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Ici.
De la boue !
Swartkops !
C'est trop tard maintenant.
Non, en voil� une.
Sale,,,
Sale,,,
Demain, elles s'accrocheront au vent et elles riront.
Nous serons toujours dans la boue.
Je les hais !
Le dernier bout, c'�tait dur, contre le vent.
J'ai cru que tu ne t'arr�terais jamais.
De plus en plus lourd.
Chaque pas plus lourd que ce matin,
plus que la fois derni�re.
Tu �tais heureux ce matin. Tu as bien ri.
Et maintenant ?
On est assis l�.
Regarde-nous !
Boesman et Lena, avec le ciel pour toit � nouveau.
C'est maintenant qu'il faut rire.
Tu attends quoi ?
Je le savais.
Quand elle pose son barda, elle sort ses b�tises.
Des b�tises !
Cet �tron long,
ces absurdit�s qui d�goulinent quand tu ouvres la bouche.
Qu'est-ce que j'ai dit ?
Je suis fatigu�e ! C'est vrai !
Et tu �tais heureux ce matin, c'est vrai aussi.
Je le suis encore.
Oui, c'est comme �a.
Tu veux rire quand je veux pleurer.
- De la morve � cause du Blanc ? - Et maintenant ?
Tu crois que je sais plus rire ?
- Sois pas salaud. - Tu veux m'entendre ?
Ferme-la... ou tu m'entendras !
Je ris tout le temps...
int�rieurement !
J'ai pas arr�t� depuis ce matin.
T'�tais ridicule
si tu fais pas attention, tu le seras encore.
Ridicule ?
Parce que je pleure ?
Assise dans la poussi�re, cul nu... ou tout comme,
et se dire qu'il faut aller ailleurs.
Si tes jambes allaient vite comme ta langue, on serait arriv�s.
Les pauvres jambes de Lena...
Tous les trois pas :
''Une pause, je suis fatigu�e, Boesman.''
- C'�tait pas du repos. - Si !
Tu mens !
Tu cherchais ton clebs.
Le chien ?
Hond!
"Hond" !
Ce sale cabot.
C'�tait ce matin ?
Tu as failli te d� visser la t�te, � force de regarder derri�re toi.
Il aurait pu me suivre.
Les chiens flairent les pas.
Te suivre ! Tu te fais des id�es !
Tu savais m�me pas o� on allait.
Si.
Ici. Ici o� je suis, � Swartkops.
Non, Boesman. Cette fois, tu mens.
Dis pas que je mens.
Je suis pas paum�. Je sais ce que je fais.
Pourquoi on n'a pas pris le raccourci ?
Le raccourci ? De Korsten � Swartkops ?
De quoi tu parles ?
Je l'avais jamais trouv� aussi long.
�a ne sert � rien de te parler.
Tout ce que tu as su faire ce matin, c'est prendre nos affaires
et les bouteilles vides � vendre au magasin.
Tu m'as battue pour avoir l�ch� le sac.
Trois bouteilles cass�es. 6 pence.
Des coups pour 6p.
Tu le vois, le bleu, l� ?
Pourquoi ici ?
C'est pas un endroit bon pour nous.
Ce fleuve de boue n'a amen� que du malheur...
et des trombes d'eau.
T'as failli y rester cette nuit-l�.
C'�tait quand, la derni�re fois ?
On �tait ici quand ?
Je te parle !
Sois pas comme �a ce soir.
On est seuls ici.
Il n'y a que nous deux.
Parle-moi.
J'ai rien � te dire, parle-toi toute seule.
Je de viens folle...
Folle ? Tu l'es d� j� � moiti�.
Je veux quelqu'un qui m'�coute.
Quoi ? Ton babillage ?
Quand tu chies, �a a plus de sens. Tes mots, c'est du bruit. Absurde !
Tu babilles sur ta pi�tre vie.
Je te demandais quand on �tait ici. C'est absurde ?
Quelle diff�rence ? Tu es ici maintenant.
Je sais �a.
Pourquoi ?
Regarde, bon Dieu.
Tu pouvais pas trouver mieux ?
- �a n'allait pas, Veeplaas ? - �a aurait d� ?
II y avait des gens l�-bas !
Qu'est-ce que tu as, honte de toi ?
M�me pas un chien � regarder.
Chaque fois qu'on re vient ici, c'est comme si j'�tais jamais partie.
C'est la derni�re fois ici que j'essaie de me rappeler.
Fais le feu.
Buvons un coup d'abord.
Un peu de vin.
Je sens le froid.
S'il te pla�t, Boesman.
Fais le feu.
S'esquinter les jambes pour �a !
Un bout de pain et du th� noir.
Sans beurre... m�me pas pour mes bleus.
Touche pas ce vin !
II a peut-�tre raison.
Quelle diff�rence ? Je suis ici maintenant.
Ici.
Apr�s une longue vie, c'est une part mince.
Et sans confiture.
C'�tait apr�s Redhouse.
Ils ont trouv� notre planque, dans le bush.
''Marche, Hotnot ! ''
Alors Hotnot marche... jusqu'� Swartkops, ici.
La derni�re fois.
J'avais raison.
Vous... !
Qu'est-ce que vous faites ?
Allez, foutez le camp !
On est pass�s par o� cette fois-l� ?
R�fl�chis !
C'est � toi que c'est arriv�.
Bouge !
Redhouse...
Swartkops...
Veeplaas...
