All language subtitles for Love.Is.a.Many-Splendored.Thing.1955.DVDRiP.XviD.AC3-.fb

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Original subtitles

HONG-KONG, COLONIE ANGLAISE, 1949

Dr Han.

Le Dr Keith vous demande au service des urgences.

Qu'y a-t-il ?

Une auto l'a renvers�e. Forte commotion.

Qui est-ce ?

C'est une des 3 000 r�fugi�s qui viennent journellement de Chine.

- Et sa famille ? - Je ne sais pas. Elle �tait seule.

Voulez-vous vous en occuper ? Je crains des contusions internes.

Portez-la � la radiologie.

Suivez-moi, je vais vous faire un rapport.

Vous vous souvenez de moi ?

Je vous reconnais � peine.

C'est le petit qui �tait si malade ?

C'est mon mari qu'il faut gu�rir maintenant.

Nous sommes pauvres, mais nous vendrons notre fils.

Il est intelligent et fort. Nous sommes de bonne famille.

Nous ferons notre possible.

Mais ne vendez jamais votre fils.

Je m'en occupe, Suyin, le Dr Sim va arriver.

- J'aimerais avoir vingt bras ! - Il faut vous changer les id�es.

- J'aimerais avoir vingt bras ! - Il faut vous changer les id�es.

Je vais chez les Palmer Jones.

Accompagnez-moi. Le Dr Sen assurera la permanence.

Pourquoi pas ? Avec l'�quilibre, je retrouverai mon sens de l'humour.

Comment peut-on vivre ailleurs qu'� Hong-Kong !

O� trouve-t-on ailleurs dix domestiques pour le prix d'un ?

Le taux va passer � 12 pour un : Shanghai vient de tomber,

bient�t ce sera toute la Chine.

Il faut garder notre sang-froid.

J'esp�re que vous �crirez des choses affreuses

sur ces Chinois si ingrats...

John Keith !

Ma f�te est enfin r�ussie.

Adeline, je vous pr�sente Han Suyin.

J'ai l'impression de vous avoir toujours connue.

Vous �tes une grande artiste, dit-on.

Je suis m�decin.

Un m�decin est un artiste. Je sais qu'on m'a parl� de vous.

John, je ne vous pr�sente pas.

Suyin ! Je ne pensais pas vous rencontrer ici !

Le mari d'Adeline dirige l'h�pital.

Je lui dirai de vous nommer m�decin en titre.

Je suis d�j� en titre.

C'est parfait. Alors nous ne lui dirons rien.

Je vous pr�sente au p�re Lowe, un �vad� de Chine, lui aussi.

Je ne m'en suis pas �vad�e.

J'ai fait ma m�decine en Angleterre.

J'ai quitt� la Chine il y a 10 ans.

- Vous �tes chinoise ? - Eurasienne.

Mon p�re �tait chinois, ma m�re anglaise.

Mais je me consid�re chinoise.

Je vous comprends ! D�s que je mets une robe chinoise, moi aussi.

On peut doubler son capital � Hong-Kong en trois mois.

On peut doubler son capital � Hong-Kong en trois mois.

L'argent ! Comme c'est sordide !

Cet homme int�ress� est mon mari.

Le p�re Lowe.

Le p�re Lowe arrive de Chine. Tous les gens bien la quittent.

On m'en a jet� dehors !

Ils n'�taient chr�tiens que pour avoir du riz !

Je les aimais, je les connaissais comme si je les avais faits.

Mais ils m'ont jet� dehors.

Je vais s�rement trouver la Chine tr�s chang�e.

- Vous y retournez ? - Vous n'�tes pas communiste, au moins ?

Non, mais je suis m�decin pour aider les miens.

- Comme tous les Chinois, j'aime mon pays. - On vous fusillera.

J'esp�re que non. Je ne suis ni politicien, ni missionnaire.

Vous avez vos autres invit�s. Je vais m'occuper de Suyin.

Merci bien, John.

- Je ne fais que des gaffes. - Pas du tout.

- Vous retrouvez votre �quilibre ? - Oui. Et mon sens de l'humour.

Ce genre de soir�e...

Mon �ventail !

Je l'ai pos� en prenant un cocktail.

Je vais le chercher. Attendez-moi.

Dr Han ?

C'est le v�tre ?

Et les gants ?

Je suis Mark Elliott. On s'ennuie ferme, ici.

Je suis invit�e...

�a donne le droit de dire qu'on s'y ennuie.

Je devrais vous conna�tre depuis 15 jours.

Fred Dixon m'avait �crit d'aller vous voir.

Je craignais que vous ne soyez une intellectuelle � lunettes.

Et o� est M. Dixon ?

Toujours � Malacca.

Voulez-vous d�ner avec moi ? Je suis un compagnon tr�s agr�able.

J'en suis s�re, mais je suis de service.

Et quand �tes-vous en cong� ?

� Tchoung King, 3e oncle serait outr� que j'accepte.

Aucune Chinoise n'oserait d�ner seule avec un inconnu.

- Nous n'y sommes pas. - Mais je suis chinoise.

Eurasienne, vous l'avez dit.

Que dit votre moiti� europ�enne ?

- T�l�phonez-moi � l'h�pital. - D'accord.

Vous l'avez retrouv�.

M. Elliott, le Dr Keith.

Nous nous connaissons.

Je ne puis croire que vous �tes m�decin, docteur.

Si j'avais un scalpel,

je pourrais vous convaincre.

Parlez-moi de Mark Elliott.

Journaliste, il est dans la r�gion depuis deux mois.

- Pourquoi ? - Il m'a invit�e � d�ner.

- Vous avez accept� ? - J'h�site encore.

- Il est mari�, Suyin. - Vous aussi et je sors avec vous.

J'aime ma femme. Lui n'aime pas la sienne.

- Comment savez-vous tout cela ? - Hong-Kong est une petite ville.

Je ne suis pas une petite femme.

M. Elliott ne m'int�resse en rien.

Je doute fort qu'il m'appelle.

Vous travaillez mercredi ?

Le matin seulement.

