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A C S A pr�sente
LA VIE CRIMINELLE D'ARCHIBALD DE LA CRUZ
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Mise en sc�ne Luis Bunuel
C'�tait la r�volution.
Des bandes arm�es s'affrontaient.
Notre ville de province...
�tait encore tranquille.
Ma famille �tait riche...
j'�tais fils unique
et ma m�re m'adorait.
Une gouvernante m'�levait,
mais j'avais quand m�me des d�fauts.
Je vais le servir.
Non, il ne faut pas qu'il mange ce soir.
Bien.
Archibald !
Archie !
Sortez imm�diatement !
Ob�issez ou gare � vous !
Sortez !
Qu'est-ce que �a signifie ?
Je m'amusais.
Pas comme un gar�on bien �lev�. Si ta m�re l' apprend...
Elle me le permettrait.
Oui, mais tu es d�j� un homme.
Tu m�riterais une fess�e !
Quel diablotin !
Toujours des sottises !
Tu vas �tre sage ?
Il ne vous tourmentera plus.
Tu vas o� ?
Au th��tre avec ton p�re.
Je ne veux pas !
Ne fais pas le b�ta.
Sois gentil... regarde-moi.
Mon petit gar�on va laisser sortir Maman
et il aura ce qu'il aime.
Devine.
La bo�te � musique ?
Exactement.
Que mon fils est mal �lev� !
Je vais la chercher.
Venez, votre d�ner refroidit.
Asseyez-vous.
Tenez, votre serviette.
Vos caprices me nuisent.
On me paye pour vous �duquer.
Ils ont assez d'argent !
�a, c'est malin ! Ils pourraient le d�penser pour eux.
Si vous �tiez mon fils...
Mais on vous traite en b�b�.
La voil� !
Ne la casse pas.
Je vous le confie.
Il ne vous ennuiera plus.
Couchez-le � 8 heures.
Racontez-lui l'histoire de la bo�te.
Quelle histoire ?
Vous savez bien... non ?
Le conte de la bo�te et du Roi.
�a fait une demi-heure que je t'attends !
Pour une fois !
Pr�pare-toi vite. On va �tre en retard.
Je vais mettre mes bijoux.
Pas la peine. Plus de th��tre.
Plus de th��tre.
Pourquoi ?
Il y a du grabuge.
On se bat dans les faubourgs.
Mais ce n'est pas grave.
Pas grave ! Nous priver de th��tre ?
Qu'on pende ces r�volutionnaires !
Ne t'inqui�te pas. Le g�n�ral Gomez arrive.
Il les matera.
Et �a tombe aujourd'hui !
Raconte-moi l'histoire !
Ah oui, l'histoire !
Le conte de la bo�te ? Ce n'est pas le Roi qui l'avait.
Maman l'a dit !
Oui, mais d'abord elle appartenait � un g�nie.
O� vivent les g�nies ?
Dans l'air, l'eau, le feu...
Le Roi lui commanda la bo�te.
Tu vois, le voil�.
Il voulait tuer ses ennemis.
La bo�te avait le pouvoir, quand il la mettait en marche,
de faire p�rir un de ses ennemis.
Continue !
Son ministre, un tra�tre...
dit au Roi que la Reine conspirait contre lui.
Le Roi dit � la Reine :
''Regardez-moi en face''.
Elle baissa la t�te... il la crut coupable.
Sans r�fl�chir,
il d�clencha la bo�te... elle tomba foudroy�e.
Mais, un jour...
Ce conte m'avait impressionn�.
Pouvais-je, moi aussi, disposer des vies humaines ?
Je fis marcher la bo�te avec l'intention d'en faire l'essai.
Je regardai la gouvernante...
Je l'avais tu�e, moi.
J'en eus un plaisir morbide.
Bien s�r, je m'en rends compte maintenant que je suis adulte.
Oui... c'�tait un plaisir.
Me sentir tout-puissant...
C'est une faiblesse tr�s humaine.
Mes souvenirs vous d�plaisent.
Ils sont tr�s vilains.
Je regrette de vous les avoir demand�s.
J'esp�re que vous vous trompez.
Tout est grav� dans ma m�moire.
Le temps d�figure tout.
Vous �tiez certainement pur, comme tous les enfants.
Para�tre m�chant vous amuse.
Je suis loin d'�tre un saint.
Oseriez-vous �couter une chose ?
�a d�pend...
Cela vous int�ressera.
Vous me le direz demain.
Nous avons trop bavard�.
Je vais chercher votre pilule.
Je dois y retourner, parce que...
Que faites-vous ?
Rien.
Vous vous �tes lev� ?
Je voudrais savoir quelque chose.
Dites.
Vous �tes toujours en paix avec Dieu ?
Oui, j'essaie.
La mort pour vous serait un d�lice,
la f�licit� �ternelle...
Oui ou non ?
Oui... mais pourquoi ?
Je vais vous la donner.
Je ne comprends pas.
Il fallait m'�couter avant.
Continuez, Docteur. Excusez-moi.
Monsieur le Juge, pour moi �a ne fait aucun doute.
