All language subtitles for Eu, Tu, Eles - (2001) - Filme Brasileiro

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Original subtitles

LA VIE PEU ORDINAIRE DE DONA LINHARES

Maman...

Je pars, maman.

Quand le b�b� na�tra, je reviendrai, pour qu'il re�oive votre b�n�diction.

Dieu te pr�serve d'avoir une fille.

Je reviendrai, maman...

un jour, je reviendrai.

Ne reviens pas.

3 ans apr�s

On est arriv�s, mon fils.

Bonjour Darl�ne, �a faisait longtemps.

Bien longtemps.

Lui, c'est Dimas.

H� ! Monsieur Osias !

Vous balayez le sol de notre maison ?

Une bonne maison, monsieur Osias ? Vous �tes devenu riche !

Toutes ces ann�es accumulant vos richesses ?

Tu es revenue ?

Non, je suis pas revenue, je suis encore l�-bas.

Ici c'est un fant�me. Moi, en chair et en os...

je suis l�-bas, dans la capitale.

- Tu pars d�j� ? - Oui.

Je vais emmener l'enfant. Qu'il soit b�ni par sa grand-m�re.

Au revoir.

Allez, un effort !

C'est lourd. Qu'est-ce qu'il y a l�-dedans ?

C'est une vieillerie, on peut en avoir besoin.

Pose �a sur le four.

- �a va pas le rayer ? - Pose-le doucement !

Une nouvelle maison, si belle ! Et toutes ces vieilleries...

�a, tu le mets dans ma chambre, celle du fond...

L�, un peu plus haut, pour que l'air arrive, comme �a.

Osias pourrait emmener ma m�re vivre avec lui.

Osias ne sait pas s'occuper d'elle.

Sauf s'il m'emmenait aussi.

Mais il m'a pas invit� et je crois qu'il va pas m'inviter.

Et moi je vais rester ici toute seule.

- Je reviens tout de suite. - C'est quoi, �a, Osias ?

C'est quoi ce costume, cousin ?

Va dormir un peu, Dimas.

Osias, quelle peur ! Faire peur comme �a aux gens.

Vous allez vous marier, monsieur Osias ?

Je construis tr�s vite.

Si elle te pla�t, la maison est � toi.

Pour ma part, l'accord est conclu.

- Quelle va �tre la r�ponse ? - La r�ponse � quoi ?

T'as pas aim� la maison ?

Tu te maries avec moi et c'est comme si la maison �tait � toi.

Vous avez mal compris. Quand j'ai dit �a, je plaisantais.

- C'�tait pour rire, monsieur Osias. - Y'a pas de quoi rire.

Marie-toi avec moi.

Tu me plais, je te trouve bien faite. J'aime comme tu es.

Tu vas bien vite �tre vieille.

Y'a d�j� cet enfant sans p�re.

�a ne vous regarde pas.

Mais t'as pas de maison � toi. J'ai une maison, beaucoup de b�tes...

pour le petit, pour toi...

- pour les autres enfants. - Les autres enfants ?

T'en as pas d�j� fait un toute seule ?

Marie-toi avec moi.

Pour moi, l'accord est conclu.

- Demain. - Non, demain je peux pas...

la maison est pas encore pr�te.

Non, monsieur Osias. Demain, je donne la r�ponse.

Ne reste pas l� � montrer les dents � tout le monde.

Bon sang ! Eh Osias !

Qu'est-ce qu'il y a avec cette porte qui veut pas s'ouvrir ?

Ce serait bizarre qu'elle s'ouvre si je l'ai ferm�e de l'int�rieur.

Ouvre la porte ! Je veux ranger les cadeaux.

J'ouvre pas parce que je veux pas d'�trangers dans ma maison.

Et je suis une �trang�re ? T'es fou ? T'as pas dit que la maison �tait � moi ?

La maison �tait en �change du mariage. Maintenant que t'es � moi...

la maison qui �tait � toi est de nouveau � moi et elle reste ferm�e.

- Comment �a ? - T'occupe pas...

Il faut qu'on trouve le moyen d'arr�ter cette f�te.

Tout ce boucan emp�che ma vache de dormir.

Qui se pr�occupe du sommeil de la vache ? Allez, Osias ! Viens danser !

On dirait que t'es clou� � cette chaise ! Bouge-toi de l� !

On va danser, Zinho ?

Moi ? J'ai jamais dans� avec une dame !

