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Original subtitles

Ce film s'inspire d'une histoire vraie mais contient des �l�ments de fiction.

Les personnages ne sont pas les m�mes que ceux d�crits dans ce film.

Je trouve �a amusant moi-m�me.

Je trouve amusant de me revoir jeune homme.

Ca rappelle des souvenirs.

Avant j'achetais des revues de culturisme.

Une voisine achetait aussi ces revues.

Elles les feuilletait souvent.

Je comparais chaque jour mes mensurations aux siennes.

Il avait une nuque de 38 cm et moi de 30.

Ca m'incitait � pers�v�rer. On a besoin d'un objectif.

Ca rappelle de bons souvenirs. C'�tait la bonne �poque.

Les choses �taient plus simples.

Tout �tait simple.

L'Am�rique �tait un pays o� r�gnait la libert� artistique.

Cette libert� est aujourd'hui menac�e par des groupes de pression.

Une oeuvre d'art peut-elle �tre consid�r�e comme d�lictueuse?

L'art peut-il faire du mal � quelqu'un?

La photographie de nus est pourtant plus s�v�rement sanctionn�e que les vols,

Ies meurtres ou les agressions...

Ies erreurs professionnelles ou d'autres d�lits manifestes.

Un juge de L.A. a affirm� qu'un photographe de nus m�rite la corde.

D'autres juges estiment que la nudit� est un danger public

et qu'on doit r�primer cela. Comme les sbires de l'lnquisition

ou ceux qui ont crucifi� un homme � cause de ses dangereuses id�es.

Certains veulent donc en pers�cuter d'autres, les humilier ou les enfermer

sur la base d'une interpr�tation n�buleuse de ce qu'est l'art.

C'�tait typique de l'�poque du maccarthysme.

McCarthy censurait tout le monde.

Acteurs, musiciens, �crivains:. nul n'�tait �pargn�.

Ca faisait partie du paysage politique de l'�poque.

Qui d�fend le pr�venu Mizer?

Le Minist�re Public est pr�t.

Je me rappelle vaguement que l'Athletic Model Guild

fut accus�e de prostitution: le commerce de jeunes hommes.

Je ne sais rien de plus. Je ne connais pas l'�pilogue.

Je ne peux rien vous dire sur cette affaire. C'est tr�s ancien.

Les t�moins peuvent-ils �tre s�par�s?

Il n'y a qu'un t�moin.

Vous retirez votre demande?

Quel �ge avez-vous? - Seize ans.

Date de naissance? - 23 octobre.

1944. Est-ce exact?

Je ne me souviens plus.

Votre Honneur, veuillez lire � ce jeune homme le premier chef d'accusation.

D'apr�s nous, il faut avoir l'esprit tordu

pour taxer automatiquement d'obsc�ne une photo de nu.

Nous sommes scandalis�s que tant de compatriotes soient aussi tordus.

Bob Mizer n'�tait pas un pionnier.

Il n'innovait pas en mati�re de photographie.

Mais il �tait tr�s special.

Il fut le premier � photographier des hommes nus sans d�tours.

Bob �tait un chic type. Il �tait honn�te et sinc�re.

Bob Mizer aimait photographier des hommes jeunes et muscl�s.

C'est incroyable qu'un seul homme ait pris autant de photos.

Il �tait tr�s sympa et gentil par rapport � moi.

Il �tait un peu comme un professeur.

Il poss�dait une grande sagesse et �tait tr�s profond.

Il adorait son travail.

Il �tait gentil.

Il aimait les animaux. - Tr�s secret.

Je ne me souviens pas bien de lui.

Je pense qu'aucune personne vivante ou morte ne peut

vous parler de la vie de Bob.

Il fait froid.

C'est mieux?

Il manque encore quelque chose.

Pas en ce qui te concerne, idiot.

Ceci fera un bon arri�re-fond.

Pas tr�s romain, mais �a te mettra en valeur.

Pourquoi prends-tu les photos? - Je suis le r�alisateur, toi la star.

Tu pourrais �tre la star. - Je suis laid.

On ne bouge plus.

Super. Un vrai Romain.

Quel est ce bruit? - Le flash.

Que faites-vous ici?

Ma robe de mari�e. Bobby, bon sang!

De c�t�!.

Qui t'a autoris� � utiliser cet appareil?

Toutes mes robes par terre. Je devrais vous d�capiter!

O� sont tes v�tements?

Je ne sais pas.

Les Romains n'en portent pas.

Robert Henry Mizer, tu es fou? Ne refais plus jamais �a.

Habille-toi. On va acheter un ballon de football.

Maman, c'est du tout cuit.

Ce n'est pas une agence pour acteurs, mais pour hommes athl�tiques.

L'id�e est la suivante:

Je mets les photos des mod�les dans un catalogue.

Les peintres choisissent leurs mod�les ainsi. J'ai une commission.

Des artistes comme Michel-Ange se servaient aussi de mod�les.

Hollywood attire les jeunes hommes, donc...

Va travailler chez Fienneman's Photo.

Je gagne plus ici. - Ce sont des photos de nus?

Tu connais mes photos. - Michel-Ange peignait des nus.

Mais c'est de l'art, maman.

Ils posent peut-�tre nus.

Mais en tout bien tout honneur.

Nos mod�les sont les plus beaux du pays. Des oeuvres d'art.

D'accord. Tu peux utiliser la maison.

C'est un investissement.

C'est mon dernier investissement. Apr�s �a tu cherches un job.

O� trouves-tu tous ces hommes muscl�s?

Bonjour, soldat.

Je suis Bob Mizer. Ravi de te rencontrer.

Je peux te d�poser?

Je suis Dave Martin.

Il y a plus de 45 ans, j'�tais photographe professionnel.

J'ai ouvert mon premier studio en 52.

J'ai appris sur le tas.

