All language subtitles for Burma.VJ.Reporter.I.Et.Lukket.Land.(2008).Z2.FR

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Original subtitles

Ce film a �t� tourn� essentiellement en cam�ra cach�e en Birmanie.

Des passages ont �t� reconstitu�s gr�ce aux personnes concern�es.

Certains noms ont �t� modifi�s, par s�curit�.

Quand je prends la cam�ra, il arrive que mes mains tremblent,

et que mon c�ur batte plus vite.

Mais au bout d'un moment, �a va mieux.

Je ne pense plus � rien d'autre que mon sujet.

Je filme, c'est tout.

Voici mon pays.

Et voici comment il est depuis plus de40 ans.

Autant que je me souvienne, �a n'a �t� diff�rent que quelques semaines.

En 1988, je n'�tais encore qu'un jeune gar�on.

Cette ann�e-l�, tous les Birmans sont descendus dans la rue.

Ils rejetaient le r�gime militaire. Ils voulaient que �a change.

Ce sont les �tudiants qui menaient les manifestations.

Ils parlaient de plus en plus ouvertement.

Ils exigeaient que les g�n�raux quittent le pouvoir.

Il y avait �norm�ment d'espoir.

Nous avions m�me vu Aung San Suu Kyi

revenir d'Europe pour prendre la t�te du peuple.

Mais les g�n�raux ne l'entendaient pas ainsi.

� la fin de la journ�e,

et tout �tait termin�.

Je veux me battre pour la d�mocratie.

Mais je pense qu'il nous faut un plan � plus long terme.

Nous ne pouvons pas retourner nous faire tuer dans la rue,

parce que nous ne pouvons plus perdre personne.

Ces gens �taient tr�s courageux,

mais je me dis parfois qu'ils sont morts pour rien.

Il ne reste plus rien de 1988.

C'est comme si tout avait �t� oubli�.

Aung San Suu Kyi est en r�sidence surveill�e dans Rangoon.

Elle est chez elle, mais on ne peut aller lui parler.

Il ne reste que... les t�n�bres.

J'ai l'impression que le monde nous oublie.

C'est ce qui m'a pouss� � devenir reporter vid�o.

Je peux au moins montrer que la Birmanie existe toujours.

On doit cacher la cam�ra dans un sac. Et on ne filme jamais longtemps.

Et ensuite, on fait secr�tement passer les images hors du pays.

C'est un travail tr�s difficile. Mais on fait de notre mieux.

S'ils me prennent avec une cam�ra, je sais que j'irai en prison.

Et si les gens nous disent ce qu'ils pensent, ils seront enferm�s aussi.

Alors ils se taisent. Nos histoires sont silencieuses.

La nuit, je repense toujours � ce que j'ai fait durant la journ�e.

Je m'inqui�te : "Qui aurait pu me rep�rer ?"

Des appr�hensions de ce genre.

"Et si quelqu'un m'avait vu filmer et reconnu ?"

Oui, je pense � tout �a.

La peur est enracin�e en nous tous. En moi aussi.

Quand ces pens�es m'assaillent, je vais parfois voir Ko Maung.

- Tu m'as achet� cette cam�ra ? - Elle est pour toi, petit d�mon.

Nous sommes tout un groupe � Rangoon,

tous confront�s aux m�mes probl�mes.

Mais Ko Maung a une autre fa�on de les aborder,

m�me s'il a d�j� pass� l2 ans en prison.

Il est diff�rent. On dirait qu'il s'en fiche.

- O� est le zoom ? - Juste l�.

- Je vois. - Il marche dans les deux sens.

Ah, d'accord. D'accord.

- C'est tr�s pratique. - Oui, tu vas l'adorer.

Oh, merde !

Ko Maung est quelqu'un de tenace.

Il est rarement perturb� ou d�prim�. Il est fort.

Parfois, je me demande si ce qu'on fait sert � quelque chose.

On fait tant d'efforts, et rien ne change.

Notre travail compte, m�me si on ne fera jamais la une de CNN.

L'esp�rer serait pu�ril.

Ce qui compte, c'est de continuer � dire la v�rit� sur notre pays.

- Mais rien ne change. - N'en sois pas si s�r.

Les gens en ont assez. Ils sont pr�ts pour le changement.

Les gens ont peur.

C'est inscrit en eux. Depuis quand te bats-tu contre les g�n�raux ?

19 ans.

- C'est tr�s long. - Exactement.

C'est �a qui compte. Tu devrais penser � ce que dit Bouddha.

N'en demande pas trop.

Sois patient.

Il va se passer des choses, mon fr�re.

Les informations et les images obtenues sur Internet sont cruciales.

Elles racontent au monde entier ce qui se passe.

Ce sont les yeux et les oreilles du monde.

Car nous, les journalistes, ne pouvons remplir notre r�le,

puisqu'on nous interdit d'entrer.

"Joshua" et son groupe de reporters travaillent

pour The Democratic Voice of Burma, une cha�ne de t�l�vision en exil.

Leurs images film�es en Birmanie sortent secr�tement,

gr�ce � Internet ou � des messagers de confiance.

Depuis Oslo, la cha�ne diffuse ces images

en Birmanie, par satellite,

pour contrer la propagande gouvernementale.

� l'automne 2007, les reporters clandestins font la une

partout dans le monde, de fa�on inattendue.

