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Original subtitles

Stop ! Stop !

Combien, jusqu'� la fronti�re ?

Pas loin.

� moins d'un changement depuis la derni�re fois.

Ici, on peut descendre du lit en Pologne

et d�jeuner � la cuisine en Allemagne.

On me dit que tu vas mieux.

Bient�t la reprise du foot ?

Je l'esp�re, monsieur.

Tu y es all� plusieurs fois ?

- Oui. - As-tu vu quelque chose...

qui les ait incit�s � te tirer dessus ?

Des soldats avec des pelles et des machines.

Quel genre de machines ?

Pour remuer la terre.

On a dit � Stefan de ne pas traverser

apr�s qu'ils ont renforc� la fronti�re.

- Y a-t-il des patrouilles ? - Toutes les deux heures.

On devrait regarder �a de plus pr�s.

C'est la nouvelle lune dans deux semaines.

Je vais voir �a.

Qui est le type qui affronte ton fr�re ?

Le colonel Jean-Fran�ois Mercier.

Que fait ce brave colonel ?

C'est l'attach� militaire de l'ambassade de France.

� Varsovie depuis six mois seulement.

- Mari� ? - Veuf.

Ne t'emballe pas, Cecylia.

J'ai d�j� des vues sur lui.

Comment as-tu fait �a ?

Une ba�onnette.

Et �a ?

Une balle de sniper.

O� dois-je encore regarder ?

Les m�decins disent que j'ai des �clats d'obus dans le genou gauche.

La plupart des gens de ton �ge ont des cicatrices comme �a.

� moins que, comme mon mari,

ils n'aient pass� la guerre chez eux � s'enrichir.

S'il y en a une autre, il s'enrichira encore plus.

C'est n'importe quoi.

Madame la comtesse, je me disais...

Champagne !

Oh, le vilain !

Herr Uhl.

Vous �tes p�le.

Manque de sommeil.

Qu'avez-vous pour moi ?

Les premiers diagrammes

pour la tourelle du nouveau char.

Qu'est-ce qui change ?

C'est pareil, mais maintenant, les plaques doivent...

Une bi�re pour vous.

Les plaques doivent �tre endurcies.

Par c�mentation.

Mais la force est d�multipli�e.

La prochaine fois, je veux la formule du processus de durcissement.

La prochaine fois ?

- Je ne suis pas s�r... - Le 15 novembre.

Il y a de nombreux probl�mes.

Il y a toujours des probl�mes avec �a, mais vous avez besoin d'argent.

La comtesse a des go�ts de luxe.

Mille zlotys.

Bon.

Laissez-moi finir ma bi�re.

- Bonjour. - Bonjour.

L'ambassade organise un d�ner pour les employ�s de Renault.

Ils viennent vendre leurs chars.

�a va �tre difficile.

Apparemment, les Allemands pr�parent un autre genre de combat.

Encore vos pr�dictions moroses sur la probabilit� d'une guerre ?

Il y a des pistes.

Si c'est le cas, utilisez votre influence

pour faire acheter fran�ais aux Polonais.

Ils nous ont mis ensemble pour d�ner, mais j'ai le rhume, Jean-Fran�ois.

Si vous me le donnez, on l'�vitera tous les deux.

Vous ne vous en sortirez pas si facilement.

J'ai trouv� une rempla�ante.

Anna Skarbek, une fille charmante.

Avocate � la Soci�t� des Nations.

Apr�s, �a dansera.

J'essaierai de ne pas lui marcher dessus.

Je cherche madame Skarbek.

Elle est bient�t pr�te. Entrez.

- Anna, ton g�n�ral est arriv� ! - J'arrive.

Pas vraiment un g�n�ral, lieutenant-colonel.

Assez courageux, � ce que je vois.

- Chanceux, je suis en vie. - Comme moi.

J'ai surv�cu aux sanguinaires bolcheviks.

- Je m'appelle Maxime. - Jean-Fran�ois.

�a ira ?

Ce sera parfait.

Je vais rarement � des d�ners formels.

C'est gentil d'avoir accept� dans de si brefs d�lais.

Madame Dupin rend service � tout le monde,

comment pourrais-je refuser ?

Ne la ramenez pas trop tard.

Ne bois pas trop.

Avez-vous toujours v�cu � Varsovie ?

Non, seulement depuis un an.

Je voyage beaucoup pour le travail.

Alors o� est votre domicile ?

Je suis parisienne de naissance et polonaise d'adoption.

Nous avons donc Paris en commun.

Au cas o� nous ayons besoin d'un sujet ?

Nous n'en aurons pas besoin, madame Skarbek.

Anna, je vous prie.

Et c'est mademoiselle, pour l'instant.

Bonsoir.

Bonsoir.

Vous voil�, Anna.

Veuillez nous excuser. Ils nous attendent � table.

Ravie de vous avoir parl�, monsieur Blanc.

- D�sol�, vous �tiez coinc�e ? - Pas du tout.

C'est un ing�nieur sp�cialis� dans les chapes.

Fascinant.

Chien de Mercier !

O� aviez-vous cach� cette beaut� ?

Anna Skarbek, je vous pr�sente le colonel Antoni Pakulski.

Vous n'avez pas r�pondu � ma question.

Nous nous connaissons depuis une heure.

Vraiment ?

Nous sommes de vieux amis.

J'�tais avec lui quand il a re�u la Virtuti Militari.

Comment un Fran�ais a-t-il re�u la m�daille polonaise ?

Il �tait attach� � mon escadron de cavalerie en 1920.

Nous avons combattu l'Arm�e rouge ensemble.

Juste vous deux ?

Je ne me souviens pas des autres.

R�servez-moi une danse.

- Une danse ? - Oui.

