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Allez, ouste !
C'est pas vrai...
Quoi ?
Vous croyez que je l'ai tué ?
Je l'ai trouvé comme ça.
À l'instant.
Attendez ici, camarade. Je vais appeler une ambulance.
JE SUIS VIVANT !
Mettez-le ici.
Un accident ?
Je ne crois pas.
Aucun signe de blessure.
Que lui est-il arrivé ?
Il a été trouvé dans le parc, sans connaissance.
Appelez la morgue.
Mort ?
Je suis mort ?
C'est impossible.
Je suis vivant !
Ça ne se voit pas ?
Il faut qu'ils le voient.
Vous !
Écoutez-moi.
Regardez-moi !
Vous ne m'entendez pas ?
C'est un cauchemar.
Il faut que je me réveille.
Que j'essaie de bouger, ne serait-ce qu'un doigt.
Je n'y arrive pas.
Il le faut !
Ne me laissez pas comme ça. Aidez-moi !
Il n'avait qu'un passeport et un peu de monnaie.
- Il était américain. - Comment s'appelait-il ?
Gregory Moore.
Né à Springfield, dans l'Illinois,
le 6 décembre 1935.
Délivré aux États-Unis.
Son adresse ?
- Je ne la vois pas. - Elle est quelque part.
Elle est sur le laissez-passer.
5 rue Vodichkova. Il était journaliste.
Et la cause du décès ?
Arrêt cardiaque, ça ira.
Indiquez qu'il était déjà mort. Tapez le rapport à la machine.
Nouvelle consigne ?
Simple précaution contre la presse américaine.
Appelez la morgue, j'ai dit.
Mais je suis vivant !
Ne faites pas ça !
C'est tout.
Un trench-coat anglais,
un caleçon,
un maillot de corps, des chaussettes,
une chemise en synthétique,
un pantalon neuf,
une montre-bracelet
et des mocassins montants.
En vrai cuir.
Et de ma taille.
Je peux ne pas les citer, si tu veux.
Non, inscris-les.
Je ne veux pas me faire virer pour des chaussures.
C'est bizarre.
Il est moins froid que les autres.
Ils auraient pu te fermer les yeux.
C'est trop tard.
Allez, là-dedans.
On a encore du boulot.
Ça, c'est sûr.
Mais on n'est pas payés plus.
Ce n'est pas possible.
Ce doit être un cauchemar.
Je ne sens rien.
Il doit faire froid, là-dedans.
Que m'est-il arrivé ?
Seul mon cerveau
fonctionne encore.
Il faut que je me souvienne.
Voyons...
Je suis Greg. Gregory Moore.
Ça, j'en suis sûr.
Mais à part ça ?
"Ce groupe, démasqué la semaine dernière,
"n'était pas un mouvement politique organisé,
"selon des sources officielles. Il n'est pas politisé.
"Ces hommes ont été suivis car ils se réunissaient
"pour parler de la situation dans le pays."
À la ligne.
Jack, donne-lui son chapeau.
"Un responsable du parti a déclaré que les suspects
"sont accusés de mensonges
"préjudiciables au gouvernement
"et d'exploitation ouverte à l'échelle internationale."
À la ligne.
"Aucun des hommes arrêtés n'a été déclaré prisonnier.
"Ils sont détenus dans un asile psychiatrique
"réservé au traitement lourd de cas désespérés.
"Le traitement n'a pas de limites précises."
Ajoute la signature.
À toi de jouer.
À notre feu déserteur.
Tu seras le prochain si tu forces sur la vodka.
J'y passerai sûrement, mais après toi.
On te retrouvera mort d'épuisement.
Toutes ces femmes, ça te pompe trop d'énergie.
Ce serait une belle mort.
Je pars tôt ce soir. J'ai rendez-vous avec Mira.
Continue à creuser ta tombe.
Voici une brève à envoyer.
Selon un correspondant en Sibérie,
un nouveau type de missile nucléaire a été testé.
Tu transmets ?
Je le ferai demain. Si les Russes confirment.
Ça peut être intéressant.
Tu me passeras le télex.
Bonsoir.
Tu vas à la conférence de presse, ce soir ?
Non, mais Jack pourra t'accompagner.
Cherchez la femme...
Pardon, Jessica. J'oubliais.
- Ma belle ! - Mon amour !
Tu as bien reçu toutes mes lettres ?
Oui, une par jour.
J'allais oublier.
Tiens.
- Pour moi ? - Avec tout mon amour.