Bethelsdorp!
Redhouse, Swartkops, ici.
Je suis arriv�e l�.
Bon Dieu, ma vieille.
Tu y courais... vers la fin. Avec tout ce barda.
Pourquoi tu me regardes... comme �a ?
Tu te souviens de quand je chantais pour nous ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Je me sens bien, ch�ri, j'ai chaud.
Tu sais pourquoi ? Je suis moins vieille que je pensais.
J'ai couru. Tout le chemin depuis Redhouse...
Tu aurais d� me voir...
Et maintenant je suis l�... Avec toi.
Montre le vin.
Regarde toi-m�me.
On le boit, ce coup ?
Tu sais � quoi je pensais ?
A du lait condens�.
Le sucre, �a suffit pas.
Dis, si on trouve des cre vettes, alors je veux de la tendresse.
Apr�s, tu pourras �tre aussi vache que tu veux.
''L'go�t du lait cond'ns� vous rend la vie bien douce
''Boesman est un bushman c'est d'la viand' fonc�e...''
Voyez-moi �a !
Lena a encore du ressort dans les jambes.
Tu danses, Boesman ?
C'est pas trop tard. Je vais t'apprendre.
Tu vas te prendre une sacr�e racl�e !
Tu vois ? L� je ris, et toi, tu es furieux.
Tu n'aimes pas qu'un autre rie.
Tu as ri de moi ce matin, pour rien, parce que j'avais raison !
La derni�re fois, c'�tait apr�s Redhouse.
Tu m'embrouilleras plus !
Je me souviens...
Le Boer m'a mise en joue et tu avais disparu.
Direct pour Swartkops. Et...
j'ai pas fini, je vais y r�fl�chir,
tirer �a au clair, re venir jusqu'� Coegakop,
o� on s'est rencontr�s la premi�re fois,
et l� je saurai.
De Coegakop � ici.
Puis Veeplaas,
puis Korsten.
Et maintenant ici...
�a te va... ?
Tu en dis quoi ?
Rien.
L�, t'es vraiment le diable.
Tu peux pas rire de moi.
J'ai raison.
Dans quel ordre... ?
Swartkops apr�s Redhouse ?
- Et d'ici on est all�s �... - Korsten.
�a marchera pas, Boesman. Je sais ce que tu cherches.
Tu le feras pas cette fois. Va rire de toi-m�me.
Ici.
L� o� je suis.
Je me trompe ?
Si tu disais Swartkops...
Veeplaas... Redhouse...
O� est Swartkops ?
Tant pis, je ne t'�coute plus. Je suis ici.
O� ? A Veeplaas ?
Je suis ici. Je sais comment je suis venue.
Redhouse,... puis Swartkops.
Attends !
Redhouse... Swartkops... et...
Continue !
N'oublie pas Bethelsdorp cette fois. Tu y es all�e aussi.
Et Missionvale. Et Kleinskool. Et Swartkops.
Ne m'embrouille pas !
Redhouse, puis Swartkops...
C'est faux.
C'est tout faux.
Que vas-tu faire maintenant ?
Je suis encore paum�e.
J'y �tais !
Par l�...
O� est pass� le soleil ?
Tu cherches quoi ?
Veeplaas.
Par l� ?
Par l� !
Faux.
Alors, par l�.
Faux !
Lena, tu es perdue. Regarde-toi.
Des babillements du vin d'hier !
Hier, tu �tais saoule,... ou c'�tait la migraine ?
Toute ta vie !
Tu en sais quoi ?
O� et comment ?
Dis-moi, Boesman,
aide-moi.
A quoi ? Te trouver toi-m�me ?
''Pardon, tantine.''
Tu ferais mieux d'aller � Veeplaas. Tu y es peut-�tre.
Va-t'en, esp�ce de salopard ! C'est un p�ch�.
Un jour, tu vas me demander qui tu es.
Ce jour-l�, tu rigoleras encore.
C'est la meilleure !
''Mon vieux pote...
Je suis qui ?''
Pourquoi pas Rosie ?
Joli nom, Rosie.
Ou Maria... ou Anna... ou Sannie.
Sannie qui ?
Sannie N'importe-qui.
Qui es-tu ?
Mary.
Je veux �tre Mary.
Et toi ?
C'est ma prochaine question. Qui est cet homme ?
Je ne serai plus l�. Adieu, ch�ri. J'en ai assez.
Ce jour-l�, je serai plus l�, je le jure.
Tu te prendras une bonne trempe !
J'irai � la police.
Tu as d� j� essay� �a, et qu'est-il arriv� ?
''C'est ma femme, baas.
''J'ai fait que... la r�chauffer. Je l'emm�ne.
''Class�. On conna�t ton esp�ce.''
Non, pas cette fois. Je suis Mary, n'oublie pas.
''Je ne le connais pas, baas,'' Ta preuve, elle est o� ?
M�fie-toi.
Un jour, tu iras trop loin, et l�, c'est la pendaison !
Pour toi ?
''Non coupable. Remis en libert�.''
Pas de grands mots. La corde te fait peur.
Quand tu cognes plus, c'est pas par fatigue ni ennui,
c'est par peur !
C'est l� que �a fait le plus mal.
Quand tu fais attention.
Les derniers coups... Quand tu t'appliques.
Je les compte.
Un...
Encore un...
Attends le prochain, c'est juste un arr�t.
Tu as raison.
Voil� la preuve.
Quand j'ai mal, je sais.