Bien. Voulez-vous d�ner avec moi ?

Je passe vous prendre ?

Je vous attendrai � l'entr�e du personnel � 6 heures.

Vous �tes en Europ�enne !

C'est ma moiti� europ�enne qui vient d�ner.

- Vous ne voulez pas vous changer ? - C'est hors de question !

- J'adore la robe que vous portiez. - Je vous en ferai cadeau.

Vous �tes donc reporter.

Correspondant.

- Il y a une diff�rence ? - De 100 $ par semaine.

Le ciel est d�gag�. C'est bon pour la f�te de la lune.

Je vous ai command� une pleine lune.

- �tes-vous d�j� all� � P�kin ? - Plusieurs fois.

� P�kin, la lune est plus grosse que dans le reste du monde.

C'est tr�s peu scientifique. Elle est pareille partout.

Pas du tout. Elle est plus grosse � P�kin.

Bien plus qu'� Hong-Kong ou � Londres.

Si vous insistez.

Quand �tiez-vous � P�kin ?

J'�tais �tudiante � l'universit� de P�kin en 1939.

Je n'y �tais plus. J'�tais d�j� en Angleterre.

- O� �tiez-vous en 1940 ? - En Italie.

Et moi � Malacca.

Nous ne sommes jamais au m�me endroit en m�me temps.

Peut-�tre le destin en d�cidera-t-il enfin autrement.

J'en doute fort.

Le destin ne pr�voit rien pour nous.

J'en suis persuad�e.

- Pourquoi tout ce bruit ? - Un nuage menace la lune.

Il faut l'effrayer pour qu'il s'en aille,

ou l'ann�e sera mauvaise.

Vous y croyez vraiment ?

Oui. Il faut croire en l'incroyable pour conserver la foi.

Vous voyez, le nuage est parti.

C'est un bon pr�sage.

Peut-�tre sur la lune c�l�bre-t-on la f�te de la Terre

en criant pour �loigner les nuages de la Terre.

J'aime � le croire.

C'est Maxwell Luderman, l'industriel.

Il revient de Beiping.

Je cherchais � le joindre pour une interview.

- C'est vraiment la 3e fortune du monde ? - La premi�re.

Si vous voulez lui parler, allez-y maintenant.

Il n'aime pas les correspondants.

Et puis nous avons notre propre interview � finir.

Vous m'interviewez ?

Pourquoi �tes-vous si s�re que le destin n'a rien � voir avec nous ?

Je ne m'int�resse qu'� la m�decine.

Et puis je me connais bien.

Vous �tes bien s�re de vous. Personne ne peut l'�tre autant.

Il n'y a eu qu'un seul homme dans ma vie :

Mon mari.

C'�tait un g�n�ral nationaliste

que les communistes ont pris et fusill�.

Je ne crois plus au c�ur humain que d'un point de vue m�dical.

Vous devez �tre un bon m�decin.

Je crois quand m�me que le destin a des projets pour nous.

- Pourquoi ? - Vous vous �tes retir�e dans une tour.

L'inconv�nient des tours d'ivoire est qu'elles attirent la foudre !

La foudre ne m'atteindra pas.

Votre honorable poisson.

Merci pour la lune,

l'honorable poisson et la belle soir�e.

Tout � votre service, j'ai rarement pass� une si bonne soir�e.

Tout � votre service, j'ai rarement pass� une si bonne soir�e.

Bonsoir.

Je voulais vous dire... je suis mari�.

- Je le savais. - Et vous �tes venue malgr� tout.

Si vous �tes heureux en m�nage, c'est sans danger.

Sinon �a ne change rien.

- Vous reverrai-je ? - Je ne pense pas.

Je pense que si, je vous appellerai mercredi prochain.

Bonsoir, Suyin.

Bonjour, Dr Sen.

Chez vous, la m�decine, c'est de l'art.

J'essaie d'�tre compr�hensive.

Quel privil�ge de vous regarder !

Il y a dix jours, on la voyait d�j� morte.

Regardez-la. Elle pourra bient�t remarcher.

A-t-on retrouv� ses parents ?

Non, la police cherche encore.

Mais avec tous les r�fugi�s chinois � Hong-Kong

cela revient � chercher une aiguille dans une botte de foin.

Cela revient � chercher une aiguille dans une botte de foin.

Pourquoi quittent-ils la Chine ? Qu'esp�rent-ils trouver ici ?

- Un foyer. - Leur foyer est en Chine.

Elle, on la gu�rit pour qu'elle continue � vivre dans la rue.

Non, pas Ono. On va lui trouver une maison.

Dr Han, M. Palmer Jones voudrait vous parler.

Merci.

Qui va leur donner un foyer, � elle et ses semblables ?

On ne sait jamais. Moi-m�me, je pourrais l'adopter.

Bonjour, M. Palmer Jones.

Personne n'est all� voir ma femme ce matin.

Je suis d�sol�e, nous avons pris du retard dans les communes.

Vous les visitez en premier ?

Veuillez prendre l'habitude de commencer par ma femme.

Elle manque de patience.

Je vais y aller maintenant.

Bonjour, Mme Palmer Jones.

Je suis heureuse de vous voir, Dr Han.

La personne qui a apport� le petit d�jeuner ignorait l'anglais.

- �tait-ce bon, au moins ? - Il n'y avait que le jus d'orange de chaud.

Je vais faire enlever le plateau.

- Votre bras semble aller mieux. - Il est toujours douloureux.

Il n'est presque plus enfl�.

Comme c'est d�shonorant de se faire piquer par un mille-pattes.

Comme c'est d�shonorant de se faire piquer par un mille-pattes.

Et c'est douloureux.

Je vais vous annoncer une bonne nouvelle.

- Vous �tes libre demain. - Non, non, impossible.

Je fais repeindre mon salon. Il y en a pour une semaine.

- Je vais m'arranger. - Vous �tes adorable.

Que puis-je faire pour vous remercier ?

Un h�pital plus grand.

Il ne faut pas mordre les gens !

J'ai d� lui faire une piq�re tr�s douloureuse.

Vous allez en ville, tant�t ?

