All language subtitles for Los.Ojos.De.Julia.1080p.BluRay.2010.DUAL

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Original subtitles

Écoute-moi.

D'accord, tu as gagné.

Arrête au moins cette chanson. Tu sais que je la déteste.

Pourquoi tu ne dis rien ?

Dis quelque chose !

Tu es là.

Et tu me regardes.

Tu crois que tu peux me berner ?

Non, tu ne peux pas me berner,

parce que je sens ta présence.

Et tes mouvements.

Je peux même te sentir.

Si tu crois...

Si tu crois, fils de pute,

que je vais me pendre sous tes yeux...

- Ça ne va pas ? - Que s'est-il passé ?

Julia, qu'est-ce qui ne va pas ?

Julia, tu m'entends ? Apportez de l'eau.

Calme-toi, Julia.

Julia, ça va ?

- Qu'y a-t-il ? - Elle est tombée.

- Appelez un médecin, vite. - Non, ça va.

Je vais bien.

Ici Sara. Je ne peux pas prendre votre appel. Veuillez...

Tu crois que c'est une bonne idée de venir après six mois ?

Je veux juste savoir si elle va bien.

Sara ?

Sara ?

Elle est peut-être sortie.

Non.

Je sais qu'il lui est arrivé quelque chose.

L'électricité est coupée.

- Les fusibles ont l'air bons. - Je vais voir en haut.

Sara ?

Sara ?

Isaac, elle n'est nulle part. On va demander aux voisins.

- Ne descends pas. - Pourquoi ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Isaac, dis-moi ce qui se passe.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Julia...

- Mais qu'est-ce qu'il y a ? - Viens avec moi.

Inspecteur...

Je suis désolé de ce qui s'est passé.

Non, merci.

Le légiste dit que Sara s'est suicidée hier soir, pendant la panne de courant.

Mais nous devons savoir pourquoi.

On m'a dit qu'elle souffrait d'une maladie dégénérative.

Oui, une perte progressive de la vue, comme ma femme.

Mais Sara est devenue aveugle il y a un an.

Comment l'a-t-elle supporté ?

Ma soeur n'était pas déprimée, si c'est ce que vous insinuez.

En fait, elle était...

Elle devait se faire opérer, n'est-ce pas ?

Elle attendait un donneur, mais elle espérait retrouver la vue.

Elle en a peut-être eu assez d'attendre.

D'accord.

Oui, merci.

Le Dr Román ne pourra pas venir à l'enterrement

et présente ses condoléances.

Il veut aussi voir tes yeux avant que tu ne repartes.

Isaac, l'électricité est revenue.

Chérie, tu m'entends ?

Le CD s'est mis en route, tu as entendu ?

- Oui. - Tu ne trouves pas ça étrange

que Sara écoutait de la musique avant de...

En plus, elle détestait cette chanson.

- Julia... - Et si elle n'était pas seule ?

- Si elle était avec quelqu'un ? - Julia, je t'en prie.

On ne saura peut-être jamais ses raisons. On était sans nouvelles depuis des mois.

C'est étrange. J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé.

- C'est mauvais pour toi de t'inquiéter. - Je ne m'inquiète pas pour moi.

Moi, si. Le stress peut te rendre aveugle.

Ça ne m'est arrivé que deux fois en cinq ans.

Et tu as perdu 20% de ta vision.

Ah, ça recommence.

Tu as trouvé quelque chose ?

Rien, pas même une bougie.

- Il est temps d'aller voir les voisins. - Fais vite.

Isaac ?

Julia.

Pardon.

Excusez-moi.

Toutes mes condoléances. Je suis Blasco, son voisin.

Je ne connaissais pas très bien votre soeur,

mais Lía l'aimait beaucoup et elle a insisté pour que je vous apporte ceci.

Lía ?

Ma fille. Sara lui prêtait des livres.

La pauvre petite est très affectée, elle n'a pas voulu sortir de la voiture.

Enfin...

Pardon, mais Lía voudrait savoir si Sara a laissé un mot.

- On ne sait pas. - Je comprends.

Je ne veux pas vous déranger plus longtemps.

On continue ?

Juste un voisin et sa fille ?

Je ne savais pas qu'elle était si seule.

Mais je lui ai pardonné.

Et je t'ai pardonné aussi.

Il ne me reste qu'à me pardonner à moi-même de n'avoir pas été là.

Mais j'ai fait tout ce que j'ai pu, pas vrai, Isaac ?

L'autopsie n'a rien révélé d'anormal.

Avez-vous vérifié les empreintes ?

On n'a trouvé que les siennes et les nôtres.

Oui, mais...

Cette chanson...

Et ce qui s'est passé au cimetière ?

Julia, il n'y a aucune preuve que quelqu'un était avec votre soeur.

Personne n'a rien vu ou entendu de suspect.

Vous pouvez parler à Soledad, si vous le souhaitez.

- Qui ça ? - Une vieille dame qui habite tout près.

Apparemment, elle a aidé votre soeur, quand elle est devenue aveugle.

Ne sois pas trop longue.

Où habite-t-elle ?

Suivez la corde dans la cour.

Quelle corde ?

Je suis sûr que la vieille dame ne sait rien.

Personne ne le savait, à part vous.

Mais parlez à votre femme. Elle le découvrira tôt ou tard.

Je le ferai au moment voulu.

Mme Soledad ?

Il y a quelqu'un ?

Qui est-ce ?

C'est Julia, la soeur de Sara.

J'arrive.

Désolée pour le désordre. La maison doit être dégoûtante.

Écoutez...

- Vous êtes là ? - Désolée, j'ignorais que vous étiez...

C'est moi qui suis désolée. Je voulais venir à l'enterrement,

mais j'ai mis une heure à trouver une paire de chaussures identiques.

Ce n'est rien. Vous étiez une bonne amie de Sara ?

Quand elle a commencé à perdre la vue,

il y a un an, nous avons eu de longues conversations.

Mais dernièrement, elle me parlait à peine.

Elle s'était fait de nouveaux amis.