Je me souviens tr�s bien de ce l5 ao�t.

J'�tais dans un car allant � Rangoon. J'ai d�cid� de faire un sujet.

Parce que l'atmosph�re �tait assez �trange dans le bus.

Elle �tait inhabituelle.

Vous en avez mis, du temps ! �a fait des heures que j'attends.

Mettez-le � l'abri.

- Le tarif est pass� � l 000. - Quoi ? Ce n'est plus 500 ?

Le prix de l'essence a augment�, vous savez.

Je devrais aller me plaindre.

Plaignez-vous � qui vous voulez. Essayez la police !

Qu'est-ce que je peux y faire ?

Ce jour-l�, le gouvernement a doubl� le prix de l'essence.

Tout est devenu beaucoup plus cher. C'�tait tr�s probl�matique.

- Il faudra qu'elle arr�te l'�cole. - �a ne vous aidera pas.

- C'est vraiment n'importe quoi. - Je peux vous poser une question ?

Ils ont encore peur.

Qui est un informateur ? Qui appartient aux Renseignements ?

Bien qu'ils ne parlent pas, je sais qu'il va se passer quelque chose.

Je le sens.

Quand j'arrive � Rangoon,

j'apprends qu'un opposant notoire

va organiser une gr�ve solitaire, sur un march� tr�s fr�quent�.

Les mesures de s�curit� sont strictes, � Rangoon.

Il y a beaucoup de gens du gouvernement en civil.

Il ne tiendra pas plus de deux ou trois minutes. Il sera arr�t�.

Il faut que notre �quipe use de toute son �nergie.

Nous d�cidons d'y envoyer tout le monde.

Donc nous y allons, et nous nous dispersons.

Et voici ce qui s'est pass� sous mes yeux.

- Le peuple souffre. - Le gouvernement ne fait rien.

Descendez dans la rue, et rejoignez-nous !

Kyaw Kyaw a pris ces images. Ma bande a �t� perdue.

J'ai voulu trop filmer, parce que je les suivais.

On me voit ici en chemise blanche, avec un sac noir.

Je les suivais et je les ai vus jeter le manifestant dans un camion.

J'ai couru vers le camion. Je tenais � filmer �a !

Et j'ai entendu quelqu'un crier : "Il a une cam�ra !"

C'est de moi qu'on parlait. Ils m'ont attrap�.

Ils m'ont emmen� dans un bureau de la police secr�te pour m'interroger.

"Comment avez-vous eu cette cam�ra ?" "Pourquoi filmiez-vous ?" Etc.

J'ai dit qu'un ami m'avait pr�t� la cam�ra, que j'�tais l� par hasard.

Ils m'ont dit : "Nous ne te croyons pas.

"Mais nous gardons la cam�ra et la bande, et tu peux partir."

J'�tais soulag�, mais je savais que je ne devais pas me leurrer.

Ils ne m'ont rel�ch� que pour me suivre et voir ce que je ferais.

Pour voir si je travaillais en groupe, comment on fonctionnait...

Ce genre de choses.

Lorsque j'en ai inform� le si�ge de mon organisation,

on m'a dit que je n'�tais plus en s�curit� en Birmanie,

que je devais aller en Tha�lande.

Mais je n'ai pas r�pondu � leur mail. Je n'ai pas ob�i � leur ordre.

Je savais que quelque chose allait se passer. Si je ne le filmais pas,

je n'aurais pas d'autre occasion avant le prochain 36 du mois.

Alors j'ai d�cid� que, quoi qu'il puisse m'arriver,

je le ferais.

28 AO�T2007

O� es-tu ? �a y est, tu l'as vue ?

Je suis � l'arr�t de bus. �a se passe de l'autre c�t� de la rue.

O� es-tu ? Je ne te vois pas dans cette foule.

�a y est, je la vois ! Elle est juste devant moi !

Apparemment, elle est venue avec des amis qui la prot�gent.

Au bout de quelques jours, j'ai appris que Su Su Nway,

qui est c�l�bre pour son courage,

avait l'intention d'aller manifester.

Si on la laisse agir, cela peut mener � une grande manifestation.

Nous devons le diffuser. Comme toujours, nous nous dispersons.

Ne t'inqui�te pas, je filme tout maintenant.

Tr�s bien, mais sois prudent.

Il y a beaucoup d'agents. Nous ne devons pas perdre ces images.

Nous nous battons pour le peuple ! Rejoignez-nous tous !

Ce sont les hommes de main ! Les sbires arrivent !

Ils essaient de l'attraper, mais les gens s'interposent et la prot�gent.

C'est un grand moment pour nous et une grosse erreur pour eux.

Parce qu'ils se sont montr�s tr�s brutaux aux yeux de tous,

et que nous avons pu les filmer.

Sortez-le de l� ! Attrapez-le !

Aidez-le ! Attrapez-le !

Non, non ! Esp�ces de salauds !

Nous filmons �a, et la police nous filme.

Ils m'enregistrent, et je les enregistre.

On ne peut plus dire qui est qui � ce moment.

Attrapez-la ! Attrapez-la !

On filme tout. Tout est enregistr� !

Le chauffeur de taxi nous dit :

"Ils sont tr�s courageux ! Je suis heureux de voir �a !

"C'est exaltant ! Je fais des �conomies pour ma famille.

"Mais s'il se passe quelque chose, j'irai manifester."

