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Original subtitles

Piano.

Minute, Gernicot!

Pas.

C'est pas lui.

Tant mieux. Pourquoi "tant mieux"?

S'il a r�ussi, il reviendra en taxi.

Marcel, tu vas pas recommencer � nous casser les pieds.

Tu penses que Jean r�ussira?

Je suis po�te, je crois aux miracles.

Je suis ing�nieur. J'y crois pas.

Monsieur est un esprit fort.

Tu vois bien qu'elle est � sec.

Comme nous.

T'as pas une cigarette?

Qui est-ce qui a encore une cigarette?

Ne r�pondez pas tous � la fois.

Quelle heure est-il? Demande au proprio.

1 h 30.

Dis donc, si par malheur Perlonjour n'avait pas r�ussi...

Tu pourrais pas... Quoi?

Ben, vendre la baraque!

L'oncle �mile avait d�j� pris 350000 francs d'hypoth�que.

Pas tr�s d�licat, I'oncle �mile.

ll aimait le vin et les femmes. C'�tait la d�licatesse m�me.

Que tu dis.

En cas de malheur, on n'aura qu'� se faire sauter le caisson.

Tous ensemble, c'est plus gai.

Depuis 8 ans, nous avons connu d'autres coups durs.

L'aile du d�sespoir nous a souvent fr�l�s.

Oh, toi, �a va!

Laisse dormir ta muse. Oh, j'ai rien dit, moi.

Quatre heures qu'il est parti.

Qu'est-ce qu'il peut bien foutre?

Ah non! �a ne peut pas durer comme �a.

ll faut qu'on sache.

Qu'il revienne! Dis donc!

Tu en veux une, oui?

Ce sera pas long.

�a nous distraira. Vos gueules!

Pas.

C'est lui. � pied?

Enfin!

Alors?

Gagn�!

Cris de joie.

Perlonjour a vaincu le sort malencontreux.

Laissez-moi souffler. Je propose une marche triomphale.

Chants victorieux.

Mes chers amis... Laisse-le parler, quoi.

Vous m'aviez confi� 5000 F, voil� ce que je vous rapporte.

Et encore �a. Hip, hip, hip, hourra!

Deux mains de suite, mes enfants, et la derni�re a pass� 8 coups.

Une seconde. J'ai une proposition � vous faire.

Tu veux une commission? Tu veux une baffe?

Avec �a, on de quoi vivre 3 mois ou vivoter 1 an.

Apr�s, il faudra aviser.

D'ici un an... �a passe vite.

- Perlonjour voit tout en noir. Laisse-moi m'expliquer.

Tr�ve de plaisanterie. Puisque nous n'avons pas r�ussi tous ensemble,

on va partager et aller tenter la chance aux 4 coins de la sph�re.

Une sph�re n'a pas de coins. Tu as bien compris.

Je trouve bizarre qu'apr�s avoir tra�n� la mouise ensemble,

nous nous s�parions quand le fric arrive.

Mais si m�me s�par�s on restait solidaires?

Comment �a, "solidaires"? Tu as une id�e?

Convenons que tout ce que nous gagnerons appartient � la communaut�

et fera I'objet d'un partage. Exactement.

Si I'un s'enrichit, tout le monde en profite.

- Combien de temps nous accordes-tu? Deux ans.

- Tu es optimiste. Je propose 10 ans.

C'est trop ou pas assez. Disons 5.

D'accord.

Si I'un de nous a un malheur? Les autres en b�n�ficieront.

Pas �a. ll faut tout pr�voir.

ll faut r�diger un contrat. Devant notaire.

Pourquoi pas?

Une id�e de I'endroit o� vous allez vous rendre?

ll n'y a qu'� s'en remettre au sort. Je donne I'exemple.

Dakar. � moi.

Buenos Aires. Attention aux dames.

Terre de Feu. Non, c'est trop chaud.

Je vais recommencer. NON! NON!

- La France. Le Massif central.

� moi la bourr�e. Tu veux pas permuter?

Brazzaville. Nous serons voisins, Gernicot.

L'Atlantique. Ah non, je retire.

ll chante.

Merci. Laissez votre adresse. On vous �crira.

Mais je n'ai pas termin�. Je vous dis qu'on vous �crira.

Ah! Bien, bien.

- Allez, au suivant.

Mais laissez-moi passer.

Mlle Malou, Mila.

Mila Malou. Comme elle dit.

Dites, on n'a pas gard� les dindons ensemble.

Et puis, un peu de recueil, s'il vous pla�t.

Un peu de quoi? Un peu de calme.

Un peu de recueil, quoi.

C'est une chanson dramatique.

Piano.

Le piano n'est pas au diapason de I'orchestre.

Voulez-vous passer, oui ou non?

Monsieur, je ne dis rien. Je causais avec la pianiste.

Vas-y, cocotte!

Par la fen�tre...

Parce qu'il habitait en face

Je le voyais chaque matin

Qui se rasait devant sa glace

Sa glace sans cadre et sans tain

ll me lorgnait

Avec audace

Je lui faisais un oeil mutin

Dr�le de bruit des autos qui passent

J'entendais I'appel du destin

Sans se conna�tre On s'�tait plu

Le coeur n'en demande pas plus

L'amour est entr� l�chement

Par ma fen�tre

Sur I'aile rapide du vent

Par ma fen�tre

Un merle sifflait en dansant

Sur ma fen�tre

Et j'ai jet� mon coeur battant

Par ma fen�tre...

Merci, �a me suffit.

On vous enverra un pneu.

Allez, fermez la fen�tre.

Au suivant. - Mademoiselle Barbarina.

M. Senterre? Prenez votre tour.

Mais je... L�-bas, comme les autres.

- Mademoiselle Barbarina! Alors? Voil�, voil�.

Allez, allez. D�p�chons.

Elle chante.

Tu me laisses insulter? "Insulter"?

ll m'a dit: "On vous enverra un pneu. "

C'est pas une insulte. Ah non?

�a veut dire: "Vous �tes un clou. "

Parce que je suis pas une chanteuse � voix,

que j'ai pas la bouche en cul de poule.

Mais j'y arriverai tout de m�me. J'en suis s�r.

Ce cochon me le paiera. � genoux, il viendra me demander.

Je lui r�pondrai: "Crotte! Vous avez �t� trop mufle.

"Vous n'avez pas su me prendre quand j'�tais encore un bourgeon.

"Vous repasserez!"

T'auras raison. En attendant, filons.

C'est tout ce que tu trouves?

On m'insulte et tu ne dis rien?

Sais-tu ce que tu es? Une mauviette.

Tu ne crois pas en mon talent. J'y crois, mais...

Va lui causer. Que veux-tu que je lui dise?

T'as qu'� lui montrer ta carte de la pr�fecture.

Allez, assez de sottises. "Des sottises"!

Alors au lieu de me d�fendre, tu me tires dessus.

Tr�s bien, mon ami. Continue.

ll y en a qui ne demandent qu'� �tre � ta place.

lls sauront me faire respecter. C'est fini?

Non, monsieur, c'est pas fini! Mon ami a � vous causer.

Alors, tu y vas?

Oh, je te repincerai.

Monsieur, je m'appelle Wenceslas Voroboetchick.

Ce n'est pas ma faute.

Je suis commissaire de police judiciaire.

�videmment, vous n'avez pas de chance.

Et I'amant de Mlle Mila Malou.

Un conseil: changez de nom, de m�tier et de ma�tresse.

Un conseil en vaut un autre: changez de ton.

ll est inutile de prolonger cette conversation.

Je le crois aussi.