C'est mon mercredi de cong� et je pense aller d�ner en ville.

J'ai besoin d'escargots pour mon poisson rouge.

Dr Han, t�l�phone !

- Ils ne livrent pas ? - Deux escargots, c'est trop peu.

Ici Mark, j'avais promis d'appeler mercredi.

J'esp�rais vous voir, mais on m'envoie � Singapour.

Je n'ai pas pu me r�tracter.

Oui, je comprends.

Pourrions-nous d�ner ensemble la semaine prochaine ?

On verra.

Qu'est-ce qu'une hyst�rectomie ?

Rien qui vous int�resse.

- Je peux vous rappeler ? - Oui, n'h�sitez pas.

Rappelez-moi � votre retour.

Deux escargots vous suffiront ?

Tu es bien Suyin ?

Suzanne ! Nous �tions ensemble � l'�cole de bonnes s�urs.

Je t'avais bien reconnue. Viens t'asseoir avec moi.

Un autre th� !

Tu me reconnais apr�s tout ce temps !

Tu t'es teint les cheveux...

Tu te souviens donc bien de moi.

Parle-moi de toi.

�a fait longtemps, mais les souvenirs reviennent facilement.

Par exemple, quand tu as frapp� la m�re sup�rieure.

Ce n'�tait pas la m�re sup�rieure, mais s�ur Angela.

Elle a boit� � l'�glise et pri� pour ton �me.

Pas assez, je le crains.

Qu'as-tu fait depuis le couvent ?

J'ai �t� � l'universit� en Chine. J'ai v�cu en Europe.

Je me suis mari�e. Mon mari a �t� tu�.

J'ai fini ma m�decine en Angleterre.

Je suis maintenant attach�e � un h�pital.

- Tu t'es remari�e ? - Non, en bonne veuve chinoise,

je ne ressens plus rien.

Mon c�ur est mort.

Moi, je ne peux vivre qu'amoureuse.

Je vois actuellement un Anglais.

Je passe pour une Anglaise, ne me trahis pas.

Tu devrais �tre fi�re d'�tre eurasienne

et de tes racines chinoises.

Balivernes ! On ne peut pas �tre deux choses � la fois.

Fais-toi passer pour une Anglaise.

Je pense � retourner en Chine.

Ce ne serait pas appropri�, non ?

- Il faut que je file. - Vraiment ?

Mon ami tient � prendre le th� chez moi, avec moi.

Nous n'avons que 30 min avant qu'il ne retourne � sa femme.

C'est mauvais pour sa digestion.

- � tr�s bient�t, j'esp�re. - Appelle-moi � l'h�pital.

Pour le serveur.

Je vois les humains en poissons.

Isol�s du reste du monde, ils ne savent pas vivre en soci�t�.

Voil� les poissons guerriers.

Voici les pacifiques.

Eux se tapissent dans l'obscurit� et ne supportent plus la lumi�re.

De quelle esp�ce suis-je ?

Vous �tes une pacifique,

mais ne devenez pas aveugle comme ceux qui vivent dans les fonds.

Qu'entendez-vous par l� ?

Mark Elliott est � Singapour.

Son journal l'y a envoy� en reportage.

�a doit bien l'arranger.

Vous saviez que sa femme vit � Singapour ?

On dirait qu'il y a un complot pour me pousser vers Mark Elliott.

Faites attention ! Vous pourriez r�ussir.

On m'a dit que vous sortiriez t�t ou tard.

- Quand �tes-vous rentr� ? - Ce matin.

�a vous dirait d'aller � la mer pour votre apr�s-midi de repos ?

Je devais aller chez des amis de l'autre c�t� de la baie.

Il fait beau. Vous pourriez faire les deux.

Mark Elliott ! Que diable faites-vous ici ?

Je fr�quente de dr�les d'endroits.

Vous aviez promis de me garder 8 jours.

- J'ai fait mon maximum. - Je vous pardonne.

Vous �tiez � Singapour, votre femme a d� �tre contente.

Venez � mon th� cet apr�s-midi.

Savez-vous que j'ai �t� piqu�e par un mille-pattes ?

Dans l'ordre : Oui, non, je ne peux pas, et non.

Qu'un bel homme comme vous me pique, �a m'aurait plu, mais l�...

- Je vous attends ? - D�sol�, je travaille.

� bient�t.

Au revoir, Dr Han.

Nous allons � la plage ?

Sortir une fois avec vous ne m'engageait � rien.

Si nous continuions, ce serait mal interpr�t�, � Hong-Kong.

Les femmes d�s�uvr�es adorent la m�disance.

Si �a vous int�resse, je n'ai pas vu ma femme � Singapour.

Il y a 6 ans, elle a d�cid� de ne plus me voir.

Elle n'a pas chang� d'avis et moi non plus.

Allons-nous � la plage ensemble ?

Je ne sais pas.

Prenez votre temps, il est �vident que vous pesez vos d�cisions.

- �a vous pla�t ? - C'est superbe !

- �a vous pla�t ? - C'est superbe !

Je vais me changer.

Je veux vous expliquer, pour ma femme.

- C'est d�j� fait. - Non.

J'ai essay� de faire en sorte que �a marche.

Je veux que vous me croyiez.

De grandes erreurs sont commises par solitude.

Inutile d'en parler, Mark.

Je n'en parlerai plus.

Vous avez pris le soleil.

Je joue beaucoup au tennis.

Que ferai-je si vous rentrez en Chine ?

Vous jouerez au tennis.

Vous ne rentrez pas vraiment...

De toute fa�on, nous ne devons pas trop nous voir.

- �a pourrait nous faire du mal. - Pourquoi ?

Je suis eurasienne.

C'est d�j� pour certains le signe d'une morale laxiste.

Les gens ne pensent pas au sens des mots.

Les gens idiots, peut-�tre.

Ne vous m�prenez pas, je suis fi�re d'�tre eurasienne.

J'aime penser que j'ai en moi le meilleur des deux cultures,

que je suis la r�ponse au snobisme racial.

Vous �tes la r�ponse � beaucoup de mes questions.