Il faut travailler sans rel�che.

Il faut s'y consacrer sept jours sur sept.

Le corps humain, en particulier le corps masculin,

Ne r�p�tez pas �a aux femmes...

Le corps masculin, quand la pose est r�ussie, est tr�s beau.

Avec mes photos, je voulais faire une sculpture vivante.

Un homme qui avait un beau corps, la bonne pose et un bon arri�re-fond

devenait une oeuvre d'art.

Les journaux de musculation payaient tr�s peu ces photos.

Ironman payait 3 dollars par photo.

Joe Weider payait 2,50, je crois.

On gagnait peu, ce n'�tait qu'un passe-temps.

Je laissais libre cours � ma cr�ativit�. Je d�bordais d'�nergie.

Ca me procurait une satisfaction.

Je le faisais pour le plaisir.

Parfois je disais: au diable le public.

Je le fais pour moi-m�me, car j'aime bien le mod�le.

Ces photos sont anciennes. Voici un de mes pemiers mod�les, en 52.

Ces photos ont plus de 40 ans.

On cherchait des gens qui savaient poser et se laisser diriger.

Ils devaient �tre r�ceptifs � mes remarques.

Je devais les former. Avec mon exp�rience, c'�tait facile.

Je disais: prends cette pose. Et il le faisait.

Jambe vers l'arri�re, lever le talon.

Ventre souple, tendre le bras.

Tr�s bien. Reste ainsi.

C'�tait formidable.

Merci. Quelle classe.

C'est tout? - On avait dit 5 dollars.

Non, je veux dire: je ne dois rien faire d'autre?

Tu auras encore du pain sur la planche.

Tu t'appelles Richard ou Dick?

Nom de famille? - Comment �a?

Si un client veut t'engager, il doit pouvoir te trouver.

C-O-L-E? Et le t�l�phone?

Bobby, menteur. Tu avais promis que tu ne le referais plus.

Ca cr�e un bel arri�re-fond. - Ne touche pas � mon cristal.

Il appartenait � ma m�re.

Je vais te d�sh�riter.

Je ne comprends pas ce qui te prend.

On mange dans un quart d'heure, si tu peux te d�tacher de ton chef-d'oeuvre.

Et lave-toi les mains!

C'�tait ma m�re.

All�. Je cherche Dick Cole.

Winston est lyc�en et fait de la lutte et de l'athl�tisme.

Il a �t� d�couvert � la M.J. et est un mod�le tr�s volontaire.

Il est tr�s agr�able de travailler avec ce jeune culturiste.

Tr�s beau.

J'ai �cop� d'une interdiction de la Poste.

Ils trouvaient mes photos obsc�nes et lascives. Des corps nus.

La Poste a m�me port� plainte contre des photographes pour obsc�nit�.

On coloriait les photos. Je dessinais un slip � l'encre.

C'est ainsi que les photographes vendaient leurs photos par la poste.

Les photos �taient colori�es avec de la peinture � l'eau.

Avec un chiffon humide...

on enlevait la peinture et on avait une photo de nu.

Ca ne leur plaisait pas.

Ils disaient que c'�taient des photos sales et crades.

Ca para�t fou, mais c'est vraiment arriv�.

Tu as lu? Russ Warner risque 10 ans et une amende de 15.000 $.

Dave Martin est aussi inculp�. Un scandale.

Le juge ordonna la destruction des n�gatifs.

Ca arriva � quelques photographes. Certains all�rent m�me en prison.

Non, il ne peut pas venir au t�l�phone.

Non, M. Grimeck, ce n'est pas vrai.

Bob ne se sent pas bien. Il a d� oublier votre commande.

Vous savez...

Vous vous rappelez le num�ro de la photo que vous avez command�e?

Je vais vous l'envoyer imm�diatement.

Ca ne pose aucun probl�me. C'est avec plaisir.

Ce n'est pas tout � fait vrai. Il va bien.

Mais il est sous... Il a travaill� tr�s dur.

A vrai dire, M. Grimeck, Bob est hors circuit pour un moment.

J'ai pers�v�r�. J'ai fait ce boulot durant 24 ans.

Il est possible que mon travail ait chang� de nature.

Un ami a dit que mon travail avait chang�.

Il �tait devenu plus sombre, plus s�rieux.

J'ignore si c'est le cas. Ce n'est � moi d'en juger.

On est pr�ts?

Berwick a un sourire qui prouve une grande confiance en soi.

Qu'en dites-vous? - Personne ne lit �a.

Le caract�re est vital, pour un mod�le. L'aurais-tu engag�, sinon?

Il est bien b�ti?

Personne ne lit �a, personne ne les engage.

On gagne davantage en vendant les photos.

Que fait ton dessin en haut de la pile? - C'est une bonne couverture.

C'est cens� �tre pour les artistes. Tu parles toujours de la Chapelle Sixtine.

Michel-Ange, l'art classique, la beaut� du corps humain.

De quoi s'agit-il?

Il emporta le 1er exemplaire � World Books & Magazines.

Un grand kiosque � l'angle de Hollywood et Cahuenga.

Physique Pictorial a fait un tabac.

Int�ressant.

Physique Pictorial fait prendre conscience aux gens qu'on a un corps.

Le corps. c'est le temple de l'�me.

Il ne faut pas que le physique devienne la pr�occupation principale,

au point d'en oublier le c�t� spirituel.

Mais en maintenant son corps en bonne condition,

on rend hommage au cr�ateur, qui visait la perfection.

Allons-y.

Outre Bob, toute sa famille collaborait � AMG.

Bob n'�tait pas dou� pour les maths, alors son fr�re g�rait la comptabilit�.

Il �tait �galement homme � tout faire.

Personne ne voit cela.

Je vais l'attacher sur le c�t�. - Porter ceci sous la douche?

Delia, la m�re de Bob, faisait les slips port�s par les mod�les.

