All language subtitles for Spies.Of.Warsaw.S01E02

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Original subtitles

Apparemment, les Allemands pr�parent un autre genre de combat.

Encore vos pr�dictions moroses sur la probabilit� d'une guerre ?

Dois-je �tre jaloux du colonel ?

Je t'aime, Anna. J'avais oubli� ce sentiment.

Ils ont emmen� Max !

Ils l'ont emmen� cette nuit comme un vulgaire criminel !

Je dois lui parler. Je veux pouvoir m'expliquer.

Elle est rong�e par la culpabilit� et la col�re

car rien ne serait arriv� � Max si elle n'�tait pas tomb�e amoureuse.

Pour convaincre Paris de sauver votre peau, il me faut un nom.

C'�tait Chaika.

Il y a un homme qui peut vous aider.

Il a �t� professeur de langues anciennes.

Il se cache en Tch�coslovaquie car il est recherch� par la Gestapo.

Vous devriez vite y aller.

Je crains qu'il ne reste pas longtemps de ce monde.

T�l�phone, mon colonel.

�a ne peut pas attendre que j'aie bu mon caf� ?

Il y a eu des tirs.

Vous �tes le colonel Jean-Fran�ois Mercier,

attach� militaire � l'ambassade de France � Varsovie.

Vous ne faites pas que cela, mon colonel ?

Que faites-vous ?

Je cherche les gens comme vous

qui compromettent la s�curit� de mon pays.

Vous avez aid� un couple russe � fuir. Pourquoi ?

Ils craignaient pour leur vie.

Ils vous ont donn� des informations en �change.

C'est comme �a que �a marche.

J'aimerais conna�tre ces informations.

Je ne vous le dirai pas. Vous perdez votre temps.

Nos pays ne sont pas en guerre, mon colonel.

Pas encore, non.

Esp�rons qu'ils ne le soient jamais.

Nous travaillons tous les deux dans l'ombre.

Je crois que vous aimez une jeune femme ici.

Anna Skarbek ?

Quel est le rapport ?

Le rapport, c'est que nous avons une vie � c�t�.

Personnellement, je suis mari� et nous attendons un b�b�.

Comment reverrez-vous votre famille ? Vous ne sortirez jamais de Pologne.

Vous avez un mort et un homme qui saigne comme un porc.

Et votre voiture perd du carburant.

Pouvez-vous nous laisser, infirmi�re ?

Vous avez vu ce sourire ? Je lui plais.

- Comment allez-vous ? - Il est trop t�t pour dire.

Qu'y a-t-il eu ?

On est arriv�s quand la voiture explosait.

Et les Allemands ?

Un � la morgue, deux dans nos cellules.

Leur ambassade les a demand�s. On leur a refus�.

Votre ambassade vous rendra visite.

Je veux �tre sorti avant.

Je ne veux pas qu'ils m'emp�chent d'agir.

- Comment ? - Vous savez que je ne peux rien dire.

Mais je dois partir.

- Sortez-moi d'ici. - Avec cette t�te ?

Pr�tez-moi votre manteau.

Ici.

D�sol�e, monsieur. On dirait qu'il est parti.

- Vous attendez quelqu'un ? - On dirait qu'elle m'a pos� un lapin.

Herr Halbach ?

Herr Halbach ?

Pouvons-nous parler en priv� ?

- Vous n'�tes pas allemand ? - Non. Pouvons-nous entrer ?

- Je veux toujours voir vos mains. - Arr�tez avec �a.

Vous n'avez pas l'air habitu� aux armes.

Non. Je suis professeur. Mais je l'utiliserai.

- Qu'attendez-vous de moi ? - Votre politique m'a amen� ici.

Vous ne m'aurez pas vivant. Je vous tuerai.

- Je ne suis pas votre ennemi. - Qui �tes-vous ?

Un ami.

Et �a n'a pas �t� difficile de vous trouver.

� genoux ! Tout de suite !

Je vous propose un asile, Herr Halbach.

Combien de temps pouvez-vous rester ici ? Des mois ? Des ann�es ?

Peut-�tre.

Hitler a d�j� envahi l'Autriche. Ensuite, ce sera ici.

Alors o� irez-vous ?

Quel est cet asile ?

Un passeport suisse avec 50 000 francs suisses.

C'est beaucoup d'argent.

Nous ne vous demandons pas d'agir

contre le peuple allemand ou votre pays d'origine.

Seulement contre le r�gime d'Hitler.

Et que devrai-je faire pour tout cela ? Tuer quelqu'un ?

Rendre visite � un vieil ami. Avec une demande.

Nous lui faisons la m�me offre.

Vous d�marrerez tous deux une nouvelle vie. Riches et en s�curit�.

Voici une avance.

Comment savez-vous que je ne dispara�trai pas avec ?

Car ce serait du vol.

Pur et simple.

Et qui est ce "vieil ami" ?

Un de vos camarades du Front noir. Il travaille � l'IN6.

Son pseudo russe est Chaika.

Je vois ce que vous cherchez.

Mais il est en Allemagne.

Je ne peux pas y aller. Je suis recherch� en Allemagne.

Vous aurez un passeport suisse. Comme moi. Nous serons des commerciaux.

Nous irons dans un petit h�tel et on ne vous verra qu'un soir.