...Je suis Lena.
Et moi Boesman.
Boesman et Lena.
C'est qui, c'est quoi ?
Quand, o�, pourquoi ?
La r�ponse aux absurdit�s de questions absurdes.
La voil�, la r�ponse.
Oui, �a l'explique.
�a n'a pas toujours �t� ainsi.
Oublie !
II n'y a que maintenant dans ta vie.
Maintenant,
c'est quoi ? Je suis pas n�e d'aujourd'hui.
Je veux ma vie. O� est-elle ?
Dans la boue, l� o� tu es.
Et demain, elle y sera encore, et le jour apr�s.
Et si tu es encore en vie quand j'en aurai assez,
tu remballes et tu files ailleurs.
M'enrouler dans ma couverture et ramper l�-dedans ? Tu m'�c�ures !
Alors va-t'en !
Plaisante pas.
Je m'en irai ce soir.
Pars !
Pars !
Adieu, ch�rie.
Qu'est-ce que tu attends ?
Pars !
II y a quelqu'un l�-bas.
Regarde !
II est saoul ?
Personne vient dans un marigot pour se saouler.
Qu'est-ce que tu en sais ?
II s'est arr�t�. Peut-�tre pour creuser.
L'eau est trop basse.
Ou bien c'est un Blanc.
Un Blanc ?
Vas-y ! Va voir ce qu'il veut.
C'est une personne, Boesman.
Je te pr� viens.
Encore tes absurdit�s !
Viens, on a du feu !
Sois maudite !
II vient...
Un Cafre !
Lena cherche quelqu'un.
Qu'est-ce qu'elle obtient ?
Regarde-moi �a...
C'est mieux que rien.
Et alors ?
Continue.
Tu voulais quelqu'un. ...Un n�gro !
Qu'est-ce que tu attends ?
Mon nom est Lena.
C'est mon homme, Boesman.
Serre-lui la main. Une dame Hotnot comme toi.
Tu refais ta maligne. ''Comment �a va, ch�ri ?''
C'est quoi, �a ?
Tu parles sa langue ?
Tu parles anglais ou afrikaans ?
Bonjour, patron.
Il a pas l'air en forme.
Aide-le un peu.
Viens.
Assieds-toi.
Comment dit-on �a en cafre ?
L�che-moi !
II fait chaud pr�s du feu.
Viens t'asseoir.
Tu es sourd ?
Assis.
Assis !
Repose tes jambes.
Elles travaillent dur pour nous pauvres gens.
Il a peut-�tre soif.
Et nous ?
Ce n'est que de l'eau.
On n'a rien � voir avec lui. Il n'est pas des n�tres.
Les siens nous ont donn� de l'eau sur la route.
- C'est diff�rent. - En quoi ?
Parce que je le dis.
Parce que c'est toi qui as l'eau cette fois-ci !
Outa vient de loin ?
On est de Korsten.
Ils nous ont chass�s ce matin.
C'est dur pour nous � la peau marron.
C'est un n�gro !
Ils ont aussi des sentiments,...
Tu vas morfler si tu oublies le feu.
Qu'y a-t-il ? Tu es malade ?
O� as-tu mal ?
Je te parle.
Va au diable, stupide Cafre !
Je m'esquinte les m�choires pour rien.
Tu as d� j� fini avec lui ?
Si vite ?
Fais donc un effort.
Il vaut mieux que rien. Ou rien vaut encore mieux ?
Donne-moi une goutte. Un peu de vin, s'il te pla�t.
Ouvre une des bouteilles.
Quand je serai pr�t.
Il y en a une � moi.
Je la veux !
Je vais la prendre.
Regarde bien, Outa. Tu t�moigneras pour moi.
Il veut me tuer. Regarde bien !
Tu ne vas pas me cogner ?
Cette vieille chose t'inqui�te ?
Pas de patron blanc ici qui te fasse rire.
J'ai attrap� �a pour avoir l�ch� les bouteilles.
Je serais morte s'ils avaient pas ri.
Tu vois, si les autres rient, il a honte.
L� aussi, j'aurais d�gust� si t'avais pas ri.
Touche � ces bouteilles et tu vas en reprendre !
Pourquoi tu n'as pas ri ?
Ils ont ri ce matin. Ils rient � chaque fois.
C'�tait pas dr�le ?
Regarde-moi !
Je suis Lena.
Outa... Tu...
Je suis Lena.
Mon Dieu !
Attends.
Qu'est-ce que �a veut dire ? ''Safa,,, " ?
''Souffrir...''
Si Outa le dit... Tu as raison, c'est vrai.
Attends maintenant.
Ecoute mon histoire.
J'avais un chien. Un cabot...
Quarante-neuf.
Quarante-huit.
Quarante-huit.
Quarante-neuf.
Quarante-huit.
1 rand et 52 cents.
Je l'ai appel� Hond.
Mais il r�pondait � n'importe quel nom dit gentiment.
Je vais te dire ce que c'est.
Des yeux.
Une autre paire d'yeux.
Puis, ce matin, dans tout le bruit et la confusion...
Je voulais le chercher
mais Boesman �tait press�.
Mais bon...
Maintenant, j'ai Outa.
Tu vois !
Tiens.
Tout ce que tu veux, ch�ri. Bois, �a co�te rien...
T'en fais pas pour lui, il veut que le vin.
Il a pas de c�ur, celui-l�...
Vide. Dess�ch�.
