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Inscrivez vos noms sur les copies. Je vais les ramasser.
Merci.
Le temps est �coul�.
C'est quoi �a ?
Tu n'as rien �crit.
J'ai mal au poignet.
Pourquoi n'avoir rien dit ? Tu veux aller
� l'infirmerie ?
Non, �a va mieux.
Gonzalo, tu n'as m�me pas not� les questions.
Tu dois aller � l'infirmerie si tu veux repasser l'examen.
Tu m'�coutes ?
Si tu ne le fais pas, tu seras recal�.
D'accord.
Merci.
De rien. Au revoir.
- Bonjour. - Bonjour.
S'il vous pla�t, je veux parler � Fatima. Pour mes papiers.
C'est ouvert ?
Salut, toi.
Ibram. Comment tu vas ?
- Des nouvelles de mon fr�re ? - Je te l'ai dit hier.
D�s qu'on sait, je te pr�viens.
- Tu sauras quand ? - On doit nous appeler
de Londres d'abord.
- Toujours pareil. "Attends"... - Je sais, sois patient.
Allez.
- Salut, Ana. - Salut.
On se voit apr�s, OK ?
Cuba, c'est fou.
Rien � manger mais personne n'a faim.
Personne n'a faim mais tout le monde se plaint.
Ils se plaignent mais ils crient � la r�volution.
Ils crient � la r�volution mais veulent tous partir. Comme on dit :
"tu peux pas voir la for�t � cause des arbres".
Voil� les certificats. Y a pas eu de probl�mes.
Et le Mariano ?
Ton fr�re m'a donn� �a. Il s'est pass� un truc...
Vous lui avez parl� ?
Je veux dire, s'asseoir et parler vraiment.
- J'ignorais qu'on avait un probl�me. - Oui.
Les gens croient qu'on doit tout faire ici.
Je ne dis pas �a pour vous, mais �a arrive.
Alors ils disent : "Pourquoi vous n'avez rien dit ?"
Pourquoi vous m'avez rien dit ?
Si vous l'aviez demand�, je vous l'aurais dit.
Gonzalo,
le petit d�jeuner est pr�t. J'y vais.
Il est presque 8 h. Sois pas en retard.
- Comme �a. - Seuls les immigrants et les soldats...
- Tu peux le raccourcir ? - Oui.
Salut, Ana !
Abdoul. Comment �a va ?
- Tu vas bien ? - Bien.
Tr�s bien.
- J'ai eu mes papiers. - S�rieux ?
�coute, Ramon, Abdoul a eu ses papiers.
- C'est super. F�licitations. - Je suis content. Merci.
Je t'ai apport� un petit cadeau.
C'�tait pas la peine, vraiment.
Tout ce que je veux te dire est �crit l�.
Lis-la quand tu seras seule.
Quand je serai seule, OK.
- Oui ? - Ana Martin ?
Oui.
Je suis la professeur de Gonzalo.
Je me demandais s'il lui �tait arriv� quelque chose.
Gonzalo ?
Tu es l� ?
Pourquoi t'as s�ch� les cours ?
Je sais pas.
Comment �a ?
Je veux pas sortir de ma chambre.
Tu veux quoi ? Rester assis devant ton �cran sans arr�t ?
Je sais pas.
Moi, si. �teins-moi �a.
Gonzalo !
- �teins �a. - Je suis dans les montagnes !
Je m'en fous. �teins �a.
Et ne le rallume pas sans ma permission.
Demain, je veux te voir � l'�cole. C'est clair ?
Non.
Comment �a, "non" ?
Je quitte pas ma chambre.
Gonzalo, l�ve-toi et passe au salon imm�diatement.
J'ai dit, viens avec moi au salon imm�diatement.
Gonzalo.
Gonzalo !
Viens au salon imm�diatement !
Gonzalo !
Merci.
- Salut, Carlos. - Salut.
La livraison est arriv�e.
Et le Mariano ?
Pr�t�. On peut rien faire tant qu'il revient pas au mus�e.
Le certificat ne sera bient�t plus valable.
Essaie de comprendre, Fabre.
Mon fr�re joue gros.
Le Mexicain qui a achet� le Potocarrero
l'a mis dans le catalogue de sa galerie !
Qu'est-il arriv� ?
Rien cette fois, mais c'est chaud.
R�cup�re mon tableau avant que �a p�te.
On doit faire gaffe. Fais-moi confiance.
J'ai un pressentiment.
Un pressentiment ?
C'est physique.
Allez, sois patient.
Des beignets coco.
- T'en veux ? - Non, merci.
Je suis press�.
Oublie pas le Mariano.
� bient�t.