J'avais hâte que tu reviennes.
Mais je continue à avoir peur.
Peur que tu partes subitement.
Quelle drôle d'idée !
Pourquoi partirais-je ?
Alors que je rêvais de te retrouver
depuis des jours ?
Je ne sais pas.
J'ai un drôle de sentiment quand on se retrouve,
l'espace d'un instant.
Comme si quelqu'un ou quelque chose allait nous séparer ?
Peut-être.
Quand je me projette dans un an ou dans dix ans,
c'est un peu
comme si j'étais à la croisée de deux chemins.
Ils ne me laissent ni imaginer ni espérer quoi que ce soit.
C'est là que j'ai envie de m'évader pour te rejoindre.
Avec toi, je n'ai plus peur de rien.
Pendant tout le trajet.
Il m'a laissée tranquille quand il a vu que j'étais sérieuse.
Puis-je me permettre ? C'est une spécialité de la maison.
C'est dangereux ?
En cas de problème, j'ai un extincteur.
Tu es triste de quitter Prague ?
Oui, d'une certaine façon.
Malgré l'oppression du Parti,
le citoyen moyen arrive à survivre et à garder son individualité.
Et puis, nous nous sommes rencontrés ici.
Quelle heure est-il ?
Quatre heures et demie.
On n'a plus de cigarettes.
Ton baiser a un goût de pomme.
Ton cadeau est bien, ici.
Ils sont beaux.
C'est une drôle d'espèce : Ils n'ont aucun instinct de voler.
Ils ont de superbes ailes, mais ils ne s'envolent jamais.
Nous en avons beaucoup.
Tu es adorable.
Quand pars-tu ?
Je ne sais pas. Dans moins d'un mois.
- À Berlin ? - Non, à Londres.
Ça veut dire passer à l'Ouest.
Tu pourras me faire sortir du pays ?
Traverser la frontière ne posera pas de problème.
Valinski fait jouer ses relations.
Tu quitteras le pays avec moi. J'ai payé le prix.
Je n'ai pas de quoi vous rembourser, monsieur !
Si vous me permettez,
je vous témoignerai ma reconnaissance d'une façon très agréable.
D'accord.
C'est sûrement Jack.
Greg...
Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Non, mais tu en vaux la peine.
Ça me revient.
Mira.
Toi, au-dessus ! Tu m'entends ?
Ça te fait la même chose ?
C'est peut-être ça, la mort.
Il faudrait le dire aux vivants.
Il ne faut pas que j'abandonne.
Si j'avais fait du journalisme au lieu d'entrer dans la police,
j'aurais eu de belles collègues.
Le commissaire a son harem de policières.
Oui, mais elles sont moins jolies.
Ma vocation, c'est la finance. C'est passionnant.
Un bon camarade pourrait vous introduire dans le milieu.
Non, merci !
Vous joueriez l'argent de l'État.
Je perdrais tout.
Ces gens sont des statues.
Mais où ont-ils été sculptés ?
C'est une exposition des plus grands notables de l'Est.
Hommes politiques, banquiers, trafiquants...
Ça te tente ?
Non, merci.
Il me dit quelque chose.
Franz Thibor, le grand pianiste.
- Bonsoir, commissaire. - Bonsoir.
Voici Mira Svoboda.
Je n'aurais pas cru que vous étiez une compatriote.
Marx n'en serait pas revenu.
Vous devez savoir que Gregory s'apprête à nous quitter.
Je veux emmener Mira à Londres. Vos services nous aideront, j'espère.
Une femme journaliste
doit poser problème à ses collègues masculins.
Nous sommes appréciées car nous ouvrons des portes.
Celles des importateurs.
Les miennes seront toujours ouvertes.
Il y a trop d'agitation dans les banques.
Ça vous dirait, une exclusivité au Ministère de l'Intérieur ?
Oui, bien sûr. Excusez-moi un instant.
Venez que je vous présente, tout le monde veut vous rencontrer.
- M. Karting. - Enchanté.
Le très renommé docteur Volonski,
et son épouse non moins renommée, le professeur Irina Volonskaia.
Et voici M. Forman. Il est fou amoureux de vous.
Vous connaissez Gregory.
Alors, tu ignores tes amis ?
- Ivan ! - Bonsoir, Greg.
Quelle surprise !
Voulez-vous boire quelque chose ?
Tu ne m'as pas dit que Greg amenait cette traînée.
Greg est un homme, Jessica. Il a des besoins.
Tu n'es pas drôle, Jack.
Excusez-moi.
