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Hmar, on aurait dû m'écouter et rester à l'hôtel.
Où est-il passé ?
On est dans un lieu sacré. Vous manigancez quoi ?
C'est pour un anniversaire.
L'anniversaire de qui ?
Sale gosse !
"Ils sont loin. Reste pas vautré sur moi."
T'es pas une fille !
"Moi ?"
"Moi, moi" ! Tu me remercies comme ça ?
"Je te fais mes excuses."
T'approche plus de moi,
et t'auras pas Ă t'excuser.
Tu m'attires que des ennuis.
"-C'est la meilleure ! Si t'as la frousse..."
Non !
Non, madame ! Non !
C'est pour le hanout.
Y a personne.
Il faut des doranes.
Allez.
T'aimes pas le foot ?
Attends, je peux avoir des chiclets ? S'il te plaît ?
Et des bonbons, aussi.
Tu parles bien français.
T'as appris oĂą ? Dans les films ?
Dans Opération Dragon, tu sais qu'il y a Jackie Chan ?
Merci.
C'est Bruce Lee.
Alors lĂ ...
Si je te dis que c'est Jackie Chan,
tu me dis ton prénom ?
C'est qui, ça ?
C'est Zohra.
T'as vu comme ils sont contents d'entendre ton prénom ?
Et s'ils voyaient ce sourire, ils gagnent la Coupe du monde.
Merci.
Bonjour.
La 1re fois que j'ai rencontré Zohra...
Bonjour. Un ticket.
... c'était pour l'emmener au centre commercial.
Merci.
Excusez-moi, je veux aller lĂ .
C'est le centre commercial. Faut prendre le 28
ou alors attendre le 82.
Mais c'est pas...
C'est pas le bon bus, mais c'est le bon arrĂŞt.
D'accord.
D'accord. Merci.
HĂ© !
C'est le terminus
dans 2 stations. Je vous dépose après ?
Merci.
Ma chérie, le prix ?
- Ça, c'est en promo : 4,49. - Merci.
Je t'en prie.
Merci beaucoup. Bonne journée. Au revoir.
Excusez-moi, je ferme ma caisse. Désolée.
- À demain ! - Salut, Zohra.
- À demain. - À demain, Zohra.
Attends, attends !
Attends. T'allais partir sans moi ?
J'aurais pas osé, quand même.
Zohra est devenue une des caissières les plus populaires du magasin...
et une femme heureuse.
Omar pouvait la faire rire.
Pleurer de rire.
Pourquoi tu rigoles ?
Autant Zohra adorait sa vie...
... autant lui détestait la sienne.
Tu veux ton assiette ?
En quelques semaines au bled,
Zohra n'avait pas eu le temps de faire connaissance avec son mari.
T'as vu comment c'est meilleur ? Remplis ça.
Qu'est-ce qu'il pouvait être soûlant !
C'est pas dans ton répertoire.
ContrĂ´lant.
Il passait plus de temps
Ă regarder les mecs qui regardaient Zohra
qu'il ne regardait Zohra.
Et puis un jour...
- Bon courage. - Merci.
Je sais pas, c'est dans mon casier ou dans celui de Nico.
Vérifie
et puis c'est tout. VoilĂ !
Alors c'est celui d'Antoine.
Je te rappelle, Ă tout Ă l'heure. C'est bon ?
Oui.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
T'as décroché 2 fois à ce numéro,
donc tu sais qui c'est.
Je prends ton téléphone et je tombe sur...
Merci.
Bonjour.
Ça va ?
Merci.
- Je peux prendre une serviette ? - Oui.
- Merci beaucoup. Au revoir. - Au revoir.
Omar venait de plus en plus souvent visiter Zohra de façon...
inopinée.
- Ça va ? - Et toi ?
Oui.
Un garçon ou une fille ?
- Je ne sais pas. - Mais tu as décroché !
Ça a raccroché.
Tu sais pas si c'est un garçon ou une fille ?