Ce n'est pas habituel.

Parler de politique avec un inconnu ne se produit jamais.

Mais � ce moment-l�, nous savons ce qui va arriver.

Oui, le mouvement s'amplifie.

Maintenant, nous montons les images et nous les envoyons � Oslo.

Quelques heures plus tard, un ami m'appelle.

Nos images sont diffus�es sur CNN et la BBC.

Diffus�es et rediffus�es plusieurs fois.

De telles manifestions de dissidence sont extr�mement rares en Birmanie.

Pour les dirigeants militaires du pays, c'est une provocation.

On parle m�me du plus grand d�fi depuis plus de l0 ans.

The Democratic Voice of Burma, ou DVB, utilise

le satellite et les ondes courtes radio,

pour informer sur ces manifestations le monde,

mais aussi la Birmanie, pour la 1re fois.

Une trentaine de reporters travaillent en cam�ra cach�e.

Ils prennent des images et les envoient hors du pays,

malgr� le danger que cela repr�sente.

C'�tait merveilleux de voir nos images parcourir le monde entier.

Pour la 1re fois, j'avais le sentiment que nous �tions utiles.

Mais je savais aussi que je devais quitter la Birmanie au plus vite.

J'acceptai finalement de partir quelque temps en Tha�lande.

CHIANG MAI, THA�LANDE D�BUT SEPTEMBRE 2007

Nous pensons qu'il y aura d'autres manifestations,

et que les gens vont rejoindre le mouvement.

Alors je serai le centre

d'o� partiront les nouvelles, vers le monde entier.

J'�tais tr�s malheureux � ce moment-l�,

d'�tre dans un bureau, � r�pondre au t�l�phone,

� recevoir et envoyer des mails en Birmanie, et � organiser les actions.

Je voulais �tre sur le terrain.

Comme je suis ici, je ne peux pas travailler � Rangoon pour vous.

Je vais rester un mois. Puis je rentrerai.

Mais il �tait important que je reste l�

et que je pr�pare le travail de nos cameramen en Birmanie.

Appelle-moi, s'il te pla�t.

- All� ? - All� ? Tu m'entends ?

Tr�s bien. Combien avez-vous de cam�ras ?

Cinq, en tout.

Comment est votre nouveau bureau ?

C'est calme, et on est en s�curit�.

Et le magasin, en face ?

Dans le magasin d'en face, il n'y a que deux personnes �g�es.

On a un probl�me. Nos cam�ras ne marchent pas tr�s bien.

On a d�j� d� faire r�parer deux fois l'objectif.

Il faudra s'arranger avec l'autre �quipe, si on veut �tre efficaces.

- Tu peux voir � l'int�rieur ? - Non, la vue est bouch�e.

Que sais-tu d'autre ? As-tu entendu d'autres nouvelles ?

Attends un instant.

- All� ? - Tun Zaw r�colte des informations.

- � qui parle-t-il ? - � des moines. Ils sont nombreux.

- Je vais demander � mon groupe. - Bonjour.

Ce sont les moines ! Ils se joignent � eux !

Brusquement, les moines se mettaient � agir.

Pour m'informer, j'appelai alors un guide des moines que je connaissais.

All� ? All�, v�n�rable moine ?

Ne me parlez pas comme � un moine. Appelez-moi Ko Nyo.

D'accord.

Nous avons adress� un ultimatum aux g�n�raux.

Si nos exigences ne sont pas remplies et que les g�n�raux ne r�pondent pas,

nous sommes pr�ts � agir.

Nous d�filerons dans tout le pays. Mandalay, Rangoon...

Et le monde entier saura que les moines sont en gr�ve.

Comment allez-vous r�aliser cela ?

Nous avons d�j� choisi de nombreux endroits.

Mais pour des raisons de s�curit�, je ne peux vous dire lesquels.

18 SEPTEMBRE 2007

- Mais o� est-ce qu'ils sont ? - Ils devraient �tre par ici.

- Regarde ! - Chauffeur, on s'arr�te ici.

- Merde, ils marchent vite ! - Allez, d�p�che-toi !

Que faites-vous avec cette cam�ra ?

Je suis journaliste, honorable moine.

Arr�tez, �a va susciter des probl�mes.

Ne filmez pas !

- Nous appartenons � la DVB. - Allez-vous-en !

Ko Maung et Tun Tun essaient de parler aux moines.

Mais les moines les prennent pour des agents des Renseignements.

Prot�gez-les, prot�gez-les.

C'est alors que de v�ritables agents des Renseignements

essaient d'attraper nos reporters.

Les moines prot�gent les reporters,

et les acceptent parmi eux.

Et nos journalistes marchent librement avec les moines.

Nous allons pouvoir travailler ensemble.

Un manifestant ne peut rien obtenir, mais eux, ils sont des milliers.

Il y a environ 400 000 moines, en Birmanie.

C'est en fait la seule force du pays qui puisse faire peur aux militaires.

Et le gouvernement commet une �norme erreur.

Dans une ville, pr�s de Mandalay, ils frappent plusieurs moines.

Le bouddhisme nous interdit formellement de faire cela.

Alors tout le monde est scandalis�,

et les moines exigent des excuses du gouvernement.

Les moines ne sont pas cens�s intervenir dans la vie politique.

Mais quand le peuple souffre et meurt de faim,

ils se soul�vent parfois pour leur apporter leur soutien.

