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...
...
-Je vais chercher papy, mon coeur.
Excusez-moi, madame... -Bonjour !
-Bonjour. Vous pouvez donner �a � Mme Fav�re ?
-Mme Fav�re ?
Favre. Amandine ?
-Oui, oui. Et remerciez-la beaucoup de notre part.
-Ma m�re n'est ni � la cantine ni dans sa chambre !
-Elle doit �tre dans la chambre de M. Mozafari.
-C'est qui, M. Mozafari ?
-C'est mon p�re, Mozafari.
-Quelle chambre ?
-"T�reize." -Th�r�se ?
-Treize.
Vous devriez y aller.
-Euh...
Oui.
Merci.
-Maman, l�che ce monsieur. -Non.
-On va dans ta chambre...
-C'est ma chambre.
-Maman...
Je le dis � papa. -Non.
-Oh ! Faites quelque chose, bon sang !
-Baba djan ?
Enl�ve ton bras. Cette dame a un mari.
Baba ?
Baba djan ? -On va pas y passer la nuit.
Viens, maman.
Ca suffit. Viens ! -Mais...
Mais... Ne... Arr�tez, � la fin !
-Ah ! A�e...
-Vous allez bien ? -Non...
-Ah, c'est une chance de vous avoir tous les 2. Venez.
Vos parents sont amoureux.
J'admets que ce soit d�concertant.
Ca arrive souvent.
La maladie d'Alzheimer
fiche un coup aux pr�jug�s et aux r�ticences
qui emp�chent les �motions.
Ils s'aiment. -Comment cette esp�ce...
d'homme a pu la s�duire au point qu'elle s'en d�colle pas ?
-S�duire ?
Mon p�re est gentleman ! -S'il vous pla�t.
Allons... -Vous insinuez quoi ?
-Ce que j'insinue.
-Pardon... -On en reparlera, vous aurez
des comptes � rendre.
Mon train part dans 40 minutes.
-Vous ne pouvez pas emmener votre m�re.
On peut pas les s�parer.
Ou c'est la catastrophe.
-Excusez-moi, vous parlez
de quoi ? -Madame doit emmener
sa m�re � la campagne,
mais on peut pas les s�parer. -Je peux pas
les emmener � la campagne, mais j'ai enfant, un m�tier...
-Ramenez pas tout � vous.
-M. Mozafari a raison.
Emmenez les deux.
Ca leur fera du bien, la campagne.
-Vous arr�tez votre d�lire ?
C'est les noces d'or
de mes parents, ce week-end.
Quoi ? J'y peux rien si votre p�re s'est entich� de ma m�re !
-Votre m�re l'a "entach�" !
-Non, on dit "entich�".
M�me la nuit,
ils dorment ensemble.
Quand je dis "dormir"...
C'est une fa�on de parler.
-L�che �a ! -Attends !
-Tu vas avoir les yeux carr�s, � force.
-C'est pas grave, papa.
C'est cool que grand-p�re ait une amoureuse, il est plus seul.
-Je sais, ma puce,
mais c'�tait notre week-end.
Je ne te verrai plus pendant 15 jours.
-J'ai envie de nougats.
-Arr�te, ch�ri, tu as pris ton petit-d�jeuner.
Regarde, le taxi nous attend.
-Elle comprend l'iranien, maintenant ?
-On dit "persan".
Enchant�, je suis Iradj.
-Dora.
...
-Excusez-moi, c'est-�-dire quoi, noces d'or ?
-L'anniversaire des 50 ans de mariage.
-Vos parents, �a fait 50 ans ?
-Ouais. -C'est bien.
La m�re de Dora rit.
-Arr�te, Farhad, avec mon oreille !
Ca chatouille ! -Y a les enfants !
-Ca me d�range pas.
-Moi non plus.
-Maman...
-Ne m'appelez pas maman, c'est ridicule.
La m�re de Dora rit.
...
-"Mes chers amis, mes chers coll�gues, ma ch�re famille,
"votre pr�sence aujourd'hui � La Rolandi�re,
"o� dans chaque pi�ce r�sonne le bonheur pass�,
"est une immense joie pour Alix,
"mon �pouse, et moi-m�me.
"D'abord, la joie de vous accueillir,
"mais aussi la joie
"d'�tre encore l�, avec vous..." -Papa.
Ils arrivent.
-C�lestine, tu peux pas frapper avant d'entrer ?
Dora veut que tu l'attendes ici. -Pourquoi ?
-Elle veut tout contr�ler. (-Elle m'agace !)
Tu peux pas t'habiller ? -Donne-moi de quoi en acheter.
-Viens, Mina.
-Viens, Titus !
-Merci, jeune homme.
-Bonjour, madame.
Y a du monde, je vois. -D�sol�e, j'ai pas eu le choix.
-C'est ravissant !
-Ah, vous �tes l� ! -Papa...
Que fais-tu l� ? -Qui est-ce ?
-Justement, faut que je te parle. -Ben vas-y !
Oh, Alix !
Mon coeur, ma ch�rie !
Je suis content !
-Quelle belle maison !
Merci de nous avoir invit�s.
-Son �tat s'est d�grad� d'un coup.
-Y a 3 semaines, elle �tait normale !
-Salam alaykoum.
-Mais... c'est qui, l'Arabe ?
-Non, il est iranien.
Et... �coute, lui et maman sont...
amoureux, voil�. Ribadier a pas voulu
les s�parer. -C'est quoi,
cette histoire ? -Je suis d�sol�e.
Je sais que tu tiens � cette f�te, mais il faut tout annuler.
-C'est elle qui la voulait ! Elle a insist�, la derni�re fois.
-Mais l�, elle est dans une autre dimension.
On va appeler la famille.
Tout ira bien. -Non.
Tu peux pas tout annuler. J'ai invit�
des gens. On f�tera pas
nos noces d'or comme des vieux, tout seuls.
-Combien de personnes ?
-Tu crois que je les compte ?
40, je crois.
-On ira en voir certains,
on leur dira de passer le message.
-Et les amis ?
-Tu les appelles !
-Et Val�ry ?
-Val�ry ?
-Et Barak ? -Barak ?
Papa, tu plaisantes ?
-Paye ce taxi
et qu'il s'en aille. -C'est le fils de l'Iranien.
-Y aura combien d'Iraniens
sous mon toit ?
...
-Des Iraniens,
d�guis�s en chauffeurs de taxi ! Typique !
-Faut pr�venir le Mossad illico.
-Alix, mon coeur.
Alix ?
Alix ! Mon coeur ! Alix !
Alix ! -Papa...
Viens, papa... -Fran�oise !
Fran�oise ! -Crie pas !
-Monsieur ? -O� est madame ?
-Dans la chambre.
-Il faut que je la voie. -Calme-toi.
-Ils dorment ici ?
(-Oui.)
-O� est mon p�re ?
-Alix, ouvre-moi !
Alix !
-Ouvre ! -Ca suffit !
L�chez-nous la grappe !
-Alix, ouvre-moi.
C'est ma chambre !
Ouvre-moi !
-Ils se sont enferm�s. Content ?
-Pardon. Pardon.
Pardon.
Papa, ouvre la porte.
Ouvre, ce n'est pas correct.
-Laissez.
Chut !
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Papa !
J'entends rien.
Et vous ?
-Mme Dora !
Vite ! Votre p�re ! -Il est o� ?
Mais... tu fais quoi, papa ?
Tu veux tomber ? -Ecoute, en 1979, en Afghanistan,
j'ai gravi � pied, en plein hiver,
le mont de Pandjchir ! Massoud �tait impressionn�.