Tu dansais avec qui, alors ?

Avec qui je dansais...

J'ai jamais dans� ni avec une dame, ni avec rien.

C'est pas grave, je danse pour les deux !

Zezinho a les jambes fatigu�es.

Vrai, mes jambes vont pas bien.

Mais j'en ai deux solides. Aie pas peur, Zezinho, viens...

Il suffit de suivre, je fais l'homme...

Cette pens�e t'est adress�e...

Mon cher ami et fid�le fr�re de tant d'ann�es,

mon cher auditeur Carlos T�norio.

Tu te trouves au poste Texaco, au km 42...

et tu as le bonheur de voir na�tre ton premier petit-fils, bravo...

au nom de toute notre �quipe...

que Dieu vous donne la sant�, mon fr�re...

� toi, � ton petit-fils et � beaucoup d'autres qui suivront.

Tiens le coup, je sais comme �a a �t� difficile pour toi.

Mais je vais venir te voir personnellement...

et maintenant, je te d�die cette musique...

Eh, Darl�ne...

donne-moi � manger.

Depuis ce matin, j'ai rien mang�, et j'ai des crampes d'estomac.

Et puis, une chose, ma douceur.

Y'a pas d'eau ici.

Il faut aller chercher de l'eau � la retenue.

Allez, on part.

Cette femelle va pas tarder � avoir un petit, hein, Ederaldo ?

Tu emm�nes le couple pour le prix d'une seule.

Elle fait un sacr� poids. Venez ici, monsieur Osias !

C'est des mani�res, pour un homme ?

Chaque homme a sa sp�cialit�.

La sienne, c'est le hamac.

Y'a rien � faire, rien.

Osias se l�ve pas du hamac pour rien. Il est n� pour �tre roi.

Moi, je me l�ve pas, parce que m�me allong�, je fais mon travail.

S�r, avec une femme qui fait tout...

moi non plus je me l�verais pas.

On va tous les deux sortir cette b�te.

Tire, attention de pas blesser le petit.

Dimas !

Tu seras content d'avoir un petit fr�re quand j'aurais le b�b� ?

Oui.

Tu crois que �a va �tre un gar�on ou une fille ?

Un gar�on.

Tu crois qu'il va ressembler � qui ?

A moi.

Il a d�j� un nom ?

Ednardo.

Le chanteur, hein ?

Je sais pas. C'est du chanteur que t'as tir� le nom, Osias ?

Quelle t�te tu fais, Osias !

Toutes ces ann�es � me tourmenter � cause d'un fils.

Maintenant que l'enfant est l�, alors...

Noir comme il est, �a va pas.

C'est vrai que ce petit est tr�s noir.

Attends un peu, il va �claircir.

Il est noir comme �a de son effort d'�tre n� tout seul.

Jos� Pereira de Lacerda !

Marilene Moreira da Silva !

Francelina de Jesus !

Claudio Alves Leonel !

Gabriel Francisco dos Santos !

Darl�ne Lima Linhares !

Maria Lucia Serafim !

Pose ces haricots noirs � la cuisine !

La r�colte est finie, tu sais.

�a, c'est pas la moiti� de ce qu'ils devaient me payer.

Osias ! L�ve-toi, ou tu vas attendre que tout soit termin� ?

Maman...

je vais chercher de l'eau.

Fais pas �a, maman.

Elle est pas bonne, mon fils.

Cette eau est pas bonne.

Ni l'eau, ni rien ici n'est bon.

Viens.

Ici, tr�s pr�s de l'entr�e pour Russas...

on a trouv� le corps d'une jeune fille tu�e par des coups de feu.

Elle n'avait pas plus de 20 ans, et vu comme elle est morte...

on imagine que c'�tait la ma�tresse d'un grand propri�taire...

et c'est s�rement l'�pouse officielle qui l'a fait tuer.

Nous avons �t� pr�venus par mon ami Eraldo...

qui a eu la malchance de passer sur le lieu du crime...

Viens, j'ai dit qu'on part.

Zezinho !

Alors tu t'es lev� ? D�j� ?

C'est pas � dos d'�ne que tu vas rattraper Darl�ne.

Viens ici, Zezinho.

- O� elle est partie ? - Pour la ferme de Brejinho.

Si t'es rapide, tu la rattrapes en cours de route.

Va avec ton p�re.

Tu t'habitueras � lui.

