All language subtitles for The Berlin Affair (1985)

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Original subtitles

Ce n'est pas, comme le pr�tend stupidement la philosophie des professeurs,

dans l'histoire universelle que l'on trouve un plan et une unit�.

Mais plut�t dans la vie de l'individu.

[le Professeur] Louise Von Hollendorf !

[Louise] Je vous d�range Professeur ?

Pas du tout, entrez!

Il y a longtemps que je ne vous ai pas vu. Au moins un an.

Il y a longtemps que je n'ai vu qui que ce soit.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Vous �tes s�r que �a ne vous d�range pas ?

Non, au contraire.

Je suis tr�s heureux de vous voir.

Bien.

Il fallait que je vienne vous raconter toute mon histoire.

Mais vous avez du travail et...

c'est long et compliqu�.

J'avais envisag� d'en faire un roman

et de vous demander de le lire.

Je ne suis pas assez organis�e.

Ce sera plus facile de tout vous raconter.

Ca a commenc� quand... quand j'ai cess� de venir � vos cours de lit�rature.

ou plut�t, quand le parti vous a emp�ch� de les donner pour des raisons politiques.

Je me suis jur�e alors de ne jamais retourner � l'universit�.

Pi�tre t�moignage de soutien, mais...

dans ma situation, je ne pouvais faire mieux.

Je me suis ennuy�e sans vos cours, Professeur.

Et comme je n'ai jamais �t� une femme d'int�rieur...

j'ai d�cid� de suivre des cours de dessin � l'Acad�mie des Beaux-Arts.

C'est trop sombre.

Tr�s bien, Monsieur Benno.

S'il vous pla�t, Monsieur Benno, pouvez-vous venir un instant ?

Votre dessin ne ressemble pas beaucoup au mod�le.

C'est du moins mon impression.

Oui, vous avez raison.

Tu connais la Japonaise l�-bas ?

Laquelle ?

Celle qui porte un kimono.

Elle est ravissante.

Quelle �l�gance !

On dirait de la porcelaine.

Oui.

C'est la fille de l'Ambassadeur.

Vous attendez quelque chose ?

Le mod�le !

L'Acad�mie vous offre un parfait exemple de la beaut� aryenne

et vous choisissez de l'ignorer.

Est-ce contraire au r�glement ?

N'oubliez pas que vous �tes � l'Acad�mie des Arts germaniques !

S'il vous pla�t, un peu de silence !

Sais-tu pourquoi les autres rient quand elles te voient la dessiner ?

Elles racontent que tu en es amoureuse...

et que tu aurais avec cette fille des rapports lesbiens.

C'est ridicule.

Je ne lui ai m�me jamais parl�.

Une petite idiote aura fait circuler cette rumeur.

Je menais une vie normale.

Saine.

Le genre de vie pr�conis�e par la ligne du parti.

Elle correspondait � l'id�al d�crit dans le magazine

Art et Culture pour la femme moderne.

Mon mari et moi ne manquions pas un des tournois de tennis organis�s

par le Club Athl�tique du Minist�re des Affaires Etrang�res,

o� il occupait le poste de conseiller.

Et bien, ils ont gagn�.

Nous gagnerons l'ann�e prochaine.

Vous avez �t� merveilleuse. Comme d'habitude.

- Bien jou� ! - J'ai eu de la chance surtout.

- Bravo. - Mes f�licitations, Louise.

- Et vous aussi. - Merci beaucoup.

Quel l�cheur de bottes vous �tes, Otto !

Ca suffit, Oscar !

Oh des joueurs japonais !

Oui ils sont souvent ici. Ils sont de l'Ambassade.

J'ai l'impression d'en rencontrer partout o� je vais.

Louise, ce sont nos plus proches alli�s.

Je le sais.

Tu te rappelles ces ragots qui circulaient au sujet de

Mademoiselle Reinhardt et de de la femme de cet avocat M�ller ?

Je n'ai jamais cru un mot de ces histoires.

Des comm�rages ignobles.

comme ce qu'on raconte � propos de moi et de cette japonaise.

Peux-tu nous imaginer toutes les deux ?

Oui, je peux tr�s bien.

Oh ! Et tu ne serais pas jaloux ?

Je ne sais pas.

Je le serais moi si tu tombais follement amoureux de ton secr�taire par exemple.

Otto ?

Non, ne dis pas �a, m�me pour plaisanter. Cela mettrait fin � ma carri�re.

Quant � toi, je sugg�re que tu fasses taire ces comm�rages.

Ils sont le fait du professeur de dessin, je te l'ai dit.

Crois-tu qu'il ait une chance d'�pouser cette fille ?

Non. Aucune.

Les Matsugae sont une famille de la vieille aristocratie japonaise.

Seul un membre de la cour imp�riale serait un pr�tendant possible.

Jamais un europ�en ?

Sauf s'il appartenait � une famille du m�me rang.

La tienne, par exemple, serait probablement accept�e.

Je suis vraiment d�sol�e de ces choses qu'on raconte � propos de nous.

Tout cela est ridicule.

Il ne faut m�me pas y faire attention.

Tout cela est probablement ma faute.

Que pr�f�rez-vous ? les fleurs de l'automne ?

Ou les fleurs de l'�t� ?

Je ne connais pas grand chose aux fleurs.

On dit que ceux qui aime les fleurs de l'automne meurent � l'automne.

J'aime les roses. Ce sont les fleurs des quatre saisons.

Alors il faudra peut-�tre que vous mourriez quatre fois.

Comment Benno a t'il... ?

Je veux dire comment a t'il pu vous voir hors de l'Acad�mie ?

Il ne cessait pas de me poursuivre.

Et vous avez c�d� ?

Oui.

Ensuite je l'ai repouss�.

Pourquoi ?

Je ne voulais pas partager de secrets avec lui.

Il va bient�t faire nuit.

J'aime cette heure.

Il est tard. Rentrons maintenant.

Je meurs de faim. Pas vous ?

Mais on ne vous attend pas chez vous ?

Je n'ai qu'� t�l�phoner.

Mais votre mari doit vous attendre � la maison.

Je n'ai qu'� t�l�phoner.

Votre mari et vous �tes amoureux l'un de l'autre ?

Nous nous aimons beaucoup, naturellement.

Vous ne lui avez jamais fait d'infid�lit� ?

Non. Pas physique.

Mais j'ai �prouv� une grande attirance pour mon professeur de lit�rature.

Votre mari s'en est rendu compte ?

Je ne lui cache jamais rien. Je lui ai dit.

Il m'a fait confiance.

Pourrais-je lire un des romans de votre professeur ?

Il n'a plus le droit de les vendre. Ils ont m�me retir�

tous les exemplaires en librairie et ils les ont br�l�s.

Sont-ils donc si effroyables ?

Exc�s d'�rotisme entra�nant la corruption de l'esprit humain.

