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Chapitre Un.
C'est l'histoire d'une chasse � l'homme m�morable.
Vous en avez peut-�tre entendu parler
comme un fait divers mineur.
Pourtant, ce qui est arriv� dans cette ville
entre le 16 et le 28 mai de cette ann�e est si incroyable
que l'affaire a �t� �touff�e
pour sauvegarder des carri�res politiques
et tirer les forces de l'ordre de l'embarras.
C'est la derni�re fois que je parlerai de cette affaire.
Ainsi, lorsque vous aurez fini de lire ce rapport,
vous jugerez vous-m�me de sa cr�dibilit�,
et vous essaierez de vous persuader que...
"�a ne pourrait pas arriver ici".
Dimanche 16 mai.
Vers 2h30 du matin,
Cheryl Hughes attendait au croisement
de Casino Center et Fremont Street.
Une amie devait la ramener chez elle en voiture.
Cheryl Hughes avait 23 ans,
elle mesurait 1m65
et pesait 60 kilos,
elle �tait blonde, aux yeux brun clair,
elle �tait danseuse au Gold Dust Saloon.
�puis�e, affam�e, Cheryl Hughes
fut assez insens�e pour rentrer � pied
jusqu'� chez elle, au coin de la 9�me et Bridger.
Cheryl Hughes courait � sa perte.
C'est �trange...
Pas de trace de lividit� cadav�rique.
Relevez la peau du thorax.
�a devrait aller.
C'est incroyable.
Commencez l'examen des organes internes.
J'appelle le Procureur g�n�ral.
Ne parlez de ceci � personne.
Deux jours apr�s, j'annulai mes premi�res vacances
depuis deux ans et demi...
C'�tait une grosse affaire et moi seul pouvais m'en charger,
avait pr�tendu notre cher directeur de r�daction.
La rumeur dit que le jour o� Vincenzo est n�,
son p�re a quitt� la ville.
L'histoire peut �tre fausse, mais je la crois.
Ce que je me demande,
c'est pourquoi sa m�re n'est pas partie, elle aussi.
Esclaves, je vous salue...
- Je trouve pas �a dr�le. - Kolchak, tu t'y colles.
Un meurtre de troisi�me rang, datant de deux jours...
- Tu t'y colles. - Et eux ?
Ils ont d'autres affaires.
T'es beau quand tu te f�ches.
Dehors.
Premier arr�t, l'h�pital o� bosse mon indic le plus fiable...
Du moins il �tait fiable, avant.
Salut Carl.
J'ai cru qu'on t'avait vir� pour faute professionnelle...
Tu devais partir pendant deux semaines ?
C'est ce que je croyais.
� propos de cette affaire Cheryl Hughes...
Pourquoi la cause du d�c�s est "ind�termin�e"?
- Demande donc au l�giste. - C'est toi mon indic.
J'ai d�j� parl� des op�rations ill�gales
que tu pratiquais en cachette ?
Dis-moi la v�rit�, qu'a montr� l'autopsie ?
- Une perte de sang �norme. - Tu parles d'un indic !
Je ne suis qu'un m�decin, qui a piti� d'un journaliste...
Dr O'Brien. Des messages pour moi ?
Le prix Pulitzer, c'est pas pour cette fois.
Deuxi�me �tape, le Gold Dust Saloon,
rencontre avec Gail Foster, coll�gue de Cheryl Hughes
et une bonne amie � moi.
Pauvre Cheryl. Je suis boulevers�e.
Si tu veux pas en parler, je comprends.
Non, je veux aider.
Tu dis qu'elle n'avait jamais de petits amis.
J'en ai jamais entendu parler en tout cas.
Elle avait des plans d'un soir, pas plus.
Je crois pas qu'elle aimait les hommes.
- Ah non ? - Non.
Elle avait m�me appris le karat� pour se d�fendre.
Elle connaissait le karat� ?
Oui. Elle �tait ceinture marron.
Mon rendez-vous est l�. Faut que j'y aille, Salut.
Dans une ville comme Las Vegas,
le meurtre d'une jeune femme fait rarement de vagues.
Mais pas cette fois.
Jeudi 20 mai. 7h02.
C'est par l�.
Je suis pas descendu, j'ai pas pu.
D'accord. Don, prends sa d�position.
Tu es en retard, Kolchak.
J'ai crev� un pneu.
Pas de traces de pas.
- C'est possible ? - Si c'est arriv�, c'est possible.
- Donc c'est possible. - Allons voir.
Bonnie Reynolds, 27 ans, divorc�e,
serveuse au Harem Room Casino.
Regarde sa gorge !
Elle a d� perdre beaucoup de sang.
Cheryl Hughes a aussi perdu beaucoup de sang.
T'as lu �a dans les journaux ?
Non, pas dans les journaux.
Elle a perdu beaucoup de sang, mais pas ici.
Quoi d'autre ?
On a trouv� un sac � mains.
Il y a des traces de lutte par ici.
Mais rien entre l�-bas et ici.
Juste nos traces de pas.
Comment il a fait ? Il l'a jet�e ?
Qui a dit qu'elle a �t� balanc�e � sept m�tres ?
Le m�decin l�giste ?
J'ai pas entendu �a.
Qui a dit que ce meurtre est li� � celui de Hughes ?
