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Hier, Marlene a dessin� pendant cinq heures.
� la fin, je lui ai exprim� ma surprise
car je ne l'avais vue que gribouiller jusque-l�.
Sa r�ponse ?
"C'�tait pas moi."
Presque 108 heures sans dormir.
Et � chaque heure, sa fatigue d�sactive son cerveau rationnel...
et lui ouvre les portes des limbes.
Elle dit y avoir senti une pr�sence...
celle d'une femme coinc�e...
dans un moment pr�cis.
Le comportement de Marlene est involontaire.
Quand elle la voit,
elle r�p�te ses gestes � l'identique.
C'est une marionnette.
C'est peut-�tre son subconscient.
Des hallucinations.
Des souvenirs refoul�s.
Ou...
elle vient du monde des morts.
Ce qui est s�r...
c'est que pour elle,
ces rencontres sont de plus en plus r�alistes...
effrayantes, et violentes.
Je reconnais personne.
Tu cherches qui ?
La compagnie d'Alma B�hm.
Qui de la compagnie va venir ?
N'y pense pas trop,
ils vont nous voir faire �a.
- Laissez-moi passer ! - Moins fort !
- Vous pouvez pas entrer ! - Bianca !
- Laissez-moi passer. - Non.
- C'est non. - Laissez-moi.
- Bianca ! - Non.
- Papa ? - Tu as deux minutes.
Oui. Une seconde. Viens, papa.
On avait dit quoi ?
Lis �a.
Pars, papa.
"La nouvelle venue Bianca Aguilar
"apporte son soutien dans le r�le d'Ism�ne."
On voit �a plus tard.
Ton nom et ta photo sont dans le journal.
Viens par ici.
Pars, je te prie.
Il y en a un � la porte.
On doit se cacher !
- Une minute ! - Oui !
Tu nous exposes.
Je m�rite de travailler tranquille.
Non, pas encore !
- Bianca ! - Une minute.
Viens l�.
C'est dangereux.
Regarde-moi.
Tout va bien.
Ne t'en fais pas, vraiment.
Calme-toi.
Tu me fais confiance ?
Tu es en s�curit�.
Tu comprends pas.
Si, papa, bien s�r.
- Tu me comprends. - Papa.
C'est ton endroit. Ton espace.
Le seul que tu contr�les pleinement.
Tu m'attends ?
Je t'aime.
Et je sais...
Pardon.
Excusez-moi.
Je peux ?
Oui, je suis coupable.
Si ma s�ur me le permet,
je suis sa complice et partagerai sa peine.
Docteur, c'est Bianca. C'est pour mon p�re.
Vous devez le voir au plus vite.
D�sol�e pour l'heure.
J'appelle demain.
On peut parler ?
Je vous connais ?
Moi non.
Mais celle avec qui je travaille, si.
Je peux enregistrer ? Pour un livre.
- Elle n'avait pas arr�t� ? - Non, pas du tout.
Mais le public n'a pas aim� sa derni�re pi�ce.
Alma �tait d�prim�e, mais adore cette histoire.
La meilleure de sa carri�re.
On peut jouer la pi�ce dans un asile abandonn�.
�a fait des jours que nos acteurs y travaillent.
C'est r�volutionnaire. J'ai jamais rien vu de tel.
Mais comme � chaque r�volution, certains tombent.
La premi�re est dans une semaine, nous avons perdu le r�le principal.
Moi ?
Ce sera une semaine tr�s difficile.
D�votion totale.
Pourquoi elle a arr�t� ?
Elle ne s'est pas faite aux modalit�s.
Modalit�s ?
Alma joue avec les �motions.
Avec l'asphyxie, la faim, l'hypnose.
C'est un ancien projet, "Insomniaques".
La privation du sommeil.
Au fil des jours...
�a rend les acteurs vuln�rables.
Elle fait d'eux des �ponges
capables d'absorber les stimuli les plus subtils.
Ce qu'elle a d�couvert,
c'est la cl� pour faire de ce moment un �tat permanent.
Je ne peux pas.
Bianca...
On se souviendra de toi pour cette �uvre.