C'est ce que les �tudiants ont dit de ses livres en les pr�cipitant dans le feu.

Excuse-moi, je suis en retard.

Je suis all�e faire un tour avec les filles de l'Acad�mie

et elles ont voulu m'emmener d�ner au restaurant.

Tu es tr�s f�ch� contre moi ?

Tu sais que je d�teste d�ner seul.

Mais n'en parlons plus, tu es l�.

Qu'est-ce que tu cherches ? Je peux t'aider ?

Je cherche les livres de mon professeur. Ils �taient l�.

Je les ai enlev�s.

Pardonne-moi mais nous recevons beaucoup et il y a des gens que �a pourrait

choquer de voir tant de livres interdits chez nous.

Mais la plupart �tait � moi. O� les as-tu mis ?

Au grenier et il vaut mieux les y laisser.

Il y a deux de ces livres que j'ai promis de pr�ter � Mitsuko.

Des livres pornographiques ?

C'est le parti qui les taxe de pornographie, Heinz.

Nous n'�tions pas d'accord.

Inutile de discuter, tu n'en feras qu'� ta t�te comme d'habitude.

Heinz...

Je me sens en forme ce soir.

Que dirais-tu d'aller prendre un verre quelque part ?

C'est gentil de le proposer mais je suis un peu fatigu�.

J'ai pass� une journ�e infernale au Minist�re.

Ils veulent se d�barasser du G�n�ral Von Blaumberg.

Il y a deux semaines ils �taient tous � son mariage.

Maintenant ils s'en mordent les doigts. Le G�n�ral a �pous� une ex-prostitu�e.

Je croyais qu'elle �tait sa secr�taire.

D'abord prostitu�e, ensuite sa secr�taire, elle a fait son chemin.

C'est dans la ligne du parti.

Il n'y a pas de quoi plaisanter.

Pourquoi ne veux-tu pas que je te vois ? Je t'en prie, �a m'excite.

Pas maintenant.

Comme tu voudras.

Allo.

Qui ?

Oui, une minute.

C'est la japonaise.

Allo... non, nous ne dormons pas.

Oui, c'est Heinz.

Oui, c'�tait tr�s bien.

Demain.

Bonne nuit.

Est-ce que les japonais ne dorment jamais ?

Elle veut que je lui am�ne le livre.

to be translated

- Louise, o� vas-tu ? - Je te racontrai.

C'est moi votre mod�le.

Pourquoi aller � l'atelier ?

O� voulez-vous que nous allions ?

Allons chez vous.

C'est la pi�ce o� vous cachez vos secrets ?

- Mais non, je n'ai pas de secrets. - Je pense que si.

Ne croyez-vous pas que votre mari serait f�ch� contre vous ?

Parce que je vous ai fait monter ici ? Pas du tout.

J'ai lu les livres que vous m'avez apport�s.

Alors, qu'en avez-vous pens� ?

Ce que j'ai lu n'a rien d'exceptionnel.

Vous voulez dire vous trouvez �a vulgaire.

Non.

Ce qu'elle voulait dire c'est que mes livres ne lui avaient rien appris de nouveau.

Mitsuko, comme beaucoup de jeunes filles, voulait avoir l'air de tout savoir

et je me demandais si elle pouvait se douter de mon attirance pour elle.

Ceci est une robe d'int�rieur.

C'est magnifique.

Je vous en offrirai une.

Que c'est compliqu�. On ne peut pas s'habiller seule.

Vous avez honte ?

Non.

Je vous ai racont� tous ces d�tails, Professeur, parce que

ils sont tellement pr�sents dans ma m�moire.

Comme ce moment o� je riais avec elle

et o� tout � coup nous avons fait l'amour.

Et maintenant que j'y repense je me rappelle avoir lu

ce genre de sc�ne dans un de vos romans.

Deux amants font l'amour et passent insensiblement du rire au plaisir.

Les voil� !

Ah oui, je vois.

Werner.

La partie est finie ?

Oui. Louise ne se sent pas tr�s bien.

Werner, comment allez-vous ?

Je ne vous ai pas vu depuis des si�cles.

Depuis notre mariage.

Oui c'est vrai.

Je suppose que la vie � Vienne doit �tre merveilleuse.

La belle �poque des Habsbourg est r�volue, h�las.

- Vous �tes � Berlin pour longtemps ? - Non, quelques jours seulement.

Il faut que nous nous voyons. Mais malheureusement je dois partir.

J'ai quelque chose � vous demander. Je vous en prie, restez encore un instant.

C'est important. Il faut que je vous parle.

Parlez en � Heinz. Au revoir.

- Qu'est-ce que vous prenez, Wolf ? - Une bi�re.

Mitsuko m'avait envoy� une lettre ce matin l�.

Je n'arrivais pas � me la sortir de la t�te.

Je hais les dimanches, �crivait-elle

parce que je ne peux pas �tre avec toi.

Les dimanches sont r�serv�s � Monsieur ton mari.

Je veux devenir courageuse pour ne plus

avoir peur ni de Buddha ni de ton mari.

Mademoiselle Matsugae a t�l�phon�.

Qu'a t'elle dit ? Quand a t'elle appel�e ?

Il y a deux heures.

Elle a laiss� un num�ro. Elle a demand� que vous l'appeliez.

Dites-moi, est-ce que mon mari est revenu ?

A l'instant. Il est dans son bureau avec Mr Wolf.

Louise.

Aidez-moi � convaincre Heinz de faire preuve de courage.

Ce n'est pas une preuve de courage.

Cette personne est un ami tr�s proche de la famille.

C'est pourquoi que je fais appel � vous.

Louise, j'aimerais organiser une petite rencontre surprise.

En secret.

Malheureusement je ne peux pas faire �a chez moi.

Est-ce que je pourrais savoir contre qui vous complotez tous les deux ?

Contre Werner. Le G�n�ral Werner Von Heiden.

Le G�n�ral Von Heiden est notre attach� militaire � Vienne.

Je sais. Qu'a t'il fait ?

Article 175 du code P�nal. Il est soup�onn� d'homosexualit�.

D'abord Von Blaumberg, maintenant Von Heiden

y a t'il un rapport ?

Je vois que ma d�licieuse cousine est toujours aussi perspicace.

Il y a un rapport.

Les bonnes moeurs semblent �tre � l'ordre du jour. Le F�hrer veut qu'on

fasse le m�nage � la t�te de l'arm�e sans que cela s'�bruite.

Mes instructions pr�cisent que je dois prendre des gants.

J'ai donc besoin de personnes honorables.

Non, c'est hors de question. Tu n'as aucune preuve.

Je n'ai que des soup�ons. Avec votre aide je me livrerai � une enqu�te.

S'il s'av�re qu'ils ne sont pas fond�s, je vous jure que je ne poursuivrai pas.

Excusez-moi je vous prie. Vous n'avez pas besoin de moi.

