All language subtitles for Alexander) 2004 (The Final Cut)

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Original subtitles

ALEXANDRE

"La chance sourit aux audacieux." VIRGILE - L'En�ide

BABYLONE, PERSE - JUIN 323 AV. J-C

Alexandre, l'arm�e va se diviser.

Les satrapes se r�volteront. Sans ordres, il y aura la guerre.

Nous t'en prions. Dis-nous qui.

ALEXANDRIE, �GYPTE 285 AV. J-C 40 ANS PLUS TARD

Notre monde a disparu, aujourd'hui.

Je suis le dernier survivant.

Est-ce un bienfait ou une mal�diction,

qui peut le savoir, par Had�s ?

Mais j'ai pay� mon prix,

en sang.

Et en r�ves bris�s.

On dit que nous avons �t� la plus grande force de combat qui ait jamais exist�e.

Plus grande, m�me, que l'exp�dition vers Troie.

Mais comment le saurais-je ?

Comment saurais-je ce que c'est que d'�tre jeune

et de r�ver de grands r�ves ?

Croire, quand Alexandre vous regardait dans les yeux, que tout �tait possible.

Absolument tout.

En sa pr�sence, par la lumi�re d'Apollon, nous allions au-del� de nous-m�mes.

J'ai connu bien des grands hommes, au cours de ma vie,

mais je n'ai connu qu'un seul colosse.

Et ce n'est que maintenant, avec l'�ge,

que je comprends qui �tait cette force de la nature.

Mais le comprends-je vraiment ?

Un tel homme a-t-il vraiment exist� ? Bien s�r que non.

Nous avons fait de lui une idole. Nous l'avons sublim�.

Tous les hommes tombent un jour,

un jour, ils tombent.

En Orient, le grand Empire perse r�gnait sur presque toutes les terres connues.

En Occident, les �tats-cit�s grecs, si grands autrefois,

Th�bes, Ath�nes, Sparte, �taient tomb�s par orgueil.

Depuis un si�cle, les rois perses achetaient les Grecs

avec leur or pour s'en servir de mercenaires.

C'est Philippe le borgne qui a chang� tout cela.

En unissant des tribus de bergers illettr�s de toutes les plaines,

avec son sang et son courage, il a �rig� une arm�e officielle

qui a d�finitivement mis � terre ces Grecs et leur esprit tortueux.

Puis il a tourn� son regard vers la Perse

o� la rumeur courait que le nouveau Grand Roi Darius lui-m�me,

ma�tre de Babylone, craignait Philippe.

Philippe fut assassin�

pour le plus grand bonheur de la Perse et avec son or,

et Alexandre, � l'�ge de 20 ans, devint le nouveau souverain de Mac�doine.

Pour venger la mort de Philippe,

Alexandre lib�ra toutes les villes de l'Asie occidentale

au sud de l'Egypte,

o� il devint Pharaon d'Egypte

et fut acclam� comme un Dieu.

Il finit par d�fier Darius lui-m�me au combat,

au c�ur de l'Empire perse, pr�s de Babylone.

GAUGAMELES, PERSE 331 AV. J-C, 45 ANS PLUS TOT

C'�tait pure folie.

40 000 de nos soldats contre des centaines de milliers

de races barbares qui nous �taient inconnues

qui s'�taient rassembl�es sous la banni�re de Darius.

L'est et l'ouest s'�taient rassembl�s,

pour sceller le destin du monde connu.

C'est le jour qu'Alexandre avait attendu toute sa vie.

Fils d'un dieu.

C'�tait un mythe, bien s�r.

Au d�but, en tout cas.

Je le sais.

J'�tais l�.

Dans la crevasse de la ligne perse, nous attaquerons la t�te.

Tuer Darius ?

Les dieux nous l'ont enfin apport�.

Si je meurs, vous perdez un Mac�donien.

Mais les Perses, eux, ne peuvent se passer des ordres de Darius.

Ici, juste ici, nous coupons la gorge de l'arm�e perse.

C'est pure folie. Tu n'arriveras jamais � 100 pas de lui.

Tu as vu la taille de son arm�e ?

Pas si on les maintient � gauche, mon brave Parm�nion,

avec ton fils Philotas, pendant seulement une ou deux heures demain.

Et toi, implacable Antigone, la phalange centrale.

Perdiccas, Leonnatus,

N�arque, Polyperchon.

Si tu arrives � les plaquer contre le mur de tes sarisses ici, au centre,

leur cavalerie me suivra sur la droite.

Et quand le hardi Cassandre arrivera, sur leur flanc gauche,

un trou s'ouvrira. Alors moi et ma cavalerie,

nos tr�s r�v�r�s Cleitos,

Ptol�m�e et H�pha�stion,

frapperons dans cette br�che.

Pour porter le coup fatal � la t�te de Darius.

Depuis quand la cavalerie perce-t-elle les lignes de l'infanterie ?

Qu'avons-nous fait � Ch�ron�e, Parm�nion ?

Alexandre, m�me avec l'aide des dieux, ils sont cinq fois plus nombreux,

ce qui signifie que nous devons d�truire compl�tement leur arm�e.

Sinon, nous serons massacr�s par les bandits sur le chemin du retour.

Absolument.

Tu parles de retour, de retraite,

mais ne comprends-tu pas, Parm�nion ?

Babylone est ma nouvelle maison.

Alexandre,

si nous devons nous battre,

usons de ruse.

Utilise bien tes hommes. Attaquons cette nuit quand ils s'y attendent le moins.

Je n'ai pas travers� l'Asie pour voler cette victoire, Cassandre.

Non, tu es trop honorable pour �a.

Aucun doute que tu aies dormi avec L'Iliade et L'Odyss�e sous ton oreiller.

Mais ton p�re n'aimait pas Hom�re.

L'ouest de l'Euphrate, Alexandre, la main de sa fille en mariage.

Depuis quand un Grec re�oit-il tant d'honneurs ?

Ce ne sont pas des honneurs, Parm�nion, ils veulent nous acheter,

ce que les Grecs ont trop longtemps accept�.

Oublies-tu que l'homme qui a tu� mon p�re

- g�t dans cette vall�e ? - Allons, Alexandre,

on ne sait pas si l'or perse �tait bien derri�re cet assassinat.

Mais l� n'est pas la question !

Ton p�re t'a appris � ne pas faire pr�valoir tes passions sur ta raison.

Je te conseille,

avec toute mon exp�rience, de nous regrouper.

Replions-nous sur la c�te, r�unissons plus de troupes.

C'est ce que je ferais, si j'�tais Parm�nion.

Mais je suis Alexandre.

Et pas plus qu'il n'y a deux soleils, l'Asie ne supportera deux rois.

Voici mes conditions.

Et si Darius n'est pas un l�che qui se cache derri�re ses hommes,

alors il viendra � moi demain.

Et quand il se prosternera devant la Gr�ce,

Alexandre lui offrira sa cl�mence.

Par les cha�nes d'Ar�s, il a des couilles.

Rends-lui justice, Parm�nion.

Et mes amis, festoyez, ce soir, car demain, nous d�nerons � Had�s.

J'en ai d�j� vu une. Elle �tait toujours vivante.

� qui adresses-tu ta pri�re ?

Phobos.

Tu as peur ?

Un mauvais pr�sage.

Tant pis pour Darius.

Je crois que la peur de la mort dirige les hommes, H�pha�stion.

Et �a, nous ne l'avons pas appris � l'�cole.

C'est la cause de tous nos malheurs.

- Alors, puissant Crat�ros. - Votre Majest�.

- Tu es pr�t pour demain ? - Ce n'est pas trop t�t.

Les hommes sont nerveux comme des poulains et rien ne pourra les calmer.

Bien. La peur aide les hommes � mieux se battre.

Mets tes sentinelles en alerte et repose-toi.

N'ayez crainte, g�n�ral. J'ai appris � ne dormir que d'un �il.

Parce qu'il craint qu'on ne lui vole son butin.

Il faut f�liciter Crat�ros pour sa parcimonie.

Il n'ach�te ni gants, ni couvertures pour se r�chauffer.

Qui a besoin de gants, avec de telles mains ?

Qui a besoin de v�tements, quand on peut �tre nu ?

Il a raison.

Demain, m�me les plus �conomes d'entre vous seront rois.

- Les Dieux sont avec nous. - Nous arroserons le sol

avec le sang des Perses, Majest�.

Tu seras au premier rang, demain.

J'y ai toujours cru, Alexandre,

mais ceci semble tellement nous d�passer.

Patrocle a-t-il dout� d'Achille quand ils �taient au si�ge de Troie ?

Patrocle est mort le premier.

Si tu meurs...

Si tu dois mourir, H�pha�stion, m�me si la Mac�doine doit perdre un roi,

je te vengerai.

Et je te suivrai dans la maison de la mort.

Je ferais de m�me.

� la veille de la bataille, c'est dur d'�tre seul.

Alors, peut-�tre...

Peut-�tre que c'est un adieu,

mon Alexandre.

N'aie crainte, H�pha�stion. Nous n'en sommes qu'au d�but.

Le sang fait avancer le monde.

Le sang fait tomber la pluie.

Le sang nourrit la terre.

Et par lui, les hommes naissent et meurent.

Le sang est la nourriture des dieux.

Viens, Buc�phale. Aujourd'hui, nous chevauchons vers notre destin�e.

Compagnie, groupez ! Regroupez !

Phalange, droite !

Phalange, garde-�-vous !

N�optol�me.

Je me souviens du jour o� tu as assi�g� la tour de Tyr.

Tu �tais grandiose. Aujourd'hui, vas-tu combattre de m�me ?

Dexippe, par Ath�na.

La force avec laquelle tu t'es jet� dans la lutte aux Jeux Olympiques.

Vas-tu faire de m�me avec ta lance ?

Et Timandre, fils de M�nandre, grand soldat de mon p�re.

Je pleure toujours ton fr�re, Addaios, mort si bravement � Halicarnassus.

Quelle famille honorable est la tienne, Timandre.

Tu combats pour eux, aujourd'hui.

Vous avez tous honor� votre pays et vos anc�tres.

Et maintenant, nous voici au plus profond de l'Asie

o� non loin de nous, Darius a r�uni la plus grande arm�e qui soit.

Mais demandez-vous

quel est ce grand roi qui couvre d'or un assassin

pour tuer notre roi, mon p�re,

de la mani�re la plus l�che et la plus mis�rable qui soit ?

Quel est ce grand roi, Darius, qui asservit ses propres hommes � se battre ?

Quel est ce roi de pacotille ?

Ces hommes ne se battent pas pour eux.

Ils se battent parce que ce roi les y oblige.

Quand ils se battront, ils se disperseront en fum�e,

parce qu'on ne peut �tre loyal envers un roi d'esclaves.

Mais nous ne sommes pas des esclaves.

Aujourd'hui, nous combattons

en tant que Mac�doniens libres !

Bien que nous soyons moins nombreux,

je vous dis, vous qui connaissez le prix de la tyrannie,

qui avez trop longtemps support� le joug des Perses,

vous avez une force incomparable en vos c�urs,

et toutes leurs armes, tout leur nombre,

tous leurs chariots et tous leurs beaux chevaux

ne serviront � rien dans les mains des esclaves.

Certains d'entre vous,

moi peut-�tre,

ne verront pas le soleil se coucher sur les montagnes, ce soir.

Car je serai au c�ur de la bataille avec vous.

Mais souvenez-vous de ceci :

le plus grand honneur qu'un homme puisse atteindre,

c'est de vivre avec courage et de mourir au milieu des siens

en se battant pour sa patrie.

Mais je vous rappelle

ce que tout guerrier conna�t depuis la nuit des temps.

Vainquez vos peurs

et je vous le promets, vous vaincrez la mort.

Et un jour, je vous le promets,

vos fils et vos descendants vous regarderont dans les yeux.

S'ils vous demandent pourquoi vous avez combattu si bravement,

vous direz,

avec toute la force de vos c�urs g�n�reux :

"J'�tais � Gaugam�les...

... pour la libert�...

... et la gloire...

... de la Gr�ce !"

Que Zeus soit avec nous !

Cassandre ! Quatre colonnes ! Partez !

O� va-t-il ?

Je ne sais pas, Majest�.

Enveloppe-le, Bessus.

H�pha�stion, allez-y !

CENTRE MAC�DONIEN

Phalange !

Il commet une erreur, Pharnak�s.

Oui, Grand Roi.

GAUCHE MAC�DONIENNE

Soyez braves !

Sur la gauche, les gars !

Pliez mais ne rompez jamais !

Surveillez la cavalerie sur la gauche !

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

Prenez le pas !

CENTRE MAC�DONIEN

Pr�parez-vous � repousser les chariots !

GAUCHE MAC�DONIENNE

En avant !

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

Cassandre !

En avant !

- � gauche ! - Infanterie, d�gagez ! Allez !

CENTRE DES MAC�DONIENS

� vos postes !

GAUCHE MAC�DONIENNE

Repliez-vous sur le petit ravin, P�re.

Non, maintenez !

O� est-il ? Nous ne sommes pas assez ! Pr�viens Alexandre !

