All language subtitles for Les Temoins (2007)

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Original subtitles

...

Musique d'opéra trÚs rythmée.

Bruit d'une machine à écrire.

...

-Tu as assisté à l'accouchement ? -Oui, Sarah me l'a demandé.

-C'est moi le pĂšre. C'est moi qui aurait dĂ» ĂȘtre Ă  ses cĂŽtĂ©s. Non ?

-Je suis mĂ©decin, quand mĂȘme !

Désolé, je ne pensais pas..

..que tu le prendrais mal. -Je suis juste un peu déçu.

C'est pas grave. -Mehdi, c'est lĂ .

-Ca a été ? -Oui, ça a été, oui.

Un bébé pleure.

...

-Ils disent qu'on peut le prendre ? -Oui, tu peux le prendre.

...

-Trois. -Oui.

-Dame. Tu gagnes. 4 francs.

Tu remets 2 francs pour le pot.

A moi. 9. Merde !

-Salut ! -Que fais-tu lĂ  ?

-Tu ne m'embrasses pas ?

-Viens.

-Tu es pĂąlichonne. -Je suis pas en vacances.

Je t'avais dit de pas venir. -Et alors ?

-Si tu cherches du travail, à Paris, c'est pas évident.

-Comme partout !

-On finit la partie ? -Oui, j'arrive.

-Il y a 6 francs, lĂ .

Tu gagnes. 4 francs.

Je vais vous changer de chambre.

180 francs, petit déjeuner compris. -J'avais pas prévu ça.

Je dois réfléchir. -A toi.

Un ou as ? -As.

-Bon, je vous laisse. -Non mais...

Bon, on va remettre la partie Ă  plus tard.

Attends ! Julie !

-Manu, attends un peu. Je dois trouver un endroit plus grand.

Mais lĂ , c'est pas possible. -Pourquoi c'est pas possible ?

Je viens de finir la saison Ă  Val-d'IsĂšre.

J'ai un peu d'argent. Et on se débrouille mieux à 2.

Ca ne me dérange pas de vivre là. -Moi, si.

-Pourquoi ? La galĂšre,

..c'est pas un déshonneur. -J'ai cherché un studio.

On me paye les cours au black. Sans feuille de paye, ils ne louent pas.

-On sera trĂšs bien ici. On s'organisera. Et puis, voilĂ .

Tu as un amoureux ? -Ca va pas, non ?

J'ai autre chose Ă  faire. Non !

-Comment tu me trouves depuis No l ?

-Pareil. -C'est-Ă -dire ?

-Toujours narcissique.

-Salut, je m'appelle Adrien.

Tu viens souvent ? -Non, je suis pas d'ici.

-T'es d'oĂč ? -AriĂšge. PrĂšs de St-Girons.

-Un montagnard ! -Oui, les Pyrénées.

Mais j'ai surtout vécu à Lyon.

-Tu es majeur, au moins ? -Oui, vacciné. T'es flic ou quoi ?

-J'ai une tĂȘte de flic ? -Un peu.

Pourquoi toutes ces questions ? -Parce que je m'intéresse à toi.

-T'as quel Ăąge ?

-Je suis comme Dalida,

..j'ai 2 fois 18 ans. -PlutĂŽt 3, non ?!

-Ca me révolte d'entendre ça ! La vraie ségrégation, elle est là.

Chez les pédés, pas de barriÚre de classe, de race, de religion.

Le seul interdit, c'est l'Ăąge.

On a encore beaucoup de progrĂšs Ă  faire. Salut, le montagnard !

-Je reviens. -Attends.

-Adrien !

-Tu te souviens de mon nom ? -Tu peux me tenir ça ?

J'ai peur qu'on me le pique.

-Moi aussi, je pourrais le voler. -Toi ? Ca m'étonnerait.

Ca ne te dérange pas ?

-Ben, euh... -Merci !

Quelqu'un sifflote.

...

-Depuis ce soir-lĂ , Manu et Adrien se voyaient souvent.

Adrien avait pris des vacances. Manu vivait sur ses économies.

Adrien lui faisait découvrir Paris.

L'éclat de l'été était au rendez-vous.

Visite commentée en différentes langues.

...

La présence de Manu suffisait au bonheur d'Adrien.

Ensemble, ils marchaient d'un pas léger.

Adrien ne demandait rien de plus. Manu lui en était reconnaissant.

...

-Oh... -Oh !

-Tu pourrais ranger tes feuilles !

Il y en a partout. -Ce que t'es maniaque !

C'est pas possible !

-VoilĂ .

Tu as réussi à bosser ? -Oui.

Mais ça n'a pas donné grand-chose. -Inutile de faire garder le petit..

..si t'arrives pas Ă  bosser. -Ben, au moins,

..je l'ai pas entendu brailler.

-Tu t'entends, Sarah ? Comment tu parles de lui ?

-Il me rend folle, je ne vais pas te mentir ! Tu le vois !

-Oui mais ce qui est bizarre, c'est que tu dramatises comme ça.

Je ne te reconnais plus.

-Ben, moi non plus, je ne me reconnais pas.

9 mois Ă  ĂȘtre grosse comme une baleine, 2 mois de nuits blanches !

Je ne suis pas faite pour ĂȘtre mĂšre.

Je ne pouvais pas le savoir avant que ça m'arrive !

-Je vais l'emmener chez mes parents quelques jours. Ils seront ravis.

Et puis, au moins, ils ont l'habitude.

-Tu parles sérieusement ? -Oui. J'aime pas..

..te savoir seule avec lui. -Tu exagĂšres un peu !

-C'est toi qui exagÚres avec tes états d'ùme.

-C'est juste une question d'espace. J'ai mĂȘme pas une piĂšce Ă  moi.

Et si je veux fumer, je suis obligée d'aller dehors.

Tu ne voudrais pas..

..qu'on aille à la Salamandre ? -Cet été, je n'ai pas de congés.

-Tu pourrais t'arranger !

-Les week-ends, éventuellement. Mais pas plus. Mes collÚgues..

..ont déjà posé leurs congés. -Belle perspective !

-Tu dis vouloir une vie modeste et quand ça t'arrange tu te souviens..

..que t'es riche..

..et que ta mĂšre a une villa sur l'eau.

J'en ai marre de tes caprices.

Je ne peux pas t'offrir une autre vie. Voilà. Je suis désolé.

Le bébé gazouille.

...

-Viens.

...

Coup de klaxon.

Pas trop crevés par le voyage ? -Non. On a juste soif. Voici Manu.

-Adrien m'a beaucoup parlé de vous. -Il a dit quoi ?

-"Ce petit est un charme d'Eros, un don d'Athéna."

-C'est quoi, ces conneries ?

-Tu sais pas garder les secrets ? -Ils sont faits pour ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©s.

Vous avez peu de bagages ! -On passe juste voir la villa.

-Voilà. C'est ça.

-Ta mĂšre est lĂ  ?

-Non, tu la connais, elle voulait nous laisser. Par lĂ .

Musique entraĂźnante.

...

-La musique donne envie de danser. -Ne vous gĂȘnez pas !

...

-On fait un tour en bateau ? -Ma mÚre l'a loué aux voisins.

Elle savait qu'on viendrait peu. Mehdi aussi était trÚs déçu.

-J'ai promis Ă  Manu ! Il faut faire quelque chose !

-Il n'y a rien Ă  faire.

-Tu peux leur emprunter, quand mĂȘme !

Tu leur rendras ce soir. -Ne me demande pas ça !

-Si, je te le demande ! Je te le demande comme une preuve d'amitié.

C'est important pour moi.

-Bon... Je vais essayer mais je ne suis pas sûre de les convaincre.

-Je te fais confiance.

-Tu le trouves changé, le petit ? -Il n'a toujours pas de prénom ?

-Non, on n'est pas sûrs.

-Je vais faire un tour.

-Je suis fou de ce garçon. -Tu dis ça à chaque fois !

-LĂ , c'est pas pareil.

-Ca va mieux, lĂ . Hein ?

C'est qu'on a un petit creux.

-C'est difficile à conduire ? -Une fois sorti du port, ça va.

Vous voulez essayer ? -Ouais !

-Alors, l'aiguille de la boussole doit rester dans la mĂȘme position.

Plein sud, pour garder le cap.

-C'était bien, ton week-end ? -Oui, super.

J'ai rencontré des gens plutÎt friqués mais trÚs gentils.

Une femme qui écrit des contes pour enfants. Tiens, de la lecture.

J'aimerais que tu les connaisses. Ca te dirait ?

-Ecoute, tu es doué pour te faire des amis mais garde-les pour toi.

-Pourquoi tu dis ça ? -J'ai peur qu'on soit trop proches.

On habite déjà ensemble...

-Je peux me doucher ? -T'as vu l'heure ?

A minuit, non. Il faut se doucher la journée.

Le patron est strict.

-Je vais demander. Il m'aime bien. -Non, Manu !

Respecte le rĂšglement comme tout le monde.

-Non mais je pue ! Pff !

Si ça te gĂȘne de me voir Ă  poil,

..tu me le dis ! -Tu n'as aucune pudeur !

On n'a pas le choix.

-On peut installer un paravent.

-Non ! Je ne te regarde pas. Ce qui me gĂȘne,

..c'est que tu me regardes, le matin.

-Normal. Une fille Ă  poil, j'ai pas l'habitude !

-T'as jamais..

..couché avec une femme ? -Non. Pourquoi ?

-Pourquoi ? Ca aurait pu t'arriver. A l'occasion.

Ou à défaut d'autre chose. -Tu crois que c'est nécessaire ?

-Tu me fatigues. J'ai pas envie de parler de sexe avec toi.