Un c�ur � la consigne.
On a fait fort avec les bouteilles, � Korsten.
Brandy, bi�re, vin, c'est repris au magasin.
Les blancs boivent � en cre ver.
On frappe � la porte de service, et le sac est vite plein.
C'est facile.
On mangeait de la viande ! M�me des c�telettes...
Puis ce matin :
''File, Hotnot. Va-t'en ! ''
Juste le temps d'attraper nos affaires.
J'ai l�ch� le sac.
Trois bouteilles cass�es et il me le fait payer avec son poing.
T'es un bon vieux, Cafre...
Un des bons Bantous.
Je l'ai bien vu.
C'est pour �a qu'on t'a appel�. J'ai vu �a, j'ai dit � Boesman :
''C'est un des bons. Un pauvre vieux.''
Tu vois, on a de la piti� envers toi. ''Appelons-le.''
Je l'ai fait, Outa. Je l'ai fait, c'est vrai.
Je mentirais ?
Non, c'est vrai.
R�ponds pas, vieille peau !
Je vais te dire la v�rit�, mais dis pas que je mens !
C'est mes yeux.
Ils sont plus tr�s bons.
Tu sais, surtout quand... c'est au loin.
Mais avant...
Les montagnes au loin...
Avant, elles �taient si nettes.
Je les ai pas vues depuis longtemps.
Le dos de Boesman me les cache aujourd'hui.
Il va faire froid ce soir.
Tu as jamais rien dit de plus vrai !
Tu parles de Boesman ?
Ecoute, nous de vons faire attention.
Il va essayer de te chasser. T'en va pas.
Son c�ur � lui est r�tr�ci...
comme son trou de balle !
C'est comme �a qu'il parle au monde.
C'est comme �a...
Il marche de vant. Moi, je suis.
Avant, c'�tait c�te � c�te, et on riait.
La nuit, il me laissait chanter,
et il �coutait.
Lui, il a jamais appris de chanson.
Je sais pas...
Recommence pas, Outa. J'en sais rien.
C'�tait avant... �a te suffit ?
La derni�re fois qu'on a blagu�,
la derni�re fois qu'on a chant�,
c'est du pass�, je me paume.
Le bon moment sur la mauvaise route.
La bonne route menant au mauvais lieu.
Je me re vois sur ces vieux chemins.
Comment suis-je arriv�e ici ?
D'o� ?
Vers o� ?
J'arrive ou je pars ?
II refuse de me le dire.
Comment sommes-nous arriv�s ici ? II refuse de me le dire.
C'est un p�ch�, non ?
II sera puni.
Mais il dit qu'il y a pas de Dieu pour nous.
Tu vois ? L�-haut ?
�a fait rien...
Tu en poses des questions ! Pourquoi ?
C'est une longue histoire.
Un seul, Outa,
qui ait v�cu...
...six mois.
Les autres �taient mort-n�s.
Mon Dieu, Outa !
Que dire de plus ? Que demandes-tu ?
La douleur, c'est �a ?
C'est de la cire sur un sol de pierre,
sans m�me une vieille chiffe pour se laver.
�a a un sens pour toi ? Tu y �tais pas, ni personne.
C'est ce que je ressens !
Ma vie est ici.
Demain ou le jour d'apr�s, il la tra�nera ailleurs.
Pour l'instant, je reste ici.
�a t'int�resse ?
M�me pas ! J'ai pas fini !
Tu peux pas partir comme si de rien n'�tait.
Tu m'as demand� et je t'ai dit. Tout �a, c'est ce qui me reste.
Tu as deux yeux. Assieds-toi et regarde.
Ecoute,
nous de vons �tre prudents.
N'aie pas l'air heureux, ne dis rien.
Reste tranquille.
T'as fait quoi ?
Rien.
Regarde le vin, si tu me crois pas.
Que fait-il encore l� ?
Je surveillais le feu. L'eau va bient�t bouillir.
Tu l'as appel�, fais-le partir.
On a besoin de bois.
Tu m'as entendu !
Alors ?
Tu lui dis de partir ?
Qui �a ?
Fais pas l'idiote avec moi.
Il doit partir. Il s'est repos�.
D�gage !
Je t'en prie, Boesman.
Allez, fous le camp !
II fait pas de mal.
Une fois, fais-moi plaisir. laisse-le rester.
Pour quoi faire ? A quoi tu penses ?
Je te laisse le vin.
La prochaine fois m�me, toute la bouteille !
Pour lui !
Je le veux.
Du vin... ? Contre un Cafre ?
II te fera pas oublier, lui. Ni dormir, ni r�cup�rer.
Tu sais comment c'est ?
Je le veux.
Tu as perdu la boule...
Tu co�tes cher pour un �tron.
Deux bouteilles de vin !
Boesman va faire la f�te.
Sens !
�a, c'est pas de la piquette !
Adieu, malheur. Bonjour, liqueur.
Non, Outa. J'ai pay�.
Tu peux passer la nuit avec nous.
On dort ensemble, il fera chaud l�-dedans.
�a veut dire quoi ?
Tu prends le matelas.
Va au diable, il entrera pas dedans.
Ramener ton Cafre et ses puces dans mon abri ?
Tu veux rigoler ?
II peut pas rester seul.
Alors, reste l� avec lui.
Tu as le choix.
Viens dedans, ou ramasse tes puces
et tiens-lui compagnie.
Ou tu viens dormir avec moi...