Il s'agit d'un accident :
la porte de l'ascenseur �tait rest�e ouverte.
D'accord. Mais pourquoi la Soeur courait-elle ?
Je l'ignore.
Mais une infirmi�re peut �tre press�e.
M. Archibald de la Cruz est l�.
Faites-le patienter.
De quelle chambre sortait-elle ?
Aucun malade de l'�tage n'a pu le dire.
De quelle maladie souffrait M. de la Cruz ?
La fin tragique de sa femme a �branl� ses nerfs.
Je lui ai prescrit 15 jours de repos complet.
Quel homme est-ce ?
Type courant...
mais assez taciturne.
Merci beaucoup.
Je suis content de vous avoir vu.
Moi de m�me.
Et sachez que je suis � votre disposition.
Faites entrer M. de la Cruz.
Ce n'est qu'une formalit�.
Me refuserez-vous quelques minutes ?
Au contraire.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Que pouvez-vous dire sur la mort de la Soeur
que nous ne sachions d�j� ?
Peut-�tre plus, je sais tout.
Comment ? Que savez-vous ?
Ce n'est pas un accident.
Alors, qu'est-ce ?
Un crime.
Soyez s�rieux.
Je ne plaisante pas.
La Soeur a �t� assassin�e.
Admettons.
Et qui est l'assassin ?
C'est moi.
Vous �tes fou ?
Je me croyais sens� !
Je l'ai tu�e d�lib�r�ment
et ce n'est pas ma premi�re victime.
J'ignore o� vous voulez en venir mais je vous �coute.
Gomez, notez les d�clarations.
Asseyez-vous
et sachez que tout pourra �tre utilis� contre vous.
Je vous �coute.
Aimez-vous les bo�tes � musique ?
Attendez.
Il y a quelques semaines,
je voulais un bijou...
C'est une pi�ce tr�s rare.
Voyez la monture, les pierres...
C'est une oeuvre d'art.
Une petite bo�te italienne.
Une pi�ce rare.
Deux minutes de m�lodie... tr�s jolie.
Elle est belle !
C'est toujours le m�me air ?
Toujours le m�me.
Excusez-moi.
Que puis-je pour vous ?
Je suis incorrect.
Oui, assez.
Pardonnez-moi.
Elle m'appartenait. J'ai voulu la r�cup�rer.
Elle est en vente...
Je l'ai acquise l�galement.
Ces personnes d�sirent l'acheter.
Je suis d�sol�.
Laissez-moi vous expliquer.
Ma m�re avait cette bo�te...
C'est un tendre souvenir.
Notre maison fut pill�e et la bo�te disparut.
Comprenez-moi, je donnerais tout pour l'avoir.
Chacun tient � ses souvenirs.
Nous en avons tous.
Bien s�r. N'est-ce pas, Chucho ?
Quand j'�tais haute comme �a...
�a n'int�resse pas Monsieur.
J'ai d'autres petites bo�tes.
C'est inutile. Viens, Lavinia.
Ne partez pas...
Merci.
Un client de perdu,
mais vous aviez de si bonnes raisons...
Les souvenirs sont sacr�s.
Combien dois-je ?
2.000 pesos, hein ?
Acceptez-vous un ch�que ?
Oui. On reconna�t bien les clients honn�tes.
C'est grav� sur leur front.
A quel ordre ?
Au porteur.
Laissez, je le ferai moi-m�me.
Et le m�daillon ? Non ?
Plus maintenant. Merci.
Qui est-ce ?
Archibald de la Cruz.
Vous auriez d� demander plus.
N'abusons pas !
- Il para�t honn�te. - Et tr�s riche !
Mieux vaut une fripouille riche qu'un pauvre honn�te !
Tu tombes bien. Va chercher le vase termin�.
Monsieur ne d�nera pas ?
Pas aujourd'hui.
J'avais fait des tartelettes.
Garde-les pour demain.
Mme Cervantes vous rappelle
qu'elle vous attend pour le th�.
Oui, je sais.
Ah ! Le voisin se plaint. La fum�e de l'atelier le g�ne.
Je suis chez moi.
J'y fais ce qui me pla�t.
C'est la seule chemise cr�me.
Les autres seront pr�tes aujourd'hui.
Bon... laisse-moi.
Bien, monsieur.
J'ai d� le nettoyer.
C'est bien celui-ci ?
Comment ?
Ah, oui ! Enveloppe-le.
Vous me reconnaissez ?
Non, je ne vois pas.
Moi qui me croyais inoubliable !
Je suis un pi�tre physionomiste.
Moi, je vous reconnais...
mais pas � votre beau physique.
Je m'en doute.
Non que vous me d�plaisiez...
C'est mon tyran.
Attendez.
Je ne suis pas une intrigante.
Patricia Terrazas. Je vous ai vu chez le ''Gros'',
� la roulette.
- En effet. - Vous voyez !
Vous y serez ce soir ?
- Ce soir ? - Bien s�r !
Vous ignoriez la r�ouverture ?
Je l'ignorais.