- Non. - Regarde.
ArrĂŞte.
Arrête ! Rends-moi mon téléphone.
- Dis-moi si c'est un garçon. - Je veux mon téléphone.
Tiens !
- Pardon. Excuse-moi. Zohra ! - Lâche-moi.
Zohra ! Zohra, je voulais pas faire ça.
Montre-moi ta blessure.
Il avait franchi la limite...
Putain ! J'ai pas fait exprès.
... mais Zohra n'avait pas atteint la sienne.
J'ai une conjonctivite.
Pardon.
C'est ça qui était dingue.
Ce qui la travaillait le plus, c'est qu'elle était toujours pas enceinte.
Tu sais, Zohra,
dans ma vie, j'ai eu deux conjonctivites.
La 1re, j'ai laissé faire.
Elle disait qu'elle était désolée, et j'avais envie de la croire.
- Tu me suis ? - Oui.
La 2e, je lui ai envoyé deux cousins du pays,
ils l'ont bien soignée.
La vinaigrette...
- Ils ont oublié la vinaigrette. - Oh !
Elle a fini Ă l'hĂ´pital.
- Qui ? - Ma deuxième conjonctivite.
Ils seraient ravis de s'occuper de la tienne.
- Ils vont s'occuper de mes yeux ? - De ses genoux !
Ça va te les ouvrir bien grand, tes yeux.
Oh ! Faut que j'y retourne !
Ă€ tout' !
Et voilĂ , la reine de l'esquive.
J'ai une cataracte.
Une uvéite.
Une dégénérescence maculaire.
Elle pouvait apprendre Wikipédia par cœur,
tôt ou tard, ça finit par vous péter à la gueule.
Minable !
Les soirs de match,
on observe une explosion des violences conjugales.
Je ne dis pas que ces événements provoquent la violence domestique.
Ça signifierait que ces personnes sont pas responsables de leurs actes.
Et venez pas me dire que c'est la faute de l'alcool
parce que 1 auteur des coups sur 4 sera alcoolisé.
Ça fait toujours 3 connards sobres
qui trouveront le moyen de mettre leur comportement sur le dos
de leur équipe favorite.
Parce que la Coupe du monde augmente les facteurs de la violence,
certains franchiront la limite pour la première fois.
La bonne nouvelle, c'est que Zohra avait enfin atteint la sienne.
Zohra !
- Zohra ! - Démarre.
Ferme.
Démarre, démarre.
Bouge, putain !
Zohra !
Lâche mon bus, bordel. Bouge de là !
Zohra ! Zohra, s'il te plaît, descends.
Descends du bus, Zohra. Regarde-moi.
Poussez-vous. Poussez-vous, putain.
Zohra ? Zohra ?
- Ça va ? - Bonjour.
- Papa ? - Oui ?
- Tu viens avec nous ? - Vous allez oĂą ?
- On part en week-end. - N'importe quoi.
C'est le week-end prochain. Elle a confondu, ta maman.
C'est le week-end de la fĂŞte foraine.
On va pas rater la fĂŞte foraine, quand mĂŞme ?
Même avec une petite fille, les choses n'ont pas changé.
Ah si.
Maintenant, quand Zohra essayait de partir,
Omar n'avait mĂŞme plus besoin de faire d'effort.
Il savait que tant que la petite voudrait rester,
la grande reviendrait.
Ça va, ma chérie ?
J'ai soif.
Non, ma chérie, tu vas réveiller papa.
Tiens.
Pourquoi tu dors toujours sur le canapé ?
Tu veux vraiment savoir ?
- Tu me comprends, maintenant ? - Oui.
Chut !
VoilĂ .
LĂ .
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que t'as ?
Hein ?
C'est pour ça que ton papa, il est parti ?
- Quoi ? - Parce que ta maman ronflait ?
J'ai oublié.
Tu te rappelles rien sur lui ?
Je me rappelle que la nuit,
quand j'avais à peu près ton âge et qu'il était tard,
mon papa était encore au travail.
