All language subtitles for Bridge to the Sun (1961)

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Original subtitles

LE PONT VERS LE SOLEIL

Ce film est inspiré de la vie de Gwen Terasaki,

telle qu'elle a été racontée dans son autobiographie.

La première fois que j'ai vu Terry,

c'était à Washington pendant l'été 1935.

L'ambassade du Japon donnait sa réception annuelle.

Et bien, tu auras de quoi raconter à tes amis, ma chérie !

Anxieuse ?

Ça alors ! Je n'ai jamais vu autant d'étrangers de ma vie.

Et tous ces Japonais !

Ils sont très gentils.

Attends d'avoir goûté leurs petits-fours.

Je crois que c'est par là.

Bienvenue à notre ambassade.

Voici Mlle Harold et sa tante, Mme Collister.

Fred Tyson, de l'A.A.A :

"Agricultural Adjustment Administration."

Hidenari Terasaki, et l'ambassadeur Debuchi.

Voici Mme Collister,

M. Tyson de l'A.A.A et Mme Tyson.

Mlle Harold, pas Mme Tyson.

Suivez-moi.

C'est l'horreur si on choisit le mauvais groupe de personnes.

C'est Horton, du Congrès, avec sa femme. Va lui parler, Gwen.

Que vais-je lui dire ? J'ignore...

Montre-toi complaisante.

Où sont les toilettes pour dames ?

Ils doivent bien en avoir, même s'ils sont japonais.

Je l'ignore. Mais vous avez raison, ils en ont sûrement.

Bonjour ! Seriez-vous tentée par une de ces spécialités ?

Non merci.

C'est très bon pour la peau, paraît-il.

- Puis-je vous en offrir ? - Non merci.

Comme vous voulez.

Charmante soirée, n'est-ce pas ?

Une femme ne devrait pas être seule à une soirée.

Bonjour, M. Takasouki.

Terasaki. Prénom, Hidenari.

Très difficile à retenir, Mme Tyson.

Mlle Harold. Prénom, Gwen.

Très facile à retenir.

Avez-vous assisté à la réception de l'ambassade du Brésil ?

Ciel, non !

Je ne suis là qu'en visite.

Ma tante mourrait d'envie d'aller à une réception.

Nous sommes allées à celles des Services Postaux et des Scouts.

Puis, Fred nous a invitées ici. C'est une si belle réception.

C'est très joli.

Ecoutez...

Venez. Je vais vous montrer nos curiosités.

C'est gentil, mais vous avez sans doute mieux à faire.

Je vous préfère aux femmes rondes qui posent des questions idiotes.

Je l'ai vue avec l'un d'entre eux. Où est-elle ?

Ne vous inquiétez pas. Sauf en politique, ils sont inoffensifs.

Portrait d'un acteur datant du début du 18e, signé Kyohatu.

Masque utilisé pour les danses "noh", du 18e aussi.

Masque de danses "kogaku", de la période Heiancho.

Où êtes-vous née ?

Johnson City, Tennessee.

C'est une toute petite ville.

Mais c'est magnifique au printemps

avec les rhododendrons en fleurs.

Comme dans la peinture.

Peinte par Sesshu au 15e.

Enfant, il a été puni et attaché à un arbre.

Il a dessiné des souris avec ses pieds.

Elles étaient si réalistes qu'elles ont pris vie

et coupé ses cordes.

Regardez la peinture et non le secrétaire de l'ambassadeur.

Je suis désolée.

C'est juste que je n'avais jamais vu de vrai Japonais de ma vie.

Je n'avais jamais vu de vraie fille du Tennessee.

Qui fait tomber son rouge à lèvre dans le ragoût.

On appelle ce plat "oden".

Voici le plus bel objet de notre ambassade.

C'est Jizo Bosatsu. Taillé dans du bois. 16e siècle.

J'ai découvert un plat américain meilleur que l'"oden".

C'est du bœuf, finement coupé et cuit sur un gril.

C'est le Rooseveltburger.

Le Rooseveltbuger ?

Vendu dans un petit café près d'Annapolis.

Donc, un soir, je vous appellerai...

si M. Tyson de l'A.A.A n'y voit pas d'inconvénient.

C'est vrai que Fred veut qu'on passe toutes nos soirées ensemble.

Il est très fier de son nouveau poste d'adjoint administratif.

Il aime m'en parler.

Jefferson 6-9-8-7, appartement 2.

Numéro de téléphone de l'adjoint administratif ?

Non... le mien.

Jefferson, 6-9-8-7...

appartement 2.

Je n'ai rien à vous apprendre, M. Terasaki.

Vous connaissez si bien ce pays.

J'ai encore des lacunes.

Les Américaines restent un mystère.

Pourquoi se marient-elles si tard ?

Vous pensez que 21 ou 22 ans, c'est tard ?

Au Japon, les filles se sentent femme à 11 ans.

Sans blague ! Moi, j'avais 10 ans.

Mais on aime faire la foire avant de se marier.

Faire la foire ?

Vous savez bien, aller à des soirées, sortir danser...

J'ai toujours trois ou quatre admirateurs à la fois.

Sans compter Fred.

Veuillez ne pas mentionner d'autres honorables soupirants en ma présence.

M. Terasaki !

De plus, vous gaspillez votre salive à m'appeler M. Terasaki.

Dorénavant, appelez-moi Terry.

Je ne vois pas ce qui vous inquiète.

Ces honorables soupirants ne sont pas là ce soir.

J'ai même menti à tante Peggy.

- Vous avez menti ? - Bien sûr.

J'ai dit que j'étais avec une amie.

Pourquoi lui avoir menti ?

Pourquoi ?

Je n'en sais rien.

J'ai juste menti.

Je crois savoir pourquoi.

C'est vrai, Terry.

J'avais peur de leur réaction si je leur parlais de vous.

J'ai été élevée comme ça.

