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Me voici, Sire.
Sire !
Sire,
le commandant...
Encore lui !
Qu'y a-t-il ?
Le commandant s'est rendu Ă la ville de Jingzhou.
Comment ?
Il s'est rendu Ă la ville de Jingzhou.
Pour quel motif ?
Pour fĂŞter l'anniversaire de Yang.
Il y est allé hier et tu ne me le dis que maintenant !
Lu,
tu es mon plus fidèle ministre,
mais quelle inconséquence !
Est-il revenu ?
Pas encore.
Va et guette sa venue.
Dès son arrivée,
amène-le au Palais.
Oui, Sire.
Alors, la prophétie ?
Cet oracle évoque
le clan Yang, un clan de guerriers.
Celui-là évoque le renouveau,
la fin d'un cycle.
Le troisième évoque "Qian", la chance.
C'est la volonté du Tout-Puissant.
Mon frère,
as-tu entendu ? Ce présage est de bon augure
Quand la guerre va-t-elle commencer? En été ou en automne?
Selon cet oracle,
dans sept jours.
Sept jours ?
Sept jours consécutifs de pluie
suffiront Ă notre victoire.
Le commandant fait son entrée !
Notre solitaire et valeureux héros !
Ma sœur !
Me voici, Sire.
Commandant, j'ai ouĂŻ dire
que tu as fêté l'anniversaire de Yang.
Oui.
Nul doute que ton discours fut éloquent.
Je suis allé à Jingzhou dans un seul but.
Cette ville est occupée depuis vingt ans.
Et veut-il nous la rendre ?
Non.
Alors tu as déclaré la guerre ?
Yang et moi avons convenu
d'un duel dans quelques jours au Passage de Jingzhou.
Le plus fort vaincra.
Nos deux nations sont alliées !
Un combat entre deux hauts dirigeants
constitue une vraie déclaration de guerre.
Ne comprends-tu pas ?
Il a accepté.
Bon.
Dis-moi,
es-tu sûr de pouvoir battre Yang ?
Oui ou non ?
As-tu une chance de gagner ?
Au mieux une chance sur trois.
C'est insensé !
Sans ce traité de paix,
Pei aurait péri depuis longtemps.
Bravo !
Tu as tout gâché.
Jingzhou fait partie du territoire de Pei.
L'armée de Yang ne fait que l'occuper.
Les hommes valeureux de Pei
veulent tous reconquérir Jingzhou.
Un roi agissant contre son peuple est un roi mort.
Si l'on ne reconquiert pas Jingzhou, Pei disparaîtra sous votre règne.
Commandant, comment osez-vous ?
La reconquĂŞte de Jingzhou
vaut moins que l'Alliance.
Mais en votre nom, j'ai déjà annoncé notre volonté de reconquérir Jingzhou.
En mon nom, vas-tu régner aussi ?
Reculer est impossible.
Quel est donc mon châtiment ?
C'est bon.
Finies les querelles.
Père nous a quittés précocement.
Ma sœur et moi étions seuls.
Commandant, ce fut grâce à toi
que je pus accéder au trône.
Bref, passons.
Sire, vous dites fort bien.
Profitons de ces précieuses retrouvailles !
J'ai ouĂŻ dire
que ton épouse et toi
étiez d'excellents musiciens.
J'ai toujours voulu vous entendre. Pourriez-vous donc
jouer pour moi ?
Sire,
notre royaume est menacé.
Je ne suis pas d'humeur Ă jouer.
Commandant,
ne contrariez point le roi.
Oui, allez.
Ecoutons donc leur plaisante musique.
Allez ! Amenez les luths !
Allez, allez !
Allez !
Allez !
Je vous en prie.
Qu'y a-t-il ?
Je suis votre roi
et vous refuseriez de jouer pour moi ?
Commandant...
Je voudrais implorer votre clémence.
Avant même d'avoir commencé, tu implores ma clémence?
Ce qui charme l'ouĂŻe et la vue
détourne mon époux de sa tâche capitale.
J'ai juré devant le Tout-Puissant :
je ne jouerai pas
tant que Jingzhou ne sera pas reconquise.
- Ou bien alors... - Alors quoi ?
Je me couperai le doigt pour prouver ma détermination.
La courageuse promesse faite au Tout-Puissant !
