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Zulu
...
Claquement de porte.
...
-10 !
9, 8, 7,
6, 5, 4, 3, 2, 1...
0 ! -Allez !
-Ouais !
-Bravo ! Honneur � toi, cousin.
On est tous fiers.
-Tu veux de la tarte ?
Il en reste.
-Je n'en peux plus.
-Elle l'a faite pour toi.
-J'en ai pris 3 fois. -"Va �prouver ton courage,
"c'est dans le sang qu'on lave
"un tel outrage. Ne r�plique point. Je connais ton amour,
"mais qui vit inf�me est indigne du jour. Plus l'offenseur est cher,
"plus grande est l'offense."
Alors, c'�tait qui ? -"Le Cid", Don Di�gue.
-Merci, maman.
Bande d'incultes. -Si tu rates acteur,
tu pourras �tre serveur.
Ca te va bien.
-C'est sa f�te ou celle de son cousin ?
-Allez, laissons l'artiste s'exprimer.
-Merci, papa. L'artiste,
ce soir, va s'�clater. Une bo�te
vient d'ouvrir. Ca te tente, jeune dipl�m� en droit ?
-Est-ce une bonne id�e ?
Ton stage commence demain,
au barreau. -Allez,
c'est son anniversaire.
-Fais comme tu veux.
-Laisse tomber, je suis crev�.
-Allez, bravo.
Sant� � toi.
-A tes amours.
-Salut, Nico. Salut, Manon.
-Merci. -Salut, cousin !
-Merci, salut. -Rentrez bien.
-Ne rentre pas � 6h du mat.
Hein, crapule !
Eh, eh ! Oh !
-Ciao. A demain. -Amuse-toi, mon coeur.
-Salut, � demain.
...
Une voiture arrive.
...
-J�r�mie ?
J�r�mie, r�veille-toi.
J�r�mie !
-Pourquoi tu cries ?
-Tu peux aller voir, s'il te pla�t ?
-Qu'est-ce que c'est ?
-J�r�mie !
-Bonjour. -Bonjour. Vous �tes le p�re
de J�r�mie Levasseur ?
-Oui.
-Il a eu un accident de voiture.
-Mais non...
-On a trouv� son v�hicule
dans le foss�, route de Saint-Jean, � 4h du matin. Les secours
n'ont rien pu faire.
Il �tait d�j�...
...
-Mais qu'est-ce qui s'est pass� ? -D'apr�s nos constatations,
absence de freinage, pas d'autre v�hicule
en cause, on pense qu'il s'est endormi au volant.
Son v�hicule a bascul� dans le foss�.
Il n'�tait pas attach�, il a �t� �ject�.
-Non, c'est pas possible...
-Je vous accompagne � l'h�pital. -Oui.
Tu restes l�.
Tu appelles Manon. Hein ?
Et nous... On y va.
D'accord ?
-Madame ?
Vous n'�tes pas habill�e.
...
Elle sanglote.
...
-Ses effets personnels.
...
...
-Ce sont les analyses toxicologiques de J�r�mie.
Pas de traces de stup�fiants mais un fort taux d'alcool.
J�r�mie �tait ivre au moment de l'accident.
-Putain de merde.
-S'il avait autant bu, il aurait pris un taxi !
Peut-�tre qu'on l'a forc� � boire.
-Madame Levasseur...
-Vidal. -Pardon ?
-On n'est pas mari�s, Levasseur est le nom de mon conjoint
et de mon fils. -On a une fille, aussi, Emma.
-Madame Vidal...
Votre fils a eu un accident. Il �tait seul au volant.
Mais vous n'avez pas � culpabiliser ni � chercher un responsable.
C'est un sentiment naturel, lors de drames.
Croyez-moi, il ne faut pas. -Quelqu'un a d� le suivre.
Peut-�tre qu'il s'est enfui. On l'a pouss� dans ce foss�.
Qu'est-ce qui prouve qu'il s'est endormi ?