J'essayais de rester éveillée,
de garder mes yeux grands ouverts comme ça,
grands ouverts.
Et à un moment donné, j'entendais...
T'as entendu ?
C'était quoi ?
C'était son film de kung-fu.
Je savais qu'il était rentré, alors je pouvais m'endormir.
Allez, au dodo.
J'aimerais pas que mon papa soit plus lĂ .
Il y a personne qui va partir, ma chérie.
Promis ?
Promis.
Zohra savait qu'elle pourrait encore supporter de rester pour sa fille,
mais plus de se laisser faire.
No!
Le problème, en ligne,
c'est qu'on trouve tout et n'importe quoi.
Surtout n'importe quoi.
Mais avec un peu de patience,
Zohra a fini par trouver son maître.
Salut, je suis Jean-Yves Sylvain.
Je suis ton homme si tu veux en venir aux mains.
Grâce à mon expérience de professeur d'arts martiaux
mondialement connu,
je vais t'enseigner des techniques
qui prônent avant tout l'efficacité,
des techniques redoutables en combat de rue.
Tu verras, c'est surprenant.
On a tous connu un mari jaloux, un furieux qui a la main leste,
les Harvey, les Kevin...
Pas besoin de faire du cinéma, ils sont au coin de la rue,
dans un bus, parfois mĂŞme Ă la maison.
Résultat : on perd la face, son estime de soi,
le respect de sa personne, et parfois aussi,
on y perd quelques dents.
Une frappe, deux frappes. On amène en arrière.
Ă€ ce niveau-lĂ ,
bam, et lĂ , je kick
dans les jambes.
Merci. Bonne journée. Au revoir, à bientôt.
Pendant des semaines,
Zohra était à fond sur Jean-Yves.
Bonjour.
Y en avait que pour lui.
On amène en arrière.
Donc ici, une frappe, deux frappes, s'il faut.
Soit un coup de coude dans la gorge, soit ma préférée, ici.
LĂ , c'est un petit K.-O.
Il vous saisit, vous avez pas envie de lui faire trop de mal.
Mais plus Jean-Yves prenait de la place,
moins Zohra en avait.
Oh ! Doucement, lĂ !
Une autre femme aurait pris des cours de self-defense.
Mais pas Zohra.
Entre la 5G et le quartier, Omar l'aurait su dans la seconde.
Bravo, ma chérie. Attends, ramène-moi un Sprite.
Allez !
C'est pas possible.
HĂ© ! Doucement.
Ça fait deux fois qu'elle me fait ça.
Quoi ?
Ça.
Oui.
Quoi ? Je me suis cognée.
Bien sûr. Je connais le gymnase, ma fille y va avec son école.
Oui.
OK. D'accord.
Je vous rappelle. Oui.
J'attends votre coup de fil. Merci.
On avait dit quoi sur les coups de fil dans la galerie ?
- C'est ma pause. - Ça va, aujourd'hui ?
Je sais que c'est difficile Ă la maison.
Si t'as besoin de protection rapprochée,
je te ferai un bon tarif.
Donc c'est 3 heures, 4 fois par semaine, 6 le mercredi.
Je vous en prie.
C'est possible de faire les heures après la fermeture ?
Ça m'arrange pour ma fille. Et c'est plus simple sans personne.
- On fait pas les heures de nuit, ici. - OK. Je m'adapte.
- Tant que le travail est fait... - Il sera fait.
Vous nous laissez quelques jours,
et on reviendra vers vous pour vous donner une réponse.
Avec plaisir, merci.
Bonjour, Chang !
C'est lui, le gardien ?
Non, mais le dernier a fait un burn-out,
alors Chang, c'est son oncle, et il le couvre.
Il est pas méchant, c'est juste un vieux blédard.
- Blédard d'où ? - De Pékin.
Je vais vous laisser. À très bientôt.
Oui, Ă bientĂ´t. Au revoir.