La police ? Pas � moi.
Qui a dit que Hughes s'�tait vid�e de son sang ?
Toujours le m�decin l�giste ?
Il a m�me pas encore rendu son rapport.
Et qui a dit qu'un fou furieux super costaud
s�vissait � Las Vegas ?
T'entends des voix, Kolchak ?
J'ai pas invent� les faits.
Je sais que tu t'ennuies.
Un grand journaliste comme toi,
r�duit � la rubrique des chats �cras�s...
Je sais que tu r�ves d'une histoire qui ferait la une,
et assurerait ton retour dans une grande ville, un vrai job,
mais je veux que tu commentes les faits,
pas que tu inventes un conte de f�es.
Et, Kolchak...
Arr�te de casser les pieds des flics.
S'ils savent quelque chose, ils nous le diront.
Utilise ta t�te et fous leur la paix.
Quoi qu'il en soit, ils n'ont pas besoin
d'un d�tective amateur comme toi pour les aider.
Vendredi, 21 mai, 8h06.
Appartement de Carol Hanocheck,
serveuse intermittente
au cabaret Bird of Paradise.
Elle est rentr�e chez elle vers 2h15,
s'est vers� un verre de lait,
a ouvert la porte de la cuisine, pour une raison inconnue,
et est morte comme les autres...
Abruptement, sans violence,
et sans troubler le sommeil de sa colocataire,
� quelques m�tres de l�.
Un mod�le de crime affreux �tait en train d'appara�tre.
C'est l� que les gens cess�rent de parler.
Cela te surprend ?
Tu n'es pas le seul � aimer jouer au d�tective.
Les flics, les gars du sh�rif, ils se croient tous g�niaux.
Ils ont pas besoin de toi.
Faux. Vous avez besoin de moi.
Il y a eu trois meurtres, Bernie.
Et il y a un gars, extr�mement costaud,
qui tue des jeunes femmes
et les vide de leur sang.
T'es pas cens� le savoir.
Je suis pas cens� le savoir. Pourtant je le sais.
Et tes gars du Bureau ?
� ce stade, le F.B.I. n'a pas � se m�ler de �a.
Tu pourrais faire une enqu�te officieuse pour moi.
Du genre ?
V�rifier aupr�s des h�pitaux du pays,
s'ils ont admis des victimes comme les n�tres,
avec de grosses h�morragies.
Voir aupr�s des asiles psychiatriques
s'ils n'ont pas rel�ch� un fou se prenant pour Dracula,
m�me si, dans les faits, il ne l'est pas.
Tu crois encore aux vampires ?
Dr�le, tr�s dr�le.
T'es vraiment dr�le, Bernie.
Tu m'aideras ou tu te contentes de siffler ma bi�re ?
Je vais y r�fl�chir.
Je me permets d�j� de te dire
que la justice locale partage un peu ton opinion...
� l'heure qu'il est, ils attendent un rapport sp�cial du l�giste
et deux experts en pathologie arrivent de Los Angeles
avec une cargaison d'�quipement sp�cialis�.
Salut Marilyn, �a va ?
- J'adore cet endroit. - Merci.
Si tu veux entendre ce rapport sp�cial,
retrouve-moi chez le sh�rif � 6h30.
- Super. Merci. - Sois l� � l'heure.
O� vas-tu ?
M. Kolchak, t�l�phone, s'il vous pla�t, M. Kolchak.
Carl Kolchak, t�l�phone, s'il vous pla�t, Carl Kolchak.
Kolchak.
Salut, Carl.
Para�t que l'h�pital Parkway a �t� cambriol�.
Cambriol� ? Ils ont pris quoi ? Des m�docs, du matos ?
Du sang ?
Oui. Tous les r�cipients ont disparu.
Le stock tout entier.
De quel groupe, le sang ?
Apparemment, �a n'avait pas d'importance.
John...?
Je n'ai pas le temps. � plus.
OK, mais...
18h30, Tribunal du Comt� de Clark.
�taient pr�sents, outre moi-m�me
et deux autres incomp�tents se disant journalistes,
Warren Butcher, du bureau du Sh�rif,
Thomas Paine, du bureau du Procureur g�n�ral,
le capitaine Edward Masterson, de la police de Las Vegas
et le bon vieux Bernie Jenks.
Toujours fid�le � son flegme inimitable,
le Dr Robert Makurji, m�decin l�giste.
Dans chacun des cas, la mort a �t� tr�s rapide,
moins d'une minute.
Une fois les premi�res blessures inflig�es,
le sang a �t� drain� rapidement,
au moyen d'une sorte d'aspirateur.
�a explique l'absence de traces de sang sur les victimes
ou sur les lieux o� elles ont �t� trouv�es.
Docteur, Kolchak du "Daily News."
Savez-vous ce qui a pu causer les blessures ?
Elles sont comparables � la morsure d'un chien.
Comment �a, un chien ?
Vous dites que le meurtrier est un chien ?
J'ai pas dit que les blessures ont �t� inflig�es par un chien,
mais qu'elles �taient similaires � une morsure de chien.
Bizarrement, nous avons trouv� une autre substance
m�l�e aux traces de sang dans la gorge. De la salive.
Comment �a, de la salive ?
Oui, de la salive, Sh�rif Butcher.
De la salive humaine.