Ce serait quand ?

- Nous partons demain. - Demain ? Mais j'ai des cours.

Le Herr professeur est souffrant.

Soyez � la gare avant 10 h.

J'ai une amie ici, � Tsesin, � qui je suis tr�s li�.

- J'aimerais lui dire au revoir. - D�sol�. Ce ne sera pas possible.

Envoyez-lui une carte.

Votre ambassade ne veut plus de vous.

Ils disent que vous n'en faites qu'� votre t�te

et que vous refusez les ordres.

Vous ne retournerez donc pas en Allemagne. Vous resterez ici.

C'est une prison pour ceux qui ne rentrent pas chez eux.

Voici le v�tre, Herr Braun. Et je suis Herr Lombardo.

Il vous faut des v�tements plus convenables.

Votre famille peut voyager sur ce passeport.

Non. Cette p�riode de ma vie est termin�e.

Lorsque j'ai pris une couverture, je les ai mis en s�curit�.

J'ignore o� ils sont maintenant, et vice-versa.

Votre ami Chaika a une famille ?

Oui.

Son vrai nom ?

Johannes Elter.

- �tiez-vous proches ? - Oui.

On aimait tous les deux le Parti au d�part.

La r�volte d'une nation battue,

le retour de la dignit�, la fin de la pauvret�.

Puis on a vu ce qui se passait.

J'ai une grand-m�re juive.

Que fait-il � l'�tat-major ?

Il est dans les bureaux. Mais au c�ur de l'action.

- Joue-t-il de l'argent ? - Non. Il s'accroche � chaque centime.

- Voit-il des prostitu�es ? - D�penser son argent ?

Il aimera donc ma proposition.

Herr Lombardo,

cela d�pend de l'�chelle de sa peur.

Comment saviez-vous que j'�tais � Varsovie ?

C'est mon travail de savoir. Restez-vous longtemps ?

Non. Je suis venue fermer l'appartement.

Il y a des livres partout. Servez-vous.

Dommage que Mercier ne soit pas ici. Il voudrait vous voir.

Je ne veux pas le voir, Antoni.

Anna, je sais tout ce qui se passe � la s�curit� int�rieure.

La demande d'expulsion de Max ne venait pas de Mercier.

- Elle provenait des Fran�ais. - Pas de Mercier.

- Alors de qui ? - Je n'en suis pas s�r.

Je croyais que vous saviez tout. Ce n'est pas le cas.

Je sais qu'il vous aime.

S'il ne vous aimait pas, j'essaierais de vous s�duire.

- O� partez-vous ? - La Soci�t� m'envoie en Espagne.

En Espagne ? Le pays est en pleine guerre civile.

Je vais n�gocier la lib�ration de ressortissants �trangers.

Je pars demain.

- O� est Jean-Fran�ois ? - Probablement en route pour Paris.

Paris ?

Vous �tes tous deux suisses ? Vous voyagez ensemble ?

Oui. Pour le travail.

On aurait pu vous payer un h�tel d�cent.

Trop ostentatoire.

Vous avez rendez-vous avec Elter.

S'il refuse, rappelez-lui que c'est Hitler

et sa clique qui veulent la guerre.

Alors c'est le peuple allemand qui souffrira.

Ah ! L'argument moral.

�a va attirer la police.

Ce sont des S.S. La police ne les emb�tera pas.

Pourquoi leur avoir parl� de moi ?

J'ai toujours �t� un fid�le ami.

C'est pourquoi je suis ici.

Combien de temps peux-tu �viter une cave de la Gestapo ?

Tu ne feras de mal qu'� Hitler.

Je crois qu'on devrait partir.

Il y avait un type dans le hall. Un S.S. Oberscharf�hrer.

- Je crois qu'il m'a reconnu. - D'o� ?

J'ai �t� interrog� de longues heures par la Gestapo.

Il aurait pu y �tre.

Prenez vos affaires.

Vous ne pouvez pas faire �a !

Montez !

C'est de la folie.

Vous ne pouvez pas voler cette voiture.

Ils vont rester des heures � l'int�rieur.

Que s'est-il pass� avec Elter ?

Il n'en est pas s�r.

Le premier ferry est � 8 h.

Vous pourrez prendre un train pour Copenhague.

Une fois l�-bas, vous serez libre.

J'avais oubli� ce genre de vie.

Les fonds sont � Z�rich. Nous tenons parole.

- �a changera quelque chose ? - Je pr�f�re croire que oui.

Halbach m'a dit que vous �tiez toujours le premier.

Il reste du temps avant l'arriv�e des autres.

Je ne peux pas ! Ce que vous me demandez est trop dangereux.

Avec plus d'argent, serait-ce moins dangereux ?

- Vous devez comprendre... - Je comprends la cupidit�.

Cela simplifie les choses entre nous.

Vous me demandez de trahir mon pays.

Vous l'avez d�j� fait. Avec les Russes.

Chaika. �tait-ce votre nom de code ?

La Gestapo serait ravie de savoir.

Rendez-vous comme pr�vu.

Ce n'est pas une question de cupidit�.

Un jour, je devrai partir. Votre argent servira � cela.

Pour la s�curit� de ma famille, si Dieu le veut.

- Vous avez des enfants ? - Trois.