Va...

Pars.

Allez, pars !

Pars, c'est un ordre.

C'est bien que tu sois revenue, toi.

Dimas est rest�.

Dimas est rest� l�-bas.

C'est pas ce que tu voulais ? II est rest� chez le patron.

Le gamin va faire des �tudes.

Et y'avait un autre moyen, ma douceur ?

Mon fils, mon petit enfant.

Mon petit enfant...

Dimas va aller � la capitale.

Il aura une vie meilleure.

O� est Zezinho ?

Dans la chambre.

J'ai fait une compote.

Bonjour, ma tante, c'est un cadeau de Darl�ne.

C'est elle qui l'a fait. Regardez.

Attendez un peu, c'est chaud.

T'es bien belle, cousine.

Un peu de beaut�, c'est bon pour cacher la tristesse.

Go�tez-en un peu, pour prendre des forces, ma tante.

Rel�ve-la, comme �a, Zezinho.

Je m'occupe d'elle. Tu peux partir, Darl�ne.

Tu crois que je sais pas qu'aujourd'hui y'a le bal ?

Je pensais m�me pas y aller.

Osias s'en fiche si tu y vas, hein ?

Osias se pr�occupe de quoi ?

Mon malheur c'est d'�tre revenue.

Alors va danser, Darl�ne.

Alors viens au bal, Zezinho.

Je t'en supplie. Si je rentre � la maison, j'�tripe ce vieux.

- On va danser ? - Non. Merci.

Juste une danse.

Je suis accompagn�e.

Ah, alors excusez-moi.

Vous �tes excus�.

Tu veux danser, ma belle ?

Allez, on va danser.

Je crois que maintenant, on peut arr�ter.

Tu veux partir ?

Parce que tu veux pas ?

Alors on part.

Darl�ne ! Darl�ne ! Les v�tements !

Le v�tements fichent le camp !

J'en ai rep�ch� un ! Regarde, Darl�ne !

Les v�tements fichaient le camp !

Tout fichait le camp.

Je vais attraper celui-l�.

Attention, Zinho !

- Je les ai tous pris ! - Attention de pas couler !

J'ai sauv� tes v�tements !

J'ai gliss�.

Mais je les ai attrap�s !

Je les ai sauv�s !

Tu es tout sale, regarde ! Enl�ve cette chemise mouill�e.

Tu sens bon.

Le Christ est ressuscit�.

Viens ici, Zezinho !

Raquel a mis Zezinho � la porte. Maintenant, il vit avec nous.

Au revoir.

Qu'est-ce que c'est que cette chaleur horrible, Zezinho ?

C'est comme �a que c'est bon, cousin.

- T'es jamais all� chez le barbier ? - Moi non !

Tu devrais y aller.

Quand tu iras � la ville pour chercher ta pension...

n'oublie pas d'aller chez le barbier, tu verras comme c'est bon.

Tu parles que je vais � la ville !

Celle qui va chercher la pension, c'est Darl�ne.

C'est elle aussi qui fait les courses, cousin ?

C'est s�rement pas moi !

Elle se bat dans les plantations, elle travaille � la maison...

Et maintenant, me voil� � sa charge.

Elle est encore jeune, elle supporte bien.

Mais c'est une femme, cousin !

C'est nous qui devrions �tre dans les plantations.

�a lui est �gal. Une m�tisse de sa force !

Les plantations, �a lui fait du bien.

Vu qu'ils refont des plantations, je devrais me pr�senter, non ?

Je peux pas rester � sa charge, moi aussi.

�a lui est �gal. Et c'est ma maison.

Tu sais que chez ta m�re c'�tait moi qui cuisinais ?

Raquel est ma soeur, mais je vais pas la d�fendre.

Elle a toujours �t� tr�s paresseuse.

Elle a m�me pas fait d'enfant � Zuza, pas vrai ?

Elle a m�me eu le courage de dire que �a allait jaser...

si tu habitais avec elle, sans la m�re.

Comme si quelqu'un avait le courage de l'avaler.

Zuza l'a fait par charit�.

Mais elle est moche ta soeur, cousin.

Elle a toujours �t� aussi moche ?

Elle est moche de naissance.

Si tu veux...

je peux cuisiner pour nous.

Ce serait bien... je crois que ce serait bien.

Parce que la cuisine de Darl�ne est vraiment tr�s mauvaise.