Il faut canaliser son agressivité
pour détourner celle de l'autre.
Il faut frapper avec détermination, il faut faire mal.
Toutes ces techniques vont te permettre de te sentir en sécurité
et de reprendre confiance en toi,
aussi bien dans ton mental qu'Ă ton domicile,
aussi bien à l'extérieur de ton corps que dans la rue.
- Il défend... - Regarde. Attends le ralenti.
Au ralenti, ils mettent la barre.
- Alors ? - Ça dépend...
Chaque frappe est décisive.
100 % de son énergie dans chaque frappe.
Une frappe peut ne pas suffire.
C'est un ensemble de frappes qui fera l'efficacité.
Je rentre en coup de pied croissant Ă ce niveau-lĂ .
Et lĂ , je kick direct. Je prends les cervicales, bam !
Je frappe Ă la gorge.
ArrĂŞt respiratoire. Puis frappe Ă la cuisse.
C'est tout de suite l'appareil locomoteur qui ne fonctionne plus.
Vous devez toujours frapper sur les points vitaux.
Vous devez vous concentrer sur la cible
et mettre 1 000 % de votre énergie.
La respiration est importante...
... au niveau des mains.
Ça va toucher au niveau nerveux.
HĂ© ! Vous faites quoi, lĂ ?
Il ne pourra plus combattre.
... quand vous frappez...
Kitchen.
"Kitchen" ?
Kitchen.
Non ! Non, pas "kitchen", non.
HĂ© !
J'ai le droit de faire du sport après mon travail.
Tu peux me signaler, je m'en fous. Quand je pars, c'est nickel.
Kitchen.
C'est toi, "kitchen" !
- Kitchen! - Ma place est pas dans une cuisine.
"Dessine ta cuisine."
Ça veut dire quoi ?
HĂ© !
- Fermé ! - Qu'est-ce que tu fais là ?
La petite est chez Marion. On pourrait aller au cinéma.
Oui, super.
- Merci, monsieur. - Hé, hé !
Merci.
Merci, monsieur.
- Il a ton sac ? - Y a pas de verrou dans les casiers.
Ces mains sont pas faites pour faire le ménage.
Mais on a les billets pour cet été, Noël,
et t'as plus le chantier de Clichy.
Tu vas encore me parler de Clichy ? Putain.
Si tu dois combattre dans une jarre,
entraîne-toi dans une jarre.
T'as trouvé ça dans un cookie ?
Non.
Et quand il dit "la jarre", ça veut dire quoi ?
La jarre, c'est un petit récipient.
- Mais ça représente quoi ? - C'est un petit récipient, voilà .
Et "dessine ta cuisine", alors ?
Dessine ta cuisine.
Dessine ta cuisine.
Oui, mais "dessine ta cuisine", dessine ta cuisine...
Allez, les enfants.
Ça va ? Ça a été, ta journée ?
Oui.
Si tu le veux, tu le peux, et aussi parce que Dieu...
Hey, kitchen!
Kitchen.
Ça marche pas.
- Joyeux Noël. - Merci.
Excusez-moi.
Excusez-moi.
Ça y est, je connais toute la cuisine par cœur.
- Ça a été, aujourd'hui ? Tiens. - Merci, maman.
- Maman ? - Oui, ma chérie.
Marion m'invite cet été dans sa maison à la mer.
- Je peux y aller ? - Quoi ? J'ai pas compris.
Marion m'invite cet été dans sa maison à la mer.
- Il faut qu'on demande à papa. - Tu sais très bien qu'il va dire non.
Tu sais quoi ? Laisse-moi faire.
Mais "laisse-moi faire" quoi ? Dis-moi !
Mmh mmh.
Allez. Pourquoi ?
Parce que...
Pourquoi tu me dis pas ?
Faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
T'as dit quoi ?
Faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
Ça veut dire quoi ?
Ça douille, un Djerba-Paris.
On peut encore le changer sans frais.
L'an dernier, avec ton chantier, on l'avait changé.