Je ne peux pas laisser mon p�re.
Pourquoi n'es-tu pas Antigone ?
Ism�ne, c'est bien, mais Antigone est le r�le principal.
Cecilia jouait mieux.
J'�tais peu concentr�e � l'essai.
Je connais des membres de ta troupe
depuis qu'ils ont ton �ge.
Jorge Grillo n'a rien fait de nouveau.
Felipe Bonadio est mort. On devrait le lui dire.
Ils sont install�s dans la m�diocrit�.
Tu sais pourquoi Alma B�hm est la meilleure ?
Elle te rend meilleure.
Appelle-moi.
Tu as 2 jours.
Papa ?
Papa ?
Je laisse le repas ici.
Certains artistes sont des cr�ateurs.
Je suis une destructrice.
Parce que la souffrance rapproche du sublime.
Voici Marlene Bennet, l'actrice favorite d'Alma B�hm.
Elle est rest�e �veill�e, aux yeux du public,
pendant 3 jours cons�cutifs.
Elle est dans "Insomniaques",
une performance explorant les �tats mentaux en cas d'insomnie extr�me.
C'est comme au cirque.
Nous allons au cirque pour voir le funambule.
Il ne doit pas mourir,
mais s'il a un filet, on voudra se faire rembourser.
Il doit tout risquer.
Et s'il tombe,
- on ne d�tournera pas les yeux. - "on ne d�tournera pas les yeux."
Coucou, papa.
Tu vas bien ?
Ils vont te reconna�tre.
Non, papa.
- Tes cheveux ! - Arr�te, papa !
Ton nom et ta photo sont dans le journal.
Arr�te !
"Une �toile est n�e."
Tu te souviens ?
Enfant, tu as �crit un faux article
o� tu parlais de la grande Bianca Aguilar,
la meilleure de toutes.
Tu te souviens ?
Tu avais huit ans.
Je voulais l'emmener, il me r�conforte,
mais je ne le trouve pas.
Papa.
Tu le trouveras au retour.
Pas besoin de r�confort. Ils s'occupent bien de toi.
Regarde ta main.
Tu fais �a en jouant.
Je suis un poids. Je sais ce que tu sacrifies pour moi.
Tu m'as demand� si tu m�ritais de travailler tranquille.
Personne ne le m�rite plus que toi.
- Bonjour. - Bonjour.
- Maman est l� ? - Oui.
- Maman ! - Quoi ?
Il y a quelqu'un.
Ah oui ?
Tu as des enfants ?
Profites-en.
Une fois maman, plus de temps pour toi.
Je ne te connais pas.
Mais je connais Alma.
Si tu �tais ma fille,
je ne te laisserais pas t'approcher d'elle.
Ce qui compte, c'est la pi�ce.
Tu en veux ?
Tu es partie pour �a ?
Tu sais quoi ?
Tu es rest�e �veill�e 108 heures.
Tu as laiss� tomber et n'as jamais rejou�.
Excuse-moi.
Qu'est-ce que vous faites ?
Tu fais quoi ?
- C'est pour "Yerma" ? - C'est personnel.
Jouer avec l'insomnie, c'est jouer avec le feu.
C'est ouvrir une porte que tu ne pourras pas fermer.
J'ai beaucoup � faire.
Bianca !
Salut.
Toi, ici ?
Comme toi.
T'as chang� d'avis, c'est bien.
Alma vous veut toutes les deux et d�cidera � la fin.
Le r�le principal se m�rite.
L'important, c'est de participer.
Monte, Bianca, on va g�ner.
Et un silence magique se fit.
Tous ceux qui y �taient y ont vu un miracle.
J'ai eu des cours avec Alma en Espagne.
C'est extraordinaire.
C'est le script ?
Tu l'as pas lu ?
Tu as pris ton temps...
"Grande Ourse."
La constellation.
Une pi�ce en 3 actes.
On doit trouver une fin.
Vous jouerez Dora.
Dis-lui, Ceci.
Dora est une m�re.
Qui n'aime pas son enfant.
Une d�pression post-partum terrible.
