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Papa.
Un ecrivain doit rendre compte de tout ce qu'il voit et entend.
La vie d'un personnage public ne lui appartient plus.
Pourquoi un pseudonyme ?
Pourquoi ? Pour preserver ma liberte.
- Pour pourriez etre connu. - Je n'en ai aucune envie.
Notre role est de traquer ceux qui se comportent mal,
de les denoncer et d'organiser des comites de salut public.
C'est qui ?
Miguel Canales, avec Lena Weber, dans les annees 60.
Elle l'hebergeait quand il venait a Paris.
Vous pensez qu'on peut tout ecrire ?
Si un personnage public ne fait pas selon son discours, faut le reveler.
- OK. Merci. - Merci. Au revoir.
Et ca, c'est quoi ?
Maria Canales, la fille de Lena Weber.
Elle est danseuse etoile.
Et la, c'est moi.
- T'as fait de la danse ? - Non.
J'ai fait un stage a la deco, a l'Opera.
Tu commences quand ?
Vous l'avez revue, depuis ?
Sur scene. J'ai jamais ose la deranger.
C'est drole et mignon. Vous avez change, quand meme.
Mathieu !
Quelqu'un peut venir m'aider ?
Ca vous arrive souvent ?
Des baisses de tension. J'en ai toujours eu.
Je connais quelqu'un de bien, je vous donnerai son nom.
Merci.
Vous seriez pret a remplacer cette idiote qui est enceinte ?
Ca m'interesserait beaucoup.
Vous verrez, en fait, elle est tres gentille.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Judit a appele.
- Miguel ? - Je suis desole.
Je suis desole.
Mesdames et messieurs, bonsoir.
Merci d'avoir ete avec nous pour nous parler de votre nouveau roman,
qui est sorti la semaine derniere chez Grasset.
C'est la fin de ce journal. Merci de nous avoir suivis.
Quant a moi, je vous retrouve ce soir a 20 h.
Bonne journee a tous.
C'etait formidable.
Vous etes contente ? Ca donnait envie.
C'est grace a Lena.
On se sent tellement bien, ici. On a envie de s'installer.
Vous revenez quand vous voulez.
Promis. Je me sauve, mes petits m'attendent.
Merci.
J'ai pas eu le choix.
Marchand est tres content.
C'est beau, l'amour.
Elle n'etait pas si mal.
"La celebrite est une prison doree. J'ai fait un contrat avec moi-meme."
Attends... Tu viens, Mathieu ?
Elle n'a pas parle des sans-papiers ?
C'est du domaine de l'intime.
Elle ferait presque une conference de presse pour annoncer ses regles.
Oh ! C'est un peu feroce.
Pour le 20 h, je voudrais modifier les lancements.
Apres, je n'aurai pas le temps. On s'adaptera en fonction.
Jamais de probleme avec toi, c'est formidable.
Tout est OK pour la soiree souvenir. Depart a 13 h 15.
Retour le lendemain 11 h.
La voiture passe te prendre a l'aeroport et t'emmene chez Antoine.
J'ai prevu des gants.
C'est trop. En 2 mois, je suis devenue une vraie assistee.
Je t'ai mis une tisane au gingembre pour ta tension.
Merci, Lena.
Sur ce site, les fouilles ont commence depuis des mois
et dureront encore plusieurs annees.
Mon pere qui etait, jusqu'a la mort de Franco,
un de ses farouches opposants, a ete un initiateur du programme.
Cette femme cherche la depouille de son frere depuis 60 ans.
Les franquistes l'ont emmene une nuit,
avec d'autres hommes du village.
Ils leur ont fait creuser leur tombe avant de les fusiller.
Mon grand-pere etait parmi eux. Il a ete fusille ce soir-la.
Nous voulons donner une sepulture a tous les oublies dans ces fosses.
Je peux lui ecrire.
- Mais tu as le droit ? - C'est pas la question.
Tu ne sais rien.
Il est peut-etre completement desequilibre.
Il travaille dans un hotel et il fait de la boxe amateur.
Il s'appelle comment ?
Bruno.
T'es mechante.
A tout a l'heure.
Je vais faire une machine. Tout ton linge est par terre ?
Il y a ca aussi.
Comment ca s'est passe, ce matin ?
Papa avait l'air decu. Tu devrais l'appeler.
Ne t'en mele pas, Bruno.
C'est toi qui m'en parles.
Tu restes dejeuner ?
- Tu vas faire semblant longtemps ? - De quoi tu parles ?
Tu te planquais, avec ton mec.
Je ne me planquais pas du tout.
C'est fini, je te l'ai deja dit. Et j'ai pas de compte a te rendre.
- Tu t'es planquee. - Et t'as failli te faire ecraser.
Je ris pas. Pourquoi ton pere t'a pas raccompagne ?
Il me rejoint a l'entrainement.
Tu restes dejeuner ?
- Oui, mais vite. - Ouh la ! Je vais me depecher.
Tu te debrouilles pour le lier. Avant tout le lier. Et un !
Allo ?
Allo ?
- Mathieu, c'est Lena. Je derange ? - Non, dis-moi.
- Tu as essaye ma tisane ? - Pas encore.
- C'est efficace. - Regarde-moi.
Tu voulais me dire quoi ?
- Allo ? - Pardon, Mathieu.
Je sors de l'interview avec l'Express.
J'aimerais que tu relises le papier.
Bien sur.
- T'es ou ? - Je rejoins des amis pour diner.
Dommage. Je t'aurais invite a prendre un verre.
Une autre fois.
D'accord, Mathieu. Bonsoir.
Oui. Bonsoir, Lena.
Maria.
Je vous ai vue passer. Enfin, je t'ai vue passer...
- On se connait ? - On se connaissait.
- Ah bon ? - Giselle, a Bastille.
Il y a au moins 10 ans.
Mathieu. Mathieu Roussel, ca te dit rien ?
Je faisais un stage a la deco. J'ai un peu change.
Oui, oui. Je crois que je me souviens.
J'ai suivi ta carriere. Fantastique !
Merci. Qu'est-ce que tu deviens ? T'es decorateur ?