Le pire, c'est que j'avais honte.

Mais plus maintenant, je vous promets.

Bonsoir ! Pourquoi ne dors-tu pas ?

Je n'ai pas fermé l'œil. Fred a appelé toute la soirée.

Sincèrement, je déteste les hommes qui pensent vous posséder,

et qui vous surveille.

Gwen, tu sais que j'ai l'esprit ouvert,

mais rencontrer un homme comme lui à une soirée est une chose,

accepter qu'il devienne un soupirant...

en est autre !

Je sais.

Ça ne me fait pas rire.

Je suis responsable de toi ici.

Ne t'inquiète pas, tata.

M. Terasaki n'a même pas demandé à me revoir.

Tant bien même, jamais cela ne pourrait être sérieux.

Ce doit être Fred.

Elle vient juste de rentrer, Fred.

Un instant, s'il vous plaît.

Allô, Terry ?

Vous ne m'aviez rien dit pour demain.

Avec plaisir.

Après tout, on ne vit qu'une fois...

pourquoi ignorer ses envies ?

Vous voyez, je ne rigole plus.

Coutume purement occidentale.

Abominable.

Avec toutes les fleurs que vous m'avez envoyées,

je peux ouvrir un magasin à mon retour chez moi.

Plus que huit jours.

Sept.

L'Occident a été créé en six jours.

Prenons celui-ci.

Gwen-san.

Oui ?

Au Japon, lorsqu'un homme veut épouser une femme...

il ne s'adresse pas à elle.

Un entremetteur, appelé "nakodo", parle à sa place.

Le manque de temps et le lieu rendent tout ça impossible.

Je parlerai donc pour moi-même.

Hidenari Terasaki aimerait vous prendre pour épouse.

C'est peut-être présomptueux de sa part...

Peut-être ne mérite-t-il pas ce qu'il désire tant.

C'est moi qui ne vous mérite pas.

Je me sens si petite, je sais si peu de choses

et je parle trop.

Mais je vous aime tant,

je ne pourrai pas vivre sans vous.

Il faut demander à vos parents ?

Je leur dirai. Et les vôtres ?

Ils sont morts.

Je dois juste demander à l'ambassadeur.

L'ambassadeur ?

Vous n'êtes pas sérieux. Pourquoi ?

C'est le protocole lorsqu'un diplomate épouse une étrangère.

Mais il sera ravi.

Vous vous souvenez de cette coutume occidentale ?

Abominable.

Vous ne changerez pas d'avis

au sujet de votre mariage avec Mlle Harold ?

Ma décision est prise.

Ne pouvez-vous pas au moins retarder le mariage ?

Ma décision est prise.

Vous pouvez disposer.

Faites venir Mlle Harold, s'il vous plaît.

Vous comprenez, Mlle Harold,

c'est parce que j'ai beaucoup d'estime pour Terry

que je vous parle aussi sincèrement.

Malgré mes propres sentiments, je dois le dissuader de vous épouser.

Sait-il que je suis ici ?

Il est préférable qu'il ne l'apprenne pas.

Terry est assez grand pour prendre ses propres décisions.

Mais il dépend du ministère.

Marié à une non japonaise, il aurait des sentiments partagés,

ce qui n'est pas digne de son poste.

Qui sait quels malentendus pourraient naître

entre des pays amis ?

J'ignorais que le gouvernement japonais

s'occupait de choisir les épouses de ses citoyens.

Peu importe le gouvernement, pensez plutôt à Terry.

Il croit en sa destinée.

Bien qu'il ne le dise pas,

il le regretterait toute sa vie.

Malgré la douleur de la séparation aujourd'hui,

un jour vous seriez fière.

Terry vous en serait reconnaissant plus tard.

Vous pensez qu'il ne m'aime pas ?

L'amour, comme vous l'entendez ici, est un luxe,

que peu de Japonais peuvent s'offrir.

Attendez, Mlle Harold !

Nous devons être raisonnables, Terry.

Ce serait une bêtise de se précipiter comme ça.

Nous devons prendre le temps de réfléchir.

Terry, vous prenez tout trop au sérieux.

Les filles se laissent parfois emporter.

J'ai un train à prendre.

Je vous écris dès que possible.

Fred ne va pas tarder, dépêche-toi.

Oui, tante Peggy.

C'était un homme charmant, pour un asiatique.

On t'aurait soutenue,

si tu étais allée jusqu'au bout.

Mais quand je pense à Fred et tous ces jeunes hommes...

Oui, tous ces jeunes hommes convenables et blancs !

Il n'était ni blanc ni convenable,

mais il était fort et tendre.

Il n'avait pas peur.

On pouvait voir le monde dans son regard.

M. Hara !

M. Terasaki m'a prié d'être son "nakodo".

Votre entrevue avec son Excellence l'a outrée.

Il lui a dit qu'il démissionnerait, s'il ne pouvait pas vous épouser.

L'ambassadeur s'est tu, il a soupiré et répondu...

qu'il devait y réfléchir.

M. Terasaki aimerait savoir si...

Là !

C'est mon oncle, celui avec la canne.

J'espère qu'ils m'aimeront.

Ils vont t'adorer.

Souviens-toi bien des coutumes.

Tu dois dire : "Je prie votre bonté."

- En t'inclinant. - Je sais.

D'abord devant ton oncle, puis ta tante.

Pas d'effusion de sentiments. Surtout avec toi !

Voici mon oncle Goruku.

Tante Sei-san.

Ma femme, Gwen. Voici mon grand ami, Jiro.

J'ai l'impression de déjà vous connaître.

Terry m'a tant parlé de vous.

Je suis ravi de rencontrer l'épouse de mon ami.

Et voici Ishi.

Le cousin préféré de Terry. Je vous connais bien aussi.

Bienvenue au Japon, charmante dame.

Oh Ishi, vous êtes chou !