-C'est toi qui as commencé. -J'ai eu tort.

-On pourrait aller en boĂźte.

-Non, merci. J'ai pas envie de sortir.

-Tu ne veux jamais t'amuser. Pourquoi ?

Tu ne profites pas de la vie.

-Ben, toi, au moins, tu en profites pour deux.

Brouhaha.

...

-Salut, ma poule. -Ca va, Sandra ?

-Ca se réchauffe.

Espérons que les coeurs aussi. -Oui, je crÚve de soif !

-AchÚte un frigo ! Je l'ai dit à ta soeur. J'en ai un mini génial.

Il fait des glaçons !

Salut, ma poule ! -Salut, Sandra.

-Tu as vu ma nouvelle perruque ? -Je crois que je préfÚre la verte.

-Il faut changer dans la vie.

Les filles sont d'accord pour les vocalises.

Mais pas le matin. -Merci.

Une note.

Vocalises.

...

...

-Non, non, vas-y Ă  pleines mains.

-VoilĂ .

Je suis nul !

-Tu n'as jamais fait de tartes. -Je n'ai jamais fait aucun gĂąteau.

-Tu appuies, ça rentre tout seul. -D'accord.

-Occupe-toi plutĂŽt du chocolat, il suffit de remuer.

Un jour, j'aurai un restaurant.

C'est bien de savoir ce qu'on veut.

-Tu as quoi comme formation ? -2 ans d'école hÎteliÚre.

-Tu devrais t'installer Ă  Paris. -LĂ , j'ai pas les moyens.

-Je peux t'engager comme cuisinier.

Tu aurais ta chambre et... -ArrĂȘte !

J'ai pas envie de vivre avec toi. -C'est pas une demande en mariage !

-Heureusement.

Ne te trompe pas sur moi. -Comment ça ?

-Je t'aime bien.

Mais j'ai envie de me sentir libre. -Mais tu fais ce que tu veux !

-C'est pas ça !

J'ai pas envie de te décevoir.

-Ah, mais tu ne me déçois pas.

Plus je te connais, plus je t'admire.

-Tu en fais trop, lĂ . -Non, je t'assure que c'est vrai.

Brouhaha.

-ContrĂŽle de police,

..présentez vos papiers. -Eh, oh !

Des cris.

...

-Allez, on se rejoint Ă  la brigade. Et on traĂźne pas !

La voiture démarre.

-La circoncision, c'est un truc d'identité.

-Je te croyais athée.

Je ne peux pas te conseiller. Parles-en avec Mehdi.

-Je n'arrive pas à parler de ça. -Les musulmans aussi..

..se font circoncire. -C'est pas la mĂȘme chose.

Pas le mĂȘme Ăąge ni la mĂȘme cĂ©rĂ©monie.

Je voudrais bien que tu sois son parrain.

-Un parrain pédé, ça fait désordre. -Tout le monde s'en fout..

..que tu sois pédé.

-Je te remercie d'avoir pensé à moi mais la religion, la famille,

..la tribu hétéro, je préfÚre éviter.

-Tu exagÚres. C'est méprisant pour ceux qui t'aiment.

Je sais pas, moi...

Monsieur n'a besoin de personne ? -C'est faux ! J'ai besoin de Manu.

Comment tu le trouves ? -Lequel ?

-LĂ . -Le rose ?

Je le trouve gros !

Ca risque de l'étouffer. -C'est toi qui vas l'étouffer..

..si tu raisonnes comme ça.

Il prend des photos. -Un inconnu cause avec la Sandra.

-On connaĂźt pas tous ses clients.

-Il est sorti du Beau Séjour.

Elle lui a fait signe.

-Salut, Sandra. -Salut, Mehdi.

-Bah, qu'est-ce que tu fais lĂ  ? -Je me rafraĂźchis !

-Ah, d'accord ! Tu te rafraĂźchis dans les endroits chauds, toi.

-J'habite Ă  l'hĂŽtel, juste en face. -Tu ne vis pas avec Adrien ?

-Non, ça, je ne veux pas. -Pourquoi tu ne veux pas ?

-Je suis désolé, ça ne vous regarde pas.

-Alors, comme ça, tu préfÚres le Beau Séjour ?

Tu as de drĂŽles de goĂ»ts, toi. -De quoi je me mĂȘle ?

-Je fais mon boulot. -C'est quoi, votre boulot ?

-Inspecteur principal Ă  la brigade des moeurs.

-Les trucs de flics, j'y connais rien et ça m'intéresse pas.

Bonne soirée.

Pardon.

-Bon, à quoi tu joues ? A la PJ, on ferme les yeux mais le Beau Séjour,

..c'est un bordel. T'as remarqué ? -Je sais pas.

C'est pas mes oignons. -Ca t'arrange peut-ĂȘtre.

-Je vis avec les putes..

..mais j'en suis pas une. -J'ai jamais dit ça.

-Mais vous le pensez.

-Je pense juste..

..que t'es le minet d'Adrien et qu'ici c'est un lieu de tapin.

-Je ne suis pas son minet. C'est mon seul ami Ă  Paris.

Ca ne veut pas forcément dire qu'on couche ensemble..

..ni qu'on a un rapport de fric. -Ce que vous faites, je m'en fous.

On se connaĂźt pas. Tu dis habiter Ă  l'hĂŽtel. T'es un pote Ă  Sandra.

Je te mets juste en garde. -Ca va pas !

J'ai rien à me reprocher ! -OK. T'énerve pas.

Un collĂšgue va faire sa ronde. Vaut mieux pas qu'il te trouve lĂ .

Va te rafraßchir ailleurs. Ca t'évitera un contrÎle.

C'est un conseil d'ami.

-C'est délicieux !

-Normal, c'est Manu, notre maĂźtre queux.

-T'es lourd, Adrien. -Si j'ai envie de faire la folle,

..je vais pas me gĂȘner ! -Fais la folle !

-Ca existe, des flics homos ? -Pas Ă  ma connaissance.

-Il y en a forcément. -Lùchez-moi !

Vous connaissez pas les flics.

Tu leur reproches quoi ? -Tu me passes les cerises ?

-L'intolérance. -Une ogresse !

-C'est bon, je me prive pas.

-Non, ils sont tolérants !

Ils acceptent mĂȘme que je me laisse pousser les pattes !

ChĂ©rie, je vais piquer une tĂȘte.

Tu fais gaffe au petit. -Oui.

-Alors, toi ?

Tu restes bien sage.

Je reviens tout de suite.

Le petit gazouille.

...

-Il s'en tire toujours..

..par une pirouette ! -Il est fier de son boulot.

Il faut pas le chatouiller ! Quand je l'ai connu,

..il m'a dit qu'il était étudiant mais je ne savais pas en quoi.

Il a attendu que je sois mordue avant de passer aux aveux.

-J'ai lu vos bouquins. J'adore l'histoire..

..du grand-pĂšre qui mange les oreilles des fillettes.

-Ah !

LĂ , je suis plutĂŽt en panne.

J'ai commencé un roman pour adultes mais je patauge...

Pour l'instant, ça s'appelle "Eros". Vous aimez ?

-"Eros" ?

Je ne sais pas. Moi, je n'y connais rien.

Je peux me baigner ?

-Bah, oui ! Bien sûr.

Gazouillis.

...

Ca te dérange pas si je dors là ? -Mais non, bien sûr !

-Ca ne va pas ? -Je ne suis pas un bon nageur.

Surtout quand on n'a pas pied.

Ca caille ! Et je suis épuisé.

Je peux rester prĂšs de vous ? -Oui, pas de problĂšme.

C'est moins crevant sous l'eau.

-Je ne suis pas sûr d'y arriver. -Allez, courage.

Un, deux, trois. Hop !

...

Manu !

...

Ca va ?

Ca va ?

-On fait une partie ?

-Non, merci, pas ce soir. Je suis crevé, je vais dormir.

Il crie.

-Manu ?

-C'est rien.

J'ai fait un cauchemar.

-Tu m'as fait peur.

-J'ai rĂȘvĂ© que je me noyais.

Allez, rendors-toi.

-Tu veux un verre ?

-Oui, une menthe Ă  l'eau. -Une menthe Ă  l'eau.

Dis, ma poule, je t'ai vu causer avec Mehdi.

Tu le connais ? -Je connais un ami de sa femme.

Des fois, on part en week-end, on fait du bateau.

-Le bateau, c'est trĂšs chic.

Ta soeur le fréquente aussi ? -Non, elle n'a rien à voir avec ça.

Pourquoi tu me parles de lui ? -Mehdi, c'est une vedette.

Il nous met le marché en main. -Ca veut dire quoi ?

-Bah, c'est simple. Si on balance les types qui nous protĂšgent,

..il nous fait passer pour des victimes et nous fout la paix.

Si on balance pas,

..il nous fait tomber pour racolage et complicité de proxénétisme.

Il est dangereux. Il fait du zĂšle.

Depuis qu'on l'a nommé à la PJ, c'est la révolution.

Nettoyer le quartier, tu parles ! Résultat, finis les clients.

J'aime mon métier.

Je vais pas me laisser écrabouiller !

-Les autres filles, elles font quoi ?

-Elles restent chez elles, elles ont peur.

Oh, j'adore cette chanson !

-Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonne,

..du polystyrÚne expansé à ses pieds.

Oh, Marcia danse avec des jambes aiguisées comme des couperets,

..deux flÚches qui donnent des idées, des sensations.

Marcia, elle est maigre.

Belle en scĂšne, belle comme Ă  la ville.

La voir danser me transforme en excité.

Oh, Moretto !

Comme ta bouche..

..est immense..

..quand tu souris.

-On te demande. Un certain Manu. -Manu ?

-Je te le fais monter ?

