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Original subtitles

LULLABY

Josephine !

Que faites-vous l� ?

Certains l'aiment chaud passe � la t�l�...

Bien s�r. Pardon.

�a ne me regarde m�me pas.

Le r�ceptionniste a d� se tromper de cl�. Excusez-moi.

Attendez,

j'ai peut-�tre des mouchoirs.

Tenez.

Merci.

Je m'appelle Sam.

Josephine.

Comme le personnage de Tony Curtis ?

C'est... George qui a mont� le coup ?

Je manque d'inspiration et il vous envoie me distraire.

Qu'entendez-vous par "distraire" ?

On vous a vraiment donn� ma cl� par erreur ?

Et vous vous appelez vraiment comme Tony Curtis dans mon film pr�f�r� ?

C'est une simple co�ncidence ?

Un cr�tin m'a donn� la cl� d'un d�traqu� qui se tripote

devant un homme d�guis� en femme,

et Josephine me va mieux que Robert.

Pardon.

- Je n'insinuais pas... - Quoi donc ?

Je n'�tais pas en train de dire...

- Que... - Oui... enfin, non.

Ce serait...

Parfaitement grossier.

Oui, c'�tait d�plac�.

Je m'excuse.

D�sol�e pour l'intrusion.

J'ai ab�m� vos feuilles. Vous �tes musicien ?

En perte d'inspiration.

Vous voulez regarder la fin ?

C'est tr�s dr�le et vous avez besoin de rire.

Pourquoi prend-il un bain habill� en marin ?

Il faut que vous voyiez ce film.

C'est le meilleur antid�presseur.

Allez, cinq minutes.

Je suis rentr�, gai comme un pinson.

J'ai regard� les photos que j'avais achet�es.

Les photos de grands jazzmen du d�but du si�cle.

G�nies aux fronts perl�s,

aux joues gonfl�es,

aux longs doigts, ils sont tous l� :

Satchmo, Ella, Dizzy, Miles,

The Bird, The Duke, The Count.

L'aristocratie du claquement de doigt et du tapement de pied.

J'avais � peine 10 ans.

J'ai dit � ma m�re : "Maman...

"quand je serai grand,

"je veux �tre noir."

Je les regardais comme un catalogue La Redoute.

Pas la section jouets,

comme on aurait pu le penser.

La section lingerie...

Rayon culottes 100 % soie.

2 g de tissu, �tiquette comprise.

J'aurais d� regarder le super jouet

qui atomise le m�chant coco

au son de l'hymne am�ricain.

Mais je tombais toujours

sur la m�me page.

Puis j'ai rencontr� ma femme, Josephine,

et j'ai compris que parfois,

la r�alit� est plus envo�tante que les catalogues.

Je suis d�chir� en deux

En termes de philosophie

Je joue du blues mais ma vie est douce

Car j'aime la femme avec qui je suis

J'aimerais qu'il en soit autrement

Je pourrais souffrir � l'agonie

H�las, elle me tient dans sa nasse

La femme avec qui je suis

Le blues coule dans mes veines

Le long de mes bras

Jusqu'� ce que mes doigts saignent

Mais le piano conna�t ses appas

D'un c�t�, elle me fait du tort

De l'autre, elle m'aime fort

Je ne peux rien y faire

Je n'ai pas le blues amer...

En cette magnifique soir�e, voici Sam et Josephine,

deux tourtereaux f�tant leur 1er anniversaire

au champagne frais et dans un lit douillet.

Sam, c'est le nouvel an. Chante-nous quelque chose.

Laisse tomber, Jack.

Encore ?

Tu bois trop.

J'ai envie de surprendre mon foie.

Tu peux pas continuer comme �a.

Josephine l'aurait pas voulu.

�coute, �a va faire un an que t'es pas remont� sur sc�ne.

Je peux t'inclure dans le second set.

T'as qu'� demander.

�a n'arrivera pas.

Tourn�e du patron !

Le lait a soudain gicl� dans tous les sens.

J'en avais partout sur la figure !

Alors je nettoie ma chemise...

Quoi ?

Pour info, y a un gars qui essaie de chanter � un m�tre de vous.

Et moi, je parle avec mes potes � un m�tre de lui, alors dis-moi

qui est cens� la fermer.

J'en �tais o� ? Oui, la chemise...

Pourquoi t'as fait �a ?

J'entendais pas la musique.

Si tu cherches le frisson, mon offre tient toujours.