Alors je vous d�conseille de manger les six plats.

Vous faites souvent cela ?

Malheureusement presque tous les soirs.

Je bois du vin, je mange et je trouve les gens fascinants.

Une devise pour la diplomatie.

Une fa�on de sauver le monde.

Vous dansez bien, Jean-Fran�ois.

Ma femme adorait danser.

Qu'est-il arriv� ?

La tuberculose. Il y a trois ans.

Je suis d�sol�e.

- Elle doit vous manquer. - Oui.

Elle rendait ces soir�es tol�rables.

Tout comme vous.

Ce fut un plaisir inattendu.

Et j'ai beaucoup appris sur ce char.

Je m'inqui�te pour l'armement.

Un canon de 37 mm avec une seule mitrailleuse ?

Vous avez parl� au colonel Pakulski.

Il pense que ce n'est pas suffisant.

Mieux que rien si les chars allemands passent la fronti�re.

Si c'est le cas, les braves Fran�ais accourront � notre secours.

- Puis-je ? - Bien s�r.

Mauvaise id�e apr�s le scotch, clairette et slivovitz.

Tr�s mauvaise id�e.

Vous savez tout, Antoni.

Parlez-moi du Russe avec qui elle vit.

Maxime Mostov. Un Russe blanc.

Il a v�cu un peu partout depuis qu'il a quitt� son pays.

Il est journaliste politique. Il attaque surtout Staline.

Il parle trop et boit encore plus.

- Pourquoi est-elle avec lui ? - Allez savoir avec les femmes.

Depuis quand sont-ils ensemble ?

Assez longtemps, figurez-vous.

Attention, mon ami.

Il est 3 h 30.

Je ne devais pas vous ramener tard.

Max doit dormir.

Ne me ramenez pas jusqu'en haut.

Merci pour cette superbe soir�e.

- Un caf�, s'il vous pla�t. - Oui.

- Un autre chocolat pour madame. - Oui.

Toujours aussi ponctuel, mon colonel.

�tiez-vous � l'heure pour votre rendez-vous avec Herr Uhl ?

La comtesse est toujours en retard pour lui.

Elle est parfois compliqu�e.

Je l'aime bien.

Il la croit d�munie.

Il lui a pr�t� un peu de votre argent. Vous le voulez ?

Non. Gardez-le, Olga.

Nous avons fait notre d�p�t habituel.

Nous appr�cions ce que vous faites.

Je suis peut-�tre n�e pour �tre espionne.

On s'adapte aux �poques.

Un proverbe fran�ais dit :

"L� o� Dieu vous a sem�, il faut fleurir."

C'est s�rement mieux qu'avant.

Comment avez-vous trouv� Herr Uhl ?

Ses voyages � Varsovie sont les points forts de sa vie.

Sinon, il travaille loin, un bon patriarche.

Il revient le mois prochain, bien qu'il ne le veuille pas.

Il viendra.

Il est peut-�tre amoureux de la comtesse.

Est-ce que j'en fais trop ?

J'ai oubli� mon �charpe.

- Ils nous font suer. - Je vous en prie.

Pas encore.

Maintenant !

Il y a encore des patrouilles ici.

La prochaine est � 21 h 35.

- Toujours � l'heure ? - � la seconde pr�s.

- Des chiens ? - Toujours.

Vous �tes s�r de vouloir cela, mon colonel ?

S'ils vous voient, ils vous tueront.

Si on n'arrive pas, occupez-vous de la voiture.

- �a va ? - �a va.

Qu'y a-t-il ?

C'est un pi�ge � chars.

Pourquoi cacher leurs pi�ges � chars ? Ce n'est pas logique.

Visons la lumi�re.

Allons-y !

Je vous ai cherch�, hier soir.

Avez-vous oubli� que le prince et moi organisions une f�te ?

Impossibilit� pour moi de sortir, princesse. La paperasse.

- Des tonnes. - Je vois.

Et ceci, est-ce une coupure de papier ?

J'ai lu votre rapport. Un accident �vit� de justesse.

J'ai eu de la chance.

Si vous aviez �t� pris ou tu� quelqu'un ?

Qu'aurait-on dit ?

Rien n'est arriv�.

Paris ne va pas aimer.

Que vouliez-vous prouver ?

J'avais pens� �tre clair.

Ils couvrent des pi�ges pour ne pas bloquer leurs propres chars.

S'ils envahissent ?

Hitler veut la guerre. Reste � voir qui il choisit d'attaquer.

Veuillez m'excuser.

Mon cher colonel, comment allez-vous ?

Tr�s bien, madame Rosen. Et vous-m�mes ?

�a pourrait aller mieux, mais ne nous plaignons pas.

Un ami � vous ?

Pas vraiment.

Un compatriote �migr�.

Tristement, certains nous abandonnent. Parfois les meilleurs.

Tout le monde ne veut pas construire le socialisme, ma ch�re.

Comment ?

Nous n'avons pas eu une vie facile. Il faut l'admettre.

Mais c'est mieux qu'avant, mon colonel.

Excusez-moi.

Anna.

Je sais que ces f�tes vous ennuient, mais je commence � les appr�cier.

Ou est-ce le champagne ?

Le champagne aide.

- Vous connaissez donc les Rosen. - Comme tout le monde.

Essaient-ils de vous recruter ?

D'apr�s Max, tous ceux de l'ambassade de Russie sont espions,

m�me le gardien.

Malka me fait parfois du bortsch.

Ils m�prisent Max, bien s�r, � cause de ses �crits.

Pas loin de l'exp�rience russe.

Je ferais bien de le ramener.

Il a mis le grappin sur l'ambassadeur am�ricain.