M�me la police doit le savoir !
Je serais heureuse de vous y voir.
Je conduis.
Mes jambes
vous plaisent ?
Patricia, je t'en prie !
Il faudra au plus une semaine pour terminer les travaux.
Alexandre !
Viens.
Excuse-moi.
Que se passe-t-il ?
Pars. Voil� Archibald de la Cruz.
S'il ne veut pas me voir, qu'il ne vienne pas !
Tu es mari�, tu as une fille...
Encore cette histoire !
- Je vous aide ? - Non, merci.
La dame qui vient de sortir, c'est une amie ?
Elle �tait au lyc�e avec Carlota.
Elle vient souvent ?
Non. Elle d�pla�t � ces dames.
Pourquoi ?
Elle est un peu...
Je suis heureuse de vous voir.
L'architecte Rivas.
Nous nous connaissons.
Quel vase ravissant ! Regarde !
Vous �tes un grand c�ramiste.
Un simple amateur.
Carlota sera ravie. Apportez-le-lui.
Elle est dans l'oratoire.
Pardonnez-moi.
S�rement pas ! Comment allez-vous ?
Bien, merci.
Il est beau ! Merci, Archi.
Quelles d�licates couleurs ! Il faudra qu'on vous voie � l'oeuvre.
Je vais le mettre � la Vierge.
O� serait-il mieux ?
J'aime cette ambiance de paix.
C'est un autre monde.
Mais la paix dispara�tra.
Nous attendons les ma�ons.
Vous avez l'air soucieux...
Oui, j'ai � vous parler.
Que se passe-t-il ?
Je ne vous cacherai rien.
Quelque chose d'�trange
a fait rena�tre en moi des sentiments oubli�s.
Mais laissons �a...
Pourquoi ?
Je ne comprendrais pas ?
Bien s�r que si. Mais je crains de mal m'expliquer.
Parlez franchement.
Il y a peut-�tre une solution.
Je vais essayer de m'expliquer.
Vous �tes pour moi un id�al.
Votre puret� peut me sauver.
Oserai-je vous proposer un destin... tragique peut-�tre !
Tragique ? Pourquoi dites-vous cela ?
Je ne suis pas comme les autres.
Mes aspirations m'effraient.
Le croirez-vous ?
Parfois,
je d�sire �tre un saint.
Mais parfois, je sens...
que je peux �tre un criminel.
C'est absurde, non ?
Je crois simplement
que vous vivez trop en solitaire.
Venez nous voir plus souvent.
N'y va pas.
Alors ?
J'y vais, mais que leur dire ?
C'est ton affaire.
Carlota !
Ta marraine est souffrante.
Comment le sais-tu ?
On a t�l�phon�. ll faut y aller.
Je suis d�sol�e. Vous nous excuserez.
C'est grave ?
A son �ge, vous savez...
Je suis d�sol�e, Archi.
Ne vous en faites pas.
Esp�rons que ce n'est pas grave.
A tr�s bient�t.
Je vous accompagne.
Je t�l�phonerai demain.
Non, moi, on prendra rendez-vous.
Je vous remplace.
Voyons si le Gros porte chance.
Je suis l� pour �a, Madame.
Vous m'avez plum�e !
Donne-moi 2.000 pesos.
Laissez-moi m'asseoir. Je ne peux rester debout.
Asseyez-vous. La chance viendra.
Vous �tes tr�s aimable.
1 7, noir, impair et manque !
Quelle torture, ces souliers !
Pourtant, ils sont de Paris.
Champs-Elys�es... Touchez...
Ils sont fins mais ils ont un d�faut.
Oui, ils sont fins.
Combien les as-tu pay�s ?
Je t'en prie !
Jouez le 34, il va sortir.
Si seulement !
Encore 2.000 pesos, Willie.
Tiens. Ce sont les derniers.
2 jetons.
N'y touchez pas, �a porte la poisse !
Vous gardez mon soulier en souvenir ?
Donne-moi 5.000.
Non. Tu as eu les derniers.
Tu ne veux pas ?
Archibald... pr�tez-moi 5.000 pesos.
Non... Elle ne joue plus.
Allons-y.
J'arrive.
Tu me fais mal !
Int�ressante, hein ?
J'aimerais l'assassiner.
De quel droit fais-tu �a ?
Celui de ton argent !
Et autre chose.
Tu es pourri d'argent,
mais le l�cher te rend malade !
Tu te conduis comme une poule !
Je fais ce qui me pla�t.
Je ne serai pas ridicule !
Eh bien, d�bine-toi ! Je survivrai.
Tu g�ches l'argent b�tement !
Je ne fais rien b�tement. Et je me passerai de toi !
- Tu es s�rieuse ? - Tout � fait.
Alors, finissons-en !
C'est �a !
Mais tu vas me le payer cher !
Et maintenant, je pars avec le premier venu !
Vous vous �tes fait mal ?
Un peu, au genou.
Bon... mais pauvre voiture !
Oh ! Elle n'est pas � moi.
J'ai fait payer une dette.
Je comprends.