- Non. Je suis ecrivain. - Ah bon ?
J'ai un taxi qui m'attend.
- Au revoir. - Au revoir.
Et les chiffres ?
Presque 60 000. Ils n'ont pas essaye de l'interdire.
Mais tu vas avoir des ventes auxquelles tu n'es pas habitue.
T'aurais du le signer.
Je trouve ca bien, Phil Bouconet.
Ca continue.
Les coups de fil anonymes ?
J'ai l'impression d'etre suivi.
T'as quand meme pas revele le Watergate.
Et Weber ?
On est cul et chemise. Elle m'offre des tisanes.
- Tu commences a rediger quand ? - J'ai deja commence.
Je viendrai. Bonne journee.
- Au revoir, merci. - Maria.
J'ai su que tu etais ici.
- On peut se voir 5 min ? - Oui.
J'ai essaye de te joindre, tu sais.
Tu as eu mes messages ?
J'etais occupee, avec la fondation de papa.
Tu vas rester un peu ? On pourra se voir.
Oui. Mais je suis tres prise par les repetitions.
Tu reprends ton spectacle avec Sylvain ?
C'est bien.
J'ai le trac.
J'aurais voulu que tu sois la. J'avais besoin de toi.
Je sais. Je suis desolee.
Comment tu vas ?
Il me manque.
Un, deux, trois.
Tres bien.
Un, deux.
Un, deux.
Corps face.
Vas-y, Bruno.
Attaque. Vas-y !
Un autographe.
Tiens.
C'est moche.
Non. J'aime bien, moi. T'as un air de vainqueur.
C'est pour le combat.
- C'est le tien. - Je te le prete.
Quelle preuve d'amour !
Tu sais combien il a gagne de combats dans ce short, ton pere ?
Tu me le laves avant de me le rendre. Va te changer.
Bonjour.
Bonjour. J'ai relu l'interview pour l'Express.
Et alors ?
Petit doute sur la derniere reponse.
"Une vie riche, quelques bobos et beaucoup de chance."
C'est pas toi, "bobos".
Felures.
Ca change tout.
- Et sur le temps qui passe ? - Tres bien, ca.
Ca m'emmerde de vieillir, comme tout le monde.
C'est OK pour les photos.
Ca fait 1 heure que j'essaie de te joindre.
Que puis-je faire pour toi ?
Tu peux bosser Fabiani. C'est lui, l'invite du 13 h.
Bonne nouvelle.
J'ai oublie mon portable.
Mathieu, sois gentil.
Passe a la maison. Il est dans l'entree, sur une tablette.
D'accord. OK.
- Salut, Jean ! - On a depose ca pour vous.
Merci.
- Le verre de vin blanc. - Merci.
- Allo ? - Mathieu ?
Bonjour. C'est Maria Canales.
Je voulais te remercier. J'ai lu ton livre, j'ai adore.
Desole, je suis en rendez-vous.
Je suis desolee.
Je te rappelle.
OK. Je te laisse.
Excusez-moi.
- T'attends depuis longtemps ? - Je viens d'arriver.
Ca va ?
Excuse-moi, Judit.
Je sais pas ce que tu leur dis. Invente.
Je suis crevee et un peu malade.
J'ai pas envie de faire des mondanites.
J'essaie d'arriver pour le cafe.
Je t'embrasse.
C'est mignon, de voir ca. T'as pas change tant que ca.
- Tu peux la garder. J'ai une copie. - Merci.
Les danseuses ne sont pas censees boire, mais t'en veux ?
- Non, ca va. - Ah !
Trop tard.
En lisant ton livre, je me suis souvenue de toi.
Quand t'as fait ce stage, ta mere venait de mourir.
J'etais impressionne.
Moi, j'etais tetanisee. T'avais l'air si triste.
Je crois que je ne t'ai pas parle du tout.
J'ai pas du etre tres gentille.
Je sais ce que tu ressens.
T'en as ecrit d'autres ?
Je voudrais les lire.
- Pas encore, j'y travaille. - Ah oui ?
- Y a un mec a lunettes. - C'est le type de la galerie.
Et Sylvain ?
Je crois que c'est lui. Tu devrais y aller.
Non. Quand on ment, on va jusqu'au bout.
Qu'est-ce qu'ils font ?
Ils discutent. Je crois qu'ils se separent.
Quelqu'un vient. Baisse-toi !
Mais j'ai super mal.
J'ai des crampes.
Chut, tais-toi ! Ils me regardent.
Sois naturel.
Il rentre dans sa voiture.
Il demarre. Tu peux sortir.
- Pardon. - Non, c'est bon.
J'ai passe une bonne soiree.
La, tu pourras dire que c'est moi qui t'ai embrasse.
Bejart disait que danseur, c'est moitie boxeur et moitie nonne.
L'ascetisme, tres peu pour moi.
Je ne me suis jamais privee de rien. Je mange, je bois, je fume.
J'ai toujours eu de l'appetit.
Tellement que, maintenant, ils ont peur.
Tes partenaires ?
Les gens du metier.
Tu te souviens que, le dernier soir a l'Opera, tu m'as pris a part
et tu m'as embrasse ?
Non !
Mais non, c'est pas vrai.
T'inventes, c'est degueulasse. Je suis sure que c'est pas vrai.
Si.
J'en ai aucun souvenir, en tout cas.
Merci.
J'en ai aucun souvenir, en tout cas.
Merci.
Je voudrais saluer la presence de Lena Weber
et la remercier d'etre descendue, un instant, de son trone,
pour trinquer avec nous.
Comment tu parles de moi ?
C'est a toi que je dois certains de mes meilleurs cliches.
- C'est vrai. - Sans toi, je ne serais rien.
Tu auras toujours ta place aupres de ceux qui triment dans l'ombre.
Olivier, je me sauve.
Profite bien de la retraite.
Fais-moi un compte-rendu.
Au revoir. Merci d'etre venue.
J'avais besoin de ma cheftaine.
Ca va, le journal ?
Je viens de feter les 15 ans. Tu pensais pas que je tiendrais.
J'ai entendu des rumeurs qui ne me plaisent pas.