Les lecteurs pouvaient commander les slips et les photos de Bob.

J'habitais une petite ville du Texas.

Quand j'ai vu ce magazine, je l'ai su tout de suite:

j'avais 12 ans et je savais que je n'�tais pas le seul.

Acheter le magazine constituait une aventure en soi.

Quand on s'approchait du kiosque, le coeur battait plus vite.

Acheter ce magazine exigeait du courage, en 1955.

Quand j'ai vu la revue, j'ai �t� survolt�.

J'ai pens�: comment me la procurer? Je n'osais pas l'acheter.

J'ai compt� les revues. Sept.

J'ai pris un exemplaire de chacune et je suis all� � la caisse.

J'ai gliss� Physique Pictorial dans une bande dessin�e

J'ai pay� la BD et je suis parti. Ils ne m'ont jamais coinc�.

Qu'y a-t-il de plus en Californie? - Le soleil, la vie � la plage.

Et les films. A Pugwash, je me tourne les pouces.

Je ne veux pas rester dans tes jupes jusqu'� ma mort.

Ne pars pas, ch�ri. - J'y vais.

Vas-y, Neil. Tu ne manqueras � personne.

Tu me manqueras, Squirt.

Prends soin de mon vieux v�lo et de la vieille, OK?

Tu ne manqueras � personne. Tout le monde t'oubliera.

D�sol�, Squirt, j'ai d�j� mon billet.

Ils diront: Quel Neil? Je ne connais pas de Neil.

Au coin � droite, vous voyez le restaurant Brown-Derby.

Il y a 3 autres Brown Derby � L.A.

Mais seul celui-ci a la forme d'un chapeau boule brun.

Vous venez de d�barquer, M. Barrymore? - Visiblement.

Que cherchez-vous � Los Angeles? - Je veux faire du cin�.

Ah, tu es acteur? - Le meilleur de mon �cole.

Comment t'appelles-tu? -Neil E. O'Hara.

Neil, je suis ici par hasard pour voir le nouveau film de Gable.

Je voudrais te montrer quelque chose.

Entendu parler de Muscle Beach?

Le culturisme �tait un nouveau sport. Il y avait une quinzaine de malabars.

Steve Reeves, entre autres, et Jack LaLanne.

Ils se r�unissaient � Muscle Beach.

Des centaines de personnes venaient voir ces "ph�nom�nes".

C'�tait la Mecque, chaque ann�e le quatre juillet.

Des acrobates venus de partout se retrouvaient � Muscle Beach.

On y passait des heures.

Beaucoup de gens affluaient.

Les spectateurs adoraient �a.

Il y avait d'excellents acrobates.

On pouvait voir des artistes de cirque et de vari�t�s.

De grands artistes venaient l� pour �changer leur exp�rience.

Incroyable. Je suis content d'avoir v�cu �a.

Tu pourrais aussi faire �a, Neil.

Je devrais faire �a? - Oui, tu es M. Monde.

Je ressemble un peu � Marilyn Monroe. Tu aimes Marilyn Monroe?

Neil, j'ai une agence.

Qui sont ces jeunes gens?

Des jeunes gens d�cid�s, comme toi.

Des jeunes gens intelligents � la moralit� irr�prochable.

Ils sont un exemple pour la jeunesse du monde entier.

Les lecteurs les admirent.

Ils sont membres de l'Athletic Model Guild.

La plupart sont depuis peu � L.A. et veulent faire carri�re dans le cin�.

Voici Keith l'affable. Il aide Jukey.

Keith fait du foot et du catch. Un fut�. Il veut �tre �lectronicien.

Mais Jukey est un vrai casse-pieds.

Il est tr�s s�duisant, mais a une attitude autodestructrice.

Je crois que c'est d� � la drogue.

Mais pas ici. La drogue est interdite � AMG.

Ce vaurien dans la piscine, c'est David. Un non nageur.

Il a un jour combattu un requin, affirme-t-il.

Mais il exag�re. C'est un cr�neur.

Il est bon gymnaste et escalade les murs.

Un chic type, mais sournois.

Et paresseux. Mais il a des partisans.

Lui, c'est Paul.

Il conna�t beaucoup de vedettes de cin�ma.

Il peut t'en pr�senter. - C'est vrai?

Ses amis seront heureux de te rencontrer.

C'est ma m�re.

Je t'envie, Neil. Tu vas te faire beaucoup d'amis au sein d'AMG.

Le soir m�me, il prit des photos. Je dus revenir le lendemain.

Et je suis rest�.

Joe, 19 ans, 90 kilos, est tr�s affable et sociable.

Il est ambitieux et entreprenant, mais �coute les suggestions.

Joe n'a jamais �t� maigrichon. A 15 ans, il �tait d�j� muscl�.

Il s'entra�ne 3 fois par semaine et s'adonne � plusieurs sports.

Joe roule � moto: il adore la puissance virile de la moto.

Mais il roule prudemment.

Il ne veut pas risquer d'endommager son corps.

On gagnait de l'argent.

Pour boire de la bi�re ou draguer les filles.

Quand j'avais tout d�pens�, je posais. C'�tait formidable.

On l'appelait la Metro Goldwyn Mizer.

Car �a ressemblait � un studio.

Il y avait des rochers dans les coins...

des arbres, des statues: c'�tait pour les arri�res-fonds.

Je plongeais du toit dans l'eau. Tout un temps, il y a eu une ch�vre.

Il avait des chiens, des oies, une ch�vre, un singe. Un vrai zoo.

Ils couraient partout. C'�tait tr�s �trange.

Entre, beau m�le.

Chouette, ton coq.

Envie d'un truc d�licieux? - Non, j'ai d�j� mang�.

Tu connais la Marie-Jeanne? - Je connais aucune fille � L.A.

Marie-Jeanne n'est pas une nana. - Comment �a?

