All language subtitles for Les Amants du Flore (Ilan Duran Cohen 2006)_fr

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Original subtitles

Pas mal, la grenouille de bénitier. Il te les faut toutes.

52,186 -Ouais.

Restez, Simone.

Veuillez cesser d'importuner Mlle de Beauvoir

ou j'appelle l'appariteur. Cafard.

Petit curé de merde !

A bas la calotte !

On ne fait pas ça dans une bibliothèque !

Messieurs, arrêtez, ça suffit !

Tu n'as pas mal, au moins ?

Il est nabot, il est méchant, il louche,

mais on dit que Sartre est génial.

Qui "on" ? Tout Normale Supérieure.

Il est normalien, ce voyou ?

Ben là, j'ai le coeur qui bat.

Ça va marcher, j'en suis sûre.

Bonne chance.

Tu ne restes pas ?

Je peux pas, excuse-moi.

J'ai besoin de toi.

Si je suis refusée, je vais m'effondrer.

Ma mère doit m'attendre.

Elle peut pas te laisser en paix, elle ?

Simone, je quitte la Sorbonne.

Ta mère est revenue à la charge ?

Je me fais vieille. Tu te moques de moi ?

J'expédie Brunschvicg et je vais parler à ta mère.

Mais occupe-toi de toi.

C'est criminel de t'empêcher d'étudier.

Pour toi, c'est simple, tu veux être enseignante.

La domestique

d'un homme ? Non, sa femme, c'est pas pareil.

Moi, je veux une robe blanche, un homme à mon bras,

et des tas d'enfants.

Je ne suis pas comme toi.

Mais on s'adore, c'est ça qui est beau.

Ne te mets pas en retard,

mademoiselle la future agrégée.

Cours vers ton destin.

Père !

Mon petit papa chéri.

On m'autorise à passer l'agrég' et le diplôme d'enseignement

la même année. Viens que je t'embrasse.

La Sorbonne

n'avait jamais accordé cette dérogation.

Je l'ai toujours dit, tu as un cerveau d'homme.

Décroche tes deux diplômes.

Père.

Vous êtes un peu fier de votre fille ?

Je suis rassuré.

On n'a aucune chance de te caser, alors...

Pourquoi blesser Simone ?

A quoi bon, Georges ?

Qui voudrait de ta fille ? Elle est laide.

Et pauvre, en plus.

Il faudra bien qu'elle gagne sa vie.

Montrez-lui l'exemple, trouvez-vous du travail.

Retourne à tes chiffons,

tu es une boniche ici, tu m'entends ?

La dot que ton père m'avait promise, où est-elle ?

Il m'a grugé, cet escroc.

Il a fait de moi un déclassé.

Et ça s'agite, et ça travaille comme un castor.

"Beaver", en anglais. Beaver, Beauvoir...

Je vous prie de me laisser.

Il vous plaît, votre surnom ?

On vous dit imbattable sur Leibniz, je respecte ça.

Vous avez des ambitions littéraires, Castor ?

C'est mon affaire.

"Celui qui n'est pas célèbre à 28 ans

doit renoncer à la gloire" ! C'est de Topffer.

Vous m'épatez.

Pour 21 ans.

Et vous, vous redoublez.

Car on n'a pas su m'apprécier. J'ai déjà 24 ans.

Il ne vous reste que quatre ans pour devenir célèbre.

J'écris.

Comme un forcené, plusieurs livres à la fois.

Vous aussi, vous écrivez. Plus modestement.

Essai, roman ? Un essai.

Pardon !

Sur quoi ? Une morale plurielle.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Pardelà la religion,

il y a les valeurs morales. Intéressant.

Ma mère est croyante, mon père non, mais ils partagent l'essentiel.

Et c'est quoi ? Etre et agir de façon respectable.

On n'en a rien à foutre d'être respectable.

Vous vous fabriquez juste des raisons

de croupir chez les bourgeois !

Moi aussi, je pleure pour rien. Je pleure pas.

Lâchez-moi. Impossible, vous me plaisez trop.

On pourrait travailler l'agrég' ensemble, hein, ma jolie ?

Gardez vos boniments. Je suis pas jolie, mais pas idiote.

Vous êtes intelligente et belle.

Je vous ai d'emblée trouvée belle. Cessez de me tourmenter.

Vous êtes belle, Castor !

Vous avez cette chance et vous l'ignorez ?

Alors, vous êtes la femme idéale.

Des filles ricanent.

Depuis que le concours est ouvert à ces péronnelles,

les places sont chères.

Ça ne vous dérange pas de frayer avec les mâles ?

Lâche-la, Nizan.

Je n'aime pas la compagnie des femmes.

Clochette

Après délibération, le jury de l'agrégation de philosophie

que je préside

déclare définitivement admis les candidats suivants.

Premier : M. Sartre Jean-Paul.

Deuxième :

Mlle Bertrand de Beauvoir Simone.

Troisièmes : MM. Boivin Pierre et Hyppolite Jean.

Bravo.

Cinquième : M. Nizan Paul.

Sixième :

M. Savin Boris. Septième : Mlle Roussel Jeanne.

Huitième : M. Schwob Philippe.

Neuvième : M. Patronnier de Gandillac.

Je vous remercie de votre attention

et toutes nos félicitations aux brillants lauréats.

Chapeau bas, la pucelle.

La plus jeune agrégée de tous les temps !

Castor, on démarre en fanfare. Première après Sartre,

c'est parfait.

Qu'est-ce qu'elle a encore inventé ?

Je vais lui parler à ta mère. Je suis pas une belle putain ?

J'ai pas servi, je suis neuve. Arrête, Lola !

Arrête, tu me fais peur.

Aidez-moi, elle a un malaise !

Lola, monte dans la voiture. Relève-toi, s'il te plaît.

Pourquoi elle est dans cet état ? L'émotion.

Elle va faire un beau mariage.

Avec qui ? Vous lui avez demandé son avis ?

Vous la rendez folle ! Un jour, elle me remerciera.

C'est vous qui lui avez brouillé le cerveau.

Je vous interdis de l'approcher.

Lola, reste avec moi.

Je vais gagner ma vie, je suis agrégée, maintenant !

Chez nous, les femmes ne se commettent pas à travailler.

Lola, descends !

Reste avec moi !

Te laisse pas faire, Lola !

Ah !

Je n'en dormais plus à Paris, vous me manquiez trop.

Je n'en peux plus d'attendre.

Je vous veux, Castor.

Je vous désire. N'y comptez pas.

Hum, hum !

Monsieur, madame.

On m'avait prévenu de votre arrivée à Mérignac.

On jase vite ici.

Qui ça ? Peu importe.

Deux cousines de Simone vont annoncer leurs fiançailles.

Leurs dots sont fixées.

Votre présence risque de tout compromettre.

Nous avons une réflexion à mener.

Je vous ordonne de partir ! Non, monsieur.

Mais... je vous l'ordonne. N'insistez pas.

Ou je m'attaque à la vertu des deux cousines.

Monsieur, tombez la veste.

Réglons ça d'homme à homme.

Mais euh...

Georges, où allez-vous ?

Mais revenez vous battre, voyons !

Toi, rentre.

Simone, on y va.

Je peux pas y croire, mon père a peur de Sartre.

Je suis la fille d'un lâche. Mon père est un sale type !