On peut toujours arriver � se mettre d'accord.

Merci.

On vous �crira.

Au suivant.

Monsieur...? Perlonjour.

M. Perlonjour.

- Monsieur, on vous attend. Senterre?

O� es-tu? Toi?

Je viens te chercher.

Renvoyez tout le monde. Bien, monsieur.

Mon vieux, que je suis content de te voir.

Tu peux pas imaginer ce que �a me fait plaisir.

5 ans. Oui, 5 ans.

Les auditions sont termin�es. Et nous?

lls expriment leur m�contentement.

Revenez la semaine prochaine.

Allez, viens prendre un verre.

Tu n'as pas chang�, tu sais.

Un peu bruni, c'est tout. Ouais.

Tu as r�ussi, � ce que je vois.

Le Palladium � Paris, 2 music-halls � Berlin,

2 autres en Belgique et 1 � Gen�ve.

Et toi? Nettoy�.

Pour rentrer, j'ai eu de la veine de trouver une place sur un cargo.

Pauvre vieux. C'�tait pr�vu.

J'ai �puis� ma chance d'un seul coup.

T'en fais pas, va.

J'ai rapport� assez pour deux. Non, je refuse.

D'ici 15 jours, j'aurais repris la mer.

Mais je ne voulais pas manquer le rendez-vous.

Mais tu oublies nos conventions. On a un contrat.

On pouvait pas tous r�ussir, naturellement.

Toi et moi, �a fait une moyenne. Une bonne!

Je t'assure.

Tu as eu des nouvelles des autres?

Quoi?

Non. Et toi?

J'ai rencontr� Gernicot pendant un cong�.

On voulait monter une affaire ensemble.

�a n'a pas march�. Nous nous sommes s�par�s.

Pourquoi? Oh, des histoires sans int�r�t.

Des histoires de femmes? ll y a toujours une femme.

� quel h�tel es-tu descendu?

Nulle part, pour le moment.

Tiens, j'y pense.

Tu me rendras �a apr�s le partage.

Merci, mon vieux. Tu plaisantes.

Nom de... Quoi?

Qu'est-ce qu'il y a?

"L' Aquitaine est arriv� aujourd'hui � Marseille.

"Un accident a marqu� la travers�e. La victime, M. Namotte...

"L' Aquitaine venait de quitter Dakar,

"lorsque un cri tragique retentit � I'arri�re.

"Malgr� d'actives recherches

"on abandonna tout espoir de retrouver le passager.

"On ne sait � quelle cause attribuer cet accident. "

Tu as surveill� I'escalier? Tu te fais des id�es.

Mais je I'ai vu.

�a ne prouve rien.

Je ne tiens pas � ce qu'il fasse la preuve sur moi.

Le t�l�phone sonne.

All�?

C'est toi, Jean?

J'ai re�u un t�l�gramme de Gernicot. ll arrive ce soir.

Bien. J'y serai.

Attends-moi ici. Je reviens dans un quart d'heure.

Orage.

On frappe. Oui?

C'est un monsieur qui demande Monsieur.

M. Gernicot?

ll n'a pas voulu dire son nom.

Si je puis donner mon avis � Monsieur,

� la place de Monsieur, je ne recevrais pas ce monsieur.

�a va! On ne vous demande rien.

D�barrassez le plancher!

Marcel? En voil�, une entr�e.

Renvoie ton boy.

Merci, Fabien. Vous pouvez aller vous coucher.

Monsieur n'a plus besoin de moi?

Non. Bonsoir. Bonsoir, monsieur.

Mais qu'est-ce que tu as? C'est I'orage.

Je supporte pas I'orage. �a me met les nerfs en pelote.

C'est �a qui te met dans cet �tat? Tu as I'air d'un homme traqu�.

�a se voit tant que �a? Tu es devenu fou?

Pas encore, mais �a vient. Je le sens.

C'est la mort de Namotte qui te fait �a?

Tu sais comment il est mort?

ll est tomb� � la mer. On I'a jet� par-dessus bord.

Assassin�? C'�tait du travail bien fait.

Tonnerre.

Mon Dieu que je souffre.

�coute, ma�trise-toi un peu.

C'est quoi, cette histoire?

On aurait tu� Namotte?

Mais qui, "on"? Je ne sais pas.

Namotte ne savait pas non plus.

Mais il sentait le danger. ll avait h�te de rentrer.

ll me I'a dit.

Et puis le soir du drame,

je suis arriv� le premier sur le pont.

J'ai vu une ombre qui s'enfuyait.

Tu es s�r?

Par des nuits comme �a, on n'est s�r de rien.

C'est rien, une ombre.

Jean!

Jean!

Vous �tes surpris de me voir? Au contraire. Je pensais � vous.

C'est ce qui m'a fait sursauter.

Bonsoir, tout de m�me.

Bonsoir, Lolita. Bonsoir, Jean.

Bonsoir, ma petite Lolita. Bonsoir, mon petit Jean.

Vous regardez ma main? Votre alliance.

Je me suis mari�e un an apr�s votre disparition.

C'est ce qu'on m'avait dit I�-bas.

Gernicot est chez Senterre? Depuis 10 minutes.

Vous montez? Non, je g�nerais.

lls se retrouvent. lls n'ont pas besoin d'une femme entre eux.

Alors � tout � I'heure.

Vous partez? lls m'attendent.

lls vous attendront, voil� tout.

Entrez un instant.

Entrez!

Quelle autorit�!

Toujours le m�me parfum. Toujours.

Je n'aime pas le changement.

Maintenant, Jean, �coutez-moi bien.

J'ai une question � vous poser. R�pondez franchement.

ll y a deux ans, vous �tes parti sans un mot d'explication.

Pourquoi �tes-vous parti? Je me suis sauv�.

ll y a une nuance. Pourquoi?

Gernicot a d� vous le dire. Mon mari?

C'�tait le plus �tonn�. ll n'a rien dit?

ll �tait stup�fait de votre disparition.

"Stup�fait"?

ll ne fallait pas.

J'ai quitt� Dakar, parce que j'allais faire une sottise.

Quel genre?

Du genre folie.

J'allais vous offrir de partager ma pauvret�.

La richesse qu'on partage est deux fois plus l�g�re,

et la mis�re deux fois plus lourde.

Oui...

J'allais faire cette folie.

Heureusement, j'avais pr�s de moi Gernicot,

un excellent ami, le meilleur des amis,

qui m'a fait comprendre � temps qu'il valait mieux m'effacer.

Voil�, vous �tes fix�e.

Jean! Je vais remercier mon ami.

Non! Je vous le rendrai en bon �tat.

Attendez jusqu'� demain.

J'ai besoin d'un peu de calme pour r�fl�chir.

Tout peut changer.

Je dois lui parler. Partez.

Ne me demandez pas �a. Je vous en prie.

En souvenir du soir o� nous nous sommes rencontr�s.

Vous vous en souvenez? J'ai tout oubli�.

J'ai eu du mal. Je n'ai rien oubli�.

Je vous raconterai. Je veux pas jouer � �a.

Ne vous faites pas plus m�chant que vous n'�tes.

Donnez-moi votre num�ro de t�l�phone.

Je vous appellerai demain.

D'ici I�, allez dormir. C'est moi qui vous r�veillerai.

Merci.

Vous me rendez fou. Alors je suis rassur�e.

Vous serez sage.

Namotte a pu tomber par accident.

C'�tait pas un type � avoir le vertige. �a tient pas debout.

Tu as pens� au suicide? D'autres y ont pens�.

�a colle pas.

Nous blaguions ensemble.