T'as eu du bol de me trouver.
J'ai essay� dimanche.
Porte 16, pr�s de la tour B.
T'es pas venu.
Je vais qu'aux matchs de la Champions League.
Qui a gagn� ?
Ils nous ont �cras�s.
Regarde, Berta et Cristian.
Il y a un mois. Un dimanche � la campagne.
Comment va Rita ?
Bien, tr�s bien.
On a un bar.
�a marche pas mal.
On en a fait un pub. Une id�e de Rita.
Comment il s'appelle ?
J'aimerais bien y prendre un verre.
�coute, Mikel.
C'est super que tu sois sorti, franchement.
Mais m�langeons pas tout.
Tu as ta vie, moi la mienne.
Comprends-moi bien.
- Pour de l'argent, une piaule... - J'ai un appart.
Enfin...
J'ai un pote � la mairie d'Alcorcon.
Au service des sports.
Tu joues encore aux �checs ?
Alcorcon ?
Oui.
Tu crois que je suis venu te faire chier ?
Non.
- T'en veux ? - Non.
Qu'est-ce qu'il a, Fabre ?
Rien. Il devrait ?
Il avait jamais parl� de pressentiment avant.
C'�tait bizarre... comme s'il me testait.
- J'y crois pas. - Quoi ?
- T'es parano. - Tu parles.
Il parlait du tableau.
Il pense que tu vas pas lui apporter.
Mais il y a autre chose.
Comme quoi ?
Depuis quand vous baisez plus ?
Va te faire foutre.
Non, s�rieux. Depuis quand... ?
- C'est pas tes oignons. - Mais si.
Si vous baisez pas, il croira qu'il y a quelqu'un d'autre.
Et apr�s ?
Je veux pas de probl�mes.
Il a jamais �t� un probl�me.
- Je te ram�ne ? - Non.
- Salut. - Bonsoir.
Je t'ai appel�. J'�tais inquiet.
J'ai pas entendu. J'�tais dans un bar.
- Tu as mang� ? - Oui.
Tu veux un verre ?
Bonne nuit.
Oui ?
Carlos ?
Oui. C'est qui ?
Luisa.
Luisa ?
Il y a quelqu'un ?
Non, je suis seul.
Je vis seul.
J'ai cru que tu avais peut-�tre chang� de num�ro.
Non, j'ai pas chang� de num�ro, Luisa.
Tu t'attendais pas � �a, non ?
Merde.
- Salut. - Salut, Ana.
Entre.
- Je t'ai r�veill� ? - C'est pas grave. Entre.
- Comment tu vas ? - Bien.
Un caf� ?
Non, merci. J'ai d�j� d�jeun�.
- T'as fait la f�te hier soir ? - Pourquoi ?
T'as mauvaise mine.
Ana...
T'as rien d'autre � me dire apr�s un mois d'absence ?
C'�tait une question.
On est pas � ton bureau.
�a va pas ?
C'est Gonzalo.
Qu'est-ce qu'il a ?
Il refuse de sortir de sa chambre.
Il va plus � l'�cole.
Je l'ai engueul�.
S�rement une petite crise d'adolescence.
Je sais pas quoi faire.
Je suis vraiment paum�e.
Tu lui as parl� ?
Il veut pas me parler.
Il a l'air bien,
il est pas angoiss�, mais...
il est amorphe.
Tu veux que je fasse quoi ?
Tu pourrais lui parler.
Tu lui as offert ce simulateur...
Salut, Gonzalo. �a gaze ?
- Ma m�re t'a appel� ? - Non.
Je pensais passer de toute fa�on.
Et l'�cole ?
J'y suis pas all�.
Et pourquoi ?
Tu t'y ennuies ?
Tu vas o� ?
En Antarctique.
En Antarctique.
Tu feras quoi l�-bas ?
Voir comment c'est.
Il y a rien � voir.
C'est froid, d�sert. Aucun pilote penserait � aller l�-bas.
Moi, si.
T'as que 13 ans, Gonzalo.
Et encore plein de choses � apprendre.
Ma m�re t'a dit de venir.
Tu peux pas t'enfermer
comme si le reste n'existait pas.
Dehors, il y a plein de jolies choses.
Tout dans cet ordi n'est que...
mensonge.
Tu crois �a ?
Si j'y crois ?
- � ton avis ? - Non.
Tu es inquiet, tu as peur de quelque chose ?
J'ai 14 ans, pas 13.
J'ai entendu.
Tu vas faire quoi ?
J'en sais rien.
Tu l'as ?
Ma m�re.
Mariano a mis 2 mois � le peindre.
Ma m�re a d� poser 4 heures par jour.