Si j'en mange, c'est parce que... j'ai pas le choix.

C'est fait.

Je le fais avec plaisir.

D'accord. C'est fait.

Maintenant que j'ai ma bicyclette...

je pourrais apporter son repas � Darl�ne, dans les plantations.

Si loin ? Elle l'emportera elle-m�me.

Et manger froid, cousin ?

Fais comme tu veux !

Mais je te pr�viens: attention � Darl�ne !

Elle r�ve de mettre une cha�ne � un homme...

Moi-m�me, si j'�tais faible, je serais d�j� � quatre pattes.

Regarde !

- C'est bien, hein ? - C'est bien.

Je vais jamais trouver le sommeil sous ce toit.

Viens.

�a, �a va pas !

Y'a que toi pour �a, tu sais !

Vois si t'aimes �a.

J'ai m�me perdu ma cuiller.

Osias ! O� est Zezinho ?

Il est revenu des plantations et il est all� � la retenue d'eau.

Il apporte tous les jours son repas � Darl�ne ?

S'il n'avait pas cette bicyclette, je ne sais pas comment il ferait.

Il part � la retenue d'eau avec un paquet de lessive.

Vu l'heure � laquelle il est parti, il ne va plus tarder.

�a se voit que maintenant t'as deux femmes:

une dans les plantations, une autre � la maison.

C'est vrai ! Zezinho fait un peu de tout.

Il lave, il cuisine, il range.

Il me donne des caf�s en permanence. Il sait m�me faire des g�teaux.

Pas de comparaison avec Darl�ne. Il est meilleur, formidable !

Je t'ai fait un cadeau.

S'il n'y avait pas les mauvaises langues, je le garderais � la maison.

Je voyais rien de mal � �a, Raquel.

Vraiment rien.

Zezinho est ton cousin. En plus, c'est un homme... mais pas tellement.

Ce ressort perd de sa force.

Regarde, �a rentre plus...

Il faut mettre la croix de ce c�t� et le trait de celui-l�.

C'est pas ce que je fais ?! �a rentre plus.

C'est un de chaque couleur, Osias.

Ces gamins ont jou� avec la radio, ils ont trifouill�.

Maintenant �a rentre plus.

Zezinho, va mettre du sel !

Je viens d'en mettre.

Alors va mettre de l'eau !

J'en ai d�j� mis.

Alors va en mettre plus !

Cette b�te va �clater de tant boire !

Fais ce que Darl�ne te dit. Quel type d�sob�issant tu fais...

Toute cette eau gaspill�e. Je vais en mettre !

�a veut pas rentrer !

C'est pourri.

Pourri rien du tout ! Y'a quelque chose de pourri ici ?

Je sais pas si cette pile est bonne ou pas.

C'est une science, Osias.

Une science, tu parles ! Elle a toujours tr�s bien march�.

Et j'ai cette radio depuis avant que tu viennes ici.

Elle a toujours tr�s bien march�.

Depuis que ces gamins y ont touch�, elle est comme �a.

Je t'ai pas dit que j'ai mis de l'eau ?

Tu as vu comme elle est gonfl�e celle-l� ?

Regarde-moi �a !

Une beaut�, hein ?

Une beaut� qui va bient�t avoir un petit.

Elle et moi !

Ils sont capables de na�tre ensemble.

Je suis grosse... Il est de toi.

De moi ?

C'est pas possible ! II doit �tre d'Osias.

Osias ?

Il est de la race de Raquel. Il sait pas faire d'enfants.

Je suis s�re qu'il est de toi.

De moi...

Tu savais que �a pouvait donner un enfant, non ?

Darl�ne, un enfant de moi ?

Mon petit amour.

Les yeux bleus.

Tu imagines ?

Osias doit �tre fou d'orgueil.

Y'a de quoi, non ? Bleus comme le ciel, beaux � en mourir.

Il faut b�nir ce b�b�, le prot�ger du mauvais oeil.

- On dirait un ange ! - Et l'ange a un nom ?

Ednaldo !

Comme l'autre ?

J'ai trouv� que c'�tait bien. �a donne Ednaldo et Ednardo de Lima Linhares.

Darl�ne a beaucoup de chance, un b�b� apr�s l'autre.

J'ai �t� mari�e pendant plus de 40 ans...

et j'ai pas de fils pour porter mon cercueil.

Y'a peut-�tre encore le temps.