Vous �tes, comme beaucoup ici, un peu perdu.

Vous avez besoin d'une relation amoureuse, mais pas avec moi.

Je ne commettrai pas d'erreur au nom de la solitude.

J'aime mon travail et ma vie simple.

Je ne veux plus jamais avoir de sentiments.

Vous disiez que les mots n'ont pas de sens,

qu'il faut ressentir les choses.

Ne g�chons pas la journ�e avec des analyses.

Mes amis ont une maison de l'autre c�t� de la baie.

- Si on allait leur dire bonjour ? - Bonne id�e.

Fatigu�e ?

Non. J'ai envie de me laisser flotter en savourant le soleil.

Ces derni�res semaines, je revis.

�a me pla�t.

Vous me faites du bien aussi.

Le monde ne me semble plus peupl� uniquement de malades.

J'en suis heureux.

Pourquoi cette surprise ? Vous m'attendiez.

Oui, mais pas surgissant de la mer !

Je vous pr�sente Mark Elliott.

Nous nous connaissons.

Je ne vous attendais pas en V�nus naissant des vagues.

C'est parce que Suyin ne savait pas quoi se mettre.

C'est parce que Suyin ne savait pas quoi se mettre.

Venez, vous allez vous s�cher.

Et nous on va arroser �a !

Prenez ma chambre.

Vous �tes une rus�e. Depuis quand Mark s'int�resse � la m�decine ?

Je ne comprends pas...

Ah vraiment ?

N'est-il pas envisageable que nous soyons simplement amis ?

Pour vous deux, non.

Il te pla�t ?

Je n'ai pas nag� pour le fuir.

Quelle belle promenade au clair de lune, en plein soleil !

C'est absurde.

Je n'ai aucune intention d'aimer qui que ce soit.

Il est gentil. Nous sommes bons amis. J'en resterai l�.

Avec les �v�nements, sommes-nous en s�curit� ici ?

�a existe, les lieux s�rs ?

- Vous parliez de nous ? - Non, de la Chine.

Oublions la Chine. On va �couter de la musique.

On n'y �chappe pas. Nous oublions que la Chine est � c�t�.

Je suis pour un resserrement des relations Est-Ouest.

Pas vous, docteur ?

Vous avez un go�t de sel.

Il y a un vieux dicton chinois :

"Ne r�veille pas le tigre qui dort."

Surtout dans cette barque.

Je ne plaisante pas.

Moi non plus.

Je crois que je vous aime.

Vous ne me connaissez pas.

Pour vous, un baiser n'engage � rien.

Un simple baiser...

Pour moi, ce n'est pas ainsi. Je ressens...

Ce n'est pas que vous me d�plaisiez, au contraire.

Je ne veux pas �tre importun.

Il n'y a eu, dans ma vie, que mon mari.

Je suis en �quilibre instable.

Je n'aime pas cette sensation. Elle me fait peur.

Ne vous enrhumez pas.

Excusez-moi. J'�tais en pleine controverse.

Une controverse ?

Ma moiti� chinoise discutait avec ma moiti� europ�enne.

� quel sujet ?

De tigres endormis.

Voulez-vous me donner une cigarette ?

Je ne vous ai jamais vu fumer.

Je fume rarement.

Vous croyez toujours que le destin nous oublie ?

J'ai pris une d�cision :

C'est � vous d'en d�cider, car vous �tes plus fort que moi.

La force, c'est vous qui l'avez.

Vous vous trompez, vous avez la douceur.

Rien n'est plus fort au monde que la douceur.

Vous savez ce qui se passera si nous continuons � nous voir ?

Je sais que nous continuerons.

Mieux vaut ne pas vous encombrer de moi.

�loignez-vous de moi pendant qu'il en est encore temps.

Vous pouvez encore.

On se jette � corps perdu, comme si ce n'�tait pas grave.

Cessez de vous tracasser.

O� vous verrai-je demain ?

Il y a un arbre en haut de la colline, derri�re l'h�pital.

Sur le sentier qui part de la route.

Je vous rejoindrai � 5 heures.

Je vous y attendrai.

Bonne nuit.

Je suis en retard. Je ne vous voyais pas, je vous ai cru parti.

Nous sommes tous les deux en avance.

Donnez-moi la main.

Le temps passe vite. Je ne voulais pas �tre en retard.

Je ne pensais pas au temps.

J'aime qu'un homme ne d�coupe pas sa vie en tranches minut�es.

�a me pla�t tant !

Hong-Kong... Quel merveilleux joyau !

Vous avez les mains ondulantes d'une danseuse balinaise.

J'ai toujours eu peur des mains des hommes.

Mais pas des v�tres.

- Ne bougez pas. Restez immobile. - Pourquoi ?

Un papillon s'est pos� sur votre �paule.

�a porte bonheur.

Il ne fallait pas bouger !

Superstitieuse ! Vous, un m�decin !

Je suis n�e dans la superstition.

Quand un paysan chinois a un fils, il l'habille en fille

et lui donne un nom de fille, pour parer � la jalousie des dieux.

Si la r�colte est bonne,

il secoue la t�te en criant : "Le riz est mauvais !"

Il le fait pour tromper les dieux.

Je suis pareille.

J'aimerais tromper les dieux,

car s'ils me voient, ils seront jaloux.

Il ne faut pas que les dieux jaloux nous voient : "Le riz est mauvais !"

Taisez-vous !

Je parle s�rieusement.

Moi aussi.

Dr Sim, ce monsieur cherche le Dr Han.

Le Dr Han est de service.

Elle m'a fait dire de la rappeler d'urgence.

Alors je suis venu. Je suis Mark Elliott.

Et moi le Dr Sim. Suivez-moi, s'il vous pla�t.

Dr Han, M. Elliott pour vous voir.

- Que faites-vous ici, Mark ? - On m'a transmis votre message.

On m'a dit que vous op�riez, alors je suis venu.

Ce n'�tait pas si urgent que �a.

Tout va bien, merci.

- Qu'y a-t-il ? - Ne parlons pas ici.

Je termine mon service. Vous voulez voir o� je vis ?