-H�l�ne... -Madame, je suis all�e
dans cette discoth�que,
le g�rant m'a dit que la soir�e s'�tait bien pass�e,
il n'y a eu aucun probl�me. Personne n'a importun� votre fils.
Il a pris un dernier verre � 3h du matin
et il est parti seul. -Qui l'a vu ?
-H�l�ne, �a suffit !
-C'est le permis d'inhumer.
Concernant l'enqu�te,
c'est termin�.
Dedans, vous trouverez
l'adresse o� se trouve la voiture
de J�r�mie. Bon courage. -Merci.
H�l�ne ?
H�l�ne !
...
Sonnerie.
*-Bonjour. Vous �tes sur le portable de J�r�mie Levasseur.
*Retenez ce nom, un jour il sera c�l�bre.
*En attendant, laissez un message.
Elle rappelle.
*Bonjour. Vous �tes sur le portable de J�r�mie Levasseur.
*Retenez ce nom, un jour...
Sonnerie.
...
*-All� ?
*All� ? Maman ?
Je suis d�sol�e.
Il �tait dans le salon et il a sonn�, du coup, je...
J'arrivais pas � dormir.
Tu ne te couches pas ? -Si, si.
T'inqui�te pas, ma ch�rie.
-Bonne nuit, alors.
-Bonne nuit, ma ch�rie.
...
-J'ai pr�par� le document de prise en charge pour destruction.
J'enverrai le double et la carte grise � la pr�fecture.
Votre soeur ne s'occupera de rien.
Maintenant, si �a l'arrange, je peux prendre le v�hicule
� mon compte. -Pour combien ?
-150. 200, maximum.
-C'est trop aimable. -Quand on peut aider.
-Manon ?
Manon, viens voir.
Regarde cette rayure blanche. Elle n'y �tait pas
quand J�r�mie a pris la voiture. -T'es s�re ?
-Cette voiture sort de chez le concessionnaire.
Je venais de la lui acheter.
Cette trace n'y �tait pas. -C'est pas ici,
on ne l'a jamais boug�e. -La police en a parl� ?
-Elle s'en fout, la police ! Un gamin so�l au volant d'une voiture,
sans t�moin, �a leur suffit. Moi, je te dis que J�r�mie
a crois� quelqu'un ! Un salopard l'a balanc� dans le foss�.
C'est la preuve.
-R�fl�chis.
Cette trace a pu �tre faite avant l'accident. C'est une occase.
Ou alors c'est un type, quand J�r�mie �tait en bo�te
ou quand il en est sorti. Il a peut-�tre touch� une autre voiture,
il avait bu. Il a pu se passer tant de choses.
Cloches.
...
Sonnerie de t�l�phone.
-Oui, M. Cazeneuve. Excusez-moi, je suis en retard.
Dans 20 mn ?
OK. Merci, � tout � l'heure. Merci encore.
Bonjour.
On enterre qui ?
-Un jeune homme d�c�d� dans un accident de voiture.
-C'est qui, ce type ? -Je ne sais pas.
Il voulait savoir qui on enterrait.
-J'ai tout de suite senti, � son regard
et � son comportement, que cet homme �tait li�
� la mort de mon fils.
Plus tard, j'allais d�couvrir
que je ne m'�tais pas tromp�e.
-A ce soir. -A ce soir.
-Salut. -Au revoir, ma ch�rie.
Bonne journ�e.
...
All�, M. Gabard ?
Bonjour, monsieur. Je vous appelle parce que je me suis fait voler
mon sac � main et toutes les cl�s de ma maison
�taient dedans. J'aimerais changer les serrures.
Ah, vraiment ! C'est trop gentil.
C'est formidable. Je m'appelle H�l�ne Vidal,
et j'habite 12 rue des lauriers. Merci beaucoup.
...
On sonne au portail.
...
-Mme Vidal ? -Oui, c'est moi.
-Jean Gabard. Bonjour. -Bonjour.
