis Seikichi, marionnettiste dans la troupe Tosa.
La troupe de th��tre de marionnettes ?
Oui.
Je ne suis qu'un apprenti,
je n'ai pas encore le droit de les manipuler.
Tu n'as pas l'air du genre � tra�ner dans ce quartier.
L'habit ne fait pas le moine.
Je vous ai suivie depuis la place des condamn�s.
Tu es un coquin.
Je suis d�sol�e, mais repasse un autre jour.
Ne vous m�prenez pas.
Que veux-tu dire ?
Je suis d'une humeur massacrante. Sois clair.
J'ai envie de frapper tout le monde.
Eh bien, voil�.
Vous avez ri tout � l'heure sur la place.
C'est vrai. Est-ce d�fendu de rire devant des condamn�s ?
Je veux savoir pourquoi vous avez ri.
Voil�...
En fait...
Puisque je connais la condamn�e,
votre rire m'a profond�ment troubl�.
Vous connaissez la condamn�e ?
En effet.
La condamn�e qui se pr�nomme Ocho,
c'est ma s�ur.
Et puis,
vous avez dit qu'elle avait de beaux yeux.
Je n'en avais jamais vu d'aussi beaux.
Ma s�ur est aveugle.
Malgr� sa c�cit�,
elle est tomb�e amoureuse,
comme toutes les filles de son �ge,
d'un narrateur de la troupe � laquelle j'appartiens.
Il s'appelait Umekichi.
Pourtant,
sa grande beaut� lui a port� malheur.
Bien que fianc�e � Umekichi, un autre homme a voulu la s�duire.
C'est le condamn� Kumezo.
Umekichi ?
Tu sens l'alcool.
On s'est promis de rester purs jusqu'au mariage.
Je t'en supplie.
Umekichi, sois patient.
Umekichi ch�ri,
pourquoi es-tu si silencieux ?
Umekichi...
Ocho !
Qui es-tu ?
Mais qui es-tu ?
Ocho...
Je veux des yeux pour voir.
Je veux voir la lumi�re.
Je suis dans les t�n�bres.
Umekichi...
J'aurais voulu voir ton visage, rien qu'une fois, avant de mourir.
Mais ni Ocho ni Kumezo ne sont morts.
Ocho a alors demand� � Kumezo de mourir avec elle.
Rong�e par la honte, elle voulait partir en enfer avec lui.
�a a d� �tre p�nible pour toi aussi.
Oui.
Kumezo sera exil� dans un village de parias.
Mais gr�ce � ses parents riches, il pourra racheter son identit�.
Moi, je n'ai pas les moyens de racheter celle d'Ocho.
Ma pauvre s�ur aveugle devra vivre chez les parias.
J'avais trop de peine pour elle.
J'ai pens� la tuer de mes mains...
C'est � ce moment que j'ai entendu votre rire.
Vous sembliez vous moquer de ma d�tresse.
Alors j'ai renonc� � tuer Ocho.
Si cela peut te soulager, allonge-toi pr�s de moi.
Je te ferai oublier un temps ta tristesse.
Je serai heureuse de te r�conforter.
Mais...
Je n'ai pas cette intention.
Ah bon ?
Mais tu dois �vacuer ta haine.
Je peux la surmonter.
Tu as besoin de tendresse.
Je ne vous demande rien.
On �tait destin�s � se rencontrer sur cette place.
Tu peux m'�treindre de toutes tes forces.
Osen...
Pardonnez-moi !
Il est peu banal, celui-l� !
Ocho !
Ton fr�re Seikichi est mort d'inqui�tude pour toi.
Qui �tes-vous ?
Mon nom est Osen. Je suis une femme de mauvaise vie.
- Vous parlez de mon fr�re ? - Oui.
C'est une erreur.
Je n'ai pas de fr�re.
Alors connais-tu un certain Umekichi ?
Oui, c'�tait mon fianc�.
Il est narrateur dans la troupe de Tosa ?
Non, marionnettiste.
Un homme sans c�ur qui ne s'int�resse qu'� ses poup�es.
S'il voulait m'�pouser,
c'est parce que je ressemblais � une de ses poup�es.
Je ne le savais pas. Excuse-moi de t'avoir importun�e.
Tout Edo conna�t d�j� mon histoire.
Umekichi ne m'a jamais touch�e une seule fois.
Je me suis laiss� caresser par cet homme
en sachant qu'il n'�tait pas Umekichi.
La garce, elle m'a eu.
Je suis tomb� dans son pi�ge.
Le c�ur des femmes...
est impr�visible et terrifiant.
J'�tais s�re que tu reviendrais. L'instinct, je suppose.