Somptueux. Les tuyaux d'eau chaude passent sous le plancher.

Les cancrelats deviennent �normes et se livrent de grands duels.

Ils adorent le D.D.T. Alors je les laisse tranquilles.

Maintenant je pourrai penser � vous en contexte.

Vous avez des ombres et la fatigue sous les yeux.

J'�cris beaucoup la nuit pour �tre davantage avec vous.

Vous voulez du caf� ?

Vous aviez � me parler ?

Je pars pour Tchoung King.

Pourquoi ?

J'ai re�u un t�l�gramme urgent de mon oncle.

Il est le chef de la famille, mes parents sont morts.

Il se passe quelque chose. C'est Suchen.

- Qui est-ce ? - Ma jeune s�ur.

Je ne l'ai pas vue depuis des ann�es.

Vous ne pouvez pas faire cela d'ici ?

Il ne s'agit pas seulement d'elle.

Je veux revoir la Chine,

pour savoir si je veux vraiment y retourner.

Et il faut aussi que je m'�loigne de vous quelque temps.

Vous �loigner de moi ?

Il faut que je fasse le point sur des faits qui me tracassent.

C'est absurde. � moins que vous ayez chang� d'avis sur moi.

Non, Mark.

Mais o� cela nous m�nera-t-il ?

Je ne me vois pas en petite Eurasienne de Hong-Kong.

Vous ne le serez jamais. Ne dites pas �a !

Je le dirai quand m�me.

Alors je me suis tromp�, je ne vous comprends pas.

Normal, vous n'�tes pas eurasien.

Votre dignit� n'est pas en cause.

Si, bien s�r !

Je ne vous ai pas ramass�e dans la rue.

Vous vous inqui�tez d'�tre eurasienne.

J'essaie de raisonner.

Vous �tes am�ricain. Au fond de moi, je suis chinoise.

Vous �tes mari�, je suis veuve.

Vous �tes journaliste, un spectateur qui ne s'implique pas.

Je suis m�decin, profond�ment engag�e par mon devoir.

- Je veux que rien de sordide ne... - Sordide ?

Je vous aime. Ne comprenez-vous donc pas, Suyin ?

Mais non, m�me les gros laids de ce monde

pensent que l'amour les rend beaux et justifie tout.

Je veux mieux que cela pour nous.

Et je me ronge les ongles en attendant que vous vous d�cidiez.

Oubliez votre vanit� masculine !

Inutile d'aller � Tchoung King pour vous lib�rer.

- Je m'en vais. - Ne me menacez pas !

Ce n'est pas une menace.

Cette place est prise ?

Suzanne ! Tu vas � Tchoung King !

- Nous allons � Kwajalein. - Nous ?

Je ne suis pas seule.

Par prudence, nous ne sommes pas c�te � c�te.

C'est un des directeurs de l'h�pital.

Je te ferai augmenter.

Notre amiti� ne risque pas de montrer que tu es Eurasienne ?

Il l'a appris, il a cru que je le faisais pour lui.

Alors il m'a achet� ceci.

- Il est beau, non ? - Magnifique !

Ce sont de vrais diamants.

3e oncle.

3e tante.

Cousin Li Foo.

Cousin Li Chung.

Cousin Li Wong.

Ce moment nous a bien tard�.

Nous esp�rons que tu n'as pas chang�.

Je suis pareille et vous �tes comme dans mon souvenir.

- Ton visage est plus rond. - C'est nouveau !

Nous craignions que tu ne sois �trang�re. Tu ne le sembles pas.

Je me sens compl�tement lib�r�e.

Tu es ici chez toi. Buvons du th� et parlons de choses et d'autres.

Pouvons-nous maintenant parler de Suchen ?

Suchen nous apporte le d�shonneur.

Elle vit chez un �tranger.

� moins de 50 m�tres, elle vit sous la protection de l'�tranger.

Elle craint d'�tre fusill�e si Tchoung King tombe.

Elle esp�re la protection de l'�tranger.

Aucun des n�tres n'a jamais fait cela.

Puis-je la voir, 3e oncle ?

La nuit tombe. J'envoie quelqu'un pour t'�clairer.

C'est moi, Suyin, ta s�ur a�n�e.

Je ne pensais pas que tu viendrais.

Comment le pourrais-je ?

Raconte-moi.

Quel est ce d�shonneur que tu apportes aux n�tres ?

Tu es contre moi ? Tu es devenue une �trang�re toi-m�me.

Tu es libre. Tu peux retourner � Hong-Kong.

3e oncle refuse de demander un passeport pour moi.

Il veut que je reste pour �tre fusill�e.

Tu voudrais, prot�g�e par un �tranger,

voir fusiller les tiens.

Ils peuvent fuir, mais ne veulent pas.

J'en ai assez de Tchoung King !

Je veux �tre aussi libre que toi

et oublier la Chine.

Si j'obtiens ton passeport, retourneras-tu dans la famille

en r�glant toutes tes dettes vis-�-vis de l'�tranger ?

Je ne veux que partir.

Tu auras ton passeport.

Je ne veux pas vous perdre alors je suis venu.

Pouvons-nous parler sans t�moins ?

Nous aimerions aller parler dans la cour.

Nous accordez-vous votre permission ?

La nuit est fra�che. Du th� chaud t'attendra.

Voulez-vous m'�pouser ?

Vous n'�tes pas libre, Mark.

J'obtiendrai ma libert� � notre retour.

Ne faites rien qui puisse nuire � quelqu'un d'autre.

Cela vous g�nerait

et vous m'en voudriez.

Je veux savoir si vous m'�pouserez.

Je ferai toujours ce que vous voudrez.

Alors c'est d�cid�.

J'aimerais avoir la permission de mon oncle, pour ne pas le froisser.

Assieds-toi ici, Suyin... l�, M. Elliott.

Je sollicite la permission

de devenir la femme de Mark Elliott.

- O� habiterais-tu ? - � Hong-Kong, avec Mark.

Renoncerais-tu � ta vocation de m�decin pour M. Elliott ?