Si Makurji avait sugg�r� que les meurtres
avaient �t� commis par un papillon g�ant,
il aurait provoqu� le m�me chaos.
Comment �a, "humaine"?
Vous sugg�rez que toutes ces femmes
ont �t� mordues par un homme ?
� l'heure actuelle, les signes vont dans ce sens.
Mais je ne peux pas encore �tablir un mobile.
Je puis seulement assurer qu'elles sont mortes du choc
caus� par l'h�morragie importante.
Dr Makurji, est-il possible qu'il ait tu� ces femmes
en les mordant � la gorge dans le but pr�cis
de boire leur sang ?
Kolchak, on se contentera d'endosser votre pr�sence.
- D'endurer. - Comment ?
On dit "endurer", Sh�rif.
Quoi qu'il en soit, fermez-la !
Je vais r�pondre � cette question.
Il existe des cas de personnes mentalement d�rang�es
qui se prennent pour des vampires.
En Allemagne, dans les ann�es 1920,
un tueur �gorgeait ses victimes avec les dents.
Nous ne pouvons d�terminer
qui ou ce qui a tu� ces femmes.
Mais avec la salive, on peut retrouver le groupe sanguin.
� votre place, j'explorerais la piste d'un an�mique
souffrant d'une rare maladie sanguine.
Peut m'importe de quel genre de fou il s'agit.
Ce que je sais, c'est qu'il court les rues,
et je parie que c'est un cam�,
et qu'il tuera encore si on l'arr�te pas.
Qu'avez-vous sur ce vol de sang � Parkway ?
L'infirmi�re a d�clar�
qu'elle avait remarqu� un truc bizarre cette nuit,
ou t�t ce matin.
Un type mince, habill� en infirmier,
qui tra�nait du c�t� de la chambre froide.
C'est l� que sont stock�s le sang et le plasma.
Elle s'en est pas inqui�t�,
mais quand elle a reparl� du gars apr�s,
au surveillant de l'�tage,
il lui a dit qu'aucun gars de ce type ne travaillait l�.
Sa description est la suivante,
adulte m�le de race blanche...
1m82 � 1m85, mince,
environ 85 kilos, de teint p�le.
Cheveux fonc�s.
Nous recherchons donc un homme,
habitant en ville, ou pire, venant d'ailleurs,
et pouvant donc avoir disparu dans la nature.
Nous allons contr�ler l'a�roport, les gares de bus et de train,
et les autoroutes. Nous le retrouverons,
s'il est stupide au point de rester ici apr�s trois crimes.
D'autres suggestions ?
Dans ce cas, la r�union est termin�e.
Merci Docteur Ma... Ma...
Merci, Docteur.
M. Paine, � votre place, je r�fl�chirais davantage
� la th�orie avanc�e par M. Kolchak.
Elle est certes sp�culative mais non moins plausible.
Vous pouvez jeter cette cassette.
Cette histoire de "vampire"
ne sortira en aucun cas de ces quatre murs.
Tant qu'aucun suspect ne sera arr�t�,
rien ne pourra �tre �bruit� sur ces crimes.
Ni allusion, ni commentaire dans les journaux.
� ce jour, officiellement, la cause du d�c�s est inconnue.
Nous ne voulons pas provoquer la terreur.
Cela nuirait aux op�rations et � la population.
Et �a nuirait aux affaires.
Merci pour votre coop�ration.
Kolchak, je veux vous parler.
� pr�sent, laissez le Docteur en paix.
J'ai une d�claration toute pr�te dans mon bureau.
Vous pouvez retourner au labo.
Vous devenez une nuisance.
Je vais devoir parler de vous � Vincenzo.
Et mettre peut-�tre un de mes propres gars
sur cette affaire.
Cessez de vous m�ler des affaires des autres.
�a serait plus sain.
Fais attention � ce que t'�cris.
Tu connais ces types.
Ils peuvent te retirer ton job et t'expulser de la ville.
�a vaut pour toi aussi ?
Impossible de te parler quand tu r�agis comme �a.
�coute, je t'aiderai en douce sur ce que tu me demanderas
mais ce sera juste entre nous.
Mais �vite-moi pendant quelques jours,
au nom de notre amiti�.
J'ai dit que c'�tait un vampire ?
Et ton titre, il sugg�re quoi ?
Rien de plus que ce qui est �crit.
"Vampire tueur � Las Vegas ?" J'ai mal lu ?
Rien de plus que ce qui est �crit.
Je me trompe ou t'as utilis� le mot "vampire"?
Y a un tar� qui se prend pour un vampire
� Las Vegas. Les gens devraient savoir.
S'il y a un tar� � Las Vegas,
son nom commence par un "K".
J'ai entendu parler de ta sc�ne avec les flics.
Pas d'histoires de vampire, c'est clair ?
Tu pr�f�res une nouvelle dans un encadr� de roses...
Une interview au paradis avec les deux victimes,
et en arri�re-plan, un ch�ur c�leste.
Dehors !
D�sol�e. Je crois que je me suis endormie.
Oui.
Que disais-tu ?
Tu fais de grandes choses pour mon ego masculin.
C'est vrai ?
Je disais que Vincenzo
n'avait aucun sens de son m�tier.
Le meurtrier doit �tre un homme.
Grand, fort, psychotique.