Ma chère Jessica.
Votre article sur l'accord économique des pays socialistes
était fort intéressant.
Si vous permettez, j'ai une petite question.
Et ta révolution française ?
Tu as continué à la Sorbonne ?
Non, à Moscou.
J'ai fait 2 ans d'internat à Moscou, je suis cardiologue.
Toujours aussi obsédé par les filles nues ?
On est très forts en cardiologie, ici.
Je travaille avec Karting.
Félicitations.
Pourvu que le succès ne te monte pas à la tête.
J'espère que non.
Je vais arracher Mira à ces vautours.
À tout à l'heure.
Puis-je te présenter une autre femme extraordinaire ?
Viens saluer Mira.
Non, mon cerveau n'est pas en état de fonctionner.
Comme le sien.
Mais sinon, elle a tout ce qu'il faut.
Bien ferme ici, un joli minois, et des cheveux blonds.
Mais elle pense qu'avec sa fortune,
elle peut acheter toute la chair fraîche qu'elle veut.
Au sens sexuel.
Là-dedans, c'est de la pierre. D'ailleurs, on dirait une statue.
Elle aime coucher avec des communistes.
Les cow-boys de son ranch
vont en apprendre sur ce qui se passe
derrière le rideau de fer. N'est-ce pas, chérie ?
Un ranch, ça m'excite.
Elle est si mignonne et ingénue !
Qu'ils sont beaux, les jeunes d'aujourd'hui !
S'il te plaît...
Fais-moi l'amour.
Tout de suite.
Retournons à la réception.
Je voulais simplement voir à quel point tu étais idiot.
Debout, Casanova.
Sors du lit !
Arrête les galipettes. Moi, j'ai arrêté l'alcool.
Le camarade Bashkov a fait une chute de 30 mètres.
100 pieds, si tu préfères.
Il a écrasé un passant dans la rue Verov.
Dépêche-toi.
- Alors ? - Faux tuyau.
Le Bashkov qui s'est suicidé n'était pas le ministre.
C'était un épicier.
Un épicier cocu, même.
Ici, on parle de suicide politique même pour des poulets rôtis.
Sacré pays !
Et les photographes ?
Ils ont remballé et sont repartis.
Ils m'ont dit d'attendre et de t'informer.
Je suis sûre qu'on s'est rencontrés. Mais où ?
Elle parle !
Vous êtes formidables ! Venez boire un verre chez moi.
Pas ce soir, je suis claqué.
Et toi ?
Laisse-le, il a mieux à faire.
Retourne voir Mira.
Il est génial, ton ami, en plus d'être mignon.
Où est le téléphone ?
Je reviens.
Natasha !
Déjà de retour du marché ?
M. Moore, je vais être en retard.
Je vous paie demain.
Quand vous voulez.
Mira, où es-tu ?
Ivan !
Dieu merci !
On s'est connus à la Sorbonne.
C'est triste.
Une idée de la cause du décès ?
Il semble qu'il s'agisse
d'un arrêt cardiaque.
Bizarre, il n'y a pas de rigidité.
À quand estimez-vous sa mort ?
Il était mort à son arrivée.
Au moins trois heures.
Ivan, aide-moi.
Je veux quand même essayer quelque chose.
On peut peut-être le ranimer.
Si vous le pensez, prouvez-le.
Montez-le.
Viens m'aider.
Rien dans cet hôpital.
Ils n'ont soigné aucune jeune femme.
Qu'a-t-il pu lui arriver ?
Sûrement rien de grave.
Nous avons appelé
tous les hôpitaux et les commissariats.
Tu as de la chance.
Elle n'est pas à la morgue.
Il me faut un verre. Cette expérience m'a achevé.
Elle ne t'a pas laissé de message.
Pourquoi partirait-elle ainsi ?
Elle n'est pas partie, elle a été emmenée.
De force.
Elle est partie avec quelqu'un, mais peut-être de plein gré.
Elle avait peut-être d'autres projets.
Et si elle avait fait semblant avec toi ?
Arrête, tu ne la connaissais pas.
Et toi, que sais-tu d'elle ?
Jessica a raison. On ne sait rien.
Et alors ?
On réfléchit depuis deux heures,
sans trouver de raison à sa disparition.
J'admets que c'est étrange,
cette disparition.
Et pourtant, il arrive que quelqu'un décide subitement de partir.
Comme ça.
Sans prévenir, sans explication.
Et sans s'habiller ? Regarde !
Elle a laissé ses robes.