Quoi ? Tu chantais que pour Josephine ?

Elle est morte.

Pas toi.

Bonne ann�e !

Bonne ann�e.

J'adore cette chanson.

Bon choix.

J'ai rien vol�.

La fen�tre �tait ouverte, y avait de la musique...

D�tends-toi.

Je comprends que tu �coutes un son chaud dans un endroit chaud.

Je laisse expr�s la fen�tre ouverte.

Ton nom ?

William.

Sam. Qu'est-ce que t'as l� ?

Du lait.

Y avait du vin.

Je pr�f�re le lait.

Comme tu veux.

Y a une r�gle : une bouteille bue, une achet�e.

Pour la prochaine fois. Lait y compris.

Quant � la musique,

fais-toi plaisir, c'est � volont�.

Assieds-toi, reprends un verre et tais-toi.

C'est... cool.

Merci...

Sam.

Bonne nuit, Josephine.

Salut, Richard.

- Caf� ? - Non, il faut qu'on parle, Sam.

De quoi ?

Le magasin est de plus en plus d�sert.

Je sais. �a pardonne pas de perdre le sourire.

Cet endroit existait gr�ce � Josephine.

Sam, je suis d�sol�...

Je vais vendre la librairie.

Rich...

je sais que j'ai un passage � vide en ce moment...

- Laisse-moi du temps. - Tu dois trouver autre chose.

Salut, George.

Salut, Sam.

Quoi de neuf ?

J'attends toujours.

Bonne nuit, Josephine.

Josephine...

Pi !

Reviens ici !

Pi !

Pi !

Allez...

Ouvre.

Pi...

Parle-moi, au moins.

S'il te pla�t.

Pleure pas, va.

Ses cordes vocales sont � plat, elle peut � peine chuchoter.

Tu l'entends pas, c'est tout.

Vous �tiez l� ?

Depuis le d�but ?

M�me avant.

T'as �teint au moment de la meilleure sc�ne.

� ta d�charge, t'avais une bonne raison.

Je n'aurai jamais d'enfants.

Nous en adopterons.

Tu ne comprends pas, Osgood !

Je suis un homme.

Personne n'est parfait.

Mademoiselle, votre poursuivant est parti depuis longtemps

et mon film est termin�.

Je dois pisser.

Si on �changeait nos places ?

Soyez raisonnable.

Vous trouverez pas la solution dans mes chiottes.

Je suis bien, ici.

S'il vous pla�t.

Vraiment ?

Pisse, tu pleureras moins.

Je m'appelle Sam.

Je suis pas s�r d'avoir saisi votre nom.

Pi.

Pie ?

Comme l'oiseau ?

Non. Comme le nombre.

Comme le nombre.

Vous vous appelez 3,141 quelque chose ?

Non. Juste Pi.

Je vais chercher � manger.

Vous voulez quelque chose ?

Y a que du savon, l�-dedans.

Et maintenant, un bon standard qui tient chaud au c�ur...

Du carburant pour les peureux.

Nourriture de l'esprit pour les braves.

Pas d'appels ?

Pas d'appels.

Venez manger, vous allez d�p�rir l�-dedans.

Je promets de pas vous regarder si vous sortez.

Mademoiselle ?

N'entrez pas.

J'ai cru que vous �tiez partie.

Non, je suis l�.

Tant mieux.

- Enfin, je crois. - Ne parlez pas.

Je ne parlerai pas non plus.

Je veux juste entendre votre voix.

Pas de mots.

Juste un son.

Que je sache que je ne suis pas seule.

S'il vous pla�t.

Bonne nuit, Pi.

Merci !

Tu as chant�.

Tu as dormi.

Elle est partie.

En gros.

Chaud.

J'ai chant� longtemps.

Dis-moi, � quoi elle ressemble ?

Comment je le saurais ?

Elle avait ma cl�, George.

Attends, tu m'accuses ?

Tu sais bien que je ne me trompe jamais de cl�.

Ravi que tu aies fait de beaux r�ves.

Elle va revenir ?

Certains r�ves sont r�currents. Penses-y en te couchant.

Et sois rassur�.

Ta cl� est chez le bon vieux George.

Elle s'appelle Pi.

Appelle-moi si tu la vois.

Compte sur moi.

Encore toi ?

- Joli morceau. - Ouais.

Je lutte un peu avec la main gauche.

Montre.

Non, je joue devant personne.