- Quels nouveaux amis ? - Vous savez, des gens plus jeunes.

- Du Centre Baumann. - Le Centre Baumann ? C'est quoi ?

Un centre pour aveugles pas loin d'ici.

Un de ces endroits où on vous fait croire qu'on peut vivre une vie normale

malgré le fait d'avoir perdu la vue.

Si on n'entend pas, on est sourd. Si on a perdu un bras, on est manchot.

Et si on ne voit pas, on est aveugle.

Et rien ne sera plus comme avant.

Mme Soledad, où pourrais-je trouver un taxi ?

Merci.

Tout droit, en bas des escaliers et à droite.

Pauvre Sara.

- Pourquoi s'est-elle pendue ? - Arrête d'y penser.

- Et si on faisait une minute de silence ? - Ne sois pas cruelle.

Aucune de nous ne pouvait la supporter.

Vous ne trouvez pas ça étrange ?

Non.

On y a toutes pensé, à un moment.

Dela.

Nora a raison. Une fois, j'ai envisagé de m'ouvrir les veines.

Avec des chandelles et de la musique d'opéra.

Moi aussi. J'ai voulu me jeter par la fenêtre.

On y a pensé mais on ne l'a pas fait.

Il y a toujours une raison de vivre.

Sara n'a pas dû en trouver.

Et un petit ami ne vous paraît pas être une bonne raison ?

Sara avait un petit ami ?

Elle m'a dit qu'elle avait rencontré quelqu'un.

- Qui ça ? - Aucune idée.

Ils sortaient ensemble depuis un ou deux mois.

Ils sont même allés une semaine à Bellavista.

- Qu'est-ce qu'il y a, à Bellavista ? - Des hôtels de passe.

Silence !

C'est vraiment bizarre.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Il y a quelqu'un ici.

- On dirait que c'est Sara. - Ce n'est pas drôle !

- Je la sens aussi. - Quelque chose a bougé.

- Je la tiens ! Appelez la sécurité ! - Je suis la soeur de Sara.

Julia ?

Oui.

- Pourquoi nous espionnais-tu ? - Je ne voulais pas vous interrompre.

- Et lui, qui est-ce ? - Qui ça ?

- L'homme qui est avec toi. - Je suis venue seule.

Il y a quelqu'un d'autre ici.

Un homme, et il est derrière toi.

Attendez !

Qui êtes-vous ?

Tournez-vous.

Tournez-vous.

Tournez-vous, j'ai dit !

Non. Non !

Isaac ?

Isaac ?

Hôtel Romeo, Bellavista.

Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Tu es trempée.

Il s'est mis à pleuvoir, quand je suis sortie de chez Soledad.

Tu es restée chez elle tout ce temps ?

Elle m'a offert un goûter. Je n'ai pas pu refuser.

Julia, je suis allé te chercher. Tu es partie il y a une heure.

Où étais-tu ?

Tu veux me contrôler ?

Je pourrais aussi te demander ce que tu cherches.

D'accord.

D'accord.

Je suis certaine qu'il y a quelque chose d'étrange dans le suicide de Sara.

- Quelqu'un nous observe. - Julia, Julia, je t'en prie.

Qui ça ?

Son petit ami.

- Sara avait un petit ami ? - Oui.

Qui te l'a dit ?

Un groupe de filles aveugles au Centre Baumann

et quelqu'un nous espionnait.

- Comment le sais-tu ? - Parce que je lui ai couru après.

- Tu lui as couru après ? - Oui.

Isaac.

- Isaac ! Qu'est-ce que tu fais ? - On quitte cette maison.

Écoute, si je dois jouer les maris autoritaires, je le ferai.

Et si je dois t'emmener de force, je le ferai.

Mais je ne te laisserai pas avoir une crise.

Tu sais que je ne me le pardonnerais pas.

La mort de ta soeur nous a fait assez de mal.

Tu as raison.

Mais je n'ai pas envie de rentrer à la maison.

Et si on allait quelque part, tous les deux ?

Où aimerais-tu aller ?

Tu es sûre de vouloir aller là ?

D'après le guide, c'est le meilleur hôtel.

Jolie vue, n'est-ce pas ?

- Julia. - Oui, c'est magnifique.

Merci.

Julia...

- Je vais garer la voiture. - D'accord.

Vous ne vous souvenez pas de ma soeur, une aveugle ?

Oui, un collègue m'a parlé d'elle.

Ça peut vous paraître étrange,

mais pourriez-vous me dire le nom de l'homme qui l'accompagnait ?

- Il n'y a pas de nom sur la facture. - Désolé, je n'ai pas souvenir d'un homme.

C'est que...

Ma soeur est morte, j'ai besoin de trouver cet homme.

Voyons ça. Je ne comprends pas.

Sa réservation n'est pas enregistrée.

Comme si toutes les informations avaient été effacées.

- Vous êtes sûre ? - Oui, désolée.

Sans doute un problème d'ordinateur.

Essayez El Arlequín. C'est le restaurant que nous recommandons.

Merci.

Merci.

Merci.

Je ne comprends pas pourquoi ils recommandent ce restaurant.

Moi, il me plaît bien.

Ce n'est pas du tout ton style.

Et ce serveur n'arrête pas de te regarder.

Vraiment ?

- Tu t'imagines des choses. - Peut-être.

- Mes lunettes de lecture. - Dans ton manteau ? Bizarre.

Je vais les chercher, et je vais passer aux toilettes.

S'il te drague, crie au secours.

Quel changement.

J'aime bien, ça met vos yeux en valeur. Au fait, je savais qu'ils étaient verts.

Vous me confondez avec ma soeur jumelle. Elle était ici la semaine dernière.

Avec son petit ami.

Son petit ami ?

Elle était avec un homme, n'est-ce pas ?

Oui, je crois bien.

- Vous vous souvenez de son nom ? - Non, aucune idée.

Il était très réservé, très terne.

- Pourriez-vous le décrire ? - Oui, il était...

Il était très ordinaire, comme n'importe qui.

Mais il était grand, petit, blond, brun ?