Cela est d�j� arriv�. Cela s'est m�me produit il y a 1000 ans.

Ils retournent leur bol � aum�nes,

montrant ainsi qu'ils refusent tout don venant des g�n�raux.

Seuls quelques la�cs les suivent.

Les gens craignent les armes � feu.

- Des dizaines de milliers de moines. - Seulement cent.

Non, regarde comme ils sont nombreux !

Il n'y a que les moines qui puissent abattre le gouvernement.

On ne peut pas savoir ce qui va se passer.

Trois jours sans aucun coup de feu.

- Ils ne tireront pas sur les moines. - On ne sait jamais.

Le gouvernement est accul�.

Il doit prendre une d�cision. Il peut d�cider de frapper fort.

Le gouvernement pourrait tomber.

Les gens ont tr�s envie de voir nos images.

Ils allument The Democratic Voice of Burma.

Ils ont h�te de voir ce qu'on a � leur montrer.

Mon groupe en Birmanie travaille avec enthousiasme.

Cela me remplit d'�nergie.

Parall�lement, des journalistes de tous les m�dias importants

attendent de voir nos images tourn�es � Rangoon.

Des centaines de moines birmans manifestent depuis 3 jours,

apr�s que l'envol du prix de l'essence

a provoqu� une vague de m�contentement public.

La BBC a obtenu des images exclusives.

Les manifestants risquent la prison et la torture.

Mais, depuis un mois, dans tout le pays,

des gens osent s'opposer � un r�gime des plus r�pressifs.

Les manifestations sont men�es par des moines,

une force puissante dans cette nation d�vote.

- Bonjour. - Bonjour.

Ma�tre...

Ce que font les moines est fantastique.

Les gens commencent � vous rejoindre, et le mouvement grandit.

Oui.

Je pense que cette manifestation religieuse peut devenir politique.

Serait-il utile que nous invitions les la�cs � se joindre � nous ?

Je pense que ce serait tr�s profitable.

C'est mon avis, en tout cas.

Nous allons nous r�unir rapidement pour organiser �a.

- Vous ferez une d�claration ? - Bien s�r !

Nous tenons � ce que les gens participent.

Jusqu'� pr�sent, c'�tait religieux. Avec les gens, cela sera politique.

C'est une nouvelle exaltante.

Nous, jeunes moines suivant la voie de Bouddha, devons manifester.

Nous allons nous entra�ner. Je commence et vous r�pondez.

- La r�conciliation maintenant ! - C'est notre cause ! Notre cause !

- La r�conciliation maintenant ! - C'est notre cause ! Notre cause !

- Nous voulons le dialogue ! - C'est notre cause !

Lib�rez tous les prisonniers politiques. Aung San Suu Kyi aussi !

- Tu as entendu �a ? - C'est incroyable.

Ils le font !

Nous devons �tre prudents pendant la manifestation.

Nous devons tous rester disciplin�s.

Nous sortirons par la porte Est et continuerons sur Baham Street.

Un de nos reporters est toujours en 1re ligne de la manifestation,

travaillant avec les chefs des moines.

Continuez un peu et tournez � gauche. Des gens se joindront � vous.

Ainsi il sugg�re aux moines par o� passer.

Il leur dit o� ils seront le plus soutenus,

et o� les gens se joindront � la manifestation.

Bien. Dans ce cas, nous partirons de la porte Nord.

Veuillez tous vous diriger vers la porte Nord.

Que tous les habitants de l'Orient

Et tous les habitants de l'univers soient libres !

Libres de la peur

Libres de toute d�tresse

Libres de la pauvret�

Que la paix soit dans leur c�ur

Que tous les habitants de l'Orient

Et tous les habitants de l'univers soient libres !

Libres de la peur

Libres de toute d�tresse

Libres de la pauvret�

Que la paix soit dans leur c�ur

- La r�conciliation maintenant ! - C'est notre cause !

- La r�conciliation maintenant ! - C'est notre cause !

Filmez-les tous ! Filmez-les !

Ils sont tr�s nombreux ! Tr�s nombreux.

- Nous voulons le dialogue ! - C'est notre cause !

Nous faisons �a pour nos descendants.

- All� ? - Mon fr�re, c'est fantastique !

- O� �tes-vous ? - Ils ont pass� Yuzana Plaza.

Combien sont-ils ? Des milliers ?

Des dizaines de milliers ! Tu vas adorer nos images.

Ils crient tous les slogans.

- Tout redevient possible ! - Esp�rons-le.

- Lib�rez Aung San Suu Kyi ! - C'est notre cause !

Les exigences des moines sont les n�tres !

- Tu peux zoomer sur le fond ? - On n'en voit pas le bout !

Ce sont des gens ordinaires.

- �a fait l9 ans. - Oui, nous attendons depuis 19 ans.

19 ans !

- Cette fois-ci, c'est la bonne. - Oui, c'est la bonne !

Plus de 100 000 personnes ont manifest� � Rangoon,

une opposition qui gagne en taille et en confiance depuis 6 jours.

... dictature militaire... ... des milliers de manifestants...

- Lib�rez Aung San Suu Kyi ! - C'est notre cause !

Les moines sont devenus le symbole de l'opposition,

un reproche patient et pacifique face � la brutalit� militaire,

et une chance de cr�er une Birmanie diff�rente.

Des millions de gens regardent nos images.