- Avancez ! - Oui, monsieur.

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

Allez, Mac�doniens ! Au galop ! Au galop !

Formez le trou !

- Formez le trou ! - Formez le trou !

CENTRE DES MAC�DONIENS

Prince Merdicus, envoyez ces hommes !

FLANC GAUCHE DES MAC�DONIENS

En arri�re puis � gauche ! En arri�re puis � gauche !

- G�n�ral ! - Repliez-vous ! Et vite !

Je n'y vois rien !

- Philotas ! Philotas ! - P�re.

Va toi-m�me pr�venir Alexandre.

S'il n'�coute pas, survis-moi et venge-toi de cette trahison !

CENTRE DES MAC�DONIENS

�coute ! Ton p�re veille toujours sur toi !

Darius !

Tes chevaux.

Darius !

Allez ! Allez !

Nous atteindrons ces montagnes au coucher du soleil. Vous attraperez Darius � l'aube.

Approvisionnez les chevaux.

Alexandre ! Alexandre, mon p�re s'est perdu.

Ils ont envahi le flanc. Ils ont atteint le convoi.

Parm�nion s'effondre.

Alexandre, si tu le pourchasses, tu risques de perdre ton arm�e ici.

Et si nous r�ussissons � le capturer, nous gagnons un empire.

Tu peux t'enfuir jusqu'au bout de la terre, l�che,

mais ce ne sera jamais assez loin !

Pour Parm�nion !

Tu saignes, mon seigneur.

- Puis-je m'occuper de ta blessure ? - Non, Hermolaus, pas maintenant.

Il y a pire que moi. Occupe-toi d'eux.

Aide-les.

Comment est-ce arriv�, soldat ?

Une lance.

Mais j'ai eu deux de ces ordures.

Votre Majest�.

Tu es tr�s courageux.

Quel est ton nom ?

- Glaukos, mon roi. - Glaukos.

- D'o� viens-tu ? - D'Illyrie.

Laisse ton corps se d�tendre.

Pense aux tiens.

Sois courageux une derni�re fois, Glaukos,

et la gloire te survivra.

Alexandre.

L'Empire perse, le plus grand empire que le monde ait connu,

fut d�truit.

Et Alexandre, � 25 ans, �tait d�s lors le roi de tous.

PELLA, MAC�DOINE - 20 ANS PLUS T�T

Si tu h�sites, il mordra.

Oui.

Ils sont comme les gens.

Tu peux les aimer des ann�es durant, les nourrir, les �duquer,

et soudain, les voir te faire faux bond.

Ne lui fais pas de mal.

Bien.

Viens.

Il me traite de barbare.

Chaque soir, Philippe se moque de Dionysos.

Certains disaient de sa m�re, la reine Olympias, qu'elle �tait une sorci�re

et qu'Alexandre �tait le fils de Zeus.

D'autres, de Dionysos.

Les femmes sont les seules � conna�tre Dionysos.

Mais il n'est aucun homme en Mac�doine qui en voyant

le p�re et le fils c�t� � c�te ne se soit pas interrog�.

Mon petit Achille.

Reste couch�, Alexandre. Couch�.

Qu'est-ce que tu veux ?

Cela fait 6 mois. T'ai-je manqu� ?

- Non ! Pas ici ! - Chienne orgueilleuse. Je suis ton roi !

Le roi de quoi ? De bergers ?

- J'ai le sang royal d'Achille. - Le sang d'H�racl�s coule dans mes veines.

- Tu n'es rien qu'une putain alcoolique ! - Ferme-la !

Putain d'Had�s !

Quel dieu maudire pour avoir pos� les yeux sur toi ?

Tu crois que les gens te respectent ?

Ils connaissent tous tes b�tards.

Maudite sorci�re ! Tu le prot�ges comme tu prot�ges tes serpents !

Ne fais pas �a ! Ne fais pas �a !

- Tu vas m'ob�ir. - Non, je ne t'ob�irai pas.

Ob�is-moi ou je te tuerai de mes propres mains.

Non ! Non ! Arr�te ! Papa !

- Ob�is-moi ! - Votre Majest� ! Non !

Au nom de tous les dieux.

Il ne sera jamais � toi ! Jamais !

Je l'ai fait na�tre pour me venger !

7 ANS PLUS TARD

Dans le monde dans lequel il grandit,

force est de penser que c'est dans l'amiti� qu'Alexandre trouva son �quilibre.

Ne perds pas ton temps � te battre.

Quand tu te trouveras au front, face � une tribu barbare venue du nord,

le courage ne sera pas dans tes semelles, Perdiccas.

Ou dans l'�paisseur de ta tunique, Philotas.

Ni dans tes tripes, N�arque.

C'est dans ton c�ur.

Inutile de se nourrir chaque jour ni jusqu'� sati�t�, Ptol�m�e.

Inutile de rester au lit si apr�s une marche nocturne forc�e,

tu peux savourer une bonne soupe de haricots, Cassandre.

Allez, Alexandre.

O� est pass� ta soif de casser la t�te d'H�pha�stion ?

Est-il plus fort que toi ? Alors, trouve un autre moyen.

Qui te respectera en tant que roi ? � cause de ton p�re ?

En guerre, la premi�re r�gle est de faire ce que vous demandez � vos hommes.

Bien. C'est fini.

Bravo, H�pha�stion. Tu t'es bien battu. Voil� ce que je veux.

Venez, venez, venez.

Tu t'es bien battu, mais tu as perdu.

Bon, maintenant, f�licitez-vous l'un l'autre. Allez-y.

Tu aurais voulu que je te laisse gagner, Alexandre ?

Tu as raison.

Mais je le jure, un jour je te battrai, H�pha�stion.

On apprit plus tard qu'Alexandre ne perdit aucun combat,

si ce n'est contre les cuisses d'H�pha�stion.

Cependant, une race inf�rieure,

les Perses, ne contr�lent pas moins de quatre cinqui�mes des terres connues.

Depuis l'Ethiopie et l'Egypte au sud,

jusqu'au Caucase et aux pays de l'int�rieur au nord...

D'Ath�nes, Philippe ramena des gens tels qu'Aristote pour instruire le peuple.

Ils r�gnent et nous restons assis, telles des grenouilles.

- Ma�tre ? - Oui ?

- Ma�tre ? - Parle.

- Pourquoi les Perses sont-ils si cruels ? - Arr�te, N�arque.

Ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui, N�arque.

Il est vrai cependant que les races de l'Orient sont connues pour leur barbarie

et pour �tre esclaves de leurs sens.

Ils s'ennuient tant qu'ils ch�trent les jeunes gar�ons

comme vous pour leurs plaisirs sexuels.

Le moindre exc�s cause notre perte.

C'est pourquoi les Grecs sont sup�rieurs.

Nous savons contr�ler nos sens.

Nous avons choisi la mod�ration.

Et Achille de Troie, Ma�tre ?

- N'a-t-il pas vers� dans l'exc�s ? - Achille n'a pas su se restreindre.

Il domina tant les autres qu'au sortir d'une bataille,

rendu fou de chagrin par la perte de son bien-aim�, Patrocle,

il mit en danger sa propre arm�e. C'est un homme profond�ment �go�ste.

Qualifieriez-vous l'amour entre Achille et Patrocle de d�pravant ?

Deux hommes qui s'abandonnent � la luxure se livrent � leurs passions

et en cela ne contribuent pas � leur propre grandeur.

Aucun exc�s n'est bon, Cassandre, la jalousie en fait partie.

Mais si deux hommes ensemble s'instruisent et s'enseignent la vertu,

voil� qui est puret� et excellence.

Quand ils rivalisent en bien et font ressortir le meilleur d'eux-m�mes,

voici le type d'amour capable d'�riger un �tat-cit�

et de nous sortir de nos mar�cages.

Un homme peut-il aimer autant une femme ?

Une femme ? Bien s�r que non.

La femme est l'esclave de sa passion, H�pha�stion.

Bien s�r, il y a des exceptions qu'il convient d'honorer.

Comme Pallas Ath�na, d�esse de la sagesse et de la guerre.

Mais elle ne sort pas du bas-ventre de Zeus, mais bien de son esprit.

R�fl�chissez bien � tout ceci, mes petites grenouilles,

car en vous r�side le futur de la civilisation grecque.

Se battre pour l'honneur est le plus grand but de l'existence.

Surmonter nos �motions les plus viles.

Suivre la raison, la partie divine qui est en nous.

Oui,

aimer l'excellence, c'est aimer vraiment les dieux.

Allez-vous cesser de me distraire ?

Retournons � la g�ographie et aux choses que nous connaissons.

Est-il possible que le Nil, le puissant fleuve d'Egypte, puisse prendre

sa source dans les montagnes de la terre ext�rieure ?

S'il en est ainsi, un navigateur exp�riment� retrouvera son chemin

� l'est de ce fleuve, en descendant les grandes plaines de l'Inde,

jusque dans l'oc�an oriental � l'autre bout du monde,

puis en remontant le Nil,

revenant en Egypte, jusqu'en mer M�diterran�e avant de rentrer en Gr�ce.

Maintenant, si ces grenouilles pouvaient regarder

� l'ext�rieur et occuper leur position favorite, au centre,

la Gr�ce pourrait r�gner sur le monde.

Pourquoi, Ma�tre, ces terres sont-elles connues sous formes de mythe ?

L'Inde, l� o� H�racl�s et Dionysos voyag�rent.

Tous ceux partis en Orient, Th�s�e, Jason, Achille, rentr�rent victorieux.

Leurs histoires furent transmises de g�n�ration en g�n�ration.

Pourquoi donc, si ce n'est pas vrai ?

Les r�cits sur les Amazones,

le Minotaure et Icare ? Non, Alexandre.

Seul le commun des mortels avale cela, comme il avale n'importe quoi.

Nous sommes ici pour nous instruire contre ces passions ridicules.

Si nous sommes sup�rieurs aux Perses, pourquoi ne r�gnons-nous pas sur eux ?

Les Grecs ont toujours r�v� d'aller en Orient.

Mon p�re le veut depuis longtemps.

L'Orient engloutit les hommes et leurs r�ves.

Mais si ce sont ces mythes qui peuvent nous apporter la plus grande gloire,

pourquoi ne pas les suivre ?

Je ne peux que te mettre en garde.

M�fie-toi de tes r�ves.

Les dieux punissent une telle arrogance.

Devenu plus ambitieux, Philippe d�sira alors envahir la Perse.

C'est tout, Cleitos ? Retourne � la phalange, je le monterai moi-m�me.

Personne ne le peut, Votre Majest�.

Surtout pas avec votre jambe.

Il a �t� battu bien trop souvent.

Mon noble roi, c'est un cheval fougueux.

Fougueux et digne de Philippe de Mac�doine.

Pour trois talents et demi,

je ne pourrais en tirer profit, mais pour toi...

Pourquoi voudrais-je d'une telle b�te ? J'ai d�j� une femme.

Ai-je l'air si vieille ?

Du calme, du calme.

Tiens-le ! Tiens-le !

Il est trop nerveux pour la bataille. Emm�ne-le � l'abattoir.

Ach�te-le-moi, P�re. Je le monterai.

Et si tu n'y arrives pas ?

- Je le paierai de ma poche. - Avec quoi ? En chantant ?

Je te paierai toi !

Je te r�p�te qu'on ne peut monter ce cheval, petit. Il est fou.

Je peux le monter, moi.

Si tu arrives � ma�triser ce cheval, je te le ferai

� moiti� prix.

Le cheval va le tuer, Philippe.

- Il va briser le gamin. - Tu es s�r ?

�a en fera peut-�tre un musicien.

Tu n'aimes pas ton ombre, n'est-ce pas ?

C'est un esprit malveillant � ta poursuite.

Mais tu vois ? Ce n'est que nous.

C'est une ruse d'Apollon.

C'est le dieu du soleil.

Je vais te montrer comment d�jouer ses intentions. Toi et moi, ensemble.

Le gamin ne sait pas s'y prendre. Il pourrait se blesser.

Il le d�couvrira par lui-m�me. Il est temps pour lui d'apprendre.

Excellente id�e.

Il y a des moments, Philippe, o� je me pose des questions.

- J'ai seulement... - Que disais-tu, Attale ?

Rien du tout.

Je remarquais juste combien les gens aiment vous voir avec Eurydice.

Vas-y, mon gar�on !

Monte ce cheval, et par Zeus, tu pourras diriger le monde !

Buc�phale.

C'est le nom que je te donne. Car tu es fort et t�tu.

Buc�phale et Alexandre.

Allons-y. Cavalons ensemble !

Il a du Titan dans les veines.

Attale ! Cleitos ! Au nom de Zeus, il vous a battus !

Vas-y, Buc�phale, montre-leur.

Mon fils.

Mon fils !

GROTTES DE PELLA, MAC�DOINE

Prom�th�e a vol�

le secret du feu et l'a r�v�l� aux hommes.

Zeus en �tait si furieux

qu'il encha�na Prom�th�e � un rocher dans le Grand Caucase

et chaque jour, un aigle venait d�vorer le foie du pauvre homme.

Chaque nuit, le foie repoussait pour �tre d�vor� de nouveau.