Je ne m'en souviens plus.

Vous vous rappelez de ma soeur, mais pas de lui ?

On ne pouvait que la remarquer, avec ces bandages.

Des bandages ?

Ses bandages après l'opération.

- Ma soeur a été opérée ? - Bien sûr.

D'où le pari sur la couleur de ses yeux.

Elle a dit qu'elle reviendrait une fois guérie

et que si je devinais la couleur de ses yeux, je...

- Pablo, tu peux venir un instant ? - Oui, j'arrive.

Excusez-moi. Saluez-la bien de ma part.

Je ne les ai pas trouvées.

Voyons comment je m'en sors.

Il y a quelque chose qui ne va pas ?

Sara est venue ici la semaine dernière.

Julia, qu'est-ce qu'on fait ici ?

Isaac, le serveur m'a dit qu'elle avait les yeux bandés.

Tu te rends compte ?

Si elle s'est fait opérer et qu'elle avait une chance de retrouver la vue,

pourquoi se serait-elle suicidée ?

Dis-moi pourquoi.

Parce que l'opération n'a pas marché.

Quoi ?

Ça n'a pas marché.

Le Dr Román me l'a dit hier.

J'attendais le bon moment pour te le dire.

Cet homme existe.

Julia, Julia.

- Autre chose que je devrais savoir ? - Je voulais juste te protéger.

- De quoi ? - De la vérité.

Et c'est quoi, la vérité ?

Sara s'est suicidée parce qu'elle ne supportait pas d'être aveugle.

Julia.

Julia.

Tu savais qu'elle était venue ici avec son petit ami ?

Ça ne prouve rien.

Pourquoi se cache-t-il ? Pourquoi n'est-il pas venu à l'enterrement ?

Il n'était peut-être plus avec elle.

Il l'a peut-être quittée en apprenant qu'elle ne retrouverait jamais la vue.

C'est aussi simple ?

Aussi simple que ça ?

- Eh bien... - Depuis quand es-tu psychologue ?

Julia !

Seigneur.

Mais qu'est-ce que tu fais ?

Julia, Julia.

Tu n'as pas vu la voiture ?

Tu ne l'as pas vue, n'est-ce pas ?

Combien de crises as-tu eues ?

Deux.

Et merde.

Merde.

Si...

- Si je deviens aveugle, quand je... - Non. Ça n'arrivera pas.

Ne pas le vouloir ne signifie pas que ça n'arrivera pas.

Isaac...

Une fois, tu m'as dit que...

...quand tu me regardais dans les yeux, tu pouvais voir tout l'univers.

- Je le peux toujours. - Et si l'univers s'éteignait ?

Ferme les yeux.

Quoi ?

Ferme les yeux.

Tu me vois ?

Bien sûr que non.

Alors comment sais-tu que je suis là ?

Parce que je t'entends.

Et si je ne dis rien ?

Comment sais-tu que je suis là ?

Je peux te toucher.

Et tu peux me sentir.

Et t'embrasser.

Promets-moi que quand le jour viendra, on retournera dans le désert.

Quoi ?

Tu sais ?

La dernière chose que je voudrais voir, c'est ce ciel, avec toi.

- Julia... - Promets-le-moi.

Promets-le-moi.

Je te le promets.

Mais...

Tu dois me promettre...

...que tu vas arrêter de chasser des fantômes.

Et que tu iras voir le Dr Román.

Demain.

D'accord.

Je vais mettre les bagages dans la voiture. Je t'attends dehors.

Dans 15 minutes.

Mlle Levin.

Mlle Levin.

Toutes mes condoléances.

Je m'appelle Créspulo.

J'ai appris la mort de votre soeur dans les avis de décès du journal.

Merci.

J'ai quelque chose à elle.

Quelques heures après le départ de votre soeur,

j'ai trouvé une clé dans sa chambre, sous le lit.

Je crois que je l'ai mise par ici.

Merci.

M. Créspulo.

Désolée.

M. Créspulo...

Ma soeur est venue avec un homme, n'est-ce pas ?

L'homme invisible.

Pardon ?

Personne ne se souvient de l'homme qui était avec votre soeur, n'est-ce pas ?

Eh bien...

Ça ne veut pas dire qu'il était invisible.

Il y a des gens qui n'ont pas de lumière.

Savez-vous ce que c'est d'entrer quelque part et que personne ne vous voie ?

Ou de marcher dans la rue et que des gens vous bousculent ?

Ou demander quelque chose trois fois sans que personne ne réponde ?

C'est l'homme que vous cherchez.

Une pause, un vide.

Une absence.

C'est pour ça que personne ne se souvient de lui.

Personne, à part vous.

Dans un sens, je suis invisible, moi aussi.

Ça fait des années que personne ne fait attention à moi.

Cet homme,

savez-vous où je peux le trouver ?

De quoi avez-vous peur ?

Il avait garé sa camionnette dans un parking à deux rues d'ici.

Il y a une caméra de surveillance qui enregistre 24 heures sur 24.

Merci.

Attendez !

Soyez prudente.

L'homme qui était avec votre soeur avait de la colère dans ses yeux.

Il sait comment être une ombre.

Si quelqu'un se sent invisible et est en colère contre le monde,

il peut être dangereux.

Il n'a pas de lumière. Personne ne le regarde.

Il pourrait s'approcher de vous à votre insu et...

- Où étais-tu ? - Tu as vu quelqu'un ?

- J'ai attendu dix minutes. - Un instant.

Il est là. Et je sais comment le trouver.

- Non ! - Qu'est-ce que tu fais ?

- Je vais parler au gardien. - Tu vas te calmer un peu ?

- Calme-toi. - Attends là.

Quel caractère.

Je te rappelle que tu m'as fait une promesse, hier soir.

- Ça suffit. - Je n'en peux plus !

- Ne crie pas ! - J'en ai marre !

Il n'y a aucun mystère dans la mort de Sara !

Tu veux les bandes vidéo ? Tu les auras.

Mais ce merdier va se terminer ici et maintenant, compris ?