-Oui, on sait. On est en 2018, papa.
T'as des fausses dents et un pacemaker.
-Si tu crois ce que tu dis, monte toi-m�me !
Vas-y !
-Moi ? Si je tombe, je travaille plus.
Mes jambes, c'est mon gagne-pain.
-Non, non, non.
J'ai t�te
qui tourne. -Ouais...
C'est � cause de vous qu'on est l�.
-De moi ? Mais je...
-Allez ! Allons !
Allez ! -C'est bon...
-Montez !
-Excusez-moi...
Seigneur, je m'en remets � Toi.
-Allons, allons. Allez.
-C'est fen�tre en haut ? -En haut, oui.
-Deuxi�me.
-C'est quoi,
le num�ro de ta m�re ?
(-Quel p�trin...
(Franchement.)
Papa ?
-Alors ?
Il se passe quoi ?
-Doucement, papa ! -Oh, �a va...
(-Les rideaux sont ferm�s !)
-Dans mon lit ? -Ben oui.
-J'ai ta m�re sur FaceTime.
Frappez ! Je veux lui parler.
-Papa, c'est ridicule. -Ca va, toi.
*-Iradj ?
Iradj ? Tu fous quoi,
en haut de cette �chelle ?
-Roxane ?
-Roxane ? *-Iradj ?
-Roxane ?
-Je comprends pas...
Fran�oise !
O� �tes-vous ? -Mais papa !
-Roxane ?
Qu'est-ce que tu fais l� ?
*-Franchement, tu es ridicule.
Tu m'as menti.
Vous alliez pas au Jardin de l'Acclimatation ?
-Si, mais on a eu
un petit probl�me. *-Quel probl�me ?
Qui c'est ? Vous �tes o� ?
-A la campagne, chez des amis.
*-Amis ?
Tu as z�ro ami...
-Je n'ai pas d'amis, moi ?
J'en avais plein avant qu'on se marie.
*-Tu couches avec elle ? -Quoi ?
Je ne la connais m�me pas.
*-Arr�te de me mentir !
-Tu vas pas d�foncer
la porte ? -Et mon honneur ?
-Maman est malade.
Elle est malade, tu vas la terroriser !
Papa !
Papa, d'ici demain,
elle sera si bien ici qu'elle oubliera l'Iranien
et tout rentrera dans l'ordre.
-Tu es s�re ? -Bien s�r.
Il faut du temps.
Papa, patiente un peu.
-Monsieur, madame veut du fromage de t�te, je fais quoi ?
-Quoi ? -Elle insiste. Ca va lui couper
l'app�tit. -O� est-elle ?
-Dans le salon de musique.
-Seule ?
Je m'en occupe.
-Il exag�re...
-Il a ses raisons.
-Ah ? Lesquelles ?
-Ca...
Je la mets � la cave.
-Quelles raisons ?
...
Sonnerie de t�l�phone portable.
-Tu as faim ?
Je te fais mes oeufs brouill�s
� l'estragon ?
Qu'y a-t-il ?
Est-ce que... nous avons �t� pr�sent�s ?
-Bien s�r que nous avons �t� pr�sent�s.
Il y a 51 ans et 8 mois, par ton p�re.
C'�tait un de mes professeurs.
-Ah ! C'�tait donc vous ! -Oui.
Oui, c'�tait moi.
-Mina !
Mina !
Mina !
Pardon. FaceTime, c'�tait pas une bonne id�e.
-C'est pas ta faute.
-J'en ai marre aussi qu'ils s'engueulent.
Ca sert � quoi, de se s�parer ?
-On n'a plus � dormir ensemble.
-Ma m�re dort plus avec personne. -Mon p�re non plus.
C'est qui ?
-Ma tante C�lestine.
Elle sort de d�sintox.
...
-Voil�.
Mina dormira dans la chambre de Th�o et vous ici.
Fran�oise a mis des serviettes ici.
-On peut partir demain matin ? -Oui.
-Merci.
-Mais surveillez votre p�re, qu'il approche pas de ma m�re.
Et ils s'oublieront, comme ils ont oubli� le reste.
S'il faut,
il y a une cl�, vous l'enfermez. -Quoi ?
Enfermer mon p�re ?
Comme un chimpanz� ?
-Bon.
-Quel p�trin !
Tu veux que je te remette ton pantalon ?
Le chien aboie.
-On fait la course ? -Viens.
Viens, Titus. -Je cours plus vite que toi !
-On y va, viens !
...
(-Tu fais quoi ?)
-Euh... J'ai dormi l�, l'autre soir,
je cherche mes oreillettes.
-Ca va, avec les Iraniens ?
-J'en sais rien.
Qu'est-ce qui lui a pris ?
Un banquet...
On aurait d� annuler...
-Laisse tomber.
C'est � lui de g�rer ses invit�s, sa femme et l'amant de sa femme.
-Ouais, mais j'aurais voulu que ce soit une...
une jolie f�te
pour maman, tu vois ? -Mmh.
Inconsciemment, elle doit se venger de ce qu'il a fait avec Brigitte.
Et peut-�tre plein d'autres.
-Ouais, �a doit �tre �a.
-Ca va ?
-Elle me reconna�t plus.
C'est dur, quand m�me.
Tu vois, je... Je...
Je savais que �a arriverait,
mais pas que �a arriverait si vite.
-Elle m'a jamais reconnue.
J'�tais la premi�re qu'elle a oubli�e.
-Arr�te de dire que je suis la pr�f�r�e...
-Quoi ? Tu l'as jamais entendue parler de toi et Charles.
Elle �tait en transe.
-Charles, super... -Quoi ?
-Il a jamais voulu m'�pouser
et se marie dans 10 jours. -Non ?
(-Si.)
-Avec qui ?
-Une clarinettiste.
Elle a 23 ans.
L'enfoir�...
-Mais c'est toi, aussi, comme maman, t'es trop rigide.
Autorise-toi des folies ! (-Ecoute...)
-T'as pens� � t'inscrire sur Finder ?
-Sur quoi ?
-Tu sais, le...
-Je sais pas ce que c'est.
Je d�teste �a, en plus.
-O� est ta m�re ?
-Elle est all�e faire des courses.
C'est une cigarette �lectronique.
J'essaie d'arr�ter de fumer.
-Papa, t'as pas un �lastique ? -Oui.
Euh...
Tu t'amuses bien ?
-On s'amuse trop !
-Fais-moi un bisou, ma puce.
Tu vas bien, Mandana ch�rie ?
-C'est qui, Mandana ?
-Va jouer, ma ch�rie. Un bisou ?
-Elle est belle comme une fleur, ma Mandana.
-Mandana est morte, papa.
-Elle est morte � cause de moi.
-Non.
Elle a eu une m�ningite.
-Va me chercher une cigarette.
-Qu'est-ce qu'il fout ?
-Il cherche ses clopes.
Une vraie t�te de terroriste.
-Ce qui me met en rogne, c'est ces l�ches d'Occidentaux
qui l�chent les pieds des Iraniens sur le nucl�aire.
Ils nous ont trahis une fois, ils nous trahiront toujours.
-C'est le fils du vieux. -Comment tu le sais ?
-J'ai la liste des invit�s,
cr�tin.
C'est pas vrai !
-T'as trouv� �a o�, toi ?
-Merde ! Le terroriste a r�cup�r� le drone.
*-Putain. -On s'est encore
fait baiser par les mollahs.
-Attends, attends.
Je vais trouver autre chose.
Ah, tiens.
Cette timbale, par exemple,
a toute une histoire.
C'est un verre
de Kiddouch que tu as re�u des mains de Leah Rabin, en Isra�l,
la veille de notre d�part pour Oman.