R�veile-toi, Doris.

Tu veux un joint?

C'est de l'opium? - Du hasch. Ca te tente?

On ne conna�t pas �a � la ferme.

D'o� viens-tu? - Nulle part.

Je n'y retournerai pas. Et toi? On aurait pu �tre voisins.

Tu es ici depuis quand?

Quelques semaines. Un mois peut-�tre.

Tu es un habitu�? - Bob s'occupe de moi.

C'est un chouette type. Et il y a toujours des tas d'hommes.

Il me suffit de rester immobile et de me faire enduire.

De temps en temps une passe avec un beau mec.

Il paie. Je suce. Bonne affaire.

Un moment.

Range �a. Pop ne veut pas de �a.

Neil, j'aimerais te pr�senter � quelqu'un.

Un athl�te qui veut �tre un exemple pour les autres.

Bon Dieu, j'ai chaud partout. Neil est un r�ve devenu r�alit�.

Cessez de r�vasser. Soyez attentifs.

Le double biceps. Super.

Regardez. Voil� comment �a doit aller.

Formidable.

Tu veux faire du cin�? Je suis un ami du colocataire de Steve Reeves.

Vous devriez regarder ceci.

Faites attention.

Superbe.

Mme Mizer, j'ai souvent vu mon mari poser pour des photographes.

Les femmes ne peuvent pas distraire les hommes de leur travail.

Parfois, il vaut mieux laisser les hommes tranquilles.

Les �pouses et petites amies ne peuvent pas entrer.

Il y a des lettres de fans? - Dans la bo�te.

Il y en a beaucoup...

Citron?

Rends �a. - C'est une lettre pour Keith.

Je suis un fan de Physique Pictorial et de toi.

J'ai une question: avec un bon entra�nement et un r�gime,

aurai-je un jour un corps comme le tien?

Et enfin: aimes-tu les hommes?

Les gar�ons et leur courrier...

Vous savez comment ils sont. - Non, pas vraiment.

Je me suis entra�n� des ann�es chez Jack LaLanne. Il �tait mon mod�le.

Voici une photo de Jack. Une s�rie compl�te co�te 1 $.

LaLanne a sa propre salle de sport � San Francisco.

J'ai eu ma 1�re salle de sport en 1936.

C'�tait neuf, inconnu. On m'�vita comme la peste.

Alors je suis all� au lyc�e d'Oakland, durant une pause de midi.

Les enfants me taquinaient: montre tes muscles, touche tes orteils.

Pour eux, j'�tais une montagne de muscles.

Alors j'ai parl� � l'enfant le plus gros, et au plus maigre.

Les enfants continuaient de me d�fier: prends un chocolat, Jack.

J'ai eu leurs t�l�phones et adresses et je suis all� voir leurs parents.

J'ai dit � l'enfant joufflu: dans 30 jours tu auras perdu 10 cm.

Et tu auras perdu six kilos.

Ce fut une r�ussite imm�diate.

Je disais � ces gosses ce qu'ils devaient manger.

Comment se couper les cheveux ou s'habiller.

Je leur disais: je ferai des meneurs de vous, pas des suiveurs.

Un culte commen�a � voir le jour.

Jack voulait avoir des photos. C'�tait mon hobby, � l'�poque.

Russ a fait la plupart de mes photos.

J'ai �t� publi� dans Strength & Health et lronman. Des photos de Russ.

Jack �tait dou�. Il avait des tas de poses. Il faisait �a bien.

De l'huile.

Enduisez-le.

Avec l'huile, on a l'air plus bronz�.

Je vais le faire. Tes mains doivent �tre s�ches pour les accessoires.

On va commencer par le ballon.

Que dois-je faire? - Le tenir.

Ecarte un peu les jambes.

Ca chatouille, les gars.

Bob, il est enduit.

Tu as les plumes?

Je plaisante.

Souris.

Parfois, il organisait un "Festival du Film du Dimanche".

Tous les dimanches, il passait un film r�alis� dans la semaine.

Tous les invit�s disent que ces soir�es sortaient de l'ordinaire.

J'adore!

Du v�ritable onyx. Grand et noir.

Comment savais-tu?

C'est cens� �tre quoi? - C'est de l'art.

Ils ont enferm� Al Urban.

Pourquoi? - Repr�sentation de parties g�nitales.

On est en '58. Est-ce si choquant de montrer un p�nis d'homme?

C'est quoi? Repr�sentation de parties g�nitales?

Demande-lui.

J'ai de l'argent. Viens.

Rends-lui son pognon ou je te d�rouille.

Tu dois montrer l'exemple. - La vertu m�me...

Donne �a.

Vous avez laiss� tomber quelque chose.

Je peux t'offrir un verre?

Je l'ai regard�: un mec canon.

Il m'a regard�e: j'ai fondu.

Les gars, deux chattes assoiff�es.

Miaw, les chattes. Le lait est bon?

Allez, tr�sor, ne tournons pas autour du pot.

Cette fille est en train de flipper. Les filles sages ne se droguent pas.

Vous voulez des capsules? - De l'h�ro, tu veux dire?

Ces chattes veulent un peu de lait.

Cette chatte recrache son lait.

Doris, que fais-tu?

Viens. J'en ai marre.

Laisse ces cr�tins.

Elle veut pas encore partir. - Ce sont ses amis.

Casse-toi, gouape.

Viens, Doris.

Elle a pris quoi?

On s'en va.

Que lui avez-vous donn�?

D�sol�, Bob, je ne suis pas tr�s dou� pour �a.

Pas de "d�sol�". Je t'offre un toit et tu foires tout.

D�shabille-toi lentement.

Plus lentement.

Tu dois donner au spectateur le temps d'examiner tes formes.

D�sol�. On recommence? - Non, continue.

Les faux pas prouvent que tu n'es qu'un homme.