C'est bien, qu'elle rencontre de nouvelles personnes.
Elle va pas voir sa grand-mère.
Ça va.
Sa grand-mère a enterré Michael Jackson, Bowie,
Johnny, Prince,
mĂŞme le gars de Koh-Lanta, miskine.
Ça va.
Elle a la santé, sa grand-mère, hamdoullah !
"Ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué."
Encore faut-il que l'ours veuille bien vous calculer.
HĂ© !
Oh, je te parle.
En fait,
Zohra s'est rendu compte que parfois,
il vaut mieux vendre la peau de l'ours pour pouvoir le tuer.
S'il vous plaît !
Oui. J'arrive.
- VoilĂ . - Merci.
- Je vous en prie. - Merci.
Ouais, j'ai changé les billets. Ouais, je les ai changés.
Ouais, je les ai changés ! J'en ai marre de toi.
Je vais te régler ton compte.
J'ai reçu un mail de l'agence.
- Qu'est-ce que tu fais là ? - T'as modifié le billet ?
Oui. J'ai pris des billets...
ArrĂŞtez !
Ça va pas ou quoi ?
Non.
Il te frappe et tu n'as pas le courage de te défendre.
Je te donne le cours pour quoi faire ? Je donne plus !
Terminus ! Tout le monde descend.
Je dois rentrer au dépôt.
Descendez.
Désolée, j'ai une panne moteur, je dois rentrer au dépôt.
Merci beaucoup.
Qu'est-ce que tu fais ?
Vas-y, raconte.
J'ai une pote qui lâche son appart.
Un deux-pièces, à 5 minutes de l'école de Zina.
T'en dis quoi ?
T'attends quoi, Zohra ?
Tu veux aller où, comme ça ?
- Tu cherches quoi ? - Rien. Laisse-moi sortir.
Je t'offre une porte de sortie !
- Ouvre. Ouvre. - C'est pas la 1re gosse de divorcés.
- Tu peux pas comprendre. - Pourquoi ?
T'as pas d'enfants.
Ils sont des dizaines comme ça à l'école, elle sera pas toute seule.
5 minutes de l'école de Zina.
Tu rentres le soir, t'es seule avec ta fille.
Oui...
Tu veux finir oĂą ?
Mais il fait du foot avec elle,
il fait du coloriage, il lui a appris Ă jongler,
elle marche sur ses pieds...
Il sait comment la faire rire,
il lui fait des blagues, des grimaces.
Elle partira avec lui.
Ouvre, Binta, s'il te plaît. Ouvre.
HĂ© ! Tu peux me trouver encore mille raisons de rester,
moi, j'en trouve plus aucune de me taire.
Non, non ! Attends, Zina. N'ouvre pas la porte.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Gendarmerie nationale. On souhaite parler Ă M. Hamidi Omar.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je te rappelle.
Dites-moi, il se passe quoi ?
Gendarmerie nationale. M. Hamidi Omar ?
Oui. Qu'est-ce qui se passe ?
On va vous demander de bien vouloir nous suivre.
Je vais pas vous suivre... Maintenant ?
Oui, s'il vous plaît.
"Violences conjugales."
- Ça peut pas attendre une autre fois ? - Monsieur.
Je peux juste aller parler Ă ...
- Maman ? - Deux secondes.
Je comprends pas, qu'est-ce qu'il se passe ?
On a reçu une plainte pour violences conjugales.
- Mais lĂ , c'est pas le moment. - Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Va dans ta chambre. - Ils veulent quoi ?
- Va dans ta chambre. - On y va.
Attendez. On a un match important, il faut qu'il soit lĂ .
- Maman ! - On peut voir ça demain.
- Calmez-vous ! - Je peux avoir une seconde ?
- Ils veulent quoi ? - Viens, ma chérie.
Juste une seconde.
Ma chérie, c'est des gentils policiers.
Ils cherchent un méchant, alors je vais aller avec eux.
Si je peux les aider, ce sera bien.