Tu te souviens ?
-Isra�l ?
-Oui, Isra�l, j'y �tais ambassadeur pendant 7 ans. Tu te souviens ?
-Ambassadeur ?
Vous �tes quelqu'un d'important, alors ?
-Nous �tions tr�s importants. Tu �tais avec moi
toutes ces ann�es. Tu m'as soutenu.
Tu m'as encourag�.
Alix, Alix.
Mon petit coeur, mon chaton.
Fais un effort, s'il te pla�t. Nous avons plein d'invit�s.
Ils viennent pour nous deux. C'est toi
qui as eu l'id�e de la f�te. -BONJOUR !
Maman ?
-Oh, Fabrice. Mon fils.
Mon ch�ri, oh. -Ca va, maman ?
-Tu m'as rapport�
des scones de Londres ? -Comme d'habitude.
-Oh, fabuleux, fabuleux.
-Coucou, papa. Ca va, ma soeur ? -Oui et toi ?
-C'est elle qui nous a conduits ici.
-Elle se rappelle de toi ? -Quel ravissant enfant.
-J'ai l'impression. -Ben oui.
-Ca, elle le reconna�t.
Moi, 50 ans de mariage
et rien !
(-Elle se souvient plus de lui.)
En plus, elle s'est d�got� un amant
iranien qui est l�. -Un amant iranien ?
-Arr�tez ! Tu m'as foutu dans la merde !
-C'est toi qui l'as mise dans ce centre.
-Elle le voulait.
-Si tu la trompais pas avec cette Brigitte !
-Ca doit faire du bien,
d'avoir des certitudes !
-OK. L'Iranien va pas rester jusqu'� dimanche ?
-Hors de question !
-Tu fais quoi, maman ?
-Maman !
-C'est comme �a depuis ce matin.
-Alix !
Alix !
O� es-tu, Alix ?
-Je te cherchais partout.
-Alix !
Alix, mon petit coeur.
Alix. -Calme-toi, ma ch�rie.
-Alix.
Alix.
-Laissez-moi, monsieur. Arr�tez de m'emb�ter.
-Bon sang, Alix.
C'est moi, ton mari.
...
-Il est o�, Stan, l� ?
-Dans son vomi, j'esp�re. En train de crever.
-C'est de ta faute. Quand t'aimes, t'aimes trop.
-J'ai de l'amour � donner.
-Donne-le � un gars qui le m�rite, pas � des drogu�s.
-J'ai d�cid� de prendre un chimpanz�.
C'est tr�s affectueux.
Ca va pas baiser partout.
-Vous �tes l� ? Il faut que vous m'aidiez.
Un type, Adam, il arrive. -C'est qui, Adam ?
-Son amant. -Quoi ? T'es gay ?
-Bien s�r. -Je l'ai rencontr� en soir�e
� Los Angeles, on a bu de l'ayahuasca...
-C'est quoi ?
-Une boisson qui t'explose.
-Je me suis r�veill� dans le m�me lit.
-T'as couch� avec lui ?
-J'en sais rien.
-Genre t'en sais rien.
-Qu'est-ce qu'il fait l� ?
-On s'est revus. -A Los Angeles ?
-Non, � Londres.
-Tu lui as demand� de venir � Londres ?
-Pour un Scrabble ? -T'es chiante.
Il arrive dans 2 heures.
-Pourquoi il vient ?
-Il a d� voir sur ma page Facebook que je venais.
Il faut que vous m'aidiez.
-J'ai d�j� assez � faire avec moi-m�me.
-Il ignore que je suis mari�.
Dora ?
-Il fallait l'annuler, ce week-end.
*-Le vieux est clean. Pilote dans l'arm�e royale.
Il a fait un stage chez nous, � Tel HaShomer.
Le fils est un subversif. Sans doute communiste.
Emprisonn� en 2009 pendant 88 jours. Il a pu �tre retourn�
et agir sous couverture. Tirez �a au clair.
-Merci.
-Tu veux un peu d'eau ?
-Papa, j'aime pas les champignons.
-Vous pouvez manger. Allez.
Tu me passes le pain, s'il te pla�t ?
-Ca sent bon. -Je remets au chaud.
-J'ai sorti le P�trus 92.
Et j'ai gard� la 2e bouteille
pour Barak.
Il adore le bordeaux.
-C'est qui, Barak ?
-Obama, je crois. -Il va venir ?
-La viande est trop dure, elle est pas assez cuite.
-Tu veux quelque chose ?
Papa, tout va bien ?
-Qu'est-ce qu'il fait ? -Aucune id�e.
-Qu'est-ce qu'il fait ? -Aucune id�e. Il est bizarre.
-Pas bizarre, malade.
-Qu'est-ce qu'il a ?
Il croit qu'on lui a servi
du porc ou... -Il mange le porc.
-Ah oui ? Pardon. C'est vrai que la notion
de culture religieuse est tr�s al�atoire chez les Persans.
Giscard, qui avait �t� l�-bas en 1976,
racontait que la jeunesse iranienne
se vautrait dans la d�bauche.
-C'est con, comme r�flexion.
-Vous, porc.
-Pardon ?
-Vous �tes un porc.
Vous tournez autour de ma femme.
-Vous m'avez trait� de porc ?
Vous croyez que je suis
un porc ?
Il m'a trait� de porc.
Vous avez entendu ?
Hein, Fabrice ? -Oui.
-Normal, tu lui piques son amoureuse.
-Son amoureuse, c'est ma femme !
-Papa.
-Il veut une cuill�re.
Tu veux une cuill�re, ch�ri ?
-Qui peut manger du riz avec une fourchette ?
-Mais bien s�r. En Iran, on mange le riz
avec une cuill�re.
-Va chercher une cuill�re pour papy, ma ch�rie.
-Hello. -Hello.
-D�sol� pour le retard.
-Qui c'est, celui-l� ?
-C'est mon mec.
Oui, c'est Adam.
Ca va, mon amour ? Mon ami.
-Ton... Ton ami...
Ami ?
(-C'est l'amoureux de ta maman ?)
-Mon ami, ami. Oui, papa. Ca va ?
-Plut�t pas mal, pour une fois.
-Je te pr�sente ma famille.
*-Tu fous quoi ? -Je trouve pas le drone.
*-Pose le micro et rapplique. Ca bouge en bas !
-Tu m'as dit que je devais patienter, j'ai patient�.
Ta strat�gie est pire que le bourbier de Trafalgar.
Demain matin, je veux plus les voir.
-Tu crois qu'elle va pas courir le rejoindre ?
-Je l'enfermerai jusque-l�. -T'as raison, papa.
Elle sautera par la fen�tre et perdra ses jambes.
-Fin de la discussion, hein.
Pr�viens le s�nile et son fils qu'ils doivent partir avant 8 h.
-Tr�s bien, papa.
Tu g�reras tout seul
les cons�quences.
-Quoi ?
-Si ma femme perdait la boule, au lieu de la s�questrer,
j'essaierais de la reconqu�rir.
Juste comme �a, mine de rien.
-Oui, d�sol�e.
Demain, il faut partir le plus t�t possible.
-Tr�s bien. -OK.
Ben merci.
Porte qui claque.
C'est quoi, �a ?
-Il est... Il est tomb� du lit.
-Mais �a va ? Il a rien ?
-Il ronfle, donc tout va bien.
-Oui, OK. Au revoir. -Au revoir.
-Tu fais quoi dans ma chambre ? -Rien.
Tu peux attendre 20 minutes ? Adam va prendre une douche.
-Vous l'avez fait dans ma chambre ? -Ben oui.