Et un jour, elle se d�figure...
tue son mari...
et tente de noyer sa fille.
C'est de qui ?
Personne ne le sait. Anonyme.
Merci.
- Le public viendra ici ? - Oui.
Il y a un bus � 500 m.
Je ne veux pas de bruits ext�rieurs.
Je m'occupe des gens.
On entrera comme des ninjas.
On mettait les fous ici dans les ann�es 60
� cause du succ�s des m�decines alternatives.
Souvenez-vous-en quand vous aurez froid.
Bonjour !
On est l� !
Bonjour !
O� sont-ils ? Bon, faisons une chose.
Prenez une chambre. On se voit apr�s.
Il ne va pas revenir, c'est l'id�e.
On m'a dit pour ton p�re.
�a va ?
C'est peut-�tre h�r�ditaire.
J'avais peur d'�tre enferm�e, et regarde.
Tu as de la chance, j'aimerais conna�tre mes parents.
Je vais par l�.
- Moi... - On se voit apr�s ?
Un bisou ? Pour la chance.
Merci.
Mais au dernier bisou, tu as eu le r�le.
� plus tard.
�lectrochoc.
Bains d'immersion.
La m�moire de Dora va �tre d�mantel�e
jusqu'� ce que la Grande Ourse perde son sens.
La m�moire de Dora va �tre d�mantel�e.
La m�moire de Dora va �tre d�mantel�e.
Je ne le trouve pas.
La m�moire de Dora va �tre d�mantel�e
jusqu'� ce que la Grande Ourse perde son sens.
La m�moire de Dora va �tre d�mantel�e
jusqu'� ce que la Grande Ourse perde son sens.
Dialogue.
Dialogue.
Dialogue.
Je suis fatigu�e, je vais dormir.
J'ai perdu.
Une minute.
Juste une minute.
Je veux dormir !
Ne me touche pas !
Vous, ici ?
C'est pour le public.
Vous, c'est de l'autre c�t�. Allez.
Je suis d�sol�e.
Je suis d�sol�e.
Non...
- Tu as senti ? - Non.
- Tu as senti ? - Non.
Tu ne le sens pas ?
�a marche.
Tu t'approches.
Cela dit...
il manque encore quelque chose.
- Quoi ? - Je ne sais pas.
Fonzo, aide-la.
En sachant mieux le texte...
Non, ce n'est pas �a.
C'est plus important, plus profond...
Beaucoup plus.
- C'est quoi ? - Je ne sais pas.
La peur.
D�sol�e.
Continue.
C'�tait bien,
mais il te manque la peur, quand on d�couvre le personnage.
Approche-toi.
Dans la lumi�re.
Toi aussi.
Bienvenue.
Le th� purifie.
- Combien de temps sans dormir ? - Bient�t 40 heures.
Le 2e jour est assez facile.
Et les cigarettes ?
J'ai mieux, tu vas voir.
- Quoi ? - Tu ne vas pas y croire.
Du savon.
On partage les t�ches.
La cuisine, les v�tements.
L'important est de rester �veill�s.
Si l'un vacille, il faut l'aider.
Qu'il marche, prenne un caf�, une douche...
Tu vois ces seaux ?
Ils sont plein d'eau. Tiens, c'est pour toi.
Prends-en un.
Et tu ne dois pas trop manger.
Des c�r�ales, des prot�ines...
Non ! D�monstration.
- Arr�te ! - Fonzo !
- Laisse-le. - Voil� le gasoil.
Et �a ?
Une zone effondr�e. On perd l'autorisation si on y touche.
Allez, j'ai faim ! Krass a faim ! � table, tout le monde.
Et les feuilles ?
On mange tout.
Ce serait un crime.
- On ne jette rien, c'est �a ? - Oui. Allons-y.
Le cerveau impose ses cycles.
On r�ve m�me �veill�es.
- Des hallucinations. - � peu pr�s.
La privation alt�re les sens.
Bient�t, tu seras plus �veill�e que jamais.
Celui-l� est r�el.
Le r�el, ce sont ces portes que vous ouvrez en ne dormant pas.