Moi non plus. Allez, montre.

Un bail que j'ai pas jou� comme �a.

Comment ?

Simplement.

Tu aimes le jazz ?

Ouais, c'est de la musique noire.

Tu pourrais me faire progresser.

Tu dois bien �a � la culture noire.

Tu cherches un boulot ?

Nous y voil�.

Ce que tu dois surtout ma�triser,

c'est le tourne-disque et la machine � caf�.

Je te pr�viens, j'ai d� lire trois bouquins dans ma vie.

Tu perdras pas ton temps ici, alors.

Caf� ?

Lait.

J'en ai plus.

R�gle d'or tr�s importante � retenir :

les clients ne paient que ce qu'ils aiment.

Ils y sont habitu�s.

Laisse-les emprunter.

OK. Et c'est bon pour les affaires ?

C'est bon pour mon �thique.

Sam, pourquoi tu fais �a ?

Tu dois travailler ta main gauche, petit.

... j'ai rencontr� Sam...

Tu vois,

parfois il vaut mieux croire aux fant�mes.

Et arr�te de jouer les anges-gardiens.

Sam, �a suffit.

Tu te tues � attendre un appel qui viendra jamais.

Cynique.

La version noire, avec 85 kg en plus.

Tu fais chier, George.

J'ai demand� qu'on m'annonce, mais...

Vous vivez en cale�on ?

C'est ma chambre.

Que faites-vous l� ?

Vous voulez bien chanter ?

- Quoi ? - Vous voulez bien chanter ?

C'est ridicule. J'attends un coup de fil.

Je chanterai pas

des berceuses � quelqu'un dont j'ai pas vu le visage.

Mais on s'imagine.

C'est mieux ainsi.

Tout est possible.

Si un jour, on veut voir ce qu'on imagine,

on ouvrira la porte.

Je me sens bien, ici.

J'aime sentir votre pr�sence de l'autre c�t�.

Vous voulez bien chanter ?

Sam, s'il vous pla�t.

Tiens-toi droit.

Combien de fois je dois te le dire ?

Tu crois que cette attitude t'aidera � progresser ?

Tu pourrais frapper.

J'ai besoin de ton autorisation pour vivre chez moi ?

Non, mais je joue

et j'aimerais un peu d'intimit�.

Tu joues ?

T'es pas Duke Ellington.

Tu tiens pas le tempo sur le pont.

Concentre-toi sur tes �tudes.

Ensuite, on reparlera de ta musique.

Un peu de respect pour ton p�re !

Duke Ellington...

Il y conna�t rien.

Comment tu vas ?

Bien.

Belle matin�e, les oiseaux chantent, les poissons fr�tillent...

et William s'est encore fait jeter par son p�re.

C'est parti.

Dans la salle de bains !

Original.

Tu attends quoi dans cette chambre ?

Sam...

Approche.

Embrasse-moi.

Je sais pas.

Un signe, peut-�tre.

Pourquoi ?

Une porte ferm�e...

�a rassure.

Non ?

Oui, s�rement.

Je pourrai voir ton visage, un jour ?

- Merde ! - Quoi ?

Rien, je me suis renvers� du vin dessus.

Bouge pas.

Tapote, ne frotte pas.

�a part ?

Si je sors, je pourrai te voir chanter ?

Comment tu peux rester derri�re cette porte

sans devenir ouf ?

� ta place, je l'aurais d�j� enfonc�e

et on se serait b�cot�s trois jours sans respirer.

Ah oui ?

J'aimerais remonter sur sc�ne.

Ton rade me manque.

T'es s�r ?

Certain.

Disons... ce soir.

Apr�s le set de Jamie.

Merci, Jack.

Alors comme �a, t'es musicien ?

Tais-toi et balaie.

C'est de la moquette.

C'est moi.

Si tu fais rien ce soir,

j'aimerais t'inviter...

� un concert.

T'es l� ?

Une porte ferm�e, �a rassure...

Elle est pas venue.

Mais si je la vois, je lui dirai.

Elle viendra. Elle va revenir.

Elle sera l�, tu le sais.

Laisse tomber, c'est pas grave.

Sympa, le chapeau !

�coute.

Ma bougie se consume par les deux bouts

Elle ne fera pas la nuit

Mais chers ennemis et amis, je l'avoue

J'aime comme elle luit

Elle luit merveilleusement.

Je travaille.

Mais non.

J'y crois pas.