Je ne mets pas un autre homme chez moi. On n'a qu'un mari.

Compris ?

- L�ve-toi ! Pas toi, elle ! - Moi ?

Tu vas d�m�nager dans l'autre chambre !

- Au nom de quoi ? - Au nom que je l'ai d�cid� !

Ou tu te retrouves par terre avec l'enfant !

- Qu'est-ce que c'est que �a, Osias ? - Qu'est-ce qui te prend ?

- Laisse Darl�ne tranquille ! - Tais-toi !

C'est moi qui commande � Darl�ne.

Et oublie pas de m'ob�ir. T'es ici par faveur.

C'est toi qui m'as invit� ! Si tu veux, je pars tout de suite.

Non, je veux t'avoir tout pr�s !

Va chercher ton hamac. Maintenant, tu dors pr�s de moi.

Tu te d�p�ches, je veux me coucher.

Et si ce b�b� se met � pleurer la nuit, disparais d'ici avec.

Je supporte pas les cris d'enfant !

Bon, c'est fini.

Qui est mon ange noir, qui est mon ange blond ?

Le repas des enfants est pr�t.

Qui c'est mon petit noiraud ?

Am�ne les enfants pour d�ner.

O� est Ednaldo ?

Va le chercher toi-m�me !

D�p�che-toi, je veux aller au bal.

Assieds-toi, Ednardo.

Voil�, Zezinho !

�a va, toi.

Vous aussi, vous y allez ?

C'est quoi cette nouveaut�, Osias ?

- Depuis quand tu vas au bal ? - Depuis que j'en ai envie.

Viens, on va danser, Zezinho !

Je vais pas danser !

Je vais rester ici, avec le cousin.

J'ai pas besoin de compagnie. Je veux boire de l'alcool !

Osias a dit de prendre de l'argent pour boire.

Deux eaux-de-vie.

Et monsieur...

s'en va sans danser ?

Assis ou debout, c'est le m�me prix.

Excusez moi, madame, mais je partais.

C'est moi qui invite. L'invitation d'une dame ne se refuse pas.

La prochaine fois, je vous inviterai avec plaisir.

Mais je pars vraiment.

Bonsoir, madame.

Un travail dur, Ciro.

De six heures � cinq heures, une demi-heure pour d�jeuner.

Tu as tes outils ?

Alors, au travail !

Tu vas vers le bas du Russa ?

J'ai pas o� aller, madame.

O� c'est que tu dors ?

Pour l'instant, je dors avec le vent.

Maintenant que tu as un travail...

tu devrais trouver un meilleur endroit.

Vous en connaissez un ?

Peut-�tre que dans le Russas il y a une famille qui fasse pension.

Mais le Russas est loin, surtout pour venir tous les jours.

C'est �a ! C'est trop loin.

Trop fatigant.

C'est comment ton nom ?

Ciro.

Et vous, madame ?

Darl�ne de Lima Linhares.

Sois b�ni !

Madame, j'ai accept� votre invitation.

Entre donc...

Bonsoir monsieur.

Je travaille avec votre �pouse, dans les plantations.

Ce gar�on vient d'arriver et il n'a pas o� rester...

alors, je l'ai invit� � manger avec nous.

Mais dans la maison, il y a d�j� beaucoup de monde.

Plus de bouches � nourrir que de casseroles � remplir.

Excusez-moi, monsieur. C'est votre femme qui m'a invit�.

Je veux d�ranger personne.

Mais il se trouve que ma femme a le coeur plus grand que nos biens.

Qu'est-ce qui se passe, Zezinho ?

J'expliquais au gar�on, il vient d'ailleurs, il a pas de toit...

je lui expliquais qu'il y a d�j� beaucoup de monde.

J'ai compris. Excusez-moi, monsieur, et vous aussi, madame.

Mais il explique de travers.

C'est ma maison et c'est ma femme. Et le gar�on reste.

Osias Linhares.

Ciro Antunes.

Entre, viens par l�.

Lui, c'est Osias, mon mari. Entre s'il te pla�t.

La maison est grande.

Les crochets pour les hamacs ne manquent pas. Pas vrai, Darl�ne ?

Si tu le dis...

Permettez...

Mets-toi � l'aise. Ici, il y a beaucoup de monde.

Darl�ne s'en fiche, elle aime m�me �a, pas vrai ?

Je l'avais juste invit� � manger.