Je ne peux pas leur parler de mon ressenti pour Hitler

concernant les �v�nements, car leurs professeurs croient � tout cela.

Mon a�n� porte le m�me uniforme que lui, l�-bas.

Comment allons-nous proc�der ?

M�me lieu, m�me heure, tous les 15 jours.

Quelqu'un viendra chercher le paquet.

Dans mon c�ur, j'ai toujours �t� un tra�tre.

Il ne m'a pas donn� grand-chose d'utile.

Mais tout ce qui est ici l'est.

C'est une carte des Ardennes.

Un rapport sur les chars allemands. Un autre sur les autorisations de sol.

Ce qui m'int�resse, c'est ce qui manque.

Rien sur la ligne Maginot.

Ni sur notre syst�me de d�fense � la fronti�re de l'est.

Pas de forts, d'abris, de bunkers.

Exactement. Cela confirme ce que nous craignions le plus.

Ils arrivent avec des chars � travers les for�ts belges.

Cela devrait convaincre les incr�dules. Nous sommes pr�ts.

Vous avez bien travaill�, Jean-Fran�ois.

Je vous ai recommand� pour un poste � l'�tat-major.

Plus rien ne me retient � Varsovie.

Merci, monsieur.

- Bonjour. - Enfin.

Une visite de mon grand fr�re.

Bienvenue.

- Depuis quand travailles-tu ici ? - Un moment.

�tienne vend des �uvres pour des clients priv�s.

Je pourrais te trouver de quoi �gayer la maison.

Ce sera mieux que ces sombres anc�tres � cheval.

Je suis si loin de toi que j'ignore o� tu habites.

On habite � trois rues d'ici.

- On ? - Armand et moi.

Encore une chose que j'ignorais. Que fait Armand ?

Il joue du piano dans un club, donc tu n'aimeras pas.

- Tu n'�tais pas avec... - Daniel.

Oui, j'aimais bien Daniel. Que s'est-il pass� ?

Une jolie fleur s'est point�e.

Ce qui est absurde. Elle fait 10 cm de plus que lui.

Et tu as trouv� le r�confort avec Armand ?

C'est plus s�rieux que �a.

Tu avais une femme dans ta vie dans tes derniers courriers.

- Je t'avais dit de la suivre. - Je l'ai fait.

Et ?

Je crois l'avoir perdue.

- Anna Skarbek. - C'est moi.

Jean-Fran�ois !

Comment as-tu su o� j'�tais ?

J'ai appel� la Soci�t�. Ils m'ont donn� ton num�ro.

- O� es-tu ? - � Paris.

Je veux que tu viennes vivre avec moi.

Impossible.

Je sais que ce qui est arriv� � Max n'est pas de ta faute.

Je l'ai cru � l'�poque car j'�tais tr�s en col�re.

Mais c'�tait plus simple de t'accuser toi que moi.

T'accuser pour quoi ?

Je t'ai mis en danger, donc ton ambassade l'a fait expulser.

Rien de ceci ne serait arriv� si nous n'avions pas eu de liaison.

- On �tait amoureux. - Et Max en est mort.

Je ne peux pas l'oublier.

Chaque moment pass� ensemble me le rappellerait.

Il faut que je te voie.

J'ai besoin de toi, Anna.

Tu survivras sans moi, Jean-Fran�ois.

Si nous survivons � tout cela.

Caviar ! Regarde, Viktor ! Quel luxe !

Comme c'est gentil !

- Merci beaucoup ! - �a va o� vous vivez ?

Ils appellent cela la planque, mais on ne se sent pas vraiment en s�curit�.

- Aucune protection ? - Pas depuis le rapport.

Depuis qu'ils ont toutes les informations,

on ne sert plus.

Que leur avez-vous dit sur Max Mostov ?

Rien de plus que dans nos rapports pour Moscou.

Sur ses comportement et opinions.

- Vous savez qu'il a �t� d�port� ? - Oui. Pourquoi �a ?

Il n'�tait pas dangereux.

Leur rappellerez-vous

qu'il ne faut jamais rester au m�me endroit trop longtemps ?

Oui.

Le colonel a d'autres pr�occupations, Viktor.

Je vous ai garanti la s�curit�.

De la part de nous tous, f�licitations. Bravo !

Merci, messieurs.

Je suis ravi de vous annoncer que vous �tes promu

au rang de colonel.

- J'en suis honor�. - Vous le m�ritez.

Nous avons pass� les documents au peigne fin

et ils semblent pointer dans une direction.

Je suis content que vous soyez d'accord.

Nous devons consid�rer la possibilit� d'�tre induits en erreur.

- Induits en erreur ? - Presque trop beau pour �tre vrai.

- Quel est le nom de cet agent ? - Johannes Elter.

Ah, oui. Elter.

Nous nous demandons comment vous l'avez persuad�.

Je l'ai menac� de chantage s'il ne coop�rait pas.

La d�sinformation est le plus vieux jeu du monde.

�carter l'ennemi des r�elles intentions.

Je ne saisis pas.

Vous contestez ces informations, mais vous me donnez une promotion.

C'est illogique.

Cher Mercier, le travail que vous avez fait

nous a donn� un pr�cieux aper�u de la mentalit� de l'IN6.

Ce n'est pas une mentalit�. Ce sont des faits.