-Votre voleur a d� jeter vos cl�s. Il n'en voulait qu'� vos sous.
-Pourquoi pensez-vous �a ?
-Qui s'en prend � une jolie femme ?
-Il y a de plus en plus de vols et de cambriolages.
C'est surtout pour les enfants qu'on est inquiets.
C'est pareil, chez vous ?
-Moi, j'habite � Saint-Jean, c'est plut�t calme.
Mon fils a 22 ans, il n'est plus � la maison.
-Et...
Vous �tes mari� ?
-Ma femme dirait "depuis une �ternit�".
Avec le temps, on ne compte plus.
-Oui, je comprends.
Souvent, quand les enfants s'en vont,
je conseille aux couples de changer d'air.
Pour raviver la flamme, je leur dis de d�m�nager.
-Vous �tes psychologue ?
-Agent immobilier. Parfois, c'est pareil.
Tenez.
-Merci, Mme Vidal,
si un jour je d�cide de vendre, je vous appellerai.
-Avec plaisir.
-Voil�, Mme Vidal. Il ne peut plus rien vous arriver, maintenant.
-Merci.
-Vous avez des enfants ? -Oui.
Une fille. Je vous raccompagne ? -Si vous voulez, oui.
C'est rare qu'un client me raccompagne.
-C'est normal, vous avez �t� efficace.
Vous travaillez m�me la nuit ?
-Ca m'arrive, pourquoi ?
-Parce que c'est �crit 24h sur 24, sur votre voiture.
-C'est pour attirer
le client. Les gens appellent peu, la nuit.
Allez, au revoir, Mme Vidal.
-Au revoir.
-Le parquet ne rouvrira pas d'enqu�te
pour une trace de peinture. Surtout qu'on ne peut la comparer � rien.
La voiture de votre fils a �t� d�truite.
-Vous ne pouvez pas v�rifier o� �tait le serrurier cette nuit-l� ?
-Sous quel motif ?
Sans ordre �crit du procureur, je ne peux rien faire.
-"Aucun motif.
"Pas d'ordre �crit." C'est ce que l'adjudant
m'a r�pondu.
Si elle avait cherch� � savoir,
rien ne serait arriv�. -Donc, vous avez d�cid�
d'enqu�ter seule. -J'avais son adresse.
J'ai tourn� en rond des semaines.
Je cherchais un pr�texte pour frapper � sa porte.
Finalement, c'est quand j'ai vu sa camionnette que...
Moteur de voiture.
Accident. Sir�ne d'alarme.
...
Bien s�r, entre-temps, il l'avait repeinte.
-Oh, oh !
Faut pas se g�ner, l�. -Je suis d�sol�e. Je t�l�phonais
et je n'ai pas vu votre camionnette.
C'est ma faute.
-Mme Vidal !
-Pardon ? -Vous ne me reconnaissez pas,
je suis votre serrurier. Jean Gabard.
-Ah, mais oui, bien s�r ! Oh !
Vous habitez ici ? -Ouais, ouais.
-C'est ridicule. -Ne vous inqui�tez pas. C'est rien.
-On va faire un constat. -Oui.
-Suivez-moi.
Forte musique classique.
-Jean ! Je t'ai demand� de baisser.
...
-Oui, oui. Estelle, ma femme.
Mme Vidal est une cliente. Elle vient de d�foncer ma voiture.
-Je suis d�sol�e.
Bonjour, madame. -Bonjour.
-Heureusement que je suis sorti, vous auriez foutu le camp, hein ?
-Non, pourquoi ? -Sans t�moin,
les gens disparaissent.
En m�me temps, c'est rien. Si votre assurance paye,
votre bonus ne sautera pas ?
-Oh non ! Y a longtemps que je n'en ai plus.
J'adore t�l�phoner en voiture.
-C'est pas bien, Mme Vidal !
-Elle est bien situ�e cette maison.
Elle est calme et pleine de charme.
Peut-�tre un peu trop grande, non,
depuis le d�part de votre fils ?