Vous, les Am�ricains, ne supportez pas le mot "socialisme".

Comment dire autrement ?

Pourquoi est-elle avec ce Russe ?

Vous ex�crez autant les Russes que les Allemands, Marek ?

C'est pareil.

L'un � l'est et l'autre � l'ouest.

Tous deux r�vent d'�craser la Pologne comme une noix.

Souhaitez-vous aller quelque part ? Restaurant ? Discoth�que ?

Non. Je veux rentrer et d�faire ma chemise.

Comtesse, depuis que vous m'avez pr�sent� au Fran�ais,

ma vie a chang�.

Cela nous a rapproch�s, bien s�r,

mais je suis pris dans un jeu dangereux et les temps sont dangereux.

Vous ne voulez plus me voir ?

Bien s�r que si.

Vous savez ce que je ressens pour vous.

Mais il faut penser � notre avenir.

Ensemble ?

Pourquoi pas ?

Edvard, j'ai d�j� fui mon pays d'origine.

J'ignore o� on peut �tre en s�curit�.

La s�curit�, c'est avec moi.

Voil�.

Les plans d�finitifs devraient �tre finalis�s le mois prochain.

- Nous reverrons-nous � ce moment-l� ? - C'est difficile.

Le 8, je vais � Schramberg avec deux autres ing�nieurs.

- Schramberg, dans la For�t noire. - Pour quoi faire ?

Observer des exercices de chars.

On nous demande des r�f�rences.

Vous parlez de man�uvres ?

Oui.

Les chars ne vont pas en for�t, Herr Uhl. Avec les arbres...

Je ne suis pas un militaire. J'ignore ce qu'ils font.

Voyons-nous une semaine apr�s.

D'accord.

Apr�s, ce sera fini.

L'autre fois, la Gestapo �tait � la fronti�re.

Je leur ai �chapp�. J'ai pris un taxi vers la gare d'apr�s.

Que craigniez-vous ?

Qu'ils me demandent ce que je faisais � Varsovie.

Vous voyez une dame.

L'adult�re n'est pas un crime.

Herr Uhl ?

Oui ?

Je suis Renata. La ni�ce de la comtesse.

Elle voulait que je vous voie avant que vous ne partiez � la gare.

- Elle ne va pas bien ? - Non.

Elle veut absolument vous dire quelque chose

avant votre d�part.

- Qui est-elle ? - Qui, elle ?

La blonde qui a vu votre homme.

Il est parti avec elle.

On peut comprendre. Elle est tr�s jolie.

C'est une prostitu�e ?

Pourquoi voudrait-il une prostitu�e apr�s une nuit avec sa comtesse ?

- Par o� sont-ils partis ? - Vers Muran�w.

Allons voir o� ils sont.

La comtesse vit ici ?

Elle m'a dit que sans votre aide, ce serait pire.

Je n'aime pas �a. Quelque chose cloche.

Que se passe-t-il ?

Il est malade.

Non. Il a �t� drogu�.

- C'est du chloroforme. - Est-il mort ?

Il y a un pouls, mais faible.

Un enl�vement en public, des bagarres dans les rues.

Verrons-nous cela au journal du matin ?

Non, Jourdain. J'ai fait �touffer l'affaire par des contacts.

- Qui �tait-il ? - Un contact.

Un espion ? Vivra-t-il ?

Oui, mais il ne rentrera pas en Allemagne.

J'aimerais lui assurer une relocalisation.

- Pour quelles raisons ? - Il l'a m�rit�.

Et j'ai l'intention de suivre ses informations.

Rappelez-vous, mon colonel, que votre position ici est secr�te.

Nous devons donc entendre parler de vous le moins possible.

Vous n'avez pas l'air bien, si ?

- Un l�ger mal de t�te. - Ah.

J'ose imaginer que vous �tes d�guis�.

Sinon, je vous donnerai le nom de mon tailleur.

Je r�vais de l'Afrique du Sud.

J'ai d�j� demand� un visa.

Ce n'�tait pas sage.

Si la Gestapo l'a su, cela explique pourquoi ils ont voulu vous enlever.

Vous pourriez m'y envoyer ? Une nouvelle vie ?

Non.

Des agents allemands vous y attendraient.

Ce doit �tre chez les Fran�ais.

Peut-�tre au Canada.

Au Canada ?

La comtesse pourrait-elle m'accompagner ?

Herr Uhl, ce n'est pas une comtesse.

Et elle ne vous a jamais aim�.

Il est conscient ?

Conscient des r�alit�s de la vie.

Officiellement, il est mort d'une crise cardiaque apr�s asphyxie.

Ceci devrait brouiller les pistes des Allemands.

Merci.

Avez-vous vu comme les infirmi�res sont jeunes ?

Ou c'est nous qui vieillissons ?

J'en ai peur, Antoni.

Il manque des pi�ces.

Je ne trouve pas celle-ci.

Vous dormez mieux ?

Pas vraiment.

Je ne suis pas bien trait�e ici.

Les jeunes oublient que cette maison m'a appartenu.

Et si c'�tait le cas, je virerais la plupart d'entre eux.

Comment �tait Varsovie ?

- Froid et humide. - Hum.

As-tu un homme dans ta vie ?

Je vous ai parl� de Max.

Il existe encore.

Oui, m�re.

Je me demande pourquoi tu ne me l'as jamais pr�sent�.

Vous n'aimez pas les Russes.

C'est vrai. Ni les Allemands.

Si nous �tions rest�s � Paris, tu aurais �pous� un Fran�ais.

J'en ai rencontr� un r�cemment.

Il semble bien m'aimer.

A-t-il des propri�t�s ?

Aucune id�e.

Ils le font souvent croire, et en fait, ils n'ont rien.