Triste destin.

�dipe s'arracha les yeux, quand il d�couvrit

qu'il avait tu� son p�re

et �pous� sa m�re. Il le sut trop tard.

Jason.

Il est parti � l'est et a ramen� la Toison d'Or,

puis a �pous� une barbare, M�d�e.

Quand Jason la quitta pour une femme plus jeune,

M�d�e massacra ses deux enfants de vengeance.

Ma m�re ne me ferait jamais de mal.

Il n'est jamais facile d'�chapper � sa m�re, Alexandre.

M�fie-toi des femmes. Elles sont bien plus dangereuses que les hommes.

Tu te souviens d'Achille.

- C'est mon pr�f�r�. - Pourquoi ?

Parce qu'il aimait Patrocle et a veng� sa mort.

Car il vivait sans crainte et avait tu� Hector.

Certains le traitent de t�te br�l�e

qui se battait pour lui, pas pour les Grecs.

Mais c'�tait un h�ros, le plus grand h�ros de Troie.

Quel �tait son destin ?

De mourir jeune mais dans toute sa gloire.

Avait-il le choix ?

Oui, il aurait pu vivre longtemps, mais dans l'ombre.

Tu r�ves de grandeur, Alexandre. Ta m�re t'encourage � cela.

Il n'est pas de gloire sans souffrance, mais cela, elle ne le permettrait pas.

Elle te rend faible.

Les dieux n'ont jamais beaucoup aid� l'homme.

Regarde, H�racl�s.

M�me apr�s avoir accompli ses 12 travaux,

il fut puni par la folie et massacra ses trois enfants.

Pauvre H�racl�s.

Le grand H�racl�s.

Il n'est pas de grandeur sans perte.

M�me toi, tu ne seras pas �pargn� par le dur jugement des dieux.

Quand je serai roi comme toi, P�re ?

Ne te pr�cipite pas. Tu risques tout.

Mon p�re m'a jet� dans la bataille avant m�me que je ne sache me battre.

Quand j'ai tu� un homme, il m'a dit :

"Maintenant, tu sais."

Je l'ai ha� pour �a, mais maintenant, je comprends.

On ne na�t pas roi, Alexandre.

Il faut combattre et souffrir.

Un roi doit savoir faire souffrir ceux qu'il aime.

C'est une �uvre solitaire. Demande � H�racl�s.

� tous. Le destin est cruel.

Personne ne conna�t le pouvoir ou la beaut� sans avoir connu le d�sastre.

Ils rient quand tu vas trop haut et d�truisent tout par caprice.

La gloire qu'ils t'attribuent, ils finissent par te la retirer.

Ils font de nous des esclaves.

La v�rit� est dans nos c�urs, et seul ton p�re te le dira.

Les hommes d�testent les dieux.

Nous les adorons uniquement parce que nous craignons pire.

Qu'est-ce qui est pire ?

Les Titans.

Si jamais ils �taient lib�r�s,

alors ce serait les t�n�bres.

Pourraient-ils revenir ?

Zeus peut-il emprisonner les Titans sous le Mont Olympe pour toujours ?

Il est dit que lorsque Zeus les r�duisit en poussi�re avec sa foudre,

il prit les cendres des Titans et, pour se venger,

les m�langea avec celles des mortels.

Pourquoi ?

Qui conna�t ces choses-l� ?

Un jour, les choses changeront.

Les hommes changeront.

Mais d'abord, les dieux doivent changer.

Mais tu oublieras tout �a, Alexandre.

C'est pour �a qu'on dit que ce sont des mythes.

On ne peut pas supporter de s'en souvenir.

Je m'en souviendrai.

Un jour, je serai moi aussi sur ces murs.

Alexandre me dit un jour :

"Les mythes nous plongent dans la solitude."

Phalange !

BABYLONE, PERSE - 13 ANS PLUS TARD

Tout ceci devint un r�ve,

aussi mythique pour les Grecs qu'Achille vainqueur des Troyens.

Et en cet instant de gloire,

Alexandre �tait aim� de tous.

Mais finalement, je crois que Babylone �tait plus facile � conqu�rir

qu'elle n'�tait � quitter.

Sikandre ! Sikandre !

Aristote les traitait de barbares, mais il n'avait jamais vu Babylone.

Nous avons assez d'or ici pour trois g�n�rations d'arm�es mac�doniennes.

La Mac�doine se corromprait alors, Cassandre.

Trop de richesse attire les corneilles.

Mais pas pour ceux qui se sont battus, j'esp�re.

Ils seront r�compens�s, Antigone, mais pas en tant que mercenaires.

Tu me fais penser � Philippe.

Philippe n'a jamais vu Babylone.

Non, jamais, H�pha�stion.

- Bonjour ! - Bonjour !

Alexandre, je sais que tu me prends pour un vieux bougre ent�t�,

mais malgr� nos diff�rences, sache qu'en ce jour,

ton p�re serait tr�s fier de toi.

Merci, Parm�nion.

Je te demande de pardonner ma col�re et mon orgueil.

Ces passions m'aveuglent.

Une superbe �uvre continentale du si�cle dernier.

L'�ge d'or, Alexandre. Qui a beaucoup compt� pour Ath�nes et nos alliances.

Prenez ce qui est � nous,

mais laissez ce qui est aux Perses.

Oui, nous sommes les hommes les plus riches de cette terre, mes amis.

- Pas si tu en fais cadeau. - Petits-fils de gardiens de ch�vres,

nous r�gnons sur 5 millions de km carr�s.

Mais...

Aucun d'entre vous ne craint que tout ceci m�ne � notre destruction.

Tu nous surestimes.

Aussi longtemps que Darius respire, il reste le roi l�gitime d'Asie

et moi, le roi du vent.

Mais il n'a aucun pouvoir, Alexandre. Il est perdu dans les montagnes, seul.

Aussi longtemps que cela dure, Philotas, les gens peuvent croire en lui.

Nulle d�cision avant qu'il ne soit trouv�.

Il semble que tu aies d�j� pris la tienne.

Il faut terminer ce que nous avons �chou� � Gaugam�les.

Nous devons traquer Darius.

- Ce n'�tait pas la mission de ton p�re. - Je ne suis pas mon p�re.

Comment as-tu pu si vite oublier ?

La chance sourit aux audacieux.

Pas �tonnant que Darius ait fui voyant ce qui l'attendait.

J'en essaie une chaque nuit de l'ann�e.

Comment retourner chez Lysimaque apr�s �a ?

Ne touche pas � cela, Leonnatos. J'en prendrai soin pour toi.

Aristote �tait peut-�tre devin.

La beaut� de ces images nous trompe-t-elle et pervertit-elle nos esprits ?

Bagoas, Grand Roi. Aim� de Darius.

- Bagoas. - Joliment dor�, Votre Majest�.

Beaucoup de succ�s. Il �tait vraiment l'un des favoris du grand roi.

L'�ge ? Il a l'�ge qu'il faut.

Quel �ge as-tu, maintenant, Bagoas ? Dix-huit, dix-neuf ans ?

- D'o� est-ce qu'il vient ? - Du nord, sire.

Des collines proches de Suse.

Tu parles notre langue ?

- Bien, j'aimerais apprendre la tienne. - C'est possible, seigneur.

Alors, dis-moi, Bagoas,

mes yeux me trahissent-ils, ou voudrais-tu �tre lib�r�

et retourner dans ta patrie ?

Je n'ai plus de famille depuis longtemps, Grand Roi.

Avec votre permission, je pr�f�re rester.

Tr�s bien, Bagoas.

Ptol�m�e, occupe-toi de cela.

C'est pareil avec tous ceux du harem, femmes et eunuques.

Que ceux qui veulent retrouver leurs familles s'en aillent.

Quoi ?

Vous avez entendu �a ? Il leur rend la libert� !

Grand Roi Alexandre.

La princesse aux milliers de roses

et fille a�n�e de Darius, le Grand Roi d�chu,

Stateira.

Noble Alexandre.

Je viens supplier pour les vies

de mes s�urs,

de ma m�re et de ma grand-m�re.

Tu n'as pas tort, Princesse Stateira.

Lui aussi est un Alexandre.

Je t'en prie.

Je plaide pour les vies de ma famille.

- Asservis-moi, Grand Roi, mais... - Regarde-moi

dans les yeux,

Princesse,

et dis-moi.

Comment voudrais-tu �tre trait�e ?

Pour ce que je suis,

une princesse.

Qu'il en soit donc ainsi.

Toi et ta famille serez trait�s comme ma famille.

Vous pourrez vivre dans ce palais aussi longtemps que vous le souhaitez.

As-tu d'autres demandes � me formuler, noble princesse ?

Non.

Tout ce que je d�sire,

je l'ai formul�.

Tu es une vraie

reine.

Oui et elle te correspondrait parfaitement.

Mais tu ne fais rien.

Voici 3 mois que tu es � Babylone et que tu me laisses � Pella,

� la merci de tes ennemis, que tu as nombreux.

Antipater est maintenant accoutum� au pouvoir que tu lui as donn�.

Je le vois devenir plus fort.

Je suis certaine qu'il communique en secret avec Parm�nion, qui est dangereux.

Mais gare, surtout, � ceux qui te sont les plus proches.

Comme les serpents,

ils peuvent se retourner.

Le g�n�ral Crat�re.

Cassandre est le fils d'Antipater.

M�me Cleitos, le pr�f�r� de ton p�re,

et Ptol�m�e, ton ami, oui.

Gare aux hommes qui pensent trop.

Ils sont aveugles.

J'�pargne seul H�pha�stion.

Mais tous, tu les enrichis tandis que

tu laisses ta m�re et toi-m�me dans une g�n�reuse pauvret�.

Ne me croiras-tu jamais ?

Seul un esprit noir comme le mien peut d�voiler les secrets du c�ur.

Car ils sont tous noirs, Alexandre.

Si noirs.

Mais en toi, fils de Zeus, brille la lumi�re du monde.

Tes compagnons resteront des ombres dans le monde souterrain

tandis que ton nom restera grav� dans l'histoire comme la lumi�re

la plus glorieuse et �ternelle de jeunesse et d'inspiration.

Eux ne seront jamais Alexandre.

Alexandre le Grand.

Souviens-toi, am�ne-moi � Babylone comme tu l'as promis.

Qu'ils sachent que s'ils te font du mal,

ils devront affronter ma col�re, moi, Reine de Babylone.

C'est une dure ran�on qu'elle demande pour 9 mois pass�s dans son ventre.

Am�ne-la ici, Alexandre.

- �a lui apportera tant de joie. - De joie ?

Moi qui ne suis que le miroir f�l� de ses fantasmes ?

Reste avec moi cette nuit, H�pha�stion.

Je vais prendre mon bain.

Merci, Bagoas.

Qu'est-ce qui t'ennuie ?

Je vois en elle tout ce que je crains.

Mais je ne sais pas ce qu'est cette crainte.

Elle �tait si certaine que je descendais de Zeus.

Pourquoi, H�pha�stion ?

Je crois qu'il y a des choses qui d�passent notre imagination,

comme les �clairs, les histoires de conceptions �tranges.

Je n'en doute pas.

Qu'est-ce qu'on me dit ?

Quel est notre... ma destin�e ?

Eh bien, si je suis Patrocle, je meurs le premier.

Ensuite, c'est toi, Achille.

Les g�n�raux sont inquiets.

Ils s'interrogent sur votre obsession par Darius.

Ils disent que vous n'auriez pas d� devenir roi d'Asie.

Naturellement.

Ils veulent surtout rentrer chez eux couverts d'or. Mais je connais la suite.

Je l'ai vue 1 000 fois, sur 1 000 visages.

Ces gens veulent...

Ils ont besoin de changement.

- Aristote se trompait sur eux. - En quoi ?

Regarde ceux que nous avons conquis.

Ils n'enterrent pas leurs morts.

Ils marchent sur les cr�nes ennemis et boivent leurs restes.

Ils copulent en public.

Que peuvent-ils penser, chanter ou �crire quand aucun d'eux ne sait lire ?

Mais en tant qu'arm�e, ils foulent les terres qu'ils ne pensaient jamais atteindre.

Ils sont soldats ou travaillent � la cit�.

Les Alexandrie, d'Egypte � l'oc�an ext�rieur.

Nous pourrions relier ces terres, H�pha�stion,

avec les peuples.

Certains disent que les Alexandrie sont devenues des extensions d'Alexandre.

Elles attirent les gens dans les cit�s pour en faire des esclaves.

Mais H�pha�stion, nous les avons lib�r�s de Perse o� ils �taient tous des esclaves.

Lib�rer le monde serait une �uvre

sup�rieure � la gloire d'Achille, sup�rieure � H�racl�s,

un exploit digne de Prom�th�e

qui fut toujours un ami de l'homme.

Souviens-toi du destin de ces h�ros.

- Ils ont tant souffert. - Nous souffrons tous.

Ton p�re, le mien.

Ils sont tous all�s jusqu'au bout.

Quand tout est termin�, ce qui compte est l'�uvre qui reste.

Tu as dit un jour : "C'est la peur de la mort qui meut les hommes."