Que puis-je pour vous ?
Ne pas me laisser seule.
Accompagnez-moi.
- A une condition. - Dites.
- N'allons nulle part. - Mais encore ?
Invitez-moi chez vous.
Je pensais le faire.
Vous avez eu peur ?
Oui, d'un refus.
Je vous l'ai demand�.
- C'est de la t�l�pathie. - Peut-�tre.
O� est votre voiture ?
L�-bas. On y va ?
La vie ne m�rite pas d'�tre v�cue.
Vous �tes trop sensible.
Mais vos chagrins doivent �tre courts.
Comment le savoir ?
Chacun a, en soi, des choses bien cach�es.
Une vie secr�te ?
Ma vie est tout simplement scandaleuse.
- Vous vivez chez votre amant ? - Non, seule.
- En appartement ? - En meubl�.
Des domestiques ?
Naturellement !
O� dorment-ils ?
Vous �tes de la police ! Pourquoi ces questions ?
Pour parler de votre vie.
- O� allons-nous ? - Chez moi.
C'est par ici ?
Ici m�me. J'attends un t�l�gramme.
Voil� le logis qui vous intriguait.
Je m�rite bien mieux.
Mais les hommes ne devinent plus...
Je vais me changer.
Je fais vite.
Mon mus�e vous pla�t ?
Int�ressant. Que de c�l�brit�s !
Il ne manque que l'inventeur de la bombe atomique.
Je n'ai pas pu
le rencontrer !
Mais je ne renonce pas !
Et ce torero ?
Mejillo. ll me d�dia un taureau qui le tua d'un coup de corne.
Vous �tes rest� debout tout ce temps !
Pardonnez-moi.
Venez vous asseoir, Archibald.
Comme vous voulez.
Vous aimez inqui�ter les gens ?
Pourquoi ?
Vous �tes �trange.
Expliquez-vous.
Je serai franche.
Tout � l'heure, j'ai cru...
que vous cherchiez une aventure.
Mais dans la voiture, j'ai compris que ce n'�tait pas �a.
En effet.
Et moi je ne pensais pas � ce que vous imaginez.
Si vous ne voulez pas tromper votre ami...
pourquoi cette tenue si suggestive ?
Vous le saurez.
Et vous, pourquoi �tes-vous venu ?
Vous le saurez.
Je ne vous ai rien offert !
Que voulez-vous ?
Peu importe. Un verre de lait.
Comment ?
Je ne bois pas d'alcool.
Alors j'en boirai pour deux !
Dis-moi que tu m'as menti.
Je te plais, n'est-ce pas ?
Mon amour...
Tu ne m'attendais pas ?
Tu mens... je te connais.
Tu crois ? J'ai quelqu'un ici.
Archibald de la Cruz.
Tu m'as suivie ?
Oui. Tu voulais me rendre jaloux ?
Je ne suis qu'� toi.
Pardon pour la voiture.
Ce qui compte, c'est que nous nous aimons.
Nous ne nous aimerons jamais comme tout le monde.
Jamais.
Notre enfer est une habitude.
Et lui ?
Plus besoin de jouer la com�die. Viens !
La situation est embarrassante,
mais nous sommes des hommes du monde.
Je vous pr�sente. W. Corduran et...
tu connais.
Ravi de faire votre connaissance.
Nous nous disputons toujours... et voil� ce qui nous arrive.
Pas toujours, mais pour rompre la monotonie.
Je comprends tr�s bien. C'est normal.
Une minute de paix
efface tous mes tourments.
Elle est d�raisonnable.
Il faut l'�tre pour aimer, ch�ri.
Avec votre permission...
Vous boirez bien votre lait ?
Ces minutes me sont am�res.
Pas d'amertume. Restez donc.
Vous n'y �tes pour rien.
Va chercher les verres.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Elle est ainsi, mais j'ai confiance en elle.
Il vaut mieux �tre abus� que jaloux, vous ne croyez pas ?
Oui, mais de toute fa�on...
Je vais vous expliquer.
C'est l'enfer depuis qu'elle m'a pi�g�.
L'homme chasse et tombe dans les filets.
Les tourments commenc�rent d�s le premier jour.
Elle portait une robe qui la moulait...
transparente...
� fleurs imprim�es.
Tu te souviens ?
Bien s�r ! On voyait mes jambes et �a te rendait fou.
C'est une preuve d'amour, tu ne crois pas ?
Si, mon amour.
Et toi ?
Je t'adore.
Pour toujours ?
Pour toujours.
Vous partez ? Excusez-nous...
Je dois partir. Bonne nuit.
Ne le laissons pas partir ainsi !
Ce n'est pas ma faute !
Je n'ai pas dit �a. Ne commence pas.
Ne crie pas.
Mais je ne crie pas !
Un homme est l�.
Je ne re�ois que sur rendez-vous.
Il insiste. Il est de la police.
Que me veut la police ?
Faites-le entrer.
Je vous d�range � cette heure...
En effet... Que d�sirez-vous ?
Vous �tiez tr�s li� � Mlle Terrazas ?