Vous �tes plus sensibles, alertes,
cr�atifs.
Sans vanit�, juste...
l'essence.
Comme tout artiste, ma m�re vend tr�s bien.
Et � chaque vente, il y a...
des petits caract�res.
Et �a ?
C'est la base d'un personnage.
Bient�t, on fera un 1er essai.
Ce sera la r�compense pour celui qui va jusqu'au bout.
"Ma fille pleure la nuit.
"Je me l�ve et la vois dans son lit.
"Une id�e me br�le.
"Je ne la toucherai jamais."
"Ma fille pleure de faim la nuit."
"Ma fille pleure de faim la nuit."
"Ma fille pleure de faim la nuit."
"Ma fille pleure de faim la nuit."
- Fonzo. - Viens.
Viens.
Parfois, en regardant bien, tu peux les voir dans le feu.
Voir qui ?
Essaie.
Fonzo, on voit �a plus tard ?
Fonzo, je dois me concentrer, si tu veux, on...
Fonzo ?
Fonzo ?
Tu aimes ? Je peux t'apprendre.
Tu es en train de perdre.
Ma fille pleure de faim la nuit.
Je me l�ve et la vois dans son lit.
Une id�e me br�le.
Je ne la toucherai jamais.
Arr�te, Bianca.
Oublie le myst�re.
Je veux qui tu sois l�, bien pr�sente, d'accord ?
Encore.
Ma fille pleure de faim la nuit.
Je me l�ve et la...
Ma fille pleure de faim la nuit.
- Je me l�ve et... - Arr�te.
Bianca.
Tu es bloqu�e. �a ne me sert � rien.
�a ne te sert pas non plus.
Ma fille pleure de faim la nuit.
- Non, ce doit �tre plus profond. - Je la vois et...
Tu le racontes, mais tu dois aussi le sentir, ici.
Encore.
Ma fille pleure de faim la nuit.
Non.
Ne pleure pas.
Tu te le dis � toi. Ne pleure pas.
C'est de la douleur, pas des pleurs.
Ma fille pleure de faim la nuit.
Non, la douleur est � l'int�rieur.
- Ma fille pleure... - Ressens-le.
O� est-elle ? Cherche-la.
- Ma fille pleure... - Elle ne t'entend pas.
- Je me l�ve et... - Arr�te.
Respire.
Si tu sais le faire, fais-le.
Allez. Encore.
- D�sol�e, je... - Quoi ?
Je vais te dire.
Tu t'es dit :
"Ces hippies, je les bats avec mes g�nes de d�mence."
Non.
Encore.
Encore.
Ma fille pleure de faim la nuit.
Je me l�ve et la vois dans son lit.
Tu fais quoi ?
Si tu t'assois, tu perds le risque.
Tu n'es pas pr�te pour le sol.
Tu le caches, mais je vois. Tu fais quoi ?
Tu fais �a sans arr�t.
C'est un tic ?
Cecilia.
Tu gagnes les pantoufles.
Tu veux jouer ?
Alors prends des risques, et sors du concret.
Et sortir du concret...
c'est embrasser la folie.
Sans folie, pas de cr�ation.
Et Dora est impr�visible et chaotique.
O� est le chaos ?
Je ne le vois pas.
"Mon mari, mon b�b�. Qu'ai-je fait ?"
"Ils continuent d'effacer ma m�moire."
"Mon mari, mon b�b�..."
F�licitations, tu n'as pas dormi depuis 24 heures.
C'est quoi ?
Pour les migraines.
- C'est fort. - Donne-m'en.
Fort ?
Regarde-moi.
Sortons bouger un peu.
Allez.
Je suppose que tu te demandes pourquoi je suis l�.
On se l'est tous demand� � un moment.
- Et la r�ponse ? - Faisons un exercice.
Tourne-toi. Tes bras dans les miens.
Allez.
Tu n'as pas de migraines.
C'est qu'il te manque une case.
�a te fait mal.
Tu refuses d'en parler, tu mens.
Viens.
Mon p�re croyait que je n'�tais pas sa fille.
Qu'ils m'avaient envoy�e pour l'empoisonner.