Je ne le vois pas me quitter pour enjamber le bastingage.

On lui a r�gl� son compte.

Et �a ne fait que commencer.

Namotte a �t� le premier, demain ce sera mon tour...

Ou le tien.

Dis donc, Marcel...

Tu ne te droguerais pas, par hasard? Moi?

Une pipe � I'occasion, �a ne va pas me faire divaguer.

Non, crois-moi, Henri... Je suis condamn�, je le sens.

Et toi aussi, tu es condamn�.

Et les autres aussi.

Nous y passerons tous.

Tous.

Tu es compl�tement cingl�. Tu peux pas comprendre.

Si tu I'avais vu... Mais qui?

Sur le quai, avant le d�part,

il y avait un borgne qui me fixait. Et alors?

Je I'ai cherch� dans tout le bateau, rien � faire.

ll �tait rest� � terre.

Alors pourquoi I'ai-je retrouv� � Marseille, et ici m�me, � Paris?

�videmment.

Tu commences � r�agir.

Qu'est-ce que tu dirais s'il �tait en train de nous guetter?

Mais pourquoi nous en voudrait-il? Tu n'as pas beaucoup d'imagination.

S'il est au courant de notre association?

Namotte �tait riche, je le suis, toi aussi.

Honn�tement. �a, �a m'est �gal.

Le fait est que tu as r�ussi et les copains aussi.

Perlonjour n'a pas un sou. Et apr�s?

M�me si certains sont dans la mouise,

chaque fois qu'un dispara�t,

la part des autres s'accro�t. Alors?

Alors, si je ne me trompe pas,

on nous supprimera successivement.

Quand il n'en restera plus qu'un,

celui-I� sera archimillionnaire.

L'autre n'aura plus qu'� frapper son dernier coup.

Tu es trop b�te! Tu aurais d� �crire des feuilletons.

Tu ne me crois pas? Tu as tort.

Je sais pas si c'est I'habitude de vivre avec les N�gres,

mais j'ai pris I�-bas une esp�ce d'instinct,

de prescience.

Je sens la menace sur nous. Une menace terrible.

Oh! C'est nerveux.

Peut-�tre bien, mais j'ai peur.

Tr�s peur.

Tonnerre.

Quelle chaleur!

ll y a de quoi crever, ici.

Je vais faire un courant d'air.

Coup de feu.

Marcel! Tu es bless�?

ll m'a eu. Attends.

Laisse. C'est trop tard.

Dans la voiture, au coin de la rue...

Ma femme est en danger. Va la chercher.

Vite, vite. Oui.

Qu'est-ce qui se passe, monsieur?

Pr�venez la police et appelez un docteur.

Oui, monsieur.

All�? Police secours?

All�? All�?

ll n'y a plus personne. Demande d'o� vient I'appel.

Toujours rien.

On n'a pas d� raccrocher. Les renseignements...

Tais-toi! J'entends quelqu'un qui g�mit.

�a, par exemple! J'avais laiss� la porte ouverte.

Et je n'ai pas mes cl�s. ll sonne.

Qu'est-ce qu'il fait? C'est affreux, d'attendre.

Tu �tais I�? J'�tais dans I'escalier.

On a tu� Gernicot.

Par ici!

O� est-il? Mais...

Fabien?

Fabien?

Fabien!

G�missements.

En somme, vous n'avez rien vu. Non, mais j'ai senti.

Vous n'avez pas autre chose � ajouter?

Si. Une observation personnelle. Allez-y.

Vu qu'il est impossible de servir

dans une maison o� on massacre le personnel,

je demande ma libert� � M. Senterre.

�a, c'est une affaire entre vous et lui.

Vous avez le coupable?

Faudrait d'abord retrouver la victime.

Nous ne vous attendions plus. Je faisais une partie de p�che.

Avec I'orage, on est s�rs d'avoir une prise.

Regardez ce que j'ai attrap� dans une flaque,

juste en face de chez M. Senterre.

Belle pi�ce,

hein?

Le revolver n'appartient � aucun d'entre vous?

Approchez. N'ayez pas peur. �a ne mord pas.

Non? ll n'y pas d'amateur?

Adjug�.

Commissaire, voici la d�position.

Mme Gernicot, M. Perlonjour,

M. Senterre.

Qui nous aurait dit que nous nous rencontrerions si vite?

Madame,

vous �tes souffrante? Non, �a ira.

Je sais que cet interrogatoire doit �tre p�nible pour vous.

Je m'efforcerai d'�tre... bref.

Allez-y.

Depuis votre arriv�e, vous n'avez vu personne?

Non. Vous n'avez pas boug� de la voiture?

Non.

Je suis descendue quelques minutes avant que M. Senterre ne vienne.

Je me sentais nerveuse, angoiss�e.

Parfaitement, parfaitement.

ll pleuvait, � ce moment-I�? Oui, je crois.

Une averse assez violente. Peut-�tre.

Oh, je ne sais pas, je ne sais plus.

�a ne signifie pas grand-chose.

Moi-m�me, j'adore marcher sous la pluie.

Monsieur Perlonjour, vous �tes sorti � 23 h.

Vous avez mis 40 minutes pour venir ici?

Je me suis abrit� sous un porche pendant I'orage.

Vous �tes tremp�.

Quand j'ai vu que la pluie commen�ait � tomber...

Vous �tes sorti, j'ai compris.

Vous avez peur de I'orage, pas de la pluie.

Tout s'explique.

Vous lisez Montaigne, monsieur Senterre?

Ce n'est pas mon droit? C'est votre devoir.

C'est notre devoir.

ll a �crit de belles pages sur I'amiti�.

Vous aviez une grande amiti� pour M. Gernicot.

Nous avons v�cu ensemble 8 ans.

�a, c'est pas une preuve.

La victime a �t� touch�e de face?

En pleine poitrine.

Au moment du meurtre, vous vous trouviez � cette fen�tre.

Qui vous dit le contraire? Personne.

Oui...

�videmment.

Je vous pr�viens que je ne suis pas patient.

Vous ferez comme moi, vous le deviendrez.

Je peux? Je suis collectionneur.

Vous �tes chez vous.

Patient, mais collectionneur.

Jolie copie? "Une copie"? Vous �tes fou?

Tout le monde peut se tromper, mais si j'�tais vous,

je la ferais expertiser.

Alors, Gernicot est tomb� juste en face de la fen�tre?

Oui, sur la carpette.

"La carpette"?

Oui, la...

�a, par exemple! Elle a disparu?

Vous voyez bien. Je vois que je ne la vois pas.

Vous vous croyez spirituel? Patient, mais spirituel.

Le corps dispara�t, la carpette aussi.

On y aurait envelopp� le corps? C'est une explication.

Vous en avez une meilleure?

J'en cherche pas, c'est ma force.

Pourquoi enlever un cadavre? L'assassin aura une raison.

Laquelle? Je suis pas I'assassin.

Mon mari portait toute sa fortune sur lui.

Oui, j'ai lu.

Des diamants dans une ceinture, c'est imprudent.

Les banquiers ont une telle r�putation que...

On n'a pas eu le temps de le d�shabiller...

Vous croyez �a, vous? Je crois rien.

Je suis patient, mais incr�dule.

Alors?

Alors je me prom�ne,

je regarde,

je parle.

�a me donne I'illusion de penser.

Et pendant que vous parlez, le meurtrier s'enfuit.

Quel "meurtrier"?

Ah, le borgne myst�rieux?

Un assassin ne se colle pas un bandeau pour se faire remarquer.

D'ailleurs, ce soir, personne ne I'a vu, ce borgne.