J'avais pas pr�vu �a.

Je vais jeter un �il.

Je suis photog�nique.

Je rends bien, non ?

C'est sympa.

Merci.

Il vient ici

pour se souvenir de sa femme.

C'est plus chaleureux qu'un cimeti�re

et plus vivant qu'un album photo.

Mais...

si elle est morte...

pourquoi il est coll� � son t�l�phone ?

- Elle appellera pas. C'est... - Bizarre ?

Bizarre.

Vous avez jamais rien fait de bizarre ?

Remue la t�te, je comprendrai.

Merde. Je comprends pas.

Prends un caf�.

Non, merci.

Je comprends pas.

Tu dois �tre patient.

Si tu veux mon avis, je pense...

qu'elle doit s�rement te fantasmer derri�re cette porte.

Et elle a s�rement peur d'�tre d��ue

si elle sort.

C'est tordu, non ?

Pas plus qu'attendre un appel.

T'as raison.

Elle et moi, on est faits pour s'entendre.

Y a pas de doute.

Fais-moi signe si elle r�appara�t.

C'est bon.

Il est chou !

Attendez, je vais le rattraper.

Il est parti. Ce sera pour la prochaine fois.

Vous voulez bien me parler de lui ?

Non, je pr�f�re m'en tenir au piano.

Mais non, essaie.

Jimmy !

Tu viens prendre un caf� ?

J'ai le nouveau disque d'Abashi.

Merci, Sam, mais je suis press�.

� plus.

C'�tait qui ?

Mes clients confondent le deuil et la peste.

J'ai des potes qui jouent ce soir. �a te dit, de la musique noire ?

Je t'invite.

Trop d'espace, de place

Ma t�te �clate, mes pens�es se fracassent

Trop d'espace, de place

Ma t�te �clate, mes pens�es se fracassent

Regardez-moi Vous voyez quoi ?

Ils se trompent, ceux qui voient un jeune black

Pr�t � l�cher une rafale

N'entrez pas dans ce jeu Il est redoutable

Je pourrais parler de trucs importants

Mais ils s'en battent, ils captent pas

Ils pr�f�rent dealer et sniffer

Ils s'en battent, ils captent pas le sens de mon flow

Pr�pare ton esprit � faire partie de cette matrice

En attendant, retiens tes pens�es

Et gare aux tirs crois�s

Ils d�chirent, hein ?

C'est pas mal.

Avoue que tu veux y aller.

Et toi ?

Si mon esprit �tait un vaisseau spatial

Parmi les aliens, mes mots seraient capitaines

Jamais ils ne restent dans la cave

Toujours ils s'�chappent sur les pages

Faites du bruit ! William prend le mic !

Le groove

est un Graal

Voil� ma qu�te

Basse suave, saveur diabolique

Le blues, le jazz, le cool jazz qui coule et so�le

Mais la sueur glace le sang, brise l'essence et voile le sens

Le mot s'impose, fatal mais farouche

J'ai peur de faire surgir les tr�fonds de mon esprit

Toucher l'�me de mon p�re est ma qu�te

Mon �ge est ma prison

Reste l'art pour croire en la libert� et la paix

J'ai le swing, mais le stress me ronge,

plus mordant qu'une sueur froide

Par la note et l'ivoire, je veux d�livrer un son et y voir

enfin

Car on a cette fr�n�sie sans �tre � Raleigh

On me demande o� je vis � Williamsburg

avec tous ces jeunes qui tra�nent

Ils disent

"Ta vie est incroyable"

Depuis quand les r�ves sont-ils condamnables ?

Nous connaissons tous �a Tous

Nous qui vivons ce groove

comme un Graal

C'�tait William !

Bravo.

� toi.

C'est pas mon public.

Et ta fiert� ?

Tu vas passer ta vie dans la fosse � me kiffer ?

Qu'est-ce que �a fait de toi ?

Un spectateur ?

Garde �a, j'y tiens.

Qu'est-ce qu'il va faire ?

Se suicider.

Pourquoi tu l'as ramen� ici ?

�coute-le, tu vas voir.

J'aime une salle de bains

J'ignore si c'est de l'amour ou de l'attirance

Mais elle ravive en moi des sentiments

que je croyais disparus

J'ai toujours une relation passionn�e

avec un t�l�phone...

Il fout quoi ? C'est pas du hip hop.

Attends un peu.

C'est pas si mal.