-Non. Non, non. J'y vais.

-C'est le dossier Clignancourt ? -Oui.

-Il va nous sortir de l'ombre.

On n'a rien. Faudrait se faire ce gazier autrement.

Tu l'as promis au tĂŽlier.

Il m'a encore gonflé avec ça.

-Excusez-moi. J'attendais votre pause.

La planton m'a demandé..

..ce que je voulais.

-Je te le demande aussi.

-On prend un café ?

-Non, j'ai des trucs Ă  finir.

Je ne fréquente pas les cafés. Adrien t'a dit que je bossais ici ?

-J'ai trouvé tout seul. Il ne sait pas.

Tenez. C'est pour vous.

-C'est quoi ? -Des lunettes de soleil.

-Je peux pas accepter.

Pourquoi tu me fais un cadeau ? -Pour vous remercier.

Vous m'avez sauvé la vie. -Sauvé la vie ! Tu exagÚres !

-Si, si. J'y pense tout le temps. -Tu t'es bien remis. T'es en forme.

-J'ai cru que j'allais y passer. Vous, dans votre métier,

..la mort, vous avez l'habitude. -La mort, on ne s'y habitue pas.

-C'était pas dur..

..de me ramener sur la plage ? -J'étais pas sûr d'y arriver.

Combien tu pĂšses ? -70.

Comment vous avez fait ?

Vous m'avez pris dans vos bras ? -J'étais bien obligé.

-Encore merci. MĂȘme si vous voulez pas le cadeau, je vous dois la vie.

C'est pas rien. -Déconne pas, tu ne me dois rien.

-C'est quoi, ça ?

Un truc de police ? -Un écusson d'aéroclub.

Le pĂšre de Sarah le dirige. J'en profite parfois pour faire un tour.

J'aime bien. -J'ai jamais pris l'avion.

-Ah, oui ? -Oui.

-Ca te dirait ? -Oui.

Au moins, lĂ , je ne risquerai pas de me noyer !

-La semaine suivante,

..Mehdi s'était levé de bonne heure avant d'aller travailler.

Il avait donné rendez-vous à Manu.

Et maintenant, ils volaient tous les 2 dans l'éclat du matin.

...

-Oh, qu'est-ce qui te prend ? -Excusez-moi.

-Hein ? -Excusez-moi.

Je ne suis pas un poisson ni un oiseau.

J'aime marcher sur la terre. C'est mon élément.

-Ce baptĂȘme de l'air t'a pas plu ? -Si ! Je vous remercie.

-Ah. Pourquoi tu me remercies tout le temps ?

-Vous avez raison, c'est idiot. -Et puis, arrĂȘte de me dire "vous".

Je te fais peur ? -Non mais...

-Mais ?

-Bah, quand je t'ai touché... -Ah. En voiture, c'est pas prudent.

On est mieux ici. Non ?

Un hélicoptÚre.

...

...

Viens.

*-Ce retour sur l'Histoire nous rappelle..

*..le prix de la liberté.

*Le dispositif militaire est en place.

*Le temps n'est pas clément en ce 14 juillet.

*Le Pdt est passé devant le 13e régiment du génie.

*Le président est resté debout dans la tribune officielle.

*Toutes les personnalités sont d'ailleurs restées debout.

Bruit d'une douche.

...

-Tu viens pas ? C'est bon !

Ca fait du bien ! -Non, ça va.

La chaleur, j'ai pas de problĂšme.

-Qu'est-ce que t'as..

..à me regarder comme ça ?

-T'as beaucoup d'amants ?

-Qu'est-ce qu'il y a ? On n'en parle jamais.

-Oui, je sais. Aujourd'hui, j'ai envie de savoir.

Je ne veux pas te forcer.

Si tu préfÚres ne pas répondre...

-C'est le monde Ă  l'envers. Tu ne veux jamais parler de sexe.

On le fait..

..mais on ne le dit pas. C'est ton credo, non ?

-On pourrait faire le point. -Tu parles ! Je vois parfois..

..mon éditeur. Pas original !

-Tu vois encore ce crétin ? -Oui. Ca me fait du bien.

-Physiquement, il est pas terrible. -Physiquement, tu peux pas juger.

-Trouve une autre place pour ce putain d'ours !

-On a tout essayé.

*-Il a participé à la libération de l'Alsace,

*..a passé le Rhin...

-On pourrait dĂ©cider d'ĂȘtre fidĂšles, tous les deux.

Comme un couple normal. Non ? -Ah, non ! Je t'aime trop pour ça.

J'ai besoin d'aller voir ailleurs. Ca me rend heureuse.

Sinon, je me sentirais prisonniĂšre. Surtout avec..

..un Don Juan comme toi.

-Tu t'en fous que j'aille voir ailleurs ?

-Je me doute que t'as plein d'aventures.

Mais je crois que ça m'excite.

-Ah, bon ? Carrément ?

-Oui. -Ca t'excite ?

-Je n'arrive pas Ă  ĂȘtre jalouse. Je ne sais pas..

..si c'est parce que je suis fille unique ou enfant gùtée.

J'ai confiance en moi. Je ne me sens pas menacée.

Et je suis sûre que tu ne trouveras jamais mieux que moi.

Mehdi et Manu se voyaient parfois. L'avion était un prétexte.

Le seul moyen de se rejoindre.

Ils s'étreignaient dans les bois, impatients, maladroits.

Ils ne comprenaient pas ce qui leur arrivait..

..et n'en parlaient pas.

Ce bonheur était salutaire. Ils étaient devenus clandestins.

-Ca fait longtemps que je dors ? -Non.

-Pourquoi tu m'as pas réveillé ? -Tu sais, je crois..

..qu'on devrait oublier tout ça.

-Toi, tu fais ce que tu veux.

En tout cas, moi, c'est sûr que j'oublierai pas.

-T'es sûre que tu veux rien ? -Non, je suis venue pour te voir.

Pourquoi tu ne me donnes pas de nouvelles ?

-Je ne suis pas trĂšs en forme. Je ne veux pas faire chier le monde.

Je déteste les gens qui se plaignent.

Les peines de coeur, ça m'exaspÚre. -Manu, je suppose ?

-Je me suis monté le bourrichon. Pas de quoi en faire un fromage.

-Comme d'habitude. -Non, pas comme d'habitude !

Je suis capable de tirer les leçons de ce que je vis.

J'ai mĂȘme pas cherchĂ© Ă  coucher avec lui. Le rĂ©sultat est le mĂȘme.

Il est parti.

Comme la chĂšvre de M. Seguin. -J'ai pas relu. C'est bien ?

-La question n'est pas lĂ . -Ca pourrait adoucir ta peine.

-Je suis pas malheureux. -Bonjour.

-Bonjour. -Bonjour.

-Il est parti oĂč ?

-St-Chéron. 42 km de Paris. -Qu'est-ce qu'il fabrique..

..à Saint-Chéron ? -Il y a un centre de loisirs.

Un camping 4 étoiles.

Il gagne 5 000 francs.

-Bonjour. -Bon appétit.

-MERCI.

-42 km, c'est rien !

-Il bosse comme un malade. Le soir, il est crevé et on ne se voit plus.

-Tu le retrouveras cet hiver. C'est un bon test.

-Qu'est-ce que tu dis ? -Tu sauras si tu l'aimes vraiment.

-Je le sais déjà.

-Ca ne te coupe pas l'appétit !

Le soir, tu sors un peu ?

-J'essaie de faire comme lui.

Le jour, je m'abrutis de travail. Le soir, je m'écroule.

A dĂ©faut d'ĂȘtre ensemble, on a la mĂȘme vie.

-Grùce à Mehdi, Manu avait trouvé un emploi et un hébergement.

Il avait accepté avec joie.

Ce contrat de saisonnier permettait..

..un contrÎle de recrutement et renforçait un échange de service..

..entre la police et la direction de l'établissement.

...

-Pourquoi vous me suivez ? -SĂ©curitĂ©. Tu vas oĂč ?

-Au mobil-home 230. -Il est occupé, Manu.

-Bah, c'est pas grave. Je vais l'attendre.

-T'as qu'Ă  aller l'attendre Ă  l'aire de jeux.

Ici, tu déranges les familles.

-C'est pas ta soeur, lĂ -bas ? -Julie !

Ca va ? -Salut.

-Ca fait longtemps que tu es lĂ  ? -Oui. Mais c'est de ma faute.

J'aurais dĂ» appeler. -Mais non. Je suis trĂšs content.

-Bonjour. -Bonjour.

-Je te présente Mehdi. C'est lui qui t'a reconnue.

-Ah ! Il y a votre photo dans le mobil-home.

-C'est bien un réflexe de flic !

-Toujours au Beau Séjour ?

-Oui. Pourquoi ? -Je vous conseille de changer.

-J'y suis bien.

-Vous serez mieux ailleurs. Je ne peux pas..

..en dire plus. Je vous laisse. Je suis en retard.

-VoilĂ . C'est chez moi.

-Oh, je n'aime pas cette photo.

J'ai l'air d'une aveugle. -Tu as toujours l'air effrayée.

Comme future diva, ça la fout mal.

Rapproche-toi.

-Ah, ça fait du bien.

-Tu veux te baigner ?

-Oui. Tu reprends Ă  quelle heure ? -On a le temps.

Ah, c'est toi qui a gagné !

C'est normal, t'es chanteuse.

Manu sifflote.

...

-Tiens.

Tiens, tu peux m'aider ? -Oui.

VoilĂ .

-Merci. -Comment tu as trouvé Mehdi ?

-Ca m'étonne..

..que tu sois avec un flic. -Ca m'étonne aussi !

-Ca m'a gĂȘnĂ©e.