Un vrai supplice.
Mais �a valait la peine.
Apr�s les communistes nous ont tout pris.
Je comprends qu'ils prennent une maison, on en avait deux,
ou deux de nos trois voitures.
Mais certaines choses...
personne devrait te les prendre.
M�me pour les accrocher dans un mus�e.
C'�tait ma m�re.
Tu vas le r�cup�rer.
On est deux exil�s.
On a perdu beaucoup de choses.
Quand tu dis que ce sera long pour le Mariano, je te crois.
Et quand tu dis que je le r�cup�rerai,
je te crois aussi.
Business mis � part, on est amis, non ?
J'ai dit � Laura que je voulais un b�b�.
Elle a dit, jamais avec moi.
- Laisse-lui le temps. - Si j'agissais mal,
si au lieu de l'aider, je foutais tout en l'air, tu me le dirais, non ?
Je te le dirais.
Je suis content.
Je ferais pareil pour toi.
Kolya est un bon fils
mais ils comprennent rien. C'est facile
pour eux de l'appeler l�che,
de dire qu'il supportait pas.
Supporter quoi ?
Je l'ai pas �lev� pour faire la guerre.
On fait tout notre possible, Olga.
C'est quoi "votre possible" ?
La Russie est un grand pays, l'administration est lente.
Je vous l'ai dit, le regroupement familial prend du temps.
- Pour Lyuva, �a a �t� plus vite. - C'�tait diff�rent.
Parce que c'est une fille ?
Pour plein de raisons, Olga.
Nicola� est en prison.
Pour d�sertion, je sais, mais c'est quand m�me un d�lit.
Et on ignore o� il est.
On ne peut pas �tudier son cas avant de le savoir.
Ana, comprends-moi. Je dois trouver mon fils.
Et je ferai le maximum pour t'aider.
Et ton espagnol ?
Un peu.
Tu dois apprendre
ou tu trouveras pas de travail.
Pas de bon travail pour fille russe.
Salut, Gonzalo.
Maman, je sors pas. J'ai pas envie.
Je veux te pr�senter quelqu'un.
Salut, Gonzalo.
Lyuva est une amie russe.
Elle va rester avec toi pendant que je travaille.
- J'ai pas besoin d'une nounou. - C'en est pas une.
Elle pr�parera tes repas.
Elle cuisine bien et elle doit apprendre l'espagnol.
Tu pourrais l'aider. T'aurais qu'� lui parler.
Un peu... espagnol.
Vous m'appelez, OK ?
- Je vous aide ? - Non merci. �a ira.
Je m'appelle Mikel.
- On est voisins. - Un probl�me ?
J'aimerais des cigares cubains.
� un bon prix.
J'en ai plus.
Montecristo num�ro 4.
C'est un des miens.
Non, non, non.
C'est cadeau. Appr�cie-le.
Excusez-moi. Merci.
Salut.
Tu fais quoi l� ?
C'est un Montecristo.
Tu fumes des Montecristo maintenant ?
Je peux t'avoir une bo�te si tu veux.
J'ai arr�t�.
Pardon ?
Ce sera quoi ?
Une bi�re.
Merci.
Comment tu m'as trouv� ?
Je me suis souvenu...
De quoi ?
Du nom de ta femme.
Reyes.
Un bar avec ce nom devait �tre le v�tre.
Tu veux quoi ?
Whisky avec des gla�ons.
Garde �a pour le taxi.
- Tu le connais ? - Un peu.
Alors, tu aimes les �checs ?
Je jouais et je donnais des cours.
On a eu un champion du monde � Cuba... Capablanca.
Je l'ai jou� une fois.
Un championnat � l'�cole.
L'�cole d'�checs ?
�cole de pilotage. � Cuba, j'�tais pilote.
Antonov 2.
Fumigation.
Pourquoi tu vends des cigares ?
C'est la vie.
Tu pourrais pas voler ici ?
Qui m'engagerait ? Iberia ?
American Airlines ?
Je vois.
Donc, il te reste les cigares.
Une copine � moi � Miami a un pote
qui a une �cole de pilotage, mais faudrait que j'aille l�-bas.
Tu vas faire quoi ?
Je sais pas encore.
Si tu aimes voler,
Miami, c'est aussi bien qu'ailleurs.
Tu es... bon ?
Quoi ?
Bon aux �checs.
Je suis g�nial.
Mais je suis un peu rouill�.
J'ai pass� beaucoup de temps
- � dormir, lire et regarder la t�l� ? - T'as gagn� au loto ?
Non, la prison.
Sinon, je gagnerais ma vie en jouant aux �checs maintenant.
J'ai battu Karpov une fois.