Un peu de respect.

Les bourgeois n'ont rien dans le ventre !

Vous dormez ?

Je n'y croyais plus.

Ne réveillez pas l'aubergiste.

J'y ai été fort avec vos parents. Très fort.

Mais vous m'avez donné une vraie leçon de courage.

Rentrez à Paris avec moi. Vous allez trop vite.

Qu'est-ce que vous espérez ?

Que je mette des gants pour demander votre main ?

Je ne me marierai jamais.

Aucun homme ne m'aura comme domestique.

Inutile de prendre vos grands airs.

Vous habitez chez papa et maman, la liberté vous fait peur.

Vous ne comprenez rien.

Apprenez-moi l'amour.

Bonjour.

Je suis votre prof de philosophie, je m'appelle Jean-Paul Sartre.

Pardon, c'est vrai que M. Moutier fait une dépression nerveuse ?

Il paraît, ça me le rend d'ailleurs sympathique.

Bon, ça m'emballe pas d'être prof.

Je ne tiens pas à jouer les gardes-chiourmes.

Vous venez si vous le voulez,

je ne tiendrai pas de registre d'absence.

Mais si vous venez, on dialogue, on échange.

Je travaille sur la logique et la psychologie.

Je prépare un livre là-dessus.

Vous me donnerez vos avis. Ça vous intéresse

ce qu'on pense ?

Comment tu t'appelles ? Tyssen.

Charles.

Tyssen, autrui n'est pas seulement

celui que je vois, c'est aussi celui qui me voit.

Il confère à mon monde l'étendue de son savoir.

Donc, ce que chacun d'entre vous pense, m'intéresse.

J'ai autant à apprendre de vous, que vous de moi.

Bon, on continue cette discussion en classe ?

Je vais quitter la maison.

Je vais me prendre

une chambre. Hors de question.

Nous n'avons pas fait ces sacrifices pour que tu finisses dans la rue.

C'est ce jeune homme. Laissez Sartre en dehors de ça.

Il ne m'a rien demandé.

Evidemment, il a déjà eu ce qu'il voulait.

Mais Georges, parlez-lui, voyons !

Moi qui vous avais mis sur un piédestal.

Tiens.

Lis, c'est Mme Cornelou, c'est important.

Vous avez lu mon courrier ? Mais de quel droit !?

De quoi est-elle morte ?

Pourquoi si brusquement ? On meurt pas comme ça à vingt ans.

Les médecins ne savent pas, une encéphalite, peut-être.

Vous l'avez tuée. Vous l'aimiez mieux morte que libre.

La douleur vous égare.

Vous lui avez interdit d'étudier pour la marier contre son gré

avec un crétin bien catholique.

Nous ne sommes que des instruments de Dieu.

Vous avez assassiné mon amie.

Si douce.

Si confiante.

Par des convenances absurdes.

Je vous méprise, je vous hais. Vous et tous ceux de votre engeance.

Sartre, l'argent, il faut qu'on en parle.

On s'en fout de savoir

à qui est l'oseille. Je veux pas dépendre d'un homme.

Je viens de toucher l'héritage du tonton,

je suis plein aux as, c'est tout.

Je peux pas accepter votre argent.

Ce qui est à moi est à vous.

Faites-moi un peu confiance.

Allons arroser notre première nuit d'adulte.

L'argent, ça doit exploser comme on lance une grenade.

Castor, autant tout clarifier.

Pas de mensonge entre nous.

Je hais le mensonge autant que vous.

Je n'ai aucune vocation pour la monogamie.

Que voulez-vous dire ? Je vous aime comme un fou.

Et je vous aimerai toujours, mais je suis écrivain.

Et alors ?

Je ne veux pas vivre comme ces vieux cons de l'Académie.

Il me faut de la nouveauté, de l'excitation.

J'ai besoin de connaître des amours contingentes.

Qu'entendez-vous par "contingentes" ?

Sans importance, non essentielles.

Le contraire de nécessaires, vous le savez.

Et moi aussi ?

"Moi aussi" quoi ?

Des amours contingentes, moi aussi, j'en ai besoin.

Je sais pas, ça dépend.

Mon expérience est plus limitée que la vôtre.

Vous avez envie de connaître d'autres hommes ?

Avouez que vous détesteriez ça.

Ce serait justice. Avouez que vous seriez jaloux.

Pas si nous nous racontons tout.

Vous êtes dégoûtant.

De cette façon, nous devenons riches

de nos deux vies pour écrire. Vous êtes fou.

Pour ça, il faut une femme qui ait de l'audace.

Vous êtes celle-là. Non.

Vous avez une envergure incroyable. Cessez de me flatter.

Je ne suis pas dupe. Je n'ai jamais été aussi sincère.

Je vous jure, Castor.

Je vous propose un vrai pacte d'amour.

Pas un contrat hypocrite comme le mariage bourgeois

où tout le monde triche.

Alors, c'est d'accord.

Vous bluffez ?

Je ne veux rien faire comme les bourgeois.

Le seul choix qu'ils nous laissent,

c'est d'être mariée de force ou de rancir vieille fille.

Alors, je vous prends au mot, j'accepte le pacte.

Un amant, un turban...

Mlle de Beauvoir

ne fait rien comme tout le monde. J'appelle ça une poule.

Rires -Tu préférerais une "vieille bique" ?

Bonjour.

Asseyez-vous.

Qui, parmi vous, a lu Gide ?

Maman me l'a interdit.

Elle a tort.

Aujourd'hui, c'est celui qui va le plus loin.

Elle dit qu'il est immoral.

Nous étudierons "Les nourritures terrestres".

Le héros est pédéraste. Murmures... Silence.

Mes parents iront voir la directrice.

Qui d'autre veut déménager ?

Bien.

Je ne tolèrerai plus aucune interruption de mon cours.

Sortez vos cahiers.

Brouhaha... Voilà, tape, vas-y, vas-y, encore !

Dans la gueule !

C'est bien.

Vas-y, allez !

Allez, plus fort, voilà !

Sans rancune ? J'ai pas osé taper.

C'est le prof.

Le respect de l'institution, ça paralyse.

Je veux des cerveaux affranchis et je vous garantis le bac.

Fin de l'intermède pédagogique, allez au bordel.

Vous avez fait bon voyage ?

Un jour, j'espère que nous serons dans la même ville.

Nous nous verrons chaque jour.

Castor.

On m'offre une bourse d'études chez Heidegger l'an prochain.

A Berlin ? Pas question.

Depuis quand n'avez-vous rien écrit ?

J'y arrive pas.

On devait libérer le monde.

Depuis quatre ans, on vit en charentaises.

J'ai 28 ans, 28 ! Et je n'ai rien publié, zéro.

L'Allemagne, ça changerait quoi ? Tout.

On mène une vie sans intérêt, elle nous rend secs.

Elle nous rend sans talent.

Elle me rend heureuse. Secouez-vous !

Vous finirez en rombière.

Des nouvelles de Sartre à Berlin ?

Qui boit ? Non, merci.

Sartre a rencontré une Française, il l'appelle "la fille lunaire".

Il ne changera jamais.

Le couple qu'on invente, Sartre et moi, il est libre.

Il ne dit rien sur Berlin ? Il travaille Husserl comme un fou.