N'y a-t-il rien d'autre ?

N'y a-t-il pas d'amour dans ta vie,

Alexandre ?

Que ferais-tu, si tu arrivais jamais au bout du monde ?

Je ferai demi-tour et j'irais conqu�rir l'oppos�.

Je me demande parfois si ce n'est pas ta m�re que tu fuis.

Tu as mis tant d'ann�es, tant de kilom�tres entre vous.

De quoi as-tu peur ?

Qui conna�t ces choses-l� ?

Enfant, ma m�re disait que j'�tais une divinit�. Mon p�re, un faible.

Qui suis-je, H�pha�stion ?

Un faible ou une divinit� ?

Tout ce que je sais, c'est que

tu es le seul en qui j'ai confiance.

Tu m'as manqu�.

J'ai besoin de toi.

C'est toi que j'aime, H�pha�stion.

Personne d'autre.

Tu es ce que j'ai de plus cher

et par le doux souffle d'Aphrodite,

je suis jaloux de devoir te c�der � ce monde que tu d�sires tant.

Tu ne me perdras jamais, H�pha�stion.

Je serai toujours � tes c�t�s.

Jusqu'au bout.

PERSE DU NORD-EST - 329-327 AV. J-C

La campagne en Perse du nord-est

vira en dure gu�rilla qui dura presque trois ans.

Darius fut poursuivi vers la Bactriane,

mais on le manqua de plusieurs heures.

Il mourait quand nous l'avons trouv�.

Il r�clamait de l'eau.

Il a bu puis il est mort.

Le Grand Roi Darius avait �t� trahi par ses propres chefs.

Rendant hommage � son corps,

Alexandre se mit � traquer ces fameux chefs en terre inconnue,

traversant m�me la rivi�re Oxus en Sogdiane.

Nous les traqu�mes jusque dans les steppes inconnues de Scythie,

l� o� seuls les h�ros l�gendaires s'�taient aventur�s.

Selon les g�om�tres, nous �tions � la fronti�re de l'Europe et de l'Asie.

En fait, nous �tions compl�tement perdus.

Alexandre y fonda sa 10e Alexandrie,

y installant les v�t�rans, leurs femmes et tous ceux qui osaient venir y vivre.

Incapable de se faire � une d�faite,

Alexandre persista � combattre toute tribu qui lui r�sistait

jusqu'au jour o� il re�ut la t�te du dernier ennemi qui s'�tait rendu.

Pour Alexandre, personne ne pouvait pr�tendre au tr�ne d'Asie,

qui incluait dor�navant la Sogdiane et la Bactriane.

BALKH, BACTRIANE

C'est l� qu'il prit l'une de ses plus myst�rieuses d�cisions.

Dix ans apr�s la demande de sa m�re, il �pousa une Mac�donienne.

� travers notre union,

que Grecs et barbares

puissent vivre en paix.

L'homme le plus puissant du monde �pousa une fille sans consistance politique.

Pourquoi ?

Certains disent que c'�tait pour s'allier avec les tribus.

D'autres parlent d'un d�sir de successeur.

Pourtant, certains disent qu'Alexandre tomba vraiment amoureux.

Qui �tait vraiment Roxane,

je doute qu'aucun de nous n'ait su voir plus loin que le fond de ses yeux noirs.

En ce glorieux �v�nement,

je porte un toast � cette grande arm�e qui nous a tant donn�.

Et en honneur � ceux qui sont partis avec nous depuis plus de 7 ans,

j'annule toutes leurs dettes avec le tr�sor royal.

Gloire � Alexandre !

Et en l'honneur de la mari�e,

ma si belle �pouse,

je reconnais les nombreuses femmes qui ont travers� cette longue route

et leur mets � disposition des dots pour leur mariage.

Qu'en est-il de nos gar�ons ?

Et pour finir,

les dieux n'exigent pas moins de nous

que vos enfants re�oivent une �ducation grecque comme il se doit

et une formation militaire sous notre protection,

pour devenir les nouveaux soldats de notre royaume

en Asie.

Ton p�re doit se retourner dans sa tombe. Apr�s tout �a, une fille de chef de colline.

Vous appelez �a un mariage tribal ?

Oublies-tu que mon p�re a pris une barbare pour femme ?

Oui, mais on ne peut pas parler d'un mariage heureux.

Mais � quoi bon, Alexandre ?

Fais-en ta simple concubine.

Je veux un fils. Va au diable, Philotas.

La moiti� de tes nobles ont des s�urs qui feraient de bonnes m�res mac�doniennes.

Prendre pour reine une Asiatique sans l'asservir

est signe de respect profond.

Cela va nous rassembler, nous unir.

Ce qui n'exclut pas une Mac�donienne un jour.

Comme deuxi�me femme ? Tu nous insultes.

Jamais notre peuple n'acceptera le fils de cette fille pour roi.

Elles seront furieuses de voir que leurs maris ont une seconde femme ici.

Elles apprendront !

Par Ath�na, cette fille a de l'esprit.

Elle �l�vera un fils courageux.

Alexandre !

L'honneur de ton royaume est en jeu.

Exactement. Qu'y gagnes-tu, Alexandre ?

Nous sommes en Asie pour les punir de leurs crimes. Nous avons r�ussi.

Sept ans d'exil, nous d�rivons d'une r�gion lointaine � l'autre

pourchassant nomades et bandits, tandis que la Mac�doine fait saigner les siens.

Pour quoi ? Construire des routes ?

- �riger des cit�s pour ces gens ? - Et en faire une arm�e ?

�riger des cit�s et �tendre notre territoire n'est pas d�river.

- Et la Mac�doine ? - Elle est bien plus riche !

- Regarde ce que tu leur donnes. - Avec mon respect,

aurais-tu mieux combattu � Gaugam�les quand ton flanc s'effondrait...

- Comment oses-tu, N�arque ? - G�n�ral N�arque, pour toi.

Alexandre a trop demand� � notre flanc ! Mon p�re ou un autre

- n'aurait rien pu faire ! - Philotas !

Alexandre, je te connais depuis que tu es n�.

Je t'ai soutenu quand ton p�re est mort.

Pour la derni�re fois, pour l'amour de Zeus

et par respect pour le conseil qui t'a proclam� roi,

donne-nous un h�ritier mac�donien.

Un h�ritier mac�donien.

- Je t'ai entendu. - Mais...

Parm�nion ! Apr�s le mariage, conduis deux brigades � Babylone, o� je compte

sur toi et Antipater en Gr�ce pour veiller sur l'empire et conduire cette exp�dition.

Je passerai l'hiver � Marakand.

Je prie Apollon que tu voies � quel point tu t'es d�tourn� du chemin de ton p�re.

Je te maudis, Parm�nion, par les dieux et par ton Apollon !

Ce que mon p�re avait dans les tripes n'�tait pas pourri de raison comme toi !

Non, il ne d�sirait pas la guerre, Alexandre, ni ne l'aimait.

Il traitait ses pairs du conseil comme ses �gaux, � la mac�donienne.

Il ne basait pas ses d�cisions sur ses d�sirs personnels.

Je nous ai conduits plus loin que mon p�re n'en a jamais r�v�.

Vieil homme,

nous sommes dans un monde nouveau.

Alexandre, sois raisonnable !

Sont-ils destin�s � �tre nos �gaux ?

� partager nos victoires ?

Rappelle-toi ce qu'Aristote disait.

Une Asiatique ?

Que signifie une promesse pour une race qui n'a jamais tenu parole envers les Grecs ?

- Au diable Aristote ! - Alexandre !

Par Zeus et par tous les dieux,

qu'est-ce qui te rend meilleur qu'eux, Cassandre ?

Meilleur que tu n'es vraiment. C'est �a qui t'habite, toi et tes semblables.

Alexandre.

Ce qui me g�ne n'est pas votre manque de respect � l'�gard de mon jugement.

C'est votre m�pris pour un monde bien plus ancien que le n�tre.

Cinq talents � l'homme qui essaie de me tuer.

Reprends � boire, Cleitos.

- N'es-tu pas li� � un roi ? - Cleitos.

Alexandre, tu parais faible, quand tu n'acceptes pas ces honneurs.

Je comprends, mon cher p�re,

- mais ce n'est pas la mani�re grecque. - Alors, elle est faible.

Elle s'en tire � meilleur compte que lui.

Ma fille, ma Roxane,

elle te fera une bonne �pouse.

Elle tuera, pour toi.

Grand Roi Sikandre, ma�tre du ciel

et de la terre.

En l'honneur de cette grande alliance,

moi, Oxyartes, je t'offre ces pr�cieux cadeaux.

Je veux porter un toast de la part de mon peuple.

Bonjour, sire.

Nous combattrons pour toi, Alexandre.

Cela sera sanglant !

Qui est l'ours ?

Parm�nion.

Vous avez parfaitement contr�l� vos lignes.

Son pessimisme est contagieux.

Mais il demeurera loyal,

tant que son fils restera avec nous.

Ses yeux me disent que tu l'int�resses, Alexandre.

Peut-�tre m�me trop.

Dans mon pays,

ceux qui aiment trop perdent tout,

et ceux qui aiment avec distance...

... durent.

Je l'ai trouv�e en Egypte.

L'homme qui me l'a vendue a dit qu'elle venait

d'un temps o� l'homme adorait le soleil et les �toiles.

Pour moi, tu seras toujours...

... le soleil, Alexandre.

Et je prie pour que ton r�ve diffuse sa lumi�re sur tous les hommes.

Je te souhaite un fils.

Tu es un grand homme.

Beaucoup t'aiment, mais pas aussi purement et profond�ment...

Tu...

... l'aimes ?

C'est H�pha�stion.

Merci, Bagoas.

Ton... ami ?

Il existe plusieurs mani�res d'aimer, Roxane.

Viens.

Tu n'as pas peur.

Ce n'est que justice.

Un homme cherche une femme partout sur la Terre

et finit par la trouver.

Le mythe devient r�alit�.

Grand homme, Sikander,

moi tuer toi, maintenant.

Vas-y.

Finissons-en. Je ferais...

Je ferais la m�me chose. Je mourrai en idiot,

� cause de cet amour.

Ma vie t'appartient, d�sormais.

Tu vas porter mon fils.

Quelle est cette femme que tu appelles ta reine, Alexandre ?

Toi et tes bonnes mani�res.

D�j�, elle se fait des ennemis, avec sa nature fougueuse.

Ne nous confonds pas.

Je n'ai jamais �t� la barbare dont Philippe parlait.

Nous sommes du sang royal d'Achille.

Zeus est ton p�re.

Je comprends qu'elle te rende quelque peu heureux,

mais comment peut-elle t'aider ?

Tu dois savoir qu'elle ne parle pas en ton nom,

qui est � toi et � toi seul.

Pr�serve-le, enferme-le,

mais �coute-moi quand je te dis d'agir

et d'agir vite.

Apr�s sept ans, les gens se demandent :

"Qui est ce roi Alexandre ?"

Je t'ai donn� des preuves suffisantes. Antipater sape ton autorit�.

Retourne � Babylone et renforce ton centre.

Ou rentre en Mac�doine pour te r�organiser.

Mais ne poursuis pas ton r�ve

plus en Orient.

Ta vie et la mienne en d�pendent.

Souviens-toi :

mes seules pens�es sont pour toi.

Toi aussi, tu dois faire face � ta glorieuse destin�e.

Pense tendrement � ta m�re.

Pourvois � mes besoins.

Prot�ge-moi de tes ennemis pendant ton absence.

Et rappelle-toi toujours que

c'est moi qui t'aime plus que quiconque.

Si seulement tu n'�tais pas un p�le reflet

du c�ur de ma m�re.

MAC�DOINE - 10 ANS PLUS T�T

D�j� enceinte, la petite putain.

Il va l'�pouser au printemps pendant le Festival de Dionysos

et quand na�tra son premier fils,

son brave oncle Attale convaincra Philippe de le nommer son successeur

et lui, le r�gent.

Quant � toi,

on t'enverra accomplir une mission impossible,

combattre des tribus barbares du nord

et te faire mutiler dans une stupide bataille pour du b�tail.

Et moi, qui ne serai plus reine, serai mise � mort

avec ta s�ur ainsi que le reste des membres de notre famille.

J'aimerais que tu puisses parfois voir la lumi�re, M�re.

La v�rit� est qu'il ne t'a encore jamais rien pris dont tu ne puisses te passer.

La seule solution est l'attaque.

Annonce sans d�lai ton mariage avec une Mac�donienne.

Fais na�tre un enfant de sang pur, qui soit l'un des siens, non des miens.

Il n'aura alors pas d'autre choix que de te faire roi.

Il reste Kynnane.

Eurydice �tait parfaite. Si seulement ton porc de p�re ne l'avait pas ravag�e !

Ne dis plus rien de lui.

Tu m'entends ? Ne dis rien.

Tu as raison.

Pardonne-moi.

Une m�re a trop d'amour.

� qui chanterai-je des berceuses, le soir ?

J'aurais aim� qu'on passe plus de temps ensemble.

Comme avant, quand tu �tais le plus charmant des petits gar�ons.

On n'a jamais eu le temps, M�re.