Ca redonne espoir aux spectateurs.

Fais des pompes.

Tu ne dois pas �tre parfait. Le spectateur doit pouvoir s'identifier.

Les pieds dans l'eau, maintenant.

Ce Neil est canon.

Dommage qu'il soit h�t�ro.

Qui regarde ces films? - Des hommes.

De jeunes hommes qui fantasment sur toi.

Par ici.

Ils veulent te ressembler. Tu es leur h�ros.

Maintenant: biceps, et fais un sourire.

Et c'est dans la bo�te. Le public va adorer.

Barre-toi.

Tout est pr�t. Est-ce que toi et Neil...

Qu'est-ce que c'est?

C'est une clope. C'est du tabac.

On ne me la fait pas. C'est un joint de marijuana.

Maudit fumeur de hasch.

Tu crois que je ne m'aper�ois de rien?

Tu refuses de m'�couter. Fais tes valises.

Tu n'es pas s�rieux.

Il faudrait que tu couvres �a.

Quand tu te l�ves le matin, tu dos retenir 2 choses. Pr�t?

Nu.

Habill�.

Je ne le referai plus. - Non, car je ne veux plus de toi.

Bob, ne dis pas de telles absurdit�s.

Je n'ai pas d'argent et je n'ai pas de toit.

Je n'ai pas d'argent et je n'ai pas de toit.

Il n'est pas question de �a.

Tu es s�duisant.

Tu m'attires.

Amenez l'esclave.

Mettez-le sur l'autel.

Centurions, agenouillez-vous.

Serpent.

J'offre le serpent � l'esclave.

Aux dieux. Continuez.

Qu'y a-t-il? Ca va?

Ce doit �tre le soleil. - Que dalle.

Il s'est d�fonc�.

Je t'avais pr�venu. Et j'�tais s�rieux.

Je veux que tu t'en ailles avec tes amis cam�s.

Je ne rigole pas.

Je ne veux plus jamais te revoir.

Pas avant que tu aies appris ta le�on.

Neil, tu reprends le r�le de David dans un autre film.

Regarde.

Relax. Tout baigne.

Tu as une voiture?

Tu peux me d�poser?

O�? - Peu importe.

Voici Neil O'Hara. AMG pr�sente 4 nouveaux films avec ce mod�le.

Beach Boy.

Gleasome Threesome.

Pool Party.

Et The Queen's Representative.

Neil a gravi tr�s vite les �chelons.

Bient�t, le monde entier conna�tra ce talentueux jeune homme.

Je n'avais jamais jou� dans un film de Hollywood.

C'�tait la 1�re fois que je jouais dans un film. Je ne savais rien.

C'�tait agr�able. Et amusant.

Je me croyais au paradis.

Tu sais ce que c'est? Tu es boxeur. Mets-les.

Va te mettre l�.

J'ai photographi� des mod�les durant 25 ans.

L'un vous int�ressait, l'autre pas.

Ca d�pendait de l'individu.

Il aidait les jeunes qui selon lui avaient du potentiel.

Les jeunes l'utilisaient toujours. Ils lui demandaient de l'argent.

Il leur en donnait toujours, mais jamais pour rien.

Il exigeait quelque chose en retour.

Pas �tonnant que tu sois le diable. R�jouis-toi que je sois coulant.

Le diable chuchote quelque chose � l'athl�te.

Tu veux sentir mon tisonnier br�lant?

L'athl�te ne rit pas, mais trouve �a s�duisant. Encore une fois

Allez, l�che Satan partout.

Tr�s bien.

L'ange intervient et se bat avec le diable.

Le diable riposte.

L'athl�te s�pare les deux autres.

Le diable tire sur son slip.

Non, il ne r�ussit pas. L'athl�te le remet.

L'athl�te r�agit avec indignation.

L'athl�te tire sur son slip.

Ca sent le roussi, Bob. Vous �tes Bob Mizer?

Sauvez-vous.

Nous vous arr�tons. - Pourquoi?

Votre Honneur, on est ici pour �claircir le mythe

des journaux de culturisme pour hommes et de ceux qui les font.

Ils affirment promouvoir un style de vie sain.

Mais ils s'adonnent � des obsc�nit�s, voire pire.

Ce courageux jeune homme va nous d�voiler la v�rit� aujourd'hui.

Il nous dira ce que c'est qu'�tre membre de l'Athletic Model Guild.

Arthur, quand avez-vous quitt� la maison pour venir ici?

Je suis parti le 15 janvier, si mes souvenirs sont bons.

Vous avez rencontr� le pr�venu LeFlur le 1er jour de votre arriv�e � L.A.?

Que s'est-il pass�, ce jour-l�?

Il m'a demand� si je savais o� loger. J'ai dit non.

Hij bood me onderdak aan.

J'ai dit que j'allais voir ma tante � San Francisco.

Ma tante et mon oncle. Ma tante �tait malade.

Tu as pass� la nuit chez lui?

Combien y avait-il de lits? - Puis-je?

C'est nous qui interrogeons. - Attendez la question.

C'est non pertinent. - Attendez un instant.

Avez-vous eu des relations sexuelles avec M. LeFlur?

R�p�tez la question.

Avez-vous eu des relations sexuelles avec M. LeFlur?

Il m'a propos� une pipe. J'ai dit: D'accord.

Il m'a fait une pipe. On s'est pieut�s. On �tait d�shabill�s.

Il a demand� si je voulais autre chose.

J'ai dit: Comme vous voulez.

Tu m'impressionnes. Tu as beaucoup de talent.

Je suis une sorte d'agent...

Ca a �t� douloureux. - Qu'a-t-il fait?

Il a appel� les hommes qui sont assis devant moi. Ca a commenc� ainsi.

Il a dit qu'il allait t�l�phoner? - Pas tout de suite, mais il l'a fait.