Notre cha�ne est vraiment petite.

Nous manquons de personnel. Nous n'avons que des cam�scopes.

Filmez-les. Filmez-les !

Mais ce que nous avons fait secoue les Birmans,

ainsi que les gens du monde entier.

C'est vraiment arriv�. C'est notre r�ve qui se r�alise.

- Lib�rez Aung San Suu Kyi ! - C'est notre cause !

Tapez dans vos mains !

- All� ? - Vous m'entendez ?

Les g�n�raux doivent nous r�pondre.

Ils doivent lib�rer Aung San Suu Kyi.

- Ce serait merveilleux. - C'est le seul moyen, mon fr�re.

Les Am�ricains sont choqu�s par la situation en Birmanie,

o� la junte militaire impose le r�gne de la terreur depuis l9 ans.

Le r�gime d�tient plus de 1000 prisonniers politiques,

dont Aung San Suu Kyi.

Mais le d�sir de libert� du peuple est �vident.

... jurant d'abattre ce gouvernement militaire r�pressif.

La derni�re fois que les g�n�raux ont �t� d�fi�s,

l'arm�e a tu� 3 000 personnes. Que fera-t-elle cette fois ?

- Lib�rez Aung San Suu Kyi ! - C'est notre cause, notre cause !

Ils ont �t� le barrage devant la maison de Aung San Suu Kyi.

Qui en a donn� l'ordre ?

Je ne sais pas. Un commandant local.

Les moines et les gens vont l�-bas maintenant.

Tu entends leurs slogans ?

Oui, c'est magnifique. Tu vas les filmer ?

Ma batterie est d�charg�e. Je vais prendre mon t�l�phone.

Oui, il faut absolument que tu filmes �a.

Aung San Suu Kyi, leader d'opposition en d�tention,

a �t� vue pour la 1re fois depuis des ann�es.

Les moines bouddhistes

ont pu passer, par milliers, le barrage plac� devant chez elle.

J'ai pleur�,

quand j'ai appris que les moines allaient chez Aung San Suu Kyi.

Elle a ouvert sa grille et a salu� les moines, en pleurant.

Tous ceux qui ont vu �a pleuraient. Et moi aussi,

devant mon ordinateur.

Ce n'est pas une bonne photo. On voit juste une femme menue,

mais on n'avait pas pu la voir depuis tr�s longtemps.

Elle est toujours en r�sidence surveill�e, vous savez.

Ils ont essay� de la faire oublier par le peuple,

mais elle est toujours dans notre c�ur.

Mais les moines prennent un gros risque en allant la voir.

Dans les ann�es 90, les g�n�raux ont fait une grosse erreur.

Ils ont tenu des �lections et presque tout le monde a vot� pour elle.

C'est comme si elle avait fait oublier sa peur � tout un peuple.

Je suis s�r que la junte

va craindre que cela se reproduise.

Elle va sans doute passer � l'action, apr�s cela.

Mon sentiment va s'av�rer exact.

All� ?

All� ? Est-ce que tu m'entends ?

Oui. O� es-tu ?

Nous passons devant chez Aung San Suu Kyi.

A-t-elle revu les moines ? Il nous faut de meilleures images.

- Eh bien... - All� ?

Ce ne sera pas possible, mon fr�re. Sa maison est bien gard�e.

- Oh merde ! - C'est tr�s mauvais signe.

Habitants de Rangoon,

les r�unions de plus de 5 personnes sont interdites.

Le moment d�cisif est l'interdiction par le gouvernement

de toute r�union de plus de 5 personnes, dans la rue.

Je ne sais plus quoi penser. Je ne peux pas dormir cette nuit-l�.

Je me demande : "Est-ce fini ?"

26 SEPTEMBRE 2007

Deux.

Trois.

Quatre.

Cinq.

Six !

C'est super !

Oh, il y a tout un groupe.

Super !

Quand je vois des moines et des gens sortir ce jour-l�,

je sens que l'heure de notre victoire arrive.

Ils sortent sans peur.

Mais nous attendons toujours que l'arm�e se joigne au peuple.

Il y a tellement de soldats qui souffrent...

Ceux du bas de la hi�rarchie. Mais pour un militaire,

d�sob�ir � un ordre est une d�cision extr�mement difficile.

Ils savent que leurs g�n�raux sont tr�s cruels et brutaux.

Ils en savent plus que nous.

- All� ? - Je suis � la pagode de Shwedagon.

Sur le toit terrasse.

- Toutes les issues sont bloqu�es. - Je vois. Comment �a se passe ?

C'est tr�s tendu. On sent qu'il va se passer quelque chose.

Ils ont bloqu� l'entr�e pour �viter toute r�union.

- Tu filmes ? - Oui, depuis le haut.

Les moines essaient de sortir, mais ils sont encercl�s.

Je vois la voiture du chef de la police.

- Ils vont arr�ter quelqu'un ? - Deux moines n�gocient.

Ils n�gocient ?

C'est vraiment tr�s tendu.

Les moines se sont accroupis face aux soldats.

- Les gens peuvent partir ? - Non, les soldats les bloquent.

Les soldats avancent.

Tu verrais �a !

Ils essaient d'attraper les moines. Ils d�chirent leurs v�tements.

Ils frappent les moines et les poussent dans les camions.

Ne coupe pas la cam�ra. Continue de filmer.