Depuis que je suis enfant, on me forme � �tre le meilleur.

Mon pauvre enfant, comme Achille,

ta grandeur est une mal�diction.

Prends ma force.

Ne confonds jamais tes devoirs

avec tes sentiments, Alexandre.

Un roi doit savoir publiquement remercier son peuple.

Tu auras 19 ans cet �t�.

Les filles disent d�j� que tu ne les aimes pas. Que tu pr�f�res H�pha�stion.

Mais je comprends. C'est naturel pour un jeune homme.

Mais si tu pars en Asie sans avoir de successeur, tu risques tout.

H�pha�stion m'aime en tant que personne,

pas pour qui je suis.

Il t'aime ? Il t'aime ?

Au nom de Dionysos,

essaie de comprendre comment Philippe fonctionne, pour ton propre bien.

Ta vie est en jeu.

Je connais ces choses, Alexandre. Tu n'es rien, pour lui.

Ses espions sont partout

pour s'assurer que tu ne complotes pas contre lui.

Et pourtant, tu dors.

Tu ne passeras pas l'ann�e, � moins que tu n'agisses !

Arr�te !

Je suis son unique fils digne.

Tu es folle.

Il ne me ferait jamais de mal.

M�me si Eurydice avait un gar�on, il ne le laisserait r�gner que dans 20 ans.

Oui, et toi, tu en aurais 40.

Vieux et sage comme Parm�nion. Et le fils de Philippe en aurait 20.

Comme toi maintenant, mais �lev� par lui, par son sang.

Il ne te c�dera jamais le tr�ne maintenant, Alexandre.

Jamais.

Que voudrais-tu que je fasse ?

Tout ce qui est n�cessaire.

As-tu perdu la t�te ?

Ce serait la guerre civile, clan contre clan, le chaos.

Oui. Et tu vaincrais.

Car les jeunes t'aiment comme un dieu.

Je t'interdis de me parler ainsi !

Un tel homme serait poursuivi � jamais par les Furies !

Tu n'as rien � craindre des Furies,

si tu tues l'imposteur assis sur le tr�ne

avant qu'il ne te tue, toi et ta m�re.

Pourquoi ne me crois-tu jamais ?

Philippe ne voulait pas de toi.

Tu avais un probl�me de respiration

et il voulait t'abandonner dans les montagnes

et te laisser en p�ture aux vautours.

Tu ignores tant de choses, mon pauvre enfant.

Lanice ne sait rien de cela.

Lanice.

J'�tais l� !

Lanice n'y �tait pas !

Non, Alexandre.

Zeus est ton p�re.

J'ai couch� avec lui, cette nuit l�, comme si c'�tait un mortel.

On ne m'a jamais aussi bien fait l'amour.

Assez.

La moiti� des m�res en Gr�ce partagent un tel fantasme.

Je te pr�viens, M�re.

Ne fais pas d'erreur.

Tu traiteras cette fille de la meilleure fa�on qu'il soit.

Tu te comporteras comme on l'a toujours fait.

Comme la premi�re.

Je me demande...

L'as-tu jamais aim� ?

Quoi ?

Je n'ai jamais cess�.

SOGDIANE, PERSE DU NORD-EST 10 ANS PLUS TARD

Qu'y a-t-il, Oreste ?

J'implore votre pardon, mon roi.

Je ne peux pas participer � ceci.

Qui a fait �a ?

Dis-moi.

- Dis-le ! - Hermolaus !

Mort � tous les tyrans.

Ce n'est pas moi !

Je vous aime depuis que je vous connais.

Jamais vous ne trouverez homme plus d�vou� que moi.

La conspiration, telle qu'elle �tait,

perturba grandement Alexandre.

Non seulement parce qu'elle impliquait ceux qui partageaient ses r�ves,

mais parce qu'elle impliquait Philotas, le compagnon de son enfance,

quand un page avoua que quelques jours plus t�t, il avait pr�venu Philotas

- Alexandre. - du complot.

Souviens-toi de moi tel que je suis.

Je me souviens de toi, Philotas, mais pas comme tu t'en souviens.

Il appara�t aux pairs et � moi

que le vrai temp�rament de ton �me est l'ambition.

On pensa tous qu'il y avait plus qu'une querelle sexuelle.

Alexandre voulait la v�rit� et les r�ponses de Philotas �taient fausses.

Emmenez-le.

Alexandre le fit rapidement et secr�tement juger par ses pairs.

Comploteur ou opportuniste, Philotas fut jug� coupable de trahison.

- Non, Alexandre, non ! - Emmenez-le.

Les suspects furent tous ex�cut�s.

Aucun de nous ne d�fendit Philotas,

mais il faut dire qu'aucun de nous ne l'avait jamais aim�.

Eh bien s�r, son pouvoir �tait gonfl� par nous tous.

Avant qu'il ne meure, il fut tortur�

pour d�couvrir ce que son p�re, Parm�nion, savait.

Mais �a, on ne put le d�couvrir.

Que faire de Parm�nion et de ses 20 000 soldats ?

C'�tait un probl�me d�licat. �tait-il innocent ?

Ou avait-il d�cid� d'agir avant que l'�ge ne l'amoindrisse ?

- Les hommes suivront leur roi. - Alexandre ne sera pas l�.

La n�cessit� for�a Alexandre � agir

et il boucla le camp d�s les 1res accusations contre Philotas.

Partez, Antigone et Cleitos.

Et partez vite.

Trois jours de cheval envoy�rent Antigone et Cleitos

� Parm�nion, le g�n�ral le plus loyal envers Philippe.

Les soldats accept�rent la culpabilit� de Parm�nion,

car ils comprenaient bien le code de vengeance

qui rendait responsable le chef de famille du comportement de tous.

Nombre d'entre nous se r�jouirent d'�tre d�barrass�s de Parm�nion,

car Alexandre nous fit g�n�reusement monter en grade.

Si on coule des lingots au nom d'Alexandre, cela fera des m�contents.

Cleitos. Antigone.

Parm�nion.

MAC�DOINE - 9 ANS PLUS T�T

Viens, Alexandre, bois pour ta tristesse.

Si la soif pouvait att�nuer le chagrin, Ptol�m�e.

Une seule chose est mieux que la victoire d'une bataille, mon fils,

c'est le go�t d'une nouvelle femme.

Bien plus douce que la complaisance.

- Pausanias, tu m'ennuies. - Alexandre !

Alexandre, j'ai trouv� la perle.

- Quel est ton nom, ch�rie ? - Antigone.

- Quel est ton nom ? - Antigone.

- Je t'aime. - Je t'aime aussi, Cleitos.

- S'il vous pla�t, non ! - Te voil�.

Je dormirai dans ma tombe, H�pha�stion.

Tant que je vis, je pr�f�re danser.

Pausanias.

Qui est ton nouvel ami ?

- Voici ton nouvel ami. - S'il vous pla�t, non !

Non ! S'il vous pla�t ! Non !

Un toast.

Un toast !

Je bois � nos amis grecs et � notre nouvelle union.

Car la Mac�doine et la Gr�ce rivalisent de grandeur !

� Philippe, notre roi, sans lequel l'union n'aurait pas �t� possible.

Allez, Attale, laisse un peu d'air dans la salle !

Je bois �galement au mariage du roi et de ma ni�ce, Eurydice.

Une reine dont on peut �tre fiers !

� Philippe et Eurydice

et � leurs fils l�gitimes !

Alexandre, non !

Et moi, qui suis-je alors, chien ? Viens !

Quelle honte.

Taisez-vous !

Taisez-vous tous !

C'est mon mariage, pas une bagarre publique.

Petit impertinent.

Fais tes excuses, par Zeus, avant de me d�shonorer.

Tu d�fends l'homme qui traite ma m�re de putain et moi, de b�tard.

- Et je te d�shonore ? - Tu �coutes aussi mal que ta m�re.

Attale est maintenant ma famille. Comme toi.

Choisis donc tes proches avec plus de pr�caution.

Je ne resterai pas ici pour assister � ta honte.

- Tu m'insultes ! - Je t'insulte ?

Un homme indigne de l�cher le sol que foule ma m�re.

- Chien ! Mettre en doute ta reine. - Honte ?

Je n'ai � avoir honte de rien, arrogant petit morveux.

Je me marie si je veux et j'aurai autant de fils que je veux.

Et toi et ta m�g�re de m�re ne pouvez rien contre �a.

Pourquoi, l'alcoolique,

crois-tu que mes actes et paroles viennent de ma m�re ?

Parce que je sais ce qu'il y a dans son c�ur, par H�ra,

et je la vois dans tes yeux.

Tu convoites trop ce tr�ne.

Nous savons tous que ta louve de m�re me veut mort.

Vous pouvez toujours r�ver, mon gar�on !

Philippe, tu as trop bu. Laisse-le. �a attendra.

Maintenant !

Je te l'ordonne.

Demande pardon � ton parent.

Demande pardon !

Tu n'es pas un parent.

Bonne nuit, vieil homme.

Quand ma m�re se remariera, je t'inviterai � son mariage.

Petit b�tard !

Tu vas m'ob�ir. Viens ici.

C'est �a, l'homme qui est cens� conqu�rir la Perse ?

Il n'est m�me pas capable de trouver son lit.

Sors de mon palais ! Je t'exile, b�tard !

Tu es banni du pays. Tu n'es pas le bienvenu ici.

Tu n'es pas mon fils !

HINDU KUSH - 10 ANS PLUS TARD

Au printemps, Alexandre �rigea une arm�e de 150 000 hommes

par-del� les cols de l'Hindu Kush,

jusque dans l'inconnu.

Dans son r�ve, c'�tait la route promise jusqu'aux confins du monde.

Nous �tions un empire mobile

�tirant la Gr�ce de plusieurs milliers de kilom�tres.

Cuisiniers et architectes, m�decins et g�om�tres,

pr�teurs et femmes,

enfants, amants, putains,

sans oublier les esclaves

qui se courbaient, anonymes, �pine dorsale de cette nouvelle b�te.

Ravag� ou �tendu, pour le meilleur ou pour le pire,

aucun territoire occup� ne fut plus jamais le m�me.

Bien qu'il fut d�vou� � Roxane,

les visites d'Alexandre dans sa tente diminu�rent

et une ann�e, puis deux, pass�rent sans qu'il n'y ait de successeur,

blessant le grand orgueil d'Alexandre.

Les g�om�tres disent que c'est ici que Zeus encha�na Prom�th�e.

Dans l'une de ces grottes.

Ils disent qu'il y a un nid d'aigle g�ant juste au-dessus.

J'imagine que chaque nuit, il descend pour d�vorer le foie du pauvre Prom�th�e.

Tu te rappelles ce qu'Aristote nous disait de ces montagnes ?

Oui, je m'en souviens.

Que de ces hauteurs,

nous pourrions apercevoir la Mac�doine � l'ouest

et l'oc�an ext�rieur � l'est.

Mais je crains que ce monde ne soit bien plus grand que personne ne l'ait imagin�.

Un monde de Titans.

Les �claireurs sont pass�s par tous les chemins connus, Alexandre.

Il n'y a pas de chemin de traverse.

� part vers le sud, par l'Inde.

Si on �tait des dieux, on trouerait ces murs jusqu'aux mers de l'est.

C'est ce que nous ferons, Alexandre.

Dans quelques ann�es, nous reviendrons.

Mais les hommes doivent d'abord rentrer chez eux.

O� te sens-tu chez toi,

Ptol�m�e ?

Plus j'y r�fl�chis, plus je pense que c'est Alexandrie.

Au moins, il y fait chaud.

Et Tha�s...

... adorait cet endroit.

Les femmes font rentrer les hommes.

- Je n'ai pas ce sentiment. - Tu as Babylone, Alexandre.

O� ta m�re attend ton invitation.

Oui, j'ai Babylone.

Mais � chaque terre, chaque fronti�re,

je perds une nouvelle illusion.

Je crois que la mort sera la derni�re.

Pourtant, je repousse sans cesse

les limites pour trouver ce foyer.

O� est parti notre aigle ?

Nous devons poursuivre, Ptol�m�e.

Jusqu'� ce qu'on trouve une fin.

ENTRACTE

INDE - 327 AV. J-C

L'INDE, terre o� naquit le soleil,

dite encore plus riche que la Perse,

n'avait jamais �t� conquise ni explor�e.

Depuis le d�but, Alexandre luttait pour unifier une terre sans centre.

Des rois avaient complot� les uns contre les autres.

Un labyrinthe de tribus encourag�es par fanatiques et philosophes

�taient mortes par milliers pour leurs dieux �tranges.

Nous v�mes des choses dont nous n'aurions jamais pu r�ver.

Des oiseaux qui pouvaient parler et des hommes muets.

Crat�re, � l'avant-garde, se battit contre des hommes pleins de poils,

de petite taille et vivant dans les arbres.

- Par l� ! - Ce sont des animaux.

Jusqu'� ce qu'H�pha�stion leur montre qu'il s'agissait d'animaux

qui portaient leur propre fourrure.

Ils appel�rent cette tribu les "singes".

Singe. Singe.

Mais on ne vit gu�re de diff�rence avec les tribus qui vivaient l�.