C'était plus fort que moi, chéri. Il est si mignon.

Que se passe-t-il ?

Sa Majesté va passer. Viens.

Qu'est-ce qui lui prend ?

On ne regarde pas sa Majesté de haut.

On ne peut même pas le regarder ?

Il est le descendant direct du dieu soleil.

Si tu le regardes, tu perds la vue.

Tu ne peux pas croire ça !

Tout ce que je voulais voir, c'était les roues !

Pardon ?

Tu dois retirer tes chaussures.

Je m'en sors comment ?

Très bien, Gwen-san.

Je ne sais pas quoi faire de mes pieds !

Nos coutumes

sont difficiles pour les Américaines.

Tante Sei-san serait bien embêtée devant un poulet frit et du maïs.

Ce n'est bon que pour eux.

Le Japon a beaucoup changé pendant ton absence.

Oui, l'université aussi.

Gwen saura s'adapter.

Ma tante dit que tu dois te retirer.

Mais je ne suis pas fatiguée.

Je préfère rester discuter avec vous.

On va parler entre hommes.

Fais ce qu'elle te dit, je t'en prie.

Mais Terry !

S'il te plaît !

J'ai des fourmis dans le pied.

Buddha voulait sûrement qu'on utilise des chaises.

Ce mode de vie doit te sembler bien étrange,

mais tu t'y feras.

Je l'espère.

Je sais que j'ai fait de gros impairs aujourd'hui,

mais je veux être une bonne épouse.

Je veux m'intégrer.

Mais tout me semble si différent.

Tu n'étais pas le même homme ce soir, dans ce kimono.

C'est comme si j'étais dans un monde et toi, un autre.

C'est le même monde.

C'est ça, serre-moi fort dans tes bras.

J'ai juste un peu le mal du pays.

Voilà qui explique le cactus.

Je sais que c'est idiot.

Ma mère me l'a ramené du Texas.

Ça me rappelle un peu chez moi.

Moi, ça me rappelle que je dois me raser.

Je t'aimerais, même avec une barbe.

Autre chose...

tu n'as pas à frapper à la porte...

pas pour moi.

Notre séjour à Kyoto était plus qu'une lune de miel.

Terry m'ouvrit les yeux

sur la beauté de son pays.

Mes parents nous attendaient.

Ils nous attendaient ?

On rend toujours visite à ses parents pour les grandes occasions :

un mariage, une naissance...

avant de mourir, si on sait que l'on va mourir.

Tu es sûr qu'on est seuls ?

Un peu plus sur la gauche.

Tu t'inquiètes trop.

Il y a un couple qui en a pris pour 90 jours pour avoir fait ça.

"Gyozui" ne veut pas seulement dire se laver...

c'est un moyen de reposer l'âme...

de retrouver la sérénité et...

Il ne va pas venir ici ?

Ma femme, Gwen.

Voici le baron Otobi, un ami de mon père.

Enchanté, Mme Terasaki.

Enchantée !

Demande-lui de partir, Terry.

C'est un représentant libéral au gouvernement.

Lui aussi croit en l'amitié avec l'Ouest.

Peux-tu me passer la serviette ?

J'admire les choix politiques de votre mari...

et son choix pour son épouse.

Merci, baron. C'est très gentil.

Passe-moi la serviette !

Ma femme est gênée.

Si vous pouviez lui dire qu'au Japon

exposer sa poitrine n'est pas considéré indécent...

Si tu ne me donnes pas la serviette...

Alors qu'exposer son dos et son cou est considéré indécent.

Je t'en prie, Terry !

Je dois y aller.

J'espère vous revoir bientôt.

Au revoir !

Je ne voulais pas rentrer à Tokyo, mais Terry devait travailler.

J'avais mes devoirs aussi.

Je voulais tant être une bonne épouse et une bonne maîtresse de maison.

Fait-il toujours aussi chaud et humide à la saison des pluies ?

Ou c'est juste moi ?

"Tsuyu", saison triste.

On se dispute, les femmes pleurent.

Beaucoup se font hara-kiri.

Comme c'est charmant.

Tante Sei-san te rappelle "onna daigaku" :

le devoir des femmes.

La femme doit être pudique, obéir à son mari...

Je sais !

On me le rappelle deux fois par jour.

Pardonne mon indiscrétion,

mais pendant ces 9 années de mariage avec Jiro

as-tu toujours suivi les règles ?

J'ai essayé, Gwen-san.

N'as-tu jamais essayé, par exemple,

d'interrompre ce petit comité qu'ils forment tous les soirs ?

Quand les honorables invités s'enivrent...

sans parler de l'honorable hôte.

Il est important de bien comprendre le nouveau Japon, Dr Jones.

Notre destinée est d'unifier l'Asie

sous le drapeau japonais.

Nous devons convaincre les nations, même par la force.

Vous approuvez ?

Vous demandez à un chrétien de défendre l'utilisation de la force !

L'Ouest ne nous laisse pas le choix.

Un jour, vous aurez un fils, Terasaki-san.

Un fils qui mourra

pour l'Empereur.

J'espère que lorsque j'aurai un fils,

il n'aura pas à mourir pour l'Empire.

Bravo !

Le Japon doit viser la paix, et non la guerre.

Des idéaux américains qui ne nous conviennent pas.

Si on les écoute, on finira comme eux : gâtés et faibles.

Foutaises !

C'est ridicule, chéri.

Sers donc nos invités.

Toutes mes excuses.

Je veux bien lui répondre.

Quand je dis qu'ils sont faibles, je ne parle pas physiquement,

mais mentalement...

C'est n'importe quoi !

Je sais que je ne dois rien dire...

Il se fait tard.

Nous poursuivrons cette conversation dans un lieu plus propice.

Vas-y, dis-le !

J'ai déshonoré ta famille.

Je ne vais pas me fouetter parce que j'ai fait un petit impair.