Des rumeurs de quoi ?
Sur un changement radical au 20 h.
La theorie de conspiration. T'as toujours ete client.
Mefie-toi. Et appelle-moi,
si tu veux casser la gueule a quelqu'un.
- Salut ! - Ciao.
C'est tres bien.
Ca fait 2 bornes de plus que la semaine derniere.
Pas trop essouffle ?
Moi, non. Ca va aller, toi ?
- Pas d'insolence. - Sinon quoi ? Tu veux te battre ?
OK. J'arrete. Je fais gaffe, t'es rancunier.
Qu'est-ce que tu dis ?
Tu ne l'as pas fait assez payer, a maman ?
Il est temps de rentrer.
Ne te mele pas de ca. Ca ne te regarde pas.
Tu veux me faire mourir ?
T'es tout transpirant. Couvre-toi, tu vas attraper la creve.
J'ai fait le grand tour en 45 min.
Bois l'autre. C'est mauvais, de faire ca.
Boire de l'eau glacee.
J'ai eu un super entrainement.
Ton pere m'a dit. T'as bien travaille. Il est confiant.
Il peut. Tu vas etre epatee.
Arrete de m'emmerder avec ca.
C'est dur de te voir te faire taper dessus.
J'en ai assez souffert avec ton pere.
Ce sera plus dur si je perds et que t'es pas la.
Oui. On verra.
Il y a ca qui est arrive pour toi.
On dine a quelle heure ?
Une demi-heure.
Je ne peux pas, ce soir.
J'ai entrainement. Il faut que je me repose.
Attends, je te rappelle.
"Bruno, c'est la 1re fois que j'ecris ce nom que je ne t'ai pas donne.
"Je ne t'ai pas nourri, pas vu grandir, rien appris.
"Le seul instant qu'on a partage, c'est celui ou je t'ai donne la vie.
"J'avais 16 ans.
"Je t'ai regarde, senti,
"tenu dans mes bras 1 heure durant,
"avant qu'ils ne t'arrachent a moi.
"Cette lettre, je dois l'ecrire depuis 20 ans.
"Je ne cherche pas d'excuse.
"Mais je veux t'expliquer, te raconter.
"Je suis danseuse.
"Quand tu es ne, je faisais que ca, je ne revais que de ca.
"Un jour, on nous a annonce une tournee.
"J'ai ete choisie pour y participer.
"Pendant ce voyage, j'ai rencontre ton pere.
"Il etait musicien.
"Nos chemins se sont croises rapidement, mais je l'ai aime.
"Il etait presque aussi jeune que moi.
"Quand j'ai su que tu existais, j'etais deja enceinte de 5 mois.
"Mon pere vivait en Espagne, ma mere etait absente.
"J'etais perdue et paniquee.
"Je ne pouvais pas etre ta mere, je n'aurais pas su.
"Tu es ne a Lyon, a la clinique du Dr Violet.
"A la seconde ou j'ai quitte cette maternite,
"j'ai perdu un morceau de moi-meme.
"Aujourd'hui, j'ai la force d'aller vers toi,
"de me confronter a ta colere, ta rancoeur, ton incomprehension.
"Ta curiosite, peut-etre ?
"Je sais que j'ai pas le droit de venir a toi.
"Tu n'as pas manifeste l'envie de me connaitre, mais je te tends la main.
"Meme si elle vient tard pour toi,
"je voudrais que tu prennes cette main.
"Maintenant que tu sais qui je suis, je t'attends.
"Quand tu seras pret.
"Je t'embrasse. Ta mere, Maria."
Ils m'ont donne la garantie d'un magazine d'infos.
- Hebdo ? - Mensuel.
Ca fait des annees que tu veux changer de rythme.
Je decide moi-meme de mon rythme. Comment ils vont justifier ca ?
La societe des journalistes a depose une plainte contre toi.
Quelle hypocrisie ! C'est ignoble. Qui prend ma place ?
Ils n'ont fait qu'une demarche.
Ils ont besoin de ta popularite.
Ils vont trouver un titre ronflant, genre :
"Refonte de la ligne editoriale."
Tu garderas ton salaire. Ils veulent faire ca en douceur.
Je pense meme qu'ils voudront en parler avec toi.
- J'ai besoin que tu me proteges. - Ca ne pouvait pas durer.
Dis-toi que c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre.
Quoi ?
Tu viens de dire la meme phrase a la con que quand tu m'as quittee.
Je vais leur apprendre a raconter n'importe quoi.
Je veux que Marchand ait les couilles de me l'annoncer.
Lena, laisse tomber. Il faut lacher un peu.
Laisse la course se faire sans toi et regarde-les passer.
Je t'ai demande d'attendre en bas.
- Ils veulent l'annoncer quand ? - Arrete. On a le temps.
Vous allez vous parler et decider ensemble.
Je veux l'annoncer moi-meme.
Maria, vous nous parliez de votre travail en Espagne,
de ce combat initie par votre pere, repris a votre compte.
Il y aurait plus de 30 000 morts dans les charniers de Franco.
Nous demandons des sepultures dignes.
Je veux, comme des milliers de familles,
que mon grand-pere soit enterre...
Allons-y.
Ca ne te derange pas, si je fume ?
T'as entendu notre conversation, tout a l'heure ?
Ils me virent.
Les gens te regardent chaque jour, ils vieillissent avec toi,
mais ils ne supportent pas de te voir vieillir.
J'adore mon metier, j'ai pas envie d'arreter. Je vais me battre.
Je les impressionne encore, tu sais.
J'en doute pas.
T'es un drole de type, Mathieu.
Efficace, c'est sur. Mais pas bavard.
On a du mal a te saisir. Comme si t'etais pas la, des fois.
C'est peut-etre de la timidite.
J'y crois pas beaucoup.
- Il parait que t'as ecrit un livre. - Il y a longtemps.
Ca parlait de quoi ?
Ca parlait de ma mere.
- Je l'ai ecrit a sa mort. - J'aimerais le lire.
Vous parlez rarement de votre mere.
Quand j'avais 9 ans, ma mere etait en reportage au Liban.
J'etais au telephone avec elle.