Gr�ce � toi, je suis rassur�e de travailler de nuit.
Je t'ai d�j� dit de ne plus travailler la nuit.
Je te revaudrai �a.
Qu'y a-t-il ?
Le tueur a frapp� � nouveau.
Oh, non.
Seulement cette fois, quelqu'un l'a vu.
Je l'ai vu, il �tait l�-bas.
Je croyais qu'il l'embrassait.
Il s'est retourn� et elle est tomb�e, l� derri�re.
Il a d� la suivre jusque chez elle.
Je suis d�sol�. Je ne peux pas.
Victime n 4.
Mary Branden, danseuse, 25 ans,
1m68, 60 kilos affriolants...
Moins le poids des 6 litres de sang, bien s�r.
Bela Lugosi a encore frapp�, on dirait.
Ferme-la. C'est sa fille.
�a va mieux, maintenant.
La voiture qu'il conduisait, �tait-elle neuve ?
Non.
Elle avait quelques ann�es, je crois.
C'�tait un coup� marron.
C'est not�.
Barney, je peux, euh...?
Oui, mais vas-y doucement.
D�sol�, Madame. Kolchak, "Daily News."
C'�tait votre fille ?
Mon meilleur contact en ville a toujours �t� Helen O'Brien,
chef standardiste au tribunal du Comt�.
Salut, Beaut�.
Esp�ce de sadique.
Je peux les reprendre, si tu veux.
Non, c'est bon pour mes formes alanguies.
�coute donc, joli morceau,
la police cherche la voiture du suspect.
Tu pourrais pas me filer l'info ?
Certainement pas
Tu m'as encore corrompue.
Quoi ?
Tu aimerais voir la tronche du tueur ?
THE DAILY NEWS QUATRI�ME MEURTRE
Sherman Duffy, du Chicago Globe,
a un jour d�crit un journaliste ainsi...
Socialement, il se situe entre la pute et un barman.
Spirituellement, il s'apparente � Galil�e,
parce qu'il sait que la terre est ronde.
�a l'aide pas vraiment puisque son chef la croit plate.
Shelley Forbes doit �tre sa 5�me victime.
T'as vu comment son chien a �t� tu� ?
- Tu ne renonces jamais ? - Que veux-tu dire ?
Que c'est inacceptable.
Que je vais te virer,
m�me si le propri�taire de ce journal s'est laiss�
s�duire par un has been du grand journalisme.
J'en ai marre de ta pression.
Marre des pressions du propri�taire.
Marre de toutes les pressions pour publier cette affaire
et de toutes les autres pour l'�touffer.
Marre d'�tre au milieu.
Tu comprends �a ?
Est-ce que tu comprends ?
Qu'est-ce que tu veux, Vincenzo ?
Un t�moignage du Comte Dracula ?
Sors d'ici ! Dehors !
Et arr�te avec tes "Dehors" et tes "Sors d'ici"!
Ce fou se prend pour un vampire.
Il a tu� quatre femmes, cinq peut-�tre.
Il les a suc�es � blanc, chacune d'elle.
�a c'est de l'information. De l'information !
Et nous sommes un quotidien !
Nous sommes suppos�s publier l'info, pas l'�touffer !
Tu sais tr�s bien pourquoi nous �touffons l'affaire.
Non. Dis-moi pourquoi ?
Parce qu'on nous a ordonn� de le faire ?
Tu es un imb�cile.
Pire. Un irresponsable.
Ces meurtres n'ont donc aucun sens pour toi.
Quelle diff�rence �a ferait, s'ils en avaient un ?
Nous taisons l'information,
nous la censurons.
Tout le monde en ville sait ce qui se passe...
La police, le procureur, le m�decin l�giste.
Tous les journalistes de Las Vegas le savent.
Les seuls qui ne savent pas, ce sont les gens.
Sur ce point, tu as raison.
Les gens ne savent rien
parce qu'ils paniqueraient s'ils savaient,
ils paniqueraient plus qu'ils ne paniquent d�j�.
Compris ?
Mardi, 25 mai 19h30
Helen O'Brien m'a dit
que la police de la route avait 16 pistes possibles.
Une seule a �t� retenue.
Le propri�taire de la voiture s'appellerait Martin Lubin,
il habiterait Spring Mountain Road.
Le nom et l'adresse seraient bidons.
Le vendeur de la voiture s'appelle Fred Hurley.
Je lui ai propos� un prix.
Il ne disait rien, me fixait des yeux.
Qui t'a trouv� cet endroit ?
Mon petit doigt.
- Tu la boucles, compris. - Oui, Monsieur.
Bien.
Donc, comme je disais, il me fixait des yeux.
Puis il m'a dit que c'est trop cher.
300 $ de trop.
Il me fixait des yeux comme pour me d�fier.
C'est ce type-l� ?
Arr�te de faire notre boulot. Cette info, on l'a d�j�.
Je leur ai dit que c'�tait lui, mais avec une moustache.
Vous lui avez vendu la voiture ?
Au d�part, je voulais pas.
Mais je me suis dit apr�s : "Discute pas avec ce gars".
Il �tait pas net, avec ses yeux rouges et sa voix...
Pas le genre qu'on voudrait rencontrer la nuit.
Toute ma vie, j'ai r�v� d'une affaire pareille !