Un petit impair ?

Tu as oublié ta place dans mon foyer, tu as insulté un invité.

Qui a insulté qui ?

Pourquoi tu t'énerves d'abord ?

Tu n'étais pas d'accord.

C'est le privilège de l'homme.

Tu as été impolie et humiliante.

Ça passe peut-être au Tennessee...

Au moins là-bas, ils respectent les femmes !

Depuis qu'on est arrivés ici, tu me brusques

comme un samouraï du 14e siècle.

16e siècle !

On est au 20e siècle !

Je veux bien passer après toi,

m'incliner devant tes amis et ta famille,

mais si je ne peux pas parler sans causer un scandale !

Alors, ne parle pas. C'est la coutume.

Tes coutumes, pas les miennes !

Elles appartiennent au Moyen Age.

J'en ai marre de devoir sourire,

même quand j'ai des envies de meurtre.

J'en ai marre de ces règles,

qui font passer les devoirs avant les hommes.

J'en ai assez de cet endroit où on doit cacher ses émotions,

où les femmes font partie des meubles.

Et cette coutume des pères

qui vendent leur fille.

Arrête de pleurer !

Je fais ce que je veux !

Les Américaines pleurent toujours !

Je sais comment on m'appelle au ministère :

"La sottise de Terasaki."

Ma tante et l'ambassadeur avaient raison.

J'aurais dû les écouter.

Je suis content que vous soyez venu.

Jiro-san me fait découvrir les mystères des maisons de Geisha.

Comme beaucoup d'étrangers, il croyait que c'était une maison close.

C'est un endroit agréable pour boire

et parler affaires ou finances...

Ou politique.

Tout en étant diverti par des Geishas,

expertes en chant et en danse, avec qui l'on peut converser.

Et cela n'ennuie pas les épouses japonaises ?

Au contraire,

tout ce qui peut apporter joie et réconfort à leur mari les ravit.

Terry-san a l'air triste

ce soir.

Il doit avoir besoin de joie et réconfort.

Peut-être veut-il sentir les doigts

de Kyo-san sur son cœur...

pour le libérer du lourd fardeau de son mariage ?

J'ai été cruel et stupide.

Je ne veux pas d'une épouse japonaise, je te veux toi.

J'ai été si méchante avec toi.

Mais quand ce général s'est mis à parler

des fils qui meurent pour l'Empereur,

j'ai eu peur, parce que c'était trop réel.

Il parlait de notre fils.

Ne vois-tu donc pas ce que j'essaie de te dire ?

Bien sûr...

je ne peux pas garantir au général que ce sera un fils.

Ne t'inquiète pas. Si c'est une fille, on la vendra !

Tu ne m'en veux pas si on déçoit le général ?

J'ai un secret à t'avouer.

J'ai toujours voulu une fille.

Ce n'est pas très japonais.

Ton pays est en guerre contre la Chine

et on ignore ce que l'avenir nous réserve.

Chez moi, si on mise sur le mauvais cheval,

on ne perd que son travail.

Mais dans ton pays...

Je sais qu'à cause de moi on t'accuse d'être antipatriotique.

Ma politique n'a rien à voir avec toi.

Avoue que si ta femme venait de Tokyo,

tout serait différent.

Très différent !

Sans toi, je serais froid et vide,

sans courage et sans cœur...

Je ne veux pas la vendre !

On l'appellera Mako.

Elle sera le pont qui nous relie.

Je vous souhaite à tous un joyeux Thanksgiving.

Je m'estime heureux

de pouvoir vivre dans un pays,

où nos dirigeants peuvent s'asseoir à table pour Thanksgiving

et découper une dinde au lieu d'une carte du monde.

La moitié du monde était en guerre,

quand Terry a été muté à Washington.

Nous étions encore en paix,

mais le danger se rapprochait de plus en plus.

Il y a un appel longue distance pour vous, de Tokyo.

C'est scandaleux comme il travaille depuis votre retour de Tokyo.

Il a besoin de repos.

C'est dur pour un homme

qui veut réunir deux pays à mains nues.

La santé de Mako ne s'améliore pas. Les médecins sont inquiets.

Trop d'anticorps

dans son sang.

On a parlé avec le chirurgien hier.

Pas de solution pour l'instant.

Qu'est-ce qu'il dit ? Je ne suis pas malade !

Il plaisante, ma chérie.

J'essaierai.

Mako et tante Peggy sont perplexes.

Hara est sur écoute.

Nous aussi, sûrement.

Des nouvelles ?

J'aimerais être seul avec Dr Jones.

Je vais te montrer ma nouvelle robe, tante Peggy.

C'était Hara.

L'infanterie a été envoyée en Indochine.

La Thaïlande va être envahie d'ici peu.

Pourquoi vous le dire à vous ? Tokyo a dû prévenir l'ambassadeur.

L'ambassade a changé.

Il faut être très prudent.

L'ambassadeur essaie de garder de bonnes relations.

Son personnel les détruit.

Le message a été intercepté, dans nos locaux.

Vous ne pouvez rien faire ?

Attendre que la guerre éclate ici.

Seul l'envoyé spécial Kurusu peut nous aider.

Ou vous, Dr Jones.

Je ne vous saisis pas.

Gwen dit que vous être un ami du Président Roosevelt.

Depuis longtemps.

Pourriez-vous le rencontrer ?

Il faudrait que ce soit grave.

Grave...

Kurusu et moi pensons que c'est notre dernier espoir.

Le président doit être mis au courant de tous les faits.

Il doit prévenir l'Empereur

de la catastrophe qui se prépare et plaider pour la paix.

Un télégramme personnel, sans l'avis de votre gouvernement ?

C'est risqué, non ?

Les conseillers de l'Empereur lui cachent la vérité !

Comment saura-t-il que son pays court à sa perte ?