Les Allemands se pr�parent � envahir la France par la Belgique.

C'est ce qui d�coule des man�uvres avec les chars.

Elter le confirme.

Si vous ignorez ceci, vous mettez notre pays en danger.

Nous continuons les versements � Elter

et vos autres arrangements mis en place.

Mais nous ne voulons pas changer toute notre strat�gie militaire.

Bonne journ�e, mon colonel.

Scotch.

Pas de champagne ?

Je n'ai rien � f�ter.

- Pourquoi ce lieu ? - Pour te pr�senter Armand.

O� est-il ?

Il n'y a qu'un pianiste.

- Il est trop vieux pour toi. - Il a 36 ans.

Trop vieux.

Pourquoi es-tu amer ?

Plusieurs raisons. O� est ce scotch ?

Lady Angela.

Je crois qu'on peut enlever le "lady".

Il para�t que vous �tes � Paris. Je veux vous organiser une f�te.

- Je n'aime pas trop les f�tes. - Et vous n'aimez pas les discoth�ques.

Ma s�ur m'a emmen�.

Alors, ce n'est pas la femme de votre vie.

J'ai entendu qu'il y en avait une. Un amour fou...

Plus maintenant.

�tait-elle trop jeune ?

Ai-je l'air de courir apr�s les jeunes femmes ?

Je l'ignore. Vous n'avez pas parl� de courir apr�s celles de mon �ge.

Je ne comprends peut-�tre pas les femmes de tous �ges.

Vous avez un peu trop bu, Jean-Fran�ois.

Pensez-vous pouvoir marcher jusqu'� la rue Bonaparte ?

Qu'y a-t-il, l�-bas ?

Mon appartement.

Caf� sal�. �a marche toujours.

Toujours pour quoi ?

Vider la t�te. Bois-le comme un gentil gar�on.

J'�tais bizarre hier soir.

- J'ai trop bu. - Nous nous sommes bien amus�s

dans une discoth�que et nous avons bais�. Rien de bien compliqu�.

Quels sont tes plans ?

Je prends un cong� sans solde. J'ai n�glig� mes propri�t�s trop longtemps.

Restons en contact.

Nous pouvons �tre utiles � nos pays.

J'ignore si mon pays me trouve utile.

Parce que Lessard et la moiti� de l'�tat-major

sont avec ces esp�ces de fascistes � l'Action fran�aise.

Ils veulent coupler la France et l'Allemagne.

Tout ce qui peut les prot�ger de la menace rouge.

Il y a un tas d'imb�ciles en Angleterre qui pensent pareil.

Je vais faire du caf�.

Nous �tions cens�s prendre soin des Rosen.

Nous l'avons fait. Avec de l'argent et un appartement.

Ils pensaient vivre en s�curit�. Sans craindre de sortir.

Qu'attendez-vous de moi ?

Une protection constante avec gardes du corps

pour de vieux bolcheviks fatigu�s ?

Ils nous ont tout donn�.

En le faisant, ils savaient dans quoi ils mettaient les pieds.

Une balle en plein jour ? Les risques du m�tier.

Qu'ils se r�jouissent que les Russes ne sachent pas tirer.

Quelle ironie, Viktor, que les communistes purs et durs

finissent leur vie dans la bourgeoisie !

Rien de bien fabuleux dans la tuyauterie.

Fernand, voici Viktor et Malka Rosen.

- Combien de temps restent-ils ? - Je l'ignore.

Attention aux �trangers. Au village, sur le terrain.

� cause de nos visiteurs ? Je comprends.

Merci.

Mon fr�re ne r�pond ni � mes appels, ni � mes courriers.

Vous vous �tes disput�s ?

Non.

C'est depuis la mort de sa femme.

Il a sombr� dans la d�pression et y est rest� longtemps.

J'aimerais qu'on aille le voir.

Me voir ne le r�jouira pas.

Je n'aime ni la campagne, ni les chiens.

Je joue du piano-jazz et je fume 40 Gauloises par jour.

Fais-le pour moi.

Pourquoi ne pas �tre venue me voir ?

La vie nocturne de Varsovie est-elle si plaisante ?

Je n'�tais pas � Varsovie, m�re.

Tu ne te fixeras jamais nulle part.

Ce qui me fait penser que tu n'es pas heureuse.

Mon travail compte beaucoup.

Je n'ai jamais trop compris. Est-ce ma couleur ?

Bien s�r.

J'ai pens� que vous en auriez besoin, comme vous �tes frileuse.

Ils vont me la voler.

Non.

Comment va ton agent ? Tu as dit qu'il n'�tait pas polonais.

Fran�ais.

Ton Fran�ais est un gentleman ?

Ce n'est plus mon gentleman.

- Excusez-moi. Qui �tes-vous ? - Armand. Le pianiste.

Votre piano doit �tre accord�.

Vous �tes l'ami de Gabrielle.

Un peu plus que �a.

Que fais-tu ici ? J'ignorais que tu venais.

Tu aurais trouv� une excuse pour ne pas nous voir.

Comment vas-tu ? Tu as une sale t�te.

James Joyce a dit que l'Irlande �tait le seul pays

� ne jamais avoir pers�cut� de Juifs.

- Savez-vous pourquoi ? - Non. Pourquoi ?