J'ai entendu une explosion et puis, plus rien.
J'ai pas eu de ses nouvelles pendant une semaine.
Tout le monde pensait qu'elle etait morte, pas moi.
Depuis, j'ai appris a me proteger de ses disparitions.
Merci, Maria Canales.
Depose-moi plutot rue de Lisbonne.
D'accord.
Je pensais que ca s'arrangerait avec le temps.
Finalement, c'est le contraire.
Peut-etre que je ne m'y prends pas toujours tres bien.
Elle non plus, surement.
Tu es gentil.
Bon.
Je vais monter, je vais l'attendre.
Viens avec moi, ca lui ferait plaisir de te retrouver.
Une autre fois. C'est mieux que tu y ailles seule.
T'as tout change, non ?
J'ai repeint il y a 7 ans.
J'etais pas venue depuis la fete pour Maria, pour ses 20 ans.
Miguel etait venu d'Espagne.
Depuis quand je viens a toi pour avoir des nouvelles de ma fille ?
Tu l'as entendue a la radio ? "J'ai appris a me proteger..."
Elle peut pas parler comme ca. C'est du deballage. Je supporte pas.
Si on a des choses a se dire, on se les dit.
Elle t'a dit qu'on s'etait croisees ?
Non.
2 etrangeres, rien a se dire. On avait l'air con.
Je comprends pas comment ca a pu nous arriver.
Je ne saurais pas par ou commencer.
Ca veut dire quoi ?
Que ta vie tourne autour de toi,
de ton travail, ta carriere.
Ca a toujours ete comme ca.
C'est injuste.
Non. C'est la verite.
Ce n'est pas un drame, mais c'est une explication.
Je suis la depuis 10 min
et tu decides que c'est le moment de me balancer mes 4 verites.
C'est un peu rude.
Tu veux quoi ? Que je dise que Maria est injuste ?
Que tu as des circonstances attenuantes ?
Que tu l'as eue tres jeune ?
C'est vrai, mais ca ne change rien.
Voyez-vous, parlez-vous.
J'etais venue pour ca.
Je ne peux plus de jouer les Santa Maria.
- C'est pour ca que tu me chasses ? - Je ne te chasse pas.
- Allez, salut ! - Adios.
Ce qui est etrange, quand on est nommee etoile, c'est que,
en realite, on ne danse pas mieux le lendemain que la veille.
Et pourtant, c'est un titre qui va tout changer.
A partir de ce moment, les gens vous accordent un credit illimite.
Les regards changent sur vous.
Mais...
Moi, je pense que...
Je pense qu'en fait, on reste une eleve toute sa vie.
Oui, allo ?
Allo ?
Excusez-moi, je suis desolee. Je dois m'absenter.
Arrete de decider a ma place.
Comment t'as pu me faire ca, sale chien ?
Je te faisais confiance.
Ca, c'est pour la page 82.
Mathieu !
Qu'est-ce qui s'est passe ?
Il m'a pris mon portefeuille.
Excuse-moi, je suis obligee de frotter un peu.
Ca va.
Je mets ca sur mes orteils pour les ampoules.
Tu veux pas aller a l'hopital ?
Ca marche sur tes pieds, ca doit marcher sur ma joue. J'irai demain.
Ca va te faire dormir.
Tu feras de beaux reves.
Merci.
Il y avait quoi dans ton portefeuille ?
Des papiers, de l'argent. Rien de grave.
Je previens quelqu'un ?
Prevenir de quoi ?
Tu devrais t'allonger et prendre le temps qu'il faut.
Tu m'as drogue ?
Oui.
Avec ce que je t'ai donne, je ne pourrai pas abuser de toi.
Tu t'appelles comment ?
Maria Canales.
- Tu es a l'ecole de l'Opera ? - Oui.
- Tu veux etre danseuse etoile ? - Oh oui !
Je veux et je serai, parce que j'ai decide.
Donc voila. Je serai danseuse etoile.
Vous connaissiez ces images ?
Non.
Mais je suis etonnee par la force qui se degage d'elle.
Maria, vous vous reconnaissez dans cette petite fille ?
Moi, oui. Mais ma mere, apparemment pas.
Reveille-toi.
Desolee. C'est Judit. Je veux pas qu'elle te trouve la.
- Maria. - J'arrive.
- T'as pas trop mal ? - Non.
Desolee.
Je te retrouve tout a l'heure.
Je vais y aller.
Je te remercie pour hier soir.
Ma fille, mon enfant...
J'adore cette chanson. On l'ecoutait tout le temps quand tu es arrive.
Tu me le dis a chaque fois.
Pour changer de saison Pour changer de maison
Pour changer d'habitudes
J'y pense chaque soir En guettant du regard
Ton enfance qui joue A rompre les amarres
Et me laisse le gout
D'un accord de guitare
C'etait quoi, la lettre ?
Un prof de maths.
Celui qui est parti a Paris.
Des Indes a l'Angleterre On a couru la Terre
Et pas toujours ensemble
Mais a chaque retour Nos mains se rejoignaient
On n'a pas le seminaire ?
Je ne vais pas y aller.
J'ai oublie de te prevenir, desolee. De toute facon, la HD...
Je ne vais pas tres bien, aujourd'hui.
Mais je peux t'inviter a dejeuner demain, pour ton dernier jour.
C'est aujourd'hui, mon dernier jour.
Ah bon ?
Qu'est-ce qui t'est arrive ?
Rien. Une mauvaise rencontre.
T'es vraiment un drole de garcon.
On ne se perdra pas de vue ?
Je reviendrai les changer la semaine prochaine.
T'as reflechi pour l'appartement ?
Tu ne vas pas recommencer ?
Tu dois vendre, Mathieu.
Passer a autre chose.
C'est pas sain.
Mais je suis chez moi.
Ta mere disait : "Faut pas mourir avec les morts."
Et toi, tu vis dans un mausolee.
Chacun fait comme il peut avec son chagrin.
Tu gaches ta vie a souffrir comme ca.
Mathieu.
- Tu lis ca, toi ? - C'est ton copain, non ?
J'en vends pas mal.
Il faut que je puisse en parler.