S'il le sait, il pourra utiliser le peu de pouvoir qui lui reste.

Vous nous aiderez, Dr Jones ? Nous tous ?

Bien sûr.

Tenez-moi au courant.

- Au revoir, Dr Jones. - Au revoir.

Au revoir, Terry.

Notre ami a accepté.

- Il va le faire, alors ? - Aujourd'hui.

A 16 h 00.

Oui, Dr Jones.

Ravi d'entendre que votre livre ait été accepté.

Gwen vous embrasse.

Merci, Dr Jones.

Le télégramme est parti hier.

Vendredi 5 décembre

Tu es en retard, papa.

Comment va ma petite Geisha ? Et sa maman ?

Tu as l'air fatigué. Des nouvelles ?

Aucune. C'est peut-être bon signe.

On est le 6, le télégramme a dû arriver.

On vous suspecte ?

Je n'en sais rien.

On a vu Ushira sortir de mon bureau après mon départ.

Demain, c'est dimanche. Promets-moi que tu vas te reposer.

Arrête de me presser.

On sera ensemble pour Noël, c'est promis.

Mets de la musique, Mako.

Quelque chose de gai.

Bonjour, Steve.

Bonjour.

Votre mari a essayé de vous joindre.

Vous devez le rappeler.

Merci. Allons boire un bon chocolat chaud.

Ça te dit du chocolat chaud ?

Oui !

- Qu'est-ce qu'ils ont tous ? - Je n'en sais rien.

Elles ne savent pas ?

Je ne resterai pas une minute de plus, c'est sûr !

Les jaunes ne me zigouilleront pas !

Emily !

... sur les forces américaines à Pearl Harbor.

L'attaque sournoise du Japon a été préméditée

au jour et à l'heure près

et se devait suffisamment brutale

pour empêcher aux Américains d'appeler une riposte

dans le Pacifique, nouveau théâtre des opérations.

Honolulu nous informe que l'attaque sur Pearl Harbor

a causé beaucoup de victimes.

A Washington, le président Roosevelt parle de contre-attaque.

Ecoute-moi bien.

Fais ce que je te dis.

Rentre au Tennessee avec Mako. Je ne veux pas que tu sois impliquée.

Désolé.

Allô ?

Opératrice ?

Allô, Steve ?

Ce sont les ordres. Je ne peux pas utiliser le téléphone.

Je vais à une cabine !

- Je sortais. - J'ai à vous parler.

Burton, du FBI.

Entrez, M. Burton.

Ma tante, Mme Collister.

Enchanté.

En attendant les dispositions finales, des règles s'imposent :

pas de visite, pas de coup de fil.

Si vous voulez sortir, nous devrons garder un œil sur vous.

Quand verrai-je mon mari ?

Je n'en sais rien.

Il est retenu à l'ambassade.

Mais vous pourrez lui dire au revoir.

Où va-t-il ?

Au Japon.

Tout diplomate ennemi est déporté.

- Et leur famille ? - Bien sûr.

Ne vous inquiétez pas.

Vous êtes américaine, vous pourrez rester ici.

Et si une Américaine veut suivre son mari ?

C'est ridicule, Gwen.

Je parlais à M. Burton, tante Peggy.

Rien ne l'en empêche

légalement.

Mais d'un autre côté...

Continuez.

Ce sera une épreuve difficile.

Le ressentiment contre les Japonais est fort ici.

Imaginez ce que c'est là-bas contre nous.

Gwen, tu ne penses pas sérieusement...

Quand sera-t-il déporté ?

Lors de l'échange de ressortissants.

Quand partirons-nous ?

D'ici deux semaines.

Quelle est la procédure ?

- Vous devez remplir un formulaire. - Ne fais pas ça !

Pense à Mako. Ils vont te tuer !

Tais-toi, tante Peggy.

Continuez.

Puis vous serez débarquées.

Je croyais que papa venait.

Il est parti devant avec les hommes.

Votre attention, s'il vous plaît.

Les cars sont prêts.

Ils vont nous conduire à la gare.

Vous aurez plus d'informations après.

Avancez.

Il y a beaucoup de gens dehors.

Ne les écoute pas.

Bon débarras ! On se retrouvera à Tokyo !

Et regardez-la. C'est pas une Nipponne !

C'est une Blanche !

Elle est blanche !

Qu'est-ce que vous fichez avec ces singes ?

Ce sont des imbéciles, ma chérie.

Ne les écoute pas.

Je t'avais dit de ne pas venir.

Tu te souviens la dernière fois qu'on était ici ?

Ce serait mauvais pour Mako et toi.

C'était ici...

juste avant le départ de mon train.

Laisse-moi partir seul.

Hourra à nos belles victoires.

Deux millions de morts en 10 mois de guerre.

Hara vient dîner. Est-ce que ça ira ?

Tout dépend du gars aux rations...

Pourquoi le ministère des affaires étrangères veut-il te voir ?

Le haut fonctionnaire transféré de Manille veut me voir.

- Tu n'as pas revu Nemoto ? - Ne t'inquiète pas.

Je n'y peux rien. J'ai peur pour toi !

En tant qu'ex-juge, Nemoto connaît des gens utiles.

Il me donne des noms.

Si quelqu'un peut former un parti de la paix, c'est bien lui.

Non, trop évident pour être de la police secrète.

Ne dois-tu pas aller chercher Mako ?

Fais attention à toi, Mme Johnson City !

Vous ! Marchez sur le drapeau !

Je ne le ferai pas !

- Marchez sur le drapeau ! - Non !

Que s'est-il passé ?

Un garçon m'a frappé.

Ce n'est pas grave.

Il m'a traitée d'Américaine.

Oui, je vais bien. Mako est avec moi.

Dieu merci, vous êtes sauves. J'étais si inquiet.

L'administrateur vous attend.

A ce soir.

Depuis ton retour à Tokyo...