C'est la 1re fois que je croise un ami Ă  toi.

-Lui, c'est pas pareil. Je suis content que tu l'aies rencontré.

-Pas vraiment une rencontre. -C'est trÚs bien comme ça.

...

Je te réchauffe de la pizza ? -C'est gentil..

..mais je suis en retard.

-J'ai eu peur de te prendre, tout Ă  l'heure.

J'étais pas sûr que t'aies envie. -C'est la premiÚre fois.

-Tu as aimé ?

-Je l'ai fait pour toi. -Ca, c'est ce qu'on dit.

Demain, c'est le 15 août.

Si tu peux pas venir, je comprends. -ArrĂȘte !

Je ne peux pas me passer de toi !

-Je préfÚrerais que tu me le dises sans rigoler.

Il sonne.

Un bébé pleure.

...

-Sarah ?

...

Eh, ben ? Tu es tout seul, toi ?

Oui, oui, oui. Oh, bah, oui, viens lĂ . Viens.

VoilĂ .

Oh, oui... Bruit d'une machine à écrire.

...

-Ah !

T'es fou ! Tu m'as fait peur ! -Toi aussi !

Une mÚre aimant son bébé ne met pas de boules Quies.

Le parrain n'est pas d'accord.

Le médecin non plus. -Sans ça, je peux pas travailler.

-Et le petit, quand il a faim, il émet des signaux lumineux ?

-Il pleure.

C'est gentil d'ĂȘtre venu me voir. Tu as meilleure mine.

-Ca va mieux. Je vais pas passer ma vie Ă  jouer les amoureux transis..

..avec un type qui n'est pas mon amant. Le masochisme a des limites.

-Qu'as-tu derriĂšre la tĂȘte ? -A bas la mĂ©lancolie.

VoilĂ  ce que je pense. Il faut faire la fĂȘte, on n'a qu'une vie.

-Tu m'as l'air bien agité, en tout cas.

-J'ai décidé de me secouer.

Ah ! La Jaguar de ton pÚre, tu as les clés ?

-Tu veux faire quoi de ce tank ?

-Sortir de mon couvent, toutes voiles dehors.

On prend un verre ?

-Avec plaisir.

Je joins l'utile à l'agréable.

-Ah, d'accord, je vois.

-Pour arrondir les fins de mois. -Je comprends.

Tu prends combien pour... ?

-Ca se négocie.

-Bah, je vais réfléchir.

-D'accord.

-Adrien comprit que l'inconnu ne lui ferait pas oublier Manu.

Il décida sur-le-champ d'aller à Saint-Chéron.

-Tu pourrais donner des nouvelles. -Je bosse, Adrien, tu vois bien.

Le soir, il y a 2 services. Je ne finis jamais avant une heure.

-C'est un cauchemar, cet endroit. Tout est contrÎlé.

Il a fallu que je raque pour avoir un passe.

Il y a des caméras partout. -Pour la sécurité des campeurs.

-On va dans ta roulotte ? -C'est un mobil-home !

-Une virée à Paris, ça te dit ? Ca te changera de ta prison.

-Salut, Shériff. -Salut, Manu.

-Il n'y a pas de caméra. -Si, tu en as une là.

Si quelqu'un veut se pointer en douce, il est cuit.

Ecoute, Adrien, il faut que je te dise quelque chose.

Je n'ai pas envie de te mentir. Je te respecte trop pour ça.

Enfin, voilĂ , je vois Mehdi.

Je le vois tous les jours. Excuse-moi.

-Comment ça, tu le vois ? -Je vais pas te faire un dessin !

-Et vous couchez ensemble ? -Bah, oui.

Mais ça m'empĂȘche pas de tenir Ă  toi.

Conversation des gens attablés.

-Oh ! -Oh !

-ArrĂȘte !

-Non mais là, ça dégénÚre !

-LĂąche-le ! LĂąche-le !

-Ne vous mĂȘlez pas de ça ! Ca ne vous regarde pas !

Vous n'avez pas le droit !

-Ca va ? -Au secours !

Au secours !

Au secours ! -Il est malade, ton pote !

-Allez, viens, Adrien, il ne faut pas rester lĂ .

Merci.

Tu es fort comme un boeuf.

J'aurais jamais cru. -Je suis capable de tuer.

-Ah, oui, j'ai vu ça.

-Dégueulasse, ton pinard. Toi aussi.

-Oh, ça va, Adrien. Tu m'as pété le nez, tu t'es vengé. Tu veux quoi ?

-Je ne t'ai pas pardonné, mon petit.

-ArrĂȘte de m'appeler "mon petit". Je ne suis pas plus petit que toi.

T'as pas à me rabaisser comme ça. -Si. Dans cette histoire,

..tu es si petit que tu n'existes pas.

Tu n'as aucune place..

..dans la vie de Mehdi. -La ferme, Adrien !

Ca ne te regarde pas. Alors me fais pas chier.

-Pitoyable, cette affaire. Nous pataugeons dans le ridicule.

-Je m'en fous du ridicule.

Moi, je suis heureux, Adrien.

Je n'ai pas de remords.

MĂȘme si ça te fait du mal.

-Bien sûr, c'est toi le plus fort. Tout le monde te désire.

-Pense ce que tu veux, Adrien.

Si je dois perdre..

..ton amitié, tant pis.

-C'est Mehdi qui t'a filé cette piquette ?

-C'est les fonds de bouteilles du resto.

-Heureusement que j'ai mon scotch.

-ArrĂȘte, Adrien, je te raccompagne. -C'est pas la peine.

-Tu es bourré. Tu vas pas conduire !

-Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Tu m'as assassiné. Si je fonce..

..dans un mur, je serai soulagĂ©. -ArrĂȘte, Adrien, s'il te plaĂźt.

-Dormez. Dormez en paix.

Moi, je regarde les étoiles,

..la douce nuit d'été.

Je ne vois que la tempĂȘte,

..le mauvais sort qui s'acharne sur moi.

Ah, trahison.

Ce n'est pas le démon,

..c'est l'ange qui poignarde. -Tu fais chier !

Les vigiles vont rappliquer. Viens. -Oh, belle nuit !

Douce, douce...

Douce. -Allez, ça suffit.

-Non. -Tu vas pas rester lĂ , quand mĂȘme ?

-Si, je suis trĂšs bien.

-Allez, relĂšve-toi, Adrien ! -Non.

Qu'est-ce que t'as sur le torse ?

Ca fait longtemps ? -J'en sais rien.

C'est le soleil, je pĂšle.

-Attends, fais voir.

Ouvre la bouche.

-Pourquoi tu dis rien ? J'ai pas la gale !

-Quelques jours aprĂšs, Manu a fait un test.

Il ne comprenait pas..

..la nature d'une maladie entourée d'un si grand mystÚre.

La douleur est venue, accompagnée de fiÚvre..

..et de nouvelles marques sur le corps.

Manu a rompu avec Mehdi et s'est terré dans sa roulotte.

Adrien voulait le soigner chez lui. Manu refusait sa compassion.

Pour la 1re fois de sa vie, il rĂȘvait d'ĂȘtre invisible.

-C'est Manu, tu m'ouvres ? -C'est ouvert !

-T'es tout barbouillé ! -Je mets de la crÚme pour l'eczéma.

Alors, avec la pluie... -C'est galĂšre, ces trucs de peau !

Ici, les blondes, quand elles se foutent au soleil,

..elles chopent des saloperies !

Tu veux une biĂšre ? -Oui.

-L'inspecteur a encore appelé. -Il sait que je veux plus le voir.

-Tiens. -Merci.

Je peux m'asseoir ? -Attends ! C'est du pur cuir !

Faut pas le bousiller.

T'es tout trempé, t'as pas d'imper ?

-J'ai que des affaires d'été. -Mais l'été, c'est fini.

T'as pas bonne mine, toi. -Oui.

Oh, la télé. Quelle chance !

-On va l'allumer, si tu veux.

Son de la télévision.

...

-Ce que je t'ai demandé...

tu l'as ?

-Oui mais c'est pas prudent.

-T'as pas confiance ?

-C'est pas une question de confiance.

-Tiens.

Je te file 2 000 balles de plus.

*-Une maladie inconnue..

*..fait son apparition..

*..dans les pays occidentaux.

*Un vent de panique déferle sur les USA.

*Ce virus supprime les défenses immunitaires.

*Il tue dans 3 cas sur 4.

*Dans un centre de transfusion sanguine, on prend soin d'éviter..

*..la propagation de la maladie.

*On interdit mĂȘme..

*..des cours de respiration artificielle, en Californie.

*A New York, les employés des pompes funÚbres..

*..ne touchent plus les corps.

*Les milieux homosexuels manifestent,

*..s'organisent et réclament l'aide..

*..du ministÚre de la Santé.

*D'autres groupes Ă  risque apparaissent : les toxicomanes...

Bruit des tronçonneuses.

...

Coups de klaxon.

...

-Oh !

*-Shériff, tu me reconnais pas ?

-Ca fait un bail !

Qu'est-ce que tu fous lĂ  ? -Pas de nouvelles du 230.

-Il ne veut voir personne.

-Je sais, tu m'as déjà dit. Mais bon, j'ai envie de vérifier.

-Je t'assure, hein ! Je lui ai dit de rappeler l'inspecteur.

-Il aura juste oublié. -C'est pas mes oignons.

-T'arrĂȘtes ton cirque ! Je te demande gentiment..

..de lever la barriĂšre ! -Si on sonne chez toi,

..t'es pas obligé d'ouvrir. -D'accord. Tu obéis ?

-Je comprends pas. Tu as un mandat ?

-Un mandat !

Shériff ! On n'est pas en Amérique !