Ses chaussures.
Toutes ses affaires. Et ça.
Son soutien-gorge, son sac à main, ses bijoux.
Ça ne prouve rien.
Vous dites qu'elle est partie sans rien.
En fait, elle est partie sans ce soutien-gorge.
Et sans ceci.
À moins d'affirmer que vous savez exactement
ce que Mlle Svoboda avait apporté avec elle.
- Je pense. - Vous pensez ?
Vous êtes sorti pour couvrir une info.
Mais il ne s'est rien passé d'important hier soir.
C'était une fausse alerte, pour m'éloigner.
C'est peut-être une piste.
Qui vous a prévenu ? Une source officielle ?
Un informateur.
Les informateurs sont anonymes, mais essentiels à notre métier.
Laissez-moi enquêter avec vous.
M. Moore...
On préfère éviter les complications avec les journalistes étrangers.
Ne vous en mêlez pas.
- La police fera tout son possible. - Vraiment ?
Vous avez intérêt.
Sinon, j'écrirai que vous êtes complices de meurtre !
Pourquoi le mot
"meurtre" ?
Je ne sais pas. Excusez-moi.
C'est un mot qu'un journaliste emploie souvent.
Préparez les papiers pour l'enquête.
Bien, commissaire.
Oui, c'est moi.
Le corps de qui ?
Elle a été retrouvée nue ?
Nous arrivons. Sur la berge de la rivière.
Attends ici.
Presse étrangère.
Viens.
Montrez-lui le corps.
Ce n'est pas elle.
Je me demande qui est cette fille.
Je vais prévenir Jessica.
Tant que je suis là, je fais des photos.
Nous perdons du temps.
Si on trouvait quelqu'un qui la connaît
ou qui sait qu'elle est en vie...
Un amant ?
Je ne pensais pas à ça.
Tu lui as présenté des gens ?
Non, nous étions toujours tout seuls.
Elle était chez Valinski.
J'avais oublié.
Elle a rencontré des amis de Valinski.
Et s'ils avaient la réponse ?
Interrogeons-les.
Ça aiderait de savoir à qui elle a parlé.
Commençons par Karting.
- Retrouve à qui elle a parlé. - Rien que ça !
Le professeur Karting nous attend.
Je vais le prévenir.
Faisons un essai, messieurs.
Elle réagit.
C'est étrange.
Les hommes distinguent différents types de matière.
Le monde n'est pas fait ainsi.
Tout organisme vivant a des sens.
Une force de vie propre.
Il n'est pas extraordinaire que cette tomate ressente la douleur
comme nous la ressentons.
Voilà qui ferait un bon papier.
Couper une fleur est donc criminel.
Ce n'est pas criminel, Ivan.
Il y a du bon et du mauvais dans le crime.
Ils sont indissociables.
Mangez-la sans états d'âme.
Vous ne l'entendez pas pleurer.
Les deux journalistes sont arrivés, professeur.
Faites-les entrer.
J'adore l'art expressionniste.
J'ai dû contourner la loi pour acquérir ces tableaux.
Ma journaliste préférée. Que puis-je pour vous ?
Nous recherchons Mira Svoboda.
Elle a disparu de façon mystérieuse et incompréhensible.
Votre jolie cavalière au cocktail de Valinski ?
Nous espérons que l'un des convives pourra nous aider.
La police nous assure qu'elle va enquêter, mais...
Vous étiez le premier à lui parler. Que vous a-t-elle dit ?
Laissez-moi réfléchir.
Nous avons parlé de musique.
Surtout du succès de Thibor à Moscou et à Berlin.
Elle m'a parlé d'aller vivre à Moscou.
Ah bon ? Tu ne le savais pas.
Vivre à Moscou ?
Bizarre qu'elle ne m'ait rien dit.
Mais elle n'a pas emporté ses papiers.
Ne vous inquiétez pas.
Je suis sûr qu'elle va bien.
Je l'espère.
Pourvu qu'il ne lui soit pas arrivé malheur.
Il réagit ?
Non.
Allez, Ivan.
N'abandonne pas !
Poursuivons les tests.
Il est mort depuis trop longtemps, c'est trop tard.
Ne l'écoute pas. Il faut que tu me sauves !
Sa température ne baisse pas. Il y a une raison.
Consultons Karting.
Fais vite ! Karting comprendra.
Je dois continuer à me souvenir.
C'est mon seul signe de vie.
- Que dit Jack ? - Personne ne se souvient.
Comme si elle n'avait pas existé.