Je t'ai entendu.
Et... ?
II va faire froid cette nuit.
Quand l'eau commencera � descendre,
Boesman sera heureux !
Deux bouteilles et un abri.
Alors, tu fais quoi ?
On en aura besoin.
Il va faire froid ce soir.
J'ai chang� d'avis. Il doit partir !
Fais attention, Boesman !
A quoi ?
Fais attention !
Tu veux rester dehors et mourir de froid
avec ton Cafre, vas-y.
Je resterais m�me avec un chien cette nuit !
On aura besoin d'abri en cas de pluie.
Je sais pas en construire un.
Il reste quelque chose ?
�a ?
Un chien ?
Je veux les deux couvertures.
Tu lui dis, je te tue.
Je vais t'assommer.
Il fait trop sombre.
- Je partage en trois ? - En deux.
On partage le mien.
Tant qu'il pleut pas, �a sera pas trop dur.
Et la couverture aidera.
Les nuits sont longues, mais pas �ternelles.
Et le vent va se fatiguer.
Rapproche-toi du feu.
Voil�.
�a fait longtemps qu'on a pas eu quelqu'un avec nous.
Tu vois cette tasse.
Elle est vieille.
Du th� amer, un morceau de pain.
Amer et marron.
�'aurait d� �tre des bleus.
C'est ma vie.
Si tu veux pas de pain ou de th�, donne-le.
Je te l'ai dit,
on n'est pas aid�s.
T'es que le chien des Blancs !
II est comme �a, Outa.
A cracher sur tout ce qui pue la pauvret�.
Et toi ce matin :
''Laissez-nous sauver nos affaires,
''donnez-nous le temps, mon baasie,
''Je suis une pauvre femme. Par piti�...''
J'en avais jusque-l� de ta fa�on de le dire !
- De cet air que tu avais ! - Et on nous a plaints ?
Le Blanc nous faisait une faveur.
Il br�lait pas que des abris.
Les abris, �a pue pas comme �a... et �a br�le pas comme �a.
Il y avait quelque chose dans ce feu,
quelque chose de pourri. Nous !
Nos histoires minables.
Nos odeurs, notre monde !
Tout �a br�lait.
Et moi, je regardais.
Quand je suis re venu, l'abri avait disparu.
Tu comprends ? Disparu !
Tu sais ce que c'est ?
Je pouvais me tenir debout.
L� o� nous rampions comme des babouins,
o� nous �tions assis comme eux, et mangions,
la t�te entre les genoux, les doigts dans la marmite,
nous cachant, qu'on voie pas notre bouffe.
Je pouvais me tenir debout.
J'ai voulu t'appeler, te montrer.
La li...
La libert� !
Le bulldozer du Blanc nous l'a donn�e.
Voil� pourquoi je riais : j'�tais heureux.
Quand on a ramass� nos affaires et qu'on s'est mis en marche...
Je voulais chanter.
C'�tait comme la libert� !
Le monde �tait ouvert, ce matin.
Il �tait grand !
J'avais si peur que j'ai failli... me chier dessus.
C'est donc �a que nous cherchions,
par tous ces d�tours.
Si tu nous avais vus, descendant, montant,
re venant au point de d�part,
� la recherche de la libert� de Boesman.
Je l'avais !
C'�tait toi,
ta grande gueule,
et tes questions stupides.
''Boesman, o� allons-nous ?''
''Essayons Veeplaas. Et Coega ?''
Tu ne pensais qu'aux m�mes d�potoirs.
Bethelsdorp, puis Missionvale, Redhouse...
Des poux sur ma vie. Je me grattais jusqu'au sang.
On pouvait pas toujours marcher, portant ta libert�.
Chaque fois que tu l'ouvrais, c'�tait pire.
Sale journ�e. Tu m'as cogn�e pour avoir l�ch� le sac.
Trois bouteilles vides. La libert� de Boesman en morceaux.
Quand tu l'as ferm�e...
on n'�tait plus que des d�tritus.
De la ferraille.
Sur le chemin.
D�sol� de l'avoir ramass�e.
J'aurais d� m'en passer.
Fini. D�gag�.
Un abri de plus.
Boesman a remis �a.
Am�ne ton bulldozer demain et �crase-le.
D�truis-le.
Je ferai un autre trou dans le sol o� je ramperai.
Je resterai tordu � vie.
Un �cart...
il n'en faut pas plus. En prison.
Sans boulot, un �cart, et on est en miettes.
On est les d�tritus du Blanc.
Il jette, on ramasse,
on y dort, on les mange.
On en est faits.
Ses d�tritus, c'est des gens.
Jette-toi, et l�che-nous.
Pourquoi on reste ici ?
On a �t� jet�s. Des d�tritus, tu vois.
Lui aussi.
Ils n'en veulent plus. Sans valeur.
Mais �a !
Regarde bien.
L�na le ramasse, le r�chauffe, le nourrit.
Tu as ramass� ta ferraille. J'ai fait pareil.
J'en ai fait un abri. Et toi, avec lui, tu fais quoi ?
Je te parle.
Tu l'as pay� cher, le vieil �tron.
Une bouteille de vin. Tu es heureuse ?
Je ne l'ai pas achet� pour �tre heureuse.
Alors pourquoi ?
C'est de la poudre.
Il te tient chaud ?
Vous faites quelque chose sous la couverture ?
Lena et ''Mieux-que-rien'',
� attendre que Boesman s'endorme.