-Tu te crois tout permis ?

-OK, si tu le prends sur ce ton...

...

-C'est toi, Shériff ?

-Non, c'est moi. -Barre-toi, Mehdi !

-Tu crois pas que ce serait bien qu'on discute un peu tous les 2 ?

-J'ai rien Ă  te dire !

-Comment tu fais pour vivre lĂ -dedans ?

Je vais te faire un peu de ménage.

-Je passe ma vie aux chiottes.

J'ai des diarrhées.

Tu as vu ça ?

C'est une nouvelle maladie. Comme la lĂšpre ou la peste.

Je savais mĂȘme pas que ça existait.

Et toi, tu en avais entendu parler ?

-Un peu, oui.

Une pute du bois de Vincennes. Une toxico.

-Oui. Elle est morte ?

Tu peux me le dire. C'est ce qui m'attend.

J'ai tout prévu.

Pour l'instant, ça va. Mais si je supporte plus, clac !

Ca me rassure d'avoir ça.

Je me dis que c'est quand mĂȘme moi qui dĂ©cide.

-Tu en as parlé à ta soeur ?

-Tu es fou ! Il n'y a qu'Adrien..

..qui est au courant.

-Et il t'a pas dit de me prévenir ?

Je suis quand mĂȘme..

..le 1er concerné, non ?

Pourquoi tu m'as rien dit ?

Je t'ai appelé tous les jours.

Je croyais que tu avais rencontré quelqu'un.

-Je voulais pas que tu me voies comme ça.

-Ecoute...

je suis quand mĂȘme ton ami.

Hein ? -Qu'est-ce que ça veut dire ?

Qu'est-ce qu'on peut faire ensemble, maintenant, tous les 2 ?

Tu as envie de moi ?

Vas-y !

-Je vais te faire une lessive. -Les slips sont pleins de merde.

-Ca me fait pas peur !

Regarde-moi ça !

Je vais t'acheter Ă  bouffer. -C'est pas la peine.

Je verrai ça avec Shériff.

Par contre, tu peux me laisser un peu de fric, si tu veux.

Je veux pas que tu reviennes.

Ca me fait trop mal.

...

-Je croyais que tu consultais..

..à l'hÎpital. -Ca dépend des patients.

Il y en a que je préfÚre voir ici. Plus confortable. Plus protégé.

Les gens adorent le luxe quand ils sont malades. Ca les rassure.

Tout le monde vit dans le mensonge, tu le sais.

-Ca commence bien. Tu me traites de menteur ?

-Tu mens Ă  tout le monde. Tu es trop lĂąche pour t'en rendre compte.

-Tu me traites de lĂąche ? -Si tu avais du courage,

..tu dirais la vĂ©ritĂ© Ă  Sarah. -Ne te mĂȘle pas de ça.

Ou alors, si ça peut te soulager,

..annonce-lui toi-mĂȘme. DĂ©nonce-moi.

Tu me reproches quoi exactement ? D'avoir couché avec Manu ?

-Ce que t'as fait n'a pas de nom.

-Si. J'ai rĂ©ussi oĂč tu as Ă©chouĂ©. C'est la vie.

-Non, c'est ta vie ! Une petite vie merdique avec un plan de réussite.

Mais ça te conduit oĂč ? A niquer tout le monde ?

Tu respectes rien !

T'as épousé Sarah parce qu'elle vient d'un milieu friqué.

Tu couches avec des mecs mais tu craches sur les pédés.

-Je ne donne de leçons à personne !

T'as pas Ă  me juger ! -T'avais pas le droit..

..de me prendre Manu. -Je ne t'ai rien pris du tout.

T'es malade.

Manu, il est pas à toi. T'es pas propriétaire.

-T'es un prédateur, Mehdi. Un petit revanchard qui veut tout bouffer.

-TrÚs, trÚs bien. Un prédateur !

Comme tous les gens de ma race ? -ArrĂȘte !

-Moi, je me démerde comme je peux.

-Epargne-moi le couplet social !

Au fait, pourquoi tu as pris rendez-vous ?

-Quoi, tu devines pas ?

Ca fait partie de ton éthique de pas prévenir..

..les amants de tes malades ? -C'est pas moi qui décide.

Si le patient refuse de prévenir ses partenaires, je ne peux rien.

-"Je ne peux rien" ! -Moi aussi, je respecte la loi !

-Je voudrais faire une prise de sang.

Les hÎpitaux, les laboratoires, je me méfie.

-Comment ça ? Le dépistage est confidentiel.

-Oui, je sais.

Mais je voudrais que..

..tu t'en occupes.

-Assieds-toi.

RelĂšve ta manche.

-J'aime pas ça, hein.

-Les gens ne le savent pas mais c'est la guerre.

On s'organise pour résister. On a monté un groupe de travail..

..avec des biologistes, des cliniciens, des épidémiologistes.

Et on a monté un centre d'accueil avec des conférences d'information.

Je crois que c'est mieux si tu regardes ailleurs.

Des notes de piano.

...

-C'est vous qui vouliez me voir ? -Oui. Je suis un ami de Manu.

Il m'a dit que vous répétiez ici... -Ne parlez pas trop fort.

-Excusez-moi.

Euh...

VoilĂ . Manu est Ă  l'hĂŽpital. Il va y rester quelques jours.

Et il souhaiterait vous voir.

-A l'hĂŽpital ?

Il a eu un accident ? -Non, il est en observation.

-Je l'ai eu au téléphone il y a 2 jours, il allait bien.

-Il a menti pour ne pas vous inquiéter. Je suis le seul..

..à savoir. Je suis son médecin. -Il a quoi ?

-C'est trop long Ă  expliquer.

Je vous propose qu'on dĂźne ensemble aprĂšs votre travail.

Vous finissez Ă  quelle heure ? -Pas avant minuit. Ca fait tard.

-Non, non, c'est pas un problĂšme.

Ca fait combien de temps que vous ne l'avez pas vu ?

-3 mois. Je n'allais pas au camping pour ne pas le déranger.

Mais on s'appelle..

..tout le temps.

-Il a beaucoup changé.

-Je veux le voir ! -Vous le verrez demain !

AprĂšs la toilette et les soins. -Non ! Maintenant !

-A cette heure, les visites sont interdites.

-Tout le monde t'attend, lĂ  !

Piano et chant d'opéra.

...

-La théorie la plus sérieuse met en cause un rétrovirus.

Sa présence est révélée par des anticorps qui surgissent..

..en réaction à son entrée dans le sang par une coupure, un orifice.

Ces anticorps sont impuissants à protéger l'organisme.

Pourquoi ? On ne sait pas. On sait que le corps devient perméable..

..Ă  une multitude d'infections qu'il savait combattre avant.

-C'est grave ?

-C'est sérieux.

Dans le cas de Manu, le virus s'est glissé dans le cerveau..

..à travers la barriÚre méningée.

-Ca se soigne comment ?

-On ne sait pas.

Tenez.

Il y a un article lĂ -dessus.

-Oh, c'est toi.

Je m'étais endormi. Ca fait longtemps que tu es là ?

-Non, j'arrive.

-Je lui en fais voir, Ă  Adrien.

Les infirmiĂšres aussi, je les fais chier. Je suis pas un cadeau.

Si au moins, c'était des mecs à poil, je saurais si je peux bander.

-C'est bon signe que tu penses à ça.

-Alors, ça y est, tu es une diva ? -Une diva, tu parles !

Barberine, dans "Les Noces", c'est un petit rĂŽle. Une servante !

Mais j'en reviens pas d'avoir été choisie.

-Tu vas faire un malheur.

-J'aimerais que tu viennes Ă  la 1re. Dans un mois.

-Tu rĂȘves ! Je ne tiens pas debout.

-Adrien m'a dit que tu irais bientĂŽt en convalescence chez lui.

-Convalescence, mon cul ! Adrien, c'est pas le Dr Miracle.

Tu te souviens..

..de cette chanson ?

Dr Miracle s'en va dans sa petite auto.

Dr Miracle s'en va, il ausculte aussitĂŽt.

Et pour soigner la grippe ou bien le lumbago,

..il ne dit que : hou, hi, hou, ha, ha, ting, tang, houla, bing, bang.

Hou, hi, hou, ha, ha, ting tang, houlala, bing, bing.

...

-Attends. Attends. -Hein ?

-Putain, fait chier. -Quoi ?

-Attends. -Chut.

-Pourquoi ? Pourquoi ? -Chut.

-J'y arrive pas.

-Quoi ? -La capote, ça me fait débander.

-Pourquoi t'as mis ça ?

-C'est mieux de se protéger.

-C'est nouveau, cette idée ?

-Oui, c'est nouveau, oui.

-Tu es de plus en plus parano.

-J'ai fait un test.

Il vaut mieux pas qu'on baise tant que j'ai pas les résultats.

-Comment ça, un test ?

Il y a des raisons ? -Oui, il y a des raisons.

J'ai rencontré quelqu'un qui a chopé le virus.

J'ai la trouille.

Il faut que je sorte.

J'ai pas encore fermé l'oeil de la nuit.

-Et le petit ? -Pour une fois,

..c'est toi qui l'emmĂšneras Ă  la crĂšche.

Moi, il faut que je bouge, sinon je vais péter les plombs.

Excuse-moi.

-Je voudrais voir le prof Dulac.

-Vous avez rendez-vous ? -Non mais c'est urgent.

-Il assiste à une réunion de l'AMG. -Je vais l'attendre.

-Ca risque d'ĂȘtre long. -C'est pas grave.

-Oui. Et le 1er semestre 84 a vu une reprise de la progression..

..aprĂšs la stabilisation de fin 83. -Oui. 180 cas au 15 juillet.