Alors, du nouveau ?
Votre attitude est dangereuse.
Je vous ai dit de ne pas vous en mêler.
Je suis accréditée sur cette affaire, et je proteste.
Votre ingérence va trop loin.
Vous exigez que chacun rende compte de ce qu'il a dit à Mira Svoboda ?
C'est ça, une enquête.
On veut vous aider.
Des femmes disparaissent à longueur d'année dans cette ville.
C'est à moi, et pas à vous, d'interroger les suspects.
Ne l'oubliez pas.
Vous êtes incompétent, et ce sera écrit dans votre dossier.
Faites ce que je vous dis
ou vous vous expliquerez devant un haut responsable.
Certains journalistes ont eu la mauvaise surprise
de voir leur immunité journalistique suspendue.
Réfléchissez-y.
Tu as eu tort de le provoquer. Il va faire traîner l'enquête.
Je n'ai pas peur. Mais tu as entendu.
Les disparitions sont courantes. Enquête là-dessus.
Continue à interroger les convives, d'accord ?
D'accord, mais mieux vaut rester discrets.
- Vous allez où ? - 32 rue Kiliana.
Vous me cherchez ?
Je veux examiner les archives du Rudé Právo.
Vous préférez les dollars ?
En effet.
- J'ai besoin d'informations. - Allez-y.
Sur des disparitions de jeunes femmes.
J'aime les affaires criminelles. Elles sont toutes fichées.
Là-dedans.
Les archives officielles n'en gardent pas la moitié.
Je suis journaliste. Je voudrais des nouvelles de Marika.
Elle a disparu il y a deux ans.
Je ne sais rien. Allez-vous-en.
Vous êtes sa mère ?
Ne me posez pas de questions. C'est du passé.
D'après le rapport, elle est partie sans rien emporter.
Dis-lui !
Vas-y, parle !
Tu n'es qu'un lâche.
Tais-toi !
Il n'y a rien à dire.
Elle est de votre famille ?
C'était notre fille, elle est partie.
Je n'en sais pas plus. Je ne veux plus en entendre parler.
Allez-vous-en !
Toi, en rouge !
Tu connais ce vieillard ?
Tu veux ce billet ?
Va lui donner ça.
Merci encore.
Je n'aurais jamais trouvé le chemin tout seul.
Ça me fait du bien de sortir du bureau.
Même si je pense que vous perdez votre temps.
Allez-y, je surveille les chiens.
- Que faites-vous ici ? - Je m'appelle Moore.
Vous connaissiez Irina Dubcek ?
Oui, autrefois.
Je suis journaliste.
J'écris un article sur des jeunes femmes disparues.
Un article...
Je n'arrive pas à savoir si vous êtes un ami ou un ennemi.
Je suis un ami.
Peu importe.
Je ne peux mourir qu'une fois.
Et la mort n'est pas loin.
J'ai déjà tout dit. Je ne peux rien dire de plus.
Et Irina ?
Irina est partie.
Ils l'ont mise à leur service.
Au service de qui ? Est-elle vivante ou morte ?
Vos recherches sont vaines. Elle n'est plus.
Soupçonnez-vous quelqu'un ? Qui servait-elle ?
Elle a été contrainte.
Les jeunes de notre pays sont sacrifiés
pour maintenir le pouvoir en place.
D'abord, ils prennent la vie de nos soldats.
Les étudiants qui manifestent sont pris pour cible
et tombent pour leur combat.
Oui, j'ai des soupçons.
Mais je ne peux vous en dire plus.
Battez-vous, si vous êtes jeune.
Vous aussi.
Trop tard. J'ai renoncé, et ils sont morts.
Je n'ai plus qu'à tenter d'oublier le passé.
S'il vous plaît.
Dites-moi ce que vous savez.
J'ai dit tout ce que j'avais à dire, jeune homme.
Je ne sais rien. Allez-vous-en.
Irina aimait la musique, n'est-ce pas ?
Oui, comme la plupart de ses amies.
New York a appelé.
J'ai dit que tu étais malade mais que tu revenais plus tard.
Enfin !
J'ai cru que tu avais disparu aussi.
Qu'as-tu trouvé ?
Pas grand-chose, hélas. Je ne sais plus où chercher.
Mais quelqu'un m'a reparlé de cette histoire de Moscou.
Quelle histoire ?
Je ne t'ai pas dit ?
Mira parlait d'aller à Moscou, semble-t-il.
Du nouveau sur les disparues ?