Bon, c'�tait une partie simultan�e et il �tait crev� du voyage...
Mais j'ai �t� le seul � le battre.
Tu donnes encore des cours ?
J'ai pas d'�l�ves.
Gonzalo,
voici Mikel.
- Un ami � moi. - Salut, Gonzalo.
Mikel est professeur d'�checs.
Il va t'apprendre � jouer.
Tu vas adorer. C'est un jeu tr�s ancien
- qui vient d'Inde, non ? - Oui, d'Inde.
Il a �t� invent� il y a plus de mille ans
et s'est r�pandu dans le monde
parce que c'est un jeu tr�s intelligent et tr�s sp�cial.
C'est un jeu qui d�veloppe les facult�s mentales,
l'esprit.
Oui. Beaucoup de ce que j'ai appris, je le dois aux �checs.
Tu vois ? C'est un grand professeur.
Un cadeau pour toi.
Ton premier �chiquier.
Bon allez, je vous laisse.
- Alors, t'en penses quoi ? - J'en sais rien.
Ton joueur d'�checs a plus l'air d'un plombier.
C'est comment un joueur d'�checs ?
Cheveux longs, lunettes,
l'air n�vros� ?
C'est un type bien.
La premi�re chose � savoir : c'est une guerre.
Tu as une arm�e,
moi, une autre.
Le but est de gagner.
Et pour gagner,
tu dois faire du forcing,
occuper les meilleures positions
et attaquer.
Si tu peux pas vaincre ton ennemi,
tu peux toujours essayer de faire pat.
La derni�re chose � faire, c'est de se rendre.
Des questions ?
Tu vas me demander de sortir de ma chambre ?
Moi ?
Et pourquoi ?
Ils le font tous.
�a m'est �gal.
C'est pas si bizarre. �a arrive souvent.
Au Japon.
Je l'ai lu l'autre jour.
Des mecs s'enferment dans leur chambre et n'en sortent plus.
Pourquoi ils font �a ?
La honte.
Le Japon est comme �a.
Ils sont tr�s pr�occup�s par la honte, l'honneur.
Quand ils le perdent, ils peuvent se faire hara-kiri.
Tu sais ce que c'est ?
Ils s'ouvrent le ventre.
Imagine que je perde contre toi
et que je me tue, de honte.
Parce que c'est moi le professeur ?
Les gens surestiment les choses.
Alors me prends pas
trop au s�rieux.
Les �checs non plus.
Alors pourquoi on joue ?
Pour voir ce qui se passe.
Je vais partir un temps.
Longtemps.
Luisa m'a appel�.
Apr�s trois ans ?
Elle m'a dit
qu'elle avait un job pour moi.
Dans une �cole de pilotage.
Je pourrais voler � nouveau.
Elle a dit �a ?
Et qu'elle m'aiderait de son mieux.
Elle veut r�essayer.
Comme la fois o� elle te prenait plus au t�l�phone.
Elle allait pas bien.
- Miami, c'est la merde. - Bon...
Je la connais pas.
Mais toi, t'�tais mal.
J'esp�re que �a marchera cette fois.
C'est ce que t'as toujours voulu, non ?
Salut, Carlos.
�coute, c'est compliqu�.
- J'ai des trucs � faire. - Je t'y conduis ?
C'est pas la peine.
Quels trucs ?
Je pars en voyage.
Je pars avec toi. On va o� ?
C'est un aller simple, Laura.
Pour o� ?
Miami.
Tu bloques le trafic.
Merci.
Motif du voyage ?
Voir une amie. Tout est ici.
- Que fait votre amie ? - Elle est dans les assurances.
Vous avez quitt� Cuba... ?
Il y a cinq ans.
- Vous y faisiez quoi ? - Pilote.
Rien de militaire. De l'avion agricole.
Fumiger les orangers...
Pas de souci, nous Cubains, on est des grandes gueules,
mais on s'�crase pas dans les buildings.
Je blaguais.
Revenez dans 3 semaines.
- T'es cubain, non ? - Oui.
Moi aussi. Je m'appelle Leonid mais on dit L�o. T'es d'o� ?
- De La Havane. - La Havane !
Moi de Holgu�n, mais je suis ici depuis un bail.
�a a march�, au consulat ?
- Ouais. - �a baigne, mec.
Prends ma carte.
Si jamais t'avais besoin.
"Purification spirituelle
- "voyance dans les coquilles ?" - Un de mes business.
L'autre, c'est le transport vers Miami.
Un probl�me de visa, tu m'appelles
et j'arrange �a.
Putain, mec. Tu vas s�rement l'avoir sans probl�me.
Mais garde ma carte.