Comment va ta femme américaine ?

Puis Jiro est allé droit au fait : je suis exclu des clubs patriotiques.

On m'a entendu parler de défaite

et j'ai des mauvaises fréquentations.

Que peut-il savoir de plus ?

Il n'a aucune preuve.

Je ne serais pas ici, sinon.

Continue.

Sachant que je regrette mes péchés, il ne m'arrêtera pas.

C'est un geste d'ami, alors.

On voit que ma femme n'est pas japonaise.

Son prix ?

Ça reste correct.

Je dois jouer un rôle actif au ministère de la guerre.

Puis pour prouver ma loyauté, je dois renvoyer

ma femme en Amérique.

Imaginez ma réponse.

Il y a quelqu'un dehors.

Qu'y a-t-il ?

Vous cachez un ami de Nemoto, recherché par la police.

- Vous perdez votre temps. - Le ministère m'envoie.

Ne t'en mêle pas, je t'en prie !

Attends ici.

Je vous l'avais dit.

On reviendra.

Je sais. Je m'inquiète pour lui aussi.

Il ne va pas bien.

Mais il refuse de l'admettre.

Il souffre de migraines.

Parfois, il ne peut même plus bouger.

- Il a vu un médecin. - Et alors ?

Il a besoin de repos. Il faut lui épargner les soucis.

Lui épargner les soucis. Ils me font rire.

Jiro agit vite. Et ce n'est que le début.

On sera constamment suivis et questionnés.

Surtout si vous restez à Tokyo.

J'ai une maison à Sagami.

Ma nièce y habite.

Allez-y maintenant.

Et le rationnement ?

C'est comme à Tokyo.

Mais c'est un village, vous y serez bien.

Hara a raison. Mako et toi y serez en sécurité.

Ce serait peut-être bien pour nous.

Je vais voir Mako.

Bonne nuit, Saburo.

Le dîner était délicieux.

J'aimerais une épouse qui cuisine un festin sans provisions.

Merci, Hara-san.

J'enverrai Mako et Gwen le plus vite possible.

Hé, couche-tard, pourquoi tu ne dors pas ?

J'ai pas sommeil.

Est-ce que ça te plairait de partir vivre à la campagne...

loin de Tokyo et des raids aériens ?

Oh, oui. J'aime pas cette école !

Parce qu'ils te traitent d'Américaine, c'est pour ça ?

Il n'y a pas que ça.

Ils m'embêtent, même ma maîtresse.

Que disent-ils ?

Allez, tu peux me le dire.

Ils posent des questions sur papa.

Pourquoi il ne se bat pas comme les autres ?

Que leur réponds-tu ?

Rien.

Pourquoi il ne se bat pas ?

Parce que ton papa fait ce qui lui semble juste,

à sa façon...

sans porter un uniforme.

Entrez.

Un jour peut-être, pour notre 50e anniversaire de mariage,

tu ne frapperas plus !

J'ai entendu ce que Mako a dit.

Comment peut-elle comprendre ce que moi je ne comprends pas ?

Quand j'ai vu les Américains bombarder la ville...

et tuer mon peuple...

je me suis demandé...

ce que je ferais si j'avais le doigts sur une gâchette...

Est-ce que je tirerais ?

J'ai honte parce que je ne sais pas.

Je ne sais pas !

Ishi, te voilà un adulte et un soldat !

Je ne suis pas un soldat.

Capitaine chez les kamikazes.

Groupe-suicide.

Oh, non !

Mourir pour les descendants du dieu soleil est une joie.

Vous ne comprenez pas.

Je suis la femme d'Ishi.

Le senninbari d'Ishi : aiguille d'un millier de personnes.

Chaque point représente une prière pour lui.

Pauvre Ishi.

Pourquoi ?

Il mourra heureux, comme tout homme certain de sa destinée.

Et sa femme ?

Regarde, l'océan !

Kiku ! Voici ma femme et ma fille, Mako.

Vas-y, sers toi.

La petite est à moi, ne la défais pas.

Pourquoi ne déferait-elle pas ta valise ?

Je rentre à Tokyo ce soir.

Tu ne serais pas venue si tu l'avais su.

J'ai du travail. On a besoin de moi.

Je reviendrai aussi souvent que possible.

Voir si tu te tiens bien !

Jiro avait peut-être raison.

Si ta femme et ta fille étaient rentrées en Amérique,

ils te laisseraient tranquille.

C'est vrai. Et tu serais en sécurité là-bas.

Regarde-moi, Gwen.

Veux-tu que je vous y envoie ?

Tu veux que j'y aille ?

Cette situation continua des années...

Mako ne connaissait que cette existence.

Le plus difficile était l'attente.

Pour Terry, le travail à Tokyo comptait plus que tout.

Ses visites à Sagami se faisaient de plus en plus rare.

Est-ce que tu vas bien ?

Et toi ? Et Mako ?

Ce que tu nous as manqué pendant tous ces mois !

Ils commençaient à nous soupçonner.

Je devais quitter Tokyo.

Hara et Nemoto vont venir ici.

Je veux fêter ton retour.

Il y a une poule que Mako a surnommée Blanche Neige.

Elle appartient au shérif.

Il est si petit qu'on l'appelle le 8e nain.

J'aimerais qu'il me la vende.

Tu m'as tant manqué.

Réveille-toi, Terry !

La police arrive !

Retiens-les. En anglais.

Bonjour !

Vous venez vendre votre poule ?

Tokyo ?

Vous parlez anglais ?

Un petit peu.

Quel charmant accent !

Où est Terasaki-san ?

Mon mari est à Tokyo.

Il travaille là-bas.

Quand vous a-t-il vue ?

C'était il y a très longtemps. Il ne peut pas s'absenter facilement.

Pardon ?

Quand vient-il ?

J'aimerais bien le savoir. Bientôt, je l'espère.