- Combien en ont-ils ? - Il y a 20 moines dans les camions.

Regarde ! Des moines essaient de s'�chapper.

Des camions ?

Ils utilisent un chariot pour se prot�ger.

Ils lancent des grenades lacrymog�nes.

Les soldats avancent.

Il y a de la fum�e partout. Je ne vois plus rien.

- Est-ce qu'ils tirent ? - Non, mais ils sont en position.

- Je ne vois rien. - Merde !

Que de la fum�e et des pigeons.

La situation est grave. On se rappelle plus tard.

J'ai assez d'images.

Bonne chance. Fais attention � toi.

Tu as entendu ? Ils les ont frapp�s

et forc�s � monter dans des camions.

Ils frappent les moines ! Et m�me les nonnes !

Les moines fuient, parce que la police les frappe.

- Tu as entendu ? - Oui, j'ai entendu.

Citoyens, il est temps d'oublier votre peur !

L'arm�e a tir� des grenades lacrymog�nes

sur les manifestants birmans.

Selon nos informations, au moins un moine bouddhiste aurait �t� tu�.

D'autres ont �t� brutalement frapp�s,

et pourtant les manifestants sont toujours aussi nombreux.

Les r�unir a pris du temps.

La col�re est palpable dans la rue. C'est un instant tr�s dangereux,

car si les forces de s�curit� ne peuvent contr�ler la situation,

elles risquent de provoquer des morts, dans les prochains jours.

Calmez-vous ! Ne tapez plus dans vos mains !

Nous avons vu d'�tonnantes sc�nes de bravade, aujourd'hui.

Veuillez tous vous asseoir !

Nous, les moines, ne nous battons pas pour nous, mais pour le peuple.

Je vous exhorte � vous joindre � nous.

- Vous joindrez-vous � nous ? - Oui !

- Am�liorez la vie du peuple ! - C'est notre cause !

- Am�liorez la vie du peuple ! - C'est notre cause !

- La r�conciliation maintenant ! - C'est notre cause ! Notre cause !

Seuls, nous ne pouvons pas renverser le gouvernement.

Le peuple tout entier doit participer.

J'exhorte tout le monde � nous retrouver,

� la pagode de Shwedagon, demain � midi.

Nous continuerons � manifester sous la direction des moines.

L'�dit suivant est �mis pour tous les habitants de Rangoon.

Les autorit�s imposent un couvre-feu.

Les habitants doivent rester chez eux entre 21 h et 5 h.

- All� ? - Joshua, �a a �t� affreux, hier soir.

- Pourquoi, ma s�ur ? - Ils sont venus au monast�re.

- Et puis ? - Ils ont tout d�truit.

Les soldats ont frapp� et arr�t� les moines.

- On les entendait crier. - Certains ont-ils pu s'�chapper ?

Je ne le supporte plus. Envoyez vos amis pour qu'ils filment �a.

Ne vous inqui�tez pas, le monde entier sera inform�.

Je me demande d'o� vient cet h�te. Je ne veux plus prendre de risques.

- Je travaille pour la DVB. - Oh, la DVB.

Ils ont pass� le portail principal en camion,

et ils sont entr�s.

L�, ils ont frapp� tous ceux qu'ils croisaient.

Ils ont tout d�truit autour d'eux.

Ils nous ont attach�s et forc�s � nous agenouiller.

Ils nous frappaient si on levait la t�te.

- Combien en ont-ils emmen� ? - Sur les 225 moines,

il ne reste plus que nous.

Nous sommes environ 50.

J'envoie Kyaw Kyaw au monast�re, pour filmer l'�v�nement.

Et quand il en ressort,

il voit des soldats et leurs sbires qui viennent rafler le temple.

Les troupes gouvernementales viennent

chercher tous les moines restants.

Plus tard, nous apprendrons que tous les moines ont �t� emmen�s.

Et nous ignorons o� ils se trouvent actuellement.

Les salauds ! Qui peut les arr�ter ? Moi, je n'en peux plus.

Tu vas penser que ce que je vais dire est cruel.

- Dis-moi. - Il faut des arrestations.

- Et des morts. M�me des moines. - Ne dis pas �a.

Notre pays n'est pas comme les autres.

Je ne comprends rien � la politique,

mais je ne veux pas voir des moines et des gens mourir.

Je ne le supporte plus.

Sois forte, ma ch�rie.

27 SEPTEMBRE 2007

- Ils se r�unissent � la pagode. - Oui. Passons par la passerelle.

C'est �tonnant ! Les moines continuent � venir !

Je me demande comment ils font.

Ils se fichent de mourir, non ?

Que tous les habitants de l'Orient

Que tous les habitants de l'univers soient libres !

Libres de la peur

Libres de toute d�tresse

Libres de la pauvret�

Que la paix soit dans leur c�ur

Ceci est un avertissement.

Ce rassemblement ill�gal doit se disperser dans les l0 minutes,

ou des mesures extr�mes seront prises.

Ce rassemblement ill�gal doit se disperser dans les l0 minutes,

ou des mesures extr�mes seront prises.

Cette fois, �a y est !

Oh, mon Dieu !

- All� ? - Tu m'entends ?

Je n'entends pas � cause de la foule.

J'ai d� m'enfuir, parce qu'ils tiraient.

Que s'est-il pass� ?

Je filmais, quand des soldats sont arriv�s.