Sornettes !
Tu as froid, tu as faim,
tu ne fais pas le bonheur, mais tu l'attends.
Nom de Dieu !
Seigneur !
Elle est folle ce soir.
Elle est de venue folle.
De venue folle dans les �tendues de vase.
Assise l� avec un Cafre. Mais pourquoi ?
Qu'est-ce qu'on te fait ?
Laisse-nous tranquilles.
Tu serais jaloux ?
Parce que Lena t'a dit non,
� ton abri, � ta bouteille ?
Je dois te dire pourquoi ?
C'est pas un abri, c'est un cercueil.
Tu y enterres ma vie. Mais pas ce soir !
Ramper dans les t�n� bres jusqu'� cre ver ?
Non ! Je suis sur cette terre !
Pas dessous !
Regarde !
C'est moi.
Ici et maintenant. L'heure et le lieu.
Mais que fais-je ici ?
�a fait rien. Le chemin y menait. Et il l'a vu.
Y a quoi � voir ?
Boesman et Lena dans la vase de Swartkops ? Comme chaque nuit ?
C'est �a.
Demain, ce sera pareil.
Que feras-tu, si je te vire � nouveau ?
Tu m'as pas vir�.
Je te vire maintenant.
Si tu changes d'avis, tu n'entreras pas.
Je viens pas !
II va finir par dormir ?
Non, Outa, pas nous.
Nous, on dort jamais assez longtemps.
Assieds-toi plus pr�s.
Pense pas � comment tu te sens.
Pense � autre chose.
Aux temps chauds.
Parlons de ces temps.
Une belle balade, par une belle journ�e.
Ni trop longue ni trop chaude.
Quand c'est parfait, �a se sent.
Avec un go�t de poussi�re et de sueur
quand on se l�che les l� vres.
Comme apr�s un dur labeur. Tu verras demain.
On va creuser pour les cre vettes. On a les mains raides,
la vase est glac�e, mais bient�t on se met � suer,
et �a va.
Il faudra qu'Outa nous aide.
On sera bien, on aura chaud.
Et on dansera.
On se sent bien.
Outa, tu connais �a ?
La danse des Hotnots.
Frappe dans tes mains. Comme �a.
Outa n'applaudit pas.
�a rend la vie plus douce
Boesman est un bushman
C'est d'la viande fonc�e
Tu poses les pieds bien sur terre et tu frappes.
Fort !
La terre, on la chatouille pas comme les Blancs.
Peut-�tre qu'elle rit avec eux.
C'est une dure m�re pour nous, on danse durement.
Pour qu'elle nous sente.
Comme �a. Pour Korsten, comme �a.
Pour la marche, comme �a.
Swartkops cette fois, la prochaine, la derni�re.
Applaudis avec moi.
Korsten pour les bouteilles, Swartkops pour les app�ts,
Lena a plein de bleus, C'est une fille hotnot,
Kleinskool, les fig' de Barbarie, Missionvale a le sel,
Lena a son Boesman II est toujours la faute � Lena,
De la sueur !
Tu vois, Outa, je sue.
Rapproche-toi.
J'ai chaud.
Tu me sens ? Et il nous reste du bois.
J'ai l�ch� les bouteilles.
Ce matin, quand on a d� � vacuer,
je portais le sac.
Je l'ai l�ch�, j'ai cass� les bouteilles.
Tu m'as accus�e.
Tu m'as frapp�e.
Tu me l'as reproch�.
Il a voulu compter les bouteilles avant qu'on parte.
Trois �taient cass�es.
Il a arr�t� de frapper quand le Blanc a ri.
Il a �t� son chapeau et lui a fait un sourire.
''C'est que ma vieille, baas,''
Ils ont ri encore plus.
Il m'a frapp�e partout.
Et pour rien.
Et tu as attendu pour me le dire ? Pour me faire mal ?
Pourquoi, Boesman ?
Cette journ�e, Dieu peut pas me la reprendre,
m�me si c'est la derni�re.
Pourquoi me faire tant de mal ?
Qu'ai-je r�ellement fait ?
Tu aurais pu te frapper. Ou le Blanc qui nous a mis dehors.
Tu as cass� les bouteilles, et tu m'as battue...
Pourquoi je te frappe ?
Peut-�tre...
Peut-�tre que tu voudrais juste me toucher ?
Sentir que je suis ici.
Essaie autrement.
Ouvre ton poing, pose ta main sur moi.
Je suis Lena, je suis ici.
Et je suis Boesman.
Frappe-toi dessus !
�a fait pas mal.
Et quand c'est moi ?
�a te fait mal ? Qu'ai-je fait ?
C'est ma vie, bats la tienne.
Montre-moi.
O� est-ce ?
Quand je l� ve les yeux, je te vois.
Quand j'�coute, je t'entends.
Et quand tu frappes ?
Toi.
Tu pleures.
Tu entends �a aussi ?
Sale,,,
Va te faire...
Encul� !
Tu entends �a, Outa ?
T'endors pas. Attends encore un peu.
Je vais raviver le feu.
R� veille-toi.
On arrive � la v�rit�.
- T'es de venue folle ! - Faut qu'il �coute !
II sait pas ce que tu dis.
Il n'y a que moi. Tu n'as que moi !
Dis-le en cafre. Dis-le. Tu m'as frapp�e pour rien.
Alors, qu'il voie �a.
Frappe-moi.