- Regardez sa main. - Tellement comme la n�tre.

Bonjour, petit homme.

- Est-ce qu'ils parlent ? - Non, mais ils chantent

depuis les toits de la for�t.

On vit des hommes qui allaient nus

et passaient des heures � ne rien faire.

Certains qui vivaient 200 ans.

Puis il y eut la pluie.

Jamais auparavant n'avions-nous vu de l'eau tomber des dieux

pendant 60 jours et 60 nuits.

Bravo, pour aujourd'hui.

Nourrissez bien femmes et enfants.

Tu sais �a mieux que moi, Machatas.

Que va dire ton fils ?

Allons. Plus tu vieillis, plus tu es fort.

Oui, mon roi. Tu es mon cheval, Alexandre.

Je serai toujours � tes c�t�s.

Tout pourrissait, avec cette pluie,

et des dizaines d'hommes mouraient � cause des serpents

qui �taient partout, dans ce m�chant pays.

- Qu'y a-t-il ? - C'est au cou.

Oh, non, Zeus, non !

Tiens bon, tiens bon.

Sois courageux.

Oh, Zeus.

Notre ru�e vers l'or et la gloire partit en fum�e quand nous r�alis�mes

qu'il n'y en avait pas.

Les ranc�urs augment�rent.

On massacra tous les Indiens qui r�sistaient.

Et avec l'eau locale putride,

nous b�mes du vin fort.

Sur le chemin du sud-ouest,

Alexandre se mit � rendre souvent les terres conquises � leurs rois d�chus,

pour en faire des alli�s.

Mais l'arm�e, qui n'appr�ciait gu�re,

commen�a � se demander

si nous �tions l� pour les richesses ou si Alexandre,

dans une sorte de qu�te insens�e pour imiter la gloire d'H�racl�s,

les avaient oubli�es.

Une chose qu'une arm�e ressent bien vite dans ses os,

c'est la direction dans laquelle soufflent les Dieux.

Embrasse-le !

- � Bagoas. - � Bagoas !

- Et au dieu de ma m�re, Dionysos, - � Dionysos !

Qui selon nos alli�s indiens, vint ici avant H�racl�s,

il y a de cela 6 000 ans.

� ce h�ros.

� ce h�ros !

Roxane.

Tu perds la face.

Ces Indiens

sont de basses et mauvaises gens.

Tu n'essaies pas de les comprendre.

J'essaie.

Mais voil� ce que je sais, Alexandre.

En Perse, tu es un grand roi.

Mais ici,

ils te d�testent.

Retournons � Babylone.

L�-bas, tu es fort.

Nous parlerons de cela plus tard.

Oui.

Plus tard.

Nous parlerons.

Je viendrai,

ce soir.

Et moi, j'attendrai.

Bonne nuit, mon roi.

Votre Majest�.

Viens, Alexandre, viens boire avec nous.

- Alexandre. - Alexandre !

Je me rappelle qu'un temps, tu ha�ssais voir boire ton p�re.

Maintenant, je sais pourquoi.

Dionysos est un h�ros.

Mais il sait aussi briser les esprits.

Il d�truit notre contr�le de nous-m�mes.

Ce contr�le est un amant que je ne connais que trop, Ptol�m�e.

La lutte me p�n�tre jusqu'au fond des os.

Et le succ�s me para�t aussi corrompu que l'�chec.

Mais Dionysos, que sa vieille �me soit b�nie,

il me lib�re de moi-m�me.

Et puis, ensuite, je progresse.

Je suis tout simplement Alexandre.

Un toast � Bagoas !

Et aux 30 000 magnifiques Perses

que nous formons au combat au sein de cette grande arm�e.

� la m�moire de Philippe.

Eut-il pu seulement voir son peuple

se transformer en une arm�e

si jolie.

� Philippe.

Au vrai h�ros.

Philippe !

Et � Cleitos et sa nouvelle nomination de satrape de Bactriane.

� Cleitos !

Dr�le de mani�re de l'exprimer, Ptol�m�e.

Nous savons tous � quoi �quivaut une pension et un exil

apr�s 30 ans de service.

L'exil ?

D'o� cela, Cleitos ?

De ma patrie, Alexandre, la Mac�doine.

Tu aurais pu me demander o� je voulais finir mes jours.

Gouverner cette province majeure est pour toi un exil ?

Sa Majest� a-t-elle d�j� offert � l'un de ses plus proches compagnons

province plus lointaine ?

Tu ne feras donc pas un tr�s bon satrape, n'est-ce pas, Cleitos ?

Qu'il en soit ainsi.

Laissez-moi pourrir en haillons mac�doniens

plut�t que de briller

dans l'�clat de l'Orient.

Je ne tremblerai ni ne m'inclinerai comme tous les flagorneurs qui vous entourent.

H�pha�stion, N�arque, Perdiccas.

En tant que gouverneur d'une des satrapies les plus asiatiques,

Cleitos, ne vois-tu pas que si mes sujets perses

s'inclinent devant moi, c'est qu'ils y accordent une importance ?

Ai-je exig� la m�me chose des Grecs ?

Tu acceptes leurs offrandes en tant que fils de Zeus, n'est-ce pas ?

Seulement les offrandes.

Pourquoi ne refuses-tu pas ces vaines flatteries ?

Tu confonds libert� et r�v�rence.

Tu t'inclines devant H�racl�s, qui �tait mortel

mais fils de Zeus.

Comment peux-tu, si jeune, te comparer � H�racl�s ?

Et pourquoi pas ?

J'ai accompli plus de choses,

voyag� loin,

probablement plus loin.

H�racl�s a fait cela tout seul.

As-tu conquis l'Asie tout seul, Alexandre ?

Qui planifia l'invasion de l'Asie

quand tu te faisais fesser par ma s�ur Lanice ?

Ne fut-ce pas ton p�re ?

Ou son sang aurait-il tourn� ?

- Ammon-Zeus, n'est-ce pas ? - Tu m'insultes, Cleitos.

Tu te moques de ma famille. Gare !

Jamais ton p�re n'aurait fait des barbares ses amis

ou nous aurait demand� de combattre en �gaux avec eux.

Ne sommes-nous plus bons ?

Je me souviens d'un temps

o� nous pouvions parler entre hommes, sans d�tour.

Rien de ce curetage obs�quieux.

Je me rappelle un temps o� nous chassions,

o� nous luttions sur le sol du gymnase.

Et maintenant, tu les embrasses ?

Tu �pouses une barbare st�rile et oses l'appeler ta reine ?

Va-t'en vite, Cleitos, avant de ruiner ta vie.

Ton grand orgueil ne craint-il donc plus les dieux ?

Cette arm�e. Cette arm�e est ton sang, mon gar�on !

Sans elle, tu n'es rien !

Nous n'avons plus besoin de toi !

- Hors de ma vue ! - Je ne te sers plus � rien ?

Qu'ai-je servi alors en sauvant ta juv�nile existence � Gaugam�les ?

�tais-tu le fils de Zeus ? Et si je te laissais mourir ici ?

Penses-tu qu'on en serait l� � faire la cour aux primates ?

Alexandre !

Alertez les gardes ! Arr�tez-le pour trahison !

- Je vais avec lui. - Alexandre.

- Qui est avec lui ? - Non.

Qui est avec lui ?

Que Zeus soit mon t�moin !

Je te jugerai devant lui !

Nous verrons jusqu'o� va cette conspiration !

- Prenez-le ! - Au nom des dieux, emmenez-le !

Regarde-toi ! Grand cul blanc, Alexandre !

Cach� derri�re son dieu eff�min� !

Es-tu trop grand pour te rappeler quelle vie j'ai sauv�e ?

- Je suis plus un homme que toi ! - Faites-le sortir !

- Il est parti. Il est parti. - Alexandre.

Allons !

Quel tyran tu fais ! Tu es devenu un m�chant tyran, Alexandre.

Tu parles de conspiration ? Et le pauvre Parm�nion ?

Sors d'ici !

Il t'a bien servi. Regarde comme tu le remercies !

Tu m'as attribu� cette t�che ignoble. N'as-tu pas honte ?

Sale ingrat ! M�me mes pires ennemis ne m'ont pas parl� ainsi !

Despote ! Faux roi !

Toi et ta barbare de m�re, soyez couverts de honte !

Cleitos.

Oh, mon Cleitos. Cleitos.

- Laissez-moi passer. - Personne n'entre.

Je suis la reine.

Je veux le voir. J'ai attendu trois jours.

Il a dit personne, pas m�me vous.

- Il a besoin de moi. - Non, aucunement.

Et il a besoin de vous ?

H�pha�stion, tu es dans l'erreur.

L'arm�e s'inqui�te, elle s'interroge.

Alexandre.

Ils ont besoin d'�tre rassur�s.

La haine.

Ils pardonnent comme un vieil amant, mais n'oublieront jamais.

- C'�tait un ivrogne. - C'�tait mon ami.

Sa s�ur Lanice m'a �lev�.

Comment l'ai-je r�compens�e ?

Deux fr�res morts, je l'ai affront� de mes propres mains.

Sa derni�re famille.

Comment ne pleurerait-elle pas le jour de ma naissance ?

Allons. Tu sais mieux que quiconque

que les grandes choses sont faites par ceux qui prennent et ne regrettent pas.

Tu es Alexandre.

La piti� et le remords ne feront que te d�truire.

Suis-je devenu si arrogant que je suis aveugle ?

Parfois, attendre le meilleur de chacun,

c'est de l'arrogance.

Alors Cleitos a dit la v�rit�. Je suis devenu un tyran.

Non.

Mais peut-�tre un �tranger.

Tu es all� trop loin.

Ils ne te comprennent plus.

Ils parlent de Philippe, maintenant,

comme si j'�tais un nuage qui passe

et qui sera bient�t oubli�.

J'ai �chou�,

mis�rablement.

Tu es mortel.

Et ils le savent.

Et ils te pardonnent parce que tu les rends fiers d'eux-m�mes.

Philippe a dit un jour...

... qu'il y a un Titan en chacun de nous.

Qu'ils attendent, m�l�s � nos cendres.

Je n'ai pas tu� � cause du vin.

Mais parce que je voulais.

MAC�DOINE, 336 AV. J-C 9 ANS PLUS T�T

Philippe, Roi de Mac�doine,

chef des Grecs.

Toute ma vie, j'ai attendu que les Grecs s'inclinent de respect devant la Mac�doine.

Ce jour est venu.

Ils disent d�j� : "Philippe �tait un grand g�n�ral,

mais Alexandre, lui, est grand."

Si tu m'insultes encore une fois,

je te tuerai.

Tu m'as manqu�.

Au printemps, la Perse.

Tu commanderas mon cheval de la droite.

Quel honneur, mon p�re, je ne manquerais pas �a

pour tout l'or du monde.

Or que tu poss�deras un jour.

Il fait de lui-m�me un 13e dieu.

Mon pauvre Philippe, il a bu tant de vin. Il a perdu l'esprit.

- Votre Majest�. - Attale.

J'esp�re que le prince appr�cie le spectacle

autant que notre r�gent.

Il est tr�s fatigu�.

- Pausanias, am�ne le reste de la garde. - Garde royale !

� l'ar�ne ! Marche !

Aucun garde, Votre Majest� ? Avec cette foule ?

- �a grouille de Grecs. - Cleitos, Cleitos.

Mon Cleitos.

Tu pourras toujours faire confiance � cet homme, Alexandre.

Traite-le comme mon �gal.

Il te prot�gera.

Oui, P�re.

Mon peuple est ma garde, aujourd'hui.

Montrons � ces Grecs quelle aisance j'ai avec mon peuple.

Qu'ils me traitent ensuite de tyran.

Fais entrer la garde principale seulement apr�s mon entr�e.

Cleitos, veille � ce que le vin coule en abondance, aujourd'hui.

Je veux qu'ils m'aiment.

On ne t'a pas dit ? J'y vais seul.

Entre avec la garde principale.

Allez.

- Allez. - P�re, il vaut mieux que je t'accompagne.

Tu veux que le monde voie que tu es mon successeur.

N'est-ce pas ce qu'elle veut ?

Ne sois pas toujours offens�, Alexandre. Sois un homme.

Estime-toi heureux d'�tre ici apr�s ta prestation en public.

Par H�racl�s, par Zeus, par tous les dieux,

ob�is-moi, pour une fois !

Courage, P�re.

Fais ton chemin en te r�jouissant qu'� chaque pas

r�sonne ta bravoure.

Et maintenant, notre bien-aim� Roi Philippe

en l'honneur duquel ces jeux de mariage vont commencer.

Pausanias, je t'ai dit...

Qui est ton nouvel ami ?

Voici ton nouvel ami.

S'il vous pla�t, non !

Vive le roi !

Alexandre, fils de Philippe !

Que les dieux b�nissent le roi !

Alexandre est roi !

Tu es roi, maintenant, tu es roi.

Longue vie � Alexandre !

Alexandre !

Alexandre est roi !

Que les Dieux b�nissent Alexandre !

Que les dieux b�nissent le roi !

Alexandre !