Et il commence un roman. Que dit-il du national-socialisme ?

Pas de politique. Pour lui, Hitler n'est

qu'un feu de paille. Il ne voit pas le danger.

La politique le rattrapera.

Vous verrez. Les communistes

ne sont que des va-t'en guerre, 14 ne vous a pas suffi ?

On frappe à la porte.

Oui ?

On frappe à nouveau.

Qu'est-ce que vous faites ici ?

Je vous aime, mademoiselle.

Vous n'avez rien à faire ici, c'est interdit par le règlement.

Je m'en fiche. Rentrez chez vous.

Vous êtes toujours seule, votre amoureux vous délaisse.

Vous êtes triste.

Quand vous croyez que personne vous regarde, parfois, vous pleurez.

Je veux plus que vous soyez triste.

La fille lunaire est sa maîtresse, Lumi.

"Ne soyez plus mécontent de moi, petit charmant.

"Je vous ai obéi, comme toujours.

"Hier, j'ai fait l'amour "avec un autre que vous.

Ce n'était pas un homme."

Surprise !

Petit homme, vous êtes de retour. C'est votre roman ?

Flanelle. Pardon ?

La panne, je ne sais pas ce qui m'arrive.

C'est rien. Je deviens impuissant.

Non, ça arrive à tous les hommes.

A Berlin, avec les autres femmes, ça marchait très bien.

Pourquoi êtes-vous mufle ?

Parce que j'ai couché avec une fille ?

Au contraire.

Votre lettre était passionnante.

Je m'attendais à un amant et vous m'offrez une maîtresse.

Vous m'avez épaté. Sartre.

Avec un autre homme que vous, j'aurais pas pu.

Castor, je bande.

C'est pas dangereux ? On m'offre de tester

les effets de la mescaline alors que j'écris sur l'imagination.

Si vous écriviez sur le crime,

vous commettriez un assassinat ? Bon, au boulot.

C'est pas du luxe, j'ai relu...

Vous croyez parler à une de vos élèves ?

C'est pareil chaque fois que j'ose proférer la moindre critique.

Qu'attendez-vous pour écrire ?

La critique est aisée, je sais.

Mais c'est trop guindé, c'est un français de marbre.

Le médecin vous attend. Sauvé par la drogue !

Continuez, et ne m'épargnez pas.

Vous avez de la visite, Castor.

Mais pensez à travailler.

On m'offre de tester les effets de la mescaline,

alors que j'écris sur l'imagination.

Dépêchez-vous.

Qu'est-ce que vous regardez ?

Des scarabées ! Quels scarabées ?

La langouste ! Reprenez-vous.

Il n'y a ni langouste ni scarabée, Sartre, reprenez-vous !

On dirait un idiot !

Sartre, c'est pas possible.

Il est bon pour la camisole. T'es encore là, toi ?

Amène-le chez moi, j'ai cours. Je m'en occupe.

Ça va aller.

Tu te souviens de moi quand même ?

Tu as déjà couché avec un homme ? Homme ou femme, ça m'est égal.

Mais les moches dans ton genre, ça me débecte.

Vous allez mieux ?

Vous avez faim ?

Lumi n'est pas avec vous ? Partie.

Elle est une captivante table rase. Lumi vous captive ?

C'est une conscience neuve, une individualité naturelle.

Elle rit et pleure comme un enfant. C'est insupportable.

Mais se donne et se refuse comme une femme.

Où voulez-vous en venir ? Lumi ne veut pas de moi.

En quoi ça me concerne ? Vous pouvez la convaincre.

Il vous la faut parce que je couche avec elle ?

Bien sûr.

La mescaline vous a rendu dément. On pourrait la modeler.

Elle incarnerait notre philosophie, nous serions des parents sans tabou.

Et incestueux !

Il y a quelque chose chez vous d'irrémédiablement mesquin.

Où allez-vous, Sartre ?

Ça ne vous regarde plus.

Restez. Vous n'êtes pas à la hauteur

de notre pacte !

Musette...

Ton Sartre me touche les fesses dès que tu as le dos tourné.

Tais-toi. Tu me crois pas ?

Il te fait un honneur. Un honneur ?

Mais t'es complètement zinzin.

Sartre ou moi, c'est pareil. Rends-lui son sourire.

Je supporte pas de le voir malheureux.

Bonjour, Nergon.

Ils ont du porto ? Tu as assez bu.

Un double porto ! Et que ça saute.

Maman boude ? J'ai gagné un bisou.

Ce que tu me dégoûtes.

On est là, Tyssen !

Mon ami Tyssen,

qui tient à se faire tuer en Espagne.

Bonjour.

Tu as vu Malraux ?

Il m'a jeté, je sais pas me servir

d'un fusil. Tant mieux.

Vous êtes trop mignon pour mourir.

Apprends plutôt la philo.

C'est plus utile que la politique. "L'Imagination" va être publié.

Enfin ! Mes compliments, Sartre.

L'éditeur en a jeté la moitié.

Trop prétentieux. Tais-toi.

C'est la vérité.

Tu as raison, Lumi.

Tu es l'ange qui juge du haut d'un ciel de cristal.

Arrête !

Mon bébé, non !

Jazz... Faut que tu me planques !

Délivre-moi, sauve-moi !

Lumi, tu m'étouffes.

Je veux plus coucher avec ton crapaud !

Pitié, ma chérie.

Vous êtes deux belles salopes !

Vous lui avez fait mal, brute ! Me touche pas !

Plus jamais.

Faut que tu saches : c'est si bon avec lui.

Il a la peau douce. De quoi elle parle ?

De Tyssen. Tu couches avec Tyssen !?

C'est ça, crève !

Faut nettoyer ça.

Je sais qui je vais vous présenter, elle est slave, comme vous aimez.

J'ai mal. Très brillante.

Attention, ça va piquer.

Je n'ai que vous au monde, Castor.

Libérez-vous de Lumi.

Elle est en train de vous tuer.

Va me chercher Lumi, je peux pas m'en passer.

Nergon, je le trompe, mais il n'en sait rien.

Moyennant quoi, on est heureux.

Mais eux, ils veulent être authentiques.

Simone tousse.

Excusez-moi, je suis en retard.

Ça va ?

Je commande un verre de vin chaud. Je veux bien.

L'éditeur a lu le roman de Sartre ?

On compte sur Nizan pour "Melancholia".

Paul fait ce qui faut auprès des Gallimard.

T'as pas l'air en forme, Simone. Respire.

On frappe.

Oui ?

Asseyez-vous là.

Posez par terre ce qui vous gêne.

Des pralines de chez Junet.

Merci.

Je serais venue à l'hôpital si j'avais su.

Comment va mon père ? Il est inquiet pour toi.

C'était qu'un mauvais rhume.

Un de tes poumons a été atteint, l'autre, menacé de l'être.

Je vais beaucoup mieux.

Tu aurais pu mourir.

J'avais oublié votre goût pour le grandiloquent.

Maintenant tu as besoin d'une vraie convalescence.

D'une vie plus rangée.

C'est ça, Dieu me punit d'avoir fait la noce.

Il ne t'épousera jamais.

D'ailleurs, où est-il ?

Sartre travaille.

Il a été affecté en Normandie.

On ne choisit pas son lycée.

Prend-il seulement soin de toi ?