Pardon, monsieur Wens, moi, je I'ai vu.

- Vous? Au moment d'entrer ici.

Et tu ne le disais pas? Avec tout �a, j'avais oubli�.

Ben voyons! C'est tellement naturel.

Vous permettez, madame?

Je suis indiscret de nature.

Patient, mais indiscret. Qu'est-ce que c'est que �a?

Un num�ro de t�l�phone. Merci.

C'est le titulaire du num�ro que je voudrais conna�tre.

Je suis oblig�e de r�pondre? Certainement non.

Nous dirons que c'est un num�ro personnel.

Vous avez fini? Pardon?

Avez-vous fini? Je comprends pas.

Nous en avons assez de vos sous-entendus.

Calmez-vous, jeune homme.

Vous devriez aller chercher le meurtrier.

Qui vous dit qu'il n'est pas ici?

Vous avez tous pu tirer.

Vous nous accusez?

Je n'accuse pas. Je constate un fait.

Alors arr�tez-nous.

Je n'ai pas de preuves.

Je suis patient, mais circonspect.

Dans votre association, vous �tiez six.

Gernicot est tomb� ici, Namotte en mer...

Noy�, oui. Probablement.

ll en manque encore deux. Tignol et Gribbe.

"Gribbe"? Georges Gribbe.

Vous le connaissez? Vaguement.

ll est � Paris?

Je vais v�rifier. Je suis patient et consciencieux.

Messieurs, madame.

Messieurs.

Bonjour, messieurs. Bonjour, commissaire.

Passez-moi la fiche de Jo. Quel "Jo"?

Celui des faux ch�ques. Le seul, le vrai.

Mon petit Jo � moi.

Vos gosses vont bien? J'en attends un sixi�me.

La police en fiche un coup.

Voil� votre client. Merci.

ll a fait des blagues? Je vous dirai.

La brigade sp�ciale?

Sans-atout. Alors je donne.

Bonsoir, Jo.

Bonsoir, monsieur Wens.

C'est pour toi que je viens. Pour moi?

Depuis que je suis rentr� de vill�giature,

on n'a rien eu � me reprocher.

Qu'est-ce que vous prenez? Un Vittel menthe.

Un Vittel menthe.

Que fais-tu en ce moment? Ce que je fais?

Comme m�tier? Des bricoles.

Des petits boulots par-ci par-I�.

�a a I'air de te r�ussir. On vivote.

Bien nipp�, bien bott�.

Ah, pour les pompes, c'est du croco.

Et soign�es. Deux essayages.

Tu te chausses sur mesure?

Pieds sensibles.

Et tu t'es pay� �a en bricolant?

Non.

J'ai eu un tuyau pour Auteuil. Anubis dans la 4e.

ll a fait du 20 contre 1. C'est joli, m�me pour un outsider.

Je te crois.

Le pardessus est neuf aussi. ll date d'il y a longtemps.

Zanzibar dans la 3e. 182 F pour 100 sous.

T'as ramass� ton complet � Enghien,

tes cravates � Maisons et ta montre � Vincennes.

Non, monsieur Wens, je vais jamais � Vincennes.

ll y a trop de combines. Les combines, �a me d�go�te.

Tu passes tes journ�es aux courses.

Pour raison de sant�. Faut pas confondre.

J'ai toujours �t� faible des poumons.

Vous comprenez? Oh, voyons.

Je suis d'un temp�rament compr�hensif.

Maintenant, si on parlait un peu de tes soir�es?

Mes "soir�es"? Hier soir, par exemple?

Hier soir, attendez donc...

Hier, j'�tais au cin�.

J'y vais tous les vendredis. On jouait un film avec du sentiment.

J'adore le sentiment.

�a me remue. Nous sommes deux sentimentaux.

Et apr�s �a? Je suis all� me coucher.

Accompagn�? L�, vous me prenez pour un gamin.

Le dodo, c'est sacr�.

Dans la journ�e, une fois de temps en temps,

quand il pleut.

Mais la nuit, je dors.

Ta concierge t'a entendu rentrer?

�a m'�tonnerait.

Elle laisse la porte ouverte pour pas �tre d�rang�e.

En somme, t'as pas d'alibi.

ll fallait pas tourner autour du pot. Un alibi, j'en ai pas.

T'as de la chance.

Hein?

Si t'avais eu un alibi, je te bouclais sans h�siter.

Sans blague?

Si t'avais �t� dans le coup,

t'aurais trouv� des arsouilles pour jurer qu'elles �taient avec toi.

Alors, vous ne me soup�onnez plus?

Non.

Je t'ai jamais beaucoup soup�onn�, d'ailleurs.

Que s'est-il pass� hier?

On a tu� un de tes anciens copains, Gernicot.

"Gernicot"? On I'a descendu chez Senterre.

�a alors.

Vous �tiez associ�s, si j'ai bien compris.

Oh, des "m�mailles" de jeunesse.

Mais on �tait amis, des vrais.

� propos, tu sais que tes copains attendent ta visite?

Comment, non?

lls attendent Gribbe, un gar�on que j'ai beaucoup connu,

qui avait de I'avenir,

et qui est mort b�tement, lui aussi. C'est Jo qui vous le dit.

Nous reparlerons de �a.

Non, monsieur Wens, on n'on reparlera jamais.

Comme tu voudras. Adieu, Jo.

Au revoir, monsieur Wens.

Prenez-le en filature, et faites-moi votre rapport.

Et voil�. �a s'est bien pass�?

Simple formalit� pour confirmer nos d�clarations.

- M. Perlonjour?

Je vous ai trouv�e admirable, hier soir.

Vous �tes presque une enfant,

et vous avez support� le choc mieux que nous.

Je n'y ai aucun m�rite. Je n'�tais pas I'amie de mon mari.

Ma franchise vous g�nera, mais je n'aime pas I'hypocrisie.

Je ne mens que quand c'est indispensable.

Vous n'�tiez tout de m�me pas des ennemis.

Pire, des �trangers.

Un de ces couples qui vivent de profil.

Je vous choque? Je suis peu habitu� � la franchise.

Je le regrette. Je vais �tre franche jusqu'au bout.

J'ai un service � vous demander. Je vous en prie.

Marcel portait toutes nos �conomies sur lui.

ll me reste 2000 francs dans mon sac.

Oh non! Vous avez mal compris.

Ce que je d�sire, c'est du travail.

Vous avez un m�tier?

Je passais dans un music-hall, � Dakar.

Ah, vous chantez? Non...

Tenez.

� quoi pensez-vous?

Je le devine, allez. Non.

Simple co. i.ncidence.

Vous me croyez?

Je ne sais pas, mais je vous attendrai demain.

Merci.

Gr�ce, naturel. C'est ce que vous d�siriez?

Oui, oui, tr�s bien.

Attention, ne bougeons plus.

Bon.

La photo passe demain sur deux colonnes.

Oui, monsieur Senterre.

Et comme l�gende, nous mettons:

"Mlle Lolita, la nouvelle vedette du Palladium,

"surprise dans sa loge, � I'improviste. "

C'est parfait.

Vous �tes contente? Pourquoi ne le serais-je pas?

Costumes, affiches, journaux... Vous ne me refusez rien.

�a fait compensation. Vous dites?

Rien, mais je n'en pense pas moins.

Au revoir, jeune homme.

Bonsoir, monsieur Senterre.

Bonsoir, madame. Dites donc, faites attention.

ll allait m'arracher mes bigoudis. Allons, P�querette.

ll m'en reste d�j� plus tellement. Et que venez-vous faire ici?