Ton Russe n'a pas d'argent.

Il me faut un coin de ciel bleu et de pelouse.

Les Allemands ont tent� d'enlever Herr Uhl.

La Gestapo est peut-�tre apr�s lui. Ils savent peut-�tre pour vous.

Si c'est le cas, ils chercheront la comtesse Potocki, pas Olga Musser.

On devrait prendre des pr�cautions.

Avec un garde du corps ?

Grand et beau, avec un faible pour les femmes m�res ?

Olga, soyez s�rieuse.

Prenez des affaires et restez quelques jours dans cet h�tel.

Rue Sienna, pas loin du caf� Cleo.

La r�servation est � votre vrai nom.

Alors, plus de comtesse ?

Elle me manquera.

Je ne vous ai pas vu ces derniers temps, Dr Lapp. Vous voyagiez ?

� Berlin. Pour une conf�rence de vente de ma soci�t�.

L�-bas, le duc et la duchesse de Windsor ont rendu visite � Hitler.

Sourires, poign�es de main et id�es.

Les Anglais tombent-ils aussi sous son charme ?

Vous n'approuvez pas le r�gime actuel ?

La culture de l'ancienne Europe, la civilit�, la stabilit�,

ce n'�tait pas si mal pour l'Allemagne.

Certains d'entre nous, Allemands,

ne sont pas de si grands ennemis de la France.

Vous disiez ?

Rien. Les belles femmes m'attirent toujours �galement.

Vous la connaissez ?

Depuis peu. Je devrais aller dire bonjour.

Bien s�r. Si tout va bien, alors je vous dis au revoir.

C'est toujours un plaisir de vous voir, Dr Lapp.

Puis-je ?

Ou Max vous rejoint-il ?

Non. Max termine un article.

Je suis venue pour �chapper � la pluie. Je suis all�e au cin�ma.

Voir quoi ?

Babes in Toyland de Laurel et Hardy.

- J'avais besoin de rire. - Pourquoi �tiez-vous triste ?

Ma m�re va mal.

Depuis le d�c�s de mon p�re.

Elle regrette le bon vieux temps.

Elle a du mal � croire que sa fille travaille.

Vous avez eu une enfance privil�gi�e ?

Pas autant que vous.

Cet anneau est-il un symbole de noblesse ?

Je suis juste un humble chevalier.

Un chevalier au service du roi quand la France en avait un.

Le seul que j'aie connu.

Vous avez enqu�t� sur moi.

Je suis rentr�e, mes ch�ris.

Ces lettres, surtout des factures,

sont adress�es � Olga Musser.

Qui a eu l'id�e de faire de vous une comtesse ?

Je n'en reviens pas comme il est tard.

Max sera-t-il contrari� ?

Contrari� que vous m'ayez emmen�e dans un restaurant aussi fin.

Et qu'on ait bu du si bon vin.

La vie est trop courte pour boire du pi�tre vin.

Merci.

Et merci de m'avoir fait sourire.

Quand puis-je vous revoir ?

Il vaut mieux qu'on ne se revoie pas.

Je pense que si.

Bonne nuit, Jean-Fran�ois.

Tu as fini ?

Pour ce que �a vaut.

Baratin.

Je n'ai plus l'occasion d'�crire de choses s�rieuses.

Et si c'�tait le cas, que pourrais-je dire ?

Tu es un fabuleux �crivain, Max.

�a viendra.

Je devrais aller en Angleterre.

Ils pourraient me donner une caisse dans le parc.

Le samedi, je pourrais pester contre Staline,

et le dimanche contre Hitler.

Qui t'a ramen�e ?

Je vous ai vus par la fen�tre.

Le colonel Mercier.

Dois-je �tre jaloux du colonel ?

Va te coucher, esp�ce d'ours.

Je t'am�ne du lait chaud.

- Qui l'a trouv�e ? - Une voisine.

Elle ne l'avait pas vue depuis plusieurs jours

et le chat faisait du vacarme.

- Comment est-elle morte ? - �trangl�e.

Pourquoi la police vous en a-t-elle parl� ?

Un autre voisin a entendu des hommes partir, peut-�tre des Allemands.

�a en fait une affaire de s�curit� int�rieure.

Je sais que c'�tait un de vos contacts, Jean-Fran�ois.

C'est pourquoi je vous ai appel�.

Quelle horrible mort !

Pauvre Olga !

A-t-elle �t� tortur�e ?

Elle a d� leur dire ce qu'ils voulaient assez vite.

C'est la partie difficile de notre travail, Antoni.

Recruter quelqu'un, gagner sa confiance, l'utiliser et un jour...

C'�tait plus facile d'�tre de simples soldats.

- Hum. - Noir et blanc.

Maintenant, tout est gris.

Les ombres. Les secrets.

Avez-vous un dossier sur moi ?

Un petit.

Je suis s�r que vous avez plus.

Marek doit vous rendre des comptes sur moi.

J'aime qu'il soit derri�re vous.

Vous �tes en danger maintenant.

Paris a d� tout envoyer pour votre balade en Allemagne.

Cartes, bulletins m�t�o.

Avez-vous d�j� utilis� cela ?

Non.

Les explications pour r�armer sont par ici.

Il y a une pellicule dans l'appareil et dix de plus dans ce sac � dos.

Vous r�cup�rerez une voiture � B�le et traverserez la fronti�re.

Vous �tes Albert Ducasse, de Lausanne.

Paris veut que vous laissiez votre passeport ici.

Ne vous faites pas prendre, car vous �tes un espion.

Et vous pourriez donc vous faire tuer.

Quel est le but de votre visite, Herr Ducasse ?

Un mariage � Fribourg.

Ils ont fait des motos de la m�me largeur que les chars.