Oui...
Enfin non... pas pr�cis�ment li�.
C'est une connaissance.
A quelle heure l'avez-vous quitt�e hier ?
Je ne sais pas...
Vers minuit... une heure.
Et pendant que vous y �tiez, rien d'anormal ne s'est pass� ?
Non... c'est-�-dire...
Si c'est un interrogatoire, ce n'est pas le lieu.
Qu'est-il arriv�
� Mlle Terrazas ?
Presque rien.
On l'a trouv�e morte.
Egorg�e.
Pouvez-vous vous prononcer ?
Presque... Attendez un peu.
M. de la Cruz parti, la dispute reprit ?
Elle a mal pris une observation. Elle �tait comme �a.
Nous �tions tr�s en col�re.
C'est tout ?
J'ai eu des mots assez durs.
Tout d'un coup, elle me gifla.
Je l'ai repouss�e violemment.
Puis je suis parti.
Je l'ai entendue pleurer.
C'est tout.
C'est bien l'�criture de Mlle Terrazas.
Envoyez-moi votre rapport.
Aujourd'hui m�me, Commissaire.
Ecoutez.
Willie, notre vie m'est insupportable.
Je ne veux pas �tre belle dans la mort.
Je me tue de cette fa�on.
Que mon sang retombe sur ta t�te.
Patricia.
L'affaire est class�e.
Beaucoup de sang vers� pour rien.
On va prendre un caf� ?
Bonne id�e.
M. Corduran, je ne vous retiens plus.
Vous �tes libre.
LES RESTES DE MLLE TERRAZAS ONT �T� lNClN�R�S HlER
C'est vous, Archibald ?
Non, j'�tais lev�e.
Avec plaisir.
Vous voulez parler � Carlota ?
Que veux-tu ?
Archibald nous invite ce soir. Il veut te parler.
Tu sais bien que je ne suis pas libre.
Trouve une excuse.
Carlota a une forte migraine.
Il vaut mieux qu'elle ne sorte pas.
Oui, demain... C'est urgent.
Passez-lui le bonjour.
Toujours dans les parages ?
Je vous tiens, Archi.
Ne dites rien. Signez mon livre d'or.
Il en manque...
Tant pis ! Vous aussi vous �tes quelqu'un.
Un petit punch.
C'est que...
Je sais... pas pour vous.
Je vous apporte votre lait.
On dit ce lieu tr�s antique... Combien d'ann�es ?
Eh bien...
C'�tait d�j� un ''abreuvoir'' ?
Non, une auberge.
Et avant ?
Une boulangerie.
Et avant ?
Avant d'�tre une boulangerie, c'�tait un couvent.
Un couvent !
Tu imagines ?
Un couvent.
Qu'est-ce qu'un couvent ?
O� vivent les nonnes.
Compris ! Combien de nonnes ?
Combien ? Trente-deux, ni plus ni moins.
Je comprends.
Et des moines ?
Des moines ? Moins... 10 ou 12.
Plus de femmes, moins d'hommes, toujours, partout.
Mon cousin... je vais le saluer.
Excusez-moi.
Faites comme si de rien n'�tait. Je fuis ces raseurs !
Vous me remettez ?
Je vous regardais mais...
Vous ne me regardiez que pour �a ?
Vous �tiez si jolie, entour�e de flammes.
L�, nous sommes d'accord.
Souvenez-vous...
Voyons, on ne peut pas m'oublier si vite.
Non, je ne vois pas.
Fiez-vous aux hommes !
Moi, je me souviens tr�s bien.
O� avez-vous entendu cet air ?
Il sortait d'une bo�te de votre Maman. M�me que...
Ah oui ! Quelle pauvre m�moire !
Serons-nous amis ?
Intimes, oui !
Mais qu'une minute, les ''ricains'' m'attendent.
Laissez-les tomber.
Et comment mangerai-je demain ?
Ils me payent.
Interpr�te ?
Et guide.
Et mod�le, � votre service.
A beaucoup de ces artistes-l�...
j'ai inspir� des chefs-d'oeuvre.
Papa vient me chercher !
Vous reverrai-je ?
Vous n'�tes pas ''ricain'', ni artiste...
O� habitez-vous ?
Pr�tez-moi un crayon.
408, Avenue des Insurg�s.
''La Mode �l�gante''.
J'y suis tous les jours. M�me si je suis mise � l'�cart.
O� sont les touristes ?
Monsieur ne l'est pas ?
La bonne blague ! Qui est-ce ?
Rappelle-toi...
Pourquoi �tais-tu avec lui ?
Je lui disais bonjour. Il est sympathique.
Ton travail me d�pla�t de plus en plus.
Et puisque nous nous marions...
Je ne t'�pouse pas pour l'argent. Je peux en gagner.
C'est mon oncle...
Ils sont de l'Oklahoma.
C'est normal. Une m�re s'inqui�te de l'avenir de sa fille.
Carlota, Archibald est l� !
Assieds-toi.
C'est tr�s important.
Il a voulu m'en parler d'abord.