On sait jamais.
OK ?
Le whisky ?
Pour moi.
T'es Berta, non ?
Je connais ton p�re.
Mon p�re conna�t du monde.
Tu le connais vraiment ?
On a partag� une cellule.
Il a pris 4 ans pour escroquerie.
Il est sorti avant moi.
Et il tient ce bar.
Il s'est pass� quoi ?
Avec le p�re de la fille.
Rien.
Rien ?
Il t'a pas salu�,
ni m�me pay� un verre et tu dis "rien" ?
On a v�cu ensemble 4 ans
dans une cellule.
Je lui ai appris les �checs,
il m'a so�l� avec son foot.
Et j'ai jamais mis les pieds au stade.
On savait tout l'un de l'autre
et on s'offrait des trucs.
Quel genre de trucs ?
Du genre qu'on offre � une fille qui te pla�t.
Y avait pas grand-chose � acheter en prison,
mais je passais des heures � lui chercher un cadeau.
Et � partir de maintenant ?
Le gouvernement dit qu'on massacre des gens au Soudan
mais refuse d'aider les r�fugi�s.
C'est le Minist�re de l'Int�rieur qui d�cide,
- tu le sais. - On devrait les d�noncer.
Ils disent une chose aux m�dias et apr�s,
- en font une autre. - Ici, on d�nonce rien.
On est plus utiles comme �a.
- Utile ? - Oui, utile.
On travaille pour eux, on leur trouve un boulot,
- un logement... - Sans oublier nos subventions.
- C'est le plus simple. - Simple ?
Le plus simple, c'est de manifester et d'avoir
- bonne conscience. - Salut.
- Bonjour. - Ibram, que fais-tu l� ?
Je me demandais si il y avait des nouvelles de Londres.
Tu sais, mon fr�re...
- Je t'ai dit t'attendre. - C'est mon seul fr�re.
- Je l'ai pas vu depuis 5 ans. - Tu le verras.
On le trouvera.
On �tait toujours ensemble.
Madrid, Londres, c'est tout pr�s...
On est pas nombreux ici et on a beaucoup de travail.
Tout prend du temps.
Je pourrais aider. Faire des trucs, appeler.
Attends qu'on t'appelle chez toi.
Tu disais que vous �tes pas assez.
Ne d�sesp�re pas. Si on a besoin, on t'appellera, OK ?
- Ana ? - Oui ?
Amnistie International, Moscou.
�a ne va pas ?
Non. Pourquoi ?
Je sais pas.
C'est un DVD. Carlos me l'a apport�.
O� est Lyuva ?
Chez elle. Mais elle a fait plein de cr�pes, demain elle vient pas.
Elles sont bonnes.
- Bonjour, Olga. - Ana ?
Entre.
Fallait pas te d�placer.
Tu pouvais voir avec Lyuva.
- Non, je devais venir. - Bonjour, Ana.
- �a va, Gonzalo ? - Mieux, merci.
- Un caf� ? - Non, merci.
Des nouvelles ?
Nicola� est condamn� � perp�tuit� depuis 2001.
Pas pour d�sertion...
mais pour 7 viols et 4 assassinats.
Vous le saviez ?
- Oui ou non ? - Des mensonges.
Mensonges ?
Pourquoi vous m'avez rien dit ?
Pourquoi vous m'avez rien dit ?
- Ils exag�rent tout. - Qui "ils" ?
Le gouvernement, les militaires.
Ils l'ont oblig� � faire �a.
� tuer et � violer ?
T'aurais pas d� me mentir.
T'as pas id�e de ma d�ception. La v�rit�, c'est tout ce que j'ai.
Tu comprends pas.
Mon fils �tait pas un assassin.
Ils l'ont forc� en Tch�tch�nie.
Tu trouves �a normal que ceux qui l'ont d�truit
- l'envoient en prison ? - On peut rien y faire.
Je m'en fous ! J'ai parl� avec Amnistie International.
Ils d�fendent les prisonniers de droit commun, pas nous.
Pas nous ! On est une organisation humanitaire.
Tu dis que t'aides les gens mais c'est pas vrai.
Tu veux juste
avoir bonne conscience.
Fallait pas mentir. �a n'a pas aid� ton fils.
Certains de l'ext�rieur
jubilent de nos erreurs, nous ridiculisent.
Et comment on fait, nous, apr�s ?
Dis-le-moi.
Une m�re
doit faire tout pour son fils.
�a, je le sais.
Votre demande a �t� refus�e.
Quoi ?
Pour suspicion d'immigration ill�gale.
Mes papiers sont en r�gle. J'ai ma carte de r�sident, des �conomies...