J'ai une piste. Un vieillard qui doit en savoir long.
Rien d'autre ?
Toutes ces femmes disparues
faisaient de la musique de chambre.
C'est sûrement une pure coïncidence.
Tout comme des milliers de gens fument les mêmes cigarettes que moi.
Et puis, il ne me semble pas que Mira faisait de la musique.
Il y a d'autres coïncidences.
Nous sommes dans une ville étrangère.
Ce qui te paraît bizarre est peut-être courant.
C'est étrange pour certains, normal pour d'autres.
Raisonne-toi.
Ne te laisse pas hanter par tout ça, essaie de prendre du recul.
Que je prenne du recul ?
Têtu comme je suis ?
Je m'oppose à toute résistance imposée par la force
et qui n'a pas d'explication logique.
Ça m'attire souvent des ennuis.
Renonce, Greg. Tu le prends trop à cour.
Un jeune garçon a apporté un message pour vous.
C'est le vieil homme qui me donne rendez-vous.
- N'y va pas. - Si.
Vous m'expliquez ?
On ne sait pas de qui ça vient, il n'a même pas signé.
Et tu vas à la rencontre de cet inconnu ?
Regarde, Jack.
Je t'accompagne.
Il m'écrit de venir seul. À plus tard.
Attention !
Qui a fait ça ? Vous le connaissez ?
Ils ne volent pas...
Ils ne les laissent pas s'envoler.
Comment ça ? Qui ? Dites-moi !
Ils ne volent pas...
Que s'est-il passé ?
Que fais-tu ici ?
Je savais que tu aurais des ennuis.
Qu'as-tu vu ?
Je t'ai vu avancer vers quelqu'un, peut-être lui.
Puis disparaître dans le brouillard.
Puis courir ici comme un dératé.
Dis ça à la police, je passerai pour un meurtrier.
Où vas-tu comme ça ?
Laisse-moi, ne me suis pas.
Montez l'oxygène au maximum.
Le muscle cardiaque ne réagit pas au stimulus.
Mais il ne présente aucune rigidité.
Il arrive qu'un cadavre reste souple plusieurs heures.
Aucun signe de respiration naturelle.
Sa température...
Elle ne bouge pas, elle reste autour de 32 degrés.
Même en chambre froide.
L'oxydation se fait toujours, peut-être au niveau musculaire.
Mais son cur est arrêté depuis trop longtemps.
C'est biologiquement impossible.
Ce n'est pas une science exacte. Il y a des tas de choses
que nous ne savons pas.
Vous avez raison, Karting.
C'est donc possible.
Aucune activité respiratoire.
Pas de pouls, encéphalogramme plat.
Aucun signe de la moindre activité.
Mais le scope enregistre quelque chose au-dessus de zéro.
Le vieillard...
Qui l'a tué ?
Ceux qui ont voulu me tuer ?
Aidez une pauvre vieille dame à traverser la rue.
Merci, vous êtes très gentil.
Dieu vous bénisse.
Qui êtes-vous ?
Que voulez-vous ?
Sortez, vous n'avez rien à faire ici.
Je suis membre du club.
Vous êtes étranger. Sortez !
Sortez !
Sale étranger !
Maître, un étranger est ici.
Un Occidental.
Comment le savez-vous ?
À ses chaussures.
Il a couru dans le couloir.
Il faut le trouver.
Alors, Peter ?
J'ai cherché partout.
Je vais continuer. Retournez au travail.
Bien, maître.
Espérons qu'il ne soit pas entré ici.
Tu ignorais mes sentiments pour Mira.
Ce soir-là, je t'ai appelé pour que tu sortes.
Je suis entré chez toi et je l'ai étranglée
pour me libérer de son emprise sur moi.
Bien sûr, j'ai jeté son corps dans l'égout le plus proche.
Et j'en ai jeté un deuxième,
que je gardais chez moi.
Va appeler la police et dénonce-moi !
Tu l'as compris, j'en ai assez de cette histoire.
C'est pénible, je sais.
Tout le monde le sait.
Ne laisse pas les flics te miner. Laisse tomber.
Repose-toi un peu.
Sinon, ton cur te mettra au repos éternel.
Tu as peut-être raison.
Je rassemblerai tes pièces du dossier avec les miennes.
Tu as vu Jessica ces jours-ci ?
Quoi ?
Jessica ? Non.
Elle se démène pour toi.
Tu t'en vas ?
Je vais rentrer pour me reposer.
Repose-toi bien.
Dis-moi, tu as déjà assisté à des récitals au Klub 99 ?