Vous sentez l'encaustique jusque dans votre façon de penser.

Où ça t'a menée de vivre comme tu vis ?

Regardez-vous avant de prodiguer des conseils.

Rentre à la maison. Vous feriez mieux de partir.

Le médecin m'interdit toute contrariété.

Simone tousse.

Les Gallimard prennent mon roman.

Finissez vite le vôtre, Castor, nos rêves se réalisent.

Je suis ravie.

Ils n'aiment pas "Melancholia", ils proposent "La Nausée".

C'est très bien aussi.

Pauvre Castor, vous n'avez plus la force d'être enthousiaste.

Je vous dois tout.

Sans votre soutien, votre patience, votre esprit, votre grandeur d'âme.

Vous exagérez, mais merci.

Vous me repoussez ?

Sartre, il nous faut cesser de coucher ensemble.

Ben, regardez-moi, au moins.

Depuis dix ans, nos existences se confondent.

Venez-en au fait.

Je méprise la jalousie, mais je suis jalouse.

Je ne veux plus continuer comme ça.

Je vous ai fait du mal ? Nous en avons fait tous les deux.

Mais Lumi est solide. Moi aussi, j'étais jaloux.

Lumi me repoussait. Elle vous repoussera toujours.

Lumi, je m'en fous, c'est terminé.

Je suis publié, toutes les femmes vont m'aimer.

Je ne veux plus subir vos amours contingentes.

Vous et les autres,

c'est différent. Ça me fait trop souffrir.

Sartre, la sexualité entre nous, ça n'est pas l'important.

Arrêtons, ce sera plus simple. Plus simple ?

Nous inventerons une autre sorte de couple.

Qui ne baise pas ?

Ecrire ensemble est un acte d'amour.

Vous voulez

me couper les couilles ? Je veux me mettre à l'abri.

La chasteté est le prix à payer pour que notre couple dure.

Vous pensez être heureuse en martyrisant votre corps ?

Vous ne comprenez pas. Non.

Je ne renonce au sexe qu'avec vous.

Je veux une place

qu'aucune autre ne pourra me ravir.

Je pourrai ainsi jouir de la liberté que nous nous accordons.

Je serai pas le petit satellite du couple royal.

La troisième roue du carrosse.

Il faut que tu te débarrasses de la vieille.

Je veux que tu sois le premier et le dernier.

Je suis fou de toi. Jure que c'est fini avec l'autre.

Je te l'ai déjà juré. Jure-le-moi sur Heidegger.

Tu me jures ?

Les écrivains sont encore plus rasoirs que leurs livres.

Personne ne te retient. Je fais ce que je veux.

Ta soeur m'exaspère. Dis-le à Sartre.

Laissez Sartre savourer son triomphe.

Une écriture sobre, qui s'efface pour dévoiler l'absurdité de la vie.

Quelle puissance pour un premier roman.

Le Castor.

Un charmant castor.

Je questionnais M. Sartre sur cet animal

auquel il a dédié son livre.

François Mauriac, enchanté.

Simone de Beauvoir.

Au fond, j'écris pour elle. Les jeunes ont encore des muses.

C'est rassurant.

Elle a la dent dure, mais ses critiques tapent juste.

Sans son imprimatur...

Son imprimatur ? Votre fiancée est donc le patron ?

Ma fiancée ? Excusez-moi, j'avais cru...

Je n'épouse pas, pas d'enfant, chacun sa chambre d'hôtel.

La vie de bohème.

Une vie d'écrivain. Vous écrivez ?

J'aperçois M. Gallimard.

Je vais lui dire le bien que je pense de "La Nausée".

Vous avez affolé le pape des Lettres.

Comme ça, il parlera de nous.

J'ai enfin trouvé le titre de mon roman

sur le trio.

On est venu pour faire de la randonnée, pas pour bosser.

"Légitime défense". Pourquoi ?

Je me venge de Lumi, ma rivale, en l'assassinant à la fin du roman.

Tu tues ma femme ? On a tous les droits

en littérature.

Je me sens si libre depuis je suis capable d'écrire.

Je sais que je te plais.

C'est entendu, Hitler voulait la Tchécoslovaquie, il l'a.

Il va nous foutre la paix.

Cache ta joie, faucon.

Je ne bois pas à la capitulation, ducon.

Ils se sont déshonorés pour avoir la paix, ils auront la guerre.

Sartre n'est pas Churchill, il a la trouille.

C'est maintenant qu'il faut les mordre aux couilles, les Boches.

C'est reculer pour mieux foncer

en enfer, bordel ! Arrête de faire ta Cassandre.

On a obtenu un sursis de quelques années.

On va le payer cher.

Tout plutôt que la guerre.

Allez.

J'ai jamais vu un castor aussi mal nager.

Vous l'avez fait exprès ! Tania a raison.

Vous avez l'air d'une grenouille enrhumée.

Toujours aimable votre punaise. Une sangsue, oui.

J'ai dû la traîner jusqu'à son train.

Ces disputes, ces réconciliations, il vous faut ça pour exister ?

Et Tyssen ? N'en parlez à personne.

J'ai juré que Lumi ne saurait rien. Vous avez peur de le perdre ?

Je veux la garder, elle aussi, Tyssen ignore que ça continue.

C'est coucher avec eux ou ne plus coucher avec moi

qui vous aide à écrire ?

Sartre, Sartre, Sartre !

Staline a signé avec les fascistes.

Il nous a trahis, il est avec Hitler.

Ton Staline ?

J'ai envie de chialer, comme un gosse.

Si Thorez ne dénonce pas Moscou, je lui balance ma carte à la gueule.

Hitler peut envahir la Pologne, maintenant.

Et comme on protège ses frontières...

La France va entrer en guerre ? C'est imminent.

Je veux pas que vous alliez vous faire tuer, Sartre.

On va tous aller se faire tuer, les pacifistes et les autres.

Brouhaha...

L'Education nationale vous virera mon salaire.

C'est vous le chef de famille.

Je veillerai sur votre mère et sur Tania, promis.

N'oubliez pas de m'écrire.

Retravaillez le troisième chapitre de "Légitime défense".

Il peut être amélioré.

Il est formidable, votre roman.

Comment vais-je vivre sans vous, Sartre ?

On y va, on embarque ! Dans les camions !

En voiture !

Un, deux, trois, quatre !

On descend.

Un ! Remontez.

Deux, trois, quatre !

Inspire.

Voix de Sartre : "Charmant Castor.

"Tania est malade et me réclame.

"Le seul moyen de quitter cette caserne

"est de l'épouser.

"Ce mariage

me donnera droit à 6 jours de permission."

Simone : "Je dirai à Tania que j'en ai 3.

"Reste 3 jours que je vous réserve.

Quel bonheur."

6 ! Les bras tendus là-haut.

Je file au rectorat.

Les Allemands ont envahi la Hollande.

Tous les soldats sont consignés ? Evidemment.

Pauvres garçons qui étaient à l'abri dans leurs casernes,

fini, la drôle de guerre.

Sonnerie

Vous avez raté la corbeille, heureusement que je l'ai ramassé.

Vous avez lu ?

Il vous roule dans la farine.

Mademoiselle, pourquoi il épouse Tania et pas vous ?

Il se moque de vous.

Tout ça pour une permission, tu parles...