Parfois je lui parle tout bas, la nuit

Je ne voudrais pas �tre brutal et le r�veiller

Je lui dis des mots tendres, mais rien ne se passe

- Pas un mouvement... - Rentre chez toi !

Je vais craquer...

Ta gueule ! Un peu de respect, il assure.

Tu d�lires ? �a craint.

Alors je d�croche, esp�rant entendre une voix

Je veux ranimer notre passion envol�e

Mais le seul mot que j'entends, c'est...

Je hurle ma d�ception � la Lune

Ce silence me tue

Il me rend dingue

� quoi bon parler � un t�l�phone

s'il ne vous r�pond jamais ?

Puis, � ma surprise,

une salle de bains est entr�e dans ma vie

Elle est un peu sauvage

Elle garde sa porte ferm�e

Mais elle aime ma voix et veut que je parle

Que je respire, que je chante

Tant d'�motions grondent en moi

C'est plut�t �trange d'�tre amoureux d'une salle de bains

Faut que j'en parle � mon pote

C'est un type bien, toujours de bon conseil

Je vous pr�sente Joe Piano

Le meilleur psy de la ville

C'�tait vraiment bon.

Les blancs �taient d�cha�n�s

comme � un concert de Willie Nelson !

Trop fort !

On passe chez moi ? Il reste peut-�tre du lait.

Du lait ? Tu d�connes ?

C'est plus groovy que chez ton p�re, ici.

Je comprends que tu viennes ici, �a envoie du lourd.

Bouffe gratos, bonne musique.

Il manque plus que des filles � poil.

Tiens. Bois pas cul sec.

C'est trop de la balle !

Faut que tu me pr�tes �a.

Sers-toi.

S�rieux ?

Ou �coute-le ici, je ferme jamais la fen�tre.

Il est cool, ce film.

Oui. C'est son film pr�f�r�.

Sam me manque.

- Je l'appelle. - Quoi ?

- Je lui dis de venir. - Non !

Donne-moi �a...

Elle est l�. Elle t'attend.

Je la bloque si elle part. T'as int�r�t � venir.

Salaud !

Tu vas voir, tu vas l'adorer.

Tu vas l'adorer.

T'es attendu ?

Ravale ton sourire, Cupidon, ou je te fais bouffer ton cigare.

Encore enferm�e ?

Je sais pourquoi tu passes ton temps ici.

Sors de l�, je veux te voir.

- Et �a me fait peur. - �a suffit !

Pardon.

J'ai agi comme un con.

Et Josephine ?

Tu penses encore � elle ?

Il faut que je voie Pi.

Je sais o� elle travaille.

Quoi ? Tu me dis �a maintenant ?

Tu me demandes maintenant.

Big George attendait que tu sois pr�t.

Tu es pr�t.

Eh bien...

comme on se retrouve !

Que fais-tu l� ?

J'en avais marre de t'imaginer.

Je voulais voir ton visage, qui est bien plus joli qu'une porte.

Tes yeux vont bien avec ta voix.

Comment tu m'as retrouv�e ?

T'as fait une entr�e th��trale.

Et ?

Entr�e th��trale. Projectionniste. Logique, quoi.

Ici, c'est ton truc ?

Je me sens bien, ici. J'ai ma place nulle part ailleurs.

Alors je suis content que tu aies choisi...

ma salle de bains.

Changement de bobine.

Vous �tes la plus belle femme que j'aie jamais rencontr�e.

John, embrassez-moi !

C'est bizarre de se voir ici.

C'est bizarre de se voir tout court, non ?

Je ne sais pas si je dois.

Pourquoi, John ?

Parce que je vous aime...

Un peu de vin ?

Je n'ai qu'un verre.

C'est pas grave, on le partage.

Je me r�fugie souvent ici.

C'est comme un aquarium g�ant.

C'est mieux que la t�l�.

Et le vin n'est pas mauvais.

Tu veux go�ter ?

J'aime bien celle-l�.

Elle me fait penser � toi.

Ils vont pas te virer si tu d�coupes leurs pellicules ?

Ce n'est qu'une image sur 24 par seconde.

Et toi ?

C'est quoi... ton truc � toi ?

Quand je joue du piano, je sens les touches sous mes doigts,

les pieds du piano sur le sol,

les pieds des gens qui sont l�,

qui marchent, bougent,

battent le rythme...

Je ressens les visages,

les sourires, l'�nergie de la pi�ce.

Et si je fais �a ?