Et quand elle arrive enfin, je dois fermer ma gueule.
Tu sais que les entailles dans le cou de Mary Branden
ont �t� maquill�es pour les photos ?
Si tu continues comme �a, tu vas encore te faire virer.
Voyons voir... ce sera la quanti�me fois ?
Deux fois � Washington,
trois � New York,
deux � Chicago,
et une ou deux fois � Boston.
Je suis en voie d'extinction.
Homo Faucus Info.
Habitat naturel, un �tang de bourbon croupi.
Je devrais allumer un cierge � la m�moire de Ben Hecht.
Tiens.
Tu devrais quitter ton boulot.
C'est toi qui va m'entretenir ?
�coute, je... Ch�rie, je suis s�rieux.
Ce timbr� a tu� cinq filles, qui travaillaient toutes la nuit.
Cinq ?
Oui, cinq.
Une certaine Shelley Forbes a disparu.
Je suis s�r qu'elle est la cinqui�me victime.
Tu sais que tu repasses admirablement les chemises.
J'ai pens� � un truc.
Que sais-tu des vampires ?
Qu'ils portent des smokings,
qu'ils parlent d'une voix cadav�rique...
Veux-tu bien �tre s�rieux ?
Eh ! Fais attention � mon habitat naturel.
Ouvre �a.
"Tout ce que vous voulez savoir sur les Vampires
sans jamais oser demander".
Non. Ouvre-le.
Allons. Pourquoi ?
- Si c'�tait un vrai vampire ? - J'ai eu une semaine charg�e.
Il agit comme c'est d�crit dans ce bouquin.
Je veux que tu le lises.
D'accord. Je vais le lire.
Allons, allons, tu es un journaliste courageux.
Vas-y. Tu y trouveras m�me de quoi pondre un article.
C'est �a.
"Depuis les d�buts de l'homme,
"il existe des cr�atures nocturnes,
"des monstres qui laissent leur empreinte sanglante
sur l'histoire de la r�alit� et de la fiction.
"Parmi eux, les vampires ont suscit�
la plus grande litt�rature."
"La nuit, le vampire est virtuellement indestructible,
"ne craignant que le crucifix.
"Avant le lever du jour, il doit rejoindre son cercueil,
"afin de n'�tre pas d�truit par le soleil purificateur.
"C'est dans son sommeil seulement
"qu'il peut �tre d�truit
en transper�ant son c�ur d'un pieu en bois".
Selon la l�gende,
la victime d'un vampire ressurgira en fin de compte
comme un mort vivant,
et doit �tre d�truite de la m�me mani�re.
Quelle que soit la source, le vampire a besoin de sang.
R�SERV� AUX EMPLOY�S
� l'aide ! � l'aide !
� l'aide !
Il est l� !
J'�tais en service de nuit � la r�daction
quand l'�metteur radio de la police se mit en branle.
Une rixe s�rieuse avait �clat� au l'h�pital Old Town.
Jeudi 27 mai, 8h20. L'info allait bon train.
Notre �dition du matin envahit les rues,
relatant les �v�nements de la veille � l'h�pital.
Les t�l�s, comme d'habitude, n'avaient rien capt�,
et les radios lisaient nos papiers sans en changer une virgule.
Enfin, l'histoire avait �clat�.
Le maniaque avait �t� identifi�.
D�sol�. Je viens de les avoir.
Voici un compte-rendu
d'une enqu�te de Scotland Yard et d'Interpol.
Sujet... Janos Skorzeny.
N� � Craesti, Roumanie, 1899.
Attendez une minute.
Vous insinuez que ce type a plus de 70 ans ?
Allons Bernie, tes gars se sont tromp�s de bonhomme.
Pas le moins du monde !
Ces faits ont �t� v�rifi�s et confirm�s trois fois.
J'y ai pass� toute la nuit et je suis vann�.
Je continue ou pas ?
Calme-toi. On t'�coute.
Bien.
Le p�re de Skorzeny est mort en 1923,
laissant un h�ritage de 75 � 100 millions de dollars.
� l'�poque, Skorzeny se mit � voyager
et acquit la r�putation, dans toute l'Europe de l'Est,
d'�tre un sacr� noctambule.
Nous perdons sa trace avant la Seconde Guerre.
Scotland Yard �tablit qu'il aurait �t� vu en Angleterre
juste au moment du blitz allemand.
Kolchak appr�ciera s�rement ce qui suit.
Que de formalit�s pour un gars qui siffle toujours mes bi�res...
En Angleterre, il se fait passer pour le Dr Paul Belasco,
chercheur en h�matologie.
Il travaillait sur les victimes des raids a�riens
aux urgences des h�pitaux londoniens.
Dans sa r�sidence de Shafto Court,
il installa un arsenal d'aspirateurs, de pompes
et une chambre r�frig�rante extr�mement volumineuse.
En 1948, il entre au Canada, sous la m�me identit�.
D'autres investigations font �tat de sa pr�sence
partout � la fronti�re des E.U. et du Canada,
o� il y a eu des violences
et plusieurs cadavres retrouv�s.
Il aurait quitt� le Canada pour Vegas le 19 avril,
sous l'identit� de l'inspecteur Alan Hensley.
En raison de sa nationalit� britannique,
il est consid�r� comme un fugitif international.