Vous ne voulez pas entendre le reste ?

D'abord vous fa�tes le m�nage � l'universit�,

maintenant vous fa�tes le m�nage � la t�te de l'arm�e

c'est une t�che que je laisse aux domestiques.

Je dois avouer que mon refus de collaborer avec mon cousin Wolf

n'�tait pas uniquement motiv� par les scrupules

d'une conscience plus propre que la sienne.

D'autres soucis m'occupaient davantage.

Mitsuko venait souvent passer l'apr�s-midi avec moi.

Pr�venez les que le ma�tre arrive.

Le ma�tre arrive.

Merci, Ume.

Retournez en bas. J'arrive tout de suite.

Tu veux une tasse de th� ?

Non, merci.

Mitsuko m'a apport� un kimono. Je voulais l'essayer.

Il est magnifique.

Je sais que ma femme a fait des portaits de vous mais je dois dire que le mod�le

surpasse de beaucoup les portraits.

J'ai le plaisir de conna�tre vos parents. Je les ai rencontr� � l'occasion de

l'anniversaire de l'Empereur. Mais vous n'�tiez pas l�.

Est-ce que je me trompe ?

Non, j'�tais � Kyoto.

Tu rentres de bonne heure aujourd'hui.

Nous avons une r�ception � 7h et il faut nous pr�parer.

- J'avais compl�tement oubli�. - Je dois rentrer chez moi.

Permettez-moi de vous reconduire.

Merci beaucoup mais la voiture m'attend dehors.

Je te pr�sente mon guide spirituel.

Tu aimes mon studio ?

C'est mon p�re qui l'a fait construire pour moi.

Qu'est-ce que tu �crivais ?

J'�crivais une lettre pour toi.

Hier soir quand je t'ai t�l�phon�, j'ai d� d�ranger Monsieur ton mari.

Oh non.

J'en suis s�re. Vous �tiez entrain de faire l'amour.

Tu te trompes, je t'assure.

Non. Je ne crois pas.

Elle est endormie.

Vous voulez vous rhabiller ?

Non. Je vais rester encore un peu aupr�s d'elle.

Cela te pla�t ?

Qui a peint �a sur toi ?

C'est moi.

Allo.

Vous ne croyez pas qu'il est un peu tard ?

Tr�s bien.

Non.

Oui, tout vas tr�s bien.

Oui, merci.

Bonne nuit.

D'o� viens-tu ?

Je suis all�e voir un film avec Mitsuko.

Puis nous sommes all�es d�ner au M�tropole.

Non.

- Dis-moi la v�rit�. - Que veux-tu dire ?

Qu'�prouves-tu pour cette fille ?

Je l'aime bien.

Je me rends compte que tu l'aimes bien.

Comment l'aimes-tu ?

Je ne comprends pas.

Tu n'es plus la m�me. Tu ne fais plus rien comme avant.

Tu ne vas m�me plus � tes cours � l'acad�mie.

- Non, �a ne m'amuse plus. - Non. Et le tennis non plus.

Mais tout �a m'est �gal.

Ce qui est grave c'est que m�me moi je ne t'amuse plus.

Ce n'est qu'une phase.

Tu peux te confier � moi.

Tu peux tout me dire.

Qu'�prouves-tu pour cette petite japonaise ?

Je l'aime bien.

Tu sais les bruits qui courent � propos d'elle et de toi.

Pourquoi ne fais-tu rien pour les nier ?

Mais, qu'est-ce que tu as ?

Tu es jaloux de Mitsuko ?

Je ne supporte pas que quelqu'un se mette entre nous.

Pardonne-moi j'ai sommeil.

Pardonne-moi.

Est-ce que vous fa�tes l'amour le matin aussi ?

Que fais-tu ici Mitsuko ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Il est un bon amant ?

Tu aimes faire l'amour avec lui ?

- Tu as du plaisir ? - S'il te pla�t...

hier soir nous nous sommes disput�s.

Tu ne me quitteras jamais

sinon je me tuerai.

Jamais l'id�e du suicide ne m'avait travers� l'esprit.

Plus tard j'ai r�alis� que pour les Japonais le suicide n'�tait

pas une lachet� mais une victoire.

Je vais te montrer ce qu'est une Geisha de Shimabara.

Approche-toi de moi.

Je croyais que les Geisha avaient appris d�s l'enfance � faire les premier pas.

Pas les Geisha de Shimabara.

Approche-toi.

Est-ce que je te fais peur ?

Non.

- Oh Madame. Nous �tions inquiets. - J'ai compl�tement oubli� le d�ner.

Vous avez pu vous arranger ?

Monsieur a command� tout le repas � l'h�tel Bristol.

Je vous en prie, fermez la porte.

Ob�issons au ma�tre de c�r�monie qui nous a offert ce somptueux festin

et quittons la salle � manger pour

Mais en voil� une surprise !

Notre h�tesse miraculeusement remise de son malaise se cache dans la cuisine.

Je vous en prie, Oscar. Ca devient une manie ces photographies.

On n'est pas d'humeur sociable, je vois.

Heinz a failli nous faire pleurer sur vos maux. Comment vous sentez-vous ?

Venez-vous joindre � nous.

Je suis d�sol�e, Oscar. Je ne me sens pas tr�s bien.

Je vais dans ma chambre.

Je ne crois pas que tu dormes.

Je suis d�sol�e, Heinz.

Je te dois toutes mes excuses pour ce soir.

Tu me dois surtout une explication.

Pourquoi ?

Je ne suis malheureusement ni sourd ni aveugle.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Tu le sais parfaitement.

Si on d�couvre votre liaison, je serai aussi impliqu�

parce que je savais et que je n'ai rien dit.

Ne sois pas vulgaire ! Je refuse de t'�couter.

Je regrette que tu trouves �a vulgaire.

Mais trouves-tu normale cette amiti� qui

te fait perdre la t�te au point de tout oublier ?

J'ai les amis que je veux. Je ne me m�le pas de ce que tu fais avec les tiens.

La diff�rence c'est que je ne couche pas avec mes amis.

Il y a d'autres formes de corruption, n'est pas ?

Je ne sais de quel droit tu oses m'accuser.

Qu'est-ce que tu lui trouves de fascinant � cette Japonaise ?

Sa beaut�.

Dommage que je ne sois pas de ces hommes que ce genre de choses excitent.

Encore un mot et tu ne me reverras jamais plus.

Et qui pour y participer l'encourage.

Louise ! Ecoute-moi ! Est-ce que tu penses � moi ?

J'essayais de me convaincre que Heinz avait tort.

Ce n'�tait pas comme si j'�tais tomb�e amoureuse d'un autre homme.

Je me mentais � moi-m�me.

La v�rit�, c'est que je n'avais jamais �prouv� une attirance aussi forte

pour qui que ce soit.

J'ai donc apport� le dossier � Himmler et lui ai fait remarquer

que nous n'avions que de vagues soup�ons.