Tu ressens ce qu'il y a en moi ?

Tu as bu trop de vin,

tu as la t�te qui tourne.

Tu as froid.

Tu aurais d� mieux te couvrir.

Impressionnant.

Comment t'as fait ?

J'imaginais que... tu pourrais ressentir la m�me chose

que moi.

C'est pas le vin qui me fait tourner la t�te.

Vous allez bien ?

Le naze de l'autre soir !

Content de vous revoir.

Y a-t-il un trou � rats plus accueillant ?

Les murs suintent, l'air est irrespirable,

on s'entend pas penser.

Impossible d'avoir la cuvette des WC relev�e.

Casse-toi !

Le paradis.

Jack, j'adore ton rade.

Je me sens comme dans le ventre de ma m�re.

Cette chanson parle d'un nombre.

Il n'est pas rond ou sans surprise, comme d'autres.

Derri�re sa virgule se cache sa personnalit�.

Pi.

On conna�t son d�but, pas sa fin.

Pas seulement moi, qui capte rien aux maths.

M�me les scientifiques savent pas.

C'est un nombre magique � regarder car il �volue.

J'aime tant le d�but, je ne peux qu'adorer la suite.

Et je veux surtout pas conna�tre la fin.

Dans l'ombre de la Lune

J'�tais froid et taciturne

Mes doigts �taient engourdis

Dans mon ciel nocturne

S'appropriant ta voix

Le vent chante intens�ment

Viens jouer avec moi

Tu es partie depuis trop longtemps

Tu as tenu ma voix

Entre tes mains

Tu as embrass� les mains

D'un homme bris� et meurtri

C'�tait �norme !

Merci. � ton tour, mec.

- O� tu vas ? - Je vais voir Pi.

Elle est l� ?

Merci beaucoup.

Vraiment.

O� j'ai merd� ?

On d�range ?

� peine.

- Tu veux qu'on �teigne la musique ? - Dehors !

On devrait monter le son, �a va s'agiter ici.

Merci pour les bougies.

Hier,

tu as conduit avec moi sur tes genoux.

Ensuite, on est entr�s par la fen�tre.

Avant de faire l'amour,

tu as parl� � des gens qui �taient chez toi

et qui sont sortis par la fen�tre

avant que ma culotte br�le sur une bougie.

Je v�rifiais.

J'ai vu �a cette nuit.

C'est quoi ?

Mon nom.

Tu vois ?

J'aime bien.

Pourquoi �a s'arr�te l� ?

Tu pr�f�rerais que �a couvre tout mon corps ?

Non, c'est mieux ainsi.

Curieusement, malgr� tout, j'adore ce type.

Dans mes bras !

Il est tr�s en forme ce soir.

Venez m'embrasser. Je suis tellement fier.

Je suis le p�re de cet amour naissant

dans mon jardin d'�den.

- Adam. - Arr�te...

�ve.

Vous vous �tes finalement trouv�s.

Appelez-moi Dieu, mais ne me remerciez pas.

Je vais pr�parer l'ap�ro.

Alors, F�e Clochette,

contente d'�tre sortie de la baignoire ?

Ce n'est pas si terrible, dehors.

Sans glace, �a ira ?

C'�tait d�licieux, George.

J'aime cuisiner

mais pas pour moi, donc c'est rare.

J'adore cette chanson.

Tu danses ?

Je venais d'ouvrir l'h�tel

quand Sam est venu la premi�re fois.

Je me sentais seul car les murs �taient vides,

et la seule personne � qui je parlais,

c'�tait ma m�re empaill�e.

Sam est arriv� comme le Messie.

Tremp� par le seul jour de pluie de cet �t�-l�.

Je cherchais un endroit calme pour composer.

Et je suis tomb� sur George.

Je me sentais chez moi,

alors je suis rest�.

Je peux ?

Il d�goulinait dans le hall.

Un m�got de clope au bec.

Ses yeux �taient camoufl�s par ses sourcils tombants.

Il me dit :

"Je veux une chambre, une salle de bains

"et le silence total."

Je r�ponds : "Bien s�r, �tranger.

"Et je te fais un c�lin si tu retires tes bottes."

Lui...

Je lui dis : "Et il me faut une pi�ce d'identit�."

Il fouille dans sa poche,

sort une flasque de gn�le,

la plante sur le comptoir

et dit :

"Joe Bourbon."