Pour plus de r�alisme, c'�tait mieux qu'il s'installe chez toi.
T'inqui�te pas, il va pas te toucher.
-En plus, il dort avec moi ?
-Je t'aime, ma soeur. T'as �t� extraordinaire.
Continue de l'�tre. -Recoiffe-toi.
-Hein ?
-Tu comptes le dire � Siri, j'esp�re ?
-Bien s�r.
Pri�re en h�breu.
...
-Le Noir est vraiment l'amant du fils ?
Il est m�tis, pas noir ! -La femme se doute de rien ?
-Si. Elle est sur ses gardes.
Sa peau, on dirait du lait.
J'ai envie de la l�cher comme un chat.
-Moi, c'est la drogu�e. Elle me fait penser � Kim Wilde.
Sonnerie de t�l�phone.
-J'�coute.
*-Il s'appelle Adam Maxwell. M�re am�ricaine,
p�re allemand. Rien d'autre � signaler. On va creuser.
-M�tis !
Sant�. -Sant�.
-Pour dimanche,
l'anniversaire de mariage, tu auras une autre robe.
-Mon mariage ? -Oui.
Ca fait 50 ans.
-Avec qui ?
-Ben, avec Octave.
Octave Saint-Cast.
Martha ? -Martha ?
-Ma femme de chambre, une petite rousse.
Martha ! O� est-elle pass�e ? C'est ma femme de chambre depuis...
C'�tait o�, d�j� ? -A Washington.
-Ah, mais oui ! Vous �tiez l� ?
-Oui, j'�tais l�. J'avais 5 ans.
C'est moi maman, c'est Dora. Ta fille.
Washington, c'�tait bien ?
-C'�tait merveilleux.
Nous vivions � l'ambassade.
Martha est juive d'origine polonaise.
Farouchement d�mocrate, mais elle sait garder les secrets.
-Quels secrets, maman ?
-Vous devriez refaire vos racines.
-C'est quoi, ces secrets ?
-Dites � Martha de me r�veiller � 8 h.
Je vais faire de la gymnastique. Bonne nuit.
...
-Tu crois que maman avait un amant ? -Mais non.
-Parce qu'elle m'a parl� d'un secret, alors...
Pour une femme comme �a, c'est un amant.
-Dora, d�tends-toi. Arr�te de penser.
-Papa m'a parl� d'un truc sur mes certitudes.
Tr�s... Tr�s troublant.
-D�tends-toi.
...
-Tu veux descendre ?
Tu veux aller o� ?
-J'ai envie d'une escalope milanaise.
-Qu'est-ce que tu dirais d'un pain au chocolat ?
-Excellente id�e. Ca fera un tr�s bon dessert.
-C'est le petit-d�jeuner, maman. C'est le matin.
-Pourquoi tout le monde m'appelle maman, dans cette maison ?
J'ai combien d'enfants ?
-Trois, et je suis la derni�re.
-Je suis contente d'avoir une fille aussi belle que toi.
-On y va ?
-Vous n'avez pas oubli� la confiture de coings ?
-Mais non.
Vous faites bien de la garder, monsieur.
Qu'elle reste encore avec nous, un peu.
-Je vais me battre. C'est pas �vident, mais je vais me battre.
Oui, �a, je vais me battre.
Donnez-moi le plateau, Fran�oise. -Tenez, monsieur.
-Merci. -Attention, c'est lourd.
-Je sais.
Alix ? Alix ?
Alix ?
-Vous savez o� est mon p�re ? -Vous savez o� est ma femme ?
Fabrice !
Fabrice ! Non, j'ai pas le temps de patienter, madame.
Vraiment pas le temps de patienter. Je vous en prie. Oui, oui.
Fabrice ! -Quoi ?
-Ta m�re a disparu.
-Comment �a, "disparu" ?
-Elle est partie avec le s�nile. Je suis avec la gendarmerie.
All�... -Papa, t'affole pas.
Elle doit �tre dans le coin.
-Appelle la gendarmerie.
Je vais voir si elle n'est pas noy�e.
Et recoiffe-toi.
-Papa.
-Grand-p�re.
-Grand-m�re ! -Grand-p�re !
-Papa !
-Grand-m�re !
-Grand-p�re !
-Grand-m�re !
-Papa. -Grand-m�re !
-Grand-p�re !
Grand-p�re !
-Grand-m�re ! -Grand-p�re !
-On te cherche depuis une heure.
Tu fais quoi l�-haut ?
Comment t'as fait ?
Descends !
-Avion !
-Descends, tu vas tomber !
Quelle plaie...
-Grand-p�re !
-Faites-le descendre, il sait peut-�tre o� est ma m�re.
-Arr�tez de donner des ordres ! -Vous �tes lent.
-Moi, lent ? -Oui !
Sonnerie de t�l�phone.
...
-All� ? Roxane.
-Adam.
Adam, c'est moi !
-Merveilleux.
-Mme Dora !
-Descends, papa !
Je peux pas monter.
C'est pas un avion.
-Tu l'as trouv�e ? Elle est morte ? -Non, non.
Mme C�lestine vient d'appeler.
Elles sont � la gendarmerie. Ca sent la b�tise.
-Oh l� l�, C�lestine !
Iradj, il faut que vous m'emmeniez
� la gendarmerie.
-Vous pouvez pas dire "s'il vous pla�t" ?
-S'il vous pla�t.
Merci.
Donnez-moi la main. Votre femme vous attend.
-Ah, ma femme ? -Oui.
-Adam, c'est encore moi.
Rappelle-moi, s'il te pla�t.
Je commence � m'inqui�ter.
-Pourquoi t'es inquiet ? -Hein ?
A cause du bureau de Los Angeles.
On a encore un gros souci avec un client russe.
Tu veux un caf� ? -Je fais d'abord le biberon de Knut.
-O� il est ?
-Dans son lit. Il s'est r�veill�. -Super. Je vais m'en occuper.
Je le change et je le descends. Prends ton temps.
-Pourquoi tu claques des doigts ?
-Elle est sympa, cette musique.
-Quelle musique ?
On est dans une gendarmerie. Arr�te !
-D�sol� de t'avoir fait attendre.
-Qu'est-ce qu'il s'est pass� ?
-Exc�s de vitesse, outrage, v�hicule subtilis�.
-Tu sais que c'est � mon fr�re. -Oui, je sais.
-Elle n'a plus de permis depuis 2 ans et elle avait de la coke.
-Quoi ? O� elle trouve �a ?
-Elle conna�t tous les dealers du coin.
-Qu'est-ce qu'on fait, Antoine ?
-Je vais la laisser sortir.
C'est un week-end important pour ta famille.
Mais surveille-la. -Merci.
-Et toi, Charles, �a va ?
-Charles, oui, �a va. Super.
Tu sais, boulot, boulot.
D�bord�... La vie parisienne.
-Oui, bien s�r. -Voil�.
-Pour l'amour de Dieu, va-t'en.
-L�-bas.
-Merde. Putain, putain, putain.
Fran�oise !
-Oh, nom de Dieu !
Manquait plus que �a. -Quelle poisse !
Monsieur le pr�sident, quelle d�licieuse surprise.
Nous vous attendions demain.
-J'�tais � Orl�ans, chez de veilles connaissances.
L'id�e m'a pris de venir aujourd'hui.
Vous n'y voyez pas d'inconv�nient Saint-Cast ?
-Aucun ! Val�ry, c'est un plaisir...
-C'est qui ? -Val�ry !
-Quelle Val�rie ?
-T'en connais combien, des Val�ry ?
Celui qui a refus� de se rendre en Isra�l !