Vous êtes sur le répondeur...

Excusez-moi.

Quelqu'un est venu vous demander les enregistrements de vidéo surveillance ?

Écoutez, je ne veux pas d'ennuis.

Un type est venu, m'a donné de l'argent et j'ai promis de ne rien dire.

C'était mon mari. Je l'attends depuis un moment.

Savez-vous par où il est parti ?

Il est parti quand mon petit appareil a fait les copies qu'il voulait.

Et...

Il y avait quelqu'un d'autre ?

- Vous êtes sûr ? - Personne.

On peut vérifier les moniteurs, pour voir.

Mais qu'est-ce que...

Je reviens.

Nom d'un chien !

Que se passe-t-il ?

Calmez-vous. C'est moi.

Quelqu'un a fait sauter les plombs.

C'est impossible.

C'est impossible.

Mon mari a été kidnappé. Il est en danger.

Tout ce qu'on sait, c'est que les bandes vidéo ont été volées.

Non, je vous l'ai dit. C'est l'homme qui était avec ma soeur.

Vous devez le trouver avant qu'il ne soit trop tard.

Comment trouver quelqu'un que personne n'a vu, pas même vous ?

Créspulo.

- Il l'a tué car il était le seul... - Aucune trace de violence.

Le seul qui pouvait reconnaître l'homme invisible.

- Il efface ses traces. - Que dites-vous ?

Mon mari est en danger !

- Calmez-vous, madame ! - Isaac !

Appelle un docteur, vite.

On a besoin d'un docteur en bas.

Isaac.

Le processus est irréversible.

J'en ai pour combien de temps ?

Je ne sais pas. Peut-être quelques heures ou jours.

Ou quelques semaines. Mais moins d'un mois.

Il faut trouver un donneur et opérer le plus vite possible.

Connaissiez-vous le petit ami de Sara ?

Non, je ne le connaissais pas.

Julia, je sais que vous traversez une phase difficile,

mais vous devez d'abord penser à vous.

Essayez d'éviter tout stress émotionnel.

Et ne forcez pas sur vos yeux, d'accord ?

Iván. Iván.

Un petit ami ?

Sara ne m'a jamais parlé d'un petit ami.

Elle ne faisait pas confiance aux hommes.

Contrairement à moi. Ou à vous.

Isaac ne m'a pas quittée, j'en suis sûre.

C'est ce que pensent toutes les femmes.

Moi aussi, j'ai inventé une histoire, quand mon mari m'a abandonnée.

Il ne supportait pas mon fils, Ángel.

Et mon fils était plus important que tout.

La dégénérescence maculaire a commencé et je suis devenue aveugle.

Heureusement, Ángel a pris soin de moi pendant dix ans,

jusqu'à ce qu'un matin, je me réveille

et il était parti.

Mon fils était parti.

Quel genre de fils abandonne une mère aveugle ?

J'ai dû inventer une histoire.

Et je continue à l'entretenir.

Quelle humiliation. Désolée.

Allô ?

L'hôtel est automatisé. Il n'y a aucun personnel.

Les invités s'enregistrent par une machine.

La banque m'a appelé ce matin pour m'informer d'une transaction

sur la carte de crédit de votre mari.

J'ai fouillé la chambre et j'ai trouvé ceci sur la table de nuit.

Julia, il y a des choses que vous ne savez pas sur votre mari.

- Il vous a caché l'opération de Sara. - Pour me protéger. Le docteur m'a dit...

Le docteur m'a assuré qu'il n'avait parlé à personne de l'opération.

Comment votre mari était-il au courant ?

Inspecteur, une patrouille vient de passer devant chez Sara.

Ils ont vu de la lumière à l'intérieur.

Isaac ?

Attendez-moi ici. Ne bougez pas.

Isaac ?

Il y a quelqu'un ?

Isaac ?

Isaac ?

Julia !

Merde. Il faut que je sorte d'ici.

C'est où ? Reste calme.

Où est la porte ? Du calme.

Julia ? Julia ?

Inspecteur ! Il y a quelqu'un en bas ! Inspecteur !

Julia, calmez-vous, c'est moi.

Il y a quelqu'un ici !

Que se passe-t-il ?

Que se passe-t-il ?

Allumez la lampe torche, je ne supporte pas l'obscurité.

Je vous en prie, parlez. Pourquoi vous ne dites rien ?

Merci.

Bonjour.

Il y a quelque chose que vous devez savoir, Julia.

Votre mari a laissé une lettre.

On a fait une analyse graphologique, il n'y a pas de doute.

Écoutez...

Sara et Isaac étaient amants depuis six mois.

Il vous demande pardon, dans la lettre.

Ça explique les nombreux appels à votre soeur sur le portable de votre mari.

Saviez-vous qu'ils étaient en contact dernièrement ?

Réfléchissez, Julia.

C'est Isaac qui a insisté pour aller chercher la vidéo.

Probablement qu'il ne voulait pas que vous le voyiez sur la bande.

Puis il est allé au motel et s'est dit que la vie n'avait pas de sens, sans Sara.

Je suis désolé, mais tout se recoupe.

On a trouvé un donneur. On peut opérer demain.

Vous devez juste signer ici.

Merci.

Calmez-vous, Julia.

Calmez-vous. Dormez encore un peu.

Bon, Julia, tout s'est bien passé.

Mais il faut faire attention, à présent.

Vos yeux doivent être protégés de la lumière pendant deux semaines.

Et ne manipulez pas les bandages vous-même.

Si vous les enlevez trop tôt, il n'y aura plus de solution.

Mais ne vous en faites pas, on s'occupera bien de vous.

Non.

Je préfère rentrer chez moi. Je déteste les hôpitaux.

Oui, mais je crains que ce soit impossible.

- Vous devez être surveillée. - Je pourrais... aller chez ma soeur.

Je connais assez bien la maison.

Franchement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

Oui, mais si je ne vois pas, je ne peux pas sentir.

Écoutez, voilà ce qu'on va faire. Vous pouvez aller chez votre soeur,

mais vous serez suivie chaque jour par un aide-soignant de l'hôpital.