Je serai Ă l'heure pour ton match. OK ?
OK.
Je serai lĂ , promis.
Fais-moi un sourire.
J'arrive.
Et fais très attention aux tacles.
Les menottes, c'est obligatoire ?
NOUS AVONS GAGNÉ ! NOUS AVONS GAGNÉ !
- Non, pas du tout. - Sûre ?
Oui, oui. Mais toi, ça va aller ?
Oui. Je viens la récupérer demain à 10 h.
- OK. - On fait comme ça ? Merci.
Je t'en prie.
Zina.
Ça va, mon amour ? T'as été parfaite.
Des nouvelles de papa ?
Oui, il va rentrer Ă la maison.
- Et tu as tout filmé ? - Oui, mon amour.
Ça te dit d'aller dormir chez Marion, ce soir ?
Non, je veux voir papa.
- Il sera fatigué... - On y va ?
- Je veux voir papa ! - Allez, il est l'heure.
On regardera la vidéo ensemble demain. Merci.
Salut.
Alors ? Comment ça s'est passé ?
2-1 pour Trappes.
Merde...
Elle est chez Marion.
Pourquoi ?
Faut qu'on parle.
T'as fait une vidéo ?
Oui.
Tu me réchauffes
un petit truc ?
Et moi ? Tu me demandes pas comment ça va ?
Vraiment !
La police devant la petite ?
- Je les ai pas appelés. - Ah oui ?
Alors pourquoi la petite est chez sa copine ?
- Ça sent le guet-apens. - Je pars.
Non... Zina ! Je partirai pas sans ma fille.
Je la laisserai pas partir avec une blédarde !
Tu vois ?
Tu vois, c'est toi, toute seule. Toute seule.
Après, tu vas dire que c'est moi.
T'as la mémoire courte, toi.
Je te préviens, tu te barres, c'est un abandon de foyer.
Tu prends la petite, c'est du kidnapping.
T'iras t'entasser Ă 15 dans un foyer.
Non ! Non !
Oui ?
Papa !
Alors, Zina ?
On a perdu.
Elle a insisté pour rentrer.
J'ai appelé, mais c'était sur répondeur.
- C'est moi qui suis désolée. - Ça va ?
Oui, tout va bien.
Bonne soirée.
- Explique-moi. - J'ai essayé.
Merci.
Hey, kitchen!
- Ha ! - OK.
Ha !
Bonne journée. Au revoir.
Dégagez !
Lâchez-moi !
Dégagez ! Lâchez-moi.
HĂ© !
Il y a un problème ?
- Non, il y a du travail. - Tu vas retourner Ă ton poste,
ils vont se barrer. - C'est quoi, le problème ?
C'est possible que la sécu
fasse la sécu ?
On y va ?
Oui, bien sûr.
- Vas-y, allez. Donne ton sac. - Laissez-moi. ArrĂŞtez.
Lâche-moi. Arrête, je te dis ! Lâche-moi.
Lâchez-la.
- T'es malade ? - Qu'est-ce qu'il y a ?
Il se passe quoi, lĂ ?
Venez, on se casse.
Il est oĂą ?
- Quoi, encore ? - Mon argent.
Y a pas d'argent caché, dans cette maison.
Ça voudrait dire qu'on a chacun notre argent ?
On s'est pas mariés pour ça.
Chut... T'as 30 secondes pour me dire oĂą est mon argent,
après, tu perds connaissance.
Chut...
Maman ! Maman !
- Oui ? - Viens voir ce que j'ai appris.
Chut, papa dort. T'as réussi ? J'arrive, j'arrive.
J'en étais sûre que tu pouvais le faire.
C'était chouette de la voir prendre confiance comme ça,
mais seulement, comment dire, il y a prendre confiance...
et prendre "la" confiance.
On arrĂŞte de courir ! On arrĂŞte ! On se calme.
Bonjour. Vous savez oĂą est Zina ?
Elle est partie avec son papa.