-Et qui a regard� notre terre avec les jumelles de g�n�raux syriens ?
-Affirmatif. -On ne l'aime pas ?
-Non, on ne l'aime pas !
O� est le drone ?
-Foutu. Carte m�moire bousill�e.
Direct � la poubelle !
-Encore un peu de patience.
Tu vas bient�t retrouver la dame.
-Tu te souviens de nos vacances � la mer ?
-Bien s�r !
Les parties de p�che avec grand-p�re.
Les soir�es chez tata, c'�tait quelque chose.
Tu m'as appris � nager, l�-bas.
-On nous a vol� notre terre.
Personne ne peut comprendre.
Tu as une cigarette ?
-J'essaie d'arr�ter, papa.
Pourquoi tu as dit que Mandana �tait morte � cause de toi ?
Papa ?
-Ta m�re ne t'a rien dit ?
-Non.
-Mandana �tait tr�s malade.
Ta m�re voulait l'emmener � l'h�pital.
Mais moi, j'avais une obligation.
Et j'avais besoin de la voiture.
J'�tais press�.
-Pourquoi ?
-Le Chah avait convoqu� tous ses g�n�raux sur-le-champ.
Et quand il d�cidait, on ob�issait comme des abrutis !
J'ai dit � ta m�re que Mandana allait bien,
qu'elle s'inqui�tait pour rien.
Je savais bien
que ce n'�tait pas vrai.
-C'est pour �a qu'elle t'a quitt� ?
-Dis-lui que je regrette.
-C'est impossible.
Maman est morte.
-C'est �trange.
On se confie plus facilement
� un chauffeur de taxi qu'� sa propre famille.
Musique m�lancolique.
...
Les enfants rient.
Musique m�lancolique.
-Je sais pas si j'ai encore de l'eau.
-Knut s'est rendormi.
Ch�rie ?
-C'est surprenant de voir Dora avec quelqu'un.
Depuis Charles, elle est toujours seule, non ?
-Ah bon ?
Ils vont pas tr�s bien ensemble, je trouve.
-Peut-�tre qu'ils ne sont pas vraiment ensemble.
-Bon, je vais aller piquer une petite t�te.
-Oh, viens !
-Th�o, regarde. Le plongeon de la mort.
-Oh, ouais !
Th�o rit.
...
-Mon cher Val�ry, j'�cris en ce moment
le chapitre sur la chute du mur de Berlin.
Vous savez qu'� l'�poque, j'y �tais consul.
Je passais ma vie � envoyer des c�bles � l'Elys�e,
tous rest�s sans r�ponses,
lettre morte !
Mitterrand n'a rien vu venir. Contrairement � vous,
il n'avait aucune vision � l'international.
J'ai pris la d�cision de rejoindre
la jeunesse allemande, le marteau � la main.
D�truire ce mur
de l'infamie ! Il fallait que la France
ait sa part dans l'histoire !
-Dites-moi, Saint-Cast,
l'eau de la piscine est-elle � temp�rature ?
-Elle est parfaite, l'eau de la piscine.
-Parce que je l'aime ti�de, mais pas trop.
-Elle est parfaite, elle est parfaite, oui !
Enfin, toujours est-il
que mes m�moires traversent le XXe si�cle...
-Je ne vais pas tarder
� aller me reposer.
-Votre chambre est pr�te, bien entendu.
-Dites-moi, vous avez toujours un appareil dentaire ?
-Pas encore, Monsieur le pr�sident...
-Quel est cet homme, Saint-Cast ?
-Un Iranien.
-C'est toi, Giscard ?
Vous �tes des tra�tres !
-Il a dit Khomeini. -Vous croyez ?
-Oui. C'est mauvais signe.
Musique de tension.
...
Nom de Dieu !
Pas le sabre ! Non !
...
Posez ce sabre, monsieur, je vous en prie.
...
-Sauvez-moi, Saint-Cast !
Cri.
-L'Iranien vient d'assassiner le vieux diplomate.
-Il n'est pas mort !
-Pardon, je rectifie.
Il n'est pas mort.
-Pense � Metternich, papa.
-C'est qui, Metternich ?
-Un diplomate allemand du XIXe si�cle. C'est son idole.
-Pas allemand, autrichien !
Klemens Wenzel
von Metternich...
Dora rit.
-Le taxi de l'Iranien s'en va. -Ils l'�vacuent.
*-Ils vont s�rement � l'h�pital. Suivez-les.
-Entendu.
On est sur le coup ! Shalom.
-Merde ! -Quoi ?
-C'est �teint. -Pas grave, d�marre.
-Je peux pas, c'est shabbat !
-D�marre, je te dis. -Fais-le, toi !
-Impossible, mon p�re est rabbin. -Mon cousin aussi !
-Les cousins, �a ne compte pas.
Allez ! -Non !
Exclamation.
Propos indistincts.
...
-Salut !
Vrombissement du moteur.
Shabbat shalom!
-Merci beaucoup.
-All� ?
Oui, c'est moi.
Tout va bien.
Oui, c'est OK.
Vision Paname : "Sex Emotion".
...
-Hi.
T'en veux ? -Oui.
...
Yeah, for sure.
...
I like it.
...
Fabrice se racle la gorge.
-T'es l� ?
Ca a �t�, ta course ?
-Je vais prendre une douche.
Merci.
Tu veux venir ?
Allez !
Viens. -Non.
...
Tellement abus�, on peut rien te demander.
-Ce mec est pas homo. Je sais de quoi je parle !
...
*-Votre attention, s'il vous pla�t...
-Si tu mets Val�ry dans cette chambre,
mets Barak dans la chambre du fond. Tr�s bien, Fran�oise.
Non, t'inqui�te pas, il est plut�t cool.
Je vous tiens au courant. Au revoir.
-Excusez-moi, c'est qui, Barak ?
-Ehud Barak, l'ancien premier ministre d'Isra�l.
Mon p�re l'a invit�. -Je vois.
Le drone et le van... Ils surveillent la maison ?
-Ah, vous avez remarqu� ? -Oui.
-Le Mossad,
c'est plus ce que c'�tait.
Vous n'avez rien contre les juifs ?
-J'ai rien contre personne,
mais tout le monde est contre moi, parce que je suis iranien.
-Vous exag�rez un peu, non ? -Non.
-Vous savez que l'Iran est devenu la destination des vacances.
C'est tr�s chic d'y faire du ski.
-Oui, Iran, c'est chic, mais pas l'Iranien.
-Saint-Cast ?
-Oui ? -Pas d'infection
ni de perte de sang.
Il a �t� bien pris en charge. -Gr�ce � lui.
-Vous vous y connaissez. -Je suis m�decin.
-Mais il se plaint de son coeur.
Un cardiologue va passer v�rifier.
Repassez d'ici une heure.
-D'accord. Tr�s bien.
Vous �tes m�decin ?
-Oui.
-Petit, d�j�, vous veniez vous r�fugier ici.
-Et toi, qu'est-ce que tu fais l� ?
-Je l'engueule de m'avoir pris ma m�re.
Je viens lui dire ce que j'en pense.
-Elle est morte quand ? -J'avais 6 ans...
Le petit "Kunut"...
-Non... Knut.
-Oui... Knut. Il a encore besoin de son p�re.
Vous l'avez d�j� pas g�t� avec son pr�nom.
-Ca va... -Faut que vous vous en occupiez.
-Oui, je sais.
Je sais pas ce qui m'a pris.
J'aime Siri, mais c'est plus fort que moi.
La seule qui a su me recadrer quand je d�connais, c'�tait maman.
-Elle savait ?