Julia, il y a autre chose.

Le corps de votre mari est toujours ici. Je peux m'en occuper, si vous voulez.

Non.

Je préfère le faire moi-même.

Vous pouvez garder le corps jusqu'à ce que je retrouve la vue ?

J'ai besoin de lui dire au revoir.

Asseyez-vous sur le canapé.

Allez-y, avancez.

- Voilà vos affaires. - Merci.

- Attention. Ne vous inquiétez pas. - Voilà.

Vous voulez qu'on attende l'arrivée de l'aide-soignant ?

- Je peux vous demander un service ? - Bien sûr, quoi donc ?

Je veux savoir ce qu'ouvre cette clé.

La serrure de cette clé n'est pas dans cette maison, désolé.

- Vous avez essayé toutes les serrures ? - Oui.

Vous avez besoin d'autre chose ?

Non, merci.

- Vous pouvez y aller. - D'accord.

- Oui ? - Bonjour.

Vous devez être Julia. Je suis Iván, votre aide-soignant.

Désolé du retard, les embouteillages. J'ai appelé, mais on a été coupés.

J'aurais préféré une femme.

Appelez le Dr Román... Qu'avez-vous à la main ?

C'est superficiel. Demain matin, vous ne sentirez plus rien.

Je vais vous préparer à dîner et ranger un peu. Restez là.

Au fait...

Qu'est-ce que je fais des lunettes ?

Jetez-les.

Pendant que vous mangiez, j'ai étudié un peu la maison.

Julia.

- Qu'est-ce que vous faites ? - Pardon. Je dois partir.

Quelle heure est-il ?

Neuf heures.

Les premiers jours, on perd la notion du temps.

Je vous donne des somnifères, au cas où.

Et un pager.

Pour me contacter, appuyez sur ce bouton. Donnez-moi la main.

Voilà le bouton.

Allons-y.

- Qu'est-ce que vous faites ? - Je dois vous mettre au lit.

- Je peux le faire toute seule. - Vous êtes sûre ?

Ça va ?

D'accord, vous avez gagné.

Mettez-moi au lit et vous pourrez partir.

Qui est là ?

Calme-toi. Calme-toi, chérie.

C'est moi.

Isaac ?

Isaac ?

Comment est-ce possible ?

Ne dis rien.

Merci.

- Que fais-tu ? - Je t'enlève ce sale bandage.

- Pour que tu me voies mieux. - Non !

Là.

Lâche-moi ! Lâche-moi !

Ne résiste pas, petite soeur. On est deux contre une.

Ne bouge pas.

Non, arrêtez !

Lâchez-moi !

Iván. Iván.

Julia, tout va bien ?

- Il y a quelqu'un dans la maison. - Quoi ?

Dans la chambre à côté.

- Ne bougez pas, j'appelle la police. - Non, Iván, Iván.

Vous êtes toujours là ?

Il faut me sortir d'ici tout de suite.

- Où êtes-vous ? - Dans la chambre d'ami.

Bon. Trouvez la porte et sortez de la chambre.

Trouvez le mur juste à droite.

- Il est là. - Calmez-vous.

La rampe est devant vous. Cherchez-la.

D'accord.

Tenez la rampe.

Descendez les six marches jusqu'au palier.

Ensuite, il y a neuf marches.

Julia...

- Je suis en bas. Je fais quoi ? - Suivez le mur jusqu'à la porte.

Qui est là ? Qui est là ?

- Que se passe-t-il ? - Je ne sais pas.

Sortez de la maison. Vite !

Rien n'indique que quelqu'un est entré dans la maison.

Il y avait quelqu'un. Et il cherchait quelque chose.

Désolé, mais je ne peux rien faire d'autre.

- Vous voulez que j'appelle l'hôpital ? - Pourquoi ?

Vous ne devriez pas rester ici, vu ce qui s'est passé.

Vous ne me croyez pas non plus.

Je dis juste que dans votre état, c'est normal que vos sens vous trompent.

N'ouvrez les yeux sous aucun prétexte.

Vous pouvez lâcher.

Que se passe-t-il ?

Mes yeux pourraient être abîmés, non ?

Non, je veux juste changer le bandage et j'ai pris des précautions.

J'ai fait ça des centaines de fois. Ne vous inquiétez pas.

Vous savez, quand j'avais 20 ans,

j'ai eu un accident de voiture et j'ai été aveugle pendant deux mois.

Et comme vous, j'imaginais des choses et j'avais des cauchemars.

Et je repoussais l'aide des soignants.

Je ne supportais pas l'idée d'être aveugle.

Finalement, j'ai retrouvé la vue.

Mais pendant ces deux mois,

j'ai compris ce que c'était que de vivre dans le noir.

C'est pour ça que je suis devenu aide-soignant.

Vous avez inventé cette histoire pour me réconforter.

Non. Appelez l'hôpital, si vous ne me croyez pas.

Julia, je sais que vous avez peur, mais le seul moyen de vaincre la peur,

c'est de la combattre.

Qu'en dites-vous ?

Vous me laissez vous aider ?

- Quoi ? - Tu en as renversé.

Va jusqu'à la porte. Suis le mur avec ta main...

Après le vaisselier...

J'ai des hauts et des bas.

Mais j'ai bien dormi, ces dernières nuits.

Iván a été très patient avec moi toute la semaine.

Oui, il s'occupe bien de moi.

Promis. Oui.

Merci d'avoir appelé. Au revoir.

- Tu t'en vas ? - Oui. Il est un peu tard.

Pourquoi tu ne restes pas un peu ?

Un petit peu.

- Tu as encore peur ? - Non.

Non, ce n'est pas ça.

Ça ne fait rien.

Je nous prépare un dîner spécial ?

- Va regarder la télé. Je cuisine. - C'est un peu difficile.

Tu n'as pas trop bu ?

Je fête quelque chose.

Quoi donc ?

Dans quatre jours,

j'enlève les bandages et je pourrai voir à nouveau.