Je l'ai vu feuilleter quelques pages.

Je lui ai dit qu'aucune Cour Martiale ne se contenterait de si peu de preuves.

Mais tout ce qu'il a dit c'est

Von Heiden n'est pas attir� par les femmes.

C'est suffisant pour moi.

Je suis fils d'officier moi-m�me

et je ne saisirai pas un tribunal sans preuve.

Wolf, pourquoi acceptes-tu de te m�ler de cela ?

Si je refuse on chargera quelqu'un qui aura

moins de scrupules de le faire � ma place.

Ce qu'on pr�tend est donc vrai.

Que voulez-vous dire ?

Que peu � peu on finira par ne plus avoir de vie priv�e.

Tu n'as pas le droit de dire �a.

En ce qui me concerne, j'ai pris cette initiative

avec les meilleures intentions.

Et j'ai besoin de votre aide maintenant.

Madame, on vous demande au t�l�phone.

Allo ?

S'il te pla�t.

Rapporte le kimono que je t'ai offert.

Pourquoi ?

et aussi l'obi.

Encore une chose. Il faudrait que tu apportes un costume de ton mari.

et de l'argent.

Il faudrait 20 marks environ.

Qui est avec toi ?

O� es-tu ?

Est-ce que tu veux me dire ce qui se passe ?

C'est Mitsuko, n'est-ce pas ?

Ah vous �tes l� !

- Madame. - Mitsuko m'a t�l�phon�.

- Je dois attendre Ma�tresse ici. - Elle m'a dit de venir vous chercher.

Comment aurais-je su o� vous trouver sinon ? Venez !

Venez, je vous en prie.

Qui est l'homme qui est avec Mitsuko ?

Je ne sais pas.

Vous n'avez pas � avoir peur, je ne dirai rien.

Il y a longtemps qu'ils se connaissent tous les deux ?

Deux mois. Ou plus.

Combien de fois se sont-ils vu ?

Je sais pas Madame.

Bonsoir ! Vous �tes attendue.

Je vais vous conduire.

Attendez ici.

Elle est l�.

Vous pouvez entrer.

Merci.

Non, ne partez pas.

Mitsuko est l�.

Laissez-moi seule avec elle.

Non elle m'a dit qu'elle ne voulait pas vous parler mais

elle m'a demand� de vous donner quelques explications.

Vous savez �a n'est pas plus agr�able pour moi que pour vous.

Nous avons fait courir des bruits sur vous � l'Acad�mie � cause de ceux qui couraient � mon propos.

C'�tait une fa�on d'�garer les soup�ons.

Par ailleurs votre amiti� nous rendait service.

Elle racontait � son p�re que c'est vous qu'elle voyait alors que parfois c'�tait moi.

Mais Mitsuko est tomb�e amoureuse de vous.

Elle a dit que si je l'emp�chais de vous voir c'est moi qu'elle ne verrait plus.

Je n'avais donc pas le choix.

D'ailleurs vous non plus.

- C'est ce que vous croyez. - Non !

Elle vous dirait la m�me chose si elle vous voyait.

Mais pour le moment elle a honte.

Ecoutez, il y a eu une bagarre � l'h�tel ce soir.

La police est venue et comme on avez peur d'�tre d�couverts on s'est cach� dans le grenier.

En revenant on n'a plus trouv� nos affaires. C'est pour �a qu'elle vous a appel�.

J'avais la t�te qui tournait.

Toutes les paroles, tous les gestes de Mitsuko me revenaient en m�moire.

Son double, son triple jeu.

J'avais cru vivre quelque chose de beau et je comprenais que ce n'�tait qu'une exp�rience grotesque, vulgaire.

J'en �prouvais une rage et une humiliation que je n'avais jamais connues.

Mon mari n'�tait pas un buveur.

Le voir �croul� l�, trahi, abandonn�,

n'a fait qu'accro�tre ma fureur contre Mitsuko.

Comment avais-je pu me comporter aussi mal et aussi b�tement avec lui ?

Qu'est-ce qui te prend ?

Ne me pose pas de question.

Je ne veux plus jamais la revoir.

Je te dirai toute la v�rit�.

Sers-moi contre toi.

Pardonne-moi.

Je lui ai tout racont�.

Je voulais tout oublier.

Et je voulais qu'il m'aide � ne plus y penser.

Je voulais me consacrer uniquement � lui.

Edmund, c'est pour toi de la part du couple l�-bas.

- Bonsoir. - Bonsoir Heinz.

Wolf. Je vous en prie.

Ma tr�s ch�re Louise.

Werner: un merveilleux pianiste. Edmund Meyer.

Mon cousin Wolf Von Hollendorf.

Werner, je sais que vous aimez la musique.

C'est vrai, ma ch�re. Quand elle n'est pas massacr�e.

Je pense que vous serez pleinement satisfait.

Je vous en prie, venez vous asseoir.

Bravo.

Je veux porter un toast � un grand pianiste

et le f�liciter pour avoir �t� re�u � l'Acad�mie de musique.

Et toutes mes f�licitations, G�n�ral.

Il est tout � votre honneur d'avoir investi dans la carri�re d'un artiste inconnu.

Vous avez �t� mal inform� Monsieur.

J'ai obtenu une bourse de l'Acad�mie.

Je sais. Mais cela n'emp�che pas que depuis

deux ans le G�n�ral vous verse une pension confortable.

Je gagne ma vie en travaillant.

Je passe six jours par semaine au Vier Rosen.

Je suppose qu'on vous verse g�n�reusement 5 marks par soir�e.

Tr�s joli ce costume, cette montre, ces boutons de manchettes

tout cela est d'un go�t tr�s s�r.

Et le bon go�t se paie.

Et je ne parle pas de votre appartement sur Auguster Strasse.

C'est absolument ignoble.

Je ne connais pas le G�n�ral. C'est la premi�re fois que je le vois.

Wolf, je vous en prie.

G�n�ral, vous n'allez pas permettre � cet homme ...

Edmund, c'est inutile.

Ce Monsieur ...

est le chef de la police berlinoise.

- Qui d'autre est au courant ? - Goering et Himmler.

J'exige d'�tre jug� par mes pairs.

Il faut savoir s'avouer vaincu, Edmund.

Il est tr�s difficile de se d�fendre contre la vulgarit�.

Excusez-moi.

Avoir tol�r� �a, sous mon propre toit.

Je ne pardonnerai jamais cette vil�nie.

J'ai cru faire mon devoir � l'�poque mais m�me

si j'avais des soup�ons, s'ils �taient justifi�s

je n'ignorais pas que leur soi-disante campagne

visait � d�barasser le r�gime de ses opposants.

Von Heiden n'�tait que la premi�re des victimes.

J'avais l'impression d'�tre salie.

Durant les jours qui ont suivi je pensais tr�s souvent � Mitsuko.