�a explique pourquoi mes hommes sont sur le coup.
Il ne s'agit plus d'une affaire locale.
Messieurs,
tous ces rapports r�v�lent une constante...
Les d�placements de Skorzeny s'accompagnent toujours
d'une s�rie de meurtres inexpliqu�s,
dont certains ont un point en commun...
Des h�morragies importantes.
Ainsi, si ce type n'est pas le vampire de Kolchak,
il est n�anmoins suspect� de nombreux homicides,
certains remontant � 30 ans.
M. Jenks, il semble que vous teniez le crachoir.
Puis-je intervenir un moment ?
- Vous avez la parole. - Soyez bref.
J'�tais � l'h�pital hier soir, et il s'est pass� des choses
qui sont � peine explicables.
Sh�rif, vos hommes ont tir� sur lui � bout portant.
Comment se fait-il qu'ils ne l'aient pas abattu ?
Et qu'un vieillard de 70 ans s�me une voiture de flic ?
Comment ce m�me homme n'a-t-il m�me pas saign� ?
J'ai vu les balafres sur son visage,
je peux certifier que ce qui en coulait,
n'�tait pas du sang !
Ce type parle trop ! On peut le faire taire.
Laissez-le faire. Il finira par se griller tout seul.
Il a tu� quatre, peut-�tre cinq femmes.
Le l�giste a dit que les morsures � la gorge
avaient �t� pratiqu�es par des dents humaines.
Il a presque confirm� qu'il avait bu leur sang.
Attendez. Qui que soit ce Skorzeny,
il a tout l'air d'un vampire.
Vous pouvez agir comme s'il �tait un type normal.
C'est votre choix.
Mais je sais que le seul moyen de l'attraper,
c'est de proc�der en se disant
que c'est r�ellement un vampire !
D'apr�s les recherches que j'ai faites...
Attendez une minute. Avez-vous perdu la t�te ?
Vous imaginez la panique dans cette ville
si le public apprenait qu'on recherche un vampire ?
Sans parler des dommages irr�parables
que subirait l'image des forces de l'ordre de Las Vegas.
C'est l� que le b�t blesse, n'est-ce pas ?
Si je comprends bien,
vos hommes ont tellement peur du ridicule
que vous allez renoncer au seul moyen de l'attraper !
�coutez-moi bien.
Nous allons nous charger de cette affaire
sans que le public s'en m�le.
Sans que le public s'en m�le ? Mais c'est trop tard !
Vous avez lu le journal d'aujourd'hui ?
La population va r�clamer une enqu�te du Procureur.
Vous ne pouvez pas arr�ter les rumeurs !
Asseyez-vous !
Je me fous de ce que disent les journaux.
Ce type continue d'�tre consid�r� comme un fou
et c'est ainsi qu'il sera trait� dans les proc�dures.
Et vous avez tout int�r�t � vous faire � cette id�e
si vous ne voulez pas �tre expuls� de cette ville.
Compris ?
Oui, Monsieur, compris.
Quand vous vous planterez, vous vous rappellerez
que quelqu'un avait la r�ponse.
C'est bon, Ed.
Continuons. Vous avez quoi ?
Nos deux sections ont rassembl� 650 hommes.
Tous les cong�s ont �t� annul�s
et tous les hommes font 16 heures par jour.
Notre h�lico patrouille 24 heures sur 24.
Nos voitures banalis�es ratissent le centre et le Strip.
Toutes les routes sont bloqu�es,
et nous collaborons activement
avec la police de la route et la patrouilles du d�sert.
- Entendu ? - Entendu.
R�p�tez.
Qu'est-ce que j'ai dit ?
Montre � tous les agents immobiliers de la ville
la photo de ce type
et demande-leur s'ils lui ont vendu une maison.
Tu es un bon gars. Vas-y.
Laisse-moi une minute. J'ai plus qu'un dollar � perdre.
Mickey, tu t'es jamais dit que tu pouvais aussi gagner ?
Gagner ?
Mon Dieu, mon Dieu.
Tu l'as dit.
J'ai l'�trange et d�sagr�able impression
que la police n'attrapera jamais ce meurtrier.
Et j'ai une autre impression tout aussi d�sagr�able.
Laquelle ?
Que cette histoire est encore plus grave qu'on ne croit.
Grave ?
Disons, �trange.
J'en ai vu des bizarreries, dans ma vie.
Mais une chose pareille, �a, jamais.
Veux-tu dire que tu crois enfin que...
J'y pense m�me pas.
Voiture 14, un appel concernant 2 femmes
sur Casino Drive.
Code 10-13, � toutes les unit�s.
Janos Skorzeny rep�r�
dans une voiture familiale verte de 1969,
� l'intersection de Oakey et Houssels.
Identit� confirm�e.
Contact visuel positif �tabli.
Unit�s 7 et 8, bouclez Rexford et Houssels � Oakley.
Je r�p�te, Unit�s 7 et 8.
Unit� 3, fermez Park Paseo sur le Las Vegas Boulevard.
Unit�s 4 et 6,
prenez au nord du Park Paseo et de la 5�me.
Unit� 5, montez � Bracken jusqu'� 5th Place.
� toutes les unit�s...
Mains en l'air !
Levez-vous, doucement.
Que quelqu'un allume !