Il n'y aura ni mariage ni permission.

Kaledine, je peux compter sur vous pour tenir votre langue ?

Croix de bois, crois de fer.

Si j'avais voulu faire ma pipelette, j'aurais gardé ma lettre.

Retournez en cours.

Merci, mon chien.

Merci, Kaledine, allez, filez.

On peut aimer les femmes et les hommes à la fois ?

C'est lui ou moi que tu préfères ? Rentre chez toi.

T'as pas le droit de me renvoyer comme ça.

Tu sais le risque que je prends pour rester avec toi ?

Ma mère va m'arracher les yeux.

Raison de plus pour filer, allez.

Je suis ta plus mauvaise élève, mais la plus dingue de toi.

Alors, on reste ici et on fait l'amour.

Te voilà, toi.

C'est ta mère qui doit être contente.

Et vous, vous êtes content ? Depuis quand tu te soucies

de ce que je ressens ?

Après plus de dix ans d'absence...

Après une opération aussi grave,

ton père aurait besoin d'une côte de boeuf.

Je peux trouver des oeufs.

Du beurre, peut-être. Au marché noir ?

Ton père n'en voudra jamais.

Discours de Pétain :

♪ -Notre défaite est venue de notre relâchement.

L'esprit de jouissance détruit l'esprit de sacrifice.

Bien, en bas : "Je jure n'être ni juif ni franc-maçon".

Date et signature.

J'aurai besoin des certificats de baptême, n'oubliez pas.

Dépêchons, s'il vous plaît.

Simone ?

Simone, réveille-toi.

Vous voulez un verre d'eau ? Non.

Ecoute.

Ça m'est égal de mourir, mais pas de curé.

J'ai eu tort de vous sous-estimer, père.

Je vous dois des excuses.

Ta mère... Parle-lui.

Empêche-la.

Pas de bondieuserie sur mon cercueil.

D'accord, père, d'accord.

Je ferai de mon mieux, mais vous connaissez maman.

Quelqu'un vient en riant.

Ah !

Sartre ?

Vous êtes de retour.

Je me suis démerdé un certificat médical bidon

qui me déclarait atteint de cécité partielle.

Ça a suffi à vous faire libérer ?

Ces enfoirés m'ont d'abord fait croupir quinze jours à Drancy.

Je comprends votre humeur, mon petit.

Vous ne comprenez rien et arrêtez de m'affubler

de noms ridicules !

J'ignore comment vous prendre.

Il n'y a pas que vous au monde, sachez-le.

Pour moi, il n'y a que vous. Arrêtez les violons.

Les plaisirs pervers, nos airs supérieurs,

pour moi, c'est terminé.

Oui, vous allez vous marier.

Je vais combattre !

Vous plaisantez ?

La guerre est finie.

Nous ne sommes plus des hommes si nous acceptons Vichy.

On les foutra dehors, les Boches.

Ils ont tué Nizan.

Il avait tout compris avant tout le monde.

C'était mon ami, ma jeunesse.

Il me manque, Nizan.

Je sais ce que ça vous a coûté de renoncer à l'église.

Mme de Beauvoir, mes condoléances.

Je pourrais vous intéresser, je suis brocanteur.

Passez me voir demain. Bien sûr, que voulez-vous vendre ?

Les meubles, les bibelots, presque tout.

On en parlera demain matin.

Vous vendez vos meubles ?

Cet appartement va être encore plus sinistre.

Je compte le quitter. Pour aller où ?

Quelque chose de plus petit, mais de plus moderne.

J'aimerais des grandes fenêtres, une mezzanine.

Un atelier d'artiste. Oui, c'est ça.

Je vous vois pas habiter dans un atelier.

Je veux faire des études. A votre âge ?

Toujours aussi encourageante.

Je vais préparer un certificat d'aide bibliothécaire.

Je dois travailler, ton père n'a pas laissé un sou.

J'en rêve depuis que je suis petite.

Pourquoi avoir attendu la mort de papa ?

Pour ne pas l'offenser.

"Une femme est ce que son mari la fait."

Il aimait bien répéter ça.

Pour ce qui est d'offenser, il n'a pas eu de scrupules.

A quoi ça sert tout ce fiel ?

Il a fallu sa mort pour que je vous voie rêver.

Comme si je m'en réjouissais.

Vous vous sentez plus libre. J'ai obéi toute ma vie.

J'ai le droit de penser un peu à moi, non ?

"Une femme est ce que son mari la fait", c'est inouï.

Que veux-tu dire ?

On vous a dressée, comme un animal.

Vos parents, votre mari, mais vous êtes de chair et de feu.

Ne me parle pas comme ça. On vous a mutilée,

mais il reste une flamme.

Deux mois à pédaler sur les routes de la zone libre.

Pour se faire cracher à la gueule partout.

Vous n'avez rien à vous reprocher.

Il fallait essayer de rallier des écrivains à notre réseau.

Entre le gaullisme et le communisme, notre groupe ne peut tenir le coup.

Il est foutu, notre groupe, ma 3e voie est morte-née.

J'ai des envies de meurtre.

Malraux m'a traité comme un mariole.

"Sartre, contentez-vous d'écrire."

Le conseil de Malraux, faites-en votre arme.

"Les mots sont des pistolets", c'est vous qui me l'avez dit.

Au stalag, je rêvais d'un groupe de maquisards parisiens.

Au lieu d'être un résistant qui écrit,

soyez un écrivain qui résiste.

Battez-vous. Seul, vous pouvez être plus fort.

Rires, cris... On vous entend dans tout l'hôtel.

Oh, on s'en fout.

L'hôtel est à la famille, tu es installée ?

Presque.

Cadeau !

Pour vous remercier de m'accueillir.

Du mohair ? Il est fou, ton amoureux.

Papa Toledano, c'est Crésus.

Et... voilà.

Tu pourras m'aider à bosser l'agrég' ?

Compte sur moi. Mais ça, c'est plus de mon âge.

Regarde ! Castor ne digère pas d'avoir 35 ans.

Castor, Nergon monte ma pièce dans son théâtre !

Bravo.

Et il prend Lumi pour jouer Electre !

Mais comment tu as fait ?

Oh, merci !

Félicitations.

"Jeunesse", "crime", "haine", ce sont des mots forts, bordel !

On dit pas : "Passe-moi le beurre".

La police peut débarquer n'importe quand.

Si ça se trouve, on jouera pas.

C'est pas une raison.

Que fout Albi ? Je dois vous laisser.

Je dois voir ma directrice. On fait quoi

si Albi n'obtient pas le visa de censure chez ces cons de Boches ?

Chut, les murs ont des oreilles.

Nous avons notre visa de censure.

René Delange a débloqué la situation.

Je dois filer. Déjà ?

"Mlle de Beauvoir

"affiche dans sa conduite comme dans son enseignement

"un mépris de toute discipline morale et familiale.

"Son maintien est inadmissible

"à l'heure où la France

aspire à la restauration de ces valeurs."

C'est signé du ministre en personne.

On condamne pas les gens sans les laisser s'expliquer.

Je dois vous notifier votre renvoi de l'Education nationale.

Vous avez évité la prison d'un cheveu.

Par miracle, l'enquête policière a conclu à un non-lieu.

Quelle enquête ?