Je les ai regard�s les mesurer.

L'officier voulait prouver que si �a passait entre les arbres,

une Panzerdivision aussi.

On vous a d�couvert ?

- Oui. Je me suis occup� de lui. - Vous l'avez tu� ?

Il n'avait pas plus de 18 ans.

Je l'ai b�illonn� et ligot� avec la sangle de son fusil.

Vous devenez gentil, Mercier.

Nous ne sommes pas encore en guerre, colonel Lessard.

Votre dernier rapport concernait des pi�ges � chars

� la fronti�re polonaise.

Qui est plate, comme vous l'aurez remarqu�.

Les steppes polonaises sont faites pour l'invasion en char.

Alors pourquoi faire les man�uvres en for�t ?

La Pologne n'est peut-�tre pas leur seule cible.

Vont-ils nous envahir ?

Ils peuvent passer par les Ardennes belges.

Et se heurter � la ligne Maginot. Un suicide.

Ils devaient vouloir affiner �a � Schramberg.

Comment avez-vous eu l'information ?

Par mon contact, Herr Uhl.

Ah, oui. Celui que nous devons relocaliser, � nos frais.

Il vaut mieux vivre au Qu�bec

qu'�tre mort � Varsovie, comme votre agent qui est morte.

Votre autre incursion � la fronti�re a fini en coups de feu.

La cape et l'�p�e ne semblent pas �tre vos points forts.

Voulez-vous une autre mission ?

Non, mon colonel. Je pr�f�re rester en Pologne.

Le g�n�ral Beauvilliers d�cidera.

Il veut d�jeuner avec vous.

Ne vous en faites pas pour Lessard.

Je vous veux � Varsovie pour rassurer les Polonais,

qu'ils sachent qu'on les aidera si le pire arrive.

Les politiciens honoreront-ils les trait�s ?

Non.

Mais ne leur dites pas.

Daladier et Chamberlain, cet imb�cile d'Anglais,

sont pr�ts � collaborer avec Hitler.

Pour eux, les Tch�ques et les Polonais sont inutiles.

Voici Lady Angela Hope. Un pilier de la sph�re parisienne.

Que puis-je pour vous, mon g�n�ral ?

Les hu�tres �taient excellentes.

Ravi de vous offrir votre table pr�f�r�e.

La choucroute arrive.

Avec deux verres de votre meilleure pilsner.

En quoi cette table est-elle sp�ciale ?

Un ma�tre d'h�tel bulgare a �t� assassin� ici.

Des balles partout.

Les miroirs ont tous �t� remplac�s sauf celui-ci.

Int�ressant. Personnellement, je viens ici pour les ragots.

Donc...

La Pologne...

Ils font de leur mieux pour acheter des armes,

mais la d�pression a paralys� leur �conomie.

Et les Allemands fabriquent de plus en plus de chars

et modifient ceux qu'ils ont d�j�.

Des plans d'invasion.

Il y a beaucoup de pierres dans ce business glauque,

toutes sortes d'�meraudes et de rubis.

Mais trouver ces plans, c'est trouver le joyau de la couronne.

Ils viennent d'une seule source, mon g�n�ral.

L'IN6. La section de planification de l'�tat-major allemand.

Impossible, diriez-vous ?

Peut-�tre pas.

La bonne personne au bon moment.

Le nom du docteur Lapp vous dit-il quelque chose ?

Non. Qui est-il ?

Il dit repr�senter une soci�t� pharmaceutique allemande,

mais je n'y crois pas une seconde.

Il fait des remarques. Donne des indices

comme s'il voulait en faire trop.

Je vais enqu�ter sur lui.

Oui. Excellent.

Nous devrions faire cela.

- Portes ouvertes. - Bient�t.

Absolument.

Bonjour.

Arnaud, qui est ce charmant monsieur ?

Colonel Mercier, Lady Angela Hope.

Roddy Fitzware.

Vous ne vivez pas � Paris. Comment vous aurais-je rat� ?

Je suis flatt�, mais je vis � Varsovie.

�a para�t froid et triste.

Une f�te ce soir vous redonnerait le moral.

Une exposition de jeune artiste.

Il a quelque chose d'un enfant terrible

et la soir�e devrait finir dans l'ivresse et la violence.

C'est tentant, mais j'ai un train ce soir.

Je passe No�l � la campagne avec ma s�ur.

Quel dommage !

J'esp�re vous revoir l'ann�e prochaine.

Avec plaisir.

Pas besoin d'�tre un g�nie

pour conna�tre les intentions de Herr Hitler.

Connais-tu sa phrase pr�f�r�e ?

Le monde veut �tre tromp�, qu'il le soit donc.

Et il n'a pas tort.

Lis les journaux.

Tu m'�coutes ?

Je connais tout cela par c�ur, Max. C'est No�l, bon sang.

Ravi de vous voir. Vous avez l'air d'�tre en forme.

Comment �taient les vacances, mon colonel ?

Tr�s agr�ables.

J'�tais � la campagne avec ma s�ur. Et � Paris.

Paris. Je vous envie.

Comment �a va, chez vous ?

C'est difficile.

Les proc�s...

Nous avons �t� rappel�s.

Une promotion ?

Plut�t une ex�cution.

Staline purge tous les vieux bolcheviks.

Pouvez-vous nous aider ?

Nous vous appr�cions, mon colonel.

Mais nous avons toujours pens�

que votre fonction ici �tait plus clandestine que diplomatique.

Et nous comprenons que vous attendiez quelque chose en retour.

Pour vous sortir de Pologne ?

On vous espionne ici ?

On ne peut pas dire.

Ils sont dou�s pour la discr�tion.