Je ne demanderai pas � Suyin d'y renoncer.

Suyin...

tu es citoyenne chinoise.

Ton passeport expir�, tu ne pourras pas exercer � Hong-Kong.

O� irais-tu alors ?

Si Suyin veut exercer en Chine, je la suivrai.

La nouvelle tapisserie aura une trame tr�s serr�e.

Vous n'y aurez pas votre place.

Nous pourrons aller en Am�rique.

Oui... Commence donc par fuir.

Puis tu arracheras tes racines et t'�tioleras.

3e tante... crois-tu que ce soit mal ?

Tu me le demandes, je dois te r�pondre.

C'est un �tranger.

- Je n'y peux rien. - Nous connaissons ce probl�me.

Le p�re de Suyin avait quitt� sa terre natale pour une Europ�enne.

Une part de lui est rest�e ici.

Je pr�f�re un avenir sans espoir

� un pr�sent sans Mark.

Il faut faire ce que tu as � faire.

On ne retient pas la mar�e.

Que rien de toi ne reste en arri�re.

Entre de tout c�ur dans cette union.

Pour nous, le jade longuement port� devient une part de soi.

Ils me donnent une partie d'eux pour que je l'emporte.

Nous revenons sur terre.

Le soleil brille. C'est bon signe.

Peu importe. Le sort n'est pas jaloux de nous.

Je vais aller retenir ma place pour Singapour.

D�j� ?

- Je ne peux pas r�gler �a par lettre. - Bien s�r.

Ton absence me permettra de m'�prouver.

Tu te ronges les ongles ?

Je sais.

Tu cesseras quand tu auras la paix du c�ur et que tu seras tout � moi.

Les passagers sont pri�s d'emporter ce qui leur appartient.

C'est-�-dire, toi.

Comme tu as chang� ! Tu es belle et radieuse.

C'est Mark.

Tu �tais si timide et h�sitante.

- C'est Mark. - Cesse de r�p�ter "C'est Mark".

- Tu crois que l'amour, c'est original ? - Pour moi, oui.

- Quand Mark revient-il ? - Aussit�t son divorce r�gl�.

- Il est mal parti. - Pourquoi ?

Je connais sa femme.

Elle ne l'aime pas, mais elle se cramponne par int�r�t.

Je pense qu'il reviendra libre.

Renonceriez-vous � tant de choses pour moi, si vous �tiez Mark ?

Non. Je trouve qu'il se conduit en idiot.

Et vous aussi. Vous �tes tr�s heureux comme �a.

Pourquoi tout g�cher ?

On ne s'amuse plus quand on est s�rieux.

C'est difficile pour Mark.

Vous �tes chinoise, ce qui n'arrange rien.

- Tu parles trop. - Comme vous toutes.

Un t�l�gramme pour vous de l'h�pital, Suyin.

Ici, le Dr. Han.

Voudriez-vous me lire ce t�l�gramme ?

Qu'y a-t-il ?

- C'�tait de Mark. - Qu'a-t-il dit ?

Il a dit...

"Je ne me ronge plus les ongles".

Elle me refuse la libert�.

Je l'ai devin� en voyant ton visage.

Qu'allons-nous devenir ?

Je m'�tais pr�par�e � la possibilit� d'un �chec.

�a ne change rien.

Je suis toujours � toi.

Quand je t'ai envoy� le t�l�gramme, elle avait accept�.

Mais ensuite elle a chang� d'avis.

Tu as raison... �a ne change rien.

Esp�rons qu'elle change encore d'avis.

Rentre te reposer chez toi. On se reverra demain.

Tu n'as pas assez dormi.

� quoi le vois-tu ?

Je sais toujours si tu as assez dormi trop travaill� ou pas assez mang�.

Un t�l�gramme m'attendait.

Je dois aller � Macao.

Bien s�r.

Il faut y aller.

Je ne veux pas rester 8 jours loin de toi.

Tu ne seras pas loin.

Mais toute une semaine !

Peux-tu me rejoindre dans quelques jours ?

Je m'arrangerai.

Mais ce n'est peut-�tre pas raisonnable.

Il faut parfois d�raisonner pour vivre.

- Pourquoi souris-tu ? - Je ne sais pas.

Fa�on de marcher, de parler... Tout en toi...

Je t'aime, Suyin.

Ici, Mme Palmer-Jones. Pouvez-vous venir me voir ce matin ?

Le Dr. Sen pourrait venir.

Je pars justement en cong�.

C'�tait important. Je me suis foul� la cheville.

Bon. Je ferai un saut en allant au bateau.

C'est gentil d'�tre venue.

Je ne comprends pas.

Je n'ai rien de foul�. Je voulais vous parler.

Mon taxi m'attend. Je dois prendre le bateau pour Macao.

C'est de cela que j'ai � vous parler.

Personne plus que moi ne d�teste les ragots et n'est plus tol�rant.

Mais il y a des choses � respecter,

avec ce qui se passe en Chine, surtout.

On a dit de vilaines choses sur vous et M. Elliott.

Quelles choses ?

Vous savez que M. Elliott est mari�.

Je l'ai toujours su.

M. Palmer-Jones veut de la tenue chez le personnel de l'h�pital.

J'ai cru devoir vous pr�venir.

Merci.

N'h�sitez pas � m'appeler si vous vous foulez la cheville !

Je suis le Dr Han.

M. Elliott a t�l�phon� qu'il serait en retard.

J'esp�re que votre s�jour sera agr�able.

Je t'ai fait attendre. Ce n'est pas mon genre.

Pourquoi t'es-tu enferm�e ?

Pour m'isoler du monde entier.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive.

Je suis comme une graine qui germe et s'agrippe � la vie.

J'entends le soleil et je sens son odeur.

Les surfaces et leur texture me sont sensibles.

Et je suis lucide ! Tellement lucide !

Plaignons ceux qui n'ont pas ce que nous avons.

Je me r�p�tais, hier soir, les vers d'un po�me :

"Ce sont vos visages devenus �trangers

"qui manquez mille splendeurs."

Je suis si heureuse que j'ai peur.