- Alors quoi, bordel ? - D�sol�.
Il vous manque quoi ?
Vous pouvez faire appel.
Comment tu vas te d�fendre maintenant ?
Essaye pas une contre-attaque d�sesp�r�e.
Mieux vaut consolider ta position
et attendre.
Merde.
Je t'ai pas appris �a.
J'ai �tudi� les revues.
Elles viennent d'o� ?
Du parc.
J'y vais des fois
me promener, les acheter, jouer un peu...
Tu fais que �a ? Jouer ?
�a suffit pas ?
Personne vit en jouant.
Si, les footballeurs.
Mais j'en connais aucun.
Et toi, tu fais quoi d'autre ?
Je peux voler.
Carlos dit que c'est pas r�el mais pour moi, �a l'est.
- L�o ? - Quoi ?
L�o.
�a roule, mec ?
Pas mal.
- Un rhum ? - Non, merci.
Assieds-toi.
Alors, ils t'ont boul� ?
Je pourrais faire appel,
- mais je perds mon temps. - C'est vrai.
Mais t'as bien fait de venir me voir.
Regarde. Je peux t'en avoir un comme �a.
C'est un vrai
et avec ta photo... �a vaut 10 000,
mais pour un Cubain, 8 000.
- Et si on me chope, on me... - Dis pas de conneries.
T'en as juste besoin pour prendre l'avion.
T'en as pas besoin aux USA.
Avant d'atterrir,
tu le jettes aux chiottes,
� la douane, tu montres ton passeport cubain
et tu demandes l'asile politique.
Pourquoi pas demander une avance � Fabre ? Il s'en fiche.
Non.
J'attendrai le tableau, me ferai payer et partirai.
Et s'il vient pas ?
- Il arrivera dans une semaine. - Et sinon ?
Ce serait pas nouveau.
Il arrivera.
Et sinon ?
T'aimerais bien, non ?
Tu penses qu'� Miami, il y a quoi l�-bas pour toi ?
C'est mon probl�me.
Je fourre pas mon nez dans tes affaires
et je pourrais.
Quelles affaires ?
- Oublie �a. - Non. Dis-moi.
- Non. C'est pas grave. - Dis-moi.
Rien ne t'int�resse, � part toi, bien s�r.
Et merde au reste.
C'est vrai, Carlos.
Tu vois rien de ce qui se passe autour de toi.
- T'as pas le droit. - Vraiment ?
J'ai quels droits pour te baiser et �couter toutes tes conneries ?
Aucun de nous n'a de droit � rien.
Moi, si.
J'ai le putain de droite de faire ce que je veux. Tout �a m'int�resse !
Ton mari t'adore et toi, tu l'ignores.
Joue pas les victimes.
- Je l'ignore pas. - Ah bon ?
Non.
Alors fais-lui un gosse.
Tu restes avec lui par int�r�t, mais porter son gosse,
c'est autre chose.
C'est la seule chose
- que je peux d�cider seule. - Bien.
Moi aussi, j'ai des choses � d�cider seul.
S�r.
Des cr�pes.
Enfin, un essai. Tu veux une bi�re ? Au frigo.
Carlos m'a parl� de ton job.
Je trouve �a beau.
Beau ?
T'en as marre qu'on te dise �a.
Non. C'est pas �a dont j'ai marre.
- T'as connu Carlos � ton boulot ? - Oui.
En arrivant ici, il connaissait personne.
On lui avait dit que s'il pr�tendait �tre gay,
il aurait l'asile politique. Il �tait na�f.
En Espagne, beaucoup de demandes d'asile sont rejet�es.
Pourquoi �a a pas march� ?
Immigrant et travailleur social... �a marche jamais.
Ils te voient jamais autrement. C'est fatigant.
�a t'a fait mal ?
�videmment.
�coute...
Je vais parler avec Gonzalo.
Il peut pas rester enferm� ind�finiment.
Ne l'oblige pas...
Pourquoi il a fait �a ?
J'en sais rien.
Dehors, le monde est bien merdique.
Parfois, on a besoin d'en inventer un autre,
m�me s'il a la taille d'une chambre.
C'est pas la r�alit�.
Et apr�s ?
C'est plus un gosse. Il doit apprendre la vraie vie.
Et c'est comment ?
Diff�rent.
Diff�rent comment ?
All� ?
Un appel en PCV pour Carlos Hernandez de No�l Hernandez.
- La Havane, Cuba, vous acceptez ? - Oui.
C'est moi. �a gaze ?
- �a gaze ? - J'ai peu de temps. �coute.
Cherche le site web du Miami Herald.
Je peux pas t'en dire plus.