Tout ira bien, Julia.

Tu sais,

si l'opération ne fonctionne pas, je ne pourrai pas me plaindre.

J'ai vu tout ce que je voulais voir.

Quelle est la plus belle chose que tu aies jamais vue ?

C'est drôle.

Ironique que tu me demandes ça.

Pourquoi ?

Parce que j'ai passé ma vie à chercher des planètes invisibles.

Mes yeux ont vu des choses extraordinaires.

Mais rien n'est comparable au ciel dans le Sahara.

C'est là que j'ai rencontré Isaac.

On faisait la même excursion et on a passé la nuit entière...

...à contempler le ciel.

Je lui ai demandé: "N'est-ce pas la plus belle chose que vous ayez jamais vue ?"

Il m'a répondu: "Si."

Quand j'ai tourné la tête,

j'ai réalisé qu'il me regardait depuis un moment et ça m'a rendue nerveuse.

Et je lui ai demandé...

"Pourquoi ne regardiez-vous pas l'univers ?"

Il a répondu: "Je n'ai pas besoin de regarder le ciel pour ça.

Je vois l'univers dans vos yeux."

Et que s'est-il passé ?

Je me suis approchée.

Je l'ai touché.

Et je me suis rendu compte qu'il était nerveux, lui aussi.

À ce moment-là, ça a été comme si on devenait une seule personne.

Et j'ai voulu savoir s'il ressentait la même chose.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Rien.

Il a répondu du regard.

Pourquoi ?

Pourquoi m'a-t-il regardée comme ça ?

- Je n'aurais pas dû te regarder ? - Je ne sais pas.

Quand tu as eu une liaison avec Sara, j'ai pris ça pour un faux pas,

mais maintenant, je ne sais plus quoi penser.

Je ne sais pas quoi penser.

Tout ira bien, Julia.

Tu me le promets ?

Je te le promets.

Non, je ne peux pas.

Je ne peux pas faire ça.

Ce n'est pas bien.

- Iván. - Ne dis rien.

- Je suis désolée. - Ne dis rien.

Je vais appeler l'hôpital et demander à être remplacé.

C'est ce que tu veux ?

Et toi ?

Bon, d'accord, je reviendrai demain...

Sinon, appelle-moi sur mon pager.

Au secours !

Au secours !

Calmez-vous ! Je suis Blasco, le voisin. Le père de Lía !

Appelez la police, s'il vous plaît !

Calmez-vous ! Vous avez besoin d'un verre.

Non, appelez d'abord la police, je vous en prie.

Pourquoi voulez-vous appeler la police ? Pour leur raconter un autre cauchemar ?

La première fois, ils ne vous ont pas crue.

Il y avait quelqu'un près de mon lit.

Je le jure, cette fois, c'est vrai.

Que voulait-il ? Vous violer ?

C'est ma fille. N'ayez pas peur.

Je t'ai dit de ne pas espionner les gens.

Retourne te coucher !

Et ferme la porte !

M. Blasco...

Pourriez-vous appeler, maintenant ?

Bien sûr. Ne vous inquiétez pas.

C'est étrange. Il n'y a pas de tonalité.

Calmez-vous.

Je vais chercher le téléphone portable.

Le portable n'a plus de batterie. Il se chargera en quelques minutes.

Asseyez-vous. Asseyez-vous.

Asseyez-vous.

Qu'est-ce que vous en dites ?

Vous voulez boire un verre en attendant ?

- Qu'est-ce que vous en dites ? - Je pourrais avoir un verre d'eau ?

- De l'eau ? - Oui, j'ai la gorge sèche.

Julia, où vas-tu ?

Hé !

Hé !

Madame ! Où êtes-vous, madame ?

Madame !

Je t'en prie, réponds.

Iván.

- Réponds, je t'en prie. - Julia, qu'est-ce qui ne va pas ?

- Julia ! - Iván !

- Rentrons chez toi. - Non, pas chez moi !

- Julia, calme-toi. - Non, ma maison n'est pas sûre.

Je t'en prie, emmène-moi chez toi.

D'accord.

D'accord, merci.

Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

L'inspecteur Dimas ne sera pas là avant sept heures.

Repose-toi un peu et demain matin, je t'accompagnerai.

Julia, je ne laisserai personne te faire du mal.

Tu peux dormir dans mon lit.

- Et toi ? - J'ai un matelas, je vais le chercher.

- Non. - Je reviens. Tu es en sécurité, ici.

Je reviens dans une minute.

Iván ?

- Qui êtes-vous ? - Lía.

- Qui ça ? - Lía Blasco.

N'approche pas. Comment m'as-tu trouvée ?

- Je t'ai suivie. J'étais l'amie de Sara. - N'approche pas, j'ai dit !

Écoute, mon père n'a rien à voir avec tout ça.

- Ton père m'a menti. - Il est seul, et tu es belle.

Je ne te crois pas.

C'est moi qui ai pris la clé et qui t'espionnais.

- Toi ? - Tu as des cauchemars ?

- Quoi ? - Sara en avait aussi.

Elle rêvait que quelqu'un lui enlevait son bandage

et lui crevait les yeux avec des aiguilles.

Il y a un monstre en liberté,

mais personne ne le voit car il se cache dans l'obscurité.

Il a rendu Sara aveugle et fera pareil avec toi.

- Arrête ! - C'est lui.

Je l'ai suivi et j'ai essayé la clé. Et aujourd'hui, j'ai revu les aiguilles.

- C'est lui, Julia. Ton aide-soignant. - Non !

Écoute-moi !

Tu crois qu'Isaac s'est suicidé ? Il t'aimait.

- Il aimait Sara davantage. - Ils ne voulaient pas t'alarmer.

C'est pour ça qu'ils ne t'ont rien dit. Sara me l'a dit.

Isaac a laissé une lettre. Laisse-moi.

- Le monstre l'a forcé à l'écrire. - Les monstres n'existent pas. Assez !

Celui-ci existe.

Il collectionne des photos.

Son mur est couvert de photos de Sara et toi.