-Vous n'auriez pas fait expr�s
de me rentrer dedans ? -C'est possible.
J'ai un flair pour d�nicher les bonnes affaires.
Quelque chose a d� m'attirer chez vous.
Je veux dire dans votre maison.
-Vous savez, depuis la derni�re fois, �a me trottait dans la t�te.
J'en ai parl� � ma femme. Elle aussi veut d�m�nager.
Voir autre chose. Aller ailleurs.
Il ne se passe plus grand-chose dans notre vie, en ce moment.
...
La porte s'ouvre. -Ah ben quand m�me.
Ce soir, c'est l'anniversaire d'Emma, 21 ans.
-Pardon, ma ch�rie. -C'est rien.
-Je suis d�sol�e. J'ai oubli�. J'ai eu un client tellement chiant.
-Tu n'�tais pas au bureau et ton assistante
ne m'a parl� d'aucun client. -Elle n'est pas au courant, ch�ri.
-Ah ? -On est sur un gros coup.
Un immeuble � vendre.
Je ne lui ai encore rien dit.
-Coupe ton portable. -C'est bon. Elle est l�, d�nons.
-Oui.
-Tu es belle, ch�rie. -Merci.
Waouh ! C'est de la caille ? -Oui.
-Ca sent bon. C'est toi qui l'as chass�e ?
-Oui. Y a 8 jours.
Dans la plaine du Breuil.
-C'est l� que tu chassais avec J�r�mie ?
-Ouais. C'est �a.
Un t�l�phone sonne.
-Je dois r�pondre.
J'en ai pour 3 mn. All� ?
Oui, c'est moi. Oui.
Ah ! Vous vous �tes d�j� d�cid� ? C'est formidable, M. Gabard.
Bien s�r que je vais m'occuper de vous.
Le mieux serait de signer
un mandat. On se rappelle demain. Bonne soir�e, M. Gabard.
Voil�. C'est fini. -Tu le fais expr�s ?
Tu pourrais �tre un peu avec nous. Qu'est-ce qui t'arrive ? Merde !
-Comment �a "qu'est-ce qui m'arrive ?" Il n'y a rien, ch�ri.
Tout est normal.
Pourquoi je devrais �tre diff�rente ?
Parce que j'ai perdu mon fils ? Ca change rien.
-Stop !
Vous me faites chier, l� !
-Je savais que tu souffrais. Tu �tais si malheureuse.
Mais j'essayais juste...
De ne pas le voir.
-Pourquoi, Mme Vidal ?
-Pour faire ce que j'avais � faire :
prouver la responsabilit� de M. Gabard.
Je ne voulais penser qu'� �a.
Pour J�r�mie.
-Et apr�s ?
Que s'est-il pass� ? -J'ai organis� les visites
de son pavillon.
Je voulais fouiller toute la maison,
trouver des traces de son passage sur la route.
J'ai fait passer ma soeur pour ma 1re cliente.
Pour avoir une cuisine ouverte.
Au d�but, elle n'�tait pas d'accord.
Nous sommes tr�s proches.
-Ca, c'est la chambre de mon fils.
C'est la pi�ce qui me manquera le plus.
Pierre, il s'appelle.
Tous ces souvenirs avec lui...
Je l'aime beaucoup.
-Je vous laisse 5 mn, je vais passer un appel.
-Et c'est calme ? -Oui, tr�s calme.
...
-Merci. -Au revoir.
-Au revoir. -A bient�t, j'esp�re.
-Au revoir.
-Mme Vidal ?
Dites-moi. Vous pensez qu'elle est int�ress�e ?
-Oui, je crois,
malgr� le prix. -Tant mieux.
On va se revoir, alors.
-Non, mais cette facture de d�pannage, c'est la preuve !
L'horaire correspond !
Manon, c'est ce type qui a tu� mon fils.
-Ca ne veut rien dire. Il n'est peut-�tre pas rentr� directement.