D�shabiller Mademoiselle. Mais je peux repasser.

Non. Restez, P�querette.

Je dois revenir pour Mlle Milli.

Elle, je la regretterai pas.

Elle finit ce soir.

Elle chante faux,

elle ne danse pas

et ne se lave que les jours o� son ami vient la voir.

La prochaine fois,

avant d'engager des artistes, je vous consulterai.

Vous feriez pas mal.

Non, mais sans blague.

Je changerais bien de place avec vous.

- Pourquoi? Parce qu'une habilleuse,

c'est fait aussi pour d�shabiller. Dites donc, vous avez fini?

- Ne vous montez pas la t�te.

M. Senterre est comme �a avec toutes ces dames.

Fichez-moi le camp, P�querette.

On vous a assez vue. Je vous remplacerai.

J'y vais? Je peux me d�fendre.

Emportez cette robe. Allez.

Je vais manger un fromage. Vous �tes gourmande?

J'aime les douceurs.

C'est le seul vice qui me reste.

Avec la boisson. �a va! �a va!

Fuyez, douce image.

Embrassez-moi.

Qu'est-ce qui vous prend?

Sur le nez. Ni sur le nez, ni autrement.

Vous vous rendez compte?

Mais puisque vous n'aimiez pas Gernicot.

Je ne vous aime pas non plus. �a viendra, allez.

Je n'ai pas de chance avec mes directeurs.

J'en ai eu un, il �tait enrag�.

Un jour, il s'est pr�cipit� sur moi pour me mordre le pied.

"Le pied"? Mais c'�tait un sadique!

Lui au moins, il �tait fou. Vous n'avez m�me pas cette excuse.

Allez, il faut que je me change.

Je dois, vraiment?

�coutez, vous avez �t� tr�s chic pour moi.

Si, si, tr�s chic.

Je croyais que c'�tait d�sint�ress�, je le crois encore.

Alors I�, vous avez tort.

Non. Vous m'avez prouv� que vous �tiez gentil,

montrez-moi que vous �tes intelligent.

En me conduisant comme un imb�cile? Non, comme un ami.

C'est bien ce que je voulais dire.

� demain.

R�fl�chissez tout de m�me.

Monsieur! Quoi?

Je viens vous pr�senter... J'ai pas le temps.

Et maintenant, raconte-moi tes aventures.

Tu sais, mes "aventures", mes aventures...

O� es-tu pass�, ces 5 ans?

� Rouen. "� Rouen"?

� Rouen. Seine-Inf�rieure, quoi.

La ville des cath�drales.

Je te croyais en Terre de Feu. Moi aussi, seulement...

J'�tais parti plein d'�lan.

� Rouen, j'ai rat� la correspondance.

Tu aurais pu prendre la prochaine. J'aurais pu, oui...

Mais I'�lan �tait bris�.

Le jour du d�part, j'�tais au lit, avec les oreillons.

� ton �ge? Je croyais que j'avais les oreillons.

Qu'est-ce que c'�tait? Le m�decin a dit que c'�tait nerveux.

La frousse? L'appr�hension, quoi.

Alors j'ai r�fl�chi.

On a plus de chances de rencontrer la fortune dans une ville

que dans un d�sert.

ll y passe plus de monde.

�videmment.

Et alors j'ai rencontr� Marguerite.

Comme Faust?

Avec cette diff�rence que Marguerite �tait veuve.

On I'appelle � Rouen la Veuve des Galeries.

Son mari lui avait laiss� les Galeries parisiennes.

Le grand bazar de la ville.

Quel �ge, ta veuve? "Quel �ge"?

Le printemps, I'�t� ou I'automne?

Plut�t I'automne. Enfin, le d�but.

C'est ravissant, les d�buts d'automne.

Les brouillards vaporeux, les feuilles d'or...

Tous les po�tes ont aim� I'automne.

Ne me dis pas que tu aimes ta femme. Si...

Un amour temp�r� par du bon sens.

Oui. En somme, tu as �pous� le bazar.

C'�tait pour moi la s�curit�.

Tous les po�tes ont aim� la s�curit�.

On chante mieux I'aventure les pieds dans des pantoufles.

Bref, tu es riche. Oui et non.

Ma femme est normande.

Elle a exig� un contrat � la mode de Normandie.

L'�p�e au c�t�. Quoi?

Le r�gime dotal, quoi. Ah, je vois.

Donc tu n'auras rien � partager.

Dis donc, t'es pas b�te, toi. On frappe.

Entrez.

C'est une lettre pour un monsieur.

Bignol, Chignol,

Rignol... Tignol?

Tignol, c'est moi.

Tu connais quelqu'un � Paris? Non, personne.

Attends, je vais te donner quelque chose.

Tiens, voil�. Merci, monsieur.

"Bignol"...

lls savent m�me pas lire.

Qu'est-ce que tu as?

C'est une mauvaise plaisanterie. Je vais pas...?

Mais non. Mais tu es fou? Un peu de cran.

Tu ne me quittes plus. Mais oui, mais oui.

Ne te mets pas dans un �tat comme �a.

Moi, j'aime mieux aller mourir chez moi, dans mon bazar.

Qu'en dis-tu? C'est mieux qu'� Rouen.

C'est beaucoup mieux.

Alors pourquoi cette t�te? Je pense aux cuisses de ma femme.

- Toutes ces armes ont �t� saisies sur des meurtriers.

ll y a de quoi en tailler, des crayons.

Un paquet, comme dirait Tototte.

Tototte, c'est une copine.

Elle �tait avec moi � la Porte Saint-Martin.

Elle s'envoyait tous les pompiers.

Des pompiers... Je vous demande un peu si �a fait s�rieux.

Moi, j'�tais avec le souffleur. Un type tr�s intelligent.

ll soufflait toute la pi�ce sans tourner les pages.

C'est vous dire qu'il avait de la t�te.

Qui c'est, I�? Papavoine et Caserio.

Des assassins c�l�bres. Moi, j'en connais que deux.

Landru et Ravaillac.

Landru, j'en ai entendu causer, et Ravaillac, je I'ai vu au mus�e.

Et celle-I�, qui c'est? Mme Lafarge et la Voisin.

"La voisine. " Non, la Voisin.

C'�tait son nom.

O� est donc mon minet?

"Mon minet"? Pas le v�tre, mon minet � moi.

Wens, quoi. Ah, le commissaire!

ll arrive tout de suite. Tant mieux.

Je tiens pas � bouffer avec les chevaux de bois.

ll est que 19 h 45.

ll faut �tre � 21 h au Palladium pour les d�buts de la belle Lolita.

Elle me revient pas. C'est elle qui a fait le coup.

D�s que j'ai vu sa photo, j'ai dit � Wens...

Mais il n'a pas voulu me croire.

ll s'est s�rement entich� de cette volaille.

Les hommes sont tellement tourtes.

Qu'est-ce que je lui mettrais, comme p�t�e.

Tiens, �a me rappelle que j'ai la dent.

�a y est, tout de m�me.

Mets pas ton chapeau en casseur, c'est pas ton genre.

On sent que ta m�re t'a couv�.

Allez, viens.

All�? Oui?

C'est pour vous,

monsieur le commissaire.

Hein? Oui, c'est moi.

Gribbe? Quoi?

J'avais confiance en vous. Vous m'avez coll� deux poulets.

Je les ai sem�s proprement. Vous �tes un beau d�gueulasse.

Mais, malheureux...

All�?

Bon Dieu!

Picard, Gribbe s'est tir�.

Va � la brigade des garnis. ll faut le retrouver.