Le tiers ayant été connu dans le 1er semestre 84.

Pour les 3 derniers mois, le rythme est de 3 Ă  4 cas par semaine.

On avance mĂȘme le chiffre d'1 cas par jour.

-Serrez le poing.

Attention, je vous pique.

Pleurs de bébés.

...

-Qu'est-ce que tu fous lĂ  ? -Me parle pas sur ce ton !

-Tu sais bien que je viens le soir. -Je sais mais tu as vu..

..comment tu as filé, ce matin ? -Je me suis excusé.

Je peux recommencer. -Viens.

-Je l'amĂšne chez mes parents.

On peut pas s'en occuper. -On doit parler.

-Je sais pas faire. Tu me connais. -Non, justement.

C'est Adrien qui m'a raconté.

J'aurais aimé que ce soit toi. -Moi aussi, j'aurais préféré.

Mais tu as vu, ce matin, j'y arrivais pas.

Au moins, comme ça, c'est fait. -C'est fait ?

-Et en attendant les résultats, je dormirai dans ma famille..

..ou chez un collÚgue. Enfin, je me débrouillerai.

Je te laisse rentrer à pied. C'est à cÎté.

Je vais pas t'imposer ma présence. J'ai fait assez de conneries.

-Je compte pas te faire de reproches.

-Oh, putain, j'ai honte.

...

-Tu m'as apporté ton manuscrit ?

-Mon manuscrit n'existe plus.

Mais je te rembourserai les Ă -valoir.

-Il faut pas s'arrĂȘter. C'est pas un drame. Ca arrive, d'ĂȘtre bloquĂ©.

-Je ne suis pas faite pour ça.

-Sarah, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

T'as qu'Ă  retourner au roman pour enfants.

Ca, tu sais faire.

-Ras le bol des livres pour enfants !

J'aime pas les enfants.

Maintenant, je le sais. -Ca parlait de quoi,

..ce que t'as détruit. -D'une femme..

..qui arrivait pas Ă  aimer son enfant.

Il n'y avait pas d'homme. Elle vivait seule avec son bébé.

Elle n'avait pas d'argent. Elle essayait de survivre.

Elle parlait pas.

Elle était étrangÚre et ne parlait pas français.

-Ca se termine comment ?

-Elle le dépose sur une plage, en hiver, il n'y a personne.

La mer couvre les pleurs du bébé et la mÚre part en courant.

-Ben, dis donc ! C'est un crime, ton truc, lĂ  !

-Peut-ĂȘtre, oui.

...

-Ca a l'air d'aller mieux.

-Je fais mon testament.

-C'est quoi, cette idée ? -Je déconne.

Qu'est-ce que tu veux que je laisse ?

J'ai rien !

Ce serait bien que je raconte ma vie, non ?

Tout ce qui m'est arrivé.

J'aurai peut-ĂȘtre pas le temps. Il faut de la force pour Ă©crire.

J'arrive Ă  peine Ă ..

..tenir le stylo. Je me fatigue vite.

Si j'avais un magnéto... -Je peux t'en trouver un.

Tu as toujours mal Ă  la tĂȘte ? -Oui.

Et des fois, tout est flou. Je vois que d'un oeil.

Ton opération n'a servi à rien.

T'as vu ? -Fais voir.

-Ca recommence. Encore une verrue. Ca repousse, c'est le printemps !

J'étais pas fait pour mourir comme ça. J'ai jamais été malade.

MĂȘme Ă  l'Ă©cole quand je me battais.

Un petit bobo, ça passait tout de suite.

Une fois, je me suis fait tabasser. J'ai refusé qu'on me console.

-Tu vas manger pendant que c'est chaud.

AprĂšs, je t'emmĂšne chez l'ophtalmo.

-C'est quoi, ce truc ?

-Daube provençale. C'est le plat du jour du traiteur.

-C'est des conneries. La daube provençale, c'est pas ça.

Je vais t'expliquer ce que c'est. Le secret, c'est le vinaigre.

Tu fais macérer les morceaux de sanglier..

..dans du vieux vinaigre de vin avec de l'oignon émincé.

Tu flambes avec du vin. Tu rajoutes du zeste d'orange..

..avec de l'ail et du thym. Et tu laisses cuire 2h Ă  feu doux.

Ca n'a rien Ă  voir avec cette merde !

Et j'ai pas faim. Il faut que j'aille aux chiottes.

-Attends. -Non, c'est bon. ArrĂȘte.

Tu me traites comme un bébé. Si ça continue, tu vas me torcher le cul.

-Adrien n'avait pas le temps de me voir. On s'appelait tous les jours.

Il travaillait sans relĂąche.

Trésorerie, expérimentation des traitements,

..soutien aux patients.

Il se battait sur tous les fronts. Son champ de bataille était vaste.

-A Djibouti, les filles qui sont positives se font zigouiller.

-Ici, la police vous protĂšge. -Tu sors d'oĂč, ma poule ?

Ils veulent coincer nos fiancés. Le reste, ils s'en foutent.

Manu t'a rien dit ? -Il a juste parlé de ton travail.

-Et tu m'as convoquée ?

-Ecoute, il s'agit de sauver ta peau. T'as pas l'air de réaliser !

Tiens, lis ça. Ca sort juste.

T'es la 1re lectrice.

-Qu'est-ce que ça veut dire : "prophylaxie" ?

-C'est l'ensemble des mesures destinĂ©es Ă  empĂȘcher..

..la propagation de la maladie.

Bon, je peux compter sur toi pour les distribuer ?

-Si tu crois que c'est utile. -Oui, ça s'adresse à vous.

Vous faites le plus vieux métier du monde.

-Et le plus beau. -Vous faites partie de la cité.

Vous avez des droits, non ?

-On nous parle pas comme ça, d'habitude.

Bruit d'une sirĂšne.

...

-Mignon, le petit loup.

Un look un peu répression. Mais la maison veut ça...

-T'es resté discret, j'espÚre. -Oui, j'ai juste dit que..

..je venais pour l'h de la pipe. -Te pointe pas Ă  la PJ !

-J'ai tes résultats.

Bonne nouvelle, tu es négatif.

-T'es sûr ? -On refera un test dans 3 mois.

Mais apparemment, tu as réussi à passer au travers.

-C'est le plus beau jour de ma vie. -Je l'ai dit Ă  Sarah.

Elle m'a demandé de passer. C'est pour elle que je l'ai fait.

Allez, salut ! J'ai pas que ça à faire.

-Et Manu ? Comment il va ? -Ne compte pas sur moi..

..pour te donner de ses nouvelles.

Tu connais la brigade qui chasse les pédés..

..des lieux de rencontre ? -C'est de la vieille histoire.

-Certes, mais la police menace les bars.

Ils exigent de supprimer les "backrooms".

-Ca va se calmer. -Ca me console.

Merci du renseignement.

Donne mon numéro au colosse de l'entrée, on sait jamais.

Coup de sonnette.

...

-Pourquoi tu sonnes comme ça ? T'as pas tes clés ?

-Si, si mais... je...

Je voulais pas me pointer comme ça.

-T'es chez toi.

-Tu es sûre que je ne dérange pas. -Non.

Je dormais.

-Tu as fini ton bouquin ?

-Mon bouquin...

-J'ai pris ma journée. On se fait un resto, si ça te dit.

Maintenant, il n'y a plus de souci. Je parlerai de ce que tu voudras.

Je vois que t'as débranché le téléphone.

-Oui, je suis crevée, je...

j'arrĂȘte pas de dormir depuis que t'es parti.

-Je suis venu pour te demander si...

si tu voulais encore de moi.

-J'ai encore envie.

...

-J'en reviens pas que tu sois retournée avec lui. T'es maso.

-Possible. Mais on revient de loin. On est si heureux d'ĂȘtre vivants.

On en profite. -Comment ça ? Que faites-vous ?

-On s'envoie en l'air. On n'arrĂȘte pas.

-C'est pas original comme réaction.

Ca te gĂȘne pas..

..qu'il couche avec des garçons ? -On n'a jamais été fidÚles.

Alors, homme ou femme, j'ai pas de préjugés.

Du moment que je gagne. -Je ne veux plus le voir.

-C'est toi qui en a parlé. -J'ai eu tort.

Tu as choisi ton camp. Pas sûr qu'on reste amis.

-Ca va pas de dire un truc pareil ! -C'est vrai.

On ne vit pas dans le mĂȘme monde.

Toi, tu roucoules. Moi, je me bats. -Je vais te montrer que c'est faux.

Moi aussi, j'ai eu peur du passé.

Tiens. Tu rempliras l'ordre. J'ai pas su quoi mettre.

-Mets association AIDES.

-AIDE ? -Oui, au pluriel.

C'est récent. Ca date du 4 décembre.

C'est chiant mais on peut compter que sur les dons et le bénévolat.

Merci.

-Et Manu ? Comment il va ?

-Toxoplasmose rétinienne.

Il continue d'enregistrer ses souvenirs sur mon magnéto.

Il est devenu agressif, cruel mĂȘme. C'est bon signe.

-Attends.

J'ai un dictaphone miniature.

Ce sera plus pratique que ton vieux machin ! Tiens, regarde.

-Pour son dernier No l, je vais faire un dĂźner avec sa soeur.

Tu n'as qu'Ă  venir, si tu veux.

Tu lui donneras toi-mĂȘme.

-Ca se passe trĂšs bien. On refuse du monde tous les soirs.

-La journée, vous faites quoi ? -Je donne des cours de chant.

Mais je n'avance pas..

..avec mes élÚves. Ils débutent, ils manquent de rigueur.

-Vous leur apprenez quoi ?

-Les bases ! Les voyelles, par exemple.