Je pars quelques jours � Belgrade. Parlons-en � mon retour.

N'attendez pas trop.

Bonsoir.

Votre voyage est-il l'id�e de Jourdain ?

Oui. Il ferait tout pour vous sortir du bureau.

Mais il y a une consolation.

Pour Belgrade en janvier ?

Une conf�rence de la Soci�t� des Nations. Anna y sera.

Peut-�tre m�me dans votre train.

Pr�f�rez-vous d�ner au premier ou au second service ?

Qu'en est-il de madame Skarbek ?

Madame n'est pas sur la liste, monsieur.

Alors, au second.

Autre chose, monsieur ?

Juste un R�my Martin.

Anna !

Je vous ai cherch�e. O� �tiez-vous ?

Je suis mont�e � Cracovie avec des coll�gues.

J'ai d�n� seul. Quel dommage !

Je vous en prie.

- O� allez-vous ? - � la m�me conf�rence que vous.

Je doute que ce soit bien.

Qui �coute encore la Soci�t� ?

Surtout depuis que Mussolini a retir� l'Italie.

Que pensez-vous apprendre ?

Pour �tre franc, je pensais l'�viter avant de savoir que vous y seriez.

� quoi pensiez-vous ?

- � une aventure dans le train ? - Non.

Plus.

Je vous poursuis, Anna.

Vous connaissez ma situation.

Oui.

Cela ne change rien.

Nous nous connaissons � peine.

O� sommes-nous, d'apr�s toi ?

La prochaine gare est Budapest.

Je pr�f�re parler de Varsovie.

Je t'aime, Anna.

J'avais oubli� ce sentiment.

En es-tu s�r ?

Avec ce qui se passe dans le monde, c'est tout ce dont je suis s�r.

Et je ne pense pas que tu aimes Max.

Tu ignores ce que je ressens pour lui.

J'�tais perdue.

Il m'a pouss�e vers ce travail.

Il m'a aid�e � me sentir utile.

Il est mon tuteur.

Et maintenant, je suis perdu.

Donne-moi du temps.

Pour en finir � ma fa�on.

Vous �tes sous surveillance, mon ami.

Pas tr�s discret. On les a facilement rep�r�s.

- Les ? - Une �quipe de quatre.

Alors ils prennent �a au s�rieux.

Il y a un Ukrainien.

Les autres sont polonais, d'origine allemande.

Est-ce que l'un d'entre eux a un visage pinc� de belette f�roce ?

Vous l'avez d�j� vu ?

Le jour o� Uhl a �t� enlev�.

C'est lui.

Ils surveillent chez vous et vous filent quand vous sortez.

Vous devez savoir que �a avance entre Anna Skarbek et moi.

J'avais entendu.

Elle est rest�e deux fois chez vous la semaine derni�re ?

Je veux qu'elle vienne vivre avec moi.

Une femme qui a v�cu dans le p�ch�

avec un �migr� russe de r�putation douteuse ?

Cela devrait affoler vos sup�rieurs.

Max est fragile. Tu comprends ?

Il se sent d�racin�.

D�poss�d�.

Quand je partirai, il sera tout seul.

Tu ne lui as toujours rien dit ?

Non. Je veux choisir le bon moment.

Nos vies ne sont pas aussi simples que dans ton lit.

Nos vies ne seront jamais simples.

- Qui est-ce ? - Malka Rosen !

Laissez-moi entrer, mon colonel.

Il est bless� !

Viktor. Nous �tions en route.

Ils savent.

Il a gliss� sur la glace et s'est bless� au pied.

- O� ? - Dans le petit parc.

- Pr�s de l'�glise ? - Oui. Il y a une �glise.

Wlada, emmenez madame Rosen � la cuisine et faites-lui du th�.

- Qui est-ce ? Que se passe-t-il ? - Il y a un probl�me. Je dois sortir.

Ferme � cl� derri�re moi et n'ouvre � personne.

O� ?

�a va, Viktor. C'est moi.

Ils savent, mon colonel. Ils savent.

N'ayez crainte. Je m'en occupe.

Merci.

Pourquoi ce soir ? Que s'est-il pass� ?

Une r�union tardive a �t� organis�e � l'ambassade.

Un de nos amis,

un bon ami de longue date,

ne nous parlait plus d'un coup.

On le voyait dans ses yeux.

On l'avait interrog�. On le sentait.

On savait.

On n'est m�me pas all�s chercher nos affaires chez nous.

Continuez de marcher. Ce n'est pas loin.

On travaille la moiti� de sa vie pour eux.

Vingt-cinq ans de secrets, de foi et d'ob�issance.

Et on a encore peur d'entendre frapper � minuit.

Pourquoi s'est-on arr�t�s ?

Qui �tait-ce, Viktor ?

Je l'ignore.

Anna, c'est moi.

- Oh, Viktor. �a va ? - Il est gel�.

Wlada, faites couler un bain chaud.

Le plus chaud possible. Et des habits secs.

- Que puis-je faire pour aider ? - Venez.

Il faut que tu rentres, Anna.

Tu n'as rien vu.

Je vous en prie, emmenez-les � l'ambassade.

Et risquer un conflit diplomatique avec les Russes ?

Paris voudra g�rer cela.

Paris mettra la main sur eux assez vite.

Et trouvera un avion priv� pour les ramener.

Gardons cela pour nous. Il ne faut pas g�ner les Polonais.

- Vous ne devriez pas g�rer cela seul. - Ils me font confiance.

Votre comtesse vous faisait confiance.

- Vous en avez combien ? - Deux.

Un derri�re, un dans les escaliers et vous devant.

Avez-vous une arme ?

Bien. N'h�sitez pas.

Qui attendons-nous ?

Nos amis allemands ?