Prenez un peu de temps pour savoir ce qui se passe l�-dedans.
Farhad rit.
Farhad grogne.
Rires. On toque.
-Entrez.
-Tout est sous contr�le, pr�sident.
Il n'y a plus de menace.
Farhad rit.
...
-J'ai beaucoup de souvenirs dans cette maison
et quelques regrets...
Rires.
...
-Le go�ter est arriv� !
Le go�ter !
Je veux des pains au lait.
-Bye bye, ch�ri !
Farhad rit.
Il crie.
-Personne ne pouvait se douter
de ce qui allait se passer dans votre pays.
Enfin, je ne dis pas �a pour vous faire plaisir,
ni pour me d�douaner.
La vie politique est ainsi faite
qu'il nous faut prendre des d�cisions.
Nous ne sommes pas des devins, n'est-ce pas ? Nous faisons
des erreurs en pensant bien faire.
Et puis, il ne faut pas oublier le contexte,
l'URSS qui envahit l'Afghanistan, la Guerre froide...
-Vous �tes qui ?
-Mais comment �a, qui je suis ? Vous le savez !
-A vous de jouer.
-Ah, OK. They want me to come?
I'm just coming now.
Oh, I have a big gun.
-Moi, j'�tais m�decin urgentiste � T�h�ran. En 2009,
c'�tait le mouvement vert...
Comme une r�volution, un peu.
Roxane allait aussi aux manifestations...
-Qui est Roxane ?
-Mon ex-femme. -Ah.
-Et moi, � l'h�pital,
je soignais
des bless�s. -Vous aviez Mina, d�j� ?
-Oui, oui, oui.
Elle �tait chez la m�re de Roxane.
Et j'allais
la chercher � pied.
Mais il y avait une manifestation...
Ils tiraient...
Je vois une fille qui tombe
avec une balle dans sa gorge.
-Merde...
-Je fais
un massage sur son coeur.
Mais trop tard.
Elle �tait morte.
J'avais du sang partout sur moi.
Une photo est pass�e
dans tous les m�dias.
-Je crois que je l'ai vue.
-Le r�gime dit
que c'est moi, son assassin.
J'�tais en prison trois mois,
mais... j'ai perdu toute ma vie.
Personne ne voulait de moi.
J'�tais "pest�"...
-"Pestif�r�".
"Pestif�r�". -Ah, oui.
"Pestif�r�".
-Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Ca me rappelle mon fr�re, Nathana�l.
Il est tomb� amoureux d'une Arabe.
Depuis, on n'a plus de nouvelles.
-Il reviendra.
-Non.
-Et vous, vous �tes danseuse ?
-Ah oui, moi... Oui, enfin, plus vraiment.
J'ai toujours r�v� d'�tre une danseuse �toile,
mais j'avais pas le talent.
Et maintenant, je donne des cours � l'op�ra.
-La danse, c'est magnifique !
-C'est magnifique, mais c'est redoutable, aussi.
Ma soeur dit que �a m'a referm�e sur moi-m�me.
-Elle a un peu raison.
-Vous me trouvez ferm�e ? -Non...
Mais pas tr�s ouverte.
-Ces deux-l� vont finir au lit.
-Comment tu le sais ?
Neutralisez le m�tis de toute urgence.
Attention, il est arm�.
-Merde !
-Adam!
S'il vous pla�t.
Dites-moi.
Etes-vous
son amant ?
Fabrice est trop l�che pour l'avouer.
J'ai fouill� son portable.
-D�sol�, il faut que j'y aille.
Vous savez, personne n'est parfait.
Vous vous en sortirez.
Musique de tension.
...
Mon coeur ! -Qui es-tu ?
Pourquoi tu as une arme ?
-Je suis am�ricain.
-N'importe quoi !
Je suis fran�ais,
et les Fran�ais ont tous un b�ret ? Tu me vois avec un b�ret ?
Vrombissement du moteur.
Dis-moi la v�rit�, putain !
...
Adam!
Cri de douleur.
...
...
-Son p�re faisait partie des preneurs d'otages du vol 571,
l'avion d'une compagnie belge qui a �t� d�tourn� en 1972.
Le commandant de l'unit� qui a lib�r� les passagers
et qui a tu� les preneurs d'otages,
c'�tait Ehud Barak.
-Je vais essayer de mettre les deux.
-Presque.
Ils rient.
-Oh, non !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-C'est ma m�re !
Vrombissement du moteur.
-Ma ch�rie !
Tu vas bien ?
On rentre � la maison.
Bernard nous attend. Fais-lui coucou.
Bernard !
-Bonjour !
-Quoi ? Tu ne veux pas rentrer ?
-Elle a raison.
Pourquoi rentrer dans ce quartier pourri ?
On est bien ici. -Maman !
C'est pas vrai ! -Si, c'est vrai.
Ici, on respire,
on voit des belles choses,
et toi, tu veux rentrer ?
O� est Iradj ?
-A l'h�pital. Grand-p�re a essay� d'assassiner Giscard
et a bless� Octave.
-Giscard ?
Quel Giscard ?
-Le pr�sident.
-Il est l� ?
-Il a accueilli Khomeini, n'oublie pas.
-Lui ou un autre abruti, �a change quoi ?
Il est o� ?
C�lestine chante et joue de la guitare.
...
-C'est merveilleux.
C'est merveilleux.
...
-Bonjour, Monsieur le pr�sident.
Tiens.
...
Une belle photo, ma ch�rie !
Je veux l'envoyer � mes soeurs. -Ce n'est pas
pour Paris-Match, j'esp�re. -Mais non,
Monsieur le pr�sident, je suis Ellie !
Oui !
Dites : "Cheese" !
Cheese!
-Cheese. Flash.
-Val�ry est toujours � la maison ? -Ben oui.
Il para�t qu'il a �t� diplomate avec Farhad.
-Si les politiques savaient l'�tre,
on n'aurait plus besoin de diplomates.
Oh, et vous !
Il faut que vous quittiez la maison d�s demain matin.
Avant l'arriv�e de Barak. -Oui, monsieur.
-Je ne veux pas �tre de nouveau bless�
pour sauver l'honneur de la patrie.
-Papa ? Qu'est-ce qu'il a ?
-C'est l'effet du bromaz�pam.
-Ah, c'est bien !
Elle rit.
-Je suis s�re que tu m'as laiss�e gagner.
-Ben toi aussi, t'�tais comme �a.
-N'importe quoi. -Ben si.
-C'est quoi ? -Un drone.
Elles rient.
...
-Moi aussi, quand j'�tais jeune, je me cachais pour fumer.
Mes parents �taient secs comme un coup de trique
et tellement s�v�res !
Amandine, promettez-moi de ne jamais �tre s�v�re.
-C'est C�lestine.
-Je vais vous dire quelque chose.
Vous �tes ma pr�f�r�e dans cette maison.
-T'as pas toujours dit �a.
-Tu as vu Fabrice ?
-Non.
-Elle cherche qui ? -Fabrice.
-Qu'est-ce qu'il ressemble � Richard, Fabrice.
-Et c'est qui, Richard ?
-Ben son p�re.
-Non, c'est Octave, son p�re.
Alix rit.
...
-Elle croit que Fabrice est le fils du libidineux !
Elle rit.
Oh, mon Dieu !
...
-Les mecs de 68, c'�tait des fils
de bourgeois, pas des r�volutionnaires.
Ils ont foutu le boxon dans la rue
parce qu'ils �taient trop l�ches pour s'opposer � papa.
-Int�ressant, int�ressant...
-Un r�volutionnaire fricote pas avec le pouvoir.