Un jour, il m'a pouss� dans les escaliers.
� 15 ans.
Moi, je crois...
que c'est en vivant avec un fou qu'on comprend la folie.
Un fou ne fait confiance qu'� ceux qui le comprennent.
J'ai trouv� toutes les r�ponses ici.
�crites en rouge au plafond.
Tu verras si elles sont tiennes aussi.
Non, Alma. Je n'ai pas le temps.
Je veux te montrer une chose pour ton livre.
- �a va te servir. - La fin ?
Patience.
Promets-moi que tu ne le prendras qu'apr�s la pi�ce.
C'est important. Je te fais confiance.
Nous sommes des mouches sur ta toile.
Apr�s la pi�ce.
Bianca ?
Papa ?
Toi, ici, Bianca ?
Quelqu'un est entr� ici ?
Ici ?
Il n'y a que nous deux.
Et cet endroit ?
L'atelier des fous.
Ils s'exprimaient ici.
Tu m'aides ?
Tes mains.
Rien de tel que de mettre les mains dans la colle.
Ta m�re a raison.
Vous �tes des hippies.
Maman ne veut que de l'amour.
Elle meurt, sans public.
La pi�ce, c'est tout pour elle.
Et la fin ?
On ne sait pas. Mais ce sera incroyable.
Promis.
J'ai oubli� le poin�on.
Tu veux finir ?
Trente-six heures. Bravo.
C'est "Grande Ourse".
La pi�ce a �t� jou�e ici.
Non, Bianca.
C'est moi qui ai fait �a, mais je l'ai jet�.
Tu as quel �ge ?
Quoi ?
- Ton �ge ? - Vingt-trois, pourquoi ?
Tu es de 1961, non ?
Bizarre.
Ce brouillon a �t� fait � tes deux ans.
Quel b�b� talentueux. Ou c'�tait pas toi.
C'�tait Dora Vigna, patiente 101 C.
Quand les m�dicaments ont d�truit sa m�moire,
l'�criture l'a aid�e � reconstruire son pass�.
"Grande Ourse" est un journal intime sous forme de pi�ce.
Jou�e en tant que th�rapie alternative.
Elle et les autres patients l'ont jou�e.
Et sa mort ?
Ils ont dit pneumonie.
Tristesse, selon moi.
- Ces pantoufles... - Les siennes.
Pourquoi ne pas l'avoir dit ?
Car vous �tes m�diocres.
Vous avez �t� form�es pour annihiler l'instinct.
Pour vous occuper sans exc�s.
Ce que vous allez faire en sachant qu'elle a exist�.
Comment �tait-elle ?
Je vous veux libres.
Sans pr�jug�s.
La peur... ronge les dents du fauve.
Tu fais quoi ?
Je savais que Dora a exist�.
Tu la sens ?
Sa pr�sence ?
Tu t'imagines, ne pas aimer ton enfant ?
"Ma fille pleure de faim la nuit.
Je me l�ve et la vois dans son lit."
"Ils continuent d'effacer ma m�moire."
"Mon mari, mon b�b�."
"Ils continuent d'effacer..."
"Ils continuent d'effacer ma m�moire."
"C'est moi qui n'ai pas ma place."
"La Grande Ourse me regarde avec d�dain."
C'est moi qui n'ai pas ma place.
La Grande Ourse me regarde avec d�dain.
Elle se fiche de mon nom.
De ma tristesse.
Et du b�b� dont je ne veux pas.
Il n'y a rien de tout �a.
Ni ourse, ni b�b�.
Juste ta folie.
Non.
Non !
Sortez un moment.
Cecilia, sors.
C'�tait quoi, �a ?
Tu as perdu le contr�le.
- Je ne comprends pas. - Bravo.
C'�tait un cauchemar.
Oui.
- Mais �veill�e. - J'�tais ailleurs.
Hors de mon corps.
�coute-moi.
Une porte te coince dans le concret.
De l'autre c�t�, le myst�re, les secrets, le sublime.
Pour l'ouvrir, il faut une sensibilit� que tous n'ont pas.
Marlene l'avait.