Prenez A, E, I, O, U. Trouver le bon espace..

..dans la bouche pour que ça sorte, c'est déjà un gros travail.

-C'est de l'art.

-Mais non, c'est pas de l'art !

C'est du sport. La voix, c'est un muscle.

Excusez-moi, il faut que je parte. Je dois ĂȘtre au maquillage Ă  20h.

Allez, Ă  demain.

Je passe vers midi ? -Oui.

Joyeux No l, ma vieille branche.

-Joyeux No l Ă  tout le monde.

Merci.

-Attendez ! Je vais vous déposer. -Non, c'est pas la peine.

-Ne faites pas de maniĂšres !

-Merci pour le dictaphone.

Ca me fait drĂŽle de raconter ma vie.

J'en suis encore qu'au début. Je ne sais pas si c'est intéressant.

Adrien vous passera les cassettes. Vous en ferez ce que voudrez.

Au moins, j'aurais laissé quelque chose à quelqu'un.

Ca vous donnera peut-ĂȘtre l'idĂ©e d'un roman !

Je vous fais peur ?

-Non. Pourquoi ?

-J'espĂšre que vous ne m'en voulez pas.

Restez pas lĂ . Si je ne vous fais pas peur, venez.

J'ai toujours froid.

Je deviens une vraie chochotte. -Vous voulez une couverture ?

-Non, non, ça va. Restez prÚs de moi.

Embrassez-moi.

-Je n'ai pas compris pourquoi il me demandait ça. Mais je l'ai fait.

J'ai su alors que je recommencerai à écrire..

..et que j'irai jusqu'au bout.

-C'est Mehdi, je peux monter ? *-Non.

-Putain !

*-Je descends !

-Pourquoi je peux pas voir Manu ? -C'est lui qui décide. Pas moi.

-Et pourquoi j'étais interdit de visite quand il était hospitalisé ?

-Pour la mĂȘme raison. Je vais pas le forcer ! Pardon, je suis pressĂ©.

-Tu as réussi ton coup. Tu peux en faire ce que tu veux.

Personne ne te l'enlĂšvera. -Je le soigne, je l'accompagne.

-Tu es une araignée.

Et tu joues les saints. -T'es remonté.

-Tu profites d'un gosse qui crĂšve. Ca te donne bonne conscience.

Sarah te trouve admirable. Tu milites Ă  fond !

Tu deviens un héros ! Bravo ! Mais c'est la mort qui te fait bander.

Parce que la vie te rend trouillard.

-Ah, oui ? Je t'ai vu avoir peur aussi. Au moment du test.

T'as oublié ? -J'avais peur de perdre la vie.

Je suis dans la vie. Pas toi. -Tu crois qu'il suffit de baiser..

..pour ça ? C'est bĂȘte. -Ca te ferait du bien.

-Peut-ĂȘtre.

Mais Manu ne veut plus te voir parce que vous avez juste baisé.

Vous n'avez rien vécu d'autre. Il préfÚre que tu gardes..

..une belle image de lui. Mais avec moi, c'est pas son physique..

..qui compte. -Non, c'est son Ăąme !

Tu me fais marrer. -Bah, marre-toi !

Oh, et puis, tu me fais chier, tiens !

-Adrien ! C'est quand mĂȘme normal que je veuille le voir..

..une derniĂšre fois. -Ca va le perturber.

-Tu as dit que j'étais là ? -Non, il dort.

-Laisse-moi le voir. Je ne lui dirai rien. S'il te plaĂźt.

-Non, Mehdi, il a confiance en moi. Je ne peux pas.

Allez, ne reste pas lĂ . Ca ne sert Ă  rien.

...

-C'est entre Dracula et Frankenstein, non ?

-De jour, ça ferait peur. La nuit, ça va.

-Alors, je ne sortirai plus que la nuit, comme les vampires.

C'est normal que je ne voie presque rien ?

-Oui, c'est normal. T'as pas envie d'entendre ta soeur ?

On peut y ĂȘtre pour le dĂ©but du 4e acte. Elle serait contente.

-Non. Moi, l'opĂ©ra... -C'est ta soeur, quand mĂȘme !

Vous vous aimez beaucoup. -C'est pour ça..

..que je ne veux pas y aller. Ca me ferait pleurer.

Et en plus, mon maquillage coulerait..

Voix des visites guidées.

...

Ici, au moins, je vois des lumiĂšres.

...

-Il n'y a personne.

C'est pas la saison. -Si, si. Ils sont lĂ .

Je ne les vois pas mais je les entends.

-Fais attention, il y a une branche.

Tu es sûr que tu veux y aller ? -Oui, j'ai envie.

J'ai pris des capotes mais je ne bande plus.

-Ca ne sert Ă  rien qu'on soit lĂ . Viens, on rentre.

-MĂȘme si ça ne sert Ă  rien...

il faut que j'y aille, Adrien.

Brouhaha de plus en plus intense.

...

-A la demande de Manu,

..Adrien avait atténué ses souffrances..

..en augmentant les somnifĂšres.

Il avait réglé les papiers..

..et pris en charge le transport du corps en AriĂšge.

Le voyage et les obsÚques ne devaient durer qu'une journée.

Julie devait ĂȘtre Ă  Paris le soir-mĂȘme pour chanter.

...

Ils ouvrent la camionnette et s'affairent.

...

-Vous n'avez pas froid ?

Vous seriez mieux dedans. -Non, ça va.

-Prenez des biscuits, au moins. -Merci.

-Vous ne pouvez vraiment pas rester déjeuner ?

Une omelette, c'est vite fait. -On n'a pas le temps, maman.

-C'est son pĂšre ? -Oui.

C'était en Algérie. A Constantine, il était notaire. Il rédigeait..

..les actes en arabe et français. -Il était musulman ?

-Oui.

Il avait de l'instruction. Une licence de droit.

Il avait été élu..

..sénateur. Il pensait..

..qu'on pouvait changer les choses. Il l'a payé de sa vie.

-C'était la guerre.

N'en parlons plus ! -On a dit que c'était un renégat !

-ArrĂȘte, maman !

-Je t'ai préparé du miel. Je vais le chercher.

Je vous laisse.

-J'ai pas de photo de Manu.

J'aurais dû en prendre une quand il était vivant. Je n'y ai pas pensé.

-Vous voulez laquelle ?

-Celle-lĂ .

On le reconnaĂźt bien.

C'est oĂč ?

-A Lyon.

Il devait avoir 17 ans.

C'est l'annĂ©e oĂč il a commencĂ© l'Ă©cole hĂŽteliĂšre.

Dis, ça t'embĂȘte si je prends cette photo ?

-Mais non, voyons. Tu sais, maintenant, ici, tout est Ă  toi.

-Vous avez le temps de vous préparer.

...

-Je tenais Ă  vous remercier. -Non, non, non, je vous en prie.

-J'avais peur pour ma voix Ă  cause du froid.

Je n'arrivais pas Ă  penser Ă  Manu. -Filez, vous allez ĂȘtre en retard.

Musique classique.

...

Chant mélancolique en italien.

...

Elle tape Ă  la machine.

Coup de sonnette.

... -Oui !

-Tu fais chier, Sarah !

T'as pas à t'enfermer comme ça. -Ca m'aide pour écrire.

-Oui, oui. -J'ai besoin de me couper du monde.

-J'ai pris de la dinde et des petits pois. Ca te va ?

-Je peux t'aider ? -Non. Je m'en occupe. Tiens.

-Tu as vu le petiot, aujourd'hui ? -Oui. Ca va mais mes parents..

..vont pas le garder 10 ans.

-J'espĂšre finir avant !

J'avance bien en ce moment.

On peut parler de Manu ?

Pourquoi tu dis rien ?

-Ne me torture pas avec ça. On ferait mieux d'essayer d'oublier.

Tu ne crois pas ? -Non, je ne crois pas.

-Qu'est-ce que tu veux savoir ?

-Bah, par exemple, si ça a été le coup de foudre dÚs que tu l'as vu.

-Mais non, pas du tout. C'est...

C'est quand je l'ai ramené sur la plage.

J'étais le 1er surpris. J'étais obligé de le serrer contre moi.

Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.

J'ai pensé : "J'ai qu'à le lùcher.

"Il faut que j'arrĂȘte de bander. J'ai qu'Ă  le laisser couler."

Tu as d'autres questions ?

Pourquoi tu planques tes papiers ?

D'habitude, tu laisses tout traĂźner.

Dans ce que tu écris, tu parles de Manu et moi.

-Pourquoi tu demandes ça ? -Je te demande.

-Oui. Mais bon,

..c'est pas le centre. Le centre se déplace, comme dans la vie.

-T'as pas le droit de faire ça. -J'ai changé les noms.

-C'est une vengeance ? -Non, un témoignage.

-Un témoignage de quoi ? -De son passage parmi nous.

-Ce que tu fais, c'est un viol. Un viol, c'est pire qu'un délit.

C'est un crime. -Bon, on n'est pas au commissariat.

-Pourquoi tu fais ça, bordel !

Tu réalises que t'es en train de me faire un enfant dans le dos ?

Que fais-tu ? -Si ça te gĂȘne,

..on peut se séparer.

-T'es sérieuse ? -Oui, je vais à Marseille,

..chez ma mĂšre, je serai au calme. -C'est quoi, cette histoire ?

-Je déteste me disputer.

Et je vois bien que c'est ce que tu cherches.

-D'habitude, tu me forces Ă  parler. LĂ , tu te casses.

-Je serai mieux pour bosser. -Mieux sans moi !

-J'écris mieux sans toi.

Je reviendrai quand j'aurai fini. -Et si je ne suis pas d'accord ?