UN R�SEAU DE CONTREBANDE DEMANTELE � LA HAVANE
- Oui ? - Relev� du gaz.
Je te pique une bi�re.
Il y en a plus !
Dans le frigo, en bas.
Ah, oui.
C'est bon.
Je viens de l'apprendre.
Mon fr�re est mort de trouille.
Et le tableau ?
Il est sorti du mus�e mais oublie-le pour le moment.
- Attendons que �a se calme. - C'est mieux maintenant.
Non, il l'enverra d�s que l'orage sera pass�.
Crois-moi.
- Pourquoi tu me dis pas la v�rit� ? - Je fais que �a.
Il y a un truc qui va pas.
Tu dois pas savoir bien m'expliquer.
Le tableau est � l'abri et tu l'auras.
"Je l'aurai" ?
C'est quoi ? Une promesse, un engagement ?
Je t'ai d�j� laiss� tomber ?
Tu connais Vaclav Havel ? C'�tait le pr�sident tch�que.
Pour lui, le pire h�ritage du communisme n'est pas l'�conomie.
Tu sais pourquoi ?
Car on peut la sauver par le commerce libre.
Mais la double morale...
�a, �a d�truit un pays.
Ne juge pas, Fabre.
Tu vis ici comme un roi depuis 40 ans.
- Je dis ce que je vois. - Tu vois
qu'une putain de baraque
avec une piscine couverte et la Jaguar dans le garage.
Je dois aller en ville.
Tu peux m'y amener ?
Ta voiture a un probl�me ?
J'ai pas envie de conduire.
Je peux pas aller te chercher.
Je te l'ai pas demand�.
Je prendrai un taxi.
�teins �a.
�teins �a !
Fais pas chier.
Je t'ai bien aid�.
Vous parliez du tableau.
Je t'ai sorti de l�, je t'ai laiss� me baiser
et tu me remercies m�me pas.
�coute, je t'emm�ne en ville mais tu rentres en taxi, OK ?
�a tourne mal et �a devient de ma faute ? Va te faire foutre.
Qui parle de faute ? Tu as ton mari
et j'ai ma vie.
�a veut dire quoi ?
Que c'est fini.
T'es qu'un l�che.
Et toi une ingrate.
- Ingrate ? - Oui. Ingrate.
De quel droit tu peux m'appeler comme �a ?
Je te dois quelque chose ?
Je le dois � Fabre ?
Toi, tu lui piques son fric et tu baises sa femme.
Tu m'as couru apr�s.
Toujours.
Et tu pouvais pas dire non ?
T'en aurais bais� un autre.
�a apaise ta conscience ?
T'as jamais �t� un probl�me de conscience.
Arr�te la voiture.
Arr�te la voiture !
Arr�te la voiture !
Arr�te la voiture !
Arr�te la voiture !
On est au milieu de la route.
Je suis d�sol�.
- J'ai dit d�sol�. - Toi, d�sol�, mon cul !
Je t'ai cru diff�rent mais t'es un Cubain typique,
qui profite des autres.
La pire esp�ce.
Qu'est-ce que tu fais ?
Me touche pas !
Me touche pas !
Me touche pas !
Fils de pute !
Fils de pute !
Fils de pute !
T'approche pas de chez moi !
T'approche pas de chez moi !
Esp�ce de salaud !
T'approche pas de chez moi, t'entends ? Et t'approche pas
de moi. Fous-moi la paix !
Fils de pute !
Pourquoi tu me fais �a � moi ?
Je voulais voir o� tu vivais.
Recommence jamais.
Je suis d�sol�.
Je suis d�sol�.
T'es toujours l�.
Laura !
Laura, s'il te pla�t !
Laura, attends !
Je vais te conduire !
Laura, stop !
S'il te pla�t !
Stop !
- Fous-moi la paix ! - Laura,
je suis d�sol�.
Laura !
Laura !
Tu vas te tuer !
Laura ! Laura !
Laura !
Laura, arr�te !
Ana,
on a re�u un fax de Londres. Son fr�re s'est suicid�.
T'avais dit que tu ferais...
Et t'as rien fait.
Ibram, calme-toi.
Tu voudrais que
je me calme ?
Il est mort !
Il est mort !
Y a un mois, il �tait vivant.
Maintenant, il est mort.
Un putain de mois !
Je suis d�sol�e, d�sol�e.
Menteuse !
T'es une menteuse. Tu t'en fous !
Tu t'en fous !
Ibram,
allons en parler dans mon bureau.
C'�tait mon seul fr�re !
Mon seul fr�re ! Je fais quoi maintenant ? Mon petit fr�re.
- Calme-toi. - Mon petit fr�re.