-Tu ne veux pas voir, hein ! Imagine
que ce soit Nico
qui soit mort. Tu ne chercherais pas la v�rit� ?
-Evidemment que je chercherais. H�l�ne,
as-tu vu cet homme parler de son fils ?
-Quoi ?
-Est-ce qu'il parlerait comme �a de lui
s'il �tait responsable de la mort du tien ?
Il se sentirait coupable. Mais l�, non, parce qu'il n'y est pour rien.
-Et le d�pannage ? -Ca, �a suffira pas aux policiers.
Et que le serrurier soit venu � l'enterrement de J�r�mie, non plus.
Ca ne prouve rien.
Allez, viens.
Tu viens ? -Je savais
que ma soeur avait raison. Mais il fallait absolument
que le serrurier me dise la v�rit�,
qu'il me l'avoue.
J'�tais pr�te � tout pour �a.
Alors je suis entr�e dans sa vie.
J'avais les cl�s de chez lui...
J'y allais, soi-disant, pour faire des visites.
En fait,
j'�tais seule.
...
J'ai appris ses go�ts,
ses passions.
Et un jour, je suis tomb�e sur cet article.
Ce papier dissimul� montrait qu'il �tait coupable
et il m'en fallait la preuve.
C'est l� qu'il m'a invit�e � d�jeuner.
On venait de signer la promesse de vente de son pavillon.
-J'aurais pu vous emmener au restaurant
mais �a aurait �t� dommage. Personne ne fait les tajines
comme moi. Attention !
-Ca sent tr�s bon.
...
Hum...
C'est d�licieux.
Il manque un peu de coriandre.
-De ? Coriandre ?
...
Oui... oui, oui ! Vous avez raison. Excusez-moi.
Mozart.
...
-J'adore la cuisine marocaine.
J'ai un faible
pour les plats en sauce. -La blanquette !
-Ah, �a, c'est... -Terrible !
Et comme musique, qu'�coutez-vous ? -C'est Mozart, �a, non ?
Y en a une que j'aime beaucoup, aussi, c'est...
Elle fredonne.
-"Concerto num�ro 3", violon. -C'est mon pr�f�r�.
-A nous, alors ? -Oui,
� nous !
...
-Alors ?
Il est meilleur que le v�tre ou non ?
-Il faudrait que j'en refasse un pour vous dire.
Mais mon mari n'aime pas la cuisine marocaine.
Ni Mozart, d'ailleurs.
Parfois, je me demande ce qu'on a de commun.
Je vais vous aider � d�barrasser.
-Laissez, j'ai tout mon temps, aujourd'hui.
-S'il vous pla�t.
-Pardon, H�l�ne.
Je suis d�sol�, c'est la 1re fois. Je...
-Non, c'est moi qui suis d�sol�e.
C'est pas que je n'en ai pas envie.
Au contraire, c'est... Je ne sais pas qui vous �tes,
je ne vous connais pas. Je ne sais pas
si je peux avoir confiance.
...
Tu me caches quelque chose ?
-Non. Non, je ne te cache rien.
...
...
Mozart.
...
Il fredonne.
...
-Ca va ?
Oui ?
Tu vas toujours voir ton p�re, demain, � Nantes ?
-Oui. -OK.
Je recevrai les acheteurs sans toi,
alors ? Ils viennent prendre des mesures
pour leurs travaux.
...
...
-Ca va, mon ch�ri ? -Bonsoir, ma belle.
Il y a quelque chose ?
-Non, rien, j'ai eu un probl�me sur une vente.
-T'en fais trop, en ce moment. T'es fatigu�e.
-Non, non... Je vais prendre une douche.
-H�l�ne ?
-Oui.
-Il y a un endroit o� je voudrais t'emmener,
demain. -Ah.
D'accord.
...
-Ne bouge plus.
Il y a un daim, dans le coin.
Il passe souvent dans cette clairi�re.
C'est beau, hein ?