Car ils ne les ont jamais laiss�s entrer.

De plus en plus de Juifs viennent � Paris.

Nombre d'entre eux viennent au magasin pour vendre peintures et bijoux.

Et quand ils les ont vendus, o� partent-ils ?

En Palestine ? En Am�rique ?

Je n'ai pas de collection � vendre.

Je pourrais toujours jouer du piano sur un paquebot.

Et si la guerre �clate, je quitte le navire � La Havane.

Tu pourrais jouer au casino et je ferais l'allumeuse de cigarettes.

Un peu de s�rieux, vous deux.

La vie que nous aimons, vous la tenez pour acquise.

Tout pourrait dispara�tre comme �a.

Alors que sugg�res-tu ?

De vivre avec la peur au ventre ?

C'est comme �a qu'on vivait.

Un peu moins, maintenant, gr�ce � votre fr�re.

Soyez au moins conscients de ce que pourrait �tre demain.

On fait comme si le pire n'arrivait jamais.

C'est ce que tu fais.

Comment peux-tu dire �a ?

Tu ne fais jamais rien.

� part descendre la cave de ton p�re.

Votre p�re voudrait bien qu'on en boive une autre ?

Servez-vous.

Excusez-moi.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Bonne nuit.

�milie les a vus aller dans les bois au-dessus de la prairie.

Les deux que vous m'avez d�crits.

- Restez ici. - Oui, monsieur.

O� va le colonel ?

Nous le saurons ce soir au d�ner.

Il nous faut des pelles.

Je m'en veux. Les Russes ont su que vous m'aviez approch� � Varsovie.

C'�tait s�r qu'ils feraient le lien � un moment donn�.

- Donc les hommes qui sont venus... - J'ai r�gl� ce probl�me.

Fernand conduit leur voiture jusqu'� Lyon. Il la laissera quelque part.

Et nous ?

J'ai parl� � Paris hier soir et � nouveau ce matin.

Vous allez en Bretagne.

Un joli village en bord de mer.

Je vous accompagnerai jusqu'� Paris.

Vous partez aussi ?

Oui. Ma s�ur a raison.

Je suis ici depuis trop longtemps.

Je vous ai amen� �a.

J'esp�rais des truffes.

Elles ne poussent pas dans vos bois ?

Vous n'en avez pas besoin. C'est quoi ?

Des calculs.

Comment fait-on des calculs ?

Foie gras et charcuterie pendant 50 ans.

N'importe quoi !

Pourquoi �tes-vous l� ?

Je dois reprendre le travail, mon g�n�ral. Retourner au charbon.

On a conclu un accord avec les Polonais au cas o� ils seraient envahis.

Il s'agit d'une mission tr�s dangereuse.

C'est essentiel pour leur souverainet� et leur survie � long terme.

Seule une poign�e de gens haut plac�s le savent.

Un homme part dans deux jours.

Mais vous connaissez mieux les Polonais. Vous pouvez le remplacer.

Merci.

J'aimerais voir ce que vous avez re�u d'Elter ces derniers mois.

Plut�t ennuyeuse, la lecture.

Je vais arranger �a avec Lessard.

Quand vous rentrerez de Varsovie,

je serai sorti d'ici et nous pourrons faire un bon repas.

- Vos m�decins vous autoriseront ? - Je ne les inviterai pas.

Vous pensez trouver des choses que nous avons rat�es ?

Non. Je veux revenir sur le tableau. �a fait un bail.

Et vous voil� sur une mission prioritaire

class�e secr�te pour nous, simples mortels.

Je connais la Pologne. J'y ai des relations.

Avec Beauvilliers derri�re vous. �a ne durera pas si la guerre �clate.

Vous en doutez encore.

J'ai voulu la r�union ici.

Votre ancien logement est libre. Vous pouvez y rester.

Pas de femme de m�nage, d�sol�e.

- Combien de temps restez-vous ? - Peut-�tre deux jours.

Quel dommage ! Ce n'est pas pareil sans vous.

- Avez-vous eu des nouvelles d'Anna ? - Elle est � New York.

New York ?

La Soci�t� a un pavillon � l'Exposition universelle.

Ah, Mercier ! Il fallait que vous veniez !

Souhaitez-vous ma pr�sence � cette r�union ?

Ce ne sera pas n�cessaire. Merci.

D'accord. Donc vous n'avez besoin de rien.

Du caf�.

Apparemment, les Allemands attaqueront � l'ouest,

donc nous devons entrer en Roumanie par le sud-est.

Notre minist�re des Affaires �trang�res a contact� Bucarest.

Il y aura un cargo � Constanza sur la mer Noire.

Le pavillon sera neutre avec un �quipage fran�ais et une escorte arm�e.

Il emm�nera le chargement � Marseille.

Destination finale : Z�rich.

Je vous en nomme responsable.

J'insiste.

M�me si j'esp�re ne pas en arriver l�.

Nous savons que �a arrivera.

La derni�re fois, j'ai eu une info

qui m'a conduit � un informateur � l'IN6 � Berlin.

- Rien � partager avec moi ? - On n'en voudrait pas.

J'ai �tudi� les derniers documents ces jours-ci.

Je crois qu'ils ne sont pas fiables.

- Le Dr Lapp est-il � Varsovie ? - Oui. Pourquoi ?