D'accord. Merci beaucoup.
Bonne soirée, merci. Au revoir.
Vous êtes sur le répondeur de papa.
Laissez un message.
Oui. Oui, ben, c'est moi.
Dites-moi oĂą vous ĂŞtes. Rappelle-moi quand tu veux.
Vous êtes sur le répondeur de papa, laissez un message.
Oui, c'est moi. Vous ĂŞtes oĂą, lĂ ?
Je t'ai laissé 15 messages. Rappelle-moi.
Oui, Omar, c'est moi. Dis-moi ce que vous faites.
Je peux peut-ĂŞtre vous rejoindre.
On va kiffer ensemble.
Rappelle-moi. Tu joues Ă quoi ?
Omar, c'est moi. Rappelle-moi.
J'ai son passeport. Vous pouvez pas partir.
C'est moi qu'elle choisira,
si on la présente devant un juge.
Pourquoi tu fais ça ?
Si tu veux, on règle ça, toi et moi.
Dis-moi ce que vous faites.
Tu m'appelles. Rappelle-moi.
Vite. Tu joues à quoi ? Ça fait 12 fois. Je t'attends.
Hey! Practice!
Je peux pas.
Mon amour.
Tu pars plus comme ça.
- Ça va, mon cœur ? - Oui, ça va.
T'es sûre ? Oui ?
Vous étiez où ?
Je t'ai laissé un message.
Non, j'ai eu aucun message.
J'avais plus de batterie.
Vous étiez où ?
Calme-toi, ça va. On était à Clairefontaine.
Il y avait un entraînement des Bleus et on a fait dédicacer son ballon.
Dis à ta mère de se calmer.
Zina.
Zina !
C'est vrai ce que dit papa ?
Qu'est-ce qu'il dit, papa ?
Tu veux partir et nous laisser.
Tu fais tes devoirs et on va dîner.
C'est ce que tu voulais, non ?
Et bavardez pas trop.
Zina ! Zina !
Zina !
Au revoir.
Les enfants, on se dépêche. Dans le calme.
Un titre de séjour
sans condition de vie commune
vous sera délivré dans un mois.
Par contre, il devient impératif
que vous alliez déposer plainte.
Si vous ne voulez pas qu'on vous reproche ce départ,
vous devez déposer plainte.
Mais il se fera passer pour une victime.
Je veux qu'il accepte la séparation.
Elle finit l'école, et je le ferai.
En attendant, tu fais comment ?
Je me débrouillerai.
C'est japonais, ce soir.
T'as vu, maman ?
Elle est trop bien, papa.
Zina ! Zina, roule pas ici, ma chérie.
Ça, ma chérie, ça veut dire que cet été,
je t'emmène à Nabeul.
Je t'emmène à la plage. On va passer la journée dans le sable.
Et après la piscine,
on ira au Royal Resort, hôtel que papa a réservé.
Regarde.
Tu lis quoi ?
"Billets ouv..."
- "Billets ouverts." - "Ouverts."
Ça veut dire quoi ?
Si ta copine t'invite, tu pourras y aller.
- C'est vrai ? - Ben oui.
Merci, papa !
Regarde ta mère. Excuse-moi.
Elle serait pas un peu jalouse ?
C'est l'œil de la jalousie.
Je le connais, cet œil-là . Ça, c'est le regard de la gera.
Gera ou pas gera ? Gera.
Gera. Regarde, ça monte, ça arrive.
Maintenant ! Maintenant !
Tu vois, je la connais.
Tiens. Donne-lui ça.
Toi aussi, t'as un cadeau, maman.
Ben, tu l'ouvres pas ?
C'est quoi ?
Les Arts martiaux de Shaolin.
Les Arts martiaux de Shaolin !
Le premier jour où j'ai croisé ta mère,
elle regardait ce film à la télé.
- Elle imitait les mouvements. - C'est vrai ?
Oui.
Je me rappelle plus, ma chérie.