Et ca te plait ?
Ca se lit dans le train. 1 h 30 depuis Dijon.
C'est assez croustillant. Tu le vois toujours ?
Non. On n'etait pas si proches.
Tu dois avoir besoin de fric.
Non. J'ai place de l'argent. Je me suis decouvert un talent.
C'est pour moi, c'est bon.
Merde. Mon portefeuille.
A demain.
A demain.
- Y a un monsieur qui vous cherche. - Ah oui ? Merci.
Je te cherchais.
J'etais sur le plateau. C'est dans 3 jours, on a du boulot.
T'as moins mal ?
Ca va, ca vient.
Il n'y a personne en face de moi. T'es ou, la ?
Un, deux.
Un, deux, trois.
Je peux savoir ?
Oh, putain !
Tu me laches !
- Tu me tapes dessus comme un tare ! - Tu ne m'ecoutes pas.
Si t'es ailleurs, laisse tomber. Tu vas te faire ramasser.
Corps face.
Allez !
T'es completement ailleurs !
Va te faire foutre !
Laisse tes problemes a la maison,
quand tu viens t'entrainer.
Lumiere.
Putain ! Lumiere !
- Il habite ou ? - En Bretagne.
Je voulais pouvoir me presenter devant lui sans avoir honte, en vain.
Il y a 2 semaines, je lui ai ecrit.
Il m'a repondu. Il ne veut pas me voir.
Je le comprends, je ne peux pas le forcer.
Il a l'air mignon.
Tout ce que je sais est dans ce dossier.
Je voudrais bien savoir la tete qu'il a, mais j'ai pas de photo.
- T'avais quel age ? - 16 ans.
J'etais un bebe, j'avais peur.
Je pensais que j'allais renoncer a ce pour quoi j'avais tant travaille.
Je l'ai cache a tout le monde sauf a Judit.
- Comment tu l'as retrouve ? - Un detective.
Ta mere ne l'a pas su ?
Non.
Surtout pas elle.
Pourquoi vous ne vous voyez plus ?
On s'est perdues de vue.
On a fait semblant de croire que c'etait
parce qu'on etait trop occupees.
C'est pas vrai ?
C'est un interrogatoire ?
Je plaisante.
Au contraire, ca me fait du bien d'en parler avec toi.
Qu'y a-t-il ?
C'est ma tension. Ca m'arrive quelquefois. Je reviens.
On a fait semblant de croire que c'etait
parce qu'on etait trop occupees.
C'est pas vrai ?
C'est un interrogatoire ?
Si tu veux, j'y vais pour toi.
Comment ca ?
Je vais voir ton fils.
Tu ferais ca ?
Oui.
- T'as toujours pas refait la deco. - Non. Je travaille trop.
Quand je dormais avec toi, ca me foutait le cafard.
Ca fout toujours le cafard.
Tu m'as amene ce que je t'ai demande ?
- Tu pars combien de temps ? - Le temps de finir.
J'ai tout ce qu'il me faut.
Et Lena va etre debarquee.
T'as raison d'accelerer.
- Il y a une histoire d'enfant aussi. - 2 000 euros.
C'est assez ?
- Tu pars avec ta fiancee ? - De quoi tu parles ?
Tu deconnes completement, Mathieu.
Maria Canales.
Tu me surveilles ? T'es jalouse ?
Tu melanges tout.
Tu me laches ! Je suis libre et t'as rien a me dire.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu vas l'avoir, ton livre.
Il va etre bien vendeur.
C'est pas pour ca que je m'inquiete.
Tout va bien. Je vais chercher ce qu'il faut pour terminer.
Et apres, je passe a autre chose.
- Et pour le cadeau de Mathieu ? - J'ai pas d'adresse.
- Ils en ont bien une, quand meme. - Il a rien laisse.
- Verifie avec la comptabilite. - D'accord.
C'est pas sorcier.
Il faut se remettre dans le coup, Capucine.
- T'as son nouveau numero ? - J'essaie de le trouver.
- A tout a l'heure. - OK.
Sera accueillie la chanceliere allemande pour une visite officielle.
Une reunion sera suivie d'un diner
en presence des ministres des Affaires etrangeres
des deux pays.
Formidable, super !
J'adore. On a l'impression que t'as fait ca toute ta vie.
Il faut parler moins vite et soutenir
tes fins de phrases.
Ca chute un peu. Mais sinon, c'est formidable.
Bonjour, monsieur.
- Bonjour. - Bonjour. Mathieu Roussel.
Oui.
Monsieur Roussel.
- Une chambre pour une nuit. - C'est ca.
Je peux manger ?
Le restaurant ouvre a 19 h 30.
Mais si vous allez au bar, vous aurez un sandwich.
Le bagagiste va monter votre sac dans votre chambre.
- Bonjour, monsieur. - C'est la 27.
Ca va ?
Tenez. Prenez ca.
Merci.
Ca vous arrive souvent ?
Oui. Mais ca passe vite.
- On a appele le medecin. - Pas la peine.
Bonjour.
- Salut, maman. - Ca va, Bruno ?
- T'as fait vite. - J'etais juste a cote.
Qu'est-ce qui vous arrive ?
J'ai l'habitude.
Je prends votre tension.
Bruno, Loic a besoin d'aide en salle.
OK.
On vous prepare un sandwich. Ca va aller ?
Oui. Merci.
Ca vous derangerait de me deposer en ville ?
Non.
J'ai pas le droit de demander ca, mais j'ai entrainement.
- Ca va mieux ? - Merci, oui.
J'ai un match demain.
Les championnats regionaux.
C'est pas trop dur ?
Le plus dur, c'est de se battre contre son ombre.
Tu travailles a l'hotel depuis longtemps ?
Quelques mois.
J'etais en prepa agro et j'avais besoin de gagner des sous.
- Et vous ? - Je suis ecrivain.
- Vous etes venu ecrire ? - Faire des recherches.
Un de mes personnages habite en Bretagne.
Et je suis venu voir la mer.
Vous pouvez repondre.
Non. Jamais en conduisant.
La, a droite.
Merci beaucoup.
Ca vous interesse, la boxe ?