C'est Lapp qui m'a donn� l'info.

Le monde ne s'est pas am�lior� depuis la derni�re fois qu'on s'est vus.

J'ai �t� reconnaissant pour votre discr�tion � Berlin.

Si la guerre �clate, vous comprendrez

que je doive servir mon pays, quels que soient ses dirigeants.

Bien s�r.

Je voulais vous remercier pour Halbach.

Apparemment, il va bien.

C'est ce que j'ai entendu. Cela vous a-t-il men� � son contact ?

- J'en demande trop ? - Non. Cela m'a �t� tr�s utile.

M�me si je crois qu'il a �t� d�nonc�.

Manipul�.

Nous disant ce que les nazis veulent nous faire croire.

Vraiment ? Qu'est-ce qui vous faire croire �a ?

Sa grande intelligence.

Vous avez des relations influentes � Berlin, docteur.

Serait-il possible de confirmer mes doutes ?

Sont-ils partag�s par le Deuxi�me Bureau ?

Non. Je les garde pour moi pour l'instant.

Continuez, jusqu'�...

... ce que je me sois renseign�. Je serai discret,

mais nous marchons sur des braises, tous les deux.

Quelques heures apr�s m'�tre confi� au Dr Lapp,

on est venu me tuer.

J'en conclus qu'il voulait me faire taire.

Si je convaincs mes sup�rieurs de mes doutes,

les mensonges d'Elter seront inutiles aux nazis.

Vous pensez que Lapp vous a manipul� d�s le d�part

- pour d�couvrir l'identit� d'Elter ? - J'en suis s�r.

- Faites-le arr�ter par Pakulski. - Il n'y a pas de preuve contre lui.

En outre, quand on conna�t son ennemi,

il est int�ressant d'entrer dans son jeu.

Quelle affaire d'espionnage tordue et compliqu�e !

Voulez-vous aussi faire une crise de goutte ?

Je r�vais de �a quand j'�tais � l'h�pital.

Comment consid�rez-vous vraiment Lady Angela ?

Elle para�t frivole, mais elle a de tr�s bonnes relations

avec des proches de Churchill.

- Pouvez-vous faire bouger les choses ? - Tr�s vite, oui.

Colonel Mercier, je vous pr�sente Duff Cooper.

Nous sommes pr�ts � vous �couter.

Voici mon analyse du sc�nario belge.

Mes sup�rieurs n'y croient gu�re.

Nous nous reverrons, mon colonel, peut-�tre ce soir.

Je vous laisse voir, Angela.

Duff est le secr�taire priv� de Churchill.

Votre rapport ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd.

S'ils r�agissent bien, vous voudrez peut-�tre traverser la Manche.

Mission pas trop on�reuse.

Un wagon-lit de nuit pour Londres avec madame.

Ne vaut-il mieux pas prendre l'avion ?

Qui est celui qui n'a rien dit ?

Il fait partie du jeu. Il s'appelle Philby.

Qu'y a-t-il ?

Max Mostov.

Quelle surprise ! L'�l�gant colonel.

Toujours aussi beau, � ce que je vois.

Je vous croyais mort. Ou dans un goulag.

J'ai eu de la chance. Ils m'ont tap� sur les doigts

et envoy� quelques mois en prison.

Puis ils vous ont envoy� � Paris pour r�cup�rer ?

Menteur.

Vous �tes des leurs, depuis toujours.

Vous nous avez bien eus, en tout cas.

Quand vous passez du temps avec des gens

qui ignorent qui vous �tes r�ellement,

qui ignorent cette partie secr�te de vous,

vous vous sentez sup�rieur.

Vous croyez que c'est �a, le charme ?

- Rien de tout cela ne me charme. - C'est de l'histoire ancienne.

Sacr�e affaire, n'est-ce pas ?

Voyez-vous. Nous voil� compagnons d'armes,

les Russes et les Fran�ais unis contre le redoutable Hitler.

Nous devrions trinquer � cela.

- Je ne veux pas trinquer avec vous. - Comme vous voudrez.

J'ai appris que �a ne s'�tait pas bien pass� avec la belle Anna.

Elle a vers� des larmes inutiles pour vous.

Et je vais vous dire mieux...

Je pourrais la ravoir d'un claquement de doigts !

J'avais trop envie de l'�trangler. Mais je me suis calm� et j'ai r�alis�

que je devais en informer Anna. Cela changerait tout.

- Tu l'as fait ? - Pas encore.

Elle rentre de New York.

- C'est la femme de ta vie ? - La deuxi�me.

Armand est mon troisi�me, mais les deux premiers ne comptent pas.

Merci.

Ton amour sera mis � l'�preuve s'il y a la guerre.

Parce qu'Armand est juif ?

Il devrait prendre le bateau pour La Havane.

Il ne veut pas quitter Paris. Il ne me laissera pas.

S'il vous pla�t, puis-je me joindre � vous un instant ?

Je vous en prie.

Voulez-vous parler en priv� ?

Non. Tout le monde sera au courant au petit matin.

Le Deuxi�me Bureau a capt� un message � l'ambassade d'Allemagne.

Hitler a sign� un pacte de non-agression avec Staline.

Quoi ?

Deux hommes qui se calomnient depuis des ann�es.