Fonzo et Sara l'ont.
Et je crois que toi aussi.
Cecilia !
Les pantoufles.
Mets-les-lui.
Pas besoin.
Mets-les-lui.
Bravo.
Merci.
M�rite-les.
Bon travail.
Bon sang.
C'est le script.
Dont la fin. Un incendie.
Tu l'as trouv�e.
On doit pr�venir Alma.
Tu ne comprends pas. Alma le sait.
"La peur ronge les dents du fauve."
Ce qu'Alma nous a dit.
C'est pas dans le script.
�a n'est qu'ici.
Elle le cache, je dois savoir pourquoi.
Attends.
Ils vont nous virer. Tu vas tout g�cher.
Je ne te comprends pas.
Respecte les modalit�s.
�a finit en incendie.
C'est une histoire.
Garde la porte.
Attends !
Tu t'entends ?
�a t'est d�j� arriv�, �a ?
"�a ?"
C'est-�-dire ?
- Avec la pression... - Tu l'admires.
Tu aimes parler des modalit�s.
En tout cas, �a cloche.
- Arr�te. - Laisse-moi.
"Addiction aux m�dicaments."
"Exc�s de violence."
Cecilia ?
Tu fais quoi ?
Tu fais quoi ?
Du th�.
- Tu m'en fais ? - Oui.
Regarde �a.
De Marlene Bennet.
Marlene Bennet ?
Pourquoi ?
Par jalousie.
On devrait le dire aux autres.
Pas besoin.
Nous la connaissons tous.
Viens, on va parler aux autres.
L'incendie...
Dora.
Tu fais quoi ici ?
Si maman le sait, tu pars.
Elle n'a pas � savoir.
�a n'�tait ni pneumonie ni tristesse.
Elle est morte sur sc�ne. Pourquoi le cacher ?
Et voil�.
L'incendie.
Ne te br�le pas.
C'est de la fiction, Bianca.
C'est une pi�ce.
D�sol�e.
Tu ne dors pas et tu manges des graines.
Tu croyais �a facile ?
Je suis vraiment tr�s fatigu�e.
�a peut se r�gler.
Mets quelque chose de chaud et faisons un exercice.
Fais un geste, je le devine.
C'est facile.
- N'importe quoi ? - Oui.
Concentre-toi.
- Comment tu fais ? - J'ai l'habitude.
Et les hallucinations ?
Comment tu fais ?
Si je les g�rais, ce ne seraient pas des hallucinations.
J'ai l'impression de devenir folle.
Au d�but, je voyais mon personnage partout.
Je pensais y rester.
J'avais si peur.
Un jour, j'ai pass� la porte de l'inconnu et n'ai plus eu peur.
Traverse la panique.
Tu me l'as dit en arrivant.
Je peux te poser une question ?
Tu as pris les analg�siques ?
On change.
- Oublie, je ne t'accuse pas. - Ferme les yeux.
Je les ai pris. Je suis malade.
- Ton personnage... - Tu te crois meilleure ?
Non, je t'admire.
Ferme les yeux.
�a te pla�t de m'humilier ?
- D�sol�e, Sara. - Sara ?
Tu es s�re de parler � Sara ?
- Sors-moi de l�. - Pourquoi ?
Aide-moi.
- Je l'ai vue. - Qui ?
Dora.
C'�tait pas une hallucination.
Bien. �a fonctionne.
Alma est la meilleure.
Je l'ai vue elle, la vraie.
Son esprit.
Sors-moi d'ici.
Calme-toi.
Je n'ai pas le droit.
Je verrai avec Alma.
Calme-toi. Attends ici.
C'est vrai ?
Tu as vu Dora ?
Dommage.
Prends tes affaires. Un bus va partir.
Ta peur est plus forte que ton talent.
Je ne peux pas te retenir.
Au revoir.
La deuxi�me ann�e � l'�cole,
j'ai failli partir.
Ce n'�tait pas pour moi.
Puis on a d� travailler � deux,
et j'�tais avec toi. Tu te souviens ?
On avait peu parl�. Je parle peu, � vrai dire.