Je ne devrais pas vous le dire, mais la mère de Marina Kaledine

a porté plainte. Pour quel motif ?

Détournement de mineure.

Je suis un bon professeur.

Excellente même, et vous le savez.

Elle m'envoie un avertissement.

Elle ne supporte pas de me voir amoureuse d'un Juif.

Elle me fera pas rentrer au bercail. Va lui parler.

Il faut la calmer, elle est dangereuse.

Toledano risque trop grand.

Sa mère ne peut rien contre moi,

dès que mon père allonge la thune, ils se couchent tous.

Fais pas le malin, il faut te cacher.

Mme Kaledine me fait peur.

Je vais pas mourir car j'en ai pas envie.

Castor, ne laisse pas gagner ces cons.

Il a raison, fais appel.

Ils n'ont pas inquiété Sartre. C'est un homme.

Puis c'est pas n'importe qui.

Il est célèbre, lui.

Sartre, je fais appel ? Doucement.

Ils ne soupçonnent que l'histoire avec Marina.

Et Vichy n'aime pas

les lesbiennes. Je n'en suis pas une.

Une lesbienne n'aime que les femmes.

Une lesbienne couche avec des femmes.

Point. Faites-la taire.

Si vous faites appel, nous allons

en prendre plein la gueule.

Ils en profiteront pour me virer aussi.

Nous n'aurons même plus mon salaire pour vivre.

J'ai préparé de la chicorée, j'ai même obtenu un peu de lait.

Je reste pas.

Mais pourquoi ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Merci.

L'Education nationale vient de me remercier.

Ma vie et mon enseignement manqueraient de décence.

Je n'aurai plus d'argent. Mon Dieu...

Allez-y, triomphez.

Je suis celle par qui

le scandale arrive, vous l'aviez dit.

Ne me confonds pas avec ces hypocrites

vendus aux Boches, je ne reçois pas de leçon d'eux.

Reprends ton argent, tu en auras besoin.

Et reste un peu.

Applaudissements Air de jazz au piano... Bravo.

C'était très bien.

C'était bouleversant. Je suis fier de toi.

Ça t'a plu ? Bravo.

On est dans la panade !

"La nausée vous vient." Voilà ce que dit

le critique de "La Gerbe".

Ce collabo me fait gerber.

Entrez, Camus.

Bonsoir. Bonsoir.

Vous excellez en tout : philosophie, roman, théâtre.

Quelle audace.

Merci. Rien ne vous échappe.

Votre pièce est un hymne à la liberté, bravo.

C'est pas ça qui va renflouer les caisses.

C'était magnifique.

On frappe.

Entrez.

J'ai besoin de vous parler.

A propos des "Mouches" ?

On trompe pas les Allemands si facilement.

Ecrire, c'est prendre des risques. Votre pièce

sent la charge contre Vichy.

Je ne suis pas venu

parler des "Mouches". De quoi alors ?

Gallimard prend "L'Etre et le Néant".

L'époque est peu propice à une philosophie libertaire.

Non, rien de tel que l'oppression pour apprécier l'anarchisme.

Mais vous allez faire l'unanimité contre vous.

Castor, je vous ai dédiée les 722 pages de mon premier pavé

de philosophe. Je l'ai pas volé.

J'avoue.

Vous voulez savoir la suite ? Vous avez deviné, peut-être ?

Non.

Mais si, Gallimard vous publie.

Vous et moi publiés chez le même éditeur, c'est beau !

Bon, ils veulent changer le titre du roman.

Ils proposent "L'Invitée". Pourquoi pas ?

Restez, Sartre.

Il faut fêter ça. Pas ce soir.

Ou Tania va me chanter "Ramona".

Air de jazz... Toledano est mort !

Ta mère l'a donné ? Je sais pas.

Les Allemands l'ont descendu.

Son père, sa soeur aussi.

C'est notre faute.

Salope !

Vendue !

Tu vas payer pour les Boches !

Ils ont tué mon amoureux !

Ils l'ont descendu comme un chien.

Je vais la crever, cette collabo !

Marina, elle n'est pour rien

dans la mort de Toledano.

Elle a toujours agi pour nous aider. C'est qu'une poubelle.

Une sale profiteuse.

Elle, elle va s'en sortir.

Pardon.

Je veux qu'elle crève.

Je veux qu'elle crève.

Sartre ?

J'ai besoin de toi au journal.

Les Alliés ont débarqué en Normandie.

"Combat" boucle à 2h, heure de Paris.

Envoie-moi tes papiers à temps.

Manhattan, le jazz de Harlem, Hollywood, j'y crois pas, Camus.

Castor, me gâchez pas mon plaisir. Vous m'aviez promis.

Oui, de vous emmener, mais l'occasion était trop belle.

Vous savez ce que vous me demandez ?

J'ai une totale confiance en vous.

Le papier est rationné,

puis le dossier est incomplet. Voyez avec Merleau-Ponti.

Tu l'aideras ? Ça va de soi.

Et relancez les auteurs qui ont promis leur contribution.

On peut lui demander de revoir sa maquette ?

Tu rêves ? Puis on a pas le temps.

C'est trop artistique.

Va dire ça à Picasso.

On se moque de l'emballage. De l'emballage, un Picasso !

Je préférerais quelque chose de sobre.

Une couverture blanche. Mais c'est formidable.

Camus, qu'en pensez-vous ? Trop cubiste.

Le débat est clos.

On va manger ?

Quand je pense au mal que Sartre s'est donné pour convaincre Picasso.

Il va être furieux.

Simone.

Sartre est obligé de prolonger son séjour.

Obligé par quoi ? Ben, le succès.

Il est plus célèbre que Chevalier. Vous fatiguez pas.

Elle est américaine ?

Quelqu'un entre.

Beaver ?

Hi, Beaver !

Nice to see you.

Déjà debout ? J'ai passé la nuit ici.

Vous n'imaginez pas l'opulence de ce pays.

Merci.

Moi aussi, j'ai un cadeau pour vous.

Et l'édito, ça urge.

Vous me le donnez quand ? Voyez ça comme elle parle.

C'est incroyable cette matière, mieux que de la soie.

Comment ils appellent ça ?

Nylon. Nylon...

C'est chou de m'avoir rapporté ces bas.

Rends-moi ça !

Qui c'est Carmen ?

D'où elle sort ? Ton "unique", tu te fous de moi !?

Tu vas pas t'en tirer comme ça, je te préviens.

Je suis pas comme la vieille, je serai pas cocue avec le sourire !

Mais tu vas dire quelque chose !? La barbe !

Salaud.

Entrez.

Vous n'êtes pas prête ?

Le lien entre littérature et politique, c'est très fort.

Votre présentation est géniale.

L'engagement, c'est ce qu'on retiendra.

Je vais beaucoup mieux, ces derniers temps.

Vous êtes bien silencieux.

Je suis malheureux, Castor.

Votre Américaine ?

Je proscris la tristesse, les Gallimard organisent enfin

un dîner en notre honneur. Je m'en fous.

Parlez-moi de Carmen.

Métisse.

Un esprit curieux, une intelligence vive.

C'est extraordinaire comme elle partage mes goûts.

L'accord parfait.

Répondez sans détour.

Qui vous est nécessaire ? Elle ou moi ?

J'ai pensé m'installer en Amérique, mais je suis rentré.