Ils rendraient Machiavelli fier.

Il y a quelques jours, les Russes �taient � une conf�rence

avec le sourire fade et leurs costumes. Ils ont sign� un accord avec nous !

- Ce qui veut dire ? - C'est une tactique inf�me et cynique

pour que la Russie et l'Allemagne se partagent la Pologne.

La guerre est in�vitable. C'est une question de jours.

Vous devez partir au plus vite.

Quelle horrible �poque pour la Pologne !

Que faites-vous ici ?

Le colonel Mercier m'a demand� de venir.

Il devrait �tre � Varsovie dans un jour ou deux et il veut vous voir.

Je ne veux pas le voir.

Vous le voudrez, ma ch�re, quand vous saurez certaines choses.

Concernant Max.

Malka, nous aurons toujours peur.

Soit en tant que transfuges...

... soit en tant que Juifs.

Nous vivons au milieu d'�trangers.

Qui sait qui sera le premier � montrer du doigt ?

Comme �a,

nous resterons toujours ensemble.

- Ravi de vous voir, mon colonel. - Ravi aussi, Marek.

Comment �a va ici ?

Les moins de 40 ans doivent r�cup�rer les ordres d'incorporation.

- Les r�servistes et ex-soldats aussi. - Pas vous ?

Le colonel me veut sur votre mission. Il ne m'a pas dit ce que c'�tait.

- Qu'attendez-vous de moi ? - Votre silence, pour commencer.

Concernant ce que vous voyez et entendez � partir de maintenant.

Tous ces si�ges doivent �tre arrach�s des wagons,

et les planchers feront place � des caisses.

Tout doit �tre remis en place pour demain matin.

Ce sont des munitions ?

Je dois savoir si ceci pourrait sauter d'un moment � l'autre.

Je ne peux pas vous dire ce que c'est.

- Je suis cens� le conduire ? - C'est ce que vous faites, non ?

Depuis 40 ans, oui.

�tait-ce le plan d'origine ?

Tout a chang� depuis que ces salopards nous ont pris en tra�tres.

Nous improvisons.

- Quand partons-nous ? - Pas avant demain matin.

Je v�rifie avec l'ambassade.

Hier soir, comme par enchantement, au caf� Cleo,

le docteur Lapp, avec son caf� et son cognac,

exprimait ses regrets concernant nos deux pays.

- Il est encore ici ? - Oui.

- Que savez-vous ? - Les chars allemands vont en Pologne.

Cinquante-deux divisions. 1,5 million d'hommes.

Et Staline a 40 divisions � la fronti�re de l'est.

Ils bombarderont les a�rodromes, puis les centres t�l�phoniques.

Quand partez-vous ?

Nous attendons les directives de Paris. Vous aviez raison.

J'apporte ceci � l'ambassadeur.

- Anna ? - Je l'ai vue et lui ai dit pour Max.

- Et ? - Choc. Larmes. Regret.

Je dois la voir. O� est-elle ?

Elle est all�e voir sa m�re � la campagne.

J'ai une adresse.

Pourquoi m'avoir emmen� dans cet horrible endroit ?

Vous �tes accus� d'espionnage, docteur Lapp.

- Par qui ? - Le colonel Mercier.

Quel outrage ! Il n'a aucune preuve.

Pas besoin de preuve. Nous ne vous arr�tons pas.

Nous vous gardons en d�tention selon la loi sur les pouvoirs d'urgence.

�a n'existe pas !

C'est ce que nous adoptons � l'invasion d'une puissance hostile.

Je veux parler � un membre de mon ambassade.

Demande prise en compte.

Donnez-moi vos chaussures et ceinturon.

- Combien d'autres y en a-t-il ? - Deux autres camions.

- Quel est le poids total ? - Environ 40 tonnes.

C'est plus que le train moyen rempli de passagers.

Pas besoin de vitesse, il faut donner l'air d'un train normal.

- Avez-vous dormi ? - Tr�s peu.

C'est parti.

Les commandos allemands ont franchi la fronti�re

suivis de six divisions arm�es et huit motoris�es.

Que Dieu soit avec nous ! C'est la guerre !

Nous pourrions boire un bon scotch s'il en reste.

- Je l'am�ne. - Allons-y. La voiture est dehors.

La propri�t� de la m�re d'Anna

est � 30 minutes de la gare sur notre route. �a s'appelle Borek.

- Je vais la chercher et vous rejoins. - Non. Vous avez des ordres.

- Je demande quelques heures, Antoni. - Demande refus�e !

Vous savez ce qu'on doit faire.

Ma mission d�marre � la fronti�re roumaine.

Non. Elle commence ici, maintenant, et avec moi !

Et si vous la compromettez, vous irez en cour martiale.

Je retournerai au train.

S'il y a un probl�me, vous �chouerez en pleine Pologne

avec des Russes d'un c�t� et des Allemands de l'autre.

Mourir dans les bras de votre amour, ce serait bien ?

Je dois le faire.

Jean-Fran�ois, vous �tes mon ami.

Depuis 20 ans.

Mais si vous n'�tes pas � la gare, je n'attendrai pas une minute.

Je comprends.

D'o� viennent ces enfants ?

De la ville, m�re. C'est moins risqu� ici.