Demain soir, Ocho sera exil�e chez les parias.
En effet.
Apr�s son d�part, je m'en irai � Osaka.
J'y chercherai une autre troupe
qui m'emploiera comme marionnettiste.
- On ne se reverra donc plus ? - Non.
Si le c�ur t'en dit,
je veux bien m'offrir � toi comme cadeau d'adieu.
Ce n'est pas pour cela que je suis venu.
Pourquoi ?
Si tu ne couches pas, c'est que tu as un probl�me.
Ou bien, tu as mauvaise conscience par rapport � Ocho ?
Umekichi !
Sors d'ici. Tu me fais perdre des clients.
Osen !
Quoi ? Je ne veux pas remplacer Ocho.
Je t'en prie, deviens ma poup�e.
Confie-moi ton corps tout entier.
C'est chaud.
Les seins d'une femme sont-ils si lourds ?
Osen...
Ne bouge pas. Reste immobile comme une poup�e.
En essuyant ses larmes
Elle se leva brusquement d'un air d�termin� :
"Le feu de la jalousie me d�vore
"Un sentiment de rage m'envahit
"Comment me d�barrasser de cette haine ?
"Cette haine je la dois � celle qui m'a vol� mon mari
"M�me si je devais dispara�tre
"Au fond de la mer
"J'aurais encore assez de voix
"Pour crier et faire entendre ma col�re
"Jusqu'� la surface des flots"
Ce faisant, elle se pencha au-dessus de la rivi�re
Dont l'onde tranquille refl�tait son visage comme un miroir
Elle vit alors qu'elle avait pris l'apparence
D'un serpent g�ant...
Gr�ce � toi, je suis devenu un homme.
Tu te d�fends bien.
Pourquoi m'as-tu menti en disant que tu �tais Seikichi,
le fr�re d'Ocho ?
C'est parce que tu as ri sur la place des condamn�s.
C'est comme si tu t'�tais moqu� de moi.
Ton rire m'a fait prendre conscience de ma faiblesse.
� ce moment-l�, j'ai eu honte.
Et ma honte �tait d'autant plus forte
que je me trouvais alors sur la place, devant Ocho.
Tu es un sacr� parleur !
- Pas du tout, Osen. - �a suffit.
Tu peux arr�ter tes boniments.
C'est 100 sous la passe.
Il n'y a rien d'autre entre nous.
Osen !
Entre !
Tiens, Kuma ! Tu viens t�t aujourd'hui.
Ne me fais pas attendre.
Que fais-tu avec ce bell�tre ?
Tu tombes bien, je suis toute chaude.
Bon sang !
Tu m'as rendu fou. Je ne peux pas t'oublier.
Je veux bien �tre maudit.
H�, toi !
N'oublie pas de payer mon d�.
Ton mari est de retour.
Tu as oubli� ma t�te ?
Tais-toi. Ne me d�range pas dans mon travail.
Tu appelles �a du travail ?
Si tu veux, je serai ton client. Si je paye, tu ne peux pas refuser.
Je refuse.
Quoi ? Salet� !
Tu n'es qu'une marchandise.
Je sais. Mais les putes restent des femmes.
J'ai le droit de refuser une vermine comme toi.
Saloperie !
Calmez-vous !
Tomizo, arr�te !
Arr�te ton cirque. Tu vas attirer la police.
Osen, s'il paye 100 sous, tu dois accepter.
Patron...
Fais ton travail.
Pardon pour la g�ne.
Accepte mes excuses.
De quoi parles-tu ?
- Frappe-moi. - Pas la peine.
Toucher un monstre me souillerait.
Cinq pi�ces d'or.
J'ai fait fructifier l'argent que le peintre m'a donn�.
Tes pi�ces puent la vermine.
Tu ne veux pas me pardonner m�me si je t'implore ?
Je n'ai rien � te pardonner puisqu'on ne se conna�t plus.
J'ai mal !
- Aide-moi. - Tu ne m'auras pas.
Je suis bless� aux testicules... Ton coup de pied...
J'ai vraiment mal.
C'est vrai ?
Tu m'as tromp�e !
Ne t'en fais pas, je te r�compenserai.
Mais je suis souill�e pour la vie.
L�che-moi.
Esp�ce de salaud.
Tu n'es qu'une ordure.
Arr�te.
Bon � rien !
L�che-moi.
Salaud !
Je vais te purifier.
Arr�te, pervers !
Je t'aime, sinc�rement. Je l'ai compris devant le peintre.
Je vais te rendre ta puret�.
C'est d�go�tant. Tu n'es qu'un vicieux.
Non...
Arr�te.
Osen...
Quel spectacle !
On essaye ?