Il me semble que le ciel est si bleu

qu'il pr�pare pour nous une grande tristesse,

parce que nous avons tant re�u.

Quoi qu'il arrive, rappelle-toi

que le ciel n'est ni juste ni injuste.

Ce sont des fun�railles.

Elles ont un air de f�te.

C'�tait un homme de bien, qui a bien v�cu.

- Tu inventes �a ? - Non, leur pancarte l'affirme.

Pourquoi les parents sont-ils cach�s aux vues ?

Ils dissimulent leur chagrin.

Comme c'est bon de vivre !

Ce sont deux ex-g�n�raux, amis de ma famille.

- Ils ne t'ont pas parl� ? - Ils ont vu que je suis avec toi.

Ce n'eut pas �t� poli.

- Deux personnes. - Vous avez retenu une table ?

- Venez � la meilleure table. - Pas la peine.

Dr Han, M. Vicente, le propri�taire.

- M�decin ? Les affaires marchent ? - Je n'ai pas de cabinet.

Un m�decin femme gagnerait beaucoup d'argent.

Les hommes n'aiment pas que leur femme ait un m�decin homme.

- Restez � Macao. - J'y penserai, merci.

Combien de temps restons-nous ici ?

- Une semaine, tu peux ? - Non, mais je le ferai.

Est-ce bien qu'on nous voie ensemble ?

Je veux que tous mes amis disent :

"Qui est cette belle Chinoise avec Mark ?"

Eurasienne.

Je vous apporte du Champagne ?

Non, plut�t deux martinis, tr�s secs.

Faites-moi confiance.

Tu sais...

j'aimerais aller �couter les beaux mensonges d'une voyante.

La dame voudrait conna�tre son avenir.

Le destin s'�crit dans le sable.

J'aimerais un bel avenir, s'il vous pla�t.

Vous tr�s heureux.

Vous aurez tr�s grande maison.

Pas trop quand m�me.

Et beaucoup enfants.

Combien ?

10 enfants. Peut-�tre 15.

Vous dites ?

C'est trop ? Je vais v�rifier.

4 enfants.

Aurons-nous une vie longue et heureuse, ensemble ?

Ann�es difficiles � dire.

C'est plus cher.

C'est lui qui aura bient�t une grande maison.

Dans bo�te, scarab�e bleu et scarab�e blanc.

Le blanc, femme. Le bleu, homme.

Si vont tous deux dans autre bo�te, longue vie ensemble.

Vous aurez longue vie ensemble : 87 ans !

Merci pour cet avenir heureux.

Et merci aussi � vos scarab�es.

Un t�l�gramme pour vous, M. Elliott.

Attends-moi.

Quand part le 1er bateau pour Hong-Kong ?

Dans 1 h 50.

Prenez-moi deux billets.

Mais pourquoi en Cor�e ?

La Cor�e du Nord a envahi la Cor�e du Sud.

Faisons vite nos bagages.

C'est une petite guerre, n'est-ce pas ?

Difficile � dire.

Elle durera longtemps ?

Je ne pense pas. 2 ou 3 semaines sans doute.

Tu peux ne pas y aller ?

Non, je ne peux pas ne pas y aller.

C'est ce que je craignais.

Notre mensonge rutilant n'aura pas dur� une nuit.

Je vais au journal. Je t'appellerai d�s que j'aurai des nouvelles.

Bonjour, Dr Han.

Votre s�jour � Macao s'est-il bien pass� ?

Oui, merci.

Il y a eu une explosion en votre absence.

Vous nous avez manqu�.

Mon mari �tait tr�s m�content que vous soyez partie.

Enfin... Vous �tes revenue, c'est bien.

Elle vous a dit ?

Oui. Je suis d�sol�e de vous avoir fait d�faut.

Vous savez qu'on ne vous maintient pas votre poste ?

Non.

Ce n'est pas bien grave. Mais j'aurais d� �tre ici.

Vous croyez que c'est pour cela qu'on vous renvoie vraiment ?

Non. C'est parce que vous �tes Eurasienne.

J'en doute, Sen.

Et il y a d'autres h�pitaux � Hong-Kong.

- Aucun ne voudra de vous. - J'ouvrirai un cabinet.

Les Anglais pr�f�rent aller chez un m�decin de leur race.

Cela vous inqui�te vraiment ?

Rentrez en Chine. L�, on vous confiera un h�pital � vous.

Rentrez en Chine.

Elle a pris du poids.

�tre aim�e change bien des choses. Je l'ai adopt�e.

Vous n'avez pas votre compte d'ennuis ?

Ici, le Dr Han. Si on me demande,

veuillez passer la communication ici.

Poste 3-1.

Comment dit-on : "Inspire � fond" ?

Vous ne pr�f�rez pas qu'elle chante ?

Je viens de fixer mon d�part. Je peux te voir ?

- Je te rejoindrai � l'a�roport. - Non, pas � l'a�roport.

Sur la colline, dans 1/2 heure.

Et pour fermer le robinet ?

Donne-moi la main.

Toute femme qui aime devrait avoir un jardin secret.

Et tout homme qui aime, une colline.

Tu te rappelles l'homme que tu voulais interviewer ?

Celui que tu disais le plus riche au monde.

- Ce n'est pas lui. - C'est toi.

- � quoi le vois-tu ? - J'ai appris � te deviner.

Dans notre prochaine vie, soyons oiseaux.

En bonne r�incarnation,

je serai femme et toi, tu seras homme.

Je refuse d'�tre un homme.

Tu m'as rendue heureuse d'�tre femme.

Je t'accepterai comme tu es.

Je voudrais �tre � tes c�t�s dans l'autre vie comme dans celle-ci.

Qu'�criras-tu en Cor�e ?

Les m�mes choses que lorsque j'�tais en Afrique, en Indon�sie...

la froide r�alit� de la guerre,

des histoires sur la peur,

la souffrance,

sur des gens qui n'y comprennent rien.

Les correspondants se font-ils tuer ?

Un de mes amis s'est fait �craser par un bus.

S'il t'arrivait quoi que ce soit,

je renoncerais � la m�decine.