L'image de l'innocence.

Il s'est pass� tout un mois.

Je continuais � ne pas r�pondre � ses lettres.

ni � ses appels.

C'�tait pour moi un terrible effort.

Madame. Mademoiselle Matsugae est ici.

Madame, vous �tes l� ?

Je vous remercie Bernhard

Fa�tes la entrer dans le living room.

Je vais descendre tout de suite.

Tu allais sortir ?

Qu'est-ce que tu me veux ?

Ne me repousse pas, s'il te pla�t.

Es-tu malade ?

Vite. Emm�ne-moi dans la salle de bain.

Bernhard ?

Bernhard ?

- Oui, Madame. - Amenez-la en haut.

As-tu besoin de moi ?

Tu saignes !

Je vais appeler le docteur.

C'est un vieil ami ne craint rien.

Pourquoi non ?

- J'ai fait une b�tise. - Tu es enceinte ?

- J'ai fait ce qu'il fallait moi-m�me. - Tu es compl�tement folle.

- Je vais rentrer. - Non.

Tu as besoin de t'allonger. Laisse-moi t'aider.

Viens, appuies-toi sur moi.

J'ai soif.

Dis-moi que tu ne m'en veux plus.

Elle jouait sa sc�ne � la perfection.

Et moi je faisais semblant d'y croire.

Je ne lui ai jamais demand� d'o� venait le liquide rouge dont elle s'�tait couverte.

Probablement d'un th�atre.

L�ve-toi ! Voil� Heinz.

Continue � faire semblant de souffrir.

Dieu merci te voil� ! Je ne savais plus quoi faire ?

- Pourquoi ? - Mitsuko est ici. Elle est malade.

Je l'ai allong�e dans la chambre mais tu devrais la reconduire.

Que fait-elle l� ?

J'ai �t� aussi �tonn�e que toi.

C'est Benno, il l'a mise enceinte.

Je vais vous reconduire chez vous.

Appuyez-vous sur moi.

Tu es une merveilleurse actrice.

Pendant un moment j'ai vraiment cru que tu �tais enceinte.

J'ai fait �a parce que j'ai craint que tu me renvoies.

C'est vrai. J'�tais tr�s f�ch�e contre toi.

- Tu ne viens pas avec moi ? - Allons ailleurs, s'il te pla�t.

Viens !

Ici Louise Von Hollendorf. Je souhaiterais parler � Mme Matsugae.

Pardonnez-moi, je voulais juste vous dire que Mitsuko est avec moi.

Ma voiture est tomb�e en panne.

Elle rentrera bient�t.

Au revoir Madame.

Heinz ?

Je serai en retard. Ma voiture est tomb�e en panne et je ...

Ce n'est rien de grave. Commence � d�ner sans moi.

C'est d'accord. Je ne pense pas que ce soit long.

Au revoir !

Inutile de vous dire que notre liaison a repris avec plus d'intensit� que jamais.

J'�tais chaque jour oblig�e d'inventer autre chose.

Je devenais experte en mensonges.

Madame. Vous n'�tiez pas au courant de mes visites ?

Ne perdez pas de temps. C'est votre tour.

Non. Il faut que je vous parle. Allons chez moi, nous serons plus tranquille.

L�chez-moi, Monsieur, je vous prie.

Juste un moment. C'est important.

Moi je sais tout de vous.

Alors j'ai pens� que vous aimeriez savoir quelque chose de moi.

Ca vous pla�t ?

C'est l'esquisse d'un tatouage que j'ai peint sur elle.

C'est excitant, n'est-ce pas ?

Je vais vous confier un secret.

Regardez !

Regardez ! J'ai essay� de plagier un artiste japonais du 17� si�cle.

Il est �vident que je ne poss�de pas son talent.

Vous voyez cette calligraphie ?

C'est l'oeuvre de Mitsuko.

Ses commentaires sur les dessins. Dommage que je ne sache pas les lire.

Br�lez ces obsc�nit�s.

Ca vous choque ?

Vous savez ce que Mitsuko dit � propos de vous ?

Elle dit que vous �tes trop jalouse.

Que vous l'emp�chez de respirer.

Et que vous �tes capable de tout. Tenez !

Vous �tes un �tre m�prisable.

Mitsuko nous a dress�s l'un contre l'autre.

Elle nous manipule comme des marionnettes.

Le soir o� vous �tes venue � l'h�tel

avec des v�tements. Vous vous rappelez ?

Ce n'�tait pas vrai qu'on nous avait vol� les notres.

C'est Mitsuko qui avait invent� cette histoire.

Je crois que c'est vous qui inventez.

Vous croyez que la police ne nous aurait pas trouv�s si elle �tait venue ?

Avez-vous d�j� vu la police en action ?

Quoiqu'il en soit, �a ne peut �tre que moi le perdant.

Mitsuko ne renoncera jamais � vous.

Si vous saviez combien elle a souffert de ne pas vous voir.

Mais t�t ou tard je sais qu'elle voudra se marier.

Et o� voulez-vous en venir ?

Et bien, votre liaison est inacceptable pour tout autre que moi.

Aidez-moi � l'�pouser.

Vous savez qu'un pareil mariage est impossible.

Pourquoi devrais-je tenir compte des pr�jug�s des Japonais ?

Leurs distinctions sociales ? Nous sommes en Europe.

Vous n'�tes rien. Personne.

Peut-�tre mais j'ai quand m�me fait un enfant � Mitsuko et je veux que cet enfant porte mon nom.

Mitsuko n'a jamais �t� enceinte.

Elle l'est de trois mois et je sais qu'elle veut se marier avec moi.

Seulement elle a peur de vous perdre.

Vous �tes ivre.

Je fais preuve de g�n�rosit�, Madame, et vous devriez m'en remercier.

Si vous essayez de m'�liminer

j'aurais ma revanche.

Ne m'�crasez pas de votre m�pris.

Croyez-moi je suis le seul capable de comprendre votre situation.

Si vous ne m'aidez pas, sa famille la renverras au Japon

et nous la perdrons tous les deux.

Il n'y a qu'une solution.

Mitsuko est d'accord.

Nous nous enfuyons. Nous nous marions.

Ses parents seront oblig�s de s'incliner.

Comment m'assurer que je pourrais toujours la voir apr�s votre mariage ?

C'est tr�s simple.

Nous allons signer un accord que j'ai pr�par�.

Je vais vous le lire.

Mme Louise Von Hollendorf s'engage � ne pas s'opposer

au mariage de Mitsuko Matsugae avec Mr Joseph Benno.

De son c�t�, Mr Joseph Benno s'engage

� ne jamais s'opposer aux relations amoureuses

de Mme Louise Von Hollendorf

et Mle Mitsuko Matsugae.

Engagement pris ce jour par les soussign�s avec l'accord de Mle Mitsuko Matsugae.

Vous n'avez plus qu'� signer.