Elle le fait,
dans son gymnase.
Maman, tu peux me le faire ?
Mon amour, je suis en train de servir.
Regarde ce que papa a préparé. Le DVD est déjà là , ma chérie.
Tiens, ma chérie, mange.
Omar avait beau se la raconter avec ses cadeaux,
de toute façon, billet ouvert ou fermé,
c'était même plus le sujet.
Allez !
Ouais ! Ouais !
La semoule ne rend pas les coups.
Xie xie.
Choukrane.
Allez. Ça t'embête pas de regarder le match sur la tablette ?
Non, pas du tout.
Et on se revoit dans 7 dodos. On n'a jamais fait aussi long.
Bisou, mon amour.
Tu fais attention, d'accord ? Bisou, ma chérie.
Si vous faites des bĂŞtises,
j'arrive et je vous mange.
Allez, vous ĂŞtes sages. Bisous.
- Merci beaucoup. - Tout va bien se passer.
Oui, je sais. Profite bien.
- T'en profites pour te reposer. - Oui, t'inquiète pas.
- Si elle fait des bĂŞtises, tu la... - Je la noie.
Oui. Si on peut éviter...
- Bisous. - Bisous.
Salut, Sofiane.
Salut, maman. Bisous.
g
On n'a jamais vu le stade rempli comme ça.
Il est magnifique. 24 000 spectateurs à guichets fermés.
- Regardons le sélectionneur... - D'accord.
France-Brésil, le coup d'envoi dans quelques instants !
C'est les papiers du divorce avec une proposition de garde.
On peut en parler, si tu veux. On a tout le temps.
LĂ ,
Zina est en route avec sa copine.
Plus besoin de billets ouverts.
OK.
Si je gagne, tu signes les papiers.
Si tu gagnes ?
Et tu fais en sorte que Zina...
C'est pas juste.
Que tu gagnes ou que je gagne, c'est moi qui vais en prison.
Si tu gagnes, tu pourras me gifler tous les premiers samedis du mois.
Ça marche.
Oh, putain !
Non, non, non.
Attends, attends.
Attends !
- T'as oublié d'où tu viens. - Je sais d'où je viens.
T'as pas un patron raciste.
T'as qu'Ă le taper, lui.
Je sais aussi lever la guibole.
Oui ?
Ça va ?
Oui.
Vous êtes sûre ?
Oui !
- Ça va, ma belle ? - Oui.
- Tu vas où comme ça ? - Chez maman.
"Chez maman ?"
- Oui ! - On va chez maman, alors.
- Non. - Si.
- Tu m'effaces pas des trucs. - Non.
Oui.
- Salut, maman. - Salut, mon bébé.
Eh ben !
C'est le sac de la petite.
- Je te le mets lĂ ? - Oui.
Tu feras gaffe, y a un truc Ă signer pour lundi.
D'accord.
- Tu veux un café ? - Ah oui.
- D'accord. - Oui, avec plaisir.
Excuse-moi. En fait, j'aurai pas le temps pour le café.
J'espère que...
D'accord.
Je vais y aller, maintenant. Je suis attendu.
D'accord.
- Je repasse mercredi ? - D'accord.
- Je t'appelle, alors. - D'accord.
- Ciao. - D'accord.
- Salut, chérie. - Salut, papa.
- Maman ! - Oui, ma chérie ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Écoute, maman.
Mais quoi ? Tu viens d'apprendre ça ?
C'est comme ça qu'on va se quitter ?
Vous voulez pas voir Zohra qui fait de la méditation ?
Zohra qui fait des tutos ? Zohra qui donne des cours ?
Non ? Bon.
Ou ce qui s'est passé après que Zohra a défoncé Omar ?
Je récapitule : Zohra vient de défoncer Omar,
elle se réfugie dans son spot,
et sur qui elle tombe ?
Vous vous rappelez d'eux ? VoilĂ , eux.
Les lascars qui comptent profiter de la finale
pour faire les magasins. Sauf que...
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