Non, je pr�f�re comme d'habitude.
- Hachi ! - Oyoshi !
- Je reviens. - Ne triche pas au jeu.
- Merci pour le spectacle. - Quel spectacle ?
Tu sais de quoi je parle.
Tu as l'art d'exciter les hommes. Je t'envie.
Tu nous as regard�s ?
J'aurais d� me m�fier.
Ocho !
Je ne peux rien faire pour toi.
Je sais, je t'ai trahi.
Que comptais-tu faire pour moi ?
Je voulais au moins
que tu ne sois pas exil�e chez les parias.
Pour moi,
o� que je sois, je suis dans les t�n�bres.
Pardon, Ocho.
De quoi veux-tu t'excuser ?
Je suis d�sol�e pour toi,
mais je suis heureuse pour la premi�re fois de ma vie.
Ocho...
J'ai li� mon destin � celui de Kumezo
avec lequel j'ai c�toy� la mort.
Je ne veux pas aller en enfer avec cette femme.
Son sang chaud et mon sang glac�
se sont m�lang�s sur le plancher froid.
Umekichi, � ce moment-l�, je t'ai oubli�.
Kumezo et moi,
nous sommes unis pour l'�ternit�.
Non !
Au secours !
C'est l'homme de ma vie. D�sormais, je lui appartiens corps et �me.
Nous sommes li�s pour la vie.
Ocho !
Moi aussi, j'ai quelqu'un maintenant.
Un,
deux, trois, quatre...
Tu es bien matinal.
Osen !
Tu fais peur � voir.
Demain, je pars pour Osaka.
Tu me l'as d�j� dit hier.
J'ai autre chose � te dire.
Qu'est-ce que c'est ?
Accompagne-moi � Osaka.
Osen !
Ne te moque pas de moi.
Je suis amoureux de toi.
Mes clients disent tous �a.
Pour moi, tu es la premi�re femme.
Avant de te rencontrer,
je ne savais pas distinguer les hommes des femmes.
Je connaissais les visages des poup�es, pas celui des humains.
Dans la chaleur de ton corps,
je suis devenu un humain au sang chaud.
Mais tu as Ocho dans ta vie.
Je viens de lui parler.
Je lui ai parl� de toi.
Mais...
Ocho a souri en m'�coutant.
Elle a dit qu'elle m'avait d�j� oubli�.
Maintenant, Kumezo est sa vie.
Ah bon ?
�a m'�tonne beaucoup.
Osen...
Viens avec moi.
Une putain est prisonni�re de ses dettes.
Ce sont cinq pi�ces que j'avais gard�es pour Ocho.
Prends-les.
�a ne suffira pas pour rembourser mon patron.
Je sais que je demande l'impossible.
Une fois parti � Osaka, j'ignore quand je reviendrai.
Je ne veux pas �tre s�par� de toi.
Confie au patron ces pi�ces et on lui enverra le reste d'Osaka.
D'accord, Osen ?
Tu es cruel avec moi.
Me faire miroiter ainsi une vie normale, loin de cet enfer...
Justement, quitte cet enfer.
J'ai cet affreux Tomizo.
Quand tu seras loin d'Edo, il ne pourra plus rien.
- C'est un r�ve. - Non, c'est r�el.
Demain, on sera en route.
Je ne sais que faire.
N'h�site plus.
Aie confiance en moi.
Que veux-tu que je fasse ?
Je t'attendrai demain � l'aube sur la place des condamn�s.
� l'aube sur la place.
Umekichi...
Je t'attendrai.
C'est la chance de ta vie. Pars avec lui.
Vous croyez ?
Regarde-moi, je suis fichue. D�cide-toi.
Elle a raison, c'est la fin.
- Quoi ? - Laisse tomber.
Laisse cet argent en gage.
On s'arrangera avec le patron.
N'h�sitez pas, vous en aurez pour votre argent.
Osen !
Osen !
J'ai mal.
Tu es compl�tement saoul.
- J'ai mal au ventre. - Ne me raconte pas d'histoires.
�coute-moi, j'ai mal.
Ne rentre pas. J'attends des clients.
Tant pis.
Tu sortiras quand le client arrivera.
Osen !
Quoi donc ?
Alors ?
Quelle loque !
L�ve-toi.
Mais...
Il est mort.
Il est mort !
Au secours ! Il y a un mort !
Ce vaurien est mort. Il est mort.
Osen, tiens bon. Ce n'est pas le moment de pleurer.
Allez chercher le patron.
Barrique d'eau
Il est glac�.
Quel trouillard !
Je voudrais t'y voir !
- Bois un coup. - Merci.
On ne le verra plus, celui-l�.
Bon d�barras.