Mais c'est � toi de d�cider. Alors je vous laisse.
Vous avez s�rement devin�.
Je mentirais si je vous disais non.
Depuis l'autre jour, j'en suis de plus en plus convaincu.
Vous auriez la meilleure influence sur ma vie.
J'ai besoin de vous.
Vous �viterez que ma vie soit un d�sastre.
Voulez-vous m'�pouser ?
A vrai dire...
Je n'attendais pas...
votre d�cision aussi vite.
Je vous d�plais ?
Non, j'ai de l'affection pour vous. Mais c'est une chose...
� laquelle je dois r�fl�chir.
Longtemps ?
Je ne sais pas... Un mois ou deux.
Vous rejetez ma demande.
Pas du tout.
Je veux �tre s�re de ne pas vous d�cevoir.
Laissez-moi y penser.
J'y suis forc�.
Je vous en supplie, songez-y...
Sauvez-moi de mes pens�es troubles.
Vous avez parl� ?
Qu'as-tu r�pondu ?
Tout s'arrangera.
Carlota est jeune.
Nous attendrons.
Pourrais-je voir Mlle Lavinia ?
Je ne la connais pas. C'est � cette adresse ?
Oui... elle travaille ici.
Ici ? Non, monsieur.
Je demande � la patronne.
La patronne va vous renseigner.
Nous n'avons jamais eu d'employ�e de ce nom.
On m'a sans doute donn� une fausse adresse.
A propos... o� trouve-t-on ces mannequins ?
Ceux-l� � l'�tranger.
Celui-ci a �t� fait au Mexique.
Par un artisan.
Avez-vous l'adresse ?
Oui... Attendez un moment.
�a y est ?
Je peux partir ?
Oui, partez.
A demain.
Comment allez-vous ?
Je ne vous croyais pas si malin !
Comment avez-vous trouv� ?
J'ai enqu�t�.
A ''La Mode �l�gante'' ?
En effet.
Je vous y ai vue... muette et paralytique.
Vous m'amusez de plus en plus.
Que puis-je pour vous ?
Venir poser chez moi. Demain ?
Vous �tes artiste ?
A mes heures... Alors ?
Vous vivez seul ?
Non... avec ma cousine.
Elle a votre �ge... charmante.
C'est une garantie.
Mais demain je ne peux pas. Apr�s-demain, � 4 heures ?
D'accord. Je vous accompagne ?
Surtout pas ! Regardez.
Il n'aime pas me voir
avec mes clients.
A samedi. Et je suis ponctuelle.
Attendez-moi.
�a y est ?
Oui, j'ai rectifi� les cotes.
- �a a augment� de 2,5 ? - Exactement.
Bonjour, architecte.
Votre m�re va bien ?
- Oui. - Tant mieux.
Voulez-vous voir le devis ?
Ch�rie ! Je d�sirais tant te voir ! Tu as devin� ma pens�e.
Qu'as-tu ?
Dis-le-moi.
Alexandre... je suis venue rompre.
Tu es folle ?
Ecoute-moi sans te f�cher.
Cela devait arriver.
Depuis que ta femme a refus� le divorce.
J'ai tout fait pour divorcer,
et r�parer mes torts envers toi.
R�fl�chis bien, Carlota.
J'ai r�fl�chi.
Cette liaison cach�e m'est trop p�nible.
Je me sens coupable.
Ma m�re en souffre.
Archibald de la Cruz a demand� ta main ?
Je le savais ! Carlota, tu ne peux pas me laisser.
Pour un avenir confortable, tu oublierais notre amour !
Ou alors, tu ne m'aimes plus ?
Je t'aime toujours.
Mais je n'en peux plus.
Nous devons nous s�parer.
C'est fini pour toujours ?
Tu ne voudras plus me voir ?
Bien s�r que non !
J'ai �t� faible mais je ne suis pas une tra�n�e.
Je n'ai pas voulu t'offenser.
Mais on ne se d�barrasse pas de moi ainsi.
Je ne me laisserai pas faire !
On va nous entendre.
Je veux te voir, o� tu sais. Demain au plus tard.
Je ne sais plus que te dire.
T�l�phone-moi ce soir.
Mes hommages � votre m�re.
Si Monsieur n'a plus besoin de moi...
Non. Disposez de votre journ�e.
Juan est parti ?
Oui. Nous rentrerons � 10 heures.
Tr�s bien.
Quelle exactitude !
Parole tenue.
Vous craigniez un lapin ?
C'�tait possible.
Je ne veux pas que nous nous f�chions.
Et votre cousine ?
Voyons cette ressemblance.
Elle est l�. Venez.
Elle dort ?
Elle est sourde.
Elle doit avoir froid.
Il fait chaud aujourd'hui.
Cousine, voici mon amie Lavinia.
Vous �tes un dr�le de type !
Ma soeur est ici ?
Je la croyais tr�s s�rieuse !
Elle �tait si seule...
Je lui ai offert un foyer.
Papa disait qu'elle finirait mal.
Elle a eu tort ?
Pas si vous �tes un gentilhomme !