Mais le Tout-Puissant, c'est moi
et le Tout-Puissant veut que tu joues.
Vas-tu donc m'obéir?
Tant pis !
Pas de musique aujourd'hui. Emmenez les luths !
Allez, allez...
Non.
Ils vont jouer.
Alors je m'en vais.
Commandant,
Madame t'attend.
Sa promesse
est aussi la mienne.
Je me coupe une mèche de cheveux
pour implorer la clémence du Tout-Puissant.
Commandant, non.
Commandant, non.
Je vous en conjure.
Bon, ne jouez pas !
Quelle scène !
Nous nous retirons.
Sire, pourquoi les avoir forcés à jouer ?
Pour qu'il ravale
son arrogance.
Je dois nous sortir du chaos qu'il laisse.
Il n'y a plus
qu'une seule issue.
Ping, le fils de Yang,
n'est pas encore marié.
Vous voulez dire...
Qu'il épouse mon enragée de sœur.
N'aurait-elle pas d'abord son mot Ă dire?
Un frère aîné est tel un père.
Inutile de lui en parler.
Yang doit comprendre
que le commandant ne me représente pas.
Nous voulons la paix, non la reconquĂŞte de Jingzhou
et encore moins la guerre.
Ce projet d'union
prouvera ma bonne foi.
D'accord.
Je choisirai un jour opportun pour évoquer ce mariage.
Tu peux disposer.
Oui, Sire.
L'union des cœurs est nécessaire pour jouer harmonieusement.
C'est le cas pour le commandant et son épouse.
Je n'ai pas osé jouer.
Je mérite la mort.
Si on t'avait démasqué,
alors tu aurais mérité de mourir.
Nous devons tous mourir.
Le luth, tu dois bien y jouer
et ce poignard,
tu dois le supporter.
Commandant,
allez-y.
Cet onguent est inouĂŻ.
Dans une heure,
ta plaie sera purulente
et ressemblera Ă la mienne.
Si tu es troublé, crie et tu te sentiras mieux.
Crie !
A 8 ans, je me suis perdu et n'ai plus retrouvé ma mère.
J'ai alors erré à travers Jingzhou.
J'étais mort de faim.
C'est alors que j'ai rencontré votre oncle.
Jamais n'oublierai-je la pitance qu'il me donna.
Je vis ici depuis vingt ans.
Tu as connu
des jours difficiles.
Je vous suis
tous deux si redevable.
Oncle était la cruauté faite homme.
Quand tu essayais de fuir,
il te battait presque Ă mort.
Cet endroit,
c'est comme ta prison.
Vas-y, appuie.
Après la mort de mon oncle,
sous ma férule, ta formation fut encore plus dure.
Tu dois me haĂŻr.
C'est impossible !
Je mourrais
pour payer ma dette envers vous.
C'est Yang qui doit mourir.
Tue-le !
Et tu pourras rentrer chez toi.
Mon époux...
Oncle a eu raison de te choisir.
En plus de me ressembler,
tu es d'une rare vivacité.
Depuis un an que tu joues ton rĂ´le,
tu les as tous dupés.
Parfois je me demande mĂŞme
si mon épouse
nous différencie encore.
J'ai retrouvé ta mère.
Ma mère !
Vit-elle encore ?
Oui, elle vit Ă Jingzhou.
Elle était à la rue
avant que je ne rachète votre ancienne maison.
Tout est arrangé. Elle a de nouveau un toit.
Commandant, comment l'avez-vous retrouvée ?
Me sait-elle en vie?
Cette bataille
te concerne donc au plus haut point.
Après la reconquête de Jingzhou,
vous serez à nouveau réunis.
Vous devez accorder
en mode majeur. Il faut retendre les cinq cordes.
Merci.
Vous pouvez disposer.
Dans les quatre prochaines heures,
vous devez oindre l'onguent sur votre plaie. Tout retard est impossible.
Votre époux est l'homme
le plus honorable, le plus fin,
le plus admiré du royaume de Pei.
Quant Ă moi ?
Je ne suis guère qu'un valet,
guère plus que son ombre.
Vous n'ĂŞtes pas une ombre.
- Vous ĂŞtes vous-mĂŞme. - Qui suis-je Ă la fin ?
Vous êtes né à Jingzhou.
Vous voulez rentrer chez vous.