Je ne comprends pas.

Radio ! Vous écoutez la radio américaine ?

Une radio, ici ? Bien sûr que non.

Le chef de la police le saurait si on en avait une.

Je vous en prie...

Vous voulez voir ?

Vous avez de l'eau ? Ma voiture veut de l'eau.

Apporte de l'eau pour la voiture de ce monsieur.

Il reviendra.

Seulement si le 8e nain a des doutes.

Il te fait confiance ?

Je n'en sais rien.

Opérations dans le Pacifique...

Selon le Général MacArthur, Iwo Jima vient d'être capturée.

C'est la plus grande victoire de cette guerre du Pacifique.

Les victimes japonaises sont nombreuses : 70 000 morts.

Située à 100 km de Tokyo,

l'île d'Iwo Jima servira de base pour les raids sur le Japon.

Peux-tu contacter Yoshida ?

Ce sera difficile. Il est surveillé.

Je vais essayer.

Fujita-san, à Osaka, peut le joindre.

Quand je le verrai, je lui...

Ils photographient les bases sur la baie.

Les bombardiers suivront.

Et puis, ce sera l'invasion...

avec des millions de morts.

Nous devons le souligner à nos amis, à Osaka.

Je te préviens,

évite le centre ville, il grouille de Kenpeitai.

Avec mon estomac,

une balle vaut mieux que mourir lentement de faim.

Maintenant que l'Allemagne Nazie a capitulé,

les Américains transfèrent leur armée sur le Pacifique.

De plus en plus d'hommes et de navires

seront envoyés là-bas.

Bientôt, pas un mètre carré au Japon

ne sera à l'abri de l'Oncle Sam...

C'est une honte que vos garçons

se battent et meurent dans cette jungle,

pendant que leurs fiancées et leurs femmes

vont danser et embrassent ces riches soldats.

En souvenir des beaux jours, écoutons...

Tokyo Rose est en pleine forme ce soir.

Pourquoi ne dessines-tu pas quelque chose de plus gai ?

Comme quoi ?

Il y a des choses plus joyeuses

comme les oiseaux, les arbres...

Ecoute.

Ça me rappelle mon enfance dans le Tennessee.

Tu connaissais des ploucs ?

On dit des montagnards. C'est plus gentil.

Tu sortais avec eux ?

Et comment !

Il y en avait au moins quatre qui me couraient après.

Des grands baraqués qui tiraient à la carabine...

T'avais un préféré ?

Fred Tyson de l'A.A.A.

Ton père a toujours été jaloux

depuis notre premier rendez-vous.

Vous avez fait quoi ?

On est juste allés manger un Rooseveltburger.

Un Rooseveltburger ? C'est quoi ?

Un gros hamburger bien juteux...

C'était une belle soirée.

On avait décapoté la voiture.

En rentrant, on a chanté.

Dans 20 minutes, ils bombarderont Tokyo.

Le riz !

Où est le riz, Mako ?

J'en sais rien. Kiku est allée chez son oncle...

Il y en avait encore ce matin.

C'est moi qui l'ai pris.

- Quoi ? - Je l'ai donné à Nemoto.

Comment as-tu pu faire une chose pareille ?

Laisse-nous, Mako.

Je l'ai envoyé à Osaka.

Il n'avait plus de ration. Il doit manger.

Et nous, on n'a pas besoin de manger ?

C'était aussi pour Mako !

Vous prendrez ma part.

C'est vrai. Le code du samuraï : alors qu'il meurt de faim,

il se cure les dents montrant que la faim ne compte pas.

Tu as déjà risqué ta vie, ça ne suffit pas ?

- Tu ne vas pas bien. - C'est faux. Je suis fort !

Tais-toi.

Tu ne tiendrais pas deux jours en prison.

Et pour quoi ?

Cela se terminera avec ou sans toi !

Ce que je fais est peut-être inutile.

Je suis bien conscient du peu que j'ai accompli,

mais c'est mon devoir.

Oui, ton devoir.

Le "giri", ce devoir dont vous parlez tout le temps.

Il passe avant l'humanité.

Vous faites sauter le monde en son nom.

Tu l'as en toi :

pour le Japon, l'Empereur, la paix, ta conscience...

Et moi, dans tout ça ?

Je me sens si seule ici.

Je suis si fatiguée, j'ai faim...

J'ai besoin de toi, Terry.

Aime-moi un petit peu, Terry,

je t'en prie.

Maman, on peut aller au village ?

D'accord.

C'était plutôt raté.

Baisse-toi, Mako !

Maman !

Tu vas bien ?

Assez !

Il n'y a pas assez de bois sec pour Natsu.

Si seulement elle pleurait.

La coutume veut qu'on ne montre pas son chagrin.

- Qu'y a-t-il ? - La police te cherche !

Vite !

Où vas-tu ? Il te faut à manger !

Kiku !

Les années ne vous marquent pas.

Vous n'avez pas changé depuis votre lune de miel, ici.

Vous êtes certaine de ne pas en vouloir ?

Non merci. Je n'ai pas faim.

Je sais... ma nourriture est indigne.

Vous savez pourquoi je suis ici. J'ai une faveur à vous demander.

Terry et vous avez été bons amis.

C'est une raison suffisante pour ne pas lui faire de mal.

Sait-il que vous êtes là ?

Non.

C'est une vertu des Américaines, cette loyauté.

Pas quand on aime un homme.

Un homme qui se bat contre son propre pays !

Alors que ses amis et ses frères se font tuer.

Son cousin Ishi est à l'hôpital de Chusinno

sur son lit de mort.

Ishi ! Oh, non.

Je détecte de la pitié ?

Merveilleux !

J'ai pitié aussi... même pour Terry.

Peut-être...

que nous pouvons trouver un terrain d'entente.

Je vous présente Mme Terasaki.

- Voici Mme Hatano. - Enchantée.