J'en voudrais trop � l'humanit�.

Alors je ne t'aurais apport� que malheur.

Et je le saurais.

- Quand pars-tu ? - Il y a 10 min.

La guerre t'encha�ne � une montre.

Mon avion part malheureusement � l'heure.

Je n'ai pas m�me eu le temps de t'acheter un cadeau.

Je ne t'ai jamais rien donn�.

Ce que tu dis est faux et affreux.

Quelle belle r�ponse !

Je vais partir. Ne sois pas triste.

Je ne le serai pas. La tristesse est trop grave.

Ne descends pas.

Je veux me retourner et te voir ici.

Je serai ici � ton retour. Je te le promets.

Le scarab�e bleu nous a promis une vie longue et heureuse.

Nora ? Ici Suyin.

Mark est parti et j'ai perdu ma situation � l'h�pital.

Pouvez-vous m'offrir un toit ?

Bien s�r. Vous pourrez rester tout le temps que vous voudrez.

Et ma petite pupille ?

Nous avons toutes deux besoin d'amis.

Venez avec elle, 3e oncle, 3e tante, et qui vous voudrez.

Merci Nora. Ce ne sera pas pour longtemps.

Entrez.

Puis-je vous dire un mot ?

Quand quittez-vous l'h�pital ?

Demain.

Je rentre en Chine. Avez-vous envisag� d'y retourner ?

Il faut que je reste ici.

- � cause de M. Elliott ? - Oui, en effet.

Vous sacrifiez votre pays pour l'amour d'un homme

qui ne vous �pousera m�me pas. O� est votre int�r�t, Suyin ?

Vous ne vous me ferez pas culpabiliser.

Oubliez cet homme. C'est une faiblesse indigne de vous !

Le monde n'a pas de place pour les faibles.

Alors il n'y a pas de place pour les m�decins qui les secourent.

Vous n'�tes pas bien ici, je le vois.

Vous d�testez la pauvret� que vous voyez ici.

Je la d�teste partout. Mais cela ne fait pas de moi une communiste.

Cela fait de moi un meilleur m�decin.

La Chine conna�t un nouveau d�part. Nous sommes enfin libres !

Les r�fugi�s la fuient � la cadence de 3 000 par jour.

Vous qui croyez en cet ordre nouveau,

comprenez-vous pourquoi tant de gens le fuient ?

Vous n'�tes plus chinoise. Vous ne regardez plus la v�rit�.

Regardez-vous dans cette glace.

C'est peut-�tre l� que nos vues divergent.

Vous voyez la v�rit� se refl�ter dans le miroir.

Mais pour moi, c'est une illusion.

Car dans le miroir, la droite devient gauche et vice-versa.

Nous sommes venues et vous �tiez sortie.

- O� �tiez-vous ? - Je cherche un emploi.

Des ouvertures ?

On m'offre de taper � la machine des textes m�dicaux.

Iras-tu parler � Palmer Jones, si je t'obtiens une entrevue ?

J'aurais dit non il y a un mois, mais mon amour propre a �t� entam�.

Je l'appellerai demain.

Lisez votre lettre. Nous allons pr�parer le th�.

Elle n�glige sa sant�.

Elle semble inqui�te et fatigu�e.

Je la trouve superbe...

quand on pense � ce qu'elle vit.

J'ai re�u tes lettres 8 et 11

mais il me manque les 9 et 10.

La lune est belle, chaque nuit plus grande,

chaque nuit elle se l�ve plus � gauche

et atteint plus tard les arbres � droite.

Rituellement, je lis deux fois tes lettres � sa lumi�re.

Hier, grand jour, j'ai eu la chance d'avoir un lit propre

que j'ai pu orienter face � notre amie la lune.

Je vais chercher Robert. Vous m'accompagnez ?

- Je pr�f�re rester ici. - On pourrait s'arr�ter au salon de th�.

Ne vous en faites pas. Je vous suis d�j� si redevable de votre gentillesse.

Je ne suis pas gentille, mais int�ress�e.

Avec tous ces enfants, il me fallait un m�decin.

Mais que faites-vous donc ?

J'�cris une pri�re pour Mark.

C'est idiot, je le sais, mais je voudrais tant le prot�ger.

Victoire ! Les lettres 9 et 10 sont enfin arriv�es.

Vieilles et corn�es, mais si agr�ables !

Je pense �tre � S�oul demain.

Mes fesses sont us�es � force de rouler sur des bosses.

Je craignais de ne pas savoir quoi t'�crire, mais c'est le contraire.

Ce n'est la faute de personne. �a arrive !

Nos troupes se replient sur des positions �tablies � l'avance.

Cessez d'�couter �a.

Une lettre de Mark. Vous en avez assez pour faire un feu !

Je ne les br�lerais pas, mais elles feraient une belle flamme.

J'ai l'impression que Mark est plus proche lorsqu'il est loin

que lorsqu'il est avec moi. �trange, non ?

Pas du tout.

Qu'y a-t-il ?

Mais que se passe-t-il ?

C'est dans les journaux.

Il s'agit de Mark.

Qu'a-t-il ?

Mort ou prisonnier ?

- Il est mort. - Ce n'est pas vrai.

C'est un mensonge !

Je refuse d'y croire.

Je ne sais pas ce que r�serve l'avenir,

mais je sais ceci :

Rien n'est plus tragique que ne pas �tre aim�.

Dieu s'est montr� bon pour nous.

Il est mort...

mais ses lettres m'arrivent, une par une.

Elles continueront � m'arriver...

une par une.

Le ciel n'est jamais juste ni injuste.

Dieu s'est montr� bon pour nous.

Je suis tr�s fier de savoir que ta propre douleur

ne te cache pas les souffrances d'autrui.

Donne-moi la main.

Gu�rir les autres est le v�ritable salut.

Je t'envie de savoir gu�rir.

Tu te penches sur la souffrance,

mais tu peux la soulager.

Moi, je ne peux que l'observer.

Toi et moi, nous avons su saisir

les mille merveilles de l'amour.

Sous-titrage Visiontext

FRENCH

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