Votre mère est peut-être
sur un quai,
scrutant chaque passant
en espérant votre retour.
Depuis fort longtemps,
ma mère est aveugle.
Elle ne peut mĂŞme plus voir son fils.
Si elle m'attendait sur un quai,
elle ne pourrait qu'écouter,
guetter mes pas parmi la foule.
C'est Ă dessein
que vous avez capturé ma mère,
pour vous assurer de ma docilité,
pour que je me batte pour vous.
Vous m'avez tenu reclus.
Vous autres, les nobles,
vous savez ce que je crains le plus ?
Ce sont les ténèbres,
sans personne,
sans lumière,
sans bruit.
Moi seul dans les ténèbres,
touchant partout,
touchant tout,
touchant chaque craquement du mur
pour ne pas craquer moi-mĂŞme,
pour me prouver que je vis encore.
C'est pour ça
que vous dormez par terre, avec une bougie allumée
la nuit entière.
Il est temps de vous rendre au Palais.
Qui veut prendre la parole ?
Moi, Sire.
Allez-y.
Je vous ai désobéi en allant à Jingzhou déclarer la guerre
et en compromettant l'Alliance.
- Veuillez procéder au châtiment. - Lequel ?
La décapitation.
Mon frère !
Tu ne peux le décapiter.
Tu es le plus valeureux du royaume. Tu es aussi notre grand général.
Te décapiter
est impossible.
Lu,
qu'en penses-tu ?
Votre déclaration de guerre décidée seul menace grandement le royaume de Pei.
C'est une grave erreur.
Lu !
Oui.
Frère.
Je relève le commandant de ses fonctions.
Confisquez son sabre et ses sceaux.
Il n'est plus qu'un homme ordinaire.
Non.
Sire.
Allez.
Je n'ai nul autre choix.
Avez-vous lu "L'0de pour la Paix" ?
C'est moi qui l'ai écrite et faite accrocher
afin que tous se souviennent
que l'Alliance est indispensable Ă notre survie.
Qu'il soit valet ou gentilhomme,
celui qui troublera cette paix sera puni.
Nous aspirons à une paix éternelle.
Qui ne peut gagner la guerre ne s'y engage pas.
Désormais,
celui qui évoquera la reconquête de Jingzhou
sera décapité sur-le-champ.
Merci, Sire, de m'avoir épargné.
Je vous laisse.
Attends !
Mon frère !
Que veux-tu encore ?
Laissez-moi tranquille !
Je tiens séance.
Le commandant a mené tant de guerres
et reçu tant de blessures.
Mais la blessure
la plus inquiétante
a été causée par l'arme de Yang.
Une blessure dont on se remet difficilement...
Effectivement,
elle n'a pas encore cicatrisé.
J'ai un précieux onguent
qui pourra te soigner.
Après ton départ,
nul ne sait si l'on se reverra.
Je veux te voir t'oindre de cet onguent.
J'aurai alors l'esprit tranquille.
Pourquoi s'attarder sur une telle vétille?
Mon épouse s'en chargera...
Comme je l'ai dit...
je veux te voir t'oindre de cet onguent.
Commandant, votre blessure
est aussi celle de Pei.
Qui fera montre d'une telle fidélité
sera aussi soigné de mes mains.
Commandant,
cette blessure
semble récente !
Vous m'avez trompé !
Je demande
votre châtiment.
Mon ancienne blessure avait cicatrisé.
Celle-lĂ ,
je me la suis infligée moi-même.
Ma défaite face à Yang était si humiliante.
Cette blessure me rappelle
que tant que Yang sera en vie
je ne serai pas guéri.
Tant que Jingzhou ne sera pas reconquise,
comment parler de paix?
Comment osez-vous
me désobéir?
Je ne suis plus qu'une personne ordinaire.
J'affronterai prochainement Yang.
Cela vous concernera-t-il ?
Aujourd'hui, Ă la Cour,
le roi lui a tendu un piège.
Malgré la peur, il est resté serein
et s'est montré valeureux.
Il est fort.
Mais nul ne pouvait savoir que la blessure était récente.
Le roi a voulu le piéger.
Mon "Ode Ă la Paix"
est fort bien calligraphiée.
Pourquoi l'avoir démis de ses fonctions?
Alors dis-moi,
pourquoi s'est-il mutilé ?