Mme Terasaki, c'est bien que vous soyez mariée à un des nôtres.

Jiro-san m'a parlé de vous

et je me suis dit que ce serait bien de vous inviter un soir.

Tokyo Rose !

Comme c'est gentil, vous m'avez reconnue.

Comment oublier cette voix ?

Vous n'allez pas refuser ?

Juste pour être entendue sur les ondes avec Mme Hatano.

Et pour prouver ma bonne volonté,

voici des tickets de ration.

C'est très tentant !

J'imagine toute cette nourriture.

Mais je ne pourrais pas l'avaler.

Elle me resterait en travers de la gorge !

Vous ne voulez pas revoir votre mari ?

Oh, si ! Mais ce serait la meilleure façon de le perdre.

Terasaki-san !

Comment va Ishi ?

Il est là.

Vous vous souvenez de moi ? Je suis Gwen.

Bienvenue au Japon, charmante dame.

Pourquoi la renvoyez-vous ? C'est votre femme, elle vous aime.

C'est pour cela qu'elle doit partir.

Je ne veux pas qu'elle me voie mourir.

C'est pour quoi faire ?

"Kagezen".

"Kagezen" ?

Si on met de la nourriture près des habits d'une personne disparue,

elle reviendra.

Va chercher de l'aide au village !

C'est bon d'être à la maison.

Je suis si fatigué...

Nuit après nuit, je me cachais dans les collines...

Et je pensais...

à quel point c'est difficile de garder un pied dans ton monde

et un dans le mien.

Parce que je...

je me bats contre moi et contre toi.

Je sais.

Puis il y a eu Nagasaki... Hiroshima...

il faut que ça s'arrête.

Si seulement ça pouvait arriver.

C'est honteux ! Traiter un homme comme un coussin à épingles.

Il a soigné beaucoup de villageois.

Regarde, maman !

Un cadeau du 8e nain.

Je lui ai dit que papa était malade et il me l'a donnée.

Il a dit que le village viendrait écouter la radio.

La radio ?

L'Empereur va parler.

En personne, pour la première fois de l'Histoire.

Nous sommes conscients...

des sentiments les plus profonds...

de notre peuple...

Cependant...

nous avons décidé d'ouvrir la voie à la paix...

pour les générations à venir...

en supportant l'insupportable...

et en subissant l'insoutenable...

Que notre nation devienne une grande famille...

réunissant les générations...

Qu'elle entretienne les voies de la rectitude

et la grandeur d'âme.

Si ces Américains pensent qu'on va s'incliner devant eux !

Tu me vois m'incliner devant mon cousin Alfred !

C'est fini, Mako.

Toute cette haine, cette vengeance. C'est fini !

C'était bel et bien fini.

Toute cette tuerie et cette haine.

Une fois Terry remis sur pied,

on partit en deuxième lune de miel, à Kyoto.

L'hôtel n'avait pas changé.

On devrait amener Mako ici.

Lui montrer la fameuse baignoire où j'ai rencontré le baron Otobi.

Tu ne m'as jamais pardonné, n'est-ce pas ?

Lui au moins portait la barbe.

Vous devriez rentrer en Amérique.

Mako doit apprendre à connaître le pays de sa mère.

Elle le découvrira un jour.

Non, elle doit y aller maintenant.

Tant qu'elle est jeune.

Qu'elle oublie ces préjugés et devienne notre lien.

Je veux que tu l'inscrives à l'école de Johnson City.

Et te laisser ici tout seul ?

Je vous rejoindrai plus tard.

Je ne peux pas rentrer sans toi.

Je veux te présenter à tout le monde.

On ira l'an prochain.

Non. La semaine prochaine.

Mako et toi.

On en reparlera.

Repose-toi un peu.

Il fait trop beau.

Je vais aller à la poste chercher le courrier.

Tu sais ce qui arrive aux femmes qui ont des maris invalides ?

Avez-vous vu mon mari ?

- Il allait vers le temple Kodaiji. - Merci.

On rend toujours visite à ses parents pour les grandes occasions :

un mariage, une naissance...

avant de mourir,

si on sait que l'on va mourir.

Pourquoi ?

Pourquoi Terry ?

Pourquoi ?

Pourquoi la renvoyez-vous ?

C'est votre femme. Elle vous aime.

C'est pour cela qu'elle doit partir.

Je ne veux pas qu'elle me voie mourir.

Terry, tu n'as pas frappé.

Oh, chéri...

Enfin, après toutes ces années, tu n'as pas frappé.

Merci, Saburo.

De quoi ?

D'avoir été le "nakodo" de Terry, à Washington.

C'est à Terry de me remercier.

Il va mourir, n'est-ce pas ?

Dis-moi la vérité, je pars.

Finis les mensonges.

C'est tellement facile de se mentir.

Je l'ai toujours su, je crois,

depuis sa visite chez le médecin.

Mais je ne voulais rien voir.

J'essayais de me convaincre que ça ne pouvait pas lui arriver.

- Combien de temps lui reste-t-il ? - Quelques mois peut-être.

Il nous aime. Il n'a que nous.

Pourtant, il veut qu'on parte.

La mort est belle, mais mourir ne l'est pas.

Il veut qu'on se souvienne de lui en bonne santé.

Pouvez-vous le comprendre ?

J'ai beaucoup appris pendant toutes ces années.

Je ne comprends pas encore tout.

Mais j'ai appris à accepter.

Surtout donne de l'eau à Blanche Neige.

Les gens oublient qu'une poule a besoin d'eau.

D'accord. Je lui donnerai un verre d'eau tous les soirs.

Je te le promets.

Adieu.

Ta vie avec moi a été un cauchemar.

Ne dis jamais ça !

Si c'était à refaire,

je ne changerais rien... avec personne d'autre que toi !

Nous t'attendrons.

[rarelust]

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