Oui. Il a environ 1,80 m. Cheveux roux, tr�s sympa.

Il a demand� si je voulais gagner de l'argent. Je voulais bien.

Il a appel�... Voyons voir.

Je ne me rappelle plus qui.

Mais c'�tait l'un d'entre eux.

Celui avec le costume bleu.

Le t�moin indique quelqu'un.

Mizer, voulez-vous dire? - J'ignore son nom.

Il a un crayon en main. - ll indique le suspect Mizer.

Et il tremble comme une feuille.

J'ai connu Bob par l'entremise d'un malfaiteur de ce genre.

C'est lui qui m'a pr�sent� � tous ces photographes.

Il �tait bizarre, comme s'il �tait mon patron.

Il m'a dit ce que je devais faire.

Il se comportait un peu comme un maquereau.

Il m'a demand� si je voulais rencontrer d'autres hommes.

On en a parl� un moment. Egalement de cet homme en bleu.

"Va le voir." Je fis cela.

Il m'a photographi�.

Vous �tes all� chez M. Mizer?

Vous �tes all� chez lui ou dans un autre endroit?

C'�tait sa maison ou sa firme? - Ca ne faisait qu'un.

Comment est cet endroit?

C'est un studio de nudistes.

Mon premier travail d'acteur?

J'ai �t� �lev� dans un orphelinat de Harlem.

La salle de jeu avait une grande fen�tre.

Quand quelqu'un passait, on devait dire: "Vous voulez �tre ma maman?"

Ce fut mon premier travail d'acteur.

Joe Angelo Dallesandro.

19 ans, 1,70 m, 70 kilos, parents italo-norv�giens.

Joe a une forte personnalit�.

Ce gosse � probl�mes est un flemmard.

Il est cuisinier et fait la plonge et veut son propre restaurant.

Il a jou� dans "The Couch" de Warhol. La police a confisqu� le film.

AMG a fait un film moins os� avec Joe.

A l'�poque, si on �tait ici, on faisait du cin� ou on posait.

On se faisait photographier.

J'ai travaill� pour 3 photographes diff�rents.

Bob a �t� le premier. Il ne s'agissait que d'une s�ance.

Il a pris de nombreuses photos mais �a m'a sembl� tr�s facile.

J'�tais habitu� � abattre des arbres, au dur labeur.

Poser quelques heures en maillot devant un appareil...

n'�tait pas tr�s dur.

Je suis Joe. Je vais poser pour vous. J'esp�re que �a va vous plaire.

Montre tes biceps.

Formidable. Montre.

Les deux bras, maintenant.

Ne regarde pas tes bras, regarde-moi. Montre que tu es beau.

Quels muscles. Tu sembles si assur�.

Fais un grand sourire.

Mets-toi debout, Joe.

Pousse cette caisse sur le c�t�.

Maintenant je veux que tu boxes.

Joe, tu dois boxer.

Tr�s bien, Joe. Tu danses sur le ring.

Tu es un boxeur professionnel. Frappe-moi.

La salle de jeu avait une grande fen�tre.

Ce n'�tait pas de l'art. Ceux de Warhol non plus.

Le travail que j'ai fait avec ces gens...

Ce fut un tremplin: quand j'ai rencontr� ces gens...

qui allaient faire des films avec moi, j'avais l'habitude de la cam�ra.

Donc vous preniez des poses athl�tiques, comme si vous �tiez boxeur?

Vous voyiez les prises?

Il avait des projecteurs et un appareil photo?

Il avait 3 ou 4 projecteurs et un assez gros appareil photo.

Et vous saviez seulement que des photos seraient prises?

Oui, mais je savais ce qui allait se passer.

Vous le supposiez.

Mais il vous a dit qu'il vous photographierait, et l'a fait.

Puis-je faire une remarque � propos de mon pr�nom Arthur.

Je ne d�sire pas �tre appel� ainsi. - Comment, alors?

Apr�s �a, vous �tes all� chez M. Bob.

Pour �viter tout malentendu:

Ie monsieur qui est assis ici

est M. Bob.

Il a dit qu'il �tait aussi photographe?

Et il a aussi pris des photos?

Non?

Il aurait difficilement pu prendre des photos.

Nous posions pour Art Bob.

On touchait 5 dollars par s�ance.

Ensuite il voulait une fess�e.

J'avais oubli� �a.

Il augmentait le son de la radio pour que sa femme n'entende rien.

Si on lui donnait une fess�e, on recevait 5 dollars de plus.

Vous parliez avec M. Bob?

De sexe? Non, �a se passait, point.

Monsieur Bob a parl� d'argent?

Non. Il m'a demand� si j'en attendais. J'ai r�pondu non.

Vous avez re�u de l'argent de lui? - Cinq dollars

Puis vous �tes all� voir M. Sommer � Hollywood.

Il n'a pas dit ce qui allait se passer ou ce que vous �tiez cens� faire?

S'il l'avait dit, je m'en souviendrais.

On couchait o� on pouvait et avec qui on pouvait.

Il le fallait. Pas le choix. Sinon on n'avait rien � manger.

Jim a 18 ans. Notre rencontre a �t� purement fortuite.

Un de nos agents �tait en panne sur la route que Jim empruntait.

Jim a r�par� le v�hicule et notre ami nous a amen� Jim.

Il �tait trop blanc, mais sous le soleil, il a vite bronz�.

Il est capricieux de nature. Il ne sait jamais ce qu'il veut.

Il aime le changement et aime l'humour ironique.

Quand j'�tais jeune, je pr�f�rais les hommes.

En tant que potes.

Ou bons amis.

Et avec qui je pouvais m'amuser.

Je frayais surtout avec les autres mod�les.

A l'�poque, j'�tais un peu eff�min�.

Maintenant, j'ai tout � fait chang�.

Un revirement total.