A quoi bon?
En souvenir de cette honteuse défaite.
C'est un acte digne.
Tout le contraire de toi.
Tu n'oses pas reconquérir Jingzhou. Tu n'agis que par compromission.
De tous, tu es devenu la risée.
J'agis pour le bien de Pei.
Tu crois que je ne te connais pas ?
Tu n'agis que pour garder ton trĂ´ne.
Certes,
mais ai-je été un seul jour en sécurité ?
La légende dit que la lame de Yang
fut l'œuvre du plus grand forgeron
lors d'une nuit de pleine lune.
Cette arme doit tuer 1780 personnes en offrande au Dieu des Lames.
Elle pèse 40 kilos.
En pleine nuit, elle luit.
En plein jour, elle reste froide.
Et elle tue en trois tours.
Premier tour.
Tu es trop lent !
Ton esprit est ailleurs !
Deuxième tour.
Mon époux,
arrĂŞtez-vous !
Allez !
Je crains pour votre santé.
A quoi bon?
De toute façon, l'un de nous doit mourir.
Allez !
Troisième tour.
C'est exactement le coup
que Yang me porta il y a un an.
Contre toi, j'ai employé la moitié de sa force
et déjà tu plies.
Mon époux !
Relève-toi.
Aujourd'hui, ton esprit est troublé.
Un esprit déréglé dérègle le souffle.
Un souffle déréglé dérègle les pas.
Avec des pas déréglés, comment survivre ?
Aurais-tu oublié qui tu es?
Dis-moi,
qui es-tu ?
- Je suis Jing Zhou. - Comment ?
Jing Zhou !
Vous m'avez ainsi nommé pour que jamais
je n'oublie ce devoir de reconquĂŞte.
Je me meurs, j'ai besoin de toi.
Concentre-toi sur ta tâche
et oublie le reste.
Calligraphier en dansant,
des mots dansants,
mon style unique.
Magnifique, n'est-ce pas?
En effet !
- Quelle superbe calligraphie ! - Splendide !
Sœur,
regarde ce "Pei" que j'ai écrit.
Qu'en penses-tu ?
Lu est arrivé.
Partez.
Me voici, Sire !
Ton voyage pour Jingzhou s'est-il bien passé ?
Sire, Yang et son fils ont pris connaissance
de votre projet de mariage. Ils s'en réjouissent.
Fort bien.
Fort bien.
Mon frère,
qui vas-tu marier?
Toi !
Tu fomentes ainsi dans mon dos. Pour qui me prends-tu ?
Grâce à un seul mariage,
deux pays sont en paix.
Tu es la princesse, tu dois comprendre cette manœuvre.
Je ne me marierai point ! Vas-y, si ça te chante !
Continue.
C'est que...
afin de récompenser Yang et son fils, lesquels occupent Jingzhou,
leur roi va donner la main de sa fille
au fils de Yang, Ping. Ils ne sauraient refuser.
Que faire alors ?
Eh bien, Ping a eu une idée...
Quelle est-elle ?
Sire, pourrait-on s'entretenir seul Ă seul ?
Que crains-tu ?
Parle !
Sire...
c'est que...
Ces gens
ont risqué leurs vies pour moi.
Devant eux,
la transparence est de mise.
Ping propose
que la princesse devienne sa concubine,
pour contenter les deux parties.
Eh bien, cette idée...
fera l'affaire.
Ping vous a offert
sa propre dague pour certifier de sa confiance en cette alliance.
Si vous ne posez pas d'objection, le projet d'alliance est confirmé.
Tuons-les !
Tuez donc les Yang, père et fils !
Sire !
Faites amener trente mille soldats ! Que Jingzhou baigne dans le sang !
Sire !
Il faut reprendre Jingzhou et anéantir les Yang.
Comment osez-vous ?
Avez-vous oublié ce que j'ai dit ?
Ceux qui parleront de reconquête seront décapités !
Sire,
cela est insensé et humiliant.
Notre royaume va périr sous votre règne.
Soldat Tian, comment oses-tu défier le roi ?
Emmenez-le !
Relevez-le de ses fonctions !
Gardes !
Laissez-moi faire !
Soldat Tian, comment ose-t-il ?
Sire, ĂŞtes-vous encore un roi Ă ses yeux?
Méprisable roi !
