All language subtitles for 1970.Le temps des loups (fr)

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Original subtitles

[musique douce]

[voix d'homme] Un redoutable bandit français a pour idole Dillinger,

le gangster américain des années 1930.

[voix déformée]

[voix d'homme 2] Le dernier exploit de Dillinger : il réussit un hold-up

dans une banque des Champs-Élysées à trois heures.

[brouhaha de commentaires radiophoniques]

[voix d'homme 3] Kramer prend des mesures pour lutter contre le pseudo-Dillinger.

[voix d'homme 4] Le commissaire Kramer déclare la guerre aux gangs.

[la voix continue en écho]

[brouhaha de commentaires radiophoniques]

[piano rythmé]

[brouhaha de commentaires radiophoniques]

[piano rythmé]

[brouhaha]

[piano rythmé]

[voix d'homme 5] Kramer prend des mesures pour lutter contre le pseudo-Dillinger.

[piano rythmé]

[voix d'homme 6] Le commissaire Kramer déclare la guerre aux gangs.

[piano rythmé]

[brouhaha oppressant]

[déclic]

[journaliste] Le voilà. Allons-y, vite.

Commissaire Kramer, voulez-vous faire une déclaration ?

- Avez-vous une nouvelle piste ? - Une photo.

Vous avez de nouveaux indices ?

- [journaliste 1] Il se cache à Paris ? - [journaliste 2] Soyez gentil.

[journaliste 3] Commissaire Kramer !

Vous n'avez pas peur d'être ridicule, commissaire ?

Commissaire !

On dit que c'est votre ami d'enfance, c'est vrai ?

Oui.

[musique intrigante]

[détonation]

[secrétaire] Vous pouvez entrer.

[alarme]

[sirène]

[musique rythmée]

- [alarme] - [cri]

[gémissement]

Bougez pas.

[sirène]

[crissement]

Ils sont dans une voiture de police.

- Par là ? - Oui, par là.

[sirène]

[crissement]

- [crissement] - [klaxon]

[crissement]

[crissement]

[musique calme]

[silence]

Tu as les diam' ?

Oui. T'as le fric ?

Touche pas.

Fais pas le malin !

[cri]

[détonation]

[coups de feu]

- [gémissements] - [coups de feu lointains]

[coups de feu]

[sifflement de balle]

[cri]

[gémissement]

[choc]

[coups de feu lointains]

[hurlement]

[gémissement]

[coups de feu lointains]

[sifflement de train au loin]

[cri]

[musique rythmée]

Albert, les diam' sont tombés dans la cuve.

- Ramène-le, j'y vais. - T'es fou, non !

Albert ! La deuxième.

[homme] Et Albert ?

- Il s'occupe des diam'. - Rentre-le.

Bon Dieu, qu'est-ce qu'il fout ?

[sirènes lointaines]

Merde, les flics ! Allez, on se tire. Vas-y !

[gémissements]

Ça ne saigne plus. J'avais peur que ça ne soit l'artère.

[gémissement]

[cri]

Ne me dis pas que je t'ai fait mal.

J'ai des mains de fée ! Grâce à elles, j'ai fait des miracles.

Comme guérisseur ?

Non, comme pickpocket !

Je comprends mieux. [rire]

J'avais une spécialité, je faisais les sacs des dames.

Mais attention, toujours humain !

La petite bonniche en vadrouille, passez mademoiselle.

Mais la nana à mouton doré, passez la monnaie. J'avais le doigté !

Pas pour faire les pansements !

J'aurais été capable de barboter les chaussettes d'un flic

sans lui retirer ses godasses ! [rire]

[entrechoquement]

Vos gueules !

Tu m'as fait peur, toi.

[Albert] Les ordures.

Ils ont failli nous avoir.

J'ai attendu que les flics se tirent.

Je voulais récupérer les diamants.

Impossible.

C'est perdu.

Pas perdu pour tout le monde.

[femme] Y avait un grand et un petit.

Le petit avait des grandes moustaches comme Salvador Dalí.

[machine à écrire]

Et leur voiture, c'était une ID ou une DS ?

Une DS noire, j'en suis sûr.