On venait toujours ici, avec J�r�mie.
Sa place, c'�tait l�.
Et la mienne,
l�.
Aujourd'hui, �a fait 4 mois qu'il est mort.
Je sais que je ne lui passais rien, que j'�tais dur avec lui,
que je le comparais � sa soeur...
Qu'il m'en voulait parfois, pour �a, mais ici, c'�tait diff�rent.
On communiait.
Lui � sa place, moi � la mienne. Sans rien se dire.
Il savait que je l'aimais.
Que je l'aimais plus que tout.
Tu sais, H�l�ne...
J'ai toujours cru qu'ensemble, on pourrait tout affronter.
La mis�re, la maladie, la vieillesse... m�me le chagrin.
Il arme son fusil.
J'y ai cru.
Mais maintenant, tu t'�loignes. T'es plus l�.
M�me ton odeur a chang�. C'est celle d'un autre.
Je t'aime, H�l�ne, mais tu vas me quitter et je ne supporterai pas.
-Ah...
-Qu'est-ce que t'as cru ?
-J'ai voulu tout arr�ter.
Sauver ma famille, retrouver Marc,
mon compagnon.
Je ne voulais plus revoir M. Gabard.
Mais il m'a rappel�e, quelques jours plus tard.
Il m'a montr� la lettre anonyme.
-C'est s�rement un voisin. L'ordure !
Il a d� rentrer dans la maison...
Ce que j'ignore, c'est comment il sait pour le gamin.
-Tu l'as vraiment tu� ? -Non, je te jure que non.
C'�tait un accident.
Je rentrais d'un d�pannage.
J'ai crois� sa voiture... Il a fait une sorte d'embard�e
mais on s'est juste fr�l�s, j'ai continu�. Apr�s, il y a eu un choc.
Je suis revenu sur mes pas.
L�, j'ai vu la voiture dans le foss�.
Le gamin dessous.
-Et alors ? T'as rien fait ? Tu l'as pas aid� ?
-Et c'est tout ?
M. Gabard est d�crit par ses proches
comme un homme sensible et g�n�reux.
Il n'a pas essay�
de voir si votre fils �tait encore vivant ?
-Est-ce que je peux me reposer
quelques minutes, s'il vous pla�t,
monsieur le Pr�sident ? -Tr�s bien.
La s�ance est suspendue.
Nous reprendrons les d�bats dans un quart d'heure.
-Qu'est-ce qui se passe, H�l�ne ? Vous avez fait le plus dur.
Allez, encore un peu de courage.
J'ai eu assez de mal � renvoyer l'affaire en correctionnelle.
Il faut convaincre le Pr�sident.
Il y a quelque chose que je ne sais pas ?
-Et alors ?
T'as rien fait, tu l'as pas aid� ?
-J'avais plus de permis, j'avais perdu tous mes points,
il fallait que je repasse le code. J'ai accept� ce d�pannage
comme un con parce que j'avais besoin d'argent !
Et puis... J'ai rien fait parce que...
Dans le foss�, il y avait 2 gamins.
Celui qui �tait coinc� sous la voiture, J�r�mie Levasseur,
et un autre. L'autre n'avait rien.
Il est sorti, c�t� conducteur, et l�, il a sorti son t�l�phone.
J'ai pens� que c'�tait bon. L'h�pital est � 2 mn,
je suis parti.
Tu comprends ?
-Il �tait comment, l'autre gamin ?
-Plut�t petit, brun, avec un pull blanc avec des rayures.
Tu sais, je suis all� au cimeti�re. Je l'ai vu et je l'ai reconnu.
C'est comme �a que j'ai su qu'il �tait mort.
-Nicolas.
-Hein ?
Tu le connais ?
-C'est mon neveu.
Et l'autre...
C'�tait mon fils !
All�, Manon ?
C'est moi. Je sais tout !
Je sais tout, Manon !
J'arrive.
...
-H�l�ne.