INDE - 9 ANS PLUS TARD

Vous me brisez le c�ur.

Vous avez peur.

Bien s�r que vous avez peur.

Nous avons tous peur,

car personne n'est jamais all� aussi loin.

Plus que quelques semaines jusqu'� l'oc�an qui nous encercle, la route du retour.

Nous dresserons une flotte enti�re

et regagnerons l'Egypte par le Nil.

Et d'Alexandrie, nous serons rentr�s en quelques semaines.

Pour retrouver nos familles,

partager avec elles les grands tr�sors et grandes histoires d'Asie

et savourer notre gloire imp�rissable jusqu'� la fin des temps.

- Suivez Alexandre. - Moi, je te suis !

Quoi ?

- Le silence ? - Nous sommes avec toi, Alexandre !

Crat�re.

Et un autre.

Mon roi.

Je suis un combattant.

Je n'aime pas les j�r�miades. Je n'en tol�rerai aucune au sein de mes unit�s.

On a perdu beaucoup d'hommes.

Les jeunes n'ont jamais connu de femmes.

Certains sont morts de maladie.

Certains se sont fait massacrer en Scythe sur les berges de l'Oxus.

D'autres ont connu une belle mort.

Et d'autres n'ont pas eu de chance.

Mais tous sont morts.

Nous sommes venus � 40 000 il y a de cela 8 ans.

Nous t'avons suivi sur pr�s de 16 000 kilom�tres.

Sous la pluie comme sous le soleil, pour toi, nous avons combattu.

Certains ont fait jusqu'� 50 batailles.

Nous avons tu� de nombreux barbares.

Et maintenant, quand je regarde autour de moi, combien sont encore l� ?

Et tu veux qu'on continue � se battre contre ces tribus de singes � l'est ?

Nous avons entendu dire que des milliers de ces monstres d'�l�phants

traversent cent fois plus de rivi�res.

Crat�re. Mon bon Crat�re.

Qui pourrait parler mieux que toi, le plus noble des hommes ?

Tu sais qu'il n'est pas une partie de moi sans cicatrice ni os bris�.

�p�e, couteau, pierre, catapulte et massue m'ont ab�m� autant que vous.

Nous le savons, mon roi, et t'adorons pour cela.

Mais par Zeus, trop d'hommes sont morts.

Tu n'as pas d'enfants, Alexandre, et nous ne sommes que

d'humbles hommes qui ne voulons pas de mal aux dieux. Tout ce que nous voulons,

c'est revoir nos enfants, petits-enfants et femmes une derni�re fois

avant de rejoindre nos fr�res dans la noire maison d'Had�s.

Oui, tu as raison, Crat�re.

Je vous ai n�glig�s.

J'aurais d� renvoyer les v�t�rans plus t�t et je le ferai.

Les premiers d'entre vous seront les Boucliers d'Argent.

Tout homme ayant servi 7 ans se verra vers� une pension compl�te.

Et sera riche, respect� et aim�.

Votre famille vous consid�rera comme des h�ros pour le reste de votre vie

et vous pourrez mourir en paix.

Mais tu r�ves, Crat�re.

Tu as perdu ta simplicit� en prenant ma�tresses et enfants perses

et en consolidant tes biens avec le pillage et les bijoux.

Tu es tomb� amoureux de tout ce qui dans la vie d�truit les hommes.

Ne voyez-vous pas ?

Vous et moi savons

qu'au fur et � mesure que les ann�es passent, que les souvenirs s'�tiolent

et que vos grandes victoires se fanent,

ce qui restera, c'est comment vous avez abandonn� votre roi en Asie !

Car je continuerai. Avec mes Asiatiques.

- Au diable, Alexandre ! - Nous te secondons et tu nous abandonnes.

- Honte ! - Nous voulons rentrer, Alexandre.

Assez de gloire !

On veut revoir nos femmes et nos enfants avant de mourir.

J'en ai que je n'ai pas encore vus.

Je veux voir mes enfants !

Je paie pour vos b�tards d'enfants. Je n'ai rien pris pour moi.

Je ne vous demande qu'un mois de plus.

- Honte ! - C'est ton roi.

Que dirait ton p�re ?

Je vous ai conduits plus loin que mon p�re n'en a jamais r�v�.

Rentrez donc chez vous. Je compte sur le courage des barbares.

Je vais vers l'est.

Il nous veut morts pour taire ses crimes.

- Qui a dit �a ? - On ne rentrera jamais.

M�prisable l�che. Montre-toi !

- Fais tes accusations en public ! - Pour nous faire tuer ?

- Fils de Zeus. - Tu souilles la m�moire de ton p�re.

- Ou l'as-tu tu� comme tu as tu� Cleitos ? - Reste cach� ou ta vie n'est plus !

Vous insultez mon honneur, ma paternit�. Arr�tez-le.

Et lui aussi. Oui. Et toi, le trop loquace Dimitri.

Tu me traites de meurtrier ? Il n'est pas de tel sang sur mes mains.

Et lui. Oui, endure la douleur de la trahison.

Tu railles ma honte de Cleitos, clames que j'ai fait du mal � mon p�re.

Arr�tez-le. Apr�s tout ce que j'ai fait pour toi, porc !

L�ches ! Tra�tres !

Venez donc ! O� sont vos poignards ?

En d�mantelant la mutinerie et en ex�cutant ses chefs de bande,

il ne fit rien, � mon avis, que tout g�n�ral de guerre n'e�t pas fait.

Mais l'arm�e �tait clairement divis�e.

Et Alexandre n'�tait plus aim� de tous.

Il continua sa route vers le sud et l'oc�an ext�rieur.

Je confesse une certaine d�ception.

Particuli�rement en apprenant que tu as d�cid� de partir vers l'est.

Prends garde car ces mani�res attisent la fiert� des sens.

J'ai pourtant v�cu assez longtemps

pour me demander

pourquoi tant d'autres te manquent de respect avec autant de passion.

J'esp�re que tu continueras ce que le gamin de 12 ans que j'ai connu avait commenc�.

Sois toujours cet homme, Alexandre, et tu ne tomberas pas.

Et tu prouveras peut-�tre au vieux mat�rialiste

que j'ai toujours �t� � tes yeux

qu'il est aussi un r�veur.

CENTRE MAC�DONIEN

Restez calmes.

Ensemble, nous sommes comme des dieux.

Couvrez avec votre gauche, frappez avec votre droite.

La crainte est ineptie et perte de temps.

Pr�parez boucliers.

En position de combat.

En place.

Coupeurs, pr�parez vos couteaux.

Apr�s moi !

Frappez de toutes vos forces !

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

Venez, Mac�doniens. Pourquoi restez-vous en arri�re ? D�p�chez-vous !

Cavalerie !

S�parez-vous en trois. Regroupez, encerclez !

CENTRE DES MAC�DONIENS

Restez en ligne !

Il faut mourir !

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

- Oh, non ! Cavalerie, avec moi ! - Suivez Alexandre !

� l'assaut, � l'assaut, � l'assaut !

La phalange est en p�ril.

M�l�agre, va voir Pharnak�s et dis-lui de revenir au centre.

Va retrouver H�pha�stion sur la berge et ram�ne la cavalerie au centre !

Nous devons rejoindre Crat�re avant qu'il ne soit trop tard.

CENTRE DES MAC�DONIENS

H�pha�stion. Au centre !

FLANC DROIT DES MAC�DONIENS

Venez, Mac�doniens. Au galop !

Au galop !

Coenus ! Sors de l� !

- Les chevaux refusent d'avancer. - � pied, alors.

Repliez-vous ! Repliez-vous !

Allez, Buc�phale.

N'aie pas peur, mon ami.

Buc�phale.

Ce n'est que le soleil et l'ombre.

Buc�phale et Alexandre.

Toi et moi, une derni�re fois.

N'y a-t-il rien de plus beau que de t�moigner du plus grand courage

et de mourir dans une gloire �ternelle ?

Venez, Mac�doniens. Pourquoi battez-vous en retraite ?

Voulez-vous devenir immortels ? Au nom de Zeus, attaquez !

Attaquez !

Alexandre !

- Le roi est � terre ! - � lui !

Ce fut la plus sanglante de ses batailles.

Une pure boucherie.

Jamais plus nous ne serions des hommes.

MAC�DOINE - 9 ANS PLUS TOT

Va-t'en.

Allez.

Comment oses-tu te comporter de la sorte en public ?

Parce qu'il en est ainsi.

Ce n'est pas ainsi que je voulais �tre roi.

Personne ne t'accuse.

Ils le font d�j� derri�re mon dos ! En secret.

- Calomnie n'est pas pouvoir. - La honte l'est-elle ?

Qui a tu� mon p�re ?

Dis-moi.

Dis-moi ou je te fais juger pour son meurtre.

- Pausanias. - Il s'est fait aider !

Est-ce toi qui l'as aid� ?

Non, jamais.

Pourquoi ? Pourquoi aurais-je fait �a ?

Tant d�siraient sa mort.

Grecs, Perses, hommes, femmes...

Je serais �tonn�e qu'il y ait un dieu qu'il n'ait pas profan�.

Comme c'est ironique, au final,

qu'un gar�on qu'il a battu une fois de trop lui ait rendu la pareille.

Tu es folle. Tu es maudite.

Tu as provoqu� les Furies, tu ignores leur pouvoir.

Lequel d'entre nous exag�re le plus ?

M�me si c'�tait ton plus grand souhait.

Mensonge ! C'�tait mon p�re ! Je l'aimais !

Non, ce n'�tait pas ton p�re !

Ton sang n'est pas le sien.

Tu mens, tu n'arr�tes pas de mentir !

Tu as tiss� tant de mensonges comme une sorci�re pour me troubler.

Regarde-toi. Mais regarde-toi.

Tu es tout ce qu'il n'a jamais �t�.

Il �tait grossier, tu n'es que finesse.

Il �tait g�n�ral, toi, tu es roi.

Il n'arrivait pas � se dominer,

toi, tu vas dominer le monde entier.

Tous les dieux te maudissent de parler de cette mani�re.

Un tel orgueil

sans m�me pleurer ton propre mari.

Le pleurer,

lui ?

Que sais-tu de Philippe ?

Non, Alexandre. Zeus est ton p�re.

- Agis en cons�quence. - En commen�ant par te tuer !

Tu m'as assassin� dans mon berceau.

Je suis n� dans la haine.

Haine que tu as des plus forts que toi.

- Haine que tu as des hommes ! - Je t'ai ouvert mon c�ur, Alexandre.

Par Zeus et par Dionysos, tu es devenu tellement beau.

Au diable, ton �me de sorci�re.

Ton �me est � moi, Alexandre.

Tu m'as arrach� � tout ce que j'aimais et tu as fait de moi ta cr�ature !

Cesse. Cesse d'agir comme un enfant.

Tu es roi. Agis en cons�quence.

Parm�nion est avec nous, cette fois.

Ex�cute Attale sans plus tarder.

Confisque leurs terres et chasse cette famille � tout jamais.

Eurydice ? Jamais.

Ris, monstre.

Bourreau des c�urs.

Comment vas-tu pouvoir passer l'ann�e ?

- N'as-tu rien appris de Philippe ? - Non. Tout me vient de toi, M�re.

La meilleure de toutes.

Qu'ai-je fait pour que tu me d�testes tant ?

Un jour, tu comprendras.

Mon c�ur n'a de place que pour toi.

Je sais ce dont tu as besoin.

Le temps est venu.

Les dieux sont en ta faveur.

Fortune, pouvoir, conqu�te.

Tout ce que tu d�sires.

Le monde est � toi !

Prends-le.

Il ne revit plus jamais sa m�re.

Et pendant qu'il combattait les tribus du nord,

Olympias fit assassiner la nouvelle �pouse de Philippe, Eurydice, et son enfant.

Et par n�cessit�, il dut faire ex�cuter son oncle Attale.

INDE - 9 ANS PLUS TARD

Alexandre est vivant !

Hommes de Mac�doine,

nous rentrons.

- Quoi ? - Quoi ?

- Chez nous ? - Nous partons.

Nous rentrons chez nous.

Il aurait d� mourir en Inde,

mais c'est un mythe.

H�racl�s mourut empoisonn� par sa chemise que sa femme jalouse lui donna par erreur.

Gand Zeus,

nous t'avons honor� de sang.

Prot�ge-nous sur le chemin du retour

et accorde-nous ta cl�mence.

Que tous ceux qui verront cet autel apr�s nous

sachent que les Titans �taient l�.

Faisant ses pri�res aux dieux � la fin de ce grand voyage,

Alexandre fit ses adieux � l'Orient et conduisit son arm�e vers l'Occident

� travers le d�sert de G�drosie,

� la recherche du chemin le plus court pour rentrer � Babylone.

L�, il regarda, impuissant, le d�mant�lement de son arm�e.

Non pas sous les coups d'un ennemi humain,

mais sous ceux de la nature.

Jusqu'� aujourd'hui, on ignore combien p�rirent.

Ce fut la plus grande faute de sa vie.

Et quand il regagna Babylone, apr�s six ann�es dans le grand est,

Alexandre frappa l'imagination du monde en prenant deux autres �pouses.