Je ne veux pas que tu écrives ça. -Te fatigue pas, je ne cÚderai pas.

Tu plantes en plein hiver ? -Pour les arbustes,

..c'est la bonne saison.

Les genĂȘts, c'est bien, non ?

J'avais aussi pensé à des mimosas mais c'est tellement fragile.

Si ça te gĂȘne que je sois lĂ ,

..je peux te laisser la maison. C'est comme tu préfÚres.

-Oui, c'est peut-ĂȘtre mieux que je sois seule pour Ă©crire.

-C'est toi qui décides.

-Je voudrais que..

..tu me parles de ma naissance.

Est-ce que tu m'as désirée ?

Est-ce que tu m'as aimée tout de suite ? Et...

-L'accouchement a été pénible.

J'étais épuisée par la canicule.

Tout de suite, tu as eu une grosse fiÚvre avec beaucoup de diarrhées.

Tu ressemblais..

..Ă  un petit squelette avec le nez tout rouge.

Je ne sais pas pourquoi, tu refusais d'ouvrir les yeux.

Puis, trĂšs vite, je n'ai plus eu de lait.

Ton pÚre était inquiet, le médecin aussi.

J'ai cru que j'allais devenir folle.

Et puis, tu vois, tu es lĂ  !

C'est un miracle d'ĂȘtre vivant.

C'est toi qui m'as appris ça.

*-Le plus dur quand on est pédé,

*..c'est le risque qu'on prend en cherchant quelqu'un Ă  aimer.

*N'importe quel crétin fait la différence entre homme et femme.

*Nous, on est obligés de tourner autour d'un inconnu qui nous plaßt.

*On a peur de se tromper..

*..et qu'on nous crache Ă  la gueule..

*..ou qu'on raconte à tout le monde qu'on est une pédale.

*Pour le sexe, on se contente..

*..d'endroits oĂč c'est facile d'en trouver.

*Pour ne pas faire de mauvaises rencontres, on va lĂ  oĂč on sait..

*..que les gens sont comme nous.

*Jardins publics, toilettes, saunas, bars.

*Mehdi a été l'exception.

*C'est pour ça que je l'ai aimé plus que les autres.

*Est-ce que lui m'a aimé ? Je ne sais pas !

-Putain !

Y'en a un qui s'barre !

-Reste lĂ .

-202, c'est bon. Police, ouvrez !

Police ! Ouvrez !

Vas-y, allez.

Des cris.

...

209, c'est bon.

Police ! Ouvrez ! Des cris.

Ouvrez !

...

-Police !

-Préparez vos affaires, on ferme l'hÎtel.

-Tu t'habilles, on t'embarque ! -T'as un mandat, connard ?

-Pas besoin. Habille-toi. Vite ! -Ca va !

Tu me lĂąches !

-Donne-moi ton nom. -Minoti.

-Il est là, regarde. Regarde. -Tiens. "André Voisin".

C'est un proxénÚte notoire. Oh !

Il était dans ton hÎtel du 17 au 24.

-"Voisin". LĂ  aussi, pareil. -Il est encore lĂ .

Elle chantonne.

...

-On avait le patron dans le collimateur.

L'objectif, c'est de démanteler un réseau.

-Vous auriez pu..

..me prévenir. -J'ai essayé. Au camping.

Je pouvais pas prendre de risque. C'est dur de tenir sa langue.

Vous avez peut-ĂȘtre des amis dans la racaille.

Manu connaissait Sandra. Vous auriez pu les aider..

..en croyant bien faire. Je vais vous trouver un hĂŽtel.

-Je ne veux pas rester Ă  Paris. Je veux aller Ă  Munich.

Il y a du travail pour les chanteurs français.

Et ici, je vois Manu partout. -A Munich, vous n'y penserez plus ?

-Si, bien sĂ»r. Mais ce sera quand mĂȘme une vie nouvelle.

-C'est pas bien, les coups de tĂȘte. -C'en n'est pas un.

Je veux tenter ma chance à l'étranger.

Maintenant qu'il n'est plus lĂ , je vais vivre pour 2.

-Vous n'allez pas partir tout de suite.

Rien ne vous retient ?

-Non. Pas de famille, pas de vie de couple.

Je crois que je ne suis pas faite pour ça.

Je vais juste écrire une lettre à Adrien, l'ami de mon frÚre.

-Adrien...

Que pensez-vous de lui ?

-Bah... J'aime les hommes élégants et solitaires.

Je le trouve trĂšs attirant.

Ne vous sentez pas obligé de me tenir compagnie.

-De toute façon, j'ai rien à faire. Je reprends le travail à midi.

D'habitude, je rentre dormir un peu mais j'ai pas sommeil.

-Depuis la lointaine époque des rendez-vous avec Manu,

..Mehdi n'avait pas repris les commandes d'un avion.

La vie humaine en oiseau lui paraissait de nouveau possible.

La présence de Julie lui donnait des ailes.

Il avait envie de monter, descendre et traverser les nuages.

Julie l'entraĂźnait..

..dans son rire enfantin.

Personne sur la Terre ne pouvait voir qu'ils devenaient des anges.

Elle disait :

.."J'aime le ciel."

-Salut.

Moi, c'est Steve. -Steve ?

Les prénoms yankees, je trouve ça tarte. Excusez-moi !

-Je suis de New York, monsieur.

-Je n'avais pas remarqué votre accent.

-Un compagnon français m'a donné des cours.

Mais je préfÚre parler anglais ou italien.

-Vous voyez, ça se passe ici.

-Ah, oui, oui, oui.

-Ah, non !

Nous protestons car on cherche..

..à réduire l'histoire du sida..

..Ă  celle d'un virus exotique..

..introduit dans le monde occidental.

Aux USA, les Ha tiens sont carrément visés.

Entre les homosexuels et les drogués,

..l'opprobre est maximale.

Des boat people sont incarcérés.

Demain, je parlerai du casse-tĂȘte du sang.

Quels produits sanguins sont en cause..

..et la question des fractions anti-hémophilie. Merci.

-T'as le temps de prendre un café ? -Non, j'ai rendez-vous à Fresnes.

On doit établir un suivi médical des toxicos..

..Ă  la sortie de prison. -Je t'accompagne Ă  la voiture.

-Si tu veux. -Je voudrais que tu lises..

..mon manuscrit. -J'ai pas 1 mn.

-J'attendrai !

-Ca ne servira Ă  rien. -Si !

Il faudra faire des corrections.

Et tu connaissais mieux Manu. -Tu écris ce que tu veux.

Tu l'as montré à Mehdi ? -Oui, ça a été dur.

-Tu arrives toujours Ă  tes fins. -Oui, bah, pas avec toi.

C'est vrai, depuis que Manu est mort, j'ai perdu ton amitié.

Tu m'évites. -C'est un reproche ?

-Non, Adrien. Tu me manques.

-Hétéros et pédés..

..ne sont peut-ĂȘtre pas faits pour vivre ensemble.

-T'es fou de penser ça ! -Non, c'est le monde qui est fou.

-Ton filleul va avoir un an. -Je sais. Le 21 juin.

Je n'ai pas perdu la mémoire. -Tu viendras à l'anniversaire ?

-On verra. Ne me force pas, Sarah. -Je ne te force pas.

-Je ne peux pas te déposer, je ne suis pas tout seul.

-Alors, j'y vais.

-Sarah !

Tu as oublié de me donner ton manuscrit.

J'ai pas été trop long ? -J'ai tout mon temps.

Un hélicoptÚre démarre.

...

-Adrien n'avait pas envie de lire mon livre..

..et de se replonger dans une évocation de Manu.

Ce n'était pas le moment.

Il était dans un autre temps, celui d'une belle rencontre.

Car les humains ne possĂšdent pas un Ăąge fixe. Ils savent rajeunir.

Adrien flottait dans un fleuve dont le niveau changeait constamment..

..et le mettait à la portée tantÎt d'une époque, tantÎt d'une autre.

Steve parle italien puis espagnol.

-Tu parles combien de langues ?

En anglais.

-Si je vivais longtemps à l'étranger, je ne me sentirais..

..plus chez moi nulle part.

Coup de klaxon.

-Bonjour ! -Bonjour.

Je te présente Steve... -Hou !

-Je ne suis pas un cabri. -Bonjour.

-Bonjour.

-Vous ĂȘtes amĂ©ricain ? -Oui. Et canadien par mon pĂšre.

Je suis né en Australie. -Steve est un grand voyageur.

Attention !

-Tu m'aides Ă  allumer la bougie ?

-Il s'appelle comment ? -Justin.

-Ah ! -Je t'avais dit.

Je ne suis pas spécialiste. -Attends. Je pose le verre.

-Mets-les comme ça.

-Tu peux m'aider ? -Oui, j'arrive.

Tiens, Steve, vas-y, continue.

-Tiens, donne ça à Steve.

Il faudra profiter du bateau parce que ma mĂšre l'a mis en vente.

C'est le dernier été. -Ah, bon.

Tiens. VoilĂ . -Allez.

-VoilĂ . A toi ! A tes un an. -A Justin !

-A Justin ! -Bon anniversaire !

-Vous restez longtemps en France ? -8 jours.

-Et aprĂšs ? -New York or Vancouver.

-Adrien sait que vous allez repartir ?

-Tu sais que Sandra est positive ? -Oui, je sais.

-Vous n'allez pas..

..la laisser crever en prison ? -On s'en occupe.

-Tu parles ! -Tu sais bien..

..que ça ne dépend pas de moi.

Tu ne crois pas qu'on devrait faire la paix ?

-Je ne sais pas si c'est possible. -On pourrait quand mĂȘme essayer.

Musique d'opéra trÚs rythmée.

...

Sous-titrage MFP.

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