Alors moi, je prends

mon plus gros cigare

et je dis :

"Charles Cigar."

Et depuis, on se quitte plus,

sauf pour aller pisser.

Puis Josephine est arriv�e.

J'ai appris � jouer...

aux �checs.

Enfin, je veux dire...

Ce qu'il veut dire,

c'est qu'il devrait se trouver une femme plut�t qu'attendre

mes berceuses le soir.

Il ne s'en est jamais plaint, jusqu'� ce qu'il te rencontre, Pi.

Sois pas jaloux.

Elle est adorable.

�a va ?

C'est juste un cauchemar.

Tu fais souvent des cauchemars aussi violents ?

Seulement quand je dors.

Parfois j'ai peur de ne pas me r�veiller.

Pourquoi ?

Parce que...

Non, rien.

J'y serai toujours tr�s attach�,

mais le seul attrait, ce sont les p�tisseries et les boissons

que tu vas d�couvrir.

Je t'en prie, apr�s toi.

Je te pr�sente le cafard qui squatte chez moi de temps en temps.

Je l'ai pr�nomm� William pour l'humaniser un peu.

Voici Pi.

Je suis ravi qu'il t'ait enfin trouv�e.

Il va me l�cher avec les maths.

Je te paie pas pour parler. Joue.

Tu me paies pas.

Richard, j'aimerais te pr�senter...

Je peux te parler ?

�coute, j'ai �t� assez patient,

mais �a ne peut plus durer.

Je vais vendre la librairie.

Tu sais, Josephine...

Les clients l'appr�ciaient, �a marchait bien.

C'est rien.

Je vais vous pr�parer un caf�.

Comme c'est charmant...

O� as-tu trouv� cette ravissante cr�ature ?

Dans ma salle de bains.

Ta salle de bains ?

Vous pouvez nous accorder un mois ?

Les gens se bousculeront.

Un mois. C'est tout ce que je peux faire.

Je repasse dans deux semaines.

Une salle de bains !

Trop fort !

Pardon. Topez l�.

Laissez-moi deviner. Josephine ?

�coutez tous, je suis d�sol�, mais on arr�te l�.

Merci d'�tre venus, mais il faut partir.

Merci � tous.

Tout le monde est parti.

J'ai une impression de d�j�-vu.

Je veux pas d'une relation avec une porte ferm�e.

J'ai quelque chose � te montrer.

D�sol�e pour le d�sordre.

Tu veux un caf� ? Il doit en rester quelque part.

Un th�, alors ?

Tout �a...

toutes ces couleurs...

c'est de toi ?

Quand on a longtemps ferm� les yeux,

on veut absolument voir les couleurs.

�a fait...

des ann�es que j'�cris sur ces murs

et que...

je les repeins aussit�t.

J'appelle �a mon "journal �ph�m�re".

J'ai �crit tout �a depuis notre rencontre.

Pour une fois, je n'ai pas envie de repeindre.

C'est moi, quand j'avais 12 ans.

Ce sont les derni�res images de moi � cet �ge

car quelques jours plus tard...

je suis tomb�e dans le coma.

� mon r�veil, j'avais 16 ans.

Je me suis endormie...

dans le corps d'une petite fille, et r�veill�e dans le mien.

Je crois que...

je ne savais plus qui j'�tais...

alors je me suis surnomm�e Pi.

Je suis d�sol�e.

Les voix �taient le seul lien que j'avais avec le monde ext�rieur.

Ta voix m'a donn� envie de sortir.

Je me trompe ou �a grandit ?

J'ajoute un chiffre chaque fois

que je d�couvre une chose sur moi-m�me.

On s'est rencontr�s l�.

Toutes ces nuits � l'h�tel...

Je comptais, au fond.

Les jours,

les battements de c�ur.

Je comptais m�me les silences.

Alors quand t'es apparue,

l�,

pour moi, c'�tait math�matique.

Tu sais, comme les lois des nombres ?

Les lois de l'attraction.

Qu'est-ce que tu griffonnes ?

Rien.

Des... trucs.

Rien d'important.

C'est quoi ?

C'est de toi, �a ?

C'est toi qui l'as �crit ?

Tu te d�brouilles, dis donc.

T'es qu'un enfoir�.

- Y a des maladresses... - Je t'emmerde !

Je t'emmerde ! T'es pas mon p�re !

Arr�te de me juger.

J'en ai marre qu'on me dise quoi faire, qu'on me juge.