Sire,
c'est une rébellion.
Sire, laissez-moi donc faire.
Tu...
Sire...
Ecarte-toi.
Princesse,
allez, écartez-vous.
J'accepte ce présent.
Dis Ă Ping que j'accepte.
Tu m'as contraint Ă reculer.
Tu t'améliores, mon fils.
Tous savent que nous,
les Yang, sommes rapides, puissants et tuons en trois tours.
Répondre avec souplesse aux attaques, même d'un grand maître,
c'est cela notre vraie botte secrète.
Avez-vous déjà affronté un grand maître ?
Pas encore.
Tu as rencontré le commandant,
qu'en as-tu pensé?
Il était tel que je me l'étais imaginé, élégant et fort.
Un jour, je lui ai porté un terrible coup.
Mais la dernière fois que je le vis,
je fus stupéfait de constater qu'il avait fort bien récupéré.
C'est drĂ´le,
j'ai l'impression qu'il a changé.
La douleur parfois transfigure un homme.
Ping, mon fils,
demander la princesse comme concubine,
n'est-ce pas offenser le roi ?
Je veux qu'ils abandonnent cette idée de mariage
et de reconquĂŞte.
J'ai ouï dire qu'ils ont accepté ton présent.
N'est-ce pas curieux ?
Pourquoi ?
Leur roi a relevé le commandant de ses fonctions, blessé le soldat Tian
et puni deux grands généraux.
Je ne suis pas si surpris.
De toute façon,
à la moindre levée de troupes,
notre espion nous fera signe.
Père, inutile de s'inquiéter.
Tu as raison.
Père,
puisque la paix règne à Jingzhou,
Sa Majesté nous a demandé
de redéployer les troupes...
LĂ -bas, la situation est assez tendue.
Bon,
laissons ici 800 soldats
et envoyons les 30000 autres soldats soutenir Sa Majesté.
Garderons-nous assez de troupes ?
Jingzhou bénéfice de défenses naturelles efficaces.
De toute façon,
ma lame et moi sommes imbattables. 800 soldats suffiront.
Me voici.
Je vous ai souvent observés.
J'ai compris.
Les parapluies de Pei sont doux et souples.
La pluie révèle tout leur potentiel.
Ce sont des armes parfaites pour l'eau qui est du "yin", le principe féminin.
Les coups de Yang sont ardents tel le feu qui est du "yang",
le principe masculin.
Le yin combat le yang. L'eau éteint le feu.
Il faut donc telle une femme tenir le parapluie.
Qu'en pensez-vous?
Telle une femme?
J'ai conçu cette mosaïque du yin et du yang,
et je n'y ai même pas pensé ?
Toi, écarte-toi et regarde-nous.
Mon épouse.
Allez !
Mon épouse.
Entraînez donc Jing Zhou,
enseignez-lui vos techniques.
Qu'attends-tu ?
Si l'on ne découvre pas comment battre Yang,
nos efforts auront été vains.
Allez-y,
J'attaque à la manière de Yang.
Serrez-moi fermement.
Unissons-nous
et vous apprendrez Ă combattre telle une femme.
Vite !
Madame,
pardonnez-moi.
On a réussi !
On a réussi !
On a réussi !
On a réussi !
Relevez-vous !
Certes, Yang se bat avec ardeur, mais il se fatigue vite.
Jing Zhou,
combats-le telle une femme
et tu le terrasseras.
Oui.
Demain, tu as Ă faire.
Tu peux disposer.
Entendu.
A l'instant,
vous avez vraiment été unis.
Nous ne faisions que répéter.
Pourquoi parler d'union ?
Peut-il gagner?
Votre technique
peut donner de la confiance Ă Jing Zhou.
Il en aura besoin
pour gagner.
Cette technique permet de tenir les trois tours.
Après le troisième tour ?
Une heure me suffira.
Cette mélodie lancinante
semble emprisonnée par la forêt.
Ce doit être le sentiment que vous éprouvez aussi.
Sais-tu ce qu'il y a par-delĂ la forĂŞt ?
Une centaine de condamnés à mort
pour leur allure douce et féminine.
Toutefois, ils savent combattre.
J'ai promis de les libérer une fois Jingzhou reconquise.
Je les ai rassemblés pour les entraîner,
sans toutefois trouver de technique pour vaincre.