Alexandre avait trois femmes, deux amants,

une m�re querelleuse et une Gr�ce agit�e,

des satrapes d'une loyaut� douteuse dans plusieurs provinces,

des g�n�raux critiquant ses moindres d�cisions.

Et par-dessus tout, une arm�e indocile, avec 10 Asiatiques pour un Grec,

tous r�unis par un fil bien mince.

Ils ont fait un autre relev�. On ne peut avoir que 20 pieds.

On a demand� un second avis aux Ph�niciens. Ils ont plus.

Alexandre. �a co�tera plus de 12 000 talents pour le seul bois des bateaux.

Et le co�t des armures est effrayant.

- Nous y arriverons bien. - Comment ?

Nos armures, l'argent...

Avec notre futur, Cassandre, notre meilleur capital.

Je doute que les Ph�niciens puissent fournir tout ce bois � temps.

On pourrait avoir moins de vaisseaux ou attendre jusqu'au...

Nous n'attendrons pas, N�arque.

- Ptol�m�e, et la biblioth�que ? - On coupe les arbres en ce moment.

Ne pas oublier les biblioth�ques.

Dans toutes les Alexandrie, je veux des biblioth�ques.

- La nuit derni�re, il... - C'est l'eau, Votre Majest�.

Il l'a m�lang�e au vin.

Mais comment est-ce possible ?

- Le typhus d'Inde ? - Ne vous accablez pas, Votre Majest�.

Quelques bonnes nuits de repos suffiront. Mais pas de vin ni de...

Avec le r�gime de soins que j'ai mis en...

Venez, docteur.

Je me sens mieux.

Je serai bient�t debout.

Nous partons pour l'Arabie au printemps, mais pas sans toi.

L'Arabie.

Tu me d�guisais en cheik,

en agitant ton cimeterre en bois.

Tu �tais le seul � ne m'avoir jamais laiss� gagner.

Le seul � avoir �t� honn�te avec moi.

Tu m'as sauv� de moi-m�me.

Ne me quitte pas, H�pha�stion.

Je me souviens du jeune homme qui voulait �tre Achille

puis qui le surpassa.

Ensuite, que s'est-il pass� ?

Seule la jeunesse croit notre mythe.

- Mais quel beau mythe ce fut. - Pas de r�ussite sans d�clin.

Oh, H�pha�stion.

- Que feras-tu sans moi ? - Je ne suis rien sans toi.

Bas-toi, H�pha�stion.

Nous mourrons ensemble.

Nos femmes nous feront des enfants qui joueront ensemble, comme nous autrefois.

Nous enverrons des milliers de navires d'ici, H�pha�stion.

Nous contournerons l'Arabie et remonterons le golfe vers l'Egypte.

Puis nous construirons un tunnel � travers le d�sert jusqu'� la M�diterran�e.

Puis Carthage, et un grand hommage nous sera rendu sur la grande �le de Sicile.

Apr�s cela, nous affronterons la tribu romaine. Nous les vaincrons.

Puis nous explorerons les for�ts du Nord

hors des Piliers d'H�racl�s jusqu'� l'oc�an occidental.

Puis un jour, les gens se m�langeront et voyageront librement.

L'Asie et l'Europe s'uniront.

Et nous vieillirons, H�pha�stion,

observant ce nouveau monde du haut de notre balcon.

H�pha�stion ?

- O� est ce docteur ? - Je ne peux l'expliquer, Votre Majest�.

- C'est impossible ! Je jure par Apollon ! - Ex�cutez-le !

Sortez-le et ex�cutez-le !

- Venez, venez. - Menteurs, vous le d�testiez tous !

Sortez ! Sortez d'ici !

Partez.

Partez, harpies ! Sortez ! Sortez !

Es-tu ivre � nouveau ?

- Sors. - Il est mort.

- Qui ? - Beaucoup le d�testaient,

mais personne d'autre n'aurait os�.

H�pha�stion est mort ?

Es-tu f�ch� ?

Monstre.

- Es-tu f�ch� ? - Tu m'as pris tous ceux que j'aimais.

Que les Furies damnent ton c�ur mis�rable. Ob�is-moi !

Alexandre. Je porte ton enfant, Alexandre.

- Alexandre, nous avons un fils. - Non !

- L'enfant. - Oh, Votre Majest�, non !

Alexandre, je porte ton enfant. Alexandre, mon mari, mon roi.

Nous avons un fils.

Mon pauvre, pauvre fils infortun�.

Ne me touche plus jamais.

Un dernier toast !

Avant l'aube.

� mes vieux amis.

- Et aux mythes. - Aux mythes.

Oui, allez. Finis-la.

� l'aube qui vient.

Mon petit Achille.

- Sois b�ni, Alexandre. - Seigneur, nous t'aimons.

Sois b�ni, Alexandre.

Seigneur, ces herbes viennent de Delphes.

Elles ont sauv� mon fr�re.

- Repose-toi. - Merci.

Nous t'aimons, Alexandre.

Alexandre.

Nous t'aimons, Alexandre,

ainsi que ta descendance.

Avancez, messieurs, s'il vous pla�t.

Oui, viens.

Viens � Babylone. Je t'attends. Ton seul fils qui t'aime.

Pour les hommes.

Bagoas.

Peux-tu me redresser un peu ? J'ai mal.

Je n'ai jamais �t� aussi malade.

La flotte ne sera jamais pr�te. Il faut que j'y aille.

Tu m'as tout donn�.

- Bagoas. - Et toi, tu m'as donn�

les moments les plus heureux de ma vie, Alexandre.

Heureux ? Ai-je �t� heureux ?

Quand l'esprit et le c�ur sont tendus � craquer,

on ne pense plus � la suite.

Et puis, on regarde en arri�re,

et il �tait l�, le bonheur.

Dans l'action, jamais dans la pens�e.

C'est �gal, tu m'as rendu tellement heureux.

C'est fini, Bagoas.

C'est fini.

Attendez. Nous avons son fils.

Alexandre. Attendez.

Attendez.

Vautours ! Attendez !

Nous avons son fils.

Plus que trois mois.

Reste en vie !

Alexandre, l'arm�e va se diviser.

Les satrapes se r�volteront. Sans ordres, il y aura la guerre.

Nous t'en prions. Dis-nous qui.

Qui r�gnera sur ce grand empire ?

- Qui veux-tu, Alexandre ? - Nous t'en supplions, dis-le-nous.

Le mythe devient r�alit�.

Tu es terrible.

Ce qui compte, c'est l'�uvre qui reste.

Zeus est ton p�re.

Qui sera-ce ?

Dis-le-nous. Qui ?

- Qu'a-t-il dit ? - "Au meilleur."

- Il a dit : "Au meilleur." - Quoi ?

- Non, il a dit : "A Crat�re." - � Crat�re ?

Pourquoi aurait-il dit Crat�re ?

BABYLONE, PERSE - JUIN 323 AV. J-C

Le 10 juin, un mois avant sa 33e ann�e,

le grand c�ur d'Alexandre finit par l�cher.

Et comme il se l'�tait jur�, il rejoignit H�pha�stion.

Mais durant sa courte vie, il �gala sans aucun doute

la gloire mythique de son anc�tre Achille, et plus.

La transgression d'Olympias dans le meurtre de son p�re

est, dans mon esprit, une probabilit�.

Dans le sien, un fardeau.

Alexandre �tait trop amoureux de la gloire pour vouloir la d�rober.

Mais par le sang, et le sang seul, il �tait coupable.

- Fermez les portes. - Le corps reste � Babylone.

- Le corps appartient � la Mac�doine. - En quelques heures,

nous nous battions comme des chacals pour son cadavre.

Les guerres du monde avaient commenc�. Elles dur�rent 40 ans.

Cassandre en Gr�ce. Crat�re et Antigone en Asie occidentale.

Solucas et Perdiccas en Orient. Moi-m�me en Egypte.

Jusqu'� la division de son empire en quatre.

Nous ne sommes pas des sauvages !

- Nous sommes le futur... - Dehors !

Je crois qu'Alexandre aurait �t� d��u de nous voir.

Bien s�r, la rumeur dit qu'il avait �t� empoisonn� par telle ou telle faction,

mais la v�rit� dans ces questions n'est plus d'actualit�.

Cassandre y veilla avec ses faux r�cits,

en peignant Alexandre comme un affreux ivrogne.

Beaucoup pensent qu'il voulait ainsi �carter les doutes de lui-m�me.

ALEXANDRIE, �GYPTE - 285 AV. J-C 40 ANS PLUS TARD

Il prouva son aptitude � la politique et au meurtre,

quand sept ans plus tard, il fit ex�cuter Olympias.

Elle fut courageuse jusque dans la mort.

Cinq ans... Non, c'�tait six ans apr�s cela,

Cassandre accomplit la destruction totale de la lign�e d'Alexandre,

quand il empoisonna Roxane

et le fils d'Alexandre de 13 ans,

v�ritable h�ritier de l'empire.

Mais Roxane, tout comme Olympias,

suivit des r�gles strictes, soutenue par plusieurs g�n�raux.

Peu apr�s la mort d'Alexandre, elle fit empoisonner Stateira.

Cela fit croire � certains

qu'elle �tait derri�re la mort d'H�pha�stion.

Mais cela ne me para�t pas prouv�.

Bagoas disparut compl�tement de la sc�ne,

signe de sagesse, peut-�tre.

Mais je dirai que son amour et son d�vouement pour Alexandre

furent ind�niables et extraordinaires.

Et me voici d�sormais gardien de son corps,

embaum� ici de fa�on �gyptienne.

Je lui ai succ�d� en tant que pharaon, et ce depuis maintenant 40 ans.

J'ai deux fils, tous deux jaloux du pouvoir de l'autre.

Mais ils grandiront pour faire de bons p�res et maris.

Et je crois qu'ils seront justes dans leurs affaires.

Mais ils n'ont jamais vu

la grande charge de cavalerie de Gaugam�les,

ou les montagnes de l'Hindu Kush

que nous avons travers�es en emmenant 100 000 hommes en Inde.

C'�tait un dieu, Cadmos,

un �tre comme je n'en ai jamais rencontr�.

"Un tyran", crient-ils si facilement. Je ris.

Un tyran n'est pas aussi g�n�reux.

Que connaissent-ils du monde, ces �coliers ?

Il faut �tre fort, pour r�gner.

Alexandre �tait plus que �a. Un Prom�th�e, un ami de l'homme, il a chang� le monde.

Avant lui, des tribus,

apr�s lui, tout est devenu possible.

On a soudain compris qu'un roi pouvait r�gner sur le monde

en apportant le bien � tous.

Il a construit 18 grandes Alexandrie.

C'�tait un empire, non pas de terres et d'or, mais de l'esprit.

Une civilisation hell�niste

ouverte � tous.

Mais la v�rit� n'est jamais simple,

et pourtant elle existe.

La v�rit� est que nous l'avons tu�.

Par le silence, nous y consent�mes.

Parce que...

Parce que nous ne pouvions pas continuer.

� quoi d'autre pouvions-nous nous attendre sinon � �tre abandonn�s comme Cleitos ?

Et apr�s tout ce temps, abandonner nos richesses � ceux que nous m�prisions ?

Le m�lange des races, une harmonie ?

Il parlait de toutes ces choses,

mais ne s'agissait-ce pas plut�t d'une autre population pr�te � lui ob�ir ?

Je ne crus jamais � son r�ve.

Ni aucun d'entre nous.

C'est la v�rit� de sa vie.

Les r�veurs nous �puisent.

Ils doivent mourir avant que leurs r�ves ne nous tuent.

Oh, jette-moi tout �a, Cadmos.

Ce n'est que le d�lire d'un vieillard.

�cris plut�t : "Il mourut de fi�vre et d'affaiblissement."

Oui, grand Pharaon.

Il aurait pu rester chez lui, en Mac�doine, y �lever une famille.

Il serait mort en homme c�l�br�.

Mais Alexandre n'�tait pas ainsi.

Toute sa vie, c'est de la peur, qu'il voulait se lib�rer.

Et c'est ainsi et seulement ainsi qu'il devint libre.

L'homme le plus libre que j'aie jamais connu.

Sa trag�die fut ce foss� de solitude

et d'impatience entre lui et ceux qui ne pouvaient pas comprendre.

Et si son d�sir

de r�concilier Grecs et barbares finit par �chouer...

Et quel �chec !

Son �chec fut plus grand que les succ�s de tous les autres.

J'ai v�cu...

J'ai v�cu longtemps, Cadmos,

mais la gloire et la m�moire de l'homme

appartiendront toujours � ceux qui suivent leurs grands r�ves.

Et le plus grand de tous est celui qu'on appelle maintenant...

... Megas Alexandros.

Le plus grand Alexandre de tous.

LA GRANDE BIBLIOTH�QUE D'ALEXANDRIE

FUT D�TRUITE PAR DIVERS INCENDIES. LES M�MOIRES DE PTOL�M�E

AINSI QUE DE NOMBREUX SOUVENIRS DE L'ANCIEN MONDE

DISPARURENT AINSI.

� LA M�MOIRE DE JACQUELINE ET MARGRIT

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