Allez-y. Signez !

l� !

Je vous demande pardon.

Il faut faire les choses dans les r�gles.

J'ai pens� � l'�poque que j'avais affaire � un fou.

Pourtant je comprenais ses motivations.

Mais, �tait-il fou ?

Quand je pense � la com�die que tu m'a jou�e !

Que tu pourrais �tre enceinte !

Je n'ai jamais �t� enceinte. Tu le sais.

Je ne sais plus maintenant quand tu mens et quand tu dis la v�rit�.

Tu as parl� avec Benno ? Tu l'as vu ?

R�ponds-moi !

Benno est impuissant.

Tout le monde le sait.

On dit m�me de lui qu'il est une femme.

Comment tu as pu ?

Je crois que c'est ce qui me plaisait justement.

Mais maintenant je le d�teste.

Ouvrez !

Tu tiens � r�veiller toute la maison ?

Que fais-tu ici ?

Tu nous espionnes maintenant ?

Les Matsugae n'ont rien trouv� de mieux � offrir � leur fille que cet endroit sordide ?

Ecoute, Mitsuko est vraiment malade.

Elle est dans la salle de bain. Va l� voir. Tu constateras par toi-m�me.

C'est pour �a que je suis venu.

Alors on s'habille � l'orientale maintenant ?

C'est tr�s gentil d'�tre venu me voir.

Je suis d�sol�e que vous me trouviez dans cet �tat.

Je me suis permis de passer prendre de vos nouvelles.

Louise me dit que vous souffrez terriblement.

Elle est une v�ritable amie pour moi.

Tu reconnais cette signature ?

R�ponds. C'est bien la tienne ?

"... les relations amoureuses de Mitsuko Matsugae ..."

Bon dieu, est-ce que tu as perdu la t�te ?

Comment as-tu pu faire une chose pareille ?

Tu sais ce qu'il m'arriverait si la presse devait publier �a ?

Sais-tu que ma carri�re serait ruin�e ?

Tu n'as qu'� demander la s�paration.

Quelle bonne id�e !

Nous divor�ons et toi ensuite tu �pouse Mitsuko ?

Comment as-tu eu ce document ?

Comment crois-tu que j'ai eu l'adresse de ce bordel o� je suis venu te chercher ?

C'est Benno qui m'a offert �a apr�s en avoir fait une copie.

Mais lui je saurai le faire taire. C'est toi qui m'inqui�te.

Tu vas renoncer � cette fille. Jure moi que tu ne vas plus la revoir.

Je regrette de ne pas te l'avoir appris moi-m�me.

S'il te pla�t, pardonne-moi. Je ne peux pas accepter.

Il le faudra car le scandale n'atteindrait pas que nous.

Les Matsugae seront forc�ment impliqu�s eux aussi.

Cela peut avoir des cons�quences tr�s graves pour le Reich.

Est-ce clair ?

Ce Benno ne nous posera plus de probl�mes.

Il n'y a pas de reporters l� o� nous l'envoyons.

Il suffirait peut-�tre de lui faire peur, de lui donner un avertissement.

Je ne lui fais pas confiance mais puisque tu le souhaites

je peux le faire extrader. Apr�s tout il est italien.

Sa m�re �tait allemande. Il a un oncle qui est membre du parti. Benno l'est aussi.

Mais ce sont des gens sans importance Je r�glerai ce probl�me.

Parle-moi de Louise.

Je lui ai fait entendre raison.

J'esp�re que tu as �t� convaincant. Tu imagines les titres des journeaux ?

Je pr�f�re ne pas y penser.

Les cons�quences diplomatiques risqueraient d'�tre fort d�plaisantes.

On pourrait imaginer que c'est un coup des Russes pour

porter atteinte � nos bonnes relations avec les Japonais.

Je me suis d'ailleurs demand� si ce Benno...

Je me suis pos� la m�me question.

Mais l'enqu�te a prouv� qu'il n'en �tait rien.

Il ne s'agit que d'une sordide et banale affaire de moeurs.

A partir de ce moment mon mari ne m'a plus quitt�.

Il �piait le moindre de mes gestes.

Maintenant je sais qu'il avait des raisons de se montrer prudent.

Mais � cette �poque je ne pensais qu'� une chose

Continuer � voir Mitsuko.

Elle aussi refusait de se passer de moi.

J'�tais convaincue qu'il prouverait la force de

nos sentiments et que notre relation serait accept�e.

Ce n'est qu'un l�ger somnif�re.

5 ou 6 comprim�s devraient suffire.

Plus !

Il faut que �a paraisse vrai.

Combien dois-je en prendre ?

Bernhard !

Venez s'il vous pla�t !

Venez ! Vite !

Il faut peut-�tre faire un lavage d'estomac ?

C'est inutile. Elles sont hors de danger.

Louise mettra un peu plus de temps � r�cup�rer.

Elle �tait agen quand elle a pris les comprim�s.

La petite japonaise a �t� plus maligne.

Elle avait mang� quelque chose avant.

Laissez-la tranquille !

Laissez-la tranquille !

Laissez-la !

Que va t'elle dire si elle se r�veille ?

Elle sera f�ch�e contre nous ?

Elle ne se r�veillera pas.

Je ne parvenais pas � sortir de mon demi-sommeil.

Je croyais que je r�vais.

O� est Mitsuko ?

Je l'ai reconduite chez elle hier.

J'ai pens� que ses parents pourraient s'inqui�ter.

- Comment va t'elle ? - Tr�s bien.

Tr�s bien.

Et toi ? Comment te sens-tu ?

- Affamm�e. - Ce n'est pas surprenant.

Tu n'as rien mang� depuis hier.

Je n'arr�tai pas de me demander si ce que j'avais vu �tait r�el ou si j'avais r�v� ?

Il �tait si attentionn�. Pas un mot de reproche.

Cela me rendait encore plus soup�onneuse.

Vous cherchez Mr Benno ?

On est venu l'embarquer ce matin.

A l'aube. La police.

Il a du faire quelque chose de pas bien.

Il criait comme un fou. Il maudissait tout le monde.

Il se d�battait.

C'�tait un ami � vous ?

Tu n'es pas couch�e ?

Ca ne va pas ?

J'ai appel� ton bureau.

Tu n'y �tais pas.

J'�tais chez les Matsugae parce que je voulais

les mettre en garde contre d'�ventuelles rumeurs.

Je sais qu'ils me font confiance.

Et Mitsuko n'est pas venue non plus, comme par hasard.

Je suppose que tu sais ce qu'il se passe.

Donc je n'ai as r�v�.

Non.

Tu n'as pas r�v�.

Au d�but,

j'ai eu du mal � comprendre ce que tu lui trouvais.

Mais ... maintenant je sais pourquoi.

Tu veux te venger, avoue-le !

Tu es le premier homme valable dans sa vie.