Je connais mal.
Venez au combat. C'est amateur. Ne vous attendez pas a Rocky.
- Je vous laisse une place ? - Je sais pas si je serai la.
On verra.
- Allo ? - Qu'est-ce qui se passe ?
Il est devant moi.
Blond.
Plutot grand, mince.
Il a une fossette.
Seulement la joue gauche.
T'as pris une photo ?
Pas encore.
Je t'en envoie une des que je peux. Je t'embrasse.
Oui. Je t'embrasse aussi.
Salut.
J'ai pas beaucoup de temps.
- Je commence le filage dans 5 min. - Excuse-moi.
Tu voulais me dire quelque chose ?
Il m'arrive un truc pas facile.
Et je ne sais pas a qui en parler.
Excuse-moi.
Qu'est-ce qui se passe ?
J'y retourne. Tu voulais me dire quoi ?
Je voulais te dire que ce soir...
Non. C'est pas grave. Vas-y.
- Tu restes pour le filage ? - Oui.
Tu m'as l'air tres loin.
- T'es ou, la ? - Au Bresil.
Je ne crois pas. Tu joues les mysterieux ?
Oui, allo ? Vous pouvez me preparer ma note ?
Je descends dans 5 minutes.
Oui ?
Elles sont trop belles.
-Mierda! -Mierda! -Mierda!
La Turquie en premier, puis les inondations.
- C'est OK pour toi ? - Pas de probleme.
Tu vas porter ca ?
C'est pas un peu solennel ?
Non. Tu me le dirais, si tu savais quelque chose ?
- Pourquoi tu me demandes ca ? - T'es vraiment une ordure.
C'est de la part de sa fille, Maria.
Elle est sur le plateau. On demarre dans 5 minutes.
Vous pouvez la deranger 1 sec ?
C'est impossible. Je lui laisse un message ?
Non, merci. Je rappellerai.
Monte ta garde, esquive.
Et je laisse venir.
Si elle ne supporte pas, elle n'a qu'a rentrer.
Ca va, maman ?
Ca va. Ne t'occupe pas de moi, mon cheri.
Combat amateur prevu en 3 reprises de 3 minutes,
comptant pour la finale du championnat de Bretagne.
Dans le coin rouge, Bruno Tremazan.
20 ans, 63 kilos,
5 victoires, 1 defaite.
Attention, antenne dans 10 secondes.
Changez la lumiere au generique.
Quatre,
cinq, six...
Mesdames et messieurs, c'est la fin de cette edition.
Je prends quelques instants pour vous dire que je m'en vais.
C'est la derniere fois que je presente ce journal. J'ai appris
fortuitement que la direction a decide
de mettre fin a notre collaboration.
Je n'aurai plus le plaisir de vous retrouver.
Ca a ete un privilege et un immense bonheur de partager avec vous
ce rendez-vous pendant 15 ans.
Stop !
T'etais parfait.
Un grand merci aux equipes et a ceux qui ont su me rester fideles.
Je vous embrasse tous.
Nous devons le succes de ce journal grace au lien tisse ensemble.
Il est unique, nul ne peut le defaire.
Mesdames et messieurs, je vous souhaite, pour la derniere fois,
une excellente soiree. Je vous dis au revoir.
Est declare vainqueur, au terme de ce combat, Bruno Tremazan.
T'as garde le sens du spectacle.
Trop maquillee, pas naturelle. Elle tiendra pas 1 an.
C'est pas comme ca que ca devait se passer. Ou t'as eu ca ?
J'ai cru que c'etait toi qui me l'avais envoye.
Fais gaffe, il y a une taupe dans l'equipe.
Bonne chance.
Pardon.
Le communique de presse est parti a 20 h 30.
Le telephone n'arrete pas de sonner, il y a des demandes de partout.
Marchand a appele 2 fois. Une petition circule deja.
Remercie tout le monde, mais ma decision est prise.
J'oubliais, ta fille a telephone. Ca avait l'air urgent.
Maria ?
Maria.
Tu t'es bien battu.
Maman !
Maman !
Arretez.
Tu t'es fait mal ?
Non. Enfin, ouais, un peu.
C'est normal. Tu t'y prends pas bien.
Regarde.
Tu te mets comme ca.
T'avances un peu la jambe ici.
Voila.
La, tu montes les mains, en garde.
Quand tu frappes...
Tu mets tout le poids de ton corps.
Bravo pour le combat. C'etait impressionnant.
Je crois qu'il a eu mal.
Tu viens faire la fete avec nous ?
Oui.
Pour ma punition en cas de victoire, j'ai dit que je chanterais un truc.
Apparemment, j'ai plus le choix.
Donc c'est vous qui etes punis.
Mon fils, mon enfant
Je vois venir le temps Ou tu vas me quitter
Pour changer de saison Pour changer de maison
Pour changer d'habitudes
J'y pense chaque soir En guettant du regard
Ton enfance qui joue
A rompre les amarres Et me laisse le gout
D'un accord de guitare
Tu as tant voyage
Et moi, de mon cote J'etais souvent parti
Des Indes a l'Angleterre On a couru la Terre
Et pas toujours ensemble
Mais a chaque retour Nos mains se rejoignaient
Sur le dos de velours d'un chien qui nous aimait
C'etait notre facon
D'etre bons compagnons
Mon enfant
Mon petit
Bonne route
Bonne route
Tu prends le train
Pour... la vie
Et ton coeur va changer de pays
Elle m'a telephone. Elle avait quelque chose a me dire.
Elle s'est enfuie apres le spectacle. Je l'ai cherchee partout.
Elle est stabilisee.
Par contre, le choc a la tete est plus inquietant.
J'ai des questions a vous poser.
Etait-elle suivie regulierement ? Un medecin traitant
qu'on pourrait contacter ?
Je ne sais pas.
Elle a suivi un traitement, recemment ?
Elle etait sous anxiolytiques.
Lysanxia, je crois. Pendant 1 an et demi.
Mais c'est fini, maintenant.
Pas d'operation chirurgicale ?
Une fracture du cartilage, l'annee derniere.
- Des allergies ? - Non.