Je vais t'expliquer. Nico... a fait le mur pour rejoindre J�r�mie,
ce soir-l�.
Ils sont all�s en bo�te. Et au retour, J�r�mie avait trop bu.
Il a pass� le volant � Nico.
-J'ai fait attention sur la route, je te jure.
J'ai pas vu la camionnette, c'est all� tellement vite.
J�r�mie dormait, � c�t�, il n'�tait pas attach�.
-Pourquoi t'as pas appel� les secours ?
Comment t'as pu le laisser seul ?
-J'ai voulu le faire. Quand je l'ai touch�...
C'�tait fini.
-Et il avait trop bu, H�l�ne,
s'il appelait les flics... -Quoi ?
T'as eu peur pour ton job ?
Pour ta carri�re ?
Mais J�r�mie, c'�tait comme ton fr�re !
Tu l'as laiss� mourir
pour devenir avocat ! -Il voulait rester.
C'est moi qui lui ai dit de fuir et de se taire, je te jure.
Mais J�r�mie �tait mort, y avait plus rien � faire.
Je te jure. Je te jure.
-Et pendant tout ce temps, vous saviez...
J�r�mie me jurait qu'il ne buvait pas une goutte d'alcool
quand il conduisait. Et moi, je le croyais.
Je l'ai maudit de m'avoir menti.
J'ai maudit mon fils, � sa mort !
-Je sais.
Mets-toi � ma place, H�l�ne.
Pour sauver J�r�mie, t'aurais fait pareil.
-Tu raconteras �a aux flics !
Ils comprendront ! -H�l�ne !
-Laisse, laisse.
-Pourquoi vous n'avez pas appel� la police ?
-Je l'ai fait, en rentrant.
C'est l� que c'est arriv�.
-Passez-moi l'adjudant Carvin.
C'est tr�s urgent.
Il s'agit de l'affaire Levasseur... Oui, mais essayez de la joindre.
S'il vous pla�t. -Maman ?
Mais je croyais que tu �tais l�, j'ai entendu du bruit.
-T'as oubli� que j'�tais serrurier ?
Tu m'as trahi, mon amour.
C'est toi qui as envoy� la lettre anonyme, hein ? Hein ?
Le d�ner...
Mozart.
La serrure � changer.
Tu t'es bien foutue de ma gueule !
Tu t'es bien foutue de ma gueule, hein ?
Pr�te � tout pour m'avoir ?
M�me � baiser ! -Non.
Je vais t'expliquer. -Vas-y !
Ma femme a gard� l'argent
du pavillon. Je suis � la rue.
T'as foutu ma vie en l'air !
Tu vas payer, t'entends !
-Pousse-toi !
-Non !
Hurlement et sanglots.
...
Coup de feu.
-Mesdames ? Le proc�s reprend.
-Je vous repose la question :
M. Gabard a-t-il tent� quelque chose
pour sauver votre fils ?
-Oui, monsieur le Pr�sident.
Il est descendu dans le foss�.
Il a essay� d'extraire mon fils de la voiture.
Il est reparti � cause de son permis.
Mais ce drame le rongeait.
Il me l'a dit.
Je suis d�sol�e.
-Mesdames, messieurs,
l'audience reprend.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Accus�e,
je vais vous demander de vous lever.
Votre d�termination
� vouloir faire avouer la victime, M. Gabard,
l'aura pouss� vers cette extr�mit� dramatique.
Vous avez abus� cet homme.
Vous l'avez sciemment manipul�.
Et si le tribunal n'est pas moralisateur,
il pense que sans vous,
cette trag�die n'aurait pas eu lieu.
Apr�s d�lib�ration et conform�ment
� l'article 122-5 du code p�nal...
le tribunal reconna�t que vous avez agi en �tat de l�gitime d�fense
et prononce votre relaxe. Vous pouvez partir, Mme Vidal.
L'audience est lev�e !
...
-J'esp�re qu'un jour vous arriverez � vous pardonner.
...
Sous-titrage MFP.
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