Il y a beaucoup de bless�s ?

Je ne sais pas, mais ils ont tu� un type � bout portant.

- Qui ont-ils tu� ? - Un type avec une cam�ra.

- C'�tait un des n�tres ? - Non. C'�tait s�rement un �tranger.

- Un �tranger ? - Je ne sais pas, mais je l'ai film�.

Ce n'�tait pas un Birman, c'est s�r.

D'o� est-il, alors ?

On l'a peut-�tre sous un autre angle.

Il avait des cheveux blancs et la peau claire. Je l'avais d�j� vu.

Il filmait, juste devant moi.

- Il devait �tre chinois ou japonais. - Comment �tait-il habill� ?

Il portait une chemise blanche sur un bermuda kaki.

Alors il devait �tre japonais.

- Ils ont tu� un reporter �tranger ? - Oui, juste devant la cam�ra.

Cela va faire les gros titres.

Maudite fum�e ! Je ne peux pas filmer !

Salauds !

Arr�tez ! J'essaie de filmer !

Laissez passer !

- Tu m'entends ? - Oui, je t'entends.

La foule remonte Pazundaung Street.

Elle grossit de plus en plus.

Des groupes venant de rues adjacentes la rejoignent.

Leur nombre augmente...

All� ?

All� ?

- All�. - Ma�tre, c'est triste...

De nombreux moines ont �t� arr�t�s. Personne ne sait o� ils se trouvent.

On dit qu'ils sont en prison.

Je dois fuir, pour me battre plus tard.

Je ne pourrai plus vous contacter ?

Vous pouvez essayer, mais je vais me cacher � la campagne.

Je ne suis pas en s�curit�. Je dois partir. Ne m'appelez pas.

Bien. J'esp�re vous revoir.

Je reviens de la ville. Ils ont tu� un journaliste.

Je sais. Aung Htun me l'a dit.

Ils tirent encore ?

Oui. Les moines sont partis, mais les �tudiants d�filent encore.

Vous allez tous bien ?

Je pense.

Des nouvelles de Aung Htun ?

On a �t� coup�s.

Il suit les �tudiants.

All� ? Parle plus fort.

Tu m'entends ? J'ai cru que tu avais �t� arr�t�.

Qu'est-ce qui t'est arriv� ?

Je pr�f�re ne pas en parler.

J'ai �chapp� deux fois � la mort, aujourd'hui.

Ils tiraient aussi � Tamwe.

J'ai d� grimper par-dessus un mur pour m'�chapper.

J'ai essay� de filmer plus, mais les soldats se rapprochaient.

Je n'osais pas relever la t�te.

Merde !

Tu as vu si quelqu'un a �t� tu� ?

Je filmais depuis ma cachette.

C'�tait tr�s difficile.

Des �tudiants se faisaient matraquer devant moi.

Un gar�on criait qu'il allait mourir.

C'est difficile � oublier.

J'ai �t� choqu�. C'est tout.

- D'accord. Je vais te laisser. - D'accord.

� la fin du mois de septembre, je commence � me dire

que nous avons tous d�j� connu �a auparavant.

Les moines sont partis, il n'y a que les �tudiants dans la rue.

Exactement comme en l988.

Et les camions militaires les pourchassent � travers la ville.

Ils nous encerclent. Ils sont d�j� l�.

- Il faut faire demi-tour ! - On ne doit pas abandonner.

On ne peut plus avancer, on ne peut plus battre en retraite.

Avan�ons, m�me si nous devons mourir.

On ne doit pas se disperser.

Que ceux qui n'ont pas peur de mourir viennent devant.

C'est une impasse.

Ne fuyez pas ! S'il le faut, nous mourrons.

Cachez-vous !

Ils arrivent !

Grimpez plus haut !

Prions !

Prions pour surmonter notre peur de la mort.

Venez ! Vous tous, venez vite !

Descendez ! Descendez !

Ils tirent dans les escaliers.

Jette-les dans le camion !

Dans le camion !

La r�volte s'�teint.

Il ne reste plus que quelques manifestants dans Rangoon.

Pendant ces manifestations d'usure,

Ko Maung travaille tr�s bien.

C'est un ancien, un combattant de l988.

Il sait comment se d�placent les manifestants.

Notre cause ! Notre cause !

- Ko Maung. Parle plus fort. - Enregistre leurs voix.

Je ne peux pas filmer.

- Tu es avec les �tudiants ? - Oui, c'est notre derni�re chance.

- Attends. - Les troupes arrivent, tu comprends.

C'est bon ? C'est bon ?

- �a y est, j'enregistre. - Qui veut parler � la DVB ?

Vite ! Vite !

All� ?

Nous d�filerons dans toutes les rues. Nous avancerons !

Vous entendez ce que je dis ?

Nous continuerons � manifester.

� deux, � quatre...

Jusqu'� la mort !

Attrapez-le ! C'est un journaliste !

Voil� comment on cache la v�rit� sur un massacre.

Un journaliste japonais abattu hier,

Internet coup�, aujourd'hui.

Les soldats frappent les reporters

en criant : "C'est toi qui envoies des images ?"

Mais les images sortent.

29 SEPTEMBRE 2007

- Aung Htun ? - Tu m'entends ?

Ce matin, le corps d'un moine a �t� retrouv� flottant dans une crique.

- Pardon ? - Le corps d'un moine.