On la maintient en coma artificiel.
C'est le plus sur moyen pour que ses fonctions vitales se retablissent.
Pour combien de temps ?
Difficile a dire.
On n'en saura pas plus avant quelques jours.
Vous pouvez aller la voir, maintenant.
Je suis nulle.
Je suis tellement desolee, ma cherie. Tellement desolee.
Les deux memes, s'il te plait.
C'est cool que tu sois reste, j'etais pas sur.
- De quoi ? - Que tu te passionnes pour la boxe.
J'etais bon, ce soir.
T'as travaille sur ton personnage breton ?
Un peu, oui. Mais je suis pas sur de le garder.
C'est pas en jouant sur la plage que t'as avance.
Elle est belle, ta photo, non ?
Tes livres, ils parlent de toi ?
Non.
Quand j'etais jeune, j'en ai ecrit un qui parlait de moi.
Maintenant, c'est fini.
T'es encore jeune.
Oui. T'as raison.
Je ne suis plus le meme.
Ca fait du bien, hein.
Quoi ?
Tout ca, la.
D'etre la, trop boire.
Et de rire, aussi.
Tu devais en avoir besoin.
Comment tu sais ca, toi ?
On sait ca, a ton age ?
C'est pas une question d'age. Ca fait longtemps que t'en as besoin.
Attends, Bruno.
Je ne peux pas, je ne suis pas...
C'est pas grave.
Tu pourras dire que j'ai abuse de toi.
Je te la ramene demain.
Qu'est-ce que tu sais de ce garcon ?
C'est un vieux copain, je crois.
- Elle le voyait beaucoup ? - Oui. Il lui fait du bien.
Pourquoi ?
C'est pas vrai !
Qu'est-ce qui se passe ?
Ce type travaille pour moi. Il ne m'a jamais parle de Maria.
Et apparemment, il n'a jamais parle de moi a Maria.
Mais c'est...
- Le footballeur, c'est lui ? - Oui.
Ah non, mais...
Il a eu acces a toute ma vie, il est venu chez moi.
Je suis desole.
C'est inimaginable ! Il s'est servi de Maria.
- Je te tiens au courant. - Merci, Olivier.
Tu peux me le montrer encore une fois ?
J'ai tout de suite compris.
Il ressemble a Miguel.
C'est devenu son obsession depuis la mort de son pere.
Elle ne pense qu'a le retrouver.
Je vais lui ramener. Occupe-toi bien d'elle.
Bonjour, monsieur.
Petit dejeuner ?
- Il est quelle heure ? - Presque 16 heures.
Oh, merde !
Bruno, tu peux pas rester la.
Les croissants sont un peu secs, mais j'ai fait ce que j'ai pu.
C'est une journee magnifique.
Il faut profiter des derniers rayons du soleil.
T'as visite le bois du Nevet ?
Je t'emmenerai, si tu veux.
Ils racontent quoi, tes tatouages ?
Sors de la.
Excuse-moi, Bruno.
On a bien rigole. Ca peut pas etre comme ca entre nous.
Tu vas pas etre lourd.
C'est cool, on s'entend bien. On va pas en faire un fromage.
Non. J'ai fait une grosse connerie.
T'as rien fait de mal.
J'ai un truc a faire. On parlera plus tard.
- On a qu'a parler maintenant. - Non. J'ai un rendez-vous.
A mon retour, je t'expliquerai.
Mathieu.
Les cles.
Merci.
Je suis heureux de t'avoir rencontre.
Vous etes arrives a Quimper.
Terminus du train. Tous les voyageurs descendent de voiture.
Assurez-vous de n'avoir rien oublie.
T'as l'air surpris de me voir. Tu recolles pas les morceaux ?
Ca doit etre difficile de ne pas comprendre.
- Je vais t'expliquer. - Je t'ecoute.
Maria m'a demande de venir.
Je croyais que tu ne l'avais pas revue.
- On s'est revus par hasard. - Pourquoi tu n'as rien dit ?
Je dois aider Maria, je l'attends.
Oui. Tu lui as fait le coup de la nostalgie, les souvenirs, ta mere.
Tu lui as fait le coup de l'evanouissement ?
C'est deroutant, un homme qui tombe dans les pommes.
Elle est ou ? Je dois lui parler.
C'est impossible.
Mais j'ai une info pour le torchon que t'ecris.
Maria s'est fait faucher par une moto, a 22 h 30, hier soir.
Ca a presque l'air de te faire de la peine ou tu manques d'infos.
- C'est grave ? Comment elle va ? - Tu vas vendre, non ?
- Je travaille, c'est tout. - T'appelles ca un travail.
Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu nous en veuilles ?
Qu'est-ce qu'on t'a fait ? Qu'est-ce que t'as fait a ma fille ?
C'est a cause de toi. Salaud !
Mais qu'est-ce que je t'ai fait ?
Pourquoi tu m'as fait ca ?
Oh, merde !
J'ai pas voulu que ca se passe comme ca.
Au revoir.
Laisse-moi lui parler.
Va-t'en ! J'en ai rien a foutre, de ton bouquin.
Je t'interdis de t'approcher de moi, de Maria ou de son fils. Compris ?
- Il est parti le client de la 27 ? - T'es en retard.
Il a paye sa note ?
Oui. Il a paye et il est parti.
Bonsoir, Bruno. On peut parler ?
Qu'est-ce que je vous sers ?
Une biere.
Tu sais qui je suis ?
- Vous l'avez fait partir ? - Qui ?
Mathieu.
Tu sais pas qui c'est, il t'a menti. Il a deja fait beaucoup de mal.
Il etait la pour lui.
Et vous ?
J'ai dit a votre fille que ca m'interessait pas.
Vous ne pouvez pas fumer, ici.
Vous croyez qu'on peut debarquer dans la vie des gens comme ca ?
Comme si je vous appartenais ?
Je voudrais juste que tu la rencontres.
C'est ce qu'elle veut le plus.
Je voudrais que tu viennes avec moi.
Pourquoi j'irais la voir ? Elle n'a qu'a venir.
Elle a eu un accident, elle est dans le coma.
C'est parfait, ca.