Maintenant que nous l'avons découverte,
je compte sur toi
pour l'apprendre et leur transmettre.
Oui, Maître.
Prends cette flûte.
En t'entendant jouer, ils comprendront que tu es mon émissaire
et ils t'obéiront.
J'agirai selon vos ordres.
Le commandant veut te voir.
Commandant !
Je ne suis ni homme ni fantĂ´me.
Ton commandant a bien changé...
Vous resterez toujours mon commandant.
Lors de la bataille du fleuve Mang,
tu tuas une dizaine d'hommes
afin de me sauver.
Tes blessures étaient multiples.
Tu restas inconscient trois jours durant.
En comparaison, ma blessure n'est rien. Viens !
Assieds-toi.
Alors que j'avais huit ans,
au premier jour du printemps,
mon père fut assassiné,
devant toute la Cour
et ses ministres.
L'assassin
le décapita avec une hache.
Mon oncle craignait que je ne connusse le mĂŞme sort.
Il est allé par monts et par vaux
et c'est finalement Ă Jingzhou
qu'il trouva un garçon de huit ans,
qui était mon quasi-sosie.
Il l'amena ici et le forma dans le secret
afin de me protéger
des intrigues de la Cour.
Ce garçon est devenu une "ombre".
L'an passé, ma blessure empira.
Ma santé se détériora.
A présent, je parais beaucoup plus vieux,
mais nul ne doit le savoir.
Et vous avez recouru Ă votre "ombre".
- Mais Madame, elle... - Madame le sait.
Elle a pris en pitié mon "ombre"
et m'a persuadé
de le laisser rentrer chez lui.
Je t'ai demandé de venir
pour qu'elle te montre
comment vaincre Yang.
Je vois...
Le jour où le roi a examiné ses blessures,
savait-il dĂ©jĂ
qu'il était face à une "ombre"?
Qu'en penses-tu ?
Commandant,
pourquoi rester dans cette antre
à vouloir deviner les pensées du roi ?
Pourquoi ne pas le renverser et devenir notre roi ?
Généraux et soldats,
tous vous soutiendraient sans hésiter.
Impudent !
Pardon !
Le roi a un rĂ´le Ă jouer.
Tu...
es vertueux.
Tu as toujours été vertueux.
Pour reconquérir Jingzhou,
trois personnes me suffisent.
Une est l'ombre,
la deuxième est le roi et la troisième, c'est toi.
Terré dans cette caverne,
j'ai fomenté ce plan.
Je vous verrai jouer vos rĂ´les
et, à ma place, reconquérir nos terres.
N'est-ce pas grisant ?
Et après la reconquête ?
Je... serai le roi.
Et toi, le commandant.
Pardon !
Tu es davantage commandant
que le commandant lui-mĂŞme.
Pendant un instant,
je n'ai su comment te saluer.
Par le passé, j'ai été ton commandant.
Dans le futur, je le serai encore.
C'est aussi simple que cela.
La technique des Yang recourt Ă la force masculine.
Vous, tenez vos parapluies telle une femme.
De par la fluidité de l'eau,
le " yin" vaincra le "yang".
C'est ainsi que vous vaincrez.
Les diluviennes pluies
vont rendre possible notre victoire.
Il pleut depuis quatre jours.
Encore trois jours
et les égouts de Jingzhou seront inondés.
Le commandant a choisi le bon moment pour ce combat.
Quelle qu'en soit l'issue.
Le moment est arrivé.
Faux, vrai.
Vrai, faux.
Telle une partie d'échecs.
Mais dis-moi,
qui sont les pions ?
M'obliger Ă devenir une concubine,
c'était un de tes coups ?
Ce n'était pas prémédité.
Ce n'était qu'une feinte.
Quelle est la vérité ?
Dis-moi, quelle est la vérité ?
Buvons
Ă la victoire de demain !
Tu es parti de chez toi si jeune.
Saurais-tu comment y retourner ?
Je pense.
Saurais-tu retrouver ta maison ?
Un chiot capturé à la naissance
peut, dit-on, retrouver son chemin de par son seul odorat.
Je veux ardemment rentrer chez moi.
J'y arriverai.
En fait,
je veux aussi retourner chez moi.
Mais Pei n'est-ce pas chez vous?
Que veut dire "chez soi" ?
Jing Zhou !