Non. Ceux-ci sont russes. Le N.K.V.D.

Ah.

Ce sera un plaisir.

Nous avons eu peu affaire � la France.

Nos op�rations �taient centr�es sur les Polonais.

Surtout pour infiltrer les partis socialistes.

Le Central de Moscou ne pense qu'� �a.

On a fait comme tout le monde.

Plans de guerre, production d'armes,

personnalit�s politiques, d�fense des fronti�res.

Je doute que ce soit diff�rent de ce que vous faites.

Des r�seaux allemands ?

On ne les a pas g�r�s.

C'�tait le domaine de l'�lite.

Pas vous ?

Les Juifs en service ne sont pas aussi privil�gi�s ces temps-ci.

Pas d'information allemande ? Vous �tes s�r ?

- Que des potins. - Comme ?

Un camp � Pomerania o� ils forment des espions pour travailler en Pologne.

- Vous le savez d�j�. - Bien s�r.

Pour convaincre Paris de sauver votre peau, il m'en faut plus.

Que savez-vous sur l'IN6 ?

L'IN6 ?

L'op�ration Kovak ?

Non. C'�tait Morozov.

Elle a raison. C'�tait Morozov.

Qu'�tait-ce ?

Il avait un contact qui travaillait au bureau de l'IN6.

Quelqu'un qui avait cach�

son appartenance politique au Front noir.

- C'�tait des... - Je sais.

Des opposants au parti nazi d'Hitler. Le front de gauche.

On a persuad� cet homme de devenir un agent sovi�tique.

�a a march� quelque temps. Puis...

Morozov a �t� banni, donc l'op�ration a capot�.

Est-il toujours au c�ur des renseignements allemands ?

Oui. Ce n'est pas un ami d'Hitler.

Un nom ?

Il me faut un nom.

C'�tait un nom de code.

Je crois que c'�tait un oiseau.

Canari ? Quelque chose comme �a ?

- Non. - Alors, quoi ?

C'�tait un oiseau de mer.

Partout dans les ports.

C'�tait Chaika.

Go�land.

C'est quelqu'un, hein ?

Vous voulez donc partir � Paris avec les Rosen ?

Oui.

- Est-ce vraiment n�cessaire ? - Je vais devoir me renseigner.

L'opposition � Hitler � l'int�rieur du parti.

Ce serait int�ressant d'en savoir plus.

Hum.

N'�tiez-vous pas seul lorsque madame Rosen est venue chez vous ?

Non. Il y avait la bonne.

Ainsi qu'une jeune femme.

- Anna Skarbek ? - Oui. On �tait sortis d�ner.

C'�tait apr�s une heure du matin, donc c'�tait plus que le d�ner.

- Cela vous regarde ? - D'apr�s l'ambassadeur, oui.

Car vous �tes en grand danger. C'est la ma�tresse de Maxime Mostov.

Cette relation est finie.

C'est peut-�tre plus qu'une ma�tresse accabl�e.

Une complice enthousiaste.

C'est ridicule !

L'ambassadeur pense fortement que dans ces circonstances,

il vaudrait mieux que vous mettiez fin � cette liaison.

Je ne suis pas pr�t � cela.

Vous devriez y r�fl�chir s�rieusement.

Les Rosen fuyaient s�rement.

Tu sais que je ne peux pas commenter cela.

Max en est certain.

Tu en as parl� avec lui ?

Il en a entendu parler. Comme tout le monde.

Anna. La situation est d�licate.

L'ambassade ne veut plus que je te voie.

Pourquoi ? Ils me croient espionne ? Ou prostitu�e ?

S'ils insistent, je d�missionnerai.

Je dois partir quelques jours.

� mon retour, je veux que tu aies mis fin � ta liaison avec Max.

Je n'aime pas les ultimatums.

Je veux que tu sois libre.

Baissez la t�te.

Allez.

Il a l'air contrari�.

On peut comprendre.

H� !

Quoi ?

Tu peux le baiser de temps en temps

pour te sentir mieux.

Ce n'est pas �a.

Je peux comprendre l'attirance.

Le h�ros de guerre.

Qui a tu� nombreux de mes compatriotes il y a 20 ans.

Il est beau en uniforme

m�me si on dirait qu'il a un balai dans le cul.

Arr�te, Max.

Je savais que �a arriverait un jour.

Tu es jeune et en pleine forme.

Je ne suis qu'un vieux con triste et mis�reux.

Je le vois sur les gens quand on sort.

"Que lui trouve-t-elle ?"

Max, tu es merveilleux, et j'ai choisi d'�tre avec toi.

Oui. Et maintenant, tu choisis de partir.

Je sors.

Sois partie quand je rentre.

Et ne me cache pas la vodka !

Croyez-vous ce que vous ont dit les Rosen ?

Ou vous auraient-ils menti pour sauver leur peau ?

Je les crois.

Je veux enqu�ter plus loin.

Cela devra attendre qu'on ait aussi enqu�t� sur eux.

Je veux rentrer au plus t�t � Varsovie.

La ville semble vous attirer.

Pas comme quand on vous y a envoy�.

Je crois que cet endroit me convient.

Au bon moment.

Je suis d'accord.

Vous avez tr�s bien g�r� cet �pisode, mon colonel.

Je vous laisse � votre caf�.

Pourquoi ne vous aime-t-il pas ?

Il d�teste de Gaulle. Il sait que j'ai servi avec lui.

Il a loup� la guerre. C'est son probl�me.

Il ne supporte pas que vous ayez toutes ces m�dailles.

La derni�re fois, vous avez mentionn� un certain Dr Lapp.

Votre instinct avait vu juste.

Le bon docteur est des renseignements militaires allemands.