Je ne veux pas d�ranger.

J'ai fait des courses. Je peux cuisiner.

Formidable ! Fais voir ce que tu apportes.

Il y a de quoi faire un banquet, hein ?

Va � la cuisine.

- Moi ? - Qui veux-tu que ce soit ?

Le gar�on reste dormir.

Merci beaucoup, mais c'est inutile.

J'ai mang� de ta nourriture, je t'offre un hamac pour dormir.

J'esp�re que tu me feras cet honneur.

C'est le ma�tre de maison.

S'il t'a invit�, tu peux accepter sans crainte.

Darl�ne, viens te coucher.

Monsieur Ciro, c'est votre hamac.

Faites-moi cet honneur, dormez dans cette petite chambre.

Avec mon cousin et mes enfants.

- Je vous remercie. - Bon repos.

Viens dormir avec papa...

mon petit.

Elle est d�j� partie, toute seule, elle conna�t tr�s bien le chemin.

Qu'est-ce que tu fais, Zezinho ?

Qu'est-ce qu'il y a, Zezinho ? Tu as mal dormi ?

Moi, j'ai dormi comme un ange.

Tu veux un biscuit du gar�on ?

Quelle dr�le d'id�e tu as eu, Osias, installer un c�libataire � la maison !

Je t'ai bien install�, toi. Tu serais mari�, par hasard ?

Il n'y a pas de comparaison...

Moi, je compare, et je vois pas de diff�rence.

Moi, je suis de la famille. Lui, on sait pas d'o� il vient...

Un �tranger... Un jeune homme.

Qu'est-ce qu'il y a, Zezinho ? Tu trouves le gamin mignon ?

C'est vrai qu'il est beau gosse.

Les gens vont causer, Osias.

Qu'est-ce que les gens vont dire ?

Qu'est-ce que les gens vont dire ?

Qu'est-ce que les gens ont � dire ?

Dis-moi, je t'�coute.

Tu dois mettre ce gar�on � la porte.

Justement pas.

Cette maison est encore � moi. Et le gar�on reste l� !

Apporte-lui aussi de quoi manger...

parce qu'en ce moment, on mange ce qui est � lui.

Gabriel, tu as vu Darl�ne ?

Elle est par l�.

Merci.

L'homme conna�t � peine la jeune fille...

il se marie et devient la chair de la m�me chair...

et devient l'os du m�me os. C'est ainsi que vont les familles...

Une famille s'associe � une autre et donne une nouvelle g�n�ration.

Et de fil en aiguille, s'associant, et personne...

ne saura jamais ce que �a va donner...

Mais pour les auditeurs qui, comme moi, croient en Dieu...

Je me rappelle la phrase de Notre Seigneur J�sus-Christ.

Croissez et multipliez. Musique, maestro !

Celui qui chante �carte le mal ! Un show musical pour votre coeur...

Zezinho !

Zezinho !

O� est pass� Zezinho ?

Je ne sais pas ce qui lui a pris.

Il est retourn� dans les plantations et s'est enferm� dans l'�table.

Il a pass� l'apr�s-midi avec les ch�vres.

Bonsoir monsieur Osias ! Madame ?

Qui c'est, celui-l� ?

C'est Ciro. Il est de passage.

Je suis venu prendre mes affaires. �a c'est pour vous.

C'�tait pas la peine.

Monsieur Osias, je suis sur le d�part.

Merci � vous.

Qu'est-ce que ce gar�on a ici ?

De la viande s�ch�e.

J'avais justement envie de manger de la viande s�ch�e.

Va la pr�parer. Tu as entendu ce que j'ai dit, c'est pour aujourd'hui !

Merci beaucoup � vous tous, monsieur Osias.

Mais o� va ce gar�on ?

Il a trouv� un meilleur g�te ?

Il trouve que quelqu'un ici l'a maltrait� ?

Si quelqu'un l'a maltrait�, il faut me le dire.

Non. Simplement, je ne veux pas d�ranger plus.

Alors le gar�on va rester ici.

Jusqu'� ce qu'il trouve quelque chose de mieux.

Et s'il n'accepte pas, je prends �a comme une offense.

- Qu'est-ce que c'est ? - De la p�te de coings.

De la p�te de coings...

D�s que tu seras plus doux, je t'en donnerai un peu, Zezinho.

Je te trouve un peu amer...

Qu'est-ce que c'est que ce raffut...