Il va noyer Chambers !
Vendredi 28 mai, 3h17.
Malgr� les h�licos, la police de la route,
malgr� le barrage de toutes les autoroutes,
malgr� la criblage de toute la ville
par tous les effectifs disponibles,
Janos Skorzeny �tait toujours en fuite.
La salle de conf�rence �tait sens dessus dessous
depuis plus de trois heures.
Les messages affluaient de toutes les unit�s.
Chacun des hommes ayant particip� � la mission
�tait interrog�.
� l'h�pital, deux policiers �taient d�c�d�s
et un troisi�me �tait dans un �tat critique.
Les rapports ne cessaient de pleuvoir,
tandis que la chasse � l'homme la plus m�morable de la ville
se poursuivait en vain.
Merci, Bernie. Super.
Que va-t-on faire ?
Quand �couterez-vous mes id�es saugrenues ?
Sortez d'ici !
Une minute. Vous y �tiez, non ?
Oui.
Tous les hommes interrog�s ont insist� sur le fait que
Skorzeny poss�dait une force incroyable
mais qu'il a �t� touch� plus d'une fois
pendant la tentative d'arrestation.
Je dirais entre 30 et 40 fois.
Arr�tez, j'y crois pas.
Capitaine, vous avez deux choix.
Soit il a �t� touch�,
soit vos gars sont tous aveugles.
Admettez-le.
Nous avons encercl� ce type sans pouvoir l'avoir.
Laissez Kolchak s'exprimer.
Avant cela,
je veux qu'en contrepartie de mon aide,
vous m'accordiez les droits exclusifs
de toute cette histoire.
Nous acceptons seulement si
nous d�cidons d'appliquer votre proposition
concernant le suspect.
Bien. Mais si vous ne l'appliquez pas,
vous courrez apr�s ce type jusqu'� la Saint Glinglin !
Venez-en aux faits.
Bien s�r.
Chacun des hommes sur le terrain portera ceci...
... dans sa poche.
- Ceci, Messieurs... - O� avez-vous eu �a ?
J'ai un ami qui tient une boutique de bricolage.
Je l'ai appel� pour qu'il me taille ceci.
Chaque homme devra en avoir un sur lui,
ainsi que ceci.
Sugg�rez-vous qu'ils devront lui planter �a dans le ventre ?
Non, dans le coeur.
Il y a une formule l�gale, pour �a, Kolchak.
Vous l'avez s�rement d�j� entendue.
On appelle �a meurtre avec pr�m�ditation.
C'est la seule mani�re de l'arr�ter.
Vous avez entendu vos gars ? Ils disent tous pareil.
Par ailleurs, arr�tez donc vos chasses nocturnes...
Votre seul espoir, c'est de pister Skorzeny
jusqu'� l'endroit o� il vit
et d'attendre le lever du jour avant de le supprimer.
Il n'est vuln�rable que le jour. La nuit, il est trop fort.
Oui, Messieurs, je rechigne � le dire mais...
... tout porte � croire qu'il s'agit d'un vrai vampire.
- Ed. - Oui, Monsieur.
- Warren. - Oui.
Je voudrais aussi �tre sur le coup.
D'accord. On a un march�.
- � une condition. - Laquelle ?
Butcher distribuera les croix, les maillets, les pieux.
La seule chose qu'il ne fera pas,
c'est de s'�carter des proc�dures l�gales.
Si possible, Skorzeny sera pris vivant et jug�.
Jug� ?
Parfaitement, jug�.
Bien. Et en contrepartie ?
Vous aurez les droits exclusifs...
... quand l'interdiction sera lev�e.
D'autres conditions ?
- Une, oui. - Laquelle ?
Si vous avez tort, vous quitterez la ville dans les 12 heures.
C'est � prendre ou � laisser.
D'accord. Je prends.
Parce que je sais que j'ai raison.
Et vous le savez aussi.
Bien.
Ciao.
Je prends Manhattan,
le Bronx et Staten Island.
Prends garde, sublime et merveilleuse New York.
Kolchak est de retour.
Ouais !
Kolchak ! C'est moi, Crawford !
T'allais o� comme �a, avec moi derri�re ?
Que fais-tu l� ?
Je voulais te parler.
J'ai vu ta voiture au parking et j'y suis mont� en attendant.
Je me suis endormi.
Endormi !
Attends !
Je crois que j'ai trouv� la maison.
J'ai dit � Crawford d'attendre 30 minutes
avant de dire � Jenks o� j'�tais.
Je voulais rep�rer la maison seul
et emp�cher la police d'arriver avant le lever du soleil.
Ce qu'ils feraient s�rement s'ils le pouvaient,
malgr� mes instructions.
TYPE "O" N�GATIF DONNEUR... Richards, Benjamin.
POUDRE POUR LE VISAGE
Shelley Forbes ?
Je vais vous sortir d'ici.
Sa propre banque de sang. Mince alors !
Restez tranquille. �a ne colle plus.
Tu crois qu'ils le publieront ?
Bien s�r. Nous avons un accord.
Tu sembles fatigu�.
Je te conduis au bureau ?
Laisse-moi tranquille, veux-tu ?
Je veux finir �a pour l'�dition sp�ciale.
Si tu arr�tais de bosser la nuit ?
Oh, Carl. Ne recommence pas.