Et tu veux que je me calme ?
T'as pas lev� le petit doigt, ni toi ni personne,
dans ce putain de bureau !
- On a fait au mieux. - Rien !
- Arr�te. - Ni toi, ni personne...
Personne a rien fait !
Personne a rien fait !
S'il te pla�t !
Personne a rien fait ! Personne a rien fait !
T'as rien fait !
Rien !
Ibram !
Ouvre !
Ibram !
Ouvre la porte !
Reculez !
Rien de grave.
Les c�tes et l'�paule, mais...
Je peux la voir ?
Je crois pas. On lui fait un scanner.
C'est arriv� comment ?
Elle a pris une rue avec son fauteuil...
Arr�te tes conneries.
Il s'est pass� quoi, merde ?
Tu vas cracher le morceau ?
Je couche avec elle depuis un an.
Je suis d�sol�.
Ramon.
Ana.
- J'ai essay� de t'appeler. - Mon portable �tait �teint.
- �a va ? - Bien. O� est Miriam ?
Aux archives.
Miriam ?
Je laisse tomber.
Pour un temps en tout cas.
J'ai besoin
d'arr�ter.
Prends tout ton temps.
Je m'occupe de tout.
Si je bouge les pions, les blancs prennent la reine.
Bouge le roi.
Je gagne.
Tu veux pas de glace pour �a ?
Non.
�a fait pas mal.
J'ai �t� enferm� une fois, tu sais.
Six ans. En prison.
En prison ?
Pourquoi ?
Des choses...
C'est sans importance maintenant.
Je voulais pas m'enfermer.
Je serais sorti si j'avais pu.
Mais toi, t'as d�cid� de rester dans ta chambre.
C'est diff�rent,
mais c'est un peu pareil.
Comment ?
Tu oublies peu � peu l'ext�rieur.
Le temps s'arr�te.
Et tu crois que c'est mieux dedans
parce que tu crois que tu as le contr�le
et que ce monde est le tien.
Mais tu contr�les rien.
Il faut que tu le saches.
C'est comme les �checs.
Tu sais jamais quelle pi�ce va bouger ton adversaire.
Tu te pr�pares, mais tu sais jamais.
C'est �a l'ironie.
S'enfermer, c'est comme jouer aux �checs tout seul.
Mais tu viens jouer avec moi.
Oui, mais je vais arr�ter.
Pourquoi ?
Ma vie ne s'arr�te pas ici.
Je voulais te le dire.
- Salut. - Salut.
C'est d�j� fini ?
Oui. Je lui ai donn� quelques exercices.
Que t'est-il arriv� ?
Rien, rien.
J'ai pris une porte.
Tu vas bien ?
Ana, je ne reviendrai peut-�tre pas.
Je dois penser � mes affaires. J'aimerais revenir,
mais je...
C'est pas grave.
Bonne chance.
Mikel ne viendra plus.
Je sais.
- All� ? - Carlos, c'est Fabre.
Elle est dans la chambre 18.
Va lui parler,
expliquez-vous une bonne fois pour toutes
et d�gage.
Tu voulais aller � Miami ?
Je te donnerai l'argent.
J'enverrai un ch�que demain.
Et je veux plus jamais te revoir.
Et le tableau ?
Rien � foutre !
Comment tu vas ?
Bien.
C'est pas grave.
- Je suis d�sol�... - C'�tait pas ta faute.
J'�tais hyst�rique.
J'ai une question � te poser.
Et je veux la v�rit�.
Pas d'excuse, de mensonge, je demande rien d'autre.
T'as d�j� pens� qu'il pouvait y avoir un truc entre nous ?
Autre chose
que de la baise et du bon temps ?
Non.
Tr�s bien.
Je voulais te l'entendre dire.
Le graver dans mon esprit.
Adieu, Carlos.
Adieu.
�a, c'est �chec.
Et si je bouge vers la droite aussi !
Bouge le pion.
Mat.
Ta m�re joue mal, non ?
Mikel m'a parl� d'un endroit o� les gens jouent.
Un endroit ?
Au parc.
On pourrait y aller un jour.
Toi et moi ?
Bien s�r.
T'aimerais pas ?
Et je dois retourner � l'�cole et toi au boulot.
Pas vrai ?
Si.
Oui ?
Bonjour. Vous �tes Ana ?
Oui.
C'est Amnistie qui m'envoie. Ma fille a un probl�me.
Elle veut faire venir ses enfants ici.
- Vous pourriez nous aider ? - Tu es d'o� ?
De la R�publique Dominicaine.
- Tu t'appelles comment ? - Angela.
Raconte-moi �a, Angela.
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