Avec l'amiral Canaris et son Abwehr,

ils d�testent le SD et Hitler, toute cette sale affaire.

C'est aussi social que politique.

Ils se voient comme des gentlemen, et les nazis comme des gangsters.

Alors, il pourrait �tre utile.

Oui.

Oui !

J'arrive.

- Qui est-ce ? - Klaus et Frida.

Ils ont fui Francfort avec juste les v�tements qu'ils portaient.

Sont-ils une menace au gouvernement ?

Ce sont des violoncellistes.

Par la nouvelle loi allemande, celui qui a plus de 25 % de sang non-aryen

n'a plus le droit de jouer Beethoven, Mozart ou Bach.

Il leur reste Gershwin.

Pourquoi le duc de Windsor a-t-il rendu visite � Hitler ?

S�rement une id�e de Mme Simpson. Il fait toujours ce qu'elle dit.

Quel genre de mainmise a-t-elle sur lui ?

Elle doit le fesser et lui rappeler sa grand-m�re.

C'est tr�s anglais.

Votre coup de fil de Varsovie. Enfin.

Veuillez m'excuser.

Ne soyez pas trop long.

All� ?

Anna, o� �tais-tu ? J'ai essay� de t'appeler toute la journ�e.

Que se passe-t-il ?

Ils ont emmen� Max !

Ils l'ont emmen� cette nuit comme un vulgaire criminel !

Que racontes-tu ? Qui l'a emmen� ?

Tu sais tr�s bien qui l'a emmen� !

J'ai rendu visite � ton ami Pakulski.

Les Polonais n'avaient pas de probl�me avec lui.

Ce sont les Fran�ais qui le voulaient.

Tu ne pouvais pas attendre que je g�re comme je l'avais dit.

Anna, tu dis n'importe quoi.

Ils ne me laissent m�me pas le voir.

Ils le renvoient � Moscou. C'est une condamnation � mort !

Anna ?

All� ?

Le colonel Mercier est d�sol�. Il a d� partir.

Ah.

Affaires d'�tat, mon g�n�ral ?

Ou de c�ur, peut-�tre.

Pourquoi dites-vous cela ?

Les deux seules fois o� je l'ai vu,

il n'a jamais eu envie de me mettre dans son lit.

Vous devez savoir que l'ambassadeur n'avait pas le choix.

Vous �tiez en danger. C'�tait imp�ratif.

C'�tait vindicatif, inutile et l�che d'attendre mon d�part.

Nous avons d'autres priorit�s. Qu'avez-vous appris des Rosen ?

J'ai des pistes que j'ai eu le droit d'exploiter.

Quelles sont-elles ?

J'en ai le droit.

Pour Paris, moins de gens savent, mieux c'est.

Si elle veut dispara�tre un moment, qu'elle le fasse.

Je dois lui parler.

Je veux pouvoir m'expliquer.

Elle est rong�e par la culpabilit� et la col�re

car rien ne serait arriv� � Max si elle n'�tait pas tomb�e amoureuse.

Son c�ur vous est ferm�.

Un conseil : attendez.

Combien de temps nous reste-t-il ?

Hitler envahira l'Autriche d'un moment � l'autre.

Et il ne s'arr�tera pas l�.

Il faut qu'on se batte, peu importe comment.

Askenazy.

Un grand historien polonais.

Asseyez-vous.

- Peut-on parler en priv� ici ? - C'est pour �a que je l'ai propos�.

C'est � un ami et personne ne vient ici � cette heure.

Quand on s'est parl�,

vous m'avez donn� raison de croire

que vous n'aimez pas les dirigeants de votre pays.

Je sais aussi que vous �tes membre de l'Abwehr.

Et je sais que vous �tes li�

au Deuxi�me Bureau et au g�n�ral Beauvilliers.

C'est fou comme peu de secrets restent dans notre monde de secrets.

Avez-vous d�j� �t� membre du Front noir ?

Non. Je n'ai adh�r� � aucune organisation nazie.

Mais elle faisait partie des plus grands ennemis d'Hitler.

C'est pour cela que ceux qui ne sont pas morts sont cach�s ou en exil.

J'ai entendu qu'un ancien membre travaille encore au c�ur de l'IN6.

Laissez-les sur la table, jeune homme.

Il y a un homme qui peut vous aider.

Il a �t� professeur de langues anciennes.

Il se cache en Tch�coslovaquie car il est recherch� par la Gestapo.

Vous devriez vite partir.

Il �crit toujours des tracts qui passent en cachette en Allemagne.

Et �a les rend fous.

Je crains qu'il ne reste pas longtemps de ce monde.

Je franchis une ligne, mon colonel.

Si je vous donne son nom, vous devez me faire une promesse.

Vous pouvez lui proposer de l'argent sans le menacer

car nous lui parlons encore.

Ne le blessez pas.

- D'accord ? - D'accord.

Le coursier revient avec l'express du matin

alors regardez ceci maintenant.

Vous devrez le signer.

Comptez, je vous en prie.

Il y a un message du g�n�ral Beauvilliers.

D�brouillez-vous pour ne pas vous faire prendre.

Et �vitez le casino.

Je serai absent au moins une semaine, Wlada.

Prenez des cong�s. Voyez votre famille.

Je veux m'arr�ter en allant � la gare.

Tuez-le.

Reposez en paix, comtesse.

Marek !

Que s'est-il pass� ?

Il vous suivait.

Alors, je l'ai suivi.

Il m'a vu et a point� son pistolet. Alors, je l'ai tu�.

On devrait y aller, chef.

Qu'allons-nous faire du corps ?

Bon endroit pour mourir. Si on avait une pelle.

Prenez la voiture.

Je me d�brouille avec �a.

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