Ne m'en veux pas dans l'au-del�.
Je t'avais dit de ne pas tricher au jeu.
Je vais te prendre un doigt.
Comme �a, tu ne tricheras pas dans l'au-del�.
Osen !
Tu es folle ?
Laisse-la faire.
Patron, emportez le mort.
- Je suis d�sol�e. - Ce n'est rien.
Bon sang, il est lourd.
Patron, c'est bon ?
Allons-y.
Osen, tu dois �tre soulag�e.
Mais si tu pars, on sera toutes tristes.
Garde le moral.
Avec �a, je vais faire sa veill�e fun�bre.
Laissez-moi seule.
Allons !
Il fait froid.
Je suis �puis�. Le sak� me fait tourner la t�te.
Moi, je louche.
Tu sais, Hyota, les faibles comme Tomizo finissent tous ainsi.
C'est ce que je me disais aussi.
Tu as compris ?
Alors, tu ne regretteras pas Oyone ?
Ce soir, il y a une descente de police.
Je vais la pr�venir.
Imb�cile !
C'est pour �a que tu ne r�ussis jamais !
- Mais, patron... - �coute.
Les filles seront revendues au quartier Yoshiwara.
Et vous, vous empocherez une commission sur la vente.
Tu piges vite.
Quand elles auront rembours� leurs dettes, elles reviendront.
C'est un monde sans piti�.
Avec de la piti�, on ne pourrait pas faire ce travail.
- Maintenant, allons nous amuser. - Oui, pour oublier la mort.
Osen...
Tomizo, maintenant tu vas aller au paradis.
Tu es content d'avoir �chapp� � l'enfer ?
�coute-moi bien.
Tu �tais un pervers, un voleur, un tricheur et un menteur.
Heureusement que tu as quitt� ce monde, ordure.
Osen...
J'ai mal au ventre.
Tu es un fant�me ?
Je t'en prie, pars l'�me en paix.
J'ai mal au ventre. Rends-moi mon doigt.
Osen !
Osen, que se passe-t-il ?
Osen, j'ai froid.
R�chauffe-moi.
- Qui t'a permis d'entrer ? - Qu'as-tu ?
Tu nous d�ranges.
C'est un fant�me ?
J'ai peur.
Qu'est-ce qui se passe ?
Osen, j'ai mal au ventre.
Je suis l�.
J'ai froid. R�chauffe-moi.
Le docteur va arriver.
Osen, enfuis-toi. Ce soir, il y a une descente de police.
J'ai entendu le patron le dire.
C'est vrai ?
Le salaud, il nous a vendues !
Je pars ce soir.
Faut pas rester ici !
Viens, Osen.
Police
Merde !
La police est d�j� l�. Le patron nous a trahies.
Osen, enfuis-toi.
Tu dois partir loin d'ici. Va rejoindre Umekichi.
Non, je resterai avec Tomizo.
Va-t'en. Ne t'occupe pas de moi.
De toute fa�on, c'est trop tard.
- Mais... - Tu m'�nerves.
Je reste, tu m'as prise par les sentiments.
� vrai dire, j'avais pr�par� une cachette pour m'enfuir.
Maintenant, viens avec moi.
Entrez.
Tu es glac�. Comment puis-je te r�chauffer ?
On va nous entendre.
Salaud, l�che-moi !
Tu es chaude.
Ne bouge pas. Ta plaie va s'ouvrir.
Osen, monte sur moi.
Mais, ch�ri...
J'ai envie de toi.
Mais tu vas mourir...
Je m'en fiche.
Tomizo...
Mon corps s'accroche encore ici-bas.
La vie est dr�lement faite.
Mais tu es vraiment robuste. C'est incroyable.
Dieu m'est t�moin.
Je meurs en jouissant.
O� vas-tu ?
J'ai le droit d'aller pisser, non ?
Osen, tu es l� ?
M�me si tu deviens libre, ton destin te rattrapera.
Si tu rates ta chance avec Umekichi, tu le regretteras toute ta vie.
Tu as compris ?
Omatsu...
Allez, enfuis-toi.
T'as pas fini de pisser ?
Je pisse moins vite depuis que je fais ce m�tier.
Suis les autres.
Je me sens mieux.
Marchez en silence.
Umekichi !
Umekichi...
Je t'attends � Osaka, Umekichi
Comme tu es b�te !
Je suis Osen la maudite.
Les hommes qui m'aiment tr�passent !
�coute-moi.
Nous allons en rester l� tous les deux.
Parce que...
je veux t'�viter ma mal�diction. Tu comprends ?
Adaptation : Fabrice Arduini & Keiko Tsuboi
Sous-titrage : Vdm
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