A la victoire de demain !
Je sais
que je ne peux gagner demain.
Mais...
Ă maintes reprises vous auriez pu refuser
ou bien fuir.
Pourquoi avoir accepté?
Vous avez toujours paru si docile,
comme si vous aviez accepté cette mission.
C'était pour vous.
Quand j'étais petit,
je n'avais guère le choix.
Mais une fois adulte,
depuis notre première rencontre, je n'ai eu qu'une idée en tête.
Vos moindres désirs,
je voulais tous les satisfaire.
Demain, lors de la bataille,
je ne serai qu'un appât.
Qui se soucie du sort d'un appât ?
Moi.
Cette nuit est la dernière
que vous passez ici.
Oui.
Madame,
merci mille fois.
Général, me voici. Le commandant de Pei est arrivé seul,
comme convenu.
Père,
ce navire, comment peut-il avancer si facilement?
Ce n'est que de la poudre aux yeux.
Général Yang,
notre insensé roi m'a démis de mes fonctions.
Je suis impuissant, je n'ai plus de soldats.
Mais j'ai tenu à venir comme prévu
me battre contre vous.
Le meilleur vaincra.
Père,
tout ceci est curieux.
Cette mosaïque du yin et du yang pourrait cacher un piège.
Ce n'est que de l'esbroufe.
Moi, je veux savoir ce que cet homme cache.
Vous vous êtes engagé à vous battre mais la prudence reste de mise.
Pouvez-vous descendre escorté ?
C'est un duel de gentilshommes.
Il est venu seul et moi, je me ferais escorter?
De tous, je serais la risée. Mon arme !
Père,
soyez prudent.
EmpĂŞche tout assaut !
Protège l'étendard !
Oui, Sire, au péril de ma vie je le protègerai.
Regarde ton père lui donner une bonne leçon !
Allez !
Princesse ?
Princesse !
Voici le parapluie de Pei
spécialement conçu pour ce duel.
Je vous demande humblement
de m'apprendre Ă combattre.
Premier tour.
Pour ce duel,
vous vous êtes préparé âprement.
En eût-il pu être autrement?
Deuxième tour !
Chaque arbalète est équipée de douze flèches.
Il faut agir prestement sans perdre un instant.
Mon général !
La cité est assaillie.
Enlevez vos arbalètes,
sortez vos parapluies.
Tirez !
Stoppez-les !
Yang Ping !
Troisième tour !
Parfait.
Jusqu'Ă aujourd'hui,
personne n'avait résisté à ma technique plus de trois tours.
Pas mal.
Je ménage votre amour-propre. Egalité.
ArrĂŞtons-nous lĂ .
Encore une fois !
Nous avions convenu d'un duel
pour savoir qui est le meilleur.
Si nous continuons,
l'un de nous va périr.
Allez !
Jingzhou est conquise.
Une fille, ça devrait rester gentiment à la maison.
Pourquoi vouloir braver la mort ?
Pourquoi m'avoir outragée ?
Je t'ai outragée ? Mais je ne te connais même pas.
Vous vouliez me prendre comme concubine.
Oing Ping ?
Je suis venue vous rendre ceci !
Plaît-il ?
Ma chère épouse,
utiliser une ombre,
était-ce bien ou mal ?
Nombre de choses
ne sont ni bonnes ni mauvaises.
Inutile de regretter nos actes.
Mon cher époux,
maintenant,
c'est avec vous que je veux jouer.
Jingzhou est conquise !
Jingzhou est conquise !
Ping, mon fils.
Mère !
Le commandant avait promis de me libérer !
Il avait promis de me libérer !
Je ne dois pas voir votre visage.
Qui vous l'a interdit ?
Le roi.
Le roi veut savoir
si vous comptez revenir.
OĂą est-elle ?
OĂą est-elle ?
OĂą est-elle ?
Sire.
La princesse
a utilisé ceci
pour tuer Ping.
Aujourd'hui, nous célébrons
la reconquĂŞte de Jingzhou, notre terre.
Le premier verre
ira en l'honneur du commandant.
Un instant !
L'arrivée du valeureux héros de Pei
est imminente.
Nous voici sur ordre du roi. Coupez-lui la tĂŞte !
Le commandant est arrivé !
Sire, le commandant est arrivé !
Accueillons le commandant.