- Il a enlevé vos yeux. - Lía, ça suffit !

Laisse-moi tranquille !

Qu'est-ce que tu fais ?

Si tu ne me crois pas, utilise la clé.

La clé. Où est la clé ?

- Il l'a prise. - Non, c'est toi qui l'as prise.

- Pourquoi ? - Je ne sais pas. Pour protéger ton père.

- C'est lui. Ne dis pas que je suis là. - Lía. Lía.

Iván ?

Julia, qu'est-ce que tu fais ?

Je suis sur les nerfs.

Je vais te faire une infusion.

Ça t'aidera à te détendre.

- Iván... - Oui ?

Je ne trouve pas la clé. La seule preuve pour incriminer Blasco.

Tu l'as prise ?

- Tu as dû la faire tomber. - Donne-la-moi.

Je vais la garder pour toi. Tu es très énervée.

Je te prépare une infusion. Assieds-toi et détends-toi.

Il ment. Il avait la clé.

- On doit partir d'ici. - Je ne veux pas.

Tu ne me crois pas ?

C'est impossible. C'est un aide-soignant.

Merde. C'est fermé.

- Julia. - Oui ?

- Tu veux du sucre ? - Deux cuillères, merci.

Il veut te droguer et te rendre aveugle.

Qu'est-ce que tu racontes ?

- Tu peux enlever le bandage ? - Non. Pourquoi ?

On ne peut pas sortir par la fenêtre. Je dois trouver la clé.

Débarrasse-toi de lui et attends-moi dans la salle de bain.

Tiens.

Je vais te mettre au lit et attendre que tu t'endormes.

Il faut que j'aille aux toilettes.

D'accord.

Merci.

- Julia, tout va bien ? - C'était quoi, ce bruit ?

Je ne sais pas. Je l'ai entendu aussi.

J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose.

- Dépêche-toi ou ton thé sera froid. - Oui, j'arrive.

Lía, je t'en prie.

Quatre jours. À peine quatre jours.

Quatre jours, quatre jours.

Julia, je dois descendre à la cave. Tout va bien ?

Oui, j'arrive tout de suite.

Lía.

Lía.

Que fais-tu là ?

Pourquoi tu pleures ?

Je t'en prie, réponds-moi.

Une jeune fille est venue. Lía.

La fille de Blasco.

Et elle m'a beaucoup inquiétée.

- Pourquoi as-tu enlevé le bandage ? - Je ne voyais rien.

Elle m'a dit des choses horribles sur toi et j'ai eu peur.

Sur moi ?

Tu ne ferais jamais de mal, pas vrai ?

Non.

Il fallait...

Il fallait que je voie ton visage pour le savoir.

Et qu'est-ce que tu as vu ?

Rien. Je ne vois rien.

Tu es sûre que tu ne vois rien ?

Parfois, les yeux mettent du temps à s'ajuster.

L'opération n'a pas marché.

Je suis vraiment désolé, Julia.

La fille t'a probablement menti pour protéger son père.

Demain... on parlera à l'inspecteur et tout sera fini.

Non. Non.

S'il te plaît, allons à l'hôpital maintenant.

- Maintenant, s'il te plaît. - On va appeler le Dr Román.

- Maintenant. - Julia, écoute-moi.

Dr Román ?

C'est Iván. Désolé de vous réveiller à cette heure-ci.

J'ai un problème avec Julia Levin.

Elle a enlevé son bandage par accident.

Je comprends. Je vais lui dire. Merci, désolé de vous avoir dérangé.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Il est à un congrès à Genève. Il faut attendre la semaine prochaine.

- Emmène-moi à un autre hôpital. - Non. Román a dit de te reposer.

- Il me faut un deuxième avis. - Julia, le mal est fait.

Mais si tu ne fais pas ce que je dis, ce sera irréversible.

D'accord.

Pourquoi t'es-tu levée ?

- La bouilloire sifflait. - Je m'en occupe. Assieds-toi.

Attention.

Voilà.

C'est presque prêt.

Tiens.

Merci.

Qu'y a-t-il ?

Pourquoi fais-tu tout ça, Iván ?

Comment ça ?

Pourquoi toute cette attention ?

Qu'attends-tu de moi ?

Eh bien, Julia...

Quand...

Quand tu m'as embrassé...

Je ne m'y attendais pas.

Mais je ne veux pas que tu croies que je ne t'aime pas parce que...

...ce n'est pas le cas.

Je voulais juste te donner du temps. Tu as beaucoup souffert.

Et tu as des blessures à guérir.

Ce que j'essaie de dire, c'est que...

...je veux être avec toi.

Bois ton infusion.

Tu as mis du sucre ?

Je t'en apporte.

Deux cuillères, c'est ça ?

Comme d'habitude.

Ça y est ?

Tu peux venir avec moi, s'il te plaît ?

- Pourquoi ? - J'ai besoin de toi pour le congélateur.

Viens. Laisse ça ici.

Ouvre le congélateur.

Pourquoi ?

Fais-le.

Ouvre le congélateur, j'ai dit.

Menteuse.

Tu as peur ?

Tu ne sais pas ce qu'est la peur !

Tu n'as aucune idée de ce qu'est la peur !

Avoir vraiment peur.

Peur d'être ignoré et rejeté.

Regarde-moi. Regarde-moi !

Tu ignores ce que c'est de se cacher dans l'obscurité et se réfugier ailleurs.

Dans un mode de silence. T'habituer à mesurer chacun de tes pas.

Toujours t'habiller avec les vêtements appropriés.

Faire en sorte que ta voix disparaisse.

Et que tes yeux soient là et disparaissent.

Ça prend tellement de temps qu'à la fin, tu deviens une ombre.

Mais un jour, tu réalises que les femmes aveugles savent que tu es là,

que tu respires, que tu es encore en vie.

Que tu peux leur offrir tes yeux à la place des leurs,

tes mains à la place des leurs.

C'est pour ça que notre relation est tellement parfaite.

C'est pour ça que...

...nous devons continuer comme ça.

Si tu n'es pas Iván, qui es-tu ?