Esp�rons que �a ne sera pas trop tard.

Tant pis pour le p�t� de foie.

Vous avez pr�venu Mlle Lolita? Oui, il y a 5 minutes.

Je vais la chercher.

J'ai la maquette.

Depuis 10 jours, j'essaie de vous atteindre.

Vous �tes chez le bottier, le costumier...

Pour m'habiller. Ou � faire des cartons.

Je m'entra�nais. Les assassins ne s'entra�nent pas.

�a ne les emp�che pas de tirer juste.

Pourquoi refuser de souper avec moi? Je ne peux pas.

Vous retournez chez le costumier?

Ne dites pas de sottises. Pour un essayage?

Senterre, on lui montre un bout de peau, un morceau de cuisse.

Un frisson vous parcourt tous les deux.

Exactement. Vous auriez d� vous mettre fakir.

Avec qui sortez-vous apr�s le spectacle?

Devinez. Je suis s�r que c'est Senterre.

Vous avez un don. ll vous fait la cour.

Naturellement.

ll n'aurait pas d�pens� 50000 F pour monter mon num�ro, sinon.

Vous I'avouez? Et vous le laissez faire?

Tant qu'il se contente d'un souper ou d'une conversation...

Je lui dois bien �a. Les femmes ont une morale � elles.

On frappe. Entrez.

Lolita, �a va �tre � vous.

Oui, voil�.

Qu'est-ce que tu fais I�? Je bavarde. C'est pas mon droit?

L'acc�s des coulisses est interdit aux �trangers.

Je suis devenu un �tranger? Mais non.

Mais un soir de premi�re, il n'y a pas d'amis.

Lolita?

J'arrive.

Applaudissements.

Tu cours apr�s Lolita, hein? Et alors?

Je vais t'expliquer. Ne m'explique rien.

Tu crois avoir ta petite chance, d�fends-la.

Je te croyais mon ami.

Je suis ton ami, mais �a n'a rien � voir.

Allez, au revoir. Non.

Comme tu voudras.

Tignol est arriv� aujourd'hui. ll est dans la salle.

Va le rejoindre.

Je me fous de Tignol! Bon. Bon.

Les copains, je sais ce que �a vaut. Tu es un idiot.

- La direction du Palladium vous pr�sente maintenant

celle que vous attendez:

Lolita, la reine de la cible.

Coups de feu.

Mademoiselle Lolita? Par ici.

Posez �a I�.

Oh, quel d�sordre!

Vous attendez Mademoiselle? Oui.

Malheureusement je dois partir.

Coups de feu.

French cancan.

Pas tant d'exub�rance. Rentrons.

Le spectacle est ravissant. C'�tait joli, n'est-ce pas?

�a va. C'est vous qui mettez en sc�ne ou moi?

Votre spectacle �tait int�ressant. �a manque de chanteuses.

Si j'avais �t� I�, j'aurais redress� la sauce.

Tignol est ici.

Vous me pr�venez maintenant? Je vais vous pr�senter.

Quelle bonne surprise!

Je ne te demande pas comment tu vas. Tu as grossi.

Toi, tu es un peu maigrichonne. Tu as I'air verte.

C'est le succ�s du spectacle? Tu as trop d'esprit. �a te perdra.

Senterre m'a suppli�e d'�tre sa vedette. J'ai refus�.

Dis donc, vieux!

Mais qu'est-ce qui se passe?

ll est mort?

ll respire. ll faut le faire transporter.

Dans mon bureau.

Mila! Qu'est-ce qui se passe?

T�l�phone � la pr�fecture. Qu'on envoie Picard.

Le t�l�phone, s'il vous pla�t. � droite.

ll a profit� de votre num�ro pour tirer impun�ment.

�a a d� passer inaper�u, au milieu de la fusillade.

J'ai compris. Je ferai le n�cessaire.

Eh bien, docteur? Rien � faire.

ll est mort sans avoir repris connaissance.

Vous devez �tre content, Senterre.

Oh, je vous en prie.

Vous auriez d� me pr�venir.

Je me fais assez de reproches. Un peu tard.

Un soir de premi�re, on est si occup�...

Je ne pensais pas qu'il courait un danger, ici.

Au milieu de nous, dans le public. La preuve.

Patron.

M. Tignol a re�u une lettre ici?

Oui, monsieur le commissaire. Approche.

Qu'est-ce que tu en sais? Je la lui ai remise.

Celle-ci? Oui, monsieur.

La victime �tait assise dans le bureau de M. Senterre.

Vraiment?

Votre ami ne vous I'a pas montr�e?

Si. Vous n'avez pas cru au danger?

J'ai pens� � une plaisanterie.

Vous avez un curieux sens de I'humour.

Qui t'a donn� cette lettre? Un gosse.

Vous �tes s�re que I'arme provient de votre collection?

Ce revolver �tait rest� dans ma loge quand je suis entr�e en sc�ne.

Qui est sorti le dernier de votre loge?

- M. Senterre, je crois.

Vous avez ferm� � cl�? Non, commissaire.

On ne la ferme jamais.

Qui �tes-vous, madame? P�querette. La m�me P�querette.

- O� �tiez-vous pendant le num�ro?

Dans le couloir. Vous avez boug�?

Non. Vous avez �t� prendre un distingu�.

C'est quoi, "un distingu�"? C'est rien.

Mais tout de m�me.

C'est un m�lange de fine et de B�n�dictine.

La B�n�dictine pour adoucir et la fine pour corser.

�a soutient. Je veux bien le croire.

Alors n'importe qui aurait pu entrer dans la loge?

Mais si, je sais. Quelqu'un est entr� dans la loge.

La fleuriste d'abord,

et le monsieur qui s'est disput� avec M. Senterre.

Perlonjour?

Je ne sais pas comment il s'appelle.

Vous avez eu une explication? Oui, sans importance.

"Sans importance"? Sur quel sujet?

Euh... litt�raire.

Depuis, vous ne I'avez pas revu?

Si. Je I'ai aper�u au bar en quittant Tignol.

Et ensuite?

ll a d� partir aussit�t apr�s le num�ro de Lolita.

Je vous accompagne, madame. Nous causerons en route.

Au revoir, ch�re madame. Au revoir.

Lolita? Qu'est-ce que vous faites ici?

Je vous attendais. Dans la rue?

Je suis venu vous dire adieu.

J'abandonne. Je ne vous emb�terai plus.

Oh, vous �tes stupide.

Je regrette d'�tre revenu.

ll est trop tard pour discuter.

Revenez demain. Demain, j'aurai quitt� Paris.

Je ne peux pas vous laisser faire une sottise.

Vous me paierez �a.

Elle sonne.

D�j�? Bravo! Bon travail.

Gribbe s'est r�fugi� � �toile H�tel, rue de Flandres.

Allez I�-bas avec deux inspecteurs. Je vous rejoins.

Vous �tes s�r qu'il est I�? ll n'a pas boug� depuis 21 h.

Wens frappe � la porte.

Police!

ll dort bien.

Bruit derri�re la porte.

Ouvrez.

Passez le premier. Foutez-moi la paix!

L'ampoule est grill�e.

Donnez-moi votre lampe.

ll pouvait pas se r�veiller. C'est gai! Faire �a chez moi?

Voil� le r�sultat de vos exploits, Jalabert.

Je faisais suivre Gribbe pour le prot�ger.

Vous I'aurez sur la conscience.

ll a eu de la visite? Non, personne.

Sauf votre inspecteur. "Inspecteur"?

Oui. Un grand borgne avec un imperm�able.