Je ne savais pas � quoi m'attendre.
Mais j'ai trouv� le talent.
Je m'am�liorais avec toi,
tu me donnais envie.
J'ai voulu continuer.
Je suis ici gr�ce � toi.
H�pital psychiatrique.
Bonjour.
H�, papa.
Ma fille.
�a va ?
Oui, �a va.
Ravi de t'entendre.
De m�me.
Je viendrai te voir plus t�t.
Un probl�me ?
Non, rien.
Et la pi�ce ?
La pi�ce, bien.
Je suis press� de voir �a.
Tous me demandent pour toi.
Patients, m�decins...
Tous.
Et �a me touche beaucoup.
Mon �toile. Tu es contente de la pi�ce ?
Oui, tr�s.
Tu te souviens de l'article ?
Il �tait dans mon carnet.
�coute bien :
"La jeune et belle Bianca Aguilar...
"est l'�toile qui brille le plus.
"� chacune de ses expressions, le public rit, pleure.
"C'est une actrice au top..."
C'est �crit "taupe".
"C'est une actrice au top de sa carri�re.
"Elle l'annonce de tout en haut au monde entier.
"Une �toile est n�e."
�a m'�meut.
Je dois y aller.
On r�p�te.
D'accord, ch�rie.
Je t'embrasse.
Tu me manques.
Au revoir.
J'ai voulu t'oublier.
De me mentir, � nouveau.
Qui est Sabrina ?
Tu l'�cris partout.
On t'a parl� de possessions ?
L'insomnie ouvre la porte d'un autre monde.
J'�tais toujours au m�me endroit.
J'y voyais Sabrina, coinc�e dans le pire moment.
Le cycle se r�p�te.
Tu le dis l�-dedans.
J'ai voulu le briser,
la lib�rer, pour me lib�rer.
Mais plus le temps passait...
plus je pouvais rester coinc�e.
Je ne voulais pas me tuer. J'�tais poss�d�e par Sabrina.
Dora veut le faire avec toi et ton amie.
Sabrina a voulu faire ce qui �tait impossible dans ses limbes.
Mourir ?
"Quand nous sommes s�rieux, rien ne nous arr�te", disait Alma.
Mais j'ai arr�t�.
Je suis rentr�e. Elle m'a suivie, m'a choisie.
Jusqu'� ce que je dorme.
J'ai lu les fiches de ceux qui sont morts.
Sara et Fonzo se comportent comme eux.
Je ne crois pas qu'ils jouent.
Ils sont contamin�s, comme toi.
Apr�s 108 heures �veill�s,
tu ne peux rien faire.
Ils seront bient�t coinc�s.
Aide ton amie au plus vite.
Dora veut vous contr�ler totalement.
Elle arr�tera si vous dormez.
Combien d'heures pour toi ?
Je ne sais pas.
Les photos, c'est � quelle heure ?
� huit heures, matin et soir.
Dans 25 minutes, �a fera 108 heures.
Nous devons y aller.
Je t'emm�ne, mais je n'entre pas.
En voyant Alma, j'ai su qu'on pouvait encore me contr�ler.
Il m'a fallu des ann�es pour en sortir.
Je ne peux pas m'exposer.
Pourquoi revenir ?
Ils t'ont fait quoi ?
Ils t'ont fait quoi ?
Alma dit que je suis proche.
Ils mettent du gasoil partout, Bianca.
Les morts nous utilisent pour recr�er leurs d�c�s.
Voil� le "sublime" pour Alma.
La voiture attend. Partons. Et dormons.
- Je peux pas. - S'il te pla�t.
- Je suis proche. - Doucement.
Calme-toi.
On doit y aller. On doit dormir.
Allez.
Mon petit ami.
Huguito ! Viens !
Allons voir Lina.
On doit dormir maintenant. Ici.
J'ai si peur. Je peux pas.
On va essayer. �teins.
D�sol�e pour mon comportement, c'est le stress.
C'est moi qui suis d�sol�e.
H�, Bianca.
Bianca.
Merci d'�tre venue.
Essayons de dormir.
Endors-toi.
Merci.