Où m'emmènes-tu ?

J'ai mal aux yeux, quelque chose ne va pas.

Enlève le bandage, s'il te plaît.

Je t'en prie.

Je t'en prie, enlève-le.

S'il te plaît, j'ai très mal. Enlève le bandage.

Tais-toi !

Je t'en supplie.

Fais-moi voir.

Fais-moi voir.

Ça a recommencé, n'est-ce pas ?

Cette fois,

ce sera plus intense.

Descends de la voiture. Il faut faire tes bagages.

Ouvre la porte, Julia.

Ouvre cette putain de porte ! Ouvre la porte !

Ouvre cette putain de porte !

Julia !

Julia !

Qui est là ?

La porte d'entrée est fermée ?

- C'est vous, Julia ? J'ai eu peur... - Elle est fermée ?

Oui, bien sûr. Que se passe-t-il ?

- Il y a un assassin qui rôde. - Un assassin ?

Il faut appeler la police. Où est le téléphone ?

Là, dans le coin. Sous le tableau.

Ne bougez pas.

Silence.

- Qu'y a-t-il ? - Ne bougez pas.

- C'est lui. Il est là. - Qui ça ?

Ne t'approche pas, fils de pute !

- À qui parlez-vous ? - À un homme qui se croit invisible.

Il a rendu Sara aveugle et il veut me faire la même chose.

- Vous me faites peur. - N'approche pas.

Soledad, appelez la police.

- Appelez la police, vite ! - N'appelle pas, maman.

Ángel.

C'est toi, mon fils ?

Oui.

Je suis de retour.

Cette femme dit que tu la poursuis.

Cette femme est folle.

- Votre fils est un assassin. - Tais-toi. Ne l'écoute pas, maman.

- Il a tué mon mari. - Elle ment.

- Il a tué mon mari et Sara aussi. - Tais-toi.

- C'est facile de pendre une aveugle. - J'aimais Sara.

Elle s'est suicidée car elle n'était pas capable de vivre dans les ténèbres.

Capable ?

Personne n'est capable de s'y habituer ! Tu l'as rendue aveugle !

Tu l'as tuée !

- C'est vrai, mon fils ? - Maman, tu me connais.

N'approche pas, j'ai dit.

Appelez, Soledad. Appelez.

Je savais que tu reviendrais.

Je savais que tu réaliserais que tu ne peux être heureux qu'ici.

Je t'ai dit que sans moi, tu ne serais rien.

Moins que rien.

Invisible.

Depuis quand vois-tu, maman ?

Mais tu es toujours mon fils. Je ne laisserai personne t'éloigner de moi.

Maman, je t'ai posé une question.

Depuis quand peux-tu voir ?

Ángel, qu'est-ce que tu fais, mon fils ?

Que fais-tu, Ángel ? Non. Non.

Calme-toi, maman.

- C'est moi. - Maman, calme-toi.

Regarde, ce liquide attaque le nerf optique sans causer de douleur.

Ne t'inquiète pas. Et ces aiguilles sont très utiles aussi.

- Ne fais pas ça, je t'en prie. - Maman, je dois le faire.

- Mon petit. - Ne t'en fais pas.

Qu'est-ce qu'on fait ici ?

Je ne vais pas m'en servir sur toi.

Ton nerf optique doit être déjà très abîmé. Il te reste peu de temps.

- Ça ne peut pas se finir comme ça. - Ne t'inquiète pas.

Ne t'inquiète pas. Quand les ténèbres viendront, je serai à tes côtés.

J'ai fait tes valises.

On va partir loin d'ici et personne ne nous retrouvera.

On repartira à zéro.

Ne me touche pas !

Ne me touche pas, fils de pute.

Jamais je ne t'aimerai. Jamais.

Je préfèrerais mourir.

- Ne me touche pas ! - C'est ce que tu veux ?

Ne me touche pas !

Lâche-moi !

- Lâche-moi ! - Allez, fais-le !

Reste avec moi.

Fais-le. Fais-le.

Fais-le, bon sang !

- Fais-le ! - Je ne peux pas !

Bien sûr que tu ne peux pas.

Même si tu ne le sais pas, tu m'aimes.

Parce que tu sais que sans moi, tu n'es rien.

Et sans toi, je ne suis qu'une ombre.

Julia, pourquoi as-tu fermé la porte ?

- Allô ? - Inspecteur, c'est Julia.

Ah, Julia, c'est vous.

Écoutez-moi car c'est la dernière fois que je vous appelle.

- Calmez-vous. - Il m'a enfermée chez moi.

- Calmez-vous, Julia. - Il va me tuer.

Si vous ne venez pas, il sera trop tard. Vous devez me croire, je vous en prie.

- Julia, calmez-vous. - Vous m'écoutez ?

Inspecteur ?

Julia !

Julia, police ! Couvrez les escaliers et le couloir.

Julia, vous êtes là ?

C'est Dimas. Vous m'entendez ?

- Julia, que faites-vous ? - Taisez-vous !

- Que se passe-t-il ? - Taisez-vous, j'ai dit !

Vous le voyez ? Vous le voyez, inspecteur ?

Police ! Lâchez ce couteau ! Les mains sur la tête !

Ne me regardez pas.

Ne me regardez pas, s'il vous plaît.

- Ne me regardez pas ! - Lâchez ce couteau !

Posez-le !

Que faites-vous ? Posez ce couteau !

Je vais devenir aveugle, n'est-ce pas ?

Il me reste combien de temps ?

Vous serez aveugle avant l'aube.

J'ai une faveur à vous demander.

Vous pouvez nous laisser seuls ?

Qu'est-il arrivé à ses yeux ?

Il les a donnés.

Et où sont-ils ?

Où il voudrait qu'ils soient.

Isaac, pourquoi ?

Seigneur, tu me manques tellement.

Tu me l'as promis.

Tu me l'as promis.

Tu m'as dit qu'en regardant dans mes yeux,

tu pouvais voir tout l'univers.

Je le peux encore.

LES YEUX DE JULIA

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