Elle voudra rester avec toi. C'est moi qu'elle quittera.

Elle ne renoncera jamais � toi.

Je ne veux plus parler de �a.

Il faudra bien que tu acceptes.

Je connaissais mon mari.

Il fallait que Mitsuko lui ait fait perdre la t�te pour qu'il se conduise ainsi.

Il avait toujours su se dominer.

Mais Mitsuko, avait-elle aussi perdu la t�te ?

Ou sa conduite �tait-elle guid�e par quelque secr�te motivation ?

Von Ribentraupe, je veux dire son excellence le nouveau

ministre des affaires �trang�res vient d'arriver.

Il veut nous voir tous ensemble � 10H pr�cises dans le salon vert.

Apr�s �a il verra chacun de nous individuellement.

- Votre entrevue est fix�e � 11h30. - Parfait.

Mais je ne pourrai pas recevoir la d�l�gation italienne.

Je m'en suis occup�.

Il y a des t�tes qui vont tomber � votre avis ?

C'est probable. Vous avez peur pour la votre?

Absolument pas.

Je n'�tais ni un ami ni un admirateur de l'ancien ministre.

Vous le savez.

Je peux entrer ?

Vous avez entendu la nouvelle ?

Apparamment notre nouveau ministre a d�j� dress�

la liste des victimes de la future �puration.

Qui est vis� ?

Tous mes membres du bureau. Et ce n'est pas tout Messieurs.

Il va y avoir un vrai jeu de massacre.

Notre Ambassadeur � Rome va �tre renvoy�

ainsi que notre Ambassadeur � Tokyo.

Qui vous a dit �a ?

Le service de presse est le premier inform�.

Von Hassel et Von Diersen renvoy�s ?

Je crois qu'il va y avoir des places � prendre.

Je pr�f�re rester � Berlin.

Vous avez raison, c'est ici que les carri�res se font.

Il suffit de quitter Berlin pour �tre oubli�.

Allo ?

Ah oui. Merci.

Il faut que je sorte.

Mais c'est impossible.

Nous avons une r�union dans 10 minutes.

Je vous laisse le soin de trouver une bonne excuse � mon absence.

Je vous fais confiance.

- Vous avez un probl�me Heinz ? - Non tout va bien.

Ce n'est pas grave.

Il faut que vous soyez de retour pour votre entretien personnel.

Tu ne pr�f�res pas �tre avec Heinz ?

Si jamais il me demande le divorce, je ne refuserai pas.

Je ne veux pas te quitter.

Pourquoi lui as-tu t�l�phon� avant de venir ?

Demande-moi pourquoi je suis venue.

Si c'est par compassion pour moi, c'�tait inutile.

Tu dois me faire confiance.

- Monsieur, le courrier. - Non, pas maintenant.

Que veux-tu ?

Mitsuko m'a t�l�phon�.

Va t'en, s'il te pla�t.

Mitsuko je sais que tu es l� !

Pas maintenant.

Tu ne sais pas ce que j'ai fait pour venir.

Il faut que je te voie.

Plus tard.

Tu fumes beaucoup trop.

Et tu n'as rien mang�.

Je n'ai pas faim.

J'ai command� ton g�teau favori.

Merci.

Tu appr�cies notre cuisine ?

Oui.

Tu aimes nos vins aussi ?

Tu devrais manger quelque chose.

Ne t'inqui�te pas pour moi ch�ri.

Ne l'appelle pas ch�ri !

Vous ne devez plus vous comporter comme des �poux.

Mais comment dois-je l'appeler ?

Il a un pr�nom comme tout le monde, non ?

Vos verres s'il vous pla�t.

Ce n'est pas fort.

Ca vous fera dormir.

Buvez je vous prie.

Est-ce une plaisanterie ?

Si vous voulez que je vous laisse dormir ensemble il faut le boire.

Mitsuko.

Nous en avons parl�. Les choses sont bien claires.

Nous t'avons promis que nous ne ferions rien.

Tu peux nous faire confiance.

Je n'ai pas confiance en vous.

Buvez.

Et si tu voulais nous empoisonner ?

Ou l'un de nous seulement.

Si vous refusez de boire je ne reviendrai plus jamais.

Attends !

Laissons une part au hasard.

- Mes yeux se ferment. - Les miens aussi.

Qu'est ce qui me dit que tu n'as pas mis du sucre dans son verre ?

Non. C'�tait bien un somnif�re.

- Tu ne joues pas la com�die, Heinz ? - Non.

Mitsuko nous imposa sa loi.

Chaque soir avant de partir elle nous faisait boire un somnif�re.

Quand il cessait d'agir elle augmentait la dose ou elle en changeait.

Partout sur son passage c'est un enthousiasme indescriptible.

Tous les villages, toutes les villes d'Autriche

rendent un vibrant hommage au F�hrer.

C'est l'Autriche toute enti�re

qui fait un triomphe � son enfant.

Un des premiers villages visit�s est Leonding.

o� le F�hrer en ce moment m�me d�pose

une gerbe sur la tombe de ses parents.

En proie � une vive �motion les habitants

lui font une ovation qui semble le bouleverser.

Le destin a voulu que je quitte ma patrie,

a dit le F�hrer avant de d�poser la gerbe

afin de devenir le ma�tre du Reich

et de pouvoir ainsi r�unir au Reich ma patrie bien-aim�e.

Je vous en prie, Heinz.

Sig Heil !

� traduire

Pourquoi ne vous fa�tes-vous pas envoyer en mission � Vienne ?

On ne vous le refusera pas et c'est le pactole l�-bas.

Que voulez-vous dire exactement ?

Appartements, villas, bijoux,

to�les de ma�tres, apparamment il n'y a qu'� se baisser.

Il y a des milliers de juifs qui vendent � bas prix avant de fuir.

- Si vous y allez d'ailleurs... - Je veux rester � Berlin.

Nous sommes des gentlemen, pas des requins.

Merci de me l'avoir rappel�.

Je me demande s'il y a en vous un manque d'ambition ou une redoutable adresse.

Si nous sommes rentr�s en Autriche ce n'est pas gr�ce � la providence

ni � l'art de nos diplomates. Nous le savons tous les deux, Oscar.

Mais � un coup de bluff du F�hrer.

Etes-vous devenu fou ?

Je ne suis pas si adroit que cela, vous voyez.

- Monsieur, on vous demande au t�l�phone. - Merci.

Excusez-moi.

Allo ?

J'arrive tout de suite.

Monsieur ne partez pas. La Commission va se r�unir pour nommer les membres de la mission.

C'est � vous d'aller � Vienne, Otto.

Vous ferez un malheur l�-bas.

Et votre chapeau.

� traduire

O� est Mitsuko ?

Elle a trouv� que tu tardais. Elle en a eu assez d'attendre.

C'est toi qui l'a faite partir. Tu fais tout pour m'emp�cher de la voir.

Ne crie pas Heinz.