J'adorais entendre le bruit des enfants des employ�s

quand c'�tait notre maison.

Ils oublient parfois le d�jeuner.

La plupart des infirmi�res sont parties.

C'est la guerre, m�re. C'est parti.

Mes deux fr�res sont morts � la derni�re.

Patryk avait 18 ans.

Ils avaient dit qu'il n'y en aurait jamais d'autre.

La soupe �tait froide hier.

- Que fais-tu ici ? - Je suis venu pour toi, Anna.

Tu as perdu un an de culpabilit� et de larmes.

Un an que nous aurions pu passer ensemble.

Quelle idiote j'ai �t� ! J'ai tout gob�.

Je croyais que Max �tait une �me en peine.

C'�tait une immense tromperie.

Tu m'as manqu�.

Tu ferais bien de me pr�senter � ta m�re.

M�re, je vous pr�sente le colonel Jean-Fran�ois Mercier.

Enchant�, madame.

Quel gentleman ! C'est gentil de venir nous rendre visite.

Personne ne vient ici.

Je vous emm�ne toutes les deux avec moi.

O� ?

Hors de Pologne. Nous avons un train � 20 km d'ici.

Faites vite et prenez peu de choses.

�tes-vous de Paris ? J'ai ador� vivre � Paris !

Nous �tions vers la boulangerie...

Vous avez entendu le colonel. Nous devons partir.

Je n'ai pas de v�tements pour Paris. La mode aura chang�.

Tu dois y aller, Anna.

Non ! Je ne vous laisserai pas ici.

Fais-le.

Tu es amoureuse.

Tu as la vie devant toi.

La mienne est derri�re.

Anna.

Je vois de la fum�e. Regarde !

Ralentissons-nous ?

Pas s'il n'y est pas.

Il ne s'arr�te pas !

La voiture.

C'est la voiture, mon colonel.

Mon colonel ?

Freinez fort !

- Vous avez r�ussi. - Vive les voitures fran�aises.

Ravi de vous voir, Anna.

Allons-y.

Nous allons vers la fronti�re. Toi, Pakulski, les gardes arm�s.

Que se passe-t-il ?

Nous avons une cargaison cach�e.

Sous nos pieds ?

Qu'est-ce que c'est ?

Nous �vacuons toute la r�serve nationale de lingots de Pologne.

Avant que les nazis ne mettent la main dessus.

De l'or ?

Quarante caisses de dix lingots.

- Pour la Roumanie ? - Et au-del�.

Vladimir Herschensohn,

le principal violoniste de l'orchestre symphonique national de Pologne.

Roman Kosinski.

- Oh, un �tudiant ? - Ancien.

J'ignore ce que je suis d�sormais.

Et je ne reverrai peut-�tre jamais ma famille.

Vous devez y croire ! Ils s'en sortiront, et vous aussi.

Vous avez vaincu la polio.

Est-ce vrai ? Allons-nous vers la Roumanie ?

- Para�t-il. - J'y ai des cousins.

Ils ont un joli orchestre.

S'ils ne veulent pas de moi, c'est la fin.

Allez-vous retourner � la guerre, mon colonel ?

Tous les deux.

Stop ! Stop !

Merci pour l'information. Nous sommes polonais !

- Que se passe-t-il ? - Il y a une fille.

Qu'y a-t-il ?

Je n'en suis pas s�r. Restez ici. Vous deux, avec moi.

Tenez. Prenez �a.

J'ignore comment utiliser cela.

Je vais vous montrer. Je n'ai pas toujours jou� du violon.

Y a-t-il un souci ?

Je vous en prie, Votre Excellence...

Emmenez-moi.

Restez ici. Je n'ai pas besoin du lingot.

Je vais voir ce qui se passe.

Pas besoin de me payer.

O� habitez-vous ? O� est votre famille ?

Partie.

Je ne parle pas votre langue.

- Qui �tes-vous ? - Je travaille aux chemins de fer.

On ne dirait pas. Des objets de valeur dans le train ?

Des gens pour la fronti�re.

Ils s'enfuient ? Pourquoi pas ? Les Polonais sont finis !

- Que voulez-vous ? - Argent, bijoux, femmes.

On ne prendra pas les moches. Donnez-moi cette montre.

On n'a pas �a en travaillant aux chemins de fer.

Que voyez-vous par l� ?

- Vous allez bien ? - Oui.

Il y en a deux autres derri�re. Ils n'iront nulle part.

D�sol�e ! Ils m'ont forc�e !

Pourquoi ne pas nous installer dans une hutte en pleine nature ?

Un puits, des ch�vres, � des centaines de km de la guerre.

Il me faudrait des chiens, des livres et une bonne cave.

J'apprendrais � coudre.

- O� sommes-nous ? - Nous serons � la fronti�re demain.

Et ensuite ?

Je ne te veux plus jamais hors de ma vue.

On pourrait �tre en France dans un mois.

Se marier.

Si tu veux faire de moi une femme respectable,

je crains que tu n'arrives trop tard.

Je peux essayer.

On dirait que nous sommes attendus.

Si tout se passe bien avec les Roumains, � vous de voir.

L'avenir est clairement incertain.

Mais quoi qu'il soit, vous l'affronterez ensemble.

Et maintenant ?

Faisons tout pour rester en vie.

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