Frappe-moi. Je t'en prie...
J'en veux un autre ! Un dernier, un m�chant !
Frappe-moi maintenant.
Des mensonges, Lena.
On n'est plus ''des gens''.
Boesman et Lena, de la merde !
Et merde au monde !
C'est tout ce qu'on a � dire. C'est notre mot.
Apr�s �a, notre vie est st�rile.
Comme ton ventre.
Il en est sorti que du silence.
Il aurait d� y avoir du bruit. Tu as mis bas du silence.
Et Boesman l'a enterr� dans le sol.
Des trous profonds.
En les comblant, j'ai dit ''Merde''.
Ton tour un jour, un autre le mien. Deux trous de plus.
La terre vomira quand on nous y poussera.
Ce sera fini.
Fini avec Boesman et Lena.
Et tu veux qu'il regarde ? Pour voir ?
II doit fermer les yeux.
C'est ce que je te dirai en cafre.
''Ne regarde pas.''
Tu dois lui dire.
Il t'entend pas.
Crie pas.
Je suis seule.
Tu dis quoi ?
II t'entend pas.
Alors, r� veille-le.
Il a l'air de dormir ?
II est mort.
Qu'en sais-tu ?
II a l�ch� prise...
Il me tenait la main.
Il l'a saisie, l'a serr�e, puis l'a l�ch�e.
- Touche son c�ur. - Il est mort.
Sans soupir, sans mot ?
�a en valait la peine ?
II en valait pas la peine. Une bouteille de vin !
Et maintenant...
Il a pas fait long feu.
Ma bouteille non plus. Finie !
II est raide ?
II est � toi.
- Aide-moi � l'allonger. - C'est pas mon affaire.
Tu l'as voulu. Tu l'as invit� pr�s du feu.
Il est lourd !
Pas �tonnant qu'on s'esquinte la sant�.
Pas que les fardeaux sur la t�te.
Y a toi aussi.
Et maintenant ? Que va-t-il arriver ?
Quelque chose doit arriver ?
Un homme mort.
Juste un Cafre.
J'ai jamais su son nom.
Il a si bien prononc� le mien.
D�sol�e, vieille chose. D�sol�e.
Demain est un autre jour. Je suis fatigu�.
La mar�e vient t�t.
�a sera du boulot, les cre vettes. Je vais dormir.
J'ai dit : ''Je vais dormir''.
Je t'ai entendu.
Il a rien � voir avec moi.
Tu m'�coutes, Lena ?
Pourquoi je de vrais ?
Tes folies, �a suffit !
Si tu dis � quelqu'un d'�couter, c'est s�rieux.
- Ah �a ! - Quoi ?
Outa t'inqui�te encore ?
II est mort.
Les morts sont dangereux. D� barrasse-t'en.
Un vrai d�tritus � pr�sent. Que dois-je faire ?
Rien � foutre. Fais-le.
Comment on jette un Cafre mort ?
C'est ton probl�me. J'ai rien...
...� voir avec lui.
Va te coucher, Boesman.
J'y vais.
Pourquoi je m'inqui�terais ? J'ai rien fait de mal.
Venir ici, avec ses histoires...
C'est ma place, j'�tais le premier.
Il aurait d� rester avec les siens.
Et, quand j'ai voulu me d� barrasser de lui,
tu m'as emp�ch�.
Es-tu vraiment stupide ?
C'est toi qui le dis.
De gros ennuis, avec lui ici.
Ses ennuis � lui sont finis.
Et lui ?
Que va-t-il arriver demain ?
Je m'en fiche.
Je te pr� viens. Tu as int�r�t � avoir des r�ponses.
Un mort... il y aura des questions.
Quoi ? A propos de lui ?
A propos d'un... ''d�tritus'' ?
Tu entends �a, Outa ?
Demain est un jour sp�cial. Ils vont poser des questions.
''C'est de la poudre ! ''
''Quel est son nom ? D'o� vient-il ?''
- Je l'ai jamais vu. - Qui l'a fait ?
J'ai fait quoi ?
II est mort tout seul.
''Pourquoi on enqu�te jamais avant...?''
Tu as vu !
Qu'est-ce que j'ai vu ?
J'ai rien fait, tu l'as vu.
Tu veux aussi un t�moin ?
Je l'ai pas touch�. Dis-leur.
- Quoi ? - La v�rit�.
De bien grands mots, Boesman.
Libert�. V�rit�. C'est quoi ? De la merde.
Arr�te tes blagues, Lena !
Quand ils viendront demain,
dis que je m'occupais de mes affaires.
Je suis ici pour les cre vettes.
Montre-moi encore, Boesman.
Tu dois conna�tre le ton qui pla�t au Blanc.
''C'est pas un hotnot, baas, avec sa servante hotnot.
''ll faisait pas de mal.''
- �a te va ? - Alors, le Cafre est venu.
Tu l'as appel� pr�s du feu. Je voulais pas de lui.
''Boesman n'en voulait pas, baas,''
- Je hais les Cafres. - ''ll hait les Cafres.''
''ll aime les Cafres'' !
Fais attention. Il y a d� j� un mort...
Le chien du Blanc,
la queue entre les jambes parce que le baas va se f�cher.
S'il �tait pas mort... ?
C'est une id�e, non ?
Peut-�tre il est pas mort, et tout va encore bien.
- Tu as dit qu'il l'�tait. - Tu me crois ?