Je descends d'une lign�e de gentilshommes !
Malgr� votre air lugubre, vous �tes rigolo !
Et vous si vivante et si agr�able !
Vous me plaisez depuis que je vous ai vue...
entour�e de flammes,
comme une sorci�re.
Ma petite Jeanne d'Arc.
Jeanne d'Arc, sorci�re ?
Ceux qui l'ont br�l�e le disent.
Voyons... racontez-moi �a !
C'est une longue histoire.
Suis-je venue poser, ou me laisser caresser ?
Chaque chose en son temps.
Je vais chercher � boire.
Je suis sans domestiques.
Ni cousine, ni domestiques !
Nous sommes seuls ?
Bon...
N'est-ce pas mieux ?
On verra apr�s avoir bu.
Je suis l� !
Sans mes gens, je ne trouve plus rien.
Un petit verre ?
Laquelle est moi ?
Incroyable ! Votre tenue lui va � ravir.
Elle est faite sur mesure.
Et vos souliers.
Vos bas sont tr�s fins.
Et m�me la culotte ?
Ecoutez...
C'est l'une ou l'autre.
Les deux, c'est trop.
Laissez-moi !
C'est non ?
Non.
Bon... je vais me changer.
Pas facile � d�shabiller.
N'y touchez pas.
Venez.
Je la garderai avec vos v�tements.
Prenez �a.
Je les avais achet�s pour votre soeur.
C'est tr�s joli. Vous �tes vraiment choquant !
Mais je gagne au change !
Laissez-moi m'habiller.
Je suis � c�t�. Venez une fois pr�te.
- Je peux ? - Entrez.
Parfait ! Comme du sur mesure.
Lorsqu'on est bien balanc�e...
Inutile de le dire.
Calmez ma curiosit�...
Je vous en prie.
Avez-vous dans ce palais un lieu de travail ?
J'ai un atelier. Nous irons tout � l'heure.
Et cet album ?
Des souvenirs de voyages.
On voit Rouen, o� Jeanne d'Arc fut br�l�e.
Regardez, nous avons le temps.
J'aime les albums de famille.
Ce bambin, c'est s�rement vous.
Enfant, vous �tiez tr�s beau.
Quelle dame �l�gante !
Votre Maman, hein ?
Voyons si je trouve...
On a sonn�.
�a m'�tonne, je n'ai jamais de visites.
Je vais ouvrir ?
Non... c'est s�rement une erreur.
Peut-�tre pas. J'ai un pressentiment.
J'y vais.
Attendez.
Bienvenue � tous.
J'avais oubli� ! Je leur ai donn� rendez-vous ici.
Pour voir vos oeuvres.
Elle a dit, vous grand artiste.
Tous adorent Art mexicain.
Vous leur montrez l'atelier ?
Entrez.
Ici... aussi un couvent ?
Pas cette maison.
Toutes n'ont pas �t� des couvents.
Donnez-nous quelques d�tails sur votre art.
M. de la Cruz est un original. Il ne suit aucune r�gle.
Allez visiter, je vous expliquerai ensuite.
Vous amenez vos touristes ici !
Excusez... je ne sais plus quoi leur montrer.
Dr�le de trouvaille ! Vous me le paierez !
Je me laisserais bien faire mais c'est impossible.
Pourquoi ?
- Vous ne me reverrez plus. - Que dites-vous ?
Je quitte mon emploi.
Mais pourquoi ?
Je vais me marier.
Vous marier ?
Excusez-moi. Mes clients m'attendent.
Merci de nous avoir laiss�s visiter votre jolie demeure.
On ne se reverra plus ?
Non... mon fianc� me veut toujours pr�s de lui.
Consolez-vous avec ma soeur.
Pourquoi m'as-tu fait venir ?
Pour �claircir la situation. Il est temps.
Mon avenir en d�pend.
Sans cela, serais-je venue ? Il me semble que...
Quelle surprise !
Je ne m'attendais pas � votre visite.
Il y a une heure, nous n'y pensions pas...
Et vous �tes venues.
Mais, h�las, mes gens sont sortis.
Nous pr�f�rons vous trouver seul.
Ne vous inqui�tez pas.
Carlota vous apporte une bonne nouvelle.
Parlez, Carlota, je suis si impatient...
Je ne sais par o� commencer.
Il s'agit de votre proposition.
Elle vous avait pri� d'attendre.
Elle n'�tait pas d�cid�e.
Mais aujourd'hui...
Quelle joie vous me donnez !
Une nouvelle vie commence pour moi.
Est-ce possible ? Vous m'�pousez ?
C'est triste de se s�parer de sa fille,
mais vous ne resterez pas seule.
Nous nous verrons souvent.
J'ai pour vous beaucoup d'amiti�, d'affection.
Allons, Maman.
Je savais que ce serait p�nible.
Je comprends votre �motion.
Se s�parer de sa fille unique...
Je veux vous rendre heureux.
Je donnerais ma vie pour cela.
Vous �tes tr�s bon.
Quoi que fasse Carlota, elle ne sera pas � la hauteur.