- Sûr ? - Ah, sûr !

Merci.

[léger brouhaha]

[homme] Bien.

- Pas trop tôt ! C'est quoi ? - Pâté.

Oh, tu sais bien que j'aime pas le pâté.

[homme 2] Toujours difficile !

Voilà le dernier service, messieurs.

J'avais demandé deux sandwichs.

[téléphone]

Oui, allô ?

Je vais voir s'il est encore là.

- Patron. - Oui.

- Le ministère de l'Intérieur. - Dites que je suis sorti.

Désolé, il est sorti.

- [interphone] - Oui.

- Je vais dîner au Village. - D'accord.

- [musique jazz] - [brouhaha léger]

- [les femmes rient] - [serveuse] Vous désirez ?

Vous apporterez trois steaks Village.

- Et après ? - [serveuse] Et comme dessert ?

Une orange givrée.

- Une orange givrée. - Une crème caramel.

[serveuse] Crème caramel. Et vous, monsieur ?

- Juste un café. - [serveuse] Un café. Merci.

Vous avez choisi ?

Comme d'habitude.

- Ça marche. - Je suis pressé !

Comme d'habitude. Et pour le dessert ?

J'attendrai que vous soyez libre.

[rire]

Moi, j'attendrai que vous ayez arrêté Dillinger.

On va attendre longtemps !

Je ne sais jamais quand vous êtes sérieux ou non.

C'est ce qui fait mon charme.

[rire]

[sifflotement]

Salut, shérif.

C'est toi ? Tiens… T'as bousillé mon rétroviseur ?

Te retourne pas sinon je vais être obligé de te flinguer !

Ça te fait plaisir de me voir ?

- Tu me croirais si je te disais oui ? - Bien sûr.

- Je peux fumer ? - Non, ne bouge pas.

- Je vais t'en allumer une. - T'as pas confiance ?

Jamais avec un flic.

Toujours à la recherche d'un coin discret pour fumer en cachette.

Non, pas le coup de l'attendrissement.

Déjà que j'ai pas un souvenir de gosse sans toi ! Tu es partout !

En classe, dans la cour de récréation,

sur les manèges, et même au catéchisme à Sainte Thérèse !

- Comment va ta mère ? - Bien.

- Elle est restée à Lisieux ? - Ça y est !

On parle en copains et crac, un coup d'interrogatoire.

Elle est fière que son fils soit un truand ?

Bourrique, des truands, il en faut.

Ils font vivre un tas de gens, à commencer par toi.

- Je fais travailler du monde ! - Même les pompes funèbres.

On veut me mettre dans le trou mais je suis toujours là.

C'est beau, la justice !

- C'est pour ça que t'es venu ? - Non.

J'ai pas voulu que mon pote le shérif passe pour un petit con.

"Dillinger, le tueur au grand cœur", ça ferait un beau titre.

Pas d'ironie !

Tu vas toucher la prime des diam'. Voilà l'adresse.

Merci.

Un complice n'en dirait pas plus. Pourquoi cette fleur ?

Disons par amitié.

Maintenant, je me tire.

Toi, tu vas tout droit. Cherche pas à m'épingler ni à me voir.

- Ma parole pour aujourd'hui. - Parole de flic ?

C'est rare mais ça existe.

Les flics, c'est comme les empreintes digitales, y en a pas deux pareils.

Adieu, shérif.

[portière]

[homme 1] … temps pour dîner.

Il voulait pas cette affaire, alors, c'est la petite vitesse.

- [homme 2] ? Pourquoi ? - [homme 1] Comme si tu le savais pas !

Il le cherche, mais il prie pour pas le trouver !

J'ai fini mes prières ! Je vous attends en bas.

[Dillinger] Tu te sens mieux ?

J'ai de la fièvre. J'en profite, c'est bon pour écrire.

- Ah… - Tu sais, c'est formidable.

À 30 ans de distance, ta vie et la sienne, c'est presque pareil.

Oui, depuis que je suis môme, je cherche à lui ressembler.

Tu lui ressembles pas !

Comment ça, je lui ressemble pas ?

Ah non ! Pas du tout !

Tu l'as vu ? Y a que pour monter les coups.

Lui, il les faisait à New York et à Chicago, et toi, tu les fais ici.

Mais pour ce qui est de ça, pour les idées,

c'est toi le plus fort. Je le dis, là-dedans.

Ah ouais…

Tu vois, la vie, c'est une question de choix.

Pourquoi tu dis ça ?

Pour rien. Je pensais à la mort.

[brouhaha oppressant]

C'est vrai, quoi !

On peut crever n'importe quand et on s'en fout.

Les autres s'y préparent toute leur vie et ils sont malheureux.

Je peux le noter pour finir mon chapitre ?

Mais n'oublie rien !

[musique calme]

T'es sûr de l'effet ?

Vous affolez pas : un coup de gaz et ils sont endormis pour quelques minutes.

Ça va être la fermeture.

[musique rythmée]

On y va.

[musique rythmée]

[passant] Vous êtes fou !

[cri]

[cri]

Bravo ! Vous aussi, il vous a endormis.

C'est pas moi qui le dis, c'est la presse !

On a foncé au maximum.

Et tu les as ratés au maximum !

À cause du trafic.

Le trafic t'empêche d'arriver, pas les gangsters de se tailler !

Pour vous obtenir des renforts, j'ai emmerdé tous les services.

Vous avez deux fois plus d'effectifs.

Résultat : ils font deux fois plus de hold-up !

Bon, sortez !

- [inspecteur 1] Patron. - Quoi encore ?

Ils n'en ont pas le courage, donc je vais vous parler.

Les gars sont perdus.

[inspecteur 2] On n'a aucun renseignement.

[inspecteur 1] Les indicateurs ont la trouille.

Et les témoins se contredisent.

C'est un cours sur la fragilité du témoignage ?

[inspecteur 1] Je ne me le permettrais pas.

Mais que feriez-vous à notre place ?

Vous pouvez disposer.

[homme] Des mesures spéciales pour mener la lutte contre le pseudo-Dillinger.

[homme 2] Le commissaire Kramer déclare la guerre aux gangs.

[répétition en écho]

[musique dansante]

[brouhaha]

[femme] Bonsoir.

Bonsoir, le patron vous attend.

[patron] Bonsoir. Comment va ?

Assieds-toi.

J'ai fait le nécessaire.

Je te perds comme client pour la boîte puisque, enfin, je crois…

Tu pars en vacances.

Voilà le jeu complet.

Rien que des as !

[musique dansante]

Non, non… Posez ça là.

Un petit scotch ?

- [Dillinger] Oui. - Cigarette ?

Non, non.

Tiens, mon petit.

Merci.

[patron] À ta santé !

Merci pour lui. Elles sont impeccables, les cartes.

Plus vraies que des vraies !

Si t'as besoin de passeports, fais-moi signe.

- Salut. - [Dillinger] Salut.

[musique dansante]

Bonsoir, monsieur. Bonsoir.

Bonsoir.

Bonsoir, monsieur. Bonsoir.

Il m'a donné 100 F, il m'a même pas regardée.

[Albert] Combien je vous dois ?

- Cinq francs, monsieur. - D'accord.

[musique intrigante]

Merci.

[carillon]

Dixième… Neuvième… Sixième…

Où es-tu ? Tiens ! Te voilà !

À côté de ton inséparable.

- Comment s'appelait-il, voyons ? - Robert.

C'est ça.

Oui, vous passiez votre temps à vous battre.

Chez les enfants, c'est un signe de grande amitié.

C'est vrai. Vous permettez ?

Nous sommes tous un peu à la recherche de notre enfance.

Lui, c'était le shérif, et toi, le chef des bandits.

Non ! C'était le contraire.

[rire]

Les shérifs et les bandits qui ont fait leurs études ici

sont probablement aujourd'hui de bons pères de famille.

Pas tous.

Ton copain, c'était un petit gars brillant. Tu l'as revu ?

Non. Malheureusement.

Ça m'amuserait de savoir ce qu'il est devenu.

Ça vous amuserait pas.

Ah ? Et tu sais où il est ?

Je voudrais bien le savoir.

Au revoir, monsieur le proviseur, et merci.

J'ai été bien content de te revoir. Trente ans !

C'est à la fois merveilleux et un peu triste…

Je ne t'ai parlé que de moi ! J'aimerais savoir ce que tu fais, toi.

Je suis dans la police.

Dans la police ? Hé, mais c'est très bien, ça !

Viens me revoir.

[chants d'oiseaux]

[brouhaha enfantin]

[piano rythmé]

[chants d'oiseau]

- [aboiements] - Tu viens ?

Non, je t'attends ici.

- Je comprends pas. - Je préfère.

Ah. [rire]

[aboiements]

[piano rythmé]

Lisieux, le 12 juin 1938…

Salut, Dillinger.

Y en a marre, salaud !

Je t'aurai, et pas plus tard qu'à la récréation,

quand monsieur l'abbé ira pisser.

[aboiements]

Tiens, maman.

- Tu allais partir sans m'attendre. - Hein !

Mais non, maman.

Toujours avec ce voyou à moustache ! Je ne peux pas le voir, celui-là.

Regarde-moi cette tête ! Voilà qui tu fréquentes !

Ça te jouera un sale tour.

Et bien entendu, tu ne veux pas entrer, tu n'as ni faim ni soif.

Non, maman.

J'en ai assez.

Je peux plus lire le journal !

Tous les hold-up, j'ai fini par croire que c'est toi.

Faut pas lire, c'est tout.

Arrête-toi avant qu'on t'arrête.

Écoute, maman, il faut que je parte.

Fous le camp !

Je voudrais…

Je voudrais que ce soit toi qui m'enterres.

[musique douce]

[musique calme]

Je vais en profiter pour travailler à mon bouquin.

Pourquoi t'écris ?

Ce sera pour ma retraite. On n'est pas cadres !

Tu trouveras un éditeur ?

Ces messieurs vont s'arracher mon œuvre.

Question littérature, vaut mieux sortir de prison que de la Sorbonne.

Sans blague ?

Et si tu peux sortir du bagne, alors là, tu casses tout.

Dommage, le bagne n'existe plus !

Dommage… Pour la littérature française, c'est une perte.

T'en as dans le crâne !

J'étais un élève très brillant… À la Santé !

Alors, je l'aurai, mon nom, dans un livre ?

Noir sur blanc. Parole d'homme de lettres !

[musique jazz]

Tiens.

- Ah vous voilà ! - Salut !

- Salut ! - Tenez, les gars.

Foutez le pognon en l'air si ça vous chante,

mais vous faites pas piquer.

Hé ! Qui paye ses dettes ?

Monsieur connaît ses classiques.

Tiens ! Tiens ! Tiens ! Tiens ! Ça vous suffit, ouais ?

[croupier] Messieurs, faites vos jeux.

- Neuf, c'est à vous. - [homme] Huit.

[croupier] Faites vos jeux.

Faites vos jeux, messieurs.

Ils ont de ces gueules.

[croupier] Rien ne va plus.

Rien ne va plus.

8 noir pair et manque.

À qui le 20 ?

[femme] Pour moi, maximum sur le 7.

[croupier] Maximum sur le 7.

- Faites vos jeux. - [croupier 2] Les jeux sont faits.

[croupier] Faites vos jeux.

[croupier 3] Rien ne va plus.

[léger brouhaha]

Le 9 rouge, impair et manque.

[croupier] Rien ne va plus, s'il vous plaît.

Plus rien, madame, s'il vous plaît.

30, rouge, pair et passe.

- À qui le plein ? - À moi.

[croupier 3] Le 13 noir, impair et manque.

[brouhaha léger]

Passez, messieurs.

Je le savais.

[croupier 3] Messieurs, faites vos jeux.

Faites vos jeux, messieurs.

Laisse-moi.

- [croupier 3] 23, maximum rouge. - [homme] Une à neuf.

[homme 2] Une à huit !

[croupier 3] Faites vos jeux.

[homme 2] Le 9, s'il vous plaît.

[croupier 2] Rien ne va plus.

[croupier 3] Faites vos jeux.

[croupier 2] Rouge, impair et manque.

Rien ne va plus.

[homme] Le 4 !

[croupier 3] Le 4 pour monsieur.

[musique douce]

Rien ne va plus. Terminé, messieurs.

Maximum au 17.

Maximum au 17.

[croupier] Faites vos jeux.

Rien ne va plus.

17 noir, impair et manque.

[musique calme]

[croupier] Voici, madame.

[brouhaha léger]

[joueur] Un banco de cinq. 10 000 au bon.

22, s'il vous plaît.

[croupier] Le quatre au rouge.

[joueur] 22, monsieur.

[joueur 2] Finale 7, deux derniers.

[homme] 50 sur le 9.

[brouhaha]

[croupier] Neuf à la banque.

[homme] Banco 20 000.

Banco de 10 000.

[joueur] La main passe.

[croupier] La main passe à 10 000.

Merci.

[croupier] Merci bien, monsieur. 10 000, la main passe. 10 000, la main.

Cette main va sauter tout de suite.

Elle est déjà passée cinq fois.

[croupier] À 10 000. 10 000.

Elle est prise.

[croupier] La main est vue à 10 000, elle est prise à 10 000.

Banco de 10 000.

Voulez-vous la moitié ?

- [croupier] Avec la table. - [joueur] D'accord.

[joueuse] Banco.

La table marche.

Banco seule.

"Banco seule" est demandé.

[brouhaha léger]

Huit.

J'ai sûrement perdu.

[joueur] Oh, quelle main ! Formidable.

Neuf à la banque.

[brouhaha]

[musique douce]

[homme] Bonsoir, madame.

Madame.

- Ça a été ce soir, madame ? - Bof.

Comme ça.

- Voici. - Merci.

- Pour des jetons. - Oui, madame.

Voilà, madame.

Au revoir.

Part à deux ?

Part à deux.

[entrechoquements métalliques]

[rire]

[conversation inaudible]

Et alors ?

Bah alors rien, quoi ! Je regrette.

T'as la trouille, oui !

Moi ?

[rire] Quelle idée !

Écoute-moi bien, toi !

Six mois que je te fous la paix, ça peut plus durer !

Monsieur le commissaire, ce Dillinger, je le connais pas.

On l'a cherché, on sait pas qui c'est, malheureusement !

Malheureusement.

Et malheureusement, on va fermer ta boîte.

Et malheureusement, ta pépée, on va lui reprendre son permis.

La pauvre, elle va s'ennuyer !

Qu'est-ce qu'elle va faire sans moi ?

Des économies.

C'est pas de ma faute si on l'a jamais vu.

À cause de lui, tu vas tomber comme un julot.

Belle addition ! Chez nous, les plats sont plus salés que chez toi !

C'est à dormir debout, ça !

Eh bien, bonne nuit.

- Monsieur le commissaire. - Tiens, t'es réveillé ?

Euh… Je crois, enfin…

Qu'il est sur la Côte. Il me semble.

Bon.

Qu'est-ce que je fais maintenant ?

Je te prolonge de six mois.

C'est tout ?

T'as le condé, mais à la petite cuillère.

[musique calme]

Tiens, regardez !

Il a jamais fait ça.

C'est pas prudent.

Les bonnes femmes, ça parle.

Ne vous en faites pas, c'est une fille bien.

Je l'ai vue voler.

Ah ! Alors !

[elle rit]

Vas-y.

[brouhaha oppressant]

[rire]

[annonce au haut-parleur]

[musique calme]

[sonnerie]

- Je me demandais si vous alliez venir. - Pourquoi ?

Les journaux disent que vous cherchez Dillinger

en banlieue parisienne.

Il faut jamais croire ce qu'ils disent.

S'il est ici, on va convoquer tous les chefs de service.

Plus tard. D'abord, j'ai besoin d'un artiste.

Tenez, voilà la photo d'un enfant de douze ans.

Faites son portrait tel qu'il serait aujourd'hui.

Quel âge a-t-il ?

Mon âge.

[musique calme]

[musique grave]

[brouhaha enfantin]

[piano rythmé]

[machine à écrire]

Ouais…

Je ne pense pas que ce soit ressemblant.

C'est le portrait d'un homme qui a pas souffert.

Vous savez, quand on prend des coups de pied dans le cul,

ça laisse des traces sur le visage.

Mm… Compris.

[musique calme]

[musique douce]

[brouhaha enfantin]

[piano rythmé]

[dessinateur] Et ça ?

Peut-être.

Merci, beau travail.

[Martini] On va diffuser ces portraits en réduction.

Non, je veux des agrandissements. Et ne diffusez rien.

Pas de vagues, pas de fuites.

Et les indicateurs ?

Pas d'indicateurs.

Sans eux, on peut pas faire grand-chose.

Ici, vous avez mieux que les indicateurs :

convoquez tous les physionomistes des casinos.

[rire]

[musique douce]

[rires]

Hou !

[il imite la mitraillette]

Asseyez-vous, messieurs.

Connaissez-vous cet homme ?

Il était chez nous mercredi dernier.

Je crois qu'il est parti vers les quatre heures du matin

avec une habituée qui s'appelle Stella Manzoni.

[musique grave]

[musique calme]

Y a pas de quoi se faire du mouron.

Le petit shérif est dans le coin, et alors ?

Réfléchissez !

Depuis deux ans, on a fait ce qu'on a voulu, et où ça ? À Paris !

Là où le shérif a une armée de flics :

des petits, des grands, des scientifiques,

des "à pied", des "en voiture", même des "en hélicoptère" !

Ils nous ont trouvés ?

Répondez au lieu de faire ces gueules de faire-part !

Bon… Puisque tout le monde est d'accord, on va déménager.

Mais avant, on va faire un coup.

Le coup le plus formidable que j'aie jamais fait.

- Personne n'y a pensé. - [musique intrigante]

Sauf moi !

[Dillinger] Écoutez-moi, les gars.

Sur l'autoroute, à la sortie de Nice,

entre le 14 et le 15 août, vous savez combien il passe de bagnoles ?

200 000.

Et la recette, 100 briques.

[pas]

[mitraillette]

[crissement]

[mitraillette]

[mitraillette]

[mitraillette]

[homme à la radio] Qu'est-ce qui se passe ? Précisez votre position.

On vous envoie des renforts. Répondez.

[musique grave]

[musique rythmée]

- Attention ! - [crissement]

[crissement]

[crissement]

[crissement]

[crissement]

[crissement]

[crissement]

[tirs en rafale]

Merde !

Fonce.

[cri]

[tirs en rafale]

[cri]

[tirs en rafale]

[gémissement]

Oh ! J'ai plus d'essence.

Y a une auberge, là. Arrête-toi.

[coups]

[coups]

[homme] T'as entendu ?

Hé… Qui ça peut bien être ?

Bah va voir, tu le sauras.

Ben, vas-y !

[musique inquiétante]

Qu'est-ce que vous voulez ?

Des chambres pour la nuit.

Je fais pas hôtel. Mais à 4 km, vous avez un trois étoiles.

T'es dingue ! Tu refuses des clients ?

On n'a pas les moyens de perdre 50 tickets. Ouvre.

[gémissement]

Je n'ai pas de quoi vous loger.

- Où tu couches ? - Je loue pas ma chambre.

Non, tu vas nous la donner.

C'est par là.

[musique calme]

Là-haut.

Allez !

[musique calme]

[gémissement]

Et restez tranquilles.

[silence]

Laisse-moi.

Qu'est-ce que tu as ?

Tu as de la veine de pas comprendre.

Comprendre quoi ?

Tout ça, c'est ta vie, c'est pas la mienne.

Tiens !

À cette heure-ci, j'étais au casino.

J'étais peut-être pas très heureuse, mais…

Mais je vivais en pleine lumière.

Tu m'as appris à avoir peur.

Et regarde où nous en sommes.

Demain, on sera loin.

Mais après ?

Si tu restes, je m'en sortirai toujours.

À coups de revolver !

[Dillinger] Tout le monde tue.

À coups de combines, de vacheries.

J'en ai marre…

On va se tirer.

On va aller en Amérique.

Il paraît que là-bas, il y a des coins où c'est toujours l'été.

Tu rêves.

Tu n'es pas normal.

Tais-toi.

Tout va s'arranger.

Tu sais bien que j'ai de la chance.

Non, mon chéri.

Tu n'en as plus.

[soupir]

Ils vont nous coûter cher, tes 50 000 balles.

Hé, là-dedans !

Je veux de l'alcool et du coton.

Oui, tout de suite.

- Bah, vas-y, toi. - Non, toi.

- Quelle lavette ! - Je peux pas voir le sang.

- [coups] - [Albert] Alors ?

J'arrive.

J'en ai, mais en bas.

Vas-y.

Mais fais gaffe.

Donne. Allez, rentre !

[gémissements]

[musique calme]

[gémissements]

[musique oppressante]

Tiens.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Rien. Fais-moi le plein.

J'ai des jerricans, tu les rempliras.

Tu fais des provisions ?

Il paraît que ça va augmenter.

Ça ne m'étonnerait pas, tout augmente.

[chuchote] Qui est-ce ?

[femme] Vérifie l'huile.

Encore ?

[musique grave]

C'est combien ?

60 francs.

Tout est en ordre, maintenant, tu peux y aller. Salut.

[musique rythmée]

[gendarme] Capitaine Lefebvre.

Bonjour.

- Nous savons où ils sont. - Parfait.

Je les ai dénoncés.

Mais t'es dingue !

Pourquoi ?

Tu es la seule à connaître leur planque.

Dès qu'ils entendront les flics, ils vont te buter.

Ils vont te buter, toi aussi.

Non, pas moi.

Parce que je vais leur dire que tu les as donnés.

Elle vous a donnés aux flics tout à l'heure.

- [Stella] Non ! - [coup de feu]

[moteurs]

Non, Robert !

Robert !

[coups de feu]

[cri de douleur]

Fumier !

Non !

Robert, non !

[coup de feu]

[gémissements]

Stella ! Stella !

[soupir]

[soupir] Ce n'est rien.

Ce n'est rien.

[soupir]

Non !

À présent qu'on te tient, j'ai tout mon temps.

Bon. Alors, reprenons du début.

L'argent piqué aux banques, où est-il ?

Je veux voir Stella.

Il s'agit de centaines de millions.

Stella, c'est ma femme et elle est blessée.

Ça va durer longtemps ce petit jeu ? Où t'as mis l'argent ?

Si je la vois vivante, je te donne tout le pognon du monde.

On la soigne ! Elle s'en tirera !

Alors, l'argent des banques ?

Les banques, c'est tout le monde, tout le monde, c'est personne.

Donc, je vole personne ! Mais je vais te faire un aveu :

tu me fatigues.

Sortez tous ! Laissez-moi seul.

Tête de mule, va.

Qu'est-ce que t'as dans le crâne ?

[souffle]

Si tu avoues pour l'argent, tu risques de sauver ta tête.

Ce qui n'est pas facile dans ton cas.

Oui.

Tandis que les juges ont le droit de tuer dans la légalité.

Ils vont se régaler avec moi.

J'aime pas te voir assis là où j'ai interrogé des criminels.

C'était facile, c'est ton métier.

Pour eux, j'avais aucune amitié.

[soupir]

L'amitié d'un flic !

L'amitié, tu sais pas ce que c'est. Tu cherches à m'avoir aux sentiments !

[téléphone]

Allô, oui ?

Ah…

Quand ça ?

Ah bon.

Stella.

Oui.

[coup de feu]

J'ai envie de te cracher à la gueule.

[Kramer] Venez.

Emmenez-le.

[porte]

Ah.

- Bonjour, maître. - Bonjour.

Vous auriez pu vous mettre en robe. Asseyez-vous.

Merci.

[le juge acquiesce]

Tout ça a paru dans la presse.

Vous êtes une vedette.

Vous avez dévalisé une banque.

C'est pas très original !

Vous avez abandonné dix lingots d'or. Pourquoi ?

Vous refusez de répondre ?

Bien.

Il y a quelque chose qui ne colle pas.

La plupart des criminels agissent par mégalomanie,

pour avoir leur nom dans les journaux, or, vous, c'est le contraire :

vous vous faites appeler Dillinger,

du nom d'un gangster américain des années 30,

dont la vie et la mort ont été assez misérables,

et vous avez la fierté de ce nom-là et non du vôtre.

Ça, c'est pas normal.

Je voudrais une cigarette.

Pourquoi vous faire appeler Dillinger ?

Vous voulez pas le dire.

Bien.

Les experts-psychiatres nous donneront la réponse.

Non, pas de médecin !

La preuve que vous en avez besoin.

Ceux qui refusent cet examen sont toujours de vrais malades.

C'est bien connu.

[brouhaha oppressant]

[téléphone]

Oui, allô ?

Oh, pardon. Mes respects, M. le procureur.

Ah ?

L'affaire…

J'ai déjà réglé ce dossier.

Le non-lieu a été rendu la semaine dernière.

Motivé, oui.

Non, aucun appel devant la Chambre des mises.

[juge] Vite, par là !

[écoulement]

[pas dans le couloir]

[homme] Allez par là.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Je sais pas.

Je vais voir.

[pas de course]

[avocat] Qu'est-ce qui se passe ?

[homme] Quelqu'un s'est évadé.

[gémissement]

[musique calme]

- Salut. - À demain. Au revoir.

Hé !

Viens.

Charles est là ?

- Oui. - Il est seul ?

Oui, je crois.

Laisse-nous.

- J'ai besoin d'une filière pour me tirer. - Ça peut se trouver.

Je connais des hommes qui…

Mais ça coûte beaucoup d'argent.

J'en aurai.

Je vais faire au plus vite. Je t'appelle demain soir.

Non, je t'appellerai.

Comme tu veux.

Mais pas de nom. Je reconnaîtrai bien ta voix.

On est amis ?

Des amis ? Je l'espère…

Pour toi.

[musique calme]

Vous ne savez pas où aller ?

Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

J'habite à côté.

Du feu.

Vous vous méfiez de moi ?

Seulement, moi…

Je finirai pas comme lui.

Écoute, tu vas m'aider.

Tu vas aller chez ma mère, dans le Midi. Tu vas lui expliquer.

Dans le grenier, y a des caisses avec de l'argent.

Tu me le rapporteras. Un train te ramènera

à Paris demain, à 8 h. Je t'attendrai à la gare.

[prière lointaine]

[curé] Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière.

Si tu retiens les fautes, Seigneur…

[aboiement]

[curé] Mon âme attend le Seigneur.

Mon âme attend plus sûrement le Seigneur, qu'un veilleur n'attend l'aurore.

[aboiement]

[curé] Puisque auprès du Seigneur est la grâce, l'abondance du rachat…

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

- Le Seigneur soit avec vous. - [femme] Et avec votre esprit.

[curé] Ô Dieu, notre Père…

[musique oppressante]

[musique grave]

À la gare.

[annonce] Le train rapide 52, en provenance de Vacon,

Nice, Marseille et Lyon entre en gare.

Attention !

Non !

Allons-y.

[musique rythmée]

[Geneviève] Robert !

[silence]

[annonce] Attention, attention.

Voyageurs qui venez d'arriver par le train de Nice,

la police vous parle.

Restez sur place.

Il y a parmi vous un individu dangereux.

Je répète :

voyageurs qui venez d'arriver par le train de Nice,

la police vous parle. Restez sur place.

Il y a parmi vous un individu dangereux.

[brouhaha]

Non !

[coups de feu]

[clameur de la foule]

[cri]

[coups de feu]

[clameur]

[brouhaha oppressant]

Salaud !

[brouhaha oppressant]

[clameur hostile]

Salaud !

[brouhaha oppressant]

[homme] Venez m'aider ! Stop !

[policier] Écartez-vous.

[brouhaha hostile]

[homme] Pendez-le !

Pour l'état civil, c'est bien ça ?

Oui.

Connu sous le nom de Dillinger.

[sirène]

[musique triste]

[musique calme]

[musique calme]

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