C'est réservé aux membres, pour tromper leur ennui mortel.
Ce sont tous des notables.
Hommes politiques retraités, quelques anciens acteurs,
qui ne tripotent pas que des instruments de musique.
Ateliers de porcelaine, de broderie,
d'échecs ou d'avortement. Pourquoi ?
Je remplis les critères, je devrais adhérer.
Ça t'endormirait, tu en as bien besoin.
Je n'en peux plus.
Vous venez de parler
d'un club dangereux.
Que voulez-vous dire ? Qui êtes-vous ?
Je m'appelle Pravski.
Koparal Pravski.
Bonsoir, M. Moore.
J'ai dit quelque chose de mal ?
Comment es-tu entrée ici ?
Je voulais te dire qu'un homme te surveille, en bas.
C'est un sbire de la police.
Ils te soupçonnent sûrement.
Tu n'aurais pas dû enquêter. Kierkoff t'en veut.
Il veut te faire porter le chapeau pour le meurtre du père de Marika.
Tu devrais rentrer à Londres.
J'aurais bien besoin de vacances.
Je t'ai eu une autorisation pour un vol prioritaire.
Je t'accompagne, si tu veux.
On a tous les deux besoin de vacances.
Plus que jamais.
Montez à fond.
Seringue.
Non, Ivan !
Continue !
N'arrête pas !
N'abandonne pas !
Toutes mes condoléances.
Vous étiez amis ?
On s'était connus à Paris il y a des années.
Ivan m'abandonne à son tour.
Pour eux, je ne suis plus parmi les vivants.
Si vous voulez, je pratiquerai l'autopsie.
C'est inutile.
J'aimerais comprendre l'absence de rigidité cadavérique.
Alors organisez l'autopsie.
À moins...
que je la fasse demain en cours d'anatomie.
Ce n'est pas honnête envers toi.
Il y a trop de souvenirs.
Ça n'a rien à voir avec toi.
Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines,
pourquoi tu laisses cette fille te hanter,
pourquoi cet endroit te rappelle des choses.
Ça me tue que tu tiennes à une fille comme elle !
Comment ça, comme elle ?
Tu ne sais rien d'elle.
C'est toi qui ne sais rien !
Tu crois qu'elle tenait à toi, mais c'est faux.
Elle appartenait à un autre monde.
Pas la peine de retourner la ville. Tu ne la reverras jamais.
Ce n'était qu'une petite traînée.
La passion t'égare.
Je m'en vais avant qu'on te mette en prison.
Ou pire.
Pardonne-moi. C'est ma faute.
Ils sont beaux.
C'est une drôle d'espèce.
Ils n'ont aucun instinct de voler.
Malgré leurs superbes ailes, ils ne s'envolent jamais.
Ils ne volent pas...
Ils ne les laissent pas s'envoler.
J'ai parlé à l'aveugle que tu as rencontré.
Il m'a donné des infos sur ce club.
Il en existe partout, à Paris, Londres, New York, Tokyo.
Il y a des choses troublantes.
Ces clubs commandent beaucoup de fleurs tropicales.
Bizarre, non ?
Et en magie noire,
le chiffre 99 signifie "amen", "terminé".
Tu crois que c'est une coïncidence ?
Ce n'en est pas une.
J'ai trouvé ce que je cherchais.
Le lien entre Mira et les disparues ne se limite pas à la musique.
Viens me rejoindre.
Je suis devant.
Devant le club, dans une cabine téléphonique.
J'ai vu des gens entrer,
mais il n'y a pas de concert prévu ce soir.
On pourrait inspecter le quartier. Apporte la carte du club.
J'arrive. Reste où tu es.
Fais vite, vieux.
La statuette...
C'était un papillon !
Tu es là ?
Jack, c'est toi ?
J'ai vu des êtres humains boire de la pluie
Et leur ventre
Enfler et éclater
Il a jailli de l'argent
Et une pluie de sang
Une pluie divine
Pourquoi ne laissez-vous pas
Les papillons aux ailes colorées
Voler librement
Dans le ciel
Pourquoi ne laissez-vous pas les papillons
Aux ailes colorées
Voler librement
Dans le ciel
J'ai cru que je rêvais
Je me suis lavé le visage L'eau était aussi rouge
Que du sang
Mon sang
J'ai voulu m'envoler
Dans le ciel
Mais ils m'ont coupé les ailes
Vous pensez qu'on va vous croire ?
Votre ami est alcoolique, il divague.