On va jusqu'au bout ! Comme Malcolm X,
comme le Che...
-Ils ont eu la chance de mourir jeunes, ces deux-l�.
Pass�e la quarantaine,
les candidats � la r�volution se font rares, jeune homme.
Vous avez vot� pour moi ? -Non !
J'ai vot� Mitterrand, comme un con. -Je ne vous f�licite pas.
Je vais aller me coucher,
je n'ai pas pu faire la sieste, n'est-ce pas ?
Au revoir !
Siri soupire.
-Ben dis donc, vous aviez soif.
-Mon mari me trompe.
Moi, c'est Siri !
-Moi, c'est Bernard.
Je vous ressers ? -Ah, oui.
-Vous avez un accent qui sent le soleil,
vous venez d'o�, belle Siri ?
-Finlande.
Ils rient.
-Ca va ? Tu fais quoi ?
-Je m�dite.
-Tu m�dites ?
Ben tu m�diteras plus tard,
viens m'aider.
-Comment on fait ? -Tu vas le prendre sur ton dos.
Musique douce.
...
-Enfin !
-Que faites-vous l� ?
-Ils sont venus me chercher
et ils sont rest�s.
-Elle a quoi ?
-Elle travaille trop.
Elle ne mange plus de viande. Elle est vegan.
Viens, il faut qu'on parle.
-Je veux l'examiner.
-Tu feras �a plus tard, viens.
Il faut que tu te remettes avec Roxane.
Elle est enceinte de ce demeur� de Bernard.
-Comment vous le savez ?
-Je suis pas b�te, je le vois bien !
Le temps que son ventre s'arrondisse,
les gens n'y verront que du feu.
Elle accouche, tu reconnais le b�b� et l'affaire est pli�e !
-Je ne peux pas faire �a !
On vit plus ensemble. Elle m'a quitt�, elle vit sa vie.
-Tu parles d'une vie ! Un champ de ruines.
-Ca la regarde !
-Si tu n'avais pas �t� aussi l�che,
elle ne t'aurait pas quitt� !
Iradj soupire.
-Coucou, Superman !
Qu'est-ce que vous faites l� ? -Rien !
-Si vous ne me dites pas, je crie.
-T'es une garce. -Et toi, un faux-cul.
-Arr�tez. On a assez d'emmerdes comme �a.
Adam �tait l� pour tuer Barak.
-Quoi ? Les Am�ricains sont pas copains avec Isra�l ?
-Sauf qu'il �tait pas am�ricain,
il a �t� adopt� et voulait se venger de Barak.
-Il est o� ?
-Avec les agents du Mossad.
-J'ai loup� la seule chose qui s'est pass�e ici en 6 mois.
-Elle est o�, Siri ? -Elle flirte avec Bernard.
-C'est qui, Bernard ?
-Le mec de Roxane. -Attends...
C'est qui, Roxane ? -C'est l'ex d'Iradj.
-Putain, t'es folle d'emmener des Iraniens ici.
-En attendant, c'est toi qui couches avec le terroriste.
*Hector : "Lumi Teki Enkelin Eteiseen"
...
-Bernard ?
...
Bernard ?
...
Bernard ?
Bernard !
-Ah, Iradj, mon pote !
Comment va ?
La Siri, l�, sous ses airs d'esquimau,
c'est un vrai volcan !
-Va voir Roxane.
Elle est enceinte.
...
-Je leur file le sac et je reviens.
Bon.
Musique de tension.
...
(-T'as d�j� entendu parler d'un Richard ?)
(-Non.)
(-Selon Maman, le p�re de Fabrice est pas papa,
(mais un certain Richard.)
...
Fabrice toque.
(-Mais maman d�bloque compl�tement.)
(-En m�me temps,
(elle se souvient que de Fabrice.
(Et avec son secret, �a vaut la peine de creuser.)
...
(Je pensais � Nixon.
(Regarde. Les dates correspondent � celles
(o� papa �tait vice-consul � Washington
(et Fabrice est aussi con que lui.)
(-Elle t'a vraiment dit �a ?) (-Bien s�r.
(Regarde. C'est Fabrice
(en plus ramass�.)
Tu crois qu'elle s'est tap� Nixon ? -Dans le bureau ovale ? Oh...
La porti�re glisse.
(Regarde !) (-Arr�te !)
(-Regarde sa t�te...) (-C'est mort.)
Il soupire.
-Putain,
comment j'ai pu me faire avoir comme un gros con ?
Quoi ? Pourquoi
vous me regardez comme �a ? -Pour rien.
On se demandait :
Adam, il est plut�t Daesh ou Al-Qa�da ?
-Ben, ni l'un ni l'autre.
Apparemment, il est li� � un groupuscule arm� jordanien.
-Bon, on dit rien � papa.
Rien de rien, d'accord ?
Fabrice d�marre.
...
Vrombissement du moteur.
Musique de tension.
(-Le drone a servi � photographier des centrales nucl�aires.)
(-T'es s�r ?)
(-Ils ont pas d� les effacer de la carte m�moire.)
(-C'est en Iran. Je reconnais l'�criture.)
(-On fait quoi ? Si le Mossad apprend qu'on les a,
(c'est Guantanamo direct.)
(-On les d�truit.)
-O� �tais-tu pass�e ? -Maman ?
-J'�tais inqui�te.
Tu aurais pu m'appeler ! -Maman, je suis d�sol�e.
Je vais te raccompagner.
-Non. Assieds-toi, j'ai � te parler.
Je pense quitter ton p�re. -Pardon ?
-J'aime un autre homme.
-Richard ?
-Tu sais pour Richard ? C'est ton p�re qui t'en a parl� ?
-Pas vraiment, non, mais...
-Il n'y a pas eu que Richard.
J'ai toujours eu besoin de vivre entre deux hommes, en st�r�o.
Alors ton p�re s'est cru oblig� de prendre une ma�tresse.
Cette horrible journaliste... Brigitte !
Inutile de continuer.
Autant qu'il vive sa vie et moi la mienne.
-Maman. Tu plaisantes, l� ?
Papa est au courant ?
-Evidemment !
-Il sait que Richard
est le p�re de Fabrice ? -Fabrice ?
-Oui, Fabrice, maman.
-Qui est Fabrice ?
Ecoute... Je te laisse, il est tard !
-Bonsoir, Alix.
-Bonsoir.
-C'est moi, Alix.
Val�ry.
-Val�ry ?
Elle rit.
Ca ne doit pas �tre facile � porter, pour un gar�on.
-Je me suis pas mal d�brouill�, je pense.
De toute fa�on, tu m'as oubli� depuis longtemps.
Je me suis toujours demand� si toi et Helmut... N'est-ce pas ?
Enfin, si c'est � cause de lui... -Excusez-moi.
Je serais volontiers rest�e bavarder avec vous,
mais je dois faire mes valises...
Vrombissement de moteur.
Adam b�illonn� tape dans le coffre.
-Il se r�veille !
Adam grogne et tape dans le coffre.
...
*Fint Tillsammans : "Min Fender"
...
On dira que c'est un cousin.
-Un cousin m�tis ?
Qu'on a assomm� et ligot� ?
...
Adam grogne.
Parfois, je me demande
si t'es un vrai juif ou pas !
Adam grogne.
Iradj chantonne.
...
-Il n'y a pas que moi qui ai du mal � dormir.
-Je... je vais mettre mon pantalon.
-Non, �a me g�ne pas.
Vous faites du th� ? -Oui.
Th� persan avec cardamome. -Mmh !
-Vous en voulez ? -Ah oui, volontiers.
-Prenez deux verres. -Des verres ?
-Oui...