- Il y est toujours ? - Oui. Beaucoup de gens l'ont vu.

Tu peux peut-�tre aller filmer �a ?

C'est trop pr�s de chez moi. Mais j'ai envoy� quelqu'un.

Quelqu'un de confiance.

L'autre jour, ils frappaient les moines.

Et maintenant, on retrouve des corps. Ce n'est que le premier.

Fin septembre, Rangoon ressemble � une zone de guerre.

Les rues sont d�sert�es � partir de 20 h.

C'est une ville, mais on dirait un d�sert.

Mais les n�tres continuent � travailler.

La situation a empir� depuis le d�but de la r�pression, il y a huit jours.

Malgr� le blocage de l'information, des images sortent encore.

Nous avons re�u ceci de The Democratic Voice of Burma,

qui est le dernier m�dia parvenant � faire sortir des informations.

Ils utilisent des connexions par satellite pour les sortir du pays.

Sans eux, nous ne saurions pas ce qui se passe � Rangoon actuellement.

�a prend trop de temps.

On n'en est m�me pas � 1 m�gabyte.

Nous savons que cette vid�o a �t� tourn�e hier � Rangoon.

On n'en sait pas plus, mais elle montre que la r�pression continue.

Les autorit�s birmanes essaient de calmer le jeu,

en disant que les troubles ont cess�. C'est faux.

Nous voyons ici que la violence r�gne � Rangoon.

INFORMATIONS NATIONALES

La RFA, la VOA et la BBC diffusent des nu�es de mensonges.

Le public doit savoir que les meurtriers sur les ondes

sont la RFA, la VOA et la BBC.

M�fiez-vous du sabotage de la RFA, la VOA et la BBC !

Les derniers jours de septembre, les g�n�raux reprennent le contr�le.

Les militaires poursuivent quiconque porte une cam�ra.

Nous devons �tre extr�mement prudents.

La DVB, c'est la pire !

Les chefs, � Oslo,

se procurent de fausses images,

aupr�s de groupuscules situ�s dans le pays.

C'est la DVB qui diffuse le plus de fausses informations sur nous.

Le gouvernement militaire birman sait que c'est la DVB

qui tourne et fait passer ces images aux agences internationales.

Alors, sur le terrain, ils visent les reporters de la DVB.

Les membres de notre r�seau se sont dispers�s.

Ils sentent qu'ils peuvent �tre arr�t�s � tout moment.

Mais nous avons pr�vu des cachettes.

- Myint Aung, tu vas bien ? - Oui. Cette nuit a �t� mauvaise.

La police secr�te a frapp� � toutes les portes.

Heureusement, ils ont cru que mon appartement �tait vide.

C'est trop dangereux ici, je pars � Mandalay.

D'accord. Bonne chance.

All�, Ko Maung !

All� ? All� ?

Il se passe quelque chose de bizarre, chez Ko Maung.

Quelqu'un d�croche le t�l�phone, mais personne ne parle.

Je sais. Il a disparu depuis des heures.

- Qu'est-ce que tu en penses ? - Ce n'est pas bon.

- Il nous aurait donn� des nouvelles. - Tu crois que...

On peut envisager le pire.

All� ?

Joshua, c'est affreux. Ils ont pris notre si�ge !

Quoi ?

- Tun Zaw et Aung sont perdus. - Tu veux dire "arr�t�s" ?

Oui. J'ai tout vu. La police secr�te �tait partout.

Tun Zaw me regardait fixement. Il �tait tr�s p�le.

- Oh, non ! - J'ai pr�tendu ne pas les conna�tre.

- Tu peux y retourner ? - Non. Ils vident tout en ce moment.

- Ne rentre pas chez toi, ce soir. - Non. Je vais pr�venir les autres.

Oui, essaie. Fais vite, mais sois prudent.

- Je vais essayer. - Promets-moi de faire attention.

En d�cembre 2007, le quartier g�n�ral du r�seau de Joshua � Rangoon

est d�couvert par la police secr�te.

Trois reporters ont �t� arr�t�s et attendent leur proc�s.

On pense qu'ils seront condamn�s � perp�tuit�.

Les autres reporters se cachent,

et toute communication entre eux a cess�.

Joshua a maintenant la lourde t�che

de reconstruire enti�rement un r�seau.

Filmez-les tous ! Filmez-les ! Ils sont tr�s nombreux !

Tr�s nombreux !

C'est vraiment trop.

Je me sens "hna myaw tal".

Comme si quelque chose �tait bris� et ne pouvait pas �tre r�par�.

Mais je continue mon travail, parce qu'il faut le faire.

Je retournerai en Birmanie. Je passerai par la montagne,

et je verrai ce que je peux faire.

Un violent cyclone a frapp� la Birmanie, sous r�gime militaire.

50 % des b�timents sont d�truits ou ab�m�s.

Les villes du delta de l'Irrawaddy sont les plus touch�es.

- �a filme ? - Oui.

Je peux vous poser une question ? Nous ne sommes pas du gouvernement.

Combien y a-t-il de r�fugi�s de la temp�te, ici ?

Nous sommes 456 r�fugi�s ici.

Depuis quand �tes-vous ici ?

Depuis deux jours. Nous n'avons aucune aide adapt�e.

On dort o� on peut.

Vous vous en sortez ?

On essaie juste de rester en vie.

Nous nous sommes creus� des abris.

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