Sors de l�, viens avec ton p�re. T'es pas un animal.

Laisse-moi, papa.

Il faut partir, c'est l'heure !

Non, maman, laisse-moi avec le boeuf !

Le boeuf n'est pas ici pour te distraire. Il a beaucoup de travail.

Un enfant est un animal idiot, n'importe quoi le distrait.

- Tu n'as que ces deux-l� ? - Non, j'en ai eu un autre.

Ceux-l�, c'est des diables.

Merci, Zezinho.

Ah, les gamins !

Enlevez ces poussins de l�, ou je vais les faire bouillir !

Vu comme �a a �t� fait, �a aurait pu �tre pire.

C'est parce que �a a �t� fait en vitesse.

Darl�ne mourait d'envie de se marier.

Fallait voir la maison de ma m�re, jamais besoin d'une r�paration !

Sauf que le toit de ta m�re est tomb� au premier coup de vent.

�a c'est des mots de ce vieux d�traqu�.

Zezinho est n� � l'envers.

Enl�ve Zezinho de la cuisine, il se d�composera.

Zezinho est n� un peu p�d�, c'est son malheur.

Allez, d�p�che-toi !

Ici c'est moi, assieds-toi ailleurs.

Le feu de joie est allum�

En hommage � Saint-Jean

Le bal a commenc�

Allons tra�ner les pieds Dans la salle de danse

Tu n'as pas fini.

Merci Darl�ne.

Bonne nuit.

Qu'est-ce que tu fais � perdre ton temps avec moi ?

Comment �a ?

Tu as pas eu de chance avec moi, hein ?

Tu aurais d� trouver une femme plus dans ton genre.

T'es pas une femme plus dans mon genre ?

D'abord elle devrait �tre plus jeune.

Rien que d'�tre plus jeune, la femme a d'autres attraits.

La femme plus jeune peut �tre plus vive...

mais elle n'aura jamais la moiti� de tes talents.

�a, gamin, c'est l'entra�nement.

Moi-m�me, la seule femme que j'ai voulu dans cette vie...

elle �tait bien comme tu dis.

D'accord, c'�tait la femme qu'il te fallait.

Tu sais bien que non.

Mais j'ai jamais imagin� me fourrer...

dans un nid d'hommes comme �a...

� cause d'une femme.

Arr�te de dire des b�tises.

Pourquoi t'es pas rest� avec elle ?

Elle avait un mari...

Et moi j'en ai pas deux ?

Lui, c'�tait mon cousin.

Et Zezinho est quoi pour Osias ?

Mais t'as vraiment pas honte, hein ?

Pas de toi...

ni de ce qu'on fait ensemble.

Si tu dis vrai...

alors viens avec moi, Darl�ne.

O� ?

Je pars, Darl�ne.

Je veux que tu viennes avec moi.

Tu as pris du poids, Darl�ne.

�a a mis le temps, mais l'�ge t'a rattrap�e.

J'avais d�j� oubli�...

Je me rappelais juste de toi, dans mes bras, en r�ve.

Comme �a, Zezinho...

oui, doucement.

Je voudrais que tu demandes � Osias...

de faire un coin pour Ciro.

Une petite chambre.

Parce qu'il veut partir.

Ciro veut partir.

Il �tait temps.

Il n'aurait pas d� venir.

Mais il veut m'emmener avec lui.

Qu'il essaie, il t'emm�nera pas.

C'est que j'attends un enfant.

Et il est de lui.

Il le sait pas, j'ai encore rien dit.

Je ne voulais pas.

Je ne pensais pas avoir encore un enfant, dans cette vie.

�a semble presque un ch�timent.

Comment tu sais qu'il est de lui ?

En tous les cas, c'est pas le mien, hein ?

Toi, tu as d�j� le tien.

Je t'ai pas donn� un gar�on ?

T'as plus sommeil, Ciro ?

Qu'est-ce que tu fais l� ?

Rien...

je fais rien.

J'arrivais pas � dormir...

la chaleur.

Et Zezinho ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Il avait pas sommeil non plus ?

Zezinho ne fait rien...

le pauvre.

T'es jaloux, Ciro ?

Moi ? Jaloux d'un type comme �a ?

C'est aussi ce que je crois.

Arr�te �a ! Arr�te !

J'arr�terai pas.

Si je fais pas �a avec toi, je le ferai avec qui ?