Dis-moi ce que cela faisait dans ton armoire.

Wolf me les a confi�s

pour que la police ne les trouve pas.

Alors pourquoi tu ne les d�truis pas ?

Ne fais pas �a, c'est � moi.

Laisse �a !

Tu te conduis comme Benno.

Tu lui ressembles de plus en plus.

Qu'est-ce qui nous arrive ? Pardonne-moi je t'en supplie.

Ce sont ces drogues que Mitsuko nous fait prendre. Je ne peux plus travailler.

Il faut nous d�fendre.

Nous pouvons le faire ensemble.

Nous quitterons Berlin.

Je n'ai qu'� accepter ce poste � Vienne.

Tu viendras avec moi ?

J'appelle Otto. Je vais lui dire que ...

Tu sais tr�s bien que c'est impossible.

A la derni�re minute l'un de nous trompera l'autre.

Que fais-tu ici ?

Je t'attendais.

Moi ?

Ou elle ?

Je n'ai pas mis de somnif�re dans ton verre.

Nous aurions pu �changer nos verres.

Je me demande combien de fois tu m'as jou� ce tour ?

C'est toi ! Tu m'as fait peur.

Je n'arrivais pas � dormir. Je ne voulais pas te r�veiller.

Qu'est-ce que l'�chiquier fait par terre ?

Et qu'est-ce que c'est que �a ?

Comment veux-tu que je le sache ?

Ca fait partie de son kimono.

Vous m'avez bien eu.

Elle n'a mis du somnif�re que dans mon verre.

Combien de fois n'en a t'elle mis que dans le mien ?

Tu vas me dire la v�rit� maintenant. La v�rit� !

Les somnif�res c'�tait toujours pour moi, hein ?

Pour moi seule !

Ne crie pas comme �a Louise !

Mitsuko et moi passons nos journ�es � l'h�tel.

pour ne pas entendre le t�l�phone chaque fois que tu appelles.

Tais-toi !

Tu me mens.

C'est pas vrai.

Le Ministre des Affaires Etrang�res est fou de rage.

Nous avons fait taire ce Benno mais �a n'a servi � rien.

Cette histoire est maintenant dans la presse.

Amours sapphiques dans les cercles diplomatiques et avec les photos. Lisez !

Mais Excellence c'est ...

Vous allez me dire que ce n'est qu'un petit journal � scandale.

Mais les Japonais ne supporte pas la moindre atteinte � leur honneur.

Nous avons d� leur promettre votre t�te sur un plateau.

Nous le regrettons. Vous avez �t� un pr�cieux coll�gue.

J'ai fait saisir le journal.

Le reporter �tait apparemment un ami de ce Benno.

Il a pens� qu'avec �a il allait faire la une du si�cle.

Il faut absolument convaincre les Japonais que tout cela n'est pas grave.

Apr�s tout il n'y a que deux femmes impliqu�es dans cette affaire.

Attends que les choses se calment Heinz.

Prends des vacances.

Et emm�ne Louise loin d'ici.

Je te conseille de quitter Berlin au plus vite.

Aujourd'hui.

Je suis d�sol�.

Vous auriez pu obliger votre femme � contr�ler ses pulsions.

Que vous perdiez la t�te pour cette Japonsaise, passe encore.

Mais votre femme !

Je peux vous �tre utile ?

- Von Hollendorf ? - Oui.

Vos papiers, s'il vous pla�t.

Bonjour Monsieur.

Ils cherchaient Mademoiselle Matsugae.

Et Madame aussi.

Mais elle est sortie.

O� est-elle all�e ?

Elle a dit de vous dire � l'endroit habituel.

Merci.

Heinz.

C'est une sale affaire.

Tu aurais pu me pr�venir que vous envoyiez la police.

Ils m'ont retir� mon passeport.

La jeune fille ayant disparu, il fallait que je calme les Japonais.

Vous esp�riez la trouver dans mes tiroirs ?

J'esp�rais trouver un indice qui me m�ne � elle.

O� peuvent-elles �tre ?

Qu'est-ce qui te dit qu'elles sont parties ensemble ?

Elles ont s�rement un endroit o� elles peuvent se cacher, se rencontrer.

attends !

Le seul endroit que je vois, c'est notre maison de campagne.

Eberswald ! Oui ... Je vais les surprendre l�-bas.

Reste ici et si jamais tu as des nouvelles contactes mon bureau.

- Tu auras ton passeport � mon retour. - Merci.

Attends Wolf !

Ne sois pas trop dur avec elles.

Postdam. Je vous dirai o�.

- Bonjour. - Bonjour.

Elles sont l�-haut.

Elles ont demand� du vin. Alors puisque vous montez...

Bien s�r !

- Bonjour. - Enfin te voil� !

Comment as-tu r�ussi � t'�chapper ?

Ma gouvernante a surpris une conversation.

Alors je me suis enfuie.

Il va falloir que nous quittions Berlin.

Mais nous n'avons plus de passeports. La police les a pris.

O� pouvons-nous aller ?

J'avais pens� � Hambourg. C'est un port.

C'est plein de petits h�tels. Nous trouverons un moyen.

Un chalutier nous emm�nera au Danemark.

Ils vont rechercher Mitsuko.

- Ils nous retrouveront. - Non je pensais � �a.

Regarde !

Je t'ai achet� des v�tements occidentaux.

Et �a.

Et la couleur de ma peau ?

Je vais mettre de la poudre rose ?

Une perruque blonde ?

J'ai un autre moyen.

Avant de nous endormir elle nous avait fait jurer de ne pas nous faire

de sc�nes de jalousie dans l'autre monde.

Quand je me suis r�veill�e j'avais d'abord d�cid� de les suivre.

Puis j'ai pens� :

Ce n'est peut-�tre pas un hasard si j'ai surv�cu.

Peut-�tre m'avaient-ils tromp�s tous les deux jusque dans la mort ?

Et ils ne voulaient pas �tre d�rang�s.

Si je n'avais pas eu ce soup�on, Monsieur le Professeur,

je crois que je n'aurais pas continu� � vivre.

De toute fa�on, �a ne sert plus � rien...

de ha�r les morts.

Maintenant quand je repense � Mitsuko

je n'ai pas d'amertume

mais des regrets.

Une immense nostalgie.

Pardonnez-moi, je ne voulais pas...

Je suis d�sol�, Louise. Il ne me reste plus de temps.

- Que se passe t'il ? Je peux vous aider ? - Oui.

Peut-�tre que vous le pouvez.

C'est mon dernier ouvrage.

T�chez de le sauver si vous pouvez.

Police ! Ouvrez cette porte !

Je savais qu'ils viendraient. Je suis pr�t.

Louise, �crivez votre histoire.

Quand la douleur aura disparu.

La nostalgie, elle, ne dispara�tra jamais.

Ouvrez ! Nous savons que vous �tes l�.

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