T'es pas mon p�re !

Je sais.

Je ne te juge pas. Pardon.

Il m'�touffe.

Il veut que je sois comme lui,

que je rentre dans son putain de moule.

Il me conna�t m�me pas !

Tu devrais lui parler.

C'est un mur. Il �coute pas, il entend pas.

Tu sais, la musique permet de dire ce qu'on ressent.

Je suis d�sol�, j'aimerais t'aider,

mais la seule personne qui puisse vraiment le faire,

c'est toi, et toi seul.

- �a va pas ? - C'est ma compo !

Arr�te tout de suite !

C'est le beau milieu de la nuit !

C'est ce que je suis.

C'est tout.

Petite s�ur

Je sais que tout ira bien

Pour toi

Je vais passer le chapeau pour la facture d'�lectricit�.

Je pensais que l'amour n'�tait pas pour moi

Je ne saurai jamais pourquoi

Tout espoir semblait vaincu

Quand soudain tu es apparu

Je pensais que l'amour n'�tait qu'un jeu au th��tre

Qu'un mot qu'on �crit en h�te

Je pensais ne jamais en �tre l'�lue

Quand soudain tu es apparu

Tel un rayon de soleil aux premiers jours de printemps

Tu as r�chauff� mon c�ur d'hiver et l'as rendu verdoyant

Je n'ai jamais support� les amoureux �perdus

Maintenant je suis �perdument folle

Folle amoureuse de toi

Tu es l�, tel un r�ve devenu r�alit�

Et mon c�ur de r�veuse est � toi tout entier

Le v�ritable amour, je l'ai reconnu

Quand soudain tu es apparu

- Tu es folle. - Bon anniversaire, mon amour.

D�sol�, j'ai pas trouv� de bandeau.

Je vais devoir utiliser tes mains.

- Pour quoi faire ? - Couvrir tes yeux.

Pour la surprise.

- Une surprise ? - Couvre bien tes yeux.

Attention � la marche.

Doucement... Garde les yeux ferm�s.

Encore un peu.

Tu es pr�te ? L�, c'est bien.

Ouvre-les.

C'est ton mur. Tu peux y �crire ce que tu veux,

le repeindre tant que tu veux.

- Merci. - �a te pla�t ?

Surprise !

- Tu �tais dans le coup. - Un peu. Tu aimes ?

�a lui pla�t.

Y a un piano l�-bas, le champagne coule � flots,

tout ce qu'il faut pour un bon concert.

Un petit air pour les tourtereaux ?

C'est de toi ?

Critique pas Richard, il est tr�s susceptible.

Il se vexe vite.

Je suis tr�s intrigu� par la corr�lation

entre le b�b� et les toilettes...

Quel b�b� ?

Arr�te.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Tais-toi.

O� t'as trouv� cette partition ?

Y a un probl�me ?

Ne la joue pas, y a que moi qui la joue.

Pourquoi ?

Josephine l'a �crit pour moi.

- Mais je croyais... - Moi aussi.

Je vois.

Je ne veux plus jamais entendre ta voix.

Le magasin est ferm�.

Donne-moi la cl�.

S'il te pla�t.

Pas sans Pi. Je ne veux plus que tu t'enfermes l�-haut.

La cl� !

O� elle est ?

Donne-moi cette foutue cl�.

L'h�tel est complet. Rentre chez toi.

Sois un ami.

Pourquoi tu fais �a ?

Demande pas.

Le mur a compris l'id�e, F�e Clochette.

On voudrait bien dormir, quoi.

Oui, je sais.

On est d�sol�s. On �tait en train...

On essayait d'�craser

une vilaine, d�go�tante mouche suceuse de sang.

Mais on l'a eue,

vous pouvez dormir tranquilles.

Bonne nuit.

Je suis un idiot.

Je ne pensais pas...

que tu souffrirais aussi.

Je ne lui ferai pas oublier Josephine.

Il est heureux avec toi.

Mais... il culpabilise par rapport � Josephine.

Je comprends que tu veuilles te prot�ger.

Mais quand je vois cet endroit,

je me dis que tu as besoin de lui autant que lui a besoin de toi.

Tu veux...

refaire l'enduit ?

Ou tu viens avec moi ?

Je peux entrer ?

Elle a quoi de sp�cial, cette salle de bains ?

Y avait toi de l'autre c�t�.

Adaptation : Belinda Milosev

Sous-titrage : C.M.C.

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