Iradj chantonne.
Ah, merci.
Il faut voir la couleur
de th�.
Les tasses, c'est
pour les Anglais.
(Voil�.)
-Merci.
Mmh...
Ah, oui ! Pas mal du tout.
Ils rient.
J'imagine que votre p�re l'a d�j�
fait d�couvrir � ma m�re.
Il rit.
C'est dr�le. Plus maman s'�loigne, plus je la d�couvre.
C'est comme si j'avais grandi avec une �trang�re.
Ma m�re vient de m'apprendre qu'elle a toujours eu des amants.
Alix Saint-Cast, la femme la plus froide du monde !
Moi qui croyais que c'�tait mon p�re, le volage.
Je lui en ai balanc�,
des piques, surtout depuis que maman est malade.
Et vous, votre p�re, �a va ?
-Moi... "Je compris"...
c'est � cause de mon p�re
que ma petite soeur est morte.
-Ah...
Avec les Iraniens, tout est toujours plus tragique.
Il rit.
-L'Orient, c'est �a. Comme ce th�.
En m�me temps rouge, en m�me temps noir.
Musique douce.
...
Ca ira, demain, la c�r�monie ?
-Oh oui, oui. Ca va �tre un d�sastre.
Vous partirez t�t ?
-Oui,
le plus t�t possible. Ne vous inqui�tez pas,
�a va bien "se casser, demain"... "Se casser, demain".
Elle rit.
-"Se passer, demain".
-Se... Oh !
Ca va bien se passer, demain. "Se passer, demain", oui.
-Je vous aime bien, sans lunettes.
-Merci.
...
-Siri, tu peux m'�couter, s'il te plait ?
Siri, �coute...
Je te jure que c'est pas ce que tu crois.
Je me suis fait avoir par Adam, il m'a dragu� pour...
-Je ne veux pas savoir !
Je rentre dans mon pays.
Si tu as envie de nous voir, viens � Huittinen chez ma soeur.
-Bien s�r que je veux te voir.
Mais je pourrai pas venir tout de suite.
J'ai besoin de comprendre, de r�fl�chir et de choisir...
Sinon, je vais encore vous faire du mal.
Knut pleure.
(-Les clefs de la voiture.)
-Je vous aime fort. (-Donne-moi les clefs.)
-Siri, t'as bu de l'alcool,
laisse-moi t'emmener � la gare. (-D'accord.)
Knut pleure.
-Si je vous disais, mes chers,
que le mariage est la plus fabuleuse des aventures,
me croiriez-vous ?
Et pourtant, moi qui ai v�cu tant d'aventures,
vu tant de tr�sors, de la M�sopo...
-Monsieur !
-Vous pouvez pas frapper, avant d'entrer ?
-Oui, mais il y a des journalistes. -Des journalistes ?
Et les Iraniens, ils sont partis ?
-Non, mais ils sont sur le d�part. -Ah...
-Monsieur Saint-Cast, bonjour.
Armand Fellon, quelles sont vos impressions ?
-Excellentes !
C'est une immense joie que de f�ter avec des amis
cet anniversaire qui, pour moi... -Ah, je vois
Val�ry Giscard d'Estaing !
Bonjour, le terroriste a �t� arr�t� ?
-C'est un bien grand mot, "terroriste".
Il s'agit d'un vieux monsieur qui avait quelque ressentiment
envers la politique que j'ai men�e.
-Un vieux monsieur ?
-Val�ry veut parler de l'attaque dont il a �t� l'objet.
� temps, pour lui sauver la vie.
-Le terroriste vous a attaqu� ?
-Arr�tez de dire cela.
C'est pas parce qu'on est Iranien qu'on est terroriste !
*-Nous venons de l'apprendre gr�ce � notre correspondant.
Val�ry Giscard d'Estaing a �t� vis� par un terroriste iranien
� Saint-Martin-en-Place.
Cette nuit, selon une source s�re du minist�re de l'Int�rieur,
un homme a �t� arr�t� lors d'un banal contr�le routier.
Il voulait tuer Ehud Barak, ancien Premier ministre isra�lien.
Des agents du Mossad tentaient de l'extrader
sans en avertir les autorit�s fran�aises.
Visiblement, l'affaire est bien plus s�rieuse.
Priorit� au direct, retour � La Rolandi�re.
Armand, qu'en est-il de la situation sur place ?
*-C'est un peu compliqu�, Daphn�.
Octave Saint-Cast vient d'apprendre qu'Ehud Barak ne viendra pas.
*-C'est inacceptable !
*-Apparemment, il n'�tait pas au courant.
Un... un commentaire ?
*-Oui, je voudrais faire une annonce � mes potes.
H�, les gars,
Roxane est en cloque ! On f�tera �a ce soir � la maison.
*Bernard rit.
*-En attendant, je me tourne vers vous,
Jean Berstein, qui �tes expert
du Moyen-Orient. Est-ce que l'attentat
contre Val�ry Giscard d'Estaing �tait pr�visible ?
*-Ecoutez, Daphn�, les Iraniens peuvent s'en prendre
� un ancien pr�sident,
histoire de signifier � la France qu'elle a toujours n�glig�
l'int�r�t des Iraniens aux d�pens de ses int�r�ts.
C'est donc une possibilit�,
m�me s'il est un peu t�t pour avancer des hypoth�ses.
-Nous avons r�gl� cette question
lorsque le groupe des six s'est retrouv� � Bruxelles.
-Etes-vous en mesure de r�pondre
� cette crise ?
-Comment un pr�sident ne serait-il pas � la hauteur ?
-Monsieur... Madame a laiss� �a sur sa coiffeuse.
-Ouvrez la lettre.
-Regardez. Ah, non...
-Voil�.
Il lit des propos indistincts.
Mais o� est-elle pass�e ? -Je sais pas, monsieur.
-Papa ?
Papa ? -Grand-p�re !
Grand-p�re !
Musique douce.
-Ca suit vraiment le portable de mamie ?
-Oui, c'est rien, la g�olocalisation.
...
Prochaine intersection, � gauche.
-D'accord. -C'est dingue, ce machin.
Musique douce.
...
Vrombissements de moteur d'avion.
...
...
Je suis d�sol�e, papa...
...
-Papa. Qu'est-ce qu'on fait avec les invit�s ?
-On les accueille !
Je suis encore le mari d'Alix,
jusqu'� preuve du contraire.
Et vous inqui�tez pas, en tant que diplomate,
je sais embrouiller les gens mieux que personne.
Tu es en voiture ? -Oui, papa.
...
-Tu as compris cette histoire de terroriste ?
J'ai rien compris. -Je t'expliquerai, papa.
-Qu'est-ce qu'on fait avec eux ?
-Ben, on les ram�ne au centre.
-Dora... tu sais, je crois que je suis la fille de Val�ry !
-Quoi ?
Mais pourquoi tu dis �a ?
-Plein de choses. Genre,
les ann�es d'orthophonie pour enlever mon chuintement.
-C'est vrai que tu chuintais, dis donc !
-Mais y a pas que �a...
-C�lestine !
-Oui, j'arrive !
-C�l' !
Je suis la fille de qui, moi ?
...
-Je vais les chercher.
-Attendez un peu, s'il vous pla�t.
-"Attendre"
et "s'il vous pla�t" ?
Vous �tes s�re que �a va ?
-Vous faites quoi, demain soir ?
-Rien.
-On pourrait d�ner chez moi, vers 19 h.
...
-Vous �tes s�re ?
-Mais puisque je vous le dis.
...
Vrombissements de moteur d'avion.
...
...
Sous-titrage : VECTRACOM
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