Ne m'en demandez pas plus.

Cette Carmen, personne la connaît, elle habite à l'autre bout du monde.

Je me fiche d'elle. Quel est le problème ?

Je voudrais comprendre. Comprendre quoi ?

Que les hommes sont ingrats, injustes et égoïstes ?

Et qu'ils sont les plus forts ?

C'est moi que je voudrais comprendre.

Je me croyais au-dessus du lot et je me retrouve flouée.

Niée, grugée, comme vous. Comme toutes les femmes.

Ton père, je l'ai aimé.

Vraiment.

Et contrairement à ce que tu crois, il m'aimait aussi à sa manière.

Vous croyez que Sartre m'aime ?

Il y a quinze ans, quand tu l'as rencontré,

je ne croyais pas à cette union, mais elle dure encore.

Elle doit être solide pour survivre.

C'est moi qui suis solide.

Pour pas faire comme les bourgeois, j'ai tout accepté.

Tu as 38 ans, Simone. Pourquoi cèderais-tu ta place,

maintenant qu'elle est enviable ?

Vive la liberté !

Tu vas te taire ?

"Les Temps modernes".

C'est génial, ce titre.

Il a un de ces culots.

Une revue de philo qui s'appelle comme un film de Charlot, faut oser.

Qui c'est Carmen Colomba ? Je sais pas.

Sartre lui dédie sa présentation.

Personne ne sait où elle est.

A l'heure du triomphe, elle disparaît, ça n'a pas de sens.

La dédicace à Carmen, bravo.

Simone l'ignorait ? Elle aurait fait des salades.

Quelqu'un marche.

Sartre ?

A quoi vous jouez, Castor ?

Vous osez le prendre sur ce ton ?

Quand vous étiez en Amérique,

je trimais pour que Sartre ait sa revue.

D'accord, j'ai eu tort pour cette dédicace.

C'est à moi qu'il fallait la dédier !

Votre nom est dans la revue.

C'est pas comme un de mes livres.

J'aurais dû vous abandonner à vos langoustes et vos scarabées.

C'est moi qui vous ai fait.

Vous me devez tout. Vous prenez la grosse tête.

Un raté qui cherchait la gloire. La gloire, je l'emmerde.

Faites-en autant.

Fichez le camp d'ici.

Vous ne me le direz pas deux fois.

Il claque la porte.

Si Dieu n'existe pas, il y a un être

chez qui l'existence précède l'essence, c'est l'homme.

L'existentialisme dit à l'homme

qu'il n'y a d'espoir que dans ses actions.

Nous sommes seuls, sans excuse.

L'homme est responsable de lui-même,

mais pas de son individualité.

Les catholiques vous reprochent

de ne souligner que l'ignoble de l'humain.

Et d'écrire contre Dieu.

Je ne suis pas contre Dieu, je suis sans Dieu.

Dieu aurait donc bon dos.

Notre destinée n'est pas écrite, elle nous appartient ?

L'existentialisme dit qu'on est libres.

Tu es responsable de tes actes, mon vieux.

Murmures

Applaudissements -Bravo !

Bravo !

Vive les existentialistes !

Je reviens.

Alors, ils l'invitent ?

Ils feraient tout pour Sartre.

3 mois de conférences à travers l'Amérique.

Discrétion assurée ? Castor n'y verra que du feu.

Elle part quand ? On y travaille.

Viens.

Venez danser, Castor.

Allez, venez, Castor.

J'ai l'impression d'être dans un film américain.

Je suis si fière de devoir veiller sur vous durant votre séjour.

C'est merveilleux de vous rencontrer.

Vous êtes tellement sophistiquée. Moi ?

Ce refus des enfants, du mariage, c'est si romantique.

Qu'écrivez-vous en ce moment ? Un livre sur les femmes.

Ah, intéressant.

On passe à l'hôtel pour que vous puissiez vous rafraîchir

et je vous montre New York.

Pas ce soir, je suis épuisée.

Demain, ce sera avec plaisir.

Vous connaissez Carmen Colomba ?

Elle s'occupe des émissions de "La Voix de l'Amérique".

Vous êtes Carmen Colomba ?

Sartre vous a parfaitement décrite.

Et vous, Simone de Beauvoir. J'aurais dû vous appeler.

Ces bagages, vous partez à Paris ?

Je pensais que Jean-Paul vous l'avait dit.

Il s'est pas donné cette peine.

"Manhattan"

I'll take Manhattan

The Bronx and Staten Island too

It's lovely going through

The zoo...

Vous êtes l'ami de Katy ? Oui, Nelson Algren.

J'ai adoré votre dernier roman. Merci.

Asseyez-vous. Je peux pas rester.

Comment ça ? Une copine m'attend dehors.

Qu'elle vienne aussi. C'est une Négresse.

Ici, c'est un bar blanc.

Interdit aux Noirs et aux chiens.

On s'en va.

Jazz... Eclat de rire

Je vais rentrer à l'hôtel.

Je finis la partie et je viens vous arrêter un taxi.

Vaut mieux pas traîner seule par ici.

Soupirs...

Il sait que tu baises

avec d'autres ? Te mêle pas de ma vie.

Si on aime vraiment une femme,

on ne supporte pas qu'elle soit infidèle.

Tu veux savoir ce qu'il y a de neuf chez les penseurs américains ?

Lis les sociologues. La sociologie est un genre mineur.

Ici, c'est en train de changer notre regard sur le monde.

Tiens.

"Le rapport Kinsey". Ça parle de sexe.

Kinsey mesure tout.

La fréquence des rapports sexuels,

l'intensité du plaisir selon les zones caressées.

La plupart des mecs ne savent pas ce qu'est un clitoris.

Même toi, tu n'es pas si à l'aise avec le plaisir féminin.

Ça prouve que je suis un mec, un vrai.

"An American Dilemma".

C'est un livre qui décode nos stéréotypes sur les Noirs.

Il démontre comment les Blancs s'en servent pour justifier

et maintenir l'inégalité raciale, c'est sur la condition des Noirs.

C'est pas si différent de la condition des femmes.

Easy now.

On invoque la nature pour justifier l'infériorité des femmes.

Extraits de conférences de Simone, en anglais

There you are.

J'ai noirci des dizaines de carnets de notes.

J'ai envie d'en faire un livre. Dépêchez-vous.

Ici, tout le monde veut lire de Beauvoir.

"La plus jolie des existentialistes."

Je peux pas rester longtemps, mon avion décolle aux aurores.

On ne parle que de vous.

Merci.

Oh, vous avez fait forte impression sur mon ami Algren.

Vous savez ?

Madam.

Merci.

Excusez-moi.

Un problème ?

La routine.

Bon... A la prochaine.

Soupirs...

Je t'ai bien baisée ?

Maintenant il faut que je parte ?

Pourquoi es-tu grossier ?

J'ai pas dû beaucoup insister pour que tu viennes à New York.

Je suis un homme, ça n'a rien à voir.

Tu me fais mal.

Tu comprends donc rien.

Non, pourquoi tu m'en veux ?

Parce que tu n'es pas à moi.

Tu es comme les puritains ? Il faut te marier avant de coucher ?

C'est inespéré une alchimie comme ça à notre âge.

Pourquoi tout compliquer ?

Ne retourne pas à Paris, reste avec moi, Simone.