Tu es tr�s hardie.

Je sais pas ce que c'est...

il suffit que je sois enceinte pour �tre comme �a.

Comment �a ?

Je suis grosse.

C'est le tien.

Je vais avoir un enfant, Ciro.

Pour de vrai ?

Un gar�on ?

Le mien et le tien.

Ma petite fleur.

Mon amour.

Il s'attarde un peu trop pour quelqu'un qui ne devait passer qu'une nuit ici.

Je vais le mettre � la porte.

C'est ce que j'avais dit, il est seul au monde. Il est rest�...

Une affection pour la famille est n�e.

Je me fiche de son attachement.

Encore plus quand il a le culot de revenir des plantations � la nuit.

On va commencer � dire du mal d'elle.

Dire quoi ?

Qui va dire quoi ?

Une fin du monde comme ici, une campagne d�serte...

Trop d�serte, trop obscure.

�a fait peur, hein, Osias ?

Moi j'aime pas aller tout seul par ici.

Je meurs de trouille.

Mais ce gar�on, il a peur de rien.

Et Darl�ne non plus...

elle a peur de rien du tout.

Darl�ne est faite de courage.

C'est pour �a que je me dis...

le cousin est si adroit pour construire...

est-ce qu'il serait pas possible de profiter de ce mur dehors...

pour une chambre pour Ciro.

Le mur qui donne sur Umburana.

Ecoute Zezinho, pas de chambre pour Ciro.

Je vais mettre ce type � la porte tout de suite !

Et si Darl�ne part avec ?

Qu'est-ce que tu dis ?

Darl�ne attend un enfant de Ciro.

Quoi ? Qu'est-ce que c'est que �a ?

Il ne sait pas encore.

�a s'est fait sans le vouloir, sans faire expr�s.

�a a �t� de force ?

Je dis pas non plus de force.

Mais �a a �t� comme...

une �tourderie.

Etourderie ? Dans un cas comme �a ?

Celle-l�, c'est une salope.

Je vais la foutre dehors � coups de couteau !

Elle et lui, � coups de couteau !

�a ne fera le bonheur de personne, Osias.

Il y a quelqu'un d'heureux ici ?

Regarde-moi, et dis-moi si j'ai l'air heureux !

C'est eux qui veulent partir.

Les mettre dehors, c'est suivre leur envie.

Et ils vont partir.

Ils vont partir tout de suite.

Je ne veux pas entretenir un salaud accroch� � moi.

Accroch�...

C'est nous qui sommes accroch�s, mon vieux.

Eux, ils sont jeunes.

Ils sont pr�ts � recommencer leur vie n'importe o�.

S'ils partent, ils vont emmener les enfants qui sont d'elle.

Et nous, mon vieux...

nous deux...

nous resterons accroch�s l'un � l'autre...

attendant le jour de notre mort.

Ciro, le p�re construit la chambre !

Eh, le m�me ! Suffit de bavarder !

Apporte de la terre pour aider ton p�re.

Osias construit un abri pour le bois.

Je peux vous aider ?

Ici personne n'a besoin d'aide.

- Ma maison, je m'en occupe moi-m�me. - Oui, c'est lui qui s'en occupe.

C'est de moi qu'il a besoin. Continue, j'arrive.

�a ne r�sout pas la question, Darl�ne.

Jusqu'� la naissance du b�b�.

S'il te pla�t.

Je le jure.

Quand mon enfant va na�tre, je veux pas habiter sous ce toit.

On m'a appel�e, pourquoi ?

J'ai fait appeler personne.

Raquel ! Le b�b� est coinc�. Je sais pas quoi faire. Aide-moi !

Laisse-moi hors de tout �a.

Aide-le ! Bonne � rien ! Allez !

Regarde, Zezinho, quelle perfection.

M�le ou femelle ?

M�le.

C'est un m�le.

Alors, tu vas l'appeler Edivaldo.

Pour suivre ses fr�res. C'est bien, Edivaldo, c'est tr�s bien.

Cocu !

Zinho !

Mes enfants !

Je vais chercher Ciro dans les plantations.

Aide-moi !

Bonjour.

C'est vous le g�niteur ?

Dimas de Lima Linhares...

Ednardo de Lima Linhares...

Ednaldo de Lima Linhares...

Edivaldo de Lima Linhares.

J'ai d�clar� mes enfants.

Sous-titrage: C.M.C.

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