� quelle heure est-il venu? ll y a une heure.

ll vous a t�l�phon� tout de suite. � qui?

� la police. �a, c'est complet.

- Tu m'aimes? Demande au marc de caf�.

C'est du chocolat. Alors demande aux �toiles.

ll fait soleil. Attends la nuit et tu seras fix�e.

Dites donc, voulez-vous �tre convenable?

On frappe � la porte.

Qu'est-ce que c'est? C'est moi. Madame Foin.

J'ai un paquet pour vous. Merci, madame.

- � votre service.

Tiens.

"Henri Senterre. En souvenir de vos d�buts. "

Oh, le salaud! ll est bien blanc, tu sais.

Tu vas le lui renvoyer. �a lui servira de le�on.

La le�on serait meilleure si je le gardais.

Vous savez qu'on a retrouv� le corps de Gribbe?

J'ai lu les journaux.

Deux victimes et le meurtrier sera arriv� � ses fins.

Une seule devrait lui suffire. Pourquoi "une seule"?

Senterre et moi sommes encore vivants.

Mais logiquement, I'un de vous deux est I'assassin.

C'est idiot. Pas tellement.

Gernicot avait �voqu� un inconnu

qui vous supprimerait tous pour s'approprier vos fortunes.

Oui? �a ne tient pas debout.

Comment un inconnu pourrait y parvenir?

De nos jours, une fortune ne consiste pas en sacs d'�cus.

Son travail termin�, I'inconnu se serait trouv� le bec dans I'eau.

Vous me suivez? Dites toujours.

Mais si le meurtrier est I'un de vous deux,

il h�rite l�galement de ses victimes.

Moi, je suis s�r de n'avoir tu� personne.

Et Senterre est incapable d'une telle l�chet�.

Tr�s bien. Asseyez-vous.

Et Namotte? Que pensez-vous de lui?

Namotte est mort. Myst�rieusement.

� quoi bon remuer le pass�? R�pondez.

Nous ne nous entendions pas. Nous �tions trop diff�rents.

ll avait des id�es arr�t�es sur tout.

ll vivait pas dans la vie. ll se reconstruisait un monde.

Et Gernicot? Le contraire. Nerveux, exalt�.

Mais une imagination d�bordante.

Tignol �crivait, mais il �tait le po�te.

Vous �tiez au Palladium quand on a tu� Tignol,

vous en �tiez sorti quand on a trouv� le cadavre.

O� avez-vous pass� la nuit?

Je peux pas vous r�pondre. C'est tr�s bien, jeune homme.

�a vous passera, mais c'est tr�s bien.

Je suis au courant.

Vous avez �t� retrouver Mme Gernicot � 2 h.

Qu'avez-vous fait de minuit � 2 h? J'ai attendu.

O�? Devant sa porte.

C'est beau, I'amour.

Vous avez connu �a?

� 14 ans, j'ai eu une passion pour la femme du proviseur.

Une grande brune superbe.

Elle n'avait pas positivement des moustaches, mais un l�ger duvet.

Ah!

�a a �t� un beau r�ve.

Pendant que vous attendiez, vous n'auriez pas eu I'id�e

de pousser jusqu'� chez votre ami Gribbe?

Si vous me soup�onnez, arr�tez-moi tout de suite.

Ce serait le mieux. Innocent, vous seriez � I'abri,

coupable, vous seriez hors d'�tat de nuire.

Malheureusement, c'est impossible. La loi est mal faite.

Je le regrette, pour vous comme pour moi.

Sans rancune.

Tiens, tu �tais I�? Tu vois.

Je passais chez toi.

J'ai une chose � te remettre de la part de Lolita.

Oh, moins que rien. Un colifichet.

Elle le trouve trop petit.

Ah, �a...

Monsieur Senterre?

Nous en reparlerons. Quand tu voudras.

Vous m'envoyez chercher par un inspecteur

comme un pr�venu?

Excusez-moi, c'�tait urgent.

Voulez-vous examiner �a?

On a remis la premi�re � Tignol en votre pr�sence.

Celle-ci �tait sur la poitrine de Gribbe.

Et alors?

Le papier employ� ressemble �trangement � celui de votre bloc.

Regardez le filigrane. C'est ce que vous aviez � me dire?

Je me serais pas permis de vous d�ranger pour si peu de chose.

Je tenais � vous mettre en garde. Contre quoi?

Vous �tes un homme de th��tre,

vous savez que dans une intrigue bien men�e,

il vient un moment o� le drame se concentre.

Nous en sommes I�: c'est la fin du second acte.

Apr�s le 2, on fait un entracte. Court, tr�s court.

ll est peut-�tre d�j� termin�.

Elle n'est pas I�. Je le vois bien.

O� en est-on?

C'est I'entr�e en sc�ne des m�taux pr�cieux.

Catastrophe! O� a-t-elle pu passer?

�a travaille 3 jours s�rieusement et �a s'envoie en I'air le 4e.

T�l�phonons � la police. Vous �tes folle, vous?

Depuis I'autre jour, je vois des assassins partout.

Et le patron qui n'est pas I�. lls sont peut-�tre ensemble.

Elle est sortie de chez elle � 19 h 55 et n'est jamais arriv�e.

C'est tout ce que vous savez? Oui.

On voit que vous lisez les journaux. Je fais pas de radiesth�sie.

Comment expliquez-vous sa disparition?

ll y a 3 explications possibles. Qui sont?

La premi�re, la seconde... Et la troisi�me.

Non. Et la bonne.

La 1 re, c'est qu'on I'ait supprim�e, la 2e, c'est qu'elle se soit enfuie.

Pour quoi faire? Oui. "Pour quoi faire"?

Reste I'explication qui soit la plus vraisemblable:

I'enl�vement.

Perlonjour qui I'a enlev�e. Dans quel but?

Vous ne le voyez tout de m�me pas la s�questrant par amour.

D'ailleurs, je I'ai trouv� aussi boulevers� que vous.

Com�die.

S'il joue la com�die, il la joue tr�s bien.

Alors, si ce n'est pas lui? C'est vous.

Quoi?

Ou un autre.

Plut�t un autre.

Oui, plut�t.

Oh I� I�! C'est malheureux, tout de m�me.

O� a-t-il pu passer? Tu trouves?

Non.

C'est un gant blanc avec des papillons.

S'il y avait que les papillons, ils auraient pu s'envoler.

Cherche dans tes poches, sous les meubles.

Grouille-toi. Je fais ce que je peux.

Je resterai ici deux jours, mais je les trouverai.

Tu trouves?

Tu ne vois rien, dis? Je cherche.

Saint Antoine, si vous me faites retrouver mon gant,

je vous mettrai un petit cierge.

Merde!

Merde, merde, merde! Quelle taule!

Quelqu'un me fait des entourloupettes.

C'est la bonne, les voleurs ou les souris.

J'ai trouv�!

J'ai trouv�, Mila.

Merci, mon kiki, merci, mon trounounou.

O� est-il? Je sais pas.

Hein? Je sais qui c'est?

Mon gant? L'assassin.

Voil� � quoi tu t'occupes.

J'ai perdu mon gant, et Monsieur cherche I'assassin.

Bon � rien, fain�ant.

C'est une perruque que t'as dans la main.

On sonne.

Abruti!

En surveillant le courrier de Perlonjour,

on a trouv� une lettre anonyme. Qui lui �tait adress�e?

Oui. �a ne sent pas tr�s bon.

Moi, �a me ravi. J'attendais �a avec impatience.

Recachetez I'enveloppe et remettez-la dans le courrier.

Bonsoir, Picard. Bonsoir, monsieur.