J'aime les femmes.

J'�tais d�boussol�. J'�tais jeune.

J'allais de maison en maison, de l'un � l'autre.

Mais j'ai eu de la chance: j'�tais bien trait�.

Mon int�grit� physique n'a pas �t� affect�e.

Mon int�grit� mentale non plus.

Ils se conduisaient de fa�on humaine, dans la bonne humeur.

Quand vous �tes all� chez M. Mizer,

saviez-vous ce qui �tait attendu de vous sexuellement?

J'ai d� y aller. Il savait ce qu'il voulait.

Apr�s ces photos o� je portais les gants de boxe...

Que s'est-il pass� chez M. Mizer?

Il m'a fait une pipe, sans plus.

J'ai re�u un ch�que. J'ai pu acheter des boissons.

Y a-t-il un divan ou autre chose dans son studio?

Non, mais c'est un capharna�m.

Cela s'est pass� o�? -Dans le studio.

Par terre? Il se tenait debout? - Par terre.

Il s'est content� de faire �a?

Il m'a aussi emmanch�, mais on en est rest�s l�.

Au d�but, il disait qu'il ne touchait pas � ces jeunes gens.

Les photographier l'excitait suffisamment. Il s'en tenait l�.

Il �tait gentil avec moi, mais en fin de compte, c'�tait un salaud.

Par "emmancher", vous entendez

Ia p�n�tration du membre masculin dans l'anus? C'est �a?

Que signifie "faire une pipe"? - Mettre mon p�nis dans sa bouche.

Et ensuite? - ll m'a roul� un patin.

Si vous savez ce que c'est. - Je pense que oui.

Apr�s ces trois visites chez ces soi-disant artistes...

�tes-vous retourn� chez M. LeFlur?

J'y suis retourn�. - Que s'est-il pass�?

Exactement ce que tu veux. Canon.

Un moment.

Police...

Je vais te lac�rer le visage avec tout ce que j'ai. Je te hais.

Puis vous avez parl� � l'agent

de la vraie nature de ces studios. Pas d'autre question.

La d�fense d�sire interroger le t�moin?

Vous nous avez tout dit et n'avez �pargn� aucun d�tail.

Ce qu'ils vous ont fait n'est pas joli.

Mais quand il s'agit de prostitution, le "pourquoi" est aussi important.

Dans le studio de M. Mizer, avez-vous parl� avec les autres?

A part un autre gar�on, je n'ai vu personne.

Vous �tes donc rest� tout le temps seul avec M. Mizer?

Nous �tions seuls.

M. Mizer a mis combien de temps pour prendre les photos?

Assez longtemps. Environ 45 min.

Durant combien de temps vous a-t-il emmanch�?

Environ deux minutes.

Il vous a suc� combien de temps? - M�me chose.

C'�tait la premi�re fois que cela vous arrivait?

Au cours de toute ma vie? - Toute votre vie.

Pourquoi avez-vous accept� cette situation inhabituelle?

Pourquoi �tes-vous all� chez M. Mizer?

Pourquoi avoir jou� avec lui? - ll a jou� avec moi.

Ne vous f�chez pas. - Je ne me f�che pas.

Vous n'avez rien dit � M. Mizer? - Je ne sais plus.

Vous ne savez plus. On doit se contenter de �a?

Vous �tes boxeur, non? - Que voulez-vous dire?

Il n'est pas plus costaud que vous. - Que voulez-vous dire?

Je tente de comprendre ce qui s'est pass�.

Aidez-moi un peu.

Vous avez d�j� dit que vous ne comptiez pas sur l'argent.

Si ce n'�tait pas le cas, pourquoi le faisiez-vous?

O� voulez-vous en venir? - R�pondez du mieux que vous pouvez.

Je ne peux pas. - Vous ne pouvez pas?

Je n'ai pas de r�ponse � �a.

Vous avez beaucoup box�. Vrai ou faux?

Un peu. - Ca n'a aucun rapport.

La r�ponse a �t� fournie. Je la maintiens.

Vous avez des yeux dans le derri�re?

Bob affirme qu'il �tait na:�f.

Il avait un syst�me de codes secrets

pour d�crire les d�tails de la vie priv�e de ses mod�les.

Il notait tout.

Etaient-ils ponctuels? Le faisaient-ils pour l'argent?

Etaient-ils gentils? Etaient-ils homos, h�t�ros ou bisexuels?

Il notait toutes ces infos sur ses photos, au moyen de symboles.

Il laissait ces symboles sur les photos qu'il publiait.

La police de L.A. affirma qu'il utilisait ces symboles

pour faire savoir � ses clients

ce qu'ils pouvaient attendre des mod�les.

Il ne pigeait pas: il photographait ces gar�ons et couchait avc eux.

Il les recommendait � d'autres photographes qui couchaient avec eux.

Il ne pigeait pas que la police de Los Angeles

allait conclure de tout ceci

qu'il avait commis un d�lit, qu'il les prostituait.

Il savait tr�s bien que les gar�ons qu'il logeait...

se prostituaient.

Mais il n'�tait pas un mac.

Il poss�dait un �norme studio. Pourquoi aurait-il fait le mac?

La plupart de ses mod�les se prostituaient.

La majorit� d'entre eux gagnaient de l'argent gr�ce � cette activit�.

En plus de leurs s�ances de pose.

Certains engageaient les gar�ons comme mod�les.

J'ignore s'il s'agissait de prostitution.

Ca a d� arriver plus d'une fois.

Je n'ai jamais entendu cela.

C'est une rumeur. A mon avis �a n'est jamais arriv�.

Il y a du bon et du mauvais partout.

A l'�glise, � l'�cole: il y a partout du bon et du mauvais.

Je trouve que les prostitu�s, et j'ai toujours pens� �a de moi....

Les vrais prostitu�s, y compris moi, font faire un truc � leur place.