Tu veux dire que tu �coutes Lena ce soir ?
On peut se parler ?
II est mort ?
Continue.
- R� veille-toi ! - Il parle pas notre langue.
Sens son c�ur. Ou mieux,...
Qu'il sente ton pied.
Il a pas boug� ? Imagine qu'il se rel� ve.
- Debout ! - Le laisse pas faire le malin.
Qu'il se l� ve et s'en aille.
Debout !
Fous le camp !
Debout !
Va mourir chez toi !
Bien, Boesman ! Donne-lui-en un autre.
Pauvre idiot !
Et toi, alors !
II est mort.
Tu vas en avoir, des ennuis !
C'est comme �a que tu t'y prends ?
Je sais ce qu'on ressent, quel effet �a fait.
A quoi tu penses quand tu t'arr�tes ?
Au prochain coup � donner ?
T'aurais pas d� le frapper.
Ces bleus ! Les empreintes... Les tiennes.
Tu as aggrav� ton cas.
Un Cafre mort et une fille hotnot avec des bleus,
et Boesman assis tout pr�s, les phalanges � vif.
Ils vont t'attraper
pour une chose que tu n'as pas commise.
C'est le pire,
...quand t'as rien fait.
Comme cette trempe pour avoir l�ch� les bouteilles.
L�, tu sauras ce qu'on sent.
Tu as �t� malin de me le dire.
Tu sais o� on le sent, �a ? Dedans.
L� o� tes poings arrivent pas.
Un bleu l� !
Maintenant, c'est ton tour.
Viens ! Debout ! On part.
A cette heure ? O� �a ?
Tu sais toujours pas ?
Continue � ramper pour ta vie.
Pourquoi j'irais avec toi ? Parce qu'on est Boesman et Lena ?
Tu viens ? Je te le demande pour la derni�re fois.
Non ! C'est la premi�re fois que je te le dis.
J'ai fait un long bout de chemin avec toi, vieux fou !
C'est fini maintenant. Ici, dans la boue de Swartkops.
Je voulais en finir ce matin. J'avais ce mot � la bouche.
Assez !
J'�tais pas pr�te. Je le suis maintenant.
Tu comprends pas ?
C'est du pass�.
Regarde-toi.
Regarde tes mains : des poings.
Quand Boesman comprend pas, il tape.
Tu l'as pas compris, lui. Je l'ai choisi ! Un Cafre !
Sa mort complique tout. Alors, tu le tabasses !
Non, Boesman. Je t'accompagne plus.
Cours !
Mais quand tu te crois sauf, m'attends pas.
Je cours plus ! J'en ai assez !
Apr�s ton d�part, je vais ramper l�-dedans et dormir.
C'est ce que tu crois !
Un bulldozer hotnot !
Ecrase tout !
A moi de rire. Cours, vieux salaud !
Le Blanc te chasse.
Je vais rien te laisser.
Prends tout !
Prends �a...
et �a !
Et ma couverture.
Tu as peur ?
Prends tout ! J'en ai plus rien � foutre.
C'est quoi ton grand mot ? ''Libert�'' ?
Ce soir, libert� pour Lena.
Le Blanc te l'a donn�e, tu l'as perdue.
Tu veux savoir comment ?
Quand t'as mis tout �a sur ton dos.
Il n'y avait plus de place.
Fallait tout jeter au feu, et moi avec.
Tu aurais d� t'en aller tout nu.
C'est comme �a que je serai. Nue.
Le bruit que je ferai sera nouveau.
Je pleurerai ou je rirai.
Je veux rire.
Je me sens l�g�re.
Tu es pr�t, pars !
Je vais rire !
Alors, t'attends quoi ?
On se dit pas adieu ?
Faudra bien un jour. C'est pas ''� jamais''.
Allez,...
disons-le maintenant.
Adieu...
Allez, pars !
Pars !
Va-t'en !
Outa...
Pourquoi es-tu parti si vite ?
II y a des choses que j'ai jamais dites.
M�me maintenant, �a se passe encore !
Korsten...
ou Kleinskool...
ou peut-�tre Coegakop.
O� vas-tu ? Mieux vaut loin.
Coegakop.
Le plus loin.
Notre point de d�part.
Coega � Veeplaas.
Notre premi�re balade.
Je m'en souviens toujours. C'est les autres...
Veeplaas � Redhouse.
Redhouse � Missionvale.
Je faisais les marais salants.
Missionvale � Bethelsdorp.
De retour � Redhouse.
O� l'enfant est mort.
Puis � Kleinskool.
Kleinskool � Veeplaas. Veeplaas � ici. La premi�re fois.
Apr�s �a, Redhouse. Le gosse �tait mort.
Bethelsdorp, Korsten, Veeplaas,
et retour ici la deuxi�me fois.
Puis Missionvale � nouveau,
Veeplaas,
Korsten,
et ici, maintenant.
�'a �t� comme �a ? Que je suis arriv�e ici ?
�a n'explique rien.
Je sais.
En tout cas, quelqu'un en a vu un peu.
Un chien et un homme mort.
Donne.
Je suis en vie, Boesman.
Il reste de la lumi�re en moi.
Tu as encore une chance, ne la g�che pas.
La prochaine fois que tu veux me tuer, fais-le.
Fais-le pour de bon.
N'attends pas trop.
Fais-le toi-m�me.
Au moins, que l'on te pende pas pour les coups du pass�.
Sous-titrage vid�o : C.M.C.
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