Je peux pas aller ce soir au Palladium.

Nous avons d�j� eu le Quint� de fleurs la saison derni�re.

lls n'ont rien chang� � leur num�ro.

Mais non. �a ira tr�s bien, soyez tranquille.

Si je peux, j'essaierai de passer, mais tout � fait en fin de soir�e.

On frappe. Oui?

Commissaire Wenceslas

Voroboetchik.

Faites entrer.

D�sol� de venir si tard, cher monsieur.

Vous n'�tes pas ici par plaisir.

Ce soir, je viens en ami, si vous me permettez I'expression.

Je vous ai un peu malmen�, ces jours-ci.

Je vous prie d'oublier ces petits froissements.

Qu'avez-vous � me demander? De venir d�ner avec moi.

Ce soir? Vous �tes pris?

C'est que nous sommes mardi. "Mardi", oui.

Chaque mardi, nous avons de nouveaux d�buts au Palladium,

et je suis tenu d'y assister. C'est pas de chance.

Le devoir avant tout.

Vous partiez pour le th��tre? Oui, justement, je...

Je ne veux pas vous retarder.

Je vais vous accompagner.

C'est qu'auparavant, je dois faire...

Je suis indiscret. Pas du tout.

Si, si. Je le sens bien.

Patient, mais psychologue.

Je vous laisse.

Un petit conseil: pas de d�tours inutiles dans les rues sombres.

Je ne suis pas poltron.

C'est pas toujours les poltrons qui se font tuer.

Soyez tranquille. C'est pas seulement pour vous.

Un cadavre de plus et je saute. Ma sollicitude est int�ress�e.

Tenez, si �a peut vous rassurer.

Vous appelez �a une arme? C'est un joujou, mon ami.

Vous ne tueriez pas un moineau avec �a.

Nous allons faire un �change.

Prenez. Vous plaisantez?

Non.

Franchement, je dormirai mieux.

Alors bonne nuit.

Bonne chance.

All�, Celtic H�tel?

Je voudrais parler � M. Perlonjour. Comment?

M. Perlonjour n'est pas I�.

ll faut que je lui parle. C'est tr�s grave.

Je vous dis qu'il n'est pas I�. Sa cl� est au tableau.

All�?

M. Senterre vient de sortir � I'instant m�me.

All�? Commissaire Voroboetchik?

Je ne connais pas. *Comment?

Je ne connais pas!

Tout ce que je sais, c'est que c'est un d�go�tant.

Mila, c'est Lolita � I'appareil.

ll faut que je parle � Wens.

Si je savais o� il a pu passer. J'avais rendez-vous avec lui.

*Les hommes, quelle plaie! Des malappris, des goujats.

La paille au derri�re et le feu dedans...

Des chiens aboient.

Les chiens aboient.

Coups de feu.

On y va!

Passe-lui les menottes.

Allez, ouste.

Vous �tes pris. C'est de la folie.

Sur ce point, nous sommes d'accord.

Vous avez r�ussi 3 fois, mais pas celle-I�.

Je vous jure... Votre revolver est br�lant.

J'ai tir� pour me d�fendre.

Vous avez attir� Perlonjour dans un pi�ge

gr�ce � une lettre anonyme.

Vous mentez! Alors que faites-vous ici?

J'ai re�u une lettre de Lolita.

Vous I'avez? Dans ma poche droite.

Mais non, droite.

Un faux, mon pauvre ami. Un faux maladroit.

Vous auriez pu trouver mieux.

Vous me d�cevez. �coutez, Wens,

�coutez, je vous en supplie.

C'est une erreur. Je ne suis pas coupable.

Vous entendez? Je ne suis pas coupable!

Je le sais bien.

Je vous ai donn� une le�on.

Je comprends pas.

Le meurtrier a jou� sur vos nerfs.

Le meurtrier vous a attir�s tous les deux dans cet endroit isol�.

C'�tait bien combin�.

Math�matiquement, I'un de vous devait tirer par peur.

Un mort et un condamn� � mort.

Mais j'�tais I�. Et alors?

ll s'est pas fait mal en tombant. Relevez-vous, jeune homme.

- �a alors!

Jean!

On a pass� I'apr�s-midi � r�gler cette com�die.

On a fait de la mise en sc�ne.

Alors votre revolver... �tait charg� � blanc.

C'est pour �a, I'�change. Patient, mais prudent.

Bribes de conversation.

Mais alors, qui est I'assassin?

Vous n'avez pas devin�? C'est...

Baissez-vous! Coup de feu.

Vous n'avez rien, patron?

Tiens, I�-bas!

- Par ici!

On se croirait dans une carri�re. C'en est une.

Moins de discours.

Jalabert, Perlonjour, par ici.

Les autres, suivez-moi.

Le voil�!

Salopard!

Toi?

O� est Senterre?

�a va mieux? Oui, merci.

Par ici, chef.

Picard, viens voir.

ll est peut-�tre I�. Penses-tu.

- Picard? Oui?

Alors? Personne.

ll s'est pourtant pas volatilis�.

J'ai fait garder les issues. ll peut pas nous �chapper.

Au secours!

Au secours!

� moi!

� moi!

ll n'y a aucun doute. L'appel venait d'ici.

D'ailleurs voil� ses pas.

ll s'est enlis�.

Vous m'avez donn� la cl� de I'�nigme

quand vous m'avez parl� de I'imagination de Gernicot.

Le c�t� spectaculaire des meurtres,

I'id�e de tuer Tignol en public, les listes...

�a ne cadrait pas avec vos caract�res.

Et pourtant I'assassin �tait un de vous six.

Qui alors?

Un mort qui ne serait pas mort. On dirait un film.

Merci.

Un cadavre avait disparu en emportant son petit tapis.

Un assassin n'avait aucun int�r�t � faire �a.

Mais pour une fausse victime, c'�tait indispensable.

En analysant les taches de sang,

nous n'aurions trouv� que de I'h�moglobine.

C'est un gar�on soigneux. Quel as!

ll a rudement bien r�ussi. Fiche-moi la paix.

L'id�e �tait ing�nieuse, mais la r�alisation assez simple.

ll a tir� par la fen�tre,

jet� son pistolet dans la rue, et est tomb� ensanglant�.

Non, merci.

ll y a une chose qui me tracasse:

comment aurait-il pu h�riter sans se d�masquer?

ll aurait pr�tendu que vous I'aviez s�questr�.

Avec de I'argent, on trouve des t�moins.

Je me trompe? Non.

C'est ce qu'il m'a dit dans la petite maison o� il me gardait � vue.

Nous avons pass� un sale moment.

Ne te plains pas. Tu as la meilleure part.

- Et cette bouteille? Elle perd pas le nord.

Allons-y.

Merci.

J'aime vous voir sourire. C'est rare.

La vie ne m'a pas g�t�e.

Maintenant, il faut oublier tout �a, sourire � I'avenir.

Faites-moi confiance.

Vous nous avez sauv� la vie. Vous me I'avez sauv�e aussi.

On s'est sauv�s mutuellement.

D'ailleurs, je vais vous demander de me la sauver encore une fois.

Vous courez un danger? Regardez celle-I�.

Si vous I'engagez pas...

Elle est engag�e. Pour le prochain spectacle?

Dans 3 semaines. Mais j'ai des conditions:

primo, une habilleuse qui me respecte,

secundo, d�sinfection de ma loge, tertio...

�coutez, Wens,

si un jour on trouve Mila Malou assassin�e,

ne cherchez pas le coupable. Ce sera moi.

Patient, mais r�solu.

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