Je trouve �a agr�able. Je ne le demande pas, mais c'est agr�able.

Ca ne me viendrait jamais � l'id�e. Vous voulez sortir avec moi?

Beaucoup de mod�les �taient h�t�ros.

La plupart ne se doutaient probablement pas

que leurs poses avaient quelque chose d'homo-�rotique.

Ils �taient des M. Am�rique qui montraient qu'on pouvait vivre sainement.

Ils ne cherchaient pas plus loin.

Puis-je faire quelque chose pour vous?

Certainement, Neil.

Tu peux faire quelque chose.

Ne remets plus les pieds ici.

Dis aux cent autres gar�ons qu'ils ne doivent plous revenir ici.

Ils ont bris� ma vie et celle de mon fils.

Qu'ils m�nent leur vie perverse comme ils l'entendent.

Qu'ils aillent dans le caniveau, qu'ils retournent chez leur m�re.

Je ne veux plus vous revoir.

Tu es un chic type.

Veille � ce qu'ils ne reviennent plus.

Veille � ce que je ne vous revoie plus.

Va-t'en, Neil.

Veille � ce que je ne vous revoie plus, pervers qui d�testez vos m�res.

On demande souvent: qu'advient-il des mod�les

quand ils ont perdu leur jeunesse?

Belle b�cane. - Tu veux venir?

Je rentre chez moi. Je compte y cr�er une salle de sport.

Ca me para�t une bonne id�e.

J'aurai besoin d'aide.

Avec ton cerveau et mon charme...

Certains mod�les ont atterri dans la construction, la politique, l'�glise.

Certains ont eu de mauvaises fr�quentations.

Certains ont bris� leur vie � cause de la drogue.

L'un d'entre eux a tu� l'acteur de cin�ma Ramon Navarro.

Il a frapp� l'acteur � mort avec un phallus en onyx noir.

Et les autres? Certains ont disparu sans laisser de traces.

La plupart ont veilli et vous ne les reconna�triez sans doute pas.

Mais leur beaut� juv�nile restera grav�e � jamais.

Il ne voulait pas revivre ces p�nibles moments.

Mais il l'aurait fait s'il avait pu continuer.

Et c'�tait sa vie.

Il vivait pour son boulot et sa m�re.

La photographie en premier lieu, sa m�re en second lieu...

Et puis il n'y avait plus rien.

Bob Mizer a symbolis� le culte du corps masculin de '50 � '90.

Des milliers de jeunes gens ont pos� pour lui durant ces ann�es.

Bob n'a jamais fait de vrais films pornos, je pense.

Ca ne lui disait rien. Bob n'�tait pas comme �a.

Il pr�f�rait les mod�les qui posaient en slip.

Coupez! Ne touche pas � son zob.

Pas de �a dans nos films.

Pas de sexe dans le film.

Je ne veux pas que tu touches � son zob.

Si tu veux lui taquiner le zob, fixe-lui rendez-vous ce soir.

Tu ne peux pas faire �a.

Retrouvez-vous � deux � l'�cart.

Quand le nu int�gral fut autoris�, ce fut la fin de ces revues.

Elles disparurent toutes.

Physique Pictorial, la premi�re, fut la derni�re � capituler.

Elle parut jusqu'au 31 d�cembre 1993, deux ans apr�s la mort de Bob.

Au d�p�t mortuaire, la pr�pos�e demanda ce que je voulais sur la plaque.

Je dis: Bob Mizer. Elle r�pondit: Robert?

Non. Bob Mizer, 1922-1992.

Elle r�torqua: Vous disposez de trois lignes.

Je ne savais pas. Puis j'eus une id�e: il fallait ajouter "AMG".

Durant des ann�es, je n'ai pas pu regarder ces photos, car je me sentais abus�.

Maintenant oui, car je peux dire: J'�tais s�duisant, � l'�poque.

J'ai cru devenir star de cin�ma,

mais je suis menuisier, pas acteur.

J'ai jou� jadis dans "l Dream of Genie".

Il y a 20 ou 30 ans.

Ils vont en faire un film.

On m'a appel�: ils veulent que je joue dedans.

Ils veulent le casting original.

Je vais donc pouvoir rejouer.

Il va falloir que je soigne ma dentition et ma coiffure et...

Je ne sais pas.

Quand je suis pass� � la TV, la presse a �crit: Jack LaLanne, cet idiot.

Il tiendra maximum 6 semaines.

34 ans apr�s, �a passe encore.

Mais ce dont je suis le plus fier, c'est ma femme.

Et mes amis.

J'admire les efforts qu'ils ont consenti pour avoir un tel physique.

Je trouvais �a chouette, mais c'est devenu un autre monde.

Maintenant ils font des monstres bourr�s d'anabolisants.

Cette �poque est r�volue, notre �poque...

Il est important qu'on ne laisse pas sombrer cette p�riode dans l'oubli...

J'�cris de temps � autre des articles...

sur des gens du pass�. Ca me fascine �norm�ment.

Car si je ne le couche pas sur papier...

si on n'immortalise pas cela, ce sera perdu � jamais.

Tout le monde n'appr�cie pas notre travail.

Mais nous, les photographes de nus, trouvont notre job int�ressant.

Immortaliser la beaut� est une noble t�che.

Mais ce que nous trouvons esth�tique...

un jeune homme d�v�tu qui sourit

peut �tre consid�r� par d'autres comme vulgaire ou m�me laid.

A ceux qui n'aiment pas cela, nous donnons ce conseil:

oubliez �a, et fichez-leur la paix.

Soyons tol�rants face aux id�es que nous ne comprenons pas.

Il faut avoir les id�es larges.

Le monde ne s'en portera que mieux.

Le texte de Bob Mizer provient de Physique Pictorial.

Le r�cit de Red est issu des comptes-rendus de proc�s.

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