Monsieur, une lettre pour vous.
Et les autres meubles ? Je me marie apr�s-demain !
Ils arrivent.
Avant de vous marier,
sachez la v�rit�.
Soyez demain au Jardin des Architectes.
Vous verrez que Carlota n'est ni pure ni honn�te.
Laisse-moi.
Pardonne-moi.
Je voulais te voir, te tenir dans mes bras.
Si tu n'�tais pas venue...
Tu aurais fait un scandale. Je sais.
Te perdre me rend fou !
Renonce � ce mariage.
C'est ma seule chance de changer de vie.
Comment peux-tu t'y opposer ?
Promets-moi de ne rien faire.
Oui, mon amour, je te le promets.
Mais il arrivera bien quelque chose.
- Pourquoi dis-tu cela ? - Je ne sais pas...
Un si grand amour ne peut s'effacer...
comme un r�ve.
Il arrivera quelque chose...
J'avais cru que sa puret� me sauverait.
En la tuant, l�, je serais un vulgaire assassin.
Mais demain, on jugera
un mari ayant veng� son honneur.
Oui, demain, dans la chambre nuptiale.
Ne l'enl�ve pas.
Je veux te regarder ainsi, avec ce voile, symbole de puret�...
ta candide puret�.
Transparent, il laisse contempler ton �me virginale.
Je voudrais te voir prier, � genoux...
comme ce fameux jour... Tu te souviens ?
...o� je t'ai dit que je pourrais �tre un criminel ou un saint.
Fais-moi ce plaisir.
Je t'ai souvent imagin�e priant.
Je veux te revoir comme alors.
Agenouille-toi.
Mais pourquoi...
S'il te pla�t, agenouille-toi.
Voil�, comme �a.
Et maintenant, joins les mains.
Joins-les.
Prie.
Non, non, � haute voix. Prie � haute voix.
Je t'en prie, Archi !
Tu ne veux pas me faire plaisir ?
Que fais-tu ?
Je vais t'expliquer !
Vous en avez mis du temps ! La c�r�monie se termine !
Asseyez-vous, mon P�re.
Je ne peux plus rester debout.
Les jambes me manquent.
Belle c�r�monie, hein ?
Splendide ! Et que de monde !
Nos amies sont si bonnes...
J'ai d� m'�loigner parce que j'avais la larme � l'oeil.
Mariages, bapt�mes, confirmations... me bouleversent.
La pompe de l'Eglise catholique,
le voile de po�sie qui recouvre ses c�r�monies
est quelque chose d'exceptionnel.
Auriez-vous ces �motions � un mariage civil ?
C'est prosa�que,
vulgaire.
Vous avez raison.
Et de plus, le Commissaire est sentimental.
En tout et pour tout.
Ainsi, en voyant un r�giment, drapeau en t�te,
j'ai un noeud ici et les larmes me viennent.
C'est normal pour des personnes bien n�es...
l'�motion patriotique.
�a se termine.
C'est � vous ?
Non. La mienne a six ans.
Je vais la rendre � sa m�re. Je reviens.
C'est termin�.
Un instant, s'il vous pla�t.
Un instant.
Silence. Ne bougez plus.
Encore une.
Alexandre, non !
Un m�decin !
Une fois encore, l'impr�vu contraria mes plans.
Un autre les r�alisa.
Au re�u de votre convocation,
j'allais me pr�senter � la justice.
Une question, M. de la Cruz.
Vous aimez les romans-feuilletons ?
M. Gomez, laissez-nous.
Parlons s�rieusement.
Vous �tes, c'est indubitable,
un criminel en puissance.
Que d�cidez-vous pour mes crimes ?
Vos crimes ?
Quels crimes ?
D�sirer la mort d'autrui n'est pas justiciable.
Sinon, nous n'en sortirions plus !
M. le Juge...
Votre femme est l�. Vous avez termin� ?
J'arrive.
J'ai tu� ces femmes, je suis un criminel.
La pens�e n'est pas d�linquante.
Je ne peux que vous donner un conseil.
Rasez-vous avec un rasoir m�canique.
C'est tout.
Excusez-moi. Ma femme m'attend.
Quelle joie !
Que faites-vous ici ?
Je ne saurais le dire.
Je me le demandais...
J'�tais chez moi... et puis me voici ici.
Votre mari est par l� ?
Vous vous disiez ins�parables.
Il n'y a pas de mari.
Vous n'�tes pas mari�e ?
Eh bien non !
Ce n'�tait pas un bon parti ? Un homme riche, honorable ?
Il �tait riche, honorable,
mais aussi policier honoraire, et jaloux !
- Vous vous rendez compte ! - Et comment !
Je vous f�licite. Et vos ''ricains'' ?
Ce n'est pas la saison. Ils sont comme les fruits.
Et vous, comment �a va ?
Tr�s bien.
La vie, enfin, me para�t une chose simple.
Mais... si nous marchions un peu ?
O� allez-vous ?
O� vous irez.
C'est vrai ? Quel hasard !
Allons-y !
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