Je peux pas.

Je t'aime aussi, mais je peux pas.

Il ne t'aimera jamais autant que moi.

Personne ne peut t'aimer comme moi.

Comment pourrais-je t'oublier ?

Merci.

On frappe.

C'est pas trop tôt.

Sartre n'est pas venu ?

Je n'ai vu personne.

Dis-lui la vérité. Laisse-la souffler.

Pourquoi il est pas venu ? Carmen est toujours là.

Il va l'épouser.

Voilà comment il te remercie.

Tu t'en fais pour moi ?

Carmen nous déteste. Elle veut nous l'enlever.

Si Sartre nous laisse,

c'est moche à dire, mais on crèvera la dalle.

Où tu vas ?

Sans toi, on est perdus. Débrouillez-vous.

Nous laisse pas tomber.

Voix de Algren : -Il ne t'aimera jamais autant que moi.

Je t'aime de tout mon être. Je t'ai bien baisée ?

T'as eu ce que tu voulais, il faut que je parte ?

Mélange de phrases en français et en anglais

Si tu prends cet avion...

Don't forget me, crazy frog... Ne retourne pas à Paris...

Personne ne t'aimera jamais comme je t'aime...

J'ai fini par découvrir votre refuge.

Et je viens à Canossa. Fichez le camp.

Je comprends que vous soyez furieuse.

Je vous méprise.

Bon, ce n'était pas glorieux, ce complot pour vous éloigner.

Du vaudeville.

Heureusement, le ridicule ne tue pas.

J'ai pensé à me marier, moi. C'est elle qui vous a plaqué.

Je le sais.

Elle a compris que j'étais lié à vous.

Je ne jouerai plus les lots de consolation.

Vous seule

m'êtes nécessaire. Trop tard, j'aime ailleurs.

Lui me donne du plaisir.

Ça vous rend pas moins chiante. Je vous retiens pas.

Les scènes de ménage, j'en ai eu ma ration.

Ce n'est pas une scène, c'est une rupture.

Vous m'avez écoutée ? Vous êtes tombée sur un bon coup.

Sur quoi travaillez-vous ? C'est ça qui m'intéresse.

Sur ces créatures que vous appréciez tant.

Les femmes, c'est vrai ? Vous en êtes où ?

Oseriez-vous prétendre que la femme est libre ?

Qu'elle est liberté, comme vous le dites de l'homme ?

Ne m'accusez pas d'avoir attenté à votre liberté.

Mon père disait :

"Une femme est ce que son mari la fait ?"

Vous voulez tordre le cou à la nature féminine ?

On naît femme ou on le devient ? Doucement.

Il y a quand même des différences physiques.

Mais servent-elles d'alibis à la domination

ancestrale des hommes ? Vous tenez un truc énorme.

Je veux tout passer au crible : puberté, règles,

grossesse, avortement, ménopause, adultère...

Bravo, attaquez-les aux couilles !

La femme, question philosophique, personne n'y avait pensé.

Même pas moi.

Surtout pas vous.

Je veux te faire une douzaine d'enfants.

J'ai 41 ans. Pas de temps à perdre.

Il est sorti quand ?

C'est tout chaud.

Tu t'habilles ?

Repose-toi, tu dois être épuisé.

Je vais travailler avec Sartre.

Ne sois pas jaloux.

Pardon, madame, mais je dois vous dire.

Je me sens des ailes depuis que je vous ai lue.

C'est la putain du "Deuxième sexe".

Elle nous aura rien épargné sur son vagin.

Vous n'avez pas le droit, cette femme est un génie !

Elle est belle, la littérature.

Vous n'avez pas honte de défendre une salope pareille ?

Du vent, morue !

Excusez-moi, monsieur.

C'est la gloire pour Castor.

On ne parle plus que du "Deuxième sexe".

2000 exemplaires en une semaine.

Tous les cons sont contre elle.

J'en reviens pas de la violence du "Figaro".

Et les communistes, alors ? Tiens, la voilà avec son Américain.

Ça va pas être de la tarte.

J'ai adoré "L'homme aux bras d'or" !

Ce que tu es grand, Nelson.

Je ressemble à un trou du cul !

On doit parler, seul à seul.

On boit un coup, d'abord.

Je te présente à la petite famille.

Tu en fais déjà partie.

Come on, sit down.

Bonjour.

Bonjour. Tania.

Tyssen. Hello.

Et Lumi. Bonjour.

Qu'est-ce qu'il boit ?

Du vin.

Tu te fous de moi.

On va vivre à Chicago, je suis prêt à t'épouser.

Nelson, sois raisonnable.

Je peux pas tourner le dos à un succès pareil.

Tu me prends pour un con.

Toi, peu importe que tu vives à Paris ou à Chicago.

L'important, c'est qu'on soit ensemble.

Qui je suis pour toi ? Mon amour.

Non, je suis la putain de Simone, voilà !

Pour toi, Sartre, et ta petite famille à la con.

I love you.

I love you.

Il veut m'épouser.

Pour quoi faire ?

Il veut des enfants. Il est comique.

Et il m'aime.

Vous vous voyez en train de torcher

des moutards ?

Je ne veux pas le perdre.

Vous n'allez pas tout bazarder pour suivre

le premier venu ! J'ai pas le choix.

On a toujours le choix.

Et vous avez pensé à moi ? Je deviens quoi sans vous ?

Vous n'avez pas besoin de moi. Je n'ai besoin que de vous.

C'est une amourette.

Vous ne m'avez jamais parlé comme il me parle.

Vous voulez déjà vous renier ?

Je voulais changer le monde, mais c'est vous qui l'avez fait.

Les femmes vous doivent tout.

J'ai envie de son désir, même si c'est un piège.

J'ai envie, une fois dans ma vie, d'être l'épouse,

l'unique, la seule.

C'est ensemble que nous sommes uniques.

Sartre ne se conçoit pas sans Beauvoir et inversement.

Aidez-moi, je sais plus où j'en suis.

Dans notre pacte, nous avons oublié un détail de poids.

Les autres ont des sentiments, ils nous les font payer cher.

Vous ferez la une de "Paris-Match".

On publiera des extraits du "Deuxième sexe" et un papier.

Manchette : "Une femme appelle les femmes à la liberté."

Ça a de la gueule.

"Simone de Beauvoir

"est sans doute la première femme philosophe dans l'histoire

"des hommes.

"Elle a dégagé une philosophie de son sexe."

Ça vous va ?

C'est presque trop. Il me faudrait

une photographie du couple.

Vous êtes les Pierre et Marie Curie de la littérature.

Un couple mythique.

Arrêtez la pommade.

Monsieur, vous pouvez

vous écarter un peu ?

Vous êtes dans le champ.

Let's go.

I'm leaving.

Ne partez pas, j'en ai pour une seconde.

Suivez les conseils de ce journaliste.

Souriez à la postérité.

"Isn't it romantic ?" par M. Feinstein

I've never met you Yet, never doubt you

I can't forget you I've thought about you

I know your profile...

With all my heart my heart is here for you to take

Why should I quake ?

I'm not awake

Isn't it romantic ?

Music in the night A dream that can be heard

Isn't it romantic ?

Moving shadows write The oldest magic word

I hear the breezes playing

In the trees above

While all the world is saying...

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