"Viens rencontrer ta mere. Mais vous pourrez pas parler."
Foutez-moi la paix !
Tu ne peux pas la laisser comme ca. Tu le regretterais.
Un jour, tu le regretteras.
Des tas de gens crevent tous les jours,
qui ont des accidents.
Elle m'a abandonne quand ca l'arrangeait.
- Elle n'est rien pour moi. - Je ne te lacherai pas.
C'est une menace ?
Vous vous croyez vraiment tout permis.
Allez vous faire foutre !
J'ai decide, sur proposition de Mme la directrice de la danse,
de nommer Mlle Maria Canales
danseuse etoile.
Elle vient d'avoir un accident.
C'est con, quand meme.
J'ai toujours eu peur de ce moment.
Depuis que t'es arrive, c'est ma plus grande terreur.
Qu'on vienne te chercher, qu'on t'arrache a moi.
Je me suis souvent demande qui ils etaient,
pourquoi ils ont renonce a ce qui etait mon plus grand bonheur.
Mais maintenant, je la vois, c'est la. J'ai plus peur.
Moi, j'ai jamais voulu savoir.
Ecoute-moi, mon garcon.
Tu dois aller a sa rencontre. Tu ne peux pas tourner le dos a ca.
C'est ta vie, elle est comme ca.
T'as pas le choix.
C'est moi qui te le demande.
C'est pour me remercier de t'avoir si bien eleve.
Je viens avec vous.
Je suis pret.
On part quand vous voulez.
Il y a un train a 15 h 30.
Je vous ai note mon adresse, mon telephone.
Merci.
Vous devriez y aller.
- Vous venez ? - On va terminer notre cafe.
On s'embrasse ici.
Ca vous fait rien qu'on vous devisage ?
J'ai l'habitude. Et toi, ca te gene ?
Vous venez ?
Pourquoi vous n'etes pas venue me chercher plus tot ?
Je ne savais pas que tu existais. Elle me l'a jamais dit.
J'etais l'enfant de la honte.
Non. C'est juste qu'on ne s'est jamais beaucoup parle.
Il parait que vous etiez toujours absente.
Elle me l'a ecrit dans sa lettre.
- Elle est mariee, ma mere ? - Plus.
- Elle a eu d'autres enfants ? - Non.
Promets-moi de ne pas revoir Mathieu, c'est une ordure.
Il a abuse de Maria, de sa confiance, comme il a abuse de moi et de toi.
C'est plutot moi qui ai abuse de lui.
Je t'interdis de lui parler.
On se connait depuis hier et vous m'interdisez de faire des trucs ?
Je suis devenue danseuse, parce que j'ai pas su parler avant mes 4 ans.
Du coup, c'est devenu un moyen d'expression ideal.
En plus, il y avait une dimension physique.
Un taxi nous attend pour aller directement a l'hopital.
Oui, Judit.
Oui. Il est avec moi.
Elle s'est reveillee !
On sera la dans 30 minutes.
Bruno.
Bruno !
Bruno.
Je me disais bien qu'un jour, je te trouverais la.
Je pensais pas que ce serait si vite.
Ca va aller, Bruno.
Je suis desole d'etre parti.
Un peu space, la deco, ici.
Ca ne va pas avec tes tatouages.
C'etait l'appartement de ma mere.
C'est ca qui te rend triste ?
- T'aimes pas que je te questionne ? - Non.
Tu devrais repondre.
J'ai pas envie d'etre avec elle.
Tu ne la connais pas.
J'ai passe du temps avec elle.
Elle peut etre autoritaire, mais elle est incroyable.
- Tu vas apprendre a la connaitre. - T'es amoureux d'elle ?
Et elle est courageuse.
Elle est allee dans des coins chauds.
Elle a ete correspondante de guerre au Vietnam.
- Il y a la guerre, au Vietnam ? - Avant.
Je plaisante.
Reste.
Dors.
A demain.
On va ou, la ?
Tu verras.
Arrete de faire la gueule.
On est arrives. Tu peux descendre.
Lena va t'emmener voir ta mere.
Pourquoi tu fais ca ?
Je sais que t'as peur.
C'est ce que tu dois faire, Bruno. C'est pour ca que t'es venu.
Je suis venu pour etre avec toi.
Moi, je veux pas.
J'ai ma vie, mon travail.
J'ai pas de place pour toi.
Mais tu mens.
Tu dis n'importe quoi. Pourquoi ?
Je veux rester avec toi.
Arrete. Arrete, s'il te plait.
Qu'est-ce qui a change depuis hier ?
Rien. Rien n'a change.
Je t'ai juste donne a bouffer et un toit pour dormir.
Tu vas me laisser reprendre ma vie.
T'as rien dans ta vie.
Descends.
Descends, s'il te plait.
Je ne te crois pas.
Va-t'en.
Va-t'en, s'il te plait.
C'est Bruno.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Vous etes sur le portable de Mathieu. Laissez un message.
Mathieu, c'est moi.
Ecoute...
Je sais que tu ne veux plus me parler.
Mais moi, j'ai besoin de te parler.
Je dois partir en Bretagne a la fin de la semaine.
C'est dur ce que tu me fais, vraiment.
Rappelle-moi, s'il te plait.
Elle est prete.
Tu veux bien aller chercher la voiture ?
Bruno.
Je suis desolee si tu es triste.
Ecoute-moi, s'il te plait. Je ne te ferai aucun mal.
Ecoute-moi.
Desole de t'avoir menti. C'est ce que je regrette le plus.
La 1re fois que je t'ai vue a l'Opera, il y a 10 ans,
j'avais jamais rien vu d'aussi beau.
Quand le spectacle s'est termine, j'ai ressenti un vide enorme.
Comme si ma vie s'arretait une fois de plus.
C'est pas toi qui m'as embrasse, c'est moi.
Et j'ai jamais oublie ce baiser.
J'avais juste besoin que tu m'ecoutes jusqu'au bout.
Je vais m'en aller, maintenant.
Je te promets, je ne te ferai plus de mal.
Au revoir, Maria.
Adaptation : Elisabeth Teixeira pour ECLAIR
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