Me voici,
Sire.
Vous avez combattu avec talent et ardeur.
Relevez-vous et asseyez-vous aux côtés de Madame.
Merci, Sire.
Madame.
Vous voilĂ de retour...
Oui.
Aujourd'hui, le royaume de Pei
a reconquis Jingzhou.
Notre royaume s'en réjouit.
Le roi a demandé que le premier verre
aille en l'honneur du commandant.
Buvons un autre jour.
Veuillez tous nous laisser.
Sa Majesté ordonne
que l'on se retire.
Lu, toi.
Tu restes.
Allez.
Vas-y.
En ton honneur.
Sais-tu pourquoi je t'ai promu aussi vite,
pourquoi tu es devenu mon premier confident ?
De votre confiance, je suis reconnaissant.
Quelle confiance ?
Tu sais
que tu as tenu un rôle spécial.
Tes échanges clandestins avec Yang
ont contribué à ma victoire.
Combien t'a-t-il payé ?
Surpris que je le tue en personne ?
C'est que je suis si heureux.
Quand il a transmis ma proposition de mariage, Yang l'a payé
pour qu'il me propose en retour de faire de ma sœur sa concubine.
Peu m'importe l'origine de cette idée,
je me devais d'en finir avec ce tas de chair.
Ton retour
m'a apaisé.
Toi,
tu es vraiment doué.
Notre royaume ne saurait se passer de toi.
Quelle ressemblance,
vraiment quelle ressemblance !
Et toi, qu'en penses-tu ?
Savez-vous
qu'une chose m'importait
encore plus que la reconquĂŞte de Jingzhou,
une chose qui m'empĂŞchait de dormir.
Mais je ne pouvais qu'attendre.
Et j'ai bien fait !
Pour moi, tu as reconquis Jingzhou. Aussi, Ă mon tour vais-je agir pour toi.
Nous sommes seuls
et pouvons parler à cœur ouvert.
Un faux couple
vaut moins qu'un vrai.
Je vais réaliser vos vœux.
Puisque Zi Yu se soucie
de sa postérité,
je vais l'aider dans son entreprise.
Un roi ne doit-il point
réaliser les rêves de ses sujets ?
Quand nous sortirons de ce palais, il n'y aura plus
qu'un seul commandant,
celui qui est fidèle et loyal.
Je serai le roi et toi le commandant.
Ce serait plaisant.
Qu'en dis-tu ?
Je savais bien que tu reviendrais.
Seul un idiot ne serait pas revenu.
Ça te dit un jeune et vigoureux époux nuit et jour à tes côtés?
Avouez que c'est intéressant.
Parfait.
Tu viens juste Ă point.
Désormais, je pourrai dormir tranquille.
Oh non !
Ne voulais-tu pas te venger ?
Des années durant,
je fus incompris.
Aujourd'hui,
nous pouvons avoir l'esprit tranquille.
Vous pensiez
que ma tĂŞte
était dans ce coffre?
Il y a une chose connue de tous.
Dommage
que lui ne l'ait jamais comprise.
C'est moi,
le Tout-Puissant de Pei.
Dépourvue de vrai corps, l'ombre peut-elle exister ?
C'est ce que personne n'avait compris.
Toi,
tu envoyas des spadassins
pour me capturer et tuer la mère de Jing Zhou,
un meurtre dont tu m'aurais ensuite accusé.
Un ĂŞtre aussi vil
peut-il ĂŞtre le roi de Pei ?
Mon époux...
Laissez-moi.
Je vais bientĂ´t quitter ce monde.
Tout ceci,
je m'en charge.
Jing Zhou !
Jing Zhou !
Tue-le.
Venge ta mère
et emmène Madame avec toi.
J'ai passé ma vie à haïr,
Ă intriguer et Ă combattre,
sans jamais goûter aux plaisirs d'ici-bas.
Goûtez-y pour moi.
Allez,
partez le plus loin possible.
Allez !
Commandant.
Même dépourvue de corps,
l'ombre peut encore exister.
Vous auriez dĂ» le comprendre plus tĂ´t.
Sire,
je fais venir le médecin royal.
Calmez-vous !
On a attenté à la vie du roi.
Le roi est mort !
C'est moi, votre commandant,
qui ai alors
tué l'assassin.
Sous-titrage : HIVENTY
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