Arrêtez votre délire paranoïaque ou je vous jette en prison.
Je sais que vous êtes toxicomane.
On a trouvé un tube chez vous. Il est en cours d'analyse.
C'est de la morphine, avouez-le.
Cette fille et vous étiez drogués.
Vous lui avez injecté une overdose.
Elle est morte par votre faute.
Écoutez bien ma proposition.
Si vous rédigez des aveux en donnant cette version,
vous serez jugé.
Mais pour homicide involontaire.
Dans ce cas, je serai clément.
Je vous trouverai des circonstances atténuantes
et vous pourrez quitter le pays.
Le club...
Les papillons...
Il faut que j'y retourne.
J'ai froid.
Je suis gelé.
Il faut que j'entre dans le club.
J'ai peur. Mes idées se brouillent.
On peut le dire.
Transférons-le en hôpital psychiatrique
pour une thérapie d'électrochocs.
Il est seulement fatigué.
Je vais m'occuper de lui.
Avec votre accord.
Je vais vous reconduire.
C'est Valinski.
Vous vous souvenez ?
Il faut que j'entre.
Je dois le faire.
Ce soir.
Il le faut.
Dans votre état,
je vous conseille le repos.
Vous êtes fatigué.
Je suis le directeur.
Si vous m'aviez demandé,
je vous aurais fait visiter notre club.
Appelez-moi demain.
Il faut que je voie Mira.
Plus vite.
Il faut que j'y aille.
Calmez-vous.
Je vous ramène chez vous.
Ne vous en faites pas. Tout ira bien.
Ouvrez !
Ouvrez, c'est la police !
Ouvrez, j'ai dit !
L'affaire est classée.
Mira Svoboda a été tuée par son compagnon.
Le journaliste américain, Gregory Moore.
Il a aussi tué un autre de vos collègues.
Il a poignardé Jack MacPherson
dans une cabine téléphonique.
Son mouchoir
était près du corps.
Nous avons la preuve que Moore
souffrait d'un délire de persécution.
Il présentait de graves troubles psychiques.
C'est lors d'une crise qu'il a tué sa jeune fiancée,
dont il a signalé lui-même la disparition.
Il a dû tuer votre collègue
qui avait la preuve formelle de sa culpabilité.
Selon le professeur Karting, l'autopsie...
Il n'était pas fou.
Pas Greg.
Ce n'est pas Mira. Mira était une rebelle.
Elle a refusé le sexe et la fortune.
Tout le monde ici a été très déçu.
Nous utilisons les jeunes comme appât.
Ils sont importants car ils inhibent la résistance.
Elle dort, à présent.
Vous allez bientôt faire de même.
Le balai de Sabbat se débarrasse des étrangers.
Les plus âgés sonnent le tambour.
Les jeunes vont au combat.
Nous tiendrons les rênes du pouvoir
tant que certains seront prêts à se sacrifier,
prêts à verser leur sang.
Rien ne doit changer.
Nos pires ennemis sont les amoureux de la liberté.
C'est pourquoi nous les écartons et nous les détruisons.
Nous asservissons les gens libres pour rester au pouvoir.
Les jeunes nous maintiennent en vie.
Ils doivent être comme nous,
penser comme nous.
Les rebelles seront sacrifiés.
Catalepsie...
Vous serez déclaré mort.
Votre cerveau fonctionnera
après avoir été enterré, mais vous serez devenu fou.
Après avoir été enterré.
C'est mon cur.
Mon cur bat !
Il recommence à battre !
Vous n'entendez pas ? Mon cur fonctionne !
Mon cur bat. Ils vont bien s'en rendre compte.
Lors de cette autopsie, nous allons voir
les éventuelles complications d'une opération du cur
si celle-ci n'est pas pratiquée avec minutie.
Toute opération dans la région du cur
exige une grande technique de la part du chirurgien.
Aussi, observez ce cours avec la plus grande attention.
Passez-moi mes gants.
Bien, pour commencer,
on marque l'incision entre la 4e et la 5e côte.
Dans la zone du mamelon gauche.
Cette zone sensible exige une technique spéciale.
Fermez les volets.
Rappelez-vous :
Toute erreur ou faux mouvement
endommagerait définitivement l'organe
et causerait la mort.
Regardez bien.
Lumière.
Karting !
Je vais commencer.
Il faut viser l'espace intercostal avec le scalpel
et l'enfoncer d'un coup rapide et précis.
Comme ceci.
Adaptation : Anaïs Duchet
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
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