Ne t'inqui�te pas.
Ceci ?
Tu crois vraiment parler � Ceci ?
Ceci, tu l'as vue ?
Bianca, arr�te !
Elle nous laissera pas. � la voiture !
Arr�te !
- Tu fais quoi ? - Aide-moi !
Tu fais quoi ?
Ne rends pas �a plus dur.
On a besoin de toi.
Dora a besoin de toi.
Tu peux pas partir.
Laisse-moi.
Ne vous battez pas encore.
Pourquoi tu fais �a ? Cecilia !
Je te l'ai dit.
L'important est le processus.
C'�tait pas une comp�tition.
Tu faisais semblant.
Tu jouais.
C'�tait pas n�cessaire.
Je voulais le faire moi, mais je n'ai pas r�ussi.
On peut pas tous passer de l'autre c�t�.
C'est toi la rempla�ante.
Tu seras incroyable.
Pose �a, Ceci.
Tout se passe comme pr�vu.
Bianca...
- Ne r�siste pas. - Non...
Tu vas rester.
Marlene voulait t'emmener o� � ton avis ?
L'ego des acteurs est plut�t manipulable.
Et Marlene est une grande actrice.
Elle est ravie de jouer un r�le.
- De l'aide ! - Laissez-moi !
- Ne la laisse pas ! - Stop !
Ne bouge pas !
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Du feu.
Je vais par l�. On se voit apr�s ?
Un bisou ? Pour la chance.
Je te connais ?
Moi non. Mais celle avec qui je travaille, si.
Salut.
Ceci...
On m'a dit pour ton p�re.
Tu as de la chance, j'aimerais conna�tre mes parents.
C'�tait Dora Vigna, patiente 101 C.
Dora est une m�re.
Une d�pression post-partum terrible.
Elle tente de noyer sa fille.
Tu t'imagines, ne pas aimer ton enfant ?
Sabrina a voulu faire ce qui �tait impossible dans les limbes.
Elle �tait coinc�e dans le pire moment.
J'ai voulu briser le cycle, la lib�rer pour me lib�rer,
mais plus le temps passait, plus je pouvais rester coinc�e.
Je ne voulais pas me tuer. J'�tais poss�d�e par Sabrina.
Dora veut le faire avec toi et ton amie.
C'est elle.
Te voil�.
Te voil�. Je t'ai trouv�e.
Je te cherchais.
Je voulais te voir, comprendre.
Je ne t'en veux pas, tu n'�tais pas heureuse.
Je dois savoir une chose.
Quand les pompiers sont arriv�s, tu essayais de me noyer...
Je n'y crois pas.
Je vis parce que tu m'as sauv�e, mais pourquoi ?
Pourquoi me laisser vivre ?
Que faisaient mes mains quand elles ne te portaient pas ?
Je suffoquais.
Je d�sirai la fin et le feu.
Et t'emmener avec moi.
Mais dans l'obscurit�, j'ai vu...
une lueur.
J'ai trouv� quelque chose.
L'amour.
Je t'ai prise pour la premi�re fois pour te sauver.
Notre premier bain nous a sauv�es des flammes.
J'�tais heureuse.
Quelques minutes.
Je ne voulais pas te l�cher.
Elle joue.
Je t'ai aim�e.
Je t'ai aim�e.
C'est arriv� trop tard, � la mauvaise femme.
� celle qui n'a pas sa place.
Salue ton public.
Debout.
D�sol�e, Bianca. Merci.
Quand nous sommes s�rieux, rien ne nous arr�te.
Certains artistes sont des cr�ateurs.
Je suis une destructrice.
C'est comme au cirque.
Nous allons au cirque pour voir le funambule.
Il ne doit pas mourir...
mais s'il a un filet,
on voudra se faire rembourser.
Il doit tout risquer.
Et s'il tombe...
Et s'il tombe...
on ne d�tournera pas les yeux.
Un fou ne fait confiance qu'� ceux qui le comprennent.
Bianca.
Bianca.
Allons, le repas refroidit.
C'est pour toi.
POUR ISM�NE, QUI N'A PAS SA PLACE.
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