Et si tu m'�pousais ?
Comment ?
Tu cuisines bien, tu embrasses bien.
Pourquoi pas ?
Ch�rie, tu vas adorer New York.
Ch�rie, quand mon papier parviendra aux agences...
- Nous marier, nous ? - Oui, nous marier !
�a ne se voit pas, ch�rie,
mais Kolchak revient en force.
Voil� Vincenzo,
si tu veux mon avis, c'est sensationnel.
Je te crois, Carl.
Mets �a en �dition sp�ciale. Avec les photos.
Et envoie �a aux services de presse.
D'accord. Tr�s bien.
Qu'est-ce que t'as ? T'es malade ?
Non. Tout va bien, Carl.
Jenks a essay� de t'appeler.
Qu'est-ce qu'il voulait ?
Te voir. Au bureau du Procureur.
Vas-y donc faire un saut.
D'accord.
Tu es un sacr� journaliste.
Merci.
Bien le bonjour � tous.
Bernie, qu'est-ce que...?
Vous vous appelez Carl Kolchak,
et �tes r�sident de Las Vegas ?
Vous savez qui je suis ! Qu'y a-t-il ?
Vous �tes arr�t� pour meurtre.
L'�tat demande que vous soyez inform�
de votre droit � garder le silence.
Non. Oh non !
Vous n'allez pas me faire porter le chapeau.
MANDAT D'ARR�T
Vous �tes en �tat d'arrestation.
Tr�s bien Paine, c'est quoi ce plan foireux ?
Vous avez la m�moire courte.
Il y a quelques heures, le sh�rif Butcher lui-m�me
vous a vu planter un pieu en bois
dans le c�ur d'un homme avec un maillet.
Un homme recherch� pour passer un interrogatoire.
Il n'avait pas �t� arr�t�.
Il n'avait m�me pas �t� inculp� d'aucun chef.
Vous avez outrepass� nos directives
et apr�s que nous vous ayons int�gr� � cette affaire,
vous nous avez coup� l'herbe sous le pied
et vous avez tu� Janos Skorzeny
sans lui laisser aucune chance.
Qu'est-ce que vous aviez
� faire passer Skorzeny pour une sorte de vampire,
et � vous prendre pour un sauveur ?
C'est un assassinat, Kolchak.
Si vous plaidez la folie, vous aurez de la chance
mais je vous promets l'asile jusqu'� la fin de vos jours.
Je vous sors de la merde et vous me faites �a !
Assieds-toi et �coute-les, tu veux ?
Tu y �tais !
�coute.
C'est votre histoire, Kolchak.
C'est d�j� parti � l'impression.
"Ce matin, juste avant le lever du soleil,
"la police de Las Vegas,
"sous les ordres du sh�rif Warren A. Butcher, 45 ans,
"a encercl� la maison de Janos Skorzeny,
"un fugitif poursuivi par un mandat f�d�ral
et a �t� forc�e de l'abattre au cours d'une rixe violente".
Je ne vous laisserai pas faire �a.
- Vous me ferez pas taire. - Tu t'en chargeras tout seul.
Parce que si tu l'ouvres, on vient te chercher
avec ce mandat d'arr�t
et on te coffre pour le restant de tes jours.
Prends-les Kolchak.
Prends tes bagages et quitte cette ville.
On s'occupe de r�gler ton loyer en retard.
Je veux appeler Gail.
Tu ne la trouveras pas, Carl.
Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Rien.
On lui a juste demand�
de bien vouloir quitter la ville.
Elle est un �l�ment g�nant, Kolchak,
on n'aime pas �a � Las Vegas.
Je ne peux rien faire.
Tu me diras o� tu atterris, OK ?
Bien s�r. Je te tiens au courant.
Tous les bouts de ficelle avaient �t� parfaitement nou�s
autour du cou du pigeon.
Je quittai la ville, fit passer des annonces
dans tous les journaux de San Francisco � St Louis.
Jusqu'� ce que je sois totalement fauch�.
Je n'ai toujours pas eu de r�ponse.
Mais je continue,
m�me si je ne crois pas que je retrouverai jamais Gail.
Et c'est peut-�tre mieux ainsi.
Voil�. Le livre est termin�.
C'est � vous de juger.
Mais je vous pr�viens,
si vous tentez de v�rifier cette histoire,
vous serez confront� � l'impossible.
Fait... � Washington,
les dossiers du suspect ont �t� supprim�s,
ceux sous son vrai nom et ceux sous pseudonymes.
Fait... � Las Vegas, tous ceux qui ont �t� impliqu�s
ont quitt� la ville, gard� le silence,
ou sont morts.
Depuis cette affaire, je n'ai plus dormi une nuit enti�re
et peut-�tre que vous aurez aussi du mal � dormir
car il y a un fait, qui ne peut �tre cach�...
Apr�s la mort de Janos Skorzeny,
ses victimes et lui
ont �t� imm�diatement incin�r�es.
Pourquoi ?
Vous rappelez-vous de la l�gende ?
Tous ceux qui sont morts par la morsure du vampire
deviennent des vampires
� moins d'�tre d�truits.
Pensez-y et persuadez-vous o� que vous soyez,
au calme chez vous, dans votre lit moelleux,